Presse et télévision après le vote du 09.02.2014
Je suis triste : Alain Resnais était un des dix plus grands cinéastes au monde et « Hiroshima mon amour » reste son chef-d’oeuvre.
Je me réjouis d’une excellente décision des responsables du programme de la RTS : ce mardi 4 mars, sur RTS 2, à 20h35, « On connait la chanson » et à 23h30, « Les herbes folles ». (fyly – 04.03.14-10h30)
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Dans un premier temps, au soir du mardi 11 février 2014, j’ai eu la tentation de mettre en ligne un nouveau « coup de gueule » contre « Infrarouge ». Y renoncer fut acte de sagesse ! Voici, aussi sous forme de questions en plusieurs chapitres indépendants les uns des autres, quelques réflexions après « LA » votation du 09.02.14.
TABLE DES MATIERES
- 50.3 à 49,7
- « Infrarouge » en TGV
- « Infrarouge » : confrontation d’idées ou pugilats entre invités ? (20.02.14)
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50.3 à 49,7
Commençons par imaginer que ce qui est en fait un match nul se soit terminé par 49,7 % de oui et 50,3 % de non : soulagement pas forcément tonitruant chez les gagnants et annonce des perdants que leur presque victoire les rendrait attentifs au point d’influencer l’avenir.
En fait, les gagnants tentent de minimiser les conséquences du vote. Sauf leur inspirateur, Citizen Blocher qui se venge de son ancien échec et confirme que les romands hier qualifiés dans un journal dont il est propriétaire de « grecs de la Suisse » sont de mauvais patriotes ! Lors de l’Expo 64, Gulliver se demandait si on pouvait être un bon suisse et se lever à 09h00 le matin : la réponse pencha pour le oui ! Peut-on en 2014 être bon suisse et avoir voté non ?

Christophe Blocher, multimillionnaire, est aussi un solitaire, ici dans sa voiture; enfin presque, on ne voit pas son omniprésente épouse à sa gauche ( Photo Frenetic/Bande à part)
Une question qui restera sans réponse. Certes, le match nul ne l’est pas selon la règle démocratique, où un oui de plus qu’un non suffit ! Mais la démocratie reste bien silencieuse quand il s’agit de savoir qui prend le risque financier d’une campagne et pour quel montant. Les millions injectés dans la campagne pour le OUI sont-ils plus nombreux que ceux pour le NON ? Et si par miracle on connaissait la réponse, combien un million apporte-t-il de OUI ?
Futile question, mais qui permet la liaison. Dans un premier temps, avant de formuler de multiples hypothèses pour l’avenir, car il faudra bien « discuter » avec l’Europe, il serait intéressant de comprendre le mieux possible le pourquoi de ce match presque nul.
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2- « Infrarouge en TGV »
Toute affaire cessante, la direction des programmes de la RTS chasse le mardi 11 février 2014 « A bon entendeur » de sa case habituelle pour faire place à un « Infrarouge » quasiment improvisé. En un peu plus de temps que d’habitude ( 70 minutes environ), Esther Mamarbachi reçoit sur le plateau neuf invités, sept hommes et deux femmes, dont deux de dernière minute dont la présence ne fut pas annoncée, Mme Sarina Carusi et M. Damien Guinchard. David Berger, le nouveau co-producteur de l’émission est aussi présent pour transmettre des questions du public qui réagit sur les réseaux dits sociaux.
Cinq incursions sont faites hors du studio, à Paris, Bruxelles, Zürich, Berlin ( ?) et dans la vallée de la Broye. Voilà qui, lancé à bon escient, permet de couper la parole à quelqu’un ou changer de sujet si le débat s’enlise.
L’animatrice a tout de même le temps de sommer Mme isabelle Moret de « répondre » à une remarque faite dans la presse par l’ancien premier ministre français François Fillon. Et quand le vice-président du Front National de la droite plutôt extrême de France, M. Philippot, veut intervenir à nouveau, elle lui donne la parole. Il en profite pour faire la promotion de son parti ! Représentant de l’UDC, le conseiller national Nidegger, dispose d’un confortable temps de parole… pour minimiser les conséquences du vote ! Rappelons que Madame Le Pen semble bien avoir été la première à féliciter le peuple suisse. « Infrarouge » s’inscrit dans cette ligne en donnant la parole à une extrémiste anglaise de droite transformée en parlementaire conservatrice, Mme Marta Andreasen.
Oui, mais s’en prendre à l’animatrice des débats ne suffit pas. Il faut s’interroger sur le principe même d’ « Infrarouge » plongé au plus vif de l’actualité.
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3/ « Infraouge » : confrontation d’idées ou pugilats entre invités ?
« Infrarouge » pourrait (devrait ?) être une occasion de confronter des idées différentes sur un même sujet. Le récent montage de grands moments proposé pour le dixième anniversaire de l’émission a mis en évidence certains pugilats entre invités qui se coupent la parole sans s’écouter, domaine dans lequel Oskar Freysinger était particulièrement efficace. Ose-t-on préférer la confrontation au pugilat ? Osons !
Quand un invité expose ses idées sur un problème, tout se passe en général assez bien. Mais dès qu’il y a réponse à une intervention de l’autre « camp », le risque de dérapage s’installe. On tombe alors dans le spectacle de la polémique entre personnalités qui tentent de briller au détriment de l’ « adversaire ». Malheureusement, ce sont ces moments « émotionnels » qui restent en mémoire, même s’ils occupent peu de temps d’antenne!

La première carte apparue à la RTS le dimanche 9 février met en évidence en rouge la forte présence de la « minorité » romande. La situation est tout de même plus nuancée que la séparation par « barrière de roestis »!. Voir une autre carte plus bas.
Lors de l’émission de 11 février 2014, les deux invités de dernière minute ont posé d’intéressants problèmes. Mme Carusi, du MCG, affirme péremptoirement que les discriminations salariales sont fréquentes. M.Guinchard, détenteur d’un CFC, a été licencié et se trouve au chômage. Celui qui l’a remplacé dans son entreprise vient de Paris. De cet « Infrarouge », je retiens encore deux témoignages issus d’un court reportage tourné dans la Broye : pourquoi avoir voté OUI tout en croyant que le NON allait passer ? pourquoi refuser de montrer son visage quand on a voté OUI, le commentaire mentionnant d’autres refus de s’exprimer.
Dix jours plus tard, il ne me reste pas grand chose de septante minutes de confrontations. Pourquoi ?
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Break-ups
11h00 : près de deux heures déjà passées ce vendredi 14 février 2014 sur le site
pour voir une première fois l’acte d’audace accompli par la SSR-SRG, confié par la RTS à une jeune société, JUMP CUT, pour produire non pour l’antenne mais sur le web une double série de dix modules de trois minutes sur un thème évidemment d’actualité en cette Saint-Valentin des amoureux, celui de la rupture.
Dix modules sont réalisés en français et sous-titres en allemand, dix autres parlés en suisse-allemand et immédiatement sous-titrés en français, les premiers à Genève, les autres à Zürich.
Voici donc vingt formes de ruptures entre duos qui se livrent à des scènes de ménage, pas comme les ainés que sont Huguette et Raymond sur M6 ( repris en matinée par la RTS), mais par des jeunes qui ne dépassent pas de beaucoup la trentaine, avec débutants de moins de dix ans.

Pauline Schneider et Antonin Schopfer dans « Latex », premier épisode de la version RTS: une rupture, faute de savoir si le rapport de la nuit précédente fut ou non protégé; mais c’est dit autrement !
Mais cela va beaucoup plus loin dans toutes les directions, en particulier par les situations, les dialogues qui peuvent heurter les chastes oreilles dans leur virulence, les comportements des acteurs qui passent aisément de la fausse sérénité à l’excès de la colère. Les images sont simples et prudes, évident contraste le vocabulaire.
L’idée est importée des USA. Cette mini-série est écrite et réalisée par un américain, Ted Tremper, crédité aussi du montage. Pas de virtuosité visuelle, de la simplicité aussi dans la sonorisation ( musique au piano), dans le lieu unique de tournage pour chaque rupture. Et seul devant l’écran de mon ordinateur, j’ai ri souvent, parfois ému ou même choqué, admiratif devant le travail des acteurs. Et surtout séduit, oh combien, par la liberté offerte par le web, y compris celle de voir ce que l’on veut à l’heure que l’on veut.
Juste pour exciter la curiosité, deux premiers exemples, presque pris au hasard :
+ Roméo séduit avec des poèmes une Juliette au balcon à trois heures du matin avec commentaires littéraires et hors-champ des voisins

Isabelle Caillat, Juliette au balcon, écoute au milieu de la nuit un poème de son Roméa dans « Ta gueule », le no 9 de la série
+ deux plumes de paon servent de boucles d’oreille à une exquise em…
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16:00 : je viens de montrer à une amie ce numéro 9 de la série romande. Intéressante réaction : elle l’a trouvé amusant. Mais surtout t r o p c o u r t !!
A suivre, sans hésiter
Les « JO » 2014
Voici trois sujets, que l’on peut lire indépendamment l’un de l’autre. D’autres suivront ces prochains jours
TABLE DES MATIERES
- Le spectacle d’ouverture
- Le défilé des délégations nationale
- La Suisse bien classée… grâce aux suissesses!
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3/La Suisse bien classée…grâce aux suissesses !
Bien entendu, toute manifestation mondiale est aussi une compétition entre nations. Mais tout de même, quel bizarre instrument de mesure que le compte en priorité des médailles d’or. Certes, le classement quotidien propose trois colonnes, d’or, d’argent et de bronze, hiérarchie de valeur évidente entre les trois métaux, encore accentuée par la quatrième place qui reçoit ironiquement du « chocolat » ! Les moyens sophistiqués de mesures des compétitions internationales permettraient instantanément de pondérer l’or d’un trois, l’argent d’un deux et le bronze de un.
Dans le classement en or, la Suisse six fois gagnante est au septième rang. Dans un classement pondéré, elle serait dépassée par l’Autriche (33) et se trouverait entre la France (27) et la Suède (25). Septième ou neuvième, la différence est faible, le place plutôt brillante.
On fait tout de même parfois des allusions au nombre de diplômes, les occupants des rangs quatre à huit recevant une récompense sur papier. En tenir compte refléterait mieux les forces respectives. On pourrait classer les nations par les mentions diverses obtenues pour un million d’habitants. Ceci avantagerait les « petites » nations comme la Norvège, la Suède, l’Autriche et la Suisse, chose normale lors des jeux d’hiver qui se sont déroulés sur de la neige artificielle additionnée de sel et de ciment.
A saluer avec un plaisir tout particulier un autre « classement ». Sur onze médailles, six sont conquises par des femmes, alors qu’elles n’en avaient qu’une seule à Vancouver. Et même, dans un texte signé « SI » que l’on peut lire un peu partout, on apprend que sur vingt-six diplômes récoltés, les suissesses en apportent seize.
Ces lignes veulent rendre hommage aux suissesses, d’autant plus qu’une vingtaine de hockeyeuses ne compte pour une (médaille).
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2/Le défilé des délégations nationales
Ce fut, comme d’habitude, une sorte de défilé de la mode adoptée par chaque pays, pour se faire remarquer du milliard de téléspectateurs attendus, espérés dans le monde. L’occasion est bonne de rappeler que ces trois heures d’ouverture des JO sont construites pour la télévision en priorité. Il reste alors le temps de lire !
Une belle jeune femme tout de blanc recouverte, enfermée dans une curieuse et partielle cage transparente, porte jupe ouverte sur chaque genou et amorce de cuisse gauche. C’est joli !
Celle qui précède je ne sais plus quel pays islamique porte pudiquement un long pantalon blanc couvrant la moindre surface de peau. Ce respect des habitudes culturelles de la société islamique est à souligner. Mais c’est un acte politique. Alors, pourquoi pas aussi rappeler, par exemple, le soutien apporté par Poutine à la Syrie et son président !

La SSR-SRG a reçu mandat du CIO pour la retransmission de ski alpin : une forme active de présence à Sotchi
( Photo RTS)
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1 / Le spectacle d’ouverture
Il ne pouvait pas être raté. Il ne l’a pas été. Une fillette de douze ans a apporté la candeur de son visage fragile prêt à s’émerveiller. Le spectacle fut souvent beau, parfois original. L’abcédaire cyrillique a fait belle place à la culture russe et aux exploits scientifiques de l’union soviétique, sans mention directe à l’URSS. Le temps de se demander comment on allait parler de l’URSS ( 1917- 1989), que le rouge de l’après 1917 mettait en valeur la créativité de l’industrie de la plus quotidienne à la plus lourde avec sa locomotive volante. Vint ensuite la reconstruction d’après la guerre de 39-45, sans mention ni à celle-ci, ni au goulag. Ce silence n’est assurément pas une surprise !
Souvent les « littéraires » savent placer des citations bien senties. Un cinéphile a le droit de se livrer au petit jeu des références, qui prennent ici place en images.
Avec les objets volants nettement identifiés – un bois de bouleaux, une village ancien, et plus tard la locomotive – nous voici dans l’univers du cinéma d’animation, celui par exemple du « Château ambulant » de Hayao Miyazaki ( on peut voir actuellement à l’écran son magnifique « Le jour se lève »). Dans de très belles parties abstraites en traits lumineux sur fond noir, comme la troïka, voici un possible rappel de l’univers graphique du canadien Norman Mc-Laren. Un grand bal à la cour ressemble à certaines séquences de Visconti dans « Le Guépard ».
Les mouvements de différentes tours de Ste-Basile tenait des plus élégantes et colorées poupées russes !! Le feu d’artifice final, brillant spectacle, peut en effet s’approcher des plus réussis effets d’esprit Disney Land.
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La vie des séries
Voir sous En 2014 : « Infrarouge dix ans! Déjà et/ou Hélas ? (05.02.14 – 16h00)
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TABLE DES MATIERES
A / Généralités
C / Séries par ordre alphabétique
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Broadchurch
après six épisodes (RTS1, vendredis)
Dans le haut de gamme, les Américains ne sont pas seuls. Les anglais s’en tirent bien, comme des scandinaves. « Broadchurch » a pour mérite d’être anglais, de partir d’un seul événement grave, le meurtre d’un enfant. Il raconte ce que ce drame provoque dans une petite communauté de bord de mer. Bien entendu, l’enquête va se dérouler, contradictoire et à rebondissements. Plus le sujet surprend le téléspectateur, et plus les créateurs et diffuseurs sont contents d’eux !

Broadchurch / Parmi les habitants, le révérend Paul Coates (Arthur Darnel), devant la falaise pas assez souvent (bien) montrée.
Un duo de policiers mène l’enquête en s’affrontant, Alex Harry venu de l’extérieur et Ellie Miller, habitante de la localité bien intégrée. Le passé proche et sa santé d’Alex font problème. Tom Miller connaissait bien Dany son contemporain tué mais quel secret avaient-ils en commun ?La famille Latimer n’est pas aussi unie qu’il y paraît. La presse, tant par un journal local qu’un organe plus important, joue au rôle ambigu dans sa recherche de scoop qui fait vendre au détriment de l’information. Dans le groupe des habitants, il y a des personnages plus ou moins étranges, comme le révérend, le photographe, l’hôtelière.

Broadchurch / Deux « habitants », Ollie Stevens (Jenath Bailey) et Margie Radclife ( Caroline Pickles)
Il y a là riche matière. Seulement, ne va-t-on pas trop loin avec deux dizaines de personnages qui ont tous quelque chose à cacher, en plus de pas très reluisant. Le décor, avec les falaises qui surmontent la plage, pourrait devenir un véritable personnage. Ce n’est pas le cas.
A classer dans le bas du haut de gamme !! Assez loin pourtant de « Top of the lake ».(05.01.14 – 17h30)
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La naissance de « BORGEN »!
(Avec Françoise Mayor, responsable de Fiction Production à la RTS depuis le 01.01.2014)
Le Danemark s’est acquis une solide réputation mondiale dans le domaine des séries, en particulier avec « Borgen ». En Suisse, beaucoup sont maintenant d’accord avec ce que l’on nomme « L’exemple Borgen », mais ce n’était pas le cas il y a trois ans. Un haut fonctionnaire fédéral, Nicolas Bideau, pas très enthousiasmé par les productions télévisées quand il dirigeait le cinéma, est en train de se déguiser en « showrunner » pour faire produire par la SSR ou la RTS une série partiellement policière sur la Genève internationale.

Adam Price, l’auteur de « Borgen », devant une affiche avec la Présidente du gouvernement du Danemark
Françoise Mayor, avec Alberto Chollet, est en contacts fréquents avec des Danois depuis plusieurs années déjà. Elle sait comment est née l’idée de Borgen : Comme pour toutes les Fictions scandinaves, l’auteur est au cœur du succès de ces œuvres. Pour Borgen, c’est le scénariste Adam Price qui a eu le déclic créatif en faisant du sport dans une salle de fitness, une veille d’élections danoises. Face à l’indifférence suscitée par les appels au vote des candidats, A. Price s’est donné pour défi d’intéresser tous ses concitoyens à la chose politique, estimant que la démocratie est un bien trop précieux pour la laisser se dissoudre dans l’abstentionnisme et l’indifférence. Accord fait avec la chaîne de service public danoise DR, toute liberté a été laissée à l’équipe d’écriture et de réalisation.
Présentée en premier rideau, la série touche près d’un danois sur deux ! Elle s’est vendue dans plus de soixante pays. Un exemple à « imiter » ? Quand !?

Le duo féminin de « Borgen », Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) et Katrine Fonsmark ( Birgitte Hjort Sorensen)
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Franchir les frontières intérieures
(Avec Françoise Mayor)
Parmi les conditions nécessaires à la reconnaissance donc au succès d’une série, l’une d’elles consiste à franchir les frontières, y compris intérieures. La barrière de « röstis » est installée sur la Sarine et la chaîne des alpes éloigne le Tessin. La première saison de « L’heure du secret » n’a été reprise ni par la SRF (Zürich) ni pas la TSI (Lugano), alors qu’elle a été vue dans le monde entier sur les canaux de « TV5 Monde ». Françoise Mayor, aussi responsable à la RTS des séries depuis quelques années, nous dit : « 10 », « T’es pas la seule », « Crom » ont été doublées par SRF. Grâce à la présence du comédien alémanique Gilles Tschudi les décideurs d’outre Sarine étudient la possibilité de doubler les deux saisons de l’Heure du Secret.
Cette politique de doublage n’est pas à sens unique : Citons à cet égard « Der Bestatter », « Le Croque-Mort », une série de SRF qui vient de connaître un immense succès pour sa deuxième saison en Suisse alémanique et que la RTS est en train de doubler en français pour son public.
On vient d’assister en novembre dernier à un « événement » national bien accueilli, « Les Suisses », qui aura contribué à ouvrir les frontières intérieures parfois efficaces pour permettre la libre circulation des productions des uns chez les autres. Depuis quelques années, les responsables de la fiction télévisée, au travers des séries et des co-productions de films se rencontrent plus souvent et apprennent à collaborer. Encore faudrait-il que cela se sache.

Carlos Leal (Pedro Lambert) dans « Der Bestatter » (Le croque-mort), une série de la SRF, en cours de doublage en français par la RTS.
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L’impact global des séries
Dans l’audiovisuel contemporain, les séries récurrentes prennent une place de plus en plus importante, puisqu’elles ont élargi le champ de l’imagination. Une d’elles occupe une place inattendue dans le dernier discours sur l’état de l’Union de Barak Obama. Il vient en effet de citer « Mad Men », comme le relate « Le Monde » du 30 janvier 2014.

Elisabeth Moos (Peggy). Selon « Le Monde », « Mad men » est une« série télévisée à succès sur l’univers machiste des agences de publicité dans les années 1950 ». Le président des USA la cite comme exemple d’inégalités dont les femmes sont victimes dans le monde du travail.
D’autres angles permettent d’aborder le problème des séries. Au départ, il y a une idée qui conduit à l’écriture avant d’organiser la production et de passer à la réalisation. Produit terminé, il faut le diffuser, sur l’antenne de son commanditaire et le faire connaître à des acheteurs potentiels.
Bien entendu, il est quasiment impossible qu’une chaîne généraliste ou spécialisée ne montre que ses propres réalisations. Il faut alors mener une politique d’achat sur le marché mondial, fréquenter des nombreuses manifestations consacrées aux séries.

Dans la carrière d’Elisabeth Moos, trois séries sont particulièrement importantes : « A la maison Banche » (Zoay Baertlet), « Mad men » (Peggy Olson) et « Top of the lake », de Jane Campion, son rôle le plus impressionnant, celui de Robin Griffin (notre image)
Le catalogue constitué se pose partout le problème de la diffusion, le choix du moment jouant un grand rôle tant le public est naturellement nombreux à certaines heures et rare à d’autres.
Où en est-on en Suisse romande ? Nous venons d’avoir de longs et fructueux échanges avec la nouvelle responsable de la fiction à la RTS, Françoise Mayor, qui succède à Alberto Chollet. Une page du prochain MEDIATIC lui sera dédiée. Mais la matière est tellement abondante que nous pouvons facilement commencer d’en diffuser une partie dans le blog par petites doses.
Place aux sports
Voir aussi sous « En 2014:
« Infrarouge dix ans! Déjà et/ou Hélas ?
10/ TF1 au secours de RTS1 9/ Lamentable « Infrarouge » 8/Rendez-vous en terre inconnue 7/ Tabac : nos gosses sous into 6/ Hayao Miyazaki 5/ Le retour d’Homeland
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Trois sujets (de bas en haut) :
- Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres
- Quand Poutine fait ses Jeux
- Poutine, Dieudonné, Staline
- Voir, entendre, lire…
- Les jeux de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?
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Les JO de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?
Le 23 janvier 2014, la RTS organisait à une conférence de presse accessible sur internet – excellente innovation – permettant de poser des questions depuis son salon. Distrait, je n’ai pas profité de l’occasion pour demander « combien çà coûte » ? Je l’aurais fait presque assuré d’énerver certains de mes interlocuteurs.
Tombe ce mardi 4 février 2014 une réponse intéressante dans « Le Temps » sous forme d’un entretien de Servan Peca à Zürich avec Urs Leutert responsable du sport à la SSR. Elle est facile à résumer : « Les jeux olympiques ? Non rentables pour la SSR ».
Mais encore ? Le ski alpin, dont la SSR porte la responsabilité technique, est bénéficiaire avec sa centaine de collaborateurs, mais pas assez pour couvrir les autres prestations qui occupent deux cents personnes. Des précisions, permettant de faire des estimations à la minute ? Point il n’y en aura.

Une autre manière de parler d’argent, « la fortune cachée de Poutine », un document à charge de « Spécial investigation », une émission de « Canal+ »
Ce n’était pas, hier, et durant près de 45 ans, un crime de lèse-majesté que de défendre l’idée d’un service public plus porté vers l’investigation, l’information, la créativité dans tous les domaines, surtout la fiction et la documentation plutôt que de subir en abondance une télévision de reportages ou de fictions américaines avec tueurs en série en premier rideau rassemblant le grand public.
J’allais oublier : je couvre une partie de ma soif de divertissement en étant grand consommateur de sports, y compris des points importants en tennis, des marmites du curling, des temps affichés en ski, des mêlées du rugby…
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4/ Voir, entendre, lire…
Bientôt Sotchi ! On le répète avec insistance, deux, trois fois sur chaque canal; chaque jour! On attend donc beaucoup de médailles, grâce aux concurrents, aux fédérations parfois. Le public n’y est pour rien. Mais l’occasion est bonne pour survoler quelques spectacles proposés par le sport…
Entendre ? Il s’agit des commentateurs, plus ou moins intéressants. « J’aime » Marc Rosset, comme on cause dans fassebouque. Passons !
Voir ? Le ski de fond, par exemple, les 15 km de samedi 01.02.14 avec Cologna de retour et bien classé. Pas très élégant, le skieur de fond, avec des gros plans qui transpirent l’effort. Et puis, dans chaque plan ou presque, comme par hasard un panneau publicitaire. Comment cela se passe ? On plante le panneau quand on sait où se trouve la caméra ou on plante la caméra devant le panneau déjà placé ? Et qui paie combien à qui ? On ne parle jamais de ces petits problèmes.
Alors lire ? Le ski de fond, la plupart des épreuves de ski alpin, que ce serait ennuyeux sans le travail de plus en plus varié et précis des « mesureurs » du temps, avec des comparaisons, sur une portion de parcours, entre le concurrent et le meilleur, avec le rouge et le vert. C’est, dans plusieurs sports, le triomphe des « horlogers », souvent suisses !
Brouillard ? On descend ! On ne descend plus ! Et ainsi de suite. Que cette attente est ennuyeuse. Alors on passe des images touristiques et l’on emprunte à la radio pour faire « entendre ». On devrait faire mieux ; avec des archives ?
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3. Poutine, Dieudonné, Staline
Pas de lien subtil entre ces trois noms, seulement des « rencontres » lors d’une soirée télévisée (mardi 28.01.14). Arte montrait donc après RTS2 « Quand Poutine fait ses jeux » lors d’une soirée à thème consacrée à la Russie. Le document ne permettait pas toujours de savoir de quand dataient images et interventions. Les quinze minutes accordées à l’invitée d’Arte, Mme Marie Mendras, concerneraient-elles le document? Il fut surtout question de Poutine en renforçant le sentiment que les JO, probablement splendides spectacles, seront portés à l’actif de l’homme qui dirige la Russie.

Un des dix dessins de Mix&Remix, en ligne sur le site de la RTS, pour l’émission du 29 janvier 2014, « Liberté d’expression en danger? » Les participants voient-ils les dessins montrés dans l’émission en direct-différé ? Les téléspectateurs ont-ils vu ce dessin ? Le caricaturiste peut tout faire … puisqu’il est seul quand il dessine !
« L’ombre de Staline » prit son élan sur ARTE avant que ne débute »Infrarouge » avec un peu de retard. Ce ne fut pas pour Dieudonné que je revins sur la RTS. Il s’agissait simplement de savoir si le record d’interruptions de la semaine précédente serait battu. Le débat fut audible et même intéressant. A quoi tient la bonne « tenue » d’un débat : au sujet, aux invités, en particulier à certains d’entre-eux, à la ou au responsable de l’animation ? David Berger était de service !

« L’ombre de Staline » : les autorités politiques de la Russie actuelle n’ont jamais condamné les crimes commis lorsque Staline était au pouvoir. Un des témoins déclare dans le document : « Avec les dirigeants d’aujourd’hui, on aurait perdu la guerre » (!)
Retour sur ARTE : inquiétant, ce document qui décrit l’image d’un Staline admiré, ses crimes contre son propre peuple oubliés, sauf d’une minorité. L’ombre de Staline recouvre d’ombre le passé ! Mais en même temps, on peut tourner en Russie des documents sévères pour l’actuel régime et son chef, donner la parole à ceux qui expriment des réserves et le font semble-t-il sans crainte. Contradiction ?

« L’ombre de Staline » de Thomas Johnson et Marie-Brunet-Debains (France-Finlande) : ce remarquable document a été présenté en septembre 2013 par la RTS dans le cadre d’ « Histoire vivante »
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2. Quand Poutine fait ses Jeux
À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, cette enquête à charge dévoile un projet kafkaïen guidé par des intérêts opaques, depuis la sélection du site jusqu’à des travaux aussi destructeurs que dispendieux.
Ce texte trouvé sur le site d’ARTE est un efficace résumé du document de 90 minutes d’origine allemande, proposé le lundi 27 janvier à 20h40 sur RTS 2 puis sur ARTE lc mardi 28 janvier à 20h50. Effectivement, la charge est lourde. Le prix final reste inconnu : mais des estimations le font faire bon voisinage avec cinquante milliards de dollars ! Poutine aura « ses » jeux et ils seront certainement magnifiques. Que lui importe les expropriés de Sotchi, la corruption, les dégâts écologiques.
Le document est construit solidement, avec alternance d’images y compris anciennes et déclarations de témoins, surtout d’opposants, qui osent tout de même s’exprimer. Le commentaire se fait très envahissant et la musique, souvent guillerette, ironique. On finit par connaître quelques-uns des principaux interlocuteurs, le maire de Sotchi content ou le député d’opposition Kasparov qui l’est moins. Mais une information précieuse manque : le moment où sont faites les déclarations.

Quand Poutine fait ses jeux : le tremplin de saut est construit sur terrain instable, selon des témoins. Mais on ne sait pas si les piliers de consolidation ont été mis en place ! ( photo ARTE)
Juste après la diffusion, la RTS propose une fois de plus l’excellente et séduisante présentation promotionnelle des prochains jeux. Juste après la diffusion, ART propose à 22h20 un débat de vingt minutes. A chacun sa manière de concevoir la programmation !
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1. Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres
Est-ce vraiment toute la Suisse qui a vibré à la belle victoire de Stanislas Wawrinka à Melbourne ? Il y a au moins une différence entre Stan et le duo Lara/Didier. Le spectacle de premier vient de durer plus de trois heures à relativement haut suspens. S’il n’y avait pas les temps qui s’affichent, les intermédiaires et le final, le ski alpin manquerait d’intensité : qui diable peut voir une différence entre concurrents quand elle tient dans moins d’une seconde ?
Les responsables des sports ont une chance énorme : durant les nombreux temps morts, ils peuvent faire la promo pour leurs autres émissions, des spectacles souvent intéressants, parfois passionnants. Une bonne contribution au divertissement proposé au grand public que l’on peut apprécier même en osant trouver que la part du sport est trop belle !

« Quand Poutine fait ses jeux » ( RTS 2, lundi 27 janvier 2014 à 20h40 ) : une bonne heure d’exposition pour un document qui devrait proposer une réflexion sur un événement mondial (Photo RTS)
Sochi ou Sotchi ? Les deux ! Le 23 janvier 2014, la RTS tenait conférence de presse à Genève pour présenter les deux cent cinquante heures ( seize par jour !) en direct qui vont être offertes du 7 au 23 février dans tous les sports, sur tous les écrans pour la plus grande gloire espérée du tsar Poutine. Heureuse innovation : on pouvait suivre cette conférence de presse sur son ordinateur. Un courriel mit aussi à disposition différents communiqués. Il était possible de d’intervenir depuis son domicile. Faute d’avoir remarqué cette offre, je n’ai pas posé une question pas forcément sans intérêt : combien çà coûte et combien çà apporte à la SSR-SRG ?
« L’heure du secret » : saison 2
L’heure du secret 2
Sept sujets (de bas en haut) :
- Généralités
- Le bas du « haut de gamme »
- L’écriture
- Les personnages principaux
- Sous l’angle de l’audience !
- Personnages secondaires
- Clichés russes ! (24.01.14 – 13:30)
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7/ Clichés russes !( 24.01.14 – 13:30)
D’une saison à l’autre, un an a passé. Le « secret » de morts multiples subsiste, à travers les visions de Lyne. L’ « heure » à tout de même un lieu avec l’horlogerie. En principe, les dirigeants d’ « Univers » sont bien installés dans leur petite entreprise. L’artisan horloger semble bien devenu commercial durant la pause du récit. Voilà Vincent en liaisons douteuses avec des trafiquants russes présents à Genève. Mais l’ellipse est géante.
Une collection de montres haut de gamme a été semble-t-il fabriquée en double exemplaire alors qu’il ne devrait n’y avoir qu’un original. Mais on ne comprend pas bien comment l’élégant Vladimir s’y est pris pour « coincer » Vincent. Il y a de la femme fatale dans l’air, une certaine Ksénia (assez étrange Julia Batinova), vêtue parfois de rouge comme la « méchante » Berthin de la saison 1. Elle doit non seulement traduire, mais aussi séduire pour mieux maîtriser le fournisseur montres. Malgré des dessous noirs troublants, Vincent repousse. Elle est dans l’impossibilité de faire front avec Vincent contre ses employeurs : ceux-ci semblent détenir en otage sa fille à Moscou !
Dans la Russie d’après le communisme, certaines choses subsistent. Kséniai pourrait bien être une espionne du KGB chargée de charmer l’ennemi en étant sous une lourde menace qui lui interdit d’avoir le moindre doute sur sa mission. L’écriture connaît un temps de faiblesse, fondé sur des clichés sans originalité. Dommage, mais pas au point de faire sombrer le récit.
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6.Personnages secondaires
La ligne d’un récit tire sa force de l’écriture et l’interprétation des personnages principaux. Vincent Girod (Frédéric Recrosio) est le moins sûr du trio. L’écriture l’englue dans une histoire russe un peu obscure et conformiste ; son jeu est parfois fragile. Lyne Tremblay (Catherine Renaud), avec ses visions bénéficie de sa double « culture », une manière subtile tirant l’ancienne vers la nouvelle. De la première à la deuxième saison, Ariane Perret (Marie Duc) prend du galon. La forte présence encore discrète de la jeune policière en première saison a peut-être conduit les auteurs à soigner son personnage dans la deuxième.
Les personnages secondaires sont importants s’ils ne sont pas réduits à des silhouettes rapidement escamotées. Ariane a un frère médecin, Simon (José Lillo) qui va tenter de séduire Lyne déçue par Vincent. Colette, leur mère, est étrange, mystérieuse, sans que l’on sache si ce sont par des atteintes de l’âge ou un passé qui la met en marge d’une fin de vie normale. Son comportement a aussi quelque chose d’inquiétant.

L’heure du secret, personnages secondaires.
Gilles Tschudi (dans le rôle de Blaise Bergens) et Laetitia Bocquet (dans le rôle d’Amélie) lors du tournage de la saison 2 de « L’Heure du Secret »
L’étrange responsable d’une sorte de secte, Blaise Bergens(Gilles Tschudi) cache aussi quelque chose. Pourquoi s’adresse-t-il à Ariane d’un inattendu « Melle Perret » qui lui vaut une réplique sèche et aussi inattendue évoquant sa fonction. On comprendra que la policière fut son étudiante. Mais là encore, mystère autour d’un passé intrigant.
Et comme souvent, le non-dit et le suggéré contribuent à enrichir le récit de points d’interrogation.
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5. Sous l’angle de « audience » !
Rappel : la part de marché obtenue par une chaîne confronte le nombre de téléspectateurs qui regardent cette chaîne par rapport à l’ensemble de ceux qui suivent la télévision au même moment. Elle s’exprime en pourcent et en milliers de spectateurs. Les mesures communiquées par les chaînes ou les instituts de sondage respectent les règles de la statistique. Il manque trop souvent la marge d’erreur.
Le premier épisode de la saison 2 de « L’heure du secret », diffusé le samedi 11 janvier, a été suivi par 133’000 téléspectateurs. Ceci représente une part de marché de 24.3%. Au même moment passait sur RTS2 le match de hockey-sur-glace entre Genève-Servette et Lausanne, avec 11.7 % de pdm, ce qui représente 64’000 autres spectateurs. Pour les deux chaînes « normales » de la RTS l’addition donne une part totale de marché de 36,0% et un public 197’000 téléspectateurs.
En juin et juillet 2012, les sept épisodes de la première saison proposés sur RTS1, face à l’Eurofoot et aux Jeux Olympiques avaient aussi obtenu une part de marché de 24,3% correspondant alors à 85’000 spectateurs.
Apparemment, la comparaison est flatteuse pour le début de la deuxième saison, même pourcentage, nette augmentation du nombre de téléspectateurs. Oui, mais, depuis 2012, l’outil de mesure et le panel ont changés. La comparaison est devenue difficile. On devrait en savoir plus lors d’une prochaine conférence de presse.
Mais il semble bien que la satisfaction pour ce départ de la nouvelle saison soit justifiée.
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4. Les personnages principaux
Dans cette deuxième saison de « L’heure du secret », ils sont trois personnages principaux, Lyne Tremblay, venue du Québec, Vincent Girod, l’horloger, Ariane Perret, la policière. La qualité de l’interprétation est importante, tout comme les dialogues et les comportements qui viennent de l’écriture. Le rôle de la réalisatrice, Elena Hanazov, est essentiel.
Dès les premiers épisodes, Catherine Renaud s’est imposée, d’abord par son côté « exotique » d’enseignante du Québec accent compris que par le charme de sa vivacité et la gravité du don qui lui permet de rendre plausibles ses « visions ». Intéressante son évolution qui lui fait s’installer naturellement dans un milieu nouveau pour elle, peu à peu imprégnée par l’environnement.
D’abord discrète dans le première saison, Marie Druc, promue inspectrice principale, est étonnante, mystérieuse à souhait, bonne professionnelle, mais aussi enrichie par son proche entourage, une mère étrange, un frère inattendu. Il faut bénéficier d’un bon sens du jeu pour inciter le spectateur à se demander qui elle fut dans le passé pour l’inquiétant Bergens..
Les deux comédiennes comptent en révélations de la série. Frédéric Recrosio, plus souvent dernière un micro que la caméra, mène carrière d’humoriste, parfois seul maître à bord de son spectacle. Sa diction surprend et son registre d’expression et de comportement est un peu restreint. Par chance pour lui, ces faiblesses apparaissent quand les scènes deviennent un peu longues. Heureusement, les courtes sont les plus nombreuses.
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3. L’écriture
« Carabine FM », fin des années 80, qui s’en souvient ? C’était dingue, délirant, provocateur, vif, parfois insupportable ! Qu’est devenu le trio : Lolita a disparu. Les deux autres ? Y’a qu’à chercher ! Gérard Mermet et Alain Monney écrivent la deuxième saison de « L’heure du secret ». On n’ose pas encore nommer Monney « showrunner », mais il a droit au très sage titre prometteur de « directeur artistique ». Oui, ils écrivent, et même bien, malgré quelques scories. Les dialogues fonctionnent, associés aux personnages dont les accents subsistent, gommés. Celui du Québec tend vers la rocaille du Creux-du-Van.

Le choix de cette image de « Carabine FM » du trio Lolita, Mermet, Monney des années 86 à 91, pourquoi ? Pour saluer les auteurs désormais « sérieux » et évoquer la fantaisie et l’humour d’hier qui n’ont pas été remplacés par le décevant « C’est la jungle » de Martina Chyba. Aurait-on encore assez d’audace en 2014 pour rechercher l’équivalent de « Carabine FM » né sur « Couleur 3 » ?
Le sujet mérite attention. On s’éloigne de la viticulture vaudoise en conflit familial de « T’es pas le seule ». On évite les trois familles et les spéculations sommaires de la médecine privée de « Port d’attache ». On quitte le Léman pour Yverdon et les éboueurs inattendus et attachants de« Crom ». Voici donc un horloger jurassien aux prises avec une québécoise de lointaine origine locloise qui a des visions plus intéressantes que les intuitions du « Mentaliste ». On y aborde une ville, on y découvre des paysages. On dit des choses intéressantes d’une industrie artisanale, en se prenant un peu les pattes dans la nouvelle mafia russe, mais cela permet d’économiser le coût de nuits d’hôtel pour l’équipe en tournant à Genève.

Le choix de cette image ? Pas pour l’acteur, mais pour le décor qui montre une partie d’ un atelier d’horlogerie, industrie et artisanat présents dans « L’heure du secret », qui eussent pu l’être plus encore.
Et puis aussi, on sait faire vivre des personnages principaux, un trio crédible, entouré de secondaires, finement campés, parfois mystérieux, et peut-être bien criminels (A suivre)
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2. Proche du bas du haut de gamme
On peut classer tout produit audiovisuel dans l’une des trois catégories, bas, milieu ou le haut de gamme. Mieux vaut ignorer le bas insuffisant, s’intéresser au milieu suffisant, se laisser séduire par le haut . A chacun sa hiérarchie
Il faut préciser certaines conditions nécessaires pour l’appartenance au haut de gamme. Une série haut de gamme devrait obtenir une part de marché égale ou supérieure à la moyenne de l’heure de diffusion dans sa région d’origine.

Elena Hazanov, réalisatrice, face à Frédéric Recrosio, acteur, en tournage, devant un arrière-plan animé (Photo RTS/Laurent Bleuze)
Difficile, en Suisse romande, d’obtenir ensuite un bon dossier de presse composé de réflexion critique, la promotion informative étant devenue la norme.
Autre condition nécessaire : participer à des confrontations internationales, festivals ou marchés, si possible obtenir des prix ou s’y faire remarquer.

Le trio d’acteurs présents au Locle pour la première du 8 janvier, Catherine Renaud, Marie Druc et Pierre Mifsud. La présence de l’excellente actrice québecoise permettra-t-elle d’intéresser la télévision canadienne à la série romande ?
Condition suivante : sortir sur une autre chaîne francophone. Cible à ne pas manquer par la RTS, TV5 Monde. Si possible atteindre ARTE ou une généraliste du service public français. Se rappeler que la Wallonie et le Québec existent.
Le succès peut aussi s’affirmer à travers l’intérêt d’autres régions linguistiques prêtes à sous-titre, doubler ou même réaliser une nouvelle version.Paradoxe : on verra « L’heure du secret 2 » au Sénégal ou en Côte d’Yvoire avant la Suisse alémanique ou le Tessin !
Meilleure que la saison 1, « L’heure du secret 2 » se trouve dans le haut du milieu de gamme, plus très loin du bas du haut de gamme.
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1/Généralités »
A Locle, comme le disait Lyne Tremblay en arrivant de son Québec natal, et cette fois présente pour la première de la deuxième saison( on dit seconde quand c’est la fin), il y eut six cents personnes au Casino pour les deux premiers épisodes le jeudi 9 janvier 2014. Record d’applaudissements pour Catherine Renaud ! Mérités. Mais pas loin derrière, beaucoup pour Marie Druc (Ariane Perret) : mérités eux aussi.

Catherine Renaud (Lyne Tremblay), atout majeur de « L’heure du secret », personnage et interprète en partielle voie d’assimilation jurassienne ( Photo RTS/Jay Louvion)
La série de cinq épisodes passe donc le samedi soir du 11 janvier au 8 février 2014 en premier rideau sur RTS1, dès 20h15. Miracle de programmation : ce sera un par un, enfin dans le respect de l’esprit même de toute série récurrente dont chaque épisode se termine sur un point d’interrogation brillant et habile.
Il y aura donc « série » de textes, chacun ne dépassant pas mille cinq cents signes, pour dire beaucoup de choses de cet important effort de créativité de la RTS dans le domaine de la fiction de divertissement. Voici les premières envies après une soirée où un large public aura pu rencontrer quelques-uns de ceux qui contribuent à la création audiovisuelle. Trois cents dans une salle, c’est autre chose que seul avec portable.

Ariane Perret ( Marie Druc), révélation en finesse et vivacité étrange, pressentie en saison 1, confirmée en saison 2.
Photo RTS/Jay Louvion
Même barrière, mêmes arbres, probablement côté Creux-du-Van, que ci-dessus : portraits pris pendant le tournage, pas photo de tournage ! Un peu choquant, ce bandeau jaune criard !!
Il sera donc question prochainement d’écriture de la série, des trois rôles principaux, des subtilités pour faire vivre des personnages secondaires, de la réalisation proprement dite, direction d’acteurs et imprégnation dans les lieux et le paysage, du rôle des finitions tournage terminé, des structures de production et de financement, etc !
En 2014 ….
Les dix derniers textes de 2013 ont tenus en mille signes au maximum : on peut cliquer sur « Passer de 2013 à 2014 ». Mille, c’est un peu court. Chasser le naturel ? Il revient au petit trop. Passons à 1.500 ; au maximum! (fyly 03.01.2014)
Sommaire (de bas en haut)
- De « Broadwalk empire » au « Loup de Wall street »
- « Scandal »
- Broadchurch,
- Jean Seberg
- Le retour d’Homeland
- Hayao Miyazaki
- Tabac: nos gosses sous intox
- Rendez-vous en terre inconnue
- Lamentable «Infrarouge»!
- TF1 au secours de RTS1
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Infrarouge 10 ans ! Déjà et/ou hélas
Elles et ils ont reçu un rare cadeau de la direction des programmes : vingt minutes de plus que d’habitude. « Infrarouge » a un premier mérite, celui d’exister. Puis un deuxième, celui d’avoir un chroniqueur qui crée entre le plateau et le public une sage distance : Mix&Remix. Mais les invités ne voient pas ses dessins ; et c’est bien dommage.
L’émission commémorative n’avait pas commencé depuis une minute que les engueulades, certaines brillantes, d’autres amusantes quand on les revoit, les paroles coupées répondaient à l’appel. On appelle çà « moments cultes ». Interrogé au TJ, mais pas invité à l’anniversaire, Claude Torracinta parla de la « spectacularisation » du duel et du débat politiques; sans commentaire.
Michel Zendali, qui apporta Mix&Remix, avoue son admiration pour le « Droit de réponse » de Michel Polac : mérite de la franchise. Mais n’est pas Polac qui veut ; lui, parfois ! Mais les autres ?
Il y eut trois mini-débats en cours d’émission. Le troisième portait sur la Suisse de demain. Que croyez-vous qu’il arriva : ce fut de l’UDC et de la votation de dimanche que l’on parla. Même sans Freysinger, ni Perrin, ni Blocher. Mais avec Voiblet en vedette : un comble. Non, la Suisse de demain, c’est autre chose que l’UDC et ses initiatives.
L’intérêt d’ « Infrarouge » incontournable ? L’information sur les positions des uns et des autres. Pas les arguments avancés. Ce n’est pas rien ! Vraiment ; même en direct différé, ce dont il ne fut pas question !
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10/TF1 au secours de RTS1
(Un coup dit de « gueule »)
On se souvient ces jours que les premières émissions de télévision en suisse romande ont eu lieu il y a soixante ans. Pendant 55 ans, les pionniers, les inventeurs, les réalisateurs, les journalistes, les producteurs, parfois même les programmateurs ont forgé une image originale et précieuse de « notre » télévision : chaque jour, entre 19h00 et 21h00, sauf exceptions en période de fête et parfois le samedi, les émissions sont faites par des gens de la maison.
Mercredi 29 janvier 2014, 20h15 : « Tf1 présente » apparaît au début d’un téléfilm « Bienvenue aux Edelweiss ». Ce serait un chef-d’œuvre comme « Citizen Kane », « Hiroshima mon amour », « Twin pinks » ou « Les sopranos » que cela ne changerait rien aux remarques qui suivent. Et tant pis si je suis seul à le faire parmi les six cents mille personnes de Suisse romande qui regardent chaque jour RTS1 ou RTS 2. Renoncer à ce droit, devenu devoir, de tenir l’antenne jusque vers 21h00 avec des émissions « maison », c’est inadmissible ! Appeler au secours TF1, c’est de la provocation !!
Alors quoi, a-t-on peur de perdre quelques milliers de téléspectateurs ? Chaque jour, les romands regardent leur télévision pendant un million d’heures. Imaginons que la reprise d’une émission maison fasse perdre cent mille heures de visionnement. La moyenne du jour baisserait de 10 %. La moyenne annuelle baisserait, elle, de 0.3 pour mille. Cette perte passerait inaperçue ! L’imagination n’était pas au rendez-vous du 29 janvier 2014.
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9/ Lamentable « Infrarouge » !
Comme parfois, voici « Infrarouge » promu dans la case la plus prestigieuse de la RTS, juste après le « 19 :30 » et la météo, pour y parler de l’initiative de l’UDC contre « l’immigration de masse » (mercredi 22.01.14). Une obligation pourtant : respecter le minutage, probablement à l’unité près ! Bon audimate ? Espérons-le pour ceux qui prétendent qu’on ne s’occupe pas que de lui !
Ecrit quelques lignes immédiatement après la diffusion : beaucoup trop colériques ! Décision prise d’attendre et d’y revenir. C’est fait. S’il existait un compteur d’interruptions des uns par les autres, cette émission aurait probablement pu être inscrite au livre des records. Les coupables ? Freysinger et Stauffer, un peu Darbelley, un peu Mamarbachi !
Il ne faut pas se lamenter sur une émission lamentable. Mais questionner ! Pourquoi ce conseiller d’Etat alors que ceux de tous les cantons sont contre l’initiative ? On aurait pu lui faire porter le titre de conseiller national vice-président de son parti. On veut parler de tout, du Tessin, des frontaliers genevois, du point de vue de Bruxelles, etc : impossible, trop d’interruptions !
Pourquoi six messieurs, trois pour trois contre? Pourquoi à quatre et demi du centre et de droite contre un et demi pour la gauche, faute de savoir où placer l’écologiste Tessinois, représentant d’un cas particulier ?
La vraie question : qui est responsable de la composition de l’équipe ? Les partis invités à désigner un représentant ou la production tv ?
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8/ Rendez-vous en terre inconnue.
Les émissions de premier rideau de la TSR sont si solides sur leurs bases souvent acquises de longue date que les rares surprises ne peuvent venir que du contenu. Or c’est aussi le contenant qui doit retenir l’attention. Pas besoin de le répéter. « A bon entendeur » fonctionne bien, sans surprises formelles. Mais on peut continuer d’avoir le désir de surprises. Passées celles nombreuses offertes par les meilleures séries récurrentes, il reste la découverte faite un peu par hasard, de temps en temps, en regardant la télévision des autres.
Tombé, en pitonnant, mardi 21.01.14 sur « Rendez-vous en terre inconnue » qui est à l’antenne une à trois fois par an sur France 2. Un principe simple : partir à le découverte d’une communauté, d’une société qui ne soit pas sous l’emprise du modernisme occidental, en étant non rétrogrades ; seulement différentes !

Rendez-vous en terre inconnue : après quinze jours de vrais partages, l’émotion au moment du départ. (Photo France 2)
Le principe : un guide accompagne une personne qui sera transportée dans un autre lieu qu’elle ne découvrira qu’une fois arrivée sur place. Les premières quinze minutes avec la journaliste Mélissa Theuriau traînent en longueurs inutiles. Mais dès l’arrivée chez les Massaï, en Tanzanie, dans de splendides et arides paysages, cela devient passionnant. Entre le duo de visiteurs et leurs hôtes, le dialogue fonctionne, par traductions instantanées. Des plans sont pris par avion ou hélico. La présence d’une équipe de tournage se fait discrète.
Comment faire pour parvenir à un résultat si impressionnant ? A suivre !
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7/Tabac : nos gosses sous intox
Voyage en zig-zag à 1.500 signes : « Homeland » ? Décevant no 3 de la saison 3 : Brody en mauvaise posture au Vénézuéla. On se croirait vraiment dans les moments les plus sordidement violents de « 24 Heures chrono ». Carrie dans son enfermement médical pour raison d’Etat ne se porte pas très bien. Heureusement, l’épisode 4 remet la série sur le bon chemin, mais Dana Brody s’égare. Carrie arrive enfin au domicile de Saul.
Riche numéro de « TTC » : le coup de « Closer » qui double son tirage pour une affaire de cœur ne rapporte pas grand chose, Daniel Pillard de chez Ringier dixit. La vente à prix cassé sur internet est d’un bon rapport et le créateur d’un site, Pascal Meier, en jaune tenue, d’une claire franchise sur ses raisons de ne pas tout dire. Le fils d’un conseiller national se fait faire de très belles chaussures sur mesure. Cà c’est un scoop !

« Tabac : nos gosses sous intox », un document de Paul Moreira pour « canal + ».
Jihan, indonésien de quatre ( ?) ans :
“Si on gagne un seul client, c’est un client pour 20 ans, donc c’est un investissement rentable”, nous confie l’un des agents (d’une) marque. (….) Certes, les industriels du tabac répètent qu’ils ne visent pas les moins de 18 ans.
(Extraits du texte de présentation de l’émission par le service de presse de la RTS)
Passé en pitonnant sur RTS 2 : trois plans et me voilà scotché sur « Nos gosses sous intox », un document remarquable de Canal +. La fumée tue ? On le sait. Il ne faut pas faciliter l’accès des mineurs à la cigarette ! Qu’a cela ne tienne. Dans la plus parfaite légalité, avec un témoin invisible à la voix changée, avec des patrons de l’industrie du tabac et certains de leurs employés floutés, on apprend comment les ados d’un peu partout fument. Les cigarettes « Alain Delon » ont beaucoup de succès dans un pays d’Asie. Son avocat, Dominique Warluzel, assume parfaitement le comportement de son client. Cà, c’est un scoop !
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6/Hayao Miyazaki
Occasion ratée par la RTS, pas par ARTE !
(Mise en ligne le 19.01.14 à 15hoo)
« Le vent se lève », dernier film du grand maître japonais du cinéma d’animation mondial, Hayao Miyazaki, sort un peu partout le mercredi 22 janvier 2014. La presse écrite y consacre de nombreuses pages admiratives. la radio ne sera pas en reste. il y aura des mentions dans des téléjournaux, même sans publicité payante ! Quiconque s’intéresse au cinéma comme acte culturel de divertissement connaît l’importance, et du dernier film, et du cinéaste. Un événement sportif a-t-il lieu sans qu’une chaîne ait inscrit une émission à son sujet : il est toujours possible de montrer un document ancien qui lui soit associé.

Nakao, la fiancée tuberculeuse et Jiro, le rêveur ingénieur créateur d’avions : une certaine « ressemblance » avec le cinéaste? (Le jour se lève – Photo Frenetic)
Quand un film donné comme chef-d’œuvre apparaît, ce devrait être l’occasion de rendre hommage à un créateur en présentant un autre de ses films. Ainsi fait ARTE, en proposant en premier rideau le très beau « Ponyo sur la falaise » le jour même où sort « Le jour se lève ».
Occasion ratée par la RTS, trop occupée à satisfaire son grand public à coup de propositions rassembleuses ! C’est hélas, sans surprise. Pourtant, on pouvait faire mieux : deux cases pour« Les classiques du cinéma » existent à 20H40 et 23H00 sur RTS 2 le 22 janvier ou même le « Nocturne » dans la nuit de mardi à mercredi à 00h05. Encore faudrait-il avoir un film de Miyazaki en contrat. Est-ce trop demander à nos programmateurs (euses) que de porter un brin d’attention au cinéma d’auteur international à l’évidence appartenant au haut de gamme à forte valeur ajoutée ? C’est peut-être trop !

Un bombardier dans une usine allemande dans les années trente. Jiro, de dos, admiratif devant la machine, demande « Pour attaquer qui? », sans obtenir de réponse. Il suggère aussi de remplacer les bombes par des passagers. Miyazaki est humaniste et pacifiste
(Photo Frenetic)
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Le retour d’ « Homeland.
( 3ème saison -RTS1, dimanches vers 21h00 / mise en ligne le 18.01.2014 – 15h00))
La fin de la deuxième saison d’ « Homeland », avec un attentat faisant des dizaines de victimes au sein de la CIA, surprit pour le manque de cette plausibilité qui caractérisait le récit jusqu’alors. Comme si l’influence de Gédéon Raff, auteur de la série israélienne d’origine, »Hatufim » avait disparu au profit d’Alex Gansa qui fut l’un des scénaristes de « 24heures chrono ». Une certaine méfiance allait donc être de mise au début de la troisième saison.

Pour le plaisir de s’en souvenir : une image d’ « Hatufim », série découverte sur ARTE :Haïm Cohen, l’Israélien soupçonneux des services de sécurité qui se méfie des « revenants », Uri et Nimrod
Sur le plan du spectacle, c’est gagné. Il faudra s’accommoder de l’absence de Brody, coupable ou innocent, en fuite, dont l’ombre risque de planer sur bien des épisodes. Saul Berenson est désormais le nouveau chef de la CIA. Jessica Brody se retrouve seule à la tête de sa famille. Le problème de Saul, c’est Carrie, qui est interrogée comme une coupable par une commission sénatoriale, milieu politique intransigeant qui ainsi réapparait. Carrie, mieux entourée par sa famille, son père et sa sœur, n’en est pas moins en fort mauvaise posture. De plus, elle se refuse de soigner sa bi-polarité.

Homeland saison 3, épisode 2
Carrie Mathison (Claire Danes), désormais sous surveillance médicale imposée, faute en particulier de prendre des remèdes contre sa bipolarité, laquelle consiste aussi, parfois, à nier sa maladie.
Jessica Brody se retrouve partiellement démunie, pas très bien aidée par sa mère, avec son pesant problème, l’absence de son mari. Est-elle tiraillée par la culpabilité ? Sa fille tente de se suicider. Il faut donc la soigner, la surveiller constamment. Dana va se comporter de manière aussi bizarre de Carrie, dans un curieux parallélisme. Un début de troisième saison prometteur, mais qui laisse un brin perplexe.
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4/Jean Seberg
Première, mercredi 15.01.14, sur RTS1 d’une nouvelle émission qui tient déjà ses promesses, « Les coulisses de l’événement ». Il faut y revenir. Ensuite, passé sur ARTE pour reprendre en marche « A bout de souffle », (1960) de Jean-Luc Godard, un des films fondamentaux de la Nouvelle Vague française. Avec une nouvelle vision, toujours quelque chose à découvrir – ce fut la musique – et à confirmer : le talent sublime et fragile de Jean Seberg !
« Eternelle Jean Seberg » ? Magnifique document signé Anne Andreu, subtile portraitiste de cinéastes, une vraie auteure à travers sa sensibilité et le choix de ses sujets. Tiens, le hasard me comble ; je n’avais pas fait attention au duo « A bout de souffle »/ « Eternelle Jean SEBERG ». Précieuse télévision qui parfois construit ses programmes autrement qu’en suite disparate .
Ce regard de Jean Seberg, dont je ne suis plus qui, dans le doc, rappelle la beauté et le profondeur, c’est celui de notre image. Sa vie finit en suicide en 1979, à près de 40 ans. Truffaut, critique de cinéma, la trouva merveilleuse dans « Bonjour tristesse ». Cela eut-il quelque influence sur sa présence chez Godard ? Clint Eastwood parle de son actrice qui fut aussi son « amie », quarante ans plus tard. J.Edgar Hoover, contribua à détruire la vie de Jean par les mensonges qu’il fit répandre sur une naissance. Clint Eastwood fit le portrait du sinistre patron du FBI dans « J.Edgar ». La boucle est curieusement bouclée…. Hasard d’une riche soirée inattendue !
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2/« Scandal » ( RTS1, dès samedi 04.01.14 à 20h25)
Cette série américaine déjà présentée par « Canal+ » est tout de même une première vision en clair offerte par RTS 1, dès le samedi 4 janvier, à haute dose, en trois épisodes, de 20h25 à 22h40. La durée d’un très long film de fiction convient mal à la notion de série. Mieux vaudrait alors imiter les américains, qui proposent un épisode par soirée, mais sans coupures durant la projection.
« Scandal » n’a rien à voir avec une enquête policière. Pas de meurtre, pas de tueur en série ; « çà ne va pas saigner »! La série est écrite et dirigée par une femme noire , Shonda Rhimes, qui a déjà inscrit à son actif « Grey’s anatomy » avec ses explorations médicales de bonne facture. C’est peut-être aussi la première fois qu’une série a pour personnage principal une noire, interprétée par Kerry Washington.
Politique et justice sont au programme. Olivia Pope dirige une entreprise qui se met au service de ses clients pour gérer des situations de crise. Certains problèmes qui se posent autour d’un président des USA pourraient rappeler quelque lointaine fredaine d’un vrai titulaire du poste, ceci dès la première saison qui ne comporte que sept épisodes. La deuxième, inscrite dans le sillage du succès initial, en comporte 22. La troisième, en cours d’élaboration, en proposera 18.
La série « Scandal » va-t-elle s’inscrire dans le haut de gamme? Ses atouts seront-ils bien joués ? Espérons-le
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1/De « Broadwalk empire » au « Loup de Wall street »
Vu le 01.01.14 de 14h00 à 17h15, en salle de cinéma, « Le loup de Wall Street » : trop long.. ou trop court ! Passionnantes les équivalences avec la série « Boardwalk Empire » de HBO, cinquième saison en cours de réalisation. Martin Scorsese, le réalisateur du « Loup » est co-producteur et réalisateur du premier épisode de « Boardwalk » qui a imposé le style de la réalisation de toute la série. Terence Winter, qui a rédigé une vingtaine d’épisodes des « Sopranos », « responsable-directeur » ( donc showrunner) de Boardwalk , signe le scénario du « Loup ».
Le premier repose sur Steve Buscemi, presque impassible, mystérieux et brusquement brutal. Le « Loup » doit beaucoup à Léonardo DiCaprio qui ne recule devant aucun excès. La série raconte aussi la ville d’Atlanta et la prohibition des années 20, le film évoque la finance folle des années 80 dans un quartier de New-York. Préférence personnelle pour « Boardwalk » qui dispose de temps pour des nuances rares dans le « Loup ». Belle occasion de découvrir aussi les différences …
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Passer de 2013 à 2014
Pas plus de mille signes par texte ( ! ? )
Grande résolution : pour passer d’un an à l’autre, décision est prise de faire bref. Je vais donc, ces prochaines semaines, traiter beaucoup de sujets en m’imposant de ne pas dépasser les mille signes et si possible de trouver chaque fois au moins une illustration. Voilà qui changera de mes longs textes « illisibles » par les lecteurs de » 2o minutes » ou les partisans de « Twitter » ! (Fyly – 16.12.13)
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Sommaire ( de bas en haut):
1/ Le miracle suisse ( France 2 le lundi 16 décembre 2013 vers 23h00 ) 2/ The Americans (Sur « Canal + séries » dès le mercredi 18 décembre 2013) 3/ « Broadchurch » (Sur RTS 1, dès le vendredi 20 décembre 2013 à 21h20 4/ “Chut” – (RTS2 – lundi 23 décembre 2013, de 21h45 à 00h10 5/Et au milieu coule le Doubs…(RTS2 – 24.12.13 à 20h45) 6/ Jerry Lewis sur ARTE. 7/ Dimanche 29.12.13: les offres de sept généralistes. 8/Deux séries de ITV sur RTS1. 9/ Soirées du 30.12.13 au 04.01.14 10/ Voici venir l’orage : (ARTE du 31.12.13 à 21h00 au 01.01.14 à 02h00
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10/Voici venir l’orage : (ARTE du 31 à 21h00 au 1 à 02h00)
Comme on le fait au Québec où l’on défend le français, pitonné plutôt que zappé, au hasard pour faire saur d’année. Un peu triste de ce qui se passe un peu partout. Cher nous, un « illusionniste déjanté » tire au sort les enveloppes avec six noms de filles, puis demande à l’inévitable, insupportable président du FCSion de jouer à cache-cache avec trois cents francs. Seule vrai gag, le modestie du montant manipulé par Constantin dans cette « galère » ! Supporté pendant six minutes !

« Voici venir l’orage » (France, 2007), un téléfilm historique de Nina Companeez, de plus de 300 minutes. Un univers plus féminin que masculin.
Passé le soirée surtout sur ARTE. Nina Companéez raconte sa famille juive en Russie au début du siècle, en Allemagne avec ses grands parents dans les années trente, de 39 à 45 en France avec ses parents qui sont « dans » le cinéma. Elégante, sa mise en scène, beaux les costumes, précieux les dialogues. Un peu beaucoup « qualité française télévisuelle » ! Particulièrement attachante le troisième partie d’après-minuit, où la réalisatrice met en scène le fillette qu’elle fut. Mais trois cents minutes de suite, c’est long
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9/ Soirées du 30.12.13 au 04.01.14
Du dimanche(D) au Samedi (S), énumérons les points forts des programmes en pleine soirée, après 20h, avant minuit, sur trois chaînes.
RTS1 : quatre épisodes de séries USA (D), deux films USA (L), deux films USA, dont un court (M), deux films USA (Me), deux épisodes d’une série américaine(« Elmentary), puis film anglo-belge (J), deux bonnes séries anglaises, « Broadchurch » et « Me Selfridge » (V), trois épisodes d’une série alléchante américaine, « Scandal » (S)
RTS2 : Hockey-sur-glace puis Fernandel (D), Hockey-sur-glace puis Fernandel (L), floklore autrichien (M), spectacle Lambiel puis « Cage aux folles » (Me), film français intitulé « L’italien » (J), Spectacle français (V), spectacle enregistré à Montreux puis téléfilm français (S)

Yann Lambiel. 4 sans voix. 2013, avec Steeve Diamond (Québec), Fabian le Castel (Belgique) et Laurent Chantemerle (France) /01.01.14 à 20:10 – rts2. Image RTS-Montreux.
ARTE : Soirée Chaplin (D), Fernandel, mais dans « L’auberge rouge » (1951) puis film anglais (L), série française de Nina Companeez (M), Jerry Lewis puis document « Fabrique du rire » et comédie norvégienne (Me), Jerry Lewis puis document sur le rêve (J), un film allemand puis un italien (V), autour des sociétés secrètes dont un doc allemand (S)

« Voici venir l’orage » (France, 2007), un téléfilm historique de Nina Companeez, de plus de 300 minutes, en trois épisodes, présentés le 31 décembre dès 20:50 en continuité.
Quand huit spectateurs regardent RTS1, il y en a deux sur RTS2 et un sur ARTE !
Commentaire ? A chacun de faire le sien !
Pour en rester à « mille signes », il suffirait de supprimer RTS 2 et cette remarque !!
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8/Deux séries de ITV sur RTS 1
ITV est une chaîne généraliste privée à statut de service public regroupant des chaînes régionales. On lui doit des séries comme « Chapeau melon et bottes de cuir », »Le muppet Show », « Miss Marple », « Downton Abbey ».
« Broadchurch » est une série d’enquête policière conduite dans sa première saison durant huit épisodes de quarante-cinq minutes. Une deuxième saison est en préparation. Mais déjà la Fox des USA annonce un « remake » pour 2014.

David Tennant dans Broadchurch. Oui, mais ce sera, chose plutôt rare, le même rôle dans deux versions, celle de ITV et la prochaine de la FOX.
La première saison de « Mr Selfridge » se compose de 10 épisodes de 52 minutes. Elle raconte la création d’un grand magasin à Londres, sur Oxford Street, par un américain, Harry Gordon Selfridge. Elle a été proposée en France sur OCS.

Chez ITV, la qualité formelle de la reconstitution des années 1910 par « Mr Seflridge » aussi brillante que dans « Downton Abbey »
La RTS en fait ses actuels et prochains rendez-vous du vendredi soir, en priorité qu’il faut savoir apprécier sur des chaînes généralistes françaises, en principe par duos d’épisodes. La soirée se termine ainsi tôt, le samedi matin
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7/Dimanche 29.12.13 : les offres de sept généralistes
Décevante, cette période de fêtes, dès lors que souvent elle ressemble à ce qui se passe durant toute l’année. Seule « originalité » presque générale : les grands rétrospectives en tous genres! Sommet atteint par la chaîne qui a mis en valeur une dame célèbre pour avoir dit « allo » !
Survolons, d’un peu avant 21.00 à minuit. D’abord les commerciales : TF1 : l’inévitable Oury/de Funès avant une comédie américaine. M 6 : soirée autour des animaux sauvages. Le service public : France 2, un film d’aventures d’Australie avant une culinaire. France 3 : trois enquêtes codées avec tueur en série. RTS 2 : du sport à Davos et l’inévitable don Camillo/Fernandel. RTS 1 : deux « experts » avant une série policière à New-York.
La facilité, au service du grand public et de sa ménagère de 52 ans ! Telle est la télé, sauf…
Seule ARTE fait contraste avec sa soirée CHAPLIN, « Les temps modernes », un doc sur la naissance de Charlot, puis « Le Kid »,avec des introductions simples, courtes, belles, justes et émouvantes.
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6/Jerry Lewis sur « ARTE »

Jerry Lewis, tournage du « Zinzin d’Hollywood », image qui illustre un excellent texte d’Olivier Père, ancien directeur du festival de LOCARNO, responsable du cinéma sur ARTE.
Il va de soi que, parmi les chaînes généralistes de service public, ARTE ose se distinguer en période de fêtes de fin d’année. Voici la chaîne franco-allemande qui s’en va redécouvrir ou faire découvrir un grand acteur et réalisateur, Jerry Lewis, à travers quelques-uns de ses meilleurs films. Jerry Lewis fit aussi duo avec Dean Martin souvent sous les ordres d’un autre oublié, Frank Tashlin. Le « Zinzin d’Hollywood » (1965) de et avec JL, résiste fort bien à l’épreuve du temps, mieux que « un vrai cinglé du cinéma » (1956), de Tashlin, un peu à la peine. Revu, au soir du premier janvier, l’une de ses plus belles réussites, « Docteur Jerry et Mister Love », un timide et ahuri (« Nutty) professeur de chimie se transformant en efficace séducteur, dans le sillage de R.L Stevenson et de son « Dr Jekyll et Mr Love ». Ici aussi, magnifique résistance à l’épreuve du temps, malgré le doublage.

Docteur Jerry (Jerry Lewis) et Stella (Stella Stevens), blonde étudiante dont il est secrètement amoureux.
Référence pour le texte d’Olivier Père sur Jerry Lewis:
http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/12/24/jerry-lewis-sur-arte/
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5/Et au milieu coule le Doubs…(RTS2 – 24.12.13 à 20h45)

Le Doubs, quand il devient lac (des Brenets), plus ou moins artificiel ( barrage du Chatelot oblige)
– Et au milieu coule le Doubs – Claude et Madeleine Schauli (Photo RTS-Jeanne Gerster)
Opération personnelle de rattrapage sur le site internet de la RTS pour voir « Et au milieu coule de Doubs » à faire entrer dans l’exercice à mille signes. Il faut une certaine audace avec cet étrange « scénario » géographique : il suffit de suivre le cours du Doubs de sa source à Mouthe jusqu’à son virage vers la France au Clos-du-Doubs. La suite est logique : la rivière revient comme une sorte de refrain parmi les paysages. Ce sera l’occasion de faire des rencontres, de voir surgir le passé, par exemple celui des paysans-horlogers, d’observer ce que font ceux qui vivent de la rivière, qui tirent de l’énergie de la force de l’eau, qui en sont imprégnés, tel une femme peintre, etc.
Dans ces lieux jurassiens parfois rudes, avec un belle simplicité se déroule un voyage construit par un couple qui se partage la mise en musique du film, Claude et Madeleine Schauli, le réalisateur et sa monteuse, en une complicité rare. Un film calmement séduisant, dans le sillage du document de création…..(26.12.13- 18h00)
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4/ “Chut” – (RTS2 – lundi 23 décembre 2013, de 21h45 à 00h10)
En période de fêtes, de Noël et d’An nouveau, nombreuses sont les chaines qui prennent quelques heureuses libertés avec leur habituelles grilles. Difficile d’y rencontrer souvent l’audace et l’originalité ! Il n’est pas interdit de les saluer lorsqu’on les y trouve !
Voici, ce lundi 23 décembre sur RTS 2, entre premier et deuxième rideaux, un bel hommage rendu à Christian Zacharias, à la fois pianiste virtuose et directeur de l’Orchestre de Chambre de Lausanne durant 13 ans. En première partie, un reportage pour survoler le quotidien de l’homme, chez lui, avec des amis, devant son orchestre, en répétition. Ensuite vint l’interprétation en public du Cinquième Concerto pour piano de Beethoven. Une intéressante partie du travail nécessaire fut dévoilée pour parvenir à offrir “L’empereur” en continuité, fragments approchés du premier temps recollés lors de enregistrement en public. Magnifique ! A ne pas remarquer les habituelles plages publicitaires ! Auraient-elle été absentes ? (24.12.13-18h00)

Christian Zacharias devant son piano, pour diriger l’orchestre même lorsque il en joue. En amorce, le public ( Capture d’écran RTS)
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3/ « Broadchurch » (Sur RTS 1, dès le vendredi 20 décembre 2013 à 21h20)

David Tennant (Alec Hardy) et Olivia Colman ) Ellie Miller) mènent l’enquête dans « BROADCHURCH
(Photo RTS/ITV)
En italiques, la série présentée par le service de presse de la RTS : Qui a tué Danny Latimer, 11 ans ? Le meurtre de l’enfant secoue la petite communauté, en apparence soudée, de cette station balnéaire du Dorset. La délicate enquête d’un duo de flics énervés fait remonter de lourds secrets. (..) Une ambiance, de vrais personnages, une distribution impeccable et une intrigue qui intrigue. Embarquement immédiat. Embarquement immediat ? Pourquoi pas. D’abord l’heure de diffusion est agréable (de 21h15 à 23h10). Ensuite, il s’agit d’une série britannique, inscrite dans une ligne dont on ne sait pas assez la grande valeur (récemment ”Downton Abbey” ou encore “Luther”). Il semble bien n’y avoir qu’un seul mort, en huit fois quarante minutes. On peut donc s’intéresser à autre chose qu’une enquête; à une société, à des personnages, à leurs relations. Va-t-on rencontrer une série de haut de gamme ? Pari pris sur le OUI!
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2/ The Americans (Sur « Canal + séries » dès le mercredi 18 décembre 2013)
Voici une nouvelle série américaine sur la (plutôt récente) chaîne de « Canal + » consacrée uniquement aux séries, en particulier les plus récentes : « The Ameruicans ». La chaîne française à péage se prépare à un bel avenir dans un domaine dont elle a compris toute l’importance, y compris commerciale, pour ses abonnés. On ne sait pas aujourd’hui si la RTS s’intéressera à cette série. Ce devrait être le cas, puisque « Canal + Séries » est une chaîne cryptée. L’eau à la bouche y est : la série, à première vue, porte sur la « réalité » américaine le même regard qu’ « Homeland », lequel raconte tranquillement et longuement l’histoire d’un américain qui fut prisonnier en IRAK « retourné » par Al Qaïda. Dans les années 80, alors que Reagan est président, un duo d’espions soviétiques prend l’aspect d’un couple d’américains moyens. L’anti-communisme était alors à la « mode ».
On en dira davantage après les premiers prochains épisodes; ce sera fait rapidement si la série tient ses promesses.
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1/ Le miracle suisse ( France 2 le lundi 16 décembre 2013 vers 23h00 )
Remarquable conclusion au mois de novembre largement consacré par les chaines de la SSR aux “Suisses”, une contribution française, intitulée “Le miracle Suisse”, 43 ème émission de “Un oeil sur la planète”. Composée de quatre reportages présentés par Etienne Leenhardt, qui s’est déplacé en Suisse, l’émission de presque deux heures certes prudemment tardives ( dès 23h00) était remarquable et parfois même instructive. Dans l’ensemble, cette importante contribution faite d’attention à l’autre permet de décerner grand nombre de compliments à la Suisse qui, en effet, aux yeux de certains français, accumule les miracles. Eut-elle été réalisée par des équipes suisses que l’on aurait peut-être chantonné “Y-en-a point comme nous”! Mais l’hommage à la créativité des entrepreneurs suisses, patrons et personnels, à l’excellence de la formation professionnelle mixte, en entreprise et en école, est en effet mérité. Il y a bien un problème de frontaliers, mais pas dans la seule optique MCG !

Le bleu et un sourire sur fond d' »Infrarouge » : Esther Mamarbachi promue représentante des médias suisses pour son émission qui, parfois seulement, passe en premier rideau
(Image RTS / Michel Schwab)
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« Top of the lake »
Comment programmer une série récurrente
Cinéma et télévision confondus, « Top of the lake », la série de Jane Campion s’inscrit parmi mes dix meilleures découvertes d’œuvres audiovisuelles en 2013.
Il ne s’agit pourtant pas aujourd’hui d’en vanter les qualités. Pour ce faire, on peut avantageusement consulter un dossier proposé par wikipédia : A lire ici !
Tout aussi intéressant, on peut suivre un entretien avec Jane Campion : A voir ici !
Notre approche de ce jour est différente : elle revient à s’interroger sur les principes de la programmation des séries récurrentes et de la surprenante solution choisie par ARTE.
Les six illustrations sont empruntées au site d’ARTE, les légendes de fyly.
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Depuis des mois déjà, on entendait parler de cette série de six épisodes signée d’une grande réalisatrice de Nouvelle-Zélande, Jane Campion, connue du monde des cinéphiles et peut-être même d’un assez grand public pour sa « Leçon de piano », Palme d’Or à Cannes en 1993. Avec beaucoup d’autres, Maurice Pialat, Lars von Trier, David Lynch, Martin Scorsese, David Fincher, tout récemment Dominik Moll ( avec « Le Tunnel » actuellement sur « CanalAlpha » ), grands cinéastes reconnus comme auteurs, elle a rempli un rôle nouveau dans la création audiovisuelle, que les américains nomment « Showrunner ».

Elisabeth Moss ( Robin Griffin) et Jacqueline JOE (Tui Mitcham). Tui, douze ans, enceinte, disparait au chapitre 1, reste constamment présente dans son absence, et réapparaît au chapitre 6, bien différente de celle que l’on attendait…
La curiosité d’Arte
Arte a compris l’intérêt des séries haut de gamme en ayant su faire place à des expériences scandinaves, israéliennes, néo-zélandaises, ou même en offrant ses propres productions, comme « Ainsi soient-ils ».
En principe, entre « Arte » et la « SSR-SRG » existent des liens souvent étroits, les deux diffuseurs se trouvant assez souvent partenaires dans la co-production de documents de création. Des collaborateurs des entreprises suisses ont maintenant des contacts assez réguliers avec des collègues danois. Il est dès lors étonnant que « Top of the lake » n’ait pas retenu l’attention « notre » télévision. Comprenne qui pourra quelque chose de la politique d’achat ou de pré-achat des responsables de la RTS.
Etrange diffusion en rafale sur Arte
Les jeudis 7 et 14 novembre 2013, Arte, dès 20h45 a présenté l’ensemble de la série en deux fois trois épisodes, sans coupures publicitaires. Mais il n’est pas aisé de rester scotché devant son écran durant presque trois heures, le générique de fin du troisième (ou sixième) épisode apparaissant peu avant minuit.
Par contre, il est agréable d’avoir pu découvrir cette série sur ARTE autrement qu’en nocturne. Il est fort probable que si la RTS avait signé un contrat de diffusion lui assurant un passage avant ARTE, le noctambule romand serait entré dans le jeu vers 23 heures pour en finir à 02h00 ( trois par trois ) ou à 01h00 ( deux par deux).

Encore Robin(Elisabeth Moos) cette fois un peu comme prisonnière de la végétation, dans la forêt inquiétante où se cache Tui
Comment « consommer » une série récurrente ?
Si le choix reste possible, y compris en tenant compte du problème financier, coût direct ou non de la consommation d’une œuvre, mieux vaudra toujours et encore voir un film dans une salle obscure sur grand écran. Mieux vaudra aussi voir une œuvre de création sur le téléviseur de salon le plus grand possible, en évitant l’écran plus petit de l’ordinateur. Et il devient grotesque d’imaginer voir un « Top of the lake » sur un portable. Une œuvre, surtout si sa qualité est indéniable, mérite d’être « consommée » dans les conditions les meilleures possibles.
Epuisante expérience, faite le 7 novembre 2013. J’ai décroché à la fin du deuxième épisode. Heureusement, un enregistrement me permet de disposer quand je veux, durant le temps que je veux, des six épisodes. Et j’aurai trouvé ces derniers jours un plaisir étrange et fort, celui de regarder l’œuvre de Jane Campion tranquillement, épisode par épisode, une première fois d’une traite avant d’aller quérir des détails qui méritent attention.

Jamie (Luke Buchanan),volontairement muet, qui répond de sa main où est écrit NO ou YES, l’ami fidèle de Tui, qui y laissera sa vie dans une triste méprise.
Six chapitres
Jane Campion parle non pas d’une série récurrente, mais d’une œuvre composée de six chapitres. Et elle rejoint ainsi ce que l’on commence enfin à comprendre en pays francophones. Il est évident que les séries récurrentes sont assez semblables aux romans imposants de plusieurs centaines de pages qui ne se lisent pas d’une traite.
Suivre épisode par épisode une série récurrente, c’est retrouver le mode d’approche de textes qui ne sont pas de courtes nouvelles, auxquelles s’apparentent les séries unitaires. C’est recréer entre l’œuvre et celui qui l’absorbe la complicité indispensable pour retrouver la richesse d’un témoignage, les élans d’une démarche créatrice.
Les Américains qui sont en avance sur le reste du monde dans le domaine des séries, y compris dans le haut de gamme surtout composé de séries récurrentes, les proposent en principe par épisode par épisode, semaine après semaine plutôt que jour après jour. Ils permettent au spectateur de « savourer » une œuvre à un rythme personnel presque semblable à celui de la lecture, en un lien avec l’oeuvre qui devient amical ou fraternel.
A la RTS le 6 décembre 2013
Le vendredi 6 décembre, la RTS offre trois épisodes unitaires d’une série américaine sans grand intérêt, « Motive, le mobile du crime », entre 21h00 et 23h30 puis place un épisode d’une série britannique proche du haut gamme, « Downton Abbey » entre 23 :30 et 00h40 enfermé dans ce que l’on appelle pas très adroitement une « niche ».
Un chapitre de l’Histoire anglaise de la première moitié du XXe siècle après trois enquêtes américaines sans intérêt, est-ce vraiment tenir compte de la notion précieuse de diversité ?
Pourquoi pas un « Mobile de crime » pour grand public, puis un « Downton Abbey » peut-être pour un public un peu moins grand avant une apparition tonitruante des « Sons of anarchy » ? Peut-être même que les 15-30 ans qui consomment les séries ailleurs que sur le petit écran traditionnel commenceraient d’y revenir, contribuant ainsi à rajeunir le grand public traditionnel ?
« Les Suisses » à mi-chemin
Pendant des années, sous l’ère Walpen, la « SSR-SRG » ajoutait à ces six lettres une « idée suisse » qui fut plus slogan largement répandu que réalisations nombreuses. Pour une véritable concrétisation de cette intention, il aura fallu attendre l’ère de Weck, inspirée d’une expérience allemande, qui aura été mentionnée clairement.
Petit malaise quand réapparaissent fréquemment un grand vendeur d’automobiles et une société d’assurance comme principaux sponsors de la mini-série de quatre épisodes, « Les Suisses », comme si une importante contribution à une meilleure connaissance des uns par les autres devait aussi être source de revenus commerciaux supplémentaires même modestes !
Une offre abondante
Un dossier de presse de trente-six pages aura précédé ce mois suisse de novembre 2013, avec six pages de généralités, dix pour la minisérie, chaque fois deux pour « Helvéticus », « 2 familles 1 suisse », « Je clique donc je suisse » et le « multimédia » et douze pour mentionner dix-huit rendez-vous RTS. Abondante offre : il aurait fallu s’y mettre à deux au moins à plein temps pour tout suivre… et encore !
Les remarques ne portent ensuite que sur la seule télévision. Là, dès le début de ce mois suisse, une machine à écraser les autres s’est tout naturellement mise à fonctionner, la mini-série, bien sûr, qui a demandé un gros effort financier, autour de cinq millions de francs pour un peu plus de deux cents minutes. Petit signe, même sans avoir vu sur le téléviseur toutes les bandes de lancement consacrées à l’ensemble de l’opération : la minisérie aura accaparé l’auto-promotion. L’image ci-dessous est une compensation !

Il fallait bien construire des ponts pour que les marchandises puissent circuler entre les cantons qu’on appelle primitifs et le pays devenu l’Italie – Helvéticus / La traversée du Gothard
On peut le regretter pour « Helvéticus », délicieuse série dessinée et animée de l’Histoire qui ne s’est peut-être pas déroulée exactement comme on la raconte, cachée dans une super-mini niche matinale probablement sans attirer la grande foule. Il faut se souvenir que la SSR-SRG, télévision généraliste de service public, se donne pour mission principale d’être au service du grand public, lequel se définit essentiellement par la plus grande quantité possible, lisible à travers les différentes mesures audimatiques, sans se poser le problème de la qualité! « Helvéticus » par exemple aurait mérité une meilleure exposition tout comme l’ancien regard porté sur « 26 fois la Suisse » dans les années septante qui aurait pu conduire à l’observation de certains changements intervenus en quarante ans.
« La mini-série »
Sa seule existence est donc déjà une réussite, la télévision rarement effectivement suisse recouvrant trois des cinq langues nationales, le romanche peu pratiqué et l’anglais parfois scolairement introduit dans certains cantons de l’Est du pays. Il y aura donc eu trois versions du même montage, en italien, en allemand et en français. Et c’est ainsi que Werner Stauffacher ou Nicolas de Flue qui laissa sa femme s’occuper de leurs dix enfants s’expriment dans un impeccable français. Evidemment, c’est ne pas comprendre la notion de « grand public » que d’oser regretter la langue d’origine de chacun appuyée par des sous-titres. Le grand public n’apprécie pas la lecture – du moins en décide-t-on ainsi !
La mini-série aura proposé six portraits d’hommes associés à deux périodes de notre Histoire, les origines de la Confédération ( 13e et 14e siècles ) et l’émergence de la Suisse contemporaine au 19e. Où sont les femmes ? Bonne question : où sont-elles parmi les guerriers et les grands industriels ? Elles ne sont pas dans les titres des épisodes, assurément. Mais dans les récits, elles prennent parfois une certaine importance, certes comme accompagnatrices des « héros ». Au point d’ailleurs d’y avoir placé quelques scènes de nudités féminines comme dans n’importe quelle produit audiovisuel plus ou moins commercial.
Un personnage central par épisode, c’eut été tout de même un peu court. Avec des astuces de scénario, plus nombreuses pour associer Waldman et Nicolas de Flue qu’Alfred Escher et Stefano Francini, il a été possible de tracer six portraits et d’avoir ainsi un romand et un tessinois aux côtés de quatre alémaniques- enfin, de ce que l’on appelle aujourd’hui romand, tessinois et alémanique. C’est là équilibre savant !
Réalisation de qualité et populaire ?
Il y a quelques années, le réalisateur de la série, qui aura su naviguer avec des collaborateurs de toutes régions, Dominique Othenin-Girard, avait signé un assez imposant objet audiovisuel consacré à Henry Dunant, « Du Rouge sur la Croix » (2006). Dans « Les suisses », le mélange de la fiction mise en scène avec la documentation recueillie en gravures anciennes, paysages d’aujourd’hui et entretiens avec des historiens fonctionne bien, pour maintenir intérêt et curiosité. Le commentaire, dit par Jean-Luc Bideau dans la version française en amical conteur, laisse parfois par la diction transparaître certaines préférences pour certaines actions sociales ou humanistes plus que militaires ou industrielles. Les interprètes conviennent bien à leurs personnages. Le montage est fluide, la bande sonore rassurante. On se trouve devant une réalisation solide sans élans lyriques, de qualité et populaire comme le voulait Nicolas Bideau pour le cinéma ! Cible atteinte, dans le contexte pourtant pas facile à gérer d’une entreprise qui fait coexister trois cultures. Ce n’est pas le haut de gamme qui provoque plaisir et enthousiasme. On se trouve dans le meilleur du milieu.
« Les suisses » peuvent s’inscrire dans un groupe qui compte, en Suisse romande, des séries comme « Crom », « L’heure du secret », « En direct de notre passé », « Dix » restant, pour le moment encore, ce qui aura été le meilleur de ces cinq dernières années.
Une cible atteinte ?
Il y a tout lieu de penser que le résultat est conforme aux attentes des plus hauts responsables de la SSR-SRG, donc le mandat confié à l’équipe de fabrication de la série est rempli.
On ne sait pas pour le moment si le grand public attendu aura été au rendez-vous du mercredi. D’ailleurs, dans l’effervescence du lancement de ce mois « suisse », rien n’a filtré à propos des cibles attendues. Quand le groupe Swatch espère pour 2014 une croissance à deux chiffres, même si le premier doit être celui de la première dizaine, le risque est pris de fixer publiquement un objectif. La SSR-SRG et ses sociétés régionales n’ont peut-être pas voulu prendre le risque de faire connaître l’objectif fixé. Cette prudence permet ensuite de commenter librement les résultats obtenus pour autant qu’ils soient rendus publics. Tout de même étrange ce silence sur la cible fixée !
Mais ce travail entre les trois principales entreprises régionales de la SSR-SRG aura déjà été une preuve d’audace dans un contexte où il y a place pour de plus fréquentes collaborations. Reste que l’audace formelle n’aura pas été à un rendez-vous qui ne doit du reste pas lui avoir été proposé.
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PS :Un exemple d’audace

L’expérience blocher – J.S.Bron – Photo Bande à part :
la leçon de français que madame donne à monsieur, dans la voiture-« prison »
« L’expérience Blocher » de J.S.Bron est une véritable expérience de documentation de création brillamment réussie, dans sa mise en scène cherchant à comprendre qui est Blocher, cet homme riche, puissant, admiré des uns, détesté des autres, ne laissant pas indifférent, saisi dans l’intimité de sa grande solitude. Au point de rappeler le citoyen Kane d’Orson Welles. Le film ne trouve pas son public pour des raisons qui n’ont rien à voir avec une réalisation qui ne tient ni de l’hagiographie, ni du pamphlet. Le travail de Bron est un magnifique exemple d’une démarche audacieuse ! Et l’absence du public est un résultat inattendu de l’expérience qui n’a peut-être pas assez revendiqué l’audace formelle de sa réussite cinématographique.











































