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“Zone d’ombre” sans accusé

Affaires criminelles en tous genres, gendarmes et voleurs, avocats et enquêteurs, tribunal et préventive, etc : la société est devenue un immense champ d’investigation par la fiction. Sur le petit écran, les séries triomphent, les plus sages aux heures de grande écoute, les plus pointues en deuxième rideau ! Le télésériophile est noctambule !

La victime remplace l’accusé

Souvent avec brio, Christophe Hondelatte fait entrer son accusé du jour par l’étrange lucarne de France 2, avec nombreuses reprises sur diverses chaînes francophones. L’ac cusé est au centre de chaque portrait, pour comprendre qui il est, ce qui ne veut pas dire prendre sa défense. Avec modestie, plus rarement, Daniel Monnat et ses collaborateurs de la TSR, reprennent des affaires dont la solution est restée dans l’ombre. Chez lui, c’est la victime qui occupe le centre des préoccupations, pour trouver éventuellement le chemin pour traverser ses zones d’ombre qui sont souvent traduites par des images à dominantes bleu-nuit. Les angles d’approche différents ne permettent pas d’affirmer qu’une série est meilleure que l’autre

Il est assurément plus facile de trouver un accusé parmi les affaires « spectaculaires » qui secouent les plus de soixante millions d’habitants de la France que de savoir qui en voulait à une victime ayant des liens avec la Suisse, réduite à deux millions d’habitants francophones. « Faites entrer l’accusé » est promis à longue durée alors que « Zone d’ombre » ne sera pas, de loin, éternel !

Moyens financiers différents

Les moyens financiers, qui ont pour conséquence entre autres des espaces de temps de travail liés à ces moyens donnent évidemment un avantage à France 2 plutôt qu’à la TSR. Hondelatte recourt à des documents d’actualité, visite les lieux de l’affaire, interroge des témoins, y compris parfois l’accusé, recourt parfois au noir/blanc plutôt qu’à la couleur réalistre, fait le point dans le temps même de la construction d’un sujet qui dépasse heure. Il arrive qu’une phrase d’explication puisse être interrompue par un effet de montage qui permet à un témoin de terminer tout logiquement cette phrase, en des moments très différents. On est ainsi souvent proche du montage d’un récit de fiction.

Fin ouverte au tribunal

Le 11 octobre 1987, un jeune politicien allemand promis à de hautes fonctions publiques, Uwe Barschel, est trouvé mort dans la baignoire de sa chambre d’hôtel à Genève. Il aurait participé à un trafic d’armes. Alors, assassinat ? Mais l’enquête s’oriente assez rapidement vers l’hypothèse d’un suicide. La Raison d’Etat n’aime pas que la mort rode. L’émission du mercredi 27 octobre offre un bon échantillon des qualités de cette série. (photo TSR)

Les témoins convoqués par Monnat sont réunis dans un seul décor, bleu sombre, avec des emplacements différentes, alignés derrière une table, avec un solitaire dans la profondeur du champ, un peu seulement comme peut l’être le dispositif d’un tribunal où les dialogues sont toutefois rares. Le lieu unique devrait permettre, sinon de briser la zone d’ombre, du moins d’en diminuer l’ampleur. « Faites entrer l’accusé « a une fin, qui reste ouverte dans « Zone d’ombre »

Supposons qu’il soit possible de pitonner à toute heure et que l’intérêt porte sur le divertissement à base d’enquête policière ou de fonctionnement de la justice. Il y a de fortes chances que l’on tombe sur un film, un téléfilm, une enquête, une série où policiers, témoins, enquêteurs, avocats, victimes d’une part, meurtres, violences, coups de feu, poursuites d’autre part, sont largement présents

Suivre un «conducteur»

Il est possible actuellement de se poser quelques questions à propos d’une mini-série de sept numéros proposée par la TSR quelques vendredis encore (jusqu’au 26 février) juste après 20h00, «Scènes de crime en Suisse» et profiter de l’occasion pour mentionner l’existence de «Faites entrer l’accusé» présenté par Christophe Hondelatte depuis longtemps sur France 2. Dans les deux cas, chaque numéro semble suivre les directives d’un «conducteur» général. La notion de série supplante un peu partout la présentation d’un numéro unique en vue d’une espérée fidélisation. Audimat quand tu nous tiens…

Le «comment» mieux abordé que le «pourquoi»

Reprendre sous forme documentaire une affaire qui a fait souvent grand bruit dans l’opinion publique n’offre pas mille possibilités dans ses structures. Il faut évoquer les faits avec d’anciens documents audiovisuels, interroger des témoins proches ou non de la ou des victimes en faisant appel à leurs souvenirs ou à leur point de vue au présent, revenir avec ou sans eux sur les lieux où se sont déroulés les événements. Généralement, le besoin se fait sentir d’un «guide» pour assurer l’unité du document, par les mots. Il trouve sa réponse dans un commentaire qui peut devenir envahissant ou impose la présence d’un présentateur qui dialogue avec les différents interlocuteurs. On ne prête guère attention à celui qui signe la réalisation. La notion d’auteur qui vaut toujours en cinéma ne se transpose pas facilement sur le petit écran. On attribue souvent une émission à celui qui la présente. En général, le «comment» est mieux abordé que le «pourquoi» d’une action violente.

«Faites entrer l’accusé» profite d’un temps d’antenne qui dépasse l’heure et dispose certainement de bons moyens financiers qui permettent de longues enquêtes. Large usage est fait des reprises d’une série qui existe de longue date. Hondelatte assume plutôt bien sa présence à l’antenne.

Bonne adaptation française

Réduites à trente minutes et à sept sujets, «Scènes de crime en Suisse» est nettement plus modeste, un brin minimaliste, même si notre pays n’est pas en reste d’affaires graves et sordides. On doit se féliciter que la diversité entre les entreprises de Zürich et de Genève autorise parfois une vraie convergence vers un «produit» commun qui ne reste pas séparé par la Sarine. Produite en Suisse alémanique, la mini-série est pour une fois visible en Suisse romande, avec une plutôt bonne adaptation en français.

 

Je ne regarde presque plus Infrarouge…

Samedi 9 octobre 2010 Vous êtes de ceux, certes minoritaires, enfin probablement !, qui supportez de moins en moins bien « Infrarouge » tout comme « Tard pour bar » dans leur version TSR d’autosatisfaction : tiens voilà du spectacle comme du boudin de la chanson avec des gens qui se coupent la parole et l’animatrice qui la leur coupe. Assez ! Mais à qui le dire?

Vous étiez déjà de ceux qui eurent rapidement des doutes à propos des régiments de SMS qui défilaient au bas de l’image de «Infrarouge », réservés aux seuls téléspectateurs. Les animateurs et leurs invités ne pouvaient pas en tenir compte à cause du direct différé, une tricherie. Donc vous fûtes de ceux devenus de puissants casse-pieds répétitifs. Mais un beau jour, il n’y eut plus de SMS ! Plus vus, désormais ni connus.

Mix&Remix est présent chaque semaine à “Infrarouge”, plus souvent donc que tous les avocats genevois réunis ou que le trio Freysinger/Perrin/Rime. Mais il ne coupe pas la parole s’il suscite l’attention. Il lui arrive même de frôler la ligne rouge - qu’importe, l’impertinence est salvatrice. Au point que la SSR-SRG l’utilise tous azimuts. Vient de paraître le no 02/2002 d’une luxueuse revue, avec un Dossier : “Convergence des médias: c’est parti !” Avec le commentaire de Mix&emix qui vient, paraît-il, de s’exprimer aussi dans le domaine de la conciergerie de la Tour rénovée…

Un beau jour, il n’y aura plus de joute oratoire, prisée de ceux qui aiment le spectacle parlé, plus spectacle que parole. Servis qu’ils sont, avec « Infrarouge » dans sa version nocturne et avec « Tard pour bar » animés par les propriétaires de solides « egos ». Certes, « Infrarouge » est décliné sous deux formes : en premier rideau, le (la) conseiller (ère) fédéral(e) a droit à bien des égards portés par une langue d’un bois fragile. Comme les invités de ligue B sont assez nombreux, il s’en trouvera un pour déraper ! L’honneur est sauf !

Revenons à nos « minoritaires » en bonne compagnie en lever de rideau. En fin de soirée, ils ont droit à l’actualité immédiate ou minarêtement répétée, avec prises de bec, chacun disposant de deux jokers : « Laissez-moi parler, moi je vous ai laissé parler ». On peut aimer « Infrarouge » pour ses prises de bec, l’actualité qui dégaine plus vite que le vent, le dialogue qui dérape. Les majoritaires sont des consommateurs bien servis. Les minoritaires qui veulent des arguments sont des citoyens souvent frustrés qui ne reçoivent rien.

Enfin, que veut donc ce minoritaire ? Simplement des idées bien exprimées, des oppositions entre gens qui tentent de s’imposer par la qualité de leur argumentation, pas les virtuoses d’un prétoire largement pourvu d’avocats genevois ou d’UDC à la langue bien pendue. Minoritaires, vous ne supportez plus « Infrarouge » ou « Tard pour bar » qui n’ont pas encore trouvé l’équivalent du « Taisez-vous Elkabbach ! » qui marchait si bien. Alors, allons voir ailleurs..

Un sondage rigoureusement exclusif en réponse à de bonnes questions récurrentes

Dans le MEDIATIC no 158, numéro spécial consacré au « 30 ans des SRT ». en page 9, Gilles Marchand, directeur de la RTS, soulève de bonnes questions récurrentes. Suite à un sondage assez peu scientifique, dont il est certain qu’il n’est aucunement représentatif du public, contrairement à toutes les interventions des anonymes que l’on trouve sur tous les forums d’émissions de la RTS, sur les sites RSR et TSR, qui elles doivent être représentatives par leur publication régulière, voici les réponses de l’échantillon composé d’un seul élément, un certain Monsieur Moi-Même.

Y a-t-il assez de culture à la télévision ? Non !

Certains rendez-vous d’information ne sont-ils pas trop hachés et superficiels à la radio ? N’étant ni avocat genevois, ni représentant de l’UDC, qui ont réponse à tout dans bon nombre d’émissions, ma réponse est « Je ne sais pas » !

Le débat politique n’est-il pas trop réducteur, polarisé à la TV ? Si « débat » sous-entend « Infrarouge », oui, surtout s’il est envahi d’avocats genevois et de représentants de l’UDC.

La radio et la télévision ne sont-elles pas trop lémano-centristes ? Peut-être ben que oui, peut-être ben que non ! N’aurait-on pas du écrire rhodano-centriste en pensant aux plus hauts cadres de le RTS, masculins dans la cinquantaine ? Heureusement, l’arc jurassien quand on l’étend jusqu’à Fribourg est sur-représenté lors du « Dîner à la ferme » ( quatre sur sept, un scandale !).

Arc jurassien et Fribourg, 4 représentants sur 7, donc le 57,1428571428 % Population des mêmes comparée à celle de l’ensemble de la Suisse romande : 32 % Un bel exemple de sous-repésentation rhodano-lémanique

A quoi servent les fictions américaines à la TV, qui de plus sont trop violentes ? A remplir de multiples cases des programmes pour un prix de revient peu élevé. Heureusement, les émissions trop violentes, qui se caractérisent par la présence du logo rouge qui flétrit plus le sexe plaisir que la violence du monde qui se reflète dans les téléjournaux, sont programmées très tardivement, parfois par tranches de trois épisodes. Ce sont en général des séries américaines pointues qui retrouvent la saveur du temps qui passe, attisent les conflits entre le noir et le blanc sans tomber dans la grisaille et assurément participent à l’enrichissement du langage audiovisuel contemporain. Plus l’émission est tardive et plus il y a de chances qu’elle soit de grande qualité.

Entretien avec le quérulent « Monsieur Moi-Même » retranscrit le mercredi 8 septembre 2010 après « Infrarouge » par Fyly.

Le Jeu de la Mort

En mars 2010 sur France 2 et TSR

En mars 2010, nous avions consacré deux textes à une émission expérimentale, « Le jeu de la mort » ( 19.03.10) puis « Le jeu de la mort : et après ? » ( 26.03.10). Christophe Nick en était l’auteur, entouré de quelques éminents universitaires. Le réalisateur s’est ensuite posé quelques questions sur son travail, évoquant même l’éventualité d’un montage différent. La position des responsables du « spectacle » était claire, celle de certains animateurs aussi : ils conduisaient une expérience.

Parfaite “complice” de l’expérience, l’animatrice en rajoute avec insistante ( Photo RTS - Crédit France 2 - Russel Christophe)

Les candidats qui s’étaient annoncés pour participer à un jeu ne savaient pas qu’ils entraient dans une mise en scène pour étudier leur comportement qui conduisit certains d’entre-eux à envoyer à un cobaye des décharges électriques de plus en plus fortes. Apparaissait aussi un public qui semble bien avoir été confié à un « chauffeur de salle ». Le comportement des candidats a été largement commenté, certains lucidement étonnés par leur propre entrée dans un jeu sordide. Mais on n’a rien su, alors, du rôle du public. Et aujourd’hui encore on n’en sait toujours rien.

Du comportement du public, rien n’a été dit lors de la présentation de l’émission : complice ou à sa manière aussi victime ? Le voici aux ordres de son “manipulateur”

L’obéissance aveugle

Le vrai sujet de l’expérience conduisait à une réflexion sur l’obéissance pouvant conduire à « torturer » jusqu’à la mort peut-être une victime enfermée dans un bulle. Sa transposition en un jeu télévisé montra combien l’intervention même de la télévision pouvoir favoriser cette obéissance aveugle. Certains des programmateurs du jeu, tant sur France 2 que sur la TSR, soulignèrent à juste titre le « courage » de leur média osant dénoncer sa propre responsabilité. Certes, l’émission ne fit pas une audience de finale de coupe du monde de football: il est vrai que les parts de marché ne flirtent pas avec les sommets quand une émission fait réfléchir et dérange.

La mise en garde, “choc dangereux” ou “attention”, a-t-elle servi à quelque chose ?

Un soufflé rapidement retombé

Mais tout de même, il y avait de quoi être inquiété par ce pouvoir exercé par la télévision à travers l’organisation d’un jeu. D’où le point d’interrogation d’un de nos titres : « et après ? ». Mais voilà : le soufflé retombé, pas grand chose. On remue quelques idées, on fait part de son indignation, on se pose quelques questions : tout cela en trois petits tours et puis s’en vont vers d’autres sujets !

Une réponse ludique d’éducation au média

Une mise en garde contre l’excès du « Jeu de la mot » a parfois été formulée : il faudrait que le téléspectateur soit mieux formé face à la puissance du média. Autrement dit, le consommateur d’un jeu devrait devenir un citoyen conscient des limites de ce jeu même. La TSR, fière de son « courage » de diffuseur, aurait pu prolonger l’effet « Jeu de la mort » en signalant qu’elle faisait depuis peu un effort d’éducation au média, à travers une contribution modeste à la formation d’un esprit critique qui n’exclut pas le plaisir : « Pop Corn », son émission mensuelle déclinée chaque dimanche en trois modules courts et un plus long. Vous connaissez « Pop corn » ? Vous avez déjà pris garde à sa valeur pédagogique ? Encore faudrait-il que le TSR fasse mieux connaître une émission qui s’inscrit dans le sillage des efforts de « La lanterne magique ».

Envoyez décharge !

Et après ? La télé-réalité des jeux se porte bien

Donc, « Et après ? » Jusqu’ici, vraiment pas grand chose. A moins que ne surgissent d’un prochain débat du « Conseil du public » de la RTSR trentenaire des propositions pour apprendre au consommateur à se comporter en citoyen qui ose désobéir à la multiplication d’offres insidieusement dangereuses par exemple sous la forme de jeux regroupés parfois sous l’expression de « télé-réalité ». Oui, mais de nombreux consommateurs passifs apportent une bien meilleure part de marché que des citoyens lucides dons désobéissants.

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La polémique nourrit son audimate. C’est reparti pour un ou plusieurs tours avec «Le jeu de la mort», un film écrit et produit par Christophe Nick. D’intéressants problèmes y sont soulevés, qui demandent pourtant une réflexion étendue dans le temps, pas forcément enrichie par des réactions à chaud.

Dessin de Plantu paru dans « Le Monde» du 18 mars 2009

Offres de la TSR et de France 2

Voici d’abord une énumération des offres récentes: 12 mars 2010, «Médialogues» (RSR1) ouvre les feux avec des invités. 14 mars, passage de l’émission sur RSR2, un peu à la sauvette, avant France 2, pour bénéficier de la priorité. 15 mars, «Médialogues» revient sur la projection. 16 mars, «Infrarouge» réagit avec sa rapidité habituelle, ce qui n’est pas forcément une qualité. 17 mars, au tour de «France 2» de présenter le document suivi d’un plateau dirigé par Christophe Hondelatte. 18 mars: complément avec «Le temps de cerveau disponible» (France 2).

L’animatrice “pousse-au-crime”

Un jeu truqué de «Télé-réalité»

«Le jeu de la mort» transpose une observation scientifique américaine des années soixante qui permettait de montrer qu’un homme ou une femme peut aller jusqu’à mettre à mort un «adversaire», expérience individuelle répétée avec d’autres «volontaires». Christophe Nick a transposé cette expérience un inventant un jeu dans l’esprit de la télé-réalité montrant que presque tout le monde peut aller jusqu’à envoyer une décharge électrique de 460 volts à une personne attachée à une chaise. Une telle décharge peut être mortelle. Bien entendu, tout cela est truqué. Le document permet de se poser des questions sur des dérapages de la télévision, certes, mais tout autant sur les mécanismes de l’obéissance de personnes mises dans un contexte oppressant.

Le sens de l’auto-critique

Une première remarque: en France surtout, l’émission a été précédée de nombreuses informations. France 2 a assuré la promotion du document en soulignant le «courage» qu’il y a de mettre en garde contre ses propres dérapages. Il est pourtant normal qu’une chaîne de service public contribue à former l’esprit critique de son public. Résultat : 13% de part de marché, c’est peu. Mais trois millions de téléspectateurs, c’est beaucoup.

Le dispositif image et son

Le direct différé

Sur France 2, un incident a opposé l’animateur du débat à l’un de ses invités, le directeur d’une revue, Alexandre Lacroix. Celui-ci a quitté le plateau; chassé ou de son propre gré? L’incident a été coupé, provoquant aussi la polémique. Le téléspectateur n’en a rien vu!

Les manettes pour le transfert de l’électricité à voltage qui augmente

Quarante ou cent mille euros

A l’évidence, l’expérience est intéressante. Mais concerne-t-elle vraiment en priorité la télévision plutôt qu’une approche générale de la notion d’ « obéissance » à des forces extérieures ? On a beaucoup alors évoqué les crimes du nazisme dans les camps, où la désobéissance conduisait presque inéluctablement à la mort ! Comparaison difficile !

Repéré dans le document lui-même une étrange contradiction. Les « cobayes » croyaient donc assister à un test en vue d’un jeu télévisé. Pour ce qui était ainsi considéré comme un travail, ils reçurent un modeste dédommagement de quarante euros. Mais le document est tout de même construit comme si le jeu se déroulait sous les yeux de la foule ébahie du téléspectateur moyen, qui a le droit de juger le comportement spectaculaire du public lui aussi sélectionné – un groupe par candidat ? Que savait ce public de l’expérience ? Il semble bien que ce ne soit pas la même chose que le cobaye ! En effet, il est, lui, placé sous une autre influence, celle d’un chauffeur de salle, qui pousse presque grand-maman dans les orties en lui faisant scander des slogans artificiellement rythmés. Il est alors question d’argent, d’un million, neuf cent mille pour celui qui répond avec exactitude aux questions dans son bunker et cent mille réservés à son partenaire questionneur. Alors, enjeu financier ou non ?

Peut-être suis-je un âne qui n’aurait pas très bien compris les précieuses informations données en voix.-off. Mais le public chauffé à bloc croit-il à ses propres cris ou est-il complice de son chauffeur de salle alors que le « cobaye » pense assister à un pilote, comme si le côté expérimental permettait d’enlever le caractère dangereux de la décharge électrique ?

Cette mise en scène d’un public qui forme un troupeau de moutons bêlant sous les ordres d’un autoritaire chauffeur de salle est aussi tricherie, fréquente du reste en télévision. Ce n’est pas tellement éloigné du mensonge dégagé par des rires ajoutés artificiellement sur la bande sonore d’une émission qui devrait faire rire, public absent. Un peu étrange aussi, le peu d’attention accordé à ce public manipulé qui contribue à enfoncer le candidat questionneur dans son absence de discernement.

La victime dans son loft

 

Les fenêtres publicitaires

Grâce aux fenêtres publicitaires tendues par M6 vers la Suisse romande, avec la complicité de grands annonceurs de notre pays, y compris de régies où la Confédération est encore majoritaire, des millions d’euros annuels franchissent la frontière pour Paris. Très indirectement, nous sommes tous co-producteurs de «Kaamelott».

Kaamelott

Pas rancunière la TSR : M6 lui pique des recettes publicitaires en faisant entrer par sa fenêtre de fructueuses recettes sans partage. La boutique TSR vend l’intégraale de Kaamelott pour presque 250 francs, bénéfice partagé ?

Attirer les annonceurs suisses avec ce genre de fenêtre, ce qui existe depuis longtemps en Suisse alémanique, n’en revient pas moins à effectuer un prélèvement sur le marché national des investissements publicitaires. Il se pourrait que cela finisse par se compter en millions.

Qui est privé de recettes par cette fenêtre publicitaire qui n’apporte strictement rien au spectateur ? Assurément, la SSR par la RTS, mais aussi les chaînes privées commerciales, ou les radios qui osent accueillir la publicité. Les quotidiens risquent bien aussi de voir ainsi des campagnes générales les oublier.

Or, il n’y a pas grand monde pour s’interroger sur cette forme de concurrence pas très loyale mais assurément très capitaliste. Un seul ou presque a tenté de se battre contre cette pompe à finance, Gilles Marchand, le directeur de la TSR devenu patron de la RTS. Presque pas soutenu, à l’exception de quelques lignes signées de défenseurs de la culture. Un front commun télévisions publiques et privées, de radios privées, de presse écrite quotidienne et à rythme moins fréquent aurait peut-être obtenu gain de cause.

Telle est la télé l’été

Sur 75 minutes, soixante pour le consommateur!

Pub, météo régionale, pub, au troisième top il sera 19 :00 :00, « Couleurs l’été », pub, promo TV, sponsoring puis re-météo, pub, « Tous EGO en vacances » ( hélas, vraiment d’une robuste platitude), promo radio, pub, sponsoring tv, promo au troisième top il sera exactement 19 :30 :00, et le monde va se déformer génériquement durant trente minutes, promo, pub, re-re-météo, pub et ouf, « Temps présent » ou autre émission de créativité TSR. Il était temps!

Sur septante-cinq minutes, en voici quarante-cinq (le 60 %) en émissions diverses et trente en pub et promos (le 40 %). Le consommateur est bien servi, y compris par le «19 :30» aux sujets multiples certes moins nombreux donc moins courts qu’il y a quelques années. Mais un sujet de moins de deux minutes, ce n’est pas tellement plus qu’une photo légendée de mille signes par une amorce de développement sans signature. C’est pareil ailleurs et pire chez les commerciales généralistes étrangères.

Réjouissante « Couleurs d’été »

Dans cet espace avec cible modeste, on doit se réjouir de la qualité de ces « Couleurs d’été ». En un peu plus d’un quart d’heure, on aborde sous plusieurs angles un sujet qui finit, presque chaque fois, par nous apprendre quelque chose sur une région, une localité, une institution. La couleur estivale dès lors se pare de vertus moins pâles que les locales habituelles.

Au milieu, un arbre comme appui. A gauche, Raphaèle Tschoumy. A droite, Tania Chytil

Charmantes et souriantes

Les deux présentatrices, Raphaèle Tschoumy et Tania Chytil alternativement, sont femmes charmantes, élégantes, au verbe aisé, insistantes si nécessaire ( la chimie à Monthey n’est pas que beauté environnementale ). Ces deux sourires prêt à virer au rire ne sont pas seulement de circonstance. Ils sont indispensables pour assurer l’unité de cette forme d’émission, passant de très brèves informations introductives à plusieurs entretiens prolongés par des documents préparés à l’avance, y compris après recherche dans les archives. En un quart d’heure avec une demi-douzaine d’angles d’approches liés les uns aux autres, on finit par apprendre au moins un petit quelque chose presque chaque fois.

Presque chaque fois un ce petit quelque chose

Le parc naturel est du Chasseral est le plus grand de Suisse. Le zoo du bois du petit Château à la Chaux-de-Fonds est gratuit. Crans-Montana va se développer sans les « pipeules » d’hier. La vie culturelle de Monthey n’est pas étouffée par l’environnement chimique. Il paraît que les genevois savent enfin, depuis l’Expo 02, oû se trouve Yverdon. Après sa retraite de sportif de niveau mondial, Didier Cuche ne reprendra pas son ancien métier ( il faut oser poser aussi de très mauvaises questions). Pourquoi diable associer à une petite ville une minorité de jeunes qui s’ennuient en traînant aux alentours de la gare? Une invitée peut profiter de l’occasion pour protester contre ce genre de reportage, dans la ville même d’où viennent sept ados qui font un tabac dans les quatre films de « Romans d’ados” sans pour autant affirmer que tout est et était pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Le pouvoir des régions vers la direction centrale de Genève

A quoi d’autre peut-on attribuer la réussite de cette version estivale de « Couleurs locales » ? L’accumulation d’informations se situe dans les programmes des chaînes cantonales ou régionales désormais mieux financés. On peut lire au générique que la direction de l’opération est entre les mains de la rédaction centrale de l’information à Genève. Les bureaux cantonaux sont certes mentionnés comme partenaires. Ce sont eux qui fournissent les sujets insérés dans la rencontre en direct. Les présentatrices sont vraiment importantes pour cette réussite. On assiste ainsi à la confirmation d’un déplacement du pouvoir des régions vers la rédaction centrale qui les prend à leur service. Tendance il y a, peut-être, aussi, vers une sorte de centralisme rhodano-lémanique qui tient aux personnes au détriment de Fribourg et de l’arc jurassien dès le Nord vaudois.

C’est la semaine des compliments : une excellente reprise d’une toute autant excellente mini-série, “Dans mon cinéma” - Nathalie Baye et Dominique Warluzel

Tendance à la centralisation

Dans l’organisation structurelle de la SSR-SRG, les régions possédaient hier un certain pouvoir placé dans les mains de conseils d’administration. En profitant d’une révision statutaire, une partie de ce pouvoir a été dirigé vers Berne. Une compensation fut accordée aux régions sous forme du droit de proposer des idées générales sur les programmes, plus enrichir le petit sucre qui permettait de parler longtemps après leur apparition des émissions passées à l’antenne. Voici qui va permettre à ces .c…. des SRT de se mêler de ce qui ne les regarde pas, comme parfois on le signifiait amicalement dans les coulisses de la TSR ( de la radio, peut-être aussi, mais faute de fréquenter ces couloirs, je n’affirme rien !).

Les fusions régionales en Suisse romande et alémanique placent ou replacent deux médias et les nouveaux sous une même direction. C’est aussi une tendance centralisatrice pas forcément néfaste. Les bureaux cantonaux de la TSR perdent leur pouvoir de décision :le choix des sujets ne dépendent plus d’eux. Ils travaillent à la commande. Certes, les télévisions locales sont à l’œuvre avec désormais plus d’efficacité qu’auparavant. Mais sait-on mieux à Genève qu’à Délémont, Fribourg ou Neuchâtel ce qui compte les jurassiens de deux bords, les fribourgeois de deux langues et les neuchâtelois du lac et des montagnes ? Ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec ce qui intéresse les romands.

Abstrait, le logo de “Nouvo”, le bébé de Bernard Rappaz

Le beau bébé de Bernard Rappaz

« Nouvo », c’est le beau bébé de Bernard Rappaz. Le père des bureaux cantonaux n’est plus là pour les couver. Dans les TJ, l’apport de « Nouvo » est plus fréquemment cité que celui de ces bureaux. Dans les « TJ, on fait parfois mention de renvois vers des développements sur internet et bientôt vers les portables si mignons. A-t-on souvent permis aux bureaux cantonaux de s’installer sur les différents sites ?

Le centralisme triomphe. Ce n’est pas forcément un mal. C’est même parfois bien. Surtout s’il conduit à confectionner “Couleurs d’été” !

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Souvenez-vous : il y a quelques années encore, le téléspectateur se faisait souhaiter de « bonnes vacances » durant plus de deux mois. Avec insistance, les présentateurs, animateurs et autres gens d’antenne qui prenaient les leurs pensaient que le monde tournait à leur rythme. C’en était presque indécent !

Cela se produit moins souvent : résultats de remarques internes ? Les programmes, s’ils sont allégés, tentent des ouvertures plus ou moins réussies vers quelques formes inhabituelles.Il peut même se produire d’agréables surprises, entre 19h00 et 20h30. Des reprises bien emballées côtoient des innovations timides. La TSR n’a pas les moyens financiers de fabriquer des produits maison durant cinquante-deux semaines.

« A bon entendeur » durant l’été

Dans la caravane qui sert de cuisine estivale à “A bon entendeur”, on se marre !

Dans une caravane, on a installé de quoi permettre à une souriante cheffe, Annick Jeanmairet, de quoi concocter d’exquis petits plats, associée à un maladroit marmiton, Luc Mariot : succulent ! On pose la caravane chaque semaine sur un des marchés de Romandie. Une petite sortie ou deux permettent de saisir des bouts d’architecture locale ou de voir quelques têtes locales, d’en faire parler une ou deux avec l’accent. On envoie aussi un sujet selon les normes traditionnelles. En haute saison télévisuelle, l’émission hebdomadaire dure environ une heure. A marée basse estivale, sa durée s’installe entre quarante et cinquante minutes. La caravane qui se déplace permet peut-être de rester dans les limites du budget annuel. On fait un peu de change pour le public dont il serait intéressant de connaître le degré de fidélité.

Les casques pour cyclistes

Intéressante le sujet développé lors du passage à Neuchâtel (20.07.10) : les casques pour cyclistes, assez bon révélateur du travail en profondeur opéré par les équipes qui gravitent autour de Manuelle Pernoud. Exposé du problème, information sur la nature du test, résultats des tests, observations de spécialistes, bribes de commentaires, tout s’y trouve comme d’habitude. L’émission presque hebdomadaire recueille régulièrement une belle part d’audience. Des romands ont l’occasion de prouver qu’ils sont des consommateurs devenus citoyens à l’esprit critique. Manque tout de même une preuve qui permettrait de savoir sur le long terme si l’impact de « A bon entendeur » existe vraiment.

Quand la présentatrice et productrice, la souriante Manuelle Pernoud en vert écolo, est là, on se marre un peu moins dans la cuisine

Que retient-on des tests ?

Les tests, c’est bien : il y a une liste de ceux qui ratent l’examen, de ceux qui sont brillants, d’autres qui entrent dans la moyenne. Qui a le temps de retenir ces conseils qui permettent à un même vendeur, un chaîne puissante par exemple, de se faire gronder pour l’un et féliciter pour l’autre. Dispose-t-on d’une observation statistique qui mesurerait l’impact sur le long terme de « A bon entendeur ». L’information orale qui affirme qu’une population dans laquelle les deux tiers des enfants portent un casque connaît beaucoup moins d’accidents qu’une autre où le port de casques par les enfants se limite au tiers est importante ; plus que les résultats vite oubliés de tests, que l’on peut il est vrai retrouver sur internet parmi de riches archives.

« Tous égo en vacances », souvenir de « Scénes de ménage »

C’est pas ou plus le grand amour sur les visages. Monsieur et Madame Tous Ego viennent-ils de voir Suisse-Honduras ?

Autre exemple : a disparu de l’antenne « Scènes de ménage », le reflet snob du genre lac de Genève de Martina Chyba, brillante présentatrice. Ses fidèles doivent la regretter. Alors, on leur offre une nostalgique fleur programmatique. Liberté lui a été donnée de construire une mini-série de courts sujets, deux minutes par jour, pour permettre de passer un été « Tous Ego en vacances». Les deux acteurs trouvaient bien leur place dans «Scènes de ménage ». Les textes estivaux doivent se terminer par une chute : le gag est souvent plat. Pour éviter des frais, l’émission est enregistrée en studio, le décor incrusté dans l’image par un artifice technique. Peu d’animation sur la toile de fond. Une idée habilement minimaliste reste coincée derrière la rampe. Dommage.

Polanski libéré : le « 19h30 » aux français !

Roman Polanski (Film Servis Festival Karlovy Vary)

Lundi 12 juin 2010, Madame Widmer-Schlumpff, cheffe du département fédéral de Justice et Police, a pris une décision juridiquement solide qui règle un problème politique délicat, certes pas aussi lourd que les rapports UBS / USA ou le conflit avec la Lybie. Roman Polanski est donc libre depuis ce jour, après presque dix mois de préventive et d’assignation à résidence, avec bracelet au pied. La conseillère fédérale a donc refusé l’extradition du cinéaste vers les USA

Il ne faut pas faire semblant de rester neutre : la décision de Mme Widmer-Schlumpff me semble parfaitement cohérente et juste, qui ne porte que sur le plan juridique. La Suisse se tire d’un mauvais pas. On a beaucoup répété que Polanski aurait bénéficié d’indulgence à cause de sa notoriété, de son talent ou son génie. Et si c’était le contraire qui s’est produit : que la notoriété ait conduit à cet acharnement de juges américains pour continuer de le poursuivre sans tenir compte, entre autres, du désir de silence une fois encore répété de sa victime qui n’a plus treize ans?
Bien entendu, cette décision a fait grand bruit. Le « 19h30 » du 12 juin 2010 y a exceptionnellement consacré une dizaine de minutes, en abordant le problème sous plusieurs angles, avec un commentaire « maison » d’Alain Rebetez et quelques considérations d’habitants de Gstaad sans grand intérêt. D’autres interventions sont venues de France. On entendit donc une phrase dite par Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque Française et une autre de Thierry Frémeaux, délégué général du Festival de Cannes.
Il convient de rappeler que nous n’avons en Suisse qu’une très petite cinémathèque dirigée par un homme de l’ombre, que nos festivals de seconde zone sont dirigés par des presque inconnus, que la section du cinéma de l’Office fédéral de la Culture ne sait pas faire parler d’elle. C’est pourquoi on s’en va chercher en France des représentants de cette sensibilité romande si essentielle pour l’information quotidienne de la TSR. On aurait aussi pu aller à Zürich, à la direction du Festival de cinéma par exemple !
Tous les romands sont en vacances. Sauf un ancien directeur de la cinémathèque, Freddy Buache, avec lequel j’ai eu une longue conversation téléphonique ce lundi, avant de savoir que Polanski avec quitté son chalet régulièrement acquis.Il aurait su formuler aussi une ou deux phrases sur le cinéaste. Mais qui sait, il a peut-être refusé de le faire.

Nouveau Directeur général

Roger de Weck à la tête de la SSR

C’était il y a quelques années, en septembre, à Berne, au centre Paul Klee, lors d’un séminaire de la SRG-SSR regroupant des représentants de toute la Suisse, sur un sujet rébarbatif, très technique. Les orateurs se succèdent. Et tout à coup, un mot qui claque, « culture », comme une bombe puante dans un jardin de délices technocratiques. Le mot qu’il fallait entendre, au moins une fois. Ébranlé au point d’en être presque ému, j’allai remercier celui qui avait osé cette «incongruité» !

Roger de Weck (Photo : SF)

On s’attendait en mai à la nomination à la tête de SRG-SSR d’un technocrate, d’un patron de haut vol doué pour la finance, en période de pénurie d’argent. Ils furent une dizaine à préparer une belle surprise dans la plus totale discrétion. Dès janvier 2011, un journaliste, homme de culture, parfait bilingue, pro-Européen, d’une vieille famille, dirigera la SSR. Il fit partie, l’an dernier, d’un groupe qui rêvait d’une chaîne nationale rapprochant les différentes cultures de ce pays en offrant aux uns le meilleur des autres. Il se fit rabrouer comme ses complices : la SSR n’a pas les sous ! L’utopie nommée alors « Pour une Arte en Suisse » pourrait reprendre vie !

Roger de Weck, actuellement, s’interroge sur les problèmes qu’il va rencontrer dans quelques mois. Il veut faire glisser un peu plus la SSR vers la satisfaction du citoyen plutôt que de flatter le consommateur. Oh ! Pas tout le temps, mais un peu plus souvent, quitte à perdre une plume de part de marché. Citoyen mieux servi, au détriment de temps en temps du consommateur : chose nouvelle, très importante ! Il faudra bien trouver les cinquante millions qui manquent chaque année pour maintenir les offres de la SSR à leur niveau actuel. Certaines mesures sont déjà en place dans ce sens. Il faut oser rappeler une chose très simple, contre les vents contraires : une hausse de la redevance d’un peu plus d’un franc par mois résoudrait en partie le problème. Ce serait supportable pour les bourses, ça l’est beaucoup moins pour bon nombre d’esprits. Mais soyons conscients qu’une SSR affaiblie ne sauvera pas la presse écrite de ses difficultés.

On assiste aujourd’hui aux bouleversements de l’audiovisuel de service public qui se déclinent sur des supports complémentaires. Sous le prochain règne d’un homme préoccupé par la culture, on peut rêver de formes nouvelles qui restent à inventer ou à mieux mettre en valeur, pourquoi pas parfois même dans un domaine inattendu comme celui de la philosophie. Il y a trente ans naissaient les SRT : quel beau cadeau pour cet anniversaire que cette nomination !

Le secret bancaire fiscal : quésaco ?

Classe politique (lundi 7 juin 2010 – TSR 2) tourne autour de l’accord Suisse-USA : intéressant débat non pas entre quatre politiciens, mais avec deux et deux juristes supplémentaires. Au point que les arguties juridiques se mettent à ressembler à une guerre des chiffres ! En général, les animateurs de débats tentent d’éviter argutie et guerre. Ils ont tort de le faire !

Christophe Blocher, ici en 2003 à “Mise au point”, affronte Jacques Pilet le mardi 8 juin 2010 à “Infrarouge”. Oscar Freysinger ne comprend plus la “voix de son maître” UDC sur le secret bancaire fiscal

Observé le comportement du public invité qui apparaît dans certains plans : des visages impassibles semblent refléter l’ennui. De temps en temps apparaît un léger sourire, approbateur ou désapprobateur : impossible de saisir la différence. Le public rare semble s’ennuyer. Le débat, lui, reste intéressant. Comme le Conseil National siège pendant que se déroule l’émission, on quitte le studio pour la « Salle des Pas Perdus » où l’on y interroge quelques parlementaires. Devinez qui ? Des abonnés, comme Madame Moret et Monsieur Freysinger auquel Monsieur Blocher ne doit pas avoir expliqué sa tactique et sa stratégie.

Le secret bancaire fut longtemps proclamé INTOUCHABLE. La différence si précieuse entre ÉVASION et FRAUDE vient de disparaître. Si le secret bancaire disparaît complément, la Suisse va y perdre annuellement cent milliards (une analyse faire dans TTC quelques minutes auparavant sur TSR1). L’estimation de M. de Planta est tout de même considérée comme légèrement exagérée ! Et les parlementaires n’en ayant point connaissance, ils vont tout de même entrer en matière et avaler le parapluie juridique devant un mauvais accord pour en éviter un pire.

Entendu en cours de débat affirmer que le SECRET BANCAIRE n’allait pas disparaître. C’est le SECRET BANCAIRE FISCAL qui est en cause. L’animateur n’ayant pas relevé la nuance, le téléspectateur curieux ne saura pas quelle est la différence entre les deux. Dommage! Enfin, s’il y en a une !

TSR2, chaîne sportive ?

Avertissement: l’image rend hommage au service des sports dans un ordre chronologique !

Finales en hockey-sur-glace au plan national, rapidement suivies par le championnat du monde en Allemagne; fin des différentes compétitions en football, tant aux niveaux suisse qu’européen; le tennis avant Roland-Garros; les classiques cyclistes de printemps et les premiers Tours; et d’autres. Il est des périodes où TSR 2 ressemble à une chaîne sportive sans en être une!

Certains sports peu connus ne font pas de confortables parts de marché. L’effort actuel de la TSR pour leur donner plus de visibilité, le dimanche, est à saluer. Des grands consommateurs sont des inconditionnels de leur(s) sport(s) préféré(s), complétés par d’autres qui se servent de sports pour se distraire par plaisir ou par curiosité. Je suis membre de ce dernier groupe: voici quelques souvenirs marquants de ces dernières semaines.

L’équipe des sports en 1970

Beaux moments en sports d’équipe

L’équipe des sports en 1990

Septième rencontre entre Berne et Servette : entrée sur la patinoire. Les joueurs de la capitale y pénètrent avec la résolution de gladiateurs qui veulent impressionner le public, les téléspectateurs et d’adversaires qui arrivent plus tranquillement, presque modestes ( ou épuisés). Berne a gagné avant de commencer. Football entre Barcelone et l’Inter : un deux à zéro suffit pour qualifier les premiers pour la finale. Un joueur d’Inter se fait expulser. A onze contre dix, ceux de Barca ne marqueront qu’une fois. La balle, en passes précises et nombreuses, sera restée scotchée à leurs pieds comme un brillant eet inutile tricot. L’organisation défensive de l’Intger se montrera terriblement efficace. L’ensemble n’est même pas ennuyeux. Fin du championnat suisse de football à Berne, véritable finale : les caméras saisissent la finesse technique des déviations du l’aîné Chipperfield et la subtilité inventive du jeu de celui qui a presque la moitié de son âge, Shaqiri.

Sport individuel ou inattendu

Boris Acquadro en 1992: souvenir! Au milieu des années huitante, l’audimate commence à faire beaucoup parler de lui. Remarque adressée à Acquadro: Comment, vous aussi? Réponse: hélas !

Très belle finale à Madrid entre Nadal et Federer, avec plusieurs breaks plus de points gagnants que de perdus,donc plus de belles réussites que d’échecs énervants. Presque autant de points gagnants pour l’un que pour l’autre. La victoire aura tenu à quelques détails favorables au bon moment pour le premier. Qualité incontournable du tennis . le poids d’un point et presque toujours différent du précédent ou du suivant.

Vu aussi une rencontre de hockey joué sur gazon avec une canne bizarre dont une face arrondie est interdite d’usage : jeu élégant, mais pas compris le pourquoi’interdiction. A chacun ses coups de coeur… sportifs !

Hockey-sur-glace en différé

Le plateau des sports en 2005: François Jeannet, Philippe Von Burg et Marie-Laure Inderwildi

On aura pu suivre à mi-mai toutes les rencontres du championnat du monde de hockey-sur-glace en Allemagne, des plus tendues à celles de la relégation avec l’équipe des USA, médaille d’argent aux précédents JO. Par contre, lors des play-off de la fin du championnat suisse, impossible de suivre en direct certaines rencontres. De quoi provoquer grande indignation en se retournant contre la SSR incapable de permettre au citoyen lambda de voir son équipe favorite, malaise surtout pour le bassin lémanique. La TSR n’y était strictement pour rien. La ligue de hockey détient les droits pour les retransmissions télévisées, les clubs n’ayant presque rien à dire. Une seule rencontre en direct était ainsi possible en direct sur les trois chaînes de la SSR. Frustrant pour les romands avec deux équipes en lice. Il se trouve que la division tv de Swisscom a grillé la politesse par surenchère à la télévision de service public. Deux institutions où, de manière différente, la Confédération reste majoritaire, dans le capital action pour l’une, avec maîtrise du montant de la redevance publique pour l’autre, se sont fait une guerre financière inadmissible, dont le grand public est victime.

Massimo Lorenzi, le nouveau chef des sports, grand pro et aussi “séduisant”.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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