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Sous le signe de la routine !

Retour à la normale : c’est la fin des programmes d’été, même si le DS ( Dieu Sport) résiste avec le tennis à New-York et la reprise du football national mais plus encore européen, désormais sans présentatrices !  Encore un détour sportif avant de pouvoir en revenir, entre autres, à la fiction créative des séries. Et pour rejoindre la routine des séries, quelques images d’entre-elles, plus facilement accessibles que celles de  l’actualité sportive !

True Blood

La belle et jeune équipe de « True Blood » en première saison. Parmi eux, on trouve une fée, un loup-garou, un très vieux vampire et quelques humains. Pour en savoir davantage, rendez-vous le jeudi soir, en saison 4, sur RTS 2, le 30 août 2012 de 22h25 à 00h15, le 6 septembre de 23h00 à 00h50, le 13 de 22h55 à 00h45. Ce sont là des heures « normales » pour de telles rencontres….

Lausanne, « Athlétissima »

Jeudi soir (23.08.2012), en RTS 2, encore du sport : routine! Mais la soirée lausannoise d’athlétisme, avec ses épreuves qui se succèdent rapidement, offre un bien meilleur rythme que celles des JO : mieux que la routine ! Beaucoup des médaillés, mais pas de suisses : routine toujours.  Pourtant un quatuor de dames qui se transmettent le témoin fait exception : frôler un record suisse sort de la routine !

Un record du monde aurait pu être battu, celui du cent dix mètres haies : éliminé pour un faux départ, le futur détenteur ! U.Bolt, au nom prédestiné pour le sponsor – U.Blot –  remplit son contrat d’un soir à trois cents mille. Mais Blake se permet de battre le record du stade sur cent mètres détenu par Usain Bolt ! Indirectement, Jean-Pierre Egger gagne une médaille en boulet bientôt d’or.

Trop de sports !  Quitte à se répéter, il faut se demander si la quantité de sport proposée par la télévision généraliste de service public suisse, détentrice d’un record au moins francophone, respecte vraiment l’esprit de la concession. Il serait intéressant d’avoir l’avis d’un juriste. Confirmer l’existence du plaisir personnel offert par plusieurs sports réellement divertissants, c’est une autre forme de routine.

Desperate housewives

Et voici le quatuor des femmes au foyer désespérées. La huitième saison vient de débuter sur la RTS 1, bien entendu, à une heure excellente, 21h15, bien entendu ! Et ce sont trois épisodes le 29 août, puis deux le 5 septembre,et encore deux le 12 ,etc ! Une série est faite pour être dégustée en un épisode par jour ou par semaine. Partout on force la dose ! Diable, pourquoi ? Les magazines télé de France et de Romandie ont ouvert les nécrologies en ce début d’agonie de la dernière saison !

Où sont les paralympiques ?

Mercredi 29 août 2012, ouverture des Jeux Paralympiques handisports, qui vont se dérouler jusqu’au 12 septembre dans les lieux des JO. A Athènes,  en 2004, avant les jeux, à peine quelques milliers de billets furent vendus. A Pékin, il y a quatre ans, il y eut un million de pré-locations. Et pour Londres, 2.2 millions des places sur 2.5 millions disponibles sont vendues d’avance. Succès public assuré, semble-t-il. Dans la presse écrite, Magali Comte vise une médaille d’or. Il n’y a semble-t-il pas derrière elle une « organisation »  pour annoncer le nombre des médailles suisses espérées.

Les JO des bien-portants donnèrent donc lieu à d’excellents spectacles, des centaines d’heures de remarquables  reportages parfois appuyés par de bons commentaires, précieusement explicatifs dans le cas des « petits »  sports peu médiatisés. Il y eut aussi la compétition entre nations avec classements construits sur le nombre de médailles d’Or d’abord, à égalité sur l’Argent et à nouvelle égalité sur le Bronze. Les diplômés des rangs quatre à huit n’existent peut-être que pour de méconnues statistiques, au point que le « chocolat » attribué au 4ème passe pour dérisoire ! Il y a aussi la montée du drapeau du pays et son hymne national.  La formule officielle du CIO est prudente : une médaille est attribuée à l’athlète X ou l’équipe Y R E P R E S E N T A N T (E) du pays Z. L’environnement médiatique tente souvent de faire croire que c’est le pays Z qui a gagné. Dans certains sports, de grosses sommes d’argent circulent. Les associations qui gèrent les meilleurs footballeurs, et demain peut-être les meilleurs basketteurs américains imposent certaines conditions ( majorité de moins de vingt-trois ans en football par exemple ). Même problème avec les meilleurs hockeyeurs lors des JO d’hiver !

Les paralympiques ne sont pas emportés par la folie de l’Or, ni par la course des nations aux médailles. L’argent ne semble pas y jouer un rôle primordial. La performance individuelle ou collective n’en a que plus de valeur. La participation à une telle compétition est déjà et peut-être surtout une victoire contre soi-même et son handicap.

J’ai lu attentivement les avant-programmes de couleur verte que le service de presse de la RTS met à disposition des journalistes. Il n’y a nulle part place, ces prochains jours, ni sur RTS 1, ni sur RTS 2, pour les paralympiques. Sans intérêt ? Et puis , « Ils » en ont tant fait pour les JO et l’Or attribué au pays plus qu’à l’athlète. On  trouvera tout de même quelques reflets de ces compétitions sur France 3 et France Ô.

Californication

Vautré dans un fauteuil, épuisé, c’est Hank Moody dans « Californication » qui se déroule en Californie et justifie la version française du titre à double sens. Le personnage qui reste amoureux de sa femme est entouré de son petit monde. Il est donc au centre d’une série de gymnastique érotique délicieuse.

Fin des programmes d’été

On va donc en revenir tout naturellement à « Infrarouge » qui s’intéresse au caillou ramassé en Turquie par le commandant de police candidat à la candidature au conseil d’Etat valaisan. «  C’est le jungle » propose un décor plein d’idées saugrenues. A part cela ? Il faut attendre de voir quelques numéros avec l’espoir qu’ils ne vont pas trop ressembler au bien pâle premier.

On va retrouver les meilleures séries aux heures tardives, parfois de plus en plus tardives. Les bonnes heures d’exposition continueront d’être réservées au médical et au policier unitaires. L’Histoire, les problèmes de société, la politique contemporaine au Danemark, c’est pour les fins de soirées. On rencontrera désormais fée, vampire et loup-garou sur RTS 2 ( « True Blood » ) tardivement. On a même droit après minuit aux coquineries de la gymastique érotique, « Californication » remplacé par « Hung ». On attend toujours le brillant « Dexter » ertéessement « censuré » il y a plus de cinq ans! Et l’exaspérante routine de la vaine protestation contre une programmation qui se refuse obstinément à donner une bonne exposition aux séries les plus pointues, pas seulement les américaines, continue d’affirmer sa présence !

Nurse Jackie

Entre 2ème et 3ème saison pour « Nurse Jackie », plein centre aussi, au milieu de ses plus proches. Eddie Falco fut une magnifique Carmela Soprano dans « Les sopranos » . Elle est aussi brillante en nurse constamment bousculée par son travail pratiqué parfois à la Dr House et une double vie privée plutôt compliquée. Plus on avance dans la série, plus elle est convaincante.

 « Nurse Jackie », au rendez-vous hebdomadaire tardif, se porte de mieux en mieux : fin de deuxième saison pour une bonne série plus impertinente que médicale. Godard écrit le scénario pour le  portrait de Godard et  « Sauve-qui-peut (la vie) » passe à minuit !  « True Blood», ses vampires,  fées et autres humains réapparait en programmation plus tardive que jamais pour se terminer vers 01h30. C’est aussi, hélas, la pire des routines !

Les JO côté audimate

C’est par milliers que les romands ont suivi tout ou partie des JO. Les parts de marché du 27 juillet au 12 août de 2012 surpassent de sept à dix points ceux de la même période de 2011. Les rencontres de tennis de Federer avec Del Potro ou Murray, certains sprints courts sans Helvètes ont rassemblé d’imposantes audiences. Mais le tardif « Journal des jeux » semble ne pas avoir été bien grand succès. Et 156 mille romands pour suivre la Cérémonie d’ouverture du 29 juillet, est-ce beaucoup en comparaison à l’audience mondiale qui s’élèverait à plus de 800 millions ? Lancer des informations numériques sans indiquer leur origine ou sans citer les sources consiste à faire de l’information par affirmations pas très plausibles. Méfions-nous des raccourcis. Mais si l’on veut emprunter un chemin bien tracé, donner des explications, alors il faut s’accrocher .. à un texte rébarbatif !!

Le journal des Jeux

Présenté un peu avant 23h00, le « Journal des jeux » a été suivi en moyenne par  45’000 téléspectateurs pour une part de marché de 15.8 %.  Ces informations basées sur un échantillon fiable de la population de Suisse romande sont données sans marge d’erreur, laquelle oscille autour de 3 à 4 % ! Une part de marché de seize % signifie qu’à cette heure là il y avait encore un peu moins de trois cent mille personnes en Suisse romande devant leur petit écran. C’est beaucoup !

Pour 2011, la RTS a publié en deux tableaux les audiences moyennes par heure de 06h00 à 02h00 le lendemain, tant pour la fréquentation totale devant n’importe quelle chaîne que devant la RTS, 1 et 2 additionnées.  Notons que la part de marché heure par heure est obtenue en tenant compte du rapport  audience TSR/ TOTAL TV.

JO Londres 2012

En moyenne annuelle, entre 22 et 23 heures, il y a  435’000 spectateurs  dont 109’000 pour RTS 1 et 2.La part de marché (PDM) s’élève alors à  25 %. Entre 23 et 24 heures, on en rencontre 46.000 pour la RTS sur 259’000,  soit 17,8 % en PDM.

« Le journal des jeux » chevauchait la 22ème heure finissante et la 23ième débutante. Ses 45’000  sont nettement inférieur au score des 22 heures et pratiquement équivalent à celui des 23 heures. Même constat pour les parts de marché, 16 % arrondis à l’unité contre 25 et 18. Ce n’est pas à proprement parler triomphal.

Dans des conditions assez semblables, « Le club de l’Eurofoot » de juin dernier, aux environs de 23h00, s’est aussi trouvé en dessous de la moyenne annuelle des performances de 2011.

Certains milieux demandent avec insistance et depuis longtemps la réintroduction d’une émission de réflexion sur le cinéma, qui mériterait d’être élargi à l’audiovisuel contemporain des séries télévisées. Les meilleures ne sont plus seulement américaines. Elles proviennent d’Angleterre et des pays nordiques, Danemark en tête, parfois de France. La RTS est sur la bonne voie avec « Dix », « Crom » ou « L’heure du secret », qui militent encore en ligne B ! Mais le sport, lui,  bénéficie des largesses des responsables des programmes, avec des émissions 0ù l’on cause. La réflexion s’y fait pourtant rare.

La cérémonie d’ouverture

Selon une information numérique fournie par la RTS, la cérémonie d’ouverture du 29 juillet a été suivie par 156 mille personnes en Suisse romande, et cela paraît-il pendant près de quatre heures. La part de marché s’élève à cinquante % : c’est nettement plus que la moyenne annuelle de 2011 dès 22h00. Resterait à savoir si vraiment ces 156 mille est un moyenne établie sur près de quatre heures. Il serait tout de même étonnant que le public ait été aussi nombreux pour le défilé des nations d’après minuit que pour le spectacle qui fut brillant.

Autre cause d’étonnement. La population totale du globe est estimée en 2011 à environ 7 milliards d’êtres humains, bébés et ancêtres y compris. On a pu lire ici ou là que 800 millions de terriens auraient suivi  cette cérémonie d’ouverture. Mais aucune indication sur les sources, aucune précision sur la durée de la présence de ces huit cents millions, pendant la première minute, ou la première heure, on en moyenne durant près de quatre heures. 800 millions, cela représente un audimate de 11.5 %-

En Suisse romande, on admet que la population des plus de trois ans est de 1,656 millions. Ajoutons-y les bébés, qui sont 130 millions à naître  chaque année dans le monde entier, une jeune classe d’’âge représentant un peu moins de 2 % de la population totale. La population des plus de 3 ans représente  le 94 % de l’ensemble. L’ensemble des romands est donc de 1’760’000  personnes. L’audimate mondial de 11.5 % appliqué à cette population s’élève à 200’000. C’est nettement plus que les 156’000 annoncés.

Les romands seraient-ils moins curieux que la moyenne mondiale ? Cela serait étonnant. L’hypothèse la plus probable revient à faire peser le doute sur les huit cents millions trouvés sur google, mais sans aucune justification. A six cent millions, on serait dans la moyenne !!! Comparer des informations valables pour l’été 2012 à des moyennes de 2011 est peut-être risqué. Mais les tendances doivent bien être celles que nous pressentons : « Le journal des JO » comme le rendez-vous nocturne de l’ « Eurofoot » ne furent pas particulièrement bien suivis. Il se pourrait que le 156 mille de la cérémonie d’ouverture ne soit un tellement grand succès en comparaison mondiale discutable !!

JO en double blockbusker

Résumé : deux bons cinéastes britanniques sont responsables des deux belles soirées d’ouvertue et de clôture des JO d’été de 2012. La première fut grandiose, la seconde presque autant. En avant-programme, la RTS a offert le 27 juillet une très bonne émission. La même ouverture, le 12 août, au soir de la clôture, fut une triste « cata » 

Daldry et Boyle

Pas loin de un milliard de téléspectateurs auraient assisté le 27 juillet 2012 au spectacle d’ouverture des JO. Les estimations pour la clôture oscillent, elles, entre 700 et 800 millions. En un seul soir, un spectacle éphémère eut autant sinon plus de succès que les plus grandes audiences cinématographiques mondiales, comme celle du blockbuster nommé « Avatar » et la très ancienne d’« Autant en emporte le vent ». Deux bons cinéastes britanniques partagent la responsabilité de ces spectacles qui furent donc  de véritables « blockbusters ». On ne sait pas comment se sont réparties les tâches entre Stephen Daldry ( « Billy Elliot » – 2000 ) et Dany Boyle ( « Slumdog millionnaire » – 2008 ). Les commentateur tv et les journalistes ne se sont guère intéressés à ceux qui ont conçu ces deux soirées mondiales de grande qualité.

Stephen Daldry

Stephen Daldry

La soirée d’ouverture

Les différents tableaux mis en scène évoquaient des pages de l’histoire de la Grande-Bretagne. Il n’ya pas lieu de s’étonner que le présent n’y soit pratiquement pas évoqué : ce n’était pas l’occasion de parler récession, chômage, ni même de se demander comment ont été financés les plus de dix milliards d’euros investis par les pouvoirs publics britanniques et quels seront les retours sur investissements.

Dany Boyle

Dany Boyle

Ce « silence » est certes compréhensible. Mais force est de reconnaître que les multiples compliments décernés sont mérités. Le 27 juillet, à travers plusieurs tableaux, ce sont quelques pages de l’histoire du Royaume-Uni qui ont été évoquées. Le prix payé par les ouvriers à l’avénement de la société industrielle n’est pas passé sous silence.  Un réel hommage aura été rendu à la sécurité sociale universelle pourtant si souvent décriée en Grande-Bretagne pour son coût et ses imperfections. Il fallait un brin de courage pour faire preuve aussi d’une certaine impertinence en montrant des images du rugby qui n’est pas actuellement admis comme sport olympique. Un considérable recours aura été fait à la musique dont les courants modernes doivent beaucoup au succès mondial des Beattles dans les années soixante. Et l’humour britannique y trouva place, avec le saut en parachute de la Reine prise en charge à Buckingham Palace par  Daniel Craig, le dernier James Bond ou la présence de Mister Bean au milieu d’un très sérieux orchestre interprétant le Vanglis des « Chariots de feu » . L’humoriste et le chef ‘orchestre saluèrent ensemble le public. Histoire, musique et humour firent bon ménage.

Clôture le 12 août

Le modèle pour le décor de la soirée de clôture

Le modèle pour le décor de la soirée de clôture

Alors qu’au soir du samedi 11 août se déroulaient encore certaines finales dans le stade, moins de vingt-quatre heures plus tard celui-ci était devenu un plateau géant. Efficacité de l’organisation transformant le stade en scène : l’anneau olympique est devenu autoroute sur laquelle circulent des dizaines de voiture transportant des invités ou d’immenses camions orchestre sur le pont pour saluer les quatre-vint mille spectateurs en de superbes tours d’honneur. La musique fut encore de la partie pour animer la soirée qui fit peu de place à l’humour. A plusieurs reprises, l’intérieur de l’anneau se transforma en Union, avec ses couleurs et ses segments de droite devenus grands boulevards fréquentés. Un balayeur en tenue fait son travail : il arrive de Rio, bientôt rejoint par Pélé. Belle occasion de rendre hommage aux petites « mains » d’une immense organisation qui doit beaucoup de sa réussite à des milliers de volontaires. Elégante manière de tisser un premier lien entre les jeux qui se terminent et ceux de 2016 à Rio.

JO Londres 2012

Bien entendu, feux d’artifice et interventions officielles furent insérées dans le spectacle avec une réelle fluidité.

A la RTS,  deux soirées thématiques

Début des cérémonies un peu tardif, à 22h00 : mais il fallait bien tenir compte du marché américain, une grande chaîne ayant acquis pour semble-t-il deux milliards de dollars les droits sur tous les jeux. Par conséquent, il était nécessaire en France comme en Suisse d’occuper la case de 20 :15 à 22 :00.

Le saut de Beamon à Mexico en 1968 : 8,90 m

Le saut de Beamon à Mexico en 1968 : 8,90 m

Le 27 juillet, ce fut fait avec élégance. On nous a raconté quelques moments importants de l’Histoire des Jeux, nombreux documents à l’appui. Revoici Jess Owens et sa récolte d’Or qui déplut tant à Hitler en 1936. Bolt n’aura pas eu cet impact politique en 2012 ! Revoici deux poings dressés dans le ciel de Mexico en 1968, ceux de Tommie Schmid et John Carlos. Et d’autres. Au passage, excellente allusion à des Jeux olympiques de la jeunesse à Singapour en 2010 qui ne sont pas dans toutes les mémoires, la mienne y compris. Voici des anciens champions malades, d’autres en pleine forme. Et puis, entre les documents « historiques », des invités qui ont à dire des choses intéressantes. Je ne sais plus à qui on doit cette belle formule pour caractériser un nageur comme Phels, « il ne nage pas, il glisse ». Intéressants passages de  Marc Rosset, Etienne Dagon, Pascal Richard, Sergei Aschwanden, etc. Remarquable présence d’un invité plein de lucidité et de sensibilité, Georges-André Carrel, responsable des sports à l’EPFL et à l’uni de Lausanne.

Une vivante, passionnante et belle introduction aux Jeux de Londres.

La cata du 12 août 2012

Il fallait bien en faire autant le 12 août avant le début de la cérémonie de clôture. Mais est-il possible, jour après jour, de faire un résumé cohérent de cinq/six minutes sur les épreuves quotidiennes ? Les journalistes, réalisateurs, monteurs et monteuses firent leur travail, comme on le leur demandait. Il y eut bien quelque part une volonté de ne pas se contenter de résumer jour après jour par de multiples extraits en faisant accompagner toutes ces images, non d’un commentaire, mais par plusieurs de ces musiques si proprement britanniques des années soixante ànos jours. Les responsables de la cérémonie de clôture ont donc eu la même idée de références musicales. Ils ont pris, eux,  le temps de préparer les diverses interventions musicales.

La prestation de la RTS revenait, elle, à un hâtif bout-à-bout. Les images vues et revues étaient au rendez-vous, les nouvelles rares. Pas de commentaire pour cette rétrospective forcément sans âme, sans regard sur le passé immédiat. Résultat ? La cata suant d’ennui.

Ce fut ainsi une grave erreur d’estimation de la part des responsables du programme, Masimo Lorenzi en tête, qui nous a habitués à mieux. Ils ont voulu du tout-tout-de-suite en oubliant qu’on ne construit pas des courts documents rigoureux de cinq minutes en un seul jour. Un peu à l’image de notre RTS se donne comme mission de mener la marche triomphale de bulldozer des sport qui écrase la moitié du programme sur son passage.

Du côté de l’audimate… ( à suivre )

Les JO, forcément !

Durant les deux semaines des JO, j’ai joué le jeu du téléspectateur disponible en passant plusieurs heures chaque jour devant l’écran du téléviseur de salon, laissant les autres supports volontairement de côté. J’ai  souvent pitonné entre les chaînes suisses,  de Genève à Zürich en passant par Lugano ou en commettant quelques infidélités au patriotisme pour suivre Eurosports ou France Télévisions. J’ai profité  de temps sinon morts du moins tendance normes pour mettre de l’ordre dans des dossiers composés de coupures de presse.  Après plus de cinquante heures consacrées au JO, de jour et de soir, il me reste une trentaine de pages de notes serrées et déjà plus de quarante mille signes de brouillons sur des sujets divers,  afin de  m’interroger sur l’engouement pour les JO et la  place immense accordée au sport sur le petit écran, et pas seulement celui de la RTS.

Les JO de Londres 2012

Les JO de Londres 2012

Avant les JO, le responsable de Swiss Olympic, Gian Gilli, annonçait une cible avec cinq à sept,  ou sept à neuf médailles selon des sources différentes et une place autour de la vingt-cinquième dans le classement général par nations. Le compte n’y sera pas !

Le conducteur du puisant bulldozer qui a écrasé les programmes de la RTS en accaparant « La Deux », Masimo Lorenzi, a résumé ses intentions : consacrer la première semaine aux participants helvétiques et privilégier durant la seconde l’athlétisme surtout en soirée.

Première semaine : les médailles « suisses » se font attendre.

L’Or est bien sûr privilégié, tellement plus que l’Argent et le Bronze. Maigre récolte pour les athlètes suisses ! Et alors, un diplôme de septième contre la montre par un athlète diminué, ce n’est rien ? Deux points de retard pour un bout de bois qui tombe, cela devient énorme ! Un mérité quatrième rang devient « chocolat » – !  C’est pas bon, le chocolat ? Une médaille de caviar serait moins « humiliante » !

Un classement général, considéré comme « Tableau d’Honneur », qui donne une meilleure place à un pays n’ayant entendu qu’une seule fois son hymne national qu’à celui qui en aurait dix d’argent indique bien la hiérarchie des valeurs. L’Or d’abord!  La formule « officielle » utilisée lors de la remise des médailles  « attribuée à X, représentant du pays  Y» est heureuse tentative d’éviter le nationalisme qui glisse parfois rapidement vers le chauvinisme. Ce n’est pas un pays qui gagne une médaille, même quand le gagnant la lui dédicace!

Deuxième semaine – triomphe de l’athlétisme en premier rideau

C’est souvent très beau, un sport, y compris ceux taxés de « petits », à découvrir tous les quatre ans, comme les ballets « synchronisés » en natation et gymnastique ou les duos en plongeons. ; enfin, presque tous. Le lever de barres de métal n’est certes pas particulièrement esthétique, ni le lancer du marteau. Paradoxe : le clou en soirée athlétique, ce sont des courses qui durent parfois moins de dix secondes ! Triomphe alors  la technique, avec des caméras suivant la course sur un rail, des caméras devant, derrière, de côté, à la verticale plongeante, en gros plan sur un seul coureur,  sur le groupe, sur l’entourage, au service de la  réelle beauté du geste avant de suivre le tour d’honneur emballé dans un drapeau

Bilan suisse

Il est connu : deux fois l’Or, deux fois l’Argent. Il faut attendre la fin des jeux pour que le responsable de Swiss Olympic rappelle l’existence de quelques diplômes qui sont décernés à ceux qui occupent les rangs de quatre à huit. Si le critère pour mesurer entre elles les nations est celui que l’on vu partout, sur les écrans, dans la presse, alors ce bilan est apparemment maigre.

Le « Tableau d’Honneur » prend en compte le nombre de médailles d’Or. Pour départager les ex-aequo, on tient compte du nombre de médailles d’Argent. Le sous-ensemble des pays ayant obtenu le même nombre de fois l’Or et l’Argent est alors départagé par le Bronze. Et c’est ainsi qu’une nation ayant obtenu une seule médaille d’or serait théoriquement mieux classée qu’une autre qui en obtiendrait dix d’Argent : ridicule !

Un seul exemple pour le moment : la Suisse, avec ses deux Or et deux Argent est au 33ème rang. Ces quatre médailles ont donc plus de valeur que les dix-huit obtenues par la Canada, avec une seule fois l’Or, cinq fois l’Argent et douze fois le Bronze qui lui valent un 36ème rang mondial ? Ridicule, en effet !

Mais au fait : qui porte la responsabilité d’un tel classement qui mérite d’être rejeté dès lors qu’il contribue à flatter le sentiment de nationalisme tendance chauvin, lequel n’a rien à voir avec un patriotisme si possible discret mâtiné de fierté ? Qui conduit cet autre bulldozer ? On pourrait imaginer des classements un peu plus subtils.

L’heure du secret (2)

A propos de la direction d’acteurs…

Encore deux épisodes et c’en sera fini de l’unique saison de “L’heure du secret”. La série a bien résisté à la concurrence de l’Eurofoot et les parts de marché sont données comme bonnes. A la direction de la RTS, la série est appréciée, même si le succès est un bon élément à prendre en compte.

“Dix” en deuxième rideau

Certes, ces dernières années, “Dix” aura été la plus originale, la meilleure des séries de la RTS. Sa programmation en deuxième rideau était conforme à une bien mauvaise habitude : présenter tardivement le meilleur des séries, leur originalité les éloignant paraît-il du grand public qui ne s’intéresserait pas au haut de gamme quand il n’est pas médical ou criminel!

Toutes les images associées à ce texte concernent « L’heure du secret ». La direction d’acteurs, c’est aussi savoir maîtriser un groupe d’acteurs et de figurants.

Trois fois en premier rideau

Il est donc intéressant d’inscrire l’observation de cette série dans les trois dernières propositions faites à une heure de grande écoute. On aura donc pu voir ces derniers mois “T’es pas la seule”, puis “Crom” et “L’heure du secret”, productions TSR majoritaire avec apports des donneurs de subventions dévolues au cinéma qui sait enfin s’ouvrir sur cette aspect désormais fondamental de l’audiovisuel contemporain, la série.

“T’es pas la seule” s’inscrivait en milieu de viticulture en région lémanique. Avec “Crom”, on s’intéressait à une équipe d’éboueurs dans une ville de plaine, Yverdon, au pied du Jura. Avec “L’heure du secret”, nous voici en milieu horloger du Haut-Jura. Y aurait-il une volonté de faire un tour de Romandie des séries : l’alpestre Heidi descendit à Fribourg en son temps. A quand le tour du Valais ? Reste à se demander si le régionalisme superficiel n’est pas un obstacle pour obtenir une diffusion sur des canaux francophones ou autres. L’enracinement de “L’heure du secret” fait parfois penser à la réussite de Tanner quand ses personnages fréquentaient le Jura, celui de la Vallée de la Brévine comme dans “La salamandre”

En progrès

Crom”, assurément, était supérieur à “T’es pas la seule”. “L’heure du secret”, alors que cinq épisodes ont déjà été diffusés, s’avère un peu supérieur à “Crom” pour diverses raisons, dont une au moins mérite que l’on s’y arrête, la direction d’acteur.

Au cinéma, il est d’assez nombreux films qui tirent leur succès et parfois leurs qualités du travail de certains acteurs bien mis en évidence par une promotion efficace. Cela se passe assez souvent au détriment d’autres qualités, comme celles de l’écriture, de la mise en scène et de l’équilibre des rythmes trouvé au montage durant les finitions.

La direction d’acteur

Au théâtre, l’essentiel du travail créatif se fait au cours de périodes parfois longues de répétitions sous la direction d’un metteur en scène. L’acteur, ensuite, se retrouve seul face à son public. Et le lien qui alors s’établit peut conduire à des résultats variables d’un soir à l’autre.

Les écarts entre le cinéma et la télévision tendent à diminuer, surtout dans le domaine des séries. En principe, l’acteur est en contacts avec le réalisateur constamment présent lors du tournage qui souvent exige des prises de vues nombreuses d’un même plan, caméra stable ou en mouvement. L’acteur se trouve ainsi constamment sous “contrôle”, prêt à recevoir des instructions pour son travail.

Ariane Perret, dans le rôle de Marie Duc, une policière apparemment froide mais efficace

Comparaisons esquissées

Dans “T’es pas la seule”, avec son alternance de calme plat gentil et de réactions souvent colériques subites, les interprètes semblent parfois livrés à eux-mêmes. Il suffit de se souvenir de Natacha Koutchoumov dans les films de Lionel Baier et d’Isabelle Caillat dans “All that remains” pour savoir qu’elles peuvent être excellentes. Dans l’ensemble, les assez nombreux acteurs dirigés par Bruno Deville dans “CROM” font preuve d’un bon niveau  par leur interprétation, malgré quelques légers dérapages produits par une volonté par instants un peu caricaturale. Diriger des groupes dont les personnages sont tous actifs n’est pas facile. Surprise assez désagréable avec Anne Richard qui semble issue d’une série française se déroulant en palais de justice. L’intrusion d’une “parisienne” même d’origine romande n’est guère heureuse dans une série “provinciale”.

Laeticia Bocquet, dans le rôle d’Amélie Berthin, une adolescente révoltée, surtout contre son milieu familial, mais pas seulement….

D’habiles fausses pistes

L’écriture déjà, tant au niveau de l’action que des personnages, joue assez souvent sur les fausses pistes, une des techniques fréquentes dans les meilleures séries, même si ces fausses pistes conduisent dans des directions elles-mêmes inattendues. On croit d’abord Amélie Berthin en rébellion d’adolescente contre sa famille alors qu’elle est profondément troublée par ses parents. Laetitia Bocquet sait faire partager son désarroi. Hélène Berthin, de riche famille, a peut-être de bonnes raisons de s’administrer des calmants et de boire plus que de raison. Encore faut-il que l’on découvre peu à peu ces raisons. Agnès Soral, à la carrière assez brillante en France, s’est parfaitement fondue dans le moule d’une petite localité jurassienne. Ce sont là deux exemples parmi d’autres d’actrices comme Ariane Perret en Marie Duc qui ont compris et bien tenu compte des indications données par la réalisatrice. Et celle-ci a trouvé en Catherine Renaud une splendide actrice aux nuances subtiles dans son rôle de visiteuse venue du Québec au pays de ses ancêtres loclois

Dans le rôle d’Hélène Berthin, la forte présence ambigüe d’Agnès Soral

L’excellente direction d’acteurs d’Elena Hazanov

Elena Hazanov a su aussi tirer belle complicité de deux interprètes venus de  l’univers de l’humour, aussi bien Frédéric Recrosio que Jean-Luc Barbezat du duo à forte composante neuchâteloise Cuche et Barbezat. Le travail avec eux consistait à les diriger d’abord à contre-courant de leur réputation, ensuite à leur permettre de donner une grande crédibilité à des personnages nuancés dans leur comportements dramatiques. L’ours revêche, André Jacquet,  qui dirige un établissement public, ne supporte pas son passé. Vincent Girod, l’horloger amoureux de son métier finit par tomber amoureux de l’étrangère; mais lui aussi fut tout de même marqué par le passé dramatique qui conduisit à un mariage tragique.

Pas le moindre exotisme dans la plongée d’une jeune québecoise, Catherine Renaud, au milieu d’acteurs francophones en majorité romans. Juste une pointe d’accent et quelques contacts pour rappeler qu’elle vient de Montréal, issue d’un milieu d’exilés. L’intrigue progresse à travers ses visions qui sont assez plausibles, même si parfois le récit prend une tournure de pur flashback.

Elena Hazonov en (grande) discussion avec Frédéric Recrosio

Elena Hazanov confirme être sûre d’elle dans son travail souvent brillant de direction d’acteurs, qui alterne entre les scènes en champ-contre-champ, indispensable quand il faut obtenir chaque jour cinq minutes utiles pour le montage final et les scènes à personnages parfois assez nombreux qui doivent alors tous jouer convenablement leur partition. Avec le travail de Jean-Laurent Chautemps pour “Dix”, c’est ce que l’on a fait de mieux à la TSR….

Le bulldozer du sport écrase tout sur son passage

Le sport qui écrase tout sur son passage poursuit son œuvre :après l’Eurofoot et Wimbledon, c’est le Tour de France et très bientôt les Jeux Olympiques d’été. La RTS l’installe sur tous ses écrans, l’habituel, cette étrange lucarne saluée par un grand ancêtre, le Général-président de Gaulle, l’ordinateur et Ipad et smartphone. On aura droit à 900 heures d’images olympiques  sur tous supports dont 240 de direct et en 16 jours sur RTS Deux, ce qui fait quinze heures chaque jour. La RTS en mettant en action ce bulldozer du sport n’appartient plus, désormais, durant de longues semaines, à un ensemble de chaînes taxées de généralistes !

Non à nonante-deux pourcent !

 Question posée dans au moins deux quotidiens : Regarderez-vous les JO sur plusieurs écrans à la fois ? Faut-il comprendre en même temps ou l’un après l’autre ? Toujours est-il que le lendemain de la publication de la question, la réponse est tombée en trente-sept votes : Oui à 8 % donc non à 92 %. L’échantillon est certes un peu mince, qui ne dit rien de ces trente-sept. Une chose pourtant : ces trente-sept ont en commun …. d’avoir répondu à la question lue ! Et si c’était tout de même un signe ? Oui, mais de quoi ? D’une certaine fidélité à l’image la plus grande possible, donc la meilleure et parfois aussi la plus belle, celle du téléviseur de salon. Il y a bien les projections sur des écrans immenses dressés en plein air, mais ont-ils un lien avec le diffuseur de service public ?

Les JO de Londres 2012

Les JO de Londres 2012

Profitons de l’occasion pour rappeler que les diffuseurs qui savent assez bien comment se comportent ceux qui suivent la télévision sur le canal traditionnel doivent encore trouver et même chercher des instruments de mesures fiables pour la fréquentation de sites sur internet et  les accès aux autres supports.

Record (mondial ?) pour la généraliste RTS de la SSR-SRG

Les plus hautes autorités de la SSR et de la RTS  se félicitent de cette offre, qui s’inscrit dans une télévision de diffusion moderne, introduite sur tous les outils disponibles. Oui, comme l’écrit un observateur: «La RTS est la télévision généraliste qui diffuse le plus d’heures de compétitions sportive durant les jeux comme d’ailleurs pendant toute l’année» ( Nicolas Willemin, in L’Express/L’Impartial du 12 juillet 2012) ». On se trouve donc devant une évidence ; point-barre ! Alors il faut se faire tout petit, tout petit pour oser se demander si vraiment cette place ultra-privilégiée accordée aux sports par la RTS  s’inscrit dans l’esprit de la concession accordée par l’autorité fédérale à la SSR-SRG. Et que se passe-t-il à Lugano et à Zürich? Cela risque bien d’aller dans le même sens? Certes, les JO d’été ne se déroulent que tous les quatre ans. Mais l’argument de la répétition vaut pour d’autres grandes manifestations sportives.

S’incliner devant cette invasion sans rien en dire, c’est renoncer à réfléchir. Aussi est-il bon de rappeler une évidence au téléspectateur : le pitonnage ( expression qui nous vient du Québec qui aime résister aux anglicismes chaque fois que c’est possible, donc pitonner plutôt que zapper !).  Il est aussi possible de voir du sport, mais rarement autant, sur d’autres chaînes généralistes. Il reste intéressant de pitonner, ne serait-ce que pour avoir un autre esprit de commentaires sur des images en direct et d’’autres regards au montage quand il s’agit de résumés. Mais c’est être un traitre à la patrie télévisée que de rappeler l’existence des autres!

Divertissement prioritaire

Le sport, n’importe quel sport,  tout de suite sur tous écrans, appartient tout de même  au divertissement, comme toute fiction sous n’importe quelle forme, ou toute variété,  jeux y compris. On est assez loin, et de l’information, et de l’enrichissement culturel. Mais il faut reconnaître à ce divertissement une vertu splendide : le suspens né du direct,  pas seulement pour l’accident dans une course de formule un ou une chute individuelle ou collective au Tour de France.

Tennis Open de Gstaad

Et bientôt le Tennis Open de Gstaad

Que ceci soit clair : mon désir de divertissement par la télévision passe souvent par le sport, mais aussi par les séries les plus exigeantes qui, elles. peuvent apporter un réel enrichissement culturel. J’ai même des claires préférences dans le choix des commentateurs : j’aime beaucoup les remarques de Marc Rosset lors des directs en tennis, qui permettent de mieux comprendre le réussite ou l’échec de multiples coups raquette. Mais marquer cette préférence, c’est comme faire une remarque sur la couleur de la cravate d’un présentateur ou le décolleté d’une présentatrice de météo. Rien à voir avec un e indispensable réflexion lucide.

Un prochain chapitre

Le sport écrase actuellement le meilleur de la fiction télévisée, et par conséquent le meilleur de l’avant –garde contemporaine de l’audiovisuel, en particulier sur la RTS.  Quand on se demande combien « çà coûte», une minute de fiction produite par la seule télévision, co-produite avec le cinéma, achetée sur le marché audiovisuel, une certaine transparence est possible. Mais combien coûte à la SSR la Formule 1, le football suisse ou international, le hockey-sur-glace ? La transparence vire souvent à l’opacité, de temps en temps au translucide. : deux poids, deux mesures ? Pourquoi ? Tentative prochaine de réponse……

Telle est la télé, l’été

Avertissement : ce texte consacré à quelques lignes de force de la télévision estivale, se décompose en cinq sujets qui peuvent être lus séparément les uns des autres.

Le dernier permet de déplorer une fois de plus un des  faiblesses de la programmation sur RTS Un et RST Deux : la mauvaise exposition d’une partie de ce que la télévision offre de meilleur dans l’audiovisuel, dans le cas particulier la série de la SSR-SRG composée de dix portraits de grands cinéastes parfois anciens qui ont signé quelques-uns des meilleurs films suisses ayant connu parfois de larges succès internationaux.

L’illustration rend donc hommage à Claude Goretta ( un peu avant 23h00 le jeudi 5 juillet)et “La dentelière” ( cinéma de minuit !). Autre hommage, en images, rendu à la très bonne série d’Elena Hazanov“, L’heure du secret”, elle bien visiblement programmée le samedi soir vers 20h15, avcc reprises et présence sur le site www.rts.ch

Isabelle Huppert

Isabelle Huppert dans « La dentelière » de Claude Goretta qui aura donné à la jeune actrice, en 1977, l’un de ses plus beaux rôles.

Trop de sports

En 2010, le sport a occupé le 12 %du temps d’antenne sur l’ensemble du pays, pour 2011, la RTS (ex-RTS) annonce du 10 %. Au rythme où vont les choses, en 2012, ce sera le record de 2010 battu. Les plus hautes autorités de la SSR-SRG et de la RTS sont très fières que la richesse de la présence dus sport soit pratiquement unique au monde pour une chaîne de service public. On risque de se faire mal voir en osant poser la question : n’y aurait-il pas T R O P  de sports ? Poser la question, c’est évidemment déjà répondre d’un OUI bien tassé. Mais en haut lieu, on soupire d’entendre ces doutes! Le moment n’est-il pas venu d’ouvrir une chaîne sportive nationale avec versions parlées en italien, allemand et français ? Il y a des millions non -¨distribués aux télévisions régionales qui dorment dans un compte !

Attitude personnelle importante : chacun demande à là télévision de lui apporter son quota de divertissement. Et à chacun son divertissement. Le mien, actuellement, est se trouve dans le domaine des grands moments du sport : demi-finales et finale de l’Euro, sans le xième retour sur ce qui précède dans “Le club de l’Euro” ( à ce propos, combien d’invitées féminines, parmi ces femmes annoncées comme si nombreuses durant les reportages en direct ), Federer qui remonte deux sept perdus pour gagner ( s’il avait entendu mes conseils, il  n’aurait pas perdu le deuxième set!).  Ce qui démontre qu’on peut apprécier le sport et tout de même trouver son invasion trop forte quand on ne dispose que de deux canaux de diffusion traditionnelle.

A l’audimat, immense succès, un peu partout. Les romands sont fidèles à « leur » télévision, même s’il peut être parfois intéressant de comparer les commentaires de France 2 ou M6 avec ceux de la RTS qui du reste supportent très bien la comparaison. Pour le « Club de l’euro », la part de marché moyenne est de 18 % ce qui se traduit en 49’000 téléspectateurs. Or entre 22 et 23 heures, la moyenne annuelle est de 108.000 alors qu’elle tombe à 46’000 dans l’heure suivante. Un quart d’heure chevauchant le dernier quart de 22/23 et le premier de 23/24   une moyenne  de 77’000, nettement plus de 49’000. Ce « Club de L’Euro »fut peut-être le bavardage de trop ! Par contre, avec les magnifiques audiences pour la plupart des trente-et-une rencontres, la facturation des plages publicitaires doit très bien se porter.

Jean-Luc Barbezat

Des meurtres en série au Locle ? Fiction assez peu plausible, ce qui n’a pas grande importance. A la fin du troisième épisode, disparition d’un des rares acteurs neuchâtelois, Jean-Luc Barbezat, convié à la fête : l’hôtelier André Jacquet est retrouvé pendu.

Box-Office à la carte

Revient en été la télévision à la carte du lundi dans “Box-Office. Hier on offrait  le choix entre trois films, une fine entrée, un plat de résistance solide et exquis dessert. Le plat de résistance triomphait assez régulièrement.  On en vint même à proposer trois films de même genre, trois mélos, trois drames sociaux, trois comédies. A-t-on souvent alors proposé trois films dans lequel jouait la même actrice, ou encore trois films du même réalisateur ? Aucun souvenir de tels choix. Seulement, il est  difficile de respecter un horaire quand une des cases se trouve être à durée variable. Voici désormais proposés deux films de même durée. Lundi 2 juillet, il fallait choisir entre 151 minutes et 17 secondes et 155 et 13 . Le lundi 9, on fera un choix en un 97 23 et un 98 24.

Hier, ion offrait un choix plus ou moins bon dans un esprit de programmation. Aujourd’hui, les programmateurs donnent la priorité au respect de l’horaire annoncé, à la rigidité formelle, à de rares minutes près. Respect de la quantité annoncée, sans la moindre relation avec la qualité espérée.Les critères évoluent (mal) avec le temps. Voici venu celui des technocrates….

Et puis, les petits profits ne sont pas négligeables.Chaque SMS pour faire pencher la balance vous coûtera quatre-vingt centimes. A la fin, s’il y a dix mille appels, voici une recette de huit mille francs, qui ne profitent pas dans leur intégralité au diffuseur. Mais c’est là de la télévision payante à la carte, du moins pour ceux auxquels on confie le temps d’un été la possibilité de participer à la programmation.

Agnès Soral

Hélène Berthin, tordue, pocharde, en conflit avec sa fille, trompant son mari entre autre avec des antidépresseurs, blonde attirante, un personnage complexe plein de contradictions, comme on les aime des les bonnes séries américaines, jouée par un actrice resplendissante, séduisante, inquiétante, Agnès Soral.

Nourrir le premier rideau

En premier rideau, il faut bien continuer de placer ce qui devrait et souvent peut satisfaire un public le plus large possible. L’été, notre télévision diminue un peu le niveau des exigences portées durant toute l’année par ses productions propres.

On y rencontre des animaux bien aimés dans “Les plus beaux toutes minous” ( série du lundi). Je me demande encore si j’ai bien lu ou entendu nommer le “papa” ou le “père” d’un chien à quatre pattes. Je n’ai pas jugé bon revoir l’émission dans sa totalité. On se trouve alors au niveau de la téléréalité disons honorable, avec “Bye bye la Suisse”, en deuxième saison après une première intéressante, pour six mercredis. Et il y a tout lieu de penser que “Mon village a du talent” continuera sa carrière populaire plaisante (vendredis).

La première saison d’un série intitulée “ La diva du divan” va occuper douze fois trois quarts d’heure le vendredi soir. Raté les deux premiers, à cause de l’eurofoot ! “L’heure du secret” , (déjà le quatrième des sept épisodes le samedi 7 juillet ) tient très bien la route, ne serait-ce que par son suspens qui n’est heureusement pas sa seule qualité, à côté du soin apporté à l’image, à la fluidité du montage, à la direction souvent en finesse d’un groupe d’acteurs par ailleurs fort bons et campés sans tomber dans la caricature. Le public semble avoir mordu aux poupées russes.

Et pour le plaisir de l’oeil, encore une fois Agnès Soral savamment décoiffée et Hélène Berthin en phase d’alcoolisation

TF1 un contre France 2

Chez nos voisins, on signale le retour estival non plus tellement de grandes sagas familiales, mais bien de véritables séries fondées sur une idée forte. A “Smash”, une comédie musicale autour d’un spectacle de Broadway tournant autour de la vie de Marylin Monroe à laquelle Steven Spielberg serait mêlé ( 15 épisodes de 42 minutes sur TF1) répond un “Inquisitio” de source française ( huit numéros sur France 2) qui remonte au XIV quand le pape de Rome se battait avec celui d’Avignon) donnant beau rôle à un grand Inquisiteur. Débuts à 20h35 sur France 2 et à 20h50 sur TF1 : possibilité de suivre le commencement de l’un et la fin de l’autre durant quatre semaines, et de pitonner. Ce serait important que la série née en France résiste à l’américaine! Ce serait bien que le service public généraliste prenne l’ascendant sur la commerciale généraliste.

Frédéric Recrosio

En Vincent Girod, horloger passionné par son métier et ses complications, Frédéric Recrosio surprend (en bien) dans un rôle pas tout à fait dans sa ligne d’humoriste. On finit par croire au couple Vincent/Lyne, aussi grâce à la crédible présence de Catherine Renaud

L’ombre au tableau : la RTS confirme en nocturne

Lors d’une récente rencontre à Fribourg, sur “les médias de service public face au futur”, l’un des intervenants, surgi du public, rappela un présent peu glorieux, la volonté presque farouche des programmateurs de la RTS dans le placement des meilleures séries en fin de deuxième rideau, soit aux alentours de 23h00. Quelques sourires de commisération ou d’exaspération sur les visages de hauts dignitaires contre celui qui  « la ramène »!

Il faut en effet la ramener : la collection consacrée à dix cinéastes suisses dont les oeuvres ont franchi nos frontières se glisse à 23h30  ( 5 juillet,  Goretta    puis Marc Forster,  Xavier Koller et Michel Soutter ce mois encore) avec film ayant fait belle carrière commerciale internationale à minuit.

Revoici déjà une reprise de l’impérial “Mad men” de la saison 1 sur RTS deux, oh miracle, peu après 22heures, deux par deux épisodes. “Boardwalk empire”,  deuxième saison terminée, fait place à la suite des “Tudors”.  L’exquise et incorrecte “Nurse Jackie” n’est reçue qu’aux alentours de 23h00.

Parmi les arguments pour justifier ces projections tardives, celui-ci : le grand public ne raffole pas des séries historiques. Les années soixante du siècle dernier appartiennent déjà l’Histoire, du vieux temps où tout le monde allumait sa clope partout et ne se cachait même plus pour siroter son whisky, l’adultère restant tout de même denrée à consommer en sourdine ( “Mad men”).

Donc, durant l’été comme durant toute l’année, en premier rideau les séries qui tiennent du vaudeville, du médical et du policier. L’audimat est bon. La programmation est soumise à cet audimat qui ne mesure que la quantité. La qualité est donc condamnée, sur la RTS, au troisième rideau des noctambules minoritaires. Qui doit-on remercier ? Les petits mains seulement ?

Claude Goretta

Claude Goretta : il y a fort fort longtemps,ses films de fiction et ses documents passaient en premier rideau. La RTS lui a rendu hommage il y a quelques mois : « La dentelière » est apparue vers 23:30. Le même se retrouve à la même heure dans la collection des dix grands cinéastes suisses. Vivent les oiseaux cinématographiques de nuit!

Alain Tanner, Frédy.-M. Murer, Claude Goretta et sept autres

Avertissement !

Les longs textes hérissent paraît-il nombre de lecteurs qui préfèrent lire des « brèves » nombreuses : cela vaut pour la presse écrite où la place est comptée. Mais sur la toile, point de restriction, la place est plus que largement suffisante. Toutefois, pour ne pas faire fuir le lecteur potentiel, voici des images légendées, mais aussi un texte en trois parties qui peuvent être (presque) abordées indépendamment l’une de l’autre. (fyly)

I / La collection

Apparition discrète, alors que le sport retient l’attention,  et bien tardive sur la RTS, aux alentours de 23h20, d’une collecion prometteuse et originale durant dix semaines, les jeudis du 21 juin au 23 août, composée de portraits de dix grands cinéastes suisses ayant tous connu des succès internationaux, suivis d’un film, sa  projection ainsi offerte en suissse romande aux noctambules plutôt qu’à un large public. Cette collection est le résultat d’une peu fréquente collaboration entre les studios de Lugano, Zürich et Genève, « convergence » mise en œuvre par la SSR-SRG nationale. Le cinéma y trouve place méritée après la littérature, la photo, le design et l’architecture ces dernières années.

Alain Tanner

Alain Tanner

La bande des dix

Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Luc Godard sont les quatre romands de la dizaine, octogénaires ( Michel le serait lui aussi). Frédy M.Murer, Xavier Koller, Richard Dindo, Daniel Schmid ( lui aussi décédé) se sont exprimés à partir de la Suisse alémanique. Silvio Soldini est italianophone alors que Marc Forster est « hollywoodien » par sa carrière internationale. C’est un bon choix, parfaitement légitime.  L’âge moyen de l’ensemble se situe tout de un peu au-dessus des septante ans.

En 26 minutes, une réelle liberté d’approche

Quelques représentants de la génération des 40/50  ont été chargés de dessiner ces portraits. Jacob Berger interroge Tanner dans son bureau et l’accompagne dans une sortie en forêt (21 juin). Bela Batthyany revisite avec Murer des lieux de son enfance et de tournage de ses principaux films (28 juin),  Dominique de Rivaz accompagne Goretta en proposant une synthèse des petit et grand écrans à la démarche également créative en documentation et en fiction ( 5 juillet ). Emmanuelle de Riedmatten souligne avec élégance la discrétion poétique de Michel Soutter appuyée par Freddy Buache ( 26 juillet ). Ce sera chose curieuse que de découvrir Jean-Luc Godard comme co-réalisateur avec Fabrice Aragno faisant intervenir Jean-Luc Godard pour le portrait de… Godard (23 août). Témoignages et surtout extraits de films apportent informations, émotions ou souvenirs et forgent le plaisir de revoir ou de découvrir des oeuvres importantes. Ces quelques exemples montrent clairement l’assez grande liberté d’approche qui a été laissée aux portraitistes et à leurs collaborateurs, parfois plus jeunes.

Frédy.-M.Murer

Frédy.-M.Murer

II / Trois coupes transversales

Bien sûr, il serait possible de s’attarder sur chaque cinéaste associé à son propre film, avec  une « collection »  de texte durant huit semaines.  Mais l’occasion est belle pour survoler de petits sous-ensembles de films et de réalisateurs qui présentent des  points communs.

Renato Berta

Renato Berta, opérateur à la puissante carrière internationale européenne, est annoncé comme intervenant unique pour le portrait de Daniel Schmid. Normal : il a signé l’image de (presque ?) tous les films de Daniel Schmid. Sa complicité avec le cinéaste des Grisons était telle qu’il était devenu à sa manière une sorte de co-auteur de la magie du plus grand poète du cinéma suisse. Or Berta a aussi travaillé avec Soutter et Goretta, au moins une fois, et avec Tanner, pour une bonne demi-douzaine de ses films.

Renato dit Ciccio signa d’abord l’image de « Vive la mort » de Francis Reusser avant d’accompagner Tanner pour sa première fiction, « Charles mort ou vif ». Ces deux films s’inscrivirent dans le sillage de mai 1968. Mais alors que Tanner montrait la révolte d’un quinquagénaire, Charles Dé (François Simon), contre la société et lui-même, provoquant la réprobation de son fils qui voulait poursuivre sa réussite industrielle, Reusser accompagnait la révolte d’un couple de jeunes adultes pour accomplir la meurtre du père. Tanner fit une belle carrière internationale alors que le producteur de Reusser mit quelques années à se remettre d’un splendide échec commercial. Tanner avait mieux senti le malaise et l’élan des années 68 que Reusser.

Bruno Ganz

Bruno Ganz, le marin poète de Tanner déambule « Dans la ville blanche »

Bruno Ganz, le marin poète de Tanner déambule « Dans la ville blanche »

Jacob Berger, dans son voyage chez Tanner, a accordé une place importante à un film complétement inattendu tourné par le cinéaste qui fit de Lisbonne son vrai sujet, « Dans la ville blanche ». Le marin incarné par Bruno Ganz devenu en quelque sorte le double du cinéaste ( qui fut marin dans sa jeunesse ) sans qu’il soit nécessaire de s’expliquer sur cette transmission de sensibilité.

Or on retrouve Bruno Ganz dans le « Vitus » de Murer, ce grand-père au chapeau lancé par dessus la rivière,  apportant son soutien à son surdoué petit-fils, magnifique personnage qui a su incarner le souvenir du propre père du cinéaste.  Murer, dans « Ce nest pas notre faute si nous sommes des montagnards », un document et « L’âme sœur », une fiction, Murer est à la recherche de ses racines paysannes dans les montagnes de la Suisse centrale. Le lien du cinéaste avec ses parents et ses ancêtres est harmonieusement rude.

Le grand-père (Bruno Ganz) au chapeau, menuisier, et son petit-fils dans « Vitus » de Frédy.-M Murer

Le grand-père (Bruno Ganz) au chapeau, menuisier, et son petit-fils dans « Vitus » de Frédy.-M Murer

Pères et fils

Meurtre du père,  révolte d’un quinquagénaire, transfert sur un acteur de sa propre personnalité ou pour représenrter son propre père, voilà qui conduit aborder les liens d’une génération à l’autre.

Pour ses premiers films, Alain Tanner collabora avec l’écrivain, poète, critique d’art John Berger. Dans son film « Aime ton père », Jacob Berger règle son compte avec l’image conflictuelle d’un père surpuissant incarné par Gérard Depardieu, écrasant son fils fragile, joué par Guillaume Depardieu. Dans « La vallée fantôme », Jean le jeune assistant de Paul (Jean-Louis Trintignant), un réalisateur qui n’arrive pas à terminer son scénario, se révolte contre son ainé.  Mais c’est Jacob Berger qui joue le rôle de Jean. Et Paul pourrait bien devoir quelque chose à Tanner. Une scène de violent affrontement verbal est retenue dans le portrait de vingt-six minutes. Berger trace, plus ou moins clairement le portrait d’un de ses pères cinématographiques. Un peu compliqué, tout cela, rendant difficile de restituer au complet un puzzle aux pièces multiples. Mais il est évident que le cinéma de fiction n’est pas que de la fiction.

Claude Goretta

Claude Goretta

III / Tardive programmation en Suisse romande

On se croirait dans une soirée consacrée au football : pendant vingt-cinq minutes, on parle de la rencontre qui va suivre, autrement dit on présente le cinéaste et sa démarche avant de montrer l’un de ses films. Et c’est passionnant puisquî’il y a symbiose entre le portrait et le film, le premier permettant de mieux apprécier le second.

La collection composée de dix grands cinéastes prouve tout de même que les trois principales composantes de notre SSR-SRG savent parfois collaborer pour réussir une entreprise commune. Gaspard Lamunière est le responsable romand de la collection.

Par contre, chaque diffuseur a fait son choix pour la programmation. A Zürich, les portraits apparaissent le samedi vers 17h00. Au Tessin, ce sera pour portraits et films, la fin de soirée du jeudi dès 22h30. Les Romands, eux, attendront , le jeudi aussi, 23h30 pour les portraits, les films devenus ainsi « cinéma de minuit ». A tout le moins étonnante, cette programmation romance de certains des meilleurs films de la secondne montié du XXe. Des réalisateurs et films suisses sont traités comme les meilleures séries américaines, en nocturne, quand l’audience est naturellement faible. C’est le sort que l’on fait à un des rares efforts communs à la SSR-SRG de l’année. Hier, il y a très, très longtemps, « Charles mort ou vif », « La dentelière » oou « Les arpenteurs »  n’attendaient pas minuit. Dans le temps, la TSR était fière de ses collaborateurs qui formèrent en partie sous sa houlette le « Groupe des cinq ». Ainsi en est-il aujourd’hui…

L’heure du secret (1) : le tremplin du premier épisode

Que peut-on attendre, à partir du seul premier épisode de la nouvelle série de la RTS, « L’heure du secret » ? Risquons quelques appréciations qui sont des hypothèses à vérifier.

L’arrivée à Locle d’une étrangère

Lyne Tremblay (Catherine Renaud), jeune femme vivant au Québec, doit se rendre en Suisse au Locle pour y vendre une petite société d’horlogerie, « Univers », dont elle est seule héritière. Elle n’a aucune raison valable de s’intéresser à l’horlogerie, tant dans sa dimension créatrice de beauté que dans celle de son artisanat minutieux.

L'heure du secret

Elle va donc découvrir une petite ville parfois mystérieuse, avec ses vieux quartiers et son architecture moderne saluée par l’Unesco, son guérisseur, certains de ses habitants au comportement un peu bizarre. L’acheteur, Antoine Berthin (Valentin Rossier) est un personnage, ambigu avec sa secrétaire, sa femme Hélène ( Agnès Soral) à forte tendance pocharde alcoolique, sa fille Amélie ( Laétitia Bouquet) en révolte. Le hôtelier-restaurateur, André Jacquet (Jean-Luc Barbezat) et sa femme Muriel (Virgine Meisterdans9 semblent avoir quelque chose à cacher, d’autant plus que leur entente n’est pas au beau fixe.

D’emblée deux meurtres à cadavres discrets

Dès ce premier épisode, deux meurtres en moins de deux jours se produisent, celui d’un chauffeur de taxi qui aurait volontiers conté fleurette à la capiteuse jeune québecoise et celui du cuisinier de l’hôtel-restaurant. La réalisation reste assez discrète : elle n’insiste pas sur les cadavres, ni même sur l’enquête policière qui semble conduite de manière assez traditionnelle, comme si l’inspecteur Droz ( Jean-Luc Borgeat) avait quelque chose à cacher

Les rêves de Lyne

A peine arrivée au Locle que Lyne se met à rêver d’une fête dans un passé plus ou moins lointain, avec un beau couple de mariés. Mais la jeune femme du passé  fait une chute et meurt. Il n’y a rien qui justifie ce rêve de Lyne, à moins qu’une partie de son passé ne soit caché provisoirement. Puis il y aura un nouveau rêve, pas tout à fait le même que le premier, pour autant que les différences viennent de la mise en scène et pas de ce que le spectateur a retenu. D’emblée s’inscrivent  d’abord dans l’image, des éléments étranges, une poupée russe associée à chaque cadavre. On apprendra qu’un personnage du présent de Lyne fut un organisateur du mariage du passé, qui vit mourir la mariée et se suicider ensuite le marié. Bref, un passé encore mystérieux s’installe dans le présent de la jeune étrangère. En même temps, un maître horloger, Vincent Girod ( Frédéric Recrosio) aimerait bien se porter acheteur de la petite société. Il tente de convaincre Lyne de ne pas vendre son bien au chef du clan Berthin. Une policière venue du Bas, Ariane Perret, mène l’enquête en étant totalement étrangère au milieu de la ville qui fait l’objet des rêves de Lyne. Mais ceux-ci, lors du premier épisode, sont encore en partie des fantasmes des auteurs du scénario.

L'heure du secret

En quittant le taxi, Lyne ne paie pas le coût de la course. Les scénaristes auraient pu se servir ce de geste pour montrer comment on apprend à connaître la circulation de l’argent d’un pays qui n’est pas le sien Qand Lyne se trouve chez son acheteur et qu’elle seule entend le carillon d’une pendule neuchâteloise fixée dix minute avant l’heure pleine, on sait pas très bien si la  navigation entre la réalité et l’imaginaire tient du fantasme, du rêve pur ou de souvenirs dont le mécanisme nous manque.

Du côté de « Twin Peaks »

Il y a dès le premier épisode un sorte de lointain rapport avec Twin Peaks dont un personnage résume bien l’étrangeté, la dame  la buche. Mais on pressent dans cette « Heure du secret » une sorte de volonté rationnelle pour construire un puzzle dont les pièces finiront par tracer le portrait réaliste d’une société dans une petite ville industrielle certes un peu mystérieuse.

Vers de possibles comparaisons

Ces premières remarques valent pour l’écriture et la mise en scène dans sa relation avec la direction des acteurs. Il sera intéressant de faire des comparaisons avec des séries récentes de la RTS, comme « T’es pas la seule », « Crom », « Dix ». On peut attendre avec une réelle impatience, le et les prochains épisodes, même si le rythme du récit de ce premier semble un peu lent de temps en temps.

Deux trop longs mois de sports tous écrans

Pendant plus de deux mois, le sport va déferler presque en exclusivité sur l’écran de RTS Deux. Roland Garros à peine terminé que déjà la grande fête du foot s’est installée en force et que l’on pédale sur les routes suisses. Suivront un autre Tour à vélo, les Jeux Olympiques, de l’athlétisme en meetings, le retour du tennis. Pour tant de sports, une chaîne nationale reste à créer avec commentaires linguistiques pour chaque région. L’Eurofoot aura-t-il  du succès malgré l’absence de l’équipe nationale ?

Le « trop » du titre : mea culpa !

Quelques mots, oui, sur un mot introduit au dernier moment dans le titre. Le « trop » se veut, bien sûr, provocateur. Mais même pas autant que la programmation : dans la semaine du lundi 11 au samedi 16 juin 2012, cela commence à 15h45 par du Tour de Suisse pour se terminer à 01h00 à la fin de la reprise d’un match de foot ! C’est assurément beaucoup : d’où le trop ! La RTS ferait-elle preuve d’originalité, la généraliste « Deux » devenue chaîne sportive ?

Mais cette constatation n’est pas le fait d’un ennemi du divertissement. Je suis un fort bon client des spectacles offerts par le sport, qui sont pour moi divertissements  laissant tout de même le temps de vaquer à d’autres occupations, comme par exemple de découper des textes pour enrichir des dossiers…  sur les séries télévisées ou des films ! A chacun ses faiblesses : il y a des fanatiques qui pour rien au monde ne manquent « Les coups de cœur d’Alain Morisod ». Le tennis, le foot, ce sont mes « Morisod » personnels ¨ !

Dans cette invasion qui concerne aussi « rts.ch », une collection de création de la SSR nationale va se glisser en dix portraits de grands cinéastes suisses en 26 minutes suivis d’un film ( RTS –dès le jeudi 21 juin à 23h20, film à minuit) ainsi qu’une nouvelle série, purement romande, de sept fois 42 minutes, « L’heure du secret » d’Elena Hazanov. (les samedis du  16 juin à 20h15 au 28juillet 2012). Programmation tardive ( portraits) ou en concurrence interne ( du football les trois premiers samedis), est-ce la meilleure manière de mettre en valeur des créations propres ? Le doute est permis. Nous y reviendrons. Pour le moment, plutôt que d’illustrer ces lignes avec des images de sport, voici une contre-illustration, petite goutte de créativité écrasée par des torrents sportifs.

Illustration anti-sportive no 1 : (Photo TSR-Point Prod) Elena Hazanov, la réalisatrice de la série « L’heure du secret » qui vient donc d’apparaître sur le petit écran roman le samedi 16 juin 2012 à 20h15, en reprise le dimanche après-midi et le jeudi sur la Deux.

Le club de l’Euro

Un match de foot dure nonante minutes; sur le terrain! Le double au moins sur le petit écran : on en parle avant, à la mi-temps, juste après pour revoir les mêmes phases de jeu, on s’y arrête dans les journaux télévisés et plus tard en émissions spéciales. En voici une qui semble tenir au cœur du patron des sports, Masimo Lorenzi, « Le club de l’Euro », trente minutes de 22h45 à 23h15 avec deux invités issus de la société civile, chargés de devenir durant quelques minutes les rivaux des commentateurs et de leurs incontournables experts. Et cela se termine par la reprise d’une rencontre qui s’est déroulée alors que des Helvètes n’étaient peut-être pas devant le petit écran ou sur internet dès 18h000!

Ce provisoire club a le mérite de faire entendre des voix parfois inhabituelles, qui viennent pourtant commenter des séquences qui finissent par être vues plusieurs fois dans la même journée. Plaignons les arbitres dont les erreurs sont aimablement soulignées !

Illustration anti-sportive no 2 : Alain Tanner, en 1997, le premier du club des dix cinéastes suisses dans une nouvelle collection tardivement programmée les jeudis soirs sur RTS vers 23:20 du 21 juin au 23 août. Un bel été pour cinéphiles, avec cette première réalisation signée Jacob Berger

« Temps présent », « Spécimen » et « Infrarouge » à la rescousse

La RTS aura tout de même honorablement et préalablement poussé le bouchon beaucoup plus loin. “Temps présent”( jeudi 31 mai – Comment la mafia truque le sport ) a décortiqué le cas particulier de paris truqués, avec l’exemple d’un footballeur ivoirien professionnel gagnant royalement à Thoune, il y a certes quelques années,  un salaire mensuel de quatre mille francs. Il lui est désormais interdit à vie de pratiquer son métier : la peine prononcée par l’organisation sportive est anormalement lourde. Les organisateurs de paris, eux,  pourront continuer d’exercer leur « métier » en sortant  de prison !

“Spécimen”, toujours insolite et surprenant, en une excellente cuvée, aura lié muscles et neurones avec ceux de champions invités en une intéressante soirée thématique prolongée dans un « infrarouge” de bonne tenue ( RTS Un du mercredi 6uin 2012).

Illustration anti-sportive no 3 (« Charles mort au vif » à minuit ou presque) Charles Dé ( François Simon) sera sous peu emmené dans une institution psychiatrique un infirmier « clin d’oeil » joué par le cinéaste Francis Reusser

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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