Desintox (bis)!
Le premier texte sur la LRTV dans ce blog date du 6 avril 2015! Il signalait l’amorce d’une première polémique au sujet de la SSR-SRG parue dans «Le Temps» sous la signature de Pietro Supino, patron de Tamédia (Le « Temps » de la polémique). Déjà le pot de terre d’un blog confidentiel contre le pot de fer du puissant éditeur!
Des milliers de signes plus loin est venue l’idée de ce Desintox !, titre d’une rubrique qui apparaît régulièrement dans la fort intéressante émission quotidienne de débats d’ARTE, le «28 minutes» d’après 20h animé par Elisabeth Quinn et au moins deux «complices» maison avec en principe trois invités qui ont tous quelque chose à dire sur le sujet du jour, ne serait-ce que pour avoir écrit un livre à son propos.
En fin de l’émission apparaît un court sujet, “Desintox”donc, à partir d’une déclaration publique d’un représentant du milieu politique. On y passe une affirmation à la moulinette pour constater que les informations numériques annoncées triomphalement à l’appui d’une thèse sont au minimum sujettes à cautions. C’est là opération de désintoxication, selon «Larousse», action de débarrasser des effets nocifs de la propagande. Les lignes qui suivent continuent d’être en bis un amical salut à «Desintox».
L’express/l’Impartial – La liberté – Le Nouvelliste – 26 mai 2015
Deux grand éditeurs dominent la presse romande, Tamédia et Ringier. Les éditeurs sont plutôt pour le NON , leurs proches, à la direction des rédactions, peut-être bien aussi. Cela ne suffit pas pour affirmer que l’ensemble de la presse romande suit l’USAM !
Et puis il y a d’autres journaux, encore plus ou moins indépendants. Certes, pour des raisons compréhensibles, leurs collaborations sont fréquentes, dans des pages communes, par exemple lors du festival de Cannes qui vient de se terminer.
Excellent apport rédactionnel que l’entretien croisé conduit par Philippe Castella entre le solitaire président de l’USAM, J.F.Rime, et la porte-parole du OUI, la consillère aux Etats Géraldine Savary, sous le titre Empoignade autour de la redevance. On le trouve en page 33 du Nouvelliste, en page 3 de La liberté, en page 11 de L’express (pas acheté l’Impartial ce mardi), avec les mêmes photos utilisées différemment. Une troisième photo avec Géraldine Savary dans l’Express est remplacée par une pub dans le Nouvelliste !
Face au sous-ménages de l’USAM, l’addition des tirages des quatre journaux ne fait que partiellement le poids. Qu’importe, cette information commune à quatre non-lémaniques est précieuse. On y évoque l’hypothèse absurde d’une redevance à mille francs, deux fois et demi les quatre cents francs annoncés si le OUI gsgne, ce qui ferait passer le budget de la SSR-SRG à environ 3,5 milliards contre 1.5 actuellement, scénario de science fiction « rimenesque »!!
Revenons une fois de plus sur une autre information numérique. Je devrais payer 13.500 fr de redevance pour mes trois entreprises, alors qu’aujourd’hui je paie 1.400 francs, déclare JFR (alias Jean-François Rime). D’où tombent-ils ces 13.500 ? Le tarif prévu par la révision évoque 15.600 francs pour les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe de cent millions à moins de un milliard et 6.300 pour celles qui oscillent entre vingt et cent millions.
A chacun son obsession : 15.600 francs ( respectivement 13.500) pour un chiffre d’affaires d’au moins cent millions, c’est encore et toujours au maximum 15.6 (respectivement 13.5) centimes pour mille francs, alors que ce sera 4 francs pour mille francs de salaire d’un ménage qui en gagne cent mille par année.
L’ « effort » demandé aux entreprises ne va pas mettre en péril le quinze pourcent des plus puissantes du pays dont le chiffre d’affaires dépasse un million annuel.
Le Matin-Dimanche, 24 mai
Les partisans du OUI, trop longtemps réservés, se sont enfin manifestés par quelques annonces. En page 30, sur un quart, un texte pour dire «Oui à la radio-tv le 14 juin» avec une centaine de signatures, issues de milieu associés à la création dans un appel lancé par la rédaction de «CultureEnJeu», revue qui n’est pas un tous-ménages!
En page 10, une demi-page avec quatre raisons de dire «Oui à la LRTV» avec au moins deux cents signatures venues de tous milieux, y compris politiques. Pas faciles à lire, ces noms alignés sur toute la largeur; et cela prend bien trois minutes! Mais c’est intéressant!
En page 15, une contribution rédactionnelle signée Christophe Passer consacrée en nuances à Jean-François Rime, sous le titre «Les pieds dans les copeaux de bois, on peu devenir l’ennemi de la SSR», avec photo géante.
Et en première, «ouf» dit le personnage dessiné par Mix&Remix, «Pas besoin de regarder la RTS pour payer la redevance!». Délicieux.
Mais cela ne représente qu’un modeste contre-poids au tous-ménages ci-dessous.
Le journal des ARTS ET METIERS, mai 2015.
Le «Journal des ARTS ET METIERS», le mensuel des PME romandes, vous connaissez? Un numéro spécial de huit pages, daté de mai 2015, vient d’être délivré à tous les ménages. On y proclame haut et fort, entre autres, que la redevance s’en ira chatouiller prochainement les mille francs. Pure hypothèse pour justifier un NON répété à chaque page!
Ca coûte combien, un tel «tous-ménages»? Réponse reçue de M.Jean-François Rime: c’est notre journal! Compris dans le million et demi du coût de campagne annoncé? Pour le seule Suisse romande???
Journée institutionnelle RTSR 2015, 20 mai
La votation du 14 juin sur la LRTV porte sur la redevance et la manière de la prélever, charges diminuées pour l’ensemble de la population compensée par un effort demandé aux entreprises suisses qui font un chiffre d’affaires d’au moins cinq cent mille francs par année. Le montant à la charge des entreprises n’a aucun lien avec la marge bénéficiaire. Pour certaines, les plus grandes, la facture va augmenter.
Entendu lors d’un «19 :30» un chef d’entreprise spécialisée dans la vente d’automobiles signaler qu’il allait voter NON puisque la facture va passer pour lui de deux mille plus de quinze mille francs, d’autant plus douloureuse que la marge bénéficiaire dans ce secteur est petite. Est-ce une tragédie?
Ce sont les entreprises qui font un chiffre d’affaires supérieur à cent millions qui vont éventuellement devoir payer ces 15’600 francs annuellement. Mais il faut profiter de l’occasion pour rappeler qu’un ménage dont le revenu brut annuel est de cent mille francs paiera (paierait?) 400 francs, quatre francs sur mille. 40 mille francs pour un chiffre d’affaire de plus d’un milliard de francs (345 entreprises en Suisse selon une statistique de l’OFCOM, état 2012), cela représente 4 centimes pour mille francs, et de moins en moins si le CA dépasse le milliard. 15’600 francs pour cent millions, ce sont (ce ne sont que) 15.6 centimes pour mille. Mille francs pour un chiffre d’affaires de 1 million, c’est du 1 franc pour mille. Plus grand est le chiffre d’affaires et plus douce la taxe! Et si le NON à la LRTV s’adressait à la SSR-SRG, et pas à la nouvelle redevance?
Ce rappel a été fait en matinée lors de la journée institutionnelle. Comment ose-t-on, avec un accent neuchâtelois, ignorer les difficultés de l’horlogerie dues au franc fort. Ce fut là le commentaire de M.Rime adressé à cette intervention!!
Dans cette campagne, l’argent n’est pas seul en cause. Loin de là! Il s’agit d’autre chose, d’une charge d’une partie de la droite alémanique avec forte présence UDC contre la SSR, relayée en Suisse romande par le président de l’USAM, J.F.Rime. Pour une télévision commerciale privée presque généraliste, au moins en Suisse alémanique. Dans les mains de grands éditeurs? Dans celles d’un riche ancien industriel?