Place aux sports
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Trois sujets (de bas en haut) :
- Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres
- Quand Poutine fait ses Jeux
- Poutine, Dieudonné, Staline
- Voir, entendre, lire…
- Les jeux de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?
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Les JO de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?
Le 23 janvier 2014, la RTS organisait à une conférence de presse accessible sur internet – excellente innovation – permettant de poser des questions depuis son salon. Distrait, je n’ai pas profité de l’occasion pour demander « combien çà coûte » ? Je l’aurais fait presque assuré d’énerver certains de mes interlocuteurs.
Tombe ce mardi 4 février 2014 une réponse intéressante dans « Le Temps » sous forme d’un entretien de Servan Peca à Zürich avec Urs Leutert responsable du sport à la SSR. Elle est facile à résumer : « Les jeux olympiques ? Non rentables pour la SSR ».
Mais encore ? Le ski alpin, dont la SSR porte la responsabilité technique, est bénéficiaire avec sa centaine de collaborateurs, mais pas assez pour couvrir les autres prestations qui occupent deux cents personnes. Des précisions, permettant de faire des estimations à la minute ? Point il n’y en aura.

Une autre manière de parler d’argent, « la fortune cachée de Poutine », un document à charge de « Spécial investigation », une émission de « Canal+ »
Ce n’était pas, hier, et durant près de 45 ans, un crime de lèse-majesté que de défendre l’idée d’un service public plus porté vers l’investigation, l’information, la créativité dans tous les domaines, surtout la fiction et la documentation plutôt que de subir en abondance une télévision de reportages ou de fictions américaines avec tueurs en série en premier rideau rassemblant le grand public.
J’allais oublier : je couvre une partie de ma soif de divertissement en étant grand consommateur de sports, y compris des points importants en tennis, des marmites du curling, des temps affichés en ski, des mêlées du rugby…
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4/ Voir, entendre, lire…
Bientôt Sotchi ! On le répète avec insistance, deux, trois fois sur chaque canal; chaque jour! On attend donc beaucoup de médailles, grâce aux concurrents, aux fédérations parfois. Le public n’y est pour rien. Mais l’occasion est bonne pour survoler quelques spectacles proposés par le sport…
Entendre ? Il s’agit des commentateurs, plus ou moins intéressants. « J’aime » Marc Rosset, comme on cause dans fassebouque. Passons !
Voir ? Le ski de fond, par exemple, les 15 km de samedi 01.02.14 avec Cologna de retour et bien classé. Pas très élégant, le skieur de fond, avec des gros plans qui transpirent l’effort. Et puis, dans chaque plan ou presque, comme par hasard un panneau publicitaire. Comment cela se passe ? On plante le panneau quand on sait où se trouve la caméra ou on plante la caméra devant le panneau déjà placé ? Et qui paie combien à qui ? On ne parle jamais de ces petits problèmes.
Alors lire ? Le ski de fond, la plupart des épreuves de ski alpin, que ce serait ennuyeux sans le travail de plus en plus varié et précis des « mesureurs » du temps, avec des comparaisons, sur une portion de parcours, entre le concurrent et le meilleur, avec le rouge et le vert. C’est, dans plusieurs sports, le triomphe des « horlogers », souvent suisses !
Brouillard ? On descend ! On ne descend plus ! Et ainsi de suite. Que cette attente est ennuyeuse. Alors on passe des images touristiques et l’on emprunte à la radio pour faire « entendre ». On devrait faire mieux ; avec des archives ?
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3. Poutine, Dieudonné, Staline
Pas de lien subtil entre ces trois noms, seulement des « rencontres » lors d’une soirée télévisée (mardi 28.01.14). Arte montrait donc après RTS2 « Quand Poutine fait ses jeux » lors d’une soirée à thème consacrée à la Russie. Le document ne permettait pas toujours de savoir de quand dataient images et interventions. Les quinze minutes accordées à l’invitée d’Arte, Mme Marie Mendras, concerneraient-elles le document? Il fut surtout question de Poutine en renforçant le sentiment que les JO, probablement splendides spectacles, seront portés à l’actif de l’homme qui dirige la Russie.

Un des dix dessins de Mix&Remix, en ligne sur le site de la RTS, pour l’émission du 29 janvier 2014, « Liberté d’expression en danger? » Les participants voient-ils les dessins montrés dans l’émission en direct-différé ? Les téléspectateurs ont-ils vu ce dessin ? Le caricaturiste peut tout faire … puisqu’il est seul quand il dessine !
« L’ombre de Staline » prit son élan sur ARTE avant que ne débute »Infrarouge » avec un peu de retard. Ce ne fut pas pour Dieudonné que je revins sur la RTS. Il s’agissait simplement de savoir si le record d’interruptions de la semaine précédente serait battu. Le débat fut audible et même intéressant. A quoi tient la bonne « tenue » d’un débat : au sujet, aux invités, en particulier à certains d’entre-eux, à la ou au responsable de l’animation ? David Berger était de service !

« L’ombre de Staline » : les autorités politiques de la Russie actuelle n’ont jamais condamné les crimes commis lorsque Staline était au pouvoir. Un des témoins déclare dans le document : « Avec les dirigeants d’aujourd’hui, on aurait perdu la guerre » (!)
Retour sur ARTE : inquiétant, ce document qui décrit l’image d’un Staline admiré, ses crimes contre son propre peuple oubliés, sauf d’une minorité. L’ombre de Staline recouvre d’ombre le passé ! Mais en même temps, on peut tourner en Russie des documents sévères pour l’actuel régime et son chef, donner la parole à ceux qui expriment des réserves et le font semble-t-il sans crainte. Contradiction ?

« L’ombre de Staline » de Thomas Johnson et Marie-Brunet-Debains (France-Finlande) : ce remarquable document a été présenté en septembre 2013 par la RTS dans le cadre d’ « Histoire vivante »
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2. Quand Poutine fait ses Jeux
À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, cette enquête à charge dévoile un projet kafkaïen guidé par des intérêts opaques, depuis la sélection du site jusqu’à des travaux aussi destructeurs que dispendieux.
Ce texte trouvé sur le site d’ARTE est un efficace résumé du document de 90 minutes d’origine allemande, proposé le lundi 27 janvier à 20h40 sur RTS 2 puis sur ARTE lc mardi 28 janvier à 20h50. Effectivement, la charge est lourde. Le prix final reste inconnu : mais des estimations le font faire bon voisinage avec cinquante milliards de dollars ! Poutine aura « ses » jeux et ils seront certainement magnifiques. Que lui importe les expropriés de Sotchi, la corruption, les dégâts écologiques.
Le document est construit solidement, avec alternance d’images y compris anciennes et déclarations de témoins, surtout d’opposants, qui osent tout de même s’exprimer. Le commentaire se fait très envahissant et la musique, souvent guillerette, ironique. On finit par connaître quelques-uns des principaux interlocuteurs, le maire de Sotchi content ou le député d’opposition Kasparov qui l’est moins. Mais une information précieuse manque : le moment où sont faites les déclarations.

Quand Poutine fait ses jeux : le tremplin de saut est construit sur terrain instable, selon des témoins. Mais on ne sait pas si les piliers de consolidation ont été mis en place ! ( photo ARTE)
Juste après la diffusion, la RTS propose une fois de plus l’excellente et séduisante présentation promotionnelle des prochains jeux. Juste après la diffusion, ART propose à 22h20 un débat de vingt minutes. A chacun sa manière de concevoir la programmation !
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1. Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres
Est-ce vraiment toute la Suisse qui a vibré à la belle victoire de Stanislas Wawrinka à Melbourne ? Il y a au moins une différence entre Stan et le duo Lara/Didier. Le spectacle de premier vient de durer plus de trois heures à relativement haut suspens. S’il n’y avait pas les temps qui s’affichent, les intermédiaires et le final, le ski alpin manquerait d’intensité : qui diable peut voir une différence entre concurrents quand elle tient dans moins d’une seconde ?
Les responsables des sports ont une chance énorme : durant les nombreux temps morts, ils peuvent faire la promo pour leurs autres émissions, des spectacles souvent intéressants, parfois passionnants. Une bonne contribution au divertissement proposé au grand public que l’on peut apprécier même en osant trouver que la part du sport est trop belle !

« Quand Poutine fait ses jeux » ( RTS 2, lundi 27 janvier 2014 à 20h40 ) : une bonne heure d’exposition pour un document qui devrait proposer une réflexion sur un événement mondial (Photo RTS)
Sochi ou Sotchi ? Les deux ! Le 23 janvier 2014, la RTS tenait conférence de presse à Genève pour présenter les deux cent cinquante heures ( seize par jour !) en direct qui vont être offertes du 7 au 23 février dans tous les sports, sur tous les écrans pour la plus grande gloire espérée du tsar Poutine. Heureuse innovation : on pouvait suivre cette conférence de presse sur son ordinateur. Un courriel mit aussi à disposition différents communiqués. Il était possible de d’intervenir depuis son domicile. Faute d’avoir remarqué cette offre, je n’ai pas posé une question pas forcément sans intérêt : combien çà coûte et combien çà apporte à la SSR-SRG ?
