Dans les coulisses de l’audimate

Quel sens donner à une part de marché exprimée en pourcent ou en milliers de spectateurs ? Une approche à travers deux exemples, le premier autour d’une soirée thématique, le second abordant les trois premiers sujets d’une nouvelle émission, « Les coulisses de l’événement ». Un audimate probablement un peu décevant dans le premier, deux succès et un échec pour le second.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

TABLE DES MATIERES

  1. Autour de Blocher le 28 mai 2014
  2. L’exemple des «Coulisses de l’événement»

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Autour de Blocher le 28 mai 2014

On a pu lire dans la presse que le film « L’expérience Blocher » de Jean-Stéphane Bron, présenté le mercredi 28 mai 2014 sur RTS1 entre 20h20 et 21h55 avait été vu par 118’000 téléspectateurs pour une part de marché de 24.0 %. 68’000 téléspectateurs pour 14.5% de part de marché ont suivi le débat d’ »infrarouge » entre 21h55 et 22h52 : cette information complémentaire provient de la « Communication d’entreprise » faite par la « Chargée des relations médias et des relations en ligne », Mathilde Boillat.

"L'expérience Blocher" : une plongée sur un personnage important, la voiture

« L’expérience Blocher » : une plongée sur un personnage important, la voiture

Quel sens donner à ces informations ?

La part de marché de 24,0% signifie que sur cent spectateurs regardant la télévision, 24 se trouvent devant RTS1 au même instant. 118’000 est par contre une notion plus « abstraite ». Si trois spectateurs n’ont vu chacun que le tiers du film, ils comptent ensemble pour un. Le nombre de téléspectateurs ayant vu l’intégralité de l’émission est donc théorique. On ne sait pas, avec ces données, quelle est l’évolution du nombre de spectateurs en cours d’émission, baisse régulière, hausse ou variations !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l'importance !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l’importance !

On peut pourtant tirer une information intéressante de ce qui précède : entre 20h20 et 21h55, soit durant 95 minutes, 482 mille personnes en moyenne se trouvaient devant un téléviseur ou un ordinateur. Entre 21h55 et 22h52, il y en avait 468 mille !

C’est une surprise, lors de cette soirée. Sur la RTS, avec ses deux programmes, entre 19 et 21 heures, la moyenne annuelle en téléspectateurs est stable. On enregistre ensuite une baisse de 20 pourcent entre 21 et 22heures, puis la même encore entre 22 et 23.

 Depuis le début de l’année 2014, la case horaire qui se situe entre 20h15 et 21h15 atteint une audience moyenne de 30 %. Le 24 % pour le film se situe donc en-dessous de la moyenne des premiers mois de 2014. Ceci n’est pas très étonnant : dans les salles, « L’expérience Blocher » n’a attiré que huit mille suisses alémaniques et sept mille romands.

"L'expérience Blocher" : scène de tournage, pour saluer l'équipe à gauche !

« L’expérience Blocher » : scène de tournage, pour saluer l’équipe à gauche !

 

Déception aussi sur le petit écran ? Lassitude d’une partie du public devant l’invasion blochérienne ?

Impossible de dire où se situe l’audience d’ « Infrarouge » par rapport à la moyenne du début de l’année !

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

L’exemple des « Coulisses de l’événement »

Voici les informations relatives aux trois premières émissions proposées par « Les coulisses de l’événement » proposées vers 20h15.

« L’affaire des jumelles », le 15 janvier durant 68 minutes : 245 mille téléspectateurs pour 41.6 % part de marché, donc 589 mille pour regarder la télévision durant le même laps de temps

« Le vengeance des Khadafi ». le 26 février durant 67 minutes, 232 mille pour 40.6 % donc 571 mille en tout.

« Le secret bancaire », le 4 juin durant 57 minutes, 103 mille pour 20.7 % de PDM, donc 498 mille.

Situation claire : la première émission, fait de société qui fonctionne en partie sur l’émotion, obtient une part de marché légèrement supérieure à la deuxième, problème politique avec un même public global devant le petit écran. La troisième, soulevant un problème financier et économique, perd plus de la moitié sur les deux premières, alors qu’il y a moins de monde le 4 juin pour regarder la tv ( 500 mille contre presque 600 mille).

Les résultats des deux premières prennent en compte les rattrapages faits pendant sept jours après la diffusion de l’émission, alors que ce supplément n’est pas encore pris en compte pour la troisième. La correction sera faite quand l’information sera disponible. Son effet sera probablement limité.

 

Les coulisses de l'Evénement : La vengeance de Khadafi ( èhoto RTS)

Les coulisses de l’Evénement : La vengeance de Khadafi
( Photo RTS)

Dans cette case horaire de 20heures, la part de marché obtenue par la RTS depuis le début de 2014 est de trente pourcent. Les deux premières sont donc un succès quantitatif, la troisième un échec.

Deux succès, un échec : hypothèses

 Un problème économique et financier laisserait-il partiellement indifférent ce qu’il convient à ces heures d’appeler le « grand public » alors qu’un fait de société émotionnel ou une affaire politique révélant des faits nouveaux retiendrait son attention ? Peut-être !

La durée de la première émission était la bonne pour le traitement d’un sujet en trois parties. La deuxième était trop courte : on ne sait pas ce qu’est devenu le couple d’employés qui a osé porter plainte contre Khadafi fils et son épouse.

Pourquoi la troisième émission durait-elle dix minutes de moins que les deux premières ? Son titre, déjà, est porteur de polémique, ce qui n’était pas le cas des deux premières. Sa brièveté explique en partie son manque de cohérence.

Les deux premières sont des réalisations entièrement maîtrisées par la RTS. La troisième a été tournée par une équipe de la DRS à Zürich. Elle a du être adaptée au format romand, trois sujets avec une introduction, deux plateaux intermédiaires et une conclusion. L’entretien final serait-il une adjonction faite par les soins de la RTS, avec un ancien employé de banque dans l’ombre ? L’apport des interventions de Myret Saki est important. Fut-elle aussi interrogée à Zürich ?

Les coulisses de l'Evénement : tournage d'un complément d'esprit documentaire ("Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

Les coulisses de l’Evénement : tournage d’un complément d’esprit documentaire (« Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

La nature des reconstitutions

Dans « Khadafi », des reconstitutions sont faites et annoncées comme telles pour préciser des lieux ou le déroulement plausible de certains événements. Elles ressortent de l’esprit de documentation. Dans « le bal des menteurs », des acteurs disent des dialogues écrits en patois, bien entendu traduits en français. Mais la reconstitution tient alors de la fiction. Quelle plausibilité accorder aux dialogues d’une réunion annoncée de septembre 2008 annoncée comme ultra-secrète ? Il y a Philippe Hildebrand, l’hôte alors membre du directoire de la BNS et un certain Peter ( Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?

Légende Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D'ECRAN Date de prise de vue : 13/05/2014

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Parmi les invités, un certain Peter (Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?
( RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014)

 

Le commentaire français du « Bal des menteurs» se fait envahissant. Dit sur un ton parfois pompeux, il frôle la polémique. Le troisième numéro est une déception. On y insiste sur les Américains ( des « cowboys » !) d’où serait venue la seule volonté de s’en prendre au secret bancaire, en oubliant qu’une organisation européenne a menacé d’inscrire la Suisse sur une liste noire.

Qui dirige le bal ?

On ne sait plus très bien qui porte la responsabilité de la troisième émission, Zürich ou Genève ? On ne sait pas qui fait quoi ? Faut-il prendre acte de différentes de mentalités dans la conception de l’information entre la DRS et la RTS.

Il serait intéressant de savoir comment Zürich a adapté les deux sujets romands. Ont-ils été présentés sur le canal alémanique et si oui quand ? La RTS et les responsables des « Coulisses de l’événement » n’ont pas apporté d’information sur les passages des trois émissions dans les deux autres régions. Dommage ! Mais la SSR-SRG n’a peut-être pas assez « communiqué » sur cette émission nationale conçue par Romaine Jean et Jacob Berger.

« La vengeance de Khadafi », plus que «Les Jumelles », est une réussite qui participe en septembre à Turin à l’important « Prix Italia ». « Le bal des voleurs », mixture entre Genève et Zürich, dans sa version française, est un échec, tant par sa réalisation qu’à l’audimate ! Pour une fois, la qualité, ici jugement personnel, et la quantité, l’audimate, sont en harmonie! Mais le public ne le savait pas au début de la diffusion du *Bal des voleurs »! Alors, pourquoi ?

Les commentaires sont fermés.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives