« Je suis femen » sur RTS1 à minuit !!

Les « femen »? Elles font partie de l’histoire récente de l’Ukraine, tout de même avant les violences d’une guerre. Le film d’Alain Margot est proposé par RTS 1 ce jeudi 19 novembre à 23h45, quand le public est à tout le moins clairsemé. Voici un texte paru dans « L’événement syndical » du 14 mai 2014 dont je suis l’auteur. Remarques sur la programmation suivent : entre minuit et deux heures du matin, combien de divisions – c’est la question que se posait Staline, sauf erreur, à propos du Vatican! (fyly-17.11.15-16h23)

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 Les rectangles jaune et bleu du drapeau de l’Ukraine sont transformés en cercles pour suggérer des yeux peints sur du carton, représenter un symbole sur une affiche, recouvrir des seins nus. Le mouvement « Femen » s’est assurément fait connaître par ces poitrines montrées devant des foules parfois nombreuses, appuyé du slogan « Nudité-Liberté » pour que cela se trouve « dans tous les journaux » puisque « on n’est pas habitué à voir un objet sexuel protester ». Pas d’exhibitionnisme, mais on peut être choqué, à tout le moins surpris ! Assurément, de la provocation : et volontaire !

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Au début, en 2011, elles étaient quatre pour former leur association, Oxana, aux cheveux sombres, Anna, la rouquine, Sasha et Inna, en toute blondeur, pour défendre la démocratie dans leur pays. Puis elles furent plus nombreuses et sortirent d’Ukraine pour s’en aller en Biélorussie, à Moscou, dans d’autres pays d’Europe. Elles veulent contribuer à refaire le monde, protester un peu tous azimuts, contre le comportement de la direction d’un zoo, devant la direction zurichoise de la ligne internationale de hockey-sur-glace soutenant le dictateur Loubachenko qui reçoit actuellement des championnats du monde. La politique est bien présente, contre des dictateurs (Poutine), des politiciens contestés (Victor Ianoukovytch l’enrichi ou Ioulia Tymochenko).

Je suis Femen - Caravel films

Cinéaste neuchâtelois, Alain Margot, sensible à l’univers féminin, la citation de Cioran en début de film en témoigne, a commencé de tourner en 2011 avec le quatuor, durant certains préparatifs, lors d’apparitions en public. Il se met à saisir des visages dans la foule, des témoignages admiratifs ou agressifs, des policiers qui traînent Sasha qui se laisse aller mais crie le plus fort possible sa réprobation. En équipe réduite, il s’immerge dans les actions publiques des « femen », peu à peu accepté dans leur vie privée, avec l’aide d’une traductrice amie d’Oxana qui devient son assistante. Au fur et à mesure du temps qui passe, l’une d’elles va même s’adresser à la caméra, autrement dit à Margot. Les heures enregistrées s’accumulent. Un « Temps Présent » de 26 minutes donne une première idée du mouvement.

Je suis femen - Oxana

Mais il est impossible de montrer ce qu’il advint à Moscou ou en Biélorussie où les « Femen » furent malmenées, battues, obligées mains liées de tenir des panneaux sur lesquels furent dessinées des croix gammées. Il restera de ces violences racontées un visage tuméfié, le plâtre sur un bras cassé.

Il faut tirer de ce matériel abondant un film. Cela se fera forcément au montage. Des heures et des heures d’images et de son numériques va émerger la colonne vertébrale, Oxana, qui accepter de parler d’elle, suivie par le cinéaste lorsqu’elle rend visite à sa mère ou dans son lieu de vie où elle travaille, observée dans les plus quotidiens de ses gestes, prendre un crayon pour faire fonctionner un interrupteur en mauvais état, peut-être le même crayon qui lui servit d’épingle à cheveux. Oxana finit par sourire à la caméra. Parfois, on la voit parler en direct, mais d’autres images se substituent à son visage, pas forcément celles de l’instant du dialogue.

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On va découvrir son enfance, les liens avec sa mère qui a peur pour elle à cause de ses engagements. De son père elle se souvient qu’il tombé au chômage après la chute de l’empire soviétique, au point de « sombrer dans l’indifférence ». Sa sensibilité artistique lui fait dessiner minutieusement des icônes, alors qu’elle s’imaginait entrer dans un couvent. Sa présence est alors si forte, si juste, si lucide que c’est elle qui finit par dire « Je suis femen ». Elle est devenue celle qui fait le passage entre les actions et les engagements des « femen » et le spectateur. C’est un très beau portrait d’une femme.

Entre des séquences différentes, un même thème musical fait parfois le lien. Un déplacement en train permet de mieux découvrir les membres du quatuor initial. Les informations sur la date d’un événement, les lieux où il se déroule ne sont peut-être pas assez nombreuses. « Je suis Femen » et Oxana méritent ce coup de cœur. Le reportage initial par immersion s’est transformé en document de création.

 

13 novembre 2015

Lundi 16.11.15 – 17h10

 Entendu par hasard, en pitonnant, que lors de la dernière course de formule 1, un des responsables auquel on demandait une minute de silence pour « Paris » aurait répondu vouloir volontiers le faire pour les 3.500 morts sur la route chaque jour ! Je dois avoir rêvé, dimanche après-midi. Les pilotes ont porté, paraît-il, un brassard noir.

Attentats de paris - novembre 2015

Il faut bien sûr qu’une information sache présenter les faits. Bonne réaction du journal « Le temps » qui sort sur internet une édition spéciale dimanche dans l’après-midi. Bonnes réactions de la RTS au « 19 :30 », en particulier avec des premiers commentaires de Xavier Colin, Jean-Philippe Schaller et Bernard Rappaz. Bonne réaction, ce dimanche encore, avec une édition spéciale regroupant les équipes de « Mise au point » – avec Catherine Sommer – et « Infrarouge » – Esther Mamarbachi – durant 75 minutes.

L’émotion douloureuse subsiste, mais pas au point d’interdire d’essayer de comprendre. Et de s’interroger sur la manière dont l’effort d’information et l’amorce de réflexion sont consentis par le média que l’on observe.

Etonné par le commentaire de J.Ph.Schaller qui glisse vers Nicolas Sarkozy et Marine le Pen. Apprécié la lucidité de Xavier Colin. Bonne idée de s’en aller à Lyon pour savoir comment on réagit hors de Paris. Bonne idée aussi, à mettre aussi au bénéfice de « Mise au point », de revenir sur d’autres événements récents, annonciateurs peut-être, la chute d’un avion russe dans le Sinaï, le fuite des touristes russes et anglais de Sharm el-Sheikh, la négation de l’attentat par certains égyptiens.

« Infrarouge » ? Avec cinq invités sur le plateau, plus deux à l’extérieur, Pascal Couchepin à Sion, Bernard Comment à Paris, cela fait beaucoup de monde pour peu de temps de parole! D’où tombe ce public, ce dimanche soir, qu’il a bien fallu recruter ? Et ces applaudissements pas très nourris, à la fin de l’édition spéciale, sont-ils vraiment indispensables, surtout dans le contexte du sujet traité?

Les commentaires s’installent évidemment sur des documents repris des chaînes de télévision présentes sur les lieux sans voir grand chose, sur les apports de téléphones portables, avec des témoins interrogés après la nuit des événements. Le commentaire affirme que le public du stade a été surpris par deux explosions mais il affirme aussi que les joueurs ne se sont rendus compte de la situation qu’à la fin de la rencontre.

La RTS a fait ce qu’il fallait qu’elle fasse. Mais il n’est pas facile d’être immédiatement lucide devant des faits confus et la difficulté des les interpréter à « chaud ».

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Ordre chronologique ? Il en fallait bien un, samedi 14 pour évoquer vendredi 13!

21h00, sur ARTE : « Les Noces de Figaro ». Sublime opéra, la musique, le livret, le spectacle, ces gens qui chantent, ces chanteurs qui jouent parfois même les acrobates, entre l’émotion et le grotesque. Tant de beauté, à regretter qu’un opéra soit un acte culturel élitaire, dans sa consommation. Mais au moins, en un seul soir, sur un petit écran, le partage se fait avec un grand nombre…Magnifique.

Les noces de Figaro, version ARTE, 13.11.2015 En bord de me, on y arrive en portant des valises, et non à cheval...

Les noces de Figaro, version ARTE, 13.11.2015
En bord de mer, on y arrive en portant des valises, et non à cheval…

Au cours de l’entracte, occasion de constater que la France mène un à zéro, ou deux à zéro contre l’Allemagne. Stade comble, rien à signaler. La Slovaquie mène contre la Suisse, trois à zéro, ou à un : étrange.

Peu après 23h00 : quitter Mozart pour s’en aller sur RTS 1. Il y a « Occupied »,  une série norvégienne de fiction politique prometteuse, déjà par son existence dans un pays de cinq millions d’habitants. Encore de la pub. En attendant, pitonnage : TF1, gros titre au bas de l’image « Attentats à Paris ». Sur France 3, même gros titre. Que se passe-t-il ?

Curieuse réaction personnelle : tant de fictions, sur le petit écran, avec des affrontements, des morts. Alors comparons « Occupied », cette fiction même attendue, avec la réalité, dont on ne sait pas grand chose Puis vient assez rapidement une réaction contre cette mauvaise idée, qui consistait à se servir de la réalité montrée par la télévision pour comparer théoriquement réalité et fiction!

 

 

Dessin de Jean Julllien

Dessin de Jean Julllien

Tout de même un contrôle : devant ce qui apparaît assez rapidement comme très grave, que font les chaînes de télévision ? Passé en revue trente chaînes. Programmes inchangés, sauf deux fois. Pitonner souvent  entre TF1 et Fr 3, pour savoir au moins de quoi il s’agit. Pas de différentes notables : des équipes suivent les événements, avec leurs propres moyens, le mieux possible.

Il n’y a donc pas d’image du désastre. Les caméras sont tenues éloignées des lieux des attentats. Au stade de France, elles montrent de tribunes qui se vident, et une foule qui attend sur le terrain. Les journalistes sur place disent ce qu’ils savent : peu de choses. Le conditionnel est de mise, le nombre de morts varie, les lieux sont imprécis autour du Bataclan. On sait seulement qu’il y a prise d’otages, que deux ou trois terroristes restent à l’intérieur. Les forces spéciales du RAID vont intervenir.

Dessin trouvé sur le site de la rts : Louison (francetvinfo.fr)

Dessin trouvé sur le site de la rts : Louison (francetvinfo.fr)

 

Le président de la République intervient une première fois, sous le coup de l’émotion. Plus tard, sans renier son émotion, il sera grave, ferme. On entend les premiers témoins, parfois seulement des voix. L’image reste implacablement inerte. Elle n’apporte rien. C’est presque normal. Pas encore d’images prises par téléphones portables.

Des images sans informations : ce vide amplifie l’incertitude sur les événements. Je suis un téléspectateur passif, mais incapable de regarder autre chose, incapable d’arrêter de regarder : témoin impuissant d’un événement. La réalité se déroule selon son rythme à elle. Impossible de fuir : difficile de comprendre mon comportement, durant ces trois heures, entre 23h00 de ce vendredi 13 et 02h00 du samedi 14.

Après ? Evidemment, sur internet arrivent de multiples informations. Il y a eu huit tueurs. Plus ? Il y a plus de cent morts. Et combien de blessés ? Le retour à la télévision maîtrisée est rapide. On construit une première chronologie des événements, on entend les premiers commentaires. Parfois surpris : faut-il vraiment se demander déjà si le FN va en profiter lors de la prochaine élection ? Au stade de France, on entend deux explosions qui envahissent l’image, comme s’il n’y avait que le son. La réalité  ? Ou déjà l’événement mis en scène ?

Bouleversant. Envie de le dire sur ce blog. Maladroitement. Texte relu pour éliminer les scories, mais sans changer sa structure.

13 novembre 2015

Dimanche 15 – 12h00 : samedi dès 19h30

La RTS a expédié à Paris Darius Rochebin. Elle a prolongé son  19h30″. Je ne voulais pas, ensuite, des « 26 minutes » avec ce public qui crie sa joie sur ordre. Passé ainsi sur TF1 et France 2 : deux heures d’émission spéciale, toujours de bon niveau. Mais faut-il vraiment se demander au conditionnel sit tel terroriste est entré comme migrant en France sur la foi d’une passeport ? Entre le service privé et le public, tout de même une différence. TF1 reprend son programme normal. Fance 2 remplace « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier par « On est solidaires » et reçoit uniquement des invités pour parler de attentats devenus pour certains très proches..( Dimanche 14 – 12h00)

La grande lessive 2ème : avec Frédéric Maire

Pour commencer, reparlons consommation dans un autre domaine: actuellement, je ne lis plus jamais «20 minutes», rarement «Le Matin» en semaine – pour le jeu des ponts! –, assez souvent le quotidien local, mais tous les jours «Le Temps» et «Le Monde». Dans un journal, on choisit, quand on veut, ce que l’on veut lire, parfois même attiré par un titre!

Il est plus facile de feuilleter un journal que de pitonner devant son petit écran d’une chaîne à l’autre. Et bien difficile de comprendre, parfois, devant quoi on se trouve: commencer de regarder une émission, c’est souvent s’imposer d’y aller jusqu’au bout, surtout si on ne sait rien de son contenu.

Agréable triple choix, donc précieuse partielle liberté pour « La grande lessive », deux possibilités sur le petit écran, le soir vers 18h15 sur RTS Un, avec reprise le lendemain à 12h40, sur RTS 2, plus la visite sur internet. En gros, «La grande lessive» équivaut à quelques (parfois bonnes) pages du «Matin» ou du quotidien local.

Le choix des invités

 Or donc, on l’a compris: l’invité du lundi propose à la production le nom de certains de ses proches (on ne sais pas s’il en propose plus que quatre) qui vont apparaître à leur tour comme invités les autres jours de la semaine. Le hasard veut que je connaisse beaucoup de choses de Frédéric Maire.

 

Lundi 2 novembre 2015 : question posée à Frédéric Maire pour passer au sujet pilaIre : avez-vous porté la barbe. Voici la réponse, tirée du cinémaon no 832 de Gérard Courant, à la Chaux-de-Fonds en 1986

Lundi 2 novembre 2015 : question posée à Frédéric Maire pour passer au sujet pilaire : avez-vous porté la barbe? Voici la réponse, tirée du « cinématon no 832 » de Gérard Courant, à la Chaux-de-Fonds en 1986

Ses invités, Chicca Bergonzi, sa proche collaboratrice tant à Locarno qu’à Lausanne, Carlos Henriquez, humoriste qui actuellement se produit en Suisse alémanique et en profite pour flâner, par exemple à Zürich, qui dans un lointain passé gagna sa première pige par «La lanterne magique», Teresa Larraga, comédienne, acrobate, chanteuse, directrice en son théâtre Frenesi, Fabrice Aragno, cinéaste neuchâtelois, collaborateur de Jean-Luc Godard depuis une dizaine d’années, témoignent de la sensibilité et de la curiosité de l’auteur de ces choix cohérents.

Reste tout de même que ce choix d’invités de l’invité, aussi cohérent soit-il, est le reflet soit d’une bonne idée à la base du concept de l’émission, soit d’une certaine paresse des concepteurs qui abandonnent une partie de leur responsabilité de puissance invitante à leur propre invité. Les deux, peut-être!

A quoi sert le décor de "La grande lessive" ? A présenter les collaborateurs, Yann-Olivier Wicht

A quoi sert le décor de « La grande lessive » ? A présenter les collaborateurs, Yann-Olivier Wicht

Le décor associé au titre de l’émission, est-ce vraiment une bonne idée? Et même le titre? L’intertitre qui suit eut fait l’affaire… comme titre!

Du coq à l’âne

 Au moins une fois par émission, Maurine Mercier utilise l’expression, comme si toute l’émission tenait de ce principe de passer d’un fier coq à un âne bâté. Et peut-être bien que derrière l’expression tout de même ambiguë, il y a réelle volonté de liberté de ton, de diversité dans les rubriques régulières portées par des chroniqueurs internes ou externes réguliers. Option possible: choisir un thème d’actualité chaque jour: entreprise beaucoup plus risquée!

Comment dès lors faire passer ce «Coq-à-l’âne»? Priorité à l’animatrice: Maurine Mercier s’en tire plutôt bien, sur la foi d’une dizaine d’exemples déjà vus. Il semble même qu’elle parvienne à commencer de remplacer des dialogues entre chacun d’eux et elle par des conversations à plusieurs.

Parler de Godard Jean-Luc et de légumes oubliés

Bon exemple, le vendredi 6 novembre 2105. Le chroniqueur «cuisine» présente un choix de légumes oubliés dont les qualités sont à redécouvrir. L’invité de l’invité est sommé de s’expliquer sur le cinéma selon Jean-Luc Godard, version vingt-et-unième siècle. Question: qui a vu du Godard? Monsieur cuisine s’est clairement annoncé plutôt gendarme à St-Trop!

Philippe Ligron, le cuisinier aux légumes oubliés mais savoureux...

Philippe Ligron, le cuisinier aux légumes oubliés mais savoureux…

Mais voilà que les mêmes mots pour décrire l’attention face à l’inattendu insolite font comprendre qu’ils témoignent de la même attitude de curiosité. Une conversation un peu plus large révèle un accord de sensibilités.

Alors, ce vendredi, un petit miracle? «La grande lessive» pourrait-elle en créer un, chaque jour?

«Les yeux dans les yeux»: deux personnes dans le même cadre qui se parlent sans se voir ni se regarder, c’est un «face-à-face» disons original!!

Préférence personnelle: je resterai, en fin d’après-midi, devant le sujet largement traité de «C…dans l’air», mais ne manquerai pas de revenir en d’autres temps devant «La grande lessive». Pour saluer des progrès…..

La grande lessive : premier retour

Parenthèse initiale, qui n’a strictement rien à voir : très belle finale entre Nadal et Federer, bien filmée, bien commentée. Bien entrelardée de pub : les images qui précèdent et suivent depuis quelques semaines les spots sont d’une grande élégance. Mais le rappel forcément fréquent du sponsor avec ces aiguilles d’un garde-temps qui jouent avec une belle jaune, à la vitesse d’une échange de ping-pong, était bougrement ennuyeux et exaspérant !

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Isabelle Nussbaum, productrice hors-antenne de "La grande lessive"

Isabelle Nussbaum, productrice hors-antenne
de « La grande lessive »

 

Dans le dernier paragraphe du texte « La grande lessive : pour quel linge ? », nous annoncions : « On y reviendra ». Promesse tenue ce dimanche 1 novembre 2015.

Ce fut, mercredi dernier, une sorte de retour personnel à de lointaines sources : rendre compte d’une émission le lendemain même de son passage. Le vendredi matin, après un « Temps Présent » par exemple, on trouvait une bonne demi-douzaine de textes dans la presse romande. Aujourd’hui, pratiquement plus rien. Le « média-presse » a été supprimé, même pas par mesure d’économie, mais faute de combattants. On écrit beaucoup moins sur la télévision que l’on vient de voir. Et à l’intérieur de l’entreprise tv, le lendemain, il y a la « précieuse » publication des parts de marché, en pourcent et en milliers de spectateurs. C’est tellement plus sérieux, le quantitatif, que le reflet de réflexions plus ou moins amicales !!

 

Samuel Vuillermoz, chroniqueur "Musique" dans le tambour de "La grande musique" (Photo RTS,Laurent Bleuze)

Samuel Vuillermoz, chroniqueur « Musique » dans le tambour de « La grande musique » (Photo RTS,Laurent Bleuze)

Assez satisfait de mes considérations du 28.10.15 : vu plutôt juste après avoir suivi, en direct ou sur play tv, les cinq émissions de la première semaine.

Oui, c’est vif, bien conduit, détendu. Oui, la diversité est au rendez-vous. On ne s’ennuie pas. On parle beaucoup, en effet. « Tv talk-show », c’est une émission-débat télévisée. « Talk », c’est une conversation, et « show », un spectacle. On trouve aussi « causerie » comme proposition de traduction.

En cours d’émission, une bizarre partie, image coupée en deux, pour une conversation dite « les yeux dans les yeux » : l’animatrice et son interlocuteur ne se regardent pas !!

« La grande lessive » est une suite de dialogues, dont l’un des membres est l’animatrice, sur un nombre de sujets au moins égal au nombre des invités, quatre, que ceux-ci soient des chroniqueurs réguliers ou des invités occasionnels, et encore pas n’importe lesquels puisque l’invité du lundi aura été sommé de proposer quatre autres personnes pour les jours qui suivent. Confirmation d’un sentiment de méfiance : les responsables de « La grande lessive » donnent dans la paresse en empruntant les bonnes adresses de leur invité principal.

 

Claire Braillard / Jost Reding / Delphine Mistelli / Yann-Olivier Wicht / Quatre chroniqueurs de "La grande lessive" (Photo RTS/Laurent Bleuze)

Claire Braillard /Jost Reding /Delphine Mistelli /
Yann-Olivier Wicht / Quatre chroniqueurs de « La grande lessive » (Photo RTS/Laurent Bleuze)

Y a-t-il débat ? Pour le moment, rien ! Au moins, on évite l’esprit d’ « Infrarouge » où ce débat tient très souvent du pugilat ! Il s’agit d’autre chose : d’une suite de dialogues entre l’animatrice et chacun des autres présents. Dessiné un pentagone et relié ses sommets d’un trait pour lors de chaque partie de l’émission : la grande majorité des segments de droite s’appuie sur Maurine Mercier.

Les dialogues sont souvent intéressants. Mais il suffit de citer l’animatrice pour résumer ce qui se passe à l’antenne durant presque trente minutes : on passe du coq à l’âne ! Reste ainsi à se définir par rapport au principe même de ce type d’émission « coq-à-l’âne » : on doit oser pouvoir lui préférer des reportages plus fouillés ou des enquêtes d’investigation. Car c’est bien une des tendances des chaînes de télévision généraliste même de service public que de se donner pour mission de faire court ! On doit pourvoir oser le regretter !!

Conclusion personnelle : en semaine, vers 17h45, je resterai fidèle à « C…dans l’air » de France 5. Mais je m’en irai glaner sur internet en Play tv « La grande lessive », ne serait-ce que pour entendre Frédéric Maire directeur de la Cinémathèque parler de la collaboration de son institut avec la radio et la télévision autour de l’émission « Travelling »!

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PS I qui n’a presque rien à voir : « Travelling » est assurément une émission dite « *culturelle », si tant est que l’audiovisuel appartienne à la culture. Trouvé sur twitter une fort intéressante citation : QUAND ON PROPOSA A WINSTON CHURCHILL DE COUPER DANS LE BUDGET CULTURE POUR AIDER L’EFFORT DE GUERRE, IL REPONDIT TOUT SIMPLEMENT : MAIS ALORS POURQUOI NOUS BATTONS-NOUS ?

PS II : intéressante présence, le mercredi 28 octobre 2015, d’Eric Burnand, pour présenter le « C’était mieux avant? » consacré à l’amour, émission sur laquelle il faudra revenir. Une bonne idée à retenir, cette rubrique où l’on pourrait entre coq et âne, parfois, parler de radio et de télévision…

 

 

La Grande Lessive: pour quel linge?

Sur RTS Un, jusqu’au vendredi 23 octobre 2015, c’était encore, à 18h05, «Top models» ( no 7077 !), puis à18h30, «La roue de la chance» (possibilité de gagner jusqu’à cent mille francs), de la télévision populaire pour faire concurrence à Tf1 et M6, la télévision généraliste commerciale.

Depuis le lundi 26 octobre, «La roue de la chance» passe à 17h20, «Top models» à 17h45 ( nos 7078 et suivants ). A 18h10, c’est «Le court du jour» parfois intéressant et dès 18h15, la grande petite nouvelle émission de conversation (talk-show), «La Grande Lessive», durant trente minutes. Cette intéressante télévision s’éloigne des commerciales généralistes pour s’approcher un tout  petit peu de rivales généralistes de service public comme France 5 et Arte. Donc à tout le moins, un progrès, un brin de courage au plan du programme: à saluer! Et qu’importe les futurs parts de marché en milliers ou en pourcent.

Un générique assez plaisant

Le titre?

Qui dit «lessive» dit linge, mais ce ne sera heureusement pas pour le laver en famille: il ne faut pas fouler les territoires si brillamment occupés par «Infrarouge» où, depuis quelques temps, le public invité se met à applaudir, sans qu’on comprenne qui ou quoi! Dans une machine installée dans une grande buanderie, on pourra donc enfiler toutes sortes de linges entre eux mélangés, même si la température idéale pour les uns n’est pas celle des autres. On y parlera de tout et de rien.

Le concept

 Il est relativement simple: trente minutes, un plateau, des dialogues, des documents entre eux insérés. Une animatrice accompagnée par une collègue, un ou deux chroniqueurs chacun spécialiste dans son domaine, un ou une invitée le lundi qui donne les noms de quatre personnes à convier pour les autres jours de la semaine. La production cherche donc seulement un invité par semaine qui lui assure des présences pour toute la semaine. Un peu de paresse dans l’air! Mais intéressant tout de même.

Espérons-le pour la production: un budget pas trop chiche, probablement « emprunté »  à l’ensemble des autres producteurs d’émissions de la RTS plus ou moins linéairement ou avec des suppressions à venir d’émissions existantes comme « Outre-Zapping », une des rares occasions sur la RTS de savoir comment on fait de la télé à Zürich et Lugano ou encore «Travelling», le cinéma pour cinéphile unissant cinémathèque, radio et télévision – en attendant d’autres coups de rabot.

Une vingtaine, pour 150 minutes par semaine.....

Une vingtaine, pour 150 minutes par semaine…..

Le résultat? Mais deux numéros, lundi 26 et mardi 27 suffisent-ils pas pour s’en faire une première idée? Prenons le risque…

L’animation

La réussite d’un tel spectacle de mots passe évidemment par la présence de l’animateur ou de l’animatrice qui doit tisser des liens, et entre les sujets, et entre les invités. Pas facile à faire! Employons le féminin. Voilà qui demande d’être curieuse, détendue, attentive, de savoir s’exprimer avec facilité, élégance et rigueur. Examen de passage sur le chemin de la réussite, rodage en cours, pour Maurine Mercier, fort à l’aise dans ses dialogues avec certains participants.

Maurine Mercier, l'animatrice, devant quatre machines pour linges colorés....

Maurine Mercier, l’animatrice, devant quatre machines pour linges colorés….

Hier, entres des émissions différentes, il y avait de présentatrices et des présentateurs assurant la liaison par de courtes interventions. On les appelait «speakerines». L’animatrice d’un «talk-show» doit être une bonne speakerine qui doit se rendre indispensable. Mais elle doit savoir faire plus que de présenter la prochaine intervention. A elle de créer un climat qui permette d’amorcer une conversation à plusieurs, à partir de dialogues. Cela ne sera pas facile. Peut-on aisément passer d’une avocate spécialisée dans le droit de famille et musicienne à un récit scientifique sur les poissons nettoyeurs de grands fonds, d’une école de musique à un film en 3D qui donne le vertige, les frères Lumière alors invités en gare de la Ciotat pendant quelques secondes.

Comparaisons pas forcément raisonnables…

 Trente minutes de «La Grande Lessive», c’est un peu l’équivalent de disons quatre pages du «Matin». Les «28 minutes» d’Arte, (du lundi au vendredi à 20h05) animées par Elisabeth Quinn, ce sont deux pages du «Temps» ou une page du «Monde». Avec le «C..dans l’Air» d’Yves Calvi (France 5, en semaine dès 17h48 avec reprise vers 22h30) ce sont deux pages du «Monde» ou trois/quatre du «Temps».

«La Grande Lessive»? On y reviendra: le concept existe, intéressant mais prudent. Il aurait pu être plus ambitieux. L’animation est assurément prometteuse. L’émission y gagnera quand elle deviendra une conversation à quatre ou cinq et pas seulement l’addition de dialogues et de présentation de courts documents.

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 PS qui n’a presque rien à voir…

Lu, en page 14 du «Monde» (édition du mercredi 24 octobre 2015), en attendant de le relire, un magnifique témoignage d’une historienne de 67 ans, Lucetta Scaraffia, qui vient de participer au synode des évêques sur la famille, sous le titre annonciateur du ton général du texte, «Et Dieu bouda la femme».

Ceci, juste en passant, pour donner la mesure de ce que peut apporter une page du «Monde» ou de tout autre quotidien de haut vol, selon préférence personnelle….

 

Elections fédérales, 18.X.15

Pris le train en marche dès 13h15 ; décidé d’aller jusqu’au terminus ; y suis parvenu après quelques pauses, en profitant des plages publicitaires, peu nombreuses avant 20h00. Tiens, et si un jour d’élections fédérales, on s’en passait, sur une des deux chaînes romandes, de la pub ? Ce serait peut-être un demi-million de perdu pour l’ensemble de la Suisse. Alors….

Lors d’une telle journée, la télévision (choix personnel de ne suivre qu’elle) se veut tout à la fois télévision cantonale (les tours répétés de Romandie), régionale (avec informations sur une partie de la suisse alémanique et au Tessin), fédérale, avec un centre de diffusion installé au palais fédéral, les projecteurs et une installation d’accueil ressemblant à une blanche baignoire contrastant avec l’iconographie des murs et des plafonds. C’est très ambitieux : pari plutôt bien tenu !

Forcément, en adoptant l’horaire type CFF, un train par heure, sur certaines lignes un par demi-heure, les répétitions sont nombreuses. Source d’ennui, mais l’ensemble d’une telle journée n’est pas préparée par les « masochistes » qui décident de la suivre presque intégralement.

Bilan d’ensemble : ambitions considérables tenues, rébarbatif accepté.

Bureau de calcul

 Bien entendu, on donne d’abord des tendances, on dessine des projections basées sur une partie des résultats qui frôlent les certitudes dès que les pourcentages augmentent. Le début de la journée fait entendre fréquemment le conditionnel. Puis peu à peu apparaît l’indicatif, appuyé pendant quelques heures encore d’un « si », pour devenir quasi-certitude, malgré un résultat n’est pas encore connu (Vaud sans la ville de Lausanne). On aura aussi eu droit, avec un timide « trente/vingt-neuf/vingt-hui…trois/deux/un/zéro», à une première projection pour l’ensemble du pays, dès 19h00, finalement déjà assez proche de la réalité..

Elections fédérales - octobre 2015

Tenir l’antenne pendant plus de dix heures, sans oublier les temps de préparation le jour même, c’est un exploit dont la grande majorité des collaborateurs est capable. Mais on ne voit que ceux qui passent à l’attente. Bonne occasion de saluer les anonymes en coulisses, parfois tout de même mentionnés dans un générique de fin qui défile assez rapidement.

Une surprise toutefois : le nombre de sièges mesure des forces en présences qui représente 200 voix au national et 26 aux Etats. Mais les pourcentages recueillis par les partis apportent une autre indication sur la force réelle de chacun d’eux. Surprise au « 19 :30 » : pour l’UDC, ce sont onze sièges de plus ( 20 %), pour 1,4 % de suffrages en plus ! Oui, mais à 21h00, le gain de onze sièges subsiste, mais en pourcent on arrive à 2.9% – le double ! Que s’est-il passé ? On aura passé comme chat sur braise cette correction !

Mais des petites variations en pourcent sur l’ensemble des votants peuvent en avoir de plus grandes sur le nombre des élus. Explications : cercles électoraux cantonaux, apparentements, sous-apparentements, etc…

Les invités

 Avec les journalistes de la maison, presque en permanence, deux invités du monde extérieur, dans le studio principal, pour apporter un commentaire personnel, une vision particulière. Pas du tout pour profiter de l’occasion afin de dire à celui qui est en face qu’il a tort : une journée à l’opposé de l’esprit qui continue de présider à « Infrarouge » où, chaque fois qu’on y aborde un problème, celui-ci devrait se prêter à dispute. Cela fonctionne bien avec la majorité des participants, sauf une ou deux exceptions, celle d’Oskar Freysinger retrouvant son rôle de provocateur catégorique: heureusement, il avait un train à prendre ! Voici ainsi de longs moments où l’on s’écoute plutôt que de faire du spectacle avec des oppositions.

Repéré en passant quelques moments intéressants :

+ Allusions aux réseaux sociaux comme un des vecteurs importants de la campagne qui s’achève, mais sans savoir mesurer leur poids. Le Matin (mardi 20 octobre) titre sur deux pages : « Les réseaux ne font pas les élus », ce qui amorce une réponse, mais le texte cite exemples contre-exemples !

elections fédérales octobre 2015 - une information sur facebook

+ Emission commune depuis Berne à 19h00, en patois alémaniques et en français, avec traductions, puisque chacun parle dans sa langue. Mais Levrat répond à Müller en allemand, traduit, bien sûr en français. Notons au passage : pendant ces presque huit heures, rarement (ou pas du tout ?) entendu de l’italien….

+ Andréas Gross rend un assez vibrant hommage au travail effectué par la radio en Suisse romande, bien plus engagée dans le débat qu’en Suisse alémanique. On aimerait en savoir davantage. Mais pour cela, il faudrait qu’il existe dans chaque région une émission sur les points forts des deux autres. Or il semble que « Outre-Zapping », certes fort maladroite, soit prochainement supprimée.

+ Il n’est pas facile d’empêcher Daniel Brelaz de se livrer à une dissertation intéressante sur l’écologie qui, traduite en nombre de signes, dépasse largement les 140 !

+ Les deux partis qui ont disposé des meilleurs moyens financiers (PLR et surtout UDC) sont ceux qui gagnent le plus de sièges. Mais en 2011, PLR et UDC avaient aussi été plus dépensiers que les autres, tout en ayant perdu des plumes. Nouvel exemple et contre-exemple : ce n’est pourtant pas une raison pour justifier l’opacité financière.

+ Maladresse du journaliste qui interroge, à Lausanne, le candidat radical pour le Conseil des Etats, Olivier français, qui n’apprécie guère de se faire qualifier de « troisième » choix, après deux conseillers d’Etat qui ont décliné la proposition de candidature.

+ Annonce de la victoire de « la fille Blocher » dans les Grisons, qui semble se nommer légalement Magdalena Martullo-Blocher

Eveline Widmer-Schlumpf

 Ah, quel beau sujet que de lancer dans le débat quelques hypothèses, avant même de savoir si la principale intéressée a pensé oui ou non rester candidate. Voilà qui devrait permettre de revenir à l’ambiance d’« Infrarouge ». A Berne, l’animatrice semble obsédée par ce sujet. Question : qui décide des thèmes de discussion ? Le choix  intervient-il avant l’émission? Tout de même, le sentiment que ce sujet qui reviendra encore pendant des semaines et des semaines tenait plus de l’anecdote que d’un problème politique prioritaire. Là, nous avons frôlé la télévision du spectacle qui se fait au détriment des idées. Les électeurs et électrices ont-ils pensé prioritairement au prochain conseil fédéral? Personne n’a l’a prétendu!

Eveline Widmer-Schlumpff interrogée par la RSI

Eveline Widmer-Schlumpff interrogée par la RSI

On aura plus parlé de Mme W.S que de problèmes énergétiques, de l’Europe, du réchauffement de la planète ou même des réfugiés économiques qui sont différents des demandeurs d’asile. Les problèmes des « migrants » sont restés discrètement évoqués durant toute la campagne, même par l’UDC, qui aura amorcé sa dé-diabolisation.

Mix&Remix évoque l'Europe, mais pour le 20 octobre 2015

Mix&Remix évoque l’Europe, mais pour le 20 octobre 2015 à « Infrarouge »

En résumé, appréciation prudemment positive sur ce dimanche d’élections fédérales du 18 octobre 2015 sur un sujet répétitif et parfois ennuyeux, moyennement informatif.

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PS : revue de presse autour de E.W-S

 Noté dans sept quotidiens romands du lundi 19 octobre la place accordée à la réélection ou non, dans quelques semaines, au conseil fédéral, de Mme Eveline Widmer-Schlumpf, qu’il reste assez difficile de faire passer pour quelqu’un de centre-gauche !

Au titre du journal (colonne 1), associons la pagination consacrée à Mme E W.S(2), le nombre de pages consacrées aux élections (3), l’ampleur de l’édition(4)

Titre Pagination Nbre de pages sur EF Nbre pages édition
L’Express-L’Impartial 2/3 14 40
Le Temps 1 11 32
Le Nouvelliste 2/3 14 44
La Liberté ¼ 16 40
Le Quotidien Jurassien 0 11 32
Tribune de Genève ¾ 13 32
24 Heures ¾ 10.5 32

Pas eu l’idée de relever les temps durant ce dimanche 18 octobre sur le petit écran. Mais c’est entre 18h30 et 20h00 heures de haute écoute, que j’ai ressenti cette impression de la trop forte présence de ce sujet sur le petit écran.

Le Monde, édition datée du mardi 20 octobre2015, en page 4, titre « Raz-de-Marée populiste au Parlement helvétique », en 160 lignes dont 24 consacrées à Mme E.W.S. On y trouve une erreur : progression de l’UDC annoncée à 1.4 point, peut-être bien ce 1.4% de la RTS à 19h00, corrigé par la suite..

 

Aux urnes, citoyens (et citoyennes)…

Titre partiellement inexact : on peut voter sur internet ou par correspondance. Je m’en suis presque tenu à mes habitudes – listes manuscrite avec 50 pourcent de femmes. Sur six noms, cette fois, j’en ai inscrit quatre au masculin ! Mais la campagne électorale télévisée n’aura en rien influencé mon vote personnel par correspondance exprimé à peine l’enveloppe reçue. Ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas suivre au moins de temps en temps le travail fourni par la télévision. Les principales organisations de la SSR-SRG, en radio et télévision, en direct, en différé, sur internet, sur les réseaux sociaux ont accordé beaucoup de temps à ces élections – trop ? Survol!

Une excellente surprise : Factchecking !

L’excellente surprise ne réside pas dans l’utilisation de l’anglais. D’ailleurs, une demande de traduction sur google aura conduit à factchecking traduit par … factchecking. Wikipédia aura confirmé qu’il s’agit d’une vérification par les faits, par exemple l’exactitude d’informations numériques, souvent appelées « chiffres » au lieu de « nombres ». En fait, il s’agit d’une courte rubrique intitulée «  A Dire Vrai » qui veut, à vrai dire, dire ce qu’elle a à dire.

Au lendemain du passage d’un parti, durant le « 12H45 », pendant deux/trois minutes, Emmanuelle Jacot reprenait une ou deux des interventions soit prêtant à hésitations frôlant la crédibilité d’une affirmation, soit mettant en cause la rigueur d’une information numérique. L’importance d’une telle rubrique ? La télévision, ainsi, prend une indispensable distance à l’égard d’affirmations péremptoires. Elle apporte des rectifications qui rappellent au téléspectateur l’importance de l’esprit critique, essentielle liberté.

Face aux partis - A Dire Vrai (RTS - septembre/octobre 2015)

Sur internet, on peut même offrir un vrai luxe : dire vrai un peu plus par des adjonctions écrites, des tableaux comparatifs, des images. Un exemple parmi d’autres : le syndic de Lausanne, Daniel Brélaz, espère retourner au conseil national. Il a affirmé que 100 kilomètres carrés de panneaux solaires pourraient remplacer toutes les centrales nucléaires de Suisse, fissurées ou non. Calculs faits, même en prenant les panneaux solaires les plus efficaces, ce serait quinze à vingt pourcent de plus. Différence pas très importante. Mais placer un carré de 10 ou 11 kilomètres de côté seulement sur Lausanne rappelle que cela ferait tout de même une bien grande surface à recouvrir de panneaux solaires. Ce « cent kilomètres carrés » peut aussi être traduit en quatorze mille terrains de football ! Un utile renvoi est aussi proposé vers une statistique de l’OFS sur les différentes sources d’énergies en Suisse ces dernières années. Ce n’est pas « trop de chiffres » qu’il faut déplorer, mais « pas assez » s’ils sont correctement accompagnés.

Un grand, très grand bravo à ceux qui ont eu l’idée de cette rubrique qui s’inscrit en faux contre toute forme de lavage insidieux du cerveau….

C’est ce que vous voulez, non ?

Extrait du « Bétisier » du dernier « Moi, candidat » (30 septembre), dans l’émission animée par Géraldine Genetti et Michel Zendali. Un candidat répond :« C’est ce que vous voulez, non ? On m’a dit que vous vouliez du spectacle ? Alors… » Une consigne donnée à des candidats devient donc une « bêtise » ! Il est pourtant possible de mettre sous le signe du «spectacle» une partie de la campagne à laquelle on vient d’assister.

Terminer par un « Bêtisier » plusieurs émissions qui apportaient quelques contributions intéressantes à un débat d’idées n’est pas une très bonne idée.. Mais c’est évidemment une manière de reconnaître, involontairement, ce désir de transformer en spectacle une campagne qui devrait permettre de savoir quelles sont les idées d’un parti et les attitudes de quelques-uns de ses représentants.

Infrarouge : le grand débat

Le mercredi 7 octobre 2015, en guise de couronnement pour l’ensemble des émissions consacrées aux élections fédérales, en près de trois heures, nous eûmes droit, chance incroyable, à cinq « Infrarouge » successifs, sur cinq sujets, l’asile, l’Europe, l’économie, l’énergie et le conseil fédéral.

29 invités, en tout – invités par la télévision ? désignés par les partis ? Probablement invités par la télévision ! Qui sont donc ces vingt-neuf éventuels futurs élus ou réélus ?

Représentation politique : Cinq UDC, cinq PLR, cinq PDC, cinq PS, égalité entre ce qui est considéré comme les quatre grands partis, avec encore 5 écologistes dont une verte libérale et les représentants de quatre partis ayant peu ou pas actuellement de représentants à Berne, deux à gauche et deux à droite. Un assez bon équilibre proche de la réalité des forces en présence !

Origine géographique : Dix vaudois, sept fribourgeois, cinq genevois, trois valaisans, deux neuchâtelois, un jurassien, un jurassien bernois. Cela n’est pas proportionnel à la population réelle, à cause de la forte représentation fribourgeoise. Tant pis. Heureusement, on évite le principe qui aurait dit : égalité entre délégations cantonales, autrement dit surreprésentation du petits cantons et sous-représentations des grands.

Femmes et hommes : aux chambres fédérales, il y a actuellement à peu près de 30 % de femmes, loin de l’égalité naturelle entre sexe. A « Infrarouge », cela fait sept femmes pour vingt-deux hommes, même pas le quart ! Besoin de commentaire ?

« Infrarouge » étant est une émission qui tient souvent du pugilat, ce pugilat étant un moyen de faire du spectacle avec du débat politique ( voir plus haut, « C’est ce que vous voulez, non ? »), préserve les « pauvres et faibles » femmes de la foire d’empoigne. Merci pour elles ! Esther Mamarbachi y tente souvent de diriger autoritairement les débats alors que David Berger s’efforce de les animer.

Vous rêvez d’une émission  « qui serait attentive à ce qui est dit et non à qui le dit », alors suivez « C… sans l’air » plutôt qu’ « Infrarouge ». (La citation est adaptée d’un message de François Hollande à Michel Rocard

Un dimanche à « Mise au point »

(Illustrations empruntées au site le la RTS – Mise au point))

D’une semaine à l’autre, la structure de l’émission reste à peu près la même. On a donc droit à trois rubriques régulières , « Vous l’avez dit », « C’est pas tous les jours dimanches » et « Comme si c’était hier ». Le première donne la parole à de très rares téléspectateurs qui ne représentent en rien les parfois presque deux cents mille qui suivent l’émission. Le choix ? On prend parfois plaisir à faire connaître un avis puis son contraire : et oui, tout les goûts sont dans la nature ! Et l’on va jusqu’à citer un téléspectateur qui trouve très élégante l’en effet très élégante robe blanche assez courte de la présentatrice qui point ne sera nommée. Un événement choisi par jour du lundi au vendredi permet en effet de confirmer que « Ce n’est pas tous les jours dimanche ». Il faut donc en trouver un par jour. Les trouvailles ne sont pas toujours de haut vol. L’humour mordant s’y rencontre souvent. Peut-être même devrait-on parfois recourir au logo rouge en tous cas pour le lecture d’un savoureux « vendredi ». « Comme si c’était hier » porte bien son nom : bon plongeon quelque fois surprenant dans le passé !

Sebastian Faure en enretien - Emission du 04.1015 - Photo TS

VW dans la m…

Dans la m.., VW n’y restera pas seule, on le pressent déjà. « MàP » aura permis de découvrir ces scientifiques américains d’une petite université qui ont, en plus d’une année, réussi à dénoncer la supercherie du constructeur allemand, assez rapidement avouée. Ils existent, ces « fouineurs » qui ne furent pas stipendiés par les concurrents jaloux des succès des marques allemandes au diesel. Et de ce carburant prétendu « propre », on en reparlera. D’autres constructeurs, autant pollueurs, mal contrôlés par des tests qui se déroulent en studio dans des conditions confortables, sont aussi en cause.

VW de M... Emission du 04.10.15 - photo RTS

L’Europe coûte que coûte

Deux aspects de ce reportage sont à souligner : deux réfugiés, Mehdi venu d’Iran et Elias le syrien, sont « accompagnés » durant une partie de la rude voyage. Une suggestion : les retrouver dans quelques mois pour un « suivi » précieux autant que peut-être révélateur. Autre aspect : cesser de faire allusion aux passeurs mais parvenir à montrer quelques-uns de ceux qui profitent largement de ces gens qui cherchent refuge en Europe, obligés d’acheter à prix fort de faux gilets de sauvetage, de payer des centaines d’euros pour quelques kilomètres parcourus, y compris dans des canots pourris où ils sont parfois livrés à eux-mêmes.

Mise au point, les réfugiés Emission du 04.10.15 Photo RTS

2015 : disons cinq cents mille migrants. A mille euros payés chacun à des passeurs. Un demi-milliard de chiffre d’affaires. Probablement plus ! Et plus fermées seront les frontières, plus élevé sera le bénéfice des organisateurs de passages

Un moment bizarre au début du sujet : sur la plage de Bodrun, paraît-il l’équivalent turc de St-Tropez, des touristes polonais sont installés au soleil. Sébastian Faure leur demande s’ils savent où ils se trouvent. Et le souvenir d’une photo qui a fait le tour du monde semble les troubler. Je suis incapable de savoir s’il fallait ou non montrer cet instant de de surprise, de malaise….

Ma douane à moi

Pour en terminer, un sujet plus léger : la Confédération vend des immeubles des douanes désormais désertés où travaillaient ou habitaient des douaniers. Elle fait de bonnes affaires et des heureux. Joli document informatif, sur le plan immobilier.

Hors sujet : un leader de l’UDC pourrait se servir du reportage pour dénoncer ces frontières si perméables pour ces centaines de milliers de migrants si indésirables…

Emission du 04.19.15 Photo RTS

Sortie de « La Vanité » en Suisse romande

La télévision, la SSR-SRG nationale, en Suisse romande la RTS, est assez souvent co-productrice de films destinés d’abord au grand écran, qu’il s’agisse de documentation, d’animation ou de fiction. Ces interventions jouent un grand rôle dans le financement de certains projets. La télévision a donc parfaitement raison de signaler qu’elle aide le cinéma suisse.

On a pu voir et on continuera peut-être encore de voir parmi les spots publicitaires un message qui attire l’attention sur « La Vanité » dixième long-métrage de Lionel Baier. Le coût-minute d’une publicité sur petit écran est assez élevé. On peut même aller jusqu’à faire remarquer que les diffuseurs qui peuvent s’offrir le support publicitaire qu’est le petit écran sont peu nombreux. Ils sont très souvent américains, car Hollywood sait mettre à disposition de la promotion de ses produits des sommes considérables. Ce n’est que rarement le cas pour des productions d’autres pays.

La pub pour un film sur petit écran ne signifie donc pas automatiquement qu’il s’agisse d’un de ces « blockbuskers » qui attirent les spectateurs par dizaines de milliers. Le film de Lionel Baier est une œuvre de qualité et de finesse qui pourrait être populaire, mais modestement. Son style n’est pas tapageur comme le sont la grande majorité des films qui drainent les foules. C’est un film qui sait être gai sur un sujet grave, la mort volontaire que veut se donner dans des conditions d’aide légale, un architecte âgé. On est presque dans un récit qui respecte les trois unités du théâtre classique, de sujet, de temps et de lieu. Et le titre ne frôle pas l’orgueil ou l’auto-satisfaction. Il fait allusion à une forme d’art pictural qui rappelle souvent par la présence d’un crâne que la mort est inéluctable pour l’homme et ses préoccupations.

La vanité -Lionel Baier

Derrière Esperanza (Carmen Maura) et Patrick Lapp (David Miller), on aperçoit l’oeuvre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs » reproduits ci-dessous.

La télévision a raison de rappeler ou de faire savoir qu’elle aime le cinéma suisse, en proposant aussi des films qui ont pour ambition d’être plus que de simples divertissements.

"Les Ambassadeurs" de Hans Holbein le jeune, 1533

Au début du film, on entrevoit dans une chambre d’un motel qui semble s’éloigner des riches années de sa construction, au temps de l’Expo 64, une toile célèbre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs », œuvre considérée comme un parfait exemple de « vanité » picturale. L’étrange objet en oblique au bas du tableau devient un crâne quand on le regarde obliquement depuis la gauche du tableau, à la « Tate Gallery » à Londres, effet d’anamorphose plus facile à produire avec des miroirs déformants ou en numérique qu’en peinture en 1533.

Séries côté suisse

Rapide tour d’horizon !

Anomalia

Huit fois quarante-deux minutes sont annoncées pour le début de 2016 : ce sera l’ « Anomalia » de Pierre Monnard, qui débuta dans le long-métrage avec un délicieux « Recycling Lily ». Le Tour de Romandie fera étape fribourgeoise en Gruyére, avec une médecin-cheffe de service de neurologie aux pouvoirs de guérisseuse….

Station horizon

Comment se prend la décision de produire une série ? Aux USA, on va jusqu’au pilote. En Europe, on s’en tient à l’écriture. La nouvelle directrice de France Télévisions espère pouvoir passer à la méthode des pilotes. En Suisse romande, on disposait d’un excellent pilote, la première saison de « Station horizon » qui fit étape en Valais et bonne figure en part de marché. Il n’y aura pas de seconde saison.

Tentations européennes

Double tentation suisse : à la RTS, on travaille avec le danois Ingold Grabold, responsable à heureux de « Borgen » et « The killing », autour d’un projet qui pourrait se dérouler dans la Genève internationale et les milieux pharmaceutiques peut-être asussi bâlois.

La SSR, avec la DRS, semblent pencher vers un autre projet qui s’appuie sur une idée de Présence suisse et de son directeur Nicolas Bideau qui se déroulerait dans différents pays avec passage dans la Genève internationale, en bénéficiant de l’appui d’un solide producteur suisse.

L’Europe de l’audiovisuel ? Deux exemples récents 

 « The team » est une assez imposante co-production entre le Danemark, l’Allemagne et la Belgique, avec apport d’alpes (probablement autrichiennes) et un acteur suisse, Carlos Léal, en Jean-Louis Poquelin, journaliste belge. Intéressante réussite, qui perd beaucoup de saveur au doublage dans une langue unique.

« 1864 », une production entre le Danemark et l’Allemagne, imposante avec plus de cent cinquante personnages et six mille figurants, oscille entre de grands batailles et le conflit privé de deux frères devenus soldats qui aiment la même femme

Comment produire et diffuser à l’heure européenne ? Une revue, CinémAction, co-éditée par l’INA répond à la question dans son numéro 157 de cent septante pages. Il en coûtait alors cent vingt francs français. La revue date d’octobre 1990 !!

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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