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LRTV : dernière ligne droite (enfin, presque!)
Le 2ème sondage réalisé fin mai par gfs vient d’être publié. Sur le sujet qui nous occupe prioritairement, la LRTV, il confirme les résultats serrés, avantage au oui en Suisse romande et au Tessin, au non en Suisse alémanique, avantage au oui à gauche et au centre, au non à droite et très à droite, avantage aux oui chez les jeunes, au non chez les aînés.
Sur l’ensemble du pays, on en serait à 47 % de non, 43 % de oui et 10 % d’indécis. Pas trouvé d’information sur le taux de participation!
La RTS a édicté une charte à respecter lors de la publication de sondages. Voici le rappel des exigences qui sont du reste généralement bien respectées:
Les Sondages d’opinion sont présentés non pas comme des pronostics, mais comme des photographies datées de l’opinion publique. Le nombre de personnes interrogées, l’aire géographique, la marge d’erreur de réalisation et le commanditaire sont cités.
En ce jeudi 4 juin 2015, la marge d’erreur annoncée est légèrement inférieure à trois pourcent sur l’ensemble de l’échantillon national. Le résultat reste donc indécis. Il y aura probablement du suspens le 14 juin 2015.
Question théorique à laquelle je ne sais pas répondre: quand on prend en considération un sous-ensemble de l’échantillon total, le Tessin seul par exemple, la marge d’erreur reste-t-elle la même? Il y a très très longtemps, il y avait à “Sottens” une jolie émission “Questionnez, on vous répondra”. Elle n’existe plus. A qui s’adresser pour avoir une réponse à propos des erreurs sur les sous-échantillons?
Le Temps – 4 juin 2015 – page 9
Large présentation du dernier sondage, avec tableau et commentaires, mais sans mention à la marge d’erreur. Sur ce point, la RTS fait mieux que « Le Temps » pourtant bon représentant de la presse écrite. Les dernières lignes du texte d’Yves Petitgnat sont particulièrement intéressantes:
Même si du côté des opposants l’argument qui domine est le fait que le débat sur l’offre du service public n’a pas encore eu lieu, et malgré une campagne virulente en Suisse alémanique contre la SSR, l’opinion est largement favorable au diffuseur public: 18% des personnes sondées se montrent très satisfaites et 54% plutôt satisfaites de la SSR.
Même chez ceux qui refusent la modification, on trouve une majorité de gens contents de la radio-TV publique, 46% contre 43%
L’Hebdo – 4 juin 2015 : pour élever le débat
Avec la redevance à mille balles, le salaire supersonique de Roger de Weck, le risque de payer un même service deux fois, l’inutilité de produire des séries suisses, le débat n’aura pas volé à des hauteurs stratosphériques.
Excellent texte de Guillaume Klossa, écrivain, membre du comité de direction de l’Union européenne, qui remet le débat Suisse en perspective. Exemples
(..) compte tenu des surcoûts liés au multilinguisme*, la future redevance se situera au niveau de celles perçues en Allemagne et en Suède.
(..) nos vieilles démocraties ont plus que jamais besoin de services publics modernes et innovants, qui soient en même temps des institutions culturelles et démocratiques en phase avec nos concitoyens et capables d’évoluer en permanence. La nouvelle loi LRTV contribue à cette ambition, et c’est une bonne chose.

Guillaume Klossa : enfin le retour d’une image pour aérer le texte, « piquée » sur le site de « L’Hebdo »
Mais ce qui me frappe particulièrement en Suisse, c’est le rôle clé de la SSR en matière de cohésion nationale. Institution culturelle et sociale majeure du pays, elle permet en outre aux Suisses de partager des moments communs (…)
(..) la SSR joue, comme la BBC au Royaume-Uni, France Télévisions en France, la RAI en Italie, un rôle majeur dans le financement de la production audiovisuelle et cinématographique nationale (…)
Desintox (ter)!
Selon Larousse, la «désintoxication» est «action de débarrasser des effets nocifs de la propagande». Après «Desintox!» et «Desintox (bis)» ce ter s’impose. Une victoire du OUI le 14 juin 2015 serait tout de même un meilleur tremplin pour amorcer une réflexion sur la radio et la télévision de service public dans un esprit débarrassé de la polémique actuelle.
3 juin 2015: Le Temps, page 7
Titre du jour sur six colonnes: « La redevance radio-TV sera un impôt déguisé ». Encore? Dans le même sens? Pas vraiment, dans la nuance d’un vrai dialogue! A d’excellentes questions d’Yves Petitgnat, il y a de fort bonnes réponses de vaudois Nicolas Leuba, qui avant de s’occuper d’une gérance dirigeait un garage. Et une belle attitude de franchise: avec le nouveau système, son ancien garage lui coûterait 6.300 francs au lieu de 800 environ. Pour un chiffre d’affaires de vingt-cinq millions ce ne serait pas « susceptible de mettre en péril les activités de l’entreprise, Heureusement! ». Voilà qui contraste avec des déclarations d’autres interlocuteurs. Que la nouvelle redevance devienne un « impôt déguisé » déplait à M.Leuba. Mais il reconnaît bien des qualités à l’actuelle RTS: « A mon sens, la SSR doit se concentrer sur ce qui est spécifique à sa mission et pour quoi elle est très bonne: les émissions d’actualité, la culture, le sport et probablement pas sur suisses les séries. Pourquoi produire des séries suisses qui coûtent (…) 20 fois plus que celles achetées à l’étranger.
Parenthèse: on se trouve évidemment bien loin de l’objet de la votation du 14 juin. Mais il ne faut pas résister au plaisir de commenter cette dernière remarque en oubliant la votation un paragraphe durant. Juste appréciation pour l’actualité et le sport, bien généreuse pour la culture, mais hors du sujet pour les séries. Une série achetée aux USA coûte parfois 100 francs la minute. Une série produite par la RTS vaut au moins dix mille la minute, cent fois plus. Mais les danois investissent plus que la Suisse dans leurs séries à l’international succès. Et un petit virage vers le cinéma permet une intéressante comparaison: « Mad Max, fury road » de Georg Miller vaut cent millions de dollars, pour cent-vingt minutes. On est alors dans un ordre de grandeur de 800 mille francs la minute. Il serait intéressant de trouver aussi le coût-minute de « Games of thrones », plus proche de *Mad max » que de « Station horizon ».
2 juin 2015: Le Temps, page 11
Le texte de Jean-René Fournier, Conseiller aux Etats PDC (Valais) s’inscrit dans la mouvance USAM/UDC. Citons-en une partie qui va dans le même sens que le titre: En déléguant au Conseil fédéral la compétence d’adapter les tarifs, c’est prendre déjà quasiment la décision de porter rapidement cet impôt à mille francs pas ménage et par an. La baisse promise de 62 francs par particulier et par an fait figure d’appât(..). Passons: rien de nouveau sous le soleil des perverses intentions prêtées au Conseil fédéral! Chic alors: avec une redevance à mille francs, plus besoin de publicité sur le petit écran; et la SSR-SRG pourra doubler sur toutes ses chaînes de radio et de télévision, sur tous les supports, sa production propre! Le paradis!!
1 juin 2015: Le Temps, page 3
Sous le titre «SSR, le mammouth aux pieds d’argile», on peut lire, sous la signature Sylvain Besson, adjoint au rédacteur: »Alimentée par une alliance hétéroclite d’ennemis (petits patrons, UDC et presse écrite), la campagne s’est transformée en large révolte contre la redevance, voire contre la SSR dans sa forme actuelle ».
Les petits patrons
Parmi ces ennemis, on sait l’importance prise par l’USAM, son président, le romand Jean-François Rime, son directeur alémanique, Hans-Ulrich Bigler. Le tous-ménages apparu récemment, dont la ressemblance tant formelle que d’esprit avec d’autres (sur les minarets à construire ou autres moutons noirs à expulser) contribue à faire croire que l’USAM et l’UDC ne font qu’un. On y apprend que la redevance, à terme, sera portée à mille francs, puisque le conseil fédéral est, cela va de soi, aux ordres des patrons de la SSR-SRG!
Le 16 % des entreprises sont invitées à payer par la suite plus de deux cent millions ( contre une quarantaine actuellement) pour soutenir l’audiovisuel suisse, y compris les chaînes régionales. La redevance pour les ménages peut ainsi baisser de 450 sans TVA à 400 francs. Un transfert de nature sociale!
Quelles entreprises paieront? Le 75 pourcent sera exempté. Le 9% de celles dont le chiffre d’affaires se situe entre cinq cents mille francs et un million réglera quatre cent francs, comme auparavant, du moins pour celles qui étaient déclarées. Dans le 16% restant, combien de «petits» patrons, si tant est qu’une entreprise qui atteint un CA de un million soit encore dirigée par un «petit» patron?
Deux peut-être «petits» patrons ont se sont exprimés à la télévision. Leur contribution, actuellement de l’ordre de deux mille francs passera à plus de quinze mille francs. Mais ce montant sera demandé à des entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre cent millions et un milliard. Pour une entreprise du secteur automobile, il faudrait un million et demi de CA pour former un bénéfice de quinze mille francs. C’est une bien petite marge bénéficiaire pour qui n’est tout de même plus un «petit» patron!
Rappel: quinze mille francs, pour un CA de cent millions au moins, c’est quinze centimes au maximum pour mille francs.
L’UDC
Le 22 mai dernier, dans «Le Temps», remarquable intervention d’un expert, Philippe Viallon, sociologue de l’Université de Strasbourg, qui justifie sa position bien résumée par le titre: «Face à Google et Youtube, les médias suisses n’ont d’autre choix que de s’entendre ou disparaître ». Parmi les adversaires de la SSR-SRG, il mentionne «… l’UDC pour des raisons idéologiques et Natalie Rickli pour des raisons d’intérêt personnel».
Pour Yves Besson, Roger de Weck est «un directeur isolé et amer». Tout serait parti d’une «conférence organisée par la très blocherienne Holding pour la diversité des médias. En Suisse alémanique, la campagne s’est focalisée autour du patron de la SSR-SRG dont Yves BESSON écrit qu’il «… incarne un intellectuel aristocratique, parfaitement francophone et ouvertement favorable à l’adhésion de l a Suisse à l’UE» Une définition qui ne doit pas faire sursauter les pontes de l’UDC. Et on vole en rase-motte en suisse alémanique, en avançant le salaire de Roger de Weck, 560 mille francs.
Parenthèse: le chiffre d’affaires de la SSR-SRG se situe à un peu plus de 1.5 milliard l’an. Celui de la FIFA tournerait autour cinq milliards sur une période de quatre ans. Qui connaît le salaire de l’helvétique patron du football, qui doit dépasser celui de Roger de Weck? A porter au crédit de la SSR-SRG, une certaine transparence.
La presse écrite
Un peu sommaire que de regrouper sous «presse écrite» certains «ennemis» de la SSR-SRG. Il s’agit plutôt de deux grands éditeurs, Tamedia et Ringier fortement implantés en Suisse romande, certes aussi de quelques journalistes, rédacteurs en chefs ou adjoints, proches de leurs éditeurs. Il est vrai aussi que le rendement de la publicité est en baisse dans certains journaux et peut-être sur le petit écran, ce qui reste à contrôler. Des grands éditeurs ont fait tout ce qui est en leur pouvoir, qui n’est pas négligeable, pour empêcher les entreprises de la SSR d’introduire la publicité sur internet. Affaiblir le service public audiovisuel ne va pas automatiquement renforcer les éditeurs de la presse écrite. (A suivre encore un brin!)
Desintox !
C’est le titre d’une rubrique qui apparaît régulièrement dans la fort intéressante émission quotidienne de débats d’ARTE, le «28 minutes» d’après 20h animé par Elisabeth Quinn et au moins deux «complices» maison avec en principe trois invités qui ont tous quelque chose à dire sur le sujet du jour, ne serait-ce que pour avoir écrit un livre à son propos.
En fin d’émission apparaît un court sujet, «Desintox», à partir d’une déclaration publique d’un représentant du milieu politique. On y passe une affirmation à la moulinette pour constater que les informations numériques annoncées triomphalement à l’appui d’une thèse sont au minimum sujettes à cautions. C’est là opération de désintoxication, selon «Larousse», action de débarrasser des effets nocifs de la propagande. Les lignes qui suivent sont donc un amical salut à «Desintox».
La LRTV et les entreprises
Dans «Le Temps» des 16 et 17 mai 2015, en première page, Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef, écrit : (..) la redevance va s’étendre à tous, notamment à l’ensemble des entreprises.
En page 7, Yves Petitgnat, de Berne, rappelle qu’avec la nouvelle loi (..) plus que 75 % d’entre elles, les plus petites, seraient exonérées de la redevance.
D’un document de l’OFCOM, on tire ce qui suit (voir La LRTV en 2h) :
Actuellement, 114 mille entreprises annoncées sur 655 mille, le 18 %, versent près de 45 millions de redevance, environ 400 francs par entreprise. 541 mille entreprises non-annoncées sont ainsi « exemptées »,
Avec la nouvelle loi, 143 mille entreprises sur 572 mille, le 25 %, paieront ensemble un peu plus de 200 millions. Il reste assez mince, «L’ensemble des entreprises»!
Le coût pour mille francs
Avec la nouvelle loi, à une entreprise dont le chiffre d’affaires est de cinq cent mille francs, il en couterait 400 francs: 80 centimes pour mille francs.
Pour un chiffres d’affaires de 5 millions, ce serait 2’500 francs: 50 centimes par mille francs; pour 20 millions, soit 6’300, on descend à 30 centimes par mille. Pour cent millions, 15’600 francs représentent 15,6 centimes. 40’000 francs pour un milliard, c’est 4 centimes par mille francs,
Pour un ménage dont le revenu est de cent mille francs par an, la redevance à 400 francs représente 4 francs par mille.
Pour les entreprises, la charge est une brigade de plus en plus légère et à tout le moins supportable.
Le combat mené par l’USAM et en Suisse romande Jean-François Rime repose sur une question de principe – faire payer des entreprises – qui aurait pu être mis en cause depuis près de quinze ans au moins. S’y lancer en 2015 cache autre chose.
La défense de «Billag»
Pirouette: le texte du «Temps» signé Yves Petitgnat cité ci-dessus a pour titre: «Quand Jean-François Rime veut sauver Billag». Billag? Cette société qui prélève la redevance et pourchasse les mauvais payeurs occupe, à Fribourg, près de deux cents personnes. S’opposer à la nouvelle forme de paiement de la redevance permettrait donc de sauver des postes de travail dans le canton de Fribourg. Dans «L’Express-L’Impartial» et «La Liberté» du vendredi 15 mai, Philippe Castella met aussi en avant Billag, ses emplois fribourgeois et la campagne assez « personnelle » de J.-F. Rime.
Comme légende pour une image, il est écrit (L’Express-L’Impartial): Il faut voter non à la nouvelle redevance radio-TV pour empêcher la perte de places de travail à Fribourg. Tel est l’étrange argument avancé par Jean-François Rime dans un courrier des lecteurs publié par les «Freiburger Nachrichten»!
D’un seul coup, on assure la protection du 75 % des entreprises qui n’ont pas besoin de l’être de la redevance et l’on sauve des places de travail à Fribourg. Les élections fédérales approchent….
Encore la LRTV !
Avertissement: il ne s’agit pas ici de poursuivre l’élaboration d’une revue de presse, mais seulement de rendre compte de quelques réactions après des lectures personnelles qui ne recouvrent de loin pas l’ensemble de la presse romande. (Temps de lecture de ce texte sans illustration sur la base d’un peu plus de mille signes à la minute: environ quatre minutes)
12 Mai – « Le temps »
Alors que partisans du OUI répètent leurs arguments en faveur de la nouvelle LRTV qui propose une adaptation du système de prélèvement de la redevance, le cercle des adversaires s’agrandit. Parmi les invités du journal « Le Temps », M.Raphaël Baeriswyl, avocat genevois, signe en page 14 un texte intitulé « Nouvelle LRTV : une arnaque doublée d’un hold-up ».
Arnaque ? « Internet et les smartphones doivent conduire à la suppression de la redevance ». Hier, la redevance s’opérait par voie hertzienne, prélèvement considéré par l’invité du « temps » comme peut-être adéquat dans le lointain passé. La nature du vecteur a changé( câble, internet, etc). Mais l’arnaque n’est pas « nouvelle » : la LRTV des années récentes d’avant le vote de 2015 en était déjà une !
Hold-Up ? C’est le paiement d’une redevance par les entreprises qui permet d’en parler. L’auteur du «Hold-Up » n’est donc autre que l’Etat lui-même poussé par les politiciens qui ont voté la loi, pour Me Baeriswyl. Il parle donc d’un hold-up quand une entreprise qui atteint un milliard de chiffres d’affaires versera quarante-mille francs de redevance, quatre centimes pour mille francs. Un risque de ruine ?! Et si c’était tout simplement un acte de solidarité, même imposé à de grandes entreprises, pour permettre d’offrir aux publics des produits audiovisuels intéressants ?
Jamais de baisse ! En passant, lu ceci : Le montant de la redevance n’a jamais baissé en dépit de l’accroissement de la population (ce qui est déjà étonnant). L’accroissement des recettes aura permis, au cours des dernières décennies, d’enrichir considérablement l’offre, tant par le nombre de canaux que les heures de diffusions, la qualité souvent présente au rendez.-vous. Et le public romand suit massivement la télévision de 19h00 à 21h00 quand elle propose uniquement des émissions par elle produites !
11 mai: «L’Express-L’Impartial»
Une page entière, dans «L’Express» et «L’Impartial», propos recueillis par Philippe Castella à Berne, permet à Doris LEUTHARD de défendre avec précision et conviction la nouvelle loi en rappelant que «Nous votons uniquement sur un changement de système de perception de la redevance». La titre sur six colonnes résume le dérapage de la campagne: On assiste au matraquage de la SSR»! Mention est aussi faite au football, qui trouve largement place sur les chaînes de la SSR: «Regardez ce qui se passe dans les pays qui ont décidé de sortir le sport du mandat de service public. Il faut payer pour voir un match(…).»
10 mai – «Le Matin-Dimanche»
Dans le cahier sportif du «Matin-Dimanche», Christian Despont, Rédacteur en chef adjoint, s’en prend avec verve au commentateur de service sur RTS 2 lors de la rencontre Juventus-Real. Pour ma part, j’ai trouvé le commentaire de ce soir-là peu intéressant mais me suis contenté de baisser. Et l’éditorialisme de citer la Conseillère fédérale Doris Leuthard parlant de «notre offre sportive» qu’ «il ne faudrait surtout pas laisser aux privés».
Un commentaire jugé mauvais n’a aucun lien avec la prochaine votation. Le vote sur la redevance permet de savantes glissades!
Dans le même numéro, en page 2, lire « SSR, la stratégie victimaire« , l’édito d’Ariane Dayer, rédactrice en chef et en page 5, un texte de Christophe PASSER, « La redevance agite plus les Alémaniques que les Romands ». On y apprend en sous-titre que « Les sondages indécis augmentent la nervosité de la SSR ».
8 mai: «Vigousse»
Dans un éditorial, « Télé la question », Jean-Luc Wenger, constate que certains, comme Pietro Supino, patron de Tamedia, veulent faire maigrir la SSR-SRG en passant par le prétexte de la votation sur la redevance, sans donner de précision sur ce que serait une autre télévision généraliste. Savoureuse, la conclusion: Dès lors, le service public, mieux vaut ne pas en être privé.
8 mai: «Le Temps»
C’est une opération de démontage de la SSR » (page 11)
Yves Petitgnat, à Berne, interroge Raymond Loretan, président de la SSR, en formulant une bonne douzaine de (bonnes) questions, sur trois-quarts de page. Il faut une bonne dizaine de minutes pour lire ce texte, stylo en main pour en souligner des fragments.
Cette campagne se termine le 14 juin, mais il sera possible de voter bientôt par correspondance. Chaque camp peut fournir des arguments pour défendre sa position. Mais il est tout aussi important de s’interroger sur l’argumentation du camp opposé. Il va sans dire que M.Loretan n’a pas besoin de dire qu’il va voter OUI!
Le début de l’entretien porte sur les attaques des opposants, ce «démontage» qui est dans le titre. Il serait prétentieux de vouloir en faire un résumé en 160 signes! Par contre, il est important d’en signaler l’existence, puisque les opposants se sont volontairement éloignés de l’objet de la votation, le mode de prélèvement de la redevance.
Il doit être permis de s’interroger sur ces opposants? A première vue, ils semblent plus nombreux en Suisse alémanique qu’ailleurs. Certains sont proches de grands éditeurs. Il semble aussi que la participation de membres ou de proches de l’UDC soit assez importante. Ils veulent affaiblir la position de la SSR-SRG. Mais pour le moment, on ne sait pas tellement ce que serait « leur » télévision de remplacement, ni qui détiendrait le pouvoir. Les grands éditeurs? Une télé Blocher appuyée sur sa propre puissance financière?
Redevance ou impôt ? Page 14
Dans sa chronique régulière, Marie-Hélène Miauton se demande s’il s’agit de «Redevance ou impôt?». Temps de lecture: environ trois minutes, sur la base de mille signes la minute! Mme Miauton ne met pas en cause le fait de percevoir une redevance ou de faire payer un impôt à tous ceux qui peuvent recevoir une émission de radio ou de télévision, sur les supports les plus variés, pas seulement le « vieux » téléviseur.
Par contre, l’auteure met en cause la taxation des entreprises, citant en particulier les deux mille sociétés qui vont devoir s’acquitter, selon la nouvelle loi, d’«un impôt supérieur à 15’000 par an. Belle somme!»
Il est intéressant de se poser quelques questions au sujet du poids de ce nouvel impôt et de le rapporter au revenu.
Pour un ménage dont le gain annuel serait modestement de quarante mille francs, ce nouvel impôt de quatre cents francs représente dix francs mille francs. Pour un revenu de cent mille, ce sont quatre francs pour mille.
Pour une entreprise dont le chiffre d’affaires est de un milliard de francs, 39’000 francs arrondis par commodité à 40’000 francs , cela représente quatre centimes pour mille francs.
Autre exemple, celui de Mme Miauton: 15’000 francs pour une entreprise dont le chiffre d’affaires d’élève à 100 millions représentent quinze centimes pour mille francs.
Pas de quoi provoquer des faillites!!
Un peu en marge de la votation sur la « redevance »
Peut-être faudrait-il changer le titre de ce sujet à rallonges, en remplaçant le « Un peu » par « De plus en plus » en marge de la votation sur la redevance!
5 mai : « Le Temps »
S’agit-il d’un hasard ou de la réalisation d’un plan de « communication »? En ce 5 mai 2015, en page 16 du journal « Le Temps », parait un long texte d’un membre de la rédaction, Emmanuel Garessus, qui se réfère en particulier à une récente publication en langue allemande, traduisible en « Moins d’Etat, plus de télévision, Service sans public ? », placée sous la responsabilité de René Scheu. Nous avons ainsi un reflet en Suisse romande de la position de ceux qui rejettent la nouvelle forme de redevance en profitant de l’occasion, bien suisse hélas, de ne pas parler de l’enjeu de la votation pour amorcer une réflexion sur la place de la SRG-SSR dans le paysage audiovisuel suisse. Il se pourrait bien d’ailleurs que la Suisse romande et le Tessin ne soient pas parties prenantes des débats surtout zurichois. Le titre du texte est presque limpide: « La SSR est au service de l’Etat et non du public ». Le texte met en cause la difficulté de définir « service public ».
Les partisans du « Non » rejettent le service public audiovisuel actuel, donc la SRG-SSR, plus, semble-t-il, que ses sociétés régionales, en Suisse romande la RTS. Mais on peine à trouver la description d’une nouvelle organisation! L’équivalent du service public dans les mains du privé, au moins en partie, avec « Tamédia » et « Ringier » unis? ( 05.05.15 – 11h00)
4 mai
En page d’accueil du site rtsr.ch, on peut prendre connaissance du communiqué de presse du comité romand « Oui à la LRTV ».
rtsr.ch/lrtv
rtsr.ch/actualite
29 avril – « Le Temps »
Yves Petitgnat, correspondant à Berne, à propos du lancement de la campagne par le comité « Non au nouvel impôt Billag sur les médias », sous le titre « Le procès de la radio-TV publique est engagé », signale que la révision de la loi « tourne au réquisitoire anti-SSR ». Une soirée a été récemment organisée à Zürich sous le thème « Moins d’Etat, davantage de télévision »… Il faut probablement entendre qu’il s’agit d’une télévision faite par d’autres que la SSR-SRG.
22 avril – « Le Temps »
Le titre, « Nous votons sur la redevance, pas sur le maintien du service public », donne une indication importante du sens des réflexions de Roger Nordmann.
21 avril : « Le Temps »
« Face à l’USAM, une large coalition pour défendre la loi radio-TV »: une information signée Yves Petitgnat.
19 avril – «Le Matin-Dimanche»
«Rime poursuit sa lutte contre la SSR»
Dans ce texte non-signé, on lit que M.J-F.Rime a des arguments contre un projet qui vise «à faire rentrer encore plus d’argent dans les caisses d’une SSR surdimentionnée et arrogante». Dans le message du conseil fédéral, il est affirmé que la nouvelle manière de prélever la redevance est globalement neutre, autrement dit qu’il y aura autant d’argent disponible après son éventuelle mise en vigueur qu’avant. L’affirmation n’est pas une information: c’est une hypothèse pas très bienveillante pour la SSR.
Dans un autre texte, paru dans «La Tribune de Genève» du 26 mars 2015, cité aussi dans le dossier introduit sur le site de la rtsr, on peut lire: « La SSR exigera désormais des PME jusqu’à 39’000 francs supplémentaires par année». Dans le message, on trouve en effet ce montant de 39’000 francs. Il concerne uniquement 345 entreprises qui réalisent au moins un chiffre d’affaires annuel de un milliard de francs. PME, pour mémoire, signifie Petites et Moyennes Entreprises!
40’000 francs par année ne représentent que quatre francs pour cent mille francs de chiffres d’affaires; il y a là de quoi profondément déstabiliser une «PME» a un milliard minimum de CA!
M.Rime ne conteste pas la nécessité de fournir «des prestations de base de qualité apportant des informations importantes dans les quatre langues nationales». Mais la SSR «devrait se concentrer sur les prestations nécessaires», sans dire lesquelles, «une redevance nettement inférieure à 400 francs suffirait aussi . (…) Des prestations du type casting-show achetées au prix fort et pouvant entrer dans les programmes de n’importe quel diffuseur privé ne peuvent être facturées au contribuable». Revoici probablement, sous une autre forme, les «shows insipides» de Pietro Supino, le patron de «Tamédia», une autre petite PME à un millliard de CA, qui veut, lui aussi priver la SSR d’au moins 25 pourcent de son budget.
Curieux arguments contre la SSR, Tamédia» et «USAM» réunis!
(Mise en ligne le 23.04.15 à 16:15-fyly)
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Rappel : lire aussi Le « Temps » de la polémique
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Le 14 juin 2015, le peuple suisse se prononcera, entre autres, sur une nouvelle formule de perception de la redevance en matière de radio-télévision. Pour les ménages, elle va probablement diminuer en passant de 462 francs à 400. Les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse le demi-million y seront assujetties. Le résultat ne changera rien au budget de la SSR-SRG.
Sans lien direct avec le prochaine votation, mais certainement avec quelques subtiles arrières pensées, une polémique vient de se développer en particulier dans le journal «Le Temps» (voir ci-dessous).
Nous avons déjà relevé quatre épisodes très, même très sommairement résumés :
+ le 31 mars, Pietro Supino, directeur de «Tamédia», prive la SSR de toute recette publicitaire ( le quart environ de son budget)
+ le 1 avril, Pascal Decaillet transforme la SSR en un diffuseur de produits fournis par le secteur privé.
+ le 2 avril, Gilles Marchand, directeur de la RTS, défend le service public attaqué par les deux précédents.
Ces trois interventions qui se suivent dans «Le Temps» sont probablement le fruit d’un scénario écrit par la rédaction du journal, dont l’actionnaire principal (près de 93 % ) est le groupe Ringier, le grand rival de «Tamédia».
A partir de là, on entre probablement dans une phase un peu plus improvisée, qui continue de ne pas aborder de front la votation du 14 juin.
+ le 8 avril, c’est au tour de Claude Torracinta, et de Guillaume Chenevière d’intervenir. Le premier apparaît à la télévision au milieu des années soixante et son apport ne se limite pas seulement à avoir fait de «Temps présent», une émission phare, qui le reste assez souvent aujourd’hui encore. Le second y arrive au milieu des années septante comme responsable du divertissement et de la culture avant d’en devenir directeur de 1992 à 2001. Tous deux savent parfaitement mettre en valeur les qualités de l’indispensable service public.
16 avril: Alain Jeannet et Luc Debraine dans l’Hebdo
+ Il faut attendre le 16 avril pour une assez curieuse relance. Dans «L’Hebdo», un autre fleuron du l’archipel «Ringier Romandie», le rédacteur en chef Alain Jeannet affirme que «Trop de SSR risque de tuer la SSR». Mais la lecture de son édito n’est pas suffisante pour comprendre le sens plus ou moins ambigu de sa formule. Pour éclairer le premier texte, deux pages signées Luc Debraine, expliquent assez bien le titre en lettres immenses, «RTS UN – Culture Zéro». Les émissions de la RTS consacrées à diverses formes de la culture sont plutôt rares et leur audience assez faibles. A se demander si cette faiblesse a pour conséquence une diffusion tardive et si c’est celle-ci qui explique ces audiences qui ne sont guère appréciées. Un vrai problème en effet, rendu peut être plus inquiétant par les comparaisons faites avec la situation en Belgique! Ceci dit, cette insuffisance dans le domaine culturel ne doit pas conduire à s’éloigner du service public, mais bien à oser être plus exigeant avec lui afin qu’il fasse aussi bien que dans ce secteur que dans les autres. Une chose est de procéder à de bons achats de produits terminés ou de réussir des paris en pré-achats à la lecture de scénarios sur le marché international de la fiction et de la documentation, une autre est d’observer leur diffusion à l’antenne, qui reste tout de même le plus important des accès aux programmes. Présenter une nouveauté après 23h00 c’est la condamner d’emblée à un part de marché insignifiante. Mais ceci est une digression provoquée par les considérations assez négatives de Luc Debraine qu’il faudra prolonger en une autre occasion.
16 avril : un expert, Patrick-Yves Badillo, « Le Temps »
Autre relance, le 16 avril, à nouveau dans «Le Temps», donc autre fleuron de «Ringier-Romandie», signée de Patrick-Yves Badillo, professeur à l’université de Genève, qui a participé à une étude mondiale sur l’information, considérée comme allant du meilleur au pire. Le pire réside dans un marché occupé par un monopole alors que le meilleur se compose d’un marché où les sources indépendantes les unes des autres sont nombreuses.
L’étude internationale permet de comparer 2004 à 2012. Durant cette période, la concentration dans la presse écrite suisse est en forte hausse. Dans le même temps, l’indice de concentration de la télévision suisse diminue, plus fortement en suisse romande qu’en suisse alémanique. De plus, ces indices d’ouverture sont bien meilleurs en Suisse qu’en France. Et l’auteur d’écrire: «Les résultats sont paradoxaux, car nous sommes loin de constater la toute-puissance d’un quasi-monopole de la SSR».
Tentative d’explication pour les variations relevées entre 2004 et 2012? Le nombre d’éditeurs de presse diminue, l’influence de quelques grands groupes s’accroit, celle bien entendu de «Tamedia» et de «Ringier», mais aussi en Suisse romande à travers le groupe «Hersant» qui conduit à de plus en plus de ressemblances entre des journaux du Valais, de Nyon, de Neuchâtel, qui vient de perdre son imprimerie au profit d’un centre vaudois et même de Fribourg.
Pour la télévision, la diversité des sources augmente. Parmi les nombreuses « petites » chaîne, les locales et régionales grignottent peu à peu, en Suisse romande, les parts de marché de habituels leaders, la RTS bien sûr, suivie de Tf1 ou M6 assez proches et de France télévisions. En Suisse, les « locales » touchent une partie non-négligeable de la redevance. Actuellement le quatre pourcent de la redevance nationale.
Amplifier le conflit entre les deux grands éditeurs et SSR—SRG, c’est courir le risque d’affaiblir les uns et les autres. En suisse alémanique, depuis plus longtemps qu’en Suisse romande, les fenêtres publicitaires ouvertes de l’étranger vers le public suisse ont contribué à un transfert de plus de 200 millions du marché national vers celui de nos voisins, desquels il faut déduire les commissions de sociétés suisses qui vendent sur les marché suisse les espaces publicitaires de chaines commerciales des pays voisins, Ringier Romandie et Goldbach medias. La puissance d’acteurs internationaux tels que Google est le vrai danger qui déstabilise le paysage audiovisuel suisse et justifie le titre du texte: «Médias, le modèle suisse sur le fil du rasoir».
17 avril : Frédéric Gonseth, «Le Temps»
Avec une ironie mordante assez délicieuse, Frédéric Gonseth, membre du bureau de la fondation romande pour le cinéma et président de l’association éditrice de CultureEnjeu compare la proposition de Pietro Supino à une corrida où le toréador aurait à combattre un taureau réduit à sa peau, ses sabots et ses cornes: La belle corrida audiovisuelle helvétique serait une chaîne de service public faite uniquement de ce que le secteur privé rejetterait. Gonseth fait à juste titre remarquer les Suisses lisent en majorité des journaux suisses, mais que leur consommation télévisuelle globale ne fait place aux émissions suisses que pour un tiers, alors que la proportion pour le cinéma tombe aux environs de cinq pourcent. Il signale aussi que des chaînes étrangères commerciales étrangères sont parvenues à capturer des budgets publicitaires qui échappent ainsi aux médias nationaux, journaux y compris. Mais il y a une dizaine d’années, Gilles Marchand s’est retrouvé un peu isolé dans son combat contre l’ouverture d’une fenêtre de M6 vers la Suisse. Affaiblir la SSR ne renforcera pas la position des éditeurs sur le marché national. Mieux vaudrait une forme de collaboration, par exemple par la création d’un fonds d’enquête et de dossiers pour la presse écrite, géré par la profession elle-même, et financée par les diffuseurs de contenus audiovisuels
L’idée est-elle nouvelle? Elle est à tout le moins un peu inattendue. En Belgique, les «cablo-distributeurs» participent au financement du cinéma. Pas en Suisse!
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PS : Voici le texte de l’appel lancé par «CultureEnjeu» au sujet de La presse
Sous régime privé, la presse écrite voit rétrécir depuis de nombreuses années son lectorat, sa diversité, sa qualité et sa liberté d’information. Bien sûr, de nombreux éléments concourent à favoriser cette inquiétante glissade. Il est nécessaire de rééquilibrer le paysage médiatique suisse et d’envisager un soutien public aux médias écrits. Une mesure qui pourrait mettre fin à la «guerre des publicités» entre la télévision et la presse, sans pour autant permettre à l’Etat de poser un pied dans les rédactions. Une des formes de ce soutien public pourrait être la création dans chaque région d’un fonds d’aide à l’enquête, permettant à des journalistes de toutes tendances et de tout domaine de recevoir une aide financière pour mener une enquête libre et solidement documentée sur un sujet jusqu’alors négligé ou peu traité par les médias (sans entrer dans les modalités plus précises de cette aide dans le cadre de cet appel).
Nous estimons qu’il convient d’alimenter un tel fonds d’aide à l’enquête en s’adressant en premier lieu aux diffuseurs de contenu audiovisuel (UPC-Cablecom, Swisscom TV, etc.) qui, bénéficiant d’une situation privilégiée, engrangent directement ou indirectement une partie des recettes publicitaires de l’audiovisuel. En deuxième lieu, on se rappellera qu’on a malheureusement laissé les grandes chaînes étrangères s’emparer d’une part importante du marché publicitaire audiovisuel suisse ces dernières années. Elles devraient, elles aussi, être mises à contribution en pourcentage des recettes de leurs «fenêtres publicitaires» suisses. Ces deux secteurs devraient être accompagnés à une hauteur moindre par la SSR sur ses recettes publicitaires, par des mécènes, des privés et les collectivités publiques (Confédération).
Nous appelons à lancer la création d’un fonds d’aide à l’enquête indépendant pour les médias écrits.
Le « Temps » de la polémique
8 avril 2015 : Claude Torracinta et Guillaume Chenevière
Quatrième épisode de la nouvelle série que l’on pourrait intituler : « Attaques contre la télévision suisse de service public » qui ne prend certes pas les proportions de celles qui viennent d’accabler « TV5 monde », probablement improvisé celui-ci, intitulé « Vouloir démanteler la SSR, c’est se tromper de cible ». Il est signé par Claude Torracinta et Guillaume Chenevière qui sortent heureusement d’une réserve pratiquée par tous les anciens dirigeants à l’égard de la radio/télévision de leurs successeurs.
Il s’agit pour eux de revenir sur l’intervention de Pietro Supino, directeur de Tamédia, qui veut priver la SSR de ses recettes publicitaires (31 mars- voir plus bas) et sur celle de Pascal Decaillet qui veut, lui, transformer cette SSR en un simple diffuseur d’émissions émanant de sociétés privées ( 1 avril – voir plus bas), tout en rappelant d’autres attaques, telle celle de l’USAM passant par un référendum contre la généralisation de la redevance qui demanderait à une minorité de grandes entreprises suisses de prélever quelques francs de plus sur leur chiffre d’affaires et certaines critiques plus anciennes d' »Avenir suisse ». L’intervention de MM.Torracinta et Chenevière complète celle de Gilles Marchand (2 avril, voir plus bas). ( fyly – 10.04.15 – 17h00)

Boardchurch (saison 2 – Photo France 2) – Autre nouveau personnage, Maître Sharon Bishof (Marienne Jean-Baptiste) Il s’agit de respecter le double jeu entre texte et illustrations à partir d’une série qui continue de s’inscrire dans le haut de gamme
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Il serait possible d’aborder ce sujet placé sous le signe de la polémique par une intervention dans des domaines secondaires, «râler» une fois de plus contre les pugilats qui sont pain béni pour «Infrarouge» ou regretter le sort fait par les responsables des programmes de la RTS aux séries haut de gamme en les repoussant à des heures tardives, les condamnant ainsi à de piètres audiences. Je ne savais pas comment illustrer ce texte: il faut profiter de l’occasion pour saluer quelques belles propositions et exprimer un regret.

Station Horizon : ambiance tournage. Reste le 7ème et dernier épisode d’une série « produite » par la RTS, pas « achetée », qui tient parfaitement la route, avec sa juste programmation pour une série récurrente, les numéros un par un! (samedi 11 avril à 20h10)
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«Le Temps» vient de publier une minisérie de trois textes consacrés au même sujet, la SSR-SRG en cette période où débats parlementaires et votations vont mettre en cause «notre» télévision, la redevance et «Billag».
Elle comprend trois épisodes, avec des textes qui ensemble comptent bien vingt-cinq mille signes, ce qui demande une bonne demi-heure de lecture attentive. On ne peut donc retenir que certains aspects de ces polémiques.
Il y a quelques mois encore, les deux grands éditeurs de suisse alémanique se partageaient la majorité du capital du journal «Le Temps». Aujourd’hui, Tamédia a cédé sa part à Ringier qui possède désormais le 92,5 % des actions.Mais ce ne sera pas au point de priver le premier du droit à un texte rédactionnel paru hors du courrier des lecteurs du second.

Mozart (Tom Hulce) et Salieri (F.Murrey Abraham) dans « Amadeus » de Milos Forman( photo Arte). La plus séduisante des propositions au soir de Pâques ; plaisir confirmé par une biographie, « Mozart superstar », qui permet de mieux sentir encore l’originalité de la fiction inventive, tout de même assez plausible pour permettre d’insérer plusieurs images de la fiction dans le document.
31 mars : Pietro Supino, Tamédia
Pietro Supino, éditeur et président du conseil d’administration de Tamédia, vice-président de l’association Schweizer Média affirme que «des shows insipides ou des séries achetées ne justifient pas le qualificatif de service public». Il n’y aurait donc à la SSR-SRG que des shows «insipides». Et toute série «achetée» serait sans le moindre intérêt? Voilà qui ne tient guère compte de la qualité dans le domaine du divertissement et fait volontairement table rase de toute valeur culturelle des séries haut de gamme. Les contenus dignes du service public pourraient ainsi être exclusivement financés par la redevance: inutile que la SSR-SRG prélève sur le marché publicitaire suisse entre 300 et 400 millions chaque année! Et qu’en serait-il du sponsoring ou de la promotion de produits? Priver la SSR-SRG de toute recette publicitaire profiterait-il aux journaux de nos grands éditeurs?
Ces quinze dernières années, les recettes publicitaires de le SSR-SRG se situent entre 300 et 400 millions par an, avec une vague hausse irrégulière. Celles des chaînes privées est en hausse régulière, mais lente. Les fenêtres publicitaires ouvertes de l’étranger sur la Suisse passent de 100 millions en 1999 à 200 en 2010, pour faire en 2011 un bond vers 260. TF1 et M6 y sont pour quelque chose. Et ces recettes ne partent pas entièrement à l’étranger. La moitié reste en Suisse et se partage entre Goldbach Média et Ringier, l’éditeur du «Temps» qui donne si gentiment la parole au patron de «Tamédia» !
Le chiffre d’affaires de la SSR-SRG s’élève, en 2013, 1,6 milliard environ; Tamedia tourne aux alentours de 1,05 milliard; comme Ringier! Le géant accueilli chez son voisin se sent prêt à alléger le plus grand! Bien entendu, les considérations de Pietro Supino sont fondées uniquement sur des exigences de haute valeur intellectuelle et de rigueur informative attendues de la SSR-SRG!

Boardchurch (SAISON 2-photo France 2):Olivia Colman (Ellie Miller) et David Tennant (Alec Hardy), les personnages principaux. A voir trois épisodes par trois épisodes tant sur FRANCE 2 (lundis) et que RTS1(vendredis) une programmation absurde, contre l’esprit même de la série récurrente !
1 avril : Pascal Decaillet
«SSR-éditeurs, une guerre qui n’est pas la nôtre» , tel est le titre d’un texte de Pascal Decaillet, entrepreneur audiovisuel, qui fournit passablement de matière à «Léman Bleu», la chaîne locale genevoise. Hésiode y remplace Hans Christian Anderson. Et Decaillet de dire pis que pendre de la SSR (ou de la RTS, on ne sait pas très bien). Il propose d’aller jusqu’à renoncer à la redevance ou mieux, de la consacrer non plus aux chaînes de la SSR-SRG de service public et généraliste, mais seulement à des émissions produites par des sociétés privées. Il ne resterait donc qu’à la SSR-SRG que le rôle de diffuseur.
Profité il y a quelques jours de passer un bon bout de soirée à pitonner d’une chaîne romande régionale à l’autre. Pas très «sexy»! Intéressant, amusant, pas de quoi rêver! Suis tombé sur une émission sportive où trois experts analysent la saison de la plupart des joueurs de Servette hockey-club: un peu longuet, même pour un genevois! Suivi aussi un débat où cinq invités répondent aux assez bonnes questions de… Pascal Decaillet, débat filmé de telle sorte que se dégage l’impression d’assister à des duplex s’il n’y avait de temps en temps un plan d’ensemble. Vu aussi un film comique lourdingue et américain!
Nous voici donc, en deux jours, avec une SSR-SRG (donc une RTS) singulièrement allégée: plus de publicité, plus de production propre. Seulement des diffuseurs de produits terminés (y compris des dvd de séries achetées, à cent francs la minute!).
Il faut tout de même signaler, en ne tenant compte que de la RTS , laquelle mérite toute notre attention même parfois peu bienveillante, que l’externalisation n’est tout de même pas une utopie. La RTS collabore avec d’assez nombreuses sociétés privées installées en Romandie, naturellement plus souvent à Genève qu’ailleurs. Decaillet enfonce une porte déjà entr’ouverte!

Boardchurch (saison 2 – Photo France 2) : Me Jocelyn Knight (rien moins que Charlotte Rampling), un nouveau personnage « fort », à voir sur France 2 entre 20h35 et 23h15, lundis) ou sur RTS1 (entre 22h55 et une heure trente du matin). Pour être le première, la RTS passe le plat quand tout le monde ou presque profite d’un sommeil réparateur. Une aberration qui mérite mieux qu’une légende dans un texte placé sous le signe de la polémique.
2 avril : Gilles Marchand
Le directeur de la RTS en profite pour rappeler les grands équilibres du système suisse: 75 % de recettes viennent de la redevance et 25% de la pub, du sponsoring et autres. La répartition nationale permet d’assurer l’égalité dans la qualité des programmes. La Suisse romande, 24% de la population, reçoit le 32% de revenus, système qui profite tout naturellement plus encore à la Suisse italienne sans léser la Suisse alémanique qui dispose de 45 % des revenus SSR. Des enjeux importants sont liés à la bataille qui se déroule autour du numérique, mais pas seulement sur un téléviseur dans un salon. De plus, les entreprises suisses de la SSR-SRG sont soumises à une forte concurrence de leurs voisins proches, d’Italie, d’Autriche et surtout d’Allemagne, de France. «Faut-il pour autant considérer que l’avenir des journaux ou des acteurs privés ne passe que par l’affaiblissement du secteur public?: bonne question posée par le directeur de la RTS! Pour tout défenseur du service public, y compris pour ceux de très longue date, la réponse est claire. Un secteur public fort reste indispensable, sur les canaux traditionnels qui sont encore tout de même plus fréquentés que les nouveaux.
Au début de son texte, Gilles Marchand donne une information intéressante: en 2014, le bénéfice avant impôt et amortissement du groupe de presse «Tamédia» s’élève à 20,7 %, avec une marge encore plus spectaculaire sur les plateformes numériques. Il n’y a pas d’information sur la situation de «Ringier».
La publicité commerciale n’est pas admise sur les sites internet de la SSR-SRG, pourtant de plus en plus consultés. Les éditeurs ont su jusqu’ici s’assurer d’une bonne protection. Serions-nous dans une constellation où éditeurs et entrepreneurs audiovisuels veulent pour eux le fameux beurre et l’argent du beurre. La relance des polémiques alors que s’approchent des discussions parlementaires et des votes populaires n’est certainement pas due un hasard……
De « Nuances » à « Virage nord » en passant par « Spartacus et Cassandra »
«Cinquante nuances de Grey»
Bel exemple récent, issu d’une chaîne généraliste de service public, d’une délicate forme d’hypocrisie: on y apprend qu’il faut tenir «motus et bouche cousue» à propos de «50 nuances de Grey» car «les studios x ont interdit toute critique» sur ce film jusqu’au matin du mercredi 11 février 2015.
On y parle d’un livre qui s’est vendu à des millions d’exemplaires, de sado-masochisme réservé jusqu’ici à une minorité qui s’intéressait à Bunuel ou Pasolini. Il n’y a que vingt minutes de sexe sur deux heures de film. On se propose déjà de porter à l’écran deux nouveaux épisodes. On voit quelques images de fiction, l’une au moins attribuée à un film de Barbet Schroeder, «La maîtresse», les autres sans indication de provenance – deux ou trois de «nuances»? Les invités qui s’expriment en marge du film ne disent rien de lui, respectueux d’une «interdiction» à laquelle il faut mettre des guillemets, puisqu’elle tient plutôt d’un embargo imposé! Par contre, le studio peut remercier la RTS pour ces cent cinquante secondes de promotion à l’heure la plus favorable. Il arrive que l’on signale en fin d’émission que celle-ci assurait la promotion de certains produits. Rien entendu de tel au soir du mardi 10 février 2015!
Spartacus et Cassandra
Presque à la même heure, sur une chaîne généraliste mais culturelle, alors qu’en France sort aussi «50 nuances de Grey», ARTE donne longuement la parole aux deux jeunes interprètes d’un document qui sort le même jour. «Cassandra et Spartacus», qui sont frère et sœur, d’origine rom, sont accompagnés par Camille Brisson, trapéziste, leur marraine légale, qui les a sauvés de la rue. Cela se passe en douze minutes qui donnent envie de voir le film de Iaonis Nuguet, probablement porteur de tendresse, de générosité, de rudesse, d’émotion. Mais attendra-t-il les écrans de Suisse?
Virage nord

Judith Davis (Alexandre Perucci) dans « Virage Nord », une mini-série en trois épisodes d’ARTE ( avec TV5 monde), signée Virgine Sauveur, meilleure fiction TV au festival de la Rochelle en 2014
«Le Monde» ( 8 et 9 février) consacre une page entière à «Virage nord», une mini-série de trois épisodes tournée dans le nord de la France . La réalisatrice, Virginie Sauveur, décrit son intention initiale: s’inscrire dans le monde du polar et du sport en nous focalisant sur ce qui nous intéresse avant tout: les personnages, encore les personnages, toujours les personnages. Et c’est bien là une condition nécessaire pour la réussite d’une série dont Marthe Delahaye souligne l’attention portée aux humeurs, silences et non-dits des personnages (qui) évoquent la patte des séries britannique ou scandinave de qualité. De quoi parier sur une réussite….
Pourquoi donc commander une minisérie si c’est pour présenter les trois épisodes l’un à la suite de l’autre, avec deux pauses? Incompréhensible. La réalisatrice aurait pu offrir, tirer quatre épisodes de son matériel. Elle se réjouit pourtant de cette programmation en rafale: «VIRAGE NORD ressemble (…) à ce que nous avions écrit, c’est à dire un film de trois heures.
De « C…. dans l’air » et « 28 minutes » à « Infrarouge »
Dès ce lundi 2 février 2015, sur RTS1, vers 22h30, pendant dix semaines, la saison 4 d’un « blockbusker » haut de gamme, cinéma et télévision confondus, la 4ème saison de « Game of Thrones ». Une offre originale, précieuse : un seul épisode à la fois… parfait respect de l’esprit de la série récurrente. (fyly – 02.02.15- 11:15
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Commencer de comprendre…
L’information sur l’actualité au quotidien passe, chez les généralistes de service public ou commerciaux, par les téléjournaux qui traitent bon nombre de sujets, mais rarement dans des modules de plus de deux/trois minutes. On y offre parfois une amorce de réflexion.
Quand l’actu se fait importante, apportant des éléments qui concernent un pays entier (la Banque nationale suisse ne défend plus le prix plancher) ou plusieurs («Charlie», les décisions de la Banque centrale européenne, la situation en Grèce, le djihadisme international), un effort doit être consenti pour commencer à comprendre le sens de tels événements, en prenant un peu de recul. Il faudra attendre souvent des semaines et des mois pour construire des documents d’investigation qui fassent le point et parfois explorent des pistes nouvelles.
Sur la RTS, l’actu bien sûr passe par des différents journaux, le «12 :45», «Couleurs locales» et surtout le «19 :30». Pas beaucoup de place pour amorcer une mise en lumière, un peu parfois dans «Mise au point» et une fois par semaine dans «Infrarouge». Pour une meilleure documentation, il y a «Temps présent» et désormais parfois «Les coulisses de l’événement» ou «TTC».
Trois émissions, sur trois chaînes différentes, assez comparables, s’inscrivent dans ce courant d’amorce de réflexion sur l’actualité immédiate, dès les jours qui suivent l’apparition de l’événement, «C… dans l’air» (France 5), «28 minutes» (Arte) et «Infrarouge» (RTS).
C…dans l’air (France 5)
Fréquence: cinq jours en semaine, durant un peu plus d’une heure, à 17h45 et vers 22h30, en reprise, sous la direction de deux animateurs, Yves Calvi et Caroline Roux. Quatre invités, souvent signataires d’un livre sur ou autour du sujet abordé, de sensibilités différentes, sans forcément doser les appartenances politiques. Les dix dernières minutes sont consacrées aux questions du public, qui défilent au bas de l’image, quelques-unes des questions permettant au directeur du débat de s’en servir. Pendant l’émission, deux ou trois courts sujets sont associés au problème traité. Probablement en vrai direct. Visible ensuite sur internet.
28 minutes (Arte)
Fréquence: cinq jours par semaine, vers 20h10, sous la direction d’une animatrice, Elisabth Quinn, assistée d’autres membres de la rédaction d’ARTE, qui interviennent dans le débat par des questions ou des remarques, Renaud Dély, Nadia Daam, Claude Askolovich. Un premier sujet permet de dialoguer avec un premier invité en cinq minutes. L’émission se termine par une sorte de mise au point sur des déclarations de politiciens qui ne correspondent pas à la réalité, preuve(s) à l’appui. Trois invités, choisis pour leur connaissance du dossier abordé sous des angles différents, souvent aussi auteurs d’un livre associé font face à un trio régulier de journalistes d’Arte. Le vendredi, un (ou une) caricaturiste participe à l’émission et l’animatrice annonce ses différentes contribution. Du vrai direct. Une version avec des compléments est en ligne sur internet. Sans public!
Infrarouge (RTS Un)
Fréquence, un jour par semaine, en principe le mardi aux environs de 22h30, pour un peu plus d’un heure, avec un duo d’animateurs en alternance, Esther Mamarbachi et David Berger. Un seul sujet, débattu par six, parfois huit invités, y compris un en duplex. L’émission est diffusée quelques heures après l’enregistrement en direct, en principe intégralement. Les invités sont choisis, certains pour leur compétence sur le dossier traité, d’autres pour représenter différentes sensibilités politiques. On voit durant toute l’émission un public qui ne fait qu’applaudir au début et à la fin de l’émission. Parfois de courts sujets préparés injectés dans l’émission. Les dessins de Mix&Remix apparaissent sans que les participants puissent en prendre connaissance, à l’insu des animateurs. L’émission peut en tous temps être revue sur internet.
Comparaisons
Durée: plus de dix heures par semaine sur France 5 ( avec la reprise), près de trois heures sur ARTE à l’antenne, un peu plus d’une heure sur RTS Un.
Heure de diffusion: en fin d’après-midi et fin de soirée sur France 5. A une heure dite de grande écoute sur ARTE. En fin de soirées sur RTS Un, quand l’audience devient presque confidentielle.
Les invités: quatre sur France 5, pour leur connaissance du dossier, en fonction de sensibilité politiques différentes, quatre jours avec Yves Calvi, le vendredi réservé à Caroline Roux. Trois sur ARTE, mais face à trois représentants de la rédaction, chaque jour. Six ou plus sur RTS Un.
Choix des invités: tant sur France 5 qu’ARTE, la connaissance du dossier, sous différents angles, est largement prioritaire sur l’appartenance politique. Sur la RTS, on mélange spécialistes du sujet et représentants de différents partis politiques.
Commentaires

Mix&Remix : le 27 janvier 2015, neuf dessins dans la galerie sur internet, douze le 20 janvier, seize les 9 et 16 décembre 2914. Un problème pour Mix&remix, avec le sujet ou la manière dont il a été traité le 27 ?
Le recrutement des invités est plus facile dans un pays de plus de soixante millions d’habitants, avec sa métropole parisienne à dix millions que dans une région comme la Suisse romande de moins de deux millions, avec rares alémaniques et pratiquement jamais de tessinois.
Animation: France 5, excellents animateurs rarement débordés par leurs invités. Arte: avec trois invités face à trois bons journalistes «maison», les débordements sont de courte durée. RTS: Esther Mamarbachi, plus souvent débordée que David Berger, tolère trop de pugilats verbaux, à se demander si la notion même de pugilat n’est pas souhaitée pour faire d’ «Infrarouge» le spectacle des discordes entre représentants de courants politiques. Il suffit actuellement d’un représentant de l’UDC ou inscrit dans sa mouvance pour «assurer» le spectacle.
Esther Mamarbachi est très loin derrière Elisabeth Quinn. Personnellement, je lui préfère David Berger, qui reste à bonne distance d’Yves Calvi. La réussite de ce genre d’émission dépend tout de même en partie du responsable de l’animation!
Je regarde de plus en plus souvent France 5 et ARTE et de moins en moins «Infrarouge». La direction des programmes de la RTS serait-elle séduite par les empoignades d’ «Infrarouge» qui ne peuvent pas ne pas éclater avec l’actuelle politique dans le choix des invités? Qui pourrait inciter la RTS à revoir sa politique en matière de réflexion à court terme sur des événements pas toujours très importants? Pourquoi pas le conseil du public de la RTSR?
Vendredi 23 janvier 2015
Quel titre donner à cette rubrique qui comprendra plusieurs courts sujets ? Ce sera un jour et une date !
Encore « Charlie »
Impossible d’oublier. Pourquoi ces 17 morts ont-ils pris tant d’importance. Le nombre n’est pas en cause, mais ceci : quatre juifs, trois policiers, dix collaborateurs d’un même journal, dont six dessinateurs ont été froidement exécutés par trois tueurs djihadistes. Ce n’étaient pas des attentats à l’aveugle.
Retour au présent
Il a bien fallu, dans ce blog, revenir au quotidien. Ce fut fait avec des premières remarques sur un croque-mort et une salamandre (14 janvier) et des considérations peut-être trop longues sur une nouvelle émission de la RTS, « 26 minutes » (21 janvier)
Jusqu’au dernier, la destruction des juifs d’Europe
Il y a 70 ans, les troupes russes arrivaient à Auschwitz, dans le sud de la Pologne. Il est important de s’en souvenir. On peut croire qu’on est largement renseigné. Il reste encore beaucoup à apprendre. Auschwitz n’était pas seulement un camp de la mort pour les juifs d’Europe, mais aussi une prison, un lieu d’expérimentation « médicale » en vue de « fabriquer » une race supérieure et un centre industriel contribuant à l’effort de guerre nazi avec du « personnel » gratuit.
Une fois de plus, les responsables des « Docs » de la RTS sont associés à une importante production, une série de William Klein et Blanche Finger, en huit épisodes de 52 minutes, présentés en duos mais sans interruption publicitaire, le dimanche 18 janvier (épisodes 1 et 2), lundi 19 ( 3 et 4), dimanche 25 et lundi 26, sur RTS 2, dans une case bien exposée, dès 20h40, celle d’« Histoire vivante ». Il serait maladroit d’employer à propos de « Jusqu’au dernier : la destructions des juifs d’europe » l’expression « à ne pas manquer ». Par contre, il est important, même avec retard, de signaler l’intérêt de cette série, sa grande valeur historique, sa contribution précieuse à la mémoire collective.
France 2 commence la diffusion de « Jusqu’au dernier » le lundi soir dès le 26 janvier, à une heure tardive, 23h10.
Il y aurait de nombreuses observations à faire à ce propos. Peut-être en une autre occasion.
Auschwitz, 70 ans après
Avec une assez grande régularité, ARTE réserve son mardi à un thème, en présentant plusieurs document différents. Le soirée du 12 janvier 2015 fut particulièrement longue, débutant à 20h50 avec « Printemps 1945 » pour se terminer après deux heures du matin avec « Sonderkommando : Auschwitz-Birkenau ». A se demander si une programmation de sujets inédits trouve encore un public à de telles heures.
C’est en janvier 1945 que les troupes russes sont arrivées à Auschwitz, qui n’était pas seulement un camp de la mort pour les juifs d’Europe, mais aussi une prison, un lieu d’expérimentation « médicale » en vue de « fabriquer » une race supérieure et un centre industriel contribuant à l’effort de guerre nazi.
Vu ce soir-là trois films absolument sidérant par le choix formel fait par leur réalisateur Emil Weiss. L’exemple de l’un d’eux, « Auschwitz, premiers témoignages » mérite d’être cité. Une partie des témoignages écrits et déposés avant même la fin de 1945 par quatre témoins qui vécurent dans le camp sont lus par des acteurs. Mais les textes sont presque tous associés à des images récentes prise dans l’espace sur lequel s’élevaient le camp et ses annexes. Et ces images d’aujourd’hui donnent une force par instants terrifiante aux textes.
Il faudrait avoir assez d’énergie pour mentionner encore quelques émissions vues ces derniers jours. La mort brutale et inattendue d’un ami, qui fut grand journaliste, m’en prive !
De « Croque-mort » en « Salamander »
(Voir plus bas « Charlie-Hebdo », jeudi 15 janvier, 17h00)
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Embarrassante soirée que celle du jeudi 15 janvier 2015, du moins pour le sériophile : il faudra choisir, en direct, entre « Le croque-mort », série de la DRS adaptée par la RTS ( RTS1, de 21h10 à 23 :15), qui laisse un peu dubitatif après les deux premiers épisodes, et une mini-série de six épisodes, « Paris », présentée en deux fois trois sur ARTE ( de 20h50 à 22h50), sans en savoir grand chose au premier abord, avant l’efficacité du proche final d’une réussite haut de gamme éprouvante, « Breaking bad » ( de 22h55 à 00h30-ARTE).
Situation beaucoup plus simple le lendemain, toujours pour le sériophile, à nouveau sur RTS 1 qui nous propose belle découverte d’une série belge… flamande, « Salamander », ( de 22h25 à23h55), qui à première vue marie assez bien polar financier et pressions politiques au plus haut niveau. Confirmation espérée de la bonne surprise apportée par les deux premiers épisodes ?

Paul Gerardi (Filip Peeters), personnage principal de « Salamandre », seul ou presque contre tous – pas trouvé d’image sans son arme, c’est dommage !!
En plus et d’abord ! ne pas oublier ce soir un document d’une assez nouvelle émission de la SSR, « Les coulisses de l’événement », pour le moment marquée par le dynamisme de la RTS, qui aborde un passé proche avec « L’affaire Adeline » ( RTS 1, 20h10).

Breaking bad : Walter « What » White, dit Heisenberg (Bryan Cranston), bientôt la fin d’un professeur de chimie atteint d’un cancer devenu industriel de la drogue, après 62 fois quarante-sept minutes
Il faut au moins signaler ces offres, faute de s’y arrêter un peu plus attentivement. Ce que je me proposais de faire. Mais voilà que l’ »Infarouge » du mardi soir 13 JANVIER 2015, confus, avec trop d’invités, partant dans toutes les directions n’arrive pas à permettre d’oublier « Charlie », cette horreur dont il devient impératif de commencer à comprendre ce qui s’est passé et ce qui va ensuite se passer. Une fois encore, les lectures restent tout de même plus utiles que les réactions collées à l’actu de la télévision. Aujourd’hui s’y ajoute « Le canard enchaîné » auquel collaborait Cabu.







