Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

Tour de France « sur » France 3 et 2 et « sur » RTS/ 19, 22 et 28 juillet

26 juillet 2016 à   07h54

 Lundi 25 juillet 2018 : pas une minute de sport sur RTS 1 ou 2 ! C’est le vide le plus troublant. Mais mardi et mercredi, coucou, voici revoici le football. Et ce seront bientôt les JO: la RTS n’allait pas perdre son titre de championne en temps d’antenne consacré aux sports parmi les plus généralistes de service public. Les téléspectateurs restent «rassemblés», fidèle au rendez-vous imposé!

Le tourisme culturel

Aveu: la composante touristique entre assurément dans mon attention assez distante vouée au tour ces derniers jours. Mais il vaut la peine, un peu au moins, de se poser des questions sur la manière dont la télévision montre et parle des sports, ici le Tour de France. C’est pourquoi l’illustration de ce texte autour d’un seul monument, la collégiale de Neuchâtel, ma proche voisine, est une manière de saluer les responsables du spectacle autour du Tour et de leur rendrre hommage quand ils profitent du vélo pour faire du tourisme historique et culturel. Ils pimentent ainsi agréablement un spectacle sportif un peu terne.

Dans le module de France télévison, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâstel

Dans le module de France TV, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâtel

 Poursuivi des heures durant l’alternance du Tour de France entre la RTS et France Télévision. Oh, souvent distraitement, les lectures, sudoku, relevés de comptes ou jeu des ponts bien en place, attention attirée plus par l’oreille dos tourné que par l’œil rivé sur les cyclistes qui moulinent.

Tout de même, des fins d’étape parfois un brin excitantes, l’une d’elles associée à la glissade de Chris Froome, qui aura ensuite perdu quelques secondes sur ses principaux rivaux mais en même temps augmenté son avance sur son nouveau dauphin français, Romain Bardet. Il aura fallu une course à pied et une chute pour pimenter la course, sans oublier une descente assis sur le cadre!

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes...

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes…

En duos

Au petit jeu du pitonnage comparatif RTS-France 2, la place occupée par les duos de commentateurs est essentielle: même dos tourné, on les entend. Romain Glassey pose beaucoup de question à Daniel Atienza qui sait tout plein de choses et prend réel plaisir à les raconter en long et en large. Gérard Holtz en est à son dernier Tour, en direct, en course. En «Vélo-Club» il est associé à Laurent Jalabert, lui aussi en fin de carrière. Le Tour de France, ce sont d’abord les commentateurs, tout comme les journaux télévisés sont attribués aux présentateurs qui souvent ne font que présenter, informations orales y compris, le travail de nombreux collaborateurs. La partie touristique de FranceTV est un véritable « plus ». Les connaissances techniques de Daniel Atienza sont assez vastes.

Jean-Maurice Ooghe

Ce nom ne dit rien? C’est pourtant parmi les dizaines de collaborateurs de France TV Sports le principal responsable de l’apport visuel. Il prépare le tournage pendant de longues semaines réparties sur toutes l’année et dirige l’opération jour après jour pendant la compétition.

Jean-Michel OOghe en R repérage à Cherbouerg-en-Contentin le 1 janvier 2016 (photo Ouest-france)

Jean-Michel Ooghe (au centre) en repérage à Cherbourg-en-Contentin le 14 janvier 2016 (photo Ouest-france), alors qu’il imagine une séquence qui apparaitra à l’écran.

Il vaut la peine, une fois au moins, de signaler l’existence de ceux qui font la télévision, si souvent oubliés au profit de ceux qui commentent les images. La presse écrite se doit de parfois s’arrêter à ces collaborateurs précieux qui restent dans l’ombre. «TéléObs» (2698- 23 au 29 juillet) rend hommage à ce presque inconnu et lui donnant l’occasion de s’exprimer sur son travail. Des huit à neuf mille signes du texte de L’OBS– temps de lecture, environ dix minutes – retenons quelques éléments intéressants.

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Bizarrement, c’est peut-être la dernière étape qui recueille la meilleure audience: Paris et les Champs-Elyséees, l’Arc de Triomphe font rendez-vous mythique. Le Tour n’est que rarement une émission de premier rideau, ces soirées qui font le plein à l’audimate. Pourtant, chaque après-midi, il y a tout de même plus ou moins quatre millions de téléspectateurs, en France. Beaucoup plus si l’on tient compte des multiples pays qui, un peu partout, reprennent les images du Tour en direct ou différé. D’année en année, des progrès sont effectués: il paraît que de minuscules caméras embarquées dans les guidons des vélos de coureurs volontaire permettent de s’introduire dans le peloton!

Plus de tombes que de coureurs!

 Elément très intéressant: « au moins vingt pourcent des téléspectateurs ne sont pas là pour les exploits cyclistes mais pour découvrir des paysages, ne cesse de répéter Daniel Billalian, directeur des Sports de France Télévisions.

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel - la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel – la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

 Jean-Maurice Ooghe se souvient: Le jour où nous avons longé le ligne de front de la Somme, j’ai montré plus de tombes que de coureurs. (..) Le tour, c’est aussi une leçon d’histoire et de géographie. Les contacts avec des associations comme «Le centre des Monuments nationaux» depuis trois ans ou «La Fondation pour les Monuments historiques» sont fréquents. Les tournages sont préparés lors des repérages d’avant Tour: Cette histoire de patrimoine, c’est un peu mon bébé. Je développe cette idée depuis vingt ans.

 Cette attention aux paysages, aux monuments, aux localités traversées est, pour les villes de départ et d’arrivée, une sorte de retour sur investissement puisqu’elles paient à l’organisation des sommes importantes – on en entendu citer le montant de trois cents mille euros pour Finhaut?

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22 juillet 2016 à 14h55

Les images et les mots

 La diffusion d’une étape du Tour de France commence sur la RTS en même temps que la prise d’antenne sur France 3 ensuite relayée par France 2, mais nos voisins jouent ensuite les prolongations en «club». Les images de base sont souvent les mêmes, si leur habillage varie.

 Là où l’image est constamment dense, le son se réduit à des mots prononcés par des commentateurs depuis une cabine, lieu plus souvent fixe qu’en mouvement. Les bruits réels du direct sont presque inexistants. Deux équipes étrangères l’une à l’autre confectionnent séparément le reportage! On retrouve toutefois du son direct lors d’entretiens qui sont en quelque sorte des commentaires du spectacle que l’on vient de voir.

Parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Une partie du parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Il est intéressant, en pitonnant, de comparer le travail de France Télévision à celui de la RTS, championne du monde parmi les généralistes de service public du temps d’antenne accordé aux sports rassembleurs!

L’image seule

Elle permet de s’introduire dans le peloton, devant, à côté ou derrière un grand ensemble – le peloton principal – ou de plus petits, échappés ou attardés, parfois réduits à un coureur solitaire. On nous montre ainsi sportifs portants des tenues bigarrées différentes en moulinant leurs jambes pour faire avancer une machine à deux roues, appelée bicyclette. A dire vrai, regarder des cyclistes pédaler n’est pas un spectacle tellement fascinant. C’est même plutôt ennuyeux.

L’image seule ne permet pas de bien faire comprendre la situation en course. Pour connaître les écarts entre les différents groupes, il faut faire intervenir un élément essentiel sur le déroulement de chaque étape, le travail des chronométreurs. De plus, impossible d’un simple regard de «mesurer» la vitesse des déplacements!

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

 La promotion touristique

Mais le cyclisme sur route a un mérite, celui de traverser des paysages qui, durant les trois semaines d’un tour de France avec incursions chez des voisins, sont porteurs de qualités touristiques. France Télévision, avec son armada d’hélicoptères, peut quitter le peloton pour offrir de souvent très belles images du paysage dans l’esprit contemplatif de «Passe-moi les Jumelles». Ces échappées hors de la course peuvent être préparées à l’avance et injectées dans le direct. On croise ainsi l’aspect commercial de l’opération: la promotion touristique de la région traversée adressée à de nombreux pays qui reprennent tout ou partie des images du Tour.

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19 juillet 2016 à 09h57

Tentative de prise de pouvoir par une partie de l’armée de Turquie? Largement et bien commentée à «C….dans l’Air» (France 5) et à «28 minutes» ( Arte).  Quelle virtuosité dans l’établissement des listes d’officiers, soldats, avocats à arrêter immédiatement! Bonne affaire pour Erdogan avec ses services bien préparés à la contre-attaque!

Nice? L’émotion, bien sûr. Et une démonstration de plus de la rupture entre le personnel politique français et la réalité douloureuse. Car il y a ceux qui savent ce qu’il aurait fallu faire (Estrosi, Sarkozy) et ceux qui pensent qu’un gouvernement de droite n’aurait pas forcément fait autrement que l’actuel quand un camion est lancé dans une foule.(« France5 », ARTE, « 19:30 ») La campagne présidentielle, qui se sert de l’émotion, envahissante, est de plus en plus insupportable.

Sport «rassembleur»?

Pour la téléspectateur, parfois en vacances, c’est, après le football et le tennis, l’invasion du Tour de France en attendant les Jeux Olympiques de Rio. Beaucoup de sports, paraît-il rassembleur. Trop, surtout sur notre service public généraliste. Mais ceci est une autre question.

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâstel

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâtel d’avant photo et numérique

Opté, ce lundi 18 juillet 2016 pour l’étape franco-suisse du Tour de France, qui s’en allait passer devant ma maison natale, suivre les quarante kilomètres d’une route empruntée des centaines, non des milliers de fois, frôler mon appartement calfeutré sous la protection d’un château et d’une collégiale qui allaient bien faire l’objet de plans pris d’hélico.

Les tuiles colorées du tout de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Les tuiles colorées du toit de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Confortablement en «appart»…

Il eut été possible de se rendre à quatre cents mètres de mon domicile au bord d’une route fermée pour regarder passer les deux cents véhicules de la caravane publicitaire, pour attendre ensuite pendant de longues minutes le passage de coureurs à belle vitesse (moyenne de l’étape du jour à plus de quarante-cinq kilomètres à l’heure), pendant une dizaine de minutes, rester debout sur de vieilles jambes de moins en moins porteuses, en profiter pour emprunter le petit train touristique gratuit qui remplaçait les bus bloqués.

Quatre heures de direct

Et bien non, ce serait, durant quatre heures, un stage confortablement assis ou même couché devant mon assez grand petit écran. Avec une claire intention: France 3 d’abord relayé par France 2 d’une part, RTS Un de l’autre, la main sur la «zapettte» pour passer très souvent de l’un à l’autre, afin d’écouter les uns et les autres qui commentent le même événement. Avec en plus dès l’arrivée dans le canton de Neuchâtel, préférence donnée à la France, pour comprendre comment nos voisins présentent la Suisse ce lundi traversée sur près de cent kilomètres. D’où le double «sur» du titre évoquant le Tour en suivant l’offre des services publics de France et de Suisse romande, destinée à des millions de spectateurs de par le vaste monde. Formidable promotion «touristique» qui vaut probablement largement les trois cents mille francs dépensés par Finhaut, tête de l’étape de mercredi 20 juillet, montant qui vaut peut-être bien aussi celui payé par Berne.

« Eurofoot » : pendant les quarts .. et même après

Lundi 11.07.16 – 17h00 : Parts de marché

 «  C… dans l’air » (France 5), le vendredi 8 juillet 2016, portait comme titre «  Le vie en rose avec les bleus ». C’était un titre optimiste.

 Evidemment, un peu partout, les chaînes qui ont pu s’offrir les droits de retransmission se félicitent de certaines audiences. De records sont même battus, aussi en Suisse romande. Le sport est donc bien « rassembleur », ce qui n’est pas surprenant. Les parts de marché frisent parfois les 75 % : c’est énorme !

 Combien cela « leur » coûte. En France, BelNSport aurait versé soixante millions d’euros pour les cinquante-et-une rencontres,TF1 et M6, chacune vingt-cinq pour onze affiches. En Suisse ? « Secret d’entreprise » ?

 Lors de deux fins de semaine de suite, rencontrer sur les deux canaux romands du football, du tennis, de l’athlétisme, du cyclisme, c’est beaucoup. Trop… Mais qu’il est triste, ce lundi 11 juillet 2016 où il n’y a même pas les paysages du Tour de France en ce jour de repos sportif !

Photo RTS

Photo RTS

 Pourquoi ne lancer que des communiqués sur les audiences maximales ? Les autres, celles de cinquante-et-une rencontres, seraient tout de même aussi intéressantes.

 Et pourquoi ces communiqués sur les seuls « pics » d’audience ? Pour justifier le service rendu au public ? La minute de pub est-elle proportionnelle à d’audience ? Si six cents mille spectateurs regardent la pub à la mi-temps de la finale, la minute facturée à l’annonceur est-elle le triple de celle qui serait associée à deux cents mille ?

 A dire vrai, un certain malaise s’échappe de ces communiqués glorieux, et pas seulement des romands. Toujours ces informations sur la quantité. Jamais rien ou presque sur la qualité. Pas le moindre indice de satisfaction !

A propos de qualité : pas particulièrement passionnante, cette finale d’hier soir, bien dans la ligne de la cuvée 2016. Sauf le suspens après le but marqué par les portugais.

Dimanche 10 juillet 2016, 05h30

L’impression subsiste, depuis jeudi 7 juilllet 2016 vers 23h00 que l' »Eurofoot » a pris fin avec la belle victoire de la France contre  l’Allemagne, sort maudit en compétition importante enfin déjoué, sur des chaînes de télévision, dont la RTS, dans la presse, dans le rue, au volant des voitures bruyantes. Est-ce briser une joie légitime de rappeler qu’il reste à jouer tout de même un dernier match, la finale contre le Portugal, surtout si l’on se souvient du mauvais tour joué il y a quelques années par la Grèce à ce Portugal.

Photo RTS

Photo RTS : souvenir déjà lointain

Alors, en vrac, quelques paragraphes indépendants les uns des autres, sur cet « Eurofoot ».

Du « Temps » au « Monde »

Il y a quelques années, Le Temps » s’était fait gloire de ne rien dire ou presque du sport, comme si l’économie et la banque, et un petit peu la politique. étaient seules à mériter attention. Retour de lucidité bienvenu : « Le temps » désormais réfléchit et enquête sur le sport en dépassant largement la notion de reportage sur les événements qui viennent de se produire. « Le Monde », actuellement, consacre au moins deux pleines pages au moins presque chaque jour à cet « Eurofoot », accomplissant un effort encore plus grand que celui du « Temps », ne serait-ce qu’en temps de lecture! A plusieurs reprises, les lectures auront surpassé en intérêt quelques-unes des cinquante rencontres !

((J’aurais bien voulu pouvoir utiliser pour ces considérations trois couleurs, le rouge, le bleu et le blanc. Il faut se contenter d’une alternance rouge-bleu, avec pointe de noir!))

Série unitaire fastidieuse

Hier, seize équipes, aujourd’hui, vingt-quatre pour l’Eurofoot: une idée récente due à Platini, dont on ne parle plus guère depuis quelques mois. Un premier tour avec six matchs dans six groupes, ce qui fait trente-six, puis encore huit, quatre et deux : nous voici à cinquante. Encore un ce soir !

Oui, mais : il n’y a, parait-il, pas de petites équipes. C’est vrai. Mais il n’y a pas forcément plus de grandes équipes. Ce qui veut dire qu’il y a plus d’équipes moyennes honorables qui finissent par se ressembler les uns et les autres. D’où ce glissement, depuis quelques jours, opérés par plusieurs commentateurs, vers une compétition certes toujours d’assez bon niveau mais plutôt terne.

Comme s’il s’agissait d’une série unitaire composée de cinquante épisodes d’au moins deux heures chacun sur le même canevas racontant presque la même histoire.

Pour chaque rencontre, dès l’annonce y compris en promotion répétitive, puis les hymnes nationaux et ce qui va avec, la première mi-temps, la pause, la deuxième, éventuellement des prolongations avec tirs au but, les premières impressions de joueurs, les retours en studio pour décortiquer les phases principales, les rappels dans les téléjournaux, cela finit bien par faire une moyenne de trois-quatre heures par rencontre. Allons-y gaillardement : pas loin de deux cents heures, celles de ce dimanche y compris.

Photo RTS

Photo RTS : la hiérarchie

Sur un mois, entre sept et huit jours complets, le quart !!! C’est beaucoup. La SSR-SRG, donc la RTS, sont, du haut  de la hiérarchie, fiers d’avoir offert pareille temps d’antenne au foot. Trop ? ou Trop !

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 Vendredi 1 juillet 2016 : le premier tour, avec ses trente-six rencontres, est déjà loin. Les huit « huitièmes » aussi. Et même le premier quart qui a permis à un assez terne Portugal de se qualifier aux « pénaltys », grâce à un arrêt de son gardien. Voici bientôt la sortie du tunnel foot, mais déjà complété par Winbledon et attendant le « Tour de France » puis plus loin le JO d’été.RTS2 est actuellement chaîne sportive presque uniquement. Cette invasion du sports dit « fédérateur » est tout de même considérable ! Trop ?

Problème ouvert, mais pas par « L’hebdo » qui continue de s’interroger sur la SSR-SRG et la RTS, dans son édition du 30 juin, quatre pages sur « L’opaque opération de transparence de la SSR », certes intéressantes, mais assez étranges dans les angles d’attaque qui changent en cours de développement. Parler de coût –minute ? Pourquoi pas. Introduire enfin un indice de qualité qui ne doive en principe rien à la quantité des parts de marché ? Oui, pourquoi pas : mais quel poids pour les « 330 réponses prises en compte » ? En tous cas pas celui d’un sondage avec composante scientifique !

Photo RTSR

Photo RTSR : autre souvenir !

Notes du 18 juin

 Relu mes notes du 18 juin, conservées dans un « pipe-line » personnel.

Oui, on peut additionner à une rencontre de football une autre occupation, lecture, sudoku, jeu des ponts, sans perdre grand chose du spectacle télévisé. Les commentateurs à force de nous dire ce que nous voyons, parfois en retard, semblent n’avoir de soin que pour leur micro.

De plus en plus fréquemment, je décroche du direct des deux fois quarante-cinq minutes. Les résumés de mi-temps et de fin dans l’espace laissé libre de publicité, de sponsoring et de placement de produit, sont intéressants et peut-être bien suffisants pour avoir une idée de l’ensemble. Les résumés qui jouent sur les couleurs pour délimiter des zones du terrain et des joueurs enfermés dans des cercles blancs permettent d’observer des organisations stratégiques. Les résumés plus attirants que le direct souvent languissant.

Et puis, ces statistiques qui se multiplient : tirs cadrés, tirs en direction des buts, temps de possession de la balle, nombre de passes, et parmi elles les pourcentages de réussites, est-ce vraiment intéressant ? Les commentateurs et les experts doivent peut-être apprendre à les mieux utiliser.

Bonne place, dans ces notes, accordée à un certain Islande-Hongrie : les Hongrois dominent de leur but aux trente derniers mètres devant celui de l’adversaire. Les Islandais sont peut-être les seuls à donner l’impression d’avoir du plaisir à jouer. Ils le confirmeront quelques jours plus tard, contre l’Angleterre.

« Brexit » sur trois chaînes

Prochain sujet, début juillet :  E U R O F O O T, comme de bien entendu, selon la chanson à multiples couplets !

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Dans quelques années, il est probable que le «Brexit» aura laissé plus de traces que l’ «Euro 2016» et les records d’audience battus par la «Nati» battue, elle, à la loterie! On parle beaucoup plus d’ «Eurofoot» que d’ «Europe»

Brexit: qu’attendre de la tv ?

 Le vendredi 24 juin 2016, qu’attendre de n’importe quel média, radio, télévision, presse et pourquoi pas «réseaux sociaux»? De ces derniers, rien sinon tout et n’importe quoi. Il faut faire un choix personnel puisqu’il est impossible de tout faire. Ce sera la lecture et le petit écran!

Qu’attendre, en particulier de la TV? D’abord des informations, encore des informations, ensuite des informations avec amorce de synthèse, donc début des interprétations si possibles données non comme péremptoires, mais bien en affirmations de convictions personnelles ou hypothèses

Brexit - Carte parue dans "Le figsro"

Brexit – Carte parue dans « Le figaro »

De 17h45 à 21h30

 Pour répondre à ce besoin d’apprendre, pour recevoir une amorce pour comprendre, quelles réponses ?

Choix personnel, presque une habitude quotidienne:

France 5, de 17h50 à 19h30 «C..dans l’air» puis «C’est.. à vous»

RTS1, de  19h30 à 20h00 , «Le 19 :30»

ARTE, de 20h00 à 20h50, «28 minutes»

Pour France 5 et Arte, il était facile d’organiser un débat comme chaque jour sur un seul sujet. Première bonne surprise : excellente réaction de la RTS qui consacre presque l’entier du « 19 :30» au Brexit, puis organise dès 20 :15 un « Infrarouge » spécial. Dilemme : pitonnage personnel entre ARTE et RTS Un pendant trente bonnes minutes, ce qui a pour conséquence d’être plus attentif à la manière dont chaque chaîne réagit qu’aux propos qui y sont tenus.

"Infrarouge", édition spéciale du 24 juin 2916

« Infrarouge », édition spéciale du 24 juin 2916

Comparaison peut-être dangereuse : mais allons-y tout de même ! En temps ordinaire, « C…dans l’air » plus que « C…à vous » finissent par apporter une matière qui ressemble à trois/quatre pages d’un grand quotidien international comme « Le Monde ». ARTE tient une place équivalente à celle du national «Le Temps » sur une ou deux pages. Le « 19h30 » fait comme « 20 minutes » tout de même plus proche des textes à deux mille signes que des phrases à cent cinquante ! Bis : bravo à la RTS qui a su briser le cadre de la routine avec près de nonante minutes consacrées ce vendredi 24.06.16 au « Brexit ».

OUI ou NON

Le mérite d’un référendum est de proposer une réponse simple, un « Oui » ou un « Non ». Gagne celui qui dépasse d’au moins une voix l’autre ! Ce n’est pourtant pas un moyen aussi « démocratique » que l’on croit si la question posée est complexe ou compliquée par le débat y relatif.

On se souvient peut-être que l’an dernier le peuple suisse a accepté une modification de la méthode de prélèvement de la redevance alors que la campagne avait fini par tourner pour ou contre la DRS à Zürich, plus que de la RTS en suisse romande ou la RSI au Tessin. Les Britanniques viennent-ils vraiment de se prononcer sur la sortie de l’Europe ? Pas certain : il est fort possible que le problème de la migration ait pris une place imposante dans le débat, qu’il s’agisse des centaines de milliers d’Européens de l’Est qui sont arrivés sur les iles britanniques ces dernières années ou de ceux qui aspirent actuellement à rejoindre des proches. Une partie des votants s’est probablement exprimée sur la fermeture des frontières pour limiter l’immigration !

Carte APF établie d'après le commissioj électorale

Carte APF établie d’après le commission électorale

Et puis, un 51.9% pour le retrait et 48,1 % pour y rester, c’est somme toute un match nul. Il faut donc nuancer le résultat : ainsi a-t-on vu immédiatement apparaître une carte des iles britanniques à couleurs nuancées, l’Ecosse, l’Irlande du Nord, Londres, une partie du pays de Galles, d’autres grandes villes ont dit OUI à l’Europe. Mais après ? L’Ecosse pourrait à nouveau voter sur son indépendance qui lui permettrait de faire acte de candidature à l’Europe. L’Irlande du nord pourrait se rapprocher de celle du sud.

La presse, mieux que la télévision et la radio, peut aller plus loin dans l’analyse de la situation. Par exemple, en page 6 du Monde daté de dimanche 26 et lundi 27 juin, on peut lire un texte intitulé « Le référendum souligne les fractures profondes du pays », et en sous-titre « Le Royaume apparaît divisé entre ses nations, les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres ». Le 60 % des plus de 65 ans a voté pour la sortie, le 73 % des moins de 25 ans pour rester dans l’Europe. Fossé inquiétant !

Les pourcentages qui concernent le vote d’une région, d’une ville, d’un quartier sont directement sortie des urnes. Le vote selon l’âge, ou selon l’appartenance à un parti, au sentiment religieux, au niveau de vie, à la formation viennent d’ailleurs. Probablement de « sondages » dit de « sortie des urnes ». Il manque alors une information importante, la marge d’erreur !

Le flacon

 Il n’est pas question d’évoquer le contenu de ces presque trois heures de télévision non-stop. C’est même impossible ! Il faut alors s’arrêter au flacon qui contient la boisson qui devrait conduire à l’heureuse ivresse de l’information.

Caroline Roux, qui succède à Yves Calvi pour "C..dansl'air" (France 5)

Caroline Roux, qui succède à Yves Calvi pour « C..dansl’air » (France 5)

« C..dans l’air » conserve sa structure d’un ou d’une animatrice recevant quatre invités, des experts souvent « habitués », et propose trois reportages « externes » de réalisation datée parfois du jour même. La structure de « C..à vous » reste d’une grande souplesse : elle permet de faire entrer un sujet dans plusieurs rubriques. Ils sont au moins cinq dans l’équipe qui reçoit les invités.

Avec Elisabeth Quinn et ses deux collaborateurs habituels, « 28 minutes », dans sa partie principale, reçoit trois invités pour le principal sujet du jour.

Le « 19 :30 » aura su accorder beaucoup de temps à ce « Brexit » faisant apparaître des informations de sources différentes.« Infrarouge » reste hélas engoncé dans son système de « pour » et de « contre », avec un seul animateur-maison, cette fois trois d’un côté de la table, « contre» et deux de l’autre, « pour » et contents de l’être, sans oublier un habitué du « 28 minutes » des vendredis, Jean Quatremer, de Bruxelles. Trop de monde, comme d’habitude !

Elissabeth Quinn, animatrice de "28 minutes" ( ARTE)

Elissabeth Quinn, animatrice de « 28 minutes » (ARTE)

L’animation

 Caroline Roux, à peine terminé le « C….dans l’air » que désormais elle dirigera plus souvent puisque Yves Calvi venait le jour précédent de faire ses adieux à l’émission qu’il a si fortement marqué, le temps de changer de tenue, la voici à « C…à vous », pour parler aussi un peu de son travail dans le dominical «  C…politique ». Elle y recevait une seule et même personne pendant plus de soixante minutes. Elle aura su insister sur l’importance de la durée, qui incite à ne pas suivre le « conducteur » pourtant soigneusement préparé à l’avance. Elle tient pour une vraie chance d’avoir souvent, en cours d’émission, appris ou compris des choses pour elle inattendues.

Il vaut la peine de noter que la bonne vieille TSR avait à l’antenne il y a très, très longtemps « Les grands entretiens » dont la durée était proche d’une heure, formule qui subsiste encore sous forme abrégée à vingt-cinq minutes environ dans le très intéressant « Pardonnez-moi » animé par Darius Rochebin, plus enrichissant qu’« Infrarouge ».

Caroline Roux, Yves Calvi certainement aussi, apprennent quelque chose en animant leur émission. Elisabeth Quinn écoute attentivement ses invités. Esther Mamarbachi consacre son temps à jouer les arbitres entre ses deux clans opposés sans avoir le temps de les écouter.

Beaucoup d' »Eurofoot » et un brin d’autre chose!

Mercredi 15 juin 2016 (08h00) : pitonné, hier, surtout en soirée,  attiré par la thématique d’ARTE (autour du Brexit) plus que par le foot. Pas tellement attentif aux propos tenus dans « Goodbye Britain? » :chacun explique plus ou moins bien les raisons de son prochain vote. Surtout retenu la qualité formelle d’un récit construit sur des témoignages qui devient à force de travellings et d’enchainements dans le mouvement d’un lieu à l’autre un agréable voyage en un pays lointain. Au passage, étonné par ce père et son fils, des paysans éleveurs de moutons (sauf erreur!), qui évoquent les enquêtes de l’Europe pour le subventionnement et doivent répondre à des questions sur la culture des olives!

Goodbye Britain ? : Image trouvée sur le site d'ARTE. La RTS inscrite dans le générique de fin...

« Goodbye Britain ? » : Image trouvée sur le site d’ARTE. La RTS a présenté ce remarquble document le 5 juin à 20:35 dans « Histoire vivante »

Retour au foot : toujours des scores étroits, toujours peu de  tirs au but, des stars pas tellement brillantes – au tour de Ronaldo d’être presque aussi effacé qu’Ibra! Cet ennui subtil qui conduit à ne regarder que de temps en temps ce qui se passe trois fois par jour, d’où vient-il ? Les ressemblances entre les équipes sont de plus en plus petites. Même la très défensive Islande ressemble aux autres. Il reste alors comme différences la couleur des maillots, la sonorité des  noms prononcés par les commentateurs. L’Europe semble savoir élever le niveau moyen du football un peu partout en gommant ce qui dépasse !

A bientôt, dans un site qui aura changé!

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Ouverture vendredi 10 juin 2016 : une sorte de jardin à la française, des dizaines de femmes habillées de belles couleurs en mouvement : une manière de célébrer le football comme une sorte de ballet endiablé, le « french cancan. Beaucoup de mouvements, couleurs vives plaisantes, peut-être tout de même parfois un certain manque de l’indispensable synchronisme

Dejà quelques jours de compétition, avec des scores serrés, des réussites dans les dernières minutes, et parfois en tout début de rencontre. Assez nette supériorité défensive sur les velléités offensives. Les  tirs direction cage sont rares – mais je ne suis pas un statisticien frénétique du foot ! Très peu de fautes méchantes, pas de longues stations douloureuses au sol, donc peu de « cinéma » comme disent les commentateurs. Mais on se tire joyeusement le maillot le maillot et même une fois au moins la culotte!

Un peu ennuyeux, dans l’ensemble ce jeu prudent, fermé. Le meilleur ? La première mi-temps des Anglais, à Marseille. Des exploits ? Sommer qui sauve les trois points de la Suisse – soyons chauvins !

France/Roumanie  et   Angleterre/Russie pouvaient être suivis sur RTS 2 et TF1, Belgique—Italie sur RTS2 et M6. Il fallait donc profiter de l’occasion avec, bien sûr, les mêmes images. Seule différence d’une chaîne à l’autre : le commentaire. Il me semble qu’on parle moins sur TF1 que sur RTS 2, et beaucoup plus sur M6 que TF1. Mais prudence : j’ai souvent envie de baisser le son pour ne pas trop souvent entendre décrire ce que l’on vient de voir. Les commentateurs français parlent très bien  de l’équipe suisse. Normal, c’est leur métier d’être bien informés.

A propos de la prise de son. On entend certes les élans du public, mais pas du tout les réactions plus « fines ». Il y aurait eu quelques remous contre Shaqiri et Behrami lors du Suisse-Albanie. Lu fréquentes remarques à ce propos. Rien entendu sur la bande sonore du petit écran : prudente, la prise de son ?

La RTS est très fière de proposer en direct les cinquante-et-une rencontres de cet Eurofoot, en y ajoutant des compléments « Plein cœur », de longues préparations d’avant et d’après-rencontre. Et c’est ainsi que RTS 2 est une chaîne sportive pour un bon mois. Oui, bon ! Le sport rassembleur ? Même quand joue le pays de Galles, l’Irlande du Nord, la Suède pour « Ibra » qui vient de « briller » plus dans une pleine page du « Monde » que sur le terrain! Mais ose-t-on des doutes devant cette abondance ?

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Deux séries….. malgré le foot !

Malgré le foot, que j’aime mieux comme téléspectateur qu’en observateur de la télévision, je trouve tout de même le temps de regarder deux séries de fort bon niveau. Manque de temps pour écrire à leur propos : alors, juste un signal !

L'affiche : deux frères, une soeur, une demi-soeurn et ..

L’affiche des « Héritiers »: deux frères, une soeur, une demi-soeur et ..

Sur ARTE (jeudis de 20h55 à 23h45 – par trios, ce qui est absurde !), « Les héritiers », série danoise dans le bas du haut de gamme, ( sept sur neuf au maximum, pourquoi toujours noter sur « SIX » ou « DIX) première saison de dix épisodes de cinquante-cinq minutes – l existe une deuxième saison de sept épisodes.

Sur RTS1 (vendredis de 22h30 à minuit dépassé), deux épisodes de « La Trêve », en haut du milieu de gamme ( catégorie six sur neuf – voir ci-dessus). Une première bonne raison de la suivre : on ne voit pas souvent des émissions belges francophones reprises par la RTS, et c’est peut-être regrettable. Evidemment, comme il s’agit d’une série récurrente, la case de diffusion,« Made in Europa », est tardive.

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 « L’hebdo » met la SSR sous pression

Pour « L’hebdo », dans son éditorial du 9 juin signé Alain Jeannet, c’est « L’heure de vérité » qui sonne. Une bonne demi-douzaine de pages viennent ensuite examiner le pourquoi et le comment de cette « mise sous pression de la SSR». Annonce est faite qu’il y aura une suite dans l’édition du 16.

A lire, donc, du moins par qui s’intéresse à l’audiovisuel suisse contemporain. Beaucoup de choses intéressantes, dans les pages du 9 juin. Qui laissent parfois un curieux arrière goût, difficile à exprimer.

Essai : les éditeurs suisses, surtout les grands, surtout en Suisse alémanique, n’aiment pas la SSR-SRG. Certains affrontements sont assez rudes. Ringier est un grand éditeur, qui a créé une grande régie publicitaire, Admeira, avec La SSR et Swissscom, mais sans Tamédia. Tamédia est un grand éditeur suisse. « L’hebdo » est édité par Ringier en Romandie…

Plus haut, plus vite, plus dopés

Toute affaire cessante, deux mille signes (temps de lecture : maximum deux minutes) sur une émission d’ARTE (mardi 7 juin à 20h55), suivis de quelques remarques sur des sujets provisoirement abandonnés ( temps de lecture : deux minutes).

Le document d’ARTE

Voici, au hasard d’une lecture de deux pages du « Monde » ( pas loin de vingt mille signes – temps de lecture environ15 minutes), avec deux grands photos en couleurs, reprises ici dans des dimensions modestes, une information de grand intérêt, pas sur de nouveaux millions distribués par la FIFA, mais sur le dopage disons industriel. Une surprise : un petit encadré annonce un partenariat entre ARTE et « Le Monde » qui permet de découvrir « Plus haut, plus vite, plus dopés » en avant-première le document de Xavier Leleu sur le site « lemonde.fr », avant la diffusion sur ARTE !

Ioulia et Vitali Stepanov dans "Plus haut, plus vite, plus dops" de Xavier Leleu (Photo Arte)

Ioulia et Vitali Stepanov dans « Plus haut, plus vite, plus dopés » de Xavier Leleu (Photo Arte)

Donc passé trente minutes à regarder des extraits du document : passionnant, probablement irréfutable, dénonciateur de nombreuses formes de dopage, souvent couvertes par les plus hautes autorités politiques ou tolérées dans un silence complice. Ce qui du reste n’empêchera personne de suivre son sport préféré, spectacle sportif qui reste en souvent élégant ou surprenant. En fiction qu’il y a mise en scène. Avec « Plus haut, plus vite, plus dopés » apparaît un côté « mise-en-scène » du sport qui doit rester le plus discret possible tout en permettant d’atteindre un haut niveau spectaculaire.

La multiplicité de l'offre

La multiplicité de l’offre

A potentiel inégal, le dopage ne fera pas d’un maladroit un génie. A qualités à peu près égales, le dopé a un petit avantage sur celui qui reste « propre ». Et l’on peut se doper au chauvinisme national dit rassembleur

Une bonne promotion permet de mieux faire connaître une émission originale de bonne qualité. Deux pages dans un journal, une offre en avant-première, voilà qui permet d’attirer de mettre en valeur pour « Plus haut, plus vite, plus dopés », au détriment d’autres sujets sur lesquels se sont accumulées notes et envies de les traiter. Survol !

Une touche de Gothard

Gothard 2016

Assez brillante journée spéciale du mercredi 1 juin 2016 pour l’inauguration du tunnel de 57,1 km du Gothard. Il faut relever l’intéressante variété du travail fait par la télévision lors de cet événement de portée internationale, avant (matin), pendant(après-midi) et après (soir) l’inauguration.

Gothard 2016

Un peu d’ »Harry BOSCH »

 Il faudra (faudrait) revenir sur « Harry Bosch », série vraiment haut de gamme, si maltraitée par les responsables de la programmation, qui vous expédient quatre numéros de suite, France 3 donnant dans la rafale comme RTS2 ! A l’origine, une série est faite pour être dégustée épisode par épisode. Une fois de plus, la RTS respecte une loi interne impérative : passer à n’importe quel prix A V A N T la chaîne considérée comme concurrente française ! Mais pourquoi quatre d’un coup tout é coup? Cinquante-et-une rencontres prioritaires de fouteballe européen pointent à l’horizon, dont la promotion si envahissante ne doit pas amener un spectateur de plus…

Titus Welliver (Harry Bosch) et Michael Connelly, l'auteur de nombreux polars

Titus Welliver (Harry Bosch) et Michael Connelly, l’auteur de nombreux polars

Le sport, roi du rassemblement

Faut-il s’étonner de la fierté, des cadres moyens aux plus hauts responsables de la SSR-SRG , pour la place accordée au sport dans ces chaînes généralistes de service public qui déteindrait le record du monde de la place accordée aux sports ? 2.500 heures de programme en 2016, dont mille dans les cent prochains jours (Euro foot – JO d’été), le tout pour deux cents millions, le 12 % du budget de la SRG, tout compris, c’est beaucoup. Ceci représente environ trois cents francs la minute, pour une minute sur une seule chaîne.

Malgré cette remarque, je regarderai probablement au moins un bout de chaque match, sur la RTS, sans m’interdire l’ailleurs !

26 minutes valant quatre fois plus

Et dans l’emballement du sport rassembleur, voici « 26 minutes » (Samedi 4 juin 2016) transformé en un nonante minutes – la durée exacte d’une rencontre sans les suppléments, qui aura pourtant duré 105 minutes à peu près, mi-temps ajoutée. D’assez bons numéros, avec quatre invités masculins, comme d’habitude (cherchez la femme !), mais tirés en longueur avec parfois avec des accélérés et autres ralentis. Une rencontre plutôt moyenne !

Le public présent manifeste sa satisfaction par de multiples applaudissements. Ces invités sur le plateau reflètent une satisfaction générale exprimée par de brillantes parts de marché.

Harry Bosch

Subi la rafale, d’un bout à l’autre : trop, c’est trop! Combien encore à minuit sur ceux qui s’y mirent à 21:00 ? Confirmation : excellente série ! (Mercredi 01.06.16 – 16h30)

Avant la rafale

 ( Mardi 31.05.16- 17h30 )

Ce soir-même, RTS2 tire en rafale les quatre derniers épisodes inédits de la première saison de « Harry Bosch », assurément une série haut de gamme. Il ne faut pas déroger à un critère indispensable de la programmation RTS : un inédit DOIT passer avant l’éventuel rival de la France voisine. Et pour mieux encore comprendre l’arrivée de ce quatuor, ne pas oublier nous allons avoir doit à une autre rafale, cinquante-et-une rencontres de football, pour autant que la CGT n’arrive pas à tout bloquer !

Avec une série de haut niveau, mais c’est affaire personnelle, je préférerais pratiquer la lente saveur du un-par-un, même pas deux par deux. Déguster plutôt que s’empiffrer !

Alors, juste avant le marathon qui commence à 20h30 pour se terminer à 23h30, sans avoir eu le temps de relire mes notes, de mettre de l’ordre dans d’autres lectures, vite, glissons quelques raisons d’admirer cet « Harry Bosch ».

Michael Connolly 

 Connais pas ! Mais internet est source d’informations auquel il faut rendre hommage sans faire semblant de tout savoir ! Américain, soixante ans, une œuvre abondante, avec une série «Harry Bosch » de vingt-deux titres entre 1992 et 2016, environ un par année.

Titus Welliver (Harry Bosch) et Michael Connelly

Titus Welliver (Harry Bosch) et Michael Connelly

La série produite par « Amazon » est attribuée au romancier, qui pourrait bien en être le véritable responsable, même si certaines différences existent, paraît-il, entre la version écrite et l’audiovisuelle. La présence d’un écrivain dans le processus d’adaptation télévisée est chose assez rare.

Harry Bosch

 C’est assurément le personnage central de la série, plus important que les enquêtes qu’il mène, lesquelles sont tirées de trois romans avec réapparition de tout ce qui tourner autour des ossements « anciens » ! Son comportement professionnel lui fait franchir la ligne rouge du respect des procédures, pour le bien de sa traque de la vérité, même s’il faut remonter dans un passé lointain qui côtoie le sien. Il ne vit plus avec Eleonore, la mère de sa fille Madeleine, à laquelle il pense souvent, mais sans oser maintenir de fréquents contacts avec elle. Son ex-femme est un personnage attachant, qui a quitté le milieu de la police. Bosch est engagé dans une histoire d’amour assez brûlante avec une jeune policière. Voilà, autour de Bosch, au moins deux personnages féminins attachants.

Titus Welliver

Titus Welliver

 Remarquable acteur, qui sait faire croire à son personnage, malgré le doublage, ce qui permet d’affirmer que celui-ci est réussi. Difficile, avec ce désir de saluer la série avant la rafale, de fournir des preuves de la qualité de l’acteur. D’autant plus qu’être de très longue date partisan cinématographique de la politique des auteurs – l’œuvre dépend du cinéaste qui signe la mise en scène – continue d’être en porte-à-faux. Pour une série télévisée réussie, le véritable auteur n’est pas celui qui réalise, mais bien celui qui écrit le scénario et les dialogues et souvent porte en même temps la responsabilité d’assurer l’unité de l’ensemble avec des réalisateurs différents.

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A première vue

(Mardi 23 mai 2016 – 12h00)

Repéré, en séance de pitonnage, au soir du mardi 17 mai 2016 sur RTS Deux un étranger morceau de polar en premier rideau. Intéressant, assez au moins pour chercher plus d’informations à ce propos.

Dans les avant-programmes «verts» de la RTS la série est annoncée pour le mardi 31 avec les épisodes 7 et 8: curieux, Relectures, passages sur internet: «Harry Bosch» est arrivé dès le mardi 10 mai sur le petit écran de RTS Deux en premier rideau.

Titus Welliwer, le personnage principal, apparu dans de nombreux films et séries, par exemple "Deadwood", "Prison break", Good wife", "Lost", "Sons of anarchy"...

Titus Welliwer, le personnage principal, apparu dans de nombreux films et séries, par exemple « Deadwood », « Prison break », Good wife », « Lost », « Sons of anarchy »…

 

Une explication arrive plus tard: France 3 programme la série depuis le dimanche 22 mai, aussi en premier rideau. Le sachant, les responsables «séries-fiction» de la RTS ont rempli leur mandat prioritaire: passer avant l’ «ennemi» francophone voisin. C’est ainsi que l’on paie le tribu à l’incontournable «part de marché».

Si bien que, en séances directes pour les numéros 1 et 2 (dimanche 22 à 20h55 sur France 3) et en séances de rattrapage sur le «Play-tv» de la RTS (épisodes 3 et 4) me voici suffisamment à jour pour recommander vivement cette excellente série, une policière partiellement récurrente avec un personnage principal trouble et attachant, et un seul échange de coups de feu durant les quatre premiers épisodes. A suivre, dès le mardi 24 mai sur RTS Deux à 20h35, excellente heure d’exposition, pour trois fois encore et le dimanche soir sur France 3.

Et vient ensuite l’envie d’en dire davantage sur les qualités de cette série rudement bien écrite d’après Michael Connelly, créateur du personnage. Donc à suivre…

Séries : inflation(!) mais délicieuse(?)

Seulement américaine?

L’inflation? En 2000, aux USA, un peu plus de cent-cinquante séries nouvelles, les trois quarts proposées par les chaînes nationales, les autres sur la câble. En 2010, un peu plus de deux cents, le câble occupant presque la moitié de l’offre. De 2000 à 2010, progression lente.

2015? On en est à quatre cents, chaînes nationales presque stables, le câble, payant bien sûr, en proposant deux cents. Il y a un nouveau venu, sur les sites dits de «streaming», payants, avec une cinquantaine (exemple «Marseille»). De deux à quatre cents, entre 2010 et 2015, cela porte l’inflation annuelle aux environs de vingt pourcent!! Pas mal. (Source: «Libération» – 13/14 février 2016).

RTS: une série «maison» par année.

Très souvent les USA donnent le ton dans l’audiovisuel contemporain. Cela doit bien suivre un peu partout de la même manière. A au moins une exception près: la RTS, il y a peu, proposait trois séries «maison» tous les deux ans. N’en voici plus qu’une par année, restrictions financières obligent! Mais on peut en voir beaucoup d’autres sur notre antenne préférée et ses réseaux sociaux associés.

l'affiche / 1992

l’affiche / 1992

Piqure de rappel

Bien entendu, impossible de tout voir. Mais on peut en suivre beaucoup sur les multiples chaînes accessibles, y compris sur RTS Un et RTS Deux. Il faut tout de même faire le tri. A chacun ses critères. Rappel de ceux qui guident nos choix:

A qualité égale (il faudrait définir la notion de qualité; au difficile presque nul n’est tenu!), en restant en principe fidèle au petit écran le plus grand possible avec la programmation proposée par les responsables des chaînes, préférence personnelle pour une série

+ récurrente plutôt qu’unitaire

+européenne plutôt qu’américaine

+sans meurtre et sang qui coule si la série est policière

+sans enquête policière

+ de programmation pas trop tardive

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A suivre quelques remarques  sur«1992» / Marseille / Games of Thrones / Vinyl/

 

La baignoire de Freysinger à « Infrarouge »

Mercredi 18 juin 2016, en premier rideau à 20h15, presque au sommet de la courbe quotidienne d’audience, un « Infrarouge » avec pour sujet: «Spécial votation – Asile: vers des renvois plus rapides?». Mix&Remix manque – me manque!

Indiscutable cacophonie! Un «Non très-à-gauche» se dispute avec un «Non très-à-droite». Il paraît qu’on mesure les temps de parole, égalité entre «Oui» et «Non», à trois contre trois. Pour cela, un nouveau truc: intervenir deux fois au nom de la parole citoyenne, puisque on peut ainsi glisser une question au camp en retard: astuce!

A quel titre Oscar Freysinger fait-il du Freysinger : Conseiller d’Etat valaisan ou notable de l’UDC? Il a parlé d’une baignoire qui risque de déborder, puisque le robinet coule à plein jet quand l’écoulement est difficile. La baignoire, c’est la Suisse qui se débat avec ses demandeurs d’asile forcément «illicites» en grand nombre. Un citoyen fait remarquer que la comparaison n’est pas du meilleur goût si l’on songe à ceux qui se noient en Méditerranée! Qu’à cela ne tienne: la baignoire, son robinet et l’écoulement reviendront en cours d’émission. Quand on tient son os…

L’émission accueillait, paraît-il, une conseillère fédérale parmi les invités, dont le temps de parole fut, probablement, démocratiquement, compté dans le camp des OUI. S’est-elle sentie à l’aise dans la pataugeoire?

S’énerver une fois encore, une fois de plus, contre cette émission qui repose sur une formule conduisant au désordre anarchique de débats sans tenue? Hélas, oui!

« Marseille » sur internet avec « Netflix »

Tout produit audiovisuel terminé doit trouver son public. Le chemin traditionnel passe – passait – par le grand écran et le petit. Oui, mais il faut de plus en plus tenir compte d’un nouveau canal, internet, décliné aussi sur portables et tablettes. «Netflix», installé sur internet, est une entreprise américaine qui diffuse moyennant finances films et séries dans bon nombre de pays, en revendiquant près de septante millions d’utilisateurs au début de 2016. A dix francs par mois, cela donne un chiffres d’affaires annuel qui frôle les dix milliards (six fois le budget total de la SSR-SRG, trois fois celui du groupe France-Télévision)!!!

Promotion pour la Ville

Promotion pour la Ville

Le hasard veut que, ces dernières semaines, un habitant de Moscou dont on ne sait plus s’il paie encore une partie de ses impôts en Belgique, Gérard Depardieu, tenait en effet le rôle principal de «The End», un film de Guillaume Nicloux, diffusé en e-cinéma (VOD) depuis le 8 avril 2016. On ne sait pas si le film a rencontré un public!

Et revoilà Gérard Depardieu dans une opération d’une considérable envergure, maire de «Marseille» qui est en ligne depuis quelques jours sur Netflix, série de huit épisodes de cinquante minutes.

 

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel (Image Netflix)

Sur le grand écran, la fiction passe par le divertissement populaire qui évidemment se nourrit des grands spectacles qui attirent les foules (James Bond, Batman et les autres) plus que par le cinéma d’auteur. La fiction télévisée, celle des séries, passe soit par les unitaires (un récit complet dans chaque numéro) qui tient du divertissement populaire et les récurrentes, qui peuvent être assimilées au cinéma d’auteur qui impose au consommateur un élan d’exigence.

Les «blockbuskers», ces produits à grand spectacles, font aussi leur apparition dans l’univers du petit écran et sur internet. On vient de faire grand cas de la sixième saison de «Games of Thrones». Et l’on aura croisé un peu partout des informations à propos de la première série européenne produite par Netflix qui est en ligne sur le site avant la présentation des deux premiers des huit épisodes sur TF1, le jeudi 12 mai 2016, pour découvrir la série. Et l’opération internet/Tf1 a probablement pour mission d’être un pompe-à-abonnés pour Netflix! Réussira-t-elle?

«Marseille» à première vue

De lectures de pages presque entières à doubles, parues dans des journaux «sérieux» comme «Le Monde», «TéléObs», «Télérama» ou même «Le Temps», la «Tribune de Genève» ou «Dimanche Matin», on peut retenir que cela se passe à Marseille, qu’il s’agit en principe beaucoup de politique puisque le maire en charge (Gérard Depardieu) va entrer en conflit avec son ambitieux poulain et adjoint (Benoît Maginel). De nombreuses intrigues secondaires accompagneront cet affrontement, y compris avec intervention de personnages féminins.

Encore "Lui"

Encore « Lui »

L’investissement est de l’ordre de un millions d’euros par épisode (vingt mille francs la minute, ce qui n’est pas énorme – une série romande comme «Station horizon» tournait autour de treize mille francs). L’écriture est due à Dan Franck et la réalisation signée Florent Siri et Thomas Gilou (au cinéma, «La vérité si je mens!»)

Deux autres « séries »

 Bien entendu, Marseille va se trouver au centre de l’action, dans sa diversité. Rien de nouveau sous le soleil du midi. La trilogie de Pagnol («Marius», «Fanny», «César») reste dans certaines mémoires, pas seulement pour la saveur de l’accent. L’épisode no 3000 de la série de France 3, «Plus belle la vie», est apparu le 22 avril 2016. Mais cette fois, belle sera probablement faite la part en extérieur.

Toujours "Lui"

Toujours « Lui »

Une série politique?

 Probablement, surtout quand les lectures préalables mentionnent presque toutes l’américaine «House of cards» où le combat politique dégénérait en affrontements personnels violents. Etonnant tout de même de ne pas avoir croisé de référence faite à une autre série tout aussi centrée sur la politique, la danoise «Borgen».

Dans le sillage de la promo

 Tout cela pour dire que Netflix aura su conduire à l’américaine une campagne de promotion obligeant assez largement la presse a signaler son existence. Et sur le petit écran, «Marseille» aura trouvé sa place. Silence radio puisque celle-ci n’est pas dans mes sources d’information!

Mais qui dit «promo» dit au plus information, pas encore réflexion à propos du produit attendu. A se demander d’ailleurs si ceux qui font de la promo ont eu l’occasion de juger sur pièces.

Une petite phrase tirée du «Temps» (Edition du 4 mai 2016), signée Nicolas Dufour, particulièrement attentif aux séries télévisées, peut surprendre: «Depuis quelle façonne ses contenus, Netflix a déjà soumis aux internautes le meilleur et le pire, Orange is the New Black» ou Marco Polo». «Marseille» relève du pire. « Le Temps» y reviendra.

 De lectures en promenade sur internet, j’aurai rencontre le site de «Télérama» :

http://www.telerama.fr/series-tv/video-que-vaut-marseille-la-serie-netflix-made-in-france,141985.php

On y trouve une rubrique «Têtes de série» où sont exprimées les premières appréciations qualitatives sur bon nombre de série, pour permettre à l’auditeur internaute de s’y retrouver. En quatre minutes, Pierre Langlais («Télérama»), Pierre Serisier («Le Monde»), Marjolaine Jarry («Lobs»), et Maxime Bordeau («Hufflington Post») n’y vont pas de main dite morte.

Malgré tout, je reste curieux de découvrir cette série, lors de son passage sur TF1. Le programmation s’inscrit dans un mode de diffusion qui finira par nuire à des chaînes généralistes comme la nôtre, la RTS ayant en plus pour habitude d’offrir son premier rideau à des séries unitaires pour rejeter bon nombre de récurrentes en fin de soirée.

 

 

 

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