La vie des séries

Voir sous En 2014 : « Infrarouge dix ans!  Déjà et/ou Hélas ? (05.02.14 – 16h00)

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TABLE DES MATIERES

A / Généralités

  1. L’impact des séries
  2. Franchir les frontières intérieures
  3. La naissance de « Borgen

B / L’heure du secret 2

C / Séries par ordre alphabétique

  1. Broadchurch
  2. Le Retour d’Homeland
  3. Scandal
  4. Broadwalk empire

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 Broadchurch

après six épisodes (RTS1, vendredis)

Dans le haut de gamme, les Américains ne sont pas seuls. Les anglais s’en tirent bien, comme des scandinaves. « Broadchurch » a pour  mérite d’être anglais, de partir d’un seul événement grave, le meurtre d’un enfant. Il raconte ce que ce drame provoque dans une petite communauté de bord de mer. Bien entendu, l’enquête va se dérouler, contradictoire et à rebondissements. Plus le sujet surprend le téléspectateur, et plus les créateurs et diffuseurs sont contents d’eux !

Broadchurch / Parmi les habitants, le révérend Paul Coates (Arthur Darnel)

Broadchurch / Parmi les habitants, le révérend Paul Coates (Arthur Darnel), devant la falaise pas assez souvent (bien) montrée.

Un duo de policiers mène l’enquête en s’affrontant,  Alex Harry venu de l’extérieur et Ellie Miller, habitante de la localité bien intégrée. Le passé proche et sa santé d’Alex font problème. Tom Miller connaissait bien Dany son contemporain tué mais quel secret avaient-ils en commun ?La famille Latimer n’est pas aussi unie qu’il y paraît. La presse, tant par un journal local qu’un organe plus important, joue au rôle ambigu dans sa recherche de scoop qui fait vendre au détriment de l’information. Dans le groupe des habitants, il y a des personnages plus ou moins étranges, comme le révérend, le photographe, l’hôtelière.

Broadchurch / Deux "habitants", Ollie Stevens (Jenath Bailey) et  Margie Radclife ( Caroline Pickles)

Broadchurch / Deux « habitants », Ollie Stevens (Jenath Bailey) et Margie Radclife ( Caroline Pickles)

Il y a là riche matière. Seulement, ne va-t-on pas trop  loin avec deux dizaines de personnages qui ont tous quelque chose à cacher,  en plus de pas très reluisant. Le décor, avec les falaises qui surmontent la plage, pourrait devenir un véritable personnage. Ce n’est pas le cas.

A classer dans le bas du haut de gamme !! Assez loin pourtant de « Top of the lake ».(05.01.14 – 17h30)

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La naissance de  « BORGEN »!

(Avec Françoise Mayor, responsable de  Fiction Production à la RTS depuis le 01.01.2014)

 Le Danemark s’est acquis une solide réputation mondiale dans le domaine des séries, en particulier avec « Borgen ». En Suisse, beaucoup sont maintenant d’accord avec ce que l’on nomme « L’exemple Borgen », mais ce n’était pas le cas il y a trois ans. Un haut fonctionnaire fédéral, Nicolas Bideau, pas très enthousiasmé par les productions télévisées quand il dirigeait le cinéma, est en train de se déguiser en « showrunner » pour faire produire par la SSR ou la RTS une série partiellement policière sur la Genève internationale.

Adam Price, l'auteur de "Borgen", devant une affiche avec la Présidente ( photo Telerama)

Adam Price, l’auteur de « Borgen », devant une affiche avec la Présidente du gouvernement du Danemark

Françoise Mayor, avec Alberto Chollet, est en contacts fréquents avec des Danois depuis plusieurs années déjà. Elle sait comment est née l’idée de Borgen : Comme pour toutes les Fictions scandinaves, l’auteur est au cœur du succès de ces œuvres. Pour Borgen, c’est le scénariste Adam Price qui a eu le déclic créatif en faisant du sport dans une salle de fitness, une veille d’élections danoises. Face à l’indifférence suscitée par les appels au vote des candidats, A. Price s’est donné pour défi d’intéresser tous ses concitoyens à la chose politique, estimant que la démocratie est un bien trop précieux pour la laisser se dissoudre dans l’abstentionnisme et l’indifférence. Accord fait avec la chaîne de service public danoise DR, toute liberté a été laissée à l’équipe d’écriture et de réalisation.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente de "Borgen"

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen »

Présentée en premier rideau, la série touche près d’un danois sur deux ! Elle s’est vendue dans plus de soixante pays. Un exemple à « imiter » ? Quand !?

Le duo féminin de "Borgen", Birgitte Myborg (Sidse Babett Knudsen) et Katrine Fonsmark ( Birgitte Hjort Sorensen)

Le duo féminin de « Borgen », Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) et Katrine Fonsmark ( Birgitte Hjort Sorensen)

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Franchir les frontières intérieures

(Avec Françoise Mayor)

Parmi les conditions nécessaires à la reconnaissance donc au succès d’une série, l’une d’elles consiste à franchir les frontières, y compris  intérieures. La barrière de « röstis » est installée sur la Sarine et la chaîne des alpes éloigne le Tessin. La première saison de « L’heure du secret » n’a été reprise ni par la SRF (Zürich) ni pas la TSI (Lugano), alors qu’elle a été vue dans le monde entier sur les canaux de « TV5 Monde ». Françoise Mayor, aussi responsable à la RTS des séries depuis quelques années, nous dit : « 10 », « T’es pas la seule », « Crom » ont été doublées par SRF. Grâce à la présence du comédien alémanique Gilles Tschudi les décideurs d’outre Sarine étudient la possibilité de doubler les deux saisons de l’Heure du Secret.  

Gilles TSCHUDI ( Blaise Bergens), personnage secondaire de "L'heure du secret", saison 2

Gilles TSCHUDI ( Blaise Bergens), personnage secondaire de « L’heure du secret », saison 2

 Cette politique de doublage n’est pas à sens unique : Citons à cet égard « Der Bestatter », « Le Croque-Mort », une série de SRF qui vient de connaître un immense succès pour sa deuxième saison en Suisse alémanique et que la RTS est en train de doubler en français pour son public.

 

Mike Müller ( Luc Conrad) dans "Der Bestatter" ( Le croque-mort),  une série à succès de la SRF

Mike Müller ( Luc Conrad) dans « Der Bestatter » ( Le croque-mort), une série à succès de la SRF

 On vient d’assister en novembre dernier à un « événement » national bien accueilli, « Les Suisses », qui aura contribué à ouvrir  les frontières intérieures parfois efficaces pour permettre la libre circulation des productions des uns chez les autres. Depuis quelques années, les responsables de la fiction télévisée,  au travers des séries  et des co-productions de films se rencontrent plus souvent et apprennent à collaborer. Encore faudrait-il que cela se sache.

Carlos Leal  (Pedro Lambert) dans "Der Bestatter"   (Le croque-mort), une série à succès de la SRF, en cours de doublage en français par la RTS.

Carlos Leal (Pedro Lambert) dans « Der Bestatter » (Le croque-mort), une série  de la SRF, en cours de doublage en français par la RTS.

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L’impact global des séries

 Dans l’audiovisuel contemporain, les séries récurrentes prennent une place de plus en plus importante, puisqu’elles ont élargi le champ de l’imagination. Une d’elles occupe une place inattendue dans le dernier discours sur l’état de l’Union de Barak Obama.  Il vient en effet de citer « Mad Men », comme le relate « Le Monde » du 30 janvier 2014.

Elisabeth Moos (Peggy) dans "Mad men"

Elisabeth Moos (Peggy). Selon « Le Monde », « Mad men » est une« série télévisée à succès sur l’univers machiste des agences de publicité dans les années 1950 ». Le président des USA la cite comme exemple d’inégalités dont les femmes sont victimes dans le monde du travail.

D’autres angles permettent d’aborder le problème des séries. Au départ, il y a une idée qui conduit à l’écriture avant d’organiser la production et de passer à la réalisation. Produit terminé, il faut le diffuser, sur l’antenne de son  commanditaire et le faire connaître à des acheteurs potentiels.

 Bien entendu, il est quasiment impossible qu’une chaîne généraliste ou spécialisée ne montre que ses propres réalisations. Il faut alors mener une politique d’achat sur le marché mondial, fréquenter des nombreuses manifestations consacrées aux séries.

Dans la carrière d'Elisabeth Moos, trois séries sont particulièrement importantes : "A la maison BLANCHE" (Zoay Bertlet), "Mad men" (Peggy  Olson) et "Top of the lake", de Jane Campion, son rôle le plus impresssionnant (notre image)  Australie/Nouvelle Zélande) Elisabeth Moss dans le rôle de Robin Griffin. Sur ARTE les 7 et 14 novembre à 20h50.

Dans la carrière d’Elisabeth Moos, trois séries sont particulièrement importantes : « A la maison Banche » (Zoay Baertlet), « Mad men » (Peggy Olson) et « Top of the lake », de Jane Campion, son rôle le plus impressionnant, celui de Robin Griffin (notre image)

Le catalogue constitué se pose partout le problème de la diffusion, le choix du moment jouant un grand rôle tant le public est naturellement nombreux à certaines heures et rare à d’autres.

Où en est-on en Suisse romande ? Nous venons d’avoir de longs et fructueux échanges avec la nouvelle responsable de la fiction à la RTS, Françoise Mayor, qui succède à Alberto Chollet. Une page du prochain MEDIATIC lui sera dédiée. Mais la matière est tellement abondante que nous pouvons facilement commencer d’en diffuser une partie dans le blog par petites doses.

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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