Divers
Un dimanche à « Mise au point »
(Illustrations empruntées au site le la RTS – Mise au point))
D’une semaine à l’autre, la structure de l’émission reste à peu près la même. On a donc droit à trois rubriques régulières , « Vous l’avez dit », « C’est pas tous les jours dimanches » et « Comme si c’était hier ». Le première donne la parole à de très rares téléspectateurs qui ne représentent en rien les parfois presque deux cents mille qui suivent l’émission. Le choix ? On prend parfois plaisir à faire connaître un avis puis son contraire : et oui, tout les goûts sont dans la nature ! Et l’on va jusqu’à citer un téléspectateur qui trouve très élégante l’en effet très élégante robe blanche assez courte de la présentatrice qui point ne sera nommée. Un événement choisi par jour du lundi au vendredi permet en effet de confirmer que « Ce n’est pas tous les jours dimanche ». Il faut donc en trouver un par jour. Les trouvailles ne sont pas toujours de haut vol. L’humour mordant s’y rencontre souvent. Peut-être même devrait-on parfois recourir au logo rouge en tous cas pour le lecture d’un savoureux « vendredi ». « Comme si c’était hier » porte bien son nom : bon plongeon quelque fois surprenant dans le passé !
VW dans la m…
Dans la m.., VW n’y restera pas seule, on le pressent déjà. « MàP » aura permis de découvrir ces scientifiques américains d’une petite université qui ont, en plus d’une année, réussi à dénoncer la supercherie du constructeur allemand, assez rapidement avouée. Ils existent, ces « fouineurs » qui ne furent pas stipendiés par les concurrents jaloux des succès des marques allemandes au diesel. Et de ce carburant prétendu « propre », on en reparlera. D’autres constructeurs, autant pollueurs, mal contrôlés par des tests qui se déroulent en studio dans des conditions confortables, sont aussi en cause.
L’Europe coûte que coûte
Deux aspects de ce reportage sont à souligner : deux réfugiés, Mehdi venu d’Iran et Elias le syrien, sont « accompagnés » durant une partie de la rude voyage. Une suggestion : les retrouver dans quelques mois pour un « suivi » précieux autant que peut-être révélateur. Autre aspect : cesser de faire allusion aux passeurs mais parvenir à montrer quelques-uns de ceux qui profitent largement de ces gens qui cherchent refuge en Europe, obligés d’acheter à prix fort de faux gilets de sauvetage, de payer des centaines d’euros pour quelques kilomètres parcourus, y compris dans des canots pourris où ils sont parfois livrés à eux-mêmes.
2015 : disons cinq cents mille migrants. A mille euros payés chacun à des passeurs. Un demi-milliard de chiffre d’affaires. Probablement plus ! Et plus fermées seront les frontières, plus élevé sera le bénéfice des organisateurs de passages
Un moment bizarre au début du sujet : sur la plage de Bodrun, paraît-il l’équivalent turc de St-Tropez, des touristes polonais sont installés au soleil. Sébastian Faure leur demande s’ils savent où ils se trouvent. Et le souvenir d’une photo qui a fait le tour du monde semble les troubler. Je suis incapable de savoir s’il fallait ou non montrer cet instant de de surprise, de malaise….
Ma douane à moi
Pour en terminer, un sujet plus léger : la Confédération vend des immeubles des douanes désormais désertés où travaillaient ou habitaient des douaniers. Elle fait de bonnes affaires et des heureux. Joli document informatif, sur le plan immobilier.
Hors sujet : un leader de l’UDC pourrait se servir du reportage pour dénoncer ces frontières si perméables pour ces centaines de milliers de migrants si indésirables…
Séries côté suisse
Rapide tour d’horizon !
Anomalia
Huit fois quarante-deux minutes sont annoncées pour le début de 2016 : ce sera l’ « Anomalia » de Pierre Monnard, qui débuta dans le long-métrage avec un délicieux « Recycling Lily ». Le Tour de Romandie fera étape fribourgeoise en Gruyére, avec une médecin-cheffe de service de neurologie aux pouvoirs de guérisseuse….
Station horizon
Comment se prend la décision de produire une série ? Aux USA, on va jusqu’au pilote. En Europe, on s’en tient à l’écriture. La nouvelle directrice de France Télévisions espère pouvoir passer à la méthode des pilotes. En Suisse romande, on disposait d’un excellent pilote, la première saison de « Station horizon » qui fit étape en Valais et bonne figure en part de marché. Il n’y aura pas de seconde saison.
Tentations européennes
Double tentation suisse : à la RTS, on travaille avec le danois Ingold Grabold, responsable à heureux de « Borgen » et « The killing », autour d’un projet qui pourrait se dérouler dans la Genève internationale et les milieux pharmaceutiques peut-être asussi bâlois.
La SSR, avec la DRS, semblent pencher vers un autre projet qui s’appuie sur une idée de Présence suisse et de son directeur Nicolas Bideau qui se déroulerait dans différents pays avec passage dans la Genève internationale, en bénéficiant de l’appui d’un solide producteur suisse.
L’Europe de l’audiovisuel ? Deux exemples récents
« The team » est une assez imposante co-production entre le Danemark, l’Allemagne et la Belgique, avec apport d’alpes (probablement autrichiennes) et un acteur suisse, Carlos Léal, en Jean-Louis Poquelin, journaliste belge. Intéressante réussite, qui perd beaucoup de saveur au doublage dans une langue unique.
« 1864 », une production entre le Danemark et l’Allemagne, imposante avec plus de cent cinquante personnages et six mille figurants, oscille entre de grands batailles et le conflit privé de deux frères devenus soldats qui aiment la même femme
Comment produire et diffuser à l’heure européenne ? Une revue, CinémAction, co-éditée par l’INA répond à la question dans son numéro 157 de cent septante pages. Il en coûtait alors cent vingt francs français. La revue date d’octobre 1990 !!
La loi des séries
J’en peux plus des séries télé. Chaque semaine, que dis-je ? Chaque jour, il en tombe une nouvelle « immanquable », une enième « sommet du genre bien meilleur que n’importe quel film de cinéma sorti ces dix dernières années » que l’on nous somme de découvrir séance tenante(…) Sérieux, les gars, vous n’avez pas autre chose à faire que vous fader les 10x55minx6saisons de « Games of thrones » ? Moi si. Comment font les gens ? Comment trouvent-ils le temps ? (……les) films qui sortent en salle sont de moins en moins bons. (..). Les studios (d’Hollywood) ne misent plus que sur (..) ces produits franchisés calibrés pour rapporter un maximum d’argent en un minimum de temps.(..) Il n’y en a plus que les superhéros et les remakes de blockbuskers cultes. Pendant ce temps, les talents sont aimantés vers la télé. Steven Soderbergh se trouve sur le câble. Un jeune cinéaste prometteur comme Cary Futumaga s’épanouit loin des majors, en réalisant la première saison de « True Detective » ou un long-métrage pour Netflix (…) David Lynch (..) prépare son grand retour pour une nouvelle saison de « Twin Peaks ». Paradoxe de notre société ou tout va trop vite : aujourd’hui, pour voir un grand film, il nous faut avoir dix heures devant soi.
Ces lignes sont signées Nicolas Schaller. Elles servent d’édito au « Téléobs » du 12 septembre 2015. A noter que les pages 6 à 9 de même document sont consacrées à dire grand bien de la saison 2 de « Halt and catch fire », une série « confidentielle mais formidable « qui démarre actuellement sur Canal+Séries. Et pour en rajouter, deux pages sont consacrées ensuite à l’entourage de la nouvelle directrice de France Télévision, Delphine Ernotte, qui vient de surprendre en prônant la fabrication d’un pilote de toute nouvelle série plutôt que de prendre des décisions sur des intentions écrites seulement. Elle propose de faire … comme les Américains, mais pas ceux d’Hollywood, d’HBO plutôt..
Il se passe plein de choses dans le monde des séries, en particulier un glissement des petits écrans des chaînes généralistes ou spécialisées vers les nouveaux supports, type Facebook, ou des réseaux parallèles comme par exemple Netflix.
Et ce n’est pas l’auteur de ces lignes qui, à l’évidence, souffre d’une addiction aux séries plus désormais qu’à la fiction cinématographique qui va s’élever contre cet hommage ironique adressé à ce qui se fait le mieux dans l’audiovisuel créatif contemporain, les séries récurrentes. La preuve de cette addiction : sur les 361 sujets recensés sur ce blog ces dernières années, 24 sont consacrés à la fiction en général et 93 aux séries, en gros le tiers….
Même en Suisse : il n’y aura pas de deuxième saison de « Station horizon ». Et la Suisse pourrait participer activement à la mise sur pied de deux séries européennes, rien moins.
PS : à partir de texte ci-dessus en italiques faisant allusion à rapporter un maximum d’argent en un minimum de temps. Quel est l’équivalent, en télévision, de ce rêve ? Il se nomme audimat, parts de marché en pourcent ou en milliers de téléspectateurs….
« Réfugiés » ou « Migrants »
La photo de Bodrum
Vu une première fois cette photo qui vient de faire le tour du monde le jeudi 3 septembre 2015,vers 07:00, en page 5 du « Temps ».
Trouvée aussi, peu après, sur « « Facebook » avec ce texte :
Mais que sommes-nous devenus
Assez de ce discours de la barque pleine!
Le temps est venu de nous relever!
De retrouver notre dignité!
De nous souvenir de nos valeurs !
Debout, les gens!!!!!
Rédigé ensuite un premier texte ! Une hésitation : y mettre cette image ? Elle y est, mais cela ne doit pas suffire. Décidé de faire au moins un don à une ONG qui s’occupe de “réfugiés”. Trop de bonne conscience, ainsi ?
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Dessins de Mix&remix pour » Migrants : la honte de l’Europe? »
Chaque vendredi, un caricaturiste est l’invité de « 28 minutes ». Ses dessins sont aussi vus par les invités. Les contributions de « Mix&Remix » pour « Infrarouge » apparaissent lors de la diffusion tardive en « direct-différé » d’une émission enregistrée quelques heures plus tôt. Les participants au débat ne connaissent pas ces dessins. C’est bien regrettable, car ils apportent à l’émission autre chose que du « pour » ou du « contre ». Voici quelques-uns de ces dessins.
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Le sens des mots
« Réfugiés » ? Ceux qui fuient un pays « pour des raisons de sécurité ou de survie », leur vie mise en danger. « Migrants » ? Ceux qui se déplacent volontairement « pour des raisons économiques, politiques ou culturelles » (selon Larousse). Tout réfugié est aussi un migrant, mais un migrant n’est pas forcément un réfugié.
Une démocratie peut-elle rejeter un réfugié ? Pire, le renvoyer dans son pays d’origine ! L’Europe renvoie en principe le migrant vers le premier pays d’accueil de l’espace Schengen. L’Allemagne de Mme Merkel vient de décider de ne plus appliquer cette règle de renvoi aux réfugiés syriens. C’est une attitude généreuse et nouvelle, même si l’Allemagne, pays à la démographie fragile, se félicitera peut-être bien, plus tard, de cet apport de gens souvent bien formés.
Les faits puis la réflexion
Que nous apprend la télévision sur cet ensemble de problèmes ? Dans un court sujet de « Téléjournal » assez peu de choses. Un peu plus en additionnant les sujets quotidiens. Mais la synthèse manque.
Pour comprendre un peu mieux quelles seraient les conséquences de l’attitude des droites nationalistes souvent extrêmes, qui prônent la fermeture des frontières, mieux que les informations quotidiennes télévisées, la lecture des journaux qui prennent au sérieux leur devoir d’information commentée reste précieuse. A chacun ses sources : les miennes passent d’abord par « Le Monde », puis « Le temps » et « L’Obs » et parfois « L’hebdo ». Mais on trouve aussi sur le petit écran des rendez-vous de réflexion parfois d’un excellent niveau.
C…dans l’air (France 5)
Souvent très proche de l’actualité, « C….dans l’air » ( France 5, cinq jours de semaine à 17h45 avec reprise vers 22h3o) devient presque incontournable, par la qualité de ses quatre invités et d’excellents animateurs, comme Yves Calvi ou Caroline Roux. Il ne s’agit pas pour les invités de s’affronter mais bien d’apporter chacun son angle d’approche à partir de principes et de regards » différents.
On ne s’écharpe donc pas sur le fait ou non de fermer les frontières. On y examine par exemple, ce qui se passe quand l’entrée du tunnel sous la Manche à Calais est bouclée. C’est simple, sans attendre bien longtemps, les migrants se déplacent pour emprunter une autre voie d’accès vers le pays qu’ils ont clairement choisi.
On entend parler de milliers d’euros à payer pour effectuer certains parcours, pas seulement en mer. Ceux qui se déplacent ont souvent une bonne formation professionnelle leur ayant permis de payer des « passeurs » qui profitent bien entendu de la situation. Les pauvres ? Ils restent en Syrie ou se retrouvent par centaines de milliers en Turquie, au Liban, en Jordanie.
Une société démocratique devrait d’abord assurer l’accueil des « réfugiés » et s’en prendre aux « passeurs » plutôt qu’aux migrants. Et il suffit parfois d’une remarque apparemment anodine pour s’interroger, par exemple souligner l’importance de bornes qui permettent de recharger des portables, moyen de communication qui signifie que ceux qui se déplacent ne s’en remettent que rarement au hasard, une fois leur pays d’origine quitté.
28 minutes (Arte)
Le « 28 minutes » d’ARTE ( jeudi 3 septembre), avec sa construction en plusieurs rubriques, permet l’accueil d’un ou une invité(e) suivi d’un entretien où trois « spécialistes » répondent aux questions de l’animatrice, Elibsabeth Quinn, accompagnée de deux collaborateurs. Lors de l’émission du 3 septembre, le témoignage de Philippe Douste-Blazy, maintenant conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU, en particulier après une visite à Lampedusa, fut d’une qualité qui devrait troubler ceux qui veulent fermer les frontières.
Infrarouge (RTS1)
« Infrarouge » est donc une émission construite sur un principe simple, l’affrontement des « pour » et des « contre ». « Migrants :la honte de l’Europe »? » n’était peut-être pas le meilleur des titres. Les interventions de M.Norman Gobbi fleurait bon les positions de la « Lega » qui ne doivent pourtant pas être celles du Conseil d’Etat du Tessin auquel il appartient. Et Claude Smadja s’en vint à remettre comme un sauveur « l’Eglise au milieu du village » pour défendre ce qui apparaissait bien être une fermeture la plus stricte possible des frontières puisque l’actuel mouvement migratoire risque bien de se prolonger longtemps. Et c’est ainsi que les interventions des autres invités, marqués au sceau d’une lucide ouverture, finissent pas ressembler à des arguments pour « contrer » le duo auquel, en exagérant, la réponse pourrait bien être oui à la question « faut-il construire des murs » ou plutôt que de choisir « de créer des camps pour accueillir dignement » des migrants.
La photo de Bodrum n’était pas connue mardi soir. Eut-elle changé la nature du débat d’ « Infrarouge » ?
Prôner la fermeture de frontières, si tant est qu’elle soit techniquement possible dans un pays démocratique, cela revient à interdire à un être humain de droit d’être un « réfugié » !
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PS : consulté, vendredi 4, le « forum » d' »Infrarouge » associé à l’émission du 1 septembre. Même démarche, le dimanche 6, pendant quelques minutes. Ce n’est plus tout à fait le même ! Mais sidéré: c’est un défouloir, par exemple contre Micheline Calmy-Rey, sous couvert d’anonymat. Incroyable ! Il faudra y revenir. Encore un dessin même pas signé d’un pseudo, mais qui « dit » juste !
« Talk Show » ou « Débat d’Idées » ?
N’existe-t-il pas mieux que cette expression anglophone qui associe, (à égalité ?), parole et spectacle ? C’est ainsi qu’«Infrarouge » est un « talk sow », pas aussi percutant que l’était en France « Droit de réponse ». Peut-on affubler le « 28 minutes » d’ARTE, ou le « C…. dans l’air » de France 5 de « Talk Show » ! Alors, quoi d’autre ? « Débat d’idées », peut-être, ou « Echanges d’information ». Ce n’est pas le « Show » qui fait le mieux comprendre les problèmes. Une télévision généraliste de service public devrait avoir au moins l’ambition d’informer (talk) plutôt que de s’assurer une bonne audience (show) !
Un « trou » dans l’offre télévisée de la RTS
Soit un événement de portée large, ouvert sur l’international, ou de portée nationale et parfois même modestement régionale. Que fait la seule télévision romande, sur le petit écran qui reste tout de même le plus fréquenté ?
En deux/trois minutes, y compris si nécessaire pendant quelques jours, le « Téléjournal » prend acte de l’existence du problème esquissé dans ses grandes lignes. Une ou deux semaines plus tard, « Mise au point »y reviendra sous forme d’un reportage documenté d’une dizaine de minutes. On aura droit ensuite à un sujet dit d’actualité dans l’émission dite d’actualité, « Infrarouge ». Des mois plus tard, « Temps présent » reviendra sous la forme d’un reportage de cinquante-deux minutes. Et plusieurs années vont passer avant d’entrer dans les coulisses de l’événeme
Il y a un trou dans la programmation de la RTS : pas de place, actuellement, pour un premier « débat d’idée », même un peu à « chaud ». La RTS annonce l’introduction prochaine d’un « talk-show » !
Comparons « Infrarouge », « 28 minutes » et « C’..dans l’air », issues de trois chaînes généralistes associées au service public, la RTS, ARTE et France 5, dont il serait intéressant de comparer aussi les budgets. Actuellement, les deux premières sont en vacances estivales prolongées. Les qualités et les défauts des émissions dépendent pourtant plus de leurs structures que du talent des animateurs.
« 28 minutes » (Arte, du lundi au vendredi, peu après 20h00)
« 28 minutes », dans sa partie « débat d’actualité », réunit six personnes, trois invités et trois collaborateurs de la chaîne émettrice. A trois, ils peuvent se répartir la préparation de l’émission, en particulier « plancher » sur une partie du sujet du jour. En face du trio invitant, les invités proposent trois approches différentes qui peuvent parfois se rejoindre sans à-priori ! Tout dépend alors de l’esprit : le pugilat verbal n’y est pas prioritaire, ce qui n’interdit pas des dérapages, parfois même des moments de tension entre un invité et un invitant.

Invités et invitants voient les dessins de presse insérés dans l’émission : Coco résume la présidentielle de 2017
En principe, le téléspectateur qui assiste tout de même en partie à un spectacle aux rubriques très formatées, a l’occasion d’entendre des informations sur le sujet du jour plus complètes que les siennes. La valeur pédagogique, apportée par des spécialistes plutôt que des « partisans » est assez importante. Chaque invité ou invitant dispose en moyenne que d’un peu moins de six minutes pour s’exprimer. C’est parfois trop peu. Un peu de temps est consacré à des informations extérieures, sous forme de reportages. L’émission se déroule en studio et sans public.
C…dans l’air (France 5, du lundi au vendredi, à 17h45 et 22h30)
« C…dans l’air » est présenté par un animateur unique. Quatre invités, tous spécialistes du sujet du jour, presque toujours ayant signé un livre sur le thème abordé, proposent leur propre angle d’approche qui n’est pas forcément représentatif de la ligne d’un parti politique. Cette approche peut être scientifique, économique, humaniste, certes souvent inscrite dans une sensibilité politique. Trois documents apparaissent durant l’émission, certains de réalisation récente. Il doit exister une réserve de sujets préparés un peu à l’avance puisque l’actualité touche celle qui est dans l’air du temps.
La fin de l’émission est consacrée aux questions du public qui apparaissent écrites. Lire des textes qui défilent au bas de l’image ne permet pas toujours d’écouter attentivement ce que disent des invités. Les invités ne se coupent la parole que rarement et l’animateur réagit rapidement et avec autorité à l’amorce d’un dérapage. Les invités, souvent des habitués plus nombreux que les habituées, ne viennent pas faire la promotion de leur idéologie. Ils sont là pour éclairer un événement à travers leurs connaissances qui reposent en partie sur leur choix de société. L’animateur, souvent, pose des questions qui lui permettent, à lui aussi, avec modestie, de mieux comprendre les enjeux du sujet du jour. A cinq, durant environ 75 minutes, dont à déduire le temps de passage des documents préparés hors émission. cela en donne au moins douze minutes à chacun ; le temps, souvent, de se faire bien comprendre. L’émission se déroule en studio, sans public, mais avec des questions qui émanent de lui

Yves Calvi et Caroline Roux : de la rigueur attentive et empreinte de curiosité de la part de deux des animateurs. (FR5)
Deux possibilités de la suivre durant cinq jours en semaine, à 17h45 avec reprise vers 22h30. La qualité de l’information ? Souvent au niveau de grands quotidiens français « Le Monde » et « Le Figaro », grands fournisseurs d’invités réguliers, mais parmi d’autres.
Infrarouge (RTS 1, mardis seulement, après 22h30)
Le descendant du lointain « Table ouverte » dominical, dirigé par deux animateurs mais en alternance, avec quelques trop brefs documents illustrateurs du sujet du jour, se déroule en public, durant un peu plus de soixante minutes une fois par semaine. La présence du public est inutile. Applaudir à la fin lui permet de remercier la puissance invitante. On y joue franchement le jeu du duel à composante politique, les pour et les contre, la droite contre la gauche, dans un pays de consensus indispensable gouverné en alternance entre centre-droit et centre-gauche. Les experts sont plus rares que les représentants de grands courants politiques, écolos, socialistes, PDC et parfois PDB, radicaux-libéraux et UDC. Bref, un parlement miniature chaque semaine, où l’on remplit presque obligatoirement une mission, se chamailler.

Les dessins de Mix&Remix pour « Infrarouge » ne participent pas aux chamailleries. Pourquoi les invités n’en parlent-ils jamais ? (Photo RTS)
A droite de l’animatrice ou l’animateur, la gauche et à sa gauche la droite, donc la gauche à gauche et la droite à droite pour le téléspectateur. C’est souvent à qui le premier, une fois exposé la position des siens, s’en prendra à ceux d’en face qui ont donc tort et se trompent carrément sur toute la ligne. J’exagère ? Un peu, mais à peine. On y cultive hélas un peu trop le spectacle du pugilat. Qui peut régulièrement affirmer en savoir plus sur le sujet du jour après l’émission qu’avant ? Des experts plus ou moins « neutres » remplacent en cours d’émission d’autres « experts » plus ou moins neutres, les principaux invités pour leur appartenance politique présents d’un bout à l’autre. C’est la formule même qui veut cela. Le directeur du débat doit maintenir l’ordre. Il ne participe que rarement à la discussion, ne serait-ce qu’en posant les questions qui parfois s’imposeraient d’elles-mêmes. Le « show » est plus fort que le « talk ». Et chaque semaine, il y a seulement un sujet d’actualité, souvent traité un peu tardivement, et rarement ouvert sur le monde extérieur (ah, les crottes de chien!).
Résumé des structures
«28 minutes » : cinq fois trente minutes par semaine avec trois invités et trois invitants !
« C…sans l’air » : cinq fois environ septante minutes par semaine avec quatre invités et un invitant !
« Infrarouge » : une fois par semaine pendant plus de soixante minutes avec six à huit invités et un invitant !
Depuis de nombreux mois, je suis fidèle à « C…dans l’air » ouvert sur le monde, même à travers les sujets franco-français. Entre 20h00 et 20h45, j’oscille entre la RTS et ARTE. Je m’impose de suivre « Infrarouge » quand le sujet me semble important.
Alors ? Une émission quotidienne de discussion sans trop de spectacle prochainement sur la RTS ? Volontiers, surtout si elle ne ressemble pas à « Infrarouge »…
De séries « lues » dans la presse….
D’abord, même sommairement, il faut tenter de faire le point sur les séries télévisées en général dont l’importance est grandissante dès lors que les ambitions initiales, distraire et plaire au plus grand nombre, prennent maintenant aussi en compte une forme de réflexion sur le monde avec un intérêt profond pour les personnages qui évoluent au fur et à mesure du récit.
De l’unitaire à la récurrente
Toute série se compose d’épisodes à diffusion quotidienne ou hebdomadaire qui forment une saison à laquelle peut s’en ajouter annuellement d’autres. La série est unitaire si les mêmes personnages qui ne changent guère servent de supports à une histoire par épisode. Elle est récurrente si ces personnages qui évoluent s’inscrivent dans un récit se développant durant tous les épisodes. Et d’autres saisons peuvent suivre, avec une autre histoire ou la même qui se poursuit. La série récurrente se doit de créer un désir de fidélité. Il y a plus à attendre et recevoir d’une série récurrente que d’une unitaire. Voici quelques exemples parfois révélateurs.
«Fémina »
« Fémina », encarté dans « Le matin-Dimanche » (2 août 2015) consacre quatre pages aux séries télé – « Les povers girls » : Complexes. Diversifiées. Les personnages féminins ont le vent en poupe à la télévision. Reflet de la société ou anticipation ? illustrations : « Scandal », « Outlander », « Borgen » en grand, mais aussi « Orange is the new black », « Supergirl », « Games of thrones », « Veep », « The good wife », « The killing », « Girls ». Un encadré avec : « On a toutes en nous quelque chose d’elles ». Jolie dernière phrase du texte : « Hillary Clinton a révélé sa série préférée : Borgen ».
« TéléObs »
Le nouveau supplément de l’OBS, « L’hebdo des médias », consacre la moitié de sa pagination aux programmes avec une émission développée par page. L’autre moitié ? Des textes allant plus loin dans l’analyse. Dans le dernier numéro de juillet 2015, quatre pages d’images et de textes pour décortiquer « Mad men », une série un style) et début août, quatre pages aussi pour « Engrenages, les mythologies ». Une grande série américaine parmi beaucoup d’autres ; une bonne série française parmi de rares autres à ce niveau.
Le Monde »
« Le Monde » a renoncé à son supplément hebdomadaire pour une page quotidienne, avec mot croisé et sudoku, sélection de quelques émissions de la soirée et présentation détaillée de deux émissions, parfois en radio, plus souvent dans le service public que sur les chaînes commerciales », choix assurément pointus.
Deux pages supplémentaires sous le titre « Télévisions », apparaissent dans l’édition de Dimanche/Lundi. Une suite de six volets est en cours, consacrée à « « L’Europe des séries ». Déjà parus « La France prête à entrer dans la course », « L’Italie, la force de la tradition », « L’Allemagne veut s’exporter ». Dans l’édition des 20 et 21 juillet, Marc Nicolas, directeur de la Fémis, évoque un cours récent conduisant à la formation au scénario de séries. Il s’intéresse à la place occupée par la France en Europe. Citation pour le plaisir : « Il m’a fallu sept ans pour convaincre le milieu du cinéma que les meilleures séries n’avaient pas grand chose à envier au cinéma depuis *Les sopranos*, « Six feet under » et « The wire »(…).
A signaler, dans l’édition des 2 et 3 août 2015, un très élogieux texte consacré à « The Affair » avant sa prochaine présentation sur Canal+ vers 21h00. Les téléspectateurs romands noctambules viennent de la voir en priorité durant cinq mercredis de juillet (çà, c’est très bien), mais seulement entre 22h30 et 00h30 (çà, c’est très dommage, car toute émission programmée par n’importe quelle chaîne à partir de 23h00 ne peut que rencontrer un maigre public).
Bougrement habile, la fin de la première saison de cette excellente série où l’enquête menée deux ou trois ans après les faits qui restent encore partiellement mystérieux conduit à l’arrestation de Noah.
Trois magazines romands
La petite suisse romande de moins de deux millions d’habitants dispose de trois magazines consacrés en bonne partie à la télévision. Quelle est la part de chacun consacrée aux textes et non aux programmes?
Dans le « Guide TV », sept pages de textes plutôt courts sur une trentaine (un peu plus de vingt pourcent).
Dans « Télétop-Matin », une douzaine de pages de textes plus ou moins développés contre le double en programmes. (un peu plus de trente pourcent)
Dans « TV8 », ce sont près de nonante pages de papier glacé produisant presque un effet de luxe, dont sept fois neuf pages de programmes de très nombreux canaux (Environ trente pourcent pour les textes).
Des différences entre eux : exemple à propos de l’épisode de « True detective » du lundi 27 juillet, dans la partie consacrée aux programmes :
« Guide TV » (Tamédias Publications romandes SA) » : un crime commis en Californie amène deux inspecteurs, un policier de l’autoroute et un criminel à naviguer de concert »
« Télétop Matin » (Tamédias publications romandes SA) : un crime commis en Californie amène deux inspecteurs, un policier de l’autoroute et un criminel à naviguer de concert pour tenter d’en comprendre la cause.
« TV8 » (Editions Ringier Romandie) : A Ventura County, un flic ripou, une policière intègre et un vétéran de l’armée reconverti en crack de la patrouille routière enquêtent sur le meurtre d’un politicien corrompu.

Antigone Bezzerides, « Ani, » (Rachel McAdmans), certes « policière intègre », mais à la vie privée compliquée et à la professionnelle pas tellement calme (True Detective,saison 2)
Deux éditeurs en concurrence sur le marché restreint romand : hier, ils étaient unis pour prendre prétexte de la nouvelle redevance pour affaiblir la SSR-SRG !
Dans la presse quotidienne romande, il y a assez peu de réflexions sur la télévision, remplacée par la promotion, surtout celle d’émissions télévisées, et pas seulement dans les pages consacrées aux programmes.
True Detective
Dans « Télétop Matin » ( 26 juillet), presque deux pages sur cette imposante série : fort intéressant texte tressé autour de la force des personnages féminins, avec hommage à celui d’Ani Bezzerides, clin d’œil adressé à Sophocle. Un bref hommage est rendu à « quatre autres femmes fortes du monde des séries ».
Dans « TV8 » 1er août), deux pages sur le même sujet, mais centré sur Colin Farrell, qui interprète Ray, certes personnage pourri, mais pas seulement. Le titre – « Je déteste les armes à feu » – vaut pour l’acteur, pas pour le personnage.
Revu sur ARTE le lundi 25 une partie de « Scènes de la vie conjugale » (1973) d’Ingmar Bergman. Du grand cinéma. Passé en cours de soirée, vers 22h10, sur « True Détective », 6ème épisode. De la grande télévision. La VO, c’est important : elle ne prive pas l’acteur de sa voix !
Il faudra revenir sur ce saut apparemment brutal, qui conduisit d’Ingmar Bergman à Nic Pizzalotto. Aussi admiratif devant le film que la série, qui sous certains aspects se ressemblent. Et ce n’est pas de la « provoc » !!
De Saul Bass au générique de « The affair »

« Pour les besoins du tournage, une grande partie de la ville de l’époque, notamment le front de mer, a dû être reproduite. Une prouesse qui a coûté vingt millions de dollars » ( Texte à propos de « Broardwalk empire » paru dans « Le Monde » ( 13-14 octobre 2013)
Une paire d’élégants souliers, des bouteilles malmenées par des vagues, la silhouette de Steve Buscemi qui semble s’éloigner : ce sont là quelques images d’un générique remarquable, celui d’une série remarquable, « Boardwalk empire ».
Saul Bass
Dans le bon vieux temps, au cinéma, le générique apparaissait au début du film. Aujourd’hui, on met le tout à la fin. Ainsi le public peut quitter la salle. Le responsable de la continuité sur petit écran peut le couper pour faire place à la publicité.
Le cinéphile pur et dur doit se souvenir d’un certain Saul Bass. Mais pas seulement lui : le créateur de l’affiche de « Games of throne » s’inspire, paraît-il, de lui.
D’ailleurs, pour en savoir un peu sur Saul Bass, il existe un court-métrage en ligne sur ARTE :
http://cinema.arte.tv/fr/article/les-generiques-de-saul-bass.
Rendons hommage en passant à deux cinéastes, peut-être trop oubliés par ceux de la jeune génération, Otto Preminger et Alfred Hitchcock.
Ils sont rares, sur grand écran, les films d’aujourd’hui qui retiennent aussi l’attention pour leur générique qui s’inspire de l’esprit du film, surtout s’il respecte aussi ses qualités esthétiques.
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Génériques de séries
Mais il est, dans l’audiovisuel contemporain, un secteur qui soigne particulièrement bien ses génériques qui mettent l’eau à la bouche. Au cinéma, le graphisme de Saul Bass tenait souvent de l’œuvre d’art.
Le mercredi 29 juillet 2015, vers 22h30, passent les deux derniers épisodes de la première saison d’une magnifique série assurément de haut de gamme produite par Showtime, « The affair ». Saura-t-on qui est la victime ? Saura-t-on si le mystérieux enquêteur venu de l’avenir parvient à découvrir le coupable ? Mais les deux clans Solloway et Lockhardt sont-ils définitivement secoués par la liaison difficile de Noah et Alison, l’alternance maintenue entre les deux dans chaque épisode ? La réponse sera donnée dans la deuxième saison qui reviendra dans quelques mois.
Il est pourtant possible de se référer au splendide et inquiétant générique chanté par Fiona Apple à la voix troublante et sensuelle. Et de rendre hommage à la série en images :
http://www.canalplus.fr/c-series/c-the-affair/pid7559-videos.html?vid=1151195
LRTV : une « pause » seulement
« Match nul » écrivions-nous le 16 juin 2015 une fois connu la « victoire » du OUI avec trois mille voix d’avance sur le NON. Maladresse, « match » presque nul pas terminé! Il ne s’agit que d’une pause de quelques mois avant la reprise des « hostilités ». On reparlera de « Billag » quand les cent mille signatures souhaitées par le radical romand Nantermod seront atteintes, avec le soutien de l’UDC et de l’USAM si l’on en croit une information qui reste à confirmer. J.F.Rime va s’auto-déchirer pris entre la défense des postes de travail de Billag, avec son personnel installé en bonne partie dans le canton de Fribourg et sa mission de sauver le seize pourcent des entreprises suisses faisant au moins un chiffre d’affaires annuel de plus de un million qui seront ruinées par la redevance nouvelle, dès 2018, plus élevée que l’ancienne.
On annonce aussi une prise de position du Conseil fédéral sur l’audiovisuel de service public ouvrant un « vrai » débat devant les Chambres ( en 2016, 2017 ?). Chic, alors!
L’UDC et Mme Rickli joueront l’attaque. L’USAM restera-t-elle sur le banc ? Nantermod deviendra-t-il avant-centre? Bref, en comparaison sportive, c’est la pause à la mi-temps d’une rencontre de football ou entre le premier et de deuxième tiers d’un match de hockey.
Profitons de ce temps d’arrêt pour un rappel : les partisans du OUI ont poussé un premier OUF de soulagement et ceux du NON trouvé un terreau fertile pour continuer leur combat, non contre la redevance et son prélèvement, mais pour abattre l’audiovisuel suisse généraliste de service public.
Du grain à moudre pour les politologues
Rappelons tout de même quelques faits qui ne sont pas encore expliqués :
+ Pourquoi le NON, tout de même étroit du Tessin, à 52 contre 48, alors que la SSR-SRG accorde 22 % de son budget au cinq-six pourcent de la population de langue italienne ?
+ Les votes des villes furent assez nettement en faveur du OUI ( preuve à l’appui, les résultats dans les capitales cantonales), alors que les NON viennent des campagnes et des petites communes.
+ La Suisse romande a largement contribué à la mince victoire du OUI. Ce serait pourtant une erreur que d’en conclure que tout est pour le mieux dans la meilleure des RTS du monde. On peut, on doit, en discuter. A coup sûr, la RTS peut, doit faire mieux dans certains domaines. Mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.
L’UDC, l’USAM existent ; pas la « Presse » !
L’UDC existe, elle a fait voter contre. L’USAM existe, sa direction a fait voter contre. La presse aurait, selon certains partisans du OUI, systématiquement fait voter contre. Mais la presse n’est pas unitaire. La « presse » n’existe pas. Il existe des éditeurs – deux d’entre-eux au moins ont pris ou fait prendre position contre la LRTV : Tamedia et Ringier. Ces éditeurs ont été suivis par leurs plus proches collaborateurs, les responsables chefs et parfois sous-chefs des rédactions. D’autres parmi leurs collaborateurs ne se sont pas alignés sur les propriétaires des titres. Notons aussi que bon nombre de journalistes de l’audiovisuel sont restés silencieux pendant la récente campagne.
Il est dès lors intéressant de citer une partie du texte de Chantal Tauxe, dans « L’Hebdo » (Ringier) du 18 juin en page 33 sous le titre « Un dimanche sans vainqueurs » :
« On a artificiellement divisé les journalistes en deux camps, supputant ceux de la presse écrite tous alignés couverts aux ordres de leurs éditeurs « zurichois », et ceux du service public forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés derrière leurs chefs suprêmes. On a ainsi insulté toute une corporation dans les moteurs essentiels restent, pour la plupart de ses membres, l’indépendance d’esprit et de devoir critique ».
Assez bel exemple d’indépendance, encore que le « forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés… » témoigne peut-être d’un souci exagéré d’équilibre entre « confrères et consoeurs » supposés ennemis à cause de l’antagonisme des « patrons »
Match nul !
Il y a six mois, personne ne s’intéressait à ce référendum contre la LRTV porté par l’USAM, en particulier à travers certains de ses dirigeants membres de l’UDC. Au début de l’année, on a appris en Suisse romande que les gens s’excitaient assez fortement à Zürich. Un sondage de fin mars avançait 47% de non, 43% de oui, 10% d’hésitants avec une marge d’erreur de 3%. Le camp du oui commence alors à s’inquiéter timidement. La SSR-SRG s’est voulue prudemment neutre. Le tous-ménages de l’USAM, baigné de l’esprit des minarets, des moutons noirs à repousser, des contingents à rétablir, brandisssant la future redevance à mille francs,a favorisé le «réveil». Les partis politiques qui ont voté la loi aux chambres sont restés assez prudents, le PDC en principe dans le rôle du leader chargé de défendre. L’USAM et l’UDC se sont unies pour arracher le non.
Quand l’UDC est en campagne, le débat s’élargit et souvent dérape. On parle de tout, de rien et d’autre chose, du salaire de Roger de Weck, des entreprises qui seront sollicitées si fortement qu’elles risquent d’en mourir! L’avance finale du OUI est si faible que le résultat tient du match nul. Soulagement des partisans du OUI! Ceux du NON tout de même fort satisfaits de faire trembler une première fois le «mammouth».
En «Une» sept fois!
Après avoir lu dans le décor du «19 :30» un pourcentage d’abstention qui n’est pas celui annoncé par la journaliste de service, pour en savoir davantage, j’ai décidé de lire sept quotidiens romands ce 15 juin 2015. Coût de l’opération pour ce seul jour: une vingtaine de francs, équivalant à vingt jours de radio et télévision avec la future redevance de 2018!! Voici quelques titres parus en «Une», assortis de remarques à leur propos (ordre alphabétique sans l’article)
24 heures: en grand «La loi radio-TV coupe la Suisse en deux» et en plus petit: «Le vrai débat va commencer dans une grande confusion». Tiens, il n’y a donc pas encore eu de «vrai» débat, réjouissons-nous;
L’Express: «Le oui des romands fait passer la révision de la loi radio-TV» et pour l’édito du red-en-chef «La SSR a senti le vent du boulet»: boulet de saison alors que les chaînes françaises en sont à Waterloo ;
La Liberté: «Le débat sur la radio-TV ne fait que commencer» et pour l’édito du red-en-chef «Le fin de l’âge d’or de la SSR»;
Le Matin: «Redevance moins chère grâce aux… Romands» sur fond noir en deux couleurs, à côté de Ronaldo qui boude Genève avec un maillot portant «Fly Emirates»;
Le Nouvelliste: «La LRTV passe d’un cheveu», mais le Rhône, auquel on dit oui, la R21, face à un non, Melley qui sourit quand Torney perd… de peu sont prioritaires;
Le Quotidien jurassien: «Non très net, oui ultracourt» pour le commentaire principal, discret à côté du «Frontaliers: le résultat est clair», avec une carte de la Suisse en couleurs délavées pour le «Oui très timide du peuple suisse».
Le Temps: «3700 voix d’écart pour la SSR». Donc on votait «pour» ou «contre» la SSR? J’avais crû comprendre qu’il s’agissait d’une votation technique sur le prélèvement de la redevance.
La palme d’or du titre le plus indirectement «polémique» revient au «Temps».
Villes et campagnes
Et un tas d’autres palmes secondaires au même journal, en particulier pour sa carte très méticuleuse des pourcentages par communes ou régions allant du vert le plus vif, pour «plus de 65 pourcent du oui» au rouge le plus sanguinolent pour le oui inférieur à 35 %.
7 cantons ou demi-cantons ont dit oui et 19 cantons et demis ont dit non. Et déjà certains se servent de cette majorité pour soutenir la récolte des signatures anti-Billag. Mais 17 capitales cantonales ont dit oui et 9 non. Curieux! Et si les deux suisses séparées étaient celles des villes contre les villages?
908 communes ont dit NON et 1509 OUI. Il y a donc 2417 communes en Suisse. On apprend tous les jours quelque chose!
«24 heures» publie les résultats commune par commune. Dans le canton, une trentaine pour le non, la plus grande étant celle des Ormonts-Dessus, 206 à 243.
Neuchâtel? 7 petites communes votent non sur 37: record à Gorgier-Chez-le-Bart, 211 à 390. Fribourg, même constatation, toujours des petites communes qui disent non, majoritaires en Singine. Fribourg est un canton bilingue, comme le Valais. Mais «Le Nouvelliste» ne donne pas les résultats commune par commune. A première vue, en consultant la carte colorée du «Temps», le non du Valais semble se répartir équitablement entre les régions linguistiques: petite surprise. Jura? Peu de communes pour le non, et toujours les petites: record à Bonfol, 118 à 125. Jura bernois? 17 petites communes sur 40 disent NON – égalité sur le Plateau de Diessse, 322 -322!
Ce sont là des faits observés. Reste à en comprendre le sens, un travail qui pourrait être celui de politologues. Esquisse d’une explication: plus on est petit et plus on est absent des médias.
LRTV ? Oui, encore !
Il faut bien, entre deux propositions de désintoxication LRTV, s’accorder quelques heures pour saluer «L’ombre des femmes» de Philippe Garrel, «Trois souvenirs de ma jeunesse» d’Arnaud Desplechin, beaux hommages au «vieux» cinéma des années soixante, celui de François Truffaut par exemple, pester contre ARTE qui propose ce jeudi soir de mini-séries comme s’il s’agissait d’un long-métrage de trois heures avec deux entractes et offre le luxe de décevoir avec «D’une vie à l’autre» dont on se demande quel est le sujet, ou suivre les exploits de Timéa (Bacsinsky affublée du cérémonieux «mademoiselle» prononcé par l’arbitre) ou de Stan Wawrinka ( sans «monsieur»)
Mais chassez le naturel du lecteur est inutile: il revient!
« L’Hebdo », 4 juin: questions pour l’avenir
Ancien collaborateur de la TSR, créateur de journaux, «L’Hebdo» en 1981 puis «Le Nouveau Quotidien», en 1991, qui devint partie du «Temps», Jacques Pilet demande «Comment sauver la SSR». Encore que «sauver» pourrait être remplacé par «améliorer»! «Les plus déchaînés des adversaires de la nouvelle loi (…) rêvent de télés commerciales, porteuses d’idéologues droitières et nationalistes. Ils s’en prennent personnellement à Roger de Weck, parce que «beaucoup veulent sa peau». Mais il se peut que «Nombre de ceux qui diront non ne veulent pas pour autant la mort de la SSR». Dès lors, l’occasion est belle de commencer à se poser quelques questions qui sont désormais éloignées de l’objet de la votation: «La télévision doit-elle suivre la folle spirale des coûts dans le monde du sport? La formule 1, par exemple, est-elle indispensable? Vaut-il la peine de se battre si chèrement pour passer des séries françaises avant TF1». La question pourrait aller plus loin, puisqu’elle concerne autant les séries doublées en français que les françaises qui passent sur n’importe quelle chaîne de service public généraliste d’Outre-Jura. Une collaboration avec le presse devient pourtant souhaitable: «Tout le monde y gagnerait, à commencer par le public qui attend du neuf».
«Quoi que décident les Suisses le 14 juin, la SSR devra (…) à la fois mincir et s’améliorer (…) comme tant d’autres entreprises.»
« Le Temps »: 5 juin 2015 – page 11
«Halte au « SSRT-bashing »»: telle est une partie du titre d’une nouvelle contribution de Gilles Marchand. Le dénigrement a atteint, en effet, un pic récemment, avec la parution «d’un tous-ménages». L’USAM, inspirée par le style de l’UDC, et cette dernière, ont ensemble, mené campagne pour le «Non» avec l’appui de grands éditeurs et de leurs proches collaborateurs, les rédacteurs en chef et autres adjoints. «Débattons calmement du service public», propose le directeur de la RTS qui rappelle que l’actuelle offre «correspond, bon an mal an, au mandat qui lui est confié». Et d’ouvrir ainsi quelques pistes: «Discutons de l’avenir de la fiction et des documentaires dans un monde numérique. Réfléchissons au rôle du sport dans un pays multilingue traversé par de multiples identités. Demandons-nous s’il est préférable de parler de culture ou de la produire. Bataillons sur nos mandats, bref, évoquons l’avenir de nos medias». Et alors que très souvent on parle du «grand public» qui se mesure aux parts de marché glorieuses, Gilles Marchand ouvre une perspective nouvelle: «La SSR n’est évidemment pas au service de l’Etat, mais de ses publics». Et ce pluriel est important, car il pose une question rarement prise en compte, la «programmation», chose bien différente de la production des émissions.

















