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Populaire & de qualité (ex: du Dîner à la ferme)

L’expression utilisée depuis quelques années par Nicolas Bideau, chef de la fédérale section du cinéma, ce «populaire & de qualité», fait le bonheur en télévision depuis fort longtemps. Mais l’important, c’est le &. Nouvel exemple réussi: «Le Dîner à la Ferme»!

Comment mesurer le populaire ?

Le populaire doit pouvoir se mesurer selon des critères à connaître. Ici règnent l’audimat et la part de marché, près de cent quarante mille spectateurs pour une pdm de près de quarante pourcent, supérieurs à la moyenne annuelle. Autres critères possibles: les réactions de l’ensemble de la presse romande. Oui, mais, depuis la disparition d’un document interne édité par la TSR – «Média Press», un seul moyen pour tout connaître: acheter chaque jour tous les journaux romands! Savoir aussi que les textes de promotion, souvent de complaisance, sont plus nombreux que les compte-rendu (comme en page 3 de L’Express et l’Impartial, le lundi 3 août 2009). Peuvent aussi être pris en considération les lettres, les sms, les courriels, souvent réduits à de courtes interventions du genre trop simple «j’aime», «j’aime assez», «J’aime peu» ou «J’aime pas»! Un bon souvenir après la mise en cause d’un «soap opéra»: ma mère qui me dit «Je suis d’accord avec tes arguments…. Mais j’aime quand même!»

Genève - transport ancien pour se rendre à la ferme

Alors, la qualité?

Le goût personnel, évidemment entre en ligne de compte. Mais il est essentiel alors de dire pourquoi, d’argumenter, d’user de son pouvoir de conviction.

D’emblée, le «Dîner à la ferme» mérite de retenir l’attention (cf Rétines du 20.06.09), meilleur que la contribution un peu semblable de M6, cinq fois par semaine «Un Dîner Presque Parfait» assurément très spectaculaire, mais envahie par un commentateur qui y ajoute ce qu’il pense être une pointe de sel. Tuant, de l’entendre décrire ce que l’on voit!

Le dîner à la ferme

Les visites de fermes, les unes après les autres, confirment et amplifient la satisfaction. A propos de la structure qui revient chaque semaine, un regret pour l’inutile accéléré lors de la mise en place des décorations de la table et une réticence sur les notations données des uns à l’autre pour l’accueil et le repas qui souvent dépassent les «sept»sur dix par prudence. Par contre, positif le fait de ne pas lancer dans ce divertissement informatif une clause d’expulsion!

Vaud - quand le tracteur remplace le cheval

A la découverte!

On fait rapide connaissance de la famille d’accueil. On apprend plein de choses sur différentes formes d’entreprises agricoles, de l’assez écologiquement modeste à l’industriel d’esprit familial. On visite chaque domaine pour découvrir ses caractéristiques. On entre dans les cuisines après avoir suivi les achats de produits régionaux et échangé quelques mots avec les fournisseurs. On prend l’apéritif en attendant le dîner du milieu de la journée. Pendant le repas, on sent monter l’eau à la bouche à maintes reprises. A table, l’hôte du jour est malheureusement absent, ce qui joue au détriment de la convivialité. En guise d’épices : quelques remarques en isoloir des uns et des autres.

Un geste devenu rare à la ferme

Favoriser la vente des produits du terroir

Cet éloge aux produits du terroir aurait-il favorisé les ventes directes de la ferme sans que la promotion devienne gênante pour les fournisseurs? Les observateurs attentifs des équilibres régionaux peuvent être contents. La présence à l’écran n’est pas proportionnelle au nombre d’habitants ou à celui des domaines agricoles. Un par canton plus la partie francophone de Berne: pour une fois, l’arc jurassien est sur-représenté, ce qui contribue à l’équilibre à long terme.

Tous réunis pour la 8ème et dernière: un peu décevante

Amicale complicité

Entre les sept participants semble bien s’être installée une réelle complicité amicale. Certes, on peut obtenir cet effet pas d’habiles choix au montage qui aurait omis d’éventuels moments de tension. Tous les participants ont certainement été promus au rang de vedette locale,cantonale ou romande durant quelques jours ou semaines. Parmi eux, un seul vrai «personnage» caractérisé par ses «tip-top» mais plus encore lors d’un grand moment de télévision, lorsqu’il fit l’éloge de la beauté du silence de la nature!

La caméra cache le caméraman mais ni la cave, ni Béatrice Barton.

Coup de chapeau à Béatrice Barton

On ne sent presque apte à oublier une série restée prise dans certaines gorges, les regrettables «Super seniors» qui dérapèrent. Chargée depuis quelques années de ces mini-séries estivales qui sont clairement inscrites dans une «téléréalité» presque toujours sans démagogie, la productrice Béatrice Barton peut être fière de sa cuvée 2009, peut-être encore meilleure que «Le mayen 1903».

 

Grands Evénements télévisuels

Un grand événement télévisuel, souvent admis incontournable, peut se dérouler aux plans mondial, continental, supranational, national ou régional. Les serviteurs des chaînes, l’œil fixé sur l’audimat, sont prompts à répandre des informations numériques quand elles surpassent les précédentes.

Deux milliards pour les obsèques de Michael Jackson, a-t-on pu lire ici ou là sans savoir sur quelles bases repose cette estimation! On devait déjà être fort nombreux, il y a quarante ans, pour voir les premiers pas de l’homme sur la Lune ! L’actuel «Tour de France» augmente le nombre de téléspectateurs par rapport à 2008, en un pas de course qui ressemble à celui des trop nombreux et dangereux «athlètes» à pied et à drapeaux qui accompagnent de manière imbécile les cyclistes en montagne!

La masse peut faire «peur»

Se dire qu’on est des centaines de milliers, des millions, parfois même des milliards à regarder le même spectacle en même temps avec les mots du commentaire pour seule différence reste chose profondément inquiétante.

A l’«Eurovision Song Contest» de 2007, DJ Bobo se trouve en touche. L’ancien «*Grand prix eurovision de la chanson» sied mal à la Suisse ces dernières années. Mais ce n’en est pas moins un «grand événement» SSR-SRG Idée suisse! (Photo TSR)

Exemples suisse de «grands» événements

Au niveau suisse vient de paraître une luxueuse et bilingue revue d’une quarantaine de pages, «Idée suisse» (no 02/2009). La partie centrale de la publication examine en un honorable effort assez peu concret la notion de qualité exigée par la concession accordée par le Confédération à la «SSR-SRG Idée suisse». Mention est faite de quelques événements nationaux considérés comme grands: les «quartz» du cinéma suisse à Lucerne, le «Festival Visions du réel» à Nyon, le championnat du monde de hockey sur glace, l’«Eurovision song contest» ( ex – Grand prix eurovision de la chanson) et le prochain festival de Locarno. Les «grands» événements télévisuels nationaux sont donc majoritairement et modestement culturels au sens large ou sportif !

«Routes et déroutes avec Nicolas Bouvier» de Gaël Métroz. Connu sous le nom de «Nomad’s land», cette co-production de la TSR a été présentée au festival «Visions du réel» de Nyon en 2008.

De la gare de Zürich au mur d’Orange

En avril dernier, une filiale de SRG-SSR Idée suisse a filmé à l’opéra de Zürich une représentation de «La Tosca» de Puccini pour en faire aussi un DVD et un disque «Blue Ray». Autre opération importante dont il convient de rappeler l’existence: l’enregistrement de «La Traviata» de Verdi en gare de Zürich l’automne dernier, fruit d’une belle collaboration entre ARTE et SF DRS.

Or cette «Traviata» vient de faire reparler d’elle en deux occasions très différentes. France 2 vient d’en proposer une soirée en direct (15 juillet 2009) depuis les arènes d’Orange où se déroulent les «Chorégies». Bonne présentation par Christophe Hondelatte qui sait faire entrer les principaux partenaires de la création en documents bien construits ou entretiens sur le vif. La structure dramatique de l’œuvre gagne à être rendue très compréhensible par le sous-titrage en français du texte italien de l’œuvre initiale de Dumas père écrite en français. Grands moments avec la cantatrice Patrizia Ciofi et le ténor semble-til pour le moment encore peu connu du grand pub lic, Vittorio Grigolo, devant l’extraordinaire mur d’Orange avec une mise en scène classique parfaitement adaptée au lieu. Un absent: le mistral que l’on n’entendit point sur la bande sonore. A l’audimat, un million et deux cents mille spectateurs, l’équivalent d’environ cent trente représentations en plein air!!!

Eva Mei et Vittorio Grigolo chantent «La Traviata» à la Gare de Zürich (Photo TSR). Le 15 juillet 2009, Vittorio Grigolo se retrouve à Orange en duo avec Patricia Ciofi.

Des «Perses» à «La Traviata»

Autre apparition de cette «Traviata»: dans «Le Monde – Télévisions» du 20 juillet 2002 qui évoque «des moyens de cinéma au service des grands événements culturels», en direct à la télévision, sous le titre «Dramatiques» et opéras: le télévision entre en scène» J.J.Larochelle, en un raccourci saisissant, passe de l’enregistrement des «Perses» d’Eschyle par Jean Prat le 31 octobre 1961, vu alors par dix millions de français à celui de «La traviata» le 30 septembre 2008 en gare de Zürich. Une différence pourtant: le nom du réalisateur Jean Prat est retenu en 1961 alors que l’on cite celui de Jean Wittersheim, responsable en 2008 de l’unité spectacle d’Arte francophone.

Avant son suicide, Jean Prat écrivait à certains de ses proches: ce qui me scandalise, ce n’est pas mon absence prolongée sur les écrans, c’est le naufrage de la télévision. A cause des pubs, des coupures, de l’audimat, des films et des séries doublées, etc. C’est contre cela que j’adresse cette ultime protestation».

Guerre froide à la TSR… en 1971

Trois propositions intéressantes sur le petit écran en chaînes francophones en ce début de juin 2009. Il fallait choisir. C’est fait !

D’abord une page d’histoire désormais lointaine, Un village français, six épisodes de cinquante minutes, présentés deux par deux (jeudis 4, 11 et 18 juin 2009 – France 3); le présent et l’avenir écologique de la planète, Home, en multimédia réunissant plus de cent pays, autour de documents du photographe Arthus-Bertrand (un peu partout, soirée du vendredi 05.06.09); un regard pertinent sur l’Histoire de la télévision, en 1971, Guerre froide à la TSR ( TSR 2 – Histoire vivante – 20h30 – dimanche 07.06.09)

Cinq des six expulsés de 1971, de haut en bas Marlène Bélilos, Pierre-Henri Zoller, Pierre Nicole, Jean-Claude Deschamps, Michel Boujut.

Tard pour Bar salue Guerre froide.

D’une émission de la TSR, Tard pour bar fait son sujet de discussion principal (Jeudi 04.06.09 – 22 :45). Pour bien suivre le débat, il faut avoir vu l’émission ce qui n’était pas possible! Assez intéressant. Mais de quoi s’agit-il? A l’automne 1971, six collaborateurs de la TSR sont abruptement congédiés, accusés – en gros – de subversion gauchiste. Avant cette décision brutale, des incidents mettent en cause le Canal 18-25 de Nathalie Nath qui profite d’une réelle liberté souvent en direct. Certaines émissions (dont on ne retrouve plus de trace dans les archives d’aujourd’hui) sont interdites. Frapper fort a alors ramené le «calme» mais divisé les esprits.

Qui aujourd’hui a plus de cinquante ans peut avoir en mémoire l’une ou l’autre des émissions de Canal 18-25. Pour les plus jeunes, l’émission de Nathalie Nath appartient à la mémoire de la télévision. Il n’en reste pas moins qu’une discussion de ce genre avec un “acteur”, Pierre Nicole, un témoin plus ou moins engagé, Francis Reusser, Eric Burnand, le journaliste qui signe le document avec le réalisateur Frédéric Zimmermann pose des questions intéressantes. Personne, semble-t-il, ne sait ce que sont devenues des émissions interdites d’antenne qui ne sont pas dans les archives. Des documents non publiés restent des éléments précieux d’information sur un état d’esprit. L’audace de l’époque fut heureusement prise en compte dans le mini-débat, limites rapidement atteintes. A peine Nicole fait-il allusion à un certain “talk-show” de la TSR où tout le monde parle parfois en même temps laissant le téléspectateur dans la confusion que Michel Zendali préfère passer à autre chose plutôt que d’avoir l’audace de lui demander à quoi il fait allusion.

Nathalie Nath, l’animatrice durant quelques années de «CANAL 18-25», une émission souvent en direct qui ne manquait pas d’audace. Jetée comme les cinq autres, elle fit plus tard son retour à la TSR, en partie grâce à Raymond Vouilllamoz.

Le jeune de service, journaliste à la TSR, François Roulet, qui n’était pas né en 1971, est appelé à parler de l’ « audace ». Certes, cette notion est élastique : elle l’est pas rapport à la société, ses limites et son degré de tolérance à chaque époque. Il affirme tranquillement qu’il y a autant d’audace aujourd’hui qu’hier. Mais on dévie alors sur internet où tout peut se passer ; encore s’agit-il de trouver ce qui prend parfois beaucoup de temps. A cet instant du débat, il serait intéressant, même pas audacieux, de demander à son invité de citer des exemples d’audace d’aujoud’hui. Point ne fut fait. Et Reusser d’ironiser en rappelant que l’audace, ce n’est en tous cas pas “votre journaliste” qui termine son « micro- trottoir » fièrement d’un « J’en ai plein le cul »! Et vive l’ « audace » esprit 2009 issue d’une caméra qu’on traîne dans la rue en collant un micro devant des gens chargés de dire si possible de grosses bêtises, au premier degré

« Guerre froide.. » : excellente « Histoire vivante »

Le document, signé Eric Burnand et Frédéric Zimmermann, est fort bien fait, dans un subtil mélange de sources différentes. A signaler la simplicité des entretiens récents, sur fond sombre, avec matériel de prises de vue et de son dans le champ et des bulles jaunes délicieusement criardes pour y enfermer d’anciennes citations. L’information proposée par «Histoire vivante», quarante ans plus tard, est d’un grand intérêt. Les incidents de 1971 se produisent à une époque où les autorités politiques sont promptes à s’indigner et à agir, parfois en coulisses. Des suisses en voulaient à d’autres suisses dans un climat digne de la guerre froide. Ils n’avaient déjà par tellement apprécié les frasques de Gulliver lors de l’Expo de 1964 et souhaitaient voir revenir l’ordre après les élans de la fin des années soixante dans maints pays, pas seulement le « mai 1968 » de France.

Mais oui, des «veinards» qui travaillaient pour la TVR osérent, en Suisse, en 1971, faire grève, ce qui était, par interprétation simplifiée de la «paix du travail» par une partie de la droite bien pensante, chose autant interdite que scandaleuse! Le suffrage féminin au plan fédéral venait à peine d’être accepté par le peuple le 7 février 1971. Micheline L.Béguin présidait le conseil général de la commune des Verrières tout en signant des textes consacrés à la télévision.

Problèmes internes tendus, diffusion de documents, grève inattendue, manifestations gauchistes dans la rue, mises en garde, contacts avec la direction générale à Berne, avec un puis deux conseillers fédéraux, avec la police genevoise et fédérale : tout ce mécanisme en partie inconnu est fort bien décrit. Certains témoignages reflètent aussi des inquiétudes qui se faisaient grandes dans quelques cantons. Ici ou là, directement ou non, l’autorité cantonale était prête à intervenir. Discrètes allusions y sont faites.

Il est bon de rappeler qu’au début des années septante, une série de « portraits » consacrés à chacun des cantons suisse, 25 fois la Suisse avait créé de sérieux remous à Neuchâtel. Le choix des films à mettre à l’antenne était limité : il suffisait qu’il soit interdit dans un canton pour que son passage sur le petit écran devienne impossible. Et en Valais, on interdisait souvent

Le rôle de René Schenker

Il y avait, en 1971, beaucoup d’audace dans le travail de l’équipe de jeunes autour de Canal 18-25. Insupportable, pour les dirigeants d’alors de la TSR ? Mais leurs réactions furent en partie provoquées par des pressions politiques venues de l’extérieur, d’un avocat valaisan à un conseiller fédéral. Les faits sont évoqués dans le document qui peut, en principe, être consulté sur le site de la TSR. Par contre, il est intéressant de s’interroger sur les limites atteintes par les informations données. Pour les jeunes, difficile de faire le tri entre ce qui se savait ou était pressenti en 1971 et ce qui ne l’était pas. Car il y a maintes informations nouvelles obtenues dans des conditions qui seront évoquées ci-dessous. Appel fut fait par le directeur d’alors de la TSR, René Schenker, à la direction générale de la SSR qui n’était pas encore une idée suisse et même à certains conseillers fédéraux. Il fallait bien obtenir un feu vert au moins officieux pour que la police fédérale ainsi que les unités de la police genevoise enquêtent sur ces dangereux conspirateurs prêts à faire sauter les installations de la Dôle! Cinq des six expulsés, le cas de Nathalie Nath étant resté à part, déposèrent plainte, se retrouvèrent devant un tribunal qui les acquitta faute de preuve : impossible alors de citer en justice des enquêteurs des polices “politiques” et des écouteurs de conservations téléphoniques.

Réné Schenker, partiellement «saltimbanque» venu de la musique, dirigeait la télévision quand furent jetés aux orties six collaborateurs. Il surprit par son attitude une partie de ceux qui voyaient en lui, souvent à juste titre, un homme ouvert

La direction de la télévision d’alors était-elle seule responsable de toute l’opération ou aurait-elle été débordée par des détenteurs plus haut placés de pouvoir ? Le document ne tranche pas sur la responsabilité finale. En 1971, René Schenker venait, par exemple, d’ouvrir une porte en modifiant les liens entre la télévision et des cinéastes aux tempéraments assurément créatifs, les Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange ensuite remplacé par Yves Yersin. Le Groupe des cinq aura alors contribué largement à faire connaître le cinéma suisse à l’étranger. Et ces réalisateurs apportèrent de remarquables contributions entre autres à « Temps Présent ». René Schenker fut-il à la fois docteur Jekyll et Mister Love ?

Ouvrir les archives

C’était il y a près de quarante ans. L’équipe qui signe Guerre froide à la TSR a eu accès à des archives qui n’étaient pas publiques – où, à la TSR, à Berne à la direction de la SSR, ailleurs encore ? Toujours est-il qu’elles ont été ouvertes, ce qui est bien. On peut même évoquer à ce propos une certaine audace.

Des témoins ou acteurs des événements ont été interrogés. Ils répondent entre très franchement ou un petit peu d’embarras. Un risque alors de les mettre tous dans le panier de ceux qui expulsèrent. Mais entre l’attitude souriante du policier qui mena des enquêtes trouvant que les « accusés » n’étaient vraiment pas très dangereux et des les réserves qui furent alors exprimées à propos de l’attitude d’un Claude Torracinta, les nuances manquent. Torracinta, pour les radicaux de Zürich et de Berne, passait pour un dangereux complice des gauchistes alors que nombre de ces derniers voyaient eu lieu un social traitre ! La guerre froide est époque de confusion.

Aux commandes de «Canal18-25», Gérald Mury et Nathalie Nath, souvent en vrai direct pour des sujets habillés de tabous.

Du passé, tout cela ? Oui, certes, mais ! Une émission terminée, qui ne provoque pas de discussion sur sa qualité, et qui est placée sur une étagère pour des raisons politiques, c’est assurément de la censure. Un Temps présent vient d`être récemment interdit d’antenne qui avait en partie pour sujet l’accès relativement facile aux drogues sans certains types d’établissement. Il fallait assurément couper court à une polémique de presse qui allait révéler qu’un caméraman s’était fait une ligne pendant le tournage. Ce qui fut fait avec habileté. A quel prix ? Au refus de présenter l’émission, là où il suffisait de parler d’un renvoi à des temps moins troublés. La censure reste la censure. On reviendra peut-être sur cet incident dans vingt ans !

Encore un peu d’audace

Dans ces années 60/70, l’audace se glissait un peu partout, puisque la télévision était faite par des réalisateurs et des journalistes qui croyaient même parfois contribuer à changer les monde. Puis est venue la télévision des producteurs et celles des programmateurs. Et l’audace créative a disparu peu à peu ! Deux ennemis sur son chemin : l’audimat qui mesure la présence du plus grand nombre à suivre sans le reconnaître, surtout utile pour vendre et facturer les espaces publicitaires et la téléréalité l’esprit se glisse franchement ou insidieusement partout, même dans les chaînes généralistes de service public, mais pesante que chez les commerciales, certes. Alors l’audace croire de solides concurrences.

Mais de l’audace, il en reste parfois un peu : dans le choix des sujets et l’ouverture des fournisseurs de la documentation ; dans les séries pointues pour le moment d’origine surtout américaine mais dont la programmation est tardive. Audace aussi dans des émissions particulières, parfois même pour leur forme. Mais la télévision « moderne » des chronométreurs a trop d’exigences de formatage ! L’audace est malade !

Hors-normes

Quand une chaîne américaine commerciale ou à péage décide de jouer gros pour le divertissement, notamment avec une série de prestige, elle y met les moyens. Cent millions de dollars furent engagés par HBO et la BBC, pour réaliser une vingtaine d’épisodes de cinquante-deux minutes de «Rome». Cela fait cinq millions par épisode, mais une partie des investissements sert pour toute la série : costumes, décors, accessoires, etc. Avec ces cent millions, on pourrait faire quinze «blockbuster», cinéma suisse selon Bideau et en tous cas dix fois «Heidi» de vingt-six numéros.

Quand des Américains s’engagent (s’engageaient?) avec leur force financière, ils osent faire grand, intelligent, historiquement juste, sans nécessairement suivre le cinéma de divertissement. De genres auxquels ils se rattachent, ils prennent parfois tranquillement le contre-pied, non pour s’opposer, mais pour innover. Le «hors-normes» règne! Le scénariste et son groupe sont les vrais auteurs, plutôt que les réalisateurs interchangeables

«Rome», l’anti-péplum

“Finesse dans les costumes, précision dans le décor: un aspect de la réussite de “Rome”

Le péplum traditionnel est fait de combats en arènes ou entre légions ennemies. Les femmes dansent et séduisent les hommes pour lesquels elles ne sont que des objets. Les esclaves sont maltraités, la réalité historique souvent mal prise en compte. Dans «Rome», pas de grands combats, ni de combattants par milliers. Des femmes osent s’affirmer et partager le plaisir avec les hommes. On découvre les personnages dans leur vie quotidienne. Un décor, un costume, un geste sont aussi importants sinon plus qu’une action, un silence ou un regard qu’une diatribe.

«Deadwood», l’anti-western

Le shériff “protecteur” traverse la rue animée de “Deadwood”

Le western traditionnel se déroule dans de grands espaces. Les éleveurs installent leur bétail surveillé par des gardiens à cheval. Les chevauchées se succèdent les unes aux autres. Les Indiens, sauvages coupeurs de têtes, s’opposent aux pionniers en train de créer l’Amérique des richesses futures. Dans « Deadwood », l’arme, le couteau ou le poing servent de loi. L’action reste cantonnée dans la rue d’un village qui grandit, à l’intérieur d’un saloon, d’un hôtel, d’un bordel. Des femmes osent affronter les hommes. Pas d’indiens, mais des Chinois. Un langage à la verdeur répétitive reflète les mœurs brutales. L’affrontement éclate dans des groupes restreints. La violence du mépris surgit dans l’intimité.

«24 heures chrono»: sans équivalent au cinéma

Bauer en mauvaise posture? Mais trois minutes plus tard, il aura repris le dessus sur son invisible adversaire!

Une série peut-elle avoir contribué, même indirectement, dans une minime mesure, à l’élection de Barak Hussein Obama, à la présidence des USA? Personnages de fiction, les deux frères Palmer, David et Wayne appuyés par Sandra sont de bons présidents.

La fin de la sixième saison de «24 heures chrono» est arrivée. Les surprises concoctées par les scénaristes continuent de surprendre assez souvent : que ceux qui ne sont plus jamais surpris fassent leurs offres de service à la TSR! Cette 6e aura aussi joué du grand spectacle tirs, incendies, poursuites, explosions comme n’importe quel «blockbuster» hollywoodien. Un peu de lassitude devant ces exploits répétés!

La torture est pratiquée à l’intérieur de la cellule ou par Jack Bauer, même sur son frère. Il faut faire parler à tout prix un coupable avant qu’il ne soit trop tard : un engin nucléaire risque d’exploser sur une ville américaine. Evidemment, quand on présente une fiction censée de dérouler en vingt-quatre heures alors qu’un récit semblable s’étendrait sur plusieurs mois, on finit par utiliser la torture car le temps presse. Cela ne pose aucun problème moral au héros désabusé qu’est le co-producteur et efficace acteur Kiefer Sutherland, ni aux scénaristes, ni au diffuseur: la fin justifie les moyens.

La partie la plus intéressante de cette 6e? La politique au sommet de l’Etat. Qui donc va disposer du détonateur, un traître américain, le papa de Bauer après son frère, le gouvernement russe, de généraux dissidents, des arabes alcaïdesques ou des chinois? Le vice-président blanc s’en va joyeusement vers une guerre nucléaire contre un pays arabe. Autour de lui, les intrigues se multiplient, comme les coups tordus. ? Ce vice-président fait penser à l’ex-président qui vient de s’envoler vers son Texas et dont le seul mérite aura été d’empêcher tout attentat sur le territoire des USA après septembre 2001. La fiction et la réalité se confondent; un peu!

«Weeds», la fumette généralisée

“Six savoureux complices autour d’attirantes patisseries… dans “Weeds”.

La télévision rassure quand une émission bien au chaud dans sa case ressemble aux autres du même lit. C’est lassant, souvent sans surprise. Quelques émissions osent parfois le « hors normes » de forme ou de propos. Elles méritent d’être mises en valeur. Ce fut chose faite récemment avec la scène d’un théâtre quittée pour une « Traviata » en gare de Zürich et des « Caprices de Marianne » dans les rues de Carouge.

Une partie de l'affiche de "L'Apocalypse" : mais a-t-on vu cette image dans la série ?

Pour aujourd’hui, un autre duo, « L’Apocalypse » de Mordillat et Prieur qui vient d’occuper six soirées en décembre sur ARTE et « La vie moderne » de Raymond Depardon, un film dont la sortie est proche sur des grands écrans de Suisse romande. Points communs ? Formellement, la rigueur des plans s’impose dans le cadre sans craindre la durée, à l’opposé de la télévision d’esprit « clip », en évitant la noyade dans une musique de distraction ( quelques sublimes moments empruntés à Fauré chez Depardon ). Porté par des visages d’intellectuels qui s’expriment dans une langue parfaite (Mordillat et Prieur) ou par les amis paysans de Depardon souvent aussi expressifs par leurs silences, le Verbe trouve une puissance de conviction ou d’émotion trop souvent oubliées.

"La vie moderne", dans sa rigueur, adopte le format large d'un très beau cinémascope, qui convient même à la présentation d'une famille".

De longs mouvements chez Depardon dans des paysages des Cévennes rudes et beaux en toute saison, sur d’étroites routes aboutissent à une ferme isolée : le contemplatif retrouve sa grandeur. De rares images de pièces de monnaie et de pages de manuscrits anciens parfois illustrés (et datés) rappellent aussi que les informations sur les premiers siècles du christianisme ne reposent pas sur l’iconographie, mais bien sur des textes.

Ainsi, la rigueur des plans, leur rareté, les bruits sans sauce musicale, la force rendue au Verbe permettent de questionner, d’apporter des réponses, de renforcer des doutes, de comprendre les élans de la vie ou le mouvement de l’histoire, de voyager dans le passé ou d’observer le présent rude sans nostalgie. Ici, une forme de télévision et le regard d’un cinéaste, si proches, sont assurément hors-normes.

"ROME" : la minutie de la reconstitution d'une rue

Un troisième exemple sera prochainement abordé, qui mettra en évidence deux séries américaines splendides, « Rome » et « Deadwood », qui prennent le contre-pied du « péplum » bagarreur et coquin ou du « western » conquérant sur le dos des indiens par une reconstitution plausible de passé.

"DEADWOOD" (1) : la foule à l'arrivée du futur shérif qui va s'installer comme quincaillier d'abord

Cette chronique a déjà tenu un an! Alors, un bilan? Non! Une autre envie: sur le petit écran, presque partout, s’est installée la rigueur d’une grille par les durées de diffusion imposées, sauf exceptionnellement en direct ou faux direct. Peu de place pour la souplesse, sauf en sports ou lors d’événements importants! Et puis, il y a le formatage de nombreuses émissions, y compris les plus insolentes séries, le même schéma, semaine après semaine, jour après jour. Heureusement, on peut briser ces carcans en virant sur internet. Mais pour le moment, on y passe plus de temps que pour suivre la même émission lors de sa diffusion à l’antenne!

Alors, hors-normes, pourquoi? A l’intérieur de ces carcans, le plus rigide étant la grille elle-même, il reste une place, étroite, pour les briser, parfois par la forme, en d’autres occasions par le contenu; ou les deux, bien entendu! Un exemple pour aujourd’hui.

Au théâtre ou à l’opéra, le soir

Il est heureusement possible de faire autrement que de planter caméras et micros face à l’espace rigide de la scène. On peut briser la contrainte en quittant les murs du théâtre. «La traviata» dans la gare de Zürich, réunissant les efforts de la SF DRS et d’Arte ( cf archives du 02.10.08). Dans une belle mise en scène somptueuse, l’opéra s’en allait à la rencontre du public et non le contraire.

A son tour le TSR vient de se lancer dans une expérience prometteuse, en partant d’un texte connu, d’une mise en scène en cours d’élaboration et s’en aller jouer le tout dans les rues de Carouge courant novembre 2008. A voir «Les caprices de Marianne» préparés par Jean Liermier, filmés par la réalisatrice Elena Hazanov, inspirée par une expérience polonaise ( TSR1 – Mardi 30 décembre 2008 à 21h55, 70 minutes suivies d’un «Making» of d’un quart d’heure). Sans avoir vu le résultat, je prends le risque de saluer d’emblée le culot d’une expérience proposée à la TSR qui a eu le mérite de l’accepter.

LES CAPRICES DE MARIANNE d’Alfred de Musset

Un film théâtral d’Elena Hazanov sur une mise en scène de Jean Liermier

Anna Elise PIERI ET Bastian SEMENZATO.

 Suite il y aura la semaine prochaine avec deux autres exemples, «L’Apocalypse» de Mordillat et Prieur comparé au film «La vie moderne» de Raymond Depardon d’une part, les séries de grande ampleur qui font concurrence au cinéma, «Rome» et «Deadwood» de l’autre.

 

En Suisse romande, télévision et radio font du cinéma: l’exemple de Home

Une dizaine de titres jalonnent l’œuvre d’Ursula Meier (photo), tant en documentation qu’en fiction. Presque tous ont obtenu un soutien télévisé, sur Arte, en Belgique, en France et dès le début en Suisse, particulièrement à la TSR, où elle a trouvé d’excellents soutiens pour plusieurs de ses téléfilms. L’engagement des chaînes de télévision en faveur de la création indépendante de films reste primordial pour le cinéma et la qualité des programmes télévisés. Au point que « notre » télévision fait actuellement une envahissante et efficace promotion pour Home dont la sortie est annoncée pour le 15 octobre 2008.

Ursula Meier

Une seconde raison de s’intéresser à ce film, plus originale que la première, tient à une participation artistique, donc pas seulement financière, conduite par Espace 2 de la RSR en étroite collaboration avec la réalisatrice. La RSR est ainsi responsable d’un « personnage » secondaire mais important appelé RadioAutoroute qui fournit des informations relatives à la circulation, agrémente l’oreille des « roulants » par des musiques, etc. Bien entendu, David Collin et David Golan d’Espace 2 ont du respecter certaines indications du scénario. C’est chose rare que cette association entre cinéma et radio dans une démarche de création qui contribue au bon niveau artistique d’un film. La RSR en a profité pour diffuser, le 12 octobre à 20h00 ( dans Sonar – Espace 2) un documentaire sur la fabrication de RadioAutoroute et le tournage du film.

La RSR et la TSR sont ainsi associées (cf le PS). Home, bien accueilli à Cannes à la « Semaine de la critique », est à ce jour le meilleur film suisse de fiction de l’année. La TSR a aussi soutenu La Forteresse de Fernand Melgar, justement couronné à Locarno : c’est le meilleur document suisse de 2008. Le film de Lionel Baier, Un autre homme, lui aussi co-produit par la TSR rivalisera peut-être avec les précédents. L’occasion est donc bien choisie pour souligner la politique de collaboration de la TSR avec le cinéma romand actuellement dans l’euphorie.

Les qualités de Home sont grandes. Ursula Meier fait presque tout bien, bouillonnante d’idées de mise en scène, servie par d’excellents acteurs, et pas seulement Isabelle Huppert. Cela devrait contribuer à faire de ce film d’abord un succès public mérité.

Isabelle Huppert dans Home

PS : la décision de traiter ce sujet juste avant la sortie romande de Home était prise depuis une bonne quinzaine de jours. Il n’y avait alors aucune raison de penser qu’un tel texte allait permettre d’illustrer la vague de fond qui touche la TSR et la RSR.

Dans Le Temps (vendredi 10.10.08), une ouverture en première et l’entier de la page 3 permet à Gilles Marchand, directeur de la TSR, d’expliquer longuement que « La TSR doit se rapprocher de la RSR ». Dans l’édition de samedi du même journal, c’est au tour de Gérard Tschopp, directeur de la RSR, d’exprimer son accord avec la ligne générale de son collègue, sous le titre « La TSR et la RSR vont créer une nouvelle entreprise ».

La collaboration du secteur fiction de la TSR et d’ Espace 2 de la RSR avec la production de Home est un excellent exemple concret d’un travail commun, dont la décision n’a peut-être pas été prise au plus haut niveau. Est-ce un hasard ?

Une page entière pour le directeur de la TSR, une demi-page pour celui de la RSR, est-ce proportionnel au budget des deux entreprises ? Ou à la conviction de leurs chefs ? Qu’importe : à la base, des collaborations existent déjà si celle-ci est particulièrement originale dans ses composantes économiques et créatrices.

Parlons «fooot»… et censure!

On en parle beaucoup, mais parlons-en tout de même en allant regarder ailleurs, dans les marges! En cette fin de semaine, on a vu toutes les équipes: chacun peut faire son pronostic. Un dernier carré avec la Hollande, le Portugal, la Croatie et x ( x = Espagne ) ne manquerait pas de charme. Et tant pis si ce n’est pas cela.

Alors, parlons marge, à l’occasion du bouquin de l’ami Denis M. et sa séance de signature : un autre regard sur le foot, à travers une passion envahissante. Un regard amical qui sait avoir la rudesse de l’acier.

Club de l’Euro 2008

Bien filmé ce foot, en général, par les multiples caméras des huit stades sous la responsabilité de l’UEFA qui détient le «cut final»! Mais celle qui se promène au plafond montre les présentations d’avant les rencontres en des cercles tordus par l’insuffisance des répétitions. Un premier coup de chapeau à la TSR avec tardif «Club de l’Euro 2008» (toute le semaine sur TSR 2 vers 23 :00) tardif, comme une série «pointue» américaine, au ton décalé, avec un humoriste en cage, qui aboie sans mordre, son ton décalé. La réussite tient pour beaucoup au fait d’ouvrir l’éventail des invités, qui sont choisis ailleurs que parmi les notables spécialistes du foot!

Vendredi 13 juin 2008

Encore faut-il que ceux-ci jouent le jeu du jeu que devrait rester le foot. Au soir du vendredi 13 juin 2008, Frédéric Maire, qui passera de Locarno à la cinémathéque prochainement, entra dans les vues de la puissance invitante, d’autant plus que l’invité annoncé, Pierre Naftule, était paraît-il pris dans les embouteillages de Genève, chose qui arrive fréquemment à ceux qui ne connaissent pas cette ville. Ne restaient en renfort externe plus qu’une invité de marque, Marie-Thérèse Porchet née Bertholet. Exhibitionniste, la dame, qui parla surtout elle-même, insistant avec lourdeur sur ses prochains spectacles, son humour manquant de légèreté, alors que Klopfenstein restait presque muet dans sa cage. Comme quoi une erreur de “casting” peut diminuer la portée d’une bonne idée

 

La première impression favorable donnée par « Le club de l’Euro 2008 » fut formée de bribes d’émission en début de semaine dernière. Il fallait dès lors confirmer ce sentiment positif par le visionnement d’une émission en entier. Ce qui fut fait le vendredi 13 ! Manque de pot : la grave erreur de « casting » provoquée par la présence de Joseph Gorgoni déguisé en Marie-Thérèse conduit à de fortes réserves.

Samedi 14 juin 2008

Il fallait remettre çà : ce qui fut fait samedi 14. Excellente émission, cette fois, toujours sous la direction de Laurent Bastardoz, avec Jean-Philippe Rapp, le caricaturiste Hermann, le hockeyeur à casquette Gil Montandon et en cage Meury. Rapp dit pourquoi il aime le football, Hermann explique qu’il n’est pas facile de caricaturer le jeu alors que cette caricature fonctionne bien quand le sujet est tiré de l’entourage. Gil Montandon donne une explication sur l’énergie des dernières minutes d’une rencontre qui peut faire basculer un match (et même un quart de finale de hockey-sur-glace quand le neuchâtelois inscrivit un but qualificateur de demi-finale contre le CP Berne il y a quelques mois ! – Il me semble pas tellement apprécier qu’on le lui rappelle constamment!).

On continue d’ouvrir des rubriques, de lancer des sujets préparés, Bastardoz interroge les uns et les autres sur leurs occupations actuelles, hors-football : compléments intéressants ! Mais surtout une remarque riche de développements possibles formulée par Gil Montandon. L’arbitrage laisse à désirer en cet Eurofoot 2008, semble-t-il plus encore que ces dernières années ! Et chacun d’y aller d’un exemple récent au moins. Et voilà que, fort calmement, Gil M. demande si l’arbitre a vraiment vu une main qui pourrait bien avoir été placée dans son angle mort de vision. Il a parfaitement raison de poser ce problème. L’arbitre tout puissant ne peut pas tout voir. Des milliers de spectateurs et peut-être parfois un milliard de téléspectateurs en voient beaucoup plus que le seul arbitre, les angles morts différents autour du stade et presque annulés par les trente caméras placés sur un stade en 2008 avec le direct augmenté de différé. Un sujet qui mérite d’être développé, qui met en cause la télévision qui n’a rien à voir avec le regard de l’arbitre et diffère par la variation des distances de ce que les spectateurs d’un stade voient à distance constante.

Futurofoot

Et voici une opération a un petit peu moins de un million, nommée «Futurofoot», dix fois six minutes plus environ chaque jour une de génériques – ce qui met la minute à douze mille de nos helvétiques balles – beaucoup de monde, à lire le générique de fin… que personne ne lit… parce qu’il est illisible. Un arrêt sur image à l’aide du DVD permet d’arriver à une centaine de noms divers! Programmation: pas chaque jour, sur la chaîne maîtresse de la TSR (la 1, bien sûr) juste après la météo, entre deux rencontres, avec reprise après minuit (!).

Chang Shihyl, l’assistante du professeur Blotter et Pierre Mifsud, un des bons joueurs de l’équipe CERFA

 Directeur du Centre Européen de Recherches pour un Football d’Avenir (CERFA, tiens, ce truc qui finit et FA, on l’a déjà vu ailleurs) le professeur Blotter (Jean-Luc Bideau), qui porte un drôle de nom venu du Haut-Valais, avec ce «a» changé en «o») dit avec le plus grand sérieux en croyant délicieusement à ce qu’il dit un assez bel assemblage d’énormités sur le foot. Un sujet par jour, quatre ou cinq sous-titres pour des thèmes différents: souvent excellents quand la réalité se profile en arrière-plan, pas forcément crédibles dans les excès de délire. Des images d’actualités plus ou moins anciennes alternent de manière souvent très fluide avec celles de l’équipe de la Crefa mise en scène dans la grand stade de Genève. Derrière Bideau au premier plan, il se passe plein de choses – que les adeptes de la télévision sur téléphone portable ne verront pas en miniature. Voici un exemple: au premier plan, Bideau parle, à sa droite, son assistante suit l’entraînement du meilleur joueur en jeu de tête, le ballon bondissant dans un tube de verre; tout au fond, une image en mouvement sur un écran de contrôle.


Un exemple, avec le pénalty. On imprime au ballon une trajectoire encore plus compliquée que la balle de plomb qui tua Kennedy en 1966. Le ballon se dirige vers le gardien, s’envole, fait des loopings, joue au boomerang et jette au sol de tireur. Ce fut écrit avant 2008 et la série tournée au début de l’année. Savait-on à ce moment que le ballon officiel allait suivre des trajectoires parfois bizarres qui donnent des sueurs froides aux gardiens? Le ballon qui s’émancipe est une réalité. Exagérer, en faire donc trop, c’est la solution choisie dans «futurofoot». Y transposer la réalité la déformer à peine, c’est renforcer l’humour par la plausibilité.

Deux versions

Petits problèmes avec cet «Futurofoot . Pour les numéros, 4, 5 et 10, il existe deux versions, une pour 20h05 en plein premier rideau grand public et une intégrale pour la reprise au milieu de la nuit. A noter que la communication faite par la TSR n’a pas caché l’existence de ces deux versions : les cartes sont sur la table.

Voici du reste un courriel reçu en réponse à une demande d’explication :

Pour la diffusion de prime time (tout public), nous diffusons la version tout public (par exemple, vignettes paninis floutées) et le soir la version sans floutage.

Ceci afin de ne pas “heurter” la sensibilité des enfants qui pourraient se trouver devant la télévision en début de soirée.

Meilleurs messages

Mathilde Boillat

Chargée de communication Fiction, Multimédia et Audience

Franche confirmation, donc, de la clarté des explications !

Plus encore : le DVD mis à notre disposition par le service de presse parle de « version censurée ». On ne va donc pas renoncer à ce mot « censure ».

Il aura tout de même fallu quelques dizaines de minutes pour noter exactement les suppressions ou modification. Les voici :

No 4 : partie intitulée « L’art contemporain »

Deux plans de vignettes qui rappellent, bien entendu sans mention directe, les fameuses Panini. Version premier rideau : la feuille de vigne de silhouettes nues est ici remplacée par des étoiles colorées bien visibles. Version nocturne : les deux mêmes plans montrent de messieurs debout complètement nus. Une affaire de zizis, plus visibles cachés que nus !

No 5 : partie intitulée « Les déjections »

Il arrive qu’un crachat d’un joueur finisse sa course sur un autre joueur, généralement de l’équipe adverses. Ici le crachat est remplacé par un abondant liquide blanc dont l’adversaire reste imprégné, et plutôt dégoûté.

Cela vaut pour la version nocturne et est absent de la version 20h00.

No 10 : sujet intitulé la médecine du futur

Plutôt que de caractériser les footballeurs par leur ADN, les chercheurs du CERFA ont mis au point une méthode d’analyse d’urine, la récolte faite par un joueur de dos. L’une des expériences consiste à mouiller d’urine un doigt est à le porter à sa bouche.

Cette méthode originale est portée à la connaissance des téléspectateurs nocturnes, pas à celle du grand public de 20h00.

Pas envie de commenter. L’information est ici donnée avec un sourire plutôt large !

Rappelons que quelque fonctionnaire de l’orgueilleuse et capitaliste UEFA voulait faire interdire la présentation de «Futurofoot» à Genève sur la plaine à succès de Plainpalais. La tentative fit long feu, ridicule évité ! De quelle version s’agissait-il ? De la nocturne, avec son sujet « déjections » d’un bon goût douteux ? Et quelle version y projete-t-on ?

Mais ceci tout de même : pendant cet Eurofoot 2008, on assiste assez souvent à du beau ou passionnant football !!!!

L’UEFA comme le Pentagone ?

L’UEFA a gardé la haute main sur tout ce qu’il était possible de surveiller. Une exception : le coût de la sécurité généreusement abandonné à la charge des communautés publiques locales ! Une de ses filiales supervise la retransmission des trente-et-une rencontres, commanditées à des entreprises externes. L’UEFA peut donc contrôler toutes les images officielles des retransmissions en direct.

A Vienne, le dimanche 8 juin 2008, rencontre Croatie-Autriche : la Croatie marque d’emblée. Dans la foule éclatent des fumigènes qui seraient interdits de stades. C’est donc l’amorce d’un désordre ! Le vit-on sur notre petit écran ? Furtivement, paraît-il – je ne l’ai pas remarqué ! Nous n’aurons vu que des images bien sages d’un bon public discipliné. Et cela selon une volonté reconnue par les organisateurs, comme le relatait « Le matin bleu » du 10 juin 2008.

Donc l’UEFA a la possibilité d’écarter toute image qui lui déplait et semble bien n’avoir pas manqué de le faire une fois au moins pour la joie du public croate à Vienne. Anodin ? Peut-être. D’autres diffuseurs peuvent aussi filmer durant les rencontres.

Des précédents

Mais quand même : la communication sportive des rencontres est contrôlées par l’UEFA dans un sens bien précis. Ira-t-on bientôt jusqu’à ne pas montrer de vilains gestes de joueurs ? Et ce contrôle de la communication visuelle et sonore, ne rappelle-t-il rien ?

Il y a quelques semaines, sur le chemin de la flamme olympique, des amis du Tibet firent part de leur réprobation. La fait que la télévision chinoise n’ait diffusé dans son pays que des images d’un voyage harmonieux sans contestation a provoqué une large réprobation dans le monde entier : cette forme de censure étatique n’annonce rien de bon pour la période des jeux proprement dit.

Il y a quelques années, le Pentagone tint toute la communication sur la deuxième guerre d’Irak sous contrôle. C’était une guerre « propre », efficace, sans douleur ! Et aujourd’hui encore, les Américains n’ont pas de fréquentes occasions de voir arriver en retour au pays les cercueils de leurs morts et leurs blessés. Le maître de la guerre garde en mains sa communication.

L’UEFA avec son Euro 2008 fait la même chose. Qu’importe la marge entre des fumigènes ou des manifestants sur le parcours d’une torche et les morts d’une guerre en Irak, il y a volonté de présenter la réalité dans un sens décidé d’avance, ce qui revient donc à taire tout ce qui ne s’inscrit pas dans cette direction. Le principe reste le même : ce type de choix s’appelle « censure » !

La semaine de l’intégration: «Nous autres»

«Nous autres»? Bonne idée nationale ambitieuse, donc pas banal. Réalisations régionales séparées. Des choses intéressantes, d’autres moins: normal!

Une intégration réussie repose sur la diversité culturelle, source de richesse mais aussi de conflits, qui devrait exclure le populisme xénophobe et la xénophilie irréfléchie. Une évidence, dans un pays où la population étrangère représente le 20% de la population? Sous le titre la SSR vient d’organiser du 7 au 13 avril 2008 sur toutes les chaînes de radio et de télévision de service public une sorte de semaine thématique.

Au moins un texte commun !

Difficile, dans un pays qui compte trois régions linguistiques (et quatre langues avec le romanche) de partager les mêmes valeurs, les mêmes informations, les mêmes spectacles. Combien d’émissions unitaires nationales sur nos petits écrans? Le premier août, quelques élections de miss ou remises de prix, qui ne provoquent guère d’enthousiasme! La SSR a donc défini un but commun. Mais chaque entreprise aura concocté son propre programme. Un document de promotion signale cinq émissions par programme: pas une seule qui passe sur deux canaux! Une exception: un texte d’Armin Walpen, le Directeur général de la SSR, le même dans les quatre langues. Difficile, l’intégration à l’interne!

Trêve d’ironie lucide à l’égard du mur des langues. La Suisse trouvera son unité linguistique quand nous parlerons tous anglais. Mais l’effort de la SSR est parfaitement louable dans son principe. Il mériterait même d’être mis en place plus souvent ! Survolons la diversité à travers quelques exemples cueillis sur grand et petit écrans et sur internet.

Une concierge qui la « ramène »…

Une rue, 22 nationalités à Lucerne… et une concierge pour jouer le choeur antique à elle seule (TSR 2 - lundi 7 avril 2008)

Adaptation d’un document alémanique, «Une rue, 22 nationalités et une concierge suisse» (lundi 07.04.08) pétille avec subtilité de convergences et de contradictions observées à Lucerne. Savoureuse, la concierge vraiment pipelette, qui la ramène avec régularité! Métiers, amitiés, méfiances, élans, rejets alternent dans un bon rythme spectaculaire oscillant entre le sourire et l’émotion, la colère et l’adhésion. Un document de fort bon niveau!

Un olivier à tronc géant enraciné

Commenter des histoires d’amour avec des petits suisses se fait même en chanson, sans traductions des paroles (Un amour du petit suisse / Temps Présent - jeudi 10 avril 2008)

Sous le titre , «Temps présent» (jeudi 10), en trente minutes, demande à des étrangères et étrangers ce qu’ils pensent des Suisses souvent proches d’eux, amis, amants, compagnons, conjoints, sur différents thèmes qui forment des amorces de chapitres. Une phrase de l’une suit une phrase de l’un, et ainsi de suite. Il y a donc volonté de fabriquer un discours avec des éléments épars. Ce n’est donc pas du micro-trottoir; heureusement! Mais au final, il manque un solide fil rouge d’autant plus que certaines déclarations prennent la forme d’un chant dont on renonce à donner les paroles en sous-titres ce qui crée des vides dans l’exposé. La distraction prend ainsi un peu le dessus sur l’information sociologique.

Dans une classe d’accueil de Lausanne…

Retrouvé quelques visages apparus dans le TP sur le site «vivreici.ch». Rencontré, au cours d’une promenade, en passant par «Découverte» puis «e-média» et encore quelques méandres – pas facile de se promener sur internet sans boussole ou sans bien savoir utiliser les équivalences! – <Ici et ailleurs> une mini-série de cinq fois sept minutes qui offre quelques lointaines similitudes avec le sujet de «Temps présent». Dans une classe d’accueil de Lausanne, autour de leur animatrice, onze étrangers de douze à quinze ans apprennent le français et bien d’autres choses, avant de rejoindre une classe traditionnelle qui leur permettra de poursuivre une forme d’intégration scolaire efficace ouvrant sur une formation de plus longue durée. Cinq fois cinq/six minutes sur un même sujet, avec description d’activité, question/réponse, silence et musique liée à un pays lointain. A se dire que, remonté en un document d’une trentaine de minutes, si ce modeste produit présenté discrètement deux fois par jour sur TSR 2 ne serait finalement pas plus intéressant que le TP.

Programmation de la documentation

On en arrive à oublier trop souvent ce que se passe dans le domaine de la documentation, surtout si elle se fonde sur une démarche de créativité, à travers le regard d’un auteur. Il faut reconnaître à la TSR qu’elle fait un excellent travail et pour ses achats et dans le choix des co-productions.

Les exigences de l’audimat sont telles que TSR 1 se doit d’atteindre le plus souvent possible des parts de marché proche de trente pourcent. Un goût personnel pour la fiction pousse à attirer l’attention sur un certain nombre d’émissions qui (me) séduisent. Il en va ainsi de ces séries américains «pointues». Sur TSR 2, les cibles en PdM sont plus modestes. C’est ainsi que la documentation peut y prendre assez facilement place.

«68» de Patrick Rotman - Paris en mai!

Justement, cette programmation ? Il est une règle suivie le plus souvent possible par la TSR : lancer une émission avant la chaîne généraliste de France qui dispose des mêmes droits et a souvent pris en charge les frais élevés de l’adaptation en langue française. Mais cette volonté déborde aussi sur des documents de création d’origine française.

C’est ainsi que l’on vit sur TSR 2 «68» de Patrick Rotman au soir du dimanche 30 mars 2008 une dizaine de jours avant son passage sur France 2 (mardi 8 avril). On comprend pourquoi : la meilleure part de marché contribue à maintenir la moyenne annuelle la plus haute possible. Dans «68», l’auteur a bien traduit sa volonté d’insérer les évènements de France dans une vision globale, dominée dans plusieurs pays par des priorités politiques ( la lutte contre la guerre du Vietnam aux USA et ailleurs, la fin du «Printemps de Prague», etc).

A cette volonté de priorité de la TSR sur ses concurrentes, il y a au moins une exception. Nos programmateurs ignorent-ils volontairement ce qui se passe sur ARTE? «Ré-généris», une série canadienne de grande valeur à travers ses préoccupations écologiques, vue sur ARTE, n’a sauf erreur pas été présentée sur TSR 2. ARTE semble bien avoir su prendre de vitesse tous ses rivaux francophones avec la diffusion de la magistrale série «The war». ARTE n’est donc pas considérée à Genève comme un concurrent? A quand «The War» sur la TSR où la documentation de haut niveau est pourtant bien accueillie.

«The war» de Ken Burns sur ARTE: magistral!

Mea culpa : le chroniqueur se devrait de signaler à ses lecteurs la présence sur le petit écran d’une œuvre importante, le plus rapidement possible. Depuis le 5 mars 2008, Arte diffuse une série intitulée «The War», quatorze fois cinquante minutes, signée Ken Burns et Lynn Novick

 

C’est presque par hasard que je suis tombé mercredi 2 avril sur les numéros 9 («Dans la merde jusqu’au cou») et 10 («Les hasards de la guerre»). Une petite dizaine de minutes et déjà scotché! Une heure et demi plus tard: conquis, sans réserve. Voici une série aux évidentes vertus informatives sur des évènements de la guerre de 39/45 dont on croit parfois tout savoir, originale dans la démarche, puisque tout repose sur quelques anciens combattants américains d’origines diverses qui vivent dans quatre villes des USA presque anonymes (Sacramento, Mobile, Waterbury et Luverne).

Dès lors tout s’ordonne, avec des documents d’actualités, des extraits de films de fiction, des tournages d’aujourd’hui sur les lieux d’hier, des photographies, des entretiens, la voix accompagnant aussi des images: rien que de très classique, certes. Mais donnant cette impression qu’il se passe quelque chose d’innovant, semblable à celle produite sur grand écran il y a quelques mois par Barbet Schroeder, avec «L’avocat de la terreur», son portrait percutant de l’avocat Jacques Vergés.

Avec une grande sensibilité, Burns passe du particulier au général de manière parfaitement naturelle. Et se dégage peu à peu des aspects pas toujours mis en évidence dans les documents historiques, entre autres la peur permanente qui même dans le camp qui sera celui des vainqueurs transforme et souvent détruit les combattants de la base. A ne pas manquer!

Et de retrouver alors dans diverses publications (Télérama, Le Monde radio-tv) des informations sur Ken Burns, qu’un Bertrand Tavernier, grand cinéaste s’il en fut, intéressé aussi par l’histoire, tient pour un des plus grands documentaristes actuels, la revue «Positif» dans sa plus récente livraison (no 566 – avril 2008) consacrant une quinzaine de pages à un entretien avec Burns et à son œuvre foisonnante.

( Les quatre derniers numéros les 9 et 16 avril 2008, à 21 :00 dans «Les mercredis de l’histoire», en reprise le dimanche à 14h00, le jeudi à 03h00 et le mardi à 10h00. Les nos 9 et 10 en reprise les 6, 8 et 10 avril ).

Discrète «Semaine des médias 2008»

«Vous aimez cette série? N’attendez plus…»: cette formule qui concerne la «boutique tv» secoue régulièrement les oreilles du téléspectateur amateur d’une série généralement américaine qui passe en deuxième partie de premier rideau ou en nocturne. Elle ne concerne pas «La semaine des médias 2008 – Ma classe communique», présentée sur TSR 2 trois fois dans la journée mais irrégulièrement du 10 au 14 mars.


Sans une recommandation personnelle, j’aurais ignoré cette mini-série romande initiée depuis Neuchâtel par la section média du CIIP (Conférence intercantonale de l’instruction publique), production confiée à une jeune société de Môtiers (NE), « Chocolat tv production » pour relater une expérience conduite au Collège du Val-de-Travers, la TSR investissant cinquante mille francs pour trente-cinq minutes d’émission.

Sur sept minutes, une et demie est consacrée à résumer la précédente et à introduire la suivante. L’existence d’un journal interne d’un collège occupe donc un peu plus de cinq minutes par jour; de quoi apporter d’intéressantes informations. Les tournages se sont étendus sur près de trois mois. Ils permettent d’aborder une discussion sur l’ancien numéro et le choix des sujets du prochain (1), la préparation des interviews(2), des reportages sur le terrain (3), une rencontre de hockey professeurs -élèves (4), le bouclage final (5). On suit donc ainsi un exemple de ces Activités Complémentaires à Options (ACO), qui font actuellement parler d’elles. L’information sur la vie d’un groupe de treize élèves entre 13 et 15 ans est bien structurée, avec une dose correcte de commentaires explicatifs qui complètent l’image et le son enregistré.


Impossible de découvrir les personnalités des participants. A peine esquisse-t-on certaines composantes de quelques-uns, la timide qui craint d’interroger le directeur, celui qui prend plaisir à écrire un édito, ou cet autre qui ose lire quelques lignes d’un texte personnel. Normal, du reste, dans un laps de temps court que d’en rester à l’impression qui se dégage d’un groupe.

Cette série vous intéresse ? On la trouve actuellement intégralement dans «Zavevu» accessible dès la page d’accueil de www.tsr.ch., après avoir joué au fin limier à l’intérieur d’un site touffu.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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