Séries TV
La série est plus qu’une mode!
Le hasard (de la programmation) fait bien les choses. On peut voir ou revoir sur ARTE, mercredi 26 août 2015, de 20h50 à 00h40 une des versions de « Heimat », la plus récente, de 2013, composée de deux films, « Chronique d’un rêve »(107 minutes) et « L’exode » ( 128 minutes) assoociés à la série de séries désormais classiques qui a débuté en 1984. Cette « préquelle » ou « anti-épisode » se déroule entre 1842 et 1844, déjà dans le village de Schabbach. La saga, elle, couvre une période allant de 1919 à 1983.
Puis ce sera, des jeudis 27 août 2015 au 24 septembre, une version restaurée et remontée de »Heimat, une chronique allemande », en sept épisodes, d’abord deux par deux puis un par un, la saga qui se déroule de 1919 é 1982, à une heure hélas tardive (après 23h00). Comme si on ne pouvait lire « Guerre et paix » qu’en fin de soirée….(fyly – 25.08.15 – 14h00)
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La notion même de série existait déjà au cinéma au début du XXe : la preuve en images ! Et celle-ci s’y est inscrite dès les débuts de la télévision, au moins sous forme de « soap opéra » quotidien. Depuis quelques années, tout le monde en parle comme s’il s’agissait de révélation.
Se mettre d’accord sur la notion de « haut de gamme » ou de « forte valeur ajoutée » n’est pas notre propos ici. Notons tout de même qu’un excellent audimate n’est qu’un des critères parmi d’autres. Exprimé en milliers de téléspectateurs, il est fortement dépendant de l’heure de diffusion. Formulé en pourcent, il devient signe intéressant.
Bon : un vent de mode, qui n’est pas tout de même pas tombé avec la dernière pluie, veut que l’on célèbre un peu partout les réussites des pays scandinaves, Danemark plus encore que Suède et Norvège, faute de savoir ce qui se passe en Finlande. Mais il y a tout de même eu, un peu partout, un avant « Borgen ».
- La Tête coupée. 33 min. Sorti le 13 novembre 1915.
- La Bague qui tue. 15 min. Sorti le 13 novembre 1915.
- Le Cryptogramme rouge. 42 min. sorti le 4 décembre 1915.
- Le Spectre. 32 min. Sorti le 7 janvier 1916.
- L’Évasion du mort. 37 min. Sorti le 28 janvier 1916.
- Les Yeux qui fascinent. 58 min. Sorti le 24 mars 1916.
- Satanas. 46 min. Sorti le 15 avril 1916.
- Le Maître de la foudre. 55 min. Sorti le 12 mai 1916.
- L’Homme des poisons. 53 min. Sorti le 2 juin 1916.
- Les Noces sanglantes. 60 min. Sorti le 30 juin 1916
Pour toute opération audiovsuelle, il faut un « conducteur » appelé « show-runner » dans les séries anglophones, qui n’est que le lointain équivalent du si cher au coeur des cinéphiles « auteur » d’un film, en général le réalisateur parfois aussi scénariste.
La preuve que la série « haut de gamme » à « forte valeur ajoutée » existe depuis longtemps est facile à faire. Elle reposera seulement sur quelques exemples tout de même choisis pour n’être pas en contradiction avec la bonne vieille notion d’auteur de film au sens mis en valeur dès les années 1950 par les « Cahiers du cinéma ».
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Au moins chaque fois une image, pour mémoire, même lointaine :
La maison des bois – Maurice Pialat – France – 1971
Scènes de la vie conjugale – Ingmar Bergman – Suède – 1973
Heimat- Edgar Reitz – Allemagne – 1984
Twin Peaks – David Lynch- USA – 1991
L’Hôpital et se fantômes- Lars von Trier – 1995-58
De Saul Bass au générique de « The affair »

« Pour les besoins du tournage, une grande partie de la ville de l’époque, notamment le front de mer, a dû être reproduite. Une prouesse qui a coûté vingt millions de dollars » ( Texte à propos de « Broardwalk empire » paru dans « Le Monde » ( 13-14 octobre 2013)
Une paire d’élégants souliers, des bouteilles malmenées par des vagues, la silhouette de Steve Buscemi qui semble s’éloigner : ce sont là quelques images d’un générique remarquable, celui d’une série remarquable, « Boardwalk empire ».
Saul Bass
Dans le bon vieux temps, au cinéma, le générique apparaissait au début du film. Aujourd’hui, on met le tout à la fin. Ainsi le public peut quitter la salle. Le responsable de la continuité sur petit écran peut le couper pour faire place à la publicité.
Le cinéphile pur et dur doit se souvenir d’un certain Saul Bass. Mais pas seulement lui : le créateur de l’affiche de « Games of throne » s’inspire, paraît-il, de lui.
D’ailleurs, pour en savoir un peu sur Saul Bass, il existe un court-métrage en ligne sur ARTE :
http://cinema.arte.tv/fr/article/les-generiques-de-saul-bass.
Rendons hommage en passant à deux cinéastes, peut-être trop oubliés par ceux de la jeune génération, Otto Preminger et Alfred Hitchcock.
Ils sont rares, sur grand écran, les films d’aujourd’hui qui retiennent aussi l’attention pour leur générique qui s’inspire de l’esprit du film, surtout s’il respecte aussi ses qualités esthétiques.
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Génériques de séries
Mais il est, dans l’audiovisuel contemporain, un secteur qui soigne particulièrement bien ses génériques qui mettent l’eau à la bouche. Au cinéma, le graphisme de Saul Bass tenait souvent de l’œuvre d’art.
Le mercredi 29 juillet 2015, vers 22h30, passent les deux derniers épisodes de la première saison d’une magnifique série assurément de haut de gamme produite par Showtime, « The affair ». Saura-t-on qui est la victime ? Saura-t-on si le mystérieux enquêteur venu de l’avenir parvient à découvrir le coupable ? Mais les deux clans Solloway et Lockhardt sont-ils définitivement secoués par la liaison difficile de Noah et Alison, l’alternance maintenue entre les deux dans chaque épisode ? La réponse sera donnée dans la deuxième saison qui reviendra dans quelques mois.
Il est pourtant possible de se référer au splendide et inquiétant générique chanté par Fiona Apple à la voix troublante et sensuelle. Et de rendre hommage à la série en images :
http://www.canalplus.fr/c-series/c-the-affair/pid7559-videos.html?vid=1151195
« The affair »: belle et subtile réussite
« The affaire » ? Episodes 3 et 4, le mercredi 8 juillet dès 22h30, jusqu’à minuit trente, programmation presque « méprisante » pour cette série qui est une belle réussite.
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Pour y passer des vacances d’été, la famille Solloway, Helen et Noah, quatre enfants, se rend à Montauk. Alison, occasionnellement serveuse, et Cole Lockhardt y tiennent à bout de bras un centre équestre un peu désuet. Les deux couples sont plutôt unis, apparemment bien ensemble, bien sûr avec quelques grains de sable. Noah et Allison vont se rencontrer.
Adultère il y aura : sans surprise ! Dès le début du premier épisode, alors qu’il nageait dans une piscine, Noah a croisé une jeune femme inconnue mais tentatrice discrète. Terrain préparé ! Un excellent et intrigant générique va suivre.
Dans les deux premiers épisodes, au milieu et à la fin, un inspecteur de police interroge Noah et Allison à tour de rôle. Sur quoi ? Un accident qui est peut-être un meurtre ? On n’en sait pas plus que l’un et l’autre, qui ne sont peut-être pas seulement témoins. Et qui est la victime ? Ceci pour le « suspens » !
Mais cette histoire d’adultère avec enquête policière va éviter tout banalité par les décisions des auteurs de la série, Sarah Treem et Hagai Levi, lesquels sont crédités de la « création » et participent à la « production » pour « Showtime ».
Le temps du récit ? Ce pourrait être celui des interrogatoires de l’inspecteur de police, Noah et Allison en alternance. On suit d’abord Noah pendant la moitié de l’épisode puis on privilégie Alison. Ce n’est pas vraiment le récit fait par l’un puis l’autre. Si un même événement est abordé différemment, il peut aussi être interprété comme un désir ou un souvenir plus ou moins « flatteur » ! Les mots des réponses que chacun fait à l’enquêteur semblent glisser entre le dialogue pour devenir une voix qui exprime des sentiments intérieurs. Riche ambiguïté !

The affair : les deux couples (Shotime/RTS)
De gauche à droite : les Lockhartt, Cole (Joshua Jackson) et Alison (Ruth Wilson) et les Dolloway, Noah (Dominic West) et Helen (Mura Tienry)
Alison et Noah sont les figures centrales du récit. Mais d’emblée on sent d’emblée la volonté des « auteurs » de la série d’accorder toute attention aux proches, mari et épouse, enfants, beau-frère d’Alison ou beaux-parents de Noah. Entre autres….
Ce principe d’alternance n’est pas nouveau. Mais il est utilisé ici a avec une grande subtilité. Un même événement peut être mis en scène de la même manière dans chaque récit tout en conduisant le spectateur à s’interroger sur les différences pas toujours faciles à repérer tant elles sont nombreuses mais parfois volontairement insignifiantes. Certes, une partie des événements ne concerne l’un sans que l’autre n’en ait connaissance : forme traditionnelle de récit.
Voici pour premier exemple un dialogue qui se déroule au milieu du deuxième épisode . Alison et Noah ont fait connaissance. Alison va partir adressant comme au revoir un « Noah Solloway ». Noah répond seulement « Alison » laquelle ajoute « Lockhardt » qui amène une relance du premier par « comme le manège ? ». Fin travail d’écriture bien porté par les acteurs et monté avec efficacité pour faire surgir ce qui était connu sans avoir été dit.
« The affair » : à double sens ?
A voir, probablement avec grand plaisir, sur RTS 1, dès le mercredi 1 juillet aux environs dès 22h30, la première saison d’une nouvelle série récurrente de dix épisodes offerte en duos.
Lu plusieurs textes élogieux, par exemple dans « Télérama » en octobre 2014, mais aussi dans « TV8 » dans le numéro 26 du 27 juin au 3 juillet ; vu des extraits titillants sur internet; entendu même quelques compliments oraux.
Voici certaines raisons d’espérer que cette première saison soit réussie :
+ showtime, chaîne à péage américaine, a produit parmi d’autres des séries comme « les Borgias », « Californication », « Dexter », « The L world », « Les tudors », « Weeds »et préparerait une nouvelle saison de « Twin peaks » pour 2016. Le non-conformisme est bien présent dans ces choix ;
+ c’est une série récurrente, le titre anglais semblant bien prendre un double sens, celui de la « liaison » amoureuse tout autant que d’enquête dont semble-t-il on ne saura qui est le mort ou le disparu et le coupable, par meurtre ou accident, seulement vers la fin de la saison ;
+ Doit-on au scénariste israélien Hagaï Levy la structure du récit qui relate les mêmes événements vécus ou vus par le professeur Noah Solloway, marié et père de quatre enfants et la serveuse Alison Lockhardt qui vient de vivre un drame ? C’est une démarche en double regard plutôt assez rare. Ose-t-on évoquer le très lointain « Rashamon » de Kurosawa ?
+ la présence d’acteurs britanniques comme Dominique West et Ruth Wilson pourrait bien introduire une subtilité inhabituelle dans l’interprétation;
+ enfin, la RTS n’aime guère proposer des séries récurrentes qui risquent de s’inscrire dans le haut de gamme en premier rideau. Il y a donc de bonnes chances qu’une série qui débute après 22h30 puisse intéresser le public qui se raréfie naturellement à autre chose qu’une enquête policière unitaire et simpliste en donnant place aux émotions, aux sentiments et à la mise en scène créatrice.
True détective : premières remarques
Vu au soir de lundi 29 juin l’épisode no 2 : confirme les lignes ci-dessous, le côté « polar » faisant place aux personnages et à leur comportement! (01.06.15)
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Décision : éviter le petit jeu des comparaisons. Mais se rappeler que la première saison de « True détective » a été saluée comme une immense réussite dans le haut de gamme. Et rendre hommage par une image au duo :
Film ? Téléfilm ? Il ne doit rester que quelques critiques pour proclamer encore la supériorité de la fiction du cinéma sur celle de la télévision, laquelle avec les séries récurrentes s’inscrit tout simplement dans les plus belles réussites de l’audiovisuel contemporain. Niveau récit, le long-métrage de nonante minutes tient de la nouvelle, la série récurrente de la saga littéraire. Et voici une notion à retenir : l’anthologie, « Recueil de morceaux choisis d’œuvres littéraires ou musicales » selon Larousse ; ajoutons-y « audiovisuelles ». Mais peut-être à prendre à son deuxième sens possible : « mémorable, historique, qui restera dans les annales ».
En commun d’une saison à l’autre ? Nic Pizzolatto, écrivain, scénariste, producteur de télévision, « showrunner ». Mais aussi produit par HBO, tourné en extérieurs aux USA. A la réalisation, Justin Line remplace Cary Jojo Fukunaga (entre autres un plan séquence de six minutes à la fin de l’épisode sauf erreur quatre).
Le générique
La « séduction » s’installe dès le générique, comme une suite de tableaux richement colorés, esquissant une image qui se retrouvera dans l’un des épisodes, avec l’appui d’une musique et des paroles de Léonard Coen, scandées comme en un poème.
Résumé
Vinci, une ville qui n’existe pas, mais sans le moindre doute elle se situe en Californie, dans une banlieue industrielle de Los Angeles (probablement), avec la mer qui n’est pas bordée de plage de sables mais d’espaces verts avec des demeures modestement confortables ou tapageusement luxueuses
L’espace est donc celui d’une ville industrielle à la vie animée, avec ses établissements, le commissariat de police, des restaurants élégants ou cabarets douteux, lieux de réunion ou de rencontres, maison plus ou moins close. Pour quelques routes « départementales », des autoroutes avec leur nombreuses pistes, encombrées de véhicules, la nuit brisée par des phares, et ces échangeurs aux élégantes courbes presque abstraites jouant dans l’espace. Des plans de route, de zone industrielle servent d’habiles liaisons entre séquences.
Synopsis
Dans un milieu de bourgeoisie d’affaires proche du pouvoir politique local, un projet de ligne de chemin de fer à grande vitesse devrait permettre à quelques-uns de faire de bonnes affaires, moyennant combines et arrangements. Promoteur de cette opération, Franck Semyon. Ben Caspare, concepteur du projet, est étrangement absent. Trois policiers, parmi d’autres, se retrouveront sur les lieux où sera découvert un cadavre. Au premier degré, un polar. Mais d’emblée plus aussi !
Quelques personnages
Le premier épisode permet de faire connaissance avec les personnages et leurs proches dont on devine qu’ils vont être les plus importants. Il y aura certes des solitaires, mais ils le sont par choix ou contre leur gré. L’univers des affairistes s’inscrit autour de Franck Semyon dont l’épouse pourrait bien être beaucoup plus impliquée dans les affaires de son mari qu’il ne le semble au premier abord.
Un bref « retour sur le passé » au début de l’épisode donne quelques signes pour comprendre le lien entre Franck le promoteur et Ray Vercoro.

True detective, saison 2
Franck (Vince Vaughan) et Ray (Colin Farrell), le promoteur et le policier au bout du rouleau, « duo » principal dès le premier épisode.
On découvre peu à peu trois principaux policiers dans l’exercice de leur fonction et avec leurs proches. Ray, à première vue, pourrait bien être un affairiste parmi les autres. Sa femme a été violée. Il s’occupe de celui qu’il considère comme son fils en surcharge pondérale en le protégeant avec excès. Il se montre d’une inouïe violence à l’égard du père d’un camarade de classe du garçon.
Vétéran de guerre, Paul Woodrugh est plus amoureux de sa moto, son instrument de travail qui lui permet de se laisser aller à l’ivresse de la vitesse que de sa compagne qui le préférerait dans son lit. Il la fait attendre un long moment après avoir avalé une pilule. Ina Bezzerides pratique son métier avec intransigeance, mais elle porte sur ses épaules les problèmes qui accablent sa sœur, donne à une sorte de gourou mystique des conseils qu’il n’arrive pas à suivre pour elle-même.
Le hors-champ
Dés le premier épisode, on pressent que les personnages vont prendre le dessus sur le développement des enquêtes. Leur complexité, leurs contradictions se trouvent au centre de l’écriture. Mais la mise en scène met finement en évidence aussi ce qui se passe hors du champ de la vision.
Un exemple : Paul le motard arrête une voiture dont la conductrice a commis une faute. Celle-ci lui fait comprendre qu’il serait bien aimable de la raccompagner chez elle pour qu’ils puissent « discuter ». On retrouvera peu après le policier face à un supérieur hiérarchique qui lui explique les raisons de sa mise à pied. Il ne reste alors à Paul, pour plaider sa cause, que de s’appuyer sur son « amour » de la moto.
Un autre : descente de police rapide avec entrée violente dans une maison familiale. La caméra reste à l’extérieur. Un store vénitien se met à trembler. On ne voit rien de ce qui se passe à l’intérieur, mais on devine la brutalité de l’intervention. On pourrait en citer d’autres encore.
Ainsi à l’image filmée des événements qui est parfois contemplative mais toujours dense s’ajoute que l’on ne voit pas. Le spectateur est ainsi invité à devenir actif en acceptant l’invitation qui lui est faite d’être un partenaire créatif. Une bonne raison pour choisir une heure de diffusion trop tardive ?
Prometteur, sans surprise : à « déguster » épisode par épisode, en version originale sous-titrée, le lundi soir.
De « Game of Thrones » à « True détective »
Lundi 13 juin 2015: dernier épisode de la cinquième saison de « Game of Thrones »: succès ou succès d’estime sur RTS Un? Cinquante mille spectateurs en février 2015 (4 épisodes), cinquante mille en mars (cinq), pas loin de soixante mille en avril (quatre). En mai/juin, y aura-t-il confirmation?
En attendant, même en ayant personnellement un peu perdu pied devant ce blockbuster à multiples excès, un grand bravo à la RTS qui a osé jouer sur le version originale et présenté les épisodes un par un. Et un « hommage » en image:
Et dès le lundi 22 juin, huit semaines durant, la deuxième saison de « True detective », qui n’a rien à voir d’autre avec la première saison que son auteur, Nic Pizzolatto: d’autres lieux, d’autres personnages, d’autres acteurs! Cela suffit pour attiser la curiosité. Les épisodes un par un, en version originale sous-titrée, parfait pour une série récurrente. Aux environs de 22h30.
Une première image d’un nouveau personnage, Ani Bezzerides (Rachel McAdams), une policière inattendue:
Et bien entendu, à suivre!!
Desintox (bis)!
Le premier texte sur la LRTV dans ce blog date du 6 avril 2015! Il signalait l’amorce d’une première polémique au sujet de la SSR-SRG parue dans «Le Temps» sous la signature de Pietro Supino, patron de Tamédia (Le « Temps » de la polémique). Déjà le pot de terre d’un blog confidentiel contre le pot de fer du puissant éditeur!
Des milliers de signes plus loin est venue l’idée de ce Desintox !, titre d’une rubrique qui apparaît régulièrement dans la fort intéressante émission quotidienne de débats d’ARTE, le «28 minutes» d’après 20h animé par Elisabeth Quinn et au moins deux «complices» maison avec en principe trois invités qui ont tous quelque chose à dire sur le sujet du jour, ne serait-ce que pour avoir écrit un livre à son propos.
En fin de l’émission apparaît un court sujet, “Desintox”donc, à partir d’une déclaration publique d’un représentant du milieu politique. On y passe une affirmation à la moulinette pour constater que les informations numériques annoncées triomphalement à l’appui d’une thèse sont au minimum sujettes à cautions. C’est là opération de désintoxication, selon «Larousse», action de débarrasser des effets nocifs de la propagande. Les lignes qui suivent continuent d’être en bis un amical salut à «Desintox».
L’express/l’Impartial – La liberté – Le Nouvelliste – 26 mai 2015
Deux grand éditeurs dominent la presse romande, Tamédia et Ringier. Les éditeurs sont plutôt pour le NON , leurs proches, à la direction des rédactions, peut-être bien aussi. Cela ne suffit pas pour affirmer que l’ensemble de la presse romande suit l’USAM !
Et puis il y a d’autres journaux, encore plus ou moins indépendants. Certes, pour des raisons compréhensibles, leurs collaborations sont fréquentes, dans des pages communes, par exemple lors du festival de Cannes qui vient de se terminer.
Excellent apport rédactionnel que l’entretien croisé conduit par Philippe Castella entre le solitaire président de l’USAM, J.F.Rime, et la porte-parole du OUI, la consillère aux Etats Géraldine Savary, sous le titre Empoignade autour de la redevance. On le trouve en page 33 du Nouvelliste, en page 3 de La liberté, en page 11 de L’express (pas acheté l’Impartial ce mardi), avec les mêmes photos utilisées différemment. Une troisième photo avec Géraldine Savary dans l’Express est remplacée par une pub dans le Nouvelliste !
Face au sous-ménages de l’USAM, l’addition des tirages des quatre journaux ne fait que partiellement le poids. Qu’importe, cette information commune à quatre non-lémaniques est précieuse. On y évoque l’hypothèse absurde d’une redevance à mille francs, deux fois et demi les quatre cents francs annoncés si le OUI gsgne, ce qui ferait passer le budget de la SSR-SRG à environ 3,5 milliards contre 1.5 actuellement, scénario de science fiction « rimenesque »!!
Revenons une fois de plus sur une autre information numérique. Je devrais payer 13.500 fr de redevance pour mes trois entreprises, alors qu’aujourd’hui je paie 1.400 francs, déclare JFR (alias Jean-François Rime). D’où tombent-ils ces 13.500 ? Le tarif prévu par la révision évoque 15.600 francs pour les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe de cent millions à moins de un milliard et 6.300 pour celles qui oscillent entre vingt et cent millions.
A chacun son obsession : 15.600 francs ( respectivement 13.500) pour un chiffre d’affaires d’au moins cent millions, c’est encore et toujours au maximum 15.6 (respectivement 13.5) centimes pour mille francs, alors que ce sera 4 francs pour mille francs de salaire d’un ménage qui en gagne cent mille par année.
L’ « effort » demandé aux entreprises ne va pas mettre en péril le quinze pourcent des plus puissantes du pays dont le chiffre d’affaires dépasse un million annuel.
Le Matin-Dimanche, 24 mai
Les partisans du OUI, trop longtemps réservés, se sont enfin manifestés par quelques annonces. En page 30, sur un quart, un texte pour dire «Oui à la radio-tv le 14 juin» avec une centaine de signatures, issues de milieu associés à la création dans un appel lancé par la rédaction de «CultureEnJeu», revue qui n’est pas un tous-ménages!
En page 10, une demi-page avec quatre raisons de dire «Oui à la LRTV» avec au moins deux cents signatures venues de tous milieux, y compris politiques. Pas faciles à lire, ces noms alignés sur toute la largeur; et cela prend bien trois minutes! Mais c’est intéressant!
En page 15, une contribution rédactionnelle signée Christophe Passer consacrée en nuances à Jean-François Rime, sous le titre «Les pieds dans les copeaux de bois, on peu devenir l’ennemi de la SSR», avec photo géante.
Et en première, «ouf» dit le personnage dessiné par Mix&Remix, «Pas besoin de regarder la RTS pour payer la redevance!». Délicieux.
Mais cela ne représente qu’un modeste contre-poids au tous-ménages ci-dessous.
Le journal des ARTS ET METIERS, mai 2015.
Le «Journal des ARTS ET METIERS», le mensuel des PME romandes, vous connaissez? Un numéro spécial de huit pages, daté de mai 2015, vient d’être délivré à tous les ménages. On y proclame haut et fort, entre autres, que la redevance s’en ira chatouiller prochainement les mille francs. Pure hypothèse pour justifier un NON répété à chaque page!
Ca coûte combien, un tel «tous-ménages»? Réponse reçue de M.Jean-François Rime: c’est notre journal! Compris dans le million et demi du coût de campagne annoncé? Pour le seule Suisse romande???
Journée institutionnelle RTSR 2015, 20 mai
La votation du 14 juin sur la LRTV porte sur la redevance et la manière de la prélever, charges diminuées pour l’ensemble de la population compensée par un effort demandé aux entreprises suisses qui font un chiffre d’affaires d’au moins cinq cent mille francs par année. Le montant à la charge des entreprises n’a aucun lien avec la marge bénéficiaire. Pour certaines, les plus grandes, la facture va augmenter.
Entendu lors d’un «19 :30» un chef d’entreprise spécialisée dans la vente d’automobiles signaler qu’il allait voter NON puisque la facture va passer pour lui de deux mille plus de quinze mille francs, d’autant plus douloureuse que la marge bénéficiaire dans ce secteur est petite. Est-ce une tragédie?
Ce sont les entreprises qui font un chiffre d’affaires supérieur à cent millions qui vont éventuellement devoir payer ces 15’600 francs annuellement. Mais il faut profiter de l’occasion pour rappeler qu’un ménage dont le revenu brut annuel est de cent mille francs paiera (paierait?) 400 francs, quatre francs sur mille. 40 mille francs pour un chiffre d’affaire de plus d’un milliard de francs (345 entreprises en Suisse selon une statistique de l’OFCOM, état 2012), cela représente 4 centimes pour mille francs, et de moins en moins si le CA dépasse le milliard. 15’600 francs pour cent millions, ce sont (ce ne sont que) 15.6 centimes pour mille. Mille francs pour un chiffre d’affaires de 1 million, c’est du 1 franc pour mille. Plus grand est le chiffre d’affaires et plus douce la taxe! Et si le NON à la LRTV s’adressait à la SSR-SRG, et pas à la nouvelle redevance?
Ce rappel a été fait en matinée lors de la journée institutionnelle. Comment ose-t-on, avec un accent neuchâtelois, ignorer les difficultés de l’horlogerie dues au franc fort. Ce fut là le commentaire de M.Rime adressé à cette intervention!!
Dans cette campagne, l’argent n’est pas seul en cause. Loin de là! Il s’agit d’autre chose, d’une charge d’une partie de la droite alémanique avec forte présence UDC contre la SSR, relayée en Suisse romande par le président de l’USAM, J.F.Rime. Pour une télévision commerciale privée presque généraliste, au moins en Suisse alémanique. Dans les mains de grands éditeurs? Dans celles d’un riche ancien industriel?
Retour tardif sur « Station Horizon »
Erreur peut-être, que d’avoir laissé mes lectures relatives à la LRTV remplacer ces dernières semaines les réflexions sur la télévision et ses émissions. Il vaut la peine de revenir, même plus d’un mois plus tard, sur «Station horizon», la plus intéressante qualitativement des séries «maison» de ces dernières années, depuis «Dix» diffusée vers 23h en décembre 2010.
Question de goût? Assurément, mais au moins avec tentative d’argumentation. Double retour un peu paradoxal sur l’appréciation qualitative.
« Ca va trop vite ! »
Entendu dire à plusieurs reprises ce reproche, conduisant à renoncer à suivre l’entier de la série. Oui, en effet, cela allait très vite, mais c’est une qualité pour ce type de série récurrente, qui aura tout de même laissé place parfois pour reprendre son souffle. Il y a des personnages assez nombreux pour que les interactions soient fréquentes et variées. Déjà l’écriture devait laisser pressentir cette volonté de «rapidité». La mise en scène, avec souvent de belles idées, a respecté l’écriture, mais sans l’inscrire dans l’esprit du clip qui alignerait en rafale les plans courts. Et le montage aura confirmé cette volonté d’emporter le récit d’un personnage à l’autre, d’un affrontement à l’autre, d’une action à l’autre sans perte de temps. Entre deux actions, quelques utiles rares plans intermédiaires! Bref, une forme de récit haletant réussi comme dans un film d’action qui tout de même reste compréhensible.
Singer les américains?
De la réponse de Claude, le 1er avril 2015, quelques extraits: «J’ai tenu dix minutes et zappé derechef. (..) Doit-on singer les Américains pour obtenir de l’audience? Enfin dommage, une série de ratée.»
Réaction parfaitement claire, dont la partie centrale est le «doit-on singer les Américains». Nous verrons plus bas que le public a suivi, en ayant apporté à «Station horizon» large soutien.
Au générique de «Station horizon», on retrouve certains partenaires de deux films restés discrets, mais qui furent déjà présentés par la RTS, le musicien, les monteurs, un des réalisateurs du «Big sur» et de «All that remains», qui du sud au nord de la côte ouest des USA et du Nord au sud de l’archipel nippon tenaient du road-movie américain, avec quatre personnages usant de la langue anglaise. Pierre-Adrian Irlé s’est pour «Station horizon» retrouvé scénariste, dialoguiste, réalisateur et producteur avec Romain Graf. Des motos, voitures et même camions sont souvent présents. Le paysage de la vallée du Rhône a un côté parfois sauvage qui rappelle celui du western. Dans le cinéma américain de genre, on y construisait des lignes de chemin de fer remplacées aujourd’hui par un chantier d’autoroute. De séduisantes hôtesses dansent dans des établissements où les hommes s’amusent et boivent abondamment.Etc
Rendre hommage!
Oui, «Station horizon» est une transposition dans notre Valais touristique de l’esprit du western, de ses grands espaces, de ses affrontements, de ses excès. Reste alors un problème de vocabulaire: on peut parfaitement dire «singer», comme notre lecteur, là où il y a une toute autre intention, celle de rendre hommage à l’esprit du western, réinstallé dans une société, la nôtre, qui n’a plus grand chose à conquérir et où les conflits sont devenus plus économiques qu’existentiels.
On se trouve avec «Station horizon» nettement au plus haut du milieu de gamme; en espérant qu’un jour la RTS atteigne le haut!
Une bonne programmation
Une série représente, pour une «petite» télévision généraliste comme la nôtre, un imposant investissement, qu’elle ne peut répéter que deux ou trois fois l’an. Mais treize mille francs la minute, c’est modeste par rapport aux moyens des grands pays producteurs, comme les USA surtout, mais aussi la Grande-Bretagne ou la France, ou même plus modestes que certains des pays comparables aux nôtres, comme le Danemark.
La programmation sur la RTS des séries récurrentes ambitieuses est un de ses points faibles, car elle est trop tardive et présentée en duos alors que le principe même de la série c’est le retour jour après jour ou semaine après semaine d’un récit qui se poursuit.
Montrer une série récurrente épisode par épisode, en début du premier rideau, à vingt heures, c’est prendre un risque, là où le téléspectateur romand a habituellement ses rendez-vous avec des émissions d’information. Prolonger le rendez-vous sept semaines durant demande tout de même un brin d’audace. Bien des séries récurrentes de haut niveau ne bénéficient pas de cette bonne exposition, avec des diffusions tardives, comme «Broadchurch», (trois par trois dès 23h) ou encore «Games of thrones» (23h, mais un par un) ou «Boardwalk empire» (après minuit, quand tout le monde ou presque dort!). Mais ceci est une autre question. Ce regrettable principe de programmation n’est pas l’apanage de la seule RTS, France 2 ou ARTE ne faisant pas mieux!
Du côté de l’audimat
Sur cent personnes qui se trouvent au même moment devant la télévision, combien y en a-t-il qui regardent une chaîne en particulier? A l’aide de différentes mesures statistiques, on peut définir un pourcentage, y compris avec marge d’erreur qui n’est pas très souvent indiquée. Cette part de marché permet aussi de calculer le nombre de spectateurs qui ont vu une émission donnée (à noter qu’un spectateur qui ne regarde que la moitié d’une émission compte pour un demi). De telles mesures peuvent inclure les séances de rattrapage sur internet après la diffusion en direct.
Restons-en à une mesure relativement « lisible », le nombre de spectateurs, plus que la part de marché en pourcentage. Mais comment définir une bonne fréquentation, résumée par l’expression de «bon audimate»? Pas facile à définir, ni à comprendre ce « bon audimate ».
En France, chaque jour sur internet , on trouve parts de marché en pourcent et fréquentations en milliers de spectateurs pour les émissions du jour précédent. TF1 reste la chaîne la plus suivie. Celui qui dépasse ou égale l’audience de TF1 est content: il le fait largement savoir. Dépasser TF1 définit le « bon audimate » !!
En Suisse, les informations statistiques ne sont guère rendues publiques. Il est difficile de les trouver, si tant est qu’elles soient disponibles. Impossible de savoir quelle est la moyenne annuelle de la case horaire du samedi soir entre 20 et 21 heures. Donc impossible de savoir si «Station horizon» se situe en-dessous, à la même hauteur ou en dessus de la moyenne annuelle.
Reste alors au moins à comparer les résultats d’émissions semblables, proposées sur RTS Un entre 20h10 et 21h. D’août à octobre 2014, les six épisodes de «A livre ouvert» ont obtenu une part de marché de 24,6 % et une moyenne de 107’000 téléspectateurs. Pour les sept épisodes de «Station Horizon», du 18 février au 11 avril, la part de marché s’inscrit à 25.8 % et le score en milliers à 148’000 téléspectateurs. « Bon audimate »? Peut-être…
« Game of Thrones : 5ème saison en VO
Au-delà du gag : 173 secondes au « 19:30 » !
Mieux qu’un gag, les 173 secondes consacrées à la présentation lundi soir (13 avril 2015) peu après 22h30 de l’épisode 1 de la saison 5 de «Games of Thrones» en version originale sous-titrée, la RTS seule chaîne généraliste publique francophone à le faire! Bravo pour la promo; bravo pour les infos; voici enfin une reconnaissance de l’intérêt d’une série haut de gamme adressés à ce très précieux grand public! La pression exercée par le producteur HBO a tout de même joué un rôle puisque 170 chaînes firent hier la même chose, présenter la nouvelle saison moins de 24 heures après les USA. Il y aura donc quelques pirates de moins, au moins parmi les élèves d’une école romande de cinéma. C’est un progrès qui va contribuer à améliorer la part de marché! Tant mieux. Audace il y a donc, sur deux points: ne présenter qu’un épisode à la fois comme le font les américains initiateurs d’une série parmi les plus coûteuses jamais réalisées et admettre que les habitants de Suisse romande savent lire des sous-titres incrustés en français. Encore un petit peu d’audace en choisissant une heure de diffusion plus précoce! A en croire «Le 19:30», les pirates auraient été un million et non pas seulement cent mille comme signalé plus bas en gag baigné de rouge! Une fois encore, quelle est la source de cette information sur le nombre de pirates? J’allais oublier: la série en 5e saison conserve ses qualités! ( fyly – 14.04.15 – 08h30)
L’épisode est disponible durant 7 jours sur RTS.ch
Gag : lu dans «Le Temps» du lundi 13 avril 2015, en page 21, ce communiqué de l’AFP: Les 4 premiers épisodes de la saison 5 de la série de HBO Game of Thrones ont fuité sur internet dans le nuit de samedi à dimanche, à quelques heures de la diffusion mondiale du premier épisode, a révélé le site internet TorrentFreak. Les épisodes qui ont fuité auraient été téléchargés plus de 100’000 fois en juste trois heures. C’était bien la peine de prendre les précautions décrites ci-dessous. Mais à propos, et malgré le conditionnel, comment savent-« ils » qu’ils étaient plus de cent mille?? (fyly – 13.04.15 – 18h00)
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Lundi 13 avril 2015, RTS Un, aux environs de 22h30: premier épisode de la saison 5 de «Games of Thrones», en version originale sous-titrée, vingt-quatre heures à peine après la sortie aux USA de cette production de HBO. Une exclusivité mondiale? Disons oui , mais partagée par deux cent diffuseurs dans presque autant de pays, avec, certes, de nombreuses apparitions sur des chaînes payantes. Voici donc la réponse intelligente de HBO et de ses clients au piratage: un épisode à peine sorti aux USA qu’apparaissaient paraît-il des versions sous-titrées à la hâte dans la langue de chaque pays. Aux USA, il y eut 4,3 millions de piratages par épisode en 2012, passés à 8 pour la saison 4 l’année dernière (emprunt fait au TélétopMatin du 12 avril). Mais comment font-ils, ces Américains, pour mesure l’ampleur du piratage? Enfin, il y a là-bas de grandes oreilles qui écoutent et qui savent tout sur tout et tous….
Nombreux textes dans la presse
Et ça cartonne, un peu partout. Voici «Games of Thrones» en couverture de TVGuide, ce magazine suisse avare de textes de réflexions sur l’audiovisuel et les émissions. Voici presque une page dans «Le Temps», pour y tracer les portraits de cinq personnages importants. Peter Dinklage fait la une de «TéléOBS», l’hebdo des médias, appuyée par quatre pages rédactionnelles (et dans le même numéro, six autres pages richement illustrées dont cinq sur des séries nordiques et une sur la saison 2 de l’israélien d’«Hatufilm», série reprise aux USA en «Homeland», du reste avec l’auteur israélien Gidéon Raff).

Tirion Lannister (Peter Dinklage), personnage fort de la série, dans une image qui, pour une fois, met en valeur la qualité esthétique de la lumière (Photo RTS/HBO)
Dans son édition du «Monde» des dimanche 12 et lundi 13 avril 2015, trois pages entières. L’une raconte comment fonctionne le tournage de la série dans une dizaine de pays, qui savent accueillir des millions de dollars, y compris en accordant à la production des avantages fiscaux qui rendent timides certaines interventions cantonales romandes. Une autre page offre quelques clefs pour comprendre le royaume de Westeros et rappeler que la série adapte plusieurs romans de Georges R.R.Martin, les saisons 6 et 7 de la série en cours d’écriture alors que le romancier doit encore rédiger les deux derniers volumes de sa saga puissante.
La mise en scène quand on s’y perd
Une page entière, sous forme d’un tableau évoque «le jeu des sept couronnes», avec les huit capitales de fiefs, ce que l’on trouve au-delà du Mur ou en traversant des bras de mer. Ce remarquable résumé d’une situation très compliquée est fort utile pour qui s’est peu à peu perdu dans ces royaumes, avec ces dizaines sinon des centaines de personnages, parfois à ne plus toujours savoir qui est qui et où cela se passe. On peut alors aussi s’intéresser à la mise en scène, aux décors, aux cadres, aux couleurs dominées par les sombres du gris au noir en passant par le bleuté, le blanc de la lumière rappellant que l’on peut avec elle sculpter l’espace. Cela permet aussi d’apprécier le travail des acteurs dans une construction dramatique qui fait place évidente à la violence, aux surprises, aux retournements de comportements, aux plaisirs parfois partagés de la chair, à un temps qui semble dilaté, avec cette présence si forte des femmes dans un univers de parfois grandes «brutes» masculines. Il n’est donc pas même grave de s’y perdre puisque cela accentue le plaisir d’admirer la mise en scène qui se montre digne d’une écriture romanesque que l’on ose penser être d’intense richesse.
L’heure de diffusion
Les qualités d’une série sont une chose. Une autre est de s’intéresser au succès. L’heure de diffusion importe peu si l’on retient la part de marché en pourcent. Par contre, une estimation sur le nombre de personnes est plus intéressante. Il semble bien que, pour la RTS, vingt-cinq mille spectateurs en moyenne pour «The Knick» soit considéré comme bonne audience. La quatrième saison de «Games of Throne», qui vient de se terminer, aurait réuni en moyenne cinquante mille personnes. Les retrouvera-t-on pour la version originale? On ne devrait pas se poser une telle question: une chaîne généraliste de service public doit savoir prendre des risques, ici celui de la version originale, sans annoncer qu’elle poursuivra l’expérience seulement si «le public est au rendez-vous».
D’ailleurs, présenter une série de haut de gamme au succès mondial aux alentours de 22h30, c’est d’emblée renoncer au grand nombre, dans une partie de soirée où le nombre de spectateurs est en baisse rapide. Pour cent spectateurs qui regardent la TV entre 22 et 23 heures, il n’en reste plus que la moitié environ entre 23 et 24 et moins d’un quart entre minuit et une heure. Après? N’en parlons plus: que valent les estimations quand les nombres sont très petits? L’audace, ce serait parfois de placer en milieu de premier rideau des séries récurrentes de haut de gamme comme «Games of thrones» ou «Broadchurch» plutôt que d’en rester aux unitaires lassants à force de répétition genre «Candice Renoir», «NCIS», «Esprits criminels », «Les experts». Un épisode par semaine vaudrait mieux que les trios genre «Broadchurch» qui se terminait, ces dernières semaines, après une heure du matin! Ceci est une autre question sur laquelle nous reviendrons.
« Station Horizon » : un « bon » audimate ?
Fin du 3ème épisode: que s’est-il passé dans les derniers instants de la course? Fin du quatrième: qui donne son rein? On joue bien sur le suspens pour assurer la fidélité d’une sage diffusion dans l’esprit de la série, un épisode par semaine! Les personnages continuent d’être « enrichis » par les événements qui restent nombreux et inattendus. On en sait un peu plus du passé de Joris, mais de loin pas tout. Les promesses du début sont mieux que bien tenues. Et la qualité trouve confirmation dans la « quantité », celle donnée par le sondage permanent.
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Télé Top Matin du 8 au 14 mars annonce que 183 mille romands «se la sont joué Far west en Valais». Information reçue à ma demande du service de presse de la RTS: 200 mille personnes. Bon début ! Mais 17 mille d’une mystérieuse différence entre les deux sources!
Il faut aussi savoir qu’un téléspectateur qui n’aurait regardé que la moitié de l’émission est compté comme un demi! Donc l’unité «spectateur» est une notion abstraite qui a du reste un sens. Comment se comporte le public pendant une diffusion, est-il plus nombreux au début, d’autres s’y ajoutent-ils en cours de route? Il ne faut pas être trop curieux: la RTS ne communique pas «les courbes d’audience des émissions»!
Va pour 200 mille qui a donc un sens. Est-ce un «bon» résultat ?
Premier critère, mais interne: la cible fixée par la direction de programmes est-elle atteinte? Encore faudrait-il la connaître!
Alors, trouvons d’autres informations.
Dans «Télé Top Matin», dans l’édition du 21 février, 103 mille pour les «Coups de cœur d’Alain Morisod» de la semaine précédente, dans celle du 14 février, 105 mille pour «Section de recherches». 183 mille pour «Station Horizon», c’est nettement mieux.
Autre critère : le premier épisode de la série RTS précédente, en août 2014, «A livre ouvert», avait retenu l’attention de 142 mille spectateurs. Qu’on les compare à 183 ou à 200, c’est nettement mieux pour «Station Horizon».
Autre piste, la part de marché en pourcent. Résultat pour le premier épisode: 33,9 % qui signifie que sur 1000 spectateurs qui sont devant leur écran le même soir au même moment, 339 regardaient la série. Pour le premier épisode d’«A lire ouvert», on en était à 299.
En 2014, la part de marché annuelle pour RTS 1 était de 26,7 %. Le 33.9 pourcent obtenu le 28 février 2015 est supérieur à la moyenne annuelle de RTS 1 pour toute l’année 2014. Comme il n’y a pas de raison que la moyenne annuelle de 2015 passe brusquement à 35 %, le résultat de «Station Horizon» est bon.
Certes, il faudrait pouvoir faire des comparaisons relatives au seul samedi soir. Je ne sais pas si le service de presse répond à cette question.
Certes, il faudrait connaître la manière dont le public suit le petit écran heure par heure, en moyenne annuelle, ou quotidienne, autrement dit du lundi au dimanche. Passons. Pas facile de comprendre ce qu’est un «bon» audimate.
Les informations relatives au deuxième épisode vont dans la même sens: 159 mille pour une part de marché de 27,7 %. A comparer avec «A livre ouvert», 2ème épisode: 82 mille pour une part de marché de 20.7 %.
Tous les signes relevés vont dans le même sens. «Station Horizon» semble bien faire un « bon » audimate , même s’il manque une définition de la notion même. Y aura-t-il une deuxième saison?



















