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« 1992 » à « Made in Europe »
«Made in Europe», c’est une case régulière réservée aux séries européennes en principe chaque vendredi sur RTS Un, en fin de soirée, aux environs de 23 :00. On y trouve en général des séries récurrentes qui proviennent, doublées, de différents pays d’Europe. La programmation consiste, selon une habitude que l’on peut ne pas apprécier, à présenter deux épisodes à la fois, ce qui ressemble beaucoup à une séance de cinéma présentant un long-métrage d’une centaine de minutes avec entracte. Seulement en nocturne, l’entracte à minuit pour la publicité, c’est peut-être le signal donné de l’indispensable «dodo». Pour qui sont les «inédits» de minuit? Cela revient à jeter l’argent par les fenêtres nocturnes pour peu de spectateurs!
Premières impressions
Oui, mais au soir du 29 avril 2016, j’ai pris le train «Made in Europe» par intérêt pour la case sans rien savoir du contenu. Peut-être suis-je ainsi devenu téléspectateur moyen regardant ce qui coule du robinet à images sans connaître la qualité de l’eau. Voici mes observations du lendemain: c’est italien, pas très agréablement doublé, cela se passe à Milan. Il s’agit de politique, alors que la montée de la télévision d’un certain Berlusconi est dans l’air. II y a de jolies femme. On saute d’un personnage à l’autre, sans avoir tellement le temps de comprendre qui est qui. On manque de temps pour saisir certains comportements. Qui donc se fait si brutalement tabasser dans une rue en pleine nuit? Une scène de sexe, qui n’a rien à voir avec le manque d’affection, n’est pas piquée du derrière, au point d’être surpris de l’absence du logo rouge dont on fait tout de même un large et prudent usage à la RTS. A se demander si quelqu’un a préalablement visionné la série. Mais tout de même, tout cel semble assez intéressant.
Pour en savoir davantage
Comment est-il possible de ne pas avoir fait attention à une bande de lancement? Pour la fiction, la promotion ne se fait pas sur l’antenne: il n’y en a que pour les sports qui permettent de parler des prochains quarts, demis et autres finales ou des si passionnants Vaduz contre Lugano! Alors, pour le rattrapage, il y a internet, par exemple:
http://www.rts.ch/emissions/series/toutes-les-series/7679417-1992.html
http://television.telerama.fr/television/1992-quand-l-italie-s-attaquait-a-la-corruption,130609.php
http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/02/04/corruption-en-series_4569518_4497186.html
http://seriestv.blog.lemonde.fr/2015/06/29/1992-litalie-observe-son-passe-politique/
https://www.letemps.ch/culture/2016/04/29/1992-serie-raconte-guerre-contre-mafia-hauteur-hommes
Dans le récent «Médiatic» (no 191 / mai-juin 2016), on trouve en page deux une excellente présentation de cette série.
Observation finalement paradoxale: à force de chercher sur internet et de lire des textes à propos de «1992 », force est de constater que j’aurai passé au moins deux heures depuis une semaine pour des lectures, et une autre seulement pour revoir le premier épisode, «Les sangliers».
Trois saisons, dix épisodes par saison
La production est assumée par «Sky Italia», bouquet de télévision par satellite du groupe «21st century Fox» dirigé par un magnat de la presse Rupert Murdoch. Il s’agit d’une production audiovisuelle qui dispose de gros moyens. Dans l’empire Murdoch, on s’autorise de faire une série qui évoque des magouilles politiques et des méthodes de manipulation du public par la télévision pour le plus grand bien de la fortune privée. Sont à venir, «1993» et «1994», trois saisons avec dix épisodes de cinquante-deux minutes.
Vers le haut de gamme
Il y a évidemment un mélange entre les faits de la réalité économique et politique en utilisant les noms de personnes réelles. On y invente autour du vrai juge Antonio di Pietro des personnages qui sont de pure fiction, sans vraiment savoir ou commence la fiction, où finit la réalité (certainement pas dans le VIH qui atteint l’inspecteur Luca Pastore provoqué par un remède de qualité douteuse). Peu importe, puisque au moins la plausibilité est indiscutable qui raconte ce temps où l’Italie tenta de sortir de multiples magouilles. Encore que la Ligue du Nord, et Berlusconi et sa télévision de démagogie populaire, quelques années plus tard, confirmèrent que le recommencement est possible, mais autrement!
Intéressant, assurément. Mais la structure même du récit reste difficile à suivre oscillant entre reflet de la réalité politique italienne et fiction avec multiplication des situations anecdotiques. Une demi-douzaine de personnages d’égale importance ne facilitent pas la compréhension d’un récit qui va recouvrir tout l’histoire de l’Italie de «mains propres» de 1992 à 1994. On est bien dans le haut de gamme, mais plutôt dans le bas de ce haut!
Autour de « Bouboule » de Bruno Deville
Mercredi 27 avril 2016, revu des bouts « Bouboule » : plaisir intact, que de retrouver déjà le souvenir d’un film à tout le moins intéressant. Générique de fin coupé. Le revoici, rapide, en final du débat d’ « Infrarouge » : bizarre!
Bonne idée que le principe d’une soirée thématique : faire suivre un film d’un débat sur ce qui apparaît comme son sujet principal, l’obésité chez les ados. On y évoque le pourcentage croissant de personnes en surpoids ou obèses dans certains pays, dont le nôtre. Mais pas un mot sur le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC, le poids divisé par le carré de la taille en mètres – trop compliqué pour le public en principe nombreux de 21h30 ?).
Pas de politiciens, que des « experts » : pas d’engueulades. Pour une fois, un « Infrarouge » qui ne donne pas envie de fuir. Evidemment, à sept, cela fait beaucoup. Evidemment, aucune allusion au « Temps présent » du jeudi précédent qui avait comme sujet un régime amaigrissant. Evidemment, il n’aura été que peu question du film lui-même, comme on pouvait le prévoir.
Intéressant tout de même de comprendre que le réalisateur avait été un enfant en surpoids. Etonnant de savoir que le jeune acteur venu de Bruxelles va entreprendre, trois ans après le film, une sorte de cours pour perdre du poids.
Et puis, finalement, dommage de consacrer la seule vraie case en premier rideau pour un débat d’idée sur un fait de société dont on peut parler presque n’importe quand alors qu’il y a tant d’autres sujets d’actualité immédiate qu’il vaudrait la peine de chercher à mieux comprendre…
Donc, oui sans hésitation au principe de la soirée thématique. Mais partielle insatisfaction pour la concrétisation !
(jeudi 28.04.16 / 20h15)
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Jeudi 21 avril 2016, « Temps présent » s’arrête sur obésité, problème de société qui tend à prendre de plus en plus d’importance à se demander s’il existe une corrélation entre le surpoids et une chaîne mondiale d’alimentation. Mais le magazine de reportage n’a pas choisi « Macdo » pour son enquête organisée autour d’une expérience : l’invité se nomme « Weight Watchers », donnée comme une puissante société américaine dont le succès repose sur un régime assez draconien qui remet en cause son bénéfice (perte de poids, bien sûr !). En effet, quand on s’éloigne du régime, les kilogs perdus tendent à revenir. Un brin sectaire, l’organisation ! Il eut été intéressant de savoir davantage sur sa situation économique.
(Photo Filmcoopi/CabProduction)
Toujours est-il que le duo surpoids-obésité devient ainsi le sujet de plusieurs émissions concentrées de la RTS. Le mercredi 27 avril, dans la case tournante des magazines non-hebdomadaires, voici une des inventions récentes de la RTS. On prend un film, parfois co-produit par la RTS, et on le fait suivre par un débat à son propos. Enfin, ce n’est pas tant du film, de documentation ou de fiction, qu’il sera question, mais de son sujet. Et bien sûr, comme l’équipe d’ « Infrarouge » est presque la seule à être autorisée à animer régulièrement un débat, vogue la galère : on va ensuite parler obésité, en présence du réalisateur et de son acteur. On peut prendre sans trop de risque le pari qu’il ne sera guère question de cinéma et de la manière dont on procède pour faire un film permettant au final de traiter de manière intéressante un sujet, qui n’est du reste dans « Bouboule » de Bruno Deville pas seulement l’obésité, loin de là. L’idéal serait de perdre ce pari : on pourrait alors rêver de l’introduction de la culture (cinématographique) dans une soirée thématique s’appuyant sur l’insuffisant « Infrarouge ».
Chacun pour soi
« Temps présent » parle obésité, mais dans la présentation de l’émission, rien n’est dit de la soirée thématique « Bouboule » de la semaine suivante. Y aurait-il quelqu’un à la RTS qui puisse signaler aux responsables d’un secteur ce qui se passe chez l’autre ? Chacun pour soi : c’est ainsi que l’on ajoute parfois que les vaches sont bien gardées ! Mais les seconds mentionneront peut-être les premiers ! (Même pas! 04.05.16!!)

Roland Vouilloz dans * »La minute kiosque », une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS en 2007.(Photo RTS)
Alors, pour une fois, évoquons au moins un peu cinéma, avec deux textes signés fyly, le premier paru dans « L’Evènement syndical » ( page cinéma du 12 novembre 2014), le second dans « Le Médiatic » de la RTSR( 187- juillet/août 2015)
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Bouboule – Bruno Deville – Suisse/Belgique
Bouboule est un très bon exemple de co-production réussie entre deux pays plurilingues , la Belgique (Versus production) et la Suisse (Cab production), avec passage en France pour la chanson de M.(Matthieu Chédid) et deux acteurs dans des rôles importants, Julie Ferrier et Swan Arlaud. Bruno Deville, proche de la quarantaine, est bi-national. Sa participation à deux séries de la RTS, « La minute kiosque » et surtout « Crom », la réalisation de plusieurs courts métrages lui ont permis de signer une première fiction de long-métrage d’excellent niveau. Le tournage s’est déroulé en Belgique, où est né David Thielemans, alors que l’écriture et les finitions eurent pour centre la Suisse.
Bouboule, douze ans, est obèse. Les cent kilos et les bourrelets mesurés sont montrés d’emblée, le risque de santé signalé : faire fonctionner un char d’assaut gros comme un éléphant avec un moteur de mobylette ! A cause du Nutella, entre autres (un « placement » de produit comme on l’écrit pudiquement à la télévision ?), Bouboule, à la fin du film, n’a pas perdu de poids. Mais il a changé, profondément, en gagnant l’estime de soi et le droit de s’approcher de la joie de vivre. L’obésité, qui a une origine autobiographique assumée, n’est pas le seul sujet du film.
Kevin vit avec sa maman, qui aime bien son « dindonneau », et ses deux sœurs pas particulièrement « gentilles » avec lui. Sa mère le tient éloigné de son père dont elle est séparée. Il a une petite amie, mais elle est suicidaire. Et même son plus proche copain, un temps, se détache de lui. Il va faire une rencontre importante, celle de Patrick, vigile de son état, qui dresse un chien d’attaque auquel il parle en allemand, langue qui convient bien à la donnée d’ordres !
Patrick serait un ancien « légionnaire » qui combattit en Côte d’Ivoire. Kevin se sent à l’aise en sa présence, prêt à le croire, s’adressant à lui d’un très respectueux « Monsieur » Il sera aussi poli avec le « Chef » de Patrick, d’un poids respectable, qui lui apprendra à boire de la bière et faire le guet lors d’un casse. Et Kevin ne saisira pas le second degré du nom du chien « Rocco », quand Patrick lui avoue son admiration pour un grand acteur, Rocco Siffredi.
Dans chaque séquence du film, il se produit quelque chose, qui tient aussi d’une poésie empreinte de tendresse et de douceur. Mais beaucoup d’autres événements se déroulent entre les séquences. On devine bien le comment des pansements aux poignets de l’amie de Kevin. On n’a pas besoin de voir le casse plutôt minable organisé par Patrick et le chef pendant le guet nocturne effectué par Kevin. Il n’est pas nécessaire de montrer pourquoi la sœur de Kevin veut rentrer rapidement à la maison après un tête-à-tête dominical avec Patrick.
Paradoxe peut-être : mais quand un film est bien écrit, bien dialogué, quand les acteurs sont naturellement bons et bien dirigés, quand la bande sonore est porteuse d’une musique à la fois discrète et présente, quand le montage est fluide, il y a place aussi pour ce hors-champ qui vient compléter le récit de sa force de suggestion enrichissante contribuant à transformer le spectateur en un amical co-scénariste.
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Bouboule à la SRT-Neuchâtel
« Bouboule » est une co-production entre la Suisse majoritaire et la Belgique, tourné en Belgique et réalisé par un double national, Bruno Deville, formé et installé en Suisse. Il a du reste dirigé une intéressante série de la RTS, « Crom(2012). Pour voir le film, mardi 9 juin 2015: une centaine de personnes au cinéma BIO.
Pourquoi offrir aux membres d’une SRT la une vision gratuite, ouverte aussi au public ? Pour faire plaisir aux spectateurs, d’âge moyen plutôt élevé, composé en majorité de membres et en recruter de nouveaux. Pour mettre en contact ce public avec des professionnels du cinéma et de la télévision, éventuellement enrichir son information, l’entendre poser des questions et recevoir des réponses.
Première question, c’est quoi, un producteur ? Gérard Ruey et Jean-Louis Porchet, de CAB, ont parlé de l’organisation pour le tournage d’un film, des problèmes liés à son financement puis à sa diffusion. Ils ont en particulier souligné l’importance de la télévision comme partenaire d’une production indépendante, en présence de Françoise Mayor, responsable des fictions produites par la RTS.
Une œuvre audiovisuelle doit être un divertissement à valeur culturelle ajoutée. L’aspect économique et financier mérite d’être signalé. Information : CAB produit actuellement un film de fiction « historique » destiné à la télévision, tourné dans les montagnes neuchâteloises, abordant l’horlogerie, « Le temps d’Anna » de Greg Zglinski, déjà auteur du remarquable « Tout un univers sans feu ». En cash et en prestations, la RTS y investit environ deux millions deux cents mille francs, exemple rare de transparence dans l’information !
Séries : plus qu’une mode
Illlustrations reprises de l’un des 103 textes consacrés aux séries qui subsistent sur ce blog. Pour le plaisir de se souvenir ! True Detective. (Temps de lecture, trois/quatre minutes)
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Assisté, mercredi 13 avril 2016, à un brutal match de catch verbal durant quinze minutes parsemées dans soixante. Revu ce jeudi matin « Infrarouge » : impression inchangée. C’est inadmissible ! C’est décidément la formule qui est en cause ( cf en particulier de la minute 5 à la minute 12). Il faudra ou il faudrait y revenir ! (fyly- 10:57)
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Un peu partout dans le monde, la série, unitaire ou récurrente, occupe de plus en plus de place. Un peu partout, on a compris que les différences formelles s’effacent entre le cinéma et la fiction télévisée
Intéressante lecture, dans « Le Monde des 10 et 11 avril » : deux pages, « La télévision est a son apogée en termes de créativité » et « « Tapis rouge pour les séries », signées Martine Delahaye. Dans la première, parole à John Truby, consultant auprès de grands studios américains, en particulier HBO, lors de la sortie d’un livre « Anatomie du scénario ». On y prend élan à partir de ce qui tend à devenir un tissu d’évidences : « Depuis les années 2000 environ, la télévision est à son apogée en termes de créativité, et ce partout dans le monde » car « une bonne série peut être aussi bien filmée qu’au cinéma, et avec tellement plus de dramaturgie que n’importe quel film ». Pour atteindre l’audience la plus large possible, « il fallait que l’on s’attache au personnage principal pour que le spectateur revienne chaque semaine vers lui, (..) ce qui impliquait qu’il soit positif. Un réseau câblé s’appuie sur le nombre de ses abonnés, pas sur le maximum de spectateurs devant chaque émission. « L’apparition des chaînes payantes du câble a mené à la situation actuelle : même au-delà des Etats-Unis, les séries font preuve d’une très grande créativité, et souvent beaucoup plus que le cinéma.
Quelques noms
Pour atteindre une grande qualité d’écriture, il faut donc un « Showrunner », qui dirige une équipe de scénaristes et supervise l’ensemble du processus de création, tels, cités par « Le Monde » Vince Gilligan (Breaking Bad), Nic Pizzolatto (True Detective), Mathieu Weiner (Mad Men) ou David Chase (Les sopranos).
Pour les cinéphiles de la grande époque des ciné-clubs, des années 50 à 80 du siècle dernier, nourris au biberon du cinéma d’auteur, d’autres noms confirment la « politique-des-auteurs » mise à mal par les « show-runners » : Maurice Pialat « La maison des bois », David Lynch « Twin Peaks », Lars von Trier, « L’hôpital et ses fantômes », Jane Campion « Top of the Lake », David Fincher « House of cards », etc.
A qui attribuer « Borgen », « The killing », « Downton Abbey », « Un village français », »Boardchurch », « Luther » etc ?
Le vieux « cinéphile » et peut-être même le jeune « sériophile » ne sait peut-être pas très bien qui est le véritable responsable de « Broadwalk empire », de Martin Scorsese, co-producteur qui a signé le premier épisode dans un décor que l’on retrouvera régulièrement, celui du bord de mer d’Atlanta City, ou de Terence Winter, responsable de l’écriture. Pour « Vinyl », on retrouve les deux mêmes noms en responsables de la démarche créative.
Les offres de Netflix
Et puis, aux grandes chaînes de télévision généralistes, commerciales ou de service public, au câble par abonnement s’ajoute désormais un autre vecteur porteur de produits audiovisuels de création. Sur internet, Netflix, parmi d’autres comme Amazon, propose films et séries en flux continu, à des prix abordables, sans passer par le traditionnel « petit écran ». Leur puissance grandit. ! Une nouvelle industrie mondiale se met en place. La série devient un produit audiovisuel : il faut renoncer à y ajouter « télévisée »
Et la Suisse ?
« Le Monde » explique pourquoi la série, accueillie déjà dans des sections aux festivals de Berlin ou Toronto, devrait trouver une manifestation importante qui lui serait consacrée. Certes, un peu partout, certaines manifestations font depuis assez longtemps place à des séries « télévisées », comme « Tous écrans » à Genève. Une série ambitieuse doit se faire remarquer dans un festival, qui permet d’ouvrir des marchés internationaux. C’est une nouvelle industrie audiovisuelle qui se met en place. Certaines séries scandinaves connaissent une bonne diffusion internationale.
En Suisse, dans l’audiovisuel, il y a trois régions, presque trois « pays » qui peinent à collaborer, Tessin, Suisse alémanique et Suisse romande. On ne voit guère de séries tessinoises, s’il en existe, ou alémaniques sur le petit écran romand. « Le croque-mort » zurichois fit récemment exception, sans avoir attiré l’attention du grand public. Et si des séries de la RTS sont adaptées pour « Zürich », on n’en parle guère.
Un survol du catalogue de « Netflix » n’a pas permis d’y rencontrer le titre d’une série produite en Suisse. Les séries romandes récentes s’ouvrent parfois des marchés étrangers, sur les réseaux de TV5 Monde par exemple. On n’entend guère parler de la présence de séries suisses dans les manifestations spécialisées. Il faut remonter à « Dix » qui reçut un prix à la Rochelle en 2010.
Et pendant qu’en effet, un peu partout dans le monde, la série se développe et triomphe, la RTS qui pouvait jusqu’ici produire trois séries en deux ans n’en propose plus qu’une par année, économies obligent. Dans la navigation à contre-courant, on ne fait pas mieux !
Cinéma « suisse »
Esen Isik, née en 1969, est double nationale turque et suisse. Elle vient de tourner «Köpek» uniquement à Istanbul un film qui couronné du quartz meilleur film «suisse» de l’année.
Mano Khalil, né au kurdistan syrien, vit en suisse et vient de tourner dans le kurdistan irakien «L’Hirondelle», un excellent film «suisse».
Bon, alors, c’est quoi un film «suisse»? La nationalité est en général associée à la nature de sa construction financière. L’argent venu majoritairement du marché suisse, le film est considéré comme suisse en premier!

« Köpek » d’Esen Isik, « quartz » du meilleur film suisse 2016, sur les écrans en juin 2016 (Photo Cineworx)
L’argent? C’est sous sa suprématie que «Frame magazine», publication associée au Festival du Film de Zürich et à la très sérieuse NZZ publie une long texte traduit par «L’Hebdo» dans son édition du 17 mars 2016, probablement pour être en concordance avec la récente remise des quartz du cinéma suisse le 18 mars 2016.
Subvention et investissement
Première page de la traduction: «Les films les plus subventionnés sont alémaniques». Enquête. La Confédération, la SSR et la Fondation zurichoise soutiennent aujourd’hui les productions suisses à hauteur de 60 millions de francs par an. Voici les réalisateurs qui touchent le plus. Au-dessus, une image du téléfilm «financé à hauteur de 5,73 millions par la SSR: Gothard».
Une page plus loin: trois visages de Sabine Boss, Tobias Ineichen et Markus Imboden avec des millions «glanés» : 15,34 puis 10,81 et enfin 7.09 pour le «Top 3 des réalisateurs suisses qui ont le plus reçu». Quatre réalisateurs romands sont loin derrière, Ursula Meier la meilleure avec 3,69 millions.
Certes, la Confédération par son Office fédéral de la culture subventionne le cinéma, tout comme la Fondation zurichoise. Mais les participations de la SSR-SRG sont d’une autre nature: ce sont des investissements, qui reviennent à effectuer l’achat d’un droit de diffusion. Pour le producteur, car c’est lui qui est responsable de la gestion financière d’un produit audiovisuel, l’argent de la SSR-SRG est «commercial».
La SSR-SRG et ses entreprises se sont engagées, le 8 mars 2016, à investir annuellement ces prochaines années un peu moins de trente millions dans l’audiovisuel suisse de création, un apport important en cofinancement commercial mais qui, notons-le en passant, représente le 2 % du budget global de la radio et télévision de service public.Donc mieux vaudrait ne pas confondre subvention qui vient de la Confédération et du Fonds zurichois et investissement issu de la SSR-SRG

Plus de deux millions investis par la télévision dans un film qui sera vu en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Tout de même un peu étrange ! Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm
Comparaisons régionales
Entre 2006 et 2015, l’étude reprise par l’Hebdo publie un tableau pour la répartition des subventions par régions linguistiques de 351 millions donnant à la Suisse alémanique 65%, à la Suisse romande 25.9% à la suisse italienne 8,5 et 0,6 à la Suisse romanche.? C’est le résultat d’observations pendant dix ans portant sur 3835 paiements! Un très grand travail.
La comparaison est faite avec les pourcentages de population: 65,6 + 22.8 + 8.4 ce qui donne 96,8. Il y aurait donc 3,2 romanches! Bizarre. On peut d’ailleurs s’interroger sur ces pourcentages, comme si les frontières entre régions linguistiques étaient rigides.
Mais il y a plus grave. Le cinéforum romand, qui distribue actuellement environ dix millions de subventions annuelles, existe depuis mai 2011 seulement. Certes, on trouve bien une allusion à son existence: pour dresser un bilan complet, il aurait fallu intégrer Cinéforum. Les enquêteurs de Frame expliquent la raison de leur abstention: nous voulions que nos observations portent sur une période de dix ans, afin qu’elle soient pertinentes.

Ne pas tenir compte de 30 à 40 millions de subventions du Cinéforum, de 2011 à 2015, rend l’enquête beaucoup moins «pertinente». Il est fort probable que les interventions du Cinéforum ont joué en faveur de producteurs et de réalisateurs romands. Manque de sérieux ou reflet d’une sorte d’ «orgueil» zurichois traduit par «L’hebdo» sans le moindre sens critique?
Films et téléfilms
Au niveau de la démarche créatrice, il n’y a plus guère de raison de distinguer le film qui serait d’abord vu sur grand écran dans une salle avant de passer sur le petit de celui passerait uniquement sur le petit écran de la télévision et ses désormais multiples diffusions annexes (internet, réseaux sociaux).
Mais économiquement, la diffusion mérite d’être prise en compte. Là encore, le texte paru dans «L’Hebdo» provoque une nouvelle surprise. Un tableau donne le «top 10» des films les plus subventionnés: en tête un inédit, «Gothard», une production qui ne sera présentée qu’en décembre 2016 sur les petits écrans suisses. Seront-ce nonante minutes subdivisées en deux parties ou fois nonante minutes ?
Parmi les dix films cités, il n’y a qu’un romand: «Le temps d’Anna» et ses 2,37 millions qui ne sera pas montré sur grand écran. Et on y trouve six fois «Tatort», une série policière germanophone, Allemagne et Autriche associées, ayant renforcé leur collaboration avec la Suisse à travers la DRS depuis 2011.

TATORT aujourd’hui en Suisse. Une jeune fille est morte. Les enquêteurs font leur travail.
Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler
Et c’est ainsi que neuf des dix productions audiovisuelles suisses, la plus ancienne datant de 2011, les plus coûteuses sont suisses alémaniques. Et seules deux ont passé sur un grand écran (Schellen-Ursli en 2015 et Stärke en 2012).
Les séries romandes «oubliées»
Or, ces dernières années, la RTS a apporté au moins le 75 % du financement d’opérations audiovisuelles de grande envergure, des séries comme «Station horizon», «Port d’attache», «A livre ouvert» ou encore «L’heure du secret» I et 2, chaque fois avec des budgets aux alentours de quatre millions, destinées pour le moment au seul petit écran romand. Ces séries romandes ont-elles été reprises à Zürich et au Tessin? Ou vont-elles l’être? Un marché international est-il en train de s’ouvrir pour elles? Pour l’industrie audiovisuelle et par la qualité de leur réalisation, ces séries n’existent pas dans l’étude faite à Zürich et reprise aveuglément par un grand hebdomadaire romand. Dommage!

Photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS). La série romande n’existe pas dans l’enquête de Frame!
Pourquoi «Le croque-mort», série suisse alémanique reprise par la RTS, c’est-à-dire ayant franchi la fameuse barrière de «roesti» qui semble bien existante dans le domaine audiovisuel vu de Zürich, n’apparaît-il pas dans les dix «films» les plus subventionnés ?
Avec la confusion entre subvention et investissement, sans s’intéresser à la nature de la diffusion, en omettant l’importance du Cinéforum romand, l’enquête de Frame traduite pour L’Hebdo donne une image fortement déformée de la réalité du monde audiovisuel suisse, avec oubli presque total du Tessin, souligne l’existence de grandes différences entre régions linguistiques, le fossé hélas bien réel entre Suisse alémanique et Suisse romande.
Séries de la BBC sur ARTE
Introduction: Pour mon égoïste plaisir, j’accumule soir après soir documents de haute volée dont la première vertu est de disposer de temps (au moins cinquante minutes) pour aborder et correctement traiter un sujet ou suivre des séries en m’en tenant au haut de gamme ou presque.
Alors que «Vinyl» continue de développer sa folle énergie pas seulement de rock’n’roll sur RTS Un les lundis soirs vers 23h00 (une prochaine occasion permettra d’y revenir – encore cinq épisodes à partir du lundi 21 mars), il vaut la peine de s’arrêter sur ARTE qui consacre ses jeudis soirs à un acte de résistance culturelle, proposer des séries de haut niveau qui ne soient pas américaines, faisant ainsi place méritée à l’Europe. Et parmi celles-ci, la prochaine, «Peaky Blinders» ( brève présentation- temps de lecture une minute), puis la plus récente, «Le mari de la ministre» ( sur ce sujet, temps de lecture trois minutes), les deux exemples insérés dans une politique récente survolée (temps de lecture une minute). Ces trois sujets peuvent être lus indépendamment les uns des autres.
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Peaky Blinders
Birmingham, début des années 1920, dans le climat qui suit la fin de la grande boucherie de 14-18 laissant des traces derrière elle. Un gang familial se forme, sous la direction de Thomas Shelby, qui a réellement existé, pour mettre la main sur des armes, parier sur les courses et nouer parfois des liens avec des mouvements politiques, par exemple en Irlande. Ils disposent entre autres d’une arme inattendue, des lames de rasoir cachées dans les visières de leurs casquettes. La violence et la brutalité règnent, comme si la guerre continuait autrement, cette fois au profit de groupes qui veulent sortir d’une certaine misère sociale. Mais cette volonté s’exprime à travers une forme de photo luxueuse et une réalisation formelle rigoureuse. Aucune gratuité dans cette ultra-violence insérée de manière plausible dans l’après-guerre de 14-18 et qui rappelle, côté USA, des films ou séries comme «Gangs de New-York» ou «Boardwalk empire», tous deux de Scorsese.
Face au Shelby se trouve un chef de police qui ne lésine pas sur les méthodes de combat, l’officier Campbell rappelé de Dublin où il a combattu les irlandais sécessionnistes. Il rend compte de son action au ministre de l’intérieur, un certain Winston Churchill.
Dans cet univers d’affrontements violents entre hommes se glissent des présences de femmes lucides assurément, qui font preuve d’une inattendue délicatesse, de tendresse, voire d’une réelle grâce empreinte de sérénité.
La première saison, sortie en 2013 au Royaume uni, a reçu un bel accueil critique. Elle fut suivie par des audiences oscillant dépassant deux millions de personnes, parfois jusqu’à deux millions et demi. Dans la deuxième saison dont on dit grand bien, les «Peaky Blinders» vont tenter de se faire une place à Londres (jeudis 17 et 24 mars, en deux rafales de trois épisodes). Le tournage d’une troisième saison est annoncé pour 2016.
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Le mari de la ministre
«Borgen», série danoise, est devenue une référence à tout le moins européenne sinon mondiale. Cela se mesure à un fait anodin : une série met-elle en scène une femme de pouvoir, appartenant à un gouvernement, qu’on l’inscrit dans son sillage. Ainsi vient-on de le faire avec une série de la BBC2, qu’Arte vient au présenté en rafale – les trois épisodes le même soir du 10 mars 2016. Jouons aussi de cette référence: «Borgen» est une série de haut dans le haut de gamme, «Le mari de la ministre» se situe dans le bas du haut, autrement dit dans une catégorie qui dépasse largement la moyenne des innombrables séries accessibles!
D’abord, il y a un duo d’acteurs connus et imposants: David Tennant fut récemment le torturé inspecteur principal Alex Hardy des deux saisons de «Broadchurch». Emily Watson, à l’imposante filmographie, fut pour les cinéphiles rares qui s’en souviennent, le personnage principal d’un des premiers films de l’imposant cinéaste danois Lars von Trier, la Bess de «Breaking the waves» (1996). Tennant est moins impressionnant ici que sa partenaire qui le domine, certes à travers le personnage, mais plus encore par la force de son interprétation.
De quoi s’agit-il? Ministre du commerce dans le gouvernement dit de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, Aiden Hoynes donne sa démission, en désaccord sur la politique de migration du premier ministre qu’il voudrait, lui, généreuse. En fait, il aimerait bien le remplacer! Raté. Et voilà que Freya Gardner, son épouse, secrétaire d’Etat à l’éducation, formant avec son mari une couple de politiciens remarqué, elle dans un premier temps semblant se tenir dans son ombre, accède à un ministère plus visible. Hoynes se retrouve simple député. Elle a très bien mis en application les deux règles dictées par son mari: Règle numéro 1: pour rester maîtresse du jeu, tu vas sans doute devoir libérer la garce qui est en toi, Freya. Il ne faut surtout pas avoir peur. Règle numéro 2: relire la Règle numér0 1. »
La politique dans cette mini-série? Le temps s’est écoulé qui permet de montrer une version doublée sur ARTE et d’y avoir trouvé une case pour une série anglaise. Rien à voir, dans la politique actuelle du premier ministre Cameron qui a permis d’installer la frontière franco-britannique à Calais plutôt qu’à Douvres. La série date de 2013, son écriture d’au moins deux ans avant. Le problème de l’immigration seulement cité. La politique s’efface rapidement devant des intrigues politiques, les liens qui se tissent un temps entre personnes différentes, les ambitions personnelles, bref une cuisine d’affrontements entre personnes qui ne produit pas de plats très onctueux.

David Tennnan (Aiden Hoynes), Emily Watson (Freya Gardner) et Ed Stoppard (Bruce Babbish)(Photo BBC2)
L’épouse d’abord apparemment modeste relègue son mari presque dans l’anonymat. Aiden va tout perdre, femme, enfants, confidents ou apparents amis. Va-t-elle gagner? Une femme sacrifiée se venge-t-elle de ses années de soumission? Et puis, ce conflit entre un mari désormais effacé et sa femme ambitieuse devenue ministre manque totalement d’épaisseur humaine. Ces personnages laissent indifférents. Mais c’est évidemment troussé avec une grande habileté qui laisse perplexe devant une mécanique si parfaitement réglée que l’on en vient surtout à admirer la manière dont la scénariste-dialoguiste a construit son histoire. Voici pourquoi on se trouve dans le bas du haut de gamme….
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Les jeudis d’ARTE
Arte réserve sa soirée du jeudi à une série non-américaine proposée en rafale, durant presque trois heures, autrement dit avec en principe trois épisodes alignés les uns après les autres
Ainsi vient-on de voir l’intéressant et esthétiquement réussi «Wolf Hall» (21et 28 janvier 2016- Royaume-Uni – BBC2) construit autour Thomas Cromwell. «Au cœur de l’hiver» (4 février) inscrit la Finlande parmi les producteurs scandinaves de série avec deux femmes subissant la lourde tentation du suicide. «Trépalium» (11 et 18 février- France – Production ARTE) ne tient pas les promesses des premiers épisodes dans son univers futuriste mieux inscrit dans «La Ville» que dans «La Zone». La reprise du génial «P’tit Quinquin» ( 25 février et 3 mars – France – Production ARTE) permet une curieuse expérience, se replonger dans l’univers de Bruno Dumont entre d’autres visions pour s’y retrouver en un rien de temps parfaitement à l’aise, les visions précédentes solidement inscrites dans la mémoire. Parce que, décidément, avec cette série française, on est dans le haut du haut gamme, dans ce qui se fit de mieux dans l’audiovisuel en 2014. Il faut enfin rappeler les deux séries récentes, «Le mari de la ministre» et «Pinky Blinders» qui viennent du Royaume-Uni (BBC2).
Il ne serait ni stupide, ni déshonorant que la RTS s’inspire, en partie au moins, de la programmation d’ARTE et accorde aux séries de haut de gamme une heure de programmation moins tardive.
« Le temps d’Anna »: attachant téléfilm
C’eut pu être une série. Mais il faut quatre millions pour tourner six à huit épisodes de quarante minutes au moins (autour de quinze mille francs la minute). La RTS ne peut plus en produire actuellement qu’une par année ; c’est fort regrettable.
Petit écran prioritaire
Ce projet s’est mué en un téléfilm de nonante minutes : aux alentours de vingt mille francs la minute, avec solide participation de la télévision (RTS, SSR, ARTE). C’eut pu être un film qui serait parti à la recherche d’un public de base dans les salles. Ce n’est pas le cas ; c’est peut-être regrettable. Parce que « Le temps d’Anna » est un beau film attachant. Un film d’auteur, certes, à rythme calme. Mais ce ne sont pas là éléments qui attirent aujourd’hui les foules dans les salles. Va d’abord pour une sortie sur le petit écran de RTS1 le mercredi 16 mars 2016, à une excellente heure, en premier rideau (20h15), avec risque heureusement pris de surprendre le public par un excès de délicatesse!
De Schaeren en Schaeffer
La scénariste et actrice, Noémie Kocher, a découvert l’existence d’une arrière grand-mère et d’un arrière grand-père horloger, créateur d’une entreprise, Mido, qui entre autres choses fit progresser l’horlogerie de la montre-bracelet étanche. Elle y raconte sans s’interdire d’être inventive une belle histoire d’amour entre Jean Schaefer et Anna von Rohr. qui aurait pu ne pas commencer, mais qui commence bien, entre autres avec quatre enfants, Louis, Emma, Charles et Marguerite, pour glisser vers des temps difficiles, ceux de la maladie d’Anna. Le fondateur de Mido, aujourd’hui dans le groupe Swatch, s’appelle Georges Schaeren. Schaeren, Schaeffer ? Entre similitude et différence, c’est peut-être signe de la famille découverte par la scénariste et de la vie réinterprétée. La mère du réalisateur d’origine polonaise Greg Zglinski était psychiatre, ses grand-mère et arrière grand-père horlogers. Une addition scénariste – réalisateur heureuse, avec un bel apport de sensibilité différentes pour revivre ce temps d’Anna et Jean.
Reconstitutions minutieuses
Du projet initial, la série, subsiste la durée, puisque le récit se déroule durant nonante minutes entre 1917 et 1933. Et l’histoire d’un couple s’appuie aussi sans ambiguïté sur une amie commune, Elisabeth Grimm. Costumes, intérieurs de fabrique, appartements confortables sont reconstitués avec minutie et fidélité souvent en décors réels. Avec Anna, qui monte son cheval avec facilité, on passe à la calèche tirée par aux automobiles décapotables. Dans chaque plan ou presque apparaît la minutie sans lourdeur de la reconstitution d’une époque.
Les silences d’Anna
Par quelques allusions en scènes plus ou moins longues, l’histoire est présente : contrebande de charbon contre des montres bracelets en 1917, allusion à des luttes ouvrières avec une réaction fort brutale d’un patron, difficultés financières des années trente. On y ajoute une allusion aux événements du 9 novembre 1932 où l’armée tira sur les ouvriers ( c’était à Genève). Il y a un peu de maladresse dans cette dernière intervention qui repose sur le montage. Les soins donnés à Anna permettent de fournir quelques indications sur la médecine associée à sa thérapie. La bande sonore associe d’étranges croassements sur l’image reprise d’un arbre solitaire, les accents du jazz accompagnent les débuts des années trente. Etranges, ces silences d’Anna, plus ou moins inquiétants, ou de brusques élans qui sont les premiers signes discrets de la maladie.
Un bouchon de champagne
La volonté de Jean, inventeur doué, la finesse de son acharnement de minutieux d’horloger permettent enfin d’obtenir une montre vraiment étanche et fiable, même s’il faut en passer par la forme d’un bouchon de champagne. La conquête du progrès par la recherche ne va pas sans douleur. Elle repose sur de nouvelles méthodes, la beauté et l’élégance des gestes. Effet collatéral inattendu : des milieux d’affaires chinois vont se servir du film pour faite connaître l’horlogerie dans leur pays !
Raconter un couple avec enfants, une recherche industrielle, un milieu médical, les suivre pendant près dans de vingt ans en évoquant des événements qui plongent le récit dans l’histoire demandait de s’appuyer sur une écriture solide, des paysages séduisants pour que la conduite du récit avec ses rebonds temporels offre une continuité sans heurts.
« X-files », « Anomalia » : fin(s) de saison
X-files : c’était mieux hier ?
Souvenirs agréables, assurément. Il serait peut-être intéressant de retrouver ce que je pouvais bien en écrire il y a plus de quinze ans, entre 1993 et 2002, sur l’un ou l’autre des 202 épisodes de 43 minutes de la série de Chris Carter. «Aux frontières du réel» a été diffusé intégralement sur RTS 1 ou RTS 2. Encore faudrait-il avoir un peu d’ordre dans mes dossiers.
Parmi les récits unitaires (un sujet par épisode), il y a ceux qui peuvent être vus réellement pour eux-mêmes, le ou les personnages principaux n’évoluant guère de l’un à l’autre : exemples du genre, «Navarro» ou «Les experts» d’où qu’ils proviennent. Il en est d’autres dont le ou les personnages récurrents ont le mérite d’être suffisamment attachants pour provoquer le plaisir de les revoir. Cela se passait avec «Dr House». Et évidemment avec «X-files»!
Quel « étrange » couple que celui formé par Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson). Attirés l’un par l’autre, ils campent sur leur position: Mulder-Duchovny croit que les frontières du réel sont dépassées alors que Scullly-Anderson tente de rester le plus possible dans ce réel qu’il s’agit d’expliquer et de comprendre. Ils auront peut-être vécu en couple, sait-on jamais, entre 2002 et 2016, au moment où Carter vient de les ressusciter.
![Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) reprendront du service. [ - 20th Century Fox / The Kobal Collection] (Photo rts)](wp-content/uploads/2013/08/7148981-300x169.jpg)
Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) ont repris du service. (Photo Fox-RTS)
Et au soir du vendredi 4 mars 2016, c’en sera terminé de ce retour. C’eût été mieux durant six semaines, les épisodes un par un, plutôt que trois, en duos, pour faire croire qu’il s’agit du long-métrage avec entracte!
Les souvenirs du passé son flous. Et puis, entre les deux époques, il y aura eu, pour Duchovny, son personnage de «Californication» qui a transformé une série «unitaire» – la conquête du jour! – en une récurrente de groupe, Hank, Karin, Moody, Charlie et Marcy, Hank toujours amoureux de Karin et réciproquement.
Plaisir pourtant réel à suivre cette dixième saison. Mais sans effacer un brin de déception. Peut-être bien du fait que les plans où Duchovny et Anderson sont vraiment ensemble sont rares, le montage jouant habilement en champs et contre-champs. Un tournage décentralisé au Canada aurait-il limité les journées de présence de deux interprètes?
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Anomalia: en baisse!
Très bonne impression initiale: les paysages, la découverte d’un milieu hospitalier en pleine campagne, son fonctionnement professionnel, un personnage principal attachant, Valérie Rossier (Natacha Régnier). Des couleurs vives bizarres vont-elles ouvrir une piste originale vers l’étrange? Et puis, à la fin du troisième épisode, un léger doute sur les personnages secondaires un peu escamotés.
Valérie, excellente chirurgienne, se découvre des dons de guérisseuse, sent des choses étranges autour d’elle, va plonger dans un lointain passé familial avec sorcière malmenée.
Oui, mais: tout tourne autour de Valérie. Certes, il y a son ex-mari Nicolas avec lequel les conversations téléphoniques sont nombreuses. Le professeur Wassermann, orgueilleux, est en fin de carrière: sa main tremble. Il va se passer quelque chose avec Baptiste l’ami d’enfance, passionné de spéléologie: ce sera dans un lit lors du 7ème épisode.
L’hôpital privé sis en pleine montagne s’équipe, grâce à des aides privées, d’un merveilleux appareil chirurgical qui permet d’audacieuse opérations, y compris organisées pour un public de donateurs. On passe assez rapidement sur les performances de l’appareil.
Lucas, le fils de Valérie, va s’intéresser aux légendes sur la sorcière. Il s’en ira rechercher des plantes qui soigneront son ami Jacques. Seul dans le paysage enneigé, il répétera «Madame» au moins trois fois. Attaché près d’un gouffre, ce sera, bien sûr, la chute!
Valérie rêve beaucoup: ils sont mis en scène, longuement, et avec trop de réalisme. L’étrange est plus percutant s’il est suggéré plutôt que reconstitué. Autour d’elle, les personnages, même les plus proches, n’apportent guère de surprises. Ils sont conformes à ce que l’on avait pressenti ce qu’ils étaient.
Et puis, d’où vient donc ce sentiment de déjà vu. Il m’aura fallu une aide extérieure pour me rendre à l’évidence: on retrouve dans «Anomalia» bien des ressemblances avec «L’heure du secret».
Les parts de marché des trois premiers épisodes passent par 23 à 20 puis 14 pourcent, le nombre de spectateurs les ayant vus en direct, en reprise ou sur internet en une semaine glissent de 158 mille à 99 en passant par 134. Signes annonciateurs de la suite? Il faut attendre pour savoir les quantités mesurées par l’audimat!
Les promesses du début, peut-être interprétées avec trop d’optimisme, ne sont pas tenues. Avec un texte trop fragile fondé sur un seul personnage important entouré d’autres qui ne surprennent guère, l’ennui s’est installé. Et avec lui la déception.
L’appétit du « Conseil du public »
Pour enricher la discussion sur les sujets choisis par le conseil du public qui aboutissent à la rédaction d’un rapport, des interventions portées à la connaissance du conseil peuvent être précieuses. Et pourquoi pas les faire connaître à travers ce blog.
C’est ainsi que le conseil du public se prononcera prochainement sur les émissions consacrées par la RTS à la cuisine. Thierry Murier, caissier de la SRT-NE,a donc pris la peine d’envoyer quelques remarques à un des membres du conseil du public pour éventuellement nourrir une prochaine intervention. Son texte , adressé en Cc à tous les membres du comité de la SRT-NE, m’a paru intéressant au point de souhaiter le publier. Ce que je fais ci-dessous avec l’autorisation explicite de son auteur ( temps de lecture, entre trois et quatre minutes).
L’occasion est belle aussi pour donner une suite au récent texte rédigé dans une certaine urgence à propos d’ “Infrarouge” au comité de la SRT-NE en formulant quelques remarques sur les Rapports et communiqués du Conseil du public . (Temps de lecture, 3 minutes)
(( Reste à trouver des images ??- dimanche 28.02.16 – 08:09 -fyly)
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En cuisine avec la RTS – Thierry Murier
Nombre d’émissions
Elles seraient au nombre de quatre (« Al dente », « Cuisine de chez nous », « Pic assiette », « Descente en cuisine »). Alors que la culture ne dispose que d’une petite fenêtre et que les émissions religieuses font les frais des mesures d’économie, la RTS se paie le luxe de proposer quatre émissions culinaires (pas en même temps il faut toutefois le convenir) dans un paysage médatique déjà saturé de cuisiniers amateurs. Je trouve cette répartition injuste vis-à-vis d’autres thématiques méritant aussi être défendues par une télévision de service public. A ce titre et dans le cadre des futures mesures d’économies, c’est par la réduction de la voilure des émissions qui couvrent à triple ou à quadruple une thématique qu’il faudrait commencer.
Emissions
Je donnerai ici un avis général. La diffusion d’une seule émission est suffisante, le concept étant rigoureusement le même de l’une à l’autre…
Je catégorise les quatre émissions en deux groupes (a) la création (« Cuisine de chez nous », « Pic Assiette » et « Descente en cuisine ») et (b) les opérations publicitaires/marketing (« Al Dente »).
Je commencerai par la 2e catégorie. Pour procéder à la critique, connaître la répartition des coûts de production avec les partenaires commerciaux est nécessaire (le financement d’ »Al Dente » par la RTS est probablement moindre que pour « Cuisine de chez nous », je ne dispose malheureusement pas de cette information). Ce qui m’intéresse surtout est de savoir de quelle manière ces partenaires interviennent sur la ligne « éditoriale » de l’émission: si ce type de partenariat est financièrement intéressant pour la RTS, cela ne permet pas non plus de faire n’importe quoi sous prétexte que l’émission est sponsorisée. Il serait dès lors pertinent que le conseil du public aille au-delà de « Al Dente » et se penche sur la ligne éditorial/concept des émissions financées par des partenaires commerciaux.
« Al Dente » : pour moi, le degré zéro de la télévision. Un concept qui n’évolue pas, du grand n’importe-quoi dans le jeu (partie 1 questions : une personne peut presser sur le bumper et dire n’importe quelle bêtise ; partie 2 : on dit aux enfants de ne pas jouer avec la nourriture – cela se passe de commentaires ; partie 3 : dégustation à l’aveugle – Comment humilier une personne ?). L’animateur n’est pas drôle (ses plaisanteries tombent à plat) et en fait trop (sa façon de jouer l’élément perturbateur en cuisine est usé). Le seul élément que je sauverais de cette catastrophe en cuisine est les deux salariés de coop (les cuisiniers) qui font bien leur job, malgré les piètres interventions de l’animateur. Madame Dana Hastier devrait venir faire un stage à la RTS.
Créations propres de la RTS
« Cuisine de chez nous » : l’idée de faire une émission couvrant toutes les régions linguistiques de la Suisse est intéressante. Le format de 45-50 minutes et le mélange de la cuisine avec d’autres aspects culturels est très bien aussi (permet de prendre un peu son temps). Pas de starification ce qui est un grand plus aussi. Le système de notation de me gène pas car cela débouche souvent sur de la critique positive ou constructive (contrairement aux émissions de TF1 dont le but est de flinguer les concurrents). J’estime que ce concept devrait être maintenu MAIS en y sortant tout l’aspect cuisine (saturation du thème, voir commentaire plus haut) et en tendant vers quelque chose de plus culturel (« Culture de chez nous » ) où les personnes seraient amener à se prononcer sur des projets/initiatives/créations.
« Pic Assiette » : une de ces émissions à la gloire d’un ou d’une journaliste. Personnellement, je ne la supporte pas et je zappe. Le concept est toutefois intéressant et j’aime bien les cadrages ainsi que la façon de filmer en accéléré, bien adapté pour ce genre d’émission.
« Descente en cuisine » : jamais vu.
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RAPPORTS ET COMMUNIQUES DU CONSEIL DU PUBLIC
Le communiqué du 26 février, « Infrarouge » (Temps de lecture : une minute)
Infrarouge a fait l’objet d’un échange récent entre les producteurs-animateurs et les membres du Conseil du public. L’émission est devenue depuis douze ans un rendez-vous phare du public romand : des débats plus ou moins animés sur des thématiques politiques, économiques, sociétales et, assez rarement, culturelles. Avec le temps, la forme a quelque peu évolué et le CP salue l’insertion de données statistiques et informatives, de reportages utiles à la relance ou à la continuité du débat, sans oublier les contributions de Mix & Remix, destinées à détendre l’atmosphère.
Un débat est constitué de confrontations pas toujours faciles à gérer. Le Conseil du public s’est fait l’écho auprès de l’animateur et de l’animatrice de situations tendues qui dérangent une partie des téléspectateurs. Il est vrai qu’en fonction des personnalités présentes, la maîtrise des expressions contradictoires est souvent difficile, s’agissant à la fois d’éviter une cacophonie de plusieurs voix simultanées tout en laissant aussi les passions s’exprimer et en faisant avancer le débat ! Il n’en reste pas moins que des améliorations pourraient être apportées dans la gestion des débats.
Le Conseil du public a donc émis un constat globalement positif tout en suggérant, en fin d’émission, l’apport d’une synthèse, voire d’un fact-checking par un-e journaliste n’ayant pas pris part à l’émission.
Remarques (Temps de lecture, maximum deux minutes)
Depuis plusieurs années, le conseil du public a donné plus d’ampleur à ses réflexions à propos de la radio et la télévision et de certaines de leurs émissions. Des petits groupes de travail, trois ou quatre membres du conseil, planchent sur un sujet, confrontent leur avis, confient à l’un d’eux la rédaction du projet de rapport ensuite soumis à l’appréciation du plénum qui peut proposer des modifications avant publication. Les responsables de l’émission sont invités à la séance où l’on examine le rapport. Celui-ci est ensuite accessible sur le site de la RTSR.
A maintes reprises, la lecture du communiqué donne l’impression d’être prudemment aimable avec le sujet du jour alors que le rapport ne craint pas de le malmener, certes et de loin pas systématiquement.
C’est un peu le contraire qui est apparu avec le récent débat sur “Infrarouge”. Le rapport déjà en ligne comprend près de vingt mille signes (temps de lecture attentive, au moins un quart d’heure). Le communiqué, reproduit ci-dessus, se contente de 1.300 signes.
Le rapport plus élogieux que réservé, les regrets sont énoncés comme des points pas très importants. La moitié du communiqué explique pourquoi il serait nécessaire d’améliorer au moins la gestion des débats.
Il est évident qu’une discussion dans un cadre restreint d’un comité cantonal comme celui qui nous a conduit à proposer presque dans l’urgence un texte sur le blog intitulé “Infrarouge au comité de la SRTNE” peut amener des remarques qui restent plus virulentes que si elles étaient écrites.
Le rapport complet parle d’”infrarouge” comme d’un rendez-vous incontournable qui retient l’attention d’un nombre important de téléspectateurs. Rappel de la moyenne annuelle de 2015 : 13 % de parts de marché avec 40 mille spectateurs, alors que la moyenne annuelle de la case entre 22h30 et 23h30 s’élevait en 2011 à 20 % pour soixante mille personnes. Pourquoi mentionner 2011? Ou bien l’information n’existe pas pour les années suivantes, ou bien elle est considérée comme un secret d’entreprise !! D’ailleurs, l’information chiffrée sur l’audimate moyen de 2015 ne figure pas dans le rapport.
« Infrarouge » au comité de la SRT-NE
(Jeudi 18.02.16 – fin d’une première relecture à 10h45)
Nuit de mercredi 17 février à jeudi 18: 02h45, insomnie, problème assez fréquent. Alors, sur l’ordi plutôt que de tourner dans le tête une partie de la séance du comité de la SRT de Neuchâtel, qui s’est déroulée mercredi soir, le quorum largement dépassé. Les cinq mille signes de ce texte terminés à 04h00, il était temps de s’en aller glaner encore quelques heures de sommeil. Voici la version corrigée dans la matinée.
Le comité de la SRT accorde une bonne place à des discussions associées aux sujets traités par le conseil du public, puisque nous avons la chance d’avoir deux membres de la base, MM Kleiner et Borel (membre suppléante, Mme Florence Meier), et un « bonus », Matthieu Béguelin, président réélu pour un mandat de quatre ans, par applaudissements.
Les remarques fusent spontanément. Etrange, elles ne sont pas très positives. La manière de diriger de Berger est moins contestée que celle de Mamarbachi à laquelle on reproche d’interrompre ceux qui s’envolent lyriquement ou agressivement contre l’adversaire placé sur la demi-table d’en-face. Cela permet de rappeler que la meilleure manière de reprendre la situation en mains dans la direction du début est de laisser finir la phrase et de se servir de cette phrase comme tremplin. Mais la discussion porte assez rapidement sur certains principes.
Il y a deux formes différentes de débats à «Infrarouge», le débat associé à un acte politique, votations ou élections, où l’on réunit trois pour contre trois contre, trois oui contre trois non qui conduit à un affrontement d’où rarement on retire une idée nouvelle ou même un argument pour forger sa propre opinion. Ceux qui ont déjà voté par correspondance ne vont pas changer d’opinion!
Autre forme de débat, ceux sur des problèmes de sociétés qui ne sont pas forcément liés à des confrontations politiques – autour de l’éducation par exemple à partir d’un film. Là, il devrait y a voir place pour les nuances, pour les questions, pour des positions d’observateurs qui doutent et sont à la recherche de certitudes ou à tout le moins d’une meilleure compréhension des choses. La différence actuelle entre les deux types d’émissions n’est pas évidente. Elle mériterait d’être plus grande.
S’inspirer de « C…dans l’air »
Ceux qui ont lu ou au moins parcouru le texte ci-dessous intitulé:
« Infrarouge » : d’une semaine à l’autre vers 21h00
comprendront pourquoi j’ai bu du petit lait à entendre ces réserves que je formule depuis tellement longtemps que j’en suis presque venu maintenant à une partielle autocensure par le silence. A entendre les membres du comité qui font partie du public ce mercredi dernier, le rapport qui sera mis en discussion à la séance du lundi 22 février dans la matinée avant d’être adopté dans l’après-midi est plus « aimable » que la discussion spontanée qui s’est déroulée lors de la dernière séance du comité de la SRT de Neuchâtel. Par prudence? Pour éviter des affrontements trop vifs comme parfois il s’en produit, avec de gens qui font de la télévision en se laissant guider par un sentiment d’autosatisfaction, qui peut être compensé par une certaine sévérité d’appréciation?
Les débats politiques chauds? Il ne faudrait pas craindre d’aller jusqu’à la forme d’affrontement comme hier chez Polac. Les sujets de sociétés? On devrait s’assurer que les animateurs d’ «Infrarouge» regardent, disons une fois par semaine, comment Yves Calvi et parfois Caroline Roux se comportent dans «C…dans l’air», une émission sur des sujets français où l’on observe des gens d’avis différents qui s’écoutent, des animateurs qui posent autant de questions à leurs invités qu’ils conduisent leur débat avec autorité. Bref, pour le ton, la dignité de la conduite des débats, il existe un modèle dont on peut s’inspirer, même s’il est inimitable et fondé sur des invités que l’on voit souvent, mais quatre seulement chaque jour de la semaine en fin de journée (17h48 – France 5) avec reprise en soirée ( vers 22h30)
A propos de parts de marché
Ces derniers temps, à plusieurs reprises, Yves Calvi a remercié son public de sa fidélité. En France, les parts de marché, en milliers de spectateurs, sont quotidiennement mis à disposition du public sur internet, dans un élan de transparence. «C’est … dans l’air» a parfois dépassé le million de téléspectateurs et peut tranquillement annoncer que la hausse sur la durée est régulière.Lors de la séance du comité de la SRT-NE a été donnée une information: à 22h45, «Infrarouge» faisait une moyenne de treize pourcent de part de marché qui correspondent à quarante mille spectateurs «plein temps». Cela signifie donc qu’il y a alors devant le petit écran encore trois cent mille spectateurs.
Il existe un document qui donne l’ «Audience moyenne heure par heure» pour le total de la consommation TV comparé à celle de la TSR. Celui que j’ai sous les yeux date de 2011. J’ai déjà demandé aux services concernés s’il existe les mêmes informations pour les années récentes. Pour le moment en vain!
En 2011, à 22h45, en admettant une baisse linéaire d’une heure à l’autre, en moyenne annuelle, il y a donc environ trois cent mille personnes qui regardent le petit écran parmi lesquelles soixante mille pour la TSR. La part de marché est alors 20 %.
En pourcent, la part de marché d’ «Infrarouge» , 13 % , est inférieur à la moyenne annuelle. Cela ne dit rien de la qualité. En quantité la part de marché est inférieure à la moyenne. C’est peut-être le lot de toutes les émissions politiques qui séduisent moins que les séries américaines unitaires.
« Vinyl » dès lundi 15.02.16 en VOST
Belle semaine pour les amoureux des séries exigeantes: il y a l’apparition de « Vinyl » présenté ci-dessous et le grand retour de « X-Files – La vérité est ailleurs » de Chris Carter, la dixième saison en six épisodes, avec les « anciens » Gillian Anderson et David Duchovny qui portent la récurrence de ces unitaires (RTS Deux – vendredi 19 février dès 20h50 – heure accessible à tous!).
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Martin Scorsese? Un des plus grands réalisateurs contemporains: dernier succès public, «Le loup de Wall Street».
Mike Jagger? Chanteur britannique co-fondateur des «Rolling stones»
Terence Winter? Scénariste co-responsable de séries comme «Les sopranos», «Boardwalk empire»
Lequel des deux premiers est le plus connu? Leur notoriété dépasse certainement celle d’un scénariste.«Shine a Light», chanson du groupe des «RS» de 1972 est aussi un film de Martin Scorsese en 2008.
Terence Winter a travaillé avec Scorsese pour «Boardwalk empire» et «Le loup de Wall Street»
HBO a mis ensemble Scorsese, Jagger et Winter: cela donne une série de dix épisodes intitulée «Vinyl», matériau plastique à base d’éthylène pour les bons vieux disques de grand-papa.
De quoi s’agit-il?
Les américains découvriront le premier épisode de presque deux heures le dimanche 14 février. Le 15, OCS City présente «Vinyl» en version originale sous-titrée à 20h55. La RTS fait la même proposition le même jour à 22h20. Le premier épisode dure pratiquement deux heures: Scorsese le réalise lui-même, confirmant qu’il n’y a plus de frontière entre cinéma et télévision.
Sur son site, voici comment le service de presse de la RTS présente la série:
Plongée dans le New York musical des années 1970 à 2000. La dernière-née des séries-événement, «Vinyl», sera diffusée sur RTS Un, 24 heures après les Etats-Unis, en version originale sous-titrée. Trois pointures du rock et de la scène, Jagger, Scorcese, Winter, et un p’tit dernier nommé James Jagger dans le rôle d’un punk qui monte. C’est le deuxième rôle de James Jagger après son apparition dans «Sex, drug and rock n’roll» de Matt Whitecross. Un registre qui semble convenir comme un gant au fils «Rolling Stones».
A New York, dans les années 70, Richie Finestra est le patron de la division Artists et Répertoire au sein du fameux label American Century Music. En perte de vitesse, il doit absolument découvrir de nouveaux talents, de nouveaux sons. Marié à Devon, ancien mannequin, les excès en tout genre rythment sa vie et la quarantaine qui pointe son nez n’arrange rien à l’affaire…
Côté presse
Bien sûr, on peut naviguer sur internet. Encore faut-il qu’un signe ait provoqué ce besoin d’en savoir davantage. Il arrive encore que la lecture soit un bon moyen pour attirer l’attention sur une série qui va certainement s’inscrire dans le haut de gamme.
Ce qui suit n’est pas une revue de presse; c’est seulement un reflet de mes lectures.
Dans «Le Temps», ( 12 février 2016), l’attentif Nicolas Dufour s’intéresse à cette «promesse à 33 tours».
«TV 8» fait un considérable effort en page 41: un entrefilet de 400 signes! Dans le «Guide TV», en page 25, parmi les «immanquables du lundi», c’est «le grand retour du Vinyl»: 500 signes environ. «Télétop Matin» fait nettement mieux que ses rivaux avec une page entière dans son édition du 14 février 2016.
Côté France: sans surprise, «Le Monde» (14-15.02.16) consacre presque une page aux « Souvenirs rock’n’roll de Martin Scorsese »
Dans «TéléObs» du 13 au 19 février, trois pages bien tassées: «Martin Scorsese retrouve la niaque» en rock’n’roll.
Dans «Télérama» du 10/02/16, trois pages bien tassées, «Quand le rock a le blues».
A coup sûr, en voici assez pour signaler l’existence de ce qui sera un grand moment de dix semaines en télévision, annoncé dans ce blog par trois mille signes et deux images. Ensuite? Y revenir…




























