« Trépalium »et autres séries récurrentes

 Arte consacre ses jeudis soirs aux séries récurrentes qui proviennent d’un peu partout dans le monde, peut-être même en se passant volontairement des productions américaines. C’est là aussi qu’on y rencontre des séries produites par la chaîne franco-allemande, comme « Trépalium » . Profitons-en pour rappeler le lumineux souvenir du « P`tit quinquin », une des belles surprises audiovisuellles, donc cinéma et télévision confondus, de l’été 2014.

P'titQuinquin - une série signée Bruno Dumont Arte, 18 et 25 septembre 2014

P’titQuinquin – une série signée Bruno Dumont (Eté 2014 – Photo Arte)

Le visionnement du premier épisode de « Trépalium », production ARTE, permet d’être assuré de l’intérêt de cette série d’anticipation. Une citation de Ray Bradbury ouvre la série : « Il faut sans cesse se jeter du haut d’une falaise et se fabriquer des ailes durant la chute ». Elle donne une assez bonne idée des risques pris par les auteurs de la série sur laquelle nous reviendrons.

Voici quelques extraits tirés du site

http://www.arte.tv/magazine/trepalium/fr/trepalium-la-serie-danticipation-trepalium

Thriller d’anticipation ambitieux servi par un casting de prestige, la série « Trepalium » tisse des destins romanesques dans un monde futuriste où 80 % de sans-emplois font face à 20% d’actifs.

Dans ce monde, deux espaces sont séparés par un Mur d’enceinte imprenable. D’un côté la Zone, de l’autre la Ville. Cédant à une menace terroriste, le gouvernement impose aux salariés d’employer un quota d’« Emplois Solidaires » triés sur le volet. La famille de Ruben Garcia, un ingénieur en pleine ascension, est contrainte d’embaucher la Zonarde Izia, qui rêve d’offrir un nouveau destin à son jeune fils Noah.

Nadia PASSERON (Ronit Elka Betz), première ministre, avec son mari, Monroe Meretti ( 99, ministre de travail et sa fille Zoey, responsable de la communicatio .

Nadia PASSERON (Ronit Elka Betz), Première Ministre, avec son mari, Monroe Meretti, ministre de Travail et sa fille Zoey, responsable de la communication . (Trépanium – photo ARTE)

 

Le sériophile qui préfère les séries récurrentes aux unitaires, qui est même ravi de rencontrer des séries non américaines qui ne proposent pas des meurtres sanguinolents en grand nombre, n’est certes pas majoritaire. Le cercle des« fanas » du genre, qui parle «haut de gamme » ou « forte valeur ajoutée », va de quelques membres du conseil du public de la RTSR à certains rédacteurs de revues de cinéma plutôt pointues en passant par de rares spécialistes de la télévision. Ce milieu est plutôt en phase de croissance. Et puis, il y a tous ces jeunes mordus qui savent se débrouiller pour tout voir dans n’importe quelle version avant tout le monde, insaisissables par les mesureurs d’audience.

Actuellement sur la RTS

Le sériophile, qui continue de regarder sur son écran d’une dimension supérieure au téléphone portable et à la tablette, est parfois tout de même resté fidèle à « notre » RTS! Ces temps, il n’est guère gâté, depuis la fin de « The Knick ». Il y a « Anomalia » ( RTS1- samedi soirs vers 21h00 avec reprise les lundis sur RT2 vers 20h00). Il y a eut tout de même la fin de la troisième saison de « Masters of sex » ( lundi 8 février en deuxième rideau vers 23h00), où les deux chercheurs mettent un peu trop du leur dans des recherches scientifiques objectivement sexuelles. On peut aussi suivre « Boardchurch » en deuxième saison (sur RTS 2, mercredis vers 23h00, deuxième saison déjà vue ailleurs) ou « Downton Abbey » (les vendredis vers 23h00, sixième saison déjà vue ailleurs). Même en seconde mains, propositions honorables, à condition de ne pas insister sur les heures tardives réservées à des publics très minoritaires.

Dr William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy CAPLAN9 dans "Masters of sex", fin de la 2ème saison le marci 9 février à 00h15 sur RTS1

Dr William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy CAPLAN9 dans « Masters of sex », fin de la 2ème saison le marci 9 février à 00h15 sur RTS1

L’approche par la lecture

 Une information sur les prochaines sorties, qu’il s’agisse de cinéma ou de télévision, ou même de spectacles ou lectures en général, passe par une phase d’informations préalables. En fiction télévisée, pour les séries qui font l’objet de ces réflexions, la lecture de la presse spécialisée est plus féconde que les lancements offerts par les chaînes qui vont les diffuser. Les sources sont plus riches dans la presse française qu’en Suisse romande où la réflexion à propos de la télévision n’est pas très intense.

« Le Monde », dans son édition dominicale (7/8 février) sur quatre pages (une par jour pendant toute la semaine) met l’eau à la bouche.

Une page entière pour « Baron noir », une série politique prometteuse, sur Canal+ crypté, deux épisodes par soir, dès le 8 février : « la meilleure série politique française produite à ce jour ». On trouve aussi des approches de la série sur Télérama et même en Suisse ( Tribune de Genève des 30 et 31 janvier 2015 / Le Temps, 6 février).

Philippe Rickwaert (Kad Mehrad) et Francis Laugier (Nils Arestrup) à la conquête du pouvoir (Photo Canal +)

Philippe Rickwaert (Kad Mehrad) et Francis Laugier (Nils Arestrup) à la conquête du pouvoir (Photo Canal +)

 Une demi-page présente « American crime », Canal+ séries, « sans doute la grande série de ce début d’année, avant que ne sorte le 15 février, la très rock « Vynil » qui réunit Martin Scorsese. Mick Jagger et Terence Winter ».

 Un bas de page est consacré à « Trépalium » ( Arte, les jeudis 11 et 18 février, dès 20h55, en rafale de deux fois trois épisodes), largement commenté aussi dans Télérama » et présenté dans la « Tribune de Genève » ( 6 et 7 février), considéré comme un « Bijou d’anticipation » par Télétop-Matin (7 février).

On risque bien d’attendre longtemps avant de les voir apparaître vers 23h00 sur la RTS !

 

« Infrarouge » : d’une semaine à l’autre vers 21h00

Même peu après 21h00, Infrarouge continue-t-il d’être proposé en direct différé de quelques heures ? Les invités ont-ils l’occasion de voir les dessins de Mix&Remix ? Ils pourraient alimenter d’une manière souvent impertinente le débat. Un certain recul provoquerait peut-être des surprises. C’est pourquoi nous insérons dans ce texte plusieurs des contributions de Mix&Remx.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Changer une semaine sur deux « Infrarouge » donc améliorer l’émission ? On devrait imposer aux producteurs, animatrice et animateur de regarder régulièrement  » C…dans l’Air » et de s’inspirer de sa formule où l’on gagne beaucoup à se passer des pugilats entre politiciens !!! (08.02.16)

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

1o février 2016

Un octogénaire ou célibataire n’est pas particulièrement intéressé par l’initiative populaire « Pour le couple et le famille – Non à la pénalisation du mariage ». Mais il peut être bon citoyen et avoir envie de s’informer. Dès lors, « Infrarouge » pendant une heure devrait être incontournable. Rendez-vous était donc pris au soir du mercredi 10 février à une heure beaucoup plus agréable (désormais peu après 21h00 ).

Ce fut sous la houlette Mamarbachi dans le genre traditionnel du « pour » un côté et « contre » de l’autre, à trois contre trois. Confirmation apportée qu’il y a en coulisses un chronométreur qui permet d’annoncer que le clan dirigé par Madame Darbellay ou Monsieur Moret avait trois minutes de retard sur l’autre. M.Darbellay en a peut-être profité pour répéter deux ou trois fois encore qu’il était indispensable de changer un texte qui attendait de l’être depuis plus de trente ans.

Assez rarement assisté à une telle suite de pugilats verbaux où tout le monde parle ensemble, au point que Mme Mamarbachi en vint à proposer sa place à Mme Moret ! Un sommet atteint ce 10 février dans les paroles coupées, les interventions qui s’additionnent ! Il y a heureusement une nouvelle rubrique qui permet de couper toute parole : un des invités doit répondre un texte lisible sur l’écran, porteur d’une question qui peut ressembler à un témoignage, ce qui n’améliore même pas le niveau du débat.

Les membres d’un gouvernement, l’un du Jura, l’autre de Neuchâtel, ont pour rude mission d’être porteurs de deux représentations, leur fonction et leur appartenance politique. Pourquoi pas ?

Au bout de soixante minutes, difficile d’en tirer parti pour se faire une opinion, autrement dit, pour décider éventuellement de son propre vote, afin de sortir de l’incertitude.

Il y a un moyen de s’en tirer. Ce jeudi matin, pris en main le petit document d’une cinquantaine de pages reçu dans l’enveloppe de vote et lu attentivement les pages 4 à 13, certes un peu ardues. Temps de lecture : douze minutes. Et cette fois, j’ai compris. Mon opinion flottante du mercredi soir après « Infrarouge » ne l’est plus !!!

*=*=*=*=*=*

3 février 2016

Premier rideau (mercredi 3 février 2016 à 20h15)  pour le débat sur le deuxième tube routier sous le Gothard : à dire vrai, pour un tel sujet, la formule trois « pour » trois « contre » fonctionne assez bien, puisque le débat est assez bien « tenu » par l’animateur. Encore que trouver une place plus grande pour exprimer des doutes et poser des questions adressées autoritairement à un participant pourrait être un apport positif. (04.02.2016 -08h30)

Infrarouge 3 février 2016 - votations tunnel routier s-gorhard

                

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Depuis des années, « Infrarouge » et ses débats politiques, tout comme « La puce à l’oreille » à caractère culturel ou des séries récurrentes plutôt de haut de gamme, sont relégués, par la RTS, aux environs de 23 heures alors que les spectateurs se font rares. A moins que ceux-ci soient peu nombreux à cause des heures tardives. C’est le problème habituel de savoir si la poule fait l’œuf ou l’œuf la poule !

Bonne et même excellente nouvelle : voici désormais « Infrarouge » mieux mis en valeur dans le programme, les mercredis peu après 21h00. Il y a même quelques changements mineurs, questions tirées des réseaux sociaux ou commentaires demandés à propos d’un dessin de Mix&Remix.

27 janvier 2016

Le même schéma

 « Infrarouge » se déroulait et continuera de le faire à en juger par les émissions du 20 et du 27 janvier selon un schéma assez rigide : au centre, l’animateur ou l’animatrice avec ses qualités et défauts qui ne sont ici pas pris en compte, une table en deux parties avec trois invités « pour » le sujet du jour d’un côté et de l’autre trois « contre », un large appel fait aux politiques avec au moins un de droite, un du centre et un de gauche, quelques représentants de temps en temps de l’économie y compris avec syndicalistes, quelques rares experts ni « pour » ni « contre », plus d’hommes que de femmes.

Comme en football, en cours de rencontre on peut même changer quelques joueurs. « Infrarouge » qui n’est pas un échange repose sur la notion d’affrontement qui souvent vire au pugilat avec trop de monde pour que les participants puissent s’exprimer avec nuances, le « trop-de-chiffres » valables pour les seuls invités ! « Infrarouge » dans sa conception actuelle tient du spectacle avec composante assez forte de divertissement.

 

 

20 janvier 2016

20 janvier 2016

 Sujet du jour : l’initiative de l’UDC dite de mise en œuvre de son initiative pour l’expulsion des criminels étrangers. Sous les ordres d’Esther Mamarbachi, trois invités, deux UDC et un MCG, un policier genevois secondos proche des deux premiers, en face d’eux un radical, une économiste et une socialiste. C’est à ce titre que Mme Simonetta Sommaruga, démocratiquement assise dans le trio des « contre » fut dans un premier temps présentée. Centre et droite, cinq, gauche un, mais pas n’importe qui : la conseillère fédérale ! Vers la fin du débat, il fut question de redonner la parole à quelqu’un dont le temps était inférieur à celui des autres : cela se joue au chrono, en coulisses !

20 janvier 2016

27 janvier 2016

 Un grand invité, Johann Schneider-Amann, Président de la Confédération, mieux traité que sa collègue Sommaruga puisqu’il eut droit à une première partie en tête-à-tête avec Esther Mamarbachi. On en restera à deux fois trois : d’abord deux experts, une syndicaliste et un patron et une citoyenne chômeuse pendant une vingtaine de minutes puis un trio gauche-centre-droite qui ne manque pas de jouer au jeu des piques internes.

27 janvier 2016

L’affrontement, avec arbitrage plus ou moins bien assuré par l’animatrice, est une composante inscrite dans l’ADN d’ « Infrarouge ».

Faire autrement

Politiques et journalistes ne peuvent plus rester dans l’entre-soi pour discuter de choses supposées intelligentes et intéressantes. (Il faut) remanier le format de l’émission, ouvrir portes et fenêtres (…) et confronter la parole politique aux citoyens et à une exigence sur le contenu. (Il convient donc de trouver) un magnifique format qui permet d’être à la fois dans l’entretien politique et de se laisser surprendre par l’intransigeance des experts, et parfois celle des citoyens. ( Et c’est ainsi que l’invité principal ) se retrouve seul derrière un pupitre avec un scénario qu’il ne connaît pas. C’est un exercice nouveau (si) deux experts et deux citoyens complètent le plateau.

 « Infrarouge » pourrait s’ouvrir à l’alternance : une semaine selon son bon vieux schéma en place depuis sa création, une autre selon la description qui vient d’en être faite, un invité face à deux experts et à deux citoyens.

 

une première fois le 20 janvier 2015. Et le mardi 2 février pour accompagner un autre retour, celui de "La grande lessive".

…une première fois le 20 janvier 2015. Et le mardi 2 février pour accompagner un autre retour, celui de « La grande lessive ». Un peu troublant, cet accueil à-bras-ouverts…..Mais les bras sont refermés : « la grande lessive » est provisoirement suspendue. Le retour du retour aura lieu ailleurs…(03.02.2016)

Le « pourquoi » des italiques ?

 Les parties en italiques associées au précédent intertitre sont citations adaptées d’un texte fort intéressant paru dans « TéléObs » du samedi 30 janvier au vendredi 6 février 2016. Ce sont des remarques de Caroline Roux dont l’émission dominicale «  C politique » vient de changer de formule sur France 5. Une fois au moins par semaine, elle apparaît aussi dans l’émission d’Yves CALVI, « C…dans l’air » : Cette émission, c’est un miracle. Elle a rencontré son public à 17h50 puisqu’elle réunit parfois jusqu’à deux millions de spectateurs (..) Elle vous emmène au-delà de ce que vous avez préparé grâce aux invités.

 Ce qui se produit dans «  C…à dire » à 17h30, « C.. à vous » dès 19h00, ou « C…dans l’air » (17h50 avec reprise vers 22h30), cinq fois par semaine sur France 5, ce que Caroline Roux fait le dimanche avec « C politique », ce qu’Elisabeth Quinn fait sur ARTE cinq fois par semaine dans « 28 minutes » émission tout de même un peu engoncée dans un schéma varié mais respecté à la minute près pourrait nourrir d’idées « Infrarouge », seule émission de débats politiques par semaine sur la RTS. Ose-t-on rêver ?

20 janvier 2016

*=*=*=*=*=*=*=*

PS qui n’a presque rien à voir: des femmes au pouvoir ?

Dans l’entretien cité, Caroline Roux se dit fière d’être une femme de quarante ans avec des enfants et qui fait des interviews politiques. (..) La crédibilité est souvent accordée aux costumes-cravates. Mais les choses bougent : ce sont des femmes qui sont à la tête de France Télévisions, d’Arte….

La RTS va donc devoir remplacer son responsable des programmes puisque Gilles Pasche vient d’annoncer son départ. Depuis les débuts de la télévision romande dans les années 50 du siècle dernier, combien de femmes à d’importants postes de direction ? Pas une seule, sauf si ma mémoire me trahit. Et si demain, en Suisse romande, on trouvait, à la direction des programmes, une femme, sans attendre 2050. Des noms ? On pourrait en citer….

 

 

A N O M A L I A (II)

Vu donc, à domicile, les trois premiers épisodes sur un petit écran d’ordinateur. Revu (samedi 16 à 20h40 sur RTS1 – autre visionnement possible le lundi 18 à 20h10 sur RTS2) sur un un peu plus grand écran de téléviseur le premier épisode. Ce n’est tout de même pas la même chose : les détails sont mieux saisis, les sons plus finis, la mise en scène plus précise ! D’ailleurs, l’industrie du téléviseur tend vers l’écran le plus grand possible installé en appartement. Belle occasion de se demander ce que « voit » et « entend » un mordu du téléphone portable !!!!

Rappel : un premier texte a permis souligner l’importance économique d’une telle série télévisée pour l’audiovisuel romand: un investissement de 4,3 millions, dont 3,8 proviennent de la RTS, le solde à charge du producteur « Point prod ». Il s’agit donc d’une nouvelle étape du Tour de Romandie des séries télévisées, avec station dans le canton de Fribourg sur horizons enneigés de la Gruyère. L’importance de Valérie Rossier, neurochirurgienne, personnage principal, a été mise en évidence. A noter une incursion brève vers des scènes dominées par le violet !

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015 Avec Raphael Roger Levy, Natacha Régnier et Baptiste Coustenoble

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015
Avec Raphael Roger Levy, Natacha Régnier et Baptiste Coustenoble

Les personnages secondaires

 La durée du récit disponible, presque cinq heures et demie pour « Anomalia » en huit épisodes enfin présentés un par un, doit permettre de donner crédible existence aux personnages principaux et de soigner les silhouettes. Il ne fait pas de doute que Valérie et son fils Lucas sont d’emblée présentés dans leur complexité, faite aussi bien de nuances que de contradictions. Qui sont les ancêtres même lointains de Valérie ? Lucas parviendra-t-il à comprendre le comportement de Jacques, son ami ? Le professeur Wassermann, en fin de carrière, surprend par ses sautes d’humeur inattendues.

Ces dons, troublants même pour Valérie, vont trouver peu à peu leur origine dans un passé qui repose en bonne partie sur le pouvoir des plantes. Mais, hier, ce don de guérir était assimilé à sorcellerie, dont condamné par la société religieuse.

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015 Avec Pierre Monnard (réalisateur)

Pierre Monnard (réalisateur)

Une auteure solitaire

Valérie et ses multiples problèmes portent toute la série. Les personnages secondaires, après les trois premiers épisodes, apparaissent un peu « carrés», sans beaucoup de nuances. On pressent un peu trop rapidement que les retrouvailles avec Alex, l’ami d’enfance et copain de classe, ne se limiteront pas à quelques brasses dans une piscine….

Mais il faut aussi prendre acte de solutions d’écriture parfois fort élégantes. Valérie est séparée de son mari avec lequel elle entretient des contacts corrects : cela se passe au « portable », excellente utilisation d’un moyen de communication disponible en tout temps et en tous lieux. Ainsi apprend-on que Nicolas est « nettement plus doué comme ami que comme mari ».

A l’origine du texte, scénario et dialogues, il y a une seule auteure, Pilar Anguita-Mackay, qui doit maîtriser une durée équivalente à trois longs-métrages de cinéma ! C’est lourd, pour une seule personne. Est-ce un choix budgétaire de production ?

 

A N O M A L I A

Dans le titre déjà de la nouvelle série de la RTS, un premier signe de son étrangeté, la barre oblique du N majuscule est montante et non descendante.

L'affiche ( photos RTS /Laurent Bleuze)

L’affiche (Natacha Régnier)  ( photos RTS /Laurent Bleuze)

La nouvelle série proposée par RTS1 (dès le samedi 16 janvier 2016 à 20h40) est ainsi la plus importante production audiovisuelle suisse romande produite et terminée en 2015 : au générique, une quarantaine de noms des différents responsables de la réalisation, de l’écriture aux finitions, étalonnage y compris, une dizaine d’acteurs pour les personnages les plus présents, une quarantaine encore de figurants. Ce sont ainsi entre trois et quatre millions de francs investis dans l’audiovisuel. L’existence d’une telle série est aussi un poids lourd économique. Il est d’autant plus important de le signaler qu’une seule série sera, dès 2016, réalisée pas année, la hache de coupes budgétaires ayant fonctionné sans conduire à des pétitions protestataires. Freiner la production dans le domaine des séries, c’est aller à contre-courant d’un mouvement presque mondial qui va augmenter les offres, y compris sur internet seulement, Netflix et autres devenant de sérieux concurrents des chaînes de télévision.

Nouvelle étape du « Tour de Romandie »

Ces dernières années, la RTS a entrepris une sorte de Tour de Romandie à travers ses principales séries, Genève (« Dix », « Port d’attache »), Vaud (« Crom », « A livre ouvert », … ), Valais (« Station horizon »), Neuchâtel (« L’heure du secret »). Voici venu Fribourg, en Gruyère ( après des incursions d’ « Heidi » en ville). Ainsi fut faite, en général, une assez bonne utilisation du paysage. La neige et son fameux blanc manteau est fortement présente dans « Anomalia », avec un certain bonheur qui fait parfois penser, sans tempête, à celui des « Huit salopards » de Tarentino sur grand écran super-large.

La neige : décors Rosaire

La neige : décors Rosaire

On peut aussi se poser la question de l’enracinement dans la société de la région. Le lien établi dans « L’heure du secret » avec l’horlogerie, plus solide dans la première saison que la seconde, fut tout de même masqué par un certain nombre de cadavres avec intrigue policière. Dans l’existence d’une clinique privée de luxe en Gruyère montagneuse, il n’y a pas de lien particulier avec la société fribourgeoise. D’ailleurs, cet enracinement n’est pas indispensable pour la réussite d’une série. Est-ce au moins un bonus ? Peut-être même pas. Une bonne histoire suffit….

 Ces premières remarques reposent sur le visionnement des trois premiers épisodes. Les résumés du dossier de presse permettent prudemment d’espérer ne pas devoir les modifier exagérément en cours de route.

Valérie Rossier

 Les huit épisodes de la série, pour un récit qui dure un peu plus de cinq heures, reposent fortement sur le personnage principal, Valérie Rossier, prometteuse neuro-chirurgienne séparée de son mari, qui revient avec son jeune fils Lucas dans sa Gruyère natale pour y exercer son métier dans une clinique privée haut de gamme. Elle y retrouve le professeur Wassermann, son lointain mentor versatile. L’univers réaliste médical est un bon reflet du secteur privé, d’où qu’il puisse être. L’existence d’un robot de haute technicité pourrait bien jouer un rôle important.

Alors même que la voiture de Valérie roule sur une petite route enneigée, un coup de frein intempestif survient. Il y avait un obstacle sur la route, que l’image ne montre pas. Mais Lucas s’étonne : il n’a vu personne. C’est le premier signe de ce qui va transformer Valérie : une lointaine parente fut, il y a fort longtemps, brûlée comme sorcière, laquelle sorcière était aussi guérisseuse. Les plantes peuvent guérir, mais tout autant un don qui permet de sentir des éléments invisibles conduisant à soigner mystérieusement des maux, sans qu’il soit question de miracle religieux. Ce don, Valérie découvre, étonnée, troublée, qu’elle pourrait bien le posséder.

C’est ainsi qu’elle comprend qu’un bras paralysé s’explique par la séparation d’une sœur jumelle morte en couche. Elle expliquera aussi pourquoi un opéré se met à parler dans une langue qu’il n’est pas censé savoir. On va donc, à travers le personnage attachant de Valérie, osciller entre le présent presque ultra réaliste d’une clinique moderne et l’univers imaginaire étrange des guérisseurs qui, en remontant dans le temps, tenait de la sorcellerie. Il y aura des rêves cauchemardesques de Valérie, des visions qui s’inscrivent dans la réalité, des images sous-marines fantasmées, des présences qu’elle est seule à voir, ce qui pose un problème de mise en scène. Quels sont ces liens créés par la mise en scène, par exemple avec une utilisation de la couleur violette dans des scènes médicales, ce même violet réapparaissant dans des visions ? Elément étonnant à signaler en passant puisqu’il dépend d’une décision de mise en scène en toute fin de processus créatif, le travail sur les couleurs lors de l’étalonnage.

Pour le violet -Isabelle Caillat.... dans une grotte à Vallorbe Isabelle Caillat

Pour le violet -Isabelle Caillat( Iseut)…. dans une grotte à Vallorbe

La question de l’écriture

 Dans les trois premiers épisodes, Valérie occupe assurément au centre du récit. Au détriment des autres personnages, un peu trop « carrés » ? Peut-être ( à suivre)

 

Charlie

 « Je suis Charlie », depuis presque une année entière, a été répété des millions de fois. Cela ne signifiait que rarement, dans un premier temps, « Je lisais Charlie ». Fin 2014, « Charlie-Hebdo » était en crise financière. Différents appels, par exemple à « 28 minutes » (ARTE) permettaient à Charb d’annoncer que, grâce à différentes aides, son journal pouvait continuer de paraître. Ce dessin date de fin 2014 :

Dessin de Charb, fin 2014

Après la tuerie, le tirage du numéro 1178, du 14 janvier 2015, s’est élevé à presque huit millions d’exemplaires. Fin janvier, l’exportation, atteignait les 800 mille, pour quatre mille fin 2014. « Je suis Charlie », cette fois, sous-entendait aussi, souvent : je lis charlie et je regarde les dessins. C’était il y a un an….

La une du 14 janvier 2015 "Charlie-hebdo".

La une du 14 janvier 2015

L’effort de la RTS

Avec trois ou quatre semaines d’avance, la RTS publie sur papier vert une version de ses futurs programmes, généralement respectés. Mais l’avant-programme de la semaine no 1 de 2016 annonçait seulement : Le doc du lundi : A la recherche de Charlie de David André et Bruno Joucla, sur RTS 2, dès 20h05.

Les magazines spécialisés ont tout de même reçu des informations du service de presse de l’entreprise permettant de mettre en valeur le juste et digne effort de programmation qu’il faut saluer : une soirée entière, de 200h05 à 23h50, est consacrée à Charlie, avec trois propositions.

*=*=*=*=*=*=*=*=*

 20h05 : « Les visages de la terreur » (RTS2, mais aussi à 22.10 sur France 3 avec reprise le 12 janvier à 03h20) :

« Ils sont français, Nés et élevés ici. Qu’avaient donc dans la tête le Coulibaly, Kouachi et maintenant ceux du 13 novembre, dont un ancien chauffeur de bus revenu de Syrie pour tuer au Bataclan »

( www.teleboy.ch)

charlie 2016

Ce document de Stéphane Bentura est une co-production Tony Comiti avec France 3 (photo France 3)

http://www.france3.fr/emissions/documentaires/diffusions/04-01-2016_445620

Il est précédé d’un autre document, dès 20h05, « Attentats au cœur du pouvoir » à 20h05 sur France 3 qui propose aussi une soirée thématique ce même lundi, ce qui peut mettre un téléspectateur dans l’embarras du choix.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

 21h45 : Du côté de vivants » de David André et Bruno Jouclat, que l’on peut aussi voir le mardi à 23 :10 sur France 2.

Ce document, vu sur le site de la RTS, parfaitement respectueux de l’attitude des survivants, provoque une émotion d’une grande dignité. Ségolène Vinson, chroniqueuse judiciaire, a survécu à la tuerie qui l’a conduit à revoir au Louvre « Le radeau de la Méduse ». Elle s’explique avec clarté sur la raison de cette visite.

"Le radeau de la Méduse -Géricault - LE LOUVRE associé à Ségoléne Vinson

« Le radeau de la Méduse -Géricault – LE LOUVRE

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

22h45 : « La chambre vide, » de Jasna krajinovic – France/BelgiqueSahila s’interroge, avec d’autres, pour savoir comment son fils a pu, presque brusquement, partir en août 2013 en Syrie pour « faire le djihad » et y mourir….

La chambre vide (Photo Arte)

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

« Temps présent » ( jeudi 7 septembre à 20:10) propose un document intitulé « Charlie Hebdo, trois jours de terreur ».

Arte et  France 5

Deux chaines généralistes proposent aussi des soirées entières à « Charlie ».

Arte, naturellement, consacre son  « Théma » traditionnel du mardi au 7 janvier 2015, avec « Paris est une cible » (20 :55), « Les armes des djihadistes » (21 :50) suivi d’un entretien, avant « La chambre vide ».

(http://info.arte.tv/fr/thema-spéciale-le-5-janvier)

France 5 n’est pas en reste. Un document, « Engrenage, la France face au terrorisme », (mercredi 6 – 20:45) sera suivi d’un « C…dans l’air » spécial (21:35). il faut noter que le débat animé en général par Yves Calvi a, en deux fois, battu son record en parts de marché l’an dernier, atteignant environ 2.5 millions de spectateurs, environ 16 %, ce qui est évidemment considérable pour une chaine dont la part de marché annuelle tourne autour de trois pourcents. C’est aussi une confirmation de l’importance culturelle de France 5, qui, avec « C..dans l’air », propose une émission de débat haut de gamme!

 

Place de la Bastille- une image d' ""engrenage", un document de Clarisse Feletin (France 5)

Place de la Bastille- une image d’ «  »engrenage », un document de Clarisse Feletin (France 5)

 

Et ailleurs ?

Toutes ces observations valent pour la soirée seulement, alors que la consommation de télévision atteint les sommets. TF1, M6, Canal+  ignorent « Charlie ». Un rappel est toutefois confié à des chaînes qui appartiennent au groupe, TMC (groupe TF1) y consacre sa soirée du mercredi 6 janvier, tout comme D8 (Groupe Canal+).

Rien trouvé, en lisant les programmes de 105 chaînes dans le magazine romand TV, en Suisse alémanique et au Tessin, ni dans les pays voisins. A noter toutefois que les programmes ne prennent pas en compte la Belgique.

C’est donc le service public généraliste, avec ou sans plages publicitaires, qui sait se saisir de l’importance d’un événement aussi grave et révélateur d’un monde qui se porte mal. Il n’a pas pour incessante priorité les parts de marché!

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Et pour se souvenir, autrement, la réaction de Coco en janvier 2015

Signé Coco

Signé Coco

Ecrans de fêtes

Pour qui attend du petit écran plus qu’une distraction offerte par le robinet à images sans surprise, les périodes de fêtes ne sont pas très séduisantes. Que découvre-t-on en pitonnant, même pas au hasard, mais d’un canal à l’autre parmi ceux que l’on suit assez régulièrement – RTS1, RTS2, Arte, France 5, France 3, France 2, Mezzo ?

Les rétros, en tous genres, s’y trouvent un peu partout. Rencontré sur la RTS : un digne et triste rappel du massacre de janvier autour de « Charlie » ; un digne et triste rappel du 13 novembre, entre autres. Et pour conclure: le caleçon coloré en diagonales de Wawrinka à Roland-Garros! Mais oui !

Dans mon dos, alors que je fais une recherche sur mon ordinateur, récepteur allumé, j’entends donc une rétrospective de meilleurs moments sportifs. Elle est riche, diablement riche, la bande sonore : il y a des cris en tous genres, appuyés par les élans des experts et commentateurs avec souvent sempiternelles répétitions. C’est bruyant !

Et voici les « variétés » avec multiplication de vedettes dans des décors luxueux saisis par des caméras volantes devant un public prié de manifester sa satisfaction. Ce qu’il fait parfois avec des applaudissements ou en criant. Brailler : est-ce cela, la complicité, la joie partagée ; mieux, l’interactivité ? !

Glissons : « 26 minutes » s’est fait place solide en parts de marché sur RTS1 le samedi soir. Les deux Vincent restent excellents, au point d’arriver à nous faire croire que l’un surprend l’autre qui peine alors à retenir son rire. Ce public invité que se met à brailler à la fin d’un sketch souvent de bonne qualité augmente-t-il les parts de marché en milliers de spectateurs?!

Glissons encore : que le public invité à « Infrarouge » applaudisse quand commence l’émission peut être pris comme une moyen de remercier d’être accueilli sur le plateau. Mais comment interpréter les applaudissements finaux ? Comme un jugement sur la qualité des débats et de leurs animateurs ? « C..dans l’air » (France 5) ou « 28 minutes » (Arte) font quotidiennement mieux sans public pour applaudir, parfois bien timidement!

C’est aussi le temps des « bêtisiers », qui font bien rire ceux qui se plantent, qui permettent de faire croire que la télévision se moque d’elle-même. Rires et humour ne sont pas forcément communicatifs !

Lots de consolation

 Oui, mais tout de même, on peut trouver de bons moments sur en petit écran en cette période de fêtes.

Borschberg et Piccard

« Les coulisses de l’événement » (RTS1, mercredi 23), avec André Borschberg et Bertrand Piccard et leur rêve à plus de cent cinquante millions, le vol déjà à moitié réalisé, çà a bien plus belle allure que le précédent un peu tristounet avec un dirigeant du football mondial.

Roberto Alagna

Passer en musique une bonne soirée avec Roberto Alagna et ses amis ( France 3, jeudi 24 décembre) apporte des moments de plaisir et même d’émotion dont il faut souligner la dignité.

Downton Abbey

Personnage dominateur et ultra-cosnervatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière ( )

Dominatrice et ultra-conservatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière, Maggie Smith (HBO/TMC )

« Downton Abbey », en sixième saison, touche à sa fin ( dernier épisode sur TMC le 2 janvier 2016). Julian Fellowe, acteur, écrivain, scénariste, membre de la chambre des lords côté conservateur, s’est fait l’auteur d’une imposante saga familiale dont le thème tourne autour de la sauvegarde devenue de plus en plus difficile d’un imposant château. En sixième et dernière saison, pas la moindre usure!

Miss Fisher enquête

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe, en change souvent dans le même épisode...

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe (Photo France 3, épisode inaccessible sur internet en notre territoire – A qui doit-on cet « Interdit »?)

Il faut bien avoir le droit de se contredire. « Miss Fisher enquête » est une série dont le premier mérite est de venir d’ailleurs, d’Australie. Miss Fisher y conduit avec bonheur une rapide enquête dont les ficelles sont parfois un peu grosses. Mais c’est l’occasion de rendre visite à des milieux différents, par exemple un magicien sur scène ou un camp militaire (dimanche 27 décembre- France 3). A l’élégance de la mise en scène s’ajoute celle, vestimentaire, de Miss Fisher qui porte au moins six tenues différentes dans chaque numéro.

Rétrospective Tati

Mon ooncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son nevau (Photo Arte)

Mon oncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son neveu (Photo Arte)

C’est définitif : le ciné-club a changé d’écran. Il ne convoque plus sur le grand, désormais remplacé par les multiples offres de chaînes qui se donnent tout de même une composante culturelle. Ainsi en va-t-il d’Arte et de sa rétrospective Tati, avec « Les vacances de Monsieur Hulot » et Trafic » ( lundi 21 décembre), « Mon oncle », « Jour de fête » et « Play time » ( 28 décembre). Certes, les films un par un du bon vieux ciné-club, c’était tout de même une meilleure manière de déguster un œuvre que par rafale – sur Arte, la soirée du 28 commence à 20h50 et se termine à 02h10 !

 

Retour sur séries : « The Knick »

Voici l’adresse d’un site permettant d’en savoir beaucoup sur la saison (05.01.16)

http://www.cinemax.com/the-knick/season-2/20-this-is-all-we-are.html

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

 Rien sur les séries, depuis septembre ! Et pourtant, un bon tiers au moins de mon temps consacré au petit écran est réservé aux séries, pour rencontrer le plaisir issu d’un récit ample et romanesque. Ce qui veut donc dire qu’il n’y a guère de temps à perdre devant les séries unitaires, qui repartent à zéro à chaque épisode, genre « Les experts » et autres polars, souvent américains, souvent violents, souvent à New-York, souvent bien troussés, mais sans surprise, sinon l’histoire du jour, souvent expédiée au maximum en cinquante minutes. Par contre, « The Knick » est une parfaite réussite du genre récurrent.

Le réalisme de "The Knick" en salle d'opération (RTS/HBO)

Le réalisme de « The Knick » en salle d’opération (RTS/HBO)

Bien sûr, ce qui enrichit l’audiovisuel et en même temps l’espace de la culture, ce sont les séries récurrentes inscrites en centaines de minutes, dans lesquelles on retrouve la force de la littérature qui s’étend sur des centaines de pages. Il s’agit bien de « la puissance de la fiction, donc de la littérature » selon Joseph Campbell, cité dans « Télérama » (19 au 15 décembre 2015), dans un de ces multiples textes sur « Star war » publié avant la sortie du film, sous bonne garde de la police disnéenne qui a su mettre tous les médias à ses ordres, l’index sur la couture du pantalon du respect ! Dans ce texte, on y glane aussi une idée qu’il serait intéressant de creuser : en salle, le cinéma «  peut créer des héros, alors que la télévision, que l’on voit chez soi, ne produit que des célébrités « .

 Face à la série récurrente, force inventive de la télévision qui s’affirme depuis une bonne décennie, me voilà en grand âge à savourer à nouveau mais autrement cette littérature que je dévorais ado ou jeune adulte !

A quelques exceptions près, ces séries récurrentes de haut vol, on les retrouve sur chaînes francophones plutôt en fin de soirée. Ce qui fait glisser vers un autre problème : il y a souvent d’excellents producteurs en télévision qui savent faire appel à de grands scénaristes mis en scène par de talentueux réalisateurs, avec d’excellents acteurs, appuyés au final par des artisans techniciens créatifs qui savent donner rythmes et émotions aux récits.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes télévisés s’il n’y avait les programmateurs guidés par les parts de marché qui permettent de prendre allègrement une information quantitative pour un jugement qualitatif. Une série récurrente demande plus d’attention qu’une unitaire. Donc les bonnes heures en premier rideau pour les plus « rassembleuses »!

Un bon exemple du travail sur la lumière (RTS/HBO)

Un bon exemple du travail sur la lumière (RTS/HBO)

The Knick en fin de 2ème saison

Et d’abord des considérations pratiquement absentes de la grande majorité des réflexions sur le petit écran. De « The Knick », dès les premiers épisodes, une chose frappe : la beauté des images, les équilibres de couleurs, le travail sur les lumières. Mais il ne vient presque à personne l’idée d’évoquer cette notion de beauté devant ces milliers de minutes d’images qui coulent sur un téléviseur. Et sur un portable, quelqu’un se rend-il compte qu’il y a des images qui peuvent être plus belles ou plutôt moins banales que les autres ? Et bien, cette fois, sans le grand écran qui lui continue de savoir faire la différence entre une belle image ou une autre banale, on y est : « The knick », visuellement, c’est beau. Mais évoquer la « beauté », c’est aussi devoir s’accommoder des scènes d’opérations médicales, souvent à la limite du supportable, où le sang coule d’entre les chairs coupées.

Même petite, cette image est-elle belle ? ( The Knick - RTS/HBO)

Même petite, cette image est-elle belle ? Elle donne au moins une idée sur la lumière…( The Knick – RTS/HBO)

Résultat d’une lecture : pour la précision chirurgicale de ces scènes, un spécialiste de l’histoire de la médecine a été requis, qui assure l’authenticité des méthodes nouvelles d’interventions « expérimentées » par Thackery alors même que les sédatifs n’étaient guère efficaces.

Soderbergh superviseur

Se pourrait-il que cela soit du à l’influence de Steven Soderbergh ? Il est crédité, dans une fiche technique, de la réalisation, de la photographie et du montage (source Wikipédia), de tous les épisodes des deux saisons. Soderbergh n’est pourtant pas responsable à cent pour cent de la série, puisqu’il ne participe pas à la phase essentielle du genre récurrent, l’écriture, mais il supervise donc tout le reste. On peut donc lui attribuer entièrement la réalisation et la mise en scène d’un texte du reste génial signé Jack Amiel et Michael Berger.

Les personnages au féminin

 On pourrait s’arrêter à l’ensemble des personnages importants, alors que les secondaires sont toujours bien présents. Le choix est ici fait de souligner le force tranquille et la subtile densité de trois personnages féminins, Lucy, l’infirmière dévouée, efficace, amoureuse de Thackery, Cornélia, l’épouse grande bourgeoise qui ose s’engager dans des actions non- conformistes et enfin l’étrange nonne rejetée par sa communauté, avorteuse par charité qui risque la prison.

Cornelai Robertson (Juliet Relance) (HOB/RTS)

Cornelia Robertson (Juliet Relance) (HBO/RTS)

Au début de XXème siècle, la société bourgeoise démocratique européenne ou américaine n’était pas particulièrement féministe, reléguant la femme à son rôle d’épouse, de mère ou de maîtresse. Ces trois femmes doivent leur existence à l’écriture, toujours parfaitement servie par les interprètes et le travail de Soderbergh.

Les problèmes de société

 Bien entendu, la chirurgie au début du XXe fait des progrès, qui reposent autant sur des hommes audacieux que sur les progrès scientifiques, qui vont permettre de voir des éléments de plus en plus petits. La vie d’un hôpital du secteur privé, alors même que le public était pauvre, est bien racontée, en particulier à travers des problèmes de financement imposant du rendement.

La photographie au service de la chirurgie (Alnergon)

La photographie au service de la chirurgie (Dr Algernon Adwards – André Holland)

La deuxième saison, parfaitement inscrite dans la ligne ouverte par la première, lui est peut-être même supérieure par son ouverture sur le monde extérieur avec des décors plus nombreux. L’argent y règne en puissance provocatrice  avec son cortège de combinards et d’escrocs, même s’il est difficile de bien comprendre quel était le pouvoir d’achat par exemple d’un seul dollar. Le racisme est d’autant plus présent qu’Edwards est un grand chirurgien dont la carrière reste freinée par la couleur de sa peau. Et la sexualité, la drogue, le besoin de dominer sont désormais bien installés au cœur de la série.

L'activité commerciale installée dans la rue

L’activité commerciale installée dans la rue

Audacieuse mais tardive programmation en VOST

Rappelons que la RTS continue de diffuser chaque épisode immédiatement après sa sortie américaine, en version originale sous-titrée. C’est un risque de programmation, qui devrait être pris plus souvent par une chaîne de service public qui tente de rajeunir son public. Et qu’importe les parts de marché soient bonnes, moyennes ou faibles. Le service public doit occuper certaines « niches » programmatiques pour que, sur le durée, ces niches cessent d’exister. Présenter rapidement une série en version originale sous-titrée est chose audacieuse, l’audace tout de même atténuée par une programmation trop tardive.

TP : c’était mieux avant : avec « ? » ou « ! »…

 Petit voyage dans les archives de la RTS, pour répondre à une question : quelle est l’origine géographique des sujets traités dans les reportages d’information ( modules d’au moins un quart d’heure jusqu’à une heure et plus) du « Continent sans visa » des années soixante au « Temps présent » dès 1969, magazine créé par Alexandre Burger et Claude Torracinta. Repérage à travers titres, images associées et bref descriptif bref en quatre catégories selon leur implantation géographique, qu’il s’agisse de faits de société, d’histoire, d’économie, etc :

Romands

Suisses sans les précédents

Européens

Mondiaux sans les précédents

 

René Schenker (1920-2007), deuxième directeur de la TSR, 1958-1073

René Schenker (1920-2007), deuxième directeur de la TSR, 1958-1073

Continents sans visas ( 1959-1969)

Sont archivés : 484 documents. Observations de 54 documents :

3 sujets romands

5 sujets suisses hors suisse romande

9 sujets européens

13 sujets mondiaux hors-européens

 

27 %  : Suisse   73 % : Hors Suisse

Alexandre Burger, fondateur de "Temps présent" (1920-2009) (photo rts.ch)

Alexandre Burger, fondateur de « Temps présent » (1920-2009)  (photo rts.ch)

 

Temps présent

 325 pages d’archives, en moyenne de neuf plus ou moins un titre par page, pour des sujets en principe d’au moins 26 minutes.

Pris chaque fois une période en fin d’année pour 2015, 2014, 2012 et 2010 : 36 sujets

14 majoritairement romands

14 majoritairement suisses non-romands

2 européens

6 mondiaux hors non-européens

78 % : Suisse    22 % : Hors-Suisse

Claude Torracinta, fondateur de "Temps présent", lors de la remise d'un prix de la SRT-Vaud en 2009

Claude Torracinta, fondateur de « Temps présent », lors de la remise d’un prix de la SRT-Vaud en 2009

 Il sera intéressant d’y aller voir entre 1970 et 2009 par décennies : cela se fera prochainement.

Débuts de la TSR avec « Continents sans visas » entre 1960 et 1970 : un quart de sujets suisses

Période récente de la RTS avec « Temps présent » de 2010 à 2015  : trois quarts suisses.

C’est le repli sur réduit national !

Mais ce n’est pas la qualité du travail des professionnels qui travaillent pour « Temps présent » qui est en cause. Les émissions sont en général d’un bon niveau, aujourd’hui comme avant-hier et hier. C’est la ligne directrice dans le choix des sujets.

Conclusion évidemment personnelle : c’était mieux avant puisque je préfère un œil et même les deux ouverts sur le monde plutôt qu’un bout, n’importe lequel, de la lorgnette fixant nos problèmes régionaux ou même nationaux. Donc « ! » dans le titre et pas « ? »

 

« Temps présent » en terre kurde

 Lundi 16 novembre 2015, « Temps présent » reçoit le feu vert pour expédier une équipe de cinq collaborateurs dans les territoires sous autorité kurde du nord de l’Irak. Retour en Suisse le lundi 23. Présentation d’un document le jeudi 26 novembre à 20h15 sur « Temps présent » sous le titre « Comment en finir avec l’Etat islamique » – sans point d’interrogation ! Il était donc faux d’écrire récemment : Seules « Mise au point » et « Infrarouge » permettent de réagir assez rapidement devant l’actualité

Dans le conflit syrien, aux implications multiples, un élément apparaît comme essentiel contre Daech : l’intervention de troupes au sol. Les seules qui agissent actuellement sont d’origine kurde, probablement plus de la partie irakienne que turque. Le premier mérite de ce « TP » est de s’intéresser à cette armée kurde, formée aussi de mercenaires qui ont parfois quelque souci avec leur solde. En s’emparant de Sinjar le 12 novembre, les peshmergas viennent de couper la route qui mène de Moussoul à la frontière turque, sur laquelle roulaient des centaines de camions transporteurs de produits pétroliers vendus à bas prix mais rapportant à Daech des montants imposants. Pourquoi cette route n’a-t-elle pas été coupée il y a déjà très longtemps, se demande un des témoins, le photographe Reza, français d’origine iranienne, qui intervient avec une précieuse lucidité. Bonne question, mais il est difficile d’y répondre dans l’urgence.

26 novembre 2015 trouvé sur wikipédia

Dans ce document, pas d’image de combats, mais le constat du résultat de ces combats. L’information indispensable passe ainsi par la parole de quelques témoins. La préparation et l’enquête sur place ne sont dès lors qu’une seule et même démarche. Les mots sont clairement attribués à ceux qui les ont prononcés, mais l’équipe dispose d’éléments qui assurent leur plausibilité. Loin du tapage des « scoops » tonitruants rectifiés le lendemain, ces témoignages soulèvent des problèmes intéressants.

Il y a des bombardements américains et français contre Daech. On entend parler de contributions de certains pays occidentaux, sans intervention au sol. Sur place, dans le kurdistan irakien, des soldats allemands instruisent les peshmergas à l’utilisation d’armes qui doivent être d’origine allemande. Une allusion est faite à une aide italienne composée de cinq cents casques … trop grands ! Un combattant kurde regrette que les salaires soient en retard. C’est alors qu’un silence de quelques secondes prend une intéressante valeur informative, avant que le combattant suggère d’interroger son chef plutôt que lui….

Ce « carnet de route » de réelle valeur informative est le résultat d’une décision rapidement mise à exécution et portée à l’antenne à peine dix jours après la décision de production. Il apporte une amorce de réflexion sur des situations assez rarement mises en évidence. Dans sa grille, la RTS ne dispose pas assez de place pour cette forme d’information qui mérite de s’étendre sur une vingtaine de minutes. Ce « Temps présent » complète ainsi « Mise au point » avec ses modules qui ne dépassent que rarement le quart d’heure. « Infrarouge », par sa formule même, n’apporte pas une information disons « sereine ».

Il faut donc saluer la réalisation par « Temps présent » de ce « Comment en finir avec l’état islamique », juste étape pour une meilleure et plus complète information sur la situation au Moyen-Orient. Pour une fois, on aura pu « voir » dans un document de durée suffisante ces « pershmegas » kurdes qui sont les seuls à se battre au sol contre daech. On peut regretter la rareté de cette forme d’information télévisée, qui s’inscrit entre l’immédiateté des « téléjournaux » et l’enquête d’investigation de plus longue durée.

Infrarouge : il faut en changer!

Pour alléger ce mini-dossier, qui se compose de paragraphes parfois autonomes annoncés par des intertitres, malgré la violence des événements récents qui auraient pu toucher n’importe qui, un moyen de résistance: l’humour de dessinateurs, même difficile à supporter

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

 En cette période d’événements tragiques, chacun réagit à sa manière. J’ai peine à m’arrêter, depuis quelques jours, à une télévision de la futilité, de pur divertissement, aussi clinquant soit-il, tel «Générations» et ses publics bruyants. A chacun son choix de détente: le mien est ravitaillé, et largement comme souvent, par le sport bien présent sur les deux chaînes de la RTS.

28 minutes arte coco 13 novembre 2014

Première attitude à adopter: quels sont les faits? Dans la rapidité de l’information qui arrive en direct, il n’est pas toujours facile de savoir où situer les certitudes. Mais suit rapidement un autre besoin: celui de commencer à comprendre alors que continuent d’arriver de nouvelles informations.

La télévision, comme la radio, sont avides d’instantanéité: tout, tout de suite, sur presque tout. C’est dans les téléjournaux que l’on trouve la première amorce de réflexion. La RTS, comme beaucoup d’autres, a su consacrer le temps qu’il convenait à l’information immédiate en cassant les grilles horaires.

13 novembre 2015

Reste ensuite à trouver réponse à ce besoin de comprendre, sans trop attendre. Certaines chaînes disposent de rubriques quotidiennes qui remplacent ou complètent le journal télévisé. Sur ce point, la RTS est plutôt en état de fragilité: seules «Mise au point» et «Infrarouge» permettent de réagir assez rapidement devant l’actualité.

La télévision s’auto-critique enfin…

Il convient donc de s’interroger non seulement sur le contenu de l’information et des premiers commentaires, mais aussi sur la manière dont la télévision répond à un besoin. Dans la presse écrite, la télévision fait rarement l’objet de chroniques régulières. Mais la télévision n’aime pas tellement s’interroger sur elle-même. Paradoxe: la RTS vient de tolérer l’introduction d’une rubrique dans «26 minutes». Samedi soir, 21 novembre, «ils» y sont pas allés très fort. L’ «Infrarouge» du 17 y fut mis à l’honneur pour ses confrontations assez inaudibles ou presque (pendant une minute, la dixième), «hommage» ainsi rendu à la provocatrice du désordre, Mme Amaudruz, complété par Cassandre Freysinger triste d’avoir toujours raison (sur canal 9). Les deux Vincent ne se sont pas dérobés devant l’actualité avec la présence de Jean-Pierre Garnier, porte-parole de l’Elysée, même si ce qui n’était pas le meilleur de leurs sketches. Plus de cent mille admirateurs de «26 minutes» ont donc eu droit à des extraits d’ «Infrarouge», dont les assidus sont moins nombreux!

28 minutes arte coco 13 novembre 2014 marine récupère

 Il est presque normal que les pugilats repris par «26 minutes» perturbent «Infrarouge». Voici pourquoi: depuis des années, «Infrarouge» n’est pas un débat d’idées: c’est une confrontation entre ceux qui, à une question répondent oui et les autres non. C’est même souvent l’occasion pour ceux qui disent oui de s’en prendre à ceux qui disent non sans s’expliquer sur leur oui. La réciproque est vraie. Le décor en «U», un animateur au centre, deux tables qui se font face, participe à la mise en scène de l’affrontement.

Bonne décision, dimanche 15, de proposer une émission spéciale de 80 minutes présentée par Catherine Sommer («Mise au point») et Esther Mamarbachi («Infrarouge»). Cinq minutes de présentation en commun, apports intéressants de «Mise au point» avec un résumé des faits (douze minutes), une prise de température à Lyon (quatre minutes) et un reportage en Egypte (douze minutes) qui rappelle les plus de deux cents morts russes de l’avion abattu dans le Sinaï, quarante-cinq minutes pour «Infrarouge», avec cinq invités en plateau et trois en duplex, dont deux à Paris et l’un à Sion.

Siné mensuel - Mix&Remix

Forcément, comme d’habitude, trop de monde, auquel le temps va manquer pour s’exprimer avec nuance. Une partie de ce temps doit être utilisée par certains invités pour recadrer la discussion puisque l’animatrice, Esther Mamarbachi mit sur cette table de débats ouverte à tous les vents le problème (la nécessité?) de la fermeture de nos frontières suisses, chose, déjà techniquement, impossible à faire!

Un débat à partir d’une banlieue de Marseille

13 novembre 2015

Soirée spéciale du mercredi 11, autour de l’éducation, avec le l’excellent film «Spartiates» de Nicolas Wadimoff suivi d’un débat, «Education: le retour du bâton?», Etrange, cette soirée thématique, qui s’appuie sur un film soulevant des problèmes et une solution apparus dans une grande ville française, Marseille, assez éloignés de ceux qui se posent en Suisse. Avec six invités, plus une éducatrice entourée d’une dizaine d’adolescents, c’était trop de monde aussi, chacun n’ayant que de peu de temps pour s’exprimer vraiment sur des sujets partant en tous sens.

Le 17 novembre vers 23h00

 «Terreur : et maintenant, on fait quoi?»: un peu trivial, ce titre, avec son côté langage parlé. Longtemps, je me serai demandé si une certaine allergie face à «Infrarouge» tenait à la présentatrice. Partielle erreur: il y a autre chose. D’abord, trois «Infrarouge» en sept jours, c’est peut-être trop pour une équipe habituée à des débats hebdomadaires rarement préparés au dernier moment.

coco - arte - 28 minutes - 13 novembre 2015

Ce mardi 17, les invités forment trois groupes qui auraient pu servir de base à trois émissions différentes, le tout pourtant en à peine plus d’une heure. Voici donc deux représentants de la classe politique, deux genevois, une UDC, Céline Amaudruz, un socialiste, Carlo Sommaruga, infrarougement incompatibles: affrontement droite-gauche. Voici deux intellectuels, Philippe Gonzalez, sociologue des religions et Haounes Seniguer, philosophe, qui ne se heurtent pas, mais semblent un peu égarés dans ce débat qu’ils n’arrivent pas à élever: amorce d’un débat d’idées presque philosophique. Voici, de Paris, Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère français de la défense en duplex, avec Jean-Paul Rouillier, directeur d’un centre d’analyse du terrorisme et Denis Froidevaux, président de la société suisse des officiers, trois «spécialistes» qui se complètent. Une conversation de grand intérêt aurait pu s’amorcer entre trois hommes de «terrain».

coco arte - 28 minutes 13 novembre 2015

Il fallut attendre près de vingt minutes pour entendre une première fois M.Rouillier qui fit carrière dans le «renseignement». C’est – évidemment – la représentante de l’UDC qui mit le feu au poudre, même si sa dextérité verbale n’atteint pas des sommets escaladés avec quelques «euh»! Un David Berger, débordé, permit à «Infrarouge» d’alimenter «26 minutes»!

Trouver une autre formule…

Avec «Infrarouge», la TSR dispose d’un peu plus de soixante minutes par semaine pour commenter des sujets souvent liés à l’actualité. Les trois dernières émissions ont fait appel sept invités au moins. France 5, avec «C…dans l’air», dispose de plus de cinq heures par semaine, avec quatre invités chaque jour et un animateur. Les invités ont le temps de s’exprimer. Ils se trouvent en face d’un (d’une) animateur(trice) qui maitrise son dossier et sait profiter de l’occasion d’en savoir davantage à la fin de l’émission. Les dérapages sont rares. Les invités sont là pour expliquer pourquoi ils pensent avoir raison, pas pour démolir les autres.

13 novembre 2015

«Infrarouge» se déroule en public, qui applaudit au début probablement pour remercier la puissance invitante. Mais comment interpréter les applaudissements finaux: comme un indice de satisfaction? Une émission dite de débats mériterait, en principe, mieux qu’un soir de semaine aux environs de 23h00, quand les téléspectateurs se font rares.

Le temps est venu de trouver une autre formule pour «Infrarouge». Pourquoi pas s’inspirer du modèle de «C..dans l’air», deux fois au moins par semaine…

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives