Divers

Vendredi 8 novembre 2013

Le premier prix des SRT.

18h30 :cave de la Ville à Neuchâtel, accueil des participants à la remise du premier prix des SRT ; beaucoup de notables, et pas seulement de la RTS.

19H00 : plus d’une centaine dans une salle d’accueil du Palais DuPeyrou fondé par celui qui allait devenir un ami et défenseur de Rousseau. On s’y trouve pour la remise du prix, élégante virgule en bronze ou en fer blanc. Avec humour, Thierry Béguin, membre du comité régional  salue un représentant de l’État, à la fois directeur de la Police et de la Culture, soulignant qu’on n’aurait pas osé penser à une telle équation même en Mai 1968! La présentation des candidats est faite avec simplicité qui résume bien la procédure ouverte qui a conduit au premier choix de cinq «nominé». Le président de la SRT-NE parvient même de faire monter le suspens. Puis c’est l’ouverture de l’enveloppe pour connaître le verdict de près de 500 votants qui représentent probablement un bon échantillon  …. des membres des SRT. C’est pour HISTOIRE VIVANTE qui unit télévision, radio et presse : excellent choix. Le trophée – virgule de Charlotte Lauer doit tout de même être rendu provisoirement aux organisateurs pour y graver le nom du vainqueur tant sur celui coulé en bronze et que sur ceux des «nominés» coulés dans un métal plus commun.

«Il ne s’agit probablement que d’un temps! Le temps d’une pause, de maintenant, en somme… La virgule en est sa symbolique.» Charlotte Lauer, novembre 2013

Un peu dans la lune, je félicite « Manon » au lieu d’ « Irène » que je finis par croiser Mais je ne me souviens pas si j’ai voté au final pour « Histoire vivante » ou « Zone d’ombre ». Cà doit tout de même être « Histoire vivante » ! Puis je file aux « Pâquis » plutôt que de savourer les petits fours de l’apéritif dinatoire dans un des salons de l’Hôtel Dupeyrou où nous tournâmes il y a bientôt quarante ans une scène d’ « Une dionée » de Michel Rodde.

 

Bienvenue aux Pâquis

20h30 : sur RTS 1, donc, « Bienvenue aux Pâquis », une nouvelle série de la RTS, heureusement présentée à une heure où le grand public est bien présent.

Un patron de bar. Chaque spectateur se sent plus ou moins à l'aise avec les rencontres proposées aux Paquis. Pas très attirant ce patron de bar. Mais quand le commentaire voit en lui un "épicurien", on est en droit de s'interroger sur l'adjectif qui amorce un jugement de valeur

Un patron de bar. Chaque spectateur se sent plus ou moins à l’aise avec les rencontres proposées aux Pâquis. Pas très attirant « Philippe-le-belge » ! Mais quand le commentaire voit en lui un disciple d’ « Epicure », on est en droit de s’interroger ce nom qui amorce un jugement de valeur positif ou vaguement complice !

Perplexité. Je dois revoir « Rue de Berne » intégralement pour acquérir un peu plus de certitude. Est-ce une série de documentation ou cinq reportages commentés ? Un peu surpris par le commentaire qui accompagne un reportage plutôt qu’un document de création. S’agit-il d’immersion ?

Revu (jeudi 14.11.13 – 16h00) : le commentaire est envahissant qui confirme parfois ce que l’on voit. Des entretiens sont conduits comme cela se fait pour un reportage destiné à une émission d’information. On se croirait alors au « 19:30 »! Il y a bien quelques séquences d’immersion qui semblent saisir des bribes de vie, comme dans un document de création. Oui, de quoi s’agit-il, avec ce premier sujet qui part dans toutes les directions sans structure temporelle.Et il faut être genevois pour comprendre la géographie d’un quartier qui ne se limite pas à la rue de Berne. Et où sont-ils, quelques-uns de ces gens venus de cent nations, avec ou sans papiers ?

Motive : « le mobile d’un crime

21H05, épisodes 1 et 2  d’une nouvelle série proposée par la RTS, avec « La mort d’un prof » et un « Délit de fuite »

Beaucoup de sang dès les premiers plans. Et des proches du mort qui ont peut-être quelque chose à cacher, sait-on jamais, à un duo d’enquêteurs, un inspecteur et une inspectrice, qui n’auront rien de bien intéressant à nous apprendre d’eux-mêmes. Très rapidement apparaissent d’autres comparses qui n’ont d’abord apparemment rien à voir avec la victime. Quarante petites minutes pour résoudre une énigme assez peu surprenante, sans suspens.

Le lac WAKATIPU ou la beauté du paysage d'accueil pour "Top of the lake" de Jane Campion, une production d'Australie, Nouvelle-Zélande, USA et Grande-Bretagne

Le lac WAKATIPU ou la beauté du paysage d’accueil pour « Top of the lake » de Jane Campion, une production d’Australie, Nouvelle-Zélande, USA et Grande-Bretagne. Oui, mais pourquoi cette série présentée par ARTE les 7 et 14 novembre, trois épisodes, solution ridicule ! Réponse sous l’image suivante.

Tiens, cela se passe à Vancouver. Mais le Canada anglophone se distingue mal, à première vue, des USA. C’est bien troussé, comme la plupart de ces histoires policières américaines unitaires destinées à rassembler le public le plus large public

21h50 : « Délit de fuite » met en cause un vilain procureur ambitieux et une voiture de luxe qui a servi d’arme pour tuer une jeune fille trop envahissantes. Aussi tristement insignifiant que le premier.

Le côté sombre du paysage dans "Top of the lake" . mais qui se refléte dans l'eau de (moos ou FILLETTE)

Le côté sombre du paysage dans « Top of the lake » . mais qui se reflète dans l’eau ? Mieux vaut signaler par deux images une série incontestablement haut de gamme plutôt que de contribuer à faire la promotion d’une série de consommation courante qui laisse indifférent comme « Motive : le mobile d’un crime » !

Selon les habitudes des chaînes généralistes de service public et commerciales qui s’abreuvent de produits américains d’origine, les épisodes vont  deux par deux quand ce n’est pas trois par trois ou même plus par exemple sur M6. Les chaînes é péage des USA, du moins pour les séries ambitieuses, jouent le un  par un qui fonctionne  sur l’attente et conduit en principe à la fidélisation.

Made in Europe : « Downton Abbey », troisième saison

22h40, « Made in Europe », dans sa case horaire de deuxième rideau, destinée en principe à ce qui se fait de mieux en Europe.  Voici le début de la troisième saison d’une série britannique haut de gamme, « Downton Abbey », avec une première qualité à souligner d’emblée : enfin un seul épisode à la fois !

Le châteua d'Highclere qui sert aussi bien pour les extérieurs que des intérieurs de Doenton Abbey

Le château d’Highclere qui sert aussi bien pour les extérieurs que des intérieurs de Downton Abbey

La première saison se déroule d’avril 1912, quand sombre le Titanic, au 4 août 1914, lors que la guerre va commencer. Tout se passe dans cette période dans une famille noble de classe supérieure avec le monde des domestiques à son service, assurément dévoués, mal payés sans trop se plaindre, satisfaits de leur sort qui est pour certains d’entre-eux l’amorce d’une promotion sociale. L’esprit de la vielle Angleterre de la fin du XVIIIième.

Deuxième saison, qui va de fin 1916 à l’été 1919, avec le tueries et blessures de la guerre de 14-18. Les nobles conserveront-ils leurs privilèges ?. Les serviteurs sont appelés à combattre dans les tranchées. Le Château servira d’hôpital. La vieille Angleterre va perdre peu à peu une bonne partie de ses repères.

Une affiche devant le "vrai" château avec le personnel à gauche et les nobles Crawley. Et entre deux trône la douarière de Downton Abbey du camp de droite...

Une affiche :  devant le « vrai » château  le personnel à gauche et les nobles Crawley. Et entre deux trône la douarière de Downton Abbey

La troisième saison s’ouvre en mars 1920, avec un mariage d’une des trois filles du Comte et de la comtesse Crawley, qui ne va pas sans poser quelque problème. Un des filles, Sybil, a déjà rompu avec le milieu en épousant,  par amour y compris le chauffeur, dont elle partage le combat social qui commence. Il s’agit d’une série qui retient l’attention pour de nombreuses raisons, l’Histore d’un pays derrière une saga familiale avec ses classes sociales de maîtres et de domestiques dont les contours vont s’effacer.

Bonne occasion de se demander si mille spectateurs indifférents sont plus importants que cinq cents très contents.

TéléMonteCarlo, une filiale de TF1, est une chaîne généraliste dont l’Etat monégasque possède une part minoritaire de l’ordre de vingt pourcent. La RTS diffuse la série après TMC alors qu’elle s’efforce en général d’obtenir en avant-première la diffusion en Suisse romande. L’impact en Suisse romande de TMC est nettement inférieur à celui de TF1 ou de M6 qui offrent aux téléspectateurs une grouillante publicité suisse qui échappe ainsi à la SSR et aux chaînes locales suisses.

 

Une niche pour le cinéma d’horreur

23 :40, après les squelettes dansants qui annoncent le film d’horreur du vendredi soir – pour une fois, voici une programmation qui convient fort bien pour un public restreint cantonné bien à l’aise dans sa niche. Ce soir là, c’est un Tarantino, « Boulevard de la mort ». C’est pas ce que Tarantino  fait de mieux. Mais un Tarantino pas au mieux de sa forme, c’est au moins dans le milieu de gamme du cinéma….Je m’en fus pourtant au dodo avant la fin !

Le poids de l’audimat

Une de mes bonnes connaissances m’accuse d’être injuste à l’égard de la RTS et d’une partie de sa programmation persuadé que je trouverais ses programmes « exclusivement inféodés à la recherche d’audience ». C’est évidemment faux.

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Non, les programmes de la RTS ne sont pas uniquement faits pour obtenir en toute heure la meilleure des audiences. Si la RTS ressemble parfois trop à TF1 ou M6, elle leur est heureusement souvent différente. Si la ressemblance de la RTS avec ARTE est assez rare, on doit pouvoir oser le regretter.

Mais l’audimat ? Pour une fois, parlons-en, dans une approche numérique. Et sous un angle précis, qui repose sur deux éléments de base :

1/ Chaque jour, l’ensemble des spectateurs romands, mesuré par un échantillon scientifiquement valable regardent RTS 1 et RTS 2 pendant un million d’heures. Cette mesure ne dit rien de la consommation sur internet en « sept + » ou sur d’autres supports, comme les portables

2/ La part de marché de TSR 1 et TSR 2 en moyenne annuelle s’élève à trente pourcent. Donc sur cent heures regardées sur un téléviseur, les téléspectateurs qui vivent en Romandie en consacrent trente à notre télévision, ce qui lui donne largement la première place sur le marché régional.

Un image d'un épisode d'Helveticus, qui passe donc en matinée et en semaine à 06:30 et 10:50 sur RTS 2 : pour le plaisir de loeil ! Mais peut-on mesurer une part de marché sur un échantillon minuscule ?

Un image d’un épisode d’Helveticus, qui passe donc en matinée et en semaine à 06:30 et 10:50 sur RTS 2 : pour le plaisir de l’oeil !
Mais peut-on mesurer une part de marché sur un échantillon minuscule ? ( Image RTS – mai 2013)

 

Dix mille en plus ou en moins

Supposons que, durant toute l’année, sur un million d’heures quotidiennes, dix mille soient consommées, en plus comme en moins. L’écart serait de un pourcent. Le 1 % d’une part de marché de 30 % représente 0.3 %, donc 3 pour mille.

Supposons ensuite que cet écart se produise durant un seul jour par semaine. Le variation de part de marché ne représente plus que 0.4 pour mille (le septième de 3 pour mille)

Si l’écart ne se produit qu’un seul jour sur les 365 de l’année, la variation de la part de marché n’est que de 0,008 pour mille. Cette variation est invisible en moyenne annuelle, donc négligeable, largement comprise dans la marge d’erreur.

Un exemple

Durant quatre mercredis de novembre 2013, en lieu et place d’émissions « maison », la RTS propose une mini-série nationale consacrée à six Suisses ayant joué un rôle considérable dans notre histoire.

Si, comme on l’a parfois entendu dire, les téléspectateurs romands ne sont pas friands de séries unitaires historiques, une perte d’heures de présence devant la RTS serait possible. Imaginons qu’elle soit de dix mille heures.

Quelle serait son influence sur la moyenne annuelle en part de marché ? Ce serait quatre fois la perte pour un seul jour, soit 4 fois 0,008 ce qui donne 0,03 pour mille, 0.3 pour dix mille et trois pour cent mille.

Trois pour cent mille, c’est négligeable et invisible. Prendre un tel risque en programmation n’aurait aucune influence lisible sur la moyenne annuelle. Donc rien n’empêche de prendre de temps en temps des risques qui ne font même pas  souffrir l’audimat !

Les Suisses

 La RTS, bien entendu. est naturellement partie prenante du « mois thématique de la SSR du 3 au 30 novembre 2013 » en un vaste ensemble de propositions. Dans un blog, inutile de faire du promotionnel dans l’ensemble bien conduit par la RTS. Il faut effectuer certains choix, s’interroger à leur propos en une démarche de réflexion critique.

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Une « Idée suisse » enfin réalisée

La publicité s’en donne à cœur joie ces derniers mois, pour vanter les qualités des pommes de terre suisses qui donnent les meilleurs chips, la viande suisse, qui s’installe dans les « big-mac », les fruits suisses avec le bon gros  chien ( est-un bon Saint-Bernard offert à la Suisse par des promoteurs valaisans ?) qui fait le leçon à une oie plutôt  gourde. On notera l’absence du MCG et de sa préférence suisse, qu’il n’est pas le seul à défendre.

Pendant des années, un « Idée suisse » a été accolé à SSR-SRG, que quelques mécréants transformèrent en « suicidée » ! L’adjonction a disparu. Mais l’idée reste, dans une forme assez spectaculaire, comme si l’arrivée de Roger de Weck à la direction de l’entreprise en 2011 avait donné au bon moment l’élan indispensable.

A l’évidence le public romand et les collaborateurs de la RTS se tournent souvent la France, les équivalents tessinois vers l’Italie, les alémaniques vers l’Allemagne pour d’évidentes raisons culturelles et linguistiques. Il n’est pas fréquent que les romands trouvent l’occasion de s’intéresser aux alémaniques et aux tessinois ; idem pour les autres !  L’armée a souvent passé pour le ciment entre Confédérés.  Roger de Weck s’est demandé si le rôle hier dévolu à l’armée n’avait pas été transféré à la SSR-SRG !

Des Suisses appartenant à un milieu restreint, celui de la radio et de la télévision, sont donc parvenus à se mettre d’accord pour présenter des programmes identiques, lisibles ou audibles dans la langue de chaque région, mais réalisés en commun. Indéniablement, le principe de ces collaborations dont on ne sait pas si elles ont  été laborieuses, mais qu’importe, est une réussite à relever d’emblée. Le public va-t-il suivre ? L’existence de ce « mois thématique » national tient déjà d’une sorte de « miracle ».

Domionique Othenin-Girard, le réalisteur de la mini-série "Les Suisses".

Domionique Othenin-Girard, le réalisateur de la mini-série « Les Suisses ».

Trois propositions attirantes

Il faut signaler d’abord trois propositions attirantes.

Que va-t-il se passer quand deux familles échangent leur lieu de vie, entre Carouge et Sevgein (Grisons) (« 2 familles  1 Suisse » du 4 ou 8 novembre à 11 :00 sur La Première) ?

Comment résiste l’imposante série du début des années septante intitulée «  26x LA SUISSE » ( RTS 1 à 09 :00 puis RTS2 à 11 :10, dans une petite « niche » qui n’est pas destinée au grand public. J’en fus pour le numéro consacré à « Neuchâtel » et j’ai souvenance d’y avoir parlé de censures cantonales au cinéma.

Je cliquerai probablement pour savoir « Quel type de Suisse-sse » je peux bien être, question peut-être inscrite dans le sillage de  l’impertinent Gulliver de l’Expo de 64, que nous fûmes quelques-uns à vouloir ressusciter en « Expo 02 » mais dont il ne reste que quelques milliers de réponses à un brouillon de questionnaire.

La mini-série « Les SUISSES »

Sur le plan technique, les chaînes suisses savent depuis longtemps collaborer lors de grands événements sportifs. Mais il s’agit cette fois de dépasser ce seul aspect technique pour aborder en commun une démarche créative.

La mini-série est composée de quatre émissions de cinquante minutes sous la direction de Dominique Othenin-Girard, de lointaine origine locloise à la carrière internationale ayant passé par Hollywood. Ses réalisations pour la télévision sont plus nombreuses que celles pour le cinéma. Dans le domaine de la télévision de prestige, il a déjà dirigé  l’imposant portrait d’Henry Dunant, «  Du rouge sur la croix » ( 2006). Le voici à la réalisation de ces quatre fois cinquante minutes, production assurée par »Triluna film », une société zurichoise. Le budget global s’élève à cinq millions, pour deux cents minutes. On en est à vingt-cinq mille francs la minute, peut-être le coût le plus élevé jamais atteint en Suisse pour une fiction audiovisuelle destinée au seul petit écran et à ses dérivés.

Ambiance de tournage pour le portrait de Nicolas de Flue, prise en juin2012 / Photo Daniel Amann

Ambiance de tournage pour le portrait de Nicolas de Flue, prise en juin 2012 / Photo Daniel Amann -DRS

On se retrouve alors dans le même esprit que la pub : à peu près tout est naturellement suisse, les paysages, les personnages, les acteurs, les créateurs, les techniciens, les doubleurs, les diffuseurs.

Formellement, la fiction occupe plus de la moitié du temps, y compris avec des effets spéciaux permettant de faire apparaître des centaines de personnages avec quelques rares cavaliers en armures ou soldats à pied. Des documents souvent anciens, des paysages de nos jours et des interventions d’historiens font de cette série un habile et efficace mélange de fiction et de documentation.

Le choix des sujets

La Suisse n’a pas eu de roi, d’empereurs, de dictateurs. Pas de Pape non plus ? Elle s’est construite entre gens de la campagne ensuite  rejoints par des citadins nobles, bourgeois et prolétaires selon les siècles,  uniquement alémaniques durant quelques siècles. Elle compte un certain nombre de fortes personnalités masculines qui ont contribué à forger l’identité suisse dans sa diversité. Première pierre d’achoppement : certains milieux ont regretté que point ne soit retenue de personnalité féminine. Mais certaines femmes sont fortement présentes dans les quatre épisodes, certes sans occuper de fonctions publiques. Il faut tout de même rappeler que dans la plus vielle démocratie du monde, les femmes n’ont reçu le droit de vote au plan fédéral que vers les années 70 du siècle dernier !

Sandry Utzinger en Hanna Stauffacher, fortement présente dans le premier épisode des "Suisses"

Sandry Utzinger en Hanna Stauffacher, fortement présente dans le premier épisode des « Suisses », « Nos ancêtres les schwytzois : Werner Stauffacher » ( Photo DRS – Daniel Amann)

Avec quatre épisodes de seulement cinquante minutes, il n’y avait pas place pour une douzaine de personnages importants. Il fallait bien faire des choix.

Deux épisodes à la fin de Moyen-Age

Le premier choix fut donc de s’arrêter aux origines de la Confédération, avec Werner Stauffacher le Schwytzois ( première moitié du XIVième) ( Mercredi 6 novembre – 20h10). Le deuxième épisode propose un double portrait, celui du « guerrier » zurichois Hans Waldman (1435-1489) et de l’ermite devenu saint, Nicolas de Flue (1417-1487). Les bases de la  Suisse sont posées, avec ses conflits potentiels et ses efforts de rapprochements.

Dans ces sociétés médiévales, il y a déjà trois classes sociales, les détenteurs du pouvoir, ceux qui travaillent en améliorant leurs conditions de vie, les prolétaires condamnés à la stagnation ou à ne progresser que lentement. Parmi les premiers, règnent la noblesse et une partie du clergé. Les bourgeois des villes surtout sont artisans ou commerçants. Pour quelques riches gens de la terre, il y a beaucoup de pauvres.

Dorothea de Flue ) Regula Grauwiler) dont certains ont dit malicieusement que c'est elle qu'il aurait fallu sanctifier puisqu'elle éleva seule ses dix enfants

Dorothea de Flue (Regula Grauwiler) dont certains ont dit malicieusement que c’est elle qu’il aurait fallu sanctifier puisqu’elle éleva seule ses dix enfants (Photo DRS -Daniel Amann)

On parle souvent de prière dans ces deux premiers épisodes, mais chaque fois ou presque, cela permet de calmer des revendications de quelques-uns trop pressés de connaître une amorce de confort en sortant de la pauvreté, la misère quittée avec peine.  Les plus démunis s’adressent à Dieu quand une partie du clergé profite de  richesse et de la puissance de l’Eglise sans se poser de questions sur sa légitimité. Les conflits entre ruraux et citadins sont fréquents. On peut se demander si ces conflits parfois importants tiennent plus de la mise en scène spectaculaire que de la réalité historique.

Les épisodes  3 (« Guerre civile en Suisse, Guillaume-Henri Dufour » – 20 novembre ) et 4 (« L’aventure du Gothard, Alfred Escher et Stefano Franscini » – 27 novembre) mettent en évidence l’émergence de la Suisse contemporaine. Ils ont le mérite de présenter un romand et un tessinois ! Nous y reviendrons

Helvéticus

Le petit truc rouge sur la tête du gars devant l'arbre, celui rappelle aussi le très légendaire Guillaume Tell qui n'aimait pas les baillis  "Helveticus"

Le petit truc rouge sur la tête du gars devant l’arbre  rappelle le très légendaire Guillaume Tell qui n’aimait pas les baillis
« Helveticus » (Photo RTS – mai 2013)

 

L’exquise série dessinée sous le nom d’ « Helvéticus » est un véritable petit bijou, caché sur RTS 2 à 06 :30 et 10 :50, les lundis, mardis, jeudis et vendredis, destinée aux enfants de trois à six ans, qui se trouveraient devant le petit écran à ces heures bizarres. Mais ces quatre délicieuses minutes pourraient aussi charmer les adultes qui ont conservé un brin d’esprit d’enfance ! Nous y reviendrons.

Cinquante millions en une année pour la production externe

Vendredi 30 août 2013 : vous aimez les séries, surtout les récurrentes à grande valeur ajoutée pour atteindre le haut de gamme? Peu-être avez-vous lu le LE TEMPS avec  cinq sujets signés par Nicolas Dufour en pages 1 et 3 :

Les écrans de la RTS envahis par les feuilletons américains 

Editorial : Diversité en séries 

Séries américains, l’overdose ?

La RTS choisit les méthodes des grandes chaînes privées ( un entretien de Nicolas Dufour avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public) 

Plus que TF1

Ces différents articles sont à lire en suivant ce lien

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1/ Cinquante millions par année à la RTS pour la production externe ? Aucun lien avec la réalité. Un petit jeu de fiction financière : que pourrait-on faire avec cinquante millions par année ? Par grand chose, sauf d’acheter à tour de bras des séries américaines pas très ambitieuses déjà amorties sur le marché national. Tout de même une occasion de parler coût de production, de savoir un peu « combien çà coûte » ?

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2/ « Passe-moi les jumelles » ( plus simplement « Paju ») existe depuis vingt ans déjà. Cette émission contemplative honore la RTS qui la présente en premier rideau ( dès 20 heures, avec ses émissions originales.) Un hommage en images est introduit dans le texte.

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Troisième saison pour la remarquable série danoise, « Borgen ». Là aussi, dans le texte, un hommage par quelques images. Il faut protester contre la provocation faite par les responsables de la programmation qui n’exposent pas cette série avant 23h00 pour se terminer à près d’une heure du matin. Voilà comment l’on traite la qualité au royaume de la quantité reflétée par les parts de marché !

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Le téléspectateur devrait fonctionner au « coup de cœur » pour se laisser guider vers ses émissions préférées. A chacun de faire ses choix. Mais il faut aussi parfois aborder l’audiovisuel contemporain rationnellement. Il est facile de répéter qu’il y a trop de sports à la SSR-SRG., souvent installés en priorité sur RTS 2. Il l’est tout autant de regretter la place envahissante prise par les séries unitaires américaines aux meilleures heures, dès le milieu premier rideau, dès 21h00, sur RTS1, le « navire amiral », l’armada formée par les autres moyens modernes, internet, le portable, etc.

 

2013- le Weisshorn, là où la fête aura lieu pour le 20ème anniversaire

2013- le Weisshorn, là où « Paju » célèbre son vingtième anniversaire.

L’impossible transparence

Il vaut la peine de s’interroger sur ce que peut proposer la RTS, sur ses deux chaînes, durant quarante heures chaque jour de l’année. Il y a un problème d’argent, dont on entend rarement parler si le montant de la redevance est une sorte de monstre du Loch Ness ! Le souci de transparence n’est pas prioritaire. Combien çà coûte, une minute de « Téléjournal » ? Combien çà coûte, une minute de « Temps présent », ou de « Paju » dont on va dignement fêter le vingtième anniversaire ? Le sait-on vraiment ? Et si on le sait, accepterait-on de le dire ? Il n’est pas facile de répartir sur chaque émission les coûts de la rénovation de la Tour, de l’achat du matériel, du salaire du directeur des programmes, de de celui de l’assistante de la secrétaire de la responsable des achats des séries !

2001 Manuella Maury et 2001 : Manuellla Maury et Benoît Aymon. Mais qui reconnaît la vraie vedette sur cette image ?

2001 : Manuellla Maury et Benoît Aymon. Mais qui reconnaît la vraie vedette sur cette image ?

Le coût-minute de l’externalisation

Réponse possible, dans un domaine au moins. La télévision sait à peu près ce qu’elle dépense lorsqu’elle externalise sa production ou qu’elle procède à des achats d’un produit audiovisuel qui existe sans son intervention. On peut plus ou moins correctement estimer le coût pour une minute d’antenne.

Imaginons qu’une chaîne comme la RTS dispose de cinquante millions par année pour l’externalisation. Que pourrait-elle offrir, réponses approximatives données en heures annuelles de diffusion ou en minutes par jour ?

Les séries romandes du samedi soir

La RTS réserve quelques-uns de ses samedis soirs à des séries récurrentes. On attend pour cet automne la deuxième saison de « L’heure du secret » dont le tournage est pratiquement terminé. Admettons que l’ordre de grandeur du coût à la minute tourne autour des quinze mille francs. Cinquante millions permettraient de proposer trois mille trois cents minutes de programme :

55 heures pour une année entière ou 9 minutes par jour.

Objectif équivalent à « Borgen »

Un objectif à cinq ans devrait s’installer dans l’esprit des décideurs,  pour arriver à faire en Suisse romande l’équivalent de « Borgen »,  il faudrait probablement pouvoir investir vingt-cinq mille francs la minute et décider de prendre le risque d’une programmation courageuse, au moins en milieu de premier rideau plutôt que le samedi soir à 20h00. Il y en aurait pour deux mille minutes :

33 heures pour l’année, entre 5 et 6 minutes par jour.

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 La diffusion de la troisième saison de la splendide série danoise débute sur RTS 1 le vendredi 30 août 2013, à 23.15, le deuxième épisode se terminant à 01h00

Brigitte Nyborg - Borgen saison 3 - èpisode 1

Brigitte Nyborg – Borgen
saison 3 – épisode 1

Une fois de plus, cette programmation tardive est une provocante marque de mépris à l’égard de tous ceux qui tiennent en haute estime les séries récurrentes à forte valeur ajoutée qui prennent place dans le haut de gamme

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Co-production cinématographique : « Les grandes ondes » de Lionel Baier

La RTS a investi 350 mille francs pour les 85 minutes du film de Lionel BAIER qui vient de faire une première réussie sur le Piazza Grande de Locarno. Cela fait donc un peu plus de quatre mille francs la minute. C’est un assez gros investissement. Les cinquante millions permettent alors de proposer

 210 heures annuelles, environ  35 minutes par jour.

Temps présent

Il est plausible d’estimer qu’un « Temps présent » de cinquante minutes coûte cent mille francs, donc deux mille francs la minute. On pourrait donc offrir vingt-cinq mille minutes

 415 heures annuelles, un peu moins de 70 minutes par jour.

 

Brigitte et Philippe /Borgen Episode 10

Brigitte et Philippe /Borgen
Saison 1 – Episode 10

Côté «  docs » avec « L’expérience Blocher » et « Le tableau noir »

Tant pour le premier (cent trente mille francs pour cent minutes) que pour le second (cent cinquante mille francs pour cent dix-sept minutes), on est autour de mille trois cents francs la minute. On disposerait alors de

 615 heures annuelles,  105 minutes par jour.

 Le tout venant de la série unitaire américaine

Les séries américaines, qui sont  souvent produites par des chaînes à péage, comme certains films du reste, arrivent sur les marchés européens parfois entièrement amortis. C’est du « tout bénéfice ». Il n’est pas absurde d’effectuer un premier calcul en prenant un coût plausible de base de cent francs la minute.

Avec cinquante millions de francs suisses, on s’offre un cinq cent mille minutes d’antenne, de quoi remplir un canal 24 heures sur 24 :

8.500 heures annuelles,  un peu moins de 1.400 minutes par jour.

BORGEN - Episode 20 - Saison 2

BORGEN – Episode 20 – Saison 2

Contribution à de bonnes parts de marché

Mille quatre cents minutes, ce sont  à peu près vingt-quatre heures par jour. La conclusion est claire. Avec  cinquante millions pour les achats et les séries américaines les plus commerciales déjà amorties, on peut faire tourner une chaîne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De plus, les séries majoritairement américaines contribuent à maintenir une bonne moyenne pour les parts de marché.

Répéter qu’il y a trop de séries américaines, c’est être un doux et utopique rêveur. Ces séries sont indispensables pour faire fonctionner le double programme de la RTS ; hélas !!

 Il faut se battre pour une plus grande diversité dans l’origine des séries et des films de cinéma afin que certaines sources européennes, mais pas elles seulement, remplacent les sempiternelles américaines. Il faut que les séries à haute valeur ajoutée du haut de gamme soient plus souvent accueillies à des heures de meilleure écoute, par exemple en milieu de premier rideau (un peu après 21h00) plutôt qu’aux environs de minuit. La part de marché risquerait-elle d’être en baisse ? Mais que mesure l’audimat ? La quantité. La qualité est une valeur culturelle qui n’est pas prise en compte par une présentation de  « Borgen » à 23h15 !!! Dit autrement : la RTS, qui s’aligne beaucoup trop  sur l’esprit de TF1, devrait s’autoriser à « concurrencer » plus souvent ARTE.

La programmation de la fiction audiovisuelle est le point faible de « notre » télévision ! Elle est presque complétement l’esclave  des parts de marché !! Doit faire mieux ! Mais le veut-on ?

 

 

Crossing lines : un « Blockbuster » ?

 

Ce texte se compose de trois parties qui présentent l’audiovisuel comme une industrie, se demande si « Crossing lines » est un « blockbuster » et finit par voir dans cette série franco-américaine plus américaine que française un pudding européen. On peut lire une partie indépendamment des deux autres.

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Des images de « Game of thrones », indéniable « blockbuster » illustrent les deux premières parties et d’autres de « Crossing lines » la troisième. Le choix de la  première série veut rendre hommage à la perfection du spectacle riche et dense de « Game ». Il attire l’attention sur un des rares personnages féminins vraiment autonome, la blonde femme aux dragons. J’avoue une allergie à une accumulation de violences ( têtes coupées, épées plantées dans ces corps, femmes méprisées par des guerriers avides de profiter  d’elles ). Je peine à me souvenir qui est qui, dans lequel des sept royaumes l’on se trouve. C’est un aveu de paumé devant tant de perfection formelle !!!

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Une afffiche pour la série "game of thrones", en 2ème saison : JE PRENDRAI CE QUI M'APPARTIENT AVEC LE FEU ET LE SANG dit Daenerys Targaryen,fille d'in fou déchu de son trône, enceinte à 14 ans, ayant décidé d'abolir l'esclavage. C'est la femme aux trois dragons....

Une afffiche pour la série
« game of thrones », en 2ème saison : JE PRENDRAI CE QUI M’APPARTIENT AVEC LE FEU ET LE SANG dit Daenerys Targaryen,fille d’un fou déchu de son trône, enceinte à 14 ans, ayant décidé d’abolir l’esclavage. C’est la femme aux trois dragons….

Emilia Clarke, actrice anglaise née en 1987, à Hollywood

Emilia Clarke, actrice anglaise née en 1987, à Hollywood. C’est Daenerys Targaryven

 

1/ L’audiovisuel est une industrie

L’audiovisuel est aussi une industrie puissante qui manie des millions et des millions, disons tout de même en priorité, de dollars. Les grands groupes ont compris, nettement mieux que les critiques figés dans leur conviction de la supériorité du 7ème art, que cinéma et télévision sont désormais très proches et souvent économiquement confondus. Le groupe américain de médias « Time Warner », au milieu de cette année, est euphorique. Sur grand écran, avec « Gabsy » et « Superman », il accumule de fructueuses recettes. Mais il se déclare aussi fort satisfait de ses activités télévisées : la troisième saison de la série « Game of thrones », produite par HBO, liée à Time Warner, vient de s’achever aux USA avec une hausse d’audience de plus de vingt pourcent. Et pour la télévision généraliste commerciale, l’audience et les recettes sont étroitement liées.

Daenerys Targaryen, la dame aux dragons,  "Game of thrones" (Saison 1)

Daenerys Targaryen, la dame aux dragons, « Game of thrones » (Saison 1)

Fort budget et hauts revenus !

En audiovisuel, « Gabsy », « Superman », le très récent « Lone Ranger, naissance d’un héros » de Gore Verbinski, ce « Game of thrones » ou dans une moindre mesure « Crossing lines » fortement soutenu par TF1 sont des « blockbusters ».  Rappelons en passant qu’un « blockbuster » est censé être un produit audiovisuel à fort budget et hauts revenus, production exceptionnelle sur les plans financier, matériel et humain.

Il arrive parfois que les hauts revenus soient aux abonnés absents. Il se pourrait par exemple que l’actuel « Lone ranger, naissance d’un héros », avec ses 250 millions d’investissement, connaisse l’échec dans son pays d’origine. Mais Walt Disney a les reins assez solides pour faire face à un éventuel échec.

la même, saison 12

Emilia Clarke, la même, saison 2

2/ « Crossing Lines » en est-il un « blockbuster »?

« Crossing lines », qui retient ci-dessous notre attention, peut-il vraiment être considéré comme un « blockbuster » ? Certains indices permettent de le croire. Ces indices doivent assurément être apportés par le produit diffusé sur le petit écran. Ils tiennent aussi à des conditions de production, lesquelles sont parfois révélées par une lecture attentive des génériques, dont du reste la grande majorité des spectateurs se moquent allégrement. Mais y regarder de près permet parfois de comprendre comment fonctionne l’audiovisuel contemporain à travers sa diffusion sur téléviseurs et écrans associés – donc tout ce qui existe à l’exception du grand écran des salles de cinéma !

la même encore, en saison 3). Voit-on des différences ?

La même encore, en saison 3). Voit-on des différences ?

Importance du lancement

Pour préparer l’arrivée sur les grands écrans d’un « blockbuster », il faut investir des millions à la promotion. Difficile de dire, pour le moment, comment cela se passe quand il s’agit d’un produit audiovisuel pour les seuls écrans associés à la télévision.

On voit pourtant poindre certains signes.  Admettons donc que « Crossing lines» soit porteur de l’ambition d’être à sa manière un « blockbuster ». Voici quelques conditions nécessaires pour vérifier cette ambition. Elles ne sont pas suffisantes. Et évoquons surtout « notre » télévision.

Premier moyen à disposition de toute chaîne: l’autopromotion, à travers une ou des bandes de lancements et surtout la répétition fréquente de leur passage à l’antenne. C’est ce que vient de faire et fait la RTS pour « Crossing Lines ».  Cela tient d’une forme de matraquage.

Certaines séries, de loin pas toutes et pas forcément les plus intéressantes, sont proposées ensuite sur le site de la RTS durant sept jours, quand les droits ont été discutés et obtenus. Cette possibilité prolongée de les voir est aussi un signe de l’effort de promotion qui les met ainsi bien en valeur. A noter en passant que le dimanche 11.08.13 à 10 :00, «Le dernier élément » ( épisode 3) avait été vu 724 fois et « Sortie de route » ( épisode 4 ), 547 fois. Ces chiffres ne sont pas très élevés, mais il est difficile de les interpréter. C’est beaucoup ? Peu ?

Dans la presse et sur internet

Parallèlement, le produit soit être bien reçu dans la presse qui consacre tout ou partie de ses préoccupations à l’audiovisuel, cinéma et télévision confondus. C’est ainsi que le romand TV8, le meilleur des trois qui se battent sur le marché, vient de consacrer une couverture et deux pleines pages à cette série ( 20 juillet 2013)

« Télérama », le plus complet des hebdos consacrés à la culture en France, a donné beaucoup de place à cette série le 26 juin dernier.

« Le polar « Crossing lines» reste dans les clous » est accessible à travers un moteur de recherche en tapant «  Télérama – Crossing line ». Je n’ai pas retrouvé l’équivalent du texte sous sa forme « imprimée ». Mais il est évident qu’internet est devenu une source d’information riche et précieuse, au point de se demander si nous ne sommes pas peu à peu entrés dans l’ère »google ».

Ecriture dans le sillage d’ « Esprits criminels »

Deux exemples parmi d’autres qui permettent de tirer les grandes lignes qui font l’originalité plus ou moins grande de cette série. Le responsable principal de l’écriture est Edward Allen Bernera, dont la sommet de la carrière est sa participation importante à la série increvable des « Esprits criminels », des dizaines d’épisodes indépendant les uns des autres. Aux USA, la série a trouvé l’appui de NBC qui a pourtant annoncé une audience de 4.38 millions pour les deux premiers épisodes liés, de 3.71 pour le non 3 et et 2.9 pour la 4.

En Europe, le principal partenaire n’est autre que TF1, qui ne passe pas pour la chaîne la plus originale dans le choix de ses séries. Et le générique nous apprend que le tournage a eu lieu en Tchéquie.

L’Europe des enquêteurs

L’idée de base est de créer un groupe de policiers formés d’un représentant par pays qui vont traquer les criminels qui ne connaissent pas de frontière pour accomplir leurs exploits. Ce groupe reçoit ses ordres de mission d’un  représentant du TPI qui a son siège à la Haye. Les acteurs principaux viennent des Etats-Unis, d’Europe de l’Est, d’Allemagne, d’Italie, de Grande-Bretagne, de France, etc. De grands noms, Marc Lavoine ( France), Donald Sutherland (USA), William Fichtner ( un des personnages essentiels de « Prison break ») font monter l’eau à la bouche. La version originale est anglaise. Chaque acteur y participe paraît-il avec une pointe d’accent et parfois les mots de son pays. La version doublée pour TF1, elle, fait parler chacun dans un même français en limant des accents.

Et voilà assez pour pressentir le résultat : un plutôt fade et décevant pudding européen. Contrairement à « Game of Thrones », fort honorable « Blockbuster », « Crossing lines » traîne derrière lui des regrets ? La faute à TF1 ? Peut-être bien.

3/ Pudding européen plutôt indigeste….

( à suivre )

 

Bernadette Lafont

Bernadette Lafont vient de quitter notre monde à 74 ans. Des mots pour saluer celle qui nous aura donné, à la fin des années cinquante, quelques-unes de nos plus belles émotions de jeunes cinéphiles, elle qui passait pour l’ « égérie » de la Nouvelle Vague des années soixante ? Très peu, surtout quelques  images :

La maman et la putain - Jean Eustache . 1973

Celle-ci d’ab0rd, dans un des plus beaux films de la « Nouvelle vague »,  « La maman et la putain » (1973), dont Jean Eustache, son réalisateur, disait que c’était un film fait pour ses acteurs. Heureuse réaction d’une chaîne généraliste de service public qui prend au sérieux sa mission dans le domaine de la  culture. On a pu revoir sur le film le 29 juillet, avec près de quatre centa mille personnes en France.

Voici d’autres beaux souvenirs en images :

Bernadettte LAFONT et Gérard BLAIN dans "Les Mistons" de François TRUFFAUT

Avec Gérard BLAIN dans « Les Mistons » (1957)  de François Truffaut

Bernadette Lafont avec Claude Chabrol, probablement à la fin de années 50

Avec Claude Chabrol, probablement à la fin de années 50

Bernadette Lafont et Jean-Claude Brialy dans "Le beau Serge" de Claude Chabrol, 1959

Avec Jean-Claude Brialy dans « Le beau Serge » (1958) de Claude Chabrol

Bernadette Lafont dans "L'indiscrète" de Claude Miller ( 19   )

« L’effrontée » de Claude Miller ( 1985 )

Bernadette LAFONT dans "Paulette" de Jean ENRICO ( 2012)

Bernadette LAFONT dans « Paulette » de Jérôme ENRICO         (2012), son dernier rôle de vieille dame indigne qui se transforme en dealeuse d’une troublante efficacité.

 

 

Considérations estivales I

Au fur et à mesure des idées, des envies, il faut profiter de l’été pour vagabonder, ne pas vouloir coller à l’actualité sans pourtant la négliger. L’été, à la RTS comme ailleurs, ce sont des programmes, disons » allégés », tournés plutôt vers le divertissement, entre autres à travers les fictions, que la réflexion sur le monde qui nous entoure.

Voici l’état actuel de cette « production » estivale

3/ « Person of Interest »

2/ Vous avez dit « Diversité »

1/ Un été nordique

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3/ « Person of interest ( RTS 1, dimanches dès 20H45)

Voudrait-on répondre à son addiction pour les séries en regardant chaque jour toutes celles qui sont proposées sur des dizaines de chaînes qui ravitaillent notre seule « étrange lucarne » qu’il faudrait que les journées durent plus de vingt-quatre heures.  Dès lors, il faut bien disposer d’un certain nombre de critères pour établir un programme personnel. Il est possible de faire un premier tri des lectures, un second en tenant compte de recommandations amicales. Voici mes zigzagues pour parvenir à « Person of interest ».

Le « Ben » de « Lost » sur « Tf1 » ?

Harold FINCH ( MICHAEL EMERSON)

Michael  Emerson, le Benjamin Linus de « Lost »

En mars dernier, Miriam qui connaît pourtant mes goûts et mes allergies prend le risque de me signaler qu’elle a vu un truc assez bizarre sur TF1 en premier rideau avec un acteur qui fut l’inquiétant Benjamin Linus de « Lost ». Faible attention, ce jour-là, pour cette info sur une série au titre étrange et un peu paresseux « Person of interest ». Je ne me nourris pas au biberon TF1 en premier rideau le mercredi soir, surtout quand on y aligne trois épisodes de suite, ce qui va à l’encontre du principe même de la série qui doit en principe être dégustée un par un, en provoquant le désir plus ou moins  insupportables de le suite. Et puis,  TF1 n’a tout de même pas la réputation de soutenir les séries récurrentes à scénario un peu trop complexe qui s’adressent en priorité à la spectatrice et consommatrice idéale,  la ménagère de moins de cinquante ans !

Swonden et la « NSA »

Dans mon hebdomadaire lecture de l’avant-programme vert de la RTS, face au 7 juillet 2013, devant « Person of interest », un immense « ? ».  Passage à l’acte le dimanche 14 !

C’est quoi, cette machine qui sait tout plein de choses sur des gens qui vont commettre un crime ou en être victime ?  L’ambiguïté régnerait-elle sur cette imposante inquisition dans une série qui a démarré aux USA en 2011, apparue en Belgique puis sur  TF et seulement en juillet 2013 sur la RTS qui pourtant se spécialise dans le passage avant toute chaîne française ?

Edward Swonden, actuellement en terrain neutre dans l’aéroport de Moscou a dénoncé l’espionnage universel mis en place par la NSA ( la Sécurité Nationale Américaine).  Un traitre pour l’Etat américain, un héros, pour beaucoup de monde, qui ne prise guère l’existence même de « Brother ». Un système qui indigne les pays « amis » surveillés par les USA. Ressemblances étranges ! Prémonition, puisque la série date de 2011, le projet remontant encore plus le temps ?

J.J.Abrams

J.J.Abrams

J.J.Abrams

Et puis, ceci, important pour un mordu de série :  un nom au générique, celui d JJ. Abrams ? Le créateur s’en est allé chercher  dans « LOST » Michael Emerson, le Ben devenu Harold Finch, toujours aussi bizarre et inquiétant.  JJAbrams, en séries, c’est, entre autres, « Alcatraz » ( 2012 – une seule saison, donc un échec pour le créateur), « Alias » ( 2001-2006 -5 saisons), « Lost : Les disparus » ( 2004-2010 – 6 saisons), « Fringe » ( 2008-2013 – 5 saisons), « Person of interest » ( en cours, 3 saisons). Abrams est chef de projet de série, producteur, scénariste, réalisateur,etc,,, c’est selon !

Une revue pointue et exigeante, « Les Cahiers du cinéma » (no 690 – juin2013),  vient de consacrer de nombreuses pages, avec une précieuse filmographie qui concerne un réalisateur, un scénariste, un chef de projet de séries, à JJAbrams.

Couverture des "Cahiers du cinéma" no 690 - Juin 2013

Couverture des « Cahiers du cinéma » no 690 – Juin 2013

Faire connaissance avec Harold Finch

Vient alors une autre étape pour en savoir davantage, lequel va assez rapidement occuper deux bonnes heures sur internet aux bons soins du précieux camarade « google » : faire connaissance avec certains personnages. Harold Finch, le riche et boiteux ingénieur qui a conçu  la machine, a pour assistant de plus en plus proche John Reeves : Avec l’inspectrice Carter vont se tisser des liens d’un épisode à l’autre donnant à « Person  of interest » cette précieuse unité qui dépasse les séries unitaires avec leurs personnages certes récurrents mais figés.

Michael Emerson joue le rôle d'Harold FINCH, le propriétaire de la machine dans "Person of interest". Dans "Lost", il était ben (Benjamin LINUS, important parmi "les autres"

Michael Emerson joue le rôle d’Harold FINCH, le propriétaire de la machine de « Person of interest ».

Voilà suffisamment de raison, même pour prendre un train qui est déjà en marche dès le cinquième épisode. La réflexion viendra après le visionnement à faire le dimanche 21 juillet. La tendance va vers la positif.

Taraja P Henson ( l'inspectrice Jess Carter) et Brennan Brown ( Nicolas Donnelly, personnage secondaire) dans "Person of interest".

Taraja P Henson ( l’inspectrice Jess Carter) et Brennan Brown ( Nicolas Donnelly, personnage secondaire) dans « Person of interest ».

Un dernier détour : INDECT ?

Une image associée à "Person of interest" - Une affiche de protestation contre le système inquisiteur européen nommé "INDECT"

L’oeil de « Big Brother » pour « INDECT »

Encore une rencontre faite dans cette promenade sur internet. Il existe un système financé pour l’Union européenne dit de surveillance intelligente se basant sur images et de sons recueillis par la vidéo surveillance. La machine qui observe des « comportements suspects » devrait être au point au début des années 2020. Ce système s’appelle I N D E C T. Il a déjà provoqué des manifestations contre cet esprit espionnage anonyme, sous forme d’affiche dénonciatrice ou de manifestation protestation.

Image associée à "Person of interest". Une manifestation à PRAGUE contre le système européen de surveillance INDECT

Manifestation à PRAGUE contre le système européen de surveillance INDECT

Il y a entre la NSA ou INDECT et « Person of interest » des différences, mais aussi un point commun : « Big brother », inventé par George Orwell dans « 1984 » guette….

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 2/ Vous avez dit « Diversité »

Dans le «Médiatic no 177 (juillet, août, septembre), ce texte en rubrique « papier d’émeri » » (page 11) de 7oo signes, espaces compris :

La concession oblige la SSR à la diversité. Dans l’ensemble des  programmes, c’est chose acquise. Mais pas pour le cinéma suisse pourtant largement soutenu par le « pacte de l’audiovisuel » : sur la RTS, bon nombre de documents et la majorité des films d’auteur doivent poliment attendre 23h00 pour être montrés. Dans le domaine de plus en plus prisé des séries, le premier rideau de RTS1 (après 20h00, avant 22h30) est envahi par les polars unitaires américains. Les séries à forte valeur ajoutée, défendues par le Conseil du public, sont presque systématiquement rejetées à 23h00 ou même plus tard. Qui doit-on remercier pour cet étrange et original respect de la diversité à composante culturelle ?

En 2.1 – Deux semaines en juillet

Un exemple ou deux ne peuvent pas être considérés comme un échantillon de valeur scientifique. Mais quand on connait la rigidité des grilles de pratiquement toutes les chaînes de télévision, il y a fort à parier que les choses ne vont guère changer changer durant la période estivale qui s’étale sur environ deux mois.

Du 6 au 12 juillet, durant environ 1950 minutes en une semaine entre 20h30 et environ 01h00, on a trouvé mille trois cents minutes de produits d’origine américaine et cinq cent pour des produits européens. Plus de nonante pourcent du temps d’antenne pour la fiction divertissante, films et fiction. Et dans cette fiction, 68 % pour les USA. (voir ci-dessous, en 2.2, « semaine du 6 au 12 juillet 2013 )

Du 27 juillet au 2 août 2013, toujours sur RTS 1, toujours entre 20h30 et environ 01h00, sur les 1950 minutes, le même dépouillement donne 1440 minutes de produits américains et 400 autres, donc plus de nonante pourcent du temps d’antenne. Là, dans la fiction, les USA s’offrent le 77 % par rapport à tous les autres, suisse, danois et japonais. Une série intitulée « Crossing line 2 » a été classée dans le groupe USA.

En 2.2 – Semaine du 6 au 12 juillet 2013

 Voyons comment la fiction s’empare des soirées de RTS1 entre 20h30 et 01h00 du matin environ, avec invasion américaine aux deux-tiers du temps disponible.

L’exemple d’une semaine prise parmi d’autres a de bonnes chances de se répéter ces deux prochains mois. RTS 1, de 19h00 à 20h30 environ, maintient heureusement et rigoureusement la présence d’émissions « maison », des téléjournaux ou la météo au « Dîner à la ferme » en passant par « Bye bye la Suisse » et « Temps présent ».

Ensuite, on entre dans des soirées thématiques divertissantes, sans s’occuper de dire si oui ou non on peut y trouver  des qualités et les défendre ou flétrir des défauts avec une verve aussi percutante que celle d’Alix Nicole — bienvenue au club  des critiques de télévision qui ne compte pas beaucoup de monde — pour « flinguer » dans “Télétopmatin du 16.06.2013, ‘DallasO.2″ qui n’est d’ailleurs guère enthousiasmant. il vaut la peine de savourer ce texte qui est une analyse assez acceptable de « DallasO.2 » :

(..) les producteurs ont perdu l’esprit de l’ancien « Dallas »: on ne retrouve pas le côté vénéneux de l’époque, çà manque d’aspérités. Il y a un trop grand décalage entre les vieux acteurs et la nouvelle génération. Des gamins dobybuildés côtoient un J.R presque grabataire. On essaie de mélanger l’eau et l’huile, du coup la sauce ne prend pas. (..) En voulant attirer les nostalgiques tout en draguant les jeunes, la série part dans tous les sens et on se demande à qui cela pourrait plaire. Les fans d’hier seront déçus et les autres n’y trouveront pas leur compte.

Il eut été intéressant de lire notre notre consoeur à propos d’une série de TF1, « JO », où la RTS apparait dans le générique.

Alors, en route pour goûter ce qui se passe sur RTS1 sept jours de juillet durant entre 20h30 et 01h00, environ 1950 minutes

Côté USA

  • samedi 6 juillet : trois films,  environ 310 minutes
  • dimanche 7 : sept épisodes de séries, environ 250 minutes
  • lundi 8 : choix en début de soirée entre deux films américains de 105 minutes chacun, plus trois épisodes de séries pour 140 minutes, en tout 245 minutes
  • Mercredi 10 : cinq épisodes de séries, pendant 205 minutes
  • Jeudi 11 : trois épisodes de séries, 110 minutes
  • vendredi 12 : deux épisodes et un film d’horreur nocturne, 185 minutes

Total des produits américains : mille trois cents et cinq minutes

Les exceptions européennes, partiellement culturelles

  • Mardi 9 : trois films français, 285 minutes
  • Jeudi 11 : un portrait de cinéaste et un film suisses : 110 minutes
  • Vendredi 12 : deux épisodes d’une série danoise, 110 minutes

Total des produits européens : cinq cents cinq minutes

Voici  le 72 % aux USA  et le 28 % à l’Europe réduite à un trio français, danois et suisse pour les mille et huit cents dix heures de fictions audiovisuelles. Le solde est occupé par la pub, les tirages de loterie et autres bandes de lancement De plus, les horaires octroyés aux présences suisse et danoise sont tardifs, à partir de 22h45 ou 22h35 pour prendre fin après minuit !

Vous avez dit  « diversité » ?

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1/ Un été nordique

 Sous ce titre, « Le temps » ( Samedi 6, dimanche 7 juillet 2013) vient de consacrer près de trois pages  à la Scandinavie, Danemark, Norvège, Suède et Finlande. Il va de soi que le sujet  de l’édito de Pierre Veya, intitulé « Ces pays qui peuvent nous inspirer », devait forcément faire quelque allusion à l’audiovisuel. Et peut-être bien que les 5,6 millions de Danois, 5.0 de Norvégiens, 9,5  de Suédois et 5,4 de Finlandais forment un entité culturelle plus étroite et attentive les uns aux autres que nos quatre suisses, rétho-romanche, alémanique, italienne et française.

Deux allusions à l’audiovisuel :

(..)un dynamisme culturel insoupçonné comme le prouvent le triomphe des séries TV danoises, le succès planétaire des polars suédois » (..) (Pierre VEYA )

 «  Rayonnement mondial dans le domaine des séries TV, à commencer par les danoises ( The Killing, Borgen) (page 3).

 Imaginons un tel texte paru dans les années soixante à quatre-vingt : on y aurait trouvé le nom d’Ingmar Bergman. Et dans les années nonante d’autres noms s’y seraient ajoutés, celui du Danois Lars von Trier, du finlandais Aki Kaurismaki.  D’ailleurs les cinéastes cités ont tous travaillé ou collaboré avec des chaînes de télévision. Et avec la série « L’hôpital », Lars von Trier avait exploré en pionnier la voie désormais royale des séries haut de gamme.

Confirmation d’un fait désormais incontournable : on ne peut plus parler de créativité audiovisuelle sans s’arrêter aux séries télévisées. En Suisse, on est encore assez loin des scandinaves pour les séries, mais on sent monter l’envie….

« Dallas2.0 » : en France mais pas en Suisse romande

Que peut donc offrir  le retour de « Dallas », plus de vingt ans après le dernier de 357 épisodes ? Qui s’y intéressera, des fans de « DallasO.1″ ou du jeune public qui en ignorait l’existence ? Une incursion vers la diffusion aux USA, en France sur TF1 et son absence sur la RTS s’impose.

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Mais d’abord un rappel :

Une deuxième saison pour la série SSR-SRG, chose rare encore....

Une deuxième saison pour la série SSR-SRG, chose rare encore….

Avis aux cinéphiles sériophiles : SSR-SRG et ses quatre entreprises du média télévision se sont unies pour proposer une deuxième saison entièrement consacrée au cinéma suisse. Ce seront donc, sur la RTS, dix portraits de cinéastes de vingt-six minutes, suivis d’un long-métrage nocturne, dix jeudis soirs dès 22h45. Le 27 juin 2013, ce fut  Ursula Meier (« Home »). Pour le 4 juillet, place à Fernand Melgar (« Exit »)

Fernand Melgar

Fernand Melgar

Ursula Meier tient son Ours à Berlin

Ursula Meier tient son Ours à (ou de) Berlin

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« Dallas 2.0 »

 Souvenirs plausibles

 Des magazines les plus populaires consacrés à l’audiovisuel avec beaucoup plus de place pour la télévision que la radio aux plus exigeants comme « Télérama », ils s’y sont tous mis pour saluer le retour de « Dallas ». Il faut pourtant avoir au moins quarante ans pour se souvenir des derniers des 357 épisodes des quatorze saisons proposés en francophonie de 1981 à 1989.  Mais il y a aussi les plus jeunes pour qui « Dallas 2.0″ est une nouveauté. Sans avoir retrouvé d’anciens textes, je me souviens pourtant d’avoir alors mis du temps avant d’apprécier la subtilité de l’écriture qui déjà dépassait l’unitaire en introduisant dans chaque épisode la fin d’une anecdote, le développement d’une deuxième et l’amorce de la troisième. Les affrontements souvent violents des Ewing entre eux et avec les autres, autour du pétrole, de l’élevage bovin,  de l’argent, du pouvoir, du sexe, c’était – un peu – l’élan et la fureur de la tragédie antique avec JR  (John Ross), Bobby, Sue Ellen, Pamela et les autres?  Admettons.

Larry Hagman, JR, décédé d'un cancer le 23.11.2013. Dans l'épisode 8 de la deuxiéme saison de "Dallas 2.0", Jr sera enterré entouré des siens.

Larry Hagman, JR, décédé d’un cancer le 23.11.2013. Dans l’épisode 8 de la deuxiéme saison de « Dallas 2.0 », Jr sera enterré entouré des siens.

Avoir 20 ans et regarder « Dallas 2.0 »

Exercice difficile : j’ai donc désormais l’espace d’un intertitre et durant deux mille signes vingt ans seulement. Je viens de découvrir sur TF1 les samedis  22 et 29 juin 2013 en deux trios les six premiers épisodes d’une série appelée « Dallas 2.0 » dont je ne sais rien, sinon qu’elle comporte dix épisodes d’environ quarante minutes, qu’une deuxième saison a déjà été montrée aux USA et que la troisième est en tournage, ce qui fait en tout une trentaine d’épisodes.

John Ross Ewing III (Josh Henderson), digne fils de JRII dans "Dallas2.0"

John Ross Ewing III (Josh Henderson), digne fils de JRII dans « Dallas2.0 »

Cela fait donc une fréquentation de plus de quatre heures avec huit personnages principaux, quatre couples de deux générations différentes, les pères et leurs femmes avec les fils et leurs compagnes. Les liens directs existent entre les hommes. John Ross III, fils de JR II et de son épouse Sue Ellen, est le digne successeur de son père, un parfait salaud lui aussi. Christopher est le fils adoptif de Bobby, frère de JR, qui s’est remarié avec une assez exquise et touchante Ann. Les femmes n’ont guère de liens entre-elles sinon que mariées elles portent le nom d’Ewing. Rebecca Sutter est l’épouse de Christopher qui cherche  des occasions de gagner beaucoup d’argent. Elena Ramos, l’ex-fiancée de Christopher, est tombée dans les bras et le lit de JR III. Les femmes de la jeune génération sont peut-être plus ambitieuses et plus dures que celles de l’ancienne. Une certaine « gentillesse » s’incarne chez  Bobby et Christopher.

On s’affronte en de multiples domaines, forer à nouveau du pétrole ou s’intéresser à des sources d’énergie plus écologiques, décider de l’avenir du ranch de Southfork dont on ne sait plus très bien qui est le vrai propriétaire : voilà quelques causes de conflits permanents qui pourraient tout de même être plus violents.

Sue Ellen Ewing, (Linda Grey), épouse JRII, a des ambitions politiques; le pouvoir, bien sûr...

Sue Ellen Ewing, (Linda Grey), épouse JRII, a des ambitions politiques; le pouvoir, bien sûr…

La série est-elle « impitoyable » comme le chante le générique ? Pas vraiment. Les personnages sont-ils presque tous plus vénéneux les uns que les autres ? Ils manquent d’aspérités. La jeune génération est–elle aussi féroce que l’ancienne ? Ils ne sont pas aussi méchants et sardoniques que JRII ! En fait, voici une série qu’il est difficile de classer dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée.  Mais en étant indulgent, ce n’est pas trop mal !!!

La diffusion de « Dallas2.0″

Dallas2.0 aux USA : le succès ?

Ressusciter en 2010 un « Dallas2.0 » dans le sillage d’un « Dallas1.0 » vingt ans après « Dallas1.0 » n’est pas une démarche culturelle. Elle est commerciale. « Dallas2.0 » a donc été produit par une télévision privée américaine cryptée, TNT. Il fallait tenter de profiter de l’ancien succès pour en connaître un nouveau sur le marché intérieur et bien entendu le vendre le plus souvent possible dans le plus grand nombre de pays, ce qui représente tout simplement un bénéfice net. Est-ce une bonne affaire ?

Aux USA, il semble bien que la nouvelle mouture soit considérée comme un succès. Les audiences de TNT en millions de spectateurs pour les dix épisodes de la saison 1 furent les suivantes : 6.86 – 6.86 – 4.76 – 4.08 – 3.36 – 3.63 – 3.88 – 3.25  – 3.25 – 4.29. Difficile savoir ce que signifient dans un pays de 315 millions d’habitants ces données pour un chaîne privée cryptée dont on ne connaît pas le nombre d’abonnés. Mais on peut noter que départ a presque sept millions n’a pas été confirmé dès le troisième épisode suivi d’oscillations entre le 4ème et le 9ème avec une légère remontée au dernier. Aurait-on joué sur le départ pour les ventes mondiales ?

Par contre, il est important de signaler que les dix épisodes ont été présentées en neuf soirées, le deux premiers liés, ce qui respecte évidemment l’esprit même de toute série sur petits écrans, passer par petites doses en créant à la fin de chaque épisode suffisamment de curiosité pour espérer maintenir l’audience d’une semaine à l’autre

Dallas2.0 sur TF1 : l’échec

Le samedi 23 juin 2013, les trois premiers épisodes ont été suivis respectivement par 3,83 millions de téléspectateurs, puis 3.40 et enfin 3.20 – une perte de vingt pourcent en cours de soirée. Les informations numériques du deuxième samedi sont en baisse, qui vont de 2.88 à 2.66 en passant par 2,78. La baisse en cours de soirée n’est que de 10 % ce qui signifie peut-être que ceux qui sont restés fidèles à « Dallas2.0 » résistent mieux à cette accumulation d’épisodes de quarante minutes qui trahissent l’esprit même de série et deviennent ainsi un long-métrage occupant près de deux heures agrémenté, bien entendu, de coupes publicitaires non pas entre épisodes mais durant leur développement.

3.5 millions le premier samedi contre 2.8 le deuxième , c’est  une perte de 20 % d’une semaine à  l’autre. Le 30 juin, ces 2.8 millions représentent une part de marché d’à peine 14 %, largement inférieure à la moyenne annuelle de TF1. Il y avait ce samedi soir vingt millions de français devant leur petit écran dans une population de 64 millions. C’est l’échec, peut-être même un accident industriel. On ne sait pas encore si « Dallas2.0 »sera déprogrammé. Car dans une chaîne généraliste commerciale, on ne badine pas avec les échecs.

Dallas2.0 sur la RTS : l’absence !!!

L’alignement des responsables des programmes de la RTS dans le domaine de la fiction en séries américaines qui envahissent le premier rideau sur TF1 est un fait. On s’étonne de l’absence de « Dallas2.0 ». La RTS s’efforce de proposer les séries qui sortent en France en particulier sur les réseaux commerciaux avant leur passage dans l’hexagone. Récemment encore, la RTS figurait au générique d’une opération commerciale de TF1 centrée autour du pâle « JO » qui n’aura pas de deuxième saison malgré les annonces de victoire lors du lancement de la première saison. La RTS se serait-elle heurtée à un problème contractuel, faute d’avoir su en signer un qui lui donnait la priorité sur la chaîne française ?

A noter en passant que suivre « Dallas2.0 » sur TF1, c’est rester tout de même en territoire publicitaire connu puisque la chaîne française accueille à bras ouvert la publicité suisse ! On se sent « chez nous » !

Et bien non, l’absence de « Dallas2.0 » qui n’est ni meilleur ni pire que des séries américaines comme « Hawaï5.0 », « Les experts », « Le mentaliste » et autres séries si prisées pour le premier rideau procède d’une origine culturelle.

Dans « TélétopMatin » du 16 juin 2013, à la question « Fallait-il relancer « Dallas » ?, Alix Nicole, discrète responsable de la programmation des fictions sur RTS répondait « non ». Voici son argumentation : « Les producteurs ont perdu l’esprit de l’ancien Dallas : on ne retrouve pas le côté vénéneux, çà manque d’aspérités. Il y a un trop grand décalage entre les vieux acteurs et la nouvelle génération. Des gamins bodybuildés côtoient un JR presque grabataire. On essaie de mélanger l’eau et l’huile, du coup, la sauce ne prend pas. En voulant attirer les nostalgiques tout en draguant les jeunes, la série part dans tous les sens et on se demande à qui çà pourrait bien plaire. Les fans d’hier seront déçus et les autres n’y trouveront pas leur compte ».

Ce rejet se fonde uniquement sur une comparaison qu’une partie du public ne saurait faire. On  n’a pas souvent l’occasion de lire dans la presse romande une aussi brillante démolition d’une série américaine qui devait être de qualité et populaire autrement dit de faire bonne figure. Une telle sévérité pourrait aussi s’exercer à  l’égard d’autres séries proposées par la RTS. Mais il faut laisser à Mme Nicole d’avoir deviné l’échec admis par TF1 et de pouvoir affirmer sans hésitation que les fans d’hier seraient déçus et les autres, autrement dit les jeunes, ce public qui ne représente pas les meilleures audiences de la RTS, n’y trouveraient pas leur compte. Et que dire alors de « T’es pas la seule » ou  » Port d’attache »  : « Dallas2.0″ leur est tout de même supérieur !!

Mais n’est-ce pas aussi avec une telle sévérité lucide dans l’argumentation que la RTS oublie de montrer « Hatufim » d’Israël, « Miss Fisher enquête » d’Australie, « Détectives » de France 2, « Real humans » de Suède ou encore « Dexter » des USA ?

Côté séries et « OsKar » n’était pas à « Infrarouge »!

Côté séries

Avis de nouveauté aux « sériophiles ».

Real Humans (100% humain)

Sur ARTE, une nouvelle série nordique, cette fois suédoise, ainsi présentée sur le site:

Tous les jeudis du 4 avril au 2 mai à 20h50

Mimi / Anita (Lisette Pagler)

 

Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à s’y méprendre aux êtres humains qu’ils remplacent dans les tâches domestiques.

Une cohabitation qui engendre des relations complexes et des émotions contrastées, entre amour et haine, alors que certains humanoïdes rêvent d’émancipation

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The killing(US) – Saison 2 – RTS 2 dès 23h40 le 4 avril 2013

Il existe une seconde version de « The Killing », respectueuse de l’originale danoise, qui se déroule à Seattle.   Rappelons que la série traite trois sujets, la recherche d’un meurtrier, la destruction d’une famille qui accomplit son deuil, la politique peut-être mêlée au crime au moment d’une élection.

Une fois de plus, un grand bravo pour cette courageuse programmation d’une  série haut de gamme, alors que NCIS mérite le premier rideau surRTS1 et que  l’américaine « Hung » passe à la même heure. Normal: « The Killing(US) est une série américaine haut de gamme d’origine européenne donc dangereusement « intellectuelle »! L’eau monte pourtant à la bouche de sériophiles noctambules.

Michelle Forbes interprète Sarah Linden dans la version US

Michelle Forbes interprète Sarah Linden dans la version US
Sofia Grabel, la Sarah Linden de la version danoise, tient un petit rôle dans la deuxième saison de la verson US

Sofia Grabel, la Sarah Linden de la version danoise, tient un petit rôle dans la deuxième saison de la version US

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«  Os K ar  n’était pas à « Infrarouge » !

Pas de complément « verbal », seulement quatre illustrations, quatre « commentaires » signés Mix&Remix. Les participants à chaque débat ne se rendent probablement pas compte du sens de ces interventions. Le comprendrait-il que cela pourrait bien donner lieu à quelques empoignades désordonnées. Savourons l’impertinence provocatrice !

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Si vous dites « Oskar », écrit avec un « k », vous êtes valaisan.  Vous employez « Freysinger » ou même « Monsieur » ?  Vous êtes d’ailleurs. Mais vous savez que les dernières élections valaisannes, deuxième tour compris, ont mis en lumière quatre faits : le brillant résultat d’Oskar, qui n’est pas forcément celui de l’UDC, le progrès d’un tour à l’autre de Mme Waeber-Kalbermatten, socialiste, haut valaisanne et femme , fort spectaculaire,  le PLR qui disparaît de l’exécutif, la majorité relative  du PDC  au Grand Conseil qui conserve pourtant l’absolue au Conseil d’ETAT.

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« L’Hebdo », (21.03.2103), a décerné des compliments à l’émission de mots ( dite « talk-show ») la plus réussie, en multiples catégories, participatif, libre, littéraire, expert, convivial : que des victoires françaises ! On y prend tout de même le pouls suisse romand, celui qui bat assez bien avec le « Pardonnez-moi » de Darius Rochebin, l’autre qui bat de l’aile, à « Infrarouge ».

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Esther Mamarbachi met  en cause l’étroitesse du bassin de population pour renouveler le panel des invités. Elle devrait pourtant s’interroger sur les choix de ses sujets. Des quatre axes de l’élection valaisanne, elle ne retient que celui qui concerne « Oskar », lequel d’ailleurs n’aurait pas voulu ou pu honorer l’émission de sa présence ! Un dessin de Mix&Remix  résume bien la situation !

 

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C’est quoi, un bon conseiller d’Etat, demandait Esther M, sensibilités PDC et PLR absentes du débat ? Pour contribuer à la réponse, deux présences neuchâteloises. Frédéric Hainard reste tout de même assez discret. Et le candidat Yvan Perrin, regard étrange, se porte bien, foi de son médecin !

PS : « Avant et après » !

Le caillou du candidat Varone a fait grands bruits avant l’élection. Mais le candidat savait-il que le caillou tenait peut-être du châpiteau turc. Un historique emblème de la grande Allemagne sis dans le bureau de l’élu Freysinger fait petit bruit après l’élection. Mais l’élu savait-il que le drapeau est vénéré par les néonazis ? Mieux valait que cela se sache après qu’avant !

L’importance de « The Gatekeepers »

Une organisation israélienne

Le « Shin Beth » (ou Shabak) est une organisation de l’Etat d’Israël dont la mission principale, depuis des décennies, est la lutte contre le terrorisme, celui des Palestiniens, des islamistes, mais aussi des Israéliens extrémistes, de droite y compris. L’un de ses dirigeants, Ami Ayalon, se réfère à Clausewitz pour qui la victoire est la capacité de créer une réalité politique meilleure, ,mais reconnaît presque douloureusement que nous gagnons chaque bataille, mais nous perdons la guerre.

 

Ami Ayalon

Ami Ayalon

Une bataille perdue

Le « Shin beth » a reçu des gouvernements successifs mission de protéger Israël contre le terrorisme des Palestiniens, mais aussi celle de surveiller les extrémistes israéliens, associés souvent à la droite religieuse. Il a perdu au moins une bataille. Isaac Rabin, en 1995, auquel le responsable de l’organisation avait conseillé de porter un gilet pare-balles ce que le président du gouvernement refusa de faire, a été assassiné par un fanatique religieux. L’organisation n’avait jamais inscrit son nom dans les listes pourtant bien remplies des activistes à surveiller.

Le succès du document

L'affiche du film

L’affiche du film

« The gateekkpers » est un film israélien de Moreh Dror qui s’est retrouvé parmi cinq autres documents du monde entier dans la cour à l’oscar, sans l’avoir gagné. La RTS ( dimanche 3 mars avec reprise lundi 4 sur RTS 2 ) et ARTE ( mardi 5 ) l’ont proposé à leurs publics. Le passage sur ARTE a donné, en France, une part de marché de près de 4 %, frôlant le million de spectateurs.

Gros efforts de promotion

Un gros effort avait été fourni par ARTE pour sa présentation du mardi, avec force articles de presse. La RTS en a fait son « Histoire vivante » qui propose cinq heures de radio du lundi au vendredi de 20h00 à 21h00 sur « La première » alors que la RTS en fait l’attraction du dimanche soir. Un lien est aussi annoncé avec « La Liberté », associée à l’opération dans son édition du 1er mars, avec une page entière empruntée à Annette Lévy-Willard parue dans « Libération ».

 La force du « Verbe »

 

Dror Moreh

Dror Moreh

« The gatekeepers » de Dror Moreh est un remarquable document de nonante minutes d’une grande simplicité. Les entretiens avec des anciens dirigeants du « Shin Beth » sont conduits devant un décor qui ressemble à un centre de commandement avec multiples cartes ou écrans. Entre les plans « parlés  » en hébreu, mais traduits, sans masquer les voix de chacun, s’intercalent des documents filmés et des photographies qui évoquent des événements, dont quelques-uns désormais inscrits dans l’histoire. Le point fort, c’est le « Verbe ».

Les patrons en plein doute

Les anciens chefs du « Shin Beth » ont tous ou presque admis qu’il ne peut être question de morale dans la lutte antiterroriste, au point que le travail de l’organisation a ramené les attentats de quelques centaines à petites dizaines par année. L’efficacité du « Shin beth » était réelle, mais en quelque sorte amère.

La « mission » des antiterroristes,  vaincre le terrorisme n’est donc pas créer de meilleures conditions politiques pour éviter la poursuite de la guerre. Il y a dans l’action dirigée par les témoins mis en confiance par Moreh une totale absence d’esprit de vengeance, mais aussi une totale impossibilité de s’en tenir à des règles de morale.

Les "patrons" successifs du

Les « patrons » successifs du Shin Beth

L’absence d’une vision politique

Faute d’une réponse politique, et clairement une vraie négociation politique entre Israël et les Palestiniens pour la création d’un état palestinien, la mission au final est un échec. Cet échec pour les anciens chefs du « Shin beth » est celui des politiciens qui n’ont pas su ouvrir de vraies négociations conduisant à la coexistence de deux états. Ils portent la responsabilité de la situation actuelle qui continue d’être dans une impasse

L’un des anciens patrons finit dès lors par expliquer que, une fois quittée l’organisation, il a couru le risque de devenir gauchiste tant est grande cette absence de vision politique, qui devrait forcément conduire à négocier les conditions de la coexistence de ceux états. Et c’est pour lui chose douloureuse que de le dire.

Les patrons du « Shin Beth »  ont ainsi fait preuve d’un réel courage politique en exprimant leurs réserves fondamentales sur la mission qui fut la leur. Ils ont ainsi fait la démonstration de l’existence d’une totale liberté d’expression sur les limites d’une politique dans le pays qui est le leur et cela, semble-t-il, sans encourir de poursuites.

Le récent renouvellement des autorités législatives israéliennes fut décevant par Benjamin Natanayou. Un fort courant, 20 % des sièges, a suivi Yaïr Lapil, un ancien animateur de la radio devenu ministre des Finances, dans un gouvernement de coalition. Selon certains observateurs, la projection de « The gatekeepers » aurait contribué à succès d’un partisan de nouvelles négociations avec les Palestiniens.

Yaïr Lapid

Yaïr Lapid

 

L’attaque aveugle, par des drones.

L’un des participants évoque l’incroyable situation dans laquelle il s’est trouvé au moment où il fallait donner l’ordre de tirer sur une cible humaine repérée sans savoir si des innocents n’étaient pas aussi dans le champ. L’exécution réussie à l’aveugle n’allait pas sans profonde interrogation par la suite. Sur ce récit, l’image montre un véhicule suivi sur un écran qui se déplace et l’effet du tir.

En fait, la bataille qui alors se déroule est assez nouvelle. Elle est purement technique. C’est ainsi que l’Amérique d’Obama livre guerre en Asie, qui connut un sommet de réussite avec la mise à mort de Ben Laden, fait un recours aux drones.

De « Gatekeepers » à « Homeland ».

Arbitraires, les considérations qui suivent ? Peut-être bien. Dans une série israélienne, « Hatufilm », le scénariste Gidéon Raff relate le retour de deux soldats israéliens en Israël libérés après sept ans de détention. Il s’y interroge sur difficulté de réintégration dans la vie civile après un puissant traumatisme provoqué par la guerre.

Les Américains de HBO ont décidé d’adapter la série de Raff en associant le scénariste israélien à leur travail. Le résultat est largement connu, c’est « Homeland », La première saison a déjà été diffusée en Suisse. La décision de tourner une troisième est prise.

Carrie Mathinson ( Claire Danes ) et Saul Berenson (Mandy Patinkin, deux agents de la CIA, la première subordonnée du second

Carrie Mathinson ( Claire Danes ) et Saul Berenson (Mandy Patinkin, deux agents de la CIA, la première subordonnée du second

Il s’agit aussi de savoir comment des anciens prisonniers retenus en IRAK se réintègrent dans la société américaine. On verra le rôle fondamental joué par les dégâts commis par aveuglément par un drone dans la série, dégât qui a contribué au traumatisme causé sur des anciens combattants de retour au pays. « Homeland est ainsi en partie une réflexion sur cette nouvelle forme de bataille de pure technique, avec des drones qui eux sont aveugles quand ils obéissent à des ordres techniques.

Carrie et Saul, devant deux images d'anciens combattants : coupables ? non-coupables ?

Carrie et Saul, devant deux images d’anciens combattants : coupables ? Non coupables ?

L’audiovisuel contemporain, qu’il s’exprime dans « The gatekeepers », un document, que dans « HOMELAND », une série télévisée ou  encore dans « Zéro Dark Thirty », le film de Kathryn Bigelov, aborde de front la guerre moderne et exprime ou fait sentir les réserves qui s’imposent.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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