Divers

La TSR et le festival de Locarno ( 3-13 août 2011)

Le festival de Locarno, c’est une présence dans les journaux télévisés : l’information au quotidien. Ce sera un « Tapage nocturne » le 14 août à la fin de festival : l’amorce d’une synthèse. Mais ce sont aussi sur les écrans de Locarno dans les différentes sections neuf co-productions TSR, sur les quelques deux cents films qui seront proposés aux « festivaliers » des salles et de la piazza grande.

En compétition

Olivier Père, pour sa deuxième année à la direction du festival, a retenu vingt films pour ce qui reste tout de même la section la plus importante d’un festival, sa compétition. Encore qu’à Locarno la programmation sur la « Piazza Grande » et ses huit mille place potentielles soit importante, et pour le retentissement de la manifestation, et pour ses finances. Or en 2011, sur les vingt films de long-métrage en compétition, trois sont suisses entièrement ou partiellement. Du jamais vu ? A tout le moins du rarement vu ! Il en va d’une année de cinéma comme d’un vin : les millésimes ne se ressemblant pas forcément. Mais peut-être cela tient-il aussi au dégustateur, Olivier Père ayant bien senti que son attention au cinéma suisse devait sortir renforcé d’une première année de contacts.

Et c’est ainsi que seront en compétition les trois films ci-dessous, présentés avec une image et le texte qui accompagne leur présence sur le site de la tsr.

VOL SPECIAL de Fernand Melgar (documentaire)

En Suisse, plus de 200′000 personnes vivent jour après jour la peur au ventre : à tout moment, elles risquent de se retrouver en prison sans avoir commis le moindre délit. Elles peuvent finir ligotées, menottées, bâillonnées et renvoyées chez elles de force par vol spécial. Pourquoi ? Pour l’unique raison que ces personnes sont des sans-papiers. Pour comprendre les enjeux des renvois forcés et les conditions dans lesquels ils se déroulent, le cinéaste s’est immergé plusieurs semaines dans la prison de Frambois à Genève, l’une des anti-chambres des vols spéciaux.

MANGROVE de Frédéric Choffat et Julie Gilbert (fiction)

Une plage isolée sur la côte sud du Pacifique. Au bout de la plage, la mangrove. Une jeune femme européenne revient avec son fils après plusieurs années d’absence. Mais peut-on faire la paix avec les fantômes du passé ?

ABRIR PUERTAS Y VENTANAS ( Absences) de Milagros Mumenthaler (fiction)

Trois sœurs, Marina (21), Sofia (20) et Violeta (18) se retrouvent à vivre seules dans leur maison familiale de Buenos Aires, suite au décès de leur grand-mère qui les a élevées. Elles essayent tant bien que mal de vivre cette période de transition et d’incertitude. Violeta disparaît un jour avec son homme sans crier gare. Le vide laissé par cette absence se ressent dans la demeure ; la relation entre Marina et Sofia devient difficile et accentue leur vulnérabilité et leur tristesse.

Tourner ailleurs

« Mangrove » est tourné dans un petit village du bord de mer sur le Pacifique au Mexique. « Absences » se déroule en Argentine. Dans une certaine mesure, tourner dans un centre de requérants d’asile qui sont en attente de l’exécution d’une décision de renvoi, situé dans le canton de Genève, c’est vivre dans un ailleurs dur à supporter.

Un court-métrage, « Chasse à l’âne » de Marie Nicollier, participe au concours interne de la section « Léopards de demain” Il a été tourné au Japon.

Trois japonais goûtent de la viande d’âne chez leur ami boucher. Conquis par la saveur de ce plat exotique, les trois hommes décident d’acheter Igor, le petit âne, pour le déguster. Dans les rues marchandes de Komoro, les trois comparses jubilent de leur projet gourmand. Mais à la vue d’une crèche de Noël en vitrine, un doute les assaille : l’âne, au côté de Jésus, est-il sacré pour les chrétiens ? Abattre et dévorer Igor s’avère plus difficile que prévu.

Voilà qui confirme l’importance des tournages de films suisses hors de nos frontières. Un hasard ? Un exode volontaire ? Le désir de s’en aller voir ailleurs pour de ne pas faire un film en Suisse ? Une fuite devant les réalités nationales ?

On peut même ajouter encore un exemple, « Romance » de grand animateur Georges Spitzgebel, puisque le théâtre de son récit se situe dans un avion, qui n’est pas un territoire national.

Un passager se retrouve assis à côté d’une charmante jeune femme. Une courte histoire romantique, deux points de vue sur un même voyage en avion. Deux regards en suivant la forme du scherzo de la sonate pour piano et violoncelle de Serge Rachmaninov.

En programmation spéciale, il faut noter un hommage à Claude Goretta avec « L’invitation », « La Dentellière » et «La Provinciale », complété par « Bon vent à Claude Goretta » de Lionel Baier.

Avec ou sans Berne

Les deux sources de financement du cinéma suisse sont la Confédération d’une part, la TSR en ce qui concerne la Suisse romande de l’autre. Cela fait tout de même un nombre honorable de millions, sans lesquels le cinéma suisse serait encore plus discret. Pour la souplesse et la rapidité dans les décisions, la TSR supérieure à Berne.

Est-il juste d’écrire que tous ou presque des films soutenus par Berne le sont aussi par la TSR, alors que tous les films soutenus par la TSR, surtout s’il s’agit de la relève, ne le sont pas forcément par Berne ?

Je ne sais pas répondre à cette question. Je vais la poser à quelques interlocuteurs. Donc, on y reviendra. Peut-être !

Vincente Minnelli

Avec un vaste ensemble de films de Vincente Minnelli, Locarno renoue avec les grandes rétrospectives. A coup sûr, un des sommets de la manifestation qui se poursuivra ensuite à la cinémathéque de Lausanne.

Grands spectacles grands encore sur petit écran

Il n’y a plus de sport de saison. Il y a tout le temps du sport sur les petits écrans. Le Tour de France coexiste maintenant avec la reprise du championnat suisse de football en superligue. Les problèmes liés à l’argent ne manquent pas de confirmer leur présence. L’achat russo-tchétchéne de Xamax fait du bruit. Prière pourtant de ne pas oublier un conseil donné par le président-propriétaire sortant de charge : que ceux qui n’ont pas d’argent à investir dans le club la ferment ! Autre problème : une grande régie dans les mains de la Confédération, Swisscom avec sa composante audiovisuelle, pique à coup de millions la priorité de rencontres hebdomadaires au nez d’un autre grand groupe qui ne doit son existence qu’à la Confédération qui lui accorde le septante pourcent de son budget à travers la concession. Ne manque que « La poste » dans ce conflit entre “régies” fédérales !!

Gymnaestrada

Enfin, du sport, sans compétition, sans conflit financier, avec un confortable budget désintéressé de plus de vingt millions : ils furent vingt mille gymnastes, aux trois quarts, des femmes, venus de plus de cinquante pays, pour offrir un spectacle de masse coloré souvent éblouissant. Cela se passait à Lausanne, au stade olympique, à la patinoire de Malley, au palais de Beaulieu, au bord du lac. Pas de compétition aura-t-on répété, tout en signalant en passant que tel groupe avait tout de même été plusieurs fois champion dans son pays. Pas de compétition durant le « gymnaestrada ni durant les précédents, ni lors du prochain à Helsinski. Rien que du spectacle, un plaisir pour ceux qui regardent le plaisir de ceux qui ont travaillé parfois de longs mois durant pour offrir des numéros brillants, gais, colorés. On passe des engins traditionnels de la gymnastique de concours à des présentations qui ne dépareraient pas la plus élégante des comédies musicales cinématographiques, qui parfois même confinent à l’étrange poétique et fantastique, comme ce corps aux seize bras bien installé face caméra.

On glisse le long de cordes de tissus, on manipule des sphères de toutes dimensions et couleurs assorties. On bouge constamment, dans des costumes variés de formes et de coloris, on se poursuit, on se croise en se frôlant sans se heurter. La souplesse des déplacements, la finesse des gestes ravissent l’œil. Tout au plus, au cours de certains numéros, l’éclairage type cabaret par frénétiques et rapides changements de lumières devient agressif. La synchronisation souvent impeccable des gestes parfois de centaines de participants donne une haute idée du travail accompli.

Le spectacle final fut par instants parfois laborieux, celui de l’ouverture très réussi. La télévision aura pourtant offert le sommet de beautés successives lors d’un gala en semaine, au soir du vendredi 15 juillet 2011. On a même un peu abusé des reprises immédiates après certaines phases de mouvements, puisqu’il fallait changer des éléments de décor. On aurait pu aussi montrer comment ce travail s’accomplissait, qui ressemblait parfois à un spectacle à lui seul.

Pas de dopage annoncé, pas de fric envahissant. Un sport qui n’a heureusement plus rien du style un peu militaire des fêtes fédérales de gymnastique en Suisse. Seulement des spectacles, beaux, colorés. Et cette multitude qui crée une nouvelle unité  ( notre cliché “Gymnaestrada)

« Aïda en Orange »

Face à l’immense mur du théâtre antique d’Orange, ils sont chaque soir huit mille pour assister à l’un des plus beaux spectacles que puisse offrir l’opéra. Cet opéra élitaire, réservé à des privilégiés, le voici, donné par la télévision à un vaste public, qui peut, lors de soirées en direct, se compter par centaines de milliers, peut-être même en millions.  Elle offre même un avantage sur le spectacle réel : il n’est pas facile de comprendre l’intrigue chantée, même dans la langue que l’on connaît. La sous-titrage discret donne des informations dont le spectateur de plein air, même  en Orange ne dispose pas.

« Aîda », fille de roi d’Etyopie, est l’esclave d’Amnéris, la fille du pharaon. Le général Radamés vient de vaincre l’armée adverse et de faire prisonnier le roi.Amnéris aime Radamés qui aime Aîda qui répond à cet amour. La raison d’Etat coexiste très mal avec la force de l’amour. Mais l’opéra de Verdi célèbre aussi la grandeur de l’Egypte. Le décor planté devant le mur d’Orange accentue cette grandeur. Tout y est grand ; parfois trop à devenir un peu grandiloquent.

Les caméras nombreuses permettent de varier en offrant au téléspectateur des distances différentes, de plan d’ensemble très éloigné comme pour joueur au spectateur au gros plan presque indiscret, face à la scéne ou en coulisses. Voici en assez gros plan Indra Thomas qui interprète Aïda (photo France 3 Provence-Rhône-Alpes)

Le direct impose les entractes. La télévision peut alors choisir d’en dire davantage sur les interprètes ou, comme cela fut fait, visiter St-Petersbourg avec celui qui dirige l’orchestre des Chorégies d’Orange, le russe Tugan Sokhiev. Intéressante découverte, accompagnée de quelques mesures des plus grands compositeurs russes. Le comportement de la présentatrice, Julie Depardieu, fut par instants un brin bizarre .

Oui,  la télévision , lors de ces directs annuels venus d’Orange, est alors grande puisque elle apporte à un vaste public potentiel cette culture trop souvent réservée à une minorité disposant du confort matériel.

Flots tumultueux

Si « mammouth » était le nom du paquebot « SSR-SRG », on dirait qu’il navigue actuellement sur des flots tumultueux. Il est attaqué ou mis en cause de toutes parts.

L’appétit de TF1

TF1 va ouvrir une fenêtre publicitaire vers la Suisse romande. Ce sont quelques dizaines de millions de publicité qui vont soutenir une autre chaîne commerciale française, après M6. Ce sera au détriment des recettes de la SSR sur le marché romand, des journaux ou des chaînes de radio et de télévision régionales. Les parts du gâteau vont diminuer, ou à tout le moins stagner.

 

Fenêtres publicitaires: La RTS en concurrence avec TF1 !

Les éditeurs de journaux s’opposent à l’introduction de la publicité sur les sites internet du « mammouth », alors que le PDG Roger de Weck leur propose d’ouvrir le dialogue. L’un d’eux, puissant, Ringier, se met au service de TF1 pour récolter la publicité sur le marché suisse. On n’en est pas à un paradoxe près !

Billag mis en cause

Billag, la société qui encaisse les redevances, dépense plus de quatre francs pour cent recueillis. Elle vient de décider d’encaisser en une seule fois la totalité de la redevance radio-tv, environ 460 francs, ce qui n’est guère agréable pour les foyers à revenus modestes. Elle gère aussi les quatre francs sur cents destinés au co-financement des radios et télévisions régionales.

Deux cents francs, c’est assez !

Pour certains, Billag fait problèmes. Et les voici qui viennent de prendre le chemin de la pétition à plus de cent trente mille signataires, en majorité alémaniques, souvent zurichois, proches de l’UDC, pour affirmer qu’une redevance à deux cents francs l’an, c’est largement suffisant ! Oui, cela suffirait pour une seule chaîne de télévision et de radio en une seule langue ; le romanche, probablement !

 

La clé de répartition de moyens entre les régions : l’indispensable solidarité pour la cohésion nationale

La redevance annuelle suisse est élevée. On sait pourquoi. Mais il faut le répéter : la majorité alémanique contribue à soutenir modestement la minorité romande et fortement celle de langue italienne. Cela s’appelle la solidarité confédérale.

Un gestion efficace

Parmi les réactions provoquées par la pétition issue de la majorité de droite alémanique, celle de Gilles Marchand, patron de la RTS, mérite d’être rappelée. Il vient d’annoncer que le quarante pourcent au moins des programmes de TSR1et TSR 2 était fait à plus de quarante pourcent de productions maison (voir à ce sujet les propos de Gilles Marchand).

Presque en même temps, dans une annexe au rapport de gestion de 2010 publié par la SSR-SRG, on apprend que le volume en heures des productions maison des deux chaînes de la TSR s’élève à 2.581 pour un total de 16′565 heures ( environ 43 heures par jour, ce qui n’est pas surprenant avec l’addition de TSR1 et TSR2 ). Cela fait un peu moins de 16 pourcent.

Où l’on comprend le 40 pourcent

Apparente contradiction entre ce « 16 pourcent » et « plus de 40 », qui permettrait d’ironiser sur les écarts entre deux sources liées à la direction de l’entreprise ? On ne fait pas dire ce que l’on veut aux informations numériques. Mais on omet parfois d’expliquer comment sont faites certaines statistiques. Voici comment se présente la situation :

En première diffusion, la TSR propose 2.581 heures de production maison et 5′924 de productions de tiers. En rediffusion, les productions maison occupent 4.743 heures et celles des tiers 3.317. En cumulant première diffusion et rediffusion, on arrive à 7.324 heures de productions maisons, sur un total obtenu avec l’apport des tiers à 16.565 heures. 7.324 comparé à 16.565 conduit à 44,2%.

Et c’est ainsi que l’affirmation de M.Marchand vérifiée est un bien meilleur argument pour l’entreprise que ce que donne la statistique officielle issue de la centrale bernoise.
Pratiquement une heure sur deux en production maison sur les deux canaux de la TSR, c’est une excellente proportion. La quote-part de la TSR, supérieure à la répartition qui ne tiendrait compte que de la population, est bien employée. Alors, le « deux cents, c’est assez » est un combat à tout le moins douteux !

DSK, champion de la médiatisation ?

Avertissement : à sa manière, Mix&Remix “commente” l’actualité… et l’émission. Cinq dessins se glissent entre nos paragraphes.

L’unité de bruit médiatique

C’est quoi, l’UBM, « Unité de Bruit Médiatique » ? Un instrument de mesure de l’Impact Médiatique produit par un groupe « Kantar Média », découverte personnelle faite le vendredi 27.05.2011 dans « Le matin ». Une seule source ne suffit pas. Il en faut plusieurs. Il y a même un moyen d’en avoir trop : on passe chez Google, on tape « Kantar média » et voici 320 mille pages annoncées réduites à 59 mille par « pages en français » et à 1.400 en y ajoutant « Suisse ».

Du sérieux, fort probablement. En effet, sur le site même, on trouve : « Un UBM correspond à 1% de la population potentiellement exposée à une page ou une minute d’information  sur un sujet dans les médias ». Une minute en radio et télévision, c’est chose claire. Mais un page écrite, c’est quoi ? Lire une page de journal demande largement plus de temps que d’écouter ou de regarder une minute audiovisuelle. Il me faut personnellement environ une minute pour lire un texte de deux mille signes.

Mix & RemixPassons sur ce flou de la notion de page : durant une semaine, chaque français de plus de quinze ans aura été potentiellement en contact avec presque 14 mille UBM consacrées à DSK La semaine qui suivit l’élection de Sarkozy ou celle d’Obama s’était terminée avec 7 mille UMB. Une autre mesure internationale annonce la présence depuis le 15 mai de DSK sur la une de 150 mille quotidiens internationaux.

Mix & RemixDSK, en boucle

Alors, DSK champion du monde ? En tous cas bien classé dans le tintamarre du bruit médiatique avec son « Affaire ». »! Sur les écrans petits et moyens, les mêmes images reviennent en boucle. Notons qu’elles ne sont pas présentes sur le grand écran du cinéma !  Les rappels de la présomption d’innocence subsistent, comme la présomption de plausibilité de la plainte d’une employée d’hôtel. Mais pour le moment qui sait ce qui s’est passé vraiment ! Pas grand monde !

Mix & RemixDeux « Infrarouge » de suite

La TSR ne dispose que d’une seule émission hebdomadaire de débats politiques : deux semaines de suite auront été consacrées à DSK. Dire « trop c’est trop » n’a  qu’une petite chance d’être entendu à la TSR. Mais à Genève, on n’aime guère entendre les reproches. Il arrive que l’on refuse de répondre à une question sous prétexte que répondre ferait courir le risque de se lancer dans une polémique ! On ne polémique pas avec les seigneurs de l’information télévisée au quotidien !

Mix & RemixAvec le même matériel, des résultats différents

Surpris, après la fin de la mini-série « DSK à Infrarouge » de découvrir un montage court de six minutes, qui serait composé des « meilleurs moments » tirés des soixante minutes de faux direct. Trop d’attention sur les interventions les plus « spectaculaires », dans la logique de ce que nomme « boulevardisation »  qui tend à privilégier ce qui semble intéressant au détriment de ce qui est important, selon le PDG de la SRG-SSR, Roger de Weck.

A chacun son obsession en boucle. La mienne refait surface de temps en temps depuis des décennies : Un jour viendra où une chaîne de service public généraliste osera introduire une émission de réflexion à son propos, pour contribuer à permettre au téléspectateur consommateur de se transformer modestement en citoyen un petit peu mieux éclairé. Par exemple : on repartirait des soixante minutes du dernier « Infrarouge » intitulé « Le choc des civilisations » suivi d’un prudent point d’interrogation (24.05.2011). On regarderait sur le web la version courte, montage de six minutes tirées des soixante. On confierait le tout à quatre équipes différentes en leur imposant de faire chacune un montage de quinze minutes. Le résultat ? Il y aurait quatre émissions différentes avec le même matériel de base.

Et l’on se souviendrait ainsi que l’information c’est aussi le « regard » que l’on porte sur la réalité….

Mix & Remix

Des images puis des mots…

La mort de BenLaden

Il y a quelques jours, un efficace commando professionnel d’Américains élimine Ben Laden. Pour certains, l’absence d’image du mort apparaît comme un manque de preuve. Une autre image qui circule sur le web est assez vite rejetée puisque truquée. Une photo de groupe, elle, fait probablement le tour du monde. Autour du président Obama, une douzaine de personnes assistent en direct à l’assaut donné contre la maison où habite Ben Laden. Ou regardaient-ils une bonne moitié d’un épisode de « 24 heures chrono » ? Les retouches de détail faites à ce cliché en améliorent la portée. Les « communicants » sur la politique de la Maison Blanche et du Président ont clairement choisi l’absence d’image du défunt.

DSK : des images qui le condamnent

DSK est à peine en garde à vue que certaines images font le tour du monde. Le patron du FMI, probable candidat à la présidentielle française, y apparaît visage décomposé, mains dans le dos liées par des menottes, entouré de beaux gars qui ne sont plus ses gardes du corps. Cette totale exhibition publique conduira à une sorte de mise à mort professionnelle et politique. Cela peut étonner en francophonie où la discrétion faite parfois de connivence est chose ordinaire. Les commentaires font donc largement état du comportement de la justice américaine qui avant même une inculpation rend publique des images de personnes soupçonnées, qu’il s’agisse d’un petit délinquant genre voleur de canettes ou d’une personnalité mondialement connue, qui elle ne vole pas presque rien. La présomption d’innocence est ainsi mise à mal. La Police et la Justice des USA n’adoptent pas le même attitude que le Politique.

Le tourbillon des mots

Bien vite s’ajoutent aux images les mots des commentateurs, parlés ou écrits. Les sons qui accompagnent les images filmées restent rares. Plus tard, la musique illustrera des images en mouvement, parfois même une photo, image instantanée figée. Tombent ainsi drus les commentaires des spécialistes dans le grand jeu du tout-sur-tout-tout-de-suite. L’absence de recul accentue la volonté de spectacle adressé au consommateur. Le citoyen qui regimbe dispose d’un champ de résistance face à l’audiovisuel  de l’instant : la lecture des journaux.

Temps de lecture et d’écoute

Lu, le mardi 17 mai 2011, trois quotidiens romands, l’un de proximité, un « people » et un dit « incontournable ». Sur l’affaire DSK, temps total de lecture, plus d’une heure, le plus court pour le people. Lu « Le monde » daté du mercredi 18 mai : à lui seul, sur le même sujet, pendant plus d’une heure. Assisté aussi, mardi 17 en fin de premier rideau, au débat d’ »Infrarouge » : une heure encore. Entré aussi sur le « forum » associé à l’émission ! A première vue, trop de choses pas très intéressantes.

Qualité de l’information : évidemment, avantage au « Monde » et ses huit pages de textes denses sous des angles d’approches variées. Avantage aussi aux trois quotidiens romands face à « Infrarouge ». Avec une demi-douzaine d’invités qui ne s’écoutent guère, Esther Mamarbachi n’évite par les couacs.

De la connivence

Le direct même différé tient du spectacle. Le spectacle s’adresse à un consommateur. L’information qui se met au service du citoyen demande du temps de recul pour la réflexion. L’audiovisuel reste pourtant avide de vitesse. Dans le cas DSK s’est posé le problème de la connivence entre les médias et les détenteurs du pouvoir sous toutes ses formes. DSK détenait un réel pouvoir économique et politique. En France, la discrétion à propos de son comportement à l’égard de femmes tient de la connivence. Mais on savait qu’il se voulait séducteur, exemples à l’appui

Edwy Pleynel, repoussé loin du « Monde », créateur d’un journal sur le web, Médiapart, spécialiste souvent consulté par les journalistes de la radio et du petit écran, avait probablement raison de rappeler qu’affirmer de quelqu’un qu’il est un séducteur n’est pas une information.

Quel est l’apport d’ »Infrarouge »?

Important alors de se poser une question sur ce direct différé. Sur son site, « Infrarouge » propose un montage de six minutes des moments les plus importants de l’émission. Que Mme Mamarbachi voulant impérativement savoir ce qui s’est passé dans la chambre soit considéré comme un « moment » important signifie très clairement que le « people » prend le dessus.

Supposons qu’une équipe de « Mise au point » dispose de quelques jours de montage pour tirer des soixante minutes un résumé : intuitivement, je « sens » qu’il ne durerait pas tellement plus de quinze minutes. Et qu’il ne ressemblerait guère à la version de six minutes proposée sur le site d’ »Infrarouge ».

Le forum

Ce mardi 23 en mettant un terme à ces lignes, j’esquisse un pas sur le forum d’ »infrarouge ». Sont annoncées 57 interventions, l’un des intervenant menant le bal avec près de six mille interventions à son actif ! Ces interventions induisent près de 230 réponses qui sont parfois réponses à des réponses. Manque de temps pour lire tout cela. Il faudrait pourtant s’y mettre pour savoir si ces forums en vrac apportent quelque chose d’intéressant.

Qu’on se réjouisse : « Infrarouge » remet çà le 24 mai, sous le titre « L’Affaire DSK : le choc des civilisations ? » Le spectacle continue

Mort d’un président

Témoins du présent

Intéressante à observer, la manière dont la création audiovisuelle d’un pays rend compte des principaux événements qui le concernent, trace le portrait de ses plus fortes personnalités politiques, qu’il s’agisse du passé même lointain, de présent ou d’un futur plausible. Les Américains dominent largement tous les autres, eux qui ont déjà consacré plusieurs films à l’Irak ou décrit la présidence d’un noir ou d’une femme ( cf « 24 heures chrono »). Anglais, avec un portrait de la reine par exemple, ou Italiens, préoccupés par Berlusconi sont dans le coup La Suisse est à la traîne, même si l’on peut citer le seul « Grounding » de Swissair.

La prudence française

La France est en train de combler un retard considérable.Pendant une bonne quinzaine d’ années, « Les sentiers de la gloire » (1957) de Kübrick y furent empêchés d’être montrés en public, car il ne fallait pas évoquer les fusillés pour l’exemple de la guerre de 14-18. La guerre d’Algérie qui prit fin aux débuts des années soixante ne fut que timidement évoquée dans l’audiovisuel français. « Un village français » qui relate en cinq saisons la vie d’une petite ville de province sous l’Occupation est apparu sur le petit écran en 2009. Les choses semblent tout de même changer : on aura osé proposer différentes approches de de Gaulle ou suivre Mitterand en solitaire sur le champ de mars. Jean-Pierre Guérin, le producteur du « Grand Charles » de Bernard Stora, en 2005, est celui de la « Mort du président » dont la réalisation a été confiée à Pierre Aknine.

Le visage de Pompidou était gonflé par la cortisone. Jean-François Balmer a accepté d’être maquillé chaque jour. L’imitation de l’intéressait pourtant pas. Pour lui, il s’agissait “d’une évocation (pour) prendre un peu de sa musique”

Tenu secret, sauf par les initiés

France 3 ( mardi 12.04.2011) vient de un remarquable portrait du Président Pompidou (1911-1974) lors de la dernière année de sa vie dominée par une maladie impossible à contenir médicalement, mais qui fut longtemps cachée au public. Proches et politiciens, eux, savaient que la mort allait intervenir dans les mois puis les semaines suivantes. Les uns et les autres ‘étaient tout de même d’accord pour ne pas rendre publique cette maladie, dans un élan en partie surprenant de respect de la volonté du Georges Pompidou. Mais le problème de la succession envahit leurs préoccupations, avec son cortège d’intrigues. Et si ce rôle semble naturel de la part de politiciens au pouvoir ou dans son voisinage, on découvre aussi les intrigues menées par deux conseillers privés, sans mandat électoral, Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Les qualités de « La mort d’un président »

Le regard du réalisateur et des scénarises porté sur Pompidou président est fait d’une réelle empathie .L’attitude du premier ministre durant les événements de 1968, sa ligne politique générale sont à peine évoqués, puisque le sujet est ailleurs. Mais une longue période de maladie permet de faire comprendre la haute culture littéraire et le goût de l’art moderne de Pompidou et la solidité du couple qu’il formait avec son épouse. Le Centre Pompidou à Paris vaut comme témoignage de sa culture.

“Mort d’un président” donne l’image d’un couple solide, complice, uni aussi par sa sensibilité artistique. S’agit-il ici de contempler une oeuvre de Nicolas de Stael ?

Les mérites de cette fiction unitaire signée Pierre Aknine sont nombreux. La performance de Jean-François Balmer est à souligner, qui s’est mis avec force et respect au service de son personnage certes moins connu que de Gaulle ou Mitterand. La représentation de personnages plus ou moins célèbres, certains encore envie, pose un problème à l’audiovisuel.. Comment procéder sans courir après le clonage ?

Les moyens pour atteindre la plausibilité.

Parmi les moyens d’être plausible, il y a les détails. Ainsi en va-t-il de la clope que Pompidou avait souvent aux lèvres, parlant clairement tout en l’y laissant.

En documentation, les choses sont simples. Il suffit de choisir ce que l’on veut montrer parmi des dizaines ou centaines d’heures de documents qui existent et d’en faire un montage compréhensible souvent porté par un commentaire explicatif et une musique parfois « descriptive » même lé où le silence s’imposerait. On parle beaucoup actuellement ‘d’un document de trois heures, sans le moindre commentaire, une sorte d’auto-portrait par les choix effectués parmi des milliers d’heures de documents filmés souvent sur ordre d’un dictateur qui aimait sa propre image, «L’autobiographie de Nicolae Ceausescu » d’Andrej Ujuca.

Pour la fiction, c’est plus délicat. Faut-il à tout prix que l’acteur qui incarne une personnalité connue décédée ou encore vivante soit la plus ressemblante possible ? On peut le faire avec les astuces hautement techniques, mais qui reviennent à du clonage. Dans « Zélig », Woody Allen faisait un pas volontaire dans cette direction. Mieux vaut renoncer à cette ressemblance pour s’en tenir à une proposition de présence plausible. Le réalisateur a choisi un procédé qui le met à l’aise sans lui imposer le souci de la totale ressemblance : un titre écrit donne le nom et l’occupation de la grande majorité des protagonistes. Pas besoin ainsi de se creuser la tête pour savoir qui il est.

Une forme de visage ressemblante, avec une paire de lunettes épaisses permettent de confirmer qu’il s’agit de Jacques Chirac. Mais l’acteur a su saisir certaines particularités de la diction de Jacques Chirac pour renforcer la présence de celui qui représente.

Comme hier « Les dossiers de l’écran »

Autre point positif : cette fiction aura donné lieu à une soirée thématique puisque les nonante minutes de fiction furent suivies d’un débat fort intéressant. Rien de nouveau : ce type de soirée s’appelait du temps lointain de l’ORTF quand il n’y avait qu’une ou deux chaînes généralistes publiques en France.« Les dossiers de l’écran », l’émission d’Armand Jammot, aura tenu l’antenne de 1967 à 1991, sur l’ORTF solitaire d’abord, puis sur Antenne 2 le mardi soir tous les quinze jours.. La discussion, souvent, oubliait le film initial pour s’en tenir à de échanges parfois vifs débordant du sujet.

On peut se souvenir d’une émission des années 70. Il y a d’autres moyens de remonter le temps. Dans la cour de l’Elysée, voici “la” voiture de ces années, aussi célèbre que la “Onze cv”, le “DS” ( ou serait-ce une “ID” ?)

La présence du réalisateur, d’un cinéaste dont le père était proche de Pompidou, de journalistes ou d’écrivains ayant consacré un ouvrage à l’ancien président, placés sous la direction de Frédéric Taddei ( « Ce soir ou jamais » ) fut d’un bon niveau. L’occasion était ainsi offerte de compléter le portrait dont certains aspects n’avaient été qu’esquissés dans le film qui ne durait que nonante minutes ce qui n’est pas beaucoup pour raconter une année d’une vie d’occupations normales alors que la mort s’approche même en laissant quelques répits.

Marie-France Garaud

Marie-France Garaud avait accepté de participer au débat. Avant la projection, elle avait déjà fait connaître son désaccord avec le film, trouvant qu’il trahissait la véritable personnalité de Pompidou. Mais on sentit aussi que certaines de ses interventions étaient une protestation contre le portrait qui était tracé d’elle comme une intrigante orgueilleuse se croyant la mission de sauver la France. Pour trouver un bon successeur à Pompidou, il ne fallut rien de moins qu’une mise à mort politique de Chaban-Delmas. Il n’en reste pas moins que la confrontation d’une dame âgée avec son image de femme en pleine force de la maturité apporta des moments forts et intrigants dans la discussion.

Marie-France Garaud de 2011 n’a pas vraiment apprécié l’image d’elle en 1974. Mais les puissants qui détiennent un pouvoir sans avoir été élus sont plus propres à subir d’éventuelles distorsions.

L’intérêt d’une soirée thématique

Il faut saluer comme riche l’offre d’une soirée thématique qui propose une fiction sur un sujet suivie d’une discussion à son propos. Arte sait pratiquer avec bonheur de genre de soirée. France 3 s’en est somme toute fort bien tiré. Ce 12 mars 2011. On ne peut que regretter la rareté de telles soirées sur la TSR qui n’en offre que lors de souvent fort longues soirées sportives. Une soirée thématique comme celle évoquant la mort d’un président s’adresse au citoyen, le téléspectateur.

Convergence contre culture

De convergence, il en fut souvent question l’an dernier. Tant à Zürich qu’au bord du Léman, tant la radio que la télévision et leurs différentes chaînes désormais vivent sous une même structure. Une convergence réussie permet de diminuer des déficits et d’éviter des dépenses, donnant ainsi de meilleurs moyens à la production. Dans une entreprise audiovisuelle comme la SSR-SRG qui n’a pas à faire de bénéfices, la convergence doit être porteuse d’un plus.

Dans une grande entreprise comme la radiotélévision de service public, les cadres supérieurs de formation technocratique savourent la convergence, les créatifs de la base certainement beaucoup et les nombreux petits et moyens chefs qui lient les uns aux autres choisissent de suivre les chefs en adoptant un prudent silence. Normal ! Si le grand meneur est, clairvoyant, intelligent, persuasif, Gilles Marchand l’est, cela peut aller à assez grande vitesse même sans réunir tout le personnel des deux entreprises entre Morges et Genève.

Les sportifs de radio et de tv parfois se heurtent. Ils font ces métiers à composantes principales différentes. Les gens qui s’occupent de culture, plusieurs dizaines en radio, beaucoup, moins paraît-il en télévision chose étonnante, viennent de vivre une curieuse expérience, Déjà que « Tard pour bar », spectacle parlé d’expression culturelle créative comme l’était il y a trois ans l’émission produite par Myriam Mermoud, n’emportait

pas de très large adhésion avec carpe couleur 3 et son lapin motard tv. La lassitude ressentie par son animateur Michel Zendali qui aurait souhaité procéder à des aménagements a permis de lui proposer pour bientôt un spectacle parlé itinérant en Romandie, ce que « Tard pour bar » aurait dû être

Michel Zendali anime Tard pour Bar pour encore quelques numéros (Photo : C. Landry)

Ce pourrait bien devenir une émission de plus d’information, sur les activés culturelles qui ne sont pas forcément créatives, mais silence motus, interdiction d’en parler. Michel Zendali avec ses 57 ans s’accorde la liberté de râler et de s’étonner que la convergence se fasse dans un domaine où une place timide reste pour les fortes personnalités comme la sienne mais s’en aille chercher ses principaux animateurs dans une société fondée non sans risque à l’extérieur de l’entreprise convergée, permettant un retour en force d’anciens collaborateurs.

Une seule médaille ? C’est la cata !

Dimanche 20 février 2011, dans « Les sports » du jour, en plus de l’ « Etoile des neiges » évocatrice d’une chanson – mais pour quelle(s) génération(s) ? – on fait le bilan, en ajoutant la méforme de Silvan Zurbriggen. Une déception de plus en ski alpin !

Une théorie par service

Quelques minutes plus tard, au « 19 :30 » à l’audience hénaurme, voici une petite phrase ou deux, ton sinistre si possible et visage triste : « A Garmisch-Partenkirchen, c’est la cata » Une seule médaille ! Les journalistes sportifs viennent de tenter de dresser un bilan de la réalité des championnats du monde de ski alpin et proposent quelques justes nuances. La présentatrice du TJ commente dans le sens du vent qui porte la cata. Parlent-ils du même événement ? Chacun suit son chemin

La présentatrice commente dans le sens du vent... qui porte la cata !

Maudite quatrième place « chocolatée »

Précision indispensable : il ne s’agit pas des championnats du monde. La « cata », c’est le résultat des suisses. Une seule médaille, juste, mais pas n’importe laquelle, une d’argent gagnée, pas d’un d’or perdu ! Lucide, le sportif « âgé » du Val-de-Ruz.. Dans presque chaque pays participant, c’est une rencontre internationale où l’on a le regard coincé sur son équipe. Cette fois, c’est notre tour : la cata est helvétique. Pensez donc, une seule médaille. Vrai, pour qui accepte de ne compter que l’or d’abord, plus l’argent, enfin le bronze. On rejette la quatrième place d’un méprisant chocolat dont on prétend pourtant en autres milieux qu’il a vertu érotique, le chocolat ! Un championnat du monde, c’est comme une course d’un jour unique, même sur quinzaine étalée. Une parenthèse dans la saison, avec skieurs dans le rôle des rois mages !

Des dirigeants très optimistes

Les dirigeants du ski suisse annoncèrent une récolte de six médailles. Les entraîneurs, employés des précédents, n’osent pas les contredire. Les multiples médias ne vont pourtant pas rabattre les joies annoncées !. Et les skieurs ? Ils n’ont par le choix : il faut confirmer. Raté ! Oubliés, les deux qui ramassent une bûche en fin de course une médaille déjà pendue au cou. Oubliés les quatre quatrièmes rangs, chaque perdant séparé par trois dixièmes du podium. Trois dixièmes ? Moins de dix mètres dans une descente de trois kilomètres à cent à l’heure. Un centième de seconde ? Trente centimètres !

L’or d’abord

La cata ? Et si c’étaient ces effets d’annonces qui cachent le charme de la compétition ! Chaque jour ou presque, on publie un classement sur un critère simple : d’abord le plus grand nombre de médailles en or, puis à égalité, le nombre des médailles en argent, procédé une fois encore répété avec le bronze.

Le pays qui ne récolterait qu’une seule médaille d’or est ainsi mieux classé qu’un rival obtenant quatre d’argent et six de bronze ! Pas très significatif !

On pourrait nuancer cette sécheresse en attribuant à l’or un coefficient supérieur à l’argent, lui même supérieur au bronze, et en continuant, par exemple jusqu’aux quinze premiers (en Formule1 sauf erreur) ou trente (coupe du monde de ski). Le classement mesurerait alors la valeur d’une saison dans son ensemble, et pas seulement quelques courses concentrées sur une courte période.

Comparaisons dans le temps

Intéressante, assez souvent, la présence de consultants qui furent de bons skieurs et savent lire le travail des participants. Mais il leur arrive de faire remarquer des détails qui restent difficiles à saisir, un effet de carre, une manière d’entrer dans une porte. Bien entendu, sans les temps affichés en permanence, verrait-on une différence entre les meilleurs ? Pas certain. Souvent on entend dire que les écarts qui séparent les premiers sont de plus en plus petits. Est-ce exact ? Ne pourrait-on pas aussi, plutôt que de rappeler la carrière des participants, revenir sur une course d’il y a 75 ans, puis 50, puis 25 et enfin d’aujourd’hui et de donner la proportion de ceux qui se trouvent dans la même seconde ? On comprendrait peut-être ainsi pourquoi les meilleurs sont de plus en plus nombreux. Mais est-ce le cas ? Bref, suivre l’évolution d’une compétition dans le temps permettrait d’ouvrir une porte sur l’histoire d’un sport. Et pendant ce temps, les techniciens trouveraient un moyen de mieux faire sentir la raideur d’une pente.

Et puis, mieux comprendre un sport pris comme divertissement, c’est peut.-être aussi savoir l’apprécier mieux.

Aux armes, « citoyens »

A la tête de la « SSR SRG Idée suisse » depuis quinze ans, Armin Walpen s’en va le 31 décembre 2010. Le haut-valaisan, technocrate solide, aura marqué la SSR par son sens de l’organisation et du se battre à cause de finances insuffisantes.

Roger de Weck - Photo: SRG SSR

Son successeur, Roger de Weck, aura été d’une grande discrétion ces derniers mois, n’intervenant presque pas face à l’opinion publique. Il aura pu observer de l’intérieur le mammouth sous toutes ses faces, apprendre à connaître ses proches collaborateurs, participer au choix de certains d’entre eux, suivre les premiers changements de structures imposés par la convergence entre télévision, radio, portable et internet.

Une de ses déclarations faites lors de sa nomination mérite d’être rappelée. Sous sa direction, dans le domaine de l’information d’abord, une meilleure place sera donnée au citoyen et une plus discrète au consommateur. C’est affirmer la volonté de prendre le risque de privilégier la qualité d’un dialogue plutôt que le spectacle de disputes verbales qui s’adressent au consommateur, quitte à y perdre parfois de petites parts de marché. Mais existe-t-il des moyens de « mesurer » la qualité ? (Voir à ce sujet le site sur le Symposium sur la Qualité à la SSR)

Deux émissions de débat dominent tant à Zürich qu’à Genève, faute de suivre ce qui se passe au Tessin. On en est venu à dire des invités de l’émission souvent patoisante de Zürich qu’ils doivent être « Arena compatibles ». Tout est bien alors quand le ton monte ! Mais peut-être renoncera-t-on en partie aux armes verbales de destruction massive au profit d’un dialogue qui enrichit les informations du citoyen.

Il semble bien que l’on se soit interrogé en Suisse romande aussi sur l’esprit qui devrait régner à « Infrarouge », du moins lors des émissions qui sont inscrites vers 22h30. Des changements sont annoncés, sans que l’on sache lesquels. Certes, on sait déjà qu’il y aura un nouveau décor. Mais le décor ne suffit pas pour empêcher les prises de bec, les répétitions au cours de débat, les mêmes invités d’une émission à l’autre. Sera-ce moins de Freysinger ? Esther Mamarbachi, ( le 12 janvier vers 22h00) trouvera espérons-le un ton nouveau pour diriger le débat qui s’ouvrira à partir d’une mini-série de très grande classe, les quatre films de « Romans d’ados » de Béatrice Bakhti ( les mercredis 22 et 29 décembre, 5 et 12 janvier 2011 en premier rideau).

Deux fois de Gaulle dans la guerre d’Algérie : 1958-1962

es documents audiovisuels qui permettent de raconter l’Histoire et de l’illustrer sont de plus en plus nombreux et de plus en plus accessibles. Sur pellicule, ils étaient lourds, difficilement transportables. En vidéo, c’est l’effacement progressif de l’enregistrement magnétique qui est désagréable.

Les progrès du numérique

Immenses progrès avec le numérique : un petit disque et ce sont des heures et des heures accessibles mises dans une poche.Les chaînes spécialisées ou généralistes disposent ainsi de véritables trésors facilement exploitables. Il ne reste dès lors qu’une matière indispensable : l’imagination pour le construction d’un récit par le montage éventuellement assorti d’un commentaire. On peut, grâce au numérique, construire de véritables films de documentations où l’apport essentiel est le temps du choix des éléments et leur construction plus que les documents de base qui occupent peu de place dans le numérique.

« Je vous ai compris : De Gaulle : 1958-1962

Il devient possible ainsi d’inventer de nouvelles formes de construction dans la documentation. Un exemple récent est dans ce domaine particulièrement révélateur. Serge Moati et ses collaborateurs se sont livrés à une passionnante forme de montage. Dans « Je vous ai compris : de Gaulle 1958-1962 », ils ont suivi le plus attentivement possible le cheminement du président de la République, par ailleurs général. D’un côté, il y eut les interventions officielles, publiques, souvent filmées sous tous les angles possibles et imaginables. Ce sont là des documents bruts, qui certes peuvent être plus ou moins manipulés, mais ce n’est pas ce qui nous préoccupe ici. Dans un contexte politique aussi compliqué que celui des années 58-62, on mit du temps à comprend que le « Je vous ai compris » ne signifiait pas forcément l’adhésion de de Gaulle à la thèse de l’Algérie française. A l’heure de la décolonisation, de Gaulle savait qu’il fallait trouver autre chose, la « paix des braves » par exemple.

C ‘est Patrick Chesnais qui représente le de Gaulle de manière plus plausible par les mots que l’apparence physique. Peut-être explique-t-il ce qu’il entendait alors par « je vous ai compris » qui allait s’éloigner de l’ « « Algérie française »! Et c’est Serge Moati le metteur en scène de « Je vous ai compris – de Gaulle 1958-1962 »)et auteur du scénario avec Hugues Nancy et Christophe Barbier, qui tient le clap sur lequel il n’y a pas d’indication. On met donc en scène une mise en scène ( photo France 2)

De Gaulle et Massu : ressembler sans imiter

Mais il y a des déclarations qu’il était impossible de faire en public dans un premier temps. Elles sont restées discrètes sinon secrètes. Peut-.être n’existe-t-il aucun document qui s’apparente à un procès-verbal.Que se sont dit en réalisé hors caméra les généraux Massu et de Gaulle ? On croit savoir une parttie des réponses. Il n’existe pas de document d’époque apporrtant cette réponse. Alors, Moati et les siens vont jouer sur ce que la fiction leur offre : mettre en scène deux acteurs qui se nomment Massu ou de Gaulle sans pousser la ressemblance à l’imitation. A un document d’époque peut donc succéder dans cette forme de télévision une scène de fiction qui reconstitue de manière plausible ce qui s’est peut-être dit en réalité. Deux langages différents pour la même continuité historique sans mentir

Trouvé grâce à Google sur le site d’une union gaulliste de France cette image de de Gaulle lors de l’appel du 18 juin 1940. C’est le de Gaulle de la réalité historique, même si l’image semble bien être d’une grande perfection technique

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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