Ainsi soient-ils, 2ème saison
Mais d’abord une remarque qui n’a rien à voir avec le sujet : depuis quelques semaines, le logo rouge « avertisseur » envahit TSR 1 le dimanche soir : 21:00, « Blacklist » (violences criminelles), 22h40, « New-York, unité spéciale* (crimes sexuels à N.Y), 00H15 : « Nurse Jackie » (à quoi l’impertinente, anarchisante et peut-être libertine infirmière Jackie tardive doit-elle cette mise en garde ?). Ce logo rouge, on le retrouve le lundi soir pour la VO sous-titrée de « The Knick », vers 22h45 (pour les opérations avec chairs coupées et sang qui coule?). Tout de même, cela fait beaucoup de « feu » rouge en peu de temps !!! ( fyly – 23.09.14 – 10h30)
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D’« Ainsi soient-ils » en « Interventions » !
La deuxième saison de « Ainsi soient-ils », est donc une splendide série commandité par Arte, tout en finesse dans la présentation de cinq séminaristes qui veulent devenir serviteurs d’une Eglise fortement préoccupée par le quotidien terrestre financier. La vente des Capucins se précise. Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) réapparait et sera finalement envoyé à Shanghaï. Son successeur, le père Bosco, ira enseignent la théologie à l’université de Louvain. La série se termine sur RTS 1 le 10 octobre et vient de débuter sur ARTE.

Ainsi soient-ils – saison 2
Pour rétablir la situation financière de l’Eglise de France, Monseigneur Poileaux veut vendre le séminaire des Capicins.
Mais la commissions prélevée par le Vatican pourrait dépasser les dix pourcent proposés à l’entourage du Pape!
Premiers plans d’une nouvelle série, « Interventions » : un accident de voiture, du sang, une jeune femme qui va accoucher conduite à la maternité. Le mari est mourant. Le samedi 4 octobre 2014 sur RTS 1, voici les deux premiers des six épisodes de cette série médicale en gynécologie, avec un super-héros, Delon, mais seulement Anthony, dans le rôle principal du Dr Roman Lucas. Il dit à une patiente de pousser très fort et le bébé apparaît presque immédiatement, cris de la mère remplacés par ceux du nouveau-né. Une autre maman rejette son bébé, mais le bon docteur Delon donnera de bons conseils à une collègue qui parviendra à modifier le comportement de Silvia. Les ficelles pourraient bien tenir de la corde ! Pas très prometteur !
Sur RTS1, « Interventions », série médicale anodine, produite par TF1, est proposée en premier rideau le samedi soir, peu après 20h00. « Ainsi soient-ils » apparaît le vendredi soir vers 23h00 pour se terminer peu avant 01h00. Une fois encore, sur le téléviseur, forme de diffusion qui reste la plus fréquentée, la RTS ressemble plus à « Tf 1 » chaîne généraliste commerciale, qu’à « ARTE », chaîne généraliste de service public à composante culturelle ! Ainsi en est-il des choix de programmation!
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Aussi bien que le première saison !
La saison 1 est apparue en septembre 2012, huit épisodes de la vie de futurs prêtres catholiques sous la direction du père Fromenter (Jean-Luc Bideau). Pas d’enquête policière, pas de meurtres dans cette production d’ARTE: un milieu rarement évoqué, sous deux angles et leur interférences, la vocation de futurs prêtres et le fonctionnement de l’Eglise catholique.
Le groupe des cinq

De gauche à droite, Emmanuel (David Baïot), Yann ( JulienBournich), José ( Samuel Jouy),Guillaume (Clément Manuel),Raphaël ( Clément Roussier)
On retrouve donc cinq jeunes hommes, Emmanuel, l’ex-archéologue, Yann en sa force de timide, Guillaume, qui doit s’occuper de sa famille, José, l’ex-taulard, Raphaël, qui veut se détacher de sa riche famille, au cours d’une formation qui doit les conduire vers la prêtrise, une « profession » qui se raréfie. Les doutes envahissants côtoient les certitudes, à des degrés différents chez les uns et les autres. La foi est lien et mais aussi problème entre Dieu et chacun d’eux. La 2ème saison s’inscrit bien dans la continuité de la première, avec un changement brutal pour José, peut-être condamné à rester coincé dans sa chaise d’infirme
Le fonctionnement de l’institution
A travers un personnage qui va prendre une certaine importance, le fonctionnement de l’Eglise comme institution va prendre une certaine importabce. Il importe assez peu de savoir s’il s’agit d’un personnage qui a un modèle dans la réalité : l’important est que le récit de fiction soit plausible.il l’est.
Monsiegneur Poileaux ( Jacques Bonanafé) doit devenir président de la conférence des Evêques de France. Mais ce prélat de Limoges ne se sent guère à l’aise à l’aise dans les grands espaces parisiens et plus encore dans son entourage de trois adjoints dont l’un au moins aurait tendance à lui expliquer comment il faut se comporter en public et en privé. Il doit en particulier trouver une solution pour les difficultés financières de l’Eglise de France. Il négocie un prêt avec une femme banquière qui pose de rudes conditions pour avoir une garantie, celle du Vatican. Que voilà une habile astuce de scénariste pour assurer une présence féminine dans un univers masculin. Sans justifier sa position, l’envoyé du Vatican explique mielleusement à MSR Poileaux qu’une démission prématurée pourrait être un bien pour l’institution.
C’est alors que le personnage un peu pâle s’affirme. Il refuse de se retirer de son poste qu’il considère comme un mission en quelque sorte « divine » à laquelle il ne saurait renoncer. Il en oublie de négocier avec son interlocuteur la garantie financière de Rome. Qu’à cela tienne : il y a un moyen, l’austérité, dont il se faut le héraut, l’austérité. A commencer par son entourage immédiat, un au moins de ses proches conseillers étant de trop.
Entretiens de discernement psychologique affectif.
Tout cela n’a qu’un lointain rapport avec les problémes de conscience des jeunes futurs prêtres. Le père Bosco (Thierry Gimenez), atteint d’un lourd cancer, devrait succéder au père Fromenger, (Jean-Luc Bideau dans le nom au moins subsiste au générique) coupable d’une gestion financière douteuse, s’il fut un vrai chef spirituel pour les cinq jeunes séminaristes. Il doit désormais décider de l’avenir des futurs prêtres, conduire avec eux des « entretiens de discernement psychologique et affectif » , qui dévient assez rapidement vers une sorte d’interrogatoire sur la sexualité des séminaristes. C’est une manière aussi astucieuse de soulever indirectement le problème du célibat des prêtres. Certains des jeunes supportent d’autant plus mal certaines questions sur l’amour que le Père Bosco adopte alors une attitude qui crée un réel malaise, comme s’il avait à régler un problème personnel.
Il est évident que « Ainsi soient-ils » va continuer de retenir notre attention non par l’inventivité et les surprises de la mise en scène, mais s’appuyant sur un solide scénario, des dialogues incisifs et des interprètes plausibles. « Ainsi soient-ils » conserve donc les qualités romanesques d’une grande série récurrente bien installée dans le haut de gamme, avec tout de même une préférence pour les prêtres et un certain humanisme progressiste plutôt que de privilégier les tourments temporels financiers de l’église de France et les conflits avec la hiérarchie du Vatican.
PS :
La RTS prioritaire
Cette deuxième saison est offerte par RTS 1 sur son premier canal, depuis le vendredi 19 septembre 2014, par duos durant quatre semaines, avant son passage sur ARTE qui est pourtant le commanditaire principal de la série. Une fois encore, la RTS bénéficie d’une priorité, ce qui doit lui permettre de compter sur une part de marché au moins correcte. Mais encore et une fois de plus, l’heure de diffusion est regrettablement tardive, peu avant 23h00 pour se terminer largement après minuit. Sur ARTE, ce sera aussi en duos, dès le 2 octobre, mais dès 20h50 !
La pub en plein milieu !
Que la SSR-SRG soit une chaîne publique généraliste à financement mixte (70 % par la redevance, 30 par d’autres sources, la principale étant le publicité) est une situation de fait. Mais interrompre par une plage publicitaire le premier épisode de la 2ème saison d’ « Ainsi soient-ils » environ vingt minutes après le début de sa projection tient de la provocation… ou d’une erreur technique. Il y a place pour ces spots entre deux épisodes. S’agit-il d’une nouveauté règle interne permettant d’introduire la publicité durant la diffusion d’une fiction de moins d’une heure ?
(Réponse du service de presse de la RTS : c’est une regrettable erreur !!!!)
De Netflix à « P’tit Quinquin » en passant par « The Knick »
Quelques remarques sur « P’tit Quinquin » (17.09.14 – 19:00 – ci-desous, point 2)
Ceux qui, à ARTE, ont pris le risque de faire naître en toute liberté « P’tit Quinquin », série vraiment remarquable, « géniale » peut-être, rare à coup sûr, doivent savourer d’excellentes nouvelles : un million et demi de téléspectateurs, jeudi 18 septembre dès 20h45, qui représentent un part de marché de 6,3 %, beaucoup plus grande que la moyenne habituelle de la chaine franco-allemande. Pour le 2ème épisode, dès 21h40, il y a encore 1.2 million de personnes, pour 5,5 % du marché. C’est la 5ème meilleure audience de la chaîne en 2014. 36’000 visionnages du premier épisode ont été faits en « replay » – un peu plus de 2 % en séance de rattrapage (20.09.14- 10:00)
A ne pas manquer, « Ainsi soient-ils », saison 2 !!!!!
Après un très bonne première saison, voici une deuxiéme (Arte, le commanditaire, aurait déjà passé commande pour une troisième !), en priorité sur RTS1. La deuxième saison doit forcément s’inscrire dans le sillage de qualité de la première. Sur la RTS, projection entre 22h50 et 00h40. Sur ARTE, entre 20h50 et 22h35 environ ! Deux conceptions différentes pour la diffusion d’une série récurrente de haut de gamme à forte valeur ajoutée! Et voici au moins une image pour compenser mon manque d’attention ! (19.09.14 – 14h00)

Ainsi soient-ils -Saison 2
Sur RTS 1 dès le vendredi 19 septembre à 22h50.
sur ARTE dès le 2 jeudi octobre à 20h50
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1/ C’est quoi, « Netflix » ?
Une imposante société américaine de vidéo à la demande arrive, dès aujourd’hui, sur les marchés d’Autriche, de Belgique, d’Allemagne, du Luxembourg, de France et de Suisse. Un événement ? Il se pourrait que cette apparition grignotte peu à peu des parts de marché aux diffuseurs traditionnels.
Plutôt que de fournir des informations détaillées sur le fonctionnement de « Netflix », voici quelques « chiffres ».
Pour les amateurs de séries tentés par le haut de gamme, donc séries en majorité récurrentes, « Netflix » est la société à qui l’on doit la production d’un succès mondial, « House of cards ».

Frank et Claire Underwood ( Kevin Spacey et Robin Wricht ) dans « House of cards », une série de David Fincher, entre autres créateurs, produite par Netflix
En 2007, pour 7,99 dollars par mois, « Netflix » offre à ses abonnés l’accès à des films et des séries en *streaming ». En 2010, la société compte aux USA quinze millions d’abonnés. Son chiffre d’affaires annuels est donc d’environ 1 milliard et demi de dollars. L’action vaut environ 300 dollars.
En 2014, l’abonnement mensuel passe de 7,99 dollars par mois à 8,99. Il y a maintenant près de 50 millions d’abonnés dans le monde. Le chiffre d’affaires annuel tourne dès lors autour de cinq milliards de dollars. Et l’action vaut environ 480 dollars.
Cela ne donne aucun détail sur les offres de « Netflix ». Mais voici une première idée de sa puissance financière.
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2/ P’tit Quinquin : série de haut de gamme
Pour qui continue de suivre la télévision sur son téléviseur, s’il de plus est amateur de série placée dans le « haut de gamme », cruel embarras au soir du jeudi 18 septembre : faut-il suivre les deux premiers épisodes de la 2ème saison de la série « Elementary » (RTS1 dès 21h10), fort réussie transplantation de Sherlock Holmès à New-York de nos jours avec un Watson au féminin, sans histoire d’amour, ou le « P’tit Quinquin », une splendide réussite de Bruno Dumont, sur proposition d’ARTE lui laissant toute liberté (dès 20h50) ?

Bernard Pruvost, interprète non-professionnel de l’enquêteur Van der Weyden dans « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont (Photo Arte)
Réponse personnelle : ce sera « P`tit Quinquin », vu une première fois au NIFFF à Neuchâtel, sur grand écran. On peut aujourd’hui faire un chef-d’oeuvre qui n’est destiné qu’au petit écran. C’est le cas pour la France et l’Allemagne. L’accueil, à Cannes en mai, fut excellent. »P’tit Quinquin » aurait même été vendu pour plusieurs pays comme n’importe quel film.
Etonnante réaction à propos de ce film: les « Cahiers du cinéma », revue souvent hautainement cinéphile, là où dans les années 50, sous l’égide d’André Bazin écrivaient les Godard, Truffaut, Rohmer, Chabrol, Doniol-Valcroze et autres, pas très portée sur les séries même en haut de gamme, dans le numéro de septembre 2014, lance en sa page de couverture « La bombe P^tit Quinquin ». Suivent une vingtaine de pages, autour de « C’est quoi c’bordel?! », « L’usure du monde », « Le temps des clowns », « La puissance de feu du comique » (un long entretien avec Bruno Dumont).
Dans le « Ciné-Télé Obs » (du 13 au 26 septembre 2014), voici aussi un entretien avec Bruno Dumont, et le plaisir de le citer pour donner quelque indication sur ses « tendances ». A la question « Etes-vous amateur de séries ? », il répond :
(,,) J’ai aussi été très impressionné par « La maison des Bois », la série de Pialat. Aujourd’hui, si je tombe sur un truc comme « Les experts », je vais arrêter au bout de quelques minutes, En revanche, j’ai regardé entièrement « Top of the lake » et çà a fini par me plaire. Il y a, dans la série, une orchestration polyphonique qui correspond bien à ma philosophie anti-monothéiste.(..) Le cinéma est un vieux truc. Aujourd’hui, tout le monde peut faire de la série…L’annonce d’une révolution ».
Bruno Dumont est un cinéaste français dont les films ne sont guère accessibles. En étant presque simpliste, on peut dire qu’il y a en lui du Dreyer ou du Bergman. Il a tourné presque tous ses films dans le Nord de la France, les pieds dans la terre. Dans « P’tit Quinquin », il y a des meurtres et un tueur en série, mais les cadavres se trouvent à l’intérieur d’une vache. On est en plein drame paysan. L’enquête est bizarrement menée, l’humour oscille entre l’absurde et la provocation. On rit beaucoup, à condition d’avoir compris qu’on ose. Et le petit couple de 12/13 ans, semble parler comme un duo d’ados de dix-huit ans. Ce film, ancré dans la réalité, parfois d’esprit documentaire, s’inscrit parfaitement dans l’oeuvre de Dumont. Pas certain de savoir m’expliquer sur cette remarque plus intuitive que rationnelle.

Holmès (Johny Lee Miller) et Watson (Lucy Lee) enquêtent à .. New-York (« Elementary, saison 2) ( Photo RTS)
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3/ The knick
A livre ouvert
Mise en ligne du 28.08.14 : dans le texte « Que fait la télévision du football? », on trouve « Parler et encore parler! (28.08.14), « Contre-pied, un petit bijou » (04..09.14) et enfin « Pour en finir avec le « Mundial » (07.09.14(,
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Une série romande de six épisodes, présentée six samedis durant par RTS1 à 20h10, dès le 30 août 2014.
1 / Première approche (27.08.14 )
2/ Informations numériques
Coté « part de marché » !
Il est intéressant de savoir comment le public réagit face à une proposition tout de même exceptionnelle de la RTS: il n’y a en principe que deux séries de fiction produites par la chaîne chaque année.
Le 30 août 2014, 142 mille romands regardent le premier épisode sur RTS1 quand 8 mille suivent RTS2 et que 470 mille regardent alors la télévision : 30 % de PDM est une assez bonne part de marché un samedi à cette heure.
Le 6 septembre, 82 mille pour le deuxième épisode pour 158 mille liés à la RTS alors que 400 mille sont devant un petit écran : PDM à un peu plus de vingt pourcent. Baisse de régime ? La concurrence du tennis à New-York joue un rôle.
Un départ correct qui ressemble à ceux plus anciens des deux saisons de « L’heure du secret » et de «Port d’attache ».
Coût-minute
Proposer une série produite par une société suisse sur un sujet suisse représente un gros investissement dans notre pays, 4,2 millions dont venus 3,2 de la télévision. Le million « extérieur » provient en bonne partie des sources traditionnelles, section du cinéma de la Confédération, fondation romande. Durée totale de la série : six fois cinquante-deux minutes. Le coût à la minute s’élève ainsi à environ 13’500 francs, dont 10’200 à charge du service public. Montant élevé ? Non, plutôt modeste : voici deux exemples !

François Morel, Edouard, l’ancien directeur qui n’était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)
Une chaine généraliste d’Ecosse avec la BBC, section américaine et l’ARTE franco-allemande viennent d’investir environ six millions, en francs suisses équivalents, pour les 220 minutes dans « Fleming, l’homme qui voulait être James BOND » une curieuse et fort intéressante série : on se trouve alors à environ vingt-sept mille francs la minute : le double du prix suisse. Et le coût-minute de cette série à majorité européenne est inférieur à bien des réalisations américaines !
Autre exemple : se tourne actuellement dans les Grisons une nouvelle version de « notre » Heidi nationale, une coproduction entre l’Allemagne et la Suisse. Huit millions engagés pour peut-être cent minutes ? Quatre-vingt mille francs la minute.
Autre information « chiffrée » : le tournage a eu lieu du 3 juillet au 13 septembre 2013, durant 57 jours. Cela représente environ cinq minutes et demi par jour de tournage, alors que le cinéma « normal » en réalise deux à trois par jour.
En effet, plutôt modestes en comparaison internationale, les moyens de la RTS, et plutôt élevé, le rendement quotidien !
( A suivre, des considérations sur la présence de « France 2 » au générique de « A livre ouvert ». Il faudra aussi s’arrêter à une réflexion sur la qualité !!)
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1/ Première approche
Fin août 2014, importante semaine pour la RTS : deux événements à « trois millions » (de francs !). Avec le nouveau décor fort élégant pour l’actualité, dont le « 19.30 », la présentation est gagnante ; l’information elle-même le sera-t-elle aussi ? L’apparition d’une série de fiction de la RTS, de six fois cinquante-deux minutes, est un événement qui se produit deux fois l’an. Il repose en partie sur la créativité, pas sur des avancées techniques formelles.
Le sam’di soir après l’turbin….
Six jours sur sept, chaque semaine, entre 19 et 21 heures, la RTS fait confiance à ses émissions propres d’information, de réflexion et parfois de culture. Mais le samedi pose problème. On vient de suivre, six semaines durant, les « estivales » animées par Alain Morisod qui fait gagner voitures et voyages, opération signalée comme « promotion de produit » : part de marché en moyenne, 25 %, avec cent mille spectateurs environ. « A livre ouvert » doit faire aussi bonne part, comme les deux saisons de « L’heure du secret ».
Mais le samedi soir n’est propice, ni à la réflexion, ni à la culture. « A livre ouvert » a pour mandat de divertir le plus grand nombre possible des téléspectateurs. Cela devrait être possible.
Parmi les bonnes séries romandes
Vu les deux premiers épisodes : « A livre ouvert » se situe au même niveau que « Crom » ou « L’heure du secret » no 1, un peu plus séduisant que la fin de « L’heure du secret » no 2, nettement supérieur à « T’es pas la seule » ou « Port d’attache ». Pour mémoire, la meilleure série romande de ces dernières années reste « Dix » de Jean-Laurent Chautemps. A noter que « France2 » a procédé au pré-achat d’ « A livre ouvert », amorce d’une ouverture à l’international.
Deux auteures
Fort souvent, l’équipe qui écrit sous la direction d’un « showrunner » n’est pas celle qui assure la mise en scène. Ici, et c’est chose originale, le duo Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, connu pour sa réussite de « La petite chambre » avec Michel Bouquet, est au travail depuis fin 2010, responsable de l’écriture, des dialogues, de la mise en scène et en partie des finitions, le choix du groupe suisse « The Animen » par exemple.

Véronique Reymond, co-auteure mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTS/ Photo Philippe Christen)
L’histoire, sans cadavre, se développe sur six épisodes, donc en un peu plus de 300 minutes – cinq heures. Il faut laisser au spectateur le plaisir de découvrir l’intrigue, ses rebondissements, tournant autour d’un détournement d’argent, qui a de vagues ressemblances avec les folies d’un chirurgien du CHUV passionné de livres rares, qui publia un répertoire de ses collections sous le pseudonyme anagrammatique de Lukas Jesus von Bollgy. Le fil de l’histoire se déroule avec une réelle fluidité. Les dialogues vont de la simplicité au brio parfois cynique ou amusant. Dans l’ensemble, les interprètes sont à la fois bien choisis et bien dirigés. Et l’on prend ainsi plaisir à faire connaissance avec des personnages amusants, plaisants, pour certains d’entre-eux attachants. Mais à chacun les siens !

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier
(RTS/capture d’écran)
Voici donc quelques raisons certes sommaires pour prendre le train et passer en revue les wagons d’un divertissement du samedi soir de bon niveau.
Athlétisme : « Zurich 2014 »
Le sport trouve belle part sur les antennes de la SSR-SRG; trop, mais souvent bien montré ! Faut-il en rajouter encore avec des images ? Le choix est fait d’ajouter à ces lignes des images de séries, pour rappeler que le service public a aussi un devoir de diversité.
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A lire dans « Que fait la télévision du football ? « , e/ Le son minimaliste (26.08.14 – 13h00)
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Voir plus bas, 1/Introduction, d’un sport à l’autre (19.08.14 – illustration « Dexter »)
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2/Des images pour le monde entier
(25.08.14). Il est impossible que chaque chaîne de télévision débarque sur un stade où se déroule une compétition internationale avec ses multiples caméras. Les images initiales doivent être recueillies par une société qui a signé un accord avec l’organisateur. Il y avait, à Zürich, du 12 au 17 août 2104, des dizaines de caméras et de micros, de nombreux véhicules pour la technique, plus de deux cents collaborateurs pour se servir de ce matériel. Tout naturellement, c’est la chaîne la plus puissante et aussi la plus expérimentée de notre pays, la SRG-SSR, qui en fut chargée. On doit donc d’emblée saluer la très haute qualité du travail accompli par notre chaîne de service public et ses collaborateurs. Certes, il reste possible d’organiser des plateaux, d’avoir des commentateurs particuliers, d’enregistrer rapidement des entretiens avec des athlètes, destinés à un pays étranger ou à chacune de nos chaînes régionales.
Peu de temps morts, une belle maîtrise pour pour passer des courses aux concours qui se déroulent simultanément. Petit avantage que s’accorde le pays organisateur : durant certaines courses, une caméra suit les athlètes suisses. Bravo à la SSR-SRG et ses sociétés régionales placées sous direction zurichoise, pour leur excellent travail.

The black List : Raymond « Red » Reddington (James Spader), qui possède la plus longue liste noire des plus grands criminels ennemis du FBI. La série, efficace assurément, est dotée d’un logo rouge. Probablement à cause de son ultra-violence gratuite et sanguinolente ! Red ne serait-il pas le plus grand criminel au monde ? Seule qualité de la série : les romands peuvent la voir sur RTS1 dès 21h00 le dimanche avant TF1. On peut aussi s’interroger sur les quatre épisodes de suite affublés de logos rouges le dimanche soir !(Photo RTS/Sony/NBC)
Bravo à la RTS d’avoir monté un court – trop court- document qui donnait des informations sur l’organisation des prises de vues et de son, travail préparé durant des mois et des mois avant la manifestation. Pour une fois, on aura rendu hommage à quelques-uns parmi les dizaines de collaborateurs sans qui il n’y aurait pas de sports sur le petit écran. Les commentateurs et d’excellents invités presque permanents,que l’on voit constamment, ne sont pas les seuls pour faire de l’athlétisme un divertissement de valeur, sans excès répétitifs.
A noter que ce jugement positif pourrait très bien avoir été formulé aussi pour les reportages associés à quelques autres grandes rencontres d’athlétisme, des jeux olympiques aux « Weltklasse » , et autres « Athlétissima ». Pour cet athétisme aux épreuves variées, ce fut mieux que le football, et moins envahissant !
((( Chapitres suivants – probablement : 3/Les commentateurs et leurs invités ; 4/Des sponsors ; 5/Le classement par nations ; 6/Le témoin qui fuit ; 7/Après le 9 février 2014 ; 8/ ??? )))
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1/Introduction : d’un sport à l’autre
Après un mois de football au Brésil, ayant vu souvent avec plaisir beaucoup de rencontres, nettement plus réservé par l’emballage autour des rencontres, il me faut avouer que j’ai fini par souffrir d’indigestion, forcé d’avaler les mêmes phases de jeu à la mi-temps, juste après, et encore longtemps après la rencontre, et pas seulement une seule fois! Au point de ne pas avoir encore osé mettre en ligne mes brouillons sur les prolongations, lassé par «Le journal des suisses », excédé par « Le club » mais tout de même charmé par sa courte partie « Contre-pied ». Bien sûr, il y avait une solution facile : cesser de regarder ! Mais pour se faire une idée juste sur une série à soixante-quatre épisodes, impossible de se contenter d’un seul numéro! Une certitude, en partie acquise ces dernières semaines : le football télévisé est assez différent du football dans un stade. Les moyens techniques mis à disposition semblent servir à faire comprendre au public et à certains commentateurs qu’ils sont plus lucides que le trio arbitral! Et l’on brode trop autour du foot !!

Le reconnait-on ? C’est Michel G.Hall, dans“Dexter”, qui semble bien gentil. Mais ce « légiste » est un tueur en série. Et son comportement prend autant d’importance que ses actes de justicier hors-la-loi. Pas vu sur la RTS : trop violent. Aussi violent, mais uniquement pour le spectacle et gratuitement : « The Black List », actuellement sur RTS 1, le dimanche dès 21h00, avec logo rouge! Les années passent, les mesures n’ont pas le même poids !
En tennis, si le joueur utilise un de ses « challenges », la technique permet de reconstituer la trajectoire de la balle pour savoir si oui ou non la balle touche la ligne. Mais cet apport technique est alors mis au service de l’arbitre qui peut corriger ses juges de ligne, sans jeter la réprobation sur une erreur de jugement. Bien malin le spectateur qui pourrait jouer dans son salon au juge de ligne.
RTS2 pendant six jours, du 12 au 17 août 2014, sera une fois de plus devenue chaîne sportive à au moins cinquante pourcent, en occupant les heures de forte écoute, entre 19h00 et 22h00. Le service public généraliste suisse fait la part trop belle aux sports ; mais il en est fier, alors passons ! Trop c’est trop. Pas assez pour renoncer à suivre l’athlétisme européen saisi avec brio par les équipes de la SSR-SRG.
Que fait la télévision du football ?
Les images de sports sont innombrables. Inutile d’en rajouter! Mais pour se rappeler que la télévision peut faire d’autres propositions que le sport, voici, insérées dans les textes, quelques images de séries, légendées, qui rappellent l’indispensable diversité du programme.
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Le foot à la tv s’est bien éloigné du reportage. Il est devenu spectacle de variétés! Après le « mundial », il faut essayer de dire comment et pourquoi. On trouve ci-dessous
a/ Quel est « Le plan de base du reportage » ? 17.07.14 ( Une image de « True Detective)
b/Les images du sport-spectacle 25.07.14 ( Trois images de « Killing », saison 3, version Danemark)
c/ Montrer le public 29.07.14 ( « Les Borgias » en saison 3 et en trois images)
d/ Les arbitres sous surveillance 13.08.14( « Crossing Line », deux fois)
e/ Le son minimaliste 26.08.14 ( « New girl », une image )
f/Parler et encore parler 28.08.14 (« House of cards », saison 2)
g) Contre-pied, un petit bijou 04.09.14 (Deux « épisodes »)
h/ Pour en finir avec le « Mundial » (The Knick)
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Voir aussi » Ah, oui. Le football »
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h/ Pour en finir avec le « Mundial »
Prochaine compétition importante football : elle commence le lundi 8 septembre par un Suisse-Angleterre sur RTS 2, à 20h3 : pour le grand public. ! Sur RTS1, à 22h40, « The Knick » : de l’audace dans la programmation (voir l’image et sa légende).
Record en francophonie ?
Dans les hautes sphères de la « SSR-SRG » et de la « RTS », on est fiers de pouvoir proclamer que « notre » télévision a su montrer, généralement la première fois en direct, les 64 rencontres du dernier mondial. Seuls, parmi les généralistes de service public, dans le monde francophone, à en avoir fait autant ?
Mon attitude de téléspectateur, qui apprécie le divertissement, me conduit plutôt vers les sports que les variétés en coups de cœur ou le séries policières unitaires américaines en duos et premier rideau. J’aurai vu au moins en partie toutes les rencontres, suivi les « avant », « pendant » et « après », souvent lassé par la répétition des mêmes phases de jeu. « Le journal des Suisses » et « Le club » ? Décrochage en cours de route, de plus en plus excédé surtout par la majorité des rubriques du « Club ». Le téléspectateur qui prend réel plaisir à se distraire aura donc fait place à un commentateur minoritaire trouvant que trop, décidément ce fut trop de foot !

The Knick (RTS/HBO)
Assurément, une série haut de gamme. Un divertissement, comme toute série devrait l’être. Mais aussi une incursion dans l’Histoire, celle aussi de la médecine à New-York en 1900. Des personnages dans leurs contradictions.. Le monde politique, économique, social présent.
Et trop de textes ?
L’occasion était tout de même bonne pour se poser quelques questions à propos de ce football et de son succès quasi-universel. Dans le « Blog de la RTSR », qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais seulement de celui qui signe ces contributions, « Ah oui ? Le football », à partir du 3 juillet, aura fait apparaître quatre sujets. Sous le titre, « Que fait la télévision du football ? », ce sont encore huit interventions ciblées, celle-ci étant la dernière, du 22 juillet à ce jour. « Trop, c’est trop » vaut aussi pour mes prestations estivales, faciles à éviter alors que le foot était presque incontournable sur RTS 2 !
Certes, une bizarre idée en contre-pied aura tout de même permis à l’auteur de ces multiples interventions de proposer une respiration par l’illustration empruntée à un tout autre domaine, celui des séries, en particulier les plus ambitieuses.
Pour en finir, provisoirement, avec le foot, deux remarques.
Brasser des millions, surtout en Europe
La FIFA et le foot en général brassent beaucoup d’argent. On n’en aura pas tellement parlé. Salut particulier à je ne sais plus quel humoriste dans « Le club » suggérant aux commentateurs de cesser de répéter le nom des joueurs pour le remplacer de temps en temps par le montant de leur dernier transfert !
Dans le même ordre d’idée, a-t-on souvent fait remarquer que certaines rencontres entre équipes nationales ressemblaient à un championnat entre équipes européennes ? On aurait alors pu remplacer le nom des joueurs par le montant de leur salaire annuel.
Brésil : l’après mondial ?
b/ Quelques émissions d’avant ouverture du « mundial » ont pris pour sujet le Brésil. Mais on n’aura plus guère parlé de ce pays de presque deux cents millions d’habitants pendant un mois. Et depuis lors, à la télévision, c’est silence radio ! Verra-t-on un « Temps présent » lors de la prochaine élection présidentielle brésilienne, occasion de faire mise au point sur l’après-Mondial ?
Le conseil du public de la RTSR a confié à un groupe de travail le soin de s’intéresser au football. On aura donc peut-être un bon prétexte pour faire une nouvelle incursion dans ce domaine.
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g/Contre-pied : un petit bijou
Dans la cohue des heures et des heures consacrées au mondial de football, avec ses emballages admiratifs d’auto-satisfaction devant l’importance donnée à cette compétition, il était indispensable, ce contre-pied savoureux : une petit merveille, une courte minute, souvent associée à l’envahissant « club ».
Michael Lapaire est le responsable éditorial de cette mini-série de quinze cellules qui restent sur le site http://www.rts.ch/contrepied/. Où a disparu la 16ème ? Il fut déjà associé à l’impertinent « Breaks-up ». Le voici faisant équipe avec un réalisateur, Michael Borgognon.
Il était bon de se poser quelques questions sur le foot et d’y apporter des réponses distantes et impertinentes. Alors vive le noir-blanc qui d’emblée crée une certaine distance. Le tout-couleurs traditionnel, c’ est le reflet de la réalité.
On va donc poser à des personnalités diverses qui peuvent même être éloignées du foot des questions pas très sérieuses. On s’en va ensuite interroger vingt personnes, dont quatre femmes – échantillon fort peu féministe. Mais autour de stade, combien de femmes sur cent hommes. Et parmi le six cent mille de la finale, combien de femmes ?
Un groupe est prié de bien vouloir expliquer la règle du « hors-jeu », la manière de tirer un pénalty ou de chanter l’hymne national. L’originalité réside dans la part que l’on va faire du montage. On prend de bouts de phrases de plusieurs des «questionnés » et on les monte bout-à-bout, pas du tout arbitrairement, mais bien pour créer une sorte de continuité dans une conversation qui ne craint pas de confiner à l’absurde.
Le résultat ? Drôle, léger, impertinent. En une minute, on en a dit plus que lors de multiples répétitions sur chaque but marqué. Evidemment, un soir de prolongation qui impose d’abréger un magazine, c’est le « contre-pied » que l’on « shoote »! Félicitations aux deux Michael, qui ont mis à l’honneur le recul avec de l’impertinence de plans courts bien ordonnés.
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f/ Parler et encore parler
Les utopistes qui rêvent d’une télévision disposant d’un magazine traitant de l’audiovisuel s’entendent répondre que la télévision montre et la radio parle. Le RTS, en effet, en sa radio parle bien du cinéma.
Mais, dans le sport en général et le football en particulier lors du récent mondial, la télévision qui aura montré l’intégralité de soixante-quatre rencontres en aura parlé avant, montré et parlé à la mi-temps, remontré et parlé après. Mieux, durant tout le mondial, deux magazines furent ajoutés, de durées proches d’un « 19 :30 », « Le journal des Suisses » avec envoyés au Brésil en premier rideau et « Le club » en fin de soirée. D’un jour à l’autre, pour un peu plus de nonante minutes de jeu, on aura eu droit entre trente et quarante minutes d’habillages à composante principale verbale. Sur cent spectateurs d’une rencontre, entre dix et vingt suivirent les deux magazines.

House of cards – Saison 2 Kevin Speacy (Franck Underwood) et Molly PARKER ( ) dans la 2éme saison actuellement sur Canal+ en France. Cette série est une des plus percutantes et plausibles sur le monde politique américain.
« Le journal des Suisses » était composé de petites rubriques parfois préparées à l’avance et d’informations quotidiennes. « Le club » se voulait plus original : inviter chaque soir des personnes pas forcément spécialisées dans le commentaire sur le football, dont collaborateur de l’entreprise radio-télévision romande. Parmi ces rubriques plus ou moins intéressantes, qui contribuaient pratiquement toutes à privilégier le Verbe parfois haut et fort, deux tentatives à tout le moins discutables et une petite merveille d’impertinente réussite, « Contre-pied ».
Est-il possible, chaque jour, en duo, de commenter l’actualité : en radio filmée, Vincent Kucholl et Vincent Veillon s’en tiraient admirablement bien, bénéficiant d’un vaste choix possible couvrant toute l’actualité. Le frères Bugnon ont eu tort de croire qu’il était possible d’aligner chaque jour un sketch avec amorce de mise en scène de cent vingt secondes sur un sujet tout de même restreint, le football même mondial. Etre drôle, amusant, lucide pendant deux minutes, durant trente jours, est quasiment impossible, puisque c’est, à deux, mission impossible! Et il ne s’agit pas d’allergie personnelle à leur forme d’humour….

House of cards – saison 2- Robin Wright (Claude Underwood).( photo CANAL+ ). On n’en parle guère à la RTS : dans un magazine tv, on vient d’apprendre que l’on se « tate » pour savoir si un jour on portera cette série à l’antenne nocturne de notre télévision. D’ici là, Netflix sera installe un peu partout et en septembre 2014 en France. « Houose of cards » remplacerait agréablement léinsiginfiant « New Girl » qui met fin à l’actuelle soirée envahie jusqu’à minuit par des logos rouges!
Chaque jour ou presque, la RTS a invité les membres d’un club de football dit des « talus » qui joue parfois en coupe de suisse : c’est alors un événement de portée régionale! Voilà qui aura fait plaisir à quelques dizaines de participants flattés d’être reçus et d’être vus à l’écran par les proches et les amis du village. Mais que leur a-t-on demandé en plus d’une présence de bien longue durée : il n’auront guère eu la parole qui fut abondamment portée par les journalistes sportifs et leurs experts. Par contre, les invités furent priés de manifester leur joie « spontanée ». L’animateur du débat leur demandait tout à fait ostensiblement d’applaudir, parfois eux-mêmes. Et les invités de crier, de se lever pour projeter leurs bras vers le ciel, les derniers venus avec fanions du club! Dans les variétés, le « chauffeur de salle » reste en coulisses ! La télévision, sous cette forme qu’elle estime probablement être une démarche de proximité, n’est guère intéressante pour la majorité des téléspectateurs s’il elle fait plaisir aux invités…L’interactivité, si tant est que l’on songeât à elle, ce n’est point cela!
Que ne ferait-on pas pour le sport roi, la RTS.La RTS, rappelons-le, aimant de vanter de ce qui est peut-être un record francophone ou même européen en heures de diffpour une chaîne généraliste de service public, catégorie place donnée aux sports en général, au foot en particulier.
(Reste à évoquer, donc « écrire sur », la plus piquante des rubriques consacrée au football lors du mondial, « Contre-pied »)
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e/Le son minimaliste
L’image du football offerte par la télévision, riche, variée, est celle d’un spectacle qui finit par oublier le plaisir du jeu des « talus ». Le téléspectateur devient un juge plus malin que le trio arbitral. Ii en sait beaucoup sur les astuces des joueurs. Habile manière de « flatter » le buveur de bière de plus de trente-cinq ans ! Ce football spectacle reflète aussi indirectement de gros enjeux financiers.
Mais dans « audiovisuel », il y a le son. Celui-ci est minimaliste, alors que l’image est maximaliste. Première composante, la voix du commentateur accompagné pendant la partie, d’un ou même parfois de plusieurs experts. Les mots glissent presque en permanence le long des images. On nous raconte ce que l’on voit avec un seul vrai petit plus qui n’est pas tellement important, le nom du joueur. Bien malin qui peut savoir en quoi le commentateur dans une cabine aménagée sur le stade en dit plus que celui qui resterait au studio derrière un micro pendant les nonante et un peu plus minutes que dure la rencontre. Sur place, bien entendu, il joue, avant, à la mi-temps, après, longtemps après au tailleur qui déguise de ses mots le spectacle avec exemples vus et revus sous angles variés.

New girl – photo rts/fox
Cece (Nannah Simone( et Jess (Zooey Deschanel).
Bien triste soirée que celle du dimanche soir, actuellement sur RTS1( août 2014)! Elle se termine avec une série fade, qui passe pour être amusante, que certains osent comparer à « Friends ». Avant ? « The black list », gratuit et sanguinolent, « Crossing line », ou l’Europe du crime le plus sordide possible. Sous le signe de logo rouge mais pas pour « New girl »
Autre composante : les bruits de la foule, des chants, qui choisissent leur camp, des cris parfois accompagnés de sifflets. Pas forcément facile de savoir séparer les élans qui soutiennent l’équipe a) de ceux destinés à l’équipe b) : c’est parfois un doux mélange ! Fonds sonore, sans plus, dépourvu de sens intéressant. On peut couper le son et conserver un réel plaisir à suivre la rencontre.
Plus clairs parfois, les sifflets, qui ont un caractère protestataire. Un exemple, lors de la remise de la coupe : M.Blatter tient le coupe : sifflets. Il la refile à Mme Dilma Rousset, présidente du pays d’accueil : sifflets. L’imitation de la coupe « Jules Rimet » ne passe pas dans les mains de M.Poutine, discrètement assis près d’eux, en attendant 2018. La voici dans les mains du capitaine de l’équipe allemande : applaudissements nourris.
Le sifflet serait-il devenu témoignage « politique » réprobateur. Mais je ne sais plus si j’ajoute le souvenir d’une lecture à celui d’une ambiance sonore. Ne pas oublier que la FIFA est le commanditaire du spectacle et qu’un employé n’a pas à porter de jugements même insidieux sur son employeur !!
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d / Les arbitres sous surveillance
Autant de caméras autour d’une stade, autant de « regards » : restons-en à celles qui suivent le jeu. On peut passer d’un gros plan sur un visage à une vision d’ensemble sur la presque totalité du terrain, avec de multiples nuances intermédiaires. Au plan de base, le ballon en mouvement, s’en ajoutent de d’autres qui font du jeu pour le téléspectateur quelque chose de plus complet visuellement que pour celui qui se trouve au stade. Devant un écran qui peut être géant, parfois installé dans le stade même, le public en sait plus que l’arbitre et ses assistants. L’arbitre n’est plus seul maître à bord !
La technique prend une place grandissante. Emetteurs et écouteurs miniatures relient l’arbitre et ses adjoints. Pour éviter une erreur qui peut changer le cours du jeu – la balle a-t-elle oui ou non franchi complétement la ligne de but ? – le technique vient compléter le « regard » de l’arbitre. La FIFA a fini par accepter au Brésil des caméras auxiliaires qui permettent de décider si oui ou non le but est à valider. Même un « no goal » dans une première phase où la balle touche le poteau suivie par un « goal » quand le gardien s’en saisit, la ligne entièrement franchie, donne une certitude (comme les « challenges » en tennis !). Une erreur de moins, objet hier d’intenses polémiques !

Crossing Lines -Michael Dom ( Daniel Sutherland),
Une co-production germano-française (TF1), qui imite avec plus ou moins de réussite les séries unitaires américaines spectaculaires. Un atout, l’acteur connu : mais dans certains épisodes, à peine fait-il deux petits tours et puis s’en va. Priorité de diffusion pour la RTS, (derniers épisodes de la saison 2 le dimanche 24 août vers 22h30). Malgré l’heure plutôt tardive, ce n’est pas du haut de gamme, loin de là : seulement un produit de consommation courante style TF1 !
Dans d’autres situations, le téléspectateur en sait plus que l’arbitre. L’off-side par exemple : l’arbitre, au signal de son adjoint avec son drapeau, doit se prononcer rapidement ; et c’est souvent une question de centimètres. Quelques secondes plus tard, la télévision propose une reprise de la phase de jeu, ajoutant à l’image qui peut être arrêtée, en complément, une ligne blanche qui permet de savoir si oui ou non elle était franchie par l’attaquant. Contact entre joueurs : phase normale ou faute ? L’arbitre décide immédiatement. Forcément, il lui arrive de se tromper. L’image télévisée en reprise, au ralenti, sous un autre angle permet transforme le téléspectateur en juge du l’arbitre, d’autant plus péremptoire que le commentateur peut en rajouter en direct. Et les reprises d’après-rencontre permettent de revenir sur une phase de jeu discutable, donc d’enfoncer le clou de l’erreur arbitrale.

Scène de tournage de « Crossing line » avec Marc Lavoine (Louis Daniel) et William Fichter (Carl Hickman). Une série européenne, dans la ligne de TF1, autrement dit + qu+ « importe la qualité pourvu que la part de marché soit bonne ». Du genre pudding, avec un(e) enquêteur(euse) par pays, mais tous parlent aisément le français. Des enquêtes ordonnées par Michael Dom, le chef de la CPI : pas un gramme de plausibilité ! Pourquoi diable faire intervenir la Cour Pénale Internationale (CPI), organisation européenne qui n’a aucun pouvoir en matière criminelle !!
La télévision fait ainsi croire insidieusement au téléspectateur qu’il est plus intelligent, plus lucide que l’arbitre. Elle le caresse dans le sens du poil en lui donnant un sentiment de supériorité. Il se peut que le football soit, parmi tous les sports, celui qui flatte ainsi le plus clairement son « client ». D’où peut-être, en partie du moins, son succès qui tient aussi à une forme de chauvinisme, pas seulement lors d’une compétition mondiale. Le rôle de l’arbitre, en football, est souvent ingrat !
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c / Montrer le public
Quelle différence entre publicité et sponsoring ? Le coût à la seconde ? L’insertion dans le spectacle? Un détective économique pourrait répondre. Il n’y a plus personne pour nier le rôle énorme joué par l’argent dans le football, surtout de très haut niveau. Les noms de marques se glissent partout, sur les maillots, le long des barrières des stades.

Les Borgias – saison 3 – Jeremy Irons ( le pape Rodrigo Borgia) : cinq lundis de suite dès le 28 juillet 2014 sur RTS 1, aux environ de 22h30
Forcément, puisque c’est c’est une série « haut de gamme »
Le plan de base est souvent abandonné.Les incursions sur le public sont nombreuses. Il y a d’abord le banc avec l’entraîneur, les remplaçants, l’équipe technique. Les réactions des uns et des autres participent du spectacle anecdotique. Certains plans sur le public partent à la recherche des notables, politiciennes et politiciens de haut vol, chefs d’Etat, entourant les plus hauts responsables de football, le patron de l’UEFA tout de même moins présent que le bientôt inamovible président de la Fifa. Et si une caméra trouve dans son champ une « vedette », dans quel domaine que ce soit, le régisseur ne manquera pas de lui faire alors un petit « coucou » !

Les Borgias – saison 3 – épisode 3 – Photo RTS/Showtime
Le mariage de Lucrèce Borgia (Hollyday Graingier) et Alphonse d’Aragon (Sebastian de Souza) avec la « bénédiction » papale de Rodrigo Borgia(Jeremy Irons)
Des écrans géants qui retransmettent l’image du reportage en direct ,très probablement muets, sont dressés sur de plus en plus nombreux stades. Il se pourrait que les réalisateurs en régie se fassent le petit plaisir de choisir souvent de jeunes et jolies femmes plutôt que des messieurs bedonnants. Pourquoi pas !

Les Borgias- saison 3 – photo RTS/Showtime
Lucrèce et César, en famille!
Pas un seul personnage avec un brin de « valeur » positive : tous plus ou moins des « salauds ». Difficile d’être à l’aise avec les personnages de cette série d’excellent niveau, à grand spectacle, mais moins grand que « Games of throne » !
Mais, dans le groupe filmé, rapidement quelqu’un se rend compte qu’il se voit. Il adresse des signes à la caméra, en saluant ainsi sa propre image. Pour quelques secondes, voici des anonymes devenus célèbres, parfois dans le monde entier. De tels plans n’ont plus rien à voir avec le jeu. Ils ne montrent pas des réactions de supporteurs. Ils expriment une forme de narcissisme. C’est là une composante de cette mise en scène d’un spectacle qui ne concerne plus du tout le jeu.
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b / Les images du foot-spectacle
(Trois images de « Killing » en troisième saison sur ARTE et une question !)
« « « « « « « « « « « « « « « `
Voir ci-dessous a / Le plan de base d’un reportage (17.07.14)( True Detective – HBO / En juin 2014 sur TZS1)
Deux milliards que nous étions à regarder en même temps les mêmes images, il y a peu : c’est, disons, un peu «inquiétant ». Car il est difficile de croire qu’il y a autant d’admirateurs du foot seulement comme jeu ! Il doit bien se trouver quelque chauvin nationaliste parmi eux, à côté de ceux qui en restent à la fierté patriotique – ou à la déception humiliante! Les enjeux financiers sont immenses : la Fifa vend à prix élevé les droits à des chaînes qui vendent à un prix élevé les temps réservés à la publicité. Et les sponsors qui paient des droits élevés à la FIFA en veulent pour leur argent. Notons en passant le magnifique coup de pub réussi par HUBLOT, incontournable sur le grand tableau lors de changements de joueurs et à l’annonce des durées de prolongation de jeu !

Sarah Lund ( Sofia Grabel)- Killing saison 3, présentée sur ARTE en juillet 2014.(photo arte/Tim Herden)
Magnifique personnage, efficace, généreuse, mais sans que l’on sache vraiment qui elle est.Une partie de son « mystère » subsistera, puisque la série s’arrête « sagement » à la fin de cette troisième saison
Il y avait de nombreuses caméras dans les douze stades du Brésil. Mais toutes ne suivaient pas le ballon pour assurer le plan de base !
Les deux milliards recevaient les images sur des supports allant du plus petit, le portable ou les tablettes, au plus grand, les écrans géants en plein air, y compris dans les stades en passant par internet. Il se peut que le bon téléviseur traditionnel soit tout de même encore le moyen le plus utilisé.

Killing — saison 3 -( photo arte -Tim herden)
Robert Zeuthen (Andres W.Berthelsen), puissant capitaliste qui refuse de délocaliser son entreprise, recherche Emilie, sa fille, enlevée par le tueur.
Donc la télévision doit satisfaire tout le monde mais en priorité ceux qui ont des intérêts financiers, partout et en même temps. Impossible d’en rester à notre « plan-de-base » centré sur le ballon. Trois moyens au moins de faire autre chose : a/ plans sur les publics et les publicités ; b/ plans parfois très gros sur un seul joueur, qu’il possède ou non le ballon ; c/ multiplication des artifices techniques, reprises immédiates d’une phase de jeu sous un autre angle, ralentis qui se veulent élégants, pourquoi pas parfois deux ou plusieurs images en même temps, etc.
Trois moyens de faire autre chose qu’un reportage sur un jeu ! Une sorte de document hybride qui tient d’un spectacle de fiction mais qui néglige la bande son !

The Killing III – Photo arte/Tim Harden
Sur ARTE, dès 20h50, dix épisodes, dix journées, en duos du 3 au 31 juillet 2014- 3ème et dernière saison..
Impossible de revoir durant sept jours les épisodes. Voici pourquoi. Un texte apparaît : Erreur – cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays. Ah bon ? ARTE et la SSR-SRG et ses sociétés régionales ne sont-elles pas des chaînes amies, même si les secondes affichent des parts de marché beaucoup plus fortes que celles d’ARTE. Donc « Killing » nous est interdit dans l’offre sept plus ! A qui la faute ?
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a/ Le plan de base d’un reportage
Debout ou assis dans un stade, le spectateur saisit l’ensemble du terrain de jeu plus ou moins bien selon la place qu’il occupe. La télévision s’adresse à un nouveau consommateur, le téléspectateur, qui voit ce que le réalisateur décide de lui montrer.
Quelques images d’un ancien Argentine-Allemagne de 1986, reprises sur RTS 2 dimanche 13 juillet, semblèrent délicieusement vieillottes, y compris avec des joueurs plus larges que hauts, erreur technique dans un cadre provisoire.
Le plan de base
C’était simple : montrer le ballon quand le joueur A s’en occupe, le suivre quand il tente de le passer à un joueur B et être encore présent à la réception par B le partenaire ou C l’adversaire et ainsi de suite. Par l’alternance des plans éloignés et rapprochés. le téléspectateur reçoit des informations différentes que celles saisies par le spectateur.
Le « regard » de nombreuses caméras
Pour de multiples raisons, en particulier l’intérêt d’un large public pour le divertissement offert par le foot et les intérêts
Les images du foot-spectacle
Deux milliards que nous étions à regarder en même temps les mêmes images, il y a peu : c’est, disons, un peu «inquiétant ». Car il est difficile de croire qu’il y a autant d’admirateurs du foot seulement comme jeu ! Il doit bien se trouver quelque chauvin nationaliste parmi eux, à côté de ceux qui en restent à la fierté patriotique – ou à la déception humiliante! Les enjeux financiers sont immenses : la Fifa vend à prix élevé les droits à des chaînes qui vendent à un prix élevé les temps réservés à la publicité. Et les sponsors qui paient des droits élevés à la FIFA en veulent pour leur argent. Notons en passant le magnifique coup de pub réussi par HUBLOT, incontournable sur le grand tableau lors de changements de joueurs et à l’annonce des durées de prolongation de jeu !
Il y avait de nombreuses caméras dans les douze stades du Brésil. Mais toutes ne suivaient pas le ballon pour assurer le plan de base !
Les deux milliards recevaient les images sur des supports allant du plus petit, le portable ou les tablettes, au plus grand, les écrans géants en plein air, y compris dans les stades en passant par internet. Il se peut que le bon téléviseur traditionnel soit tout de même encore le moyen le plus utilisé.
Donc la télévision doit satisfaire tout le monde mais en priorité ceux qui ont des intérêts financiers, partout et en même temps. Impossible d’en rester à notre « plan-de-base » centré sur le ballon. Trois moyens au moins de faire autre chose : a/ les plans sur les public et les publicités ; b/ gros plans parfois très gros sur un seul joueur, qu’il possède ou non le ballon ; c/ la multiplication des artifices techniques, reprises immédiates d’une phase de jeu sous un autre angle, ralentis qui se veulent élégants, pourquoi pas parfois deux ou plusieurs images en même temps, etc.
Trois moyens de faire autre chose qu’un reportage sur un jeu ! Une sorte de document hybride qui tient d’un spectacle de fiction mais qui néglige la bande son !
financiers qui s’y ajoutent à travers la publicité, la télévision ne peut plus en rester au plan de base. Autour et même au-dessus du terrain, il y a parfois deux ou trois dizaines de caméras comme lors du dernier mondial. Chacune d’elle propose son propre « regard ». Mais le ballon est alors souvent absent.

True detective : magnifique série proposée par la RTS en juin 2014.
Souvent, l’enquête policière s’estompe pour s’en tenir aux rapports entre les trois personnages principaux. Et la présence de Maggie Hart (Michelle Monoghan), l’épouse de Martin est impressionnante de sensibilité.
Le travail du réalisateur
Il faut donc choisir l’image qui sera diffusée parmi toutes qui existent en même temps. L’image saisie par chaque caméra arrive dans une régie où le réalisateur, théoriquement, les voit toutes. Il peut en commander des différentes aux opérateurs derrière leur caméra ou en demander de nouvelles à ses assistants. Mais c’est lui qui choisit celle qui va passer. Ce travail demande une grande maîtrise. Dans toute manifestation sportive, le réalisateur en régie effectue sa « mise en scène » par le montage instantané. C’est ainsi qui crée un spectacle qui n’a parfois plus qu’un lointain rapport avec celui auquel assiste le spectateur au bord du terrain. Le plan de base est souvent oublié.
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(((( PS : Deux noms au moins
Pour quelques fins connaisseurs du travail de la télévision, il est même possible de pouvoir dire de quel pays provenait le réalisateur en charge d’un match. Ceux-ci, au nombre de huit au moins, étaient français (deux), Allemands (trois) et Britanniques (trois). Mais qui donc connaît les noms de deux français, par exemple : Jean-Jacques Amsellem et François Lannaud ? Moi pas ! Il est bon, une fois au moins, de signaler l’existence de ceux qui portent la responsabilité de créer le spectacle de divertissement offert par le football, entre autres sports qui ont chacun leurs exigences.)))))
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Ah oui ? Le football !
Beaucoup de notes disponibles :le passage à l’acte s’impose! Ce seront des sujets courts, compris entre mille et deux mille signes. Et illustrés… par des images de séries, afin de rappeler qu’il n’y a pas que le foot !
On trouve, de bas en haut :
1/ Concession et divertissement (03.07.14) ( Broen, Le Pont – Danemark,Suède / RTS, vendredis)
2/ Quelles images choisir ?(03.07.14) ( Killing – Danemark, Allemagne / Arte, jeudis )
3/ Trois jours en juin, 24,25, 26 (03.07.14) (Miss Fisher enquête – Australie / France3)
4/ Mundial : temps d’antenne (15.07.14) (True Detective – USA – HBO / En juin 2104 sur RTS))
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4/ Mundial : temps d’antenne !
(15.07.14)
Du 12 juin au 13 juillet 2014, les soixante-quatre rencontres du « Mondial » au Brésil trouvèrent place dans la grande majorité des 31 jours disponibles. On en vit, les jours « sans », des bouts, en particulier les buts; et surtout on en entendit parler en parfois savantes dissertations.
Une rencontre, c’est un peu plus de nonante minutes de jeu, plus quinze durant la mi-temps, parfois des prolongations, puis des présentations, des conclusions, des émissions spéciales, « le journal des Suisses » et « Le club » qui, additionnés faisaient presque deux « 19h30 »: on doit bien dépasser les trois heures pour chaque rencontre. Donc deux cent heures sur trente jours, cela fait presque sept heures par jour, sur RTS2, la soirée, celle où le public est nombreux, entièrement occupée.
Les mêmes images, fournies par la FIFA, ont été vues partout, entre autres sur les trois chaînes suisses. La SSR-SRG est fière de montrer chaque année deux mille heures de sports. En cette fin de printemps et d’été débutant, deux cents heures pour le seul football, auquel s’ajoutaient celles consacrées au cyclisme, au tennis, de l’athlétisme : moyenne mensuelle largement dépassée! C’est beaucoup. C’est trop, même si, évidemment, les parts de marché sont brillantes !

Une série splendide : True Detective / HBO
Un seul auteur : Nic Pizzolato
Un seul réalisateur : Cary Futunaga
Huit épisodes de 60 minutes, présentés par la RTS les 2, 9, 16 et 23 juin 2014 (Photos HBO/RTS)
Matthew McConaughey (V. F. : Bruno Choël) : Rust Cohle
Woody Harrelson (V. F. : Emmanuel Jacomy) : Martin Hart
Le service public généraliste suisse, la SSR-SRG, est au bénéfice d’une concession octroyée par le conseil fédéral qui a des exigences de diversité dans la programmation sans préciser la quantité de divertissement. A de rares exceptions près, le reportage sportif est pur divertissement si ce qui l’entoure frôle parfois l’informatif en ne s’approchant que rarement de la réflexion. Et la SSR-SRG est seule à pouvoir en faire autant en Suisse. On doit tout de même oser se demander si notre service public ne va pas trop loin dans le temps accordé aux sports, surtout ces dernières semaines. Mieux : la question doit être posée !
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PS I : Ces lignes ne témoignent pas d’une allergie au football. J’en aurai bien « consommé » deux heures par jour, séduit surtout par les reportages. L’accompagnement ? On y reviendra.
PS II : Les hebdomadaires spécialisés en audiovisuel– on en compte trois pour la petite suisse romande – donnent naturellement bonne place à la RTS mais minuscules espaces à la DRS (Suisse alémanique) et à la RSI (Tessin). L’unité de la Suisse est un mythe dans la presse romande consacrée à la télévision.
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3/Trois jours en juin (24,25,26)
RTS2, les 24, 25 et 26 juin 2014: le football apparaît de 10h30 à 14h00, deux rencontres de la nuit précédente en différé, suivi du tennis depuis Wimbledon, de 14 :00 à 17h30, pour retrouver le « futebol » jusqu’à 02h00, dont une rencontre en direct et trois en différé.

Miss Fisher enquête – 2ème saison d’une série australienne de 13 épisodes d’environ soixante minutes, hybride, unitaire par l’enquête, récurrente à travers le passé de Phryne F. et son entourage, hommes attirants ou par elle attirés y compris (Photo France3)
Cela fait donc 15 heures 30 minutes de sports. A quelques détails près, TSR2 est chaîne sportive sauf durant quelques heures où peu nombreux sont ceux qui la regardent. Et le foot y est pour douze heures pleines. Six rencontres occupent neuf de ces douze heures. Il en reste trois pour parler de certaines rencontres avant, à la mi-temps et après, avec reprises de phases en extraits, surtout le buts et les plus brillants arrêts de gardiens. Il y a temps aussi pour placer deux équivalents de téléjournaux en plateau, « Le journal des Suisses » (une trentaine de minutes) et le « Club » (un peu plus long). Les nombreuses minutes consacrées à la pub et aux sponsors font souvent allusions au sport et à ses dérivés.

Miss Fisher enquête – Sur France 3 dès le dimanche 29 juin, par trios !! La mode des années 20/30 sied à Phryné Fisher (Essie DAVIS), en froufrous roses ci-dessus et en noir, deux tenues parmi de nombreuses autres !
( photo France 3)
Donc pour trois minutes de jeu, une environ pour en parler. Imaginons qu’on enveloppe un « Temps présent » d’une heure, ou une série récurrente (comme « Miss Fisher enquête » – nos images) de même durée de vingt minutes de causettes et d’extraits avant, pendant, après : ce serait l’émeute ! Mais le sport-roi a tous les droits, y compris à travers la parole des experts reçus par les journalistes. Le principe, « la radio parle, la télévision montre », est battu en brèche, même si on montre souvent des gens qui parlent.Que disent les parts de marché : les très hauts scores atteints par certaines rencontres profitent-ils aux plages d’accompagnement ?
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2/ Quelles images choisir ?
Il était environ minuit, un soir où je ne sais plus quelle rencontre allait se terminer par des tirs aux buts. Je ne sais plus quel commentateur, peut-être bien Massimo Lorenzi en personne, priait humblement le téléspectateur de ne pas en vouloir à la télévision de retenir son attention si tardivement.
Ils ont de la chance, les consommateurs de sports. Ils n’ont pas cette chance, les certes minoritaires attirés par le cinéma d’auteur, suisse y compris, ou les séries haut de gamme à forte valeur ajoutée, européennes y compris : souvent, leurs émissions préférées se terminent allégrement après minuit. Sans un mot de regret.
J’aime bien ajouter des images dans les textes de ce blog. Des images de foot ? Alors là, non ! On ne va pas vous montrer une fois encore en photo ce que tout le monde aura vu peut-être une demi-douzaine de fois, en direct, en reprise déjà durant le direct, dans les magazines provisoires, et même au « 19 :30 » le lendemain. Alors que faire pour illustrer des textes relatifs non pas au football, mais à la manière dont le télévision en rend compte, triomphante par des parts de marché aux scores presque soviétiques ?

« Broen »- « Le pont », dans la version initiale scandinave : RTS1, vendredis soirs, entre 22h30 et 00h30, dix épisodes par duos depuis le 27 juin 2014. Sofin Helin (Saga Noren, agente suédoise) et Kim Bodnia (Martin Rhode, inspecteur danois). Magnifique; bien sûr!
Euréka ? Je vais glisser dans des sujets consacrés au foot des images … des meilleures séries que l’on vient de voir ou que l’on peut suivre actuellement sur RTS1, sur ARTE ou même France3. Pour l’équilibre de l’offre, au moins ici !!
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1/Concession et divertissement
La concession octroyée selon la loi par la Conseil Fédéral impose à la SSR-SRG de remplir différentes missions, en particulier d’offrir du divertissement, sans précision quantitative. Le spectacle du sport fait partie du divertissement. Les émissions autour du sport également ? Actuellement, alors se déroule la Coupe du monde de football, voici aussi le tennis à Wimbledon, l’athlétisme à Lausanne, bientôt le Tour de France qui commence en Grande-Bretagne. Mission divertissement accomplie, quantitativement dense! Au point que RTS2 est chaîne sportive à disons 50 % ! Est-ce bien ainsi respecter l’esprit de la concession ? Mais ceci est une question qui restera, ici comme ailleurs, sans réponse.
Chaque consommateur de télévision s’accorde le plaisir du divertissement sans se faire mal à la tête: certains ne manquent aucun des plus de deux mille épisodes de « Plus belle la vie » ou des plus de six mille de « Top Models », d’autres ne rateraient pas un seul « Coup de cœur d’Alain Morisod » et déjà se réjouissent de la prochaine saison d’ « Un air de famille » , etc…
Personnellement, je suis attiré par certains sports, le tennis énormément ; le foootball beaucoup ; et j’ai un faible pour .. le curling ! De cette coupe du monde, j’en consomme trop! A ce niveau, il n’y a plus de « petites » équipes. Et j’accumule les notes, en oubliant le blog.

The killing 3 : Sarah Lund ( Sofia Grabol ( Photo arte /Tim Harden), série danoise (2012) en co-production avec la ZDF : le personnage insolite et troublant de Sarah Lund (Sofia Grabol) aussi intéressant que l’enquête policière qui aborde des milieux de l’économie et de la politique. Dix épisodes, dix journées
Et c’est ainsi que je viens de faire comme les commentateurs sportifs, avant, pendant, après une rencontre, dans un « Journal des Suisses » qui touche à sa fin, lors d’un « Club » avec invités qui applaudissent et crient sur ordre, du chauffeur dit de salle remplacé par celui qui dirige l’émission, d’ajouter des mots et encore des mots autour, avant, après le spectacle des rencontres. Un exercice de broderie, ici écrite ! Et un rappel en image : une série danoise sur ARTE !
Dans les coulisses de l’audimate
Quel sens donner à une part de marché exprimée en pourcent ou en milliers de spectateurs ? Une approche à travers deux exemples, le premier autour d’une soirée thématique, le second abordant les trois premiers sujets d’une nouvelle émission, « Les coulisses de l’événement ». Un audimate probablement un peu décevant dans le premier, deux succès et un échec pour le second.
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TABLE DES MATIERES
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Autour de Blocher le 28 mai 2014
On a pu lire dans la presse que le film « L’expérience Blocher » de Jean-Stéphane Bron, présenté le mercredi 28 mai 2014 sur RTS1 entre 20h20 et 21h55 avait été vu par 118’000 téléspectateurs pour une part de marché de 24.0 %. 68’000 téléspectateurs pour 14.5% de part de marché ont suivi le débat d’ »infrarouge » entre 21h55 et 22h52 : cette information complémentaire provient de la « Communication d’entreprise » faite par la « Chargée des relations médias et des relations en ligne », Mathilde Boillat.
Quel sens donner à ces informations ?
La part de marché de 24,0% signifie que sur cent spectateurs regardant la télévision, 24 se trouvent devant RTS1 au même instant. 118’000 est par contre une notion plus « abstraite ». Si trois spectateurs n’ont vu chacun que le tiers du film, ils comptent ensemble pour un. Le nombre de téléspectateurs ayant vu l’intégralité de l’émission est donc théorique. On ne sait pas, avec ces données, quelle est l’évolution du nombre de spectateurs en cours d’émission, baisse régulière, hausse ou variations !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l’importance !
On peut pourtant tirer une information intéressante de ce qui précède : entre 20h20 et 21h55, soit durant 95 minutes, 482 mille personnes en moyenne se trouvaient devant un téléviseur ou un ordinateur. Entre 21h55 et 22h52, il y en avait 468 mille !
C’est une surprise, lors de cette soirée. Sur la RTS, avec ses deux programmes, entre 19 et 21 heures, la moyenne annuelle en téléspectateurs est stable. On enregistre ensuite une baisse de 20 pourcent entre 21 et 22heures, puis la même encore entre 22 et 23.
Depuis le début de l’année 2014, la case horaire qui se situe entre 20h15 et 21h15 atteint une audience moyenne de 30 %. Le 24 % pour le film se situe donc en-dessous de la moyenne des premiers mois de 2014. Ceci n’est pas très étonnant : dans les salles, « L’expérience Blocher » n’a attiré que huit mille suisses alémaniques et sept mille romands.
Déception aussi sur le petit écran ? Lassitude d’une partie du public devant l’invasion blochérienne ?
Impossible de dire où se situe l’audience d’ « Infrarouge » par rapport à la moyenne du début de l’année !
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L’exemple des « Coulisses de l’événement »
Voici les informations relatives aux trois premières émissions proposées par « Les coulisses de l’événement » proposées vers 20h15.
« L’affaire des jumelles », le 15 janvier durant 68 minutes : 245 mille téléspectateurs pour 41.6 % part de marché, donc 589 mille pour regarder la télévision durant le même laps de temps
« Le vengeance des Khadafi ». le 26 février durant 67 minutes, 232 mille pour 40.6 % donc 571 mille en tout.
« Le secret bancaire », le 4 juin durant 57 minutes, 103 mille pour 20.7 % de PDM, donc 498 mille.
Situation claire : la première émission, fait de société qui fonctionne en partie sur l’émotion, obtient une part de marché légèrement supérieure à la deuxième, problème politique avec un même public global devant le petit écran. La troisième, soulevant un problème financier et économique, perd plus de la moitié sur les deux premières, alors qu’il y a moins de monde le 4 juin pour regarder la tv ( 500 mille contre presque 600 mille).
Les résultats des deux premières prennent en compte les rattrapages faits pendant sept jours après la diffusion de l’émission, alors que ce supplément n’est pas encore pris en compte pour la troisième. La correction sera faite quand l’information sera disponible. Son effet sera probablement limité.
Dans cette case horaire de 20heures, la part de marché obtenue par la RTS depuis le début de 2014 est de trente pourcent. Les deux premières sont donc un succès quantitatif, la troisième un échec.
Deux succès, un échec : hypothèses
Un problème économique et financier laisserait-il partiellement indifférent ce qu’il convient à ces heures d’appeler le « grand public » alors qu’un fait de société émotionnel ou une affaire politique révélant des faits nouveaux retiendrait son attention ? Peut-être !
La durée de la première émission était la bonne pour le traitement d’un sujet en trois parties. La deuxième était trop courte : on ne sait pas ce qu’est devenu le couple d’employés qui a osé porter plainte contre Khadafi fils et son épouse.
Pourquoi la troisième émission durait-elle dix minutes de moins que les deux premières ? Son titre, déjà, est porteur de polémique, ce qui n’était pas le cas des deux premières. Sa brièveté explique en partie son manque de cohérence.
Les deux premières sont des réalisations entièrement maîtrisées par la RTS. La troisième a été tournée par une équipe de la DRS à Zürich. Elle a du être adaptée au format romand, trois sujets avec une introduction, deux plateaux intermédiaires et une conclusion. L’entretien final serait-il une adjonction faite par les soins de la RTS, avec un ancien employé de banque dans l’ombre ? L’apport des interventions de Myret Saki est important. Fut-elle aussi interrogée à Zürich ?

Les coulisses de l’Evénement : tournage d’un complément d’esprit documentaire (« Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)
La nature des reconstitutions
Dans « Khadafi », des reconstitutions sont faites et annoncées comme telles pour préciser des lieux ou le déroulement plausible de certains événements. Elles ressortent de l’esprit de documentation. Dans « le bal des menteurs », des acteurs disent des dialogues écrits en patois, bien entendu traduits en français. Mais la reconstitution tient alors de la fiction. Quelle plausibilité accorder aux dialogues d’une réunion annoncée de septembre 2008 annoncée comme ultra-secrète ? Il y a Philippe Hildebrand, l’hôte alors membre du directoire de la BNS et un certain Peter ( Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Parmi les invités, un certain Peter (Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?
( RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014)
Le commentaire français du « Bal des menteurs» se fait envahissant. Dit sur un ton parfois pompeux, il frôle la polémique. Le troisième numéro est une déception. On y insiste sur les Américains ( des « cowboys » !) d’où serait venue la seule volonté de s’en prendre au secret bancaire, en oubliant qu’une organisation européenne a menacé d’inscrire la Suisse sur une liste noire.
Qui dirige le bal ?
On ne sait plus très bien qui porte la responsabilité de la troisième émission, Zürich ou Genève ? On ne sait pas qui fait quoi ? Faut-il prendre acte de différentes de mentalités dans la conception de l’information entre la DRS et la RTS.
Il serait intéressant de savoir comment Zürich a adapté les deux sujets romands. Ont-ils été présentés sur le canal alémanique et si oui quand ? La RTS et les responsables des « Coulisses de l’événement » n’ont pas apporté d’information sur les passages des trois émissions dans les deux autres régions. Dommage ! Mais la SSR-SRG n’a peut-être pas assez « communiqué » sur cette émission nationale conçue par Romaine Jean et Jacob Berger.
« La vengeance de Khadafi », plus que «Les Jumelles », est une réussite qui participe en septembre à Turin à l’important « Prix Italia ». « Le bal des voleurs », mixture entre Genève et Zürich, dans sa version française, est un échec, tant par sa réalisation qu’à l’audimate ! Pour une fois, la qualité, ici jugement personnel, et la quantité, l’audimate, sont en harmonie! Mais le public ne le savait pas au début de la diffusion du *Bal des voleurs »! Alors, pourquoi ?
« La porte du paradis » au Capitole
Pour illustrer la page 12 du no 181 du « Médiatic » demande fut faite à l’invité, Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, de me faire parvenir des images d’un ou deux films qui l’ont particulièrement marqué. Eut-il choisi par exemple « Non réconciliés » de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet que je n’aurais pas été surpris. Mais il a pris une autre voie, celle qui permet de saluer un effort accompli par de nombreuses cinémathèques ou associations pour sauver de l’oubli des films de haut niveau en procédant à une restauration qui revient aussi à une remise à jour d’œuvres parfois malmenées.
Pour accompagner ces quelques lignes, voici trois images de « Heaven’s Gate » (La porte du Paradis) de Michael Cimino, qui sera au Capitole le jeudi 19 juin 2014 dès 19h30, pour présenter son film dans sa version initiale de 3 h 36 minutes. A noter que Cimino sera à l’ECAL le lendemain de 18h00 à 19h0 et qu’un lien s’établit presque naturellement entre les qualités du film et une exposition « Peindre l’Amérique. Les artistes du Nouveau Monde 1830-1900), du 27 juin au 26 octobre à la Fondation de l’Ermitage.
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Dans le numéro 277, mai-juin 2014 de la publication qui présente les programmes de la cinémathèque, Frédéric Maire évoque « les revenants numériques »
Encore une fois, un revenant numérique nous donne l’occasion de présenter au Capitole un chef-d’œuvre du cinéma comme on ne l’avait encore jamais vu Heaven’s Gate (La Porte du Paradis) de Michael Cimino.
J’ai (re)vu ce film en 2012. Je venais d’arriver au Lido de Venise, pour le festival. En guise d’ouverture à la nouvelle section Venice Classics, directement inspirée par Cannes Classics, le directeur de la Mostra Alberto Barbera a choisi de présenter, en grande première, la version restauréed’Heaven’s Gate.

la porte du paradis – Michael Cimino ( Photo cinémathèque)
Restaurée… Il faudrait dire ressuscitée. Car sur la scène du Casino de Venise, Michael Cimino en personne nous explique que, là,cet après-midi, il va rester dans la salle pour voir enfin le film comme il ne l’a jamais vu. En effet, Heaven’s Gate,au budget considérable pour l’époque de 40 millions de dollars, fut raccourci, remonté et littéralement massacré au fil du temps. Son implacable échec public et critique provoqua la chute de United Artists et mit Cimino au ban des studios américains. Supervisée par le cinéaste en personne, l’opération de restauration numérique lui a permis, dit-il, de retrouver non seulement la structure du film telle qu’il l’avait voulue au départ avec sa durée – fort peu commerciale – de 3h36, mais aussi les couleurs et la lumière qu’il souhaitaient avec son chef opérateur Vilmos Zsigmond.
Cet après-midi-là, je n’ai pas vu passer le temps.. Et j’ai remercié le numérique de nous offrir ce merveilleux revenant
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PS : durant ces prochaines semaines, jusqu’à mi-juillet, l’écran de RTS2, en fin de journée et en soirée, est prioritairement occupé par les 64 rencontres de la Coupe du Monde du football-roi au Brésil. Les amateurs de foot sont assurément plus nombreux que les cinéphiles purs et durs ! S’il se trouve quelque responsable des programmes pour voir « LA PORTE DU PARADIS » dans sa version intégrale, peut-être pourrait-il ensuite réserver une soirée spéciale à un film aussi important pour l’histoire du cinéma, un vrai « classique » !

heaven’s Gate – Cimino
(photo cinémathèque suisse)
Deux regards sur le sport-roi
Le premier regard, bien sûr, c’est celui de tous les jours. Mais faut-il en rajouter alors que le football occupe pratiquement RTS2 dès le début de la soirée jusque tard dans la nuit, les animations autour des rencontres occupant beaucoup de temps ?
Le second c’est celui porté par Arte, le mardi 10 juin à 20h50, sévère, mais pas au point de rejeter le plaisir d’assister à de parfois beaux spectacles, longuement présentés et commentés surtout sur la SSR ( texte ci-dessous)
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Sport : Le revers de la médaille
Remarquable, de très haute tenue, ce document inédit de 90 minutes proposé par ARTE le mardi 10 juin 2014, à une heure de grande audience, entre 20h40 et 22h30. Xavier Deleu et Yonathan Kellerman se demandent ce qui se passe pour les sportifs de haut niveau à la fin de leur carrière. Ils font un choix très clair, annoncé dès le début de leur enquête d’investigation, conforme au texte paru dans le magazine romand « TV8 » : Comment le culte et le marché de la performance sportive condamnent les athlètes de haut niveau à une escalade néfaste, avec de graves conséquences sur leur santé. Impressionnant de document, à croire par instants que l’on se trouve dans un film d’horreur, tant les conséquences peuvent être douloureuses pour certains athlètes, jusqu’ au suicide. On y fournit parfois le résultat d’enquêtes statistiques qui montrent que la population des anciens sportifs de haut niveau est plus fortement frappée par certaines maladies qu’une population normale.

Jutta Gottschalk, ex-nageuse dopée de la RDA, a donné naissance à une fille à la vue diminuée ( photo ARTE)
Programmation multiple
Arte, come d’autres, applique le principe de l’accès aux émissions récentes durant sept jours sur son site. Il arrive parfois que l’on apprenne que le document n’est pas disponible pour le territoire suisse. Le principe de programmation de chaîne généraliste de service public franco-allemande à certes public restreint à un mérite, celui de proposer des rediffusions annoncées à l’avance : le vendredi 13 juin à 09h00, le lundi 23 à 08h55 et le vendredi 14 juillet 01h45. (informations trouvées sur le site www.arte.tv/guide).
S’agit-il d’une volonté de porter atteinte à la «Coupe du monde » qui se déroule au Brésil ? Serait-ce le cas que ce serait inefficace. Un tel document n’empêchera personne de suivre les reportages largement proposés qui permettent d’en apprendre un peu plus sur le Brésil et ses problèmes et sur les soixante-quatre rencontres.
Les cinq premières minutes
Il vaut la peine de s’arrêter sur les premières minutes du document qui considère le sport-spectacle comme un important secteur économique et une industrie florissante. Le chiffre d’affaires total et annuel s’élève, selon certaines estimations, à sept cent milliards d’euros qui représentent le trois pourcent de l’ensemble du commerce mondial, le deux pourcent de la richesse produite dans les pays développés. Le poids financier du sport-spectacle de haut niveau est équivalent à celui de l’automobile et du textile. Mais qui profite de cette industrie ? Les actionnaires, les sponsors, les équipementiers et les diffuseurs.
L’inflation du coût de la compétition est sidérant, passant de 6 milliards d’euros en Allemagne en 2006, à 15 au Brésil en 2014, 34 annoncés en Russie dans quatre ans et 74 prévus au Qatar en 2022.
Parmi les témoignages d’anciens athlètes, il vaut la peine de citer ceux de trois sportifs, mais ce ne sont pas les seuls cités, qui se portent tout de même assez bien aujourd’hui encore, Jean-Pierre Papin (football), Laurent Brochard (cyclisme) ou Marion Bartoli (tennis).

Laurent Brochard, ancien champion du monde sur route, qui a passé par l’EPO chez « Festina », peine à rebondir, abandonné par ses anciens employeurs. Sur le circuit automobile du Mans, il participe à une course entre amateurs. ( Photo ARTE)
La SSR-SRG important diffuseur
« Notre » télévison diffusera l’intégralité des soixante-quatre rencontres. Et ce n’est pas tout : sur RTS2, peu après 20h00 sera diffusé un journal quotidien de 25 minutes, « le journal des Suisses ». 23 joueurs et leur entourage méritent donc autant de temps ou presque que celui accordé aux événements régionaux, nationaux et mondiaux dans le « 19 :30 » ! Faut-il s’en étonner ? Il est bon de rappeler alors que la SSR-SRG diffuse consacre chaque année environ deux mille heures ( six par jour) aux sports en général, avec forte proportion de direct : le sport est en effet rassembleur, y compris aussi devant les plages publicitaires.
A titre personnel
ARTE vient de montrer le revers de la médaille d’une manière forte. Ce qui ne m’empêchera pas à titre personnel de prendre plaisir à suivre tout ou partie de bon nombre de rencontres, dont trois au moins de l’équipe suisse ; en espérant même que cela ne se limite pas à trois !
Un envahisseur à la RTS : Blocher
Un mini-dossier en quatre parties:
TABLE DES MATIERES
- Et encore Blocher ( 05.06.14 – 10:15)
- Et maintenant, « Pardonnez-moi » (01.06.14)
- « Infrarouge » pouvait faire mieux (04.06.14)
- Autour de Blocher le 28 mai (04.06.14)
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Mais d’abord une introduction : Emissons à ne pas manquer
+ Ce mercredi 5 juin, la troisième déclinaison de la prometteuse émission « Les coulisses de l’événement » intitulée « Le bal des menteurs ou la fin de secret bancaire » sur RTS 1 dès 20h15

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS.
Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014
+ Jeudi 5 juin dès 20h50,les épisodes 7 et 8 de « Real Humans » ( saison 2) sur Arte
+ Lundi 9 juin, vers 22h00, les épisodes 3 et 4 d’une nouvelle série américaine haut de gamme, « True detective » sur laquelle nous reviendrons.

Matthew McConaughey (Rust Cohle) dans « True detective », tenant son grand cahier de notes à l’entrée d’une église brûlée
( 2ème épisode – HBO/RTS)
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Et encore Blocher !
(05.06.14 – 10h00)
Mercredi 4 juin 2014, 20h15, troisième numéro de « Les coulisses de l’événement », intitulé « Le bal des menteurs, ou la fin du secret bancaire », une sorte de produit bi-national, du reste fort intéressant, fait d’apport de la SRF (Zürich) adapté à la sauce romande (RTS), à ne plus très bien savoir comment fonctionne la responsabilité éditoriale. Mais ceci est une question pour un autre texte.
On y entend des acteurs qui reconstituent des discussions. On y interroge de hauts fonctionnaires, des spécialistes de la finance, des membres du conseil fédéral, de rares banquiers et quelques politiciens. Côté socialiste, Hubacher et Levrat, une fois chacun. En face, un seul, deux fois au moins, l’incontournable Blocher. Sur le petit écran, ces derniers jours, la RTS tend vers « Télé-Blocher ».
Il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant, par hasard. Dans « Le Temps » de ce jour paraît en page 7 un long entretien d’Yves Petignat avec Helmut Hubacher qui vient d’écrire un « Hubachers Blocher » (Zytglogge Verlag).

La photo d’Helmut Hubacher, choisie par « Le Temps » – Courtemaîche, 3 juin 2014, pour illustrer le texte d’Yves Petitgnat. Une certaine ressemblance avec Blocher côté attitude de tribun ? Voir image ci-dessous !
Dans le même numéro, Alexandre de Senarclens signe en page 11 un texte intitulé « Christoph Blocher, fossoyeur du modèle suisse ».
Deux textes intéressants, qui en disent beaucoup, et sereinement, sur Blocher : temps de lecture, aux environs de douze/treize minutes, stylo en mains pour souligner des parties importantes. Par exemple, dans l’entretien avec Helmut Hubacher, cette ouverture sur le pouvoir financier :
(..) On peut expliquer une partie (des succès de Blocher) par son argent. La NZZ a écrit qu’aux élections de 2007, l’UDC a pu investir 12 millions dans la campagne, soit au moins le double de ce qu’ont pu mettre ensemble les autres partis.
Blocher, au centre de deux interventions dans « Le Temps », à un niveau d’exigences qui sont celles de « *L’expérioence Blocher », le film de JSBron; Blocher, bien entendu, au centre de l’entretien conduit par Darius Rochebin dans « Pardonnez-moi ». Blocher, vraiment présent alors qu’il avait presque disparu du débat d’ « Infrarouge » qui dévia vers les « populismes » européens.
Deux conceptions de l’information !
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Et maintenant, « Pardonnez-moi
En suisse alémanique, une fois par semaine, Christoph Blocher s’exprime sur une chaîne privée, qui pourrait bien être la sienne, à tout le moins proche de lui. Ces derniers jours en tous cas, la RTS qui aura joué le rôle de « Tél-Blocher », avec deux présences sur son antenne. Le mercredi 28 mai 2014 dès 20h15 ce fut la projection de « L’expérience Blocher » de J.S.Bron, suivie d’un débat à « Infrarouge » (voir ci-dessous)
Dans « Pardonnez-moi », Darius Rochebin interroge M.Blocher sur l’herbe verte bien ordonnée de la terrasse de sa propriété dominant le lac de Zürich. L’ancien conseiller national, depuis le premier juin, est souriant et détendu. Assez simple sa vision capitaliste : un entrepreneur doit avoir de l’argent pour être bon entrepreneur. Mais, lui, Blocher, se prépare dès maintenant à dire EU(ro)-NON, quand dans deux ans le peuple sera appelé peut-être à voter sur les bilatérales. C’est leretour confirmé sur le « réduit national », dans des formes différentes de celles des années 39-45 et suivantes. Il se dit prêt à dépenser cinq millions!

Pas de cravate mais le lac en contre-bas : manquent l’herbe et le contre-champ, celui qui écoute Blocher, Darius Rochebin
Paradoxe : Darius Rochebin aura conduit le tribun à parler assez longuement du film de Bron. Il a accepté d’être l’acteur qui recommence d’entrer dans sa voiture. Mais le solitaire qu’il prétend être doit faire d’autres provocations encore. La RTS lui aura servi de tribune pendant trente minutes intéressantes et révélatrices sur l’avenir.
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« Infrarouge » pouvait faire mieux !
Mercredi 28 mai 2014 : « Soirée spéciale Christophe Blocher », pendant près de 150 minutes ; excellent principe, mais rarement mis en œuvre. Dimanche 1 juin : Darius Rochebin interroge Christoph Blocher pour « Pardonnez-moi », pendant 30 minutes. Cela fait près de trois heures consacrées théoriquement à Blocher !
Au début de la soirée, Mme Mamarbachi affirme que la RTS a participé au financement du film de Bron pour permettre l’ouverture d’un débat sur Blocher. Cà, c’est un scoop : les « docs » dirigés par Irène Challand se mettent au service d’ « infrarouge ». !!!
Pendant la soirée du 28 mai, aucune allusion n’est faite à « Pardonnez-moi » (sauf distraction de ma part). Un des invités Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur, a signé un document intitulé « Populisme, l’Europe en danger ». Personne ne prit la peine de rappeler que ce document avait été présenté par la RTS le lundi 30 mars 2014 dans une case des « docs » et qu’il est possible de le visionner maintenant encore sur le site de la RTS. C’eut pourtant été un élément enrichissant pour la soirée thématique ! Mais il en va ainsi souvent à la RTS dans le cadre de la programmation : les baronnies sont indépendantes les unes des autres !
A 23h00, quand l’audience baisse, au lieu de lancer une série américaine guère intéressante (« Touch »), pourquoi pas reprendre le document de Vitkine, en plein dans l’actualité du débat qui vient de se dérouler avec belle place aux populismes européens ?
Alors, imaginer une soirée thématique en deux parties, avec « L’expérience Blocher » d’une part, la reprise de « Citizen Kane » d’Orson Welles de l’autre pour comparer la solitude de deux hommes puissants, riches et dominateurs, tient plus de la provocation que de l’utopie.
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Autour de Blocher, le 28 mai 2014
Hier, les « Dossiers de l’écran »
La projection d’un film est souvent le prétexte à ouvrir un débat télévisé qui en oublie immédiatement son sujet. Ce principe est vieux comme la télévision. Ainsi faisait Armand Jammot dans « Les dossiers de l’écran » de l’ex-ORTF.
Mais certaines chaînes mirent à l’antenne des émissions sur le cinéma, consacrées à un film, parfois à ses qualités formelles parfois, à l’œuvre d’un auteur. Sur l’ancienne TSR, ce furent « Cinéma-Vif » remplacé par le « Spécial-cinéma » de Christian Defaye, Chaque film bénéficiait d’une introduction et était suivi d’un débat. L’émission a disparu depuis quelques années déjà : le lundi soir, « Box-Office » qui fait allusion au succès public, donc à l’audimate, prolonge le règne américain, sans introduction ni discussion.
Cette télévision «moderne » obéit au principe « La radio parle, la télévision montre ». « Infrarouge » n’est donc pas une émission où l’on parle : c’est un spectacle où l’on se prend de bec sans écouter l’autre ! C’est parfois aussi un retour aux bons vieux « Dossiers de l’écran », comme ce 28 mai 2014, avec introduction en compagnie du réalisateur Jean-Stéphane Bron, projection de « L’expérience Blocher », suivi d’un débat, le tout plus de cent cinquante minutes. C’est ce dernier qui retient notre attention.
L’échec relatif de « L’expérience Blocher » en salles
Au début de la discussion, on aura pendant moins de dix minutes parlé du film. On apprit, entre autres, que MM.Chérix et Göppel venaient de voir le film récemment. Le jour même ou le précédent. Le public ne s’est pas précipité, l’automne dernier, pour voir « L’expérience Blocher » sur grand écran (huit mille romands, sept mille alémaniques !). On aurait pu s’interroger sur ce relatif insuccès. Pourquoi le public n’a-t-il pas voulu voir sur grand écran ce Blocher dont on parle tant ? Peut-être ses partisans, 26 % qui ont voté UDC lors de la dernière élection permettant de comparer entre eux les partis, craignaient-ils que ce soit pas un hymne à la gloire de leur grand homme ? Et bon nombre des autres pressentaient-ils à juste titre qu’il ne s’agissait pas d’une brillante démolition à la Michael Moore .
Le film assez rapidement oublié
Le refus de parler du film comme sujet apparut assez rapidement. L’un des participants, le linguiste, Jean-Michel Adam, annonce qu’il va tirer cinq exemples du film pour appuyer son intervention. Il ne pourra en citer que deux. A la fin de tout film, il y a un générique qu’il est normal de porter à la connaissance du public, par égard pour ceux qui ont contribué à son existence. Le générique final ne fut montré au qu’après les applaudissements des figurants qui assistent, passifs, au débat. De plus, « L’expérience Blocher », pourtant largement soutenu financièrement par la SSR-SRG, ne sera actuellement pas visible sur le site de la RTS pour des question de droits. Bizarre autant qu’étrange !
Un dessin qui disparaît !
Autre bizarrerie : durant tout débat d’ »Infrarouge », Mix&Remix dessine ses personnages stylisés et écrit des commentaires réjouissants dans les bulles. Un des dessins passé dans l’émission ( à la minute 44 et 11 secondes) fait apparaître à gauche un texte « La différence entre l’UDC et les autres partis nationalistes…. » complété à droite par une montagne de fric en forme conique surmonté d’un petit drapeau suisse. Or, ce dessin n’est pas repris sur le site de l’émission. Mix&Remix y attire l’attention sur un problème qui n’a été évoqué durant l’émission qu’une seule fois, juste avant la conclusion : le rôle joué par l’argent, allusion faite aux futurs cinq millions que Blocher a l’intention d’investir dans l’EURO-NON qu’il est en train de créer !! Pourquoi ce silence sur l’argent ? On en parle, au moins un peu, dans le film !
Glissement vers les populismes européens
A la fin, le réalisateur est récompensé de son silence par un octroi de parole. Il tente alors de s’interroger sur un aspect du comportement de MM.Nidegger ou Köppel. On le coupe presque au milieu d’une phrase. Mais c’est sans surprise : « L’expérience Blocher » a fini par servir de prétexte à un débat sur les « populismes » qui viennent de s’exprimer exprimés lors des récentes élections européennes. Et quel sens donner aux applaudissements nourris donnés à la fin du débat, avec le générique séparé du film ?

Une carte des « populismes » européens selon ARTE. La Suisse, bien entendu, en blanc !! En gris, pas ( pas encore?) de populisme notable
Les réponses aux questions posées
La volonté de coller à l’actualité, un principe à la base d’ »Infrarouge », conduit à faire la promotion de l’émission à travers des communiqués de presse, qui peuvent être pris comme une promesse ou un alléchant appât. Il vaut donc la peine de rappeler les questions annoncées comme composantes du débat :
Christoph Blocher joue-t-il double jeu ?
Même en ayant pris la précaution de revoir intégralement le débat sur internet, il faut prendre acte que rien n’a été dit a de ce double jeu. De quoi peut-il bien s’agir ? De se contenter des bilatérales plutôt que d’entrer dans l’EEE ? Ou s’agit-il de prévenir une insidieuse entrée dans l’Europe .
Est-il dangereux ?
Dans son film, Bron laisse le spectateur libre de répondre à cette question, mais le réalisateur a clairement dit ce qu’il pensait des options politiques de Blocher et de ses méthodes. Sur la « dangerosité », quelques allusions contradictoires y furent faites durant le débat. Rien de plus.
Comment expliquer qu’il séduise 30 % de l’électorat suisse ?
Trente pourcent, c’est un plafond qui reste à atteindre. D’ailleurs, existe-t-il une explication qui permette de comprendre pourquoi, en février dernier, la moitié des suisses ayant voté ont accepté de s’aligner sur Blocher ? Les réponses sont forcément multiples. On aurait au moins pu faire une allusion à la puissance financière de Blocher, mentionnée dans le film de Bron et se demander de manière même provocante pourquoi la moitié des votants s’est laissé séduire par un milliardaire ayant construit de nombreuses usines en Chine ? Mais à coup sûr, ce cinquante et un brin pourcent n’est pas formé uniquement d’extrémistes, d’anti-islamistes ou de fascistes.
Est-il devenu un modèle pour les populistes européens ?
Là au moins, le débat aura frôlé quelques éléments de réponse. Mais il est probable que le vote européen du 25 mai 2014 n’aura guère été différent si Blocher et son courant en Suisse n’existaient pas. Modèle, pour qui ? Peut-être pour Marine Le Pen apparue à travers un document. Sa remarque affirmant que si la France disposait du droit de référendum comme la Suisse, « Il y aurait eu une très large adhésion » au rejet de la « libre circulation » ne tient pas compte du « OUI » ä un petit 50.3 % ; presque un match nul, avantage gagné par le courant le mieux financé ?? Considérer une votation sur les minarets comme un « vrai problème » témoigne d’un étrange sens de la hiérarchie des valeurs.
Les limites du débat d’actualité !
Une bonne partie du débat , la moitié peut-être, aura tourné autour des votations du 25 mai dans quelques-uns des 28 pays de l’Europe, avec la France privilégiée, Blocher oublié ! On aura beaucoup parlé de populisme, de sa nuance péjorative à l’explicative. « Infrarouge » s’installe dans l’actualité. Il s’est passé ce que l’on pouvait en attendre. On y aura escamoté le sujet proposé. On n’y aura que très peu répondu aux questions annoncées. Vaut-il la peine de poser des questions avant l’émission pour mettre l’eau à la bouche et finalement n’y répondre que très partiellement ? On aura, mais un peu moins que d’habitude, dérapé vers la confrontation spectaculaire.
Tant et aussi longtemps que l’on suivra l’actualité au pas de charge, à chaud, avec ou sans film pour l’introduire, la réponse sera négative. C’est le principe même du débat d’actualité sans recul qui est en cause.

















