Taches d’encre
Les lecteurs d’une presse élitaire…
Les lecteurs d’une presse élitaire passent avant les actionnaires de la SSR-SRG idée suisse
Les lecteurs de deux exigeants quotidiens suisses, « Le temps » et la « NZZ », ont pu découvrir le 4 janvier 2011 un texte qui exprime les choix de Roger de Weck, au moment où celui-ci revêt son nouvel habit de PDG de la SRG-SSR idée suisse.
On aura pu aussi consulter ce texte sur notre site (voir Pleins Feux à ce sujet, mis en ligne le 10 janvier 2011).
Roger de Weck se livre à d’intéressantes et nombreuses considérations qui vont transformer l’auditeur(trice)-téléspectateur(trice)-internaute avide de spectacle en partie plus ou moins grande formé d’une citoyenne lucide ou d’un citoyen pareil. Il vaut la peine de citer l’une de ces considérations :
Grâce à son organisation de milice unique au monde (une association de 20’000 membres), elle échappe à l’emprise des partis ou du gouvernement (…). La SSR est indépendante : elle est redevable au peuple suisse qui la finance. De ce fait, elle doit garantir une offre de qualité au grand public et attirer si possible un peu plus l’attention vers des offres sélectives. Car sans public, pas de service public ni de service au public.
L’organisation de milice unique au monde, en Suisse romande, est formée des membres des sociétés cantonales. Vous, chères lectrices et lecteurs ! Et moi aussi ! La SSR idée suisse fonctionne un peu comme une société anonyme à but non lucratif. Nous sommes aussi les « actionnaires » de notre originale SA !
Curieux tout de même que l’avenir d’une SA qui va se transformer ces prochaines années, ne serait-ce qu’en retrouvant des chiffres noirs, soit décrit en priorité aux lecteurs de deux éminents organes de presse du pays et non à ses vingt mille membres. Comme si le milicien n’était pas vraiment pris au sérieux !
Cinéma suisse : pourquoi tant de haine ?
Le film, empêtré dans les lieux communs et les détails qui gênent, nous ramène aux heures grises du cinéma suisse. C’est hélas une catastrophe. Un scénario qui se perd à force d’égarer le spectateur. Ces plans fixes, si plaisants ou poétiques soient-ils, n’ajoutent rien à l’histoire. Une mise en scène purement illustrative, une photo bâclée, des acteurs livrés à eux-mêmes. Il vaudrait mieux dominer le récit. Pour le moment, il a sans doute davantage à montrer qu’à exprimer. Un projet (qui) devait avoir un certain potentiel pour convaincre un vieux briscard comme le producteur zurichois Hans-Peter Fueter.
D’abord, on n’en est pas à un détail près : Peter-Christian devient Hans-Peter ! Et puis, lu où ? Nulle part : ceci est un collage de phrases authentiques qui viennent d’un peu partout. Elles datent de 1969,1970, 1974 ou 2010. Elles sont tirées d’un mémoire de licence d’une étudiante neuchâteloise construisant à Lausanne un discours critique autour du nouveau cinéma suisse dans les années soixante/septante. Elles concernent des films comme « Charles mort ou vif » et « Le milieu du monde » d’Alain Tanner, « Sauvage » de Jean-François Amiguet, « Impasse du désir » de Michel Rodde. Elles auraient très bien pu être dirigées contre « Les vilaines manières » ou « Quelques jours avant la nuit » de Simon Edelstein. Pour compléter la liste, on pourrait faire quelques recherches dans certaines déclarations de l’ancien responsable du cinéma suisse transféré en diplomatie. Elles sont signées Georges Bratschi, dans la « Tribune de Genèvc », Antoine Duplan dans « L’Hebdo », Norbert Creutz dans « Le temps ». Dans un supplément du quotidien, « Sortir », « Impasse du désir » est classé 48ème sur cinquante par Creutz, son confrère Thierry Jobin lui accordant la lanterne rouge au cinquantième rang d’une liste recouvrant deux/trois mois. Les années passent : une certaine critique lémanique reste fidèle à elle-même.
Et encore, parfois l’écrit se trouve en retrait de déclarations orales exprimées entre quatre yeux ! Tous les films cités ont reçu le soutien de la TSR. Mais on peut, on doit se demander : pourquoi tant de mépris ? Pourquoi tant de haine ? Sans savoir répondre !
Bis repetita !
Vendredi 5 novembre 2010, 19h10, TSR 1 Couleurs locales : Cinq bateaux incendiés à Chevroux avec commentaires, interview et film à l’appui.
Vendredi 5 novembre 2010, 19h42, TSR 1 Le Journal : Cinq bateaux incendiés à Chevroux avec les mêmes commentaires, la même interview et le même film.
- Pour celui qui regarde Couleurs locales, c’est vraiment une information locale, d’accord!
- Pour celui qui regarde le Journal, est-ce vraiment une nouvelle importante?
- Et pour celui qui regarde les deux émissions, merci, il avait compris la première fois!
Ne vaudrait-il pas mieux faire un journal complet entre 19h00 et 19h45 plutôt que de nous passer deux fois la même chronique locale à 30 minutes d’intervalle ? Bis repetita !
Un sondage rigoureusement exclusif en réponse à de bonnes questions récurrentes
Dans le MEDIATIC no 158, numéro spécial consacré au « 30 ans des SRT ». en page 9, Gilles Marchand, directeur de la RTS, soulève de bonnes questions récurrentes. Suite à un sondage assez peu scientifique, dont il est certain qu’il n’est aucunement représentatif du public, contrairement à toutes les interventions des anonymes que l’on trouve sur tous les forums d’émissions de la RTS, sur les sites RSR et TSR, qui elles doivent être représentatives par leur publication régulière, voici les réponses de l’échantillon composé d’un seul élément, un certain Monsieur Moi-Même.
Y a-t-il assez de culture à la télévision ? Non !
Certains rendez-vous d’information ne sont-ils pas trop hachés et superficiels à la radio ? N’étant ni avocat genevois, ni représentant de l’UDC, qui ont réponse à tout dans bon nombre d’émissions, ma réponse est « Je ne sais pas » !
Le débat politique n’est-il pas trop réducteur, polarisé à la TV ? Si « débat » sous-entend « Infrarouge », oui, surtout s’il est envahi d’avocats genevois et de représentants de l’UDC.
La radio et la télévision ne sont-elles pas trop lémano-centristes ? Peut-être ben que oui, peut-être ben que non ! N’aurait-on pas du écrire rhodano-centriste en pensant aux plus hauts cadres de le RTS, masculins dans la cinquantaine ? Heureusement, l’arc jurassien quand on l’étend jusqu’à Fribourg est sur-représenté lors du « Dîner à la ferme » ( quatre sur sept, un scandale !).

Arc jurassien et Fribourg, 4 représentants sur 7, donc le 57,1428571428 % Population des mêmes comparée à celle de l’ensemble de la Suisse romande : 32 % Un bel exemple de sous-repésentation rhodano-lémanique
A quoi servent les fictions américaines à la TV, qui de plus sont trop violentes ? A remplir de multiples cases des programmes pour un prix de revient peu élevé. Heureusement, les émissions trop violentes, qui se caractérisent par la présence du logo rouge qui flétrit plus le sexe plaisir que la violence du monde qui se reflète dans les téléjournaux, sont programmées très tardivement, parfois par tranches de trois épisodes. Ce sont en général des séries américaines pointues qui retrouvent la saveur du temps qui passe, attisent les conflits entre le noir et le blanc sans tomber dans la grisaille et assurément participent à l’enrichissement du langage audiovisuel contemporain. Plus l’émission est tardive et plus il y a de chances qu’elle soit de grande qualité.
Entretien avec le quérulent « Monsieur Moi-Même » retranscrit le mercredi 8 septembre 2010 après « Infrarouge » par Fyly.
Les fenêtres publicitaires
Grâce aux fenêtres publicitaires tendues par M6 vers la Suisse romande, avec la complicité de grands annonceurs de notre pays, y compris de régies où la Confédération est encore majoritaire, des millions d’euros annuels franchissent la frontière pour Paris. Très indirectement, nous sommes tous co-producteurs de «Kaamelott».

Pas rancunière la TSR : M6 lui pique des recettes publicitaires en faisant entrer par sa fenêtre de fructueuses recettes sans partage. La boutique TSR vend l’intégraale de Kaamelott pour presque 250 francs, bénéfice partagé ?
Attirer les annonceurs suisses avec ce genre de fenêtre, ce qui existe depuis longtemps en Suisse alémanique, n’en revient pas moins à effectuer un prélèvement sur le marché national des investissements publicitaires. Il se pourrait que cela finisse par se compter en millions.
Qui est privé de recettes par cette fenêtre publicitaire qui n’apporte strictement rien au spectateur ? Assurément, la SSR par la RTS, mais aussi les chaînes privées commerciales, ou les radios qui osent accueillir la publicité. Les quotidiens risquent bien aussi de voir ainsi des campagnes générales les oublier.
Or, il n’y a pas grand monde pour s’interroger sur cette forme de concurrence pas très loyale mais assurément très capitaliste. Un seul ou presque a tenté de se battre contre cette pompe à finance, Gilles Marchand, le directeur de la TSR devenu patron de la RTS. Presque pas soutenu, à l’exception de quelques lignes signées de défenseurs de la culture. Un front commun télévisions publiques et privées, de radios privées, de presse écrite quotidienne et à rythme moins fréquent aurait peut-être obtenu gain de cause.
Polanski libéré : le « 19h30 » aux français !
Lundi 12 juin 2010, Madame Widmer-Schlumpff, cheffe du département fédéral de Justice et Police, a pris une décision juridiquement solide qui règle un problème politique délicat, certes pas aussi lourd que les rapports UBS / USA ou le conflit avec la Lybie. Roman Polanski est donc libre depuis ce jour, après presque dix mois de préventive et d’assignation à résidence, avec bracelet au pied. La conseillère fédérale a donc refusé l’extradition du cinéaste vers les USA
Le secret bancaire fiscal : quésaco ?
Classe politique (lundi 7 juin 2010 – TSR 2) tourne autour de l’accord Suisse-USA : intéressant débat non pas entre quatre politiciens, mais avec deux et deux juristes supplémentaires. Au point que les arguties juridiques se mettent à ressembler à une guerre des chiffres ! En général, les animateurs de débats tentent d’éviter argutie et guerre. Ils ont tort de le faire !

Christophe Blocher, ici en 2003 à “Mise au point”, affronte Jacques Pilet le mardi 8 juin 2010 à “Infrarouge”. Oscar Freysinger ne comprend plus la “voix de son maître” UDC sur le secret bancaire fiscal
Observé le comportement du public invité qui apparaît dans certains plans : des visages impassibles semblent refléter l’ennui. De temps en temps apparaît un léger sourire, approbateur ou désapprobateur : impossible de saisir la différence. Le public rare semble s’ennuyer. Le débat, lui, reste intéressant. Comme le Conseil National siège pendant que se déroule l’émission, on quitte le studio pour la « Salle des Pas Perdus » où l’on y interroge quelques parlementaires. Devinez qui ? Des abonnés, comme Madame Moret et Monsieur Freysinger auquel Monsieur Blocher ne doit pas avoir expliqué sa tactique et sa stratégie.
Le secret bancaire fut longtemps proclamé INTOUCHABLE. La différence si précieuse entre ÉVASION et FRAUDE vient de disparaître. Si le secret bancaire disparaît complément, la Suisse va y perdre annuellement cent milliards (une analyse faire dans TTC quelques minutes auparavant sur TSR1). L’estimation de M. de Planta est tout de même considérée comme légèrement exagérée ! Et les parlementaires n’en ayant point connaissance, ils vont tout de même entrer en matière et avaler le parapluie juridique devant un mauvais accord pour en éviter un pire.
Entendu en cours de débat affirmer que le SECRET BANCAIRE n’allait pas disparaître. C’est le SECRET BANCAIRE FISCAL qui est en cause. L’animateur n’ayant pas relevé la nuance, le téléspectateur curieux ne saura pas quelle est la différence entre les deux. Dommage! Enfin, s’il y en a une !
C’est toujours le consommateur …
La SSR demande, semble-t-il, 54 millions de plus par an sur un budget annuel de 1,6 milliard! Pour la SSR, soit elle obtient ces millions supplémentaires, soit elle devra redéfinir le mandat et réduire ses programmes. Nous ne nous étendrons pas ici, volontairement, sur les nouveaux logos acquis pour quelques millions.
Selon Monsieur Prix, la SSR n’a nullement besoin de moyens supplémentaires. Tiens donc !
En effet selon Stefan Meierhans les ¾ des entreprises helvétiques ne paient pas la redevance ce qui correspond à un manque à gagner de plusieurs millions. Enfin, toujours selon Monsieur Prix, les recettes publicitaires de la SSR pour les années à venir sont sous-budgétisées.
Qui dit la vérité? Nous ne le saurons jamais, puisqu’il s’agit de chiffres virtuels qui ne seront validés qu’après une vraie comptabilisation.
Pour le commun des mortels, une chose est certaine : si l’on en venait à supprimer, pour des problèmes de restriction budgétaire, Option Musique, par exemple, comme on l’entend aussi bien à gauche qu’à droite et dans les couloirs, le consommateur en serait le grand perdant, comme d’habitude! C’est toujours lui qui trinque, comme partout!
Le nouveau PDG de la SSR : Roger de Weck
En février 2009, un groupe de personnalités lançait une idée qui fut interprétée comme une tentative de mettre sur pied un nouveau canal télévisé à forte dimension culturelle au niveau national, que d’aucuns nommèrent « Arte à la Suisse » voir texte à ce sujet. Ils furent à tout le moins maltraités par le futur PDG sortant de charge, Armin Walpen, qui vit en eux un groupe de délicieux « farfelus » qui eurent doit à une véritable fessée devant tant d’inconscience financière !
Parmi cette équipe réunie par Bernard Cathomas, on lisait par exemple les noms de Gilles Petitpierre, Jacques Pilet…. et d’un certain Roger de Weck. La nouvelle de sa nomination à peine tombée qu’on trouve sur le site d’un journal populaire romand un accueil ironique à un « gauchiste » dont il faudra se méfier !
Chose excellente, que cette nomination d’un grand journaliste, bon connaisseur de l’univers des médias, homme d’antenne aussi, proche de la radio et de la télévision. Il est actuellement animateur de « Sternstunden », émission de la télévision suisse de langue allemande, qui passe en amorce de deuxième rideau, aux environs de 23h00, probablement à cause de ses exigences culturelles. Roger de Weck est aussi sensible à l’économie, à la finance, au management.
Une excellente surprise !




