« La porte du paradis » au Capitole
Pour illustrer la page 12 du no 181 du « Médiatic » demande fut faite à l’invité, Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, de me faire parvenir des images d’un ou deux films qui l’ont particulièrement marqué. Eut-il choisi par exemple « Non réconciliés » de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet que je n’aurais pas été surpris. Mais il a pris une autre voie, celle qui permet de saluer un effort accompli par de nombreuses cinémathèques ou associations pour sauver de l’oubli des films de haut niveau en procédant à une restauration qui revient aussi à une remise à jour d’œuvres parfois malmenées.
Pour accompagner ces quelques lignes, voici trois images de « Heaven’s Gate » (La porte du Paradis) de Michael Cimino, qui sera au Capitole le jeudi 19 juin 2014 dès 19h30, pour présenter son film dans sa version initiale de 3 h 36 minutes. A noter que Cimino sera à l’ECAL le lendemain de 18h00 à 19h0 et qu’un lien s’établit presque naturellement entre les qualités du film et une exposition « Peindre l’Amérique. Les artistes du Nouveau Monde 1830-1900), du 27 juin au 26 octobre à la Fondation de l’Ermitage.
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Dans le numéro 277, mai-juin 2014 de la publication qui présente les programmes de la cinémathèque, Frédéric Maire évoque « les revenants numériques »
Encore une fois, un revenant numérique nous donne l’occasion de présenter au Capitole un chef-d’œuvre du cinéma comme on ne l’avait encore jamais vu Heaven’s Gate (La Porte du Paradis) de Michael Cimino.
J’ai (re)vu ce film en 2012. Je venais d’arriver au Lido de Venise, pour le festival. En guise d’ouverture à la nouvelle section Venice Classics, directement inspirée par Cannes Classics, le directeur de la Mostra Alberto Barbera a choisi de présenter, en grande première, la version restauréed’Heaven’s Gate.

la porte du paradis – Michael Cimino ( Photo cinémathèque)
Restaurée… Il faudrait dire ressuscitée. Car sur la scène du Casino de Venise, Michael Cimino en personne nous explique que, là,cet après-midi, il va rester dans la salle pour voir enfin le film comme il ne l’a jamais vu. En effet, Heaven’s Gate,au budget considérable pour l’époque de 40 millions de dollars, fut raccourci, remonté et littéralement massacré au fil du temps. Son implacable échec public et critique provoqua la chute de United Artists et mit Cimino au ban des studios américains. Supervisée par le cinéaste en personne, l’opération de restauration numérique lui a permis, dit-il, de retrouver non seulement la structure du film telle qu’il l’avait voulue au départ avec sa durée – fort peu commerciale – de 3h36, mais aussi les couleurs et la lumière qu’il souhaitaient avec son chef opérateur Vilmos Zsigmond.
Cet après-midi-là, je n’ai pas vu passer le temps.. Et j’ai remercié le numérique de nous offrir ce merveilleux revenant
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PS : durant ces prochaines semaines, jusqu’à mi-juillet, l’écran de RTS2, en fin de journée et en soirée, est prioritairement occupé par les 64 rencontres de la Coupe du Monde du football-roi au Brésil. Les amateurs de foot sont assurément plus nombreux que les cinéphiles purs et durs ! S’il se trouve quelque responsable des programmes pour voir « LA PORTE DU PARADIS » dans sa version intégrale, peut-être pourrait-il ensuite réserver une soirée spéciale à un film aussi important pour l’histoire du cinéma, un vrai « classique » !

heaven’s Gate – Cimino
(photo cinémathèque suisse)