Entre 23h00 et 01h00 !

Sur RTS1 et parfois RTS2, des séries dites haut de gamme à forte valeur ajoutée, épisodes présentés en duos, comme «  Downton Abbey » ou « Luther » se terminent après minuit alors que « The walking dead », « Masters of sex », « Girls » , ou « Damages », souvent porteuses de logos rouges, déroulent leur générique de fin parfois peu avant 02h00 ! L’observation porte sur une période allant du samedi 8 novembre au vendredi 4 décembre 2014. « Girls » vient de remplacer « Californication ».

Silicon Valley ( Photo RT/HBO)

« Silicon Valley » aborde la vie de scientifiques, mais sur la RTS entre minuit et deux heures du matin, jusqu’au 2 novembre 2014 ( Photo RT/HBO)

Durant la même période de quatre semaines, en premier rideau, entre 21 et 23 heures, on trouve entre autres « Esprits criminels » , « New-York Unité spéciale », « Camping paradis », « Grey’s anatomy ». Ces séries unitaires, en général plutôt bien emballées, sont des divertissements destinés au grand public. On les voit en France souvent sur TF1 ou M6.

Les titres cités dans le premier paragraphe sont certes aussi des divertissements, mais qui ont l’ambition d’apporter un plus, ne serait-ce que par leur caractère récurrent. Leur potentiel d’enrichissement culturel ou informatif, parfois leur côté provocateur ou libertaire sont assez largement admis. Actuellement, ARTE vient de proposer « Lilyhammer » ( série norvégienne et américaine, présentée sur Netflix) en premier rideau et offre, en nocturne vers 23h00, une reprise de « L’Hôpital et ses fantômes » de Lars von Trier (jeudis).

Une chaîne comme la RTS oscille entre le divertissement d’une généraliste qui tire ses revenus de la publicité comme Tf1 ou M6 et la vocation culturelle d’Arte et dans une certaine mesure France 5. Il devrait être possible de faire tout de même un peu mieux que de ressembler  à TF1 ou M6 (les imiter?) entre 21 h00 et 23h00 et de se rapprocher d’ARTE, pas seulement entre 23 heures et deux heures du matin !

Ainsi soient-ils - saison 2 Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) avant son départ-exil pour la Chine (Photo RTS/Zadic)

Ainsi soient-ils – saison 2
Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) avant son départ-exil pour la Chine (Photo RTS/Zadic)

Un cas particulier : « Ainsi soient-ils »

L’excellente série française consacrée à l’église catholique et au catholicisme, « Ainsi soient-ils », largement reconnue comme appartenant au haut de gamme, est un exemple révélateur du comportement nocturne du public. La série a été présentée par duos d’épisodes du 19 septembre au 20 octobre 2014. Les numéros1,3,5,7 démarraient en moyenne cinq minutes avant 23 heures, alors que les 2,4,6,8 commençaient un dizaine de minutes avant minuit.

Sur RTS1, en milliers (arrondis), voici ce qui se passe à 23 heures : 15 + 16 + 24 + 17, soit un total de 72 mille spectateurs puis entre minuit et une heure 5 +   7 + 7 + 11, soit un total de 30 mille spectateurs

Ainsi soient-ils - saison2 (Clément Rossier) et ses petites nièces

Ainsi soient-ils – saison2
Raphaël Champseaulme (Clément Rossier) et ses petites nièces (Photo RTS/Zadig)

Il ne reste à minuit que le 40 % des spectateurs présents à 23 heures !

Aux mêmes heures, les mêmes jours, sur RTS 2, sans avoir repéré de quelles émissions il s’agit, on observe le même phénomène : case 23h00 : 88 mille, case minuit 36 mille.

Il ne reste à minuit qu’environ le 40 % des spectateurs présents à 23 heures. 

Pour toute l’année 2011, sur RTS 1 et RTS 2, la moyenne des spectateurs qui regardent la télévision entre 23 et 24 heures est de 46 mille, puis de 22 mille entre minuit et une heures et enfin 12 mille entre 01h00 et 02h00. Mais quand les nombres sont petits, on peut avoir des doutes sur ces précisions à mille près. Et s’il existait des tableaux de moyennes annuelles pour 2012 et 2013, le résultat serait fort probablement le même.

Il ne reste à minuit qu’un petit peu moins de 50 % des spectateurs présents à 23 heures.

Ainsi sans grand risque d’erreur, car on peut certainement multiplier les exemples, la moitié des téléspectateurs devant un téléviseur présents à 23 heures ne le sont plus à minuit.

Donc, mettre au programme deux épisodes d’une série, comme « Ainsi soient-ils », si tardivement, c’est admettre que la moitié du modeste public de 23 heures quitte son petit écran après minuit.

Suggestion : plus de première vision après minuit !

 On pourrait ainsi abandonner parfois un autre principe dans la programmation des séries : présenter les épisodes un par un et non plus en duos. La RTS vient d’en faire l’expérience avec THE KNICK, en version originale sous-titrée, dans la case de 23 heures, avec un réel succès, semble-t-il, puisque en moyenne il y aura eu environ vingt-six mille spectateurs. C’est plus que les dix-huit mille de « Ainsi soient-ils » à peu près aux mêmes heures.

Le corps médial dans l'amphithéâtre des oéprations / The Knick ( Photo RTS/HBO)

Le corps médial dans l’amphithéâtre des opérations / The Knick ( Photo RTS/HBO)

Présenter les épisodes un par un  conduirait peut-être, dans un premier temps, à perdre quelques dizaines d’heures de visionnement, perte invisible dans une moyenne annuelle qui vient d’être améliorée lors de la coupe Davis de tennis!

La RTS devrait s’interdire à elle-même de programmer toute émission de première vision après minuit, qu’il s’agisse d’une série, récurrente ou non, surtout si sa forte valeur ajoutée est admise, ou d’un film, souvent d’auteur quelque fois même suisse, ou encore d’un autre type d’émission, un document de création par exemple; sauf exceptions !

Un village français

La notion même de série rappelle celle du feuilleton qui paraît chaque jour en laissant à la fin de chaque épisode un point d’interrogation. Pourquoi diable faut-il que bon nombre de chaînes francophones continuent de présenter, semaine après semaine, en soirée, ces épisodes en duos ? Pour que cela rappelle la durée habituelle d’un film de long-métrage ? Il semble bien qu’aux USA l’habitude soit mieux ancrée d’un épisode par semaine. La RTS vient d’expérimenter la présentation de « The knick » un épisode après l’autre, sans perdre la fidélité de son public. Dans le domaine de l’information, rares sont les émissions qui durent plus d’une heure ( cf chez nous « TTC », « Temps présent »m « Mise au point »). Cette manière de transformer une série construite épisode par épisode en un long-métrage cinématographique est regrettable. Les chaînes commerciales comme TF1 ou M6 proposent souvent même plus de deux épisodes d’une série le même soir.

Un village français - France 3- saison 6 -L'affiche

Un village français – France 3- saison 6 -L’affiche

Dans sa nouvelle et heureuse formule, « TéléOBS » consacre plus de place aux textes qu’aux programmes détaillés. C’est ainsi que la livraison qui recouvre la période allant du 15 au 21 novembre 2014, six pages sont consacrées à la sixième saison d’ « Un village français » en donnant la parole à huit collaborateurs différents. C’est chose rare et précieuse que de prendre connaissance du témoignage du chef décorateur ou du créateur des costumes, pas seulement de ceux du réalisateur et de certains interprètes.

 De l’introduction de Marjolaine Jarry, ceci : « Un village français explore, sur la durée, le politique et l’intime, et fouille, avec une virtuosité parfois insoutenable, l’inextricable écheveau de la morale humaine. Rarement a-t-on approché, de façon aussi palpable, ce qui hante notre (mauvaise) conscience collective. » « Un village français » est …la série française la plus audacieuse que l’on connaisse ». Le compliment est mérité, d’autant que la série ne tient ni du « polar » avec crimes, ni du « médical » unitaire!

un village français - saison 6 - scène de tournage (photo Fr3)  avec Audrey Fleurot (Florence Larcher)

Un village français – saison 6 – scène de tournage
(photo Fr3) avec Audrey Fleurot (Florence Larcher)

 Les responsables de RTS ont su tisser des réseaux avec certaines chaînes françaises pour faire bénéficier les téléspectateurs romands d’une priorité sur la France. Cela fonctionne mieux avec TF1 qu’avec Fr3. Pour cette série assurément de haut de gamme, ce sera à 20h45 sur Fr3, dès mardi 18 novembre 2014, avec deux épisodes !

François Truffaut

Ils furent nombreux, dans les années soixante, à apparaître dans le cinéma français, des très grands comme Resnais, Godard. Truffaut, d’autres assez proches, Rohmer, Chabrol, Rivette. Il y a ceux qui préféraient Godard à Truffaut, ou le contraire, place de Resnais peu contestée. Mais on peut apprécier les uns et les autres pour des raisons différentes.

François Truffaut est mort le 21 octobre 1982, à cinquante-deux ans. On ne devrait pas mourir à cet âge. Pour se souvenir de lui, la cinémathèque française propose une grande exposition, dont voici l’affiche :

François Truffaut, affiche de l'exposition à la cinémathèque française

François Truffaut, affiche de l’exposition à la cinémathèque française

L’hommage rendu par ARTE

Arte vient ainsi de rendre fort bel hommage à Truffaut, en reprenant entre autres quatre de ses films, « Tirez sur le pianiste », « La peau douce », « Le dernier métro », « Les quatre cent coups ». Revus avec plaisir et émotion : il aimait l’amour des femmes, mais si pudique – des jambes dénudées plutôt que des corps entiers ! Surpris par une sorte de violence sourde dans certains gestes et comportements : comme une brûlure ! Il « raconte » plus ou moins un certain Truffaut dans le «cycle » Doinel. Comme une série d’aujourd’hui dont les épisodes seraient cinq années d’une vie : Jean-Pierre Léaud se mit à ressembler au cinéaste, ou le contraire ! Invité à choisir entre la main droite ou la gauche, Antoine Doinel dit « Gauche » : son interlocuteur, adulte dans une froide colère, se sépare de sa montre bracelet et lui envoie une gifle magistrale ! C’était, bien sûr, dans « Les quatre cents coups ».

"Les quatre cents coups": Antoine Doinel et son instituteur.

« Les quatre cents coups »:
Antoine Doinel et son instituteur. Mais est-ce vraiment le cadre du film ?

Seulement une gifle ?

 Revu récemment une seconde fois la gifle, un court extrait, dans «C’était mieux avant » ( RTS1, mercredi 5 novembre 2014 : fort intéressante émission à laquelle il serait bon à l’occasion de rendre hommage ; voilà qui fait rapidement une première fois).

Cette gifle, serait-ce la seule contribution de la télévision romande à cet hommage rendu à Truffaut dont l’exposition à Paris est le point le plus fort ? Y fit-on quelque allusion nocturne dans « La puce à l’oreille » ? Alors il faut jouer au détective. Ce sera à l’aide de google, en tapant «  X , François Truffaut ». Si X égale Arte, résultat rappelé plus haut; Tf1, un concours, pour gagner des DVD ou des entrées à l’exposition; M6, rien trouvé; France 2, plusieurs extraits et un entretien avec Laura Truffaut, qui parle avec douceur et émotion de son père.

 Avec X égal RTS, tout de même trouvé deux petites minutes, non pas à l ‘antenne, mais dans le « Journal en continu » du petit écran. Bien sûr, il y a alors en archives des documents plus ou moins anciens, qui prouvent en passant qu’il y eut par le passé à la télévision des collaborateurs pour s’intéresser à Truffaut.  On aurait pu profiter d’une des cases dévolues au cinéma pour proposer au moins un film de Truffaut, même sans le moindre mot de présentation ! Mais « Notre » télévision n’est pas tellement aimantée par ce qui risque de passer comme trop culturel pour être offert au « grand » public entre 18 et 23 heures.

"La peau douce" (1964 ) :Jean Desailly et Nelly Benedetti

« La peau douce » (1964 ) :Jean Desailly et Nelly Benedetti

Hommages bienvenus en radio

« Vertigo » aura au moins présenté « Truffaut cinéphile et mélomane ». « Arts visuels » a fait visiter l’exposition de la cinémathèque française. Pendant une bonne quinzaine de minutes, un réel plaisir d’en faire la découverte un peu tardive sur le site. La radio parle et donne au moins à écouter de belles choses justes, vraies. La télévision n’aura rien montré de Truffaut, du moins jusqu’à ce jour !

 

PS : Il faudrait mettre un peu plus d’imagination dans les programmes. « Télérama » a organisé un concours de la plus belle lettre envoyée par un spectateur à « La femme d’à côté ». Trois ont été publiés dans l’édition du 15 au 21 novembre : très beaux textes!

Masters of sex

Guide tv, du 8 au 14 novembre 2014 : «Audacieuse, savoureuse, magnifiquement interprétée par Michael Sheen et Lizzy Caplan, et invitant à la réflexion, cette série canadienne a constitué, en 2013, l’un des événements majeurs dans le monde des séries télé »

 Télétop Matin du 9 au 15 novembre 2014 : « Une série …. stimulante (..) retraçant avec maestria le parcours de Virginia Johnson et William Masters, qui ont révolutionné la sexologie. (Saskia Galitch)

 Tv 8 , du 8 au 14 novembre 2014 : « L’histoire vraie du gynécologue William Masters et de Virginia Johnson, pionniers de l’étude scientifique de la sexualité, accouche d’une série chaudement recommandée. (..)Parler de sexualité au mitan des années 50, c’est déjà tabou.(..) En surface, notre série parle de sexe, mais en fait çà va beaucoup plus loin. On parle d’intimité, de relations humaines, d’amour, des complications que l’expérience sexuelle peut entraîner(..) ( Pascal Busset )

Le casting de "Masters of sex". [RTS/SONY/Showtime, LLC All rights reserved]

Le casting de « Masters of sex ». [RTS/SONY/Showtime, LLC All rights reserved]

http://www.rts.ch/emissions/series/toutes-les-series/6225174-masters-of-sex.html : Pionniers de la sexologie et de l’étude de l’orgasme féminin dans l’Amérique puritaine des années 50, le docteur William Masters (Michael Sheen, ex-« Tony Blair ») et la sulfureuse Victoria Johnson (Lizzy Caplan, « True Blood ») forment un couple de chercheurs iconoclastes, auteurs de la plus grande étude moderne jamais réalisée sur la sexualité humaine. Sérieuse autant que loufoque, la série créée par Michelle Ashford (« The Pacific ») est adaptée des confidences de Virginia Johnson à l’écrivain Thomas Maier.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Masters_of_Sex#Commentaires « Si les personnages de la série peuvent être analysés au travers de leur rapport au sexe, clé de leur identité (l’époux volage, la femme frustrée, la prostituée, la femme libérée, l’homosexuel honteux), cette série de stéréotypes est très vite nuancée par une construction psychologique très fine20. »

Ces diverses citations devraient suffire : « Masters of sex » doit donc s’inscrire dans la liste des séries tendant au haut de gamme à réelle valeur ajoutée. Seulement, voilà : c’est vers 01h30, dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 novembre, que confirmation sera probablement faite des qualités annoncées de la série. On saura aussi si le logo rouge était de service, ce qui est probable!

Ensuite?  Belle occasion de s’interroger sur la programmation tardive par la RTS  de ces séries haut de gamme, à des heures où en principe les téléspectateurs sont rares. Restera aussi à savoir si « Master of sex » sera accueilli en vision dans «  7+ » ?( 10.11.14 – 19h00)

A première vue

 Vu donc, lundi 10 à partir de 23 :35, les deux premiers épisodes de « Masters of Sex ». Difficile d’entrer dans cet univers après avoir revu sur ARTE, « Breaking the Wawes » (1996) de Lars von Trier, plus de deux heures d’un film tendu, éprouvant, d’une forme éblouissante, où le temps et l’espace sont oubliés pour créer une suite de chapitres thématiques, qui ne sont du reste pas sans rappeler la structure des séries. Rappelons que Lars von Trier venait de signer, entre 1994 et 1996, une série récurrente d’excellent niveau, « L’Hôpital et ses fantômes ».

Belle occasion pour rappeler à l’admirateur que je suis de certaines séries récurrentes, que la mise en scène reste une démarche fondamentale pour la réussite du toute « produit » audiovisuel de fiction. Il est bon de se rappeler que des réalisateurs comme David Fincher (« House of cards »), Eric Dumont (« P’tit Quinquin »), Jane Campion ( « Top of the lake »), Martin Scorsese (« Boardwalk empire) ou encore Steven Soderbergh (« The Knick ») sont auteurs ou co-auteurs de splendides séries.

Ce n’est pas par sa mise en scène que « Masters of Sex » s’inscrit plutôt modestement dans ce haut de gamme. La reconstitution de recherches médicales est meilleure dans « TheKnick ». L’évocation de l’époque des années soixnte par les habitudes vestimentaires et certains comportements dans « Mad men » est nettement plus séduisante que celle de « Masters of Sex ».

Recherches médicales assez peu conformistes

 

L'affiche de "Masters of sex" (Showtime), sur RTS 1 dès le lundi 10 novembre ers 23h30, épisodes en duos

L’affiche de « Masters of sex » (Showtime), sur RTS 1 depuis le lundi 10 novembre 2014 vers 23h30, épisodes en duos

La mise est scène de « Masters of Sex » est pourtant d’un bon niveau. Ses plus évidentes qualités tiennent dans l’interprétation, assez piquante de Lizzy Caplan (Virginia Johnson), plus pondérée et sérieuse de Michael Sheen (William Masters). Mais c’est la marque d’une différence de comportements entre deux personnes qui deviendront de très proches collaborateurs, comme s’il fallait un accélérateur d’abord étranger au milieu médical pour les curiosités scientifiques d’un chercheur presque intimidé par l’audace des idées qu’il veut expérimenter, qui ne s’inscrivaient pas facilement dans l’air d’un temps où le sexualité féminine n’était pas forcément un sujet d’études scientifiques.

Bien sûr, on y montre certaines expériences, mais les scènes d’amour physique sont somme toute assez brèves, laissant pourtant le temps de connaître la nature de l’expérience mesurée. Il y aura d’abord des observations à faire même quand la femme simule le plaisir, avant que celui-ci ne devienne un droit. C’est d’ailleurs l’occasion de glisser dans le film un brin d’humour. Et puis, peut-être bien que la notion de plaisir fera surface plus souvent par la suite.

Bien entendu, mais c’est tout de même un caractéristique du genre « série », les dialogues sont presque constamment présents. Le silence, les regards, l’intensité d’un gestes restent la force du meilleur cinéma ; et des plus grandes séries si elles ne mettant pas l’action au premier plan.

S’inscrivent d’emblée dans la série des problèmes de société. C’est ainsi que Masters dont presque se cacher pour faire ses recherches. Son directeur administratif finit par lui permettre de les conduire mais reviendra vite en arrière quand elles seront rendues publiques, donc inacceptables dans l’ambiance des années 1955. La stérilité de l’épouse de Masters perturbe la vue du couple, mais plus celle de la femme que du chercheur. La société américaine est bien présente.

Un logo rouge tardif

Il y a, bien sûr, le « logo » rouge, qu’on ne retrouve pas sur le site de la rts, rubrique  » +7″ qui propose durant sept jours les deux premiers épisodes! Le téléspectateur est « protégé », pas l’internaute! Avec « Masters of Sex », on vole assez haut. Mais il faut peut-être avouer une petite déception. Elle est peut-être liée à la fatigue due à la projection tardive qui s’est terminée le mardi peu avant 01h30 – problème sur lequel nous reviendrons prochainement. (12.11.14 – 19h00)

Du logo rouge à Picasso

Chaque diffuseur dispose d’un signal d’alarme pour avertir qu’une émission n’est pas à la portée de tous les yeux et de toutes les oreilles, puisqu’elle risque de heurter certaines formes de sensibilités. Pour la RTS, le parfois hypocrite avertissement qui soulage les consciences du diffuseur, est le « logo rouge ». Encore ne faudrait-il pas l’utiliser comme une sauce à usage trop fréquent. Depuis plusieurs semaines, le logo est au rendez-vous durant plus de trois heures le dimanche soir avec deux duos, « Esprits criminels » et « New-York, unité spéciale ». Il s’agit de deux divertissements américains à caractère unitaire et policier, avec des personnages qui ne changent guère d’un épisode à l’autre.

Nuse Jackie

Edie Falco (Jacky Peyton) dans « Nurse Jackie ».
Que fait-elle donc pour mériter son logo rouge ?
Elle se « pète » aux « médics » et elle a un amant : c’est « immoral »…. A ne pas oublier : c’est aussi une grande professionnelle aux méthodes parfois peu orthodoxes !

Record en septembre !

 Durant quelques semaines, pire il y eut, le logo rouge affublant aussi l’impossible « Nurse Jackie » après minuit, durant plus d’un heure. Abusives, ces quatre heures de « logo » ! Pas très compatibles avec un service public qui aime bien son « grand » public ! Ou bien on use trop facilement du logo rouge, ou bien on revoit la programmation de ces séries policières américaines à cent balles la minute.

Depuis quelques semaines, moins de rouge : à minuit, la série « Silicon Valley » aborde un problème économique et de société sans tueur ou violeur en série. Plus de logo rouge ! Mais il est minuit : le très cher « grand public » fait dodo !

Un poster pour "Girls" (Production HBO).  De gauche à droite : Jemima Kirke (Jessa), Allison Williams (Marnie), Lena Dunham (Hannah), et Zosia Mamet (Shoshanna). √√

Un poster pour « Girls » (HBO).
De gauche à droite
:Jemima Kirke (Jessa), Allison Williams (Marnie), Lena Dunham (Hannah), et Zosia Mamet (Shoshanna).
RTS, dès le 09.11.14, à 00h15, donc le 10!

Question ouverte : une nouvelle série américaine, dont le première vertu est de ne pas être policière, « Girls », apparaît dès le 9 novembre, de 00h15 à 01h20, excellente case horaire pour lui assurer un large public dit de « niche » en compagnie de quatre jeunes femmes assez libres dans leur comportement amoureux. Avec ou sans ? Il y avait bien un logo rouge pour « Nurse Jackie ».

Masters of sex

Masters et Johnson ? Tout le monde (ou persque) connaît. La RTS propose cette série américaine  de John Madden , sans criminels, produite par showtime, dès le lundi 10 novembre 2014 vers 23h30. « Notre » télévision serait-elle la première chaine généraliste francophone à le faire en Europe après la discrète OCS City en France ? Bravo. Dans quelle version ? Originale avec sous-titres français ou doublée ?  Mais pourquoi continuer de proposer deux épisodes à la fois, ce qui met fin à la diffusion après une heure du matin ? Pour presque personne ? Programmation audacieuse, mais l’audace est démolie par l’horaire. Un par un, cela irait tellement mieux : mais l’audace manque pour changer des habitudes internes.

L'affiche de "Masters of sex" (Showtime), sur RTS 1 dès le lundi 10 novembre ers 23h30, épisodes en duos

L’affiche de « Masters of sex » (Showtime), sur RTS1 dès le lundi 10 novembre vers 23h30-

Avec ou sans logo ? On peut parier sur le « rouge » ….

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Rencontre avec Picasso

 Or donc, à vingt-et-une heures, comme chaque dimanche, je fuis RTS1, ses polars unitaires américains et leur logo rouge de sang, souvent au profit de RTS 2 et de se documents. Le 26 octobre, au dernier moment, je consulte tardivement les programmes, pour me rendre compte qu’ARTE vient de consacrer quatre documents à Picasso à l’occasion de la réouverture du Musée à lui consacré à Paris.

Quelle formidable, belle et émouvante immersion dans la vie d’un créateur polyvalent, que ce « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Une idée sert de fil rouge : l’œuvre retrace la biographie à travers ses femmes ou compagnes inspiratrices. Cet « inventaire d’une vie » est co-réalisé par Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso, petit-fils du peintre, ce qui contribue à donner au document une sorte d’intime complicité.

Portrait de Dora Maar- Musée Picasso - PARIS ( photo ARTE)

Portrait de Dora Maar- Musée Picasso – PARIS
( ARTE)

Il vaut la peine de retenir quelques points qui montrent la richesse du document. Il ne faut pas réduire Picasso à des visages méconnaissables ou torturés. Les constructions d’œuvres avec des formes géométriques élémentaires, souvent des carrés, ne représentent d’une petite partie de l’œuvre. Picasso savait s’inspirer d’Ingres ou de Matisse pour parvenir aux « Demoiselles d’Avignon ». Vélasquez, Goya, Le Gréco furent pour lui des rampes de lancement.

Après le décès de Picasso en 1973, Maurice Rheims prit des années pour faire l’inventaire de toutes les œuvres, des esquisses aux plus grandes, que Picasso souvent conservait pour lui dans une de ses demeures. En plus de septante ans, ce sont cent vingt mille travaux qui furent recensés, entre mille cinq cents de deux mille par année, cinq par jour ; tous les jours ! L’absence de testament et des problèmes juridiques liés aux enfants naturels et aux autres rendirent complexe le partage des biens. Ministre de la Culture, André Malraux, habilement, fit voter une loi permettant aux héritiers d’un artiste de « payer » les droits de succession non en argent mais en œuvres. Sans cette loi, il n’y aurait pas beaucoup d’œuvres de Picasso dans les musées de France.

Picasso, l'inventaire d'une vie d'Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso ( photo ARTE)

Picasso, l’inventaire d’une vie d’Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso (ARTE)

Vidéo indisponible

Il y a quelques années, la TSR devenue RTS donnait des informations sur des canaux de diffusion proches d’elle, « TV5 France, Belgique, Suisse », « Tv 5 Monde » et ses plus de deux cents millions de téléspectateurs potentiels. Il fut aussi souvent question de la proximité entre ARTE et la TSR à l’occasion de certaines collaborations.

ARTE, comme d’autres, propose de voir et revoir une partie de ses propositions sur son site « ARTE+7 », mises à disposition pendant sept jours. J’ai voulu revoir « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Surprise d’apprendre que « Cette vidéo n’est pas disponible pour votre pays ».

La RTS aurait-elle fait l’achat de ce document qui serait mis en réserve pour une future diffusion plus ou moins lointaine ? ARTE ne dispose-t-elle des droits que pour la France et l’Allemagne ? Et ce n’est pas la première fois que la « porte » est fermée aux Romands. Mais à qui poser la question pour connaître la cause de cette « interdiction » d’accès ?

 

 

The Knick : une réussite

Une affiche "promotionnelle" de "The Knick", le Dt Tharkery dans une posture presque "mystique

Une affiche « promotionnelle » de « The Knick », le Dt Tharkery dans une posture presque « mystique

Chose rare : une « VOST »

 Il fallait, bien entendu, suivre régulièrement « The Knick » , une production de HBO, en version originale sous-titrée, trois semaines seulement après la sortie américaine et quelques jours après son apparition en France sur la chaîne spécialisée OCS City. Enfin une programmation audacieuse d’une série par la RTS. Il faut en effet remonter dans le temps une vingtaine d’années pour se souvenir d’une autre série en version originale sous-titrée, celle de Dream One  qui racontait les déboires en amours de Martin Tupper avec extraits de films américains des années 30-50, un régal aussi pour les cinéphiles. Et c’était déjà HBO !

Que cette audace coïncide à quelques jours près avec l’apparition de « Netflix » en Suisse est un pur hasard, bien entendu. La RTS n’a rien à craindre de ce nouveau rival sur le marché des fictions puisque tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Enfin, presque

Le racisme de Thackery

Réaction alors d’emblée positive et cela fut écrit dès le premier épisode. Un peu de peine, ensuite, pour faire vraiment connaissance avec les personnages. Certes, les visages sont inscrits dans la mémoire, mais la mienne n’a jamais été très habile à retenir noms et prénoms. Fonctionne alors un frein : qui est- ce ? Mais au gré de épisodes, les personnages sont devenus suffisamment présents pour pouvoir suivre leur évolution, comprendre leurs comportements, se demander dans quelle mesure il vont être capables d’en changer. C’est ainsi que le Dr Thackery va mettre un frein à son racisme, conscient du dévouement social du dr Edwards– l’hôpital quasi-clandestin installé des les sous-sols du Knickerbocker – que de ses compétences professionnelles. Restera entre eux une sorte de rivalité-compétition qui va contribuer à faire faire des progrès à leurs gestes chirurgicaux.

The KNICK - HBO - DR John Thackery ( Cline Owen), avec sa petite valise qui resssemble à celle d'un généraliste d'aujourd'hui !

The KNICK – HBO –
DR John Thackery ( Cline Owen), avec sa petite valise qui resssemble à celle d’un généraliste d’aujourd’hui !

 On aura beaucoup insisté sur les scènes d’opérations avec chairs incisées et sang qui dégouline, en effet difficiles à supporter. Elles seules expliquent la présence du logo rouge. Ces interventions ont lieu dans un auditoire avec public de médecins qui n’assistent pas à un spectacle mais participent à un cours de formation en chirurgie au début des années 1900.

Le coût de la médecine

La chirurgie, la médecine, l’existence même d’un hospital, ont un coût. Edison peut bien inventer un appareil à rayons x : l’équipement n’est pas gratuit. Les anti-douleurs n’existent pas : on se sert de morphine parfois rare sur le marché. Herman Barrow doit se battre pour trouver des fonds. L’évêque onctueux ne peut rien donner, les charges de ses hôpitaux catholiques étant trop Lourdes. Le “mécène” refuse sans véritable raison une aide supplémentaire. Il est donc aussi question de la gestion d’une entreprise.

Des individus douteux vendent des corps à autopsier. Un couple va-t-il adopter le bébé qui lui propose soeur Harriet qui s’occupe de meres célibataires? Les services de la santé qui luttent contre le risque de choléra. C’est un tribunal qui doit libérér une cuisinière qui est peut-être porteuse de la maladie. A travers des cas individuels, ce sont les problèmes d’une société qui s’inscrivent.

La délicieuse infirmière Lucy Elkings va tomber amoureuse de l’insupportable Tharkery sans voir que Bertie est amoureux transi d’elle.

The Knick - Steve SODEBERGH Dr Bertie Chickering  Michael Arganon) et Lucy Elkins ( Ewa Houson), l'infirmière dont il est amoureux.

The Knick – Steve SODEBERGH
Dr Bertie Chickering Michael Arganon) et Lucy Elkins ( Ewa Houson), l’infirmière dont il est amoureux.

La reconstitution de la ville

Dans les rues animées de New-York passe l’“ambulance”. On y côtoie la pauvreté, celle surtout des populations noires Des échoppes, un restaurant de luxe, un établissement de stupre , des appartements confortables sont brillamment reconstitutes. C’est toute une société urbaine du début du XXe qui revit sous nos yeux avec une élégante présence spectaculaire.

En John Thackery s’inscrit bien la synthèse d’une société et de ses contradctions. Raciste, mais il cessera de l’être, amoureux, il restera insupportable. Génial dans ses inventions et trouvailles professionnelles, il reste dépendant de drogues, cocaïne et morphine, pour s’évader de lui-même. Il est tout et son contraire, repoussant et attachant. “The Knick” possède bien les qualités qui inscrivent cette série dans le haut de gamme.

Les épisodes un par un

Il faut aussi insister sur ce délicieux plaisir qui permet de déguster la série épisode par épisode. Les regrouper deux par deux comme cela se fait un peu partout, c’est reconstituer la séance de cinema avec entr’acte. Mais la durée et la sensation du temps qui passe ne sont pas les mêmes dans une chambre d’où l’on peut s’échapper, déjà du regard, que dans une salle obscure.

Tout épisode d’une série récurrente se termine sur une question ou une attente, qui doivent exciter l’attention et nourrir l’envie de savoir la suite. Les impatients adoptent une autre attitude : ils se débrouillent pour voir autant d’épisodes qu’ils veulent d’un seul coup, là où ils savent très bien les trouver. Et ce n’est pas après 23h00 sur de RTS. Ils évoluent dans la grisaille de l’illégalité. Offrir des séries à forte valeur ajoutée en version originale sous-titrée est peut-être une bonne réponse aux exigences d’un jeune public.

Vieillir demain : au tour des « Docs »

Intéressant, le forum de «Temps Présent » qui a suivi la présentation d’ « Alzheimer à visage humain » : plusieurs interventions soulignent le fait que les exemples cités, deux institutions en Suisse romande et un village entier en Hollande, proposent une vision harmonieuse de la maladie. Mais il y a d’autres institutions comme des EMS ou même le milieu familial, qui tentent d’accompagner 24 heures sur 24 un malade. Ce n’est pas facile.

Au tour des « Docs », après « Temps présent », d’apporter sa contribution au dossier, en adaptant en français un document norvégien, « Les optimistes », et un document de la télévision suisse alémanique parlé en allemand mais aussi en polonais et en hongrois, « Une aide venue de l’Est ». La RTS ne propose pas (assez ?) souvent des adaptations d’émissions des deux autres entreprises de la SSR-SRG.

Les optimistes ( Lundi 20.10.14– 20h40 -RTS2)

 On sait que RTS2 consacre une bonne partie de son temps aux sports. Voici donc une rencontre de volleyball entre des Norvégiennes et des Suédois, maillots numérotés personnels y compris, avec hymne national du pays recevant. Certes, la qualité sportive du spectacle laisse quelque peu à désirer. Celle qui porte le numéro 98 indique ainsi son âge !

Optimistes - les docs - rts2 - 20.10.14

Optimistes – les docs –
rts2 – 20.10.14

Il s’agit dans ce document norvégien de suivre essentiellement un groupe dit des « optimistes », composé d’une bonne quinzaine de femmes âgées de plus de soixante ans. Elles se portent assez bien pour continuer de faire du sport, en l’occurrence du volleyball, y compris au jour de la rencontre internationale avec le filet plus haut que d’habitude. Certes, les visages portent leur âge, parfois un peu moins. Mais l’activité physique repousse parfois le sillon profond des rides. La mobilité, même ralentie, subsiste. Un vrai ralentissement apparaît, chose curieuse, lors des chants en commun, au rythme d’un organiste qui chercherait ses notes. Bel exemple d’aînées et d’aînés en effet « optimistes », telle celle qui porte le « 98 », atteinte d’un cancer, souhaite mourir … de vieillesse tranquille.

Le troisième et même le quatrième âge peuvent encore fréquenter la gourmandise de vivre !

Une aide venue de l’est (Lundi 20.10.14 – 21h35 – RTS2)

 Il existe des familles, avec exemples pris en Suisse alémanique, y compris au bord du lac de Bienne, qui veulent ou ne peuvent pas faire autrement que de s’occuper d’un parent « Alzheimer » à domicile, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Toute aide extérieure peut être fort coûteuse. Elles seraient près de trente mille, venues de Pologne ou de Hongrie, disponibles 24 heures sur 24, en travaillant souvent au « noir », pour s’occuper de personnes âgées qui restent chez elles et nécessitent présences, aides et soins.

Une aide venue de l'est - rts2 - 20.10.14 - ( Un sujet de Béla Batthyany pour la DRS )

Une aide venue de l’est – rts2 – 20.10.14 – ( Un sujet de Béla Batthyany pour la DRS )

Une ancienne institutrice hongroise se rend en Suisse trois semaines sur quatre. Elle est nourrie, logée, avec un salaire de mille francs par semaine, ce qui est nettement supérieur à un salaire d’institutrice dans son pays d’origine. La personne dont elle s’occupe, atteinte d’Alzheimer, est parfois d’une grande agressivité à son égard. C’est un exemple parmi quelques autres découverts dans le document. Il ne s’agit pas forcément de venir en Suisse pour le salaire. C’est aussi un moyen de sortir du chômage.

Le document aura pris un tour inattendu. Il s’inscrit évidemment dans le thème général du « Vieillir demain ». Mais on montre, à travers des exemples, la situation personnelle, pas facile à vivre dans leur pays, de certaines de ces accompagnantes. Leur sort n’est pas enviable. Mais leurs parents à eux, sont aussi des séniors qui vieillissent, tel ce couple qui se trouve confiné dans une chambre de dix mètres carrés dans un EMS dont le personnel n’est guère nombreux. Le fait d’aller en Suisse travailler 24 su 24 à la surveillance d’une personne malade impose parfois d’avoir ses propres parents dans un EMS au personnel rare donc submergé. Paradoxe !

Mais ainsi, le document, comme le précédent, a le mérite de montrer que le problème du vieillissement n’est pas seulement celui d’un pays « riche » comme la Suisse. C’est un problème qui se pose aussi dans d’autres pays, exemples pris seulement en Europe.

Après l’excellent sujet traité par « Temps présent », voici une remarquable contribution de l’équipe des « Docs ». Et ce n’est pas tout: en télévision, ce sera aussi, à « 36.9 », « Logement et longévité _ home ou sweet home » ( mercredi 22 octobre 2014 – RTS 1, de 20h10 – 22h00).

Pourquoi la fiction n’est-elle pas associée à cette semaine thématique ? « La vie à l’envers » ne faisait même pas partie des propositions annoncées. La réponse n’est pas aisée à formuler !

Vieillir demain : le boom des séniors

Vieillir demain

La RTS dépasse donc largement la notion déjà précieuse de « Soirée à thème » avec un imposant programme en télévision, radio et internet sous le titre « Vieillir demain : le boom des séniors », boom du reste aujourd’hui déjà esquissé. Un remarquable effort de promotion est fait en cette occasion. On en trouve le chemin sur ce site en notre page d’accueil :  rts.ch/vieillir demain  ).

Les émissions y sont présentées clairement dans l’ordre chronologique. Mais il y a plus. On trouve sur la colonne de gauche la possibilité de revoir d’anciennes émissions sur ces troisième et quatrième âges. Précieuse offre, que de permettre de savoir comment, hier ou avant-hier, on abordait ces problèmes. Un regret toutefois : il serait fort intéressant de savoir quand ces différents documents sont apparus à l’antenne. Mais peut-être que je n’ai pas su trouver cette information chronologique…

Un grand bravo à ceux qui ont eu cette idée somme toute audacieuse de programmation multimédia, Françoise Ducret, Mario Fossati, Jean-Marc Bégiun et Romaine Jean (fyly – jeudi 16 octobre – 10h30)

Temps présent : « Alzheimer à visage humain » (Jeudi 16.10.14 – 20h15)

Remarquable, cet  » Alzheimer à visage humain », de Marc Wolfensberger en collaboration avec Marcel Schüpbach, ancien co-responsable de « Temps présent », ce qui n’interdira pas un participant à l’émission de traiter cette maladie de « saloperie ». Et elle l’est assurément, pour les proches du malade qui le voient quitter peu à peu ce monde pour se réfugier dans un ailleurs reconstitué auquel ils n’ont pas accès. La souffrance des proches est une évidence. Quelques-uns, parfois,, acceptent un certain humour, quand son mécanisme repose sur le sens détourné des mots. D’ailleurs, cet humour fait par instants partie de l’émission, pas comme une forme de défoulement, jamais au détriment du malade qui se « trompe » : en amicale complicité

"Alzheimer à visage humain" : Temps présent - RTS 1 - 16 octobre 2014

« Alzheimer à visage humain » : Temps présent – RTS 1 – 16 octobre 2014

Les exemples choisis, deux institutions en Suisse romande, un village entier en Hollande, Hogeweyr », mettent en évidence la grande attention pour ces malades qui oublient de plus en plus leur vie ancienne. Dans le village, il ont le droit si tel semble être leur désir à des « journées-pyjama ». Une certaine « sagesse » s’installe en eux qui efface en partie la peur de mourir. Et cette mort, dans cet environnement, est  plus soudaine que dans les institutions à vocations multiples.

Les soignants sont en contact quotidien avec les malades et avec les proches qui doivent accepter cet « ailleurs » parfois dans la souffrance. Retenir certains témoignages de ceux qui se mettent à « parler Alzheimer » fait comprendre la nature de leur engagement. « Pour nous, c’est ce qui reste qui est important ». Et tant mieux si Monsieur X et Madame Y pensent qu’ils sont mariés.

La vie à l’envers – Anne Giafferi (Jeudi 16.10.14 – RTS1)

« Téléfilm » ou « Film » ? Une différence peut-être : un film est encore destiné à faire si possible carrière sur grands écrans. Un téléfilm est en principe entièrement financé par une ou des chaînes de télévision.A part cela, il s’agit d’une fiction à aborder comme telle.

Nina (Marthe Keller), 67 ans, perd la tête, autrement dit donne les premiers signes d’Alzheimer. Elle a trois filles, l’une trompée par mon amant, la deuxième séparée de son mari, la troisième pas très contente de son psy. Il faut trouver une solution pour s’occuper de maman : le personnel auxiliaire n’est pas de premier choix. Ce sera l’institution spécialisée. Mais cela est coûteux. Vendre ou non les biens de la famille: telle devient la question !

La vie à l'envers - Anne Giafferi - photo en famille, maman et ses trois grandes filles

La vie à l’envers – Anne Giafferi – photo en famille, maman et ses trois grandes filles

On l’aura compris : le récit porte plus son attention sur les problèmes de trois soeurs que sur la malade elle-même. Il s’agit plus d’organiser un nouveau mode de vie pour quelqu’un qui n’en ressent pourtant pas vraiment le besoin que de tenir compte d’elle.
On peut se dire que si la réalisatrice avait vu « Temps présent*, elle aurait probablement fait un autre film, plus intéressant. Un tel divertissement prend place dans un ensemble de sujets traitant du vieillissement, à travers des observatrices certes touchées de près par la maladie de leur mère, mais centrées sur leurs propres problèmes.

 

Soirées à thèmes

Lire ci-dessous : premières remarques sur les deux premiers épisodes de « Capitalisme », présentés le mardi 13 octobre 2014 sur ARTE.

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La RTS dépasse donc largement la notion déjà précieuse de « Soirée à thème » avec un imposant programme en télévision, radio et internet sous le titre « Vieillie demain : le boom des séniors », boom du reste déjà largement esquissé. Un remarquable effort de promotion est fait en cette occasion. On en trouve le chemin sur ce site ( cf notre page d’accueil en    rts.ch/vieillir demain  ).

Les émissions y sont présentées clairement dans l’ordre chronologique. Mais il y a plus. On trouve sur la colonne de gauche la possibilité de revoir d’anciennes émissions sur ces troisième et quatrième âges. Précieuse offre, que de permettre de savoir comment, hier ou avant-hier, on abordait ces problèmes. Un regret toutefois : il serait fort intéressant de savoir quand ces différents documents sont apparus à l’antenne. Mais peut-être que je n’ai pas su trouver cette information chronologique…

Un grand bravo à ceux qui ont eu cette idée somme toute audacieuse de programmation multimédia, Françoise Ducret, Mario Fossati, Jean-Marc Bégiun et Romaine Jean (fyly – jeudi 16 octobre – 10h30)

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 La télévision, source des réflexions qui ici paraissent, ce n’est pas seulement nos excès de l’été associés au football, ni même l’addiction personnelle aux séries haut de gamme, trop souvent présentées sur la RTS en fin de soirée et pas toujours récupérables dans les offres « sept+ ». « The Knick » se porte de mieux mieux.

Parmi les propositions qui ont pour mérite de surprendre, on peut s’arrêter aux soirées à thèmes, qui vont au-delà du traitement rapide à la sauce « Téléjournal », de la rubrique de quelques minutes tendance « Mise au point » ou « Toutes taxes comprises » ou même se donnent le temps d’en dire davantage ( « Temps présent »).

Nous reviendrons sur deux exemples récents apparus sur RTS2, d’harcèlement à l’école et d’après-suicide ( 6 octobre) ou en folâtrant avec des « Escort-boy » dans quelque « Love hotel » japonais ( 13 octobre).

Arte, après une soirée entière avec « Des patrons et des hommes » ( mardi 7 octobre), s’en va  sur les traces du « Capitalisme », en une série qui promet d’être ardue, en trois fois deux épisodes, qui a débuté le mardi 14 octobre 2014, pour se poursuivre les 21 et 28 de ce mois.

 Voici d’abord une image pour «séduire » ceux qui ne le seront pas par « Camping paradis », la victoire de la Suisse face à Saint-Marin ( trente mille habitants), ou encore « Le mentalist », « Cousu main », avant peut-être de rejoindre Serge Moati qui surprend en son « Adieu à Le Pen ( France 2- vers 22h40- record d’audience pour cette émission, avec 1,4 millions de spectateurs qui représentent une part de marché de 10 % )

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Capitalisme / arte / 14.01.14 : illustration pour 1/6

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(Mercredi 15-11h30) Première impression: passionnant, rigoureux, de bonne pédagogie, pas une minute d’ennui : et bien sûr impossible de résumer en quelques dizaines de signes cent minutes denses et précises autour de d’Adam Smith.

arte - 14.10.14 Capitalisme   2/6

Arte – 14.10.14  Capitalisme 2/6 : la division du travail !

Anton Wilhelm Amo, premier noir à avoir obtenu deux doctorats dans une université allemande en 1730 après avoir été affranchi par son « propriétaire » , a été tiré de l’oubli  pour avoir été le premier à écrire sur l’irrationalité profonde de la prétendue rationalité économique qui transformait les hommes en marchandises, et sur les dangers de séparer les réalités humaines et sociales des réalités économiques » ( Le MONDE – Adrien de Tricornot – 12 et 13 octobre 2014 – page 17 – Aux origines du capitalisme – Télévisions ).

Jeremy Ritkin (Photo Arte)

Jeremy Ritkin (Photo Arte)

A 22h40, durant une dizaine de minutes, Emilie Aubry interroge Jeremy Rifkin, qui vient de publier  » La nouvelle société du coût marginal zéro », fondée sur une économie du partage et de la collaboration qui remplacera dans quelques décennies le capitalisme. Exemples de ce coût minimal (presque) zéro : les énergies renouvelables, le covoiturage ( le 20 % du parc automobile actuel devrait y suffire, en encore sans avoir besoin de conduire !), l’échange d’appartements, etc.. Une autre forme de vie, parfois déjà ici et là marginalement adoptée !

Donc à suivre, ces prochaine jours…

« A livre ouvert »: dès-enchanté !

Voir ci-dessous dans « Ainsi soient-ils : deuxième saison », une adjonction qui permet de comparer la programmation par la RTS d’ « Interventions », série médicale de TF1, avec celle d’ « Ainsi soient-ils », série proposée par ARTE.

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Lors de sa sortie et même avant, « A livre ouvert » a été plutôt bien accueilli par la presse qui s’intéresse à la télévision, qualifié ici et là de « jolie série.  « Jolie », en effet ; c’était mérité en ses premiers épisodes. Mais pas plus que « jolie » !

Hélas, la suite est décevante. Certes, les acteurs restent plutôt bons, les dialogues assez incisifs, plutôt bons eux aussi. Mais pourquoi usent-ils presque tous d’une diction à la mitrailleuse, en alignant les mots les uns sur les autres ? On se croirait dans l’increvable série de France3 , « Plus belle la vie », dont on peut voir de temps en temps sans déplaisir un épisode mais sans me sentir obligé de les voir tous !

L’intrigue ? Elle avance, avec quelques surprises. Mais l’enquête sur les détournements de fonds n’est guère passionnante. Les petites combines de Régina et ses proches en spéculation immobilière sont peut-être plus amusantes à suivre que le million disparu. Cynthia, la fille de Michèle, coincée avec de la drogue qu’elle doit cacher pour rendre service à son petit ami Franck, est un brin inquiétante et inattendue. Mais les personnages les plus importants, quand on arrive à la fin de la série, ressemblent beaucoup à ce que l’on pressentait d’eux lors des deux premiers épisodes prometteurs. Edouard na guère de talent d’écrivain, mais le texte de Christiane est-il vraiment de grande qualité ? Et le lapin ? Il est vrai que mettre en scène un animal pose des problèmes de direction d’ « acteur » qui peuvent être amusants à résoudre. Finalement, il n’y a qu’un personnage à la fois trouble et un peu surprenant, Bruno.

A livre ouvert - pas si "délabrée", la bibliothèque de quartier ! Véronique Reymond et François Morel

A livre ouvert – pas tellement « délabrée », la bibliothèque de quartier ! Véronique Reymond et François Morel

Certaines séquences du cinquième épisode m’auront plongé dans la perplexité. Michèle est enceinte ; mais oui, à son âge et avec son expérience de vie. Elle supporte mal physiquement cette grossesse. De là à s’en aller en toute urgence vomir dans une corbeille à papier au vu des autres, il y a un pas dur à supporter. Et Bruno semble bien construire un parc pour bébé longtemps à l’avance avant de le détruire dans un acte de colère.

Dans chaque épisode, on a droit à des plans d’ensemble de Lausanne, sans surprise. Il faut bien que l’on reconnaisse la ville d’accueil de la bibliothèque de quartier. Mais chose frappante : les personnages n’apparaissent que rarement dans ces plans. On aurait pu filmer n’importe quelle ville de n’importe et raconter le même histoire. Les plaques de voiture et leurs occupants ont doit à une identification « VD ».

Réception "mondaine" en débur de série - A livre ouvert

Réception « mondaine » en début de série – A livre ouvert

« A livre ouvert » avait assez de force pour s’installer durant trois ou quatre épisodes. Le sujet est un peu léger pour en faire six ! Dans le dernier épisode, apparaît une histoire de chalet de montagne de plus de cinq millions négocié à un prix de complaisance. On a revu le lapin blanc. La bibliothèque ne sera pas fermée. Mieux, elle sera transformée en fondation créée par la famille de Régina qui dirige une puissante régie immobilière. Un roman à fort tirage connaît un beau succès, mais ce n’est toujours par Edouard qui le signe. Les millions détournés sont un peu oubliés? Dutoit doit bien y être pour quelque chose. Mais on vient de trouver son corps, noyé. Suicide ? Meurtre ? Bruno et Michèle pourraient bien filer le parfait amour. « C’est toi » demande Michèle à Bruno. Pas de réponse ? Voilà qui laisse ouverte la porte à une autre saison….

Je suis sincèrement triste de ce « dès-enchantement » ! « Crom » et « L’heure du secret » restent, avec l’assez exceptionnel « Dix », supérieurs à ce « A livre ouvert » !

 

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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