Emissions RTS
Les premiers rideaux de la TSR
De 19h30 à 21h00, la TSR fait la part belle à l’information de rapide à développée, contribuant à lui donner son excellente réputation. Mais les structures de certaines émissions, le « 19 :30 », « Mise au point », « Toutes Taxes Comprises », sont les mêmes d’un jour ou d’une semaine à l’autre, au point d’installer une certaine lassitude seulement combattue par l’intérêt personnel accordé au sujet.
Toutes Taxes Comprises
« Toutes Taxes Comprises » ( lundi 29 août 2011) n’aborde qu’un seul sujet, le franc fort, trop pour le tourisme et l’industrie d’exportation. Voilà qui doit éloigner ce sentiment un peu trop fréquent que le sujet commence vraiment quand les huit minutes sont écoulées. Bonnes remarques sur ces « sinistres » agences d’information qui jouent du « A » ! On y parle « spéculation » : l’exemple du jeu de bourse suffit-il à en faire comprendre le mécanisme prédateur ?

“Temps présent” reste l’émission phare de la TSR. Les gendarmes et les extraterrestres, un reportage de Jean Quaratino, présenté le 8 septembre 2011
A deux pour la médecine à deux vitesses
Deux heures sur le même sujet ( mercredi 31), les maladies extrêmement rares soignées avec des remèdes très coûteux Selon une décision politique du tribunal fédéral, le seuil au-delà duquel le remboursement n’est plus obligatoire pour les caisses est fixé à cent mille francs par an. La décision du TF contribue à créer une médecine à deux vitesses. « 36.9 » à travers des exemples ose offrir des moments de réelle émotion lucide. « Infrarouge » fait prendre conscience de positions contradictoires, tout en évitant pour une fois les polémiques spectaculaires.
Deux équipes différentes furent ainsi associées pour une amorce de soirée thématique de deux heures environ. C’est là formule rare mais enrichissante dont la réapparition un peu plus fréquente serait souhaitable.
Mise au point
L’émission du dimanche soir continue, en force, son chemin salué par le grand public. Elle est plus proche d’un « tj » développé que d’un « Temps présent » abrégé, d’où le sentiment que le sujet prend fin quand tout devient vraiment intéressant. A porter à son actif un sens parfois bien venu du contre-pied, sans jamais être systématique. Au soir du dimanche 4 septembre, voyage à New-York. Les documents sur le 11 septembre 2001 sont légion toutes chaînes comprises. A NewYork, Maria Pia Mascara y fait allusion mais insiste sur une préoccupation intense qui efface actuellement toutes les autres, y compris celle d’il y a dix ans : la situation économique.
Temps présent

Temps présent le 1 septembre 2011: “Enfants, otages du divorce” d’Emmanueelle Bresson Blondeau et Nicolas Pallay
Par un choix de sujets peut-être plus dociles qu’il y a quelques décennies, « Temps présent » reste tout de même l’émission phare de la TSR. Un titre comme « Enfants, otages du divorce » laisse croire que la souffrance sera plutôt celle des enfants, même si elle ne s’exprime souvent avec difficulté. Certains sont d’une lucidité éprouvante. Mais parmi les exemples choisis, on en vient parfois à ne s’intéresser qu’à l’attitude d’un parent qui ne comprend pas pourquoi il est plus ou moins soudainement privé de voir son ou ses enfants. Le contrat proposé par le titre n’est alors que partiellement rempli. Qu’à cela ne tienne : l’information portée par un regard reste de grande qualité. Même un « Temps présent » moyen reste honorable.
Tapage nocturne
Nouvelle présence estivale, en ce été 2011, d’une émission d’informations culturelles sur quelques-unes de plus importantes manifestations estivales de Suisse romande. Trente minutes environ pour chacun des arrêts : Bex ( Art, 19 juin), Fribourg ( Belluard, 26), Lausanne ( Festival de la Cité – 3 juillet ), Avenches ( Rogoletto – 10 juillet ), Montreux ( 17 – jazz) , Nyon ( Paléo – 24 ). Restent à venir : Verbier ( musique classique – 31 juillet ), La Chaux-de-Fonds ( Six Pompes – 7 août ) et Locarno ( 14 août ). Bon choix dans la diversité.
Une voiture rouge en guise de studio ambulant !
Choisir une luxueuse voiture rouge ( les amoureux des carrosseries pourraient vous dire la marque, mais pas moi !), l’installer dans différents lieux, en faire le local de conversations ou permettre de recevoir des invités, pourquoi pas! Michel Cerutti assure présentation et entretiens avec Anouk de Couleurs 3. Un duo tv-radio, qui fonctionne parfois sur des gags d’humour un peu forcés, se répartit le travail, chacun menant aussi assez bien ses entretiens. L’animation sert ainsi à introduire certains sujets tournés et montés séparément, des brefs à d’autres un peu plus développés. On entre parfois assez bien dans la démarche quoi conduit à la création d’un spectacle.

L’animatrice, un prénom, Anouk et l’animateur, prénom et nom, Michel Cerutti. Une femme, seulement un prénom ? Curieuse habitude ( photo TSR)
Le multimédia
On retrouve une partie de l’émission de télévision sur le web. Des émissions de radio, liées à chacune des manifestations, apportent un autre éclairage. Il arrive parfois que la musique soir un peu « alourdie » par le côté spectaculaire des images. Je n’ai pas pris la peine de mesurer le temps qu’il faudrait pour tout voir et tout entendre, sur les supports internet, radio et web. Qui a le temps de le faire ?
Les remarques qui suivent valent pour la dernière émission, à Paléo (24.07.2011). On venait de lire de multiples reportages sur la boue à Nyon avec¨élans lyriques” vers une réflexion presque philosophique sur son rôle. Heureusement, les responsables de « Tapage nocturne » ne sont pas tombés dans le piège de la théorie boueuse pour s’en tenir à une volonté de montrer quelques aspects de la manifestation.
Musiques du monde
Une surprise : Jean-Marc Baehler, producteur à couleurs 3, parle avec finesse et gourmandise de la partie « Musiques du monde » expliquant comment en Colombie des jeunes savent faire une synthèse enrichissante entre tradition et modernisme. Mais pourquoi diable, alors, seulement des mots? Pour inciter le téléspectateur à se transformer en auditeur ?
The Do
Mes connaissances dans ce domaine de la musique contemporaine sont faibles. Il faut trouver d’autres commentateurs pour savoir si les choix de « Tapage nocturne » donnent une bonne idée, et laquelle, de « Paléo » 2011. Apprécié le duo franco-finlandais, surtout pour les extraits de leur prestation.
Pigeon Jon
Intéressé par la partie Pigeon Jon, du hip-hop( ?) dont le meneur du groupe parle en anglais, avec traduction. Mais l’exemple musical qui précède l’entretien, en anglais lui aussi, est difficile à comprendre, si tant est que les paroles aient de l’importance, ce qui semble être le cas. On peut se demander pourquoi, d’une manière générale, on prend la peine de traduire des mots parlés et que l’on ne prend pas celle de traduire ceux qui sont chantés, qui font pourtant partie de la démarche créatrice. Une émission comme « tapage nocturne » ne devrait-elle pas prendre cette peine

Pigeon Jon, du hip-hop américain que les spécialistes disent plein de fraîcheur : faisons-leur confiance(Image Paléo)
Hier, Jean-Christophe Averty
Sur le web, la prestation d’un groupe sur la grande scène manque. Une question de droits ? Dommage ; j’aurais bien voulu la revoir. Bon travail en régie, avec recours à des images monocolores bleutées alternant avec des plans aux vives taches de couleurs, dans un rythme proche de la structure musicale. De quoi me rappeler de très, mais alors très lointains souvenirs, quand Jean-Christophe Averty magnifiait le jazz ( c’était sauf erreur à Antibes) dans les années soixante par une construction en parfait accord avec le battement à quatre temps de la musique.
TJ : une information incomplète; forcément !
Quatre minutes pour des caméras de surveillance
Dimanche 19 juin 2011, au « 19 :30 » de TSR1, le corps électoral de Renens veut des caméras de surveillance : la droite est contente duran 2 minutes et 21 secondes. Marianne Huguenin, présidente de l’exécutif, prend acte en 1 :50. Cela fait en tout 4 :11. Sujet suivant : fiscalité des entreprises à Neuchâtel et accueil de la petite enfance, 2 :11 ! Ceux qui ne sont pas rhodano-lémano.centristes vont une fois de plus râler !
Mais, prudence, il ne faut pas tirer de conclusion d’un seul « 19 :30 » de trente minutes. Sur la web, on retrouve une bonne partie de l’info quotidienne diffusée par la TSR. Nos observations portent sur trois jours, dès la fin des votes, les 19, 20 et 21 juin 2011. Plus d’une heure passée le 22 pour faire avec une certaine minutie ces observations !
Six minutes pour une baisse d’impôt
Rien de plus sur les caméras de Renens. Au « 12 :45 » du 19, allusions à la faible participation neuchâteloise et rappel du lien brisé entre les deux sujets, cela durant 1:35. Au « 19 :30 » du 20, encore la nouvelle fiscalité neuchâteloise, qui risque d’inquiéter les autres cantons romands, avec incursion en Irlande à fiscalité douce (1 :53).
Renens et ses caméras de surveillance, problème local : un peu plus de quatre minutes. Neuchâtel et sa fiscalité nouvelle, problème à débordement romand, en trois sujets, un peu moins de six minutes.
A signaler, anecdotiquement : à « Couleurs locales », dans la même période, en une fois, 4 :14 secondes sur Neuchâtel, enfin sur Xamax, son président, la couverture artificielle de son terrain qui passe par des décisions politiques démocratiques, peut-être un peu lentes !
Caméras : mais encore ?
Combien çà coûte l’unité à la pose ; et son fonctionnement par la suite ? Pas de réponse en quatre minutes. Et plus : à quoi çà sert ? Difficile d’y répondre dans le même laps de temps. Le hasard veut que « Le Matin-Dimanche » du 26 juin soit revenu sur le problème des caméras de surveillance, en une pleine page ( temps personnel de lecture, six minutes / Transféré par écrit, une minute de TJ donnerait un texte lu en moins d’une minute, peut-être autour de 30 secondes – à re-vérifier)
A coup sûr, une caméra de surveillance, cela rassure. Il semble assez sûr que, dans le champ d’une caméra, la petite délinquance au quotidien diminue. Mais elle peut continuer à se développer hors-champ. L’efficacité contre la grande délinquance reste à prouver. Le dissuasion n’est pas certaine. L’effet préventif espéré risque bien de diminuer dans le temps. Mais rassurer n’est pas forcément négligeable. Ces caméras tous genres compris étaient, paraît-il, plus de cinq cent mille en Suisse il y a deux ans ( Résumé de lecture !)
Une baisse d’impôts pour augmenter les recettes !
La baisse du taux d’imposition des entreprises, objet du vote populaire à Neuchâtel, doit amener une augmentation des recettes fiscales, par dizaines de millions. Paradoxe ? Dans les six minutes observées les 19, 20 et 21 juin, aucune explication. Mais une amorce des réactions dans d’autres cantons romands, qui pourraient y laisser des plumes. Si Genève imitait Neuchâtel qui vient d’imiter Zoug, la perte pourrait s’élever à un demi-milliard annuel. Toujours durant les six minutes, rien pour expliquer ce paradoxe.
Après la crise de l’horlogerie dans les années septante, Neuchâtel a reconstitué lentement son tissu économique en accordant de sérieux avantages fiscaux aux nouveaux venus, taux nuls ou très bas. Leurs bénéfices seront donc désormais taxés à cinq pourcent. Ce sont ces nouvelles recettes qui dépassent largement l’effet des baisses pour les entreprises qui étaient taxées en plein auparavant. Cette baisse d’impôts serait un très beau sujet pour une émission d’information développée, sous l’angle déjà d’une comparaison entre les cantons romands.
Un TJ ne peut pas faire mieux qu’un TJ
La durée normal d’un sujet de tj s’établit autour de deux minutes. On peut certes consacrer deux modules à un même sujet. Mais pour faire mieux qu’un TJ, il faut changer de case, passer sur la TSR en « Toutes taxes comprises » ou « Mise au point » ou encore en « Temps présent » et entrer dans « Les docs ».
Ces lignes ne sont pas une attaque contre les TJ, mais elle veulent, exemples à l’appui, en rappeler les limites.
Megaphone : un bon concept plutôt bien appliqué
Avertissement : les images qui illustrent ce texte sont tirées du « dico » de service de presse de la TSR. Au prénom, nous ajoutons le nom de famille. ( Les photos TSR sont de Cédric Louis, le réalisateur polyvalent!)
Mieux que « Desesperate Electrices » !
Bon titre, qui caractérise bien la nouvelle émission politique de la RTS pour les élections fédérales de 2011 ! Le mégaphone, qui permet d’amplifier la voix, apparaît dans l’image, posé sur une table ou porté en bandoulière par le journaliste. On aura vu Romaine Jean mégaphone à hauteur de tête en première d’un hebdomadaire spécialisé en tv. Mais ce « mégaphone » doit en bonne partie sa réussite au duo Peter Berni, journaliste et Cédric Louis, réalisateur. Dommage qu’il soit resté symbolique sans emploi réel. Mais selon le concept de l’émission, il permet de donner vraiment une parole enfin entendue à des « anonymes ». A première vue, il semble bien que « Mégaphone » soit supérieur à l’émission qui avait tout de même fait parler d’elle il y a quatre ans, une « adaptation » plutôt maladroite de « Desesperate Housewives » devenue « Desparates Electrices » qui n’étaient parfois pas du tout désespérées.
Des questions plus intéressantes que les réponses
Le duo Berni/Louis responsable en partie de ce bon concept, choisit quelques personnes qui poseront en direct des questions à des politiciens connus. Un portrait de quelques minutes permet de faire connaissance avec chacun d’eux et l’entendre s’exprimer sur le sujet qu’il abordera lors du direct. Faire poser une question par un « anonyme » finit par être plus intéressant que d’entendre la réponse plus ou moins improvisée d’un milicien mais professionnel de la politique.
Politiciens lémano-centristes
Voici qu’un petit groupe de romands, venus de chacun de nos canton totalement ou partiellement francophones, ce qui avantage les régions peu peuplées, vont devenir plus intéressants que les notables de la politique, eux bien connus qu improvisent des réponses, certaines du genre slogan de propagande électorale déjà répétitif. Le groupe issu du peuple respecte la diversité romande. Celui des politiciens obéit à une autre règle. L’équilibre géographique donne alors Valais trois, y compris la présentatrice, Vaud deux et Genève un !
Des femme plus solides que les hommes
Point fort pour « mégaphone » : donner le droit de questionner à des inconnus qui viennent d’horizons fort différents. Point faible, en face d’eux un groupe d’habitués géographiquement restreint. Et à l’intérieur des deux groupes se détachent des figures féminines. Plus encore qu’une Isabelle Moret, Géraldine Savary ose évoquer la prise de conscience un peu tardive de son parti sur les problèmes de sécurité. Parmi les anonymes, Alessia Lorenzini, bien préparée, est si tranquillement sûre de ce qu’elle dit qu’en face d’elle,pour une fois, Oskar Freysinger bénéficie de la douceur en général attribuée aux moutons blancs qui est bien éloignée de son habituel comportement spectaculaire et répétitif.
Un sondage comme habillage
La télévision est ainsi retombée dans ses habitudes dans la phase des débats. Un sondage portant sur un échantillon de mille et huit personnes en Suisse romande peut ainsi fournir des pourcentages qui ont un sens, même si la marge d’erreur n’a pas été citée, une fois de plus. Elle ne dépasse pas les plus ou moins quatre pourcent. Une certaine satisfaction apparaît dans l’ensemble des médias sur la situation actuelle en Suisse, économie saine, monnaie forte, chômage en baisse. Le sondage, mais plus encore les invités par leurs questions, témoignent de certaines attentes insatisfaites et d’inquiétudes.

Pour avoir su transformer Oskar F de l’UDC en un mouton blanc de douceur, encore une fois Alessia Lorenzini !
Reçus dans un hôtel de luxe
Maladresse : les « anonymes » ont été reçus par la télévision dans le cadre luxueux d’un haut lieu bernois, l’Hôtel Bellevue. Une visite certes élégante, mais dans un lieu politiquement snob ! Chassez le naturel, le revoici dans le milieu des intrigues lors des nuits qui précèdent les coups de force pour les élections au conseil fédéral. Dommage que l’ouverture sur quelque chose de nouveau n’ait ainsi faite qu’à moitié. On ira peut-être en un établissement plus « populaire » lors de la seconde émission imposante prévue pour septembre.
Conclusions
Les anonymes plus intéressants que les politiques, leurs questions plus percutantes que les réponses. Des apports féminins qui se font remarquer mieux que les masculins. Une télévision qui ose rencontrer des anonymes et faire oublier cet anonymat par la qualité de certains portraits, qui semblaient devenir plus courts en fin d’émission.
La “Puce à l’oreille” ? Ratée, dommage!
« Illico », c’était plein d’imagination, d’inventivité, de surprises inégales. Son successeur, « Tard pour bar », un spectacle de mots sur des faits de société conduit par un Zendali en arbitre de boxe content de lui, aura déçu. Avant même la première, son substitut, « La puce à l’oreille », a surpris : personne de la RTS pour prendre en main à l’interne une émission d’informations culturelles, confiée dès lors à une entreprise privée, certes faite par des anciens de la TSR, David Rihs en producteur, Iris Jimenez en animatrice. Point Prod, l’externe fournisseur aussi des véhicules de matériel, reçoit tout de même des collaboratrices d’ « Espace 2 », habituées à parler de ce que l’on ne saurait voir.
Le concept a séduit le commanditaire. A l’actif annoncé:
- la décentralisation ;
- trois invités priés de s’en aller voir un spectacle, choisi ou imposé, on ne le sait pas, qui viennent ensuite en parler.
- la présence de « rubricardes » issues de la RSR.
Résultats : même pas des visages bien éclairés ! Mais que diable apporte la décentralisation, en l’occurrence à la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel pour les deux premières L’émission est enregistrée en direct quelques jours avant son passage à l’antenne. Ainsi recommande-t-on une conférence sur Marylin Monroe qui a eu lieu…. le jour précédant la diffusion ! Chaque invité ajoute en direct quelques phrases à propos de son propre sujet. Presque pas de dialogue entre eux, chacun étant occupé à répondre aux questions de l’animatrice.

Le 14 avril, lors de la première à la Chaux-de-Fonds. Une découverte, le “Pandulum Choir” des frères Decosterd, natifs du Locle. Une construction de neuf plateaux en mouvements, chacun portant son chanteur d’opéra. Les images durent 23 secondes alors que le sujet s’étend sur plus de cinq minutes. Un exemple de convergence tv (vingt secondes d’images fascinantes et étranges) et un peu moins de cinq minutes de conversation radiophonique disons un peu mondaine.
Comment trouver plaisir à suivre une émission sur la culture dont la structure s’inscrit entre un Téléjournal et « Mise au point » ? Un divertissement issu de la culture devrait faire plaisir. Après rodage, qui sait …
Le forum de “Temps présent”: un passage obligé?
Le « Temps présent » du 31 mars 2011 avait pour (joli) titre : « Une famille, un seul salaire, la galère ». A travers des cas particuliers pas forcément tous bien choisis, il est possible de faire apparaître un vrai problème de société. On peut revoir l’émission sur internet et s’intéresser au forum du jour, comprenant près de 800 messages à partir de 130 interventions initiales.
A cinquante pour parler de faux ongles!
A noter qu’il faut une heure pour suivre l’émission en direct, mais que consulter le tiers du forum m’aura pris presque deux heures ; on peut profiter d’un temps de convalescence. Le choix est donc fait de ne pas revenir sur l’émission elle-même mais de tirer quelques informations de ce vaste forum, dont on ne sait pas ce qu’il représente vraiment. Le plus intéressant, c’est évidemment une intervention qui en entraîne d’autres, puisque l’intervenant de rang n a en général lu au moins la précédente, sinon toutes les autres. Sur une intervention intitulée « Arrêter de le foutre de la gueule du monde », titre bien entendu d’esprit polémique, on a droit à une cinquantaine de remarques à partir de faux ongles qui n’illustrent pas forcément la galère. Aveu : pas remarqué ces faux ongles ! Cet exemple confine à l’anecdotique populaire sans qualité !
Une dénonciation…
D’une jeune femme fribourgeoise, le commentaire dit : « Une grave maladie l’a clouée à la maison puis une dénonciation l’a privée de l’AI ». Dénonciation ? De quoi s’agit-il ? Pas de réponse dans l’émission. Une explication dans le forum, donnée par la jeune femme elle-même qui intervient dans les échanges : depuis quatre ans, sa maladie, une fibromyalgie, a été retirée de la liste reconnue par l’AI. Galère il y a, assurément, mais la forme du commentaire avait de quoi troubler. Il aura manqué l’explication qui apparaît dans le forum !
Dans ce cas particulier, un seul salaire est un choix forcé. Et il faut pour ce couple avec deux enfants habitant sa propre maison dans un petit village, deux voitures, pour lui permettre de se rendre au travail, pour elle de continuer de recevoir des soins pour elle. Dans ce cas particulier, le forum a réparé une imprécision du commentaire.

“Les enfants du poro” : un “vingt-six minutes” du 07.04.2011, repris sur TSR 2 le lundi 11 avril - Toute seule, cette fillette ne consulte pas forcément des images pornos, mais comme elle le pourrait…
Des impôts fort élevés !!
Le budget d’un couple de concubins, la jeune femme se trouvant toujours sans travail à la fin de son droit au chômage, n’a pas manqué d’étonner. Sur un revenu net d’environ 4500 francs, 1700 ( un peu moins de 40 %) sont consacrés au loyer, 1550 ( environ 35 %) aux impôts. Etonnant ce dernier poste, qui reçut une amorce d’explication : le montant à payer est déterminé par les revenus l’année précédente. Mais il existe pourtant la possibilité de fixer le montant des dix tranches annuelles en tenant compte de la situation nouvelle. La vingtaine d’interventions est l’exemple même d’une glissade vers un petit centre de discussion tournant autour des achats effectués en France avec comparaison de prix, compte tenu aussi de la durée et du coût de déplacement.
Au hasard du « voyage »
Curieux, mais dans le document comme dans le tiers du forum fréquenté, rares furent les remarques au sujet du poids de l’assurance-maladie. On peut se demander s’il s’agit d’un choix éditorial initial, pour éviter de se mouvoir dans le labyrinthe des subventions.
Tout à coup, une remarque qui, elle, aurait pu donner lieu à un sujet entier de TP, une comparaison intercantonale, à partir d’une remarque importante : gagner cinq mille francs net à Genève, ce n’est pas la même chose que de gagner cinq mille francs dans le Jura ou en Valais. Sujet de l’émission : que fait un ménage avec deux jeunes enfants dans chacune de sept regions ( Berne francophone) ou cantons romands ?
Petite place pour l’humour
Enfin, mais la chose est bien rare, si l’esprit polémique est bien présent dans bon nombre d’interventions, ajouter à celui-ci un véritable humour n’est pas fréquent. Ce bout de texte est délicieusement efficace : « Quelqu’un pourrait-il me prêter deux cents francs pour faire le plein de ma Ferrari ».
Défouloir loufoque tous azimuts ? Y a-t-il quelqu’un qui, à la TSR, sache en tirer la substantifique moëlle ? Considère-t-on ce genre de forum comme une forme d’interactivité unilatérale, autrement dit comme un petit jeu qui n’intéresse pas grand monde ? Ne serait-il pas intéressant que chaque département qui dispose d’un forum sache résumer pour l’ensemble des internautes ce qui peut être intéressant ? Ce serait là une forme d’interactivité à deux directions….
Le 19:30 à la gare de Zürich
L’effet d’une annonce
Sur un quart de page, une annonce : sur un élégant paysage monocolore, en lettres immenses, « ZURICH », en très grandes, « Le journal de 19h39, TSR » (avec du rouge), qui sera en direct de la gare ce lundi 28 mars. De minuscules caractères proposent de retrouver la journée spéciale de la RSR du 25 mars : l’annonceur a le sens de la hiérarchie ! Rien vu ailleurs à ce propos : une exclusivité « Le Temps », l’organe “officieux” de la RTS ?
Zürich, une ville qui pulse
Rien dans mon journal local ce matin-là. Cherchons ailleurs : voici une colonne dans un magazine. Romaine Jean répond à trois questions, ceci par exemple. Ce direct décentralisé se justifie puisque c’est notre mission de parler de ce qui se fait en Suisse car Zürich est un ville qui pulse, alors que vont se dérouler d’importantes élections. La pulsation, ce sont des jeunes branchés mangeant des sushis et votant à droite. Que voici un événement télévisé aussi important que « La Traviata » en direct de la gare de Zürich, une ville dans la ville !

Peut-on lire l’heure sur l’horloge de droite en haut ? Et de quand date dette image destinée à l’illustration du TJ décentralisé de fin mars 2011 ? Romaine Jean devant un train à deux étages, sans la table bi-pentagonique ( Photo TSR )
De bonnes informations en quinze minutes
Alors, regardons : voici de jeunes francophones parfaitement à l’aise dans leur poste de travail, un sujet sur le logement, un autre sur les nuits zurichoises, le témoignage d’un spécialiste de relations publiques, quelques informations sur la criminalité locale. Un ensemble de fait remarquable, qui n’a guère de lien avec les prochaines élections. Mais quinze minutes d’une excellente télévision variée, dans un format plus grand que ceux de « Mise au point »
Un direct qui n’apporte rien
Mais le direct : une table blanche est dressée, dans la gare, composée de deux parties régulièrement pentagonales, derrière elles, Romaine Jean. Devant elle, Corine Mauch, madame la présidente de la ville de Zürich, pour un entretien de deux minutes qui pourrait avoir été enregistré n’importe où. Et le jovial M.Köppel. Une grande horloge confirme le direct ; beaucoup de monde qui passe. Un observateur à gauche de l’image qui semble veiller sur Mme Mauch.
Bref, ces seize minutes dans la gare de Züich finissent par créer un événement qui n’en est surtout pas un. A se demande si cela méritait même lé quart de page de l’annonce du « Temps » ? Une trop grande dépense pour un résultat certes intéressant mais où le direct n’aura en rien enrichi l’information. Mais le choix des sujets, même sans la moindre allusion aux prochaines votations, aura contribué à une meilleure connaissance de Zürich.
Manger des sushis et voter à droite
Profitons de l’occasion pour se poser quelques questions sur un téléjournal en général.
Comment diable s’y prendre pour qu’un module permette de faire comprendre que des jeunes branchés qui mangent des sushis votent à droite ? Difficile. Impossible ? Poser la question, c’est peut-être mettre en évidence certaines limites du journal à immense audience qu’est tout TJ.
Un événement chasse l’autre
Une question du même genre : dans chaque numéro de tout TJ se trouve une information anecdotique. Exemple récent au « 19H30 » de la TSR : l’annonce faite de l’arrestation d’un éducateur pédophile s’en étant pris à des enfants de deux ans, ce qui dégage un sentiment de vif rejet qui n’a aucun lien avec un plan sur la maison, siège de l’institution. Il est intéressant alors de lire des journaux le lendemain. On y a trouve parfois, même pas toujours, quelques lignes seulement sur ce qui est devenu un événement pour la télévision. Les échelles de valeurs sont différentes.
Autre problème, d’autant plus sensible actuellement que des événements politiques importants se succèdent : révolution en Tunisie, idem en Egypte, guerre larvée en Libye, tsunami au Japon, une usine atomique qui échappe à tout contrôle. Un événement chasse l’autre. Oui, mais que se passe-t-il en Tunisie, en Egypte, une fois l’aspect dramatique disparu ?
Une intéressante forme de suivi
A porter à l’actif du « 19 :30 » actuellement une forme bienvenue de suivi : on y trace le portrait d’un jeune plongé dans les événements de son pays, ce qui permet de faire le point sur le contexte dans lequel il se trouve. C’’est une excellente manière de pas oublier son pays qui change.
Un regret : un ligne de texte annonce le revenu en francs suisses de celui dont on montre des bribes. Mais vivre en Tunisie avec deux cent cinquante francs suisses ne veut strictement rien dire. Il faut cesser avec ces comparaisons qui ne font qu’accentuer le sentiment de la misère des autres, donc de notre confortable supériorité. Il faudrait expliquer ce que l’on peut faire avec l’équivalent sur place de ces deux cents cinquante francs suisses. Mais c’est peut-être aussi difficile que de montrer en quelques plans des jeunes branchés mangeurs de sushis qui votent à droite !
Dans les décors
La télévision fait assez bien la promotion de ses programmes et sait insister sur ses nouveautés. Des semaines récentes durant, on pouvait s’attendre à des changements annoncés tant aux « Téléjournaux » qu’à « Infrarouge ». Qu’allait-il se passer ? La forme serait touchée, le décor, ou le fond, l’esprit du débat?

Des décors nouveaux plutôt réussis ? Lire ci-dessous, pour le “Téléjournal” et “Infrarouge” Mais il y a plus important : une série nouvelle, “T’es pas la seule”, qui promet. Bien meilleure qu’ “Heidi”! En particulier par la qualité des interprètes, à gauche Natacha Koutchoumov (Vanina ) puis Isabelle Caillat (Eve): ce sont là deux des meilleures jeunes actrices de suisse romande. ( Photo TSR/Rita) Le TSR fait un effort pour la diffusion d’un de ses programmes les plus ambitieux de l’année : sur TSR 1, le vendredi à 20h10 pendant neuf semaines encore et sur TSR 2, le vendredi vers minuit, le dimanche à 20h00 et le mardi à 16:30.
Téléjournal
Un « TJ » reste dans les mains d’un duo ou d’une personne seule qui en assure la présentation, parfois rejoint par de rares invités. Cela fonctionne peut-être plus autour des mots que des images. La TSR vient de revoir son décor, qui reste dans l’esprit du précédent dominé par le rouge. La mappemonde se contorsionne avec plus d’élégance qu’auparavant pour rejoindre fidèlement les cartes des géographies continentales. Il y a là beaucoup de travail fort bien fait. Mais peut-on bousculer l’esprit d’une émission suivie par des dizaines de milliers de consommateurs ? Certes, oui, mais avec prudence. On innove le vendredi soir en ouvrant l’antenne à des cinéastes qui ajoutent leurs mots à des exercices libres de montage parfois impertinents. On donne de la place à « Nuovo » que l’on invite à suivre sur internet et on oublie discrètement de saluer les apports des bureaux cantonaux.
Infrarouge
Le rouge reste mis, assurément, mais sur des surfaces moins agressives qu’hier. Des voûtes élégantes de couleur blanche tissent des liens d’un point à l’autre, dans une volonté visuellement pacifique. Au milieu du décor, il y avait un ring sur lequel l’animatrice arbitrait pas toujours avec bonheur le combat de catch verbal entre deux adversaires. Assez loin, placés dans le public pas très nombreux, quelques privilégiés avaient le droit sinon le devoir d’intervenir une ou deux fois dans le débat. L’impertinence pas politiquement correcte de Mix & Remix reste à saluer comme un défi.
Maintenant, l’animatrice préside une assemblée d’une demi-douzaine de personnes, trois à sa droite, trois à sa gauche. La proximité pourrait bien rendre plus désagréable les prises de bec si fréquentes hier, du genre « laissez-moi parler, moi je.. ». Il se pourrait aussi, par le choix des sujets, que les émissions à confrontations fortes deviennent moins nombreuses, que le citoyen, plus souvent, remplace le consommateur. On peut donc croire au progrès, décor utile mais secondaire. Et rejoindre plus souvent “Infrarouge”
Le Nouvel-An du nouveau PDG sur la TSR
Hier : Averty et Santelli
Très lointains souvenirs : dans les années soixante, l’ORTF de nos voisins, sans concurrence commerciale, s’offrait alors le luxe de donner aux émissions de nouvel-an un ton convivial, poétique, inventif, grands moyens mis à disposition de Jean-Christophe Averty ou Claude Santelli. Jean Dumur, pour la TSR, avait plus tard tenté timidement d’en faire autant.
Partout le même bêtisier !
Preuve de la suprématie des programmateurs obsédés par l’audimate : la routine s’est installée. Chaque année on retrouve ici et là une bonne dizaine de James Bond, les valses du clan Strauss de Vienne, les musiques Militaires d’Edinburgh et partout à peu près le même bêtisier.

On ne peut pas dire que Mme Porchet chante bien. Mais même si Mr Gorgoni chante plutôt mal, cela convient très bien pour madame !
Souvenir proche : mes coups de gueule de l’année dernière, provoqués par Madame Porchet née Gorgoni qui ne chante pas très bien et l’équipe qui la ou le met en valeur. On peut recommencer.”Ils” n’ont pas raté le shérif du Conseil d’Etat de Neuchâtel, tenue plausible y compris. «Ils » ont décidé que la dame du shérif travaille comme entraîneuse sous le bureau d’un commissariat. La voici qui apparaît en reculant. Gros rires du public en direct différé. Le personnage féminin accuse le représentant de l’homme politique de ne s’intéresser qu’à son cul. Celui-ci répond immédiatement que: les nichons font aussi partie de ses attirances. Normal, puisqu’on est dans le canton de Neuchâtel où il faut s’occuper du Haut et du Bas. Enfin, souvent le Haut s’étonne du manque d’intérêt du Bas. Dans la revue, l’égalité est respectée, au détriment de la vérité historique. Les auteurs du texte en savent-ils plus long que nous ? Pendant des mois, l’année dernière, la presse a observé à l’égard d’une jeune femme une certaine discrétion. Que les auteurs de la revue foutent la paix à la dame ! Je ne sais pas qui elle est. Je n’ai pas envie de le savoir !
Meury dérange !
Un peu de place encore,mais pour un compliment. Thierry Meury cite un événement mensuel. Il n’y va parfois pas avec le dos de la cuillère. Trente-trois mineurs sortent du trou de l’Enfer au Chili. En Belgique, pas facile d’éviter l’enfer DuTroux ! Un enfant dans les bras d’un chirurgien qui l’a sauvé, le Dr Prêtre. D’autres enfants, parfois dans les bras d’un prêtre !! Mal à l’aise, le public applaudit tout de même ; avec retenue. Les chauffeurs de salle n’ont pas su apporter leur contribution. Ou peut-être étaient-ils absents ! Meury, tireur méchant, vise juste et dérange !
Nouvel adèpte de Facebook
Jouons à « Facebook » ! Fyly a aimé : la piquante Arielle Dombasle presque nue en coulisses que l’on retrouve habillée mais dénudée sur scène; une palette de chef de gare tient lieu de baguette de chef d’orchestre pour une valse viennoise ferroviaire ; la présence à plusieurs reprises sur différents écrans de la série « 10 » qui confirme tout le bien qu’on peut penser d’elle ; un « village français » de plus en plus efficace ; « Peau d’âne » de Jacques Demy avec la poésie de ses couleurs
De bronze et d’argent
Le meilleur de ces trois dernières semaines ( classement personnel, bien sûr).
En Bronze : la série « 10 » reprise sous différents supports à des moments différents.
En Argent : les ados d’une splendide série, « Romans d’ados ».
De l’Or mérité.
Le meilleur est justement attrbué à : « Les sept défis de la SSR », le synopsis d’une série proposée dans « Le temps » sur une pleine page, le 4 janvier 2011, signé Roger de Weck , le nouveau PDG. A suivre dans les mois et années qui viennent. Le citoyen mieux servi que le consommateur qui se sera pourtant pas oublié.

















