Que fait la télévision du football ?

Les images de sports sont innombrables. Inutile d’en rajouter! Mais pour se rappeler que la télévision peut faire d’autres propositions que le sport, voici, insérées dans les textes,  quelques images de séries, légendées, qui rappellent l’indispensable  diversité du programme.

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Le foot à la tv s’est bien éloigné du reportage. Il est devenu spectacle de variétés! Après le « mundial », il faut essayer de dire comment et pourquoi. On trouve ci-dessous

a/ Quel est « Le plan de base du reportage » ?  17.07.14 ( Une image de « True Detective)

b/Les images du sport-spectacle 25.07.14 ( Trois images de « Killing », saison 3, version Danemark)

c/ Montrer le public  29.07.14 ( « Les Borgias » en saison 3 et en trois images)

d/ Les arbitres sous surveillance 13.08.14( « Crossing Line », deux fois)

e/ Le son minimaliste 26.08.14 ( « New girl », une image )

f/Parler et encore parler 28.08.14 (« House of cards », saison 2)

g) Contre-pied, un petit bijou 04.09.14 (Deux « épisodes »)

h/ Pour en finir avec le « Mundial » (The Knick)

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Voir aussi  » Ah, oui. Le football »

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h/ Pour en finir avec le « Mundial »

Prochaine compétition importante football : elle commence le lundi 8 septembre par un Suisse-Angleterre sur RTS 2, à 20h3 : pour le grand public. ! Sur RTS1, à 22h40, « The Knick » : de l’audace dans la programmation (voir l’image et sa légende).

Record en francophonie ?

Dans les hautes sphères de la « SSR-SRG » et de la « RTS », on est fiers de pouvoir proclamer que « notre » télévision a su montrer, généralement la première fois en direct, les 64 rencontres du dernier mondial. Seuls, parmi les généralistes de service public, dans le monde francophone, à en avoir fait autant ?

Mon attitude de téléspectateur, qui apprécie le divertissement, me conduit plutôt vers les sports que les variétés en coups de cœur ou le séries policières unitaires américaines en duos et premier rideau. J’aurai vu au moins en partie toutes les rencontres, suivi les « avant », « pendant » et « après », souvent lassé par la répétition des mêmes phases de jeu. « Le journal des Suisses » et « Le club » ? Décrochage en cours de route, de plus en plus excédé surtout par la majorité des rubriques du « Club ». Le téléspectateur qui prend réel plaisir à se distraire aura donc fait place à un commentateur minoritaire trouvant que trop, décidément ce fut trop de foot !

The Knick (RTS/HBO) En cours d'opération, mais avant que ne gicle le sang, la chirurgie en 1900 forcément pas très moderne

The Knick (RTS/HBO)
Assurément, une série haut de gamme. Un divertissement, comme toute série devrait l’être. Mais aussi une incursion dans l’Histoire, celle aussi de la médecine à New-York en 1900. Des personnages dans leurs contradictions.. Le monde politique, économique, social présent.

Et trop de textes ?

L’occasion était tout de même bonne pour se poser quelques questions à propos de ce football et de son succès quasi-universel. Dans le « Blog de la RTSR », qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais seulement de celui qui signe ces contributions, « Ah oui ? Le football », à partir du 3 juillet, aura fait apparaître quatre sujets. Sous le titre, « Que fait la télévision du football ? », ce sont encore huit interventions ciblées, celle-ci étant la dernière, du 22 juillet à ce jour. « Trop, c’est trop » vaut aussi pour mes prestations estivales, faciles à éviter alors que le foot était presque incontournable sur RTS 2 !

Certes, une bizarre idée en contre-pied aura tout de même permis à l’auteur de ces multiples interventions de proposer une respiration par l’illustration empruntée à un tout autre domaine, celui des séries, en particulier les plus ambitieuses.

Pour en finir, provisoirement, avec le foot, deux remarques.

Brasser des millions, surtout en Europe

La FIFA et le foot en général brassent beaucoup d’argent. On n’en aura pas tellement parlé. Salut particulier à je ne sais plus quel humoriste dans « Le club » suggérant aux commentateurs de cesser de répéter le nom des joueurs pour le remplacer de temps en temps par le montant de leur dernier transfert !

Dans le même ordre d’idée, a-t-on souvent fait remarquer que certaines rencontres entre équipes nationales ressemblaient à un championnat entre équipes européennes ? On aurait alors pu remplacer le nom des joueurs par le montant de leur salaire annuel.

Brésil : l’après mondial ?

b/ Quelques émissions d’avant ouverture du « mundial » ont pris pour sujet le Brésil. Mais on n’aura plus guère parlé de ce pays de presque deux cents millions d’habitants pendant un mois. Et depuis lors, à la télévision, c’est silence radio ! Verra-t-on un « Temps présent » lors de la prochaine élection présidentielle brésilienne, occasion de faire mise au point sur l’après-Mondial ?

Le conseil du public de la RTSR a confié à un groupe de travail le soin de s’intéresser au football. On aura donc peut-être un bon prétexte pour faire une nouvelle incursion dans ce domaine.

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g/Contre-pied : un petit bijou

Dans la cohue des heures et des heures consacrées au mondial de football, avec ses emballages admiratifs d’auto-satisfaction devant l’importance donnée à cette compétition, il était indispensable, ce contre-pied savoureux : une petit merveille, une courte minute, souvent associée à l’envahissant « club ».

Michael Lapaire est le responsable éditorial de cette mini-série de quinze cellules qui restent sur le site http://www.rts.ch/contrepied/. Où a disparu la 16ème ? Il fut déjà associé à l’impertinent « Breaks-up ». Le voici faisant équipe avec un réalisateur, Michael Borgognon.

Contre-Pied -rts - série web Un invité - l'ancien conseiller fédéral OGI

Contre-Pied -rts – série web
Un invité – un ancien conseiller fédéral ? Peut-être ..

Il était bon de se poser quelques questions sur le foot et d’y apporter des réponses distantes et impertinentes. Alors vive le noir-blanc qui d’emblée crée une certaine distance. Le tout-couleurs traditionnel, c’ est le reflet de la réalité.

On va donc poser à des personnalités diverses qui peuvent même être éloignées du foot des questions pas très sérieuses. On s’en va ensuite interroger vingt personnes, dont quatre femmes – échantillon fort peu féministe. Mais autour de stade, combien de femmes sur cent hommes. Et parmi le six cent mille de la finale, combien de femmes ?

Contre-pied, une série web de la rts Une invitée, mais quiesse?

Contre-pied, une série web de la rts
Une invitée, mais quiesse?

Un groupe est prié de bien vouloir expliquer la règle du « hors-jeu », la manière de tirer un pénalty ou de chanter l’hymne national. L’originalité réside dans la part que l’on va faire du montage. On prend de bouts de phrases de plusieurs des «questionnés » et on les monte bout-à-bout, pas du tout arbitrairement, mais bien pour créer une sorte de continuité dans une conversation qui ne craint pas de confiner à l’absurde.

Le résultat ? Drôle, léger, impertinent. En une minute, on en a dit plus que lors de multiples répétitions sur chaque but marqué. Evidemment, un soir de prolongation qui impose d’abréger un magazine, c’est le « contre-pied » que l’on « shoote »! Félicitations aux deux Michael, qui ont mis à l’honneur le recul avec de l’impertinence de plans courts bien ordonnés.

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f/ Parler et encore parler

 Les utopistes qui rêvent d’une télévision disposant d’un magazine traitant de l’audiovisuel s’entendent répondre que la télévision montre et la radio parle. Le RTS, en effet, en sa radio parle bien du cinéma.

Mais, dans le sport en général et le football en particulier lors du récent mondial, la télévision qui aura montré l’intégralité de soixante-quatre rencontres en aura parlé avant, montré et parlé à la mi-temps, remontré et parlé après. Mieux, durant tout le mondial, deux magazines furent ajoutés, de durées proches d’un « 19 :30 », « Le journal des Suisses » avec envoyés au Brésil en premier rideau et « Le club » en fin de soirée. D’un jour à l’autre, pour un peu plus de nonante minutes de jeu, on aura eu droit entre trente et quarante minutes d’habillages à composante principale verbale. Sur cent spectateurs d’une rencontre, entre dix et vingt suivirent les deux magazines.

House of cards - Saison 2 Kevin Speacy et Molly PARKER

House of cards – Saison 2 Kevin Speacy (Franck Underwood)  et Molly PARKER ( ) dans la 2éme saison actuellement sur Canal+ en France. Cette série est une des plus percutantes et plausibles sur le monde politique américain.

« Le journal des Suisses » était composé de petites rubriques parfois préparées à l’avance et d’informations quotidiennes. « Le club » se voulait plus original : inviter chaque soir des personnes pas forcément spécialisées dans le commentaire sur le football,  dont collaborateur de l’entreprise radio-télévision romande. Parmi ces rubriques plus ou moins intéressantes,  qui contribuaient pratiquement toutes à privilégier le Verbe parfois haut et fort, deux tentatives à tout le moins discutables et une petite merveille d’impertinente réussite, « Contre-pied ».

Est-il possible, chaque jour, en duo, de commenter l’actualité : en radio filmée, Vincent Kucholl et Vincent Veillon s’en tiraient admirablement bien, bénéficiant d’un vaste choix possible couvrant toute l’actualité. Le frères Bugnon ont eu tort de croire qu’il était possible d’aligner chaque jour un sketch avec amorce de mise en scène de cent vingt secondes sur un sujet tout de même restreint, le football même mondial. Etre drôle, amusant, lucide pendant deux minutes, durant trente jours, est quasiment impossible, puisque c’est, à deux,  mission impossible! Et il ne s’agit pas d’allergie personnelle à leur forme d’humour….

House of cards - saison 2- Robin Wright ( photo CANAL+ )

House of cards – saison 2- Robin Wright (Claude Underwood).( photo CANAL+ ). On n’en parle guère à la RTS : dans un magazine tv, on vient d’apprendre que l’on se « tate » pour savoir si un jour on portera cette série à l’antenne nocturne de notre télévision. D’ici là, Netflix sera installe un peu partout et en septembre 2014 en France. « Houose of cards » remplacerait agréablement léinsiginfiant « New Girl » qui met fin à l’actuelle soirée envahie jusqu’à minuit par des logos rouges!

Chaque jour ou presque, la RTS a invité les membres d’un club de football dit des « talus » qui joue parfois en coupe de suisse : c’est alors un événement de portée régionale! Voilà qui aura fait plaisir à quelques dizaines de participants flattés d’être reçus et d’être vus à l’écran par les proches et les amis du village. Mais que leur a-t-on demandé en plus d’une présence de bien longue durée : il n’auront guère eu la parole qui  fut abondamment portée par les journalistes sportifs et leurs experts. Par contre, les invités furent priés de manifester leur joie « spontanée ». L’animateur du débat leur demandait tout à fait ostensiblement d’applaudir, parfois eux-mêmes. Et les invités de crier, de se lever pour projeter leurs bras vers le ciel, les derniers venus avec fanions du club! Dans les variétés, le « chauffeur de salle » reste en coulisses ! La télévision, sous cette forme qu’elle estime probablement être une démarche de proximité, n’est guère intéressante pour la majorité des téléspectateurs s’il elle fait plaisir aux invités…L’interactivité, si tant est que l’on songeât à elle, ce n’est point cela!

Que ne ferait-on pas pour le sport roi, la RTS.La RTS, rappelons-le, aimant de vanter de ce qui est peut-être un record francophone ou même européen en heures de diffpour une chaîne généraliste de service public, catégorie place donnée aux sports en général, au foot en particulier.

(Reste à évoquer, donc « écrire sur », la plus piquante des rubriques consacrée au football lors du mondial, « Contre-pied »)

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e/Le son minimaliste

L’image du football offerte par la télévision, riche, variée, est celle d’un spectacle qui finit par oublier le plaisir du jeu des « talus ». Le téléspectateur devient un juge plus malin que le trio arbitral. Ii en sait beaucoup sur les astuces des joueurs. Habile manière de « flatter » le buveur de bière de plus de trente-cinq ans ! Ce football spectacle reflète aussi indirectement de gros enjeux financiers.

Mais dans « audiovisuel », il y a le son. Celui-ci est minimaliste, alors que l’image est maximaliste. Première composante, la voix du commentateur accompagné pendant la partie, d’un ou même parfois de plusieurs experts. Les mots glissent presque en permanence le long des images. On nous raconte ce que l’on voit avec un seul vrai petit plus qui n’est pas tellement important, le nom du joueur. Bien malin qui peut savoir en quoi le commentateur dans une cabine aménagée sur le stade en dit plus que celui qui resterait au studio derrière un micro pendant les nonante et un peu plus minutes que dure la rencontre. Sur place, bien entendu, il joue, avant, à la mi-temps, après, longtemps après au tailleur qui déguise de ses mots le spectacle avec exemples vus et revus sous angles variés.

New girl - photo rts/fox Cece (Nannah Simone( et Jess (Zooey Deschanel). Bien triste soirée que celle du dimanche soir, actuellement sur RTS1( août 2014) qui se termine avec une série fade, qui passe pour être amusante, que certains osent comparer à "Friends". Avant ? "The black list", gratuit et sanguinolent, "Crossing line", ou l'Europe du crime le plus sordide possible. Sous le signe de logo rouge mais pas pour "New girl"

New girl – photo rts/fox
Cece (Nannah Simone( et Jess (Zooey Deschanel).
Bien triste soirée que celle du dimanche soir, actuellement sur RTS1( août 2014)! Elle se termine avec une série fade, qui passe pour être amusante, que certains osent comparer à « Friends ». Avant ? « The black list », gratuit et sanguinolent, « Crossing line », ou l’Europe du crime le plus sordide possible. Sous le signe de logo rouge mais pas pour « New girl »

Autre composante : les bruits de la foule, des chants, qui choisissent leur camp, des cris parfois accompagnés de sifflets. Pas forcément facile de savoir séparer les élans qui soutiennent l’équipe a) de ceux destinés à l’équipe b) : c’est parfois un doux mélange ! Fonds sonore, sans plus, dépourvu de sens intéressant. On peut couper le son et conserver un réel plaisir à suivre la rencontre.

Plus clairs parfois, les sifflets, qui ont un caractère protestataire. Un exemple, lors de la remise de la coupe : M.Blatter tient le coupe : sifflets. Il la refile à Mme Dilma Rousset, présidente du pays d’accueil : sifflets. L’imitation de la coupe « Jules Rimet » ne passe pas dans les mains de M.Poutine, discrètement assis près d’eux, en attendant 2018. La voici dans les mains du capitaine de l’équipe allemande : applaudissements nourris.

Le sifflet serait-il devenu témoignage « politique » réprobateur. Mais je ne sais plus si j’ajoute le souvenir d’une lecture à celui d’une ambiance sonore. Ne pas oublier que la FIFA est le commanditaire du spectacle et qu’un employé n’a pas à porter de jugements même insidieux sur son employeur !!

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d / Les arbitres sous surveillance

Autant de caméras autour d’une stade, autant de « regards » : restons-en à celles qui suivent le jeu. On peut passer d’un gros plan sur un visage à une vision d’ensemble sur la presque totalité du terrain, avec de multiples nuances intermédiaires. Au plan de base, le ballon en mouvement, s’en ajoutent de d’autres qui font du jeu pour le téléspectateur quelque chose de plus complet visuellement que pour celui qui se trouve au stade. Devant un écran qui peut être géant, parfois installé dans le stade même, le public en sait plus que l’arbitre et ses assistants. L’arbitre n’est plus seul maître à bord !

La technique prend une place grandissante. Emetteurs et écouteurs miniatures relient l’arbitre et ses adjoints. Pour éviter une erreur qui peut changer le cours du jeu – la balle a-t-elle oui ou non franchi complétement la ligne de but ? – le technique vient compléter le « regard » de l’arbitre. La FIFA a fini par accepter au Brésil des caméras auxiliaires qui permettent de décider si oui ou non le but est à valider. Même un « no goal » dans une première phase où la balle touche le poteau suivie par un « goal » quand le gardien s’en saisit, la ligne entièrement franchie, donne une certitude (comme les « challenges » en tennis !). Une erreur de moins, objet hier d’intenses polémiques !

Crossing Lines -Michael Dom ( Daniel Sutherland),  responsable du groupe au nom de la CPI, qui n'a du reste aucune compétence dans le domaine des crimes de droit commun - Qu'importe la plausibilité de cette Europe mondialisée en fiction !

Crossing Lines -Michael Dom ( Daniel Sutherland),
Une co-production germano-française (TF1), qui imite avec plus ou moins de réussite les séries unitaires américaines spectaculaires. Un atout, l’acteur connu : mais dans certains épisodes, à peine fait-il deux petits tours et puis s’en va. Priorité de diffusion pour la RTS, (derniers épisodes de la saison 2 le dimanche 24 août vers 22h30). Malgré l’heure plutôt tardive, ce n’est pas du haut de gamme, loin de là : seulement un produit de consommation courante style TF1 !

Dans d’autres situations, le téléspectateur en sait plus que l’arbitre. L’off-side par exemple : l’arbitre, au signal de son adjoint avec son drapeau, doit se prononcer rapidement ; et c’est souvent une question de centimètres. Quelques secondes plus tard, la télévision propose une reprise de la phase de jeu, ajoutant à l’image qui peut être arrêtée, en complément, une ligne blanche qui permet de savoir si oui ou non elle était franchie par l’attaquant. Contact entre joueurs : phase normale ou faute ? L’arbitre décide immédiatement. Forcément, il lui arrive de se tromper. L’image télévisée en reprise, au ralenti, sous un autre angle permet transforme le téléspectateur en juge du l’arbitre, d’autant plus péremptoire que le commentateur peut en rajouter en direct. Et les reprises d’après-rencontre permettent de revenir sur une phase de jeu discutable, donc d’enfoncer le clou de l’erreur arbitrale.

Lavoine et Fichter en tournage dans "Crossing line"

Scène de tournage de « Crossing line » avec Marc Lavoine (Louis Daniel) et William Fichter (Carl Hickman). Une série européenne, dans la ligne de TF1, autrement dit + qu+ « importe la qualité pourvu que la part de marché soit bonne ». Du genre pudding, avec un(e) enquêteur(euse) par pays, mais tous parlent aisément le français. Des enquêtes ordonnées par Michael Dom,  le chef de la CPI : pas un gramme de plausibilité ! Pourquoi diable faire intervenir la Cour Pénale Internationale (CPI), organisation européenne qui n’a aucun pouvoir en matière criminelle !!

La télévision fait ainsi croire insidieusement au téléspectateur qu’il est plus intelligent, plus lucide que l’arbitre. Elle le caresse dans le sens du poil en lui donnant un sentiment de supériorité. Il se peut que le football soit, parmi tous les sports, celui qui flatte ainsi le plus clairement son « client ». D’où peut-être, en partie du moins, son succès qui tient aussi à une forme de chauvinisme, pas seulement lors d’une compétition mondiale. Le rôle de l’arbitre, en football, est souvent ingrat !

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c / Montrer le public

Quelle différence entre publicité et sponsoring ? Le coût à la seconde ? L’insertion dans le spectacle? Un détective économique pourrait répondre. Il n’y a plus personne pour nier le rôle énorme joué par l’argent dans le football, surtout de très haut niveau. Les noms de marques se glissent partout, sur les maillots, le long des barrières des stades.

Les Borgias - saison 3 - Jeremy Irons ( le pape Rodrigo Borgia) : cinq lundis de suite dès le 28 juillet 2014 sur RTS 1, aux environ de 22h30 Forcément, puisque c'est  c'est une série "haut de gamme"

Les Borgias – saison 3 – Jeremy Irons ( le pape Rodrigo Borgia) : cinq lundis de suite dès le 28 juillet 2014 sur RTS 1, aux environ de 22h30
Forcément, puisque c’est c’est une série « haut de gamme »

Le plan de base est souvent abandonné.Les incursions sur le public sont nombreuses. Il y a d’abord le banc avec l’entraîneur, les remplaçants, l’équipe technique. Les réactions des uns et des autres participent du spectacle anecdotique. Certains plans sur le public partent à la recherche des notables, politiciennes et politiciens de haut vol, chefs d’Etat, entourant les plus hauts responsables de football, le patron de l’UEFA tout de même moins présent que le bientôt inamovible président de la Fifa. Et si une caméra trouve dans son champ une « vedette », dans quel domaine que ce soit, le régisseur ne manquera pas de lui faire alors un petit « coucou » !

Les Borgias - saison 3 - épisode 3 - Photo RTS/Showtime Le mariage de Lucrèce Borgia (Hollyday Graingier) et Alphonse d'Aragon (Sebastian de Souza) avec la "bénédiction"  papale de Rodrigo Borgia)(Jeremy Irons

Les Borgias – saison 3 – épisode 3 – Photo RTS/Showtime
Le mariage de Lucrèce Borgia (Hollyday Graingier) et Alphonse d’Aragon (Sebastian de Souza) avec la « bénédiction » papale de Rodrigo Borgia(Jeremy Irons)

Des écrans géants qui retransmettent l’image du reportage en direct ,très probablement muets, sont dressés sur de plus en plus nombreux stades. Il se pourrait que les réalisateurs en régie se fassent le petit plaisir de choisir souvent de jeunes et jolies femmes plutôt que des messieurs bedonnants. Pourquoi pas !

Les Borgias- saison 3 - photo RTS/Showtime Lucrèce et César, en famille! Pas un seul personnage avec un brin de "valeur" positive : tous plus ou moins des "salauds". Difficile d'être à l'aise avec les personnages de cette série d'excellent niveau, à grand spectacle, mais moins grand que "Games of throne" !

Les Borgias- saison 3 – photo RTS/Showtime
Lucrèce et César, en famille!
Pas un seul personnage avec un brin de « valeur » positive : tous plus ou moins des « salauds ». Difficile d’être à l’aise avec les personnages de cette série d’excellent niveau, à grand spectacle, mais moins grand que « Games of throne » !

Mais, dans le groupe filmé, rapidement quelqu’un se rend compte qu’il se voit. Il adresse des signes à la caméra, en saluant ainsi sa propre image. Pour quelques secondes, voici des anonymes devenus célèbres, parfois dans le monde entier. De tels plans n’ont plus rien à voir avec le jeu. Ils ne montrent pas des réactions de supporteurs. Ils expriment une forme de narcissisme. C’est là une composante de cette mise en scène d’un spectacle qui ne concerne plus du tout le jeu.

 

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b / Les images du foot-spectacle

(Trois images de « Killing » en troisième saison sur ARTE et une question !)

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Voir ci-dessous   a / Le plan de base d’un reportage (17.07.14)( True Detective – HBO / En juin 2014 sur TZS1)

Deux milliards que nous étions à regarder en même temps les mêmes images, il y a peu : c’est, disons, un peu «inquiétant ». Car il est difficile de croire qu’il y a autant d’admirateurs du foot seulement comme jeu ! Il doit bien se trouver quelque chauvin nationaliste parmi eux, à côté de ceux qui en restent à la fierté patriotique – ou à la déception humiliante! Les enjeux financiers sont immenses : la Fifa vend à prix élevé les droits à des chaînes qui vendent à un prix élevé les temps réservés à la publicité. Et les sponsors qui paient des droits élevés à la FIFA en veulent pour leur argent. Notons en passant le magnifique coup de pub réussi par HUBLOT, incontournable sur le grand tableau lors de changements de joueurs et à l’annonce des durées de prolongation de jeu !

Sarah Lund ( Sofia Grabel)- killing saison 3 - photo arte/Tim Herden Magnifique personnage, efficace, généreuse, mais sans que l'on sache vraiment qui elle est.Une partie de son "mystère" subsistera, puisque la série s'arrête à la fin de cette troisième saison, présentée sur ARTE en juillet 2014

Sarah Lund ( Sofia Grabel)- Killing saison 3, présentée sur ARTE en juillet 2014.(photo arte/Tim Herden)
Magnifique personnage, efficace, généreuse, mais sans que l’on sache vraiment qui elle est.Une partie de son « mystère » subsistera, puisque la série s’arrête « sagement » à la fin de cette troisième saison

Il y avait de nombreuses caméras dans les douze stades du Brésil. Mais toutes ne suivaient pas le ballon pour assurer le plan de base !

Les deux milliards recevaient les images sur des supports allant du plus petit, le portable ou les tablettes, au plus grand, les écrans géants en plein air, y compris dans les stades en passant par internet. Il se peut que le bon téléviseur traditionnel soit tout de même encore le moyen le plus utilisé.

Killing -- saison 3 -( photo arte -Tim herden) Robert Zeuthen (Andres W.Berthelsen), puissant capititaliste qui refuse de délocaliser son entreprise, recherche Emilie, sa fille, enlevée par le tueur.

Killing — saison 3 -( photo arte -Tim herden)
Robert Zeuthen (Andres W.Berthelsen), puissant capitaliste qui refuse de délocaliser son entreprise, recherche Emilie, sa fille, enlevée par le tueur.

Donc la télévision doit satisfaire tout le monde mais en priorité ceux qui ont des intérêts financiers, partout et en même temps. Impossible d’en rester à notre « plan-de-base » centré sur le ballon. Trois moyens au moins de faire autre chose : a/  plans sur les publics et les publicités ; b/ plans parfois très gros sur un seul joueur, qu’il possède ou non le ballon ; c/  multiplication des artifices techniques, reprises immédiates d’une phase de jeu sous un autre angle, ralentis qui se veulent élégants, pourquoi pas parfois deux ou plusieurs images en même temps, etc.

Trois moyens de faire autre chose qu’un reportage sur un jeu ! Une sorte de document hybride qui tient d’un spectacle de fiction mais qui néglige la bande son !

 

The Killing III - Photo arte/Tim Harden Sur ARTE, dès 20h50, dix épisodes, dix journées, en duos du 3 au 31 juillet 2014. Impossible de revoir durant sept jours les épisodes. Un texte apparaît :

The Killing III – Photo arte/Tim Harden
Sur ARTE, dès 20h50, dix épisodes, dix journées, en duos du 3 au 31 juillet 2014- 3ème et dernière saison..
Impossible de revoir durant sept jours les épisodes. Voici pourquoi. Un texte apparaît : Erreur – cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays. Ah bon ? ARTE et la SSR-SRG et ses sociétés régionales ne sont-elles pas des chaînes amies, même si les secondes affichent des parts de marché beaucoup plus fortes que celles d’ARTE. Donc « Killing » nous est interdit dans l’offre sept plus ! A qui la faute ?

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a/ Le plan de base d’un reportage

 Debout ou assis dans un stade, le spectateur saisit l’ensemble du terrain de jeu plus ou moins bien selon la place qu’il occupe. La télévision s’adresse à un nouveau consommateur, le téléspectateur, qui voit ce que le réalisateur décide de lui montrer.

Quelques images d’un ancien Argentine-Allemagne de 1986, reprises sur RTS 2 dimanche 13 juillet, semblèrent délicieusement vieillottes, y compris avec des joueurs plus larges que hauts, erreur technique dans un cadre provisoire.

Le plan de base

C’était simple : montrer le ballon quand le joueur A s’en occupe, le suivre quand il tente de le passer à un joueur B et être encore présent à la réception par B le partenaire ou C l’adversaire et ainsi de suite. Par l’alternance des plans éloignés et rapprochés. le téléspectateur reçoit des informations différentes que celles saisies par le spectateur.

Le « regard » de nombreuses caméras

Pour de multiples raisons, en particulier l’intérêt d’un large public pour le divertissement offert par le foot et les intérêts

Les images du foot-spectacle

 

Deux milliards que nous étions à regarder en même temps les mêmes images, il y a peu : c’est, disons, un peu «inquiétant ». Car il est difficile de croire qu’il y a autant d’admirateurs du foot seulement comme jeu ! Il doit bien se trouver quelque chauvin nationaliste parmi eux, à côté de ceux qui en restent à la fierté patriotique – ou à la déception humiliante! Les enjeux financiers sont immenses : la Fifa vend à prix élevé les droits à des chaînes qui vendent à un prix élevé les temps réservés à la publicité. Et les sponsors qui paient des droits élevés à la FIFA en veulent pour leur argent. Notons en passant le magnifique coup de pub réussi par HUBLOT, incontournable sur le grand tableau lors de changements de joueurs et à l’annonce des durées de prolongation de jeu !

 

Il y avait de nombreuses caméras dans les douze stades du Brésil. Mais toutes ne suivaient pas le ballon pour assurer le plan de base !

Les deux milliards recevaient les images sur des supports allant du plus petit, le portable ou les tablettes, au plus grand, les écrans géants en plein air, y compris dans les stades en passant par internet. Il se peut que le bon téléviseur traditionnel soit tout de même encore le moyen le plus utilisé.

 

Donc la télévision doit satisfaire tout le monde mais en priorité ceux qui ont des intérêts financiers, partout et en même temps. Impossible d’en rester à notre « plan-de-base » centré sur le ballon. Trois moyens au moins de faire autre chose : a/ les plans sur les public et les publicités ; b/ gros plans parfois très gros sur un seul joueur, qu’il possède ou non le ballon ; c/ la multiplication des artifices techniques, reprises immédiates d’une phase de jeu sous un autre angle, ralentis qui se veulent élégants, pourquoi pas parfois deux ou plusieurs images en même temps, etc.

 

Trois moyens de faire autre chose qu’un reportage sur un jeu ! Une sorte de document hybride qui tient d’un spectacle de fiction mais qui néglige la bande son !

financiers qui s’y ajoutent à travers la publicité, la télévision ne peut plus en rester au plan de base. Autour et même au-dessus du terrain, il y a parfois deux ou trois dizaines de caméras comme lors du dernier mondial. Chacune d’elle propose son propre « regard ». Mais le ballon est alors souvent absent.

True detective : magnifique série proposée par la RTS en juin 2014. Souvent, l'enquête policière s'estompe pour s'en tenir aux rapports entre les trois personnages principaux. Et la présence de Maggie Hart (Michelle Monoghan), l'épouse de Martin           est impressionnante.

True detective : magnifique série proposée par la RTS en juin 2014.
Souvent, l’enquête policière s’estompe pour s’en tenir aux rapports entre les trois personnages principaux. Et la présence de Maggie Hart (Michelle Monoghan), l’épouse de Martin est impressionnante de sensibilité.

Le travail du réalisateur

Il faut donc choisir l’image qui sera diffusée parmi toutes qui existent en même temps. L’image saisie par chaque caméra arrive dans une régie où le réalisateur, théoriquement, les voit toutes. Il peut en commander des différentes aux opérateurs derrière leur caméra ou en demander de nouvelles à ses assistants. Mais c’est lui qui choisit celle qui va passer. Ce travail demande une grande maîtrise. Dans toute manifestation sportive, le réalisateur en régie effectue sa « mise en scène » par le montage instantané. C’est ainsi qui  crée un spectacle qui n’a parfois plus qu’un lointain rapport avec celui auquel assiste le spectateur au bord du terrain. Le plan de base est  souvent oublié.

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(((( PS : Deux noms au moins

Pour quelques fins connaisseurs du travail de la télévision, il est même possible de pouvoir dire de quel pays provenait le réalisateur en charge d’un match. Ceux-ci, au nombre de huit au moins, étaient français (deux), Allemands (trois) et Britanniques (trois). Mais qui donc connaît les noms de deux français, par exemple : Jean-Jacques Amsellem et François Lannaud ? Moi pas ! Il est bon, une fois au moins, de signaler l’existence de ceux qui portent la responsabilité de créer le spectacle de divertissement offert par le football, entre autres sports qui ont chacun leurs exigences.)))))

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