Deux soirées thématiques

Après quelques remarques sur les élections européennes, s’arrêter autour de Blocher avec la soirée thématique de  RTS1 du mercredi  28 mai 2014 sur laquelle il faudra revenir ? (fyly – 26.05.14 – 12:15)

Elections européennes ( 25 mai 2014)

Il vaut la peine de marquer un temps d’arrêt sur la soirée du dimanche 25 mai 2014. On y entendit, à la RTS, quelques allusions lors du “19:30”.

Passé dès 20h00 en un choix volontaire sur France 2 et décidé de ne pas pitonner : nombreux invités, gros dispositifs permettant de proposer des premières tendances dans toutes les régions du pays, assez peu de curiosité pour les autres pays. Un sujet, et encore un sujet et toujours un sujet; bien entendu le même : le 25 % de FN. Il faut attendre un groupe de journalistes pour que s’esquisse une importante nuance : il y a des anti-européens et les sceptiques. Pas certain que le 25 % des FN soient tous sceptiques!!!

Lassant; j’ai résisté pendant presque deux heures avant de passer sur ARTE. On y respecte l’esprit de la maison, une association qui tient plutôt bien la route entre l’Allemagne et la France, même avec de petites parts de marché. Et, là au moins, on ouvre des fenêtres sur d’autres pays, la Grande-Bretagne, la Suède, la Hongrie, la Grèce. Des tendances contradictoires, si bien que 700 élus ou réélus  vont ressembler tout de même aux 750 anciens. Les nouveaux seront probablement très “anti”. Voilà qui nous rapproche du sujet suivant !

Arte a largement fait place à l’Europe, mieux assurément que les services publics de France ( France 2) et de Suisse ( RTS 1). Normal et tout de même regrettable.

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Autour de Blocher : avant le mercredi 28 mai 2014

Elle sera peut-être intéressante, la soirée partiellement thématique de RTS1, le mercredi 28 mai. En premier rideau, dès 20h15 donc remarquablement exposé, “L’expérience Blocher” de J.S.Bron, film qui fit largement parler de lui dans la seconde moitié de 2013. Place à “Infrarouge”, dès 220h00. Roger Köppel, redaction de la “Weltwoche”, proche du vice-président de l’UDC qui n’est plus conseiller national si Yves Nidegger le reste, face à François Chérix, pro-européen et Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur d’un documentaire “Populisme, l’Europe en danger”, avec le cinéaste, pour poser, selon le communiqué de presse de la RTS quelques questions : Christoph Blocher joue-t-il un double jeu ? Est-il dangereux? Comment expliquer qu’il séduise 30% de l’électorat suisse ? Et est-il devenu un modèle pour les populistes européens ?

Le choix du 28 mai 2014, juste après les élections européennes, n’est certainement pas innocent. Peut-être est-ce ainsi fait pour que cela donne lieu à une de ces empoignades où personne n’écoute personne occupé d’abord de répéter ses propres convictions. Le téléspectateur ne fait qu’assister, impuissant bien sûr, à un spectacle plus ou moins brillant, mais à coup sûr répétitif.

Curieux présage

L’expérience Blocher”, film dont on aura tant parlé aura à tout le moins peiné à trouver son public sur grand écran en Suisse : 8’500 romands, 7’700 alémaniques. Se pourrait-il que le film n’ait pas répondu à double attente : l’hagiographie pour le 30 % qui vote UDC et la “démolition” pour le 70 % qui ne suit en principe pas Blocher.

La solitude de Blocher sur la terrasse de sa demeure (Photo Bande à part - L'expérience Blocher)

La solitude de Blocher sur la terrasse de sa demeure
(Photo Bande à part – L’expérience Blocher)

 

Le cinéaste a fait le film qu’il voulait faire, approcher Blocher pour comprendre comment celui-ci fonctionne, en adoptant un dispositif original. On reste longtemps dans la voiture qui permet à l’homme politique de se déplacer, accompagné de son épouse presque silencieuse mais à la présence oppressante, observer ses réactions face aux événements de l’extérieur auxquels il particpe ou dans sa demeure qui tient à la fois du château, de la forteresse et du musée. Le cinéaste, par son commentaire qui dit “Je”, questionne Blocher tout autant qu’il s’interroge à son propos.

Le couple Blocher "enfermé" dans sa voiture (Photo Bande à Part - L'expérience Blocher)

Le couple Blocher « enfermé » dans sa voiture (Photo Bande à Part – L’expérience Blocher)

Le débat tel qu’il est proposé tournera probablement autour de Blocher et de l’Europe selon Blocher : excellente promo pour l’’UDC. La part de marché sera peut-être décevante si les téléspectateurs se comportent comme les spectateurs qui devaient payer quinze francs au moins pour voir le film. Mais associer un débat et un film n’est pas chose fréquente. C’est même positif;  à condition de ne pas oublier le film !

 De Charles Forster Kane à William Randolph Hearst en passant par Coleridge

Le couple Kane dans sa salle à manger ( Citizen Kane - Orson Welles )

Le couple Kane dans sa salle à manger
( Citizen Kane – Orson Welles )

Il eut été possible d’introduire une troisième partie après la projection du document de création et le débat. De rares cinéphiles attentifs au travail du cinéaste ont relevé une étonnante parenté faite de ressemblances entre Blocher et le personnage joué et mis en scène par Orson Welles dans “Citizen Kane”, son premier film. Le jardin secret du milliardaire helvétique a quelque chose du “Rosebud” de Charles Forster Kane, portrait inspiré à Welles par William Randolph Hearst, riche magnat de presse. Kane-Hearst vu par Welles, référence faite au poème de Colridge, (“En Xanadu donc Kubla Khan se fit édifier un fastueux palais”..) se retrouve un peu chez Christophe Blocher riche, solitaire et puissant, vu à travers le regard créatif d’un cinéaste de documentation. Le commentaire prend alors la place de l’enquête du journaliste d’investigation qui reconstitue la carrière de Kane.

La solitude de l'homme de presse ( Orson Welles dans "Citizen Kane)

La solitude de l’homme de presse ( Orson Welles dans « Citizen Kane)

Qu’on me pardonne d’oser imaginer la RTS capable d’une telle sortie de route. Il est impossible d’imaginer “Citizen Kane”de Welles à la place d’ “Infrarouge”, même pas dans une boule de cristal !!!

La boule de cristal, souvenir d'enfance ( Citizen Kane - Orson Welles)

La boule de cristal, souvenir d’enfance
( Citizen Kane – Orson Welles)

La soirée du mercredi 28 mai 2014 ( à suivre )

De « 14, des armes et des mots » à « Amour » en passant pas « Real humans »

 14- des armes et des mots

 Lundi 12 mai 2014, RTS 2, 20h45 : épisodes 5 et 6 sur 8 d’une étrange et fort intéressante série qui mêle documentation et fiction, construite sur des témoignages écrits venus de plusieurs pays, obéissant à une thématique plutôt que la chronologie des combats : « 14, des armes et des mots ». Mardi 13 mai 2014, ARTE : même programme, à partir de 20h50. Juste un jour avant ARTE sur TSR 1 : quelle chance que de pouvoir choisir son soir pour suivre cette série ! Un vrai avantage pour le téléspectateur ? Même pas. Mais ainsi RTS2 bat ARTE ; d’un petit jour seulement ! On s’en félicitera au moins à la direction des programmes. Comme d’habitude !

14- des armes et des mots. Un photomontage du générique ( Photo ARTE_RTS)

14- des armes et des mots. Un photomontage du générique ( Photo ARTE – RTS)

Real humans

Jeudi 15 mai 2o14, sur ARTE : début de la saison 2 d’une magnifique et grandiose série récurrente suédoise, « Real humans », dès 20h50, épisodes 1 et 2. Arte vient de proposer une reprise de l’ensemble de la première saison. A noter que lors du premier passage de la saison 1, ARTE avait pratiquement doublé sa part de marché, de deux à quatre pourcent, ce qui se traduit en France par un million de spectateurs. Pourcentage négligeable si on le compare à la RTS qui frétille autour de trente pourcent. Mais doubler son audience reste tout de même significatif. La RTS n’a pas proposé la saison 1 à une partie d’un public même considéré comme habitant d’une niche. Le « Made in Europa » qui n’a paraît-il qu’un petit succès d’estime n’a pas de place pour cette série à tout le moins originale et sise dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée.

Real Humans - saison 2 Une image de familles qui tendent à se confondre  (Photo ARTE)

Real Humans – saison 2
Une image de familles qui tendent à se confondre
(Photo ARTE)

Bon : on peut se fatiguer dans ce blog à souligner les insuffisances de la programmation sur RTS de séries récurrentes. Qu’importe les récriminations qui ne sont lues que par une petite minorité. Il y a bien, discrètement, les remarques du conseil du public de la RTSR qui souhaite poliment une programmation un peu moins tardive des séries et films de bon niveau culturel. Presque rien n’y fait. Difficile d’ébranler les certitudes fondées sur les parts de marché !

« Amour » – Michael Haneke

Dans un proche domaine, la programmation du cinéma d’auteur, l’amorce d’une polémique ? Le cinéma d’auteur, même celui qui récolte des prix dans les festivals, est souvent rejeté en fin de soirée sur RTS 1. Mais voici qu’un magazine qui tire à cent cinquante mille exemplaires, « Télétop-Matin », dans son numéro 20 ( semaine du 11 au 17 mai 2014 – 3.50 fr en kiosque), en sa page 5, pose une bien impertinente question  :« RTS : un « Amour » trop tardif ? ». Début de la projection : mardi 13 mai sur RTS1 à 23H40, fin de la projection, mercredi 14 mai à 01h50 – En prime, y aura-t-il une coupure publicitaire ??

Emmanuelle Riva dans "Amour" de Michael Hanecke

Emmanuelle Riva dans « Amour » de Michael Hanecke

Antoine Duplan, critique du « Temps », n’y va pas de main morte avec son « NON » : C’est un manquement au devoir esthétique et citoyen ». Le OUI de Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, n’est pas très chaleureux. Mieux vaut pour lui cette heure tardive, car il n’est pas possible de placer dans « Box-office » autre chose qu’un crowd-pleaser, un film qui plaît aux foules. Pourquoi ? « Amour » reste un film exigeant et dérangeant ». En effet. On ne dérange pas la ménagère de moins de 54 ans à 21h00, surtout avec un film qui vient d’être tourné en bourrique sur le site de la RTS dans une minable série web intitulée « Brouillons de culture ».

« Amour » est loin d’être un cas unique ! Mais peut-être bien que cette page de « Télétop-Matin », tirée à cent cinquante mille exemplaires, contribuera à insinuer un doute positif dans l’esprit des responsables de la programmation de toutes les fictions à la RTS.

A suivre !

Trois « classiques » de la RTS

Ces classiques, quels sont-ils ? Pourquoi les mercredis soirs méritent attention. Un récent « Temps présent » : bientôt un tueur dans le ciel suisse. Un court sujet de « Mise au point ». Un extrait paru dans « La puce à l’oreille » : des sujets indépendants les uns des autres.

TABLE DES MATIERES

  1. Les mercredis
  2. Temps Présent
  3. Mise au Point
  4. La Puce à l’oreille

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 La force de RTS1 est assurément d’en rester, sauf exceptions, à des émissions faites « maison » entre 19h00 et 21h00. Et le plus intéressant se trouve dans la case de l’heure qui commence peu après 20:00.

Ces grands « classiques « incontournables, actuellement, sont et restent « Mise au point » ( dimanches), « TTC » (lundis), « A bon Entendeur » ( mardis), « Temps présent » (jeudis), « Passe-moi les jumelles » ou les séries dans l’esprit de la documentation («Bienvenue au Pâquis » ou en ces jours de mai «  Sur tous les fronts avec le CICR » (vendredis).

Les uns comme les autres n’innovent plus beaucoup. Une même structure apparaît presque chaque semaine. Ne reste dès lors pour surprendre que le contenu, lequel peut bénéficier d’une forme parfois originale.

Les samedis sont consacrés aux divers tours de Romandie, avec « Un air de famille » actuellement,  parfois une série récurrente romande (Dernière en date, le seconde saison de « L’heure du secret » ) ou des « Coups de coeur d’Alain Morisod ».

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Les mercredis

Le mercredi soir est réservé à des émissions qui ne suivent pas un rythme hebdomadaire mais apparaissent avec une plus ou moins grande régularité. C’est là que règne « 36,9 ». Mais c’est aussi là que sont placées les nouveautés de ces dernières années, qui oscillent entre honorables et belles réussites :

« Zone d’ombre » depuis fin 2008

« Spécimen » depuis avril 2010

«  C’était mieux avant », première le 1 mai 2014

«  Les coulisses de l’événement » depuis janvier 2014.

Pendant le tournage des coulisses de l'événement : "la vengeance de Khadafi"

Pendant le tournage des coulisses de l’événement : « la vengeance de Khadafi »

C’est cette soirée du mercredi qui a ma préférence personnelle. Elle continue de me porter vers le plaisir d’être surpris ! Mais jouons à sauter comme mouton.

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« Temps présent » : bientôt un tueur dans le ciel suisse ?

Cela commence comme … une série récurrente, par une escouade de plans à toute allure, dont on se dit, une fois vu ce qui suit, que c’est un excellent résumé. Les ouvertures des séries récurrentes les plus ambitieuses offrent en effet d’efficaces génériques, pas toujours placéS au début du récit. Ils sont souvent d’une grande beauté et chaque plan que l’on retient à un sens. Mais comme on ne les retient pas tous, le plaisir d’assister à cette salve se renouvèle de semaine en semaine. Ce lancement d’émission, qui a pour thème l’éventuel futur achat de drones par l’armée suisse, peut faire penser à « Homeland ». Hasard ou coïncidence ? Dans la première saison de « Homeland », on apprend que Nicolas Brody a été retourné par son géolier suite à la mort de dizaines d’écoliers palestiniens dans une cour d’école atteints par un drone israélien !

Auto-critique israélienne

« The gatekeepers » est un document israélien de Dror Moreh qui propose un bilan sur l’action du « Shin Beth », l’organisation israélienne anti-terroriste. Un des anciens dirigeants interrogés y faisait alors part d’une décision qu’un jour il dut prendre : déclencher le tir d’un drone contre une voiture dans laquelle avait pris place un adversaire palestinien repérè mais sans savoir qui étaient ses accompagnants – des innocents peut-être. Ce film de 2013 était une critique ouverte de l’action efficace du« Shin beth », considérée comme un échec puisque après l’action qui ne se posait pas en terme de morale, la politique n’avait pas su ouvrir de vraies négociations avec les Palestiniens, dont les presque deux millions qui vivent dans la bande de Gaza. « The gatekeepers » passe pour avoir eu une certaine influence lors de l’entrée à la knesset d’un parti d’opposition préconisant des négociations politiques entre Israéliens et palestiniens.

Le document d’Isabelle Ducret et Stevens Artels fait des emprunts à un autre film, « The lab » et questionne son auteur, Yotam Feldman, qui enquête sur l’efficace industrie militaire israélienne, rapportant au pays chaque année des milliards de dollars. Les drones ont un mérite important pour les clients que sont les armées : ils ont subi de multiples tests grandeur nature, en particulier contre des habitants de la bande de Gaza.

Yotam Feldman, réalisateur de "The lab" ( Temps présent - 4 mai 2014)

Yotam Feldman, réalisateur de « The lab »
 a fait son film d’abord pour Israël, où il a provoqué de vifs débats

Il est important aussi de pourvoir s’appuyer dans un document sur des sources qui concernent un pays qui produit et vend dans le monde entier des drones puissants et efficaces, dont les performances technologiques ne sont pas contestées. Certes, il y a débat autour de leur mission . surveillance et/ou arme de frappe chirurgicale contre personnel ou équipement au sol. Difficile de croire qu’une armée, n’importe laquelle, s’offrirait des engins destinés à la seule surveillance d’un espace terrestre ou maritime.

Contribution à l’ouverture d’un débat

Les chambres fédérales seront prochainement sollicitées pour voter un crédit de quatre cent millions pour six engins achetés à un fournisseur israélien : près de septante millions la pièce ! Le document, en cours de route, signale que les caméras ultra-perfectionnées qui sont ou peuvent être montées sur le drone sont plus coûteuses que l’engin lui-même.

Après l’ouverture qui donc rappelle l’univers des séries récurrentes, la construction adopte un excellent rythme s’inscrit dans la ligne initiale : elle ressemble à celle d’un récit de fiction. L’équipe se rend en Israël et à Gaza, terrain d’expériences pratiques avec trois témoignages de survivants de civils qui introduit un fort sentiment d’émotion. Référence est faite à une manifestation à Genève qui pose l’aspect moral du prochain achat : l’armée suisse a-t-elle besoin de tels drones tueurs ? Bien entendu, la parole est donnée assez longuement à ceux qui préconisent cet achat. Mais le département militaire fédéral devrait s’interroger un peu plus sur sa communication faite en français par un collaborateur qui peine au point de faire croire qu’on assiste à un extrait de « 120 secondes »!

Des tueurs dans le ciel suisse " - Temps présent - 04.05..2104

Des tueurs dans le ciel suisse : un  étrange « insecte » à Temps présent

Le titre de l’émission est déjà une indication : le document proposé pose la question d’une telle acquisition sur le plan moral.

 Ce qui dès lors est particulièrement intéressant avec un tel sujet, c’est le moment où il apparaît dans l’opinion publique. En général, la télévision prend le train en marche et souvent aborde un problème après son apparition si rapidement que le recul de la réflexion est impossible. Ici, on ouvre un débat avant que le problème se pose dans le cadre politique fédéral. Elle précède la discussion en introduisant un problème de morale publique et pas seulement de stratégie militaire.C’est une précieuse démarche démocratique.

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Mise au point : « Comme si c’était hier »

Le dimanche 4 mai 2014, dans « Comme si c’était hier », une rubrique régulière de « MAP » est consacrée à une longue émission de près de nonante minutes présentée en 1984. « Au cœur du racisme » d’Yvan Dalain mettait ensemble, durant quatre jours dans un chalet isolé au-dessus de la Vallée–de-Joux, huit hommes, racistes, non-racistes ou victimes de racisme. Un sociologue, Jean-Pierre Fridman, se souvient : à la fin de l’expérience, l’harmonie régnait dans le groupe. Mais en revoyant plus tard certains participants, rien de changé malgré les quatre journées de rencontres. L’un d’eux, aujourd’hui décédé, fut co-fondateur d’un parti d’extrême droite à Genève. Commentaire d’aujourd’hui, un peu étonnant et désabusé !

Au coeur du racisme d'Yvan Dalain ( TSR - juin 1983 )

Au coeur du racisme d’Yvan Dalain ( TSR – juin 1983 )

Une première intervention de Guillaume Chenevière, en 1984 responsable de fiction et divertissement que « Au cour du racisme » fuut assez logiquement renvoyé à l’information. Parlait-on déjà de télé-réalité en ce temps-là ? Le « Loft », avec Loana, Jean-Edouard et la piscine, ce sera pour autour des années 2000, du moins en France !

Seconde intervention, de celui qui fut ensuite directeur de la TSR : On avait une mission morale, quelque chose à faire pour éduquer, même peut-être un peu pour transformer la conscience de nos compatriotes. (….)Et bien, ce n’était pas comme cela : c’est la société qui s’est emparée de la télévision…. Et d’ajouter : J’exagère peut-être un peu….

Hélas, non : pas d’exagération : cette une constatation à la fois lucide et amère de la « prise » de pouvoir de la « ménagère de cinquante-deux ans », considérée comme représentante du grand public. C’est aussi, si ma mémoire ne me trahit pas, vers 1985, qu’on se mit, à la TSR, à parler beaucoup d’audimat ! Un sujet qui mériterait un développement dans un autre cadre .

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Lelouch durant « La puce à   l’oreille »

 « La puce à l’oreille » est une émission produite pour  RTS qui passe assez tardivement vers 23h00 sur RTS1 (jeudis soirs). Son principe est discutable : les invités sont priés de s’intéresser à un autre domaine que le leur. Mais comme chaque invité est aussi là pour raconter ce qu’il fait, le plus habile parvient à insister sur sa propre marchandise. Claude Lelouch (jeudi 8 mai 2014) est ainsi parvenu à parler assez longuement de son film le plus récent, « Salaud on t’aime ». Il m’a donné envie de le voir – mais j’ai depuis longtemps un faible pour cet amoureux fou de cinéma et de caméra…

L'affiche de "Salaud, on t'aime", le dernier film de Claude Lelouch

L’affiche de « Salaud, on t’aime », le dernier film de Claude Lelouch

Lelouch n’a pas toujours été reconnu par le critique à la valeur qu’il estime être la sienne. Il a partiellement raison. Il n’aime pas la critique en général, l’accusant de ne pas savoir transmettre ce qu’elle aime pour lui souvent préférer la démolition. C’est assurément son droit le plus strict.

Les responsables de l’émission ont pensé qu’il fallait accompagner cette attaque de Lelouch d’une preuve. Cela se passait lors d’un très ancien « Spécial-cinéma » de Christian Defaye, avec deux invités, Christian Zeender et Freddy Buache qui n’aimaient en effet pas le film de Lelouch, invité lui aussi sur le plateau.

Buache, qui avait parfois la dent dure, fut et reste un splendide passeur; un « démolisseur? » C’est un homme qui sut et sait encore, en critique, par ses chroniques, ses livres, ses conférences, faire aimer le cinéma. La richesse de la cinémathèque suisse doit beaucoup à son co-fondateur. C’est à celui ou celle qui a choisi un tel extrait qu’il faut en vouloir de faire passer Buache pour un démolisseur dans une émission censée s’occuper de promotion culturelle.

 

 

Sur le « web » : de « Break-ups » à « Brouillon de culture »

 Produire pour le seul web des modules en les tirant vers une bonne tenue qualitative professionnelle est chose possible. Le « Nuovo » de la RTS, né il y a une dizaine d’années, a ensuite trouvé une case sur le petit écran traditionnel. Actuellement, les interventions de la rédaction de « Nuovo » sont fréquentes à la grand’messe du « 19 :30 ».

Service public et publicité

On peut multiplier les supports, en plus de l’écran traditionnel : smartphone, tablettes et ordinateurs. Ces supports ne proposent pas de rendement publicitaire pour la SSR-SRG. Il n’en reste pas moins que pour une télévision généraliste de service public à financement mixte (redevance et publicité), le rassemblement du public le plus grand possible, devant le petit écran traditionnel, entre 18 :00 et 22 :00 reste fondamental pour les recettes publicitaires. On ne va tout de même pas facturer aux annonceurs la minute au même prix à 20h05 qu’après minuit !

Seulement sur le web ?

Financer des expériences destinées au seul web reste une piste à suivre. Près de 180 projets ont été déposés lors d’un concours organisé par la SSR-SRG. Cent mille francs furent mis à disposition des producteurs avec mandat de réaliser une mini-série formée de dix modules de trois minutes chacun, pour traiter  un thème commun. Trois mille francs la minute ? Le budget est correct. C’est ainsi que la RTS a pu financer deux mini-séries, « Break-ups » et « Brouillon de culture », actuellement accessibles sur internet.

Une jeune société romande, « Jump Cut production », a reçu un double mandat pour réaliser une mini-série en français pour la RTS et un autre en allemand pour de SRF, lesquelles séries sont déjà sous-titrées dans l’autre langue. Réalisation pour le web exclusivement ? Certes, la verdeur de certains textes impose de ne pas confronter le grand public du « 19 :30 » et de la « Météo » avec ces modules impertinents et drôles, d’une belle vivacité d’esprit, d’une efficace mise en scène parfois minimaliste. (voir à ce propos les compliments décernés à « Break-ups » dans le blog le 14 février 2014). Mais rien n’empêcherait la RTS  d’introduire les deux mini-séries, sur RTS2 par exemple, ce qui augmenterait la place faite à  l’humour.

Dérision pour aborder la culture

Vient d’apparaître sur le web une nouvelle mini-série intitulée « Brouillon de culture ». Il s’agit, en trois minutes aussi, de parler d’un livre, d’un film, pour le descendre en flammes par dérision. Encore faut-il connaître le japonais Sukamoto ou avoir lu « L’existence du domaine de la lutte » de Michel Houellebecq, pour comprendre le lien entre la sexualité, les diagrammes de Venn et une rétrospective Begmann à la cinémathèque.

L’Andromaque de Racine, analysée par un couple de coiffeurs, est une cougar. Il est probable que le film « Rasta rocket » soit plus connu que « Dans la peau de John Malkovic ». Ceux qui ont vu « Amour » de Michael Hanecke osent se demander pourquoi le résumé de certaines scènes conduit à des hurlements pendant une sorte de jeu vidéo à deux.

Loin d’ « Harakiri » ou de « Charlie-Hebdo »

Bref, la série, pas très bien faite, s’adresse à une petite minorité qui ont lu des livres ou vu des films parfois confidentiels et qui acceptent que la dérision soit une forme d’humour ; mais on est alors bien loin de « Charlie Hebdo » ou d’ »Harakiri » !

Tout le monde peut comprendre une rupture amoureuse et les multiples formes qu’elle prend, en français ou en allemand. « Brouillon de culture » s’adresse à un public ultra élitaire, qui devrait connaître les œuvres proposées en brouillons pour, peut-être, les reconnaître, au moins un peu, sous l’angle de la dérision.

Etrange ! Ce premier choix romand, parmi des dizaines de propositions, est complétement contradictoire, difficile à comprendre. Il serait intéressant de connaître le nombre de visites faites à l’une et à l’autre série. Mais où trouver cette information ?

Incompréhensible !!

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur
http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a des détails qui prennent valeur de symbole d’un état d’esprit dans un domaine préoccupant, celui d’une partie de la programmation de la RTS. Certains exemples me laissent songeurs, en cherchant à comprendre le sens des décisions prises. Le texte qui suit veut donc dire «  Je-ne-comprends-pas !». Il ne faut tout de même pas mettre un « Je » dans un titre. « Incrédible » ferait aussi l’affaire, mais cela sonne trop « angliciste ». Va pour « Incompréhensible !! »

 Le « Cinéma de minuit »à presque une heure du mat !!

 Dans la nuit du vendredi au samedi, en semaines ordinaires, la RTS propose un film dit d’horreur, parfois de fantastique de suggestion ou de poésie, annoncé par un savoureux générique qui fait danser des squelettes. Que les spécialistes du genre, un public qui doit ressembler à celui de l’annuel festival du NIFFF à Neuchâtel, soient servis tardivement, souvent avec des films déjà sortis en salle, n’a rien de choquant. C’est le propre d’une sorte de « niche » pour minoritaires. Selon le tableau de l’audience moyenne de 2011, sur les deux chaînes romandes, après minuit  34 mille heures sont passées à regarder l’écran  contre 1’140 mille, 24 heures sur 24, – 3 % à peine, entre 00h00 et 06h00 !!!

Sennentuntschi" de Michael Steiner - Roxane Mesquida qui incarne la pouoée de paille qui se venge (photo RTS)

Sennentuntschi » de Michael Steiner (Suisse) – Roxane Mesquida qui incarne la poupée de paille qui se venge (photo RTS)

00h30/0h20 / 00h45 /00h35 / 00h45 / 00h30 /00h25 / 00h25 /00h25 : telles sont les heures annoncées mais souvent retardées pour le début du « Film de minuit ». Une exception sur les dix semaines observées : 23h15 le 21 mars 2014 pour le « Sennentuntschi » de Michael Steiner. A noter en passant que sur les dix proposés, sept sont américains, un anglais, un japonais et un suisse. Là, l’esprit d’ouverture du NIFFF est largement oublié. La diversité de la politique des achats est en cause ; une fois de plus !

Au fond, la direction de la RTS devrait ou pourrait interdire aux responsables des programmes de présenter après minuit les fictions ou documents qu’elle co-produit, le cinéma d’auteurs reconnus en fiction et documentation ainsi que n’importe quelle série récurrente de haut de gamme ! Utopie ?

Les américains

La première saison de cette fort bonne série américaine de treize épisodes s’est terminée dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 avril 2014. Elle raconte l’histoire d’un couple d’espions soviétiques des années 80, Philipp et Elisabeth Jennings, parfaitement intégré dans la société américaine. On y suit un autre couple, les Beeman, Sandra plutôt effacée et Stan, agent de la CIA en conflit professionnel avec le KGB mais pas avec ses voisins immédiats, les Jennings. L’astuce du scénario est un peu « grosse », mais efficace. !Le propos n’est pas ici de décrire les qualités, qui sont nombreuses, de cette série.

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

Comme il s’agit d’une série récurrente, RTS 1 l’a inscrite à son programme aux environs de 23h00, alors que se termine le « Box office » majoritairement américain du lundi soir. Ces séries, faites en principe pour être consommées, aux USA, une par une, semaine après semaine, sont presque partout en Europe offertes en duo, comme s’il fallait encore et toujours que la fiction s’inscrive dans la durée du long-métrage avec un entracte pour accueillir la publicité !

Seulement, voilà la hic : treize n’est pas un nombre pair. Les responsables de la programmation à la RTS ont choisi d’expédier d’un seul coup les trois derniers épisodes. La première saison des « Américains » a pris fin à 01h20 !!! Peut-on encore mesurer de manière fiable à partir d’un petit sous-échantillon une part de marché alors qu’il n’y a presque plus personne devant le petit écran ? On pouvait certes « voir et revoir » la série sept jours durant sur internet !

Les jeunes, qui aiment des séries comme « Les Américains », les 15/30 ans, ont bien d’autres moyens de suivre leurs séries préférées, en séances de rattrapage individuel. Cette frange du public risque bien d’échapper à la RTS ! Voilà comment elle traite les fidèles qui continuent de regarder la télévision sur le petit écran : fin à 01h20!  Il faut être insomniaque et/ou retraité ! Foutaise, cette programmation !!!!! Disons plus gentiment : on se moque un peu du mond

 

 

Forme et fond en harmonie

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur

http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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Des »Coulisses de l’événement » à « Sacrifice » en passant par « Apocalypse »

Les reportages télévisés s’efforcent de faire le point sur des problèmes plus ou moins importants. Ils sont largement plus nombreux que les documents d’investigation qui s’inscrivent dans des formes rigoureuses et créatives pour comprendre des événements.

TABLE DES MATIERES

  1. Les coulisses de l’événement
  2. « Apocalypse » la 1ère guerre mondiale
  3. « Apocalypse » et « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Erreur ci-dessus ! Nettement mieux que « Rien » : Dimanche 6 avril, sur RTS 2, à 20h45 : « 14-18 : refuser la guerre ».  (fyly  04.04.14 à 13h00 )

Les coulisses de l’événement

Très content de pouvoir saluer d’abord une nouvelle émission qui associe les trois entreprises de la SSR à tour de rôle : « Les coulisses de l’événement ». Les deux premiers numéros sont dus à la RTS, l’intéressant « Disparues » consacré aux jumelles de St-Sulpice (30.01.14) précédant l’excellent « Œil pour œil : la vengeance des Khadafi »(26.02.14). Le troisième réalisé par la DRS  Zurich a pour sujet « La fin du secret bancaire ». Son adaptation française est en cours et sa présence à l’antenne prévue pour le 4 juin 2014.

 

Une image prises par une caméra de surveillance dans le couloir d'un hôtel, lors de l'arrestation d¨Hannibal Khadafi ,reprise dans dans "Les coulisses de l'événement" ( Photo RTS)

Une image prise par une caméra de surveillance dans le couloir d’un hôtel, lors de l’arrestation d¨Hannibal Khadafi, reprise  dans « Les coulisses de l’événement »
( Photo RTS)

Un jury national vient de sélectionner le document en vue de sa participation au « Prix Italia » en septembre 2014 dans la catégorie « Documents d’actualité ». Une première sortie hors des frontières du pays !

Apocalypse : la 1ère guerre mondiale

 Daniel Costelle, historien, et Isabelle Clarke, réalisatrice, en cinq épisodes d’environ une heure, Furie, Peur, Enfer, Rage, Délivrance ( France 2- 18 et 25 mars, puis 1 avril 2014) à partir de centaines d’heures de documents ont apporté aussi une vision du l’internationalisation du conflit qui ne s’et pas déroulé uniquement sur sol français et seulement entre européens.

Des entretiens conduits avec des spécialistes par Marie Drucker ainsi que de courts documents sur des questions précises ont permis d’apporter de remarquables compléments à la série (« La mémoire vive »- 01.04).

C’est par le montage qui ressemble beaucoup à celui d’une fiction  imposante que la forme joue un rôle important dans cette série.  En fin de soirée, deux épisodes qui datent de 2011, consacrés à « Apocalypse :  Hitler » ont mieux fait comprendre une déclaration  faite par un américain , disant que le traité de Versailles de 1919 était le « vrai moment » de la naissance d’Hitler !

« Sacrifice « 

Le 16 janvier 1969, un jeune étudiant tchèque, Jan Palach, se donnait la mort par le feu sur la place Wenceslas à Prague, pour protester contre la présence soviétique qui mit fin au « Printemps de Prague » de 1968. Comment les autorités tchèques sont intervenues pour minimiser le geste de Palach afin de satisfaire l’occupant, c’est ce que décrit, en trois épisodes de 80 minutes, la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland ( Arte, 27 et 28 mars 2014).

Sacrifice - Agniezka Holland - arte/HBOeurope Dagmar et ses filles

Sacrifice – Agniezka Holland – arte/HBO europe
L’avocate Dagmar Buresowa  et ses filles

La fiction ici sert de support créatif à l’investigation historique. Une très grande mini-série sur laquelle nous reviendrons.

« Apocalypse » et  « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Faut-il compter les morts de son pays par centaines ou milliers pour se souvenir de la guerre de 14-18 ? L’équipe des « Docs » de la RTS qui sait si bien proposer en avant-première sur notre antenne des documents étrangers que parfois elle co-produit n’a-t-elle pas su prendre, cette fois, le train? ( « 14-18, refuser la guerre » l’équipe des « docs » intervient sur RTS2, le dimanche 6 avril, à 20h45 – c’est nettement mieux que « Rien » – Je suis un fidèle lecteur de « La LIBERTE » de chaque vendredi pour sa remarquable page « Histoire vivante » – 04.04.14 – fyly – 13h00).

 5 millions de et demi de téléspectateurs en France ( 20 % de parts de marché), c’est, pour France 2, une très fort audience. Et la preuve d’une sensibilité qui reste grande à un passé douloureux même pour les  générations qui suivent.

Les responsables des achats de la fiction ont une assez mauvaise habitude, celle de trop ignorer ce qu’ARTE apporte dans le domaine des séries récurrentes de haut de gamme. On ne peut que répéter notre regret de ce manque d’attention pour certaines grandes séries comme « Top of the lake », « Reals humans » ou « Hatufim » auxquelles il faut maintenant ajouter « Sacrifice ». Et quand les priorités existent, il faut patienter jusqu’aux environs de 23h00 pour voir « Borgen » par exemple.

Les coulisses de l'Evénement : Khadafi 56 14 742

Sur le site de la rts, on peut revoir n’importe quand et pas seulement pendant sept jours des émissions « maison », comme « Les coulisses de l’Evénement : la vengeance de Khadafi »
Ici, une équipe de la RTS tourne à l’hôpital de Tripoli (Tripoli Medical Center) des scènes qui complètent les images d’actualités insérées dans le document (Photo RTS / Anne-Frédérique Widmann)

Détail bizarre : tant France 2 qu’ARTE offrent sept jours durant la possibilité de revoir certaines émissions, comme le fait du reste la RTS. « Apocalypse » et « Sacrifice » ne peuvent pas être vus dans certains pays, comme le nôtre ! Il serait intéressant, en particulier, de savoir pourquoi la collaboration parfois mise en avant entre ARTE et la SSR-SRG ne fonctionne pas pour « Sacrifice », surtout si les parts de marché atteintes par ARTE en Suisse Romande sont si faibles?

« Apocalypse » : la première guerre mondiale

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur

http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a quelque chose d’un peu étrange dans le fait de revenir sur des événements tragiques lors d’un « anniversaire », notion plutôt associée à des moments qui devraient être heureux. Mais cela appartient aussi à un devoir de mémoire. En une vaste fresque composée de cinq épisodes, France télévision, associée entre autres à la RTBF et RADIO Canada, revient sur la guerre de 14-18 ( les mardis 18 et 25 mars 2014, ainsi que le 1 avril). Les génériques de fin défilent souvent rapidement : j’ai crû lire la présence de la RTS dans la liste des partenaires qui ont à tout le moins procédé à un pré-achat.  France 2 propose pourtant cette série avant la Suisse romande, mais après la Belgique.

Apocalypse :l'affiche de la série Costelle-Clarke Iimages trouvées sur le site de France

Apocalypse :l’affiche de la série Costelle-Clarke. (Images trouvées sur le site de France 2)

L’indication des sources

De grands moyens ont été déployés pour cette fresque, des centaines d’heures de documents ont été visionnées. Ceux obtenus auprès de l’ECPAD (Etablissement de Communication de la Production Audiovisuelle de la Défense) représentent une soixantaine de minutes, un peu moins du quart de l’ensemble. C’est dire si les sources sont nombreuses. Dans l’introduction à la série, il est fait mention d’actualités authentiques ou même de reconstitutions. Voilà un premier problème intéressant si l’on se place dans une perspective historique : l’indication de sources. Dans un fort bon document qui se rapproche d’une démarche créatrice, la RTS a pris soin de distinguer ce qui était documents d’actualités des reconstitutions (« Les coulisses de l’événement : la vengeance de Khadafi – 26 février 2014), démarche de simple honnêteté intellectuelle.

Colorisation

C’est évidemment au montage que l’on atteint le but visé : « Apocalypse » est l’équivalent « blockbusters » du cinéma américain. Mais une saison télévisée comme « Games of thrones » appartient aussi à ce genre. Différence : le grand spectacle se met ici à disposition d’une approche historique. Mais grand spectacle il y a. Les actualités anciennes étaient en noir-blanc, prises de vues faites avec des équipements lourds qui ne permettaient pas en général de s’immerger dans les combats. Il y a remise au goût du jour par une suite d’artifices techniques de deux ordres, visuel par la colorisation et sonore.

"Apocalypse, 14-18" : image légérement coloriée...

« Apocalypse, 14-18 » : image légèrement colorisée…

Les techniques modernes permettent de donner des couleurs aux images, autrement dit de les inscrire dans l’attente du public du petit écran qui aurait tendance, paraît-il, à s’enfuir devant le noir/blanc. Certains commentateurs affirment que cette colorisation a pour but de retenir le jeune public. Affirmation contestable ? Cette adjonction de la couleur est d’ailleurs bien faite, en évitant les excès criards, comme si une certaine patine du temps existait. Mais le procédé même de colorisation, qui n’en était pas ici à sa première, a été parfois, et même vivement, contesté.

La bande sonore

Le son direct, bien sûr, n’existait pas durant la première guerre mondiale de 14-18, donc pas de son authentique associé l’image. Peut-être parfois de sons qui n’ont rien à voir avec l’image, par exemple l’enregistrement de certains discours. Toute la bande sonore est ainsi recomposée, par des bruits additionnels d’une part, par la musique de l’autre. Il semble même, à en croire un confrére, que certaines parties musicales de « Le première guerre mondiale » sont reprises ou à tout le moins ressemblent à celles de la série signée par la même équipe et consacrée à la seconde guerre mondiale. Sur la bande sonore, il ne reste plus que le commentaire écrit par les auteurs, le duo Daniel Costelle, historien et écrivain et Isabelle Clarke, réalisatrice. Mais il s’est trouvé quelque feuille « people » pour mettre en avant Matthieu Kassovitz, acteur qui n’apporte que son excellente diction pour associer aux images et aux sons un fort bon commentaire.

" 14-18" : la guerre, photo noir/blanc !

 » 14-18″ : la guerre, photo noir/blanc !

Donc « Apocalypse », série de documentation, obéit aux règles de la fiction audiovisuelle par les artifices des reconstitutions techniques. Est-ce à rejeter pour autant ? Pas du tout, mais mieux vaut ne pas être dupe de la démarche de spectacularisation faite bien entendu pour retenir l’attention du public le plus large possible. A la télévision, la recette, c’est le nombre qui repose sur les mesures de parts de marché en milliers de spectateurs ou d’heures de visionnement.

MDSL

Reste que l’ensemble est tout de même un apport à la transmission des événements de l’Histoire pour informer les jeunes générations pour lesquelles la guerre mondiale d’il y a un siècle ne signifie rien et donner des informations à ceux pour qui certains événements sont inscrits en mémoire. L’ampleur du massacre, les souffrances qui n’étaient pas effacées quand la guerre reprit en 1939 sont utilement rappelées. Le premier épisode renvoie à la responsabilité des souverains de différents pays avant la déclaration de guerre. Ensuite, ce fut à leurs « sujets » d’en payer le prix, ces souverains alors remplacés par des chefs de guerre dont certains furent, eux, des MDSL ( mort-dans-son-lit) ! La souffrance n’était pas souvent installée dans les cours, les états-majors et chez les marchands de canon.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,  "héros" de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d'Histoire. MDSL en 1951.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,
« héros » de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d’Histoire. MDSL en 1951.

Le fait que ce soit une co-production entre la France, la Belgique et le Canada implique naturellement le rappel de ce qui s’est passé durant cette guerre en Belgique (surtout durant les premiers mois) et de prendre en considération le rôle des troupes venues du Canada. A souligner aussi la juste présence des combattants d’Afrique noire qui ont été mis au service de la France coloniale. En résumé : une intéressante série historique sous une forme très spectaculaire ; peut-être même un peu trop.

La RTS salue le cinéma suisse

Pour commencer, saluons la SSR-SRG qui vient de décerner ses prix en espèces dites sonnantes et trébuchantes à l’occasion de la remise des prix du cinéma suisse 2014 qui se déroule à Zürich le vendredi 21 mars. Une condition : ces montants doivent être réinvestis dans une prochaine co-production avec la télévision ! Voir sur la page d’accueil de notre site : Succès artistique SRG SSR 2014

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Mais avant, parlons tennis tardif !

Quelle chance ils sont, les amateurs de sports télévisés ! D’abord, ils disposent d’une chaîne qui répond à leurs souhaits en direct, n’importe quel jour et à n’importe quelle heure – il s’agit bien sûr de RTS2.  Voici que toute affaire cessante, le tennis est à nouveau prioritaire. Ainsi donc dimanche 16.03.2014 au soir, peu après 22heures, nous eûmes droit à une plutôt fort belle rencontre entre Djokovic et Federer, pleine de, suspens passant d’un six-trois à trois-six puis six-six conduisant à un tie-break. Gagné par le serbe : il était plus de minuit !

Depuis Genève, le commentateur qui n’en disait guère plus que ce que peut se dire le téléspectateur qui fréquente régulièrement le tennis a pris la peine de présenter des excuses à son public à cause de l’heure tardive de la retransmission. En les réitérant au début du final vers minuit!  Plein de prévenances !

Une demi-finale d'un concours de miss chinoises organisé en Suisse romande, qui relève d'une réalité devenue fiction dans "Win-WIn" de Caudio Tonetti (Photo Frenetic)

Une demi-finale d’un concours de miss chinoises organisé en Suisse romande, qui relève d’une réalité devenue fiction dans « Win-WIn » de Caudio Tonetti (Photo Frenetic)

La création audiovisuelle livrée à elle-même

Dans un autre domaine, personne ne vient regretter que les séries récurrentes les plus exigeantes, les films d’auteur, en particulier s’ils sont suisses, qui tiennent de la documentation et plus souvent de fiction soient souvent tardivement au rendez-vous. La création audiovisuelle n’a personne parmi les responsables de la programmation pour évoquer les heures de diffusion tardives et cocoller le public comme les « sportifs » savent le faire!

Et tant pis si je me répète. Surtout qu’il s’agit de virer sur l’aile, du moins durant la semaine en cours. Les anonymes responsables de la programmation viennent de proposer en premier rideau un exquis mais anodin film de divertissement local, « Win Win » de Claudio Tonetti (Lundi 17 à 20h45 dans « Box-office).

Une soirée thématique

Max Hubacher dans "L'enfance volée" de Markus Imboden.

Max Hubacher dans « L’enfance volée » de Markus Imboden.

La soirée du mercredi reste régulièrement, peut-être la plus excitante, la plus inventive de notre chaîne. Ce 19 mars propose une soirée thématique intitulée  « Enfants placés, la Suisse doit-elle payer ? ». Dès 20h10,voici « L’enfance volée », un film suisse, solide, rude, troublant, éprouvant de Marcus Imboden, qui sert d’excellent tremplin à un débat d’ »Infrarouge » qui ne devrait pas conduire à des pugilats verbaux.

 Les prix du cinéma suisse

Markus Imhoof (Photo Frenetic)

Markus Imhoof (Photo Frenetic)

Et vendredi 21, dès 21h20, encore un film suisse bien exposé, le magnifique « More than Honey » du vétéran Markus imhoof, qui met en garde contre le risque de la disparition des abeilles, dans le cadre cette fois de la « Nuit du cinéma suisse ». La remise des Prix 2014, qui se déroule à Zürich, sera expédiée en moins de trente minutes (entre 22h50 et 23h15).  Viendra encore un film suisse, une comédie, « Bob et les Sex Pistaches » d’Yves Matthey que je vais découvrir ( 22h50) avant la présentation d’un film étrange et maladroit à minuscule budget, « Mangrove » de Frédéric Choffat ( 00h35), d’accès difficile.

More than honey de Markus Imhoof : non seulement le succès en Suisse, mais aussi à l'étranger (Photo Frenetic)

More than honey de Markus Imhoof : non seulement un grand succès  en Suisse, mais aussi à l’étranger (Photo Frenetic)

Une semaine ouverte sur la création audiovisuelle suisse, parfois à d’excellentes heures accessibles au grand public, voilà une rareté à saluer qui rend ainsi hommage à ceux qui, à la SSR et/ou la RTS, prennent des risques en soutenant le cinéma suisse.

A lire sur RTSR.ch, le communiqué de presse de La Nuit du Cinéma Suisse.

Retour vers les séries

Vont suivre prochainement des considérations sur « Homeland », « Scandal », »Games of Thrones », éventuellement « House of cards ».

TABLE DES MATIERES

  1. The Americans  (09.03.14)
  2. Unforgettable (11.03.14

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Unforgettable

(Encore  cinq vendredis vers 21h30 dès le 14 mars 2014)

 La deuxième saison d’ « Unforgettable », avec son duo bien exposé par la RTS peu après 21h00,  touche à sa fin. Mais pour une fois un seul épisode nouveau chaque semaine, car la deuxième est une reprise de la première saison. Il n’est pas inutile de savoir dans quel contexte est apparue cette série, la troisième saison annoncée pour 2014, avec aussi treize épisodes d’une quarantaine de minutes. C’est le produit d’un imposant conglomérat à l’américaine, CBS, qui compte à son actif, dans le domaine des séries, « Les feux de l’amour », « Les experts », « NCIS », « Enquêtes spéciales », Charmed . Il s’agit là d’un genre prisé un peu partout, destiné à rassembler un public le plus large possible », qui ne s’inscrit   donc pas dans le haut de gamme des séries récurrentes.

Poppy Montgomery (Carrie Wells),  Dylan Walsh (Detective Al Burns) dans "Unforgettable" (RTS/CBS)

Poppy Montgomery (Carrie Wells), Dylan Walsh (Detective Al Burns)
dans « Unforgettable » (RTS/CBS)

Sur « Wikipédia », on y trouve les dates de sorties dans un certain nombre de pays, y compris la RTS pour la zone francophone, et le nombre de spectateurs attirés par ce produit de grande consommation, mais sans la Suisse romande. Marché trop petit pour être pris en considération ou informations sur les audiences assez parcimonieusement répandues par la RTS?

L’hypermnésie

On retrouve d’une semaine à l’autre la même équipe d’enquêteurs, une demi-douzaine, et quelques proches. Entre eux se tissent ou se dénouent des liens indépendants du sujet de l’enquête. Ainsi Peggy Walls (Poppy Montgomery) retrouve-t-elle son amant d’avant le début de la série, le Lieutenant Burnes (Dylan Walsh, un des chirurgiens de la délirante « Nip/Tuck »). Ils vont donc revenir de temps en temps sur leur passé commun et les raisons de leur rupture. Peggy a un don d’hypermnésie, qui lui permet de revoir avec une grande précision des événements d’un passé récent et même lointain, comme par hasard, bien sûr, associé à l’enquête en cours. Elle aimerait aussi bien découvrir qui a tué sa petite sœur il y a fort longtemps!

Les mêmes !

Les mêmes !

Enquête bouclée en trente-cinq minutes

 Trente-cinq minutes sont alors à disposition pour mener l’enquête et trouver le coupable. Difficile de laisser s’y glisser de subtilités. ! Mais c’est assez « malin ».  « Unforgettable » est bien ficelé, monté avec suspens, sans temps morts. C’est du bon savoir-faire américain, mais au service, une fois de plus, d’une enquête policière, crimes bien sordides y compris.  On peut voir un numéro au hasard : inutile de suivre la série d’un bout à l’autre. On comprend vite les liens entre personnages et le rôle rarissime de l’hypermnésie. On peut aller voir ailleurs…même pour se distraire ! Il y a beaucoup de séries quasiment unitaires de ce niveau. On y fréquente des personnages, pratiquement aucun problème de société ! Lassant, malgré la bienfacture. On se croirait sur TF1 !

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Les américains

( RTS1, lundis dès le 10 mars 2014,  vers 22h30, six semaines durant)

 Enfin une nouveauté que cette première saison d’une série américaine en treize épisodes, « Les américains »,  à la fin de « Box office », le premier d’un peu plus d’une heure, « Le projet », le deuxième d’une quarantaine de minutes, « La cloche », avec couvre-feu après minuit.

L'affiche de la série (Photo RTS/Fox)

L’affiche de la série (Photo RTS/Fox)

Quelques premières raisons de s’y intéresser sur le foi du premier épisode.

L’époque, le début des années 1980, sous le président Reagan, est celle de la guerre froide, de la grande méfiance entre ce que l’on nommait l’ »Est » et l’ »Ouest »: un sujet déjà un peu « historique » même si l’Histoire parfois se répète.

Philipp et Elizabeth Jennings, américains moyens d’origine canadienne, vivent assez paisiblement à Washington. Aucun suspens, le spectateur saura très rapidement qu’ils sont des agents dormants du KGB soviétique, des espions prêts à intervenir sur ordre supérieur. Il n’en va pas totalement de même pour un de leurs voisins dont eux-mêmes ne savent d’abord pas qui il est: suspens!

La famille Jennings:_Elizabeth (Keri Russell), Henry (Keidrich Sellati), Phillip (Matthew Rhys) and Paige (Holly Taylor) ( Photo RTS/Fox)

La famille Jennings:_Elizabeth (Keri Russell), Henry (Keidrich Sellati), Phillip (Matthew Rhys) and Paige (Holly Taylor) ( Photo RTS/Fox)

L’intérêt dès lors va se porter sur les missions qui vont être les leurs lors des épisodes suivants. Difficile à première vue de savoir quel sera le regard porté par les auteurs sur le couple Jennings en 2013 :  dans l’esprit de la guerre froide ou approche plus nuancée d’une période d’excessive méfiance de ce qui aux yeux de certains américains représentait l’ennemi le plus dangereux, l’URSS?

Mission lors du premier épisode, enlever un transfuge de haut rang pour le renvoyer en URSS. Un doute : Elizabeth connaissait leur cible et possède une bonne raison d’agir par vengeance, ce qui serait plutôt une mauvaise motivation pour « servir » le KGB en immersion à Washington. Ce premier épisode est plutôt brutal. En tous cas le rythme est bon. La série est prometteuse ; probablement !

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JO de Sotchi : déjà des « rétros » !

 

Je suis triste : Alain Resnais était un des dix plus grands cinéastes au monde et « Hiroshima mon amour » reste son chef-d’oeuvre. 

une très belle affiche

une très belle affiche

Je me réjouis d’une excellente décision des responsables du programme de la RTS : ce mardi 4 mars, sur RTS 2, à 20h35, « On connait la chanson » et à 23h30, « Les herbes folles ». (fyly – 04.03.14-10h30)

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De l'Or partagé :Dominique Gisin et Tina Maze

De l’Or partagé :Dominique Gisin et Tina Maze

Une autre,  en douze questions :

Sportivement ? Très réussis dans l’ensemble, ces jeux d’hiver sur glace et sur neige artificielle humide, mais dopée au sel et au ciment. Les Russes sont contents d’être les meilleurs, ce qui signifie « les-plus-médaillés » ; ils laissent passer la caravane qui parle du gaz xénon qui n’est du reste pas (encore ?) interdit.

Helvétiquement ? Les Suisses sont contents de leurs douze médailles et des milliers de visiteurs venus à la maison suisse.

Spectaculairement ? Beau spectacle d’ouverture ; passons sur le défilé des délégations, les discours et même l’allumage de la flamme. Très beau spectacle de clôture en passant sur les mêmes choses, extinction à la place d’allumage. On le doit à un créateur suisse, Daniele Finzi Pasca, à sa principale collaboratrice et épouse, Julie Hamelin et à leur Compagnie, au travail depuis au moins trois ans.

Daniele Finzi Pasca, réalisateur du spectacle de la cérémonie des clôture des JO de Sochi 2014

Daniele Finzi Pasca, réalisateur du splendide spectacle de la cérémonie des clôture des JO de Sochi 2014

 Télévisuellement ? Dans l’ensemble, très bonnes images sachant souvent pénétrer au cœur même de l’effort et de la réussite sportive. Excellentes prestations de la SSR-SRG et de ses trois entreprises auxquelles fut confié par le CIO le ski alpin. Intéressants, les commentateurs de la RTS, même si certains plaidèrent pour le silence radio-télévision sur les coûts et autres problèmes gênants. A ce propos les russes n’ont pas vu le couac de l’anneau qui ne s’ouvre pas grâce au bienvenu décalage de quinze secondes du direct différé !

« Auditivement » ? Les bruits émis provenant de la nature des épreuves audibles. Mais une certaine retenue dans la transmission des sons portés par le public, loin, bien loin de l’enthousiasme du public à Londres pour les JO d’été, saluant aussi les athlètes non-britanniques. Reflet d’une présence retenue du public qui n’occupait pas toute les places disponibles ou volonté de masquer le manque d’ambiance dans les stades ? Pas de réponse !

Julie hamelin, originaire du Québec, épouse et collaboratrice du réalisateur du spectacle de clôture des JO D'HIVER 2014

Julie hamelin, originaire du Québec, épouse et collaboratrice du réalisateur du poétique spectacle de clôture des JO D’HIVER 2014

Poutivement ? Le chef de la à nouveau grande Russie a réussi son coup. Il est content de lui, même s’il n’a pas aimé l’élimination de hockeyeurs de sa nation. La réussite sportive fut aussi celle de Poutine et  de sa folie des grandeurs. De cette folie, on risque bien  d’en parler pendant longtemps. Il y a maintenant l’Ukraine!

Financièrement ? Cela se compte en milliards de dollars, record du monde sportif battu. On en a beaucoup parlé avant, presque pas  pendant. On y reviendra souvent. La formule 1, en automne, tournera à Sochi. Pas étonnant d’y retrouver un sport où l’argent coule comme chute du Rhin.

Audiomatiquement ? Les responsables de la RTS sont très, très contents, la part de marché sur TSR 2 atteignant parfois 90 %, toutes offres comprises. Ils ne sont pas les seuls à se réjouir de ces audiences. En France aussi, ils sont contents. Ils ont raison de l’être. Le sport-roi, une fois de plus, est gagnant.

Sécuritairement ? Ils étaient cent mille à assurer une sécurité qui fut en effet discrète ? Ou pas montrée par les télévisions ? Cent mille ??? Imaginons le coût suisse de ces agents professionnels de la sécurité, à disons cinq cents francs par jour tout compris. Cent mille à cinq cents francs par jour ouvrable tout compris pendant vingt jours : la sécurité aurait coûté un milliard chez nous !!

Un brin ironique, cette installation devant un mur

Un brin ironique, cette installation devant un mur en souhait de bienvenue !

Ironiquement ? Dans Le Monde, Bruno Lesprit envoyait ses « Bons baisers de Sotchi ». Il avait pensé réserver l’un d’eux au moins à l’inattendue vice-championne du monde lors de son quart de finale. Il s’estime donc à raison « trahi par le hockey suisse »,  forcé de raconter ce qu’il aurait raconté. Sauf que par bonheur, sa chute lui permet de retomber sur ses pieds, même si le bronze n’était alors pas encore acquis par l’équipe féminine.

Politiquement ? Ceux qui voulaient ne parler que de sport pendant les jeux se sont souvent exprimés à leur propos. Le chef des sports de la RTS, Masimo Lorenzi, a tout de même fait allusion aux problèmes annexes. Il a été pris à parti par un lecteur d’un magazine tv. Dans sa réponse, il a revendiqué plus que le droit, le devoir d’information sur le contexte.

Les anneaux olympiques géants : plus du tout pour une skieuse ukrainienne !

Les anneaux olympiques géants : plus du tout pour une skieuse ukrainienne !

Et l’Ukraine ? Une skieuse ukrainienne et son entraîneur auraient voulu porter un brassard noir après la mort sous le feu des tireurs du président déchu Ianouchenko. Le CIO leur a interdit ce geste de solidarité ! La skieuse et son père sont rentrés dans leur pays. On n’en a guère parlé. Mais les jeux finis, on retrouve place pour l’Ukraine, oubliée aussi, en Suisse, par les conséquences de la votation du 9 février. Sous le titre « LE SILENCE DES ANNEAUX »,, l’excellente revue française multi-culturelle à fort tirage, Télérama, pousse, à partir de cet interdit, un indispensable coup de gueule dans son édition du 26 février en page15. Réaction peu fréquente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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