JO de Sotchi : déjà des « rétros » !
Je suis triste : Alain Resnais était un des dix plus grands cinéastes au monde et « Hiroshima mon amour » reste son chef-d’oeuvre.
Je me réjouis d’une excellente décision des responsables du programme de la RTS : ce mardi 4 mars, sur RTS 2, à 20h35, « On connait la chanson » et à 23h30, « Les herbes folles ». (fyly – 04.03.14-10h30)
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Une autre, en douze questions :
Sportivement ? Très réussis dans l’ensemble, ces jeux d’hiver sur glace et sur neige artificielle humide, mais dopée au sel et au ciment. Les Russes sont contents d’être les meilleurs, ce qui signifie « les-plus-médaillés » ; ils laissent passer la caravane qui parle du gaz xénon qui n’est du reste pas (encore ?) interdit.
Helvétiquement ? Les Suisses sont contents de leurs douze médailles et des milliers de visiteurs venus à la maison suisse.
Spectaculairement ? Beau spectacle d’ouverture ; passons sur le défilé des délégations, les discours et même l’allumage de la flamme. Très beau spectacle de clôture en passant sur les mêmes choses, extinction à la place d’allumage. On le doit à un créateur suisse, Daniele Finzi Pasca, à sa principale collaboratrice et épouse, Julie Hamelin et à leur Compagnie, au travail depuis au moins trois ans.

Daniele Finzi Pasca, réalisateur du splendide spectacle de la cérémonie des clôture des JO de Sochi 2014
Télévisuellement ? Dans l’ensemble, très bonnes images sachant souvent pénétrer au cœur même de l’effort et de la réussite sportive. Excellentes prestations de la SSR-SRG et de ses trois entreprises auxquelles fut confié par le CIO le ski alpin. Intéressants, les commentateurs de la RTS, même si certains plaidèrent pour le silence radio-télévision sur les coûts et autres problèmes gênants. A ce propos les russes n’ont pas vu le couac de l’anneau qui ne s’ouvre pas grâce au bienvenu décalage de quinze secondes du direct différé !
« Auditivement » ? Les bruits émis provenant de la nature des épreuves audibles. Mais une certaine retenue dans la transmission des sons portés par le public, loin, bien loin de l’enthousiasme du public à Londres pour les JO d’été, saluant aussi les athlètes non-britanniques. Reflet d’une présence retenue du public qui n’occupait pas toute les places disponibles ou volonté de masquer le manque d’ambiance dans les stades ? Pas de réponse !

Julie hamelin, originaire du Québec, épouse et collaboratrice du réalisateur du poétique spectacle de clôture des JO D’HIVER 2014
Poutivement ? Le chef de la à nouveau grande Russie a réussi son coup. Il est content de lui, même s’il n’a pas aimé l’élimination de hockeyeurs de sa nation. La réussite sportive fut aussi celle de Poutine et de sa folie des grandeurs. De cette folie, on risque bien d’en parler pendant longtemps. Il y a maintenant l’Ukraine!
Financièrement ? Cela se compte en milliards de dollars, record du monde sportif battu. On en a beaucoup parlé avant, presque pas pendant. On y reviendra souvent. La formule 1, en automne, tournera à Sochi. Pas étonnant d’y retrouver un sport où l’argent coule comme chute du Rhin.
Audiomatiquement ? Les responsables de la RTS sont très, très contents, la part de marché sur TSR 2 atteignant parfois 90 %, toutes offres comprises. Ils ne sont pas les seuls à se réjouir de ces audiences. En France aussi, ils sont contents. Ils ont raison de l’être. Le sport-roi, une fois de plus, est gagnant.
Sécuritairement ? Ils étaient cent mille à assurer une sécurité qui fut en effet discrète ? Ou pas montrée par les télévisions ? Cent mille ??? Imaginons le coût suisse de ces agents professionnels de la sécurité, à disons cinq cents francs par jour tout compris. Cent mille à cinq cents francs par jour ouvrable tout compris pendant vingt jours : la sécurité aurait coûté un milliard chez nous !!
Ironiquement ? Dans Le Monde, Bruno Lesprit envoyait ses « Bons baisers de Sotchi ». Il avait pensé réserver l’un d’eux au moins à l’inattendue vice-championne du monde lors de son quart de finale. Il s’estime donc à raison « trahi par le hockey suisse », forcé de raconter ce qu’il aurait raconté. Sauf que par bonheur, sa chute lui permet de retomber sur ses pieds, même si le bronze n’était alors pas encore acquis par l’équipe féminine.
Politiquement ? Ceux qui voulaient ne parler que de sport pendant les jeux se sont souvent exprimés à leur propos. Le chef des sports de la RTS, Masimo Lorenzi, a tout de même fait allusion aux problèmes annexes. Il a été pris à parti par un lecteur d’un magazine tv. Dans sa réponse, il a revendiqué plus que le droit, le devoir d’information sur le contexte.
Et l’Ukraine ? Une skieuse ukrainienne et son entraîneur auraient voulu porter un brassard noir après la mort sous le feu des tireurs du président déchu Ianouchenko. Le CIO leur a interdit ce geste de solidarité ! La skieuse et son père sont rentrés dans leur pays. On n’en a guère parlé. Mais les jeux finis, on retrouve place pour l’Ukraine, oubliée aussi, en Suisse, par les conséquences de la votation du 9 février. Sous le titre « LE SILENCE DES ANNEAUX »,, l’excellente revue française multi-culturelle à fort tirage, Télérama, pousse, à partir de cet interdit, un indispensable coup de gueule dans son édition du 26 février en page15. Réaction peu fréquente.



