Emissions RTS
Les « Docs » de la RTS
Dès le vendredi 24 mai à 20h10, durant cinq semaines, la RTS propose une nouvelle mini-série de cinq fois quarante-cinq minutes, « La part de l’autre » de Christophe Chiesa. Le tournage en immersion s’est déroulé durant trois mois aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV). Certes, il s’agit d’une médecine de pointe. Mais plus encore de comprendre ce que donner ou recevoir un organe représente, dans un pays comme le nôtre où les donneurs sont trop rares.. Voici une première image :
Avertissement : ce long texte comprend différents chapitres précédés d’intertitres. Ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Des sous-titres interviennent dans les différents chapitres:
- 1/ L’unité des films documentaires depuis 2001
- 2/ De l’idée à la réalisation
- 3/ De la diffusion
- 4/ Contribution à la cohésion nationale
- 5/ Reconnaissance internationale
Le texte avec des lettres droites comme un « i » apporte des informations, y compris celles qui résultent des contacts avec Mme Challand, par téléphone et courriels successifs. Les parties en italiques se rapprochent de remarques plus personnelles ou signalent des questions à poser en vue d’obtenir de prochaines réponses (à suivre).
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1/L’unité des films documentaires depuis 2001
L’unité des films documentaires, créée par la direction de la RTS en 2001, par Gilles Marchand et le responsable des programmes d’alors, Raymond Vouillamoz, se compose actuellement de treize personnes, alors qu’ils n’étaient que quatre au départ. Il fallait répondre à un réel besoin de documents de création dans le format d’un long-métrage de cinéma, environ nonante minutes alors que les reportages pour la tv s’en tiennent souvent à cinquante-deux minutes au maximum. Il était important d’avoir une cellule qui puisse procéder à des échanges et collaborer avec celles de France Télévision et d’ARTE (plus de vingt co-productions depuis 2001). L’unité collabore aussi avec des producteurs et réalisateurs romands, entre autres.
Gaspard Lamunière assiste Irène Challand depuis un peu plus de huit ans. Il a par exemple activement participé à la production d’une série nationale consacrée à des cinéastes suisses, en en confiant la réalisation et le montage à de jeunes professionnels. Il collabore actuellement à un imposant travail de collaboration avec le CICR tout en étant souvent engagé aux côtés d’I.Ch dans le domaine des échanges internationaux.
2/ De l’idée à la réalisation
L’unité des films documentaires de la RTS a la chance de maîtriser pratiquement toute la chaîne qui aboutit à une diffusion. Au départ, il y a une idée, un projet qui retient l’attention à l’interne. Il s’agit alors d’examiner la structure du financement, qui va de la production par les seuls moyens de la RTS à l’achat d’un produit terminé en passant par la co-production avec un partenaire suisse majoritaire ou minoritaire, ou étranger minoritaire ou le pré-achat qui garantit un passage antenne. Bien entendu, sur le projet est parlé dans une autre langue que le français, il faudra décider de la formule d’adaptation, par traduction ou sous-titrage. Ce cas particulier peut se présenter à l’intérieur de la SSR-SRG, partenariat avec Berne ou avec Zürich ou le Tessin. C’est là un aspect important de la cohésion nationale. Toute co-production peut être construite pour une diffusion au cinéma puis à la télévision ou ne prévoir que de diffusions que sur le petit écran et ses dérivés.
Les coûts à la minute vont de cent francs pour un achat à deux mille francs dans les co-productions majoritaires. Les contrats signés, l’unité suit le tournage et le montage et donne son accord avant les finitions.
Il n’est pas simple de calculer le coût réel d’une production aboutissant à la notion de coût-minute qui est tout de même une indication, comme le directeur de la RTS, Gilles Marchand, le déclarait lors d’une conférence à la SRT de Neuchâtel. Mais il se pourrait que cette complication de calcul soit aussi le reflet d’un manque volontaire de transparence.
Entre la SSR et les milieux du cinéma suisse existe un accord, « Le pacte de l’audiovisuel » qui dispose de vingt-deux millions de francs par année pour l’ensemble de la Suisse. L’unité des Docs de la RTS émarge pour deux millions à ce fonds.
Mais il existe d’autres sources de financement interne à l’entreprise sur lesquelles il faudrait demander des informations complémentaires qui pourraient introduites dans ce texte au fur et à mesure de leur obtention. Cela pourrait bien n’être pas très aisé, la transparence n’étant pas une qualité nécessaire pour la SSR qui donne parfois un peu l’impression de se plaire en zone d’ombre.
3/ De la diffusion
Une œuvre audiovisuelle de documentation terminée doit donc être portée à l’antenne. Il devrait aller de soi que les responsables de son existence prennent une part importante dans la diffusion au(x) public(s), dans des cases qui sont réservées à l’unité, à des heures différentes, sur des supports différents, y compris internet et ses réseaux sociaux ou sur portable et autres tablettes de lecture.
Dans la grille des programmes hebdomadaires, les « Docs » occupent plusieurs cases en période « normale » :
+ sur RTS 1, le dimanche dans la matinée « Le doc nature » et « Le doc expédition »
+ sur RTS 2, apparaissent le dimanche soir vers 21h00, « Histoire vivante » et en fin de soirée « Le doc.ch », le lundi « Le doc du lundi » en premier rideau avec reprise d’ « Histoire vivante » en fin de soirée. On trouve encore le jeudi en début de soirée le « Doc nature ». Le « Doc.ch » est parfois remplacé par le « Doc.visions du réel ».
La présence des « docs » est donc plus forte sur RTS 2 avec d’excellents premiers rideaux que sur RTS1. De plus, les dimanche et lundi sont en principe peu propices à l’invasion par le sport-roi. Donc « Les DOCS » n’ont pas à subir les renvois ou les retards qui affectent souvent la fiction.
«Histoire vivante » sur RTS
« Histoire vivante », programme de nonante minutes environ, est proposé le dimanche en milieu de soirée avec reprise tardive le lundi. C’est un des « phares » de l’unité. A partir du sujet du document, la radio « La première » consacre durant cinq jours ouvrables par semaine une émission entre 20h00 et 21h00. La collaboration thématique s’étend à la presse écrite puisque « La Liberté » publie sur le sujet de la semaine une page entière le vendredi. Certains des récents sujets méritent d’être rappelés, « Gatekeepers » israélien ( 03.03.2013) et « La Chine » ( 17 février). Assez fréquemment, les parts de marché s’inscrivent parmi les meilleures de la chaîne
Le « Doc événement » sur RTS 1
Le « Doc événement » prend place de temps en temps sur RTS1 en soirée thématique qui fait suivre une projection d’un débat dans le cadre d’ »Infrarouge ». On peut citer par exemple ce qui fut fait avec « Vol spécial », « La saga des Perrochon » ou encore le très récent « Chronique d’une mort oubliée ».
L’exemple de « Romans d’ados »
« Romans d’ados » occupe une place particulière. Entre l’idée de base et la diffusion, sept ans se seront passés. Il s’agissait de suivre un groupe de jeunes passant de l’enfance à l’adolescence sans savoir comment les choses se dérouleraient dans le temps, dans une petite ville de « province », Yverdon. Il fallait de l’audace pour proposer un tournage qui prendrait une demi-douzaine d’années sans pouvoir garantir qu’il y aurait une mini-série et qu’elle serait intéressante. Et il fallait une Direction alors nouvelle qui ose prendre le risque de dire oui à une telle aventure.
Le résultat est connu. Les quatre films de « Romans d’ados », après une sortie réussie dans les salles de Suisse romande, ont « cartonné » comme disant ceux qui aiment s’appuyer sur l’audimate. L’étude attentive de l’audience aura permis de dépasser l’observation quantitative pour une analyse qualitative fine : l’impact sur les jeunes de 15 à 24 ans fut nettement supérieur à la moyenne annuelle dans cette classe d’âge. Le nombre de téléspectateurs ne s’est pas effrité durant chaque heure de projection. Une expérience audacieuse réussie aura aussi conduit à un examen qualitatif en finesse des informations données par l’audimate.
4/ Contribution à la cohésion nationale
Le rapprochement entre « La première » radiophonique et « Les Docs » télévisés fonctionne bien avec « Histoire vivante ».
Un réel besoin de mettre du temps à disposition pour aborder des problèmes sous des angles multiples conduit actuellement à passer par le format de la mini-série. Il y a quelques mois, « D’une jungle à l’autre », une expédition « psychiatrique » en Amérique du sud avec patients et soignants a reçu un très bon accueil. Le même principe vaut pour « Le tour du Cervin » proposé par « Passe-moi les jumelles » en avril et mai 2013.
Sur RTS1, dès le vendredi 24 mai en premier rideau, sous la houlette du « doc.ch » qui quitte pour quelques semaines sa case nocturne pour le premier rideau, ce sera « La part de l’autre » tourné aux HUG ( Hôpitaux Universitaires de Genève) sur des transplantations.
Une autre mini-série fera une plongée dans la vie bouillonnante du quartier des Paquis à Genève, avec sortie fin 2013.
Une série nationale, consacrée à la Croix-Rouge, est suivie côté romand par Gaspard Lamunière, le bras droit d’Irène Challand. Ce sera une preuve par l’acte que les trois chaînes de la SSR-SRG savent travailler en commun en une intéressante forme de cohésion nationale dont on a souvent parlé ces dernières années. La série sera diffusée par les trois canaux principaux de la SSR.
Cette cohésion s’est aussi concrétisée par certaines adaptations de mini-séries tournées à Zürich qui n’en est pas à son coup d’essai avec le récent « Les médecins assistants » de l’hôpital d’Interlaken, les différentes personnalités ayant permis d’enrichir la mini-série à travers un collaborateur de la REGA, par exemple
Des rencontres plus fréquentes au niveau national en sont bonne partie à la base de ces collaborations qui témoignent d’un effort de cohésion nationale.
5/Reconnaissance internationale
« Romans d’ados » fera-t-il l’objet d’une adaptation en Suisse alémanique et au Tessin ? Une certitude : les quatre films ont été présentés par TV5 Monde avec succès. Cela ne se produit pas très souvent.
Certes, quand « Les docs » produisent, co-produisent ou pré-achètent une émission ou une série, le générique – que souvent personne ne lit – fait apparaître les noms d’Irène Challand et de Gaspar Lamunière. Irène Challand admire des grands aînés comme Claude Goretta, Claude Torracinta ou encore André Gazut qui ont fait beaucoup pour que la RTS occupe une bonne place aussi au niveau international. L’équipe des Docs, en pays francophones en tous cas, c’est celle qui aura appuyé des gens comme Jean-Stéphane Bron (« Mais im Bundeshuus », « Cleveland contre Wall Street) ou Fernand Melgar ( La forteresse, Vol spécial) dont la réputation a largement dépassé les limites de la Romandie et les frontières de la Suisse.
Lors d’un récent cours de formation destiné à des collaborateurs de chaînes de télévision du pays du « printemps » arabe au Moyen-Orient où elle était invitée comme experte avec des collègues d’Arte, Irène Challand fut interrogée sur les projets des Bron ou Melgar, qui furent donc largement soutenus par « les Docs ». La réussite de l’ « Unité des films documentaires » de la RTS passe aussi par sa bonne réputation acquise au niveau francophone au moins.
Alors, tout est pour le mieux dans la meilleure des télévisions, la RTS ? Il reste à poser quelques questions qui pourraient mettre un ou deux bémols qui n’affecteront pas la satisfaction exprimée par ce texte. Donc à suivre…
Côté séries et « OsKar » n’était pas à « Infrarouge »!
Côté séries
Avis de nouveauté aux « sériophiles ».
Real Humans (100% humain)
Sur ARTE, une nouvelle série nordique, cette fois suédoise, ainsi présentée sur le site:
Tous les jeudis du 4 avril au 2 mai à 20h50

Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à s’y méprendre aux êtres humains qu’ils remplacent dans les tâches domestiques.
Une cohabitation qui engendre des relations complexes et des émotions contrastées, entre amour et haine, alors que certains humanoïdes rêvent d’émancipation
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The killing(US) – Saison 2 – RTS 2 dès 23h40 le 4 avril 2013
Il existe une seconde version de « The Killing », respectueuse de l’originale danoise, qui se déroule à Seattle. Rappelons que la série traite trois sujets, la recherche d’un meurtrier, la destruction d’une famille qui accomplit son deuil, la politique peut-être mêlée au crime au moment d’une élection.
Une fois de plus, un grand bravo pour cette courageuse programmation d’une série haut de gamme, alors que NCIS mérite le premier rideau surRTS1 et que l’américaine « Hung » passe à la même heure. Normal: « The Killing(US) est une série américaine haut de gamme d’origine européenne donc dangereusement « intellectuelle »! L’eau monte pourtant à la bouche de sériophiles noctambules.
- Michelle Forbes interprète Sarah Linden dans la version US

Sofia Grabel, la Sarah Linden de la version danoise, tient un petit rôle dans la deuxième saison de la version US
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« Os K ar n’était pas à « Infrarouge » !
Pas de complément « verbal », seulement quatre illustrations, quatre « commentaires » signés Mix&Remix. Les participants à chaque débat ne se rendent probablement pas compte du sens de ces interventions. Le comprendrait-il que cela pourrait bien donner lieu à quelques empoignades désordonnées. Savourons l’impertinence provocatrice !
Si vous dites « Oskar », écrit avec un « k », vous êtes valaisan. Vous employez « Freysinger » ou même « Monsieur » ? Vous êtes d’ailleurs. Mais vous savez que les dernières élections valaisannes, deuxième tour compris, ont mis en lumière quatre faits : le brillant résultat d’Oskar, qui n’est pas forcément celui de l’UDC, le progrès d’un tour à l’autre de Mme Waeber-Kalbermatten, socialiste, haut valaisanne et femme , fort spectaculaire, le PLR qui disparaît de l’exécutif, la majorité relative du PDC au Grand Conseil qui conserve pourtant l’absolue au Conseil d’ETAT.
« L’Hebdo », (21.03.2103), a décerné des compliments à l’émission de mots ( dite « talk-show ») la plus réussie, en multiples catégories, participatif, libre, littéraire, expert, convivial : que des victoires françaises ! On y prend tout de même le pouls suisse romand, celui qui bat assez bien avec le « Pardonnez-moi » de Darius Rochebin, l’autre qui bat de l’aile, à « Infrarouge ».
Esther Mamarbachi met en cause l’étroitesse du bassin de population pour renouveler le panel des invités. Elle devrait pourtant s’interroger sur les choix de ses sujets. Des quatre axes de l’élection valaisanne, elle ne retient que celui qui concerne « Oskar », lequel d’ailleurs n’aurait pas voulu ou pu honorer l’émission de sa présence ! Un dessin de Mix&Remix résume bien la situation !
C’est quoi, un bon conseiller d’Etat, demandait Esther M, sensibilités PDC et PLR absentes du débat ? Pour contribuer à la réponse, deux présences neuchâteloises. Frédéric Hainard reste tout de même assez discret. Et le candidat Yvan Perrin, regard étrange, se porte bien, foi de son médecin !
PS : « Avant et après » !
Le caillou du candidat Varone a fait grands bruits avant l’élection. Mais le candidat savait-il que le caillou tenait peut-être du châpiteau turc. Un historique emblème de la grande Allemagne sis dans le bureau de l’élu Freysinger fait petit bruit après l’élection. Mais l’élu savait-il que le drapeau est vénéré par les néonazis ? Mieux valait que cela se sache après qu’avant !
Chronique d’une mort oubliée
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Pierre Morath consacre un document d’une grande dignité à la découverte en mai 2005 d’un corps vingt-huit mois après sa mort. Un débat de grande valeur suit la projection de « Chronique d’une mort oubliée » (RTS 1 – 16.01.2013) découvert à « Visions du réel » à Nyon en avril 2012. La télévision sait alors se faire indispensable pour contribuer à éviter de laisser des personnes dans une immense solitude. De Janvier 2003 à janvier 2013, il y a dix ans….
En mai 2005, un corps d’os et de poussière est découvert dans un appartement d’un immeuble locatif de Genève. Quelques jours plus tard, avec un texte paru dans la « Tribune de Genève », tombe une nouvelle stupéfiante. La mort se serait produite il y a 28 mois. Le gouvernement genevois commandite ensuite une enquête en imposant une condition de confidentialité.
Le cinéaste Pierre Morath se lance dans une longue investigation qui aboutit, en avril 2012, à la présentation de « Chronique d’une mort oubliée » au festival de Nyon où il reçoit un accueil digne de ses qualités. Huit mois plus tard, la RTS présente le film en premier rideau qui sera suivi d’un débat d’un remarquable niveau.
Comprendre les mécanismes d’un oubli
Avant 2005, les proches du défunt n’ont rien entrepris pour trouver les raisons de son absence. Les institutions, publiques ou privées, n’ont pas davantage fait preuve de curiosité. Mais le document de Pierre Morath ne se fait pas du tout accusateur : il cherche à comprendre et y parvient souvent comment un tel oubli a pu s’installer.
Impossible ou presque qu’un document puisse permette de comprendre les raisons d’une décès dans de telles conditions. Il y a peut-être un côté suicidaire volontaire ou non dans une telle solitude. Ce renoncement à vivre pourrait bien avoir précédé la mort physique. Le document ne se hasarde pas à poser à une telle question laissant quelques-uns, parfois, à leurs regrets personnels.
Contribuer à briser des solitudes
Par contre, le débat qui suivit la projection du document aura fait apparaître des ouvertures qui devraient contribuer à briser des solitudes. Pour les institutions, une meilleure collaboration entre elles apparaît indispensable. Pour les personnes, une plus grande attention à l’égard des isolés s’impose comme un devoir de solidarité active.
Une clause de confidentialité
Vingt- huit mois ont séparé la mort de la découverte du corps. Le conseil d’Etat genevois, en demandant une enquête à un expert, réagissait positivement à cet oubli. On peut toutefois s’étonner d’une clause de confidentialité qui, à en croire un participant au début, n’est que partiellement levée actuellement.
Pierre Morath s’est ensuite lancé dans une longue investigation qui lui a permis, en avril 2012, de présenter son film dans un festival qui aura contribué à attirer une première fois l’attention sur un mort longtemps oublié. Il a fait, répétons-le, un remarquable travail. Le début s’est montré digne du film. A noter que la publicité télévisée ne s’est exceptionnellement pas glissée entre le document et le débat!
Mieux vaut tard que jamais
Mais d’avril 2012 lors de la présentation en public à Nyon à janvier 2013 avec un « Infrarouge » en deux parties, il y a près de neuf mois. Et de janvier 2003 à janvier 2013 il y a dix ans. Or l’impact sur des milliers de téléspectateurs, après celui provoqué par des articles de presse et des informations audiovisuelles, peut être important, pour contribuer à éviter de trop grandes solitudes. Il aura fallu attendre longtemps pour que la télévision fasse assurément œuvre utile, grâce à une prise de position de l’équipe des « Docs » sur un sujet qui aurait peut-être aussi pu retenir l’attention de « Temps présent ». S’il est une occasion d’utiliser le cliché du « mieux vaut tard de jamais », c’est bien celle-ci !
« La grande battle » contre « Tango »
A l’attaque !
Participant il y a quelques mois à la deuxième émission de “Tango”, Nicole Baur, déléguée à la politique familiale et à l’égalité du canton de Neuchâtel, a récemment fait part dans les colonnes de L’express/L’Impartial ( édition du 7 novembre 2102) de son mécontentement à propos de la manière dont elle fut accueillie en direct, en formulant aussi de sérieuses réserves sur le contenu et la forme de l’émission.
A la contr’attaque !

Pour les couleurs du décor de « Tango » et la caméra plutôt que pour les animateurs pas très à l’aise ( Photo RTS)
Sofia Pekmez et Michel Zendali, journalistes, Christian Karcher, producteur, ont répondu dans le même journal ( édition du 10 novembre )à son “attaque” par une description de l’émission qui va du reste quitter l’antenne. Dans “Tango”, “on peut être sérieux sans être docte, convaincant sans être hautain et informatif sans être ennuyeux (..) Le service public (..) a le devoir de divertir autant que d’informer. “Tango” est une tentative de faire les deux dans un même programme”. Si “Tango” était un bon reflet de ces intentions, on pourrait prendre sa défense. Impossible de le faire !
Un hasard bien venu
J’hésitais à consacrer une chronique pour formuler uniquement des réserves au sujet de deux échecs actuels de la RTS, “C’est la jungle”, animée par Martina Chyba (lundis soirs) et “Tango” ( parfois le mercredi soir). C’est un peu par hasard que je suis tombé sur “La grande battle” (France 2, mardi 13.11.2012) bien conduite par Nagui, subtilement accompagné par Jean-François Zygel.
Faire aimer la musique classique
France proposait donc pour la deuxième année consécutive la finale d’un vaste concours organisé dans le cadre d’une émission d’abord destinée à faire aimer la musique classique. Il y eut en 2011 près de trois millions de spectateurs, selon JF Zygel, un record pour un spectacle musical à partir d’un art qui reste souvent élitaire.

La préparation d’une installation sonore de l’équipe de « ZicZazou » qui sortira vainqueur du concours 2012 le « La grande Battle » ( Photo France 2)
Voici les choix de 2012 :
- BEETHOVEN, Symphonie n°9 – Hymne à la joie
- BIZET, Carmen – L’amour est un oiseau rebelle
- BRAHMS, Danse hongroise n°5
- HAENDEL, Suite en ré mineur – Sarabande
- MOZART, Une petite musique de nuit – Allegro
- ROSSINI, Guillaume Tell – Ouverture
- TCHAÏKOVSKI, Casse-Noisette – Valse des Fleurs
- VERDI, Traviata – Libiamo
Des informations sont données sur les huit compositeurs dont la partition est interprétée par un orchestre symphonique. Après un discussion avec des invités arrive une quatrième partie : les huit rescapés d’un concours national interprètent chacun une partition de manière inattendue, libre, délirante, folle, humoristique, rendant huit beaux hommages à huit compositeurs.
Diriger un orchestre
L’orchestre “sérieux” était formé des lauréats du conservatoire dirigés par une très énergique jeune femme par gestes donc sans baguette, Alexandra Cravero. Elle s’est prêtée à une intéressant démonstration : elle a montré comment ralentir ou accélérer le rythme, comment assourdir ou renforcer l’ampleur sonore. Elle a même cédé la place à Nagui qui s’est alors livré à une pitrerie un brin déplacée dans le cadre d’une bonne démonstration sur le rôle essentiel du chef.
La liberté des hommages !

L’équipe de ZicZazou sur le plateau de « La grande Battle » lors de sa déclaration impertinente d’admiration à » L’amour est oiseau rebelle »de Bizet repiqué dans « Carmen » sans le moindre instrument normal ( Photo France 2)
Après un discussion avec des invités arrive une quatrième partie : les huit rescapés d’un concours national interprètent leur partition de leur choix de manière inattendue, libre, délirante, folle, humoristique, rendant huit beaux hommages à huit compositeurs. Vainqueurs d’un concours national dont les huit meilleurs ont été désignés par les internautes, les porteurs de bleus de travail ont offert “L’amour est un oiseau rebelle” en multipliant les objets capables d’émettre des sons qui n’ont souvent rien à voir avec leur usage normal. Ce fut délicieux. Et j’aurai partagé le choix des jurys couronnant l’équipe de ZicZazou. Splendide et involontaire humour final : ces mécaniciens qui jouent de tout sauf des instruments normaux ont reçu bon d’achat de vingt-cinq mille euros d’une grande société qui vend…. des instruments de musique.
Divertir et enrichir
Le “Tango” ne trouvait rien de mieux que de reconstituer y compris par le décor le conflit hommes-femmes avec insuffisants échantillons et pourcentages de petits écarts d’opinion interprétés comme des faits révélateurs de société. Il eut été éventuellement plus intéressant de former deux groupes séparés par l’âge, pour tatonner autour du comportement des générations. Le hasard a voulu que France 2 offre un bel exemple de divertissement réussi qui contribue, lui, à l’enrichissement culturel et à l’information du téléspectateur.
PS : très fâchée contre la TSR qui n’existe plus que sous RTS maintenant, Mme Nicole Baur s’est adressée au Conseil suisse de la presse pour protester contre ce qu’elle estime être une violation du code de déontologie. Sa démarche n’a pas été couronnée de succès sans pourtant être incomprise. Pourquoi donc Mme Baur ne s’est-elle pas adressée au médiateur de la RTSR qui ne passe pas pour être au service aveugle et sourd de la RTS ? Une question à elle posée à ce propos n’a pas obtenu de réponse !
Le bulldozer du sport écrase tout sur son passage
Le sport qui écrase tout sur son passage poursuit son œuvre :après l’Eurofoot et Wimbledon, c’est le Tour de France et très bientôt les Jeux Olympiques d’été. La RTS l’installe sur tous ses écrans, l’habituel, cette étrange lucarne saluée par un grand ancêtre, le Général-président de Gaulle, l’ordinateur et Ipad et smartphone. On aura droit à 900 heures d’images olympiques sur tous supports dont 240 de direct et en 16 jours sur RTS Deux, ce qui fait quinze heures chaque jour. La RTS en mettant en action ce bulldozer du sport n’appartient plus, désormais, durant de longues semaines, à un ensemble de chaînes taxées de généralistes !
Non à nonante-deux pourcent !
Question posée dans au moins deux quotidiens : Regarderez-vous les JO sur plusieurs écrans à la fois ? Faut-il comprendre en même temps ou l’un après l’autre ? Toujours est-il que le lendemain de la publication de la question, la réponse est tombée en trente-sept votes : Oui à 8 % donc non à 92 %. L’échantillon est certes un peu mince, qui ne dit rien de ces trente-sept. Une chose pourtant : ces trente-sept ont en commun …. d’avoir répondu à la question lue ! Et si c’était tout de même un signe ? Oui, mais de quoi ? D’une certaine fidélité à l’image la plus grande possible, donc la meilleure et parfois aussi la plus belle, celle du téléviseur de salon. Il y a bien les projections sur des écrans immenses dressés en plein air, mais ont-ils un lien avec le diffuseur de service public ?
Profitons de l’occasion pour rappeler que les diffuseurs qui savent assez bien comment se comportent ceux qui suivent la télévision sur le canal traditionnel doivent encore trouver et même chercher des instruments de mesures fiables pour la fréquentation de sites sur internet et les accès aux autres supports.
Record (mondial ?) pour la généraliste RTS de la SSR-SRG
Les plus hautes autorités de la SSR et de la RTS se félicitent de cette offre, qui s’inscrit dans une télévision de diffusion moderne, introduite sur tous les outils disponibles. Oui, comme l’écrit un observateur: «La RTS est la télévision généraliste qui diffuse le plus d’heures de compétitions sportive durant les jeux comme d’ailleurs pendant toute l’année» ( Nicolas Willemin, in L’Express/L’Impartial du 12 juillet 2012) ». On se trouve donc devant une évidence ; point-barre ! Alors il faut se faire tout petit, tout petit pour oser se demander si vraiment cette place ultra-privilégiée accordée aux sports par la RTS s’inscrit dans l’esprit de la concession accordée par l’autorité fédérale à la SSR-SRG. Et que se passe-t-il à Lugano et à Zürich? Cela risque bien d’aller dans le même sens? Certes, les JO d’été ne se déroulent que tous les quatre ans. Mais l’argument de la répétition vaut pour d’autres grandes manifestations sportives.
S’incliner devant cette invasion sans rien en dire, c’est renoncer à réfléchir. Aussi est-il bon de rappeler une évidence au téléspectateur : le pitonnage ( expression qui nous vient du Québec qui aime résister aux anglicismes chaque fois que c’est possible, donc pitonner plutôt que zapper !). Il est aussi possible de voir du sport, mais rarement autant, sur d’autres chaînes généralistes. Il reste intéressant de pitonner, ne serait-ce que pour avoir un autre esprit de commentaires sur des images en direct et d’’autres regards au montage quand il s’agit de résumés. Mais c’est être un traitre à la patrie télévisée que de rappeler l’existence des autres!
Divertissement prioritaire
Le sport, n’importe quel sport, tout de suite sur tous écrans, appartient tout de même au divertissement, comme toute fiction sous n’importe quelle forme, ou toute variété, jeux y compris. On est assez loin, et de l’information, et de l’enrichissement culturel. Mais il faut reconnaître à ce divertissement une vertu splendide : le suspens né du direct, pas seulement pour l’accident dans une course de formule un ou une chute individuelle ou collective au Tour de France.
Que ceci soit clair : mon désir de divertissement par la télévision passe souvent par le sport, mais aussi par les séries les plus exigeantes qui, elles. peuvent apporter un réel enrichissement culturel. J’ai même des claires préférences dans le choix des commentateurs : j’aime beaucoup les remarques de Marc Rosset lors des directs en tennis, qui permettent de mieux comprendre le réussite ou l’échec de multiples coups raquette. Mais marquer cette préférence, c’est comme faire une remarque sur la couleur de la cravate d’un présentateur ou le décolleté d’une présentatrice de météo. Rien à voir avec un e indispensable réflexion lucide.
Un prochain chapitre
Le sport écrase actuellement le meilleur de la fiction télévisée, et par conséquent le meilleur de l’avant –garde contemporaine de l’audiovisuel, en particulier sur la RTS. Quand on se demande combien « çà coûte», une minute de fiction produite par la seule télévision, co-produite avec le cinéma, achetée sur le marché audiovisuel, une certaine transparence est possible. Mais combien coûte à la SSR la Formule 1, le football suisse ou international, le hockey-sur-glace ? La transparence vire souvent à l’opacité, de temps en temps au translucide. : deux poids, deux mesures ? Pourquoi ? Tentative prochaine de réponse……
Telle est la télé, l’été
Avertissement : ce texte consacré à quelques lignes de force de la télévision estivale, se décompose en cinq sujets qui peuvent être lus séparément les uns des autres.
Le dernier permet de déplorer une fois de plus un des faiblesses de la programmation sur RTS Un et RST Deux : la mauvaise exposition d’une partie de ce que la télévision offre de meilleur dans l’audiovisuel, dans le cas particulier la série de la SSR-SRG composée de dix portraits de grands cinéastes parfois anciens qui ont signé quelques-uns des meilleurs films suisses ayant connu parfois de larges succès internationaux.
L’illustration rend donc hommage à Claude Goretta ( un peu avant 23h00 le jeudi 5 juillet)et “La dentelière” ( cinéma de minuit !). Autre hommage, en images, rendu à la très bonne série d’Elena Hazanov“, L’heure du secret”, elle bien visiblement programmée le samedi soir vers 20h15, avcc reprises et présence sur le site www.rts.ch

Isabelle Huppert dans « La dentelière » de Claude Goretta qui aura donné à la jeune actrice, en 1977, l’un de ses plus beaux rôles.
Trop de sports
En 2010, le sport a occupé le 12 %du temps d’antenne sur l’ensemble du pays, pour 2011, la RTS (ex-RTS) annonce du 10 %. Au rythme où vont les choses, en 2012, ce sera le record de 2010 battu. Les plus hautes autorités de la SSR-SRG et de la RTS sont très fières que la richesse de la présence dus sport soit pratiquement unique au monde pour une chaîne de service public. On risque de se faire mal voir en osant poser la question : n’y aurait-il pas T R O P de sports ? Poser la question, c’est évidemment déjà répondre d’un OUI bien tassé. Mais en haut lieu, on soupire d’entendre ces doutes! Le moment n’est-il pas venu d’ouvrir une chaîne sportive nationale avec versions parlées en italien, allemand et français ? Il y a des millions non -¨distribués aux télévisions régionales qui dorment dans un compte !
Attitude personnelle importante : chacun demande à là télévision de lui apporter son quota de divertissement. Et à chacun son divertissement. Le mien, actuellement, est se trouve dans le domaine des grands moments du sport : demi-finales et finale de l’Euro, sans le xième retour sur ce qui précède dans “Le club de l’Euro” ( à ce propos, combien d’invitées féminines, parmi ces femmes annoncées comme si nombreuses durant les reportages en direct ), Federer qui remonte deux sept perdus pour gagner ( s’il avait entendu mes conseils, il n’aurait pas perdu le deuxième set!). Ce qui démontre qu’on peut apprécier le sport et tout de même trouver son invasion trop forte quand on ne dispose que de deux canaux de diffusion traditionnelle.
A l’audimat, immense succès, un peu partout. Les romands sont fidèles à « leur » télévision, même s’il peut être parfois intéressant de comparer les commentaires de France 2 ou M6 avec ceux de la RTS qui du reste supportent très bien la comparaison. Pour le « Club de l’euro », la part de marché moyenne est de 18 % ce qui se traduit en 49’000 téléspectateurs. Or entre 22 et 23 heures, la moyenne annuelle est de 108.000 alors qu’elle tombe à 46’000 dans l’heure suivante. Un quart d’heure chevauchant le dernier quart de 22/23 et le premier de 23/24 une moyenne de 77’000, nettement plus de 49’000. Ce « Club de L’Euro »fut peut-être le bavardage de trop ! Par contre, avec les magnifiques audiences pour la plupart des trente-et-une rencontres, la facturation des plages publicitaires doit très bien se porter.

Des meurtres en série au Locle ? Fiction assez peu plausible, ce qui n’a pas grande importance. A la fin du troisième épisode, disparition d’un des rares acteurs neuchâtelois, Jean-Luc Barbezat, convié à la fête : l’hôtelier André Jacquet est retrouvé pendu.
Box-Office à la carte
Revient en été la télévision à la carte du lundi dans “Box-Office. Hier on offrait le choix entre trois films, une fine entrée, un plat de résistance solide et exquis dessert. Le plat de résistance triomphait assez régulièrement. On en vint même à proposer trois films de même genre, trois mélos, trois drames sociaux, trois comédies. A-t-on souvent alors proposé trois films dans lequel jouait la même actrice, ou encore trois films du même réalisateur ? Aucun souvenir de tels choix. Seulement, il est difficile de respecter un horaire quand une des cases se trouve être à durée variable. Voici désormais proposés deux films de même durée. Lundi 2 juillet, il fallait choisir entre 151 minutes et 17 secondes et 155 et 13 . Le lundi 9, on fera un choix en un 97 23 et un 98 24.
Hier, ion offrait un choix plus ou moins bon dans un esprit de programmation. Aujourd’hui, les programmateurs donnent la priorité au respect de l’horaire annoncé, à la rigidité formelle, à de rares minutes près. Respect de la quantité annoncée, sans la moindre relation avec la qualité espérée.Les critères évoluent (mal) avec le temps. Voici venu celui des technocrates….
Et puis, les petits profits ne sont pas négligeables.Chaque SMS pour faire pencher la balance vous coûtera quatre-vingt centimes. A la fin, s’il y a dix mille appels, voici une recette de huit mille francs, qui ne profitent pas dans leur intégralité au diffuseur. Mais c’est là de la télévision payante à la carte, du moins pour ceux auxquels on confie le temps d’un été la possibilité de participer à la programmation.

Hélène Berthin, tordue, pocharde, en conflit avec sa fille, trompant son mari entre autre avec des antidépresseurs, blonde attirante, un personnage complexe plein de contradictions, comme on les aime des les bonnes séries américaines, jouée par un actrice resplendissante, séduisante, inquiétante, Agnès Soral.
Nourrir le premier rideau
En premier rideau, il faut bien continuer de placer ce qui devrait et souvent peut satisfaire un public le plus large possible. L’été, notre télévision diminue un peu le niveau des exigences portées durant toute l’année par ses productions propres.
On y rencontre des animaux bien aimés dans “Les plus beaux toutes minous” ( série du lundi). Je me demande encore si j’ai bien lu ou entendu nommer le “papa” ou le “père” d’un chien à quatre pattes. Je n’ai pas jugé bon revoir l’émission dans sa totalité. On se trouve alors au niveau de la téléréalité disons honorable, avec “Bye bye la Suisse”, en deuxième saison après une première intéressante, pour six mercredis. Et il y a tout lieu de penser que “Mon village a du talent” continuera sa carrière populaire plaisante (vendredis).
La première saison d’un série intitulée “ La diva du divan” va occuper douze fois trois quarts d’heure le vendredi soir. Raté les deux premiers, à cause de l’eurofoot ! “L’heure du secret” , (déjà le quatrième des sept épisodes le samedi 7 juillet ) tient très bien la route, ne serait-ce que par son suspens qui n’est heureusement pas sa seule qualité, à côté du soin apporté à l’image, à la fluidité du montage, à la direction souvent en finesse d’un groupe d’acteurs par ailleurs fort bons et campés sans tomber dans la caricature. Le public semble avoir mordu aux poupées russes.

Et pour le plaisir de l’oeil, encore une fois Agnès Soral savamment décoiffée et Hélène Berthin en phase d’alcoolisation
TF1 un contre France 2
Chez nos voisins, on signale le retour estival non plus tellement de grandes sagas familiales, mais bien de véritables séries fondées sur une idée forte. A “Smash”, une comédie musicale autour d’un spectacle de Broadway tournant autour de la vie de Marylin Monroe à laquelle Steven Spielberg serait mêlé ( 15 épisodes de 42 minutes sur TF1) répond un “Inquisitio” de source française ( huit numéros sur France 2) qui remonte au XIV quand le pape de Rome se battait avec celui d’Avignon) donnant beau rôle à un grand Inquisiteur. Débuts à 20h35 sur France 2 et à 20h50 sur TF1 : possibilité de suivre le commencement de l’un et la fin de l’autre durant quatre semaines, et de pitonner. Ce serait important que la série née en France résiste à l’américaine! Ce serait bien que le service public généraliste prenne l’ascendant sur la commerciale généraliste.

En Vincent Girod, horloger passionné par son métier et ses complications, Frédéric Recrosio surprend (en bien) dans un rôle pas tout à fait dans sa ligne d’humoriste. On finit par croire au couple Vincent/Lyne, aussi grâce à la crédible présence de Catherine Renaud
L’ombre au tableau : la RTS confirme en nocturne
Lors d’une récente rencontre à Fribourg, sur “les médias de service public face au futur”, l’un des intervenants, surgi du public, rappela un présent peu glorieux, la volonté presque farouche des programmateurs de la RTS dans le placement des meilleures séries en fin de deuxième rideau, soit aux alentours de 23h00. Quelques sourires de commisération ou d’exaspération sur les visages de hauts dignitaires contre celui qui « la ramène »!
Il faut en effet la ramener : la collection consacrée à dix cinéastes suisses dont les oeuvres ont franchi nos frontières se glisse à 23h30 ( 5 juillet, Goretta puis Marc Forster, Xavier Koller et Michel Soutter ce mois encore) avec film ayant fait belle carrière commerciale internationale à minuit.
Revoici déjà une reprise de l’impérial “Mad men” de la saison 1 sur RTS deux, oh miracle, peu après 22heures, deux par deux épisodes. “Boardwalk empire”, deuxième saison terminée, fait place à la suite des “Tudors”. L’exquise et incorrecte “Nurse Jackie” n’est reçue qu’aux alentours de 23h00.
Parmi les arguments pour justifier ces projections tardives, celui-ci : le grand public ne raffole pas des séries historiques. Les années soixante du siècle dernier appartiennent déjà l’Histoire, du vieux temps où tout le monde allumait sa clope partout et ne se cachait même plus pour siroter son whisky, l’adultère restant tout de même denrée à consommer en sourdine ( “Mad men”).
Donc, durant l’été comme durant toute l’année, en premier rideau les séries qui tiennent du vaudeville, du médical et du policier. L’audimat est bon. La programmation est soumise à cet audimat qui ne mesure que la quantité. La qualité est donc condamnée, sur la RTS, au troisième rideau des noctambules minoritaires. Qui doit-on remercier ? Les petits mains seulement ?

Claude Goretta : il y a fort fort longtemps,ses films de fiction et ses documents passaient en premier rideau. La RTS lui a rendu hommage il y a quelques mois : « La dentelière » est apparue vers 23:30. Le même se retrouve à la même heure dans la collection des dix grands cinéastes suisses. Vivent les oiseaux cinématographiques de nuit!
D’une jungle à l’autre : fin en attendant une suite !

Des soignants ( quatre), des patients (six), un guide au moins, et un réalisateur qui lève son chapeau, Raymond Vouillamoz, en tout vingt-trois pour la photo de famille
Encore deux épisodes ( no 5 – 25 mai et 6- 1 juin, suivi par un débat animé par Isabelle Moncada, animatrice de “36.9”), et patients, soignants, guides, porteurs, équipe tv – plus d’une vingtaine de personnes entrevues en une photo-famille – en auront terminé avec la série relatant une expérience humaine et thérapeutique. D’un groupe de dix émergent Aline, Maylin et surtout Cyril d’une part, Monique et Nicolas de l’autre. Reflet de la réalité ou choix au montage ? C’est peut-être la même chose !
Rencontres avec d’autres
Les trois premiers épisodes ont enfermé le groupe dans la solitude d’une traversée de forêt souvent hostile lors d’un “trek” exigeant. Les derniers offrent des contacts avec les habitants de la forêt amazonienne, des Amérindiens, de lointains descendants de communautés noires d’Afrique ou un français conteur en vieux sage lucide et amical. Mais la série reste construite sur la chronologie, quelques titres permettant de numéroter certaines journées.
Au loin un papillon bleu
Les verts parfois inquiétants de la forêt hostile font ainsi place aux dominantes bleues de l’eau, souvent seule voie de communication, que l’on s’installe sur des canots pour deux personnes ou de grandes barques à moteur qui ressemblent à des “autocars”. L’occasion est ainsi ainsi belle pour contempler une eau calme et poétique, de suivre au loin l’évolution d’un papillon bleu.
Un commentaire pour accompagner certaines pistes
Une voix féminine donne informations et explications sur la bande sonore. Impression ou réalité : il m’a semblé que ses interventions sont plus fréquentes et surtout insistantes un peu trop dans la seconde moitié. Les pistes de réflexions sont en effet plus nombreuses. Patients et soignants se trouvent pourtant en positions équivalentes face aux efforts physiques consentis, aux émotions ressenties, forces et faiblesses, curiosités et doutes également réparties.
Débriefing nécessaire
S’imposent aussi au groupe la nécessité de se livrer à un “débriefing” assez régulier, en plus des échanges plus restreints, souvent à deux. L’expérience thérapeutique reste donc mise en valeur par son existence en contrastes aussi pour le témoin amicalement invité qu’est le téléspectateur.
La consultation du site: http://www.rts.ch/dossiers/2012/jungle-a-autre/ permet de se faire une idée de la richesse des développements provoqués par la série.
Apprendre des problèmes des autres
Dans cette jungle dans laquelle d’autres vivent, il faut chasser, pêcher, couper le manioc pour se nourrir, car la réponse de la nature n’est pas toujours généreuse.
Une cérémonie rituelle permet à un survivant, un an après le décès de son conjoint, de reprendre vie normale. On en arrive même à offrir au chef d’une communauté, une carabine de chasse pour remplacer une ancienne de peu d’efficacité. La scolarisation des enfants est en cours, mais elle tend à les éloigner de leur milieu traditionnel. Et ce français installé dans la jungle depuis longtemps se pose des questions en liaison avec un nombre de suicides élevé dans une communauté.
Trop de pistes ?
Dans cette deuxième partie de la série, le téléspectateur risque de se perdre un peu, dans la diversité des pistes ouvertes sur des questions qui restent sans réponses. E quoi consiste cette pollution provoquée par les chercheurs d’or ? Les messages apportés par des dieux ressemblent-ils à ces voix qui accompagnent un patient? Et pourquoi tant de suicides ? Trop de pistes abordées qui témoigne d’un certain désarroi lors montage qui ne parvient pas à maîtriser ces ouvertures ?
Les développements autour de la série, lors du débat du 1 juin par exemple, devraient permettre d’en savoir davantage sur les bénéfices thérapeutiques escomptés et éventuellement obtenus. Il devra faire comprendre une dédicace qui clôt le dernier épisode.
A suivre
Le titre même de la série suggère que la jungle est multiple. Un suivi s’impose d’ici une ou deux années. Que deviendront les soignants et surtout les patients qui, après avoir quitté la jungle des autres, sont revenus dans la nôtre ?
A lire à ce sujet :
D’une jungle à l’autre – Raymond Vouillamoz
La créativité, dans l’audiovisuel contemporain, passe actuellement aussi bien par le cinéma que la télévision, cette dernière particulièrement brillante depuis une décennie à travers bon nombre de séries. La télévision romande s’inscrit dans ce mouvement avec une première mini-série de documentation. « D’une jungle à l’autre » suit une thérapie inhabituelle dans le domaine psychiatrique. Six patients et quatre soignants sont filmés pendant un voyage d’un mois dans la jungle souvent hostile de l’Amazonie guinéenne. Des guides et porteurs accompagnent les «acteurs » tous volontaires observés sans voyeurisme par une petite équipe de télévision. On ne verra que le guide principal de l’expédition, du moins dans les trois premiers épisodes déjà visionnés personnellement hors antenne. Cette discrétion résulte d’un choix.
Texte paru dans L’EVENEMENT SYNDICAL no 19/20 du 9 mai 2012
A lire à ce sujet :
D’une jungle à l’autre
Avertissement : « D’une jungle à l’autre »,, c’est en six épisodes, un peu plus de trois heures d’émissions sur un même sujet. A l’opposé de l’esprit « clip » ! Cela mérite bien huit mille signes. A qui cesse de lire après avoir parcouru »Vingt minutes », ceci : on peut lire indépendamment les unes des autres certaines parties ci-dessous associées à un sous-titre ! Les images sans légende proviennent du service de presse de la RTS. (Fyly)
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Les considérations qui suivent reposent sur un visonnement en solitaire devant un petit écran les DVD des trois premiers épisodes. Il est fort probable que les trois derniers ne viendront pas modifier le regard porté sur les premiers.
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« D’une jungle à l’autre » s’inscrit dans le mouvement actuel qui fait la part belle aux séries. On admet de plus en plus largement que les séries de fiction où les USA brillent apportent une grande contribution à la créativité audio-visuelle, en retrouvant ce qui fait l’intérêt des grandes sagas littéraires des meilleurs romanciers.
A l’opposé de l’information en rafale ! 
La notion même de série sert de contre-poids à l’information contemporaine qui fait la part belle à la multiplicité des sujets traités rapidement et brièvement, ce peu intéressant du « tout – sur – tout – tout – de –suite – sur – tout – support ». La série échappe heureusement au rythme du clip qui caractérise ce type d’information. Elle permet aussi d’entreprendre une approche de l’histoire récente ou ancienne à travers des faits et des événements, sans donner une trop grande place aux individus.
Une nouvelle réussite romande 
Une série de documentation permet aussi d’aborder des problèmes à travers une ou plusieurs personnes. La télévision de suisse romande apporte dans ce domaine une contribution nouvelle après la réussite récente des « Romands d’ados » qui ont entrepris au moins une carrière francophone. « D’une jungle à l’autre » mériterait de connaître le même sort. On peut même se demander si le principe d’une version pour le cinéma n’aurait pas mérité réflexion.
La quantité est là. Reste à découvrir dans la masse les séries celles qui méritent attention pour leurs qualités. Il s’agit donc de dépasser le tout- venant pour s’en tenir à ce qui est au moins un peu intéressant et, mieux encore, rencontrer le meilleur même avec nuances. « Romans d’ados » comme « D’une jungle à l’autre » dépassent l’intéressant pour frapper à la porte du haut de gamme.
Une expérience thérapeutique en psychiatrie
« D’une jungle à l’autre » décrit une expérience médicale qui consiste à plonger dans la solitude et la rudesse de la jungle amazonienne des patients qui souffrent de problèmes dépendant de la psychiatrie accompagnés de soignants et de guides.
Mais l’expérience passe par des personnes de la vie quotidienne. Comment Arthur, Cyril, Daniel, Maïlyn, Cyril et Cédric, les six patients, Monique, Serge, Alexandra et Nicolas, les soignants, Erwan et Roger, deux des guides vont- ils vivre cette expérience qui se déroule en Guinée pendant un mois environ ? Ces « inconnus » vont en quelque sorte devenir les « personnages » d’un roman thérapeutique. Et pour rendre ce récit intéressant, les règles de la fiction vont s’appliquer en partie. On peut bien filmer et filmer encore les événements, le montage intervient ensuite pour créer l’attention par les règles de construction d’un spectacle qui ne trahit pas pour autant la réalité.
Des personnes qui deviennent personnages
On va donc d’abord faire connaissance des uns et des autres, à des degrés différents, prendre acte des conditions de l’expérience et du but de l’opération thérapeutique. Chacun est présenté par son prénom, mais entre eux, le « vous » subsiste, alors que la fiction pure recourt assez rapidement au « tu ». Le premier épisode ( trente-cinq minutes environ), « Saut dans l’inconnu » permet de faire les présentations, de suivre les préparatifs du voyage conduisant en Guinée. Les deux suivants, « Confidences dans la jungle » ( RTS Un – vendredi 4 mai 2012 vers 20h15) et « Casser la crise » ( 11 mai) suivent une plongée dans la jungle sans autre présence humaine que celles des protagonistes de l’expédition, guides y compris.On ne verra que peu ou pas les porteurs et l’équipe de réalisation. « Des voix dans la jungle » ( 4/6), suivie de « La vie des autres » puis « Les esprits sont de retour » vont permettre de confronter nos « héros » avec d’autres habitants qui vivent aux confins ou dans la jungle amazonienne. Le titre indique bien que tout un chacun retrouvera une autre forme de jungle lors du retour à la vie « civile ».
Approche par touches discrètes
On pourrait raconter ce que sont certains des participants, reprendre des informations qu’ils apportent sur eux-mêmes, observer leurs gestes, écouter leurs mots, tenter de mesurer le dit et le non-dit. Au téléspectateur de choisir ce qui retient son attention en un lien qui peut s’établir avec sa sensibilité. Emouvant, par exemple, le témoignage de Maïlyn qui veut absolument parler à sa grand-mère, mais le décrire finirait par frôler l’indécence.
Un autre choix est ici effectué, celui de retenir quelques-unes des idées énoncées par les uns ou les autres, proposées par les astuces de la construction. L’idée même de l’expérience a été provoquée par une infirmière qui vécut une expérience semblable alors qu’elle était une patiente. Une des malades rêvait de devenir infirmière. Un malade dit « bipolaire » parle de l’intensité de son plaisir euphorique ressenti au cours d’une journée comme si c’était « un soleil de Van Gogh ». Passer une nuit dans une sorte de cabane de dimension réduite n’est pas idéal pour la qualité du sommeil quand des ronflements fendent l’air, source de discussions et même de conflit.
Important conseil donné par le guide : ne pas bouger de l’endroit oû l’on se trouve si on se perd dans la jungle ! Autre conseil de comportement dans la solitude de la jungle parfois hostile : boire suffisamment avant d’avoir soif. Chaque veillée permet de consacrer du temps au « débriefing », mais les patients doivent conserver la liberté de ne pas y assister, même sans être obligés de s’expliquer à ce propos. Comment réagir quand un patient a de son propre chef décidé d’augmenter sa dose de médicaments ? Etrange, cette prise de salive en pleine jungle, qui permettra ensuite à des chercheurs de formuler des remarques sur le stress.
Et puis, voici au hasard d’une remarque sur le comportement supposé de vieilles rombières parisiennes qui se trouveraient dans la jungle, un « Toi tu est payée pour faire cela » : une formule gratuite et polémique ou une information sur le financement de l’opération, dont rien n’a été dit lors de la promotion de l’aventure et dans les trois premiers épisodes.
Une production externe
« D’une jungle à l’autre » est produit par une société qui ne dépend pas de la télévision, « Point prod. ». Il faut profiter de l’occasion pour souligner le rôle important que joue la télévision, pas seulement en suisse romande, mais en suisse et souvent dans d’autres pays, pour permettre la création audio-visuelle par d’autres personnes et groupes hors de son sérail. Notons qu’en Suisse la SSR est la plus importante source de financement de la création audiovisuelle en cinéma et télévision avec la Confédération ou des associations régionales.
L’écriture pour « Une jungle à l’autre » est attribuée à David Rihs et Raymond Vouillamoz. On trouvait parfois leurs deux noms associés dans des émissions de l’ancienne TSR. Le premier est devenu un des patrons de l’entreprise « Point prod ». Mais quand celle-ci se présente à la télévision avec un Raymond Vouillamoz comme réalisateur, elle n’a pas grand peine à garantir le professionnalisme de son collègue qui a passé par à peu près tous les échelons dans l’entreprise.
Dans sa jeune septantaine, Raymond Vouillamoz aura renoué avec ses activités qui précédèrent ses fonctions dirigeantes. Il est ici parfaitement à l’aise dans son travail créatif partant de la documentation pour s’appuyer sur certaines des exigences formelles de la fiction, surtout au moment du montage. Une des clefs de sa réussite doit être relevée : la simplicité discrète d’une réalisation qui prend en compte aussi la proximité des visages comme des gestes, les mouvements comme les mots. Le respect de ceux que l’on observe contribue à la réussite d’une création audiovisuelle
A lire à ce sujet :
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RTS : comment va ?
Disparues, depuis quelques semaines, “TSR” et “RSR”, au profit de “RTS” issue de la convergence conduisant à la fusion. Pour le client, l’auditeur et le téléspectateur, c’est le poids sur les programmes qui est intéressant. En télévision, ces programmes continuent de changer un petit peu, avec prudence, sereinement. En radio, l’annonce récente de profonds changements à “La première” dès cet automne a provoqué maintes secousses, pas seulement internes.
Profitons de l’occasion pour un survol lapidaire en télévision. “L’actu”, durant plus de soixante minutes quotidiennes, avec le “12:45”, “Couleurs locales” et surtout le “19:30”, champion à l’audimat, se porte bien. Elle déroule une quarantaine de sujets quotidiens, parfois répétés alors que l’équivalent en presse “people” en propose plus de cent par numéro de “20 minutes” ou du “Matin”.
Un sondage à l’actu lors du “19h30” de lundi 16.04.2012
Dans un document intitulé « Charte déontologique et valeurs de la RTS », édité par RTS – RADIO TELEVISION SUISSE – nous lisons :
Les sondages d’opinion sont présentés non pas comme des pronostics, mais comme des photographies datées de l’opinion publique. Le nombre de personnes interrogées, l’aire géographique, la marge d’erreur, la période de réalisation et le commanditaire sont cités.
J’ai reçu ces derniers jours deux exemplaires de ce document. Il semble bien que l’un d’eux était destiné au présentateur du TJ, Darius Rochebin. Mais il ne lui est donc pas parvenu. Durant 33 secondes, les renseignements suivants ont été fournis sur un sondage IFOP du 12 au 15 avril donnant les pourcentages pour le premier tour : Hollande 28 %, Sarkozy 27, Le Pen 15.5, Melenchon 14.5, Bayrou 9.5. Au second tour, cela donne Hollande 55.5 et Sarkozy 44.5.
Pas d’information sur le nombre de personnes interrogées, rien sur la marge d’erreur ( 3 % si l’échantillon est de mille personnes) ni sur le commanditaire. Rien non plus sur la composition de l’échantillon. Donc ces trente-trois secondes ne sont pas conformes à la charte déontologique !
Et impossible de prétendre que le temps manquait pour fournir ces informations. Pendant 258 secondes, Darius Rochebin a interrogé avec élégance, minutie Mme Alliot-Marie de blanc vêtue, vice présidente de l’UMP, qui en a naturellement profité pour assurer la promotion de son poulain Benali dit Nicolas Sarkozy. Trente secondes auraient pu être empruntées à la propagandiste !
Notons en passant l’intérêt inattendu d’images de la victoire de 2007 montrant le comportement d’une invitée, celle qui était alors l’épouse du candidat devenu président de la République, avec des expressions de son visage et l’incohérence de ses mouvements.
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La télévision continue de tirer sa force et son originalité de son premier rideau fait pratiquement d’émissions “maison”. Avouons un faible pour certains mercredis soirs, surtout avec“ Spécimen” et “Zone d’ombre” qui s’affirment au point de faire regretter leur fréquence modeste. Pour “Jour J”, on attendra !
L’info en premier rideau : “TTC” en direct depuis Paris le lundi 16.04.2012 dès 20h15 )
Les voyages sont appréciés des équipes de l’info de premier rideau. Celle de « TTC » a proposé son magazine du lundi 16 avril en direct de Paris, en se penchant sur certains aspects économiques et financiers de l’actuelle campagne présidentielle. La structure même de l’émission décentralisée était proche de celle qui existe chaque semaine en studio.
Parler de Paris en direct apporte-t-il un plus par rapport au studio de Genève ? Ma réponse serait plutôt négative. Les consultants du hockey-sur-glace passent en ces jours de finale Berne-Zürich de la cabine haut perchée des commentateurs à la sortie de la patinoire pour interroger des acteurs. Patrick Fischer est descendu de son toit pour terminer son émission sur les Champs-Elysées à la nuit tombante. Bel exploit sportif que d’être à peu près au même moment devant le cabaret des deux ânes à Clichy, montage au rendez-vous !
Pas vraiment intéressantes les questions posées dans la rue à n’importe quel passant. On y entend tout et son contraire selon la bonne méthode qui fait croire que l’opinion publique peu ainsi s’exprimer. A part cela, presque que du bon, dans l’exposé sans surprise pour qui suit cette campagne des différences entre les uns et les autres, la droite encore au pouvoir et la gauche, ainsi que les outdisers, dont Melanchon en pleine forme comme hier savait l’être Marchais !
Remarquables informations données dans un document et sur le toit par un ancien inspecteur fiscal devenu fiscaliste. Bonnes explications sur les fortunes qui risquent bien de se déplacer de France et pas seulement vers la Suisse. Révélateur, le montage qui montre la bonne entente entre Melenchon et Sarkozy sur la punition annoncée pour les futurs fuyards fiscaux. Intéressantes, les informations d’un spécialiste du coût de la présidence et du président pour les finances publiques : Obama aux USA revient en campagne officielle à 0,20 centimes par habitant alors que Sarkozy grimpe à 1.70 : mais en France, chaque président élu coûte régulièrement plus cher que le précédent. Bon commentaire ironique de J.Fr. Kahn !
Faire payer les riches ayant de gros revenus ou de belles fortunes, les sociétés à grand rendement financier, pourquoi pas ! En tous cas, cela plait largement, sans avoir besoin de s’appuyer sur un sondage. Mais « TTC » aura oublié de provoquer un calcul : le fameux 75 % de Hollande sur le revenu quand il dépasse un million annuel, cela rapporterait combien aux caisses de l’Etat.
Tout particulièrement passionnant à écouter un député socialiste français spécialiste des calculs du coût présidentiel – je n’ai malheureusement pas retenu son nom. Même décentralisé, « TTC » sait conserver l’essentiel de ses qualités confirmées d’une semaine à l’autre.
- Voir le TTC en question
- A noter que la SRT Neuchâtel reçoit l’équipe de TTC ce mercredi 18 avril à 20h00. Plus d’information en suivant ce lien.
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Et vivent “Les docs” pas assez souvent salués pour leur excellente contribution à la programmation de “RTS Deux”. L’invasion du sport serait plus supportable s’il y avait trois canaux de diffusion disponibles et pas seulement deux. Enfin, en fiction, il faut insister sur le rôle joué par les séries bien choisies malgré la trop forte présence des “policières” mais stigmatiser l’indigente programmation trop tardive du haut de gamme qui n’est pas seulement américain.























![Nicolas (psychiatre) entouré d'enfants wayanas lors de son anniversaire à Twenké [DR]](wp-content/uploads/2012/05/dune1-300x217.jpg)





