Séries TV

Soirées à thèmes

Lire ci-dessous : premières remarques sur les deux premiers épisodes de « Capitalisme », présentés le mardi 13 octobre 2014 sur ARTE.

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La RTS dépasse donc largement la notion déjà précieuse de « Soirée à thème » avec un imposant programme en télévision, radio et internet sous le titre « Vieillie demain : le boom des séniors », boom du reste déjà largement esquissé. Un remarquable effort de promotion est fait en cette occasion. On en trouve le chemin sur ce site ( cf notre page d’accueil en    rts.ch/vieillir demain  ).

Les émissions y sont présentées clairement dans l’ordre chronologique. Mais il y a plus. On trouve sur la colonne de gauche la possibilité de revoir d’anciennes émissions sur ces troisième et quatrième âges. Précieuse offre, que de permettre de savoir comment, hier ou avant-hier, on abordait ces problèmes. Un regret toutefois : il serait fort intéressant de savoir quand ces différents documents sont apparus à l’antenne. Mais peut-être que je n’ai pas su trouver cette information chronologique…

Un grand bravo à ceux qui ont eu cette idée somme toute audacieuse de programmation multimédia, Françoise Ducret, Mario Fossati, Jean-Marc Bégiun et Romaine Jean (fyly – jeudi 16 octobre – 10h30)

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 La télévision, source des réflexions qui ici paraissent, ce n’est pas seulement nos excès de l’été associés au football, ni même l’addiction personnelle aux séries haut de gamme, trop souvent présentées sur la RTS en fin de soirée et pas toujours récupérables dans les offres « sept+ ». « The Knick » se porte de mieux mieux.

Parmi les propositions qui ont pour mérite de surprendre, on peut s’arrêter aux soirées à thèmes, qui vont au-delà du traitement rapide à la sauce « Téléjournal », de la rubrique de quelques minutes tendance « Mise au point » ou « Toutes taxes comprises » ou même se donnent le temps d’en dire davantage ( « Temps présent »).

Nous reviendrons sur deux exemples récents apparus sur RTS2, d’harcèlement à l’école et d’après-suicide ( 6 octobre) ou en folâtrant avec des « Escort-boy » dans quelque « Love hotel » japonais ( 13 octobre).

Arte, après une soirée entière avec « Des patrons et des hommes » ( mardi 7 octobre), s’en va  sur les traces du « Capitalisme », en une série qui promet d’être ardue, en trois fois deux épisodes, qui a débuté le mardi 14 octobre 2014, pour se poursuivre les 21 et 28 de ce mois.

 Voici d’abord une image pour «séduire » ceux qui ne le seront pas par « Camping paradis », la victoire de la Suisse face à Saint-Marin ( trente mille habitants), ou encore « Le mentalist », « Cousu main », avant peut-être de rejoindre Serge Moati qui surprend en son « Adieu à Le Pen ( France 2- vers 22h40- record d’audience pour cette émission, avec 1,4 millions de spectateurs qui représentent une part de marché de 10 % )

capitalisme / arte / 14.01.14 illustration pour 1/6

Capitalisme / arte / 14.01.14 : illustration pour 1/6

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(Mercredi 15-11h30) Première impression: passionnant, rigoureux, de bonne pédagogie, pas une minute d’ennui : et bien sûr impossible de résumer en quelques dizaines de signes cent minutes denses et précises autour de d’Adam Smith.

arte - 14.10.14 Capitalisme   2/6

Arte – 14.10.14  Capitalisme 2/6 : la division du travail !

Anton Wilhelm Amo, premier noir à avoir obtenu deux doctorats dans une université allemande en 1730 après avoir été affranchi par son « propriétaire » , a été tiré de l’oubli  pour avoir été le premier à écrire sur l’irrationalité profonde de la prétendue rationalité économique qui transformait les hommes en marchandises, et sur les dangers de séparer les réalités humaines et sociales des réalités économiques » ( Le MONDE – Adrien de Tricornot – 12 et 13 octobre 2014 – page 17 – Aux origines du capitalisme – Télévisions ).

Jeremy Ritkin (Photo Arte)

Jeremy Ritkin (Photo Arte)

A 22h40, durant une dizaine de minutes, Emilie Aubry interroge Jeremy Rifkin, qui vient de publier  » La nouvelle société du coût marginal zéro », fondée sur une économie du partage et de la collaboration qui remplacera dans quelques décennies le capitalisme. Exemples de ce coût minimal (presque) zéro : les énergies renouvelables, le covoiturage ( le 20 % du parc automobile actuel devrait y suffire, en encore sans avoir besoin de conduire !), l’échange d’appartements, etc.. Une autre forme de vie, parfois déjà ici et là marginalement adoptée !

Donc à suivre, ces prochaine jours…

« A livre ouvert »: dès-enchanté !

Voir ci-dessous dans « Ainsi soient-ils : deuxième saison », une adjonction qui permet de comparer la programmation par la RTS d’ « Interventions », série médicale de TF1, avec celle d’ « Ainsi soient-ils », série proposée par ARTE.

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Lors de sa sortie et même avant, « A livre ouvert » a été plutôt bien accueilli par la presse qui s’intéresse à la télévision, qualifié ici et là de « jolie série.  « Jolie », en effet ; c’était mérité en ses premiers épisodes. Mais pas plus que « jolie » !

Hélas, la suite est décevante. Certes, les acteurs restent plutôt bons, les dialogues assez incisifs, plutôt bons eux aussi. Mais pourquoi usent-ils presque tous d’une diction à la mitrailleuse, en alignant les mots les uns sur les autres ? On se croirait dans l’increvable série de France3 , « Plus belle la vie », dont on peut voir de temps en temps sans déplaisir un épisode mais sans me sentir obligé de les voir tous !

L’intrigue ? Elle avance, avec quelques surprises. Mais l’enquête sur les détournements de fonds n’est guère passionnante. Les petites combines de Régina et ses proches en spéculation immobilière sont peut-être plus amusantes à suivre que le million disparu. Cynthia, la fille de Michèle, coincée avec de la drogue qu’elle doit cacher pour rendre service à son petit ami Franck, est un brin inquiétante et inattendue. Mais les personnages les plus importants, quand on arrive à la fin de la série, ressemblent beaucoup à ce que l’on pressentait d’eux lors des deux premiers épisodes prometteurs. Edouard na guère de talent d’écrivain, mais le texte de Christiane est-il vraiment de grande qualité ? Et le lapin ? Il est vrai que mettre en scène un animal pose des problèmes de direction d’ « acteur » qui peuvent être amusants à résoudre. Finalement, il n’y a qu’un personnage à la fois trouble et un peu surprenant, Bruno.

A livre ouvert - pas si "délabrée", la bibliothèque de quartier ! Véronique Reymond et François Morel

A livre ouvert – pas tellement « délabrée », la bibliothèque de quartier ! Véronique Reymond et François Morel

Certaines séquences du cinquième épisode m’auront plongé dans la perplexité. Michèle est enceinte ; mais oui, à son âge et avec son expérience de vie. Elle supporte mal physiquement cette grossesse. De là à s’en aller en toute urgence vomir dans une corbeille à papier au vu des autres, il y a un pas dur à supporter. Et Bruno semble bien construire un parc pour bébé longtemps à l’avance avant de le détruire dans un acte de colère.

Dans chaque épisode, on a droit à des plans d’ensemble de Lausanne, sans surprise. Il faut bien que l’on reconnaisse la ville d’accueil de la bibliothèque de quartier. Mais chose frappante : les personnages n’apparaissent que rarement dans ces plans. On aurait pu filmer n’importe quelle ville de n’importe et raconter le même histoire. Les plaques de voiture et leurs occupants ont doit à une identification « VD ».

Réception "mondaine" en débur de série - A livre ouvert

Réception « mondaine » en début de série – A livre ouvert

« A livre ouvert » avait assez de force pour s’installer durant trois ou quatre épisodes. Le sujet est un peu léger pour en faire six ! Dans le dernier épisode, apparaît une histoire de chalet de montagne de plus de cinq millions négocié à un prix de complaisance. On a revu le lapin blanc. La bibliothèque ne sera pas fermée. Mieux, elle sera transformée en fondation créée par la famille de Régina qui dirige une puissante régie immobilière. Un roman à fort tirage connaît un beau succès, mais ce n’est toujours par Edouard qui le signe. Les millions détournés sont un peu oubliés? Dutoit doit bien y être pour quelque chose. Mais on vient de trouver son corps, noyé. Suicide ? Meurtre ? Bruno et Michèle pourraient bien filer le parfait amour. « C’est toi » demande Michèle à Bruno. Pas de réponse ? Voilà qui laisse ouverte la porte à une autre saison….

Je suis sincèrement triste de ce « dès-enchantement » ! « Crom » et « L’heure du secret » restent, avec l’assez exceptionnel « Dix », supérieurs à ce « A livre ouvert » !

 

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Ainsi soient-ils, 2ème saison

Mais d’abord une remarque qui n’a rien à voir avec le sujet : depuis quelques semaines, le logo rouge « avertisseur » envahit TSR 1 le dimanche soir : 21:00, « Blacklist » (violences criminelles), 22h40, « New-York, unité spéciale* (crimes sexuels à N.Y), 00H15 : « Nurse Jackie » (à quoi l’impertinente, anarchisante et peut-être libertine infirmière Jackie tardive doit-elle cette mise en garde ?). Ce logo rouge, on le retrouve le lundi soir pour la VO sous-titrée de « The Knick », vers 22h45 (pour les opérations avec chairs coupées et sang qui coule?). Tout de même, cela fait beaucoup de « feu » rouge en peu de temps !!! ( fyly – 23.09.14 – 10h30)

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D’« Ainsi soient-ils » en « Interventions » !

 La deuxième saison de « Ainsi soient-ils », est donc une splendide série commandité par Arte, tout en finesse dans la présentation de cinq séminaristes qui veulent devenir serviteurs d’une Eglise fortement préoccupée par le quotidien terrestre financier. La vente des Capucins se précise. Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) réapparait et sera finalement envoyé à Shanghaï. Son successeur, le père Bosco, ira enseignent la théologie à l’université de Louvain. La série se termine sur RTS 1 le 10 octobre et vient de débuter sur ARTE.

Ainsi soient-ils - saison 2 Mpmseigneur Poiseaux : pour rétablir la situation financière de l'Eglise de France, Monssigneur Poiseaux veut vendre llll Mais la commissions prélevée par le Vatican pour dépasser les dix pourcent proposés à l'entourage du Pape.

Ainsi soient-ils – saison 2
Pour rétablir la situation financière de l’Eglise de France, Monseigneur Poileaux veut vendre le séminaire des Capicins.
Mais la commissions prélevée par le Vatican pourrait dépasser les dix pourcent proposés à l’entourage du Pape!

Premiers plans d’une nouvelle série, « Interventions » : un accident de voiture, du sang, une jeune femme qui va accoucher conduite à la maternité. Le mari est mourant. Le samedi 4 octobre 2014 sur RTS 1, voici les deux premiers des six épisodes de cette série médicale en gynécologie, avec un super-héros, Delon, mais seulement Anthony, dans le rôle principal du Dr Roman Lucas. Il dit à une patiente de pousser très fort et le bébé apparaît presque immédiatement, cris de la mère remplacés par ceux du nouveau-né.  Une autre maman rejette son bébé, mais le bon docteur Delon donnera de bons conseils à une collègue qui parviendra à modifier le comportement de Silvia. Les ficelles pourraient bien tenir de la corde ! Pas très prometteur !

Anthony Delon rts/tf1 Episode 1/3

Anthony Delon – Dr Roman Lucas
« Interventions » : premier épisode (Photo rts/tf1)

Sur RTS1, « Interventions », série médicale anodine, produite par TF1, est proposée en premier rideau le samedi soir, peu après 20h00. « Ainsi soient-ils » apparaît le vendredi soir vers 23h00 pour se terminer peu avant 01h00. Une fois encore, sur le téléviseur, forme de diffusion qui reste la plus fréquentée, la RTS ressemble plus à « Tf 1 » chaîne généraliste commerciale, qu’à « ARTE », chaîne généraliste de service public à composante culturelle ! Ainsi en est-il des choix de programmation!

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Aussi bien que le première saison !

La saison 1 est apparue en septembre 2012, huit épisodes de la vie de futurs prêtres catholiques sous la direction du père Fromenter (Jean-Luc Bideau). Pas d’enquête policière, pas de meurtres dans cette production d’ARTE: un milieu rarement évoqué, sous deux angles et leur interférences, la vocation de futurs prêtres et le fonctionnement de l’Eglise catholique.

Le groupe des cinq

De gauche à droite, Emmanuel (David Baïot) Yann ( Julien Bournich) José ( Samuel  Jouy) Guillaume( Clément Manuel) Raphaël ( Clément Roussier)

De gauche à droite, Emmanuel (David Baïot), Yann ( JulienBournich), José ( Samuel Jouy),Guillaume (Clément Manuel),Raphaël ( Clément Roussier)

On retrouve donc cinq jeunes hommes, Emmanuel, l’ex-archéologue, Yann en sa force de timide, Guillaume, qui doit s’occuper de sa famille, José, l’ex-taulard, Raphaël, qui veut se détacher de sa riche famille, au cours d’une formation qui doit les conduire vers la prêtrise, une « profession » qui se raréfie. Les doutes envahissants côtoient les certitudes, à des degrés différents chez les uns et les autres. La foi est lien et mais aussi problème  entre Dieu et chacun d’eux. La 2ème saison s’inscrit bien dans la continuité de la première, avec un changement brutal pour José, peut-être condamné à rester coincé dans sa chaise d’infirme

Ainsi soient-ils - saison 2  José (Samuel Jouy), désormais cloué dans sa chaine d'infirme ?

José (Samuel Jouy), qui doit se réadapter à une autre forme de mobilité.

Le fonctionnement de l’institution

A travers un personnage qui va prendre une certaine importance, le fonctionnement de l’Eglise comme institution va prendre une certaine importabce. Il importe assez peu de savoir s’il s’agit d’un personnage qui a un modèle dans la réalité : l’important est que le récit de fiction soit plausible.il l’est.

Monsiegneur Poileaux ( Jacques Bonanafé) doit devenir président de la conférence des Evêques de France. Mais ce prélat de Limoges ne se sent guère à l’aise à l’aise dans les grands espaces parisiens et plus encore dans son entourage de trois adjoints dont l’un au moins aurait tendance à lui expliquer comment il faut se comporter en public et en privé. Il doit en particulier trouver une solution pour les difficultés financières de l’Eglise de France. Il négocie un prêt avec une femme banquière qui pose de rudes conditions pour avoir une garantie, celle du Vatican. Que voilà une habile astuce de scénariste pour assurer une présence féminine dans un univers masculin. Sans justifier sa position, l’envoyé du Vatican explique mielleusement à MSR Poileaux qu’une démission prématurée pourrait être un bien pour l’institution.

C’est alors que le personnage un peu pâle s’affirme. Il refuse de se retirer de son poste qu’il considère comme un mission en quelque sorte « divine » à laquelle il ne saurait renoncer. Il en oublie de négocier avec son interlocuteur la garantie financière de Rome. Qu’à cela tienne : il y a un moyen, l’austérité, dont il se faut le héraut, l’austérité. A commencer par son entourage immédiat, un au moins de ses proches conseillers étant de trop.

ainsi soient-ils - 2ème saison Thierry Gimenez (Le père Bosco) et Jacques Bonaffé (Monseigneur Poilevaux)

Thierry Gimenez (Le père Bosco) et Jacques Bonnafé (Monseigneur Poilveaux)

Entretiens de discernement psychologique affectif.

Tout cela n’a qu’un lointain rapport avec les problémes de conscience des jeunes futurs prêtres. Le père Bosco (Thierry Gimenez), atteint d’un lourd cancer, devrait succéder au père Fromenger, (Jean-Luc Bideau dans le nom au moins subsiste au générique) coupable d’une gestion financière douteuse, s’il fut un vrai chef spirituel pour les cinq jeunes séminaristes. Il doit désormais décider de l’avenir des futurs prêtres, conduire avec eux des « entretiens de discernement psychologique et affectif » , qui dévient assez rapidement vers une sorte d’interrogatoire sur la sexualité des séminaristes. C’est une manière aussi astucieuse de soulever indirectement le problème du célibat des prêtres. Certains des jeunes supportent d’autant plus mal certaines questions sur l’amour que le Père Bosco adopte alors une attitude qui crée un réel malaise, comme s’il avait à régler un problème personnel.

Il est évident que « Ainsi soient-ils » va continuer de retenir notre attention non par l’inventivité et les surprises de la mise en scène, mais s’appuyant sur un solide scénario, des dialogues incisifs et des interprètes plausibles. « Ainsi soient-ils » conserve donc les qualités romanesques d’une grande série récurrente bien installée dans le haut de gamme, avec tout de même une préférence pour les prêtres et un certain humanisme progressiste plutôt que de privilégier les tourments temporels financiers de l’église de France et les conflits avec la hiérarchie du Vatican.

PS :

La RTS prioritaire

Cette deuxième saison est offerte par RTS 1 sur son premier canal, depuis le vendredi 19 septembre 2014, par duos durant quatre semaines, avant son passage sur ARTE qui est pourtant le commanditaire principal de la série. Une fois encore, la RTS bénéficie d’une priorité, ce qui doit lui permettre de compter sur une part de marché au moins correcte. Mais encore et une fois de plus, l’heure de diffusion est regrettablement tardive, peu avant 23h00 pour se terminer largement après minuit. Sur ARTE, ce sera aussi en duos, dès le 2 octobre, mais dès 20h50 !

La pub en plein milieu !

Que la SSR-SRG soit une chaîne publique généraliste à financement mixte (70 % par la redevance, 30 par d’autres sources, la principale étant le publicité) est une situation de fait. Mais interrompre par une plage publicitaire le premier épisode de la 2ème saison d’ « Ainsi soient-ils » environ vingt minutes après le début de sa projection tient de la provocation… ou d’une erreur technique. Il y a place pour ces spots entre deux épisodes. S’agit-il d’une nouveauté règle interne permettant d’introduire la publicité durant la diffusion d’une fiction de moins d’une heure ?

(Réponse du service de presse de la RTS : c’est une regrettable erreur !!!!)

 

 

De Netflix à « P’tit Quinquin » en passant par « The Knick »

Quelques remarques sur  « P’tit Quinquin » (17.09.14 – 19:00 – ci-desous, point 2)

Ceux qui, à ARTE, ont pris le risque de faire naître en toute liberté « P’tit Quinquin », série vraiment remarquable, « géniale » peut-être, rare à coup sûr, doivent savourer d’excellentes nouvelles : un million et demi de téléspectateurs, jeudi  18 septembre dès 20h45, qui représentent un part de marché de 6,3 %, beaucoup plus grande que la moyenne habituelle de la chaine franco-allemande. Pour le 2ème épisode, dès 21h40, il y a encore 1.2 million de personnes, pour 5,5 % du marché. C’est la 5ème meilleure audience de la chaîne en 2014. 36’000 visionnages du premier épisode ont été faits en « replay » – un peu plus de 2 % en séance de rattrapage (20.09.14- 10:00)

A ne pas manquer, « Ainsi soient-ils », saison 2 !!!!!

Après un très bonne première saison, voici une deuxiéme (Arte, le commanditaire, aurait déjà passé commande pour une troisième !), en priorité sur RTS1. La deuxième saison doit forcément s’inscrire dans le sillage de qualité de la première. Sur la RTS, projection entre 22h50 et 00h40. Sur ARTE, entre 20h50 et 22h35 environ ! Deux conceptions différentes pour la diffusion d’une série récurrente de haut de gamme à forte valeur ajoutée! Et voici au moins une image pour compenser mon manque d’attention ! (19.09.14 – 14h00)

Ainsi soient-ils  -Saison 2 Sur RTS 1 dès le vendredi 19 septembre à 22h50. sur ARTE dès le 2 jeudi octobre dès 20u50 Sur ARTE dès

Ainsi soient-ils -Saison 2
Sur RTS 1 dès le vendredi 19 septembre à 22h50.
sur ARTE dès le 2 jeudi octobre à 20h50

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1/ C’est quoi, « Netflix » ?

Une imposante société américaine de vidéo à la demande arrive, dès aujourd’hui, sur les marchés d’Autriche, de Belgique, d’Allemagne, du Luxembourg, de France et de Suisse. Un événement ? Il se pourrait que cette apparition grignotte peu à peu des parts de marché aux diffuseurs traditionnels.

Plutôt que de fournir des informations détaillées sur le fonctionnement de « Netflix », voici quelques « chiffres ».

Pour les amateurs de séries tentés par le haut de gamme, donc séries en majorité récurrentes, « Netflix » est la société à qui l’on doit la production d’un succès mondial, « House of cards ».

Frank et Claire Underwood ( Kevin Spacey et Robin Wricht ) dans "House of cards", une série de David Fincher, entre autres créateurs, produite par Netflix

Frank et Claire Underwood ( Kevin Spacey et Robin Wricht ) dans « House of cards », une série de David Fincher, entre autres créateurs, produite par Netflix

En 2007, pour 7,99 dollars par mois, « Netflix » offre à ses abonnés l’accès à des films et des séries en *streaming ». En 2010, la société compte aux USA quinze millions d’abonnés. Son chiffre d’affaires annuels est donc d’environ 1 milliard et demi de dollars. L’action vaut environ 300 dollars.

En 2014, l’abonnement mensuel passe de 7,99 dollars par mois à 8,99. Il y a maintenant près de 50 millions d’abonnés dans le monde. Le chiffre d’affaires annuel tourne dès lors autour de cinq milliards de dollars. Et l’action vaut environ 480 dollars.

Cela ne donne aucun détail sur les offres de « Netflix ». Mais voici une première idée de sa puissance financière.

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2/ P’tit Quinquin : série de haut de gamme

Pour qui continue de suivre la télévision sur son téléviseur, s’il de plus est amateur de série placée dans le « haut de gamme », cruel embarras au soir du jeudi 18 septembre : faut-il suivre les deux premiers épisodes de la 2ème saison de la série « Elementary » (RTS1 dès 21h10), fort réussie transplantation de Sherlock Holmès à New-York de nos jours avec un Watson au féminin, sans histoire d’amour, ou le « P’tit Quinquin », une splendide réussite de Bruno Dumont, sur proposition d’ARTE lui laissant toute liberté (dès 20h50) ?

Bernard Pruvost, interprète non-professionnel de l'enquêteur Van der Weyden dans "P'tit Quinquin" de Bruno Dumont (Photo Arte)

Bernard Pruvost, interprète non-professionnel de l’enquêteur Van der Weyden dans « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont (Photo Arte)

Réponse personnelle : ce sera « P`tit Quinquin », vu une première fois au NIFFF à Neuchâtel, sur grand écran. On peut aujourd’hui faire un chef-d’oeuvre qui n’est destiné qu’au petit écran. C’est le cas pour la France et l’Allemagne. L’accueil, à Cannes en mai, fut excellent. »P’tit Quinquin » aurait même été vendu pour plusieurs pays comme n’importe quel film.

Etonnante réaction à propos de ce film: les « Cahiers du cinéma », revue souvent hautainement cinéphile, là où dans les années 50, sous l’égide d’André Bazin écrivaient les Godard, Truffaut, Rohmer, Chabrol, Doniol-Valcroze et autres,  pas très portée sur les séries même en haut de gamme, dans le numéro de septembre 2014, lance en sa page de couverture « La bombe P^tit Quinquin ». Suivent une vingtaine de pages, autour de « C’est quoi c’bordel?! », « L’usure du monde », « Le temps des clowns », « La puissance de feu du comique » (un long entretien avec Bruno Dumont).

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Dans le « Ciné-Télé Obs » (du 13 au 26 septembre 2014), voici aussi un entretien avec Bruno Dumont, et le plaisir de le citer pour donner quelque indication sur ses « tendances ». A la question « Etes-vous amateur de séries ? », il répond :

(,,) J’ai aussi été très impressionné par « La maison des Bois », la série de Pialat. Aujourd’hui, si je tombe sur un truc comme « Les experts », je vais arrêter au bout de quelques minutes, En revanche, j’ai regardé entièrement « Top of the lake » et çà a fini par me plaire. Il y a, dans la série, une orchestration polyphonique qui correspond bien à ma philosophie anti-monothéiste.(..) Le cinéma est un vieux truc. Aujourd’hui, tout le monde peut faire de la série…L’annonce d’une révolution ».

Bruno Dumont est un cinéaste français dont les films ne sont guère accessibles. En étant presque simpliste, on peut dire qu’il y a en lui du Dreyer ou du Bergman. Il a tourné presque tous ses films dans le Nord de la France, les pieds dans la terre. Dans « P’tit Quinquin », il y a des meurtres et un tueur en série, mais les cadavres se trouvent à l’intérieur d’une vache. On est en plein drame paysan. L’enquête est bizarrement menée, l’humour oscille entre l’absurde et la provocation. On rit beaucoup, à condition d’avoir compris qu’on ose. Et le petit couple de 12/13 ans, semble parler comme un duo d’ados de dix-huit ans. Ce film, ancré dans la réalité, parfois d’esprit documentaire, s’inscrit parfaitement dans l’oeuvre de Dumont. Pas certain de savoir m’expliquer sur cette remarque plus intuitive que rationnelle.

Holmès (Johny Lee Miller) et Watson (Lucy Lee) enquêtent à .. New-York ( Photo RTS)

Holmès (Johny Lee Miller) et Watson (Lucy Lee) enquêtent à .. New-York (« Elementary, saison 2) ( Photo RTS)

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 3/ The knick

  « The Knick » est une série écrite par Michael Begler et Jack Amiel, produite par « Cinemax », une chaîne à péage américaine qui fait partie du groupe HBO. Steven Soderbergh, grand cinéaste, signe la mise en scène des dix épisodes de 52 minutes de la première saison. Il apparaît aussi parmi les co-producteurs de la série, tout comme Clive Owen, qui incarne le Dr John Thackery.Aux USA, les séries sont en général proposées épisode par épisode, le suspens particulièrement soigné pour provoquer une réelle impatience de voir le suivant. La sortie américaine date du 8 août 2014.En France, le lendemain, OCS City, une chaîne spécialisée dans les séries qui fait partie du groupe Canal +, le proposait à ses abonnés, en version originale.
Sur la RTS en VOST
La RTS montre la série, épisode par épisode, contrairement à ses habitudes qui marquent la préférence pour des duos et parfois même des trios, dès le lundi 1 septembre, aux alentours de 23h00, un horaire réservé en partie aux séries les plus intéressantes.Cette série historique, qui se déroule à New-York en 1900, dans et autour d’un grand hôpital, le « Knickerbocker », est proposée en VOST, version originale avec des sous-titres français. Ce n’est pas dans les habitudes de la RTS dont certains responsables des programmes ont souvent affirmé que le grand public romand ne s’intéresse pas tellement aux séries historiques et rejette les sous-titres.
.The Knick (RTS/HBO) En cours d'opération, mais avant que ne gicle le sang, la chirurgie en 1900 forcément pas très moderne
Pourquoi cette offre rapide ?
Cette offre de la RTS lui permet ainsi de montrer « The Knick » en première francophone, trois semaines seulement après la sortie américaine et dans des conditions inhabituelles. Il faut féliciter la RTS de cette programmation audacieuse, même s’il est possible que les parts de marchés ne soient pas géantes. Mais la moyenne annuelle est presque assurée par le succès du mondial de football!Dans cette programmation rapide, faut-il voir une réponse donnée à Netflix, une offre payante à la demande, qui s’installe dès mi-septembre en France et semble-t-il aussi en Suisse ? La RTS veut-elle séduire une partie du jeune public qui consomme bon nombre de séries par des moyens plus ou moins légaux dès leur sortie américaine, avec des sous-titres hâtivement proposés ?
Dans le haut de gamme !
La vision du premier épisode, lundi dernier, permet d’affirmer tranquillement que « The Knick » prend d’emblée place dans ce haut de gamme qui retient depuis longtemps notre attention, dans la tranquille certitude que la notion de valeur ajoutée est difficile à contester.La diversité des problèmes soulevés, pas seulement dans le monde de la chirurgie, la richesse des personnages qui s’imposent dès les débuts, la qualité de la mise en scène plaident en faveur de cette série mise rapidement en valeur par la RTS.Donc à suivre….

A livre ouvert

Mise en ligne du 28.08.14 : dans le texte « Que fait la télévision du football? », on trouve « Parler et encore parler! (28.08.14), « Contre-pied, un petit bijou » (04..09.14) et enfin « Pour en finir avec le « Mundial » (07.09.14(,

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Une série romande de six épisodes, présentée six samedis durant par RTS1 à 20h10, dès le 30 août 2014.

1 / Première approche (27.08.14 )

2/ Informations numériques

Coté «  part de marché » !

 Il est intéressant de savoir comment le public réagit face à une proposition tout de même exceptionnelle de la RTS: il n’y a en principe que deux séries de fiction produites par la chaîne chaque année.

Le 30 août 2014, 142 mille romands regardent le premier épisode sur RTS1 quand 8 mille suivent RTS2 et que 470 mille regardent alors la télévision : 30 % de PDM est une assez bonne part de marché un samedi à cette heure.

Le 6 septembre, 82 mille pour le deuxième épisode pour 158 mille liés à la RTS alors que 400 mille sont devant un petit écran : PDM à un peu plus de vingt pourcent. Baisse de régime ? La concurrence du tennis à New-York joue un rôle.

Un départ correct qui ressemble à ceux plus anciens des deux saisons de « L’heure du secret » et de «Port d’attache ».

Coût-minute

 Proposer une série produite par une société suisse sur un sujet suisse représente un gros investissement dans notre pays, 4,2 millions dont venus 3,2 de la télévision. Le million « extérieur » provient en bonne partie des sources traditionnelles, section du cinéma de la Confédération, fondation romande. Durée totale de la série : six fois cinquante-deux minutes. Le coût à la minute s’élève ainsi à environ 13’500 francs, dont 10’200 à charge du service public. Montant élevé ? Non, plutôt modeste : voici deux exemples !

François Morel, Edouard, l'ancien directeur qui n'était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)

François Morel, Edouard, l’ancien directeur qui n’était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)

Une chaine généraliste d’Ecosse avec la BBC, section américaine et l’ARTE franco-allemande viennent d’investir environ six millions, en francs suisses équivalents, pour les 220 minutes dans « Fleming, l’homme qui voulait être James BOND » une curieuse et fort intéressante série : on se trouve alors à environ vingt-sept mille francs la minute : le double du prix suisse. Et le coût-minute de cette série à majorité européenne est inférieur à bien des réalisations américaines !

Autre exemple : se tourne actuellement dans les Grisons une nouvelle version de « notre » Heidi nationale, une coproduction entre l’Allemagne et la Suisse. Huit millions engagés pour peut-être cent minutes ? Quatre-vingt mille francs la minute.

Autre information « chiffrée » : le tournage a eu lieu du 3 juillet au 13 septembre 2013, durant 57 jours. Cela représente environ cinq minutes et demi par jour de tournage, alors que le cinéma « normal » en réalise deux à trois par jour.

 

En effet, plutôt modestes en comparaison internationale, les moyens de la RTS, et plutôt élevé, le rendement quotidien !

( A suivre, des considérations sur la présence de « France 2 » au générique de « A livre ouvert ». Il faudra aussi s’arrêter à une réflexion sur la qualité !!)

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1/ Première approche 

 Fin août 2014, importante semaine pour la RTS : deux événements à « trois millions » (de francs !). Avec le nouveau décor fort élégant pour l’actualité, dont le « 19.30 », la présentation est gagnante ; l’information elle-même le sera-t-elle aussi ? L’apparition d’une série de fiction de la RTS, de six fois cinquante-deux minutes, est un événement qui se produit deux fois l’an. Il repose en partie sur la créativité, pas sur des avancées techniques formelles.

Le sam’di soir après l’turbin….

Six jours sur sept, chaque semaine, entre 19 et 21 heures, la RTS fait confiance à ses émissions propres d’information, de réflexion et parfois de culture. Mais le samedi pose problème. On vient de suivre, six semaines durant, les « estivales » animées par Alain Morisod qui fait gagner voitures et voyages, opération signalée comme « promotion de produit » : part de marché en moyenne, 25 %, avec cent mille spectateurs environ. « A livre ouvert » doit faire aussi bonne part, comme les deux saisons de « L’heure du secret ».

Mais le samedi soir n’est propice, ni à la réflexion, ni à la culture. « A livre ouvert » a pour mandat de divertir le plus grand nombre possible des téléspectateurs. Cela devrait être possible.

Stéphanie Chuat, co-auteure de "A livre ouvert" (Photo RTS/Matthias Grunsky)

Stéphanie Chuat, co-auteure de « A livre ouvert » (Photo RTS/Matthias Grunsky)

Parmi les bonnes séries romandes

Vu les deux premiers épisodes : « A livre ouvert » se situe au même niveau que « Crom » ou « L’heure du secret » no 1, un peu plus séduisant que la fin de « L’heure du secret » no 2, nettement supérieur à « T’es pas la seule » ou « Port d’attache ». Pour mémoire, la meilleure série romande de ces dernières années reste « Dix » de Jean-Laurent Chautemps. A noter que « France2 » a procédé au pré-achat d’ « A livre ouvert », amorce d’une ouverture à l’international.

Deux auteures

Fort souvent, l’équipe qui écrit sous la direction d’un « showrunner » n’est pas celle qui assure la mise en scène. Ici, et c’est chose originale, le duo Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, connu pour sa réussite de « La petite chambre » avec Michel Bouquet, est au travail depuis fin 2010, responsable de l’écriture, des dialogues, de la mise en scène et en partie des finitions, le choix du groupe suisse « The Animen » par exemple.

Véronique Reymond, co-auteur mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTDS/ Photo Philippe Christen)

Véronique Reymond, co-auteure mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTS/ Photo Philippe Christen)

L’histoire, sans cadavre, se développe sur six épisodes, donc en un peu plus de 300 minutes – cinq heures. Il faut laisser au spectateur le plaisir de découvrir l’intrigue, ses rebondissements, tournant autour d’un détournement d’argent, qui a de vagues ressemblances avec les folies d’un chirurgien du CHUV passionné de livres rares, qui publia un répertoire de ses collections sous le pseudonyme anagrammatique de Lukas Jesus von Bollgy. Le fil de l’histoire se déroule avec une réelle fluidité. Les dialogues vont de la simplicité au brio parfois cynique ou amusant. Dans l’ensemble, les interprètes sont à la fois bien choisis et bien dirigés. Et l’on prend ainsi plaisir à faire connaissance avec des personnages amusants, plaisants, pour certains d’entre-eux attachants. Mais à chacun les siens !

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier (RTS/capture d'cran)

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier
(RTS/capture d’écran)

Voici donc quelques raisons certes sommaires pour prendre le train et passer en revue les wagons d’un divertissement du samedi soir de bon niveau.

Incompréhensible !!

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur
http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a des détails qui prennent valeur de symbole d’un état d’esprit dans un domaine préoccupant, celui d’une partie de la programmation de la RTS. Certains exemples me laissent songeurs, en cherchant à comprendre le sens des décisions prises. Le texte qui suit veut donc dire «  Je-ne-comprends-pas !». Il ne faut tout de même pas mettre un « Je » dans un titre. « Incrédible » ferait aussi l’affaire, mais cela sonne trop « angliciste ». Va pour « Incompréhensible !! »

 Le « Cinéma de minuit »à presque une heure du mat !!

 Dans la nuit du vendredi au samedi, en semaines ordinaires, la RTS propose un film dit d’horreur, parfois de fantastique de suggestion ou de poésie, annoncé par un savoureux générique qui fait danser des squelettes. Que les spécialistes du genre, un public qui doit ressembler à celui de l’annuel festival du NIFFF à Neuchâtel, soient servis tardivement, souvent avec des films déjà sortis en salle, n’a rien de choquant. C’est le propre d’une sorte de « niche » pour minoritaires. Selon le tableau de l’audience moyenne de 2011, sur les deux chaînes romandes, après minuit  34 mille heures sont passées à regarder l’écran  contre 1’140 mille, 24 heures sur 24, – 3 % à peine, entre 00h00 et 06h00 !!!

Sennentuntschi" de Michael Steiner - Roxane Mesquida qui incarne la pouoée de paille qui se venge (photo RTS)

Sennentuntschi » de Michael Steiner (Suisse) – Roxane Mesquida qui incarne la poupée de paille qui se venge (photo RTS)

00h30/0h20 / 00h45 /00h35 / 00h45 / 00h30 /00h25 / 00h25 /00h25 : telles sont les heures annoncées mais souvent retardées pour le début du « Film de minuit ». Une exception sur les dix semaines observées : 23h15 le 21 mars 2014 pour le « Sennentuntschi » de Michael Steiner. A noter en passant que sur les dix proposés, sept sont américains, un anglais, un japonais et un suisse. Là, l’esprit d’ouverture du NIFFF est largement oublié. La diversité de la politique des achats est en cause ; une fois de plus !

Au fond, la direction de la RTS devrait ou pourrait interdire aux responsables des programmes de présenter après minuit les fictions ou documents qu’elle co-produit, le cinéma d’auteurs reconnus en fiction et documentation ainsi que n’importe quelle série récurrente de haut de gamme ! Utopie ?

Les américains

La première saison de cette fort bonne série américaine de treize épisodes s’est terminée dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 avril 2014. Elle raconte l’histoire d’un couple d’espions soviétiques des années 80, Philipp et Elisabeth Jennings, parfaitement intégré dans la société américaine. On y suit un autre couple, les Beeman, Sandra plutôt effacée et Stan, agent de la CIA en conflit professionnel avec le KGB mais pas avec ses voisins immédiats, les Jennings. L’astuce du scénario est un peu « grosse », mais efficace. !Le propos n’est pas ici de décrire les qualités, qui sont nombreuses, de cette série.

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

Comme il s’agit d’une série récurrente, RTS 1 l’a inscrite à son programme aux environs de 23h00, alors que se termine le « Box office » majoritairement américain du lundi soir. Ces séries, faites en principe pour être consommées, aux USA, une par une, semaine après semaine, sont presque partout en Europe offertes en duo, comme s’il fallait encore et toujours que la fiction s’inscrive dans la durée du long-métrage avec un entracte pour accueillir la publicité !

Seulement, voilà la hic : treize n’est pas un nombre pair. Les responsables de la programmation à la RTS ont choisi d’expédier d’un seul coup les trois derniers épisodes. La première saison des « Américains » a pris fin à 01h20 !!! Peut-on encore mesurer de manière fiable à partir d’un petit sous-échantillon une part de marché alors qu’il n’y a presque plus personne devant le petit écran ? On pouvait certes « voir et revoir » la série sept jours durant sur internet !

Les jeunes, qui aiment des séries comme « Les Américains », les 15/30 ans, ont bien d’autres moyens de suivre leurs séries préférées, en séances de rattrapage individuel. Cette frange du public risque bien d’échapper à la RTS ! Voilà comment elle traite les fidèles qui continuent de regarder la télévision sur le petit écran : fin à 01h20!  Il faut être insomniaque et/ou retraité ! Foutaise, cette programmation !!!!! Disons plus gentiment : on se moque un peu du mond

 

 

« Apocalypse » : la première guerre mondiale

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur

http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a quelque chose d’un peu étrange dans le fait de revenir sur des événements tragiques lors d’un « anniversaire », notion plutôt associée à des moments qui devraient être heureux. Mais cela appartient aussi à un devoir de mémoire. En une vaste fresque composée de cinq épisodes, France télévision, associée entre autres à la RTBF et RADIO Canada, revient sur la guerre de 14-18 ( les mardis 18 et 25 mars 2014, ainsi que le 1 avril). Les génériques de fin défilent souvent rapidement : j’ai crû lire la présence de la RTS dans la liste des partenaires qui ont à tout le moins procédé à un pré-achat.  France 2 propose pourtant cette série avant la Suisse romande, mais après la Belgique.

Apocalypse :l'affiche de la série Costelle-Clarke Iimages trouvées sur le site de France

Apocalypse :l’affiche de la série Costelle-Clarke. (Images trouvées sur le site de France 2)

L’indication des sources

De grands moyens ont été déployés pour cette fresque, des centaines d’heures de documents ont été visionnées. Ceux obtenus auprès de l’ECPAD (Etablissement de Communication de la Production Audiovisuelle de la Défense) représentent une soixantaine de minutes, un peu moins du quart de l’ensemble. C’est dire si les sources sont nombreuses. Dans l’introduction à la série, il est fait mention d’actualités authentiques ou même de reconstitutions. Voilà un premier problème intéressant si l’on se place dans une perspective historique : l’indication de sources. Dans un fort bon document qui se rapproche d’une démarche créatrice, la RTS a pris soin de distinguer ce qui était documents d’actualités des reconstitutions (« Les coulisses de l’événement : la vengeance de Khadafi – 26 février 2014), démarche de simple honnêteté intellectuelle.

Colorisation

C’est évidemment au montage que l’on atteint le but visé : « Apocalypse » est l’équivalent « blockbusters » du cinéma américain. Mais une saison télévisée comme « Games of thrones » appartient aussi à ce genre. Différence : le grand spectacle se met ici à disposition d’une approche historique. Mais grand spectacle il y a. Les actualités anciennes étaient en noir-blanc, prises de vues faites avec des équipements lourds qui ne permettaient pas en général de s’immerger dans les combats. Il y a remise au goût du jour par une suite d’artifices techniques de deux ordres, visuel par la colorisation et sonore.

"Apocalypse, 14-18" : image légérement coloriée...

« Apocalypse, 14-18 » : image légèrement colorisée…

Les techniques modernes permettent de donner des couleurs aux images, autrement dit de les inscrire dans l’attente du public du petit écran qui aurait tendance, paraît-il, à s’enfuir devant le noir/blanc. Certains commentateurs affirment que cette colorisation a pour but de retenir le jeune public. Affirmation contestable ? Cette adjonction de la couleur est d’ailleurs bien faite, en évitant les excès criards, comme si une certaine patine du temps existait. Mais le procédé même de colorisation, qui n’en était pas ici à sa première, a été parfois, et même vivement, contesté.

La bande sonore

Le son direct, bien sûr, n’existait pas durant la première guerre mondiale de 14-18, donc pas de son authentique associé l’image. Peut-être parfois de sons qui n’ont rien à voir avec l’image, par exemple l’enregistrement de certains discours. Toute la bande sonore est ainsi recomposée, par des bruits additionnels d’une part, par la musique de l’autre. Il semble même, à en croire un confrére, que certaines parties musicales de « Le première guerre mondiale » sont reprises ou à tout le moins ressemblent à celles de la série signée par la même équipe et consacrée à la seconde guerre mondiale. Sur la bande sonore, il ne reste plus que le commentaire écrit par les auteurs, le duo Daniel Costelle, historien et écrivain et Isabelle Clarke, réalisatrice. Mais il s’est trouvé quelque feuille « people » pour mettre en avant Matthieu Kassovitz, acteur qui n’apporte que son excellente diction pour associer aux images et aux sons un fort bon commentaire.

" 14-18" : la guerre, photo noir/blanc !

 » 14-18″ : la guerre, photo noir/blanc !

Donc « Apocalypse », série de documentation, obéit aux règles de la fiction audiovisuelle par les artifices des reconstitutions techniques. Est-ce à rejeter pour autant ? Pas du tout, mais mieux vaut ne pas être dupe de la démarche de spectacularisation faite bien entendu pour retenir l’attention du public le plus large possible. A la télévision, la recette, c’est le nombre qui repose sur les mesures de parts de marché en milliers de spectateurs ou d’heures de visionnement.

MDSL

Reste que l’ensemble est tout de même un apport à la transmission des événements de l’Histoire pour informer les jeunes générations pour lesquelles la guerre mondiale d’il y a un siècle ne signifie rien et donner des informations à ceux pour qui certains événements sont inscrits en mémoire. L’ampleur du massacre, les souffrances qui n’étaient pas effacées quand la guerre reprit en 1939 sont utilement rappelées. Le premier épisode renvoie à la responsabilité des souverains de différents pays avant la déclaration de guerre. Ensuite, ce fut à leurs « sujets » d’en payer le prix, ces souverains alors remplacés par des chefs de guerre dont certains furent, eux, des MDSL ( mort-dans-son-lit) ! La souffrance n’était pas souvent installée dans les cours, les états-majors et chez les marchands de canon.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,  "héros" de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d'Histoire. MDSL en 1951.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,
« héros » de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d’Histoire. MDSL en 1951.

Le fait que ce soit une co-production entre la France, la Belgique et le Canada implique naturellement le rappel de ce qui s’est passé durant cette guerre en Belgique (surtout durant les premiers mois) et de prendre en considération le rôle des troupes venues du Canada. A souligner aussi la juste présence des combattants d’Afrique noire qui ont été mis au service de la France coloniale. En résumé : une intéressante série historique sous une forme très spectaculaire ; peut-être même un peu trop.

Retour vers les séries

Vont suivre prochainement des considérations sur « Homeland », « Scandal », »Games of Thrones », éventuellement « House of cards ».

TABLE DES MATIERES

  1. The Americans  (09.03.14)
  2. Unforgettable (11.03.14

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Unforgettable

(Encore  cinq vendredis vers 21h30 dès le 14 mars 2014)

 La deuxième saison d’ « Unforgettable », avec son duo bien exposé par la RTS peu après 21h00,  touche à sa fin. Mais pour une fois un seul épisode nouveau chaque semaine, car la deuxième est une reprise de la première saison. Il n’est pas inutile de savoir dans quel contexte est apparue cette série, la troisième saison annoncée pour 2014, avec aussi treize épisodes d’une quarantaine de minutes. C’est le produit d’un imposant conglomérat à l’américaine, CBS, qui compte à son actif, dans le domaine des séries, « Les feux de l’amour », « Les experts », « NCIS », « Enquêtes spéciales », Charmed . Il s’agit là d’un genre prisé un peu partout, destiné à rassembler un public le plus large possible », qui ne s’inscrit   donc pas dans le haut de gamme des séries récurrentes.

Poppy Montgomery (Carrie Wells),  Dylan Walsh (Detective Al Burns) dans "Unforgettable" (RTS/CBS)

Poppy Montgomery (Carrie Wells), Dylan Walsh (Detective Al Burns)
dans « Unforgettable » (RTS/CBS)

Sur « Wikipédia », on y trouve les dates de sorties dans un certain nombre de pays, y compris la RTS pour la zone francophone, et le nombre de spectateurs attirés par ce produit de grande consommation, mais sans la Suisse romande. Marché trop petit pour être pris en considération ou informations sur les audiences assez parcimonieusement répandues par la RTS?

L’hypermnésie

On retrouve d’une semaine à l’autre la même équipe d’enquêteurs, une demi-douzaine, et quelques proches. Entre eux se tissent ou se dénouent des liens indépendants du sujet de l’enquête. Ainsi Peggy Walls (Poppy Montgomery) retrouve-t-elle son amant d’avant le début de la série, le Lieutenant Burnes (Dylan Walsh, un des chirurgiens de la délirante « Nip/Tuck »). Ils vont donc revenir de temps en temps sur leur passé commun et les raisons de leur rupture. Peggy a un don d’hypermnésie, qui lui permet de revoir avec une grande précision des événements d’un passé récent et même lointain, comme par hasard, bien sûr, associé à l’enquête en cours. Elle aimerait aussi bien découvrir qui a tué sa petite sœur il y a fort longtemps!

Les mêmes !

Les mêmes !

Enquête bouclée en trente-cinq minutes

 Trente-cinq minutes sont alors à disposition pour mener l’enquête et trouver le coupable. Difficile de laisser s’y glisser de subtilités. ! Mais c’est assez « malin ».  « Unforgettable » est bien ficelé, monté avec suspens, sans temps morts. C’est du bon savoir-faire américain, mais au service, une fois de plus, d’une enquête policière, crimes bien sordides y compris.  On peut voir un numéro au hasard : inutile de suivre la série d’un bout à l’autre. On comprend vite les liens entre personnages et le rôle rarissime de l’hypermnésie. On peut aller voir ailleurs…même pour se distraire ! Il y a beaucoup de séries quasiment unitaires de ce niveau. On y fréquente des personnages, pratiquement aucun problème de société ! Lassant, malgré la bienfacture. On se croirait sur TF1 !

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Les américains

( RTS1, lundis dès le 10 mars 2014,  vers 22h30, six semaines durant)

 Enfin une nouveauté que cette première saison d’une série américaine en treize épisodes, « Les américains »,  à la fin de « Box office », le premier d’un peu plus d’une heure, « Le projet », le deuxième d’une quarantaine de minutes, « La cloche », avec couvre-feu après minuit.

L'affiche de la série (Photo RTS/Fox)

L’affiche de la série (Photo RTS/Fox)

Quelques premières raisons de s’y intéresser sur le foi du premier épisode.

L’époque, le début des années 1980, sous le président Reagan, est celle de la guerre froide, de la grande méfiance entre ce que l’on nommait l’ »Est » et l’ »Ouest »: un sujet déjà un peu « historique » même si l’Histoire parfois se répète.

Philipp et Elizabeth Jennings, américains moyens d’origine canadienne, vivent assez paisiblement à Washington. Aucun suspens, le spectateur saura très rapidement qu’ils sont des agents dormants du KGB soviétique, des espions prêts à intervenir sur ordre supérieur. Il n’en va pas totalement de même pour un de leurs voisins dont eux-mêmes ne savent d’abord pas qui il est: suspens!

La famille Jennings:_Elizabeth (Keri Russell), Henry (Keidrich Sellati), Phillip (Matthew Rhys) and Paige (Holly Taylor) ( Photo RTS/Fox)

La famille Jennings:_Elizabeth (Keri Russell), Henry (Keidrich Sellati), Phillip (Matthew Rhys) and Paige (Holly Taylor) ( Photo RTS/Fox)

L’intérêt dès lors va se porter sur les missions qui vont être les leurs lors des épisodes suivants. Difficile à première vue de savoir quel sera le regard porté par les auteurs sur le couple Jennings en 2013 :  dans l’esprit de la guerre froide ou approche plus nuancée d’une période d’excessive méfiance de ce qui aux yeux de certains américains représentait l’ennemi le plus dangereux, l’URSS?

Mission lors du premier épisode, enlever un transfuge de haut rang pour le renvoyer en URSS. Un doute : Elizabeth connaissait leur cible et possède une bonne raison d’agir par vengeance, ce qui serait plutôt une mauvaise motivation pour « servir » le KGB en immersion à Washington. Ce premier épisode est plutôt brutal. En tous cas le rythme est bon. La série est prometteuse ; probablement !

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Break-ups

11h00 : près de deux heures déjà passées ce vendredi 14 février 2014 sur le site

www.rts.ch/breakups

pour voir une première fois l’acte d’audace accompli par la SSR-SRG, confié par la RTS à une jeune société, JUMP CUT, pour produire non pour l’antenne  mais sur le web une double série de  dix modules de trois minutes sur un thème évidemment d’actualité en cette Saint-Valentin des amoureux, celui de la rupture.

Dix modules sont réalisés en français et sous-titres en allemand, dix autres parlés en suisse-allemand et immédiatement sous-titrés en français, les premiers à Genève, les autres à Zürich.

Voici donc vingt formes de ruptures entre duos qui se livrent à des scènes de ménage, pas comme les ainés que sont Huguette et Raymond sur M6 ( repris en matinée par la RTS), mais par des jeunes qui ne dépassent pas de beaucoup la trentaine, avec débutants de moins de dix ans.

Breakups, no 1 - Latex  Pauline Schneider et Antonin Schofpfer dans Latex, premier épisode de la version RTS. Une rupture, faute de savoir si le rapport de la nuit précédente fut ou nom protégé; mais c'est dit autrement ! xy et Antonin Schopfer

Pauline Schneider et Antonin Schopfer dans « Latex », premier épisode de la version RTS: une rupture, faute de savoir si le rapport de la nuit précédente fut ou non protégé; mais c’est dit autrement !

Mais cela va beaucoup plus loin dans toutes les directions, en particulier par les situations, les dialogues qui peuvent heurter les chastes oreilles dans leur virulence, les comportements des acteurs qui passent aisément de la fausse sérénité à l’excès de la colère. Les images sont simples et prudes, évident contraste le vocabulaire.

Ted Tremper, scénariste, réalisateur et monteur de l'ensemble de la série "Breakups"

Ted Tremper, scénariste, réalisateur et monteur de l’ensemble de la série « Breakups »

L’idée est importée des USA. Cette mini-série est écrite et réalisée par un américain, Ted Tremper, crédité aussi du montage. Pas de virtuosité visuelle, de la simplicité aussi dans la sonorisation ( musique au piano), dans le lieu unique de tournage pour chaque rupture. Et seul devant l’écran de mon ordinateur, j’ai ri souvent, parfois ému ou même choqué, admiratif devant le travail des acteurs. Et surtout séduit, oh combien, par la liberté offerte par le web, y compris celle de voir ce que l’on veut à l’heure que l’on veut.

Juste pour exciter la curiosité, deux premiers exemples, presque pris au hasard :

+ Roméo séduit avec des poèmes une Juliette au  balcon à trois heures du matin avec commentaires littéraires et hors-champ des voisins

Isabelle Caillat, Juliette au balcon, écoute au milieu de la nuit un poème de son Roméa dans "Ta gueule", le no 9 de la série

Isabelle Caillat, Juliette au balcon, écoute au milieu de la nuit un poème de son Roméa dans « Ta gueule », le no 9 de la série

+ deux plumes de paon servent de boucles d’oreille à une exquise em…

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16:00 : je viens de montrer à une amie ce numéro 9 de la série romande. Intéressante réaction : elle l’a trouvé amusant. Mais surtout    t r o p     c o u r t !!

A suivre, sans hésiter

La vie des séries

Voir sous En 2014 : « Infrarouge dix ans!  Déjà et/ou Hélas ? (05.02.14 – 16h00)

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TABLE DES MATIERES

A / Généralités

  1. L’impact des séries
  2. Franchir les frontières intérieures
  3. La naissance de « Borgen

B / L’heure du secret 2

C / Séries par ordre alphabétique

  1. Broadchurch
  2. Le Retour d’Homeland
  3. Scandal
  4. Broadwalk empire

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 Broadchurch

après six épisodes (RTS1, vendredis)

Dans le haut de gamme, les Américains ne sont pas seuls. Les anglais s’en tirent bien, comme des scandinaves. « Broadchurch » a pour  mérite d’être anglais, de partir d’un seul événement grave, le meurtre d’un enfant. Il raconte ce que ce drame provoque dans une petite communauté de bord de mer. Bien entendu, l’enquête va se dérouler, contradictoire et à rebondissements. Plus le sujet surprend le téléspectateur, et plus les créateurs et diffuseurs sont contents d’eux !

Broadchurch / Parmi les habitants, le révérend Paul Coates (Arthur Darnel)

Broadchurch / Parmi les habitants, le révérend Paul Coates (Arthur Darnel), devant la falaise pas assez souvent (bien) montrée.

Un duo de policiers mène l’enquête en s’affrontant,  Alex Harry venu de l’extérieur et Ellie Miller, habitante de la localité bien intégrée. Le passé proche et sa santé d’Alex font problème. Tom Miller connaissait bien Dany son contemporain tué mais quel secret avaient-ils en commun ?La famille Latimer n’est pas aussi unie qu’il y paraît. La presse, tant par un journal local qu’un organe plus important, joue au rôle ambigu dans sa recherche de scoop qui fait vendre au détriment de l’information. Dans le groupe des habitants, il y a des personnages plus ou moins étranges, comme le révérend, le photographe, l’hôtelière.

Broadchurch / Deux "habitants", Ollie Stevens (Jenath Bailey) et  Margie Radclife ( Caroline Pickles)

Broadchurch / Deux « habitants », Ollie Stevens (Jenath Bailey) et Margie Radclife ( Caroline Pickles)

Il y a là riche matière. Seulement, ne va-t-on pas trop  loin avec deux dizaines de personnages qui ont tous quelque chose à cacher,  en plus de pas très reluisant. Le décor, avec les falaises qui surmontent la plage, pourrait devenir un véritable personnage. Ce n’est pas le cas.

A classer dans le bas du haut de gamme !! Assez loin pourtant de « Top of the lake ».(05.01.14 – 17h30)

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La naissance de  « BORGEN »!

(Avec Françoise Mayor, responsable de  Fiction Production à la RTS depuis le 01.01.2014)

 Le Danemark s’est acquis une solide réputation mondiale dans le domaine des séries, en particulier avec « Borgen ». En Suisse, beaucoup sont maintenant d’accord avec ce que l’on nomme « L’exemple Borgen », mais ce n’était pas le cas il y a trois ans. Un haut fonctionnaire fédéral, Nicolas Bideau, pas très enthousiasmé par les productions télévisées quand il dirigeait le cinéma, est en train de se déguiser en « showrunner » pour faire produire par la SSR ou la RTS une série partiellement policière sur la Genève internationale.

Adam Price, l'auteur de "Borgen", devant une affiche avec la Présidente ( photo Telerama)

Adam Price, l’auteur de « Borgen », devant une affiche avec la Présidente du gouvernement du Danemark

Françoise Mayor, avec Alberto Chollet, est en contacts fréquents avec des Danois depuis plusieurs années déjà. Elle sait comment est née l’idée de Borgen : Comme pour toutes les Fictions scandinaves, l’auteur est au cœur du succès de ces œuvres. Pour Borgen, c’est le scénariste Adam Price qui a eu le déclic créatif en faisant du sport dans une salle de fitness, une veille d’élections danoises. Face à l’indifférence suscitée par les appels au vote des candidats, A. Price s’est donné pour défi d’intéresser tous ses concitoyens à la chose politique, estimant que la démocratie est un bien trop précieux pour la laisser se dissoudre dans l’abstentionnisme et l’indifférence. Accord fait avec la chaîne de service public danoise DR, toute liberté a été laissée à l’équipe d’écriture et de réalisation.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente de "Borgen"

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen »

Présentée en premier rideau, la série touche près d’un danois sur deux ! Elle s’est vendue dans plus de soixante pays. Un exemple à « imiter » ? Quand !?

Le duo féminin de "Borgen", Birgitte Myborg (Sidse Babett Knudsen) et Katrine Fonsmark ( Birgitte Hjort Sorensen)

Le duo féminin de « Borgen », Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) et Katrine Fonsmark ( Birgitte Hjort Sorensen)

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Franchir les frontières intérieures

(Avec Françoise Mayor)

Parmi les conditions nécessaires à la reconnaissance donc au succès d’une série, l’une d’elles consiste à franchir les frontières, y compris  intérieures. La barrière de « röstis » est installée sur la Sarine et la chaîne des alpes éloigne le Tessin. La première saison de « L’heure du secret » n’a été reprise ni par la SRF (Zürich) ni pas la TSI (Lugano), alors qu’elle a été vue dans le monde entier sur les canaux de « TV5 Monde ». Françoise Mayor, aussi responsable à la RTS des séries depuis quelques années, nous dit : « 10 », « T’es pas la seule », « Crom » ont été doublées par SRF. Grâce à la présence du comédien alémanique Gilles Tschudi les décideurs d’outre Sarine étudient la possibilité de doubler les deux saisons de l’Heure du Secret.  

Gilles TSCHUDI ( Blaise Bergens), personnage secondaire de "L'heure du secret", saison 2

Gilles TSCHUDI ( Blaise Bergens), personnage secondaire de « L’heure du secret », saison 2

 Cette politique de doublage n’est pas à sens unique : Citons à cet égard « Der Bestatter », « Le Croque-Mort », une série de SRF qui vient de connaître un immense succès pour sa deuxième saison en Suisse alémanique et que la RTS est en train de doubler en français pour son public.

 

Mike Müller ( Luc Conrad) dans "Der Bestatter" ( Le croque-mort),  une série à succès de la SRF

Mike Müller ( Luc Conrad) dans « Der Bestatter » ( Le croque-mort), une série à succès de la SRF

 On vient d’assister en novembre dernier à un « événement » national bien accueilli, « Les Suisses », qui aura contribué à ouvrir  les frontières intérieures parfois efficaces pour permettre la libre circulation des productions des uns chez les autres. Depuis quelques années, les responsables de la fiction télévisée,  au travers des séries  et des co-productions de films se rencontrent plus souvent et apprennent à collaborer. Encore faudrait-il que cela se sache.

Carlos Leal  (Pedro Lambert) dans "Der Bestatter"   (Le croque-mort), une série à succès de la SRF, en cours de doublage en français par la RTS.

Carlos Leal (Pedro Lambert) dans « Der Bestatter » (Le croque-mort), une série  de la SRF, en cours de doublage en français par la RTS.

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L’impact global des séries

 Dans l’audiovisuel contemporain, les séries récurrentes prennent une place de plus en plus importante, puisqu’elles ont élargi le champ de l’imagination. Une d’elles occupe une place inattendue dans le dernier discours sur l’état de l’Union de Barak Obama.  Il vient en effet de citer « Mad Men », comme le relate « Le Monde » du 30 janvier 2014.

Elisabeth Moos (Peggy) dans "Mad men"

Elisabeth Moos (Peggy). Selon « Le Monde », « Mad men » est une« série télévisée à succès sur l’univers machiste des agences de publicité dans les années 1950 ». Le président des USA la cite comme exemple d’inégalités dont les femmes sont victimes dans le monde du travail.

D’autres angles permettent d’aborder le problème des séries. Au départ, il y a une idée qui conduit à l’écriture avant d’organiser la production et de passer à la réalisation. Produit terminé, il faut le diffuser, sur l’antenne de son  commanditaire et le faire connaître à des acheteurs potentiels.

 Bien entendu, il est quasiment impossible qu’une chaîne généraliste ou spécialisée ne montre que ses propres réalisations. Il faut alors mener une politique d’achat sur le marché mondial, fréquenter des nombreuses manifestations consacrées aux séries.

Dans la carrière d'Elisabeth Moos, trois séries sont particulièrement importantes : "A la maison BLANCHE" (Zoay Bertlet), "Mad men" (Peggy  Olson) et "Top of the lake", de Jane Campion, son rôle le plus impresssionnant (notre image)  Australie/Nouvelle Zélande) Elisabeth Moss dans le rôle de Robin Griffin. Sur ARTE les 7 et 14 novembre à 20h50.

Dans la carrière d’Elisabeth Moos, trois séries sont particulièrement importantes : « A la maison Banche » (Zoay Baertlet), « Mad men » (Peggy Olson) et « Top of the lake », de Jane Campion, son rôle le plus impressionnant, celui de Robin Griffin (notre image)

Le catalogue constitué se pose partout le problème de la diffusion, le choix du moment jouant un grand rôle tant le public est naturellement nombreux à certaines heures et rare à d’autres.

Où en est-on en Suisse romande ? Nous venons d’avoir de longs et fructueux échanges avec la nouvelle responsable de la fiction à la RTS, Françoise Mayor, qui succède à Alberto Chollet. Une page du prochain MEDIATIC lui sera dédiée. Mais la matière est tellement abondante que nous pouvons facilement commencer d’en diffuser une partie dans le blog par petites doses.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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