Vendredi 8 novembre 2013
Le premier prix des SRT.
18h30 :cave de la Ville à Neuchâtel, accueil des participants à la remise du premier prix des SRT ; beaucoup de notables, et pas seulement de la RTS.
19H00 : plus d’une centaine dans une salle d’accueil du Palais DuPeyrou fondé par celui qui allait devenir un ami et défenseur de Rousseau. On s’y trouve pour la remise du prix, élégante virgule en bronze ou en fer blanc. Avec humour, Thierry Béguin, membre du comité régional salue un représentant de l’État, à la fois directeur de la Police et de la Culture, soulignant qu’on n’aurait pas osé penser à une telle équation même en Mai 1968! La présentation des candidats est faite avec simplicité qui résume bien la procédure ouverte qui a conduit au premier choix de cinq «nominé». Le président de la SRT-NE parvient même de faire monter le suspens. Puis c’est l’ouverture de l’enveloppe pour connaître le verdict de près de 500 votants qui représentent probablement un bon échantillon …. des membres des SRT. C’est pour HISTOIRE VIVANTE qui unit télévision, radio et presse : excellent choix. Le trophée – virgule de Charlotte Lauer doit tout de même être rendu provisoirement aux organisateurs pour y graver le nom du vainqueur tant sur celui coulé en bronze et que sur ceux des «nominés» coulés dans un métal plus commun.

«Il ne s’agit probablement que d’un temps! Le temps d’une pause, de maintenant, en somme… La virgule en est sa symbolique.» Charlotte Lauer, novembre 2013
Un peu dans la lune, je félicite « Manon » au lieu d’ « Irène » que je finis par croiser Mais je ne me souviens pas si j’ai voté au final pour « Histoire vivante » ou « Zone d’ombre ». Cà doit tout de même être « Histoire vivante » ! Puis je file aux « Pâquis » plutôt que de savourer les petits fours de l’apéritif dinatoire dans un des salons de l’Hôtel Dupeyrou où nous tournâmes il y a bientôt quarante ans une scène d’ « Une dionée » de Michel Rodde.
Bienvenue aux Pâquis
20h30 : sur RTS 1, donc, « Bienvenue aux Pâquis », une nouvelle série de la RTS, heureusement présentée à une heure où le grand public est bien présent.

Un patron de bar. Chaque spectateur se sent plus ou moins à l’aise avec les rencontres proposées aux Pâquis. Pas très attirant « Philippe-le-belge » ! Mais quand le commentaire voit en lui un disciple d’ « Epicure », on est en droit de s’interroger ce nom qui amorce un jugement de valeur positif ou vaguement complice !
Perplexité. Je dois revoir « Rue de Berne » intégralement pour acquérir un peu plus de certitude. Est-ce une série de documentation ou cinq reportages commentés ? Un peu surpris par le commentaire qui accompagne un reportage plutôt qu’un document de création. S’agit-il d’immersion ?
Revu (jeudi 14.11.13 – 16h00) : le commentaire est envahissant qui confirme parfois ce que l’on voit. Des entretiens sont conduits comme cela se fait pour un reportage destiné à une émission d’information. On se croirait alors au « 19:30 »! Il y a bien quelques séquences d’immersion qui semblent saisir des bribes de vie, comme dans un document de création. Oui, de quoi s’agit-il, avec ce premier sujet qui part dans toutes les directions sans structure temporelle.Et il faut être genevois pour comprendre la géographie d’un quartier qui ne se limite pas à la rue de Berne. Et où sont-ils, quelques-uns de ces gens venus de cent nations, avec ou sans papiers ?
Motive : « le mobile d’un crime
21H05, épisodes 1 et 2 d’une nouvelle série proposée par la RTS, avec « La mort d’un prof » et un « Délit de fuite »
Beaucoup de sang dès les premiers plans. Et des proches du mort qui ont peut-être quelque chose à cacher, sait-on jamais, à un duo d’enquêteurs, un inspecteur et une inspectrice, qui n’auront rien de bien intéressant à nous apprendre d’eux-mêmes. Très rapidement apparaissent d’autres comparses qui n’ont d’abord apparemment rien à voir avec la victime. Quarante petites minutes pour résoudre une énigme assez peu surprenante, sans suspens.

Le lac WAKATIPU ou la beauté du paysage d’accueil pour « Top of the lake » de Jane Campion, une production d’Australie, Nouvelle-Zélande, USA et Grande-Bretagne. Oui, mais pourquoi cette série présentée par ARTE les 7 et 14 novembre, trois épisodes, solution ridicule ! Réponse sous l’image suivante.
Tiens, cela se passe à Vancouver. Mais le Canada anglophone se distingue mal, à première vue, des USA. C’est bien troussé, comme la plupart de ces histoires policières américaines unitaires destinées à rassembler le public le plus large public
21h50 : « Délit de fuite » met en cause un vilain procureur ambitieux et une voiture de luxe qui a servi d’arme pour tuer une jeune fille trop envahissantes. Aussi tristement insignifiant que le premier.

Le côté sombre du paysage dans « Top of the lake » . mais qui se reflète dans l’eau ? Mieux vaut signaler par deux images une série incontestablement haut de gamme plutôt que de contribuer à faire la promotion d’une série de consommation courante qui laisse indifférent comme « Motive : le mobile d’un crime » !
Selon les habitudes des chaînes généralistes de service public et commerciales qui s’abreuvent de produits américains d’origine, les épisodes vont deux par deux quand ce n’est pas trois par trois ou même plus par exemple sur M6. Les chaînes é péage des USA, du moins pour les séries ambitieuses, jouent le un par un qui fonctionne sur l’attente et conduit en principe à la fidélisation.
Made in Europe : « Downton Abbey », troisième saison
22h40, « Made in Europe », dans sa case horaire de deuxième rideau, destinée en principe à ce qui se fait de mieux en Europe. Voici le début de la troisième saison d’une série britannique haut de gamme, « Downton Abbey », avec une première qualité à souligner d’emblée : enfin un seul épisode à la fois !
La première saison se déroule d’avril 1912, quand sombre le Titanic, au 4 août 1914, lors que la guerre va commencer. Tout se passe dans cette période dans une famille noble de classe supérieure avec le monde des domestiques à son service, assurément dévoués, mal payés sans trop se plaindre, satisfaits de leur sort qui est pour certains d’entre-eux l’amorce d’une promotion sociale. L’esprit de la vielle Angleterre de la fin du XVIIIième.
Deuxième saison, qui va de fin 1916 à l’été 1919, avec le tueries et blessures de la guerre de 14-18. Les nobles conserveront-ils leurs privilèges ?. Les serviteurs sont appelés à combattre dans les tranchées. Le Château servira d’hôpital. La vieille Angleterre va perdre peu à peu une bonne partie de ses repères.

Une affiche : devant le « vrai » château le personnel à gauche et les nobles Crawley. Et entre deux trône la douarière de Downton Abbey
La troisième saison s’ouvre en mars 1920, avec un mariage d’une des trois filles du Comte et de la comtesse Crawley, qui ne va pas sans poser quelque problème. Un des filles, Sybil, a déjà rompu avec le milieu en épousant, par amour y compris le chauffeur, dont elle partage le combat social qui commence. Il s’agit d’une série qui retient l’attention pour de nombreuses raisons, l’Histore d’un pays derrière une saga familiale avec ses classes sociales de maîtres et de domestiques dont les contours vont s’effacer.
Bonne occasion de se demander si mille spectateurs indifférents sont plus importants que cinq cents très contents.
TéléMonteCarlo, une filiale de TF1, est une chaîne généraliste dont l’Etat monégasque possède une part minoritaire de l’ordre de vingt pourcent. La RTS diffuse la série après TMC alors qu’elle s’efforce en général d’obtenir en avant-première la diffusion en Suisse romande. L’impact en Suisse romande de TMC est nettement inférieur à celui de TF1 ou de M6 qui offrent aux téléspectateurs une grouillante publicité suisse qui échappe ainsi à la SSR et aux chaînes locales suisses.
Une niche pour le cinéma d’horreur
23 :40, après les squelettes dansants qui annoncent le film d’horreur du vendredi soir – pour une fois, voici une programmation qui convient fort bien pour un public restreint cantonné bien à l’aise dans sa niche. Ce soir là, c’est un Tarantino, « Boulevard de la mort ». C’est pas ce que Tarantino fait de mieux. Mais un Tarantino pas au mieux de sa forme, c’est au moins dans le milieu de gamme du cinéma….Je m’en fus pourtant au dodo avant la fin !
Le poids de l’audimat
Une de mes bonnes connaissances m’accuse d’être injuste à l’égard de la RTS et d’une partie de sa programmation persuadé que je trouverais ses programmes « exclusivement inféodés à la recherche d’audience ». C’est évidemment faux.
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Non, les programmes de la RTS ne sont pas uniquement faits pour obtenir en toute heure la meilleure des audiences. Si la RTS ressemble parfois trop à TF1 ou M6, elle leur est heureusement souvent différente. Si la ressemblance de la RTS avec ARTE est assez rare, on doit pouvoir oser le regretter.
Mais l’audimat ? Pour une fois, parlons-en, dans une approche numérique. Et sous un angle précis, qui repose sur deux éléments de base :
1/ Chaque jour, l’ensemble des spectateurs romands, mesuré par un échantillon scientifiquement valable regardent RTS 1 et RTS 2 pendant un million d’heures. Cette mesure ne dit rien de la consommation sur internet en « sept + » ou sur d’autres supports, comme les portables
2/ La part de marché de TSR 1 et TSR 2 en moyenne annuelle s’élève à trente pourcent. Donc sur cent heures regardées sur un téléviseur, les téléspectateurs qui vivent en Romandie en consacrent trente à notre télévision, ce qui lui donne largement la première place sur le marché régional.

Un image d’un épisode d’Helveticus, qui passe donc en matinée et en semaine à 06:30 et 10:50 sur RTS 2 : pour le plaisir de l’oeil !
Mais peut-on mesurer une part de marché sur un échantillon minuscule ? ( Image RTS – mai 2013)
Dix mille en plus ou en moins
Supposons que, durant toute l’année, sur un million d’heures quotidiennes, dix mille soient consommées, en plus comme en moins. L’écart serait de un pourcent. Le 1 % d’une part de marché de 30 % représente 0.3 %, donc 3 pour mille.
Supposons ensuite que cet écart se produise durant un seul jour par semaine. Le variation de part de marché ne représente plus que 0.4 pour mille (le septième de 3 pour mille)
Si l’écart ne se produit qu’un seul jour sur les 365 de l’année, la variation de la part de marché n’est que de 0,008 pour mille. Cette variation est invisible en moyenne annuelle, donc négligeable, largement comprise dans la marge d’erreur.
Un exemple
Durant quatre mercredis de novembre 2013, en lieu et place d’émissions « maison », la RTS propose une mini-série nationale consacrée à six Suisses ayant joué un rôle considérable dans notre histoire.
Si, comme on l’a parfois entendu dire, les téléspectateurs romands ne sont pas friands de séries unitaires historiques, une perte d’heures de présence devant la RTS serait possible. Imaginons qu’elle soit de dix mille heures.
Quelle serait son influence sur la moyenne annuelle en part de marché ? Ce serait quatre fois la perte pour un seul jour, soit 4 fois 0,008 ce qui donne 0,03 pour mille, 0.3 pour dix mille et trois pour cent mille.
Trois pour cent mille, c’est négligeable et invisible. Prendre un tel risque en programmation n’aurait aucune influence lisible sur la moyenne annuelle. Donc rien n’empêche de prendre de temps en temps des risques qui ne font même pas souffrir l’audimat !
- Lire l’article concernant l’opération « Les Suisses » (05 novembre 2013).
Les Suisses
La RTS, bien entendu. est naturellement partie prenante du « mois thématique de la SSR du 3 au 30 novembre 2013 » en un vaste ensemble de propositions. Dans un blog, inutile de faire du promotionnel dans l’ensemble bien conduit par la RTS. Il faut effectuer certains choix, s’interroger à leur propos en une démarche de réflexion critique.
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Une « Idée suisse » enfin réalisée
La publicité s’en donne à cœur joie ces derniers mois, pour vanter les qualités des pommes de terre suisses qui donnent les meilleurs chips, la viande suisse, qui s’installe dans les « big-mac », les fruits suisses avec le bon gros chien ( est-un bon Saint-Bernard offert à la Suisse par des promoteurs valaisans ?) qui fait le leçon à une oie plutôt gourde. On notera l’absence du MCG et de sa préférence suisse, qu’il n’est pas le seul à défendre.
Pendant des années, un « Idée suisse » a été accolé à SSR-SRG, que quelques mécréants transformèrent en « suicidée » ! L’adjonction a disparu. Mais l’idée reste, dans une forme assez spectaculaire, comme si l’arrivée de Roger de Weck à la direction de l’entreprise en 2011 avait donné au bon moment l’élan indispensable.
A l’évidence le public romand et les collaborateurs de la RTS se tournent souvent la France, les équivalents tessinois vers l’Italie, les alémaniques vers l’Allemagne pour d’évidentes raisons culturelles et linguistiques. Il n’est pas fréquent que les romands trouvent l’occasion de s’intéresser aux alémaniques et aux tessinois ; idem pour les autres ! L’armée a souvent passé pour le ciment entre Confédérés. Roger de Weck s’est demandé si le rôle hier dévolu à l’armée n’avait pas été transféré à la SSR-SRG !
Des Suisses appartenant à un milieu restreint, celui de la radio et de la télévision, sont donc parvenus à se mettre d’accord pour présenter des programmes identiques, lisibles ou audibles dans la langue de chaque région, mais réalisés en commun. Indéniablement, le principe de ces collaborations dont on ne sait pas si elles ont été laborieuses, mais qu’importe, est une réussite à relever d’emblée. Le public va-t-il suivre ? L’existence de ce « mois thématique » national tient déjà d’une sorte de « miracle ».
Trois propositions attirantes
Il faut signaler d’abord trois propositions attirantes.
Que va-t-il se passer quand deux familles échangent leur lieu de vie, entre Carouge et Sevgein (Grisons) (« 2 familles 1 Suisse » du 4 ou 8 novembre à 11 :00 sur La Première) ?
Comment résiste l’imposante série du début des années septante intitulée « 26x LA SUISSE » ( RTS 1 à 09 :00 puis RTS2 à 11 :10, dans une petite « niche » qui n’est pas destinée au grand public. J’en fus pour le numéro consacré à « Neuchâtel » et j’ai souvenance d’y avoir parlé de censures cantonales au cinéma.
Je cliquerai probablement pour savoir « Quel type de Suisse-sse » je peux bien être, question peut-être inscrite dans le sillage de l’impertinent Gulliver de l’Expo de 64, que nous fûmes quelques-uns à vouloir ressusciter en « Expo 02 » mais dont il ne reste que quelques milliers de réponses à un brouillon de questionnaire.
La mini-série « Les SUISSES »
Sur le plan technique, les chaînes suisses savent depuis longtemps collaborer lors de grands événements sportifs. Mais il s’agit cette fois de dépasser ce seul aspect technique pour aborder en commun une démarche créative.
La mini-série est composée de quatre émissions de cinquante minutes sous la direction de Dominique Othenin-Girard, de lointaine origine locloise à la carrière internationale ayant passé par Hollywood. Ses réalisations pour la télévision sont plus nombreuses que celles pour le cinéma. Dans le domaine de la télévision de prestige, il a déjà dirigé l’imposant portrait d’Henry Dunant, « Du rouge sur la croix » ( 2006). Le voici à la réalisation de ces quatre fois cinquante minutes, production assurée par »Triluna film », une société zurichoise. Le budget global s’élève à cinq millions, pour deux cents minutes. On en est à vingt-cinq mille francs la minute, peut-être le coût le plus élevé jamais atteint en Suisse pour une fiction audiovisuelle destinée au seul petit écran et à ses dérivés.

Ambiance de tournage pour le portrait de Nicolas de Flue, prise en juin 2012 / Photo Daniel Amann -DRS
On se retrouve alors dans le même esprit que la pub : à peu près tout est naturellement suisse, les paysages, les personnages, les acteurs, les créateurs, les techniciens, les doubleurs, les diffuseurs.
Formellement, la fiction occupe plus de la moitié du temps, y compris avec des effets spéciaux permettant de faire apparaître des centaines de personnages avec quelques rares cavaliers en armures ou soldats à pied. Des documents souvent anciens, des paysages de nos jours et des interventions d’historiens font de cette série un habile et efficace mélange de fiction et de documentation.
Le choix des sujets
La Suisse n’a pas eu de roi, d’empereurs, de dictateurs. Pas de Pape non plus ? Elle s’est construite entre gens de la campagne ensuite rejoints par des citadins nobles, bourgeois et prolétaires selon les siècles, uniquement alémaniques durant quelques siècles. Elle compte un certain nombre de fortes personnalités masculines qui ont contribué à forger l’identité suisse dans sa diversité. Première pierre d’achoppement : certains milieux ont regretté que point ne soit retenue de personnalité féminine. Mais certaines femmes sont fortement présentes dans les quatre épisodes, certes sans occuper de fonctions publiques. Il faut tout de même rappeler que dans la plus vielle démocratie du monde, les femmes n’ont reçu le droit de vote au plan fédéral que vers les années 70 du siècle dernier !

Sandry Utzinger en Hanna Stauffacher, fortement présente dans le premier épisode des « Suisses », « Nos ancêtres les schwytzois : Werner Stauffacher » ( Photo DRS – Daniel Amann)
Avec quatre épisodes de seulement cinquante minutes, il n’y avait pas place pour une douzaine de personnages importants. Il fallait bien faire des choix.
Deux épisodes à la fin de Moyen-Age
Le premier choix fut donc de s’arrêter aux origines de la Confédération, avec Werner Stauffacher le Schwytzois ( première moitié du XIVième) ( Mercredi 6 novembre – 20h10). Le deuxième épisode propose un double portrait, celui du « guerrier » zurichois Hans Waldman (1435-1489) et de l’ermite devenu saint, Nicolas de Flue (1417-1487). Les bases de la Suisse sont posées, avec ses conflits potentiels et ses efforts de rapprochements.
Dans ces sociétés médiévales, il y a déjà trois classes sociales, les détenteurs du pouvoir, ceux qui travaillent en améliorant leurs conditions de vie, les prolétaires condamnés à la stagnation ou à ne progresser que lentement. Parmi les premiers, règnent la noblesse et une partie du clergé. Les bourgeois des villes surtout sont artisans ou commerçants. Pour quelques riches gens de la terre, il y a beaucoup de pauvres.

Dorothea de Flue (Regula Grauwiler) dont certains ont dit malicieusement que c’est elle qu’il aurait fallu sanctifier puisqu’elle éleva seule ses dix enfants (Photo DRS -Daniel Amann)
On parle souvent de prière dans ces deux premiers épisodes, mais chaque fois ou presque, cela permet de calmer des revendications de quelques-uns trop pressés de connaître une amorce de confort en sortant de la pauvreté, la misère quittée avec peine. Les plus démunis s’adressent à Dieu quand une partie du clergé profite de richesse et de la puissance de l’Eglise sans se poser de questions sur sa légitimité. Les conflits entre ruraux et citadins sont fréquents. On peut se demander si ces conflits parfois importants tiennent plus de la mise en scène spectaculaire que de la réalité historique.
Les épisodes 3 (« Guerre civile en Suisse, Guillaume-Henri Dufour » – 20 novembre ) et 4 (« L’aventure du Gothard, Alfred Escher et Stefano Franscini » – 27 novembre) mettent en évidence l’émergence de la Suisse contemporaine. Ils ont le mérite de présenter un romand et un tessinois ! Nous y reviendrons
Helvéticus

Le petit truc rouge sur la tête du gars devant l’arbre rappelle le très légendaire Guillaume Tell qui n’aimait pas les baillis
« Helveticus » (Photo RTS – mai 2013)
L’exquise série dessinée sous le nom d’ « Helvéticus » est un véritable petit bijou, caché sur RTS 2 à 06 :30 et 10 :50, les lundis, mardis, jeudis et vendredis, destinée aux enfants de trois à six ans, qui se trouveraient devant le petit écran à ces heures bizarres. Mais ces quatre délicieuses minutes pourraient aussi charmer les adultes qui ont conservé un brin d’esprit d’enfance ! Nous y reviendrons.
D' »Elementary » à « Sous le dome »
« Unité 9 » sur TV5Monde FBS ( France-Belgique-Suisse)
Surprise que de trouver le lundi 28 octobre 2013 dans « Le Temps » aux deux éditeurs à égalité, mais vendeurs, une publicité adressée au public romand lui recommandant une « série québécoise événement », une plongée dans l’univers carcéral féminin, « Unité 9 », lundis soirs à raison de deux épisodes à la fois, à 23h10. Etrange que la RTS, qui affectionne les exclusivités, n’ait pas obtenu « Unité 9 » en avant-première ! Difficile pour l’admirateur fidèle de « Boardwalk empire » d’abandonner l’élan donné par Scorsese. Vu quelques minutes pendant la pub, présence pour une fois appréciée. Promenade faite sur internet, une certitude : « Unité ) » est une série très probablement intéressante. Ci-dessous une première image qui sert d’affiche :
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A un film intéressant je préfère désormais une série moyenne, à condition qu’elle soit partiellement récurrente, autrement dit qu’elle exige d’être vue en entier pour suivre l’évolution d’un récit ou des personnages. On a le droit de changer de priorités à tout âge !
Certes, le cinéma continue d’apporter grandes satisfactions ces dernières semaines, avec « Blue Jasmine » de Woody Allen, « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « Prisonners » de Denis Villeneuve, « Gravity » d’Alfonso Cuaron ou encore le prochain délicieux « The LunchBox » de Ritesch Batra, et depuis le 30 octobre, « L’Expérience Blocher », de Jean-Stéphane Bron ( co-produit par la RTS), films auxquels j’attribue une note supérieure à cinq ( sur 6 au maximum ).
Mais c’est vers deux séries qui apparaissent sur le RTS à des heures abordables que je fixe ici mon attention, « Elementary » ( jeudis peu après 21h00) et « Under the Dome( samedis aux environs de 22h00) (fyly – 29.10.13)
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Elementary
Le titre, d’emblée, se réfère à Conan Doyle, lequel prête à son personnage une formule victorieuse, le très « élémentaire, mon cher Watson », pour résumer les situations les plus complexes découvertes par la sagacité du détective britannique né à la fin du XIXe siècle. Mais Sherlock Holmès à New-York est d’apparence très éloigné de l’anglais qui se promenait dans les alpes bernoises ! Qu’importe, ne chipotons pas au nom de souvenirs de lecture que le temps efface.
La doctoresse Joan Watson !
Sherlock Holmès s’est ainsi installé à New-York où il est parfois consulté par l’inspecteur Tobias Gregson dont il fit connaissance à Londres alors que ce dernier étudiait les mesures prises en Grande-Bretagne contre le terrorisme international après les attentats du 11 septembre 2001. Il sort d’une cure de désintoxication. Son père le fait surveiller par une chirurgienne, la Doctoresse Joan Watson, devenue surveillante rémunérée d’anciens drogués. Holmès possède des tatouages qui sont paraît-il ceux que portent l’acteur John Lee Miller. La chinoise Lung Lie, que l’on vit en méchante dans un film de Tarantino, ne transige pas avec son mandat. Elle l’accomplit rigoureusement : il arrive même que des bribes de ses raisonnements soient utiles à Sherlock qui ne lui en veut même pas tellement.

Lucy Liu ( Dr Joan Watson) et Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) à New-Yprk
Il doit bien se trouver quelques puristes « conandoyliens » pour s’étonner de cette prise évidemment grande de liberté avec l’original. Les sériophiles ne manqueront pas de se livrer au petit jeu des comparaisons entre ce « Elementary » de la CBS et le « Sherlock » de la BBC lancé en 2010 et proche de sa troisième saison avec des épisodes de nonante minutes. Ma préférence va vers la série britannique avec sa transposition très réussie des enquêtes dans le présent du début de XXIe siècle. Un conflit devant la justice semble avoir opposé CBS et BBC.
Jouer au chat et à la souris Mais qui est le chat ?

Lucy Liu ( Dr Joan Watson), Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) et, au centre, Aidan Quinn ( Tobias Gregson, l’inspecteur américain)
Chaque épisode d’ « Elementary » dure 42 minutes, contre 90 donc au « Sherlock » de la BBC. La situation est claire : l’enquête du jour est forcément mieux traitée dans un épisode long que dans un court où il est difficile d’installer de subtiles nuances. L’intérêt se déplace vers les personnages. Comment vont-ils se comporter l’un à l’égard de l’autre dans ce qui est un jeu de chat et de souris ? Mais qui est la souris ? Le manège de Joan pour amadouer Sherlock est assurément amusant à suivre, dans les premiers épisodes. Tant le scénario que la réalisation prennent des libertés qui font sourire, telle l’obligation pour Sherlock de participer à des réunions de Drogués Anonymes sur le schéma utilisé par les AA ( Alcooliques Anonymes). Pour le moment, observons une bienveillante attention envers une série dont les débuts sont intéressants !
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Sous le dome
Trois bonnes fées : King, Spielberg, Vaughan
A l’origine, un pavé de mille pages au moins signé Stephen King, né en 1947 romancier, scénariste, survolant l’horreur, la science-fiction, le fantasque, qui aurait vendu plus de 350 millions de ses livres de par le monde. Stanley Kübrick a fait de son « Shining » un très grand film. Libre à King de le détester. Co-scénariste de « Sous le dome », il a admis de nombreux changements lors du passage de l’écrit à l’audiovisuel, la durée même du récit par exemple qui passe de la semaine à plusieurs mois.
A la production, deux partenaires pour CBS, Dreamks Work télévision et Amblin Entertainement : normal alors de lire en au générique le nom de Steven Spielberg, associé de près à l’opération.
Brian K. Vaughan est donné comme créateur principal de la série avec Stephen King. Selon certaines sources, il aurait travaillé sous la direction de J.J.Abrams pour la série « Lost ». Cette série imposante suivait une communauté d’une quarantaine de naufragés coincés sur un île qui semble d’abord déserte après la chute d’un avion. La petite ville de Chester’s Mill est brusquement enfermée sous un immense cloche transparente qui l’isole complétement du monde.
Faire connaissance avec des personnages
La construction, qui mettait dans plusieurs épisodes de « Lost » en évidence un personnage du présent face à son passé et parfois son avenir, pourrait se retrouver dans « Sous le dome ». Les deux premiers épisodes permettent de faire connaissance avec quelques personnages, Dale « Barby » Barbara, un ancien combattant qui se trouve par hasard dans la ville quand elle est coupée du monde, Big Jim, le seul membre du conseil municipal présent quand la dome s’installe, complice du révérend Coggins dans une histoire de trafic de propane. « Junior », le fils de « Big Jim », jaloux maladif, psychopathe, séquestre sa petite amie Angie. Julia, journaliste curieuse, semble garder les pieds sur terre, mais la disparition de son mari brise sa sérénité.
Parmi les belles idées, notons-en une qui concerne le son. Le mur invisible ne laisse passer aucun bruit, si bien que les prisonniers n’entendent pas ce qui se passe en dehors de leur dome.
Séance de rattrapage sur M6
Il se pourrait que « Sous le dome » soit une série qui s’installe dans la bonne moyenne du haut de gamme à intéressante valeur ajoutée. L’avenir le dira, le samedi soir sur RTS 1, aux alentours de 22 heures. Et pour qui aurait manqué un épisode, après un premier et, espérons-le, unique trio, une séance de rattrapage est possible sur M6, laquelle démarre le jeudi un peu avant 21h00.
Deux séries « historiques »
Voici deux séries qui se rattachent à l’Histoire, même avec un « H », qui ont le mérite de la plausibilité, avec peut-être une plus grande prise de liberté dans les Etats-Unis de la Prohibition des années 20 ( Boardwalk empire) que dans une petite ville du Jura français durant la guerre de 39-45 (« Un village français ») près de la frontière suisse. Une série qui s’inscrit dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée, le divertissement ne masquant pas le témoignage historique, offre aussi le réel plaisir de suivre un récit bien troussé et de découvrir des personnages intéressants. Essentielle, cette notion rappelée de plaisir !!
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Je voulais ici aborder deux séries liées à l’Histoire, « Boardwalk Empire* et « Un village français ». Le premier sujet est traité ci-dessous. Le second ne l’est pas. L’actualité m’a conduit à y renoncer pour le moment. « Le village français » reste donc en « à suivre »… Que l’on ne me tienne pas rigueur de ce changement( fyly – 28.10.13 )
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1/ Broadwalk empire ( RTS – lundis soirs vers 23h00)
RTS1 propose, depuis le lundi 14 octobre 2013, la troisième saison de « Boardwalk empire », une série apparaît comme un véritable « blockbusker ». La quatrième saison est déjà en route. C’est HBO qui a pris en charge cette production imposante. Le pilote aurait coûté près de vingt millions de dollars. Une autre source affirme que la reconstitution de front de mer d’Atlantic City en 1920 serait revenue à vingt millions de dollars. Le même investissement rapporté à deux faits rapprochés ? Il y a beaucoup d’argent dans cette série, et cela se voit.

Pour les besoins du tournage, une grande paretie de la ville de l’époque, notamment le front de mer, a dû être reproduite. Une prouesse qui a coûté vingt millions de dollars. (Texte paru dans « Le Monde »,13-14 octobre 2013 (Photos HBO)
Steve Buscemi
La série est fortement marquée par la présence de Steve Buscemi, grand acteur s’il en est, mais pas seulement. Il a écrit et réalisé quelques films qui n’ont pas laissé de traces et quatre épisodes de la série des « Soprano », où il est aussi interprète. Dans son impressionnante filmographie, mentionnons ses collaborations avec de grands cinéastes comme Jim Jarmusch, Abel Ferrrera, les frères Coen, Quentin Tarantino. Détail : dans le générique de « Boardwalk Empire », il apparaît dans la moitié au moins des quara on abord « Boardwalk empire ». il y figure parmi les responsables de la production. Il a signé aussi la réalisation du premier épisode qui s’inscrit parfaitement bien dans son œuvre qui revient sur les mafias de l’histoire des USA. La période de la prohibition manquait dans sa filmographie. Elle s’y trouve désormais, série ou films placés au même niveau dans la production de fiction audiovisuelle contemporaine.
Le nom de Martin Scorsese revient souvent quand on abord « Boardwalk empire ». il y figure parmi les responsables de la production. Il a signé aussi la réalisation du premier épisode qui s’inscrit parfaitement bien dans son œuvre qui revint en plusieurs occasions sur les mafias de l’histoire des USA. La période de la prohibition manquait dans sa filmographie. Elle s’y trouve désormais, série ou films placés au même niveau dans la production audiovisuelle contemporaine.
Enoch L. Johnson devient Nucky Thompson
Enoch L. Johnson (1883-1968) fut homme politique et maffieux du début du XXe siècle à la seconde guerre mondiale. Durant les années vingt, Il fut maire d’Atlantic City un des hauts lieux du trafic d’alcool durant la prohibition. Que le Johnson devienne Thompson permet peut-être de prendre certaines libertés avec des faits réels.
Al Capone
La présence de l’Histoire à travers une démarche de fiction passe aussi par des membres de la mafia devenues personnages. Lors d’incursions à Chicago, on y rencontre Al Capone, surnommé Scarface, qui fit aussi fortune dans la prohibition. Dans les épisodes 3 et 4 de la 3ème aison, il apparaît en père de famille indigné que son fils se fasse tabasser à l’école. Il lui donne une leçon d’autodéfense en lui imposant de le frapper, ce qui terrorise l’enfant qui ose à peine pleurer. Plus tard, on verra ce père de famille attentif battre à mort avec une incroyable violence un adversaire. Réalisme ou réalité ? L’important est que ce soit plausible.
Margaret Thompson en dame patronnesse
Quel est le degré de réalité de Margaret Thompson, veuve Schoreder, que son mari Nucky trompe désormais allégrement ? Je ne sais pas y répondre. Mais c’est d’abord l’occasion de souligner une des qualités formelles de la série, celle de la reconstitution vestimentaire.

L’élégance vestimentaire dans « Boardwalk empire » : Nicky Thompson (Steve Buscemi) et son épouse Margaret,(Kelly Mac Donald)
D’origine pauvre, malmenée par Schroeder, son premier mari, Margaret finit par mener aux côtés de Nuck la grande vie, mais faite aussi par elle de générosité dans sa lutte pour une meilleure information des femmes qui mal informées sur certains aspects de santé quand elles arrivent dans l’hôpital dont elle s’occupe. Savoureuse, la séquence de la rédaction d’un texte promotionnel par une religieuse, mais il ne faut par appeler les choses par leur nom !
Elle se lancera aussi dans la distribution publique de tracts féministes. Elle imposera à son mari même éloigné d’elle de recevoir une décoration remise par un important dignitaire de l’église. Mais l’avenir ( de la série) dira si elle restera ce personnage désormais lucidement positif et généreusement humaniste.
2 /Un village français (France 3 – mardis soirs dès 20h45)
( A suivre, mais dans quelques jours )
Psychopathes de séries : plutôt diviseurs que rassembleurs ?
Deux séries actuellement à l’antenne de la RTS, « Traque en série » et « Luther », une troisième jamais montrée par « notre télévision », « Dexter ». Un texte en cinq parties, assez indépendantes les unes des autres.
Après la fiche d’identité des deux premières, un rappel sur la nécessaire qualité de l’écriture. Rencontrerait-on trop de psychopathes ? L’audimat de « Traque en série » serait-il mauvais ? La RTS étonne par une assez paradoxale programmation.
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1/Fiche d’identité
Très curieuse, cette apparition sur la RTS de deux séries européennes qui ont beaucoup de ressemblances. Elles peuvent être rapprochées d’une fort connue série américaine, « Dexter ». Nous y reviendrons plus bas.
Traque en série
« Traque en série » est apparue sur la RTS le 25 septembre 2013 en duos, à 21h15, les mercredis soirs. La projection se termine le 30 octobre, toujours en premier rideau. La RTS prend ainsi de vitesse ARTE qui diffuse la série durant six semaines depuis 11 octobre à 20h50.
Cette série est une assez vaste co-production de 2010 qui regroupait à l’origine TV2 du DANEMARK, TV2 de NORVEGE, la ZDF allemande, une entreprise danoise chargée de la production, MISO FILM.
Luther
« Luther » est une série britannique qui date, elle aussi, de 2010, adaptée en version française par Canal + en 2012. Il semble ainsi que la RTS soit la première à la proposer dans sa case « Made in Europa » par duos – forcément ¨- le vendredi soir aux alentours de 23h00. La saison 1 comprenait six épisodes, la 2 en 2011 quatre et la 3 en 2013 4 aussi. L’auteur se nomme Neil Cross et quatre réalisateurs, Brian Kirk (2), Sam Miller (8 ), Stefan Schwartz (2) et Faren Blackburn (2) signent les mises en scène. Les audiences en Grande-Bretagne furent excellentes.
2/La qualité de l’écriture
Il n’est pas inutile de le répéter : l’une des conditions nécessaires pour qu’une série soit membre du club « haut-de-gamme à forte valeur ajoutée » tient à la qualité de l’écriture. Elle doit permettre à la fois de raconter des histoires passionnantes ou à tout le moins intéressantes avec des personnages à fortes composantes et multiples interférences entre les uns et les autres.
Ceci acquis ne signifie pourtant pas que le consommateur de la série va forcément se sentir à l’aise avec le sujet et les personnages. Peut alors intervenir une appréciation si prisée de réseaux sociaux installés sur internet, laquelle consiste à résumer son opinion d’une péremptoire « J’aime », qui ne donne qu’une réaction personnelle sans mesurer la qualité de l’objet. Dans ce monde binaire, à ce « J’aime » s’oppose le « J’aime pas » tout aussi personnel sans être un jugement de la valeur réelle.
3/Trop de psychopathes
Deux écritures brillantes, oui, certes, mais pourquoi ? On est alors frappé par d’autres ressemblances. Il s’agit une fois de plus de tueurs, et pas n’importe lesquels, de tueurs en séries. On est donc d’emblée de l’anormalité de cas extrêmement rares, sauf… dans la fiction télévisée des séries. Il n’y a pas le moindre effort fait pour se trouver devant une situation réelle ou à tout le moins plausible. Voir beaucoup de psychopathes dans deux séries que sont proposées la même semaine conduit à un sentiment de bien inutile abondance.
Dans les deux séries bien écrites, les enquêteurs et enquêteuses, ces dernières plus nombreuses dans les fictions de création que dans la réalité, souffrent aussi de certains troubles. Dans « Traque en série », il y a de sombres pages dévoilées avec parcimonie, tant autour de Katrine, réduite à son seul prénom que de Schaeffer, affublé de son nom de famille. Les problèmes qui affectent John Luther au passé trouble et au présent incertain (sa femme l’a quitté !), policier aux méthodes assez peu orthodoxes et Alice Morgan, au comportement trouble, se ressemblent. Les enquêteurs et les tueurs sont des psychopathes aussi inquiétants les uns que les autres avec leurs doubles personnalités certes différentes et leur comportement antisocial. Les comportements cruels et sadiques des tueurs laissent paraître la jouissance provoquée par des morts lentes.
Il faut faire par instants faire un réel effort pour ne pas fuir devant de tels personnages repoussants dans ces récits éprouvants. L’équilibre s’avère délicat à maintenir entre la reconnaissance des qualités réelles de telles séries et la marginalité des récits et des personnages qui les portent.
4/Mauvais audimat pour « Traque en série »
Dans son édition du 12 au 18 octobre 2013, « Guide TV » qui fournit chaque semaine des informations sur certaines audiences de la RTS signale que « Traque en série » a fait une piètre part de marché en deuxième semaine. Même si la part de marché est souvent induite par le « j’aime » / « j’aime pas », il vaut la peine de s’y arrêter puisqu’il n’est pas possible de mettre en cause la qualité de la réalisation.
» Guide Tv » amorce une explication un brin sommaire : ce serait le début de la chute des séries scandinaves pourtant si prisées, pas forcément encore par le grand public ni des parts de marché, mais assurément par ceux qui respectent les démarches créatrices de l’audiovisuel télévisé. Gageons que cette explication va combler d’aise ceux qui, à l’intérieur de la télévision, sont satisfaits des actuels principes de programmation des séries. Il se trouvera bien quelqu’un pour voir dans cet échec la preuve de la supériorité des séries unitaires américaines qui sont presque seules à occuper le premier rideau.
Ce n’est peut-être pas aussi simple que cela. On peut se demander si ce rejet qui reste à confirmer ne vient pas du sujet avec ces psychopathes où les enquêteurs souffrent et les tueurs sont des sadiques. Peut-être se trouve-t-on face à un « ras-le-bol » qui divise plutôt que de rassembler.
Ce rejet, s’il se confirme, devrait conduire les responsables des programmes de la RTS à se demander pourquoi ils ne parviennent pas à faire apprécier par un large public des séries de haut niveau qu’ils présentent un peu trop systématiquement à des heures peu attrayantes. Par le passé, la TSR a su s’attacher un public exigeant. Elle a continué de le faire ces dernières années en innovant avec des magazines informatifs ( « spécimen », « Zone d’ombre ») ou divertissants ( « Passe-moi les jumelles ») et dans les « Docs. Elle n’a pas su le faire, tant dans la présentation du cinéma d’auteur, le suisse en particulier, qu’avec les séries exigeantes, systématiquement reléguées en fin de soirée peu soutenues par une promotion timide.
5/Paradoxale programmation à la RTS
On peut former un groupe avec trois séries, « Traque en série », « Zone d’ombre » et « Dexter » qui ont de profondes et troublantes ressemblances à travers leurs psychopathes. Il devient intéressant d’observer la manière dont la RTS les inscrit dans son programme.
« Traque en série » dispose d’une excellente exposition à une heure agréable, un soir de semaine, le mercredi à 21h15. « Luther » met fin à la soirée du vendredi, tardivement, aux environs de 23h00. « Dexter » a été pratiquement interdit d’antenne suite à la décision d’un ancien responsable des programmes devenu soudain juge et moralisateur, décision maintenue par le suite.

Dexter (Michael C.Hall), en action transparente, durant la saison 8 – sur tf1 en super-nocturne et pas sur la RTS
Il est difficile de comprendre cette «programmation » qui manque à tout le moins de cohérence. Pourquoi une série en premier rideau et l’autre pratiquement « censurée » ? Avantager « Traque en série » plutôt que « Luther » permet de prendre de vitesse ARTE dont par ailleurs les faibles parts de marché sont parfois citées avec une once de supériorité.
On pourrait proposer une meilleure programmation si on présentait les séries récurrentes faites pour fidéliser le public épisode par épisode et non pas en duos. Mais, parmi les généralistes francophones, chacun s’aligne sur les chaînes commerciales que sont TF1 et M6. La TSR n’ose malheureusement pas faire preuve d’audace et d’originalité face à la création audiovisuelle comme elle savait et sait encore le faire dans d’autres secteurs.
Cinéastes à la télévision
Avis aux sériophiles : à ne pas manquer, à 20h45 sur France 3, les mardis 8,15, 22 et 29 octobre, ainsi que le 5 novembre, la cinquième saison d’une des dix meilleures séries que l’on puisse voir en francophonie ces cinq dernières années, UN VILLAGE FRANCAIS, douze épisodes proposés deux par deux et suivis de témoignages.
La RTS s’efforce, souvent avec un indéniable succès, de présenter bon nombre de séries avant les chaînes françaises. Ce n’est pas le cas ici. Alors, quoi : essayé, pas pu ? ou oublié d’essayer ? ou essayer au moins pour les deux prochaines saisons ?( fyly – 01.10.13 – 08h00)
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Même les revues de cinéma pourtant peu portées à s’intéresser à la créativité de la télévision prennent enfin conscience de l’importance des séries dans l’audiovisuel contemporain. C’est ainsi que «POSITIF », la meilleure revue en langue française, (numéro 632 – octobre 2013) tient rubrique de seize pages, sous le titre « Cinéastes à la télévision », saluée dès l’édito du « red-en-chef » Michel Ciment. On peut commenter cette contribution aussi bien d’un « Consécration méritée » que d’un « Enfin ! » que je lui préfère. Trois sujets y sont développés.
« Top of the lake » – Jane Campion
« Top of the lake », abordé en quatre pages avant d’en proposer quatre autres d’entretiens avec la réalisatrice Jane Campion, a déjà été remarqué dans des festivals de cinéma. Et c’est en voyant « Mad men » que la réalisatrice a choisi son interprète principale, Elisabeth Moss. A la question « Vous saviez depuis le début que ce serait une série ? », Jane Campion répond « Oui, je voulais écrire un film moderne, même si je ne sais pas si cela vous semble moderne ».

« Top of the lake » – Jane Campion ( BBC – USA – Australie/Nouvelle Zélande)
Elisabeth Moss dans le rôle de Robin Griffin. Sur ARTE les 7 et 14 novembre à 20h50.
« House of cards » – David Fincher
Trois pages sont consacrées à « House of Cards » de David Fincher, la première saison d’une série télévisée de treize épisodes, qui porte la responsabilité de la série entière, en ayant réalisé lui-même les deux premiers épisodes qui donnent le ton à l’ensemble.

Kevin Spacey et Robin EWright dans « House of Cards », une série dirigée par David Fincher ( Photo Canal +)
L’image manquante » – Rithy Panh
C’est sur ARTE qu’apparaît le dernier film de Rithy Panh, « L’image manquante », avant même une éventuelle sortie sur grands écrans. Cette première a lieu le mercredi 9 octobre à 20h50. Cette priorité accordée à une chaîne de télévision qui co-produit le film et s’occupe de sa diffusion est à souligner comme un événement qui est encore rare, mais ouvre à une œuvre des portes nouvelles que le grand écran est parfois avare d’offrir.
Ici, la notion de série prend une forme différente des deux premières. Rithy Panh poursuit sa réflexion de documentariste sur la tyrannie exercée au Cambodge par les Khmers rouges qui a déjà connu deux étapes, « S21, la machine de mort Khmer rouge » ( 2003) et « Duch, le maître des forges de l’enfer » (2011), où il donnait la parole à un tortionnaire. Cette « Série » est une contribution essentielle pour qu’un génocide ne tombe pas dans l’oubli.
Qui est l’auteur d’une série ?
L’illustration ? Juste en passant, un salut à « Plus belle la vie », puis l’occasion d’attirer l’attention sur une série danoise inédite, proposée par la RTS durant cinq semaines ( dès le mercredi 25 septembre à une heure agréable, 21h15), « Traque en série » et rappeler que « Borgen », autre danoise, s’arrête à la fin de la troisième saison ( vendredi 27 septembre dès 22h55). « Traque en série », avec cadavres, en premier rideau ! « Borgen » , sans cadavres, entre 23h00 et 01h00. Mystère de la programmation romande ? (fyly – 25.09.13 à 16h15)
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A qui attribuer la responsabilité de la démarche créatrice à la base de toute œuvre audiovisuelle de fiction ? Peut-on appliquer la « politique des auteurs » si efficace pour le cinéma, même si elle reste assez peu répandue ? Quelques réflexions amorcent une réponse.
« Sur », Par » ou « De » ?
veDans l’abondance de l’offre de la télévision, plus imposante que celle du cinéma, avec la multiplication des chaînes et des supports (téléviseur, internet, console, portable, DVD), comment faire pour choisir ? La télévision assure avec efficacité la promotion de ses programmes. Si l’on s’arrête un instant à l’audiovisuel de fiction, force est de reconnaître que constater que cette promo s’exprime fréquemment « SUR » le sujet, assez souvent disant « PAR » quels acteurs les rôles sont tenus, plus rarement « DE » qui attribue l’œuvre à un auteur.
La politique des auteurs
La notion d’auteur de films est devenue importante à partir de la moitié du siècle dernier sans parvenir à supplanter le genre et l’interprète. Les tenants de cette assez célèbre « politique des auteurs », souvent associée en francophonie aux « CAHIERS DU CINEMA » de la grande époque des années cinquante, avec les Bazin, Chabrol, Truffaut, Godard, Rohmer et bien d’autres restent pourtant aujourd’hui encore minoritaires.
Mais que faut-il pour qu’existe un film, notion qu’il faut remplacer par celle d’œuvre audiovisuelle, qu’il s’agisse de films ou de téléfilms, de fiction, de documentation, d’animation, de tous formats ? A la base économique, il y a la structure de production qui se charge du financement, de l’organisation de la fabrication et de la vente du produit fini aux multiples diffuseurs.

Laura Bach ( Katrine Ries Jansen, capitaine de police) et Jacob Dedergren (Thomas Schaeffer, psychiatre) dans
Traque en série, six fois deux épisodes de 45 minutes). Une nouvelle réussite danoise ? Probablement !
La création audiovisuelle en quatre étapes
Pour la création, il faut franchir quatre étapes
+ l’écriture du scénario et des dialogues qui tient de la littérature
+ la direction artistique qui assure la cohérence esthétique et tient des arts plastiques ( décors, couleurs, costumes, lumières )
+ la mise en scène qui se rattache au théâtre et repose sur les deux démarches qui précèdent pour diriger les acteurs et la caméra
+ les finitions, qui comprennent le montage, la sonorisation qui tient d’une sorte de musicalité qui ne se borne pas à la seule musique et la préparation des supports de diffusion
Le véritable auteur d’une œuvre audiovisuelle doit participer aux quatre étapes, mais la « politique des auteurs » n’a souvent retenu que l’étape de la mise en scène. Un film ou téléfilm d’une centaine de minutes est comparable à une nouvelle d’une centaine de pages.
Les soap-opéras
Depuis bien des années, la télévision donne naissance à des séries que l’on nomme avec un peu de mépris « soap-opéras » qui reviennent chaque jour avec la régularité métronomique d’un téléjournal. Sur la seule RTS, actuellement, le 24 septembre 2013, « Plus belle la vie » en est à l’épisode 2330, « Top Models » arrive au 6534 et « Les feux de l’amour » suivent à 6224.
Des unitaires aux récurrentes
Les séries qui en principe réapparaissent chaque semaine sont dans l’ensemble plus intéressantes. Elles sont de nature assez différentes. Les « unitaires » racontent une histoire différente à chaque mais avec des mêmes personnages qui restent semblables à eux-mêmes. Les récurrentes » proposent des récits qui progressent d’un épisode à l’autre avec plusieurs personnages dont le comportement se modifie. On retrouve alors les qualités de la grande littérature épique, dans d’étonnantes sagas souvent familiales. Entre deux se situent les « hybrides ».
La domination américaine
Les américains dominent largement le monde des séries depuis bien des années, mais dans nos régions occidentales, les anglais comme les français s’expriment parfois avec bonheur. Sur TSR, la programmation fait place aux heures dites de grande écoute, entre dix-huit et vingt-trois heures, à une majorité d’unitaires américains. Leur mérite tient à la fois à leur coût, cent francs la minute et à la force attractive qu’ils exercent sur le grand public. De nombreuses cases horaires sont occupées à moindres frais en maintenant les parts de marché annuelles à un bon niveau.
Programmation en duos

Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen), Katrine Fønsmark (Birgitte Hjort Sørensen), Erik Hoffmann (Kristian Halken) et Nete Buch (Julie Agnete Vang Christensen).
Crédit/Copyright : RTS/Mike Kollöffel
Borgen, Saison 3/épisode 2
A l’origine, les séries sont faites pour être consommées une par une à intervalles réguliers. C’est ainsi que cela se passe au pays des séries triomphantes, aux USA, où la fidélisation est particulièrement soignée en fin d’un épisode par un point d’interrogation ?
Curieusement, dans l’Europe surtout francophone à laquelle nous nous référons, le mode de diffusion n’est pas le même. On y présente des duos le même jour ou même des triplets. Ces habitudes des chaînes généralistes commerciales ont débordé sur les chaînes généralistes de service public. La RTS ne fait que suivre ces habitudes parfois en présentant certaines séries doublées avant les chaînes françaises, en s’alignant sur FT1 et M6
On doit aussi remarquer que les séries récurrentes sont programmées à la RTS en milieu ou fin de premier rideau, parfois même en nocturne, alors que les unitaires occupent les heures de grande écoute. Les unitaires d’un abord facile feraient-elles de meilleures audiences que les récurrentes ou les hybrides ? Le critère de qualité n’est donc probablement pas pris en compte.

Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) et Bent Sejrø (Lars Knutzon).
Crédit/Copyright : RTS/Mike Kollöffel
Comment aborde les séries récurrentes ?
La politique des auteurs, culturellement solide, prend en compte une notion de qualité qui n’est pas forcément confirmée par la quantité issue du box-office. Comment adapter cette politique aux séries récurrentes ? Il faut d’abord apprendre à se poser les bonnes questions. On commence à en deviner quelques-unes. Il est certain que l’écriture est désormais primordiale : on commence à parler du « Showrunner», le patron d’une équipe de scénaristes et dialoguistes qui a une vue d’ensemble sur la série qui se décline parfois en plusieurs saisons. Mais l’habitué à la politique des auteurs dans le sillage des « Cahiers du Cinéma » et maintenant peut-être plus encore de « Positif » ne sait plus très bien décrire le rôle que joue le réalisateur et comment se déroulent les finitions avec l’étape pourtant essentielle du montage. Un nouvel apprentissage devient indispensable. Ces lignes amorcent une réflexion
« La source » sur RTS2 avant France 2 !
Le vendredi soir, et pour deux semaines encore, c’est veillée tardive pour passer de magnifiques moments avec les personnages de « Borgen » que je place actuellement parmi mes cinq meilleures séries jamais vues. Et je continue de préférer une vision sur mon assez grand petit écran sans interruption que de m’installer sur internet. Comme je continuerai encore longtemps de préférer découvrir un film sur grand écran dans une salle obscure où le rideau se lève encore sur des promesses parfois tenues.
« Trois propositions vers 21h00
Dès lors, que faire avant 23h00 ? Repéré trois possibilités au soir du vendredi 13 septembre aux environs de 21h00 : sur France 2, « Les limiers » nos 3 et 4 de la première saison, sur ARTE un épisode de plus des enquêtes unitaires du scandinave « Wallander » , sur RTS2 les deux premiers épisodes d’une série française, « La source ».
« Les limiers », premiers plans : on recherche un violeur pour le meurtre de cinq femmes ! Passons à autre chose : il y a trop de meurtres de fictions, de viols, d’armes dégainées, d’affrontements violents. « Wallander » ? Du cousu main, solide, bien tenu par l’anglais Kenneth Branagh, mais apparemment aucune surprise.
Dès les premiers plans, le déclic se produit pour « La source ». Il y a certes la mort violente d’une certaine Mylène au comportement bien curieux alors qu’elle semblait fouiner subrepticement dans les locaux d’une entreprise. Mais ce sera tout ou presque pour la mort et les violences. Il faut une petite dizaine de minutes pour s’installer confortablement dans cette nouvelle série qui confirme le lent retour en forme du service public français. Cette étudiante charmante et intellectuellement douée, Marie Voisin ( Flore Bonaventura), qui gagne sa vie en faisant de la surveillance d’enfants chez les Lacanel, va se faire imposer d’espionner son patron, John, directeur d’une entreprise qui se livre peut-être à un vaste trafic de déchets toxiques. François Kalder (Edouard Moutoute), chef de la DCRI ( Direction Centrale du Renseignement Intérieur) mène l’enquête avec son adjointe Claire (Clotidle Courau). Esther Lacanel ( Maruschka Detmers) apprécie Marie qui, certes autoritaire, s’entend bien avec les enfants.
Kalder conduit autant une enquête sur la mort de son amie Mylène que sur l’entreprise soupçonnée de trafic. Marie ne comprend strictement rien à ce qu’on lui demande de faire, mais elle est coincée par de fausses accusations portées contre son frère accusé de terrorisme et jeté en prison. Et vogue la galère d’un épisode à l’autre. Si violences il y a, elles sont plus psychologiques que physiques. Et puis, ce personnage principal d’étudiante douée en gardienne d’enfants transformée en espionne contre son gré nous change des glorieux héros du genre. Il se passe donc quelque chose au royaume du service public français, inscrit dans la ligne d’un renouveau qui passe par « Engrenages », « Caïn », « Détectives », « Maison close » et quelques autres.
Maigre promotion sur la RTS
Alors on passe au stade suivant, en cherchant l’information qui doit bien être proposée ici et là par la promotion d’une série qui le mérite.
Pas beaucoup d’efforts entreprises par la RTS : pas vu de BDL ( à moins de l’avoir ratée), pas trouvé grand chose dans la presse spécialisée, les mêmes résumés dans le « Guide TV » et « Télétop matin », mais tout de même un entretien avec Christophe Lambert dans TV 8. Sur le site de la RTS, pas grand chose non plus. Quelques photos destinées à la presse sur rtsmédias. Dans « Sept + », la possibilité de revoir durant sept jours les deux premiers épisodes. Rien trouvé d’autre – mais je suis peut-être un plouc qui ne sait pas naviguer sur le site www.rts.ch ! Un peu court. Les responsables du programme ont fait ce qu’ils pensent être leur travail: la série apparaît sur RTS 2 à une heure abordable le vendredi 13, A V A N T sa première sur France 2 prévue pour le mercredi 18 septembre à 20h45. Mission prioritaire remplie. Mais ce n’est pas très exigeant !
Bel effort en France.
Dans la presse qui s’intéresse à la télévision, mais pas exclusivement, trouvé un élogieux développement dans « TV le monde » ( 16.09.13), une présentation nuancée dans Télérama (18.09.13). Même « Téléstar » qui ne passe pas pour s’arrêter souvent dans le au haut de gamme, une présentation plus longue que dans les magazines romands.
Sur google, simplement avec « La source – France 2 », un site complet avec différentes rubriques, vidéos, épisodes, présentation, personnages, galerie, interviews. Très riche. Une offre préalable, le premier épisode en « A première vue » du 11 au 18 septembre, puis une présence durant sept jours après la présentation sur le téléviseur.
Cela permet d’an savoir un peu plus sur le réalisateur Xavier Durringer, dramaturge et aussi réalisateur, en particulier d’un film de fiction qui n’a pas laissé beaucoup de traces, « La conquête ». une sorte de biographie de Nicolas Sarkozy interprété par Denis Podalydès lors de son accession à la présidence. Au scénario, on trouve Nathalie Suhard ( « Avocats et associés ») et Laurent Burtin (« Engrenages »), co-auteurs honorables de séries honorables. La distribution est plutôt brillante, avec Christophe Lambert ( John Lacanel), Maruschka Detmers ( Claire Lacanel), Clotilde Courau (Claire Périn), Edouard Moutoute (François Kalder) qui a été l’interprète au théâtre de plusieurs textes de Xavier Durringer. Et puis il y a cette presque inconnue Flore Bonaventura, excellente en Marie Voisin.
« La source » procurer un réel plaisir par sa modeste valeur ajoutée qui s’approche du haut de gamme. Elle prend place dans une catégorie qui comprend aussi des produits suisses comme « Dix » ou « L’heure du secret 1 » ( prochaine reprise, en attendant que « L’heure du secret 2 » confirme être meilleure que le 1), par l’écriture et en partie les interprètes plus que la mise en scène.
« LA GIFLE » sur ARTE
Sous le titre « Diversités en séries », Le Temps publiait, le 30 août 2013, plusieurs textes signés Nicolas Dufour et un entretien avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public, consacré aux séries majoritairement américaines programmées par la RTS. Le jeudi 12, en page 11 du même journal, le directeur de la RTS, Gilles Marchand, signe un texte intituté « Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public », qui est aussi une réponse aux contributions du 30 août. Accès direct au texte sur la page d’accueil du site rtsr.ch
Le débat n’est pas clos! Dans le domaine de la programmation, y compris de séries américaines à forte valeur ajoutée et du cinéma d’auteur, suisse en particulier, la RTS peut – d o i t – faire mieux ! ( Fyly – 12.09.2013 – o7:52)
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Les séries intéressantes, ambitieuses, à forte valeur ajoutée, cela vient de partout. En voici trois venues d’Australie, « Top of the lake« , attendu, « Miss Fisher enquête« , il y a peu sur France 2 et « La gifle« , actuellement sur ARTE. Mais on ne les retrouve pas forcément sur la RTS.
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Top of the lake
On attend donc de Jane Campion la néo-zélandaise, une série américano-britannico-australienne, tournée en Nouvelle-Zélande, « Top of the lake », six épisodes pour une durée d’environ six heures, présentée dans plusieurs festivals cinématographques qui, eux, se souviennent que la réalisatrice fut une des premières ( ou la ?) femme à gagner la palme d’or à Cannes, en 1993, avec « La leçon de piano ». Les producteurs ont investi deux millions de dollars sur chaque épisode. Jane Campion a co-écrit tous les épisodes, en a réalisé trois elle-même et confié à Elisabeth Moss (la Peggy Olson « Mad Men ») un rôle important.
Arte doit présenter un novembre une version probablement française de « Top of the lake ». il y aura peut-être enquête policière et qui sait, des meurtres aussi. Gageons qu’avec cette réalisatrice responsable du scénario on sera fort éloigné des séries unitaires répétitives. Reste à savoir si les belles-au-bois dormant sauf dans la forêt américaine ont tenté d’obtenir le droit de présenter la série sur la RTS avant son passage sur ARTE.
Voici comment le service de presse d’ARTE présente le film :
Jane Campion revient dans un festival de cinéma avec une série télé réalisée avec Garth Davis. Cette série de six épisodes intitulée « Top of the lake » décrit un petit monde au fin fond de la Nouvelle Zélande. Un petit monde fait de meurtres, de tatouages, de femme-flic, de petite fille enceinte, de communauté de femmes fantasques, de petits chiens choyés et de gros chien assassiné. Un monde a priori bizarre et violent, décrit avec mystère mais aussi, et c´est très important, avec humour.
Miss Fisher enquête
Nous avons eu l’occasion d’exprimer notre satisfaction devant la vivacité de cette série australienne récurrente à épisodes policiers qui aborde des milieux différents, y compris en politique, proposée réemment en version doublée par France 2. Les belles-au-bois-dormant de la RTS qui attendant minuit pour placer le haut de gamme ont peut-être l’intention de présenter cette excellente série en matinée pour les EMS dans quelques années.
L’actrice Essie Davis porte sur ses épaules pas si frêles miss Phryne Fisher et des tenues aussi élégantes et insolites les unes que les autres.
( On trouve ce texte sous FICTIONS EN COSTUMES – TROIS SERIES HISTORIQUES – 18.06.2013 )
La gifle
C’est une fois enore ARTE qui offre en version française une série australienne comme les deux ci-dessus. Comme les belles-au-bois-dormant de la RTS qui ont décidé que leur client ne sait pas lire des sous-titres, force sera d’attendre encore quelques mois pour voir sur le petit écran romand et ses multiples avatars cette série bien éloignée des polars et autres “medics” unitaires américains. On n’en savouera pas moins quelques belles soirées en premier rideau, les quatre jeudis de septembre dès 20:50 – deux par deux.Mais pourquoi diable une chaine aussi rigoureuse qu’ARTE fait-elle comme tous ses rivaux francophones en présentant ds duos d’épisodes faits pour être savourés l’un après l’autre chaque semaine ? Pour faire croire à un long-métrage habituel?
Très simple, l’idée, que l’on nomme parfois “pitch”, un résumé très court d’un scenario, destiné à convaincre en quelques mots de l’intérêt d’une histoire (selon wiktionary; important, de citer les sources !!).
Dans un milieu d’émigrants grecs installés à Melbourne, lors d’un picnic entre familles amies, un des invités gifle un gosse. Les parents de l’affreux jojo portent plainte. Les amis ne sont pas autant liés par l’amitié qu’on le pouvait croire.
Le doublage en français, fort bon, fait perdre les accents d’origine grecque de familles d’émigrés dans le milieu culturel anglophone de Melbourne. Mais on prend plaisir à voir de belles images, à entendre de plaisantes musiques, à observer le jeu nuancé d’excellents acteurs, à saisir peu à peu ce que les apparences d’une rencontre amicale peuvent cacher. On ne peut pas toujours affirmer que la mise en scène, en images et en sons dans les bons rythmes d’un montage fluide, soit d’un excellent niveau comme on le peut ici faire.
Huit personnages de même importance
La construction du scenario tiré d’un roman de Christof Tsiolkas est particulièrement intéressante, sans être nouvelle : chaque épisode présente un personnage. Ainsi sont-ils huit à cgacun peser un peu le même poids ; ce seront les élans ou les refus du spectateur qui vont privilégier les uns, rejeter les autres. Au montage conduit à une sorte de partition chorale à huit instruments. Certes, il y a l’unité de ce dimanche d’anniversaire qui tourne mal à cause d’une gifle. On y revient sans insistance. Ce qui va se passer avec chaque personnage se nourrit aussi bien d’un passé plus ou moins dévoilé en partie au cours de conversations que du présent d’un dimanche sinistre et du futur proche.
Hector (épisode 1- jeudi 5)
“Hector”, qui vient d’atteindre quarante ans, est le sujet du premier episode. Son entente avec son épouse Aisha connait des moments de tension ou d’indifférence. Le conflit entre eux latent éclate à cause d’un cadeau presque imposé par ses parents. Hector trouve vraiment exquise Connie, lajeune baby-sitter qui s’occupe deleurs deux enfants. Banal, assurément, mais la qualité de la mise en scène et du texte transcende souvent cette banalité ne serait-ce qu’à traverse des non-dits.
Anouk ( episode 2 – jeudi 5)
“Anouk”, la quarantaine elle aussi, affublée d’un amant beaucoup plus jeune qu’elle, est responsible d’un groupe de scénaristes qui écrivent les episodes d’un “soap opera” pour la television. On comprend assez facilement qu’ils ne travaillent pas sur un sujet aussi ambitieux que “La “gifle”. L’écriture doit être rapide, et souples les reactions pour accepter les directives imposant des changements. On voit Anouk voit vomir, puis se render à une consultation médicale. Reste à se demander à quel moment le spectateur pressent ou comprend qu’elle est enceinte. A quarante-et-un an, voilà qui pose problem. Elle prend une décision sans consulter son compagnon. Banal ? Pas certain ! Ici aussi la finesse de l’approche des personnages, les liens qui se tissent entre les uns et les autres, le rappel de l’incident de base sans tiennent lui de ce spectacle à huit instruments qui tient qui de la chorégraphie d’un ballet. La série apporte aussi d’intéressantes infofrmations sur une société autralienne qui n’est pas au centre de nombreuses oeuvres audiovisuelles. On en prend par instants plein la gueule avec des personnages qui sont plus aptes à se déchirer qu’à se comprendre.
“La gifle” a été présentée à Genève, au festival Tous Ecrans l’année dernière. Les “belles-aux-bois-dormant” de la RTS, responsables de l’achat et de la programmation des séries n’ont peut-être pas trouvé le temps de s’y rendre, trop occupées à rechercher parmi leurs achats les meilleures series à réserver pour les diffusions de minuit.


























