« Borgen »: saison 3
Sous le titre « Diversités en séries », Le Temps publiait, le 30 septembre 2013, plusieurs textes signés Nicolas Dufour et un entretien avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public, consacré aux séries majoritairement américaines programmées par la RTS. Le jeudi 12, en page 11 du même journal, le directeur de la RTS, Gilles Marchand, signe un texte intituté « Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public », qui est aussi une réponse aux contributions du 30 septembre. Accès direct au texte au centre de la page d’accueil du site rtsr.ch
Le débat n’est pas clos. Dans le domaine de la programmation, y compris de séries américaines à forte valeur ajoutée et du cinéma d’auteur, suisse en particulier, la RTS peut – d o i t – faire mieux ! ( Fyly – 12.09.2013 – o7:52)
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Sages, ces danois : ils ne vont pas surexploiter leur mine d’or. « Borgen » s’arrête à la fin de la troisième saison. Son auteur principal, Adam Price, appartient à la famille des meilleurs « showrunners », ces responsables de la structure d’une série qui dirigent des équipes de scénaristes et de dialoguistes.
Le plaisir des retrouvailles
Il y a d’abord un plaisir au premier degré, celui de retrouver une bande de « copains », et parmi eux d’y compter quelques amies ou amis. C’est un des effets positifs de la série récurrente qui se développe comme une imposante saga. Content de vous retrouver, Birgitte, Katrine, Kasper, Ulrik, Torben, Philippe, Layra, Magnus et les autres.
![BORGEN Saison 3-3 Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel - RTS]](wp-content/uploads/2013/08/5173119-300x168.jpg)
BORGEN Saison 3-3
Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel – RTS]
Contre une loi trop sévère
Depuis sa défaite électorale, Birgitte parcourt le monde en conférencière. Layra et Magnus grandissent. L’ancienne cheffe du gouvernement a gardé un plutôt bon contact avec son ex-mari Philippe, tout en ayant un nouveau compagnon. Mais elle n’arrive pas à oublier la politique, elle qui s’est refusée à faire des compromis sur les droits de l’homme. Or le parlement danois s’apprête à voter une loi sévère qui devrait permettre d’expulser plus facilement des étrangers considérés comme indésirables. Cela, Birgitte la centriste ne le supporte pas. Elle penche vers la gauche humanitaire plutôt que la droite sécuritaire. Elle veut donc reprendre le combat.
Candidate à la présidence de son parti du centre, elle est battue par 59 voix contre 51. Rentrer dans le rang ? Pas question. Elle décide, seule d’abord, de fonder un nouveau parti. Katrine, la journaliste de la première chaîne, qui élève plus ou moins seule un enfant en bas âge, prendra le risque de la rejoindre. Elle ne restera pas seule. Ses anciens amis vont devoir se définir par rapport à elle.
Anecdote : un certain Grabre !
Birgitte se présente à l’entrée de la télévision. L’entrée lui est d’abord interdite, car elle doit décliner son identité comme n’importe quel quidam. Et puis, un gardien n’est pas censé avoir mémorisé les visages du tout le personnel politique du pays, surtout deux ans après un retrait du pouvoir.
Exagération de scénariste ? Une anecdote m’est revenue, qui circulait à la TSR à la fin des années soixante. Un monsieur d’un certain âge se présente à l’entrée où il est sommé de patienter. Le gardien prend son téléphone interne, appelle Monsieur Dumur pour lui demander ce qu’il doit faire avec « un certain msieur Grabre » qui veut le rejoindre. Pierre Graber était alors président de la Confédération s’en attendu, sauf erreur, à « Table ouverte »!
Politique d’accueil
Fonder un nouveau parti national pour lutter contre une politique d’accueil des demandeurs d’asile jugée trop sévère, n’est-ce pas utopique ? Oui, c’est de la fiction. Mais tout de même, pour appuyer Madame Widmer-Schlumpff rejetée pour crime de lèse-majesté blocherienne, en 2008 en Suisse fut créé un nouveau parti, le certes modeste PDB.

BORGEN Saison 3 – 2
Johan Philip Pilou Asbaek (Kasper Juul),
et Birgitt Hjort Sorensen (Katrine Fonsmark) et le bébé
La vie politique suisse de 2008 présente quelque ressemblance avec la fiction danoise. « Borgen » est le reflet réinventé de certaines réalités politiques qui se restent pas confinées dans un petit territoire. Mais on pourrait faire un « Borgen » suisse, en s’inspirant en partie de nos réalités. Regarder« Borgen » en pensant à notre propre situation ouvre un nouvel angle d’approche sur cette série qui reste donc parmi les meilleures que l’on puisse voir actuellement.
Un plaisir gâché…..

BORGEN / Saison 3 – 1
Sidse Babett Knuden (Birgitte Nyborg Christensen) et Mikael Birrkjaer (Philip Christensen)
Je vais rabâcher au risque d’énerver le lecteur !! Il faut être au rendez-vous proposé par RTS 1, le vendredi 6 septembre 2013 à 23 :50, une demi-heure plus tard que pour les quatre autres duos d’épisodes présentés à 23h20. La fin de l’épisode 4, c’est pour 01h50 – mais oui, deux heures du matin! « Passe-moi les jumelles » qui a vingt ans mérite bien deux heures de fête en premier rideau. Les fanatiques du « Mentaliste » peuvent, ce soir-là, se plaindre de n’avoir eu qu’un numéro de leur série préférée. Les noctambules qui aiment « Borgen » pourront se taper comme d’habitude deux numéros successifs d’une série pourtant conçue pour être proposée épisode par épisode. Il faudra revenir aussi sur ce principe de programmation qui imite servilement les généralistes de France, commerciales mais hélas aussi de service public, qui accumulent parfois trois ou quatre épisodes le même soir. Un incroyable non-sens!
Cette programmation tardive est tout simplement un défi à la qualité, une provocation faite contre ceux qui rêvent d’une mise en valeur de ce que la fiction offre actuellement de meilleur parmi les séries récurrentes. Incompréhensible ! Inexcusable ! Mais pourquoi diable les responsables de la programmation sabotent-ils (faudrait-il écrire « elles ») le travail des créateurs ? Et où va se cacher l’esprit du « Siècle des Lumières » auquel le PDG de la SSR-SRG, Roger de Weck, se référait en accédant à sa nouvelle fonction?
Diversités en séries
Avertissement : je ne suis pas l’auteur du texte qui suit. Paru le 30 septembre 2013 dans le journal LE TEMPS, il est signé par NICOLAS DUFOUR. On y trouve entre autres un long entretien avec Matthieu Béguelin, président du Conseil du public de la RTSR. Les illustrations et leurs légendes ont été choisies par Guillaume Bonvin, le webmaster de site de la RTSR. Je me réjouis, bien entendu, qu’un tel texte soit accueilli dans le BLOG de la RTSR. (Fyly – 11.09.2013)
Lire plus bas le texte de Gilles Marchand, directeur de la RTS, « Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public », qui est aussi une réponse aux textes parus le 30 septembre, rappelés ci-dessus (Fyly – 12.09.2013 à 07:40)
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Le thème peut paraître anodin. Mais, en considérant l’importance culturelle et même sociale qu’ont acquise les séries TV, il a sa pertinence. La question de la place prise par les feuilletons américains dans l’offre de la RTS, par rapport à des productions d’autres régions du monde, peut se poser.
Il ne s’agit pas de rabâcher une fois encore l’opposition catégorique autant que surannée aux séries en provenance des Etats-Unis, longtemps – et toujours, par certains – dépeintes comme instruments de débilisation populaire massive. Dans un climat de concurrence féroce, la création télévisuelle américaine prouve, depuis quinze ans au moins, son audace et son acuité. Et, à mesure que le gros cinéma hollywoodien s’enfonce dans sa déliquescence mentale, l’intelligence de nombreuses séries états-uniennes n’en finit pas de resplendir.
La RTS ne démérite pas totalement. Elle diffuse, certes en mauvaise exposition horaire, quelques-unes de ces séries américaines haut de gamme, comme Boardwalk Empire. Elle absorbe un peu du réveil créatif qui se manifeste en France. Elle a manqué le virage scandinave, tout en se rattrapant tant bien que mal avec Borgen et, dans une moindre mesure, Varg Veum.

Le Trône de fer (souvent désigné par son titre original, Game of Thrones1), est une série télévisée américaine de fantasy médiévale adaptée pour HBO par David Benioff et D. B. Weiss. Il s’agit d’une adaptation du Trône de fer, une série de romans de fantasy écrits par George R. R. Martin.
Mais il est légitime de demander davantage au service public helvétique. Le diffuseur de statut national doit ouvrir les fenêtres. S’agissant de la diffusion de longs métrages, les cinéphiles – et le public plus largement – protesteraient si la TV publique ne montrait jamais, à aucun moment, des films du Japon, d’Espagne, de Corée du Sud ou d’Argentine, pour épingler quelques zones vives sur la carte mondiale de la production audiovisuelle. Désormais, cette exigence d’élargissement des horizons s’applique aux feuilletons. Tout indique que la série triomphe de manière globale, quels que soient son mode de consommation, la diffusion TV ou les déclinaisons connectées au Web. Il est temps que les services publics, et singulièrement la RTS, suivent avec curiosité et ouverture d’esprit cette expansion d’une certaine narration du monde.
Séries Américaines, L’overdose?
La surdose? Depuis la rentrée, et jusqu’à mi-septembre, la RTS aura mis sur orbite ou relancé pas moins de huit séries TV américaines. Des poids lourds tels que NCIS – pour une dixième fournée – et des nouveautés parmi lesquelles Chicago Fire, sur le thème classique de la caserne de pompiers, ou Smash, une comédie musicale. Des productions qui s’ajoutent à d’autres, toujours en diffusion ou récurrentes, comme Les Experts.
Chaque semaine, sur une centaine d’épisodes de 35 séries mis à l’antenne, plus de 70 sont américains (lire ci-dessous). Les fictions venues des Etats-Unis occupent les trois quarts des 5000 épisodes diffusés chaque année par les deux canaux romands, une proportion plus élevée que la part de marché du cinéma américain dans les salles (65%).
Alors que le débat sur le service public audiovisuel fait rage, cette question de la présence de la fiction américaine devient constante. Parfois en raison d’une opposition de principe, sans tenir compte du fait que, dans sa palette, la RTS propose des feuilletons américains faisant autorité, par exemple Boardwalk Empire. Toutefois, l’ampleur de l’occupation des grilles par un certain imaginaire «made in USA» interpelle. Auteur d’un postulat à propos des missions de la SSR, le conseiller national Filippo Leutenegger (PLR/ZH) ne veut pas trop s’avancer en termes de contenus, mais il estime que le divertissement fait partie de la question plus générale du service public, «qui doit être redéfini, surtout au moment où il dispose de moyens croissants face à un secteur privé en difficulté, en concurrence sur le même marché internet». Il relève les «absurdités» d’offres similaires entre les chaînes publiques – une émission de télé-réalité sur SRF, dans ce cas – et les émetteurs privés. Intervenant volontiers sur les questions de médias, la conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD), qui dit «adorer les séries», pose en préambule: «Est-ce que la RTS doit proposer des séries et du sport? Oui. Elle doit même avoir une programmation ambitieuse, aussi bien en cinéma que pour les séries, dont la qualité est parfois supérieure.» Avant de déplorer une «omniprésence des séries américaines, parfois d’une violence limite, comme Esprits criminels, montrée à 21 h, ou en fin de vie telles que Les Experts ou NCIS. Arte montre la voie avec une politique forte, tandis que la RTS a raté le coche de The Killing [Forbrydelsen, le suspense danois original], c’est révélateur… Ils semblent n’avoir plus d’audace.»

John Reese, un agent paramilitaire de la CIA présumé mort est engagé par un mystérieux milliardaire du nom de Harold Finch. Celui-ci a conçu pour le gouvernement, par le passé, une machine de surveillance de masse capable de prédire les actes terroristes dans le monde, en s’appuyant sur de nombreuses données comme les enregistrements des caméras de surveillance et des appels téléphoniques ou les antécédents judiciaires.
Directeur de la RTS, Gilles Marchand se défend, d’abord sur le principe: «La légitimité et la saveur d’une programmation de télévision généraliste, particulièrement de service public, tiennent à la diversité et à l’équilibre de son offre. Vis-à-vis du public, nous devons être légitimes. Tout le public, celui qui souhaite s’informer bien sûr, mais aussi celui qui aime les séries et le sport.» Et d’ajouter: «Il n’est pas juste de résumer la politique d’achat de fiction de la RTS aux seules séries américaines. La RTS est la chaîne généraliste européenne qui diffuse le plus de films de cinéma français. Ni TF1, ni France 2, France 3 ou M6 ne diffusent autant de cinéma français et européen.»
Si la fiction américaine envahit les grilles, c’est parce qu’elle permet de les remplir à bon prix. Hollywood arrose le monde avec des feuilletons souvent déjà amortis sur le plan national, en modulant les prix selon la taille du territoire. Dans le cas de la Suisse romande, évidemment, la facture est modique. La rediffusion d’un Columbo ou d’une Arabesque en journée ne coûtera qu’un millier de francs. Un épisode inédit en soirée reviendra à environ 6000 francs, très loin du tarif des émissions ou des fictions que la RTS produit elle-même. En moyenne, une série achetée coûte 100 francs la minute; une fiction maison 10 000 francs. Gilles Marchand le souligne: «Nous ne pouvons évidemment pas produire l’équivalent de ce que nous achetons. Nous concentrons donc nos moyens sur la production originale suisse en prime time et tenons nos positions de marché grâce aux achats dans le reste de la grille.»
Et la grille est avide: la fiction (cinéma, séries et téléfilms) la nourrit à hauteur de 65%, «une place énorme, et de nombreuses cases à remplir…» relève Alix Nicole, responsable des achats de fiction. Elle l’assure, «nous sommes conscients de cette omniprésence américaine, c’est pourquoi nous avons créé une case «made in Europe», et nous essayons de plus en plus de proposer les séries européennes aussi en rattrapage.» La danoise Borgen occupe par exemple cette case européenne dès ce vendredi… à 23 h 15. Les responsables de la RTS affirment ne pas faire davantage d’audience avec ce type de fictions s’ils les placent plus tôt dans la soirée. Et ils excluent de montrer des séries sous-titrées, convaincus que ce format fait fuir les téléspectateurs. Une option qui favorise les fictions américaines, déjà doublées en France.

Après une confidence d’un de ses informateurs, Carrie Mathison, agent de la CIA souffrant en secret de trouble bipolaire, est la seule persuadée que Nicholas Brody, un Marine américain libéré lors d’une opération commando en 2011 au terme de huit ans de détention par Al-Qaïda, a été « retourné » et représente un risque pour la sécurité nationale du pays. Sa persévérance, qui va virer à l’obsession maladive, pour suivre le comportement du Marine, va l’amener à déterminer si le traumatisme du soldat est réel, ou s’il participe à une conspiration visant les États-Unis.
De fait, les séries américaines ne dominent pas outrageusement les audiences. Dans le Top 100 de l’année 2012, que la RTS a fourni au Temps, la première série qui apparaît est un chapitre des Experts: Miami, en 27e position, après des émissions propres (Mise au point, A bon entendeur) ou des événements sportifs – l’année 2012 cumulait les JO et l’Euro. Il faut toutefois relever que cet épisode précède de dix places le premier film de cinéma du palmarès, qui occupe le 37e rang. Et ces fictions en feuilletons drainent fidèlement, chaque semaine en début de soirée, leurs 130 000 amateurs, ou davantage. Avec de bons scores chez les 15-49 ans, une cible fort appétissante pour les annonceurs ainsi que les comptables des chaînes de télévision. Y compris ceux du service public helvétique.
«La RTS Choisit Les Méthodes De Diffusion Des Grandes Chaînes Privées»
Président du Conseil du public de la RTSR, Matthieu Béguelin plaide pour une meilleure exposition des séries «à valeur ajoutée».
Le socialiste neuchâtelois Matthieu Béguelin préside le Conseil du public de la RTSR, représentant de la société civile dans les régions face à la RTS. Ce conseil se penche ces temps sur la question des séries américaines.
Le Temps: La RTS diffuse-t-elle trop de fictions TV des Etats-Unis?
Matthieu Béguelin: Il y en a trop, par rapport à l’attention que l’on pourrait porter à des séries européennes, par exemple de Grande-Bretagne ou du Danemark. Mais il existe des séries américaines à valeur ajoutée, telles que Boardwalk Empire ou Homeland, qui mériteraient une meilleure case horaire. Et dans le cas de Borgen, dont la RTS montre la troisième saison à plus de 23 heures, on ne comprend pas un tel choix. Rien ne justifie un horaire aussi tardif, d’autant que cette série est assez proche d’une réalité que le téléspectateur suisse peut appréhender. En outre, notre questionnement porte sur la diffusion par deux épisodes; pour des saisons qui comportent 10 épisodes, voire moins, et dont les histoires se suivent d’un épisode à l’autre, la diffusion est achevée en un mois, cela ne permet pas de fidéliser le public…
– A l’heure du DVD et du visionnement en ligne, montrer deux épisodes à la suite, n’est-ce pas une parade des chaînes?
– Elles ont commencé avant le téléchargement – peut-être l’ont-elles même, ainsi, favorisé… Aux Etats-Unis, qui ne connaissent pas cette pratique, les spectateurs attendent! Si c’est possible avec une offre aussi pléthorique que celle des chaînes américaines, on peut imaginer que le public suisse puisse aussi s’enthousiasmer d’une semaine à l’autre. Et il y a d’autres possibilités: la RTS avait montré sa propre série 10 sur Internet avant la diffusion…
– Les grosses séries montrées en début de soirée, «Les Experts» ou «The Mentalist», demeurent très populaires…
– Elles le sont peut-être parce qu’elles sont montrées à cette heure. C’est la poule et l’œuf. Nous demandons une soirée dédiée aux séries plus construites, qui pourrait commencer par Borgen en premier rideau, puis suivre avec Magic City vers 21h30, pour donner un exemple. Cette dernière a des éléments de violence, mais n’oubliez pas que le contenu des Experts ou de NCIS n’est pas très sympathique. On s’y attarde sur des meurtres, des crimes, des cadavres…
– La chaîne principale de la RTS diffusant davantage d’épisodes américains que TF1, cela pose-t-il une question en termes de service public?
– Nous ne sommes pas très satisfaits de voir la RTS choisir les méthodes de diffusion des grandes chaînes privées. Les grilles se ressemblent. L’argument selon lequel la chaîne publique doit séduire le public peut se retourner: le contenu peut amener un audimat. La qualité de certaines séries justifie une prise de risque. Se concentrer sur la plus-value, pour un rendez-vous hebdomadaire, permet d’aller chercher des bonnes séries en Europe, songez aux anglaises Black Mirror ou The Shadow Line, aux fictions scandinaves, aux nouvelles productions françaises comme celles de Canal +… Il ne s’agit pas d’être élitaire en disant que les gens n’apprécient pas assez les séries de qualité, mais d’affirmer que les téléspectateurs doivent avoir droit à la meilleure qualité.
– Dans ce débat, ne fétichise-t-on pas la diffusion TV alors que les consommations par le Web et les autres écrans s’accroissent?
– Manifestement, le public est toujours là. C’est même une raison de plus pour le fidéliser autour d’un rendez-vous, d’une offre différente. TF1 voit ses audiences baisser, la formule peut s’épuiser. La question est de savoir comment la RTS s’inscrit face à cette grande créativité des séries. Y compris pour ses propres productions. Si les Danois réussissent à attirer 1,5 million de spectateurs avec Borgen, pourquoi ne pas s’en inspirer?
Plus De 70 Épisodes Américains Par Semaine
En une semaine, RTS Un et RTS Deux diffusent deux fois plus d’épisodes de séries américaines que TF1. Le plus souvent, la seule RTS Un montre davantage d’épisodes que la grande chaîne privée française. M6, elle, s’illustre, parfois avec TF1, dans des diffusions-fleuves d’épisodes en soirée, mais demeure un peu plus modeste en matière de séries «made in USA». C’est ce qui ressort d’un pointage réalisé par Le Temps.

Mad Men se déroule dans les années 1960 à New York, au sein d’une agence publicitaire fictive de Madison Avenue.
Les grilles de trois semaines, d’environ 6 h à 2 h du matin, ont été analysées, en septembre 2012, janvier et août 2013. Chaque épisode de production américaine a été compté, y compris les soaps tels que Top Model, mais pas les téléfilms unitaires ni les programmes de jeunesse. Hormis M6, qui accuse une baisse du nombre d’épisodes américains en août dernier par rapport à janvier, les volumes restent stables. En septembre 2012, les deux canaux de la RTS montraient 74 chapitres de fiction américaine, respectivement 43 et 34. TF1 en proposait 37. En janvier, le diffuseur romand offrait 75 épisodes (RTS Un: 48), TF1 38. Et en août, les chiffres sont de 40 sur RTS Un, 31 pour RTS Deux et 41 sur le leader hexagonal. M6 en affichait 28.
Sur le service public romand, les séries américaines accaparent au moins 42 heures de programme par semaine – une estimation prudente, car il s’agit d’une moyenne entre les épisodes de 42 et ceux de 26 minutes. Entre le 17 et le 23 août 2013, la RTS se singularisait par l’occupation de trois débuts de soirée – en comptant le jeudi dès 21h15 – au profit des feuilletons américains; TF1 et M6 n’en consacraient que deux.
Durant les trois semaines étudiées, M6 a battu le record de diffusion d’épisodes en une journée, 14 (le 18 janvier). Chaque jour, la RTS, surtout sur RTS Un, montre entre 2 et 11 épisodes «made in USA», avec des pointes les mercredis et dimanches.
- Nicolas Dufour
- Articles repris du journal Le Temps de Vendredi 30 août 2013
A lire sur le même sujet : L’article du Blog de la RTSR
Cinquante millions en une année pour la production externe.
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Article paru dans le journal Le Temps du jeudi 12 septembre 2013 en page 11
Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public
C’est un de ces sujets récurrents comme les régimes en été ou les impôts en hiver: la présence des séries américaines sur les grilles des programmes de la RTS est régulièrement débattue. Trop de séries américaines, trop bien exposées et peu compatibles avec le mandat de service public, affirment les uns. Un excellent choix, en avant-première et en VO, soutiennent les autres, qui pensent au contraire que le service public ne doit mépriser aucun public.
L’occasion donc de refaire le point.
C’est un fait, il y a de nombreuses séries américaines programmées sur la RTS. Est-ce compatible avec le mandat de service public? Sans aucun doute. Pour au moins trois bonnes raisons.
Il y a tout d’abord d’excellentes productions américaines. Bien réalisées, bien jouées, bien rythmées. C’est d’ailleurs aux Etats-Unis que se produit l’essentiel de la fiction mondiale. Est-ce problématique de les proposer au public romand? Oui, s’il n’y avait que cela. Non, si elles ne représentent qu’une partie d’une grille de programmes équilibrée dans laquelle toute la fiction ne pèse pas plus que l’information (28%). Preuve en est l’engouement qu’elles provoquent. Surtout si elles sont bien choisies et proposées avant tout le monde, en VO ou en VF, sur RTS Un ou Deux.
L’expérience de service public ne se limite pas à la production suisse. Celle-ci est certes décisive, essentielle même. Mais le fait d’apprécier et de suivre ensemble, voire de commenter un programme, d’où qu’il vienne, est aussi une expérience collective importante.
Et la série américaine à deux autres vertus cardinales pour la RTS.
D’une part, elle fédère un public important, qui se retrouve ensuite en nombre sur les rendez-vous de production suisse. Le 19:30 ne ferait pas régulièrement 60% de part de marché, les magazines comme Temps Présent, Mise au point, ABE, TTC ou Passe-moi les jumelles, pour ne prendre que ces quelques exemples, ne tutoieraient sans doute pas les 40% de part de marché si la RTS ne cultivait pas, patiemment, la fidélité de son audience, heure par heure, minute par minute. Avec l’aide précieuse de la fiction achetée, qui évite l’éparpillement d’une partie du public romand sur les écrans français, M6 et TF1 en tête.
D’autre part, il faut le dire, la fiction américaine représente un rapport qualité-prix imbattable dans le monde de la télévision. A 100 francs la minute sur le marché suisse, la fiction américaine terrasse la concurrence. La fiction suisse, portée par la production indépendante romande, se situe, elle, entre 12 000 et 15 000 francs la minute. Et c’est normal, et même très compétitif à l’échelle européenne.
Pourquoi la fiction américaine est-elle si bon marché? En fonction du volume produit et vendu dans le monde entier, effet de masse bien sûr.
Certes, répondent quelques-uns. Mais pourquoi lui offrir une telle exposition! Pourquoi ne pas mettre d’autres fictions, européennes par exemple, plus tôt?
D’abord parce que, pour maintenir les excellents résultats d’audience de la RTS, il faut exposer en début de soirée ce qui rassemble le public et non ce qui le divise. Ensuite parce que, aujourd’hui, ceux qui veulent trouver des séries plus pointues les trouveront à partir de 22 h 30 sur la RTS, et à l’heure qui leur convient sur le site de la RTS +7. L’essentiel y est, pour tous les écrans, à toute heure!
Et, franchement, il n’est pas honnête de résumer l’offre de programmes et même de fiction de la RTS aux séries américaines.
Il y a d’abord les différentes cases de fiction réservées à la production européenne, notamment anglaise et scandinave. Ensuite, la RTS est la chaîne généraliste qui programme le plus de fictions francophones en Europe, devant les chaînes françaises! C’est l’industrie française du film qui le démontre, statistiques à l’appui. Plus de 80% des téléfilms diffusés sur la RTS sont tournés en français.
Enfin, depuis trois ans, la RTS a lancé une politique assez audacieuse de séries suisses, avec la production indépendante romande. 10, CROM, T’es pas la seule, 1 et 2, L’Heure du secret, 1 et 2, Port d’attache, prochainement A Livre ouvert, et d’autres projets encore sont nés de ces initiatives. Avec, à la clé, une grande exposition en prime time, un savoir-faire qui se développe, des réalisateurs, des comédiens et des techniciens qui peuvent être fiers, avec la RTS, d’un tel succès public.
Et n’oublions pas non plus le cinéma suisse francophone, soutenu par la RTS, qui livre chaque année son lot de productions saluées par la critique suisse comme internationale. Lionel Baier ou Ursula Meier, pour ne citer que ces deux exemples emblématiques, illustrent parfaitement cette nouvelle veine, tout comme Elena Hazanov, Denis Rabaglia et Jacob Berger, qui disposent d’une carte blanche au 19:30 le vendredi, pour un exercice considéré comme une invraisemblable liberté partout ailleurs en Europe.
Alors, oui, la RTS dépense moins de 10% de son budget de programmes pour acheter des fictions. Grâce à cela et à toutes les émissions qu’elle fabrique, elle résiste plutôt bien à l’explosion du paysage audiovisuel numérique, linéaire ou à la carte. La fiction offre ainsi un bon socle de téléspectateurs, fidèles à la production suisse. C’est une contribution à un service public, pour tous les publics.
Directeur de la RTS
Cinquante millions en une année pour la production externe
Vendredi 30 août 2013 : vous aimez les séries, surtout les récurrentes à grande valeur ajoutée pour atteindre le haut de gamme? Peu-être avez-vous lu le LE TEMPS avec cinq sujets signés par Nicolas Dufour en pages 1 et 3 :
Les écrans de la RTS envahis par les feuilletons américains
Editorial : Diversité en séries
Séries américains, l’overdose ?
La RTS choisit les méthodes des grandes chaînes privées ( un entretien de Nicolas Dufour avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public)
Plus que TF1
Ces différents articles sont à lire en suivant ce lien
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1/ Cinquante millions par année à la RTS pour la production externe ? Aucun lien avec la réalité. Un petit jeu de fiction financière : que pourrait-on faire avec cinquante millions par année ? Par grand chose, sauf d’acheter à tour de bras des séries américaines pas très ambitieuses déjà amorties sur le marché national. Tout de même une occasion de parler coût de production, de savoir un peu « combien çà coûte » ?
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2/ « Passe-moi les jumelles » ( plus simplement « Paju ») existe depuis vingt ans déjà. Cette émission contemplative honore la RTS qui la présente en premier rideau ( dès 20 heures, avec ses émissions originales.) Un hommage en images est introduit dans le texte.
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Troisième saison pour la remarquable série danoise, « Borgen ». Là aussi, dans le texte, un hommage par quelques images. Il faut protester contre la provocation faite par les responsables de la programmation qui n’exposent pas cette série avant 23h00 pour se terminer à près d’une heure du matin. Voilà comment l’on traite la qualité au royaume de la quantité reflétée par les parts de marché !
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Le téléspectateur devrait fonctionner au « coup de cœur » pour se laisser guider vers ses émissions préférées. A chacun de faire ses choix. Mais il faut aussi parfois aborder l’audiovisuel contemporain rationnellement. Il est facile de répéter qu’il y a trop de sports à la SSR-SRG., souvent installés en priorité sur RTS 2. Il l’est tout autant de regretter la place envahissante prise par les séries unitaires américaines aux meilleures heures, dès le milieu premier rideau, dès 21h00, sur RTS1, le « navire amiral », l’armada formée par les autres moyens modernes, internet, le portable, etc.
L’impossible transparence
Il vaut la peine de s’interroger sur ce que peut proposer la RTS, sur ses deux chaînes, durant quarante heures chaque jour de l’année. Il y a un problème d’argent, dont on entend rarement parler si le montant de la redevance est une sorte de monstre du Loch Ness ! Le souci de transparence n’est pas prioritaire. Combien çà coûte, une minute de « Téléjournal » ? Combien çà coûte, une minute de « Temps présent », ou de « Paju » dont on va dignement fêter le vingtième anniversaire ? Le sait-on vraiment ? Et si on le sait, accepterait-on de le dire ? Il n’est pas facile de répartir sur chaque émission les coûts de la rénovation de la Tour, de l’achat du matériel, du salaire du directeur des programmes, de de celui de l’assistante de la secrétaire de la responsable des achats des séries !
Le coût-minute de l’externalisation
Réponse possible, dans un domaine au moins. La télévision sait à peu près ce qu’elle dépense lorsqu’elle externalise sa production ou qu’elle procède à des achats d’un produit audiovisuel qui existe sans son intervention. On peut plus ou moins correctement estimer le coût pour une minute d’antenne.
Imaginons qu’une chaîne comme la RTS dispose de cinquante millions par année pour l’externalisation. Que pourrait-elle offrir, réponses approximatives données en heures annuelles de diffusion ou en minutes par jour ?
Les séries romandes du samedi soir
La RTS réserve quelques-uns de ses samedis soirs à des séries récurrentes. On attend pour cet automne la deuxième saison de « L’heure du secret » dont le tournage est pratiquement terminé. Admettons que l’ordre de grandeur du coût à la minute tourne autour des quinze mille francs. Cinquante millions permettraient de proposer trois mille trois cents minutes de programme :
55 heures pour une année entière ou 9 minutes par jour.
Objectif équivalent à « Borgen »
Un objectif à cinq ans devrait s’installer dans l’esprit des décideurs, pour arriver à faire en Suisse romande l’équivalent de « Borgen », il faudrait probablement pouvoir investir vingt-cinq mille francs la minute et décider de prendre le risque d’une programmation courageuse, au moins en milieu de premier rideau plutôt que le samedi soir à 20h00. Il y en aurait pour deux mille minutes :
33 heures pour l’année, entre 5 et 6 minutes par jour.
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La diffusion de la troisième saison de la splendide série danoise débute sur RTS 1 le vendredi 30 août 2013, à 23.15, le deuxième épisode se terminant à 01h00
Une fois de plus, cette programmation tardive est une provocante marque de mépris à l’égard de tous ceux qui tiennent en haute estime les séries récurrentes à forte valeur ajoutée qui prennent place dans le haut de gamme
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Co-production cinématographique : « Les grandes ondes » de Lionel Baier
La RTS a investi 350 mille francs pour les 85 minutes du film de Lionel BAIER qui vient de faire une première réussie sur le Piazza Grande de Locarno. Cela fait donc un peu plus de quatre mille francs la minute. C’est un assez gros investissement. Les cinquante millions permettent alors de proposer
210 heures annuelles, environ 35 minutes par jour.
Temps présent
Il est plausible d’estimer qu’un « Temps présent » de cinquante minutes coûte cent mille francs, donc deux mille francs la minute. On pourrait donc offrir vingt-cinq mille minutes
415 heures annuelles, un peu moins de 70 minutes par jour.
Côté « docs » avec « L’expérience Blocher » et « Le tableau noir »
Tant pour le premier (cent trente mille francs pour cent minutes) que pour le second (cent cinquante mille francs pour cent dix-sept minutes), on est autour de mille trois cents francs la minute. On disposerait alors de
615 heures annuelles, 105 minutes par jour.
Le tout venant de la série unitaire américaine
Les séries américaines, qui sont souvent produites par des chaînes à péage, comme certains films du reste, arrivent sur les marchés européens parfois entièrement amortis. C’est du « tout bénéfice ». Il n’est pas absurde d’effectuer un premier calcul en prenant un coût plausible de base de cent francs la minute.
Avec cinquante millions de francs suisses, on s’offre un cinq cent mille minutes d’antenne, de quoi remplir un canal 24 heures sur 24 :
8.500 heures annuelles, un peu moins de 1.400 minutes par jour.
Contribution à de bonnes parts de marché
Mille quatre cents minutes, ce sont à peu près vingt-quatre heures par jour. La conclusion est claire. Avec cinquante millions pour les achats et les séries américaines les plus commerciales déjà amorties, on peut faire tourner une chaîne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De plus, les séries majoritairement américaines contribuent à maintenir une bonne moyenne pour les parts de marché.
Répéter qu’il y a trop de séries américaines, c’est être un doux et utopique rêveur. Ces séries sont indispensables pour faire fonctionner le double programme de la RTS ; hélas !!
Il faut se battre pour une plus grande diversité dans l’origine des séries et des films de cinéma afin que certaines sources européennes, mais pas elles seulement, remplacent les sempiternelles américaines. Il faut que les séries à haute valeur ajoutée du haut de gamme soient plus souvent accueillies à des heures de meilleure écoute, par exemple en milieu de premier rideau (un peu après 21h00) plutôt qu’aux environs de minuit. La part de marché risquerait-elle d’être en baisse ? Mais que mesure l’audimat ? La quantité. La qualité est une valeur culturelle qui n’est pas prise en compte par une présentation de « Borgen » à 23h15 !!! Dit autrement : la RTS, qui s’aligne beaucoup trop sur l’esprit de TF1, devrait s’autoriser à « concurrencer » plus souvent ARTE.
La programmation de la fiction audiovisuelle est le point faible de « notre » télévision ! Elle est presque complétement l’esclave des parts de marché !! Doit faire mieux ! Mais le veut-on ?
Considérations estivales : III
Dans ces troisièmes considérations estivales, ce mardi 13 août 2013, deux sujets,
ci-dessous, le jeu avec gain « Cash à mille francs pour dix questions »
et plus bas le très et trop américanisé « Box-office à la carte«
Voir aussi « Considérations estivales II » et « Considérations estivales I«
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8/ « Cash » à mille francs pour dix questions
Les jeux télévisés s’inscrivent naturellement dans la volonté de divertissement de toute chaîne de télévision. On les quitte parfois en ayant appris quelque chose de plus, pas très souvent, mais au moins en s’étant un peu amusé durant quelques minutes, mission alors remplie par l’émission. « Cash » ( RTS1 – lundis peu après 20.00 durant une vingtaine de minutes). Et l’éventuel « fan » de l’émission qui peut-être existe peut la voir et revoir sur internet.
Le décor change plus que les plaisanteries
Il est assez fréquent qu’un jeu offre à des participants une récompense en argent, même si parfois cela tient du jeu de hasard. Vanesse et Enzo, selon l’habitude en divertissement qui réduit les gens à l’intimité d’un seul prénom, animent ensemble l’émission, le premier plus bavard que la seconde agréablement souriante. D’une semaine à l’autre, les plaisanteries restent un peu les mêmes si le décor, heureusement, change.

Enzo Y, présentateur de « CASH » avec un billet mieux que grandeur nature. Photo RTS – Kearney Anne.
Difficultés grandissantes des questions
Un jeu est réussi s’il permet au téléspectateur de jouer de son côté, en un acte d’activité timide mais honorable. Mais pour que ce téléspectateur puisse se comparer aux participants sans être écrasé par eux, mieux vaut tout de même poser quelques questions dont les réponses sont à la portée d’un assez large public. Ainsi les dix questions de « cash » vont-elles en croissantes difficultés. Pour ajouter un brin de sel ici ou là, voici la question 5 qui permet de demander au public la réponse, la 7 qui impose de choisir celui qui va la poser, l’un porteur d’une question facile, l’autre d’une difficile. La 9, elle, demande que l’un mime en muet quelqu’un au quelque chose que l’autre doit reconnaître. Et le duo des concurrents, au bout de dix minutes, reçoit deux fois cinq billets de cent francs en équitable partage pour ceux qui ont franchi les dix obstacles. Il arrive même que les animateurs doivent donner des indices pour que le jeu ne s’arrête pas à la question deux !! Bien sûr, d’une question à l’autre, d’une semaine à l’autre, Enzo tente de faire monter le suspens en faisant attendre son verdict « juste » ou « faux »!
Evidemment, les émissions se ressemblent beaucoup d’une semaine à l’autre, au point de provoquer une sorte de lassitude – mais ce problème du canevas sur lequel on brode n’est pas l’apanage des seuls jeux. « Un diner à la ferme », dans sa structure, doit tenir toute une saison et ne varie que peu d’une année à l’autre. « Cash » est une émission plaisante si on ne la voit pas trop souvent !
Les visages de ceux de l’ombre
Toutefois, on change de lieu et, avec deux caméras et une équipe d’une dizaine de personnes, on peut s’en aller faire quelque promenade touristique intéressante dans la localité choisie. Une formule originale pour le générique de fin : montrer dans le lieu d’accueil certains des collaborateurs qui font l’émission ce qui permet de faire découvrir au public des visages et pas seulement un nom dans le générique de fin que du reste personne ne lit quand il n’est pas coupé. Les « petites mains » méritent d’être tirées de l’ombre. Une émission ne se réduit pas à ses seuls présentateurs !

Enzo présentateur de Cash à Caribana, ambiance tournage 2010. Les images proposées par le rts médiapress privilégient les présentateurs. En voici tout de même une qui montre l’existence d’un de ceux de l’ombre, un caméraman qui reste pourtant anonyme.
Appel ou SMS à 80 centimes
L’argent est donc introduit dans la majorité des jeux. Il arrive même que ce soit le sponsor qui le mette à la disposition de la production. Reste que cette production pose aussi une question au téléspectateur qui semble avoir ainsi une chance de gagner cinq cents francs. Pour dire si XAMAX était un club de football associé soit à la ville de Berne, / taper un) ou à celle de Neuchâtel ( taper 2), il en coûte 80 cts par appel ou sms. En principe, il doit y avoir une répartition de ces 80 centimes entre différents partenaires. Combien de personnes – faut-il écrire de pigeons – pour répondre à des questions en général d’une grande facilité ? Un millier et c’est une recette de huit cents francs. Cinq mille et la recette se monte à quatre mille francs. Il en revient cinq cents au gagnant bien sûr par tirage au sort. Voici une forme de loterie qui pourrait bien être d’un rendement pour l’organisateur nettement supérieur à celui de la LORO, à laquelle les petits jeux de questions tellement faciles font probablement concurrence peut-être même déloyale !
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PS personnel
Bien entendu, le jeu y gagne quand on joue chez soi. Il y a trois positions possibles face à un jeu de connaissances larges plus que de culture générale qui ne se réduit pas à une réponse en un seul mot :
+ connaître immédiatement la bonne réponse
+ l’ignorer
+ mais avec l’âge qui progresse, le plus désagréable est de savoir que l’on sait répondre sans savoir retrouver les justes mots !!
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7/ « Box office » à la carte
Du lundi 1 juillet 2013 au 19 août, il y a bien huit semaines. Des milliers de téléspectateurs, probablement, ont choisi un film sur deux proposés chaque semaine. Nos remarques ne prennent pas en compte la décision finale du public, seulement le choix qui lui est offert. La RTS répète que son public fait son propre programme. Un peu court comme liberté de programmation ! Quel est le montant des recettes financières pas négligeables à coup de 80 centimes par message? Communique-t-on le rendement financier des appels ?
Sur seize films offerts, un purement français, « L’arnacoeur » de Pascal Chaumeil, attribué à la France en 2010. ( 19 août 2013)
« The ghost writer » est un film attribué à « G-B / Fr /(All ). C’est un grand film de Roman Polanski tourné en anglais avec une distribution presque totalement anglophone. Une certitude, le film ne peut pas être attribué aux USA. (5 août 2013).
« The tourist » est le titre français d’un film réalisé par l’allemand Florian Henkel von Donnersmarck en 2010 avec une distribution comprenant Angelica Jolie, Johnny Depp, Timothy Dalton. Il a coûté cent millions de dollars et en a ramassé paraît-il près de trois cents au niveau mondial. Il y a certes un co-produteur français, CANAL +. (19 août). Cela permet à la RTS dans son avant-programme de le faire passer dans la catégorie France.
Résumons : seize films proposés, treize incontestablement venus des USA, deux anglophones et un français. On ne peut pas dire diversité! Le premier rideau pour les anglophones même doublés en français !
Crossing lines : un « Blockbuster » ?
Ce texte se compose de trois parties qui présentent l’audiovisuel comme une industrie, se demande si « Crossing lines » est un « blockbuster » et finit par voir dans cette série franco-américaine plus américaine que française un pudding européen. On peut lire une partie indépendamment des deux autres.
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Des images de « Game of thrones », indéniable « blockbuster » illustrent les deux premières parties et d’autres de « Crossing lines » la troisième. Le choix de la première série veut rendre hommage à la perfection du spectacle riche et dense de « Game ». Il attire l’attention sur un des rares personnages féminins vraiment autonome, la blonde femme aux dragons. J’avoue une allergie à une accumulation de violences ( têtes coupées, épées plantées dans ces corps, femmes méprisées par des guerriers avides de profiter d’elles ). Je peine à me souvenir qui est qui, dans lequel des sept royaumes l’on se trouve. C’est un aveu de paumé devant tant de perfection formelle !!!
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Une afffiche pour la série
« game of thrones », en 2ème saison : JE PRENDRAI CE QUI M’APPARTIENT AVEC LE FEU ET LE SANG dit Daenerys Targaryen,fille d’un fou déchu de son trône, enceinte à 14 ans, ayant décidé d’abolir l’esclavage. C’est la femme aux trois dragons….
1/ L’audiovisuel est une industrie
L’audiovisuel est aussi une industrie puissante qui manie des millions et des millions, disons tout de même en priorité, de dollars. Les grands groupes ont compris, nettement mieux que les critiques figés dans leur conviction de la supériorité du 7ème art, que cinéma et télévision sont désormais très proches et souvent économiquement confondus. Le groupe américain de médias « Time Warner », au milieu de cette année, est euphorique. Sur grand écran, avec « Gabsy » et « Superman », il accumule de fructueuses recettes. Mais il se déclare aussi fort satisfait de ses activités télévisées : la troisième saison de la série « Game of thrones », produite par HBO, liée à Time Warner, vient de s’achever aux USA avec une hausse d’audience de plus de vingt pourcent. Et pour la télévision généraliste commerciale, l’audience et les recettes sont étroitement liées.
Fort budget et hauts revenus !
En audiovisuel, « Gabsy », « Superman », le très récent « Lone Ranger, naissance d’un héros » de Gore Verbinski, ce « Game of thrones » ou dans une moindre mesure « Crossing lines » fortement soutenu par TF1 sont des « blockbusters ». Rappelons en passant qu’un « blockbuster » est censé être un produit audiovisuel à fort budget et hauts revenus, production exceptionnelle sur les plans financier, matériel et humain.
Il arrive parfois que les hauts revenus soient aux abonnés absents. Il se pourrait par exemple que l’actuel « Lone ranger, naissance d’un héros », avec ses 250 millions d’investissement, connaisse l’échec dans son pays d’origine. Mais Walt Disney a les reins assez solides pour faire face à un éventuel échec.
2/ « Crossing Lines » en est-il un « blockbuster »?
« Crossing lines », qui retient ci-dessous notre attention, peut-il vraiment être considéré comme un « blockbuster » ? Certains indices permettent de le croire. Ces indices doivent assurément être apportés par le produit diffusé sur le petit écran. Ils tiennent aussi à des conditions de production, lesquelles sont parfois révélées par une lecture attentive des génériques, dont du reste la grande majorité des spectateurs se moquent allégrement. Mais y regarder de près permet parfois de comprendre comment fonctionne l’audiovisuel contemporain à travers sa diffusion sur téléviseurs et écrans associés – donc tout ce qui existe à l’exception du grand écran des salles de cinéma !
Importance du lancement
Pour préparer l’arrivée sur les grands écrans d’un « blockbuster », il faut investir des millions à la promotion. Difficile de dire, pour le moment, comment cela se passe quand il s’agit d’un produit audiovisuel pour les seuls écrans associés à la télévision.
On voit pourtant poindre certains signes. Admettons donc que « Crossing lines» soit porteur de l’ambition d’être à sa manière un « blockbuster ». Voici quelques conditions nécessaires pour vérifier cette ambition. Elles ne sont pas suffisantes. Et évoquons surtout « notre » télévision.
Premier moyen à disposition de toute chaîne: l’autopromotion, à travers une ou des bandes de lancements et surtout la répétition fréquente de leur passage à l’antenne. C’est ce que vient de faire et fait la RTS pour « Crossing Lines ». Cela tient d’une forme de matraquage.
Certaines séries, de loin pas toutes et pas forcément les plus intéressantes, sont proposées ensuite sur le site de la RTS durant sept jours, quand les droits ont été discutés et obtenus. Cette possibilité prolongée de les voir est aussi un signe de l’effort de promotion qui les met ainsi bien en valeur. A noter en passant que le dimanche 11.08.13 à 10 :00, «Le dernier élément » ( épisode 3) avait été vu 724 fois et « Sortie de route » ( épisode 4 ), 547 fois. Ces chiffres ne sont pas très élevés, mais il est difficile de les interpréter. C’est beaucoup ? Peu ?
Dans la presse et sur internet
Parallèlement, le produit soit être bien reçu dans la presse qui consacre tout ou partie de ses préoccupations à l’audiovisuel, cinéma et télévision confondus. C’est ainsi que le romand TV8, le meilleur des trois qui se battent sur le marché, vient de consacrer une couverture et deux pleines pages à cette série ( 20 juillet 2013)
« Télérama », le plus complet des hebdos consacrés à la culture en France, a donné beaucoup de place à cette série le 26 juin dernier.
« Le polar « Crossing lines» reste dans les clous » est accessible à travers un moteur de recherche en tapant « Télérama – Crossing line ». Je n’ai pas retrouvé l’équivalent du texte sous sa forme « imprimée ». Mais il est évident qu’internet est devenu une source d’information riche et précieuse, au point de se demander si nous ne sommes pas peu à peu entrés dans l’ère »google ».
Ecriture dans le sillage d’ « Esprits criminels »
Deux exemples parmi d’autres qui permettent de tirer les grandes lignes qui font l’originalité plus ou moins grande de cette série. Le responsable principal de l’écriture est Edward Allen Bernera, dont la sommet de la carrière est sa participation importante à la série increvable des « Esprits criminels », des dizaines d’épisodes indépendant les uns des autres. Aux USA, la série a trouvé l’appui de NBC qui a pourtant annoncé une audience de 4.38 millions pour les deux premiers épisodes liés, de 3.71 pour le non 3 et et 2.9 pour la 4.
En Europe, le principal partenaire n’est autre que TF1, qui ne passe pas pour la chaîne la plus originale dans le choix de ses séries. Et le générique nous apprend que le tournage a eu lieu en Tchéquie.
L’Europe des enquêteurs
L’idée de base est de créer un groupe de policiers formés d’un représentant par pays qui vont traquer les criminels qui ne connaissent pas de frontière pour accomplir leurs exploits. Ce groupe reçoit ses ordres de mission d’un représentant du TPI qui a son siège à la Haye. Les acteurs principaux viennent des Etats-Unis, d’Europe de l’Est, d’Allemagne, d’Italie, de Grande-Bretagne, de France, etc. De grands noms, Marc Lavoine ( France), Donald Sutherland (USA), William Fichtner ( un des personnages essentiels de « Prison break ») font monter l’eau à la bouche. La version originale est anglaise. Chaque acteur y participe paraît-il avec une pointe d’accent et parfois les mots de son pays. La version doublée pour TF1, elle, fait parler chacun dans un même français en limant des accents.
Et voilà assez pour pressentir le résultat : un plutôt fade et décevant pudding européen. Contrairement à « Game of Thrones », fort honorable « Blockbuster », « Crossing lines » traîne derrière lui des regrets ? La faute à TF1 ? Peut-être bien.
3/ Pudding européen plutôt indigeste….
( à suivre )
Bernadette Lafont
Bernadette Lafont vient de quitter notre monde à 74 ans. Des mots pour saluer celle qui nous aura donné, à la fin des années cinquante, quelques-unes de nos plus belles émotions de jeunes cinéphiles, elle qui passait pour l’ « égérie » de la Nouvelle Vague des années soixante ? Très peu, surtout quelques images :
Celle-ci d’ab0rd, dans un des plus beaux films de la « Nouvelle vague », « La maman et la putain » (1973), dont Jean Eustache, son réalisateur, disait que c’était un film fait pour ses acteurs. Heureuse réaction d’une chaîne généraliste de service public qui prend au sérieux sa mission dans le domaine de la culture. On a pu revoir sur le film le 29 juillet, avec près de quatre centa mille personnes en France.
Voici d’autres beaux souvenirs en images :

Bernadette LAFONT dans « Paulette » de Jérôme ENRICO (2012), son dernier rôle de vieille dame indigne qui se transforme en dealeuse d’une troublante efficacité.
Considérations estivales II
Au fur et à mesure des idées, des envies, il faut profiter de l’été pour vagabonder, ne pas vouloir coller à l’actualité sans pourtant la négliger. L’été, à la RTS comme ailleurs, ce sont des programmes, disons » allégés », tournés plutôt vers le divertissement, entre autres à travers les fictions, que la réflexion sur le monde qui nous entoure.
Voici l’état actuel de cette « production » estivale
6/ Vous avez dit « Diversité » (bis)
28.07.13
5/ Sur RTS1 : mardi soir 23.07.13
27.07.13
4/ Co-productions de la RTS au 66ème festival de Locarno, 7-17 août 2013
Voir ci-dessous « Considérations estivales I »
2/ Vous avez dit « Diversité »
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6/ Vous avez dit « Diversité » (bis) ?!
Dans ce titre, après lecture, faut-il garder « ? », ou « ! » ou les deux ?
Les mois d’été venus, la RTS laisse croire à ses adeptes qu’ils peuvent faire de la programmation, les lundis soirs, dans « Box office à la carte ». Il s’agit, moyennant finance, de choisir entre deux films de durées à peu près équivalentes. Et de ces quatre-vingt centimes par appel ou SMS, que fait-on s’ils sont des milliers ?

Roman Polanski, un des rares auteurs parmi les responsables des vingt-deux films présentés dans « Box office », avec ou sans carte.
Mais la durée n’est pas le seul élément d’équivalence. La RTS édite en couleur verte des avant-programmes. Ces documents en principe reflètent la réalité des programmes définitifs. Du lundi 1 juillet 2013 au lundi 12 août 2013, sept semaines furent consacrées au « Box office à la carte ». Sur quatorze films proposés treize proviennent des USA. Et le quatorzième n’est autre qu’un film tourné avec des acteurs britanniques en anglais par Roman Polanski, interdit de séjour aux USA.

Affaire très personnelle : une image de « The ghost Writer » de Roman Polanski, le meilleur film d’une série de vingt-deux films alignés par « Box office » du début de mai à mi-août 2013.
C’est l’été, période exceptionnelle ? Elargissons la période d’observation. Toujours selon les avant-programmes verts, du lundi 6 mai au lundi 24 juin, huit semaines, sur huit films, sept américains.. L’exception, cette fois, est française : il s’agit de « La fille du puisatier » de Daniel Auteuil.
Bilan : quinze semaines, vingt-deux films dont vingt américains. Vous avez dit « Diversité » ?

Intérieur – extérieur : un plan révélateur de la mise en scène de Roman Polanski pour « The Gost Writer »
Il faudrait que le patron de la RTS, que son responsable des programmes fassent quelque remarque à leur programmatrice de service, sinon on sombrera comme Titanic dans cette exclusivité à nonante pourcent américaine.
La lecture des noms des réalisateurs des films fait apparaître quelques présences d’auteurs connus ou reconnus : Roman Polanski, Clint Eastwood, Oliver Stone, Ridley Scott, Daniel Auteuil. Dix-sept autres noms peu ou pas connus : là au moins, dans ce cinéma de divertissement, il y a diversité.
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5/ Sur RTS1 : mardi soir 23.07.13.
« Exemplaire » : on se croirait sur TF1 !
« Le client » à 20 :40
Un ancien champion de Formule1 veut épouser la très jeune Mélanie qui attend un enfant de lui. Fred, hélas, est encore marié et celle qui n’est toujours pas son ex refuse le divorce. C’est gentillet, inoffensif, un peu amusant ; çà s’appelle « Le client ». C’est une production de TF1, proposée le mardi 23.07.13 par RTS 1 en premier rideau à 20h40. Vu le en entier, avec ennui devant l’anodin ! Cela passe pour un « téléfilm humoristique ». Je crois avoir lu au générique qui passe rapidement que la « RTS » était partenaire à je ne sais quel titre.
« Bienvenue aux Edelweiss » à 22 :05
Une femme en instance de divorce s’invente un nouveau fiancé pour que sa mère cesse de la harceler. C’est la première partie d’une mini-série de trois épisodes. Cà s’appelle « Bienvenue aux Edelweiss ». C’est une production de TF 1 proposée par la RTS1 ce mardi 23.07.13 à 22 :05. C’est donné comme un téléfilm humoristique inédit sur la chaîne romande. Pris assez rapidement la fuite devant trop d’anodine gentillesse !
« Opération Casablanca » à 23 :40
« Opération Casablanca » de Laurent Négre est une production suisse qui a coûté dans les quatre millions de nos francs. C’est, dit le dossier de presse de film, « l’aventure rocambolesque d’un jeune immigré maghrébin devenu pour un délit de faciès le suspest no 1 d’un complot terroriste mondial », traitée en comédie qui se veut décomplexée. Le rythme, inégal, manque de fluidité. C’est un film plaisant, pas une grande réussite.
La RTS et les produits-maison
La RTS, radio et télévision, ont fait bon accueil à ce film, en particulier lors de sa présentation aux Journées de Soleure en janvier 2011. Normal que la RTS soutienne la sortie d’un film dont elle est co-productrice dans une proportion que je ne connais pas – renseignements suivent ! Le public n’a pas très bien suivi, lors de la sortie en salle.

Il fallait veiller jusqu’à près de minuit pour voir cette image d' »Opération Casablanca », sur RTS 1, le mardi 23 juillet 2013…
Dans tous les secteurs, la RTS offre un excellent horaire de diffusion à ses produits maison et à ses co-productions, à deux exceptions près. Les séries à forte valeur ajoutée sont repoussée en fin de soirée. Le cinéma d’auteur et, dans cet ensemble le sous-ensemble suisse souvent co-produit par la RTS, subit le même triste sort. Les environs de minuit sont la norme.
Néfaste influence de TF1 !
Une anodine comédie produite par TF1, peut-être associée à la RTs, en début de soirée ! Une série anodine produit par TF1 en milieu de soirée ! Un film suisse inégal co-produit pasr la RTS pratiquement en nocturne ?C’est un exemple, mais hélas pas le seul !! Dans le domaine du cinéma d’auteur et celui de séries haut de fema, le modèle pour les horaires vient tout droit de TF1. Néfaste influience ! Le service public généraliste suisse, avec sa volonté de diversité, devrait s’en éloigner ! Oui, mais…
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4/Co-productions de la RTS au 66 éme festival de Locarno, 7 – 17 août 2013
Fière à juste titre, la RTS annonce la présence de sept films qui ont obtenu son soutien lors du 66èME Festival de Locarno qui se déroule du 7 au 17 août 2013. On trouve dans la page d’accueil du site de la RTSR le communiqué de la RTS.
Locarno sera donc l’occasion d’entendre parler sinon de tous du moins de certains d’entre eux, en particulier des trois longs-métrages très attendus, sur la Piazza Grande (« L’expérience Blocher » et « Les grandes ondes ») et en compétition principale (« Le tableau noir »).
Sources de financement
Sans argent, sauf extraordinaire exception de minimalisme, et encore, pas de film. Alors, pour une fois parlons argent mis à disposition des producteurs par les trois principaux soutiens du cinéma national, la RTS qui est aussi client puisque ces films apparaitront dans les programmes, le récent « Cinéforum » romand regroupement des forces de la Loterie romande, de quelques villes et des cantons et l’Office fédéral de la culture à travers sa Section du cinéma.
Voici, en milliers de francs, les apports de ces trois grands groupes en un tableau récapitulatif :
Locarno 2013 – les films romands RTS CINFO OFC
L’expérience BLOCHER – J.S.Bron (D) 130 182 260
Les grandes ondes- Lionel Baier (F) 350 800 900
Le tableau noir – Yves Yersin (D) 150 225 300
Sous total ( 3 LM) 620 1’207 1’460
4/L’harmonie – Bernard Harrisson(D)(60mn) 30 21 —-
5/Bonne espérance – K.Schlitknecht(F-court) 10 26 40
6/Hasta Santiago – Maura Cararo(Amin court ) 30 56 —-
7/La fille aux feuilles – Marina Rosset(Amin court) 9 25 36
Sous-total ( 1 MM / 3 CM) 79 128 76
8/A iucatta – M.Penetta (D-court) 35 67 45
9/Sortie de route – T.Aymon(F-court) —- 35 —-
Vigia – Marcel Barelli (Amin-court) 45 42 60
Sous-total ( 3 CM) 80 144 105
Totaux 789 1’479 1’641
Répartition en % arrondis à l’unité 20 38 42
Ces montants ne sont qu’une partie du reste fort importante – le 66 % – du coût total de ces dix films qui s’élève à 5’893 mille.
Considérées comme un tout, ces trois sources de financement, la RTS, le Cinéforum et la Confédération représentent donc un vingt pourcent pour la RTS, un peu moins du double pour le Cinéforum et un peu plus pour la Confédération. A noter que la confédération n’intervient que dans sept des dix films et la RTS dans neuf sur dix. Il est en effet important que des films puissent exister sans cette forme d’aide fédérale du reste précieuse. Il faut aussi observer que la télévision est un partenaire important, mais moins que le Cinéforum et la Confédération.
Il convient enfin de souligner une qualité essentielle dans ce domaine de la création audiovisuelle : les montants de l’investissement de la RTS et des aides romande et fédérale sont annoncés de manière transparente.

Version ancienne du « Tableau noir » ( 117 minutes), d’Yves Yersin « La montagne initiatique » durait plus de trois heures.
Exemples de coût à la minute
On peut donc sans trop de peine calculer, pour la télévision, le coût à la minute qui est un très important critère de mesure :
+mille trois cent francs la minute pour les 100 du document consacré à « L’expérience Blocher » par Jean-Stéphane Bron ( diffusion suisse, Frenetic – sortie 30 octobre 2013 )
+quatre mille cinq cents francs environ pour les 80 minutes des « grandes ondes » de Lionel Baier (diffusion en suisse Monopole Pathé – sortie 18 septembre 2013)
+ mille trois cents francs environ pour les 117 minutes du « Tableau noir » d ‘Yves Yersin ( diffusion en suisse par Filmcoopi, sortie romande le 20 novembre 2013).
A titre de comparaison, rappelons que la RTS investit entre douze et quinze mille francs la minute dans une série comme « L’heure du secret » alors que le tournage de la deuxième saison se déroule actuellement et en partie au Locle. Mais si vous désirez savoir combien coûte à la minute le « 19 :30 », « JO », « Les coups de cœur d’Alain Morisod », le « Tour de France » ou la « Formule 1 », la réponse risque d’être « on ne sait pas » ou « On n’a pas le droit de le dire par contrat » faute de dire franchement « On ne veut pas le dire ». La transparence, au moins dans la création audi0visuelle, est vertueuse.
Protection rapprochée
Vient d’être mis en ligne avec illustrations une première approche de « Person on Interest »
(Voir sous « Considérations estivales« , ci-dessous, point 3 – samedi 20.07.13)
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« Protection rapprochée », série danoise de deux saisons avec chaque fois dix épisodes d’environ cinquante-cinq minutes passe actuellement sur RTS1 le vendredi soir, dans une case réservée aux séries à forte valeur ajoutée, par duos jusqu’au 2 août 2013. La deuxième saison a été présentée sur la même antenne dès janvier 2012. Il s’agit donc probablement d’une seconde diffusion : pourquoi le taire dans les avant-programmes ? Par contre, l’heure tardive est compréhensible.
« Protection rapprochée » n’atteint pas le haut niveau de « Borgen » ni même de « Killing » ( dont il existe deux versions, l’une danoise, l’autre américaine). C’est tout de même une série à tout le moins intéressante, dont la notoriété n’atteint pas celle de « Borgen » y compris dans notre blog, la recherche « Borgen – série – Danemark » donnant dix-neuf références alors que le « Protection rapprochée –série –Danemark » n’offre que cinq allusions.
Mais la notoriété des séries danoises est maintenant une évidence un peu partout. Petit signe : vient de sortir un film intitulé « Hijacking » d’un danois, « Tobias Lindholm ». Le fait que Lindholm soit co-scénarise de « Borgen » est un peu partout mentionné.
Dans le bas du haut de gamme
Les Scandinaves doivent bien aussi avoir quelque part l’équivalent des fausses séries qui racontent une histoire par épisode sans prendre la peine de s’intéresser aux enquêteurs. Avec « Protection rapprochée », on est dans le bas en frôlant le milieu du haut de gamme à moyenne valeur ajoutée. Mais il est important de souligner quelques-unes de caractéristiques qui permettent à « Protection rapprochée » d’être supérieur aux séries de la RTS. Encore que les « nôtres » sont désormais honorables quand il s’agit de « L’heure du secret », « Crom » ou « Dix ».
La Police d’Escorte Tactique (PET) a donc pour mission de protéger des personnalités politiques contre toute forme d’interventions intempestives, attentats y compris, avec une consigne de discrétion qui devrait rester la plus grande possible. L’action y est souvent vive, avec un bon suspens. On ne va donc pas dégainer constamment pour tirer comme dans les séries américaines unitaires qui occupent les premiers rideaux un peu partout dans le monde, y compris en Suisse romande.
Une réalité politique plausible

Protection Rapprochée -Saison 1 -épisode 5 – Qui donc veut rendre impossible le mariage d’un ministre ?
Mais il y a ces « plus » qui font que l’on peut parler de « Protection rapprochée ». Il s’agit par exemple de protéger le ministre de la défense qui soit se rendre en Irak, de surveiller des milieux d’extrême-droite qui n’apprécient guère la nomination comme ministre de la culture d’une « secundos » originaire du moyen-orient, de veiller à la sérénité des participants à une conférence mondiale sur le climat qui se tient à Copenhague où la ministre britannique de l’environnement dénonce des pots de vin accordés à des experts pour minimiser le réchauffement climatique. Ou encore d’empêcher l’exécution d’un caricaturiste qui s’en est pris à Mahomet. Les allusions au terrorisme, les excès de milieux politiques extrémistes prennent peut-être plus de place que la routine de protection quotidienne alors que rien ne se passe. « Protection rapprochée » inscrit ses récits dans un réalité politique plausible sinon exacte.

Protection rapprochée – saison 1 – épisode 9 : il convient d’assurer la protection de la ministre de l’environnement anglaise qui dénonce des manoeuvres pour minimiser le réchauffement climatique.
Des femmes efficaces
Et à travers Jasmin el-Murad, efficace membre du PET à la vie privée non dépourvue de problèmes, on fait d’une pierre deux coups : l’engagement d’une danoise de la deuxième génération est aussi celui d’une femme. Une politicienne qui préside le gouvernement (Borgen), des enquêtrices efficaces ( « Killing », « Protection rapprochée » et bientôt « Le pont » ) : les Danois font la part belle aux femmes d’action dont la vie privée souvent difficile n’est pas occultée.
Considérations estivales I
Au fur et à mesure des idées, des envies, il faut profiter de l’été pour vagabonder, ne pas vouloir coller à l’actualité sans pourtant la négliger. L’été, à la RTS comme ailleurs, ce sont des programmes, disons » allégés », tournés plutôt vers le divertissement, entre autres à travers les fictions, que la réflexion sur le monde qui nous entoure.
Voici l’état actuel de cette « production » estivale
2/ Vous avez dit « Diversité »
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3/ « Person of interest ( RTS 1, dimanches dès 20H45)
Voudrait-on répondre à son addiction pour les séries en regardant chaque jour toutes celles qui sont proposées sur des dizaines de chaînes qui ravitaillent notre seule « étrange lucarne » qu’il faudrait que les journées durent plus de vingt-quatre heures. Dès lors, il faut bien disposer d’un certain nombre de critères pour établir un programme personnel. Il est possible de faire un premier tri des lectures, un second en tenant compte de recommandations amicales. Voici mes zigzagues pour parvenir à « Person of interest ».
Le « Ben » de « Lost » sur « Tf1 » ?
En mars dernier, Miriam qui connaît pourtant mes goûts et mes allergies prend le risque de me signaler qu’elle a vu un truc assez bizarre sur TF1 en premier rideau avec un acteur qui fut l’inquiétant Benjamin Linus de « Lost ». Faible attention, ce jour-là, pour cette info sur une série au titre étrange et un peu paresseux « Person of interest ». Je ne me nourris pas au biberon TF1 en premier rideau le mercredi soir, surtout quand on y aligne trois épisodes de suite, ce qui va à l’encontre du principe même de la série qui doit en principe être dégustée un par un, en provoquant le désir plus ou moins insupportables de le suite. Et puis, TF1 n’a tout de même pas la réputation de soutenir les séries récurrentes à scénario un peu trop complexe qui s’adressent en priorité à la spectatrice et consommatrice idéale, la ménagère de moins de cinquante ans !
Swonden et la « NSA »
Dans mon hebdomadaire lecture de l’avant-programme vert de la RTS, face au 7 juillet 2013, devant « Person of interest », un immense « ? ». Passage à l’acte le dimanche 14 !
C’est quoi, cette machine qui sait tout plein de choses sur des gens qui vont commettre un crime ou en être victime ? L’ambiguïté régnerait-elle sur cette imposante inquisition dans une série qui a démarré aux USA en 2011, apparue en Belgique puis sur TF et seulement en juillet 2013 sur la RTS qui pourtant se spécialise dans le passage avant toute chaîne française ?
Edward Swonden, actuellement en terrain neutre dans l’aéroport de Moscou a dénoncé l’espionnage universel mis en place par la NSA ( la Sécurité Nationale Américaine). Un traitre pour l’Etat américain, un héros, pour beaucoup de monde, qui ne prise guère l’existence même de « Brother ». Un système qui indigne les pays « amis » surveillés par les USA. Ressemblances étranges ! Prémonition, puisque la série date de 2011, le projet remontant encore plus le temps ?
J.J.Abrams
Et puis, ceci, important pour un mordu de série : un nom au générique, celui d JJ. Abrams ? Le créateur s’en est allé chercher dans « LOST » Michael Emerson, le Ben devenu Harold Finch, toujours aussi bizarre et inquiétant. JJAbrams, en séries, c’est, entre autres, « Alcatraz » ( 2012 – une seule saison, donc un échec pour le créateur), « Alias » ( 2001-2006 -5 saisons), « Lost : Les disparus » ( 2004-2010 – 6 saisons), « Fringe » ( 2008-2013 – 5 saisons), « Person of interest » ( en cours, 3 saisons). Abrams est chef de projet de série, producteur, scénariste, réalisateur,etc,,, c’est selon !
Une revue pointue et exigeante, « Les Cahiers du cinéma » (no 690 – juin2013), vient de consacrer de nombreuses pages, avec une précieuse filmographie qui concerne un réalisateur, un scénariste, un chef de projet de séries, à JJAbrams.
Faire connaissance avec Harold Finch
Vient alors une autre étape pour en savoir davantage, lequel va assez rapidement occuper deux bonnes heures sur internet aux bons soins du précieux camarade « google » : faire connaissance avec certains personnages. Harold Finch, le riche et boiteux ingénieur qui a conçu la machine, a pour assistant de plus en plus proche John Reeves : Avec l’inspectrice Carter vont se tisser des liens d’un épisode à l’autre donnant à « Person of interest » cette précieuse unité qui dépasse les séries unitaires avec leurs personnages certes récurrents mais figés.

Michael Emerson joue le rôle d’Harold FINCH, le propriétaire de la machine de « Person of interest ».
Voilà suffisamment de raison, même pour prendre un train qui est déjà en marche dès le cinquième épisode. La réflexion viendra après le visionnement à faire le dimanche 21 juillet. La tendance va vers la positif.

Taraja P Henson ( l’inspectrice Jess Carter) et Brennan Brown ( Nicolas Donnelly, personnage secondaire) dans « Person of interest ».
Un dernier détour : INDECT ?
Encore une rencontre faite dans cette promenade sur internet. Il existe un système financé pour l’Union européenne dit de surveillance intelligente se basant sur images et de sons recueillis par la vidéo surveillance. La machine qui observe des « comportements suspects » devrait être au point au début des années 2020. Ce système s’appelle I N D E C T. Il a déjà provoqué des manifestations contre cet esprit espionnage anonyme, sous forme d’affiche dénonciatrice ou de manifestation protestation.
Il y a entre la NSA ou INDECT et « Person of interest » des différences, mais aussi un point commun : « Big brother », inventé par George Orwell dans « 1984 » guette….
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2/ Vous avez dit « Diversité »
Dans le «Médiatic no 177 (juillet, août, septembre), ce texte en rubrique « papier d’émeri » » (page 11) de 7oo signes, espaces compris :
La concession oblige la SSR à la diversité. Dans l’ensemble des programmes, c’est chose acquise. Mais pas pour le cinéma suisse pourtant largement soutenu par le « pacte de l’audiovisuel » : sur la RTS, bon nombre de documents et la majorité des films d’auteur doivent poliment attendre 23h00 pour être montrés. Dans le domaine de plus en plus prisé des séries, le premier rideau de RTS1 (après 20h00, avant 22h30) est envahi par les polars unitaires américains. Les séries à forte valeur ajoutée, défendues par le Conseil du public, sont presque systématiquement rejetées à 23h00 ou même plus tard. Qui doit-on remercier pour cet étrange et original respect de la diversité à composante culturelle ?
En 2.1 – Deux semaines en juillet
Un exemple ou deux ne peuvent pas être considérés comme un échantillon de valeur scientifique. Mais quand on connait la rigidité des grilles de pratiquement toutes les chaînes de télévision, il y a fort à parier que les choses ne vont guère changer changer durant la période estivale qui s’étale sur environ deux mois.
Du 6 au 12 juillet, durant environ 1950 minutes en une semaine entre 20h30 et environ 01h00, on a trouvé mille trois cents minutes de produits d’origine américaine et cinq cent pour des produits européens. Plus de nonante pourcent du temps d’antenne pour la fiction divertissante, films et fiction. Et dans cette fiction, 68 % pour les USA. (voir ci-dessous, en 2.2, « semaine du 6 au 12 juillet 2013 )
Du 27 juillet au 2 août 2013, toujours sur RTS 1, toujours entre 20h30 et environ 01h00, sur les 1950 minutes, le même dépouillement donne 1440 minutes de produits américains et 400 autres, donc plus de nonante pourcent du temps d’antenne. Là, dans la fiction, les USA s’offrent le 77 % par rapport à tous les autres, suisse, danois et japonais. Une série intitulée « Crossing line 2 » a été classée dans le groupe USA.
En 2.2 – Semaine du 6 au 12 juillet 2013
Voyons comment la fiction s’empare des soirées de RTS1 entre 20h30 et 01h00 du matin environ, avec invasion américaine aux deux-tiers du temps disponible.
L’exemple d’une semaine prise parmi d’autres a de bonnes chances de se répéter ces deux prochains mois. RTS 1, de 19h00 à 20h30 environ, maintient heureusement et rigoureusement la présence d’émissions « maison », des téléjournaux ou la météo au « Dîner à la ferme » en passant par « Bye bye la Suisse » et « Temps présent ».
Ensuite, on entre dans des soirées thématiques divertissantes, sans s’occuper de dire si oui ou non on peut y trouver des qualités et les défendre ou flétrir des défauts avec une verve aussi percutante que celle d’Alix Nicole — bienvenue au club des critiques de télévision qui ne compte pas beaucoup de monde — pour « flinguer » dans “Télétopmatin du 16.06.2013, ‘DallasO.2″ qui n’est d’ailleurs guère enthousiasmant. il vaut la peine de savourer ce texte qui est une analyse assez acceptable de « DallasO.2 » :
(..) les producteurs ont perdu l’esprit de l’ancien « Dallas »: on ne retrouve pas le côté vénéneux de l’époque, çà manque d’aspérités. Il y a un trop grand décalage entre les vieux acteurs et la nouvelle génération. Des gamins dobybuildés côtoient un J.R presque grabataire. On essaie de mélanger l’eau et l’huile, du coup la sauce ne prend pas. (..) En voulant attirer les nostalgiques tout en draguant les jeunes, la série part dans tous les sens et on se demande à qui cela pourrait plaire. Les fans d’hier seront déçus et les autres n’y trouveront pas leur compte.
Il eut été intéressant de lire notre notre consoeur à propos d’une série de TF1, « JO », où la RTS apparait dans le générique.
Alors, en route pour goûter ce qui se passe sur RTS1 sept jours de juillet durant entre 20h30 et 01h00, environ 1950 minutes
Côté USA
- samedi 6 juillet : trois films, environ 310 minutes
- dimanche 7 : sept épisodes de séries, environ 250 minutes
- lundi 8 : choix en début de soirée entre deux films américains de 105 minutes chacun, plus trois épisodes de séries pour 140 minutes, en tout 245 minutes
- Mercredi 10 : cinq épisodes de séries, pendant 205 minutes
- Jeudi 11 : trois épisodes de séries, 110 minutes
- vendredi 12 : deux épisodes et un film d’horreur nocturne, 185 minutes
Total des produits américains : mille trois cents et cinq minutes
Les exceptions européennes, partiellement culturelles
- Mardi 9 : trois films français, 285 minutes
- Jeudi 11 : un portrait de cinéaste et un film suisses : 110 minutes
- Vendredi 12 : deux épisodes d’une série danoise, 110 minutes
Total des produits européens : cinq cents cinq minutes
Voici le 72 % aux USA et le 28 % à l’Europe réduite à un trio français, danois et suisse pour les mille et huit cents dix heures de fictions audiovisuelles. Le solde est occupé par la pub, les tirages de loterie et autres bandes de lancement De plus, les horaires octroyés aux présences suisse et danoise sont tardifs, à partir de 22h45 ou 22h35 pour prendre fin après minuit !
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1/ Un été nordique
Sous ce titre, « Le temps » ( Samedi 6, dimanche 7 juillet 2013) vient de consacrer près de trois pages à la Scandinavie, Danemark, Norvège, Suède et Finlande. Il va de soi que le sujet de l’édito de Pierre Veya, intitulé « Ces pays qui peuvent nous inspirer », devait forcément faire quelque allusion à l’audiovisuel. Et peut-être bien que les 5,6 millions de Danois, 5.0 de Norvégiens, 9,5 de Suédois et 5,4 de Finlandais forment un entité culturelle plus étroite et attentive les uns aux autres que nos quatre suisses, rétho-romanche, alémanique, italienne et française.
Deux allusions à l’audiovisuel :
(..)un dynamisme culturel insoupçonné comme le prouvent le triomphe des séries TV danoises, le succès planétaire des polars suédois » (..) (Pierre VEYA )
« Rayonnement mondial dans le domaine des séries TV, à commencer par les danoises ( The Killing, Borgen) (page 3).
Imaginons un tel texte paru dans les années soixante à quatre-vingt : on y aurait trouvé le nom d’Ingmar Bergman. Et dans les années nonante d’autres noms s’y seraient ajoutés, celui du Danois Lars von Trier, du finlandais Aki Kaurismaki. D’ailleurs les cinéastes cités ont tous travaillé ou collaboré avec des chaînes de télévision. Et avec la série « L’hôpital », Lars von Trier avait exploré en pionnier la voie désormais royale des séries haut de gamme.
Confirmation d’un fait désormais incontournable : on ne peut plus parler de créativité audiovisuelle sans s’arrêter aux séries télévisées. En Suisse, on est encore assez loin des scandinaves pour les séries, mais on sent monter l’envie….
Soirées thématiques
Une soirée d’au moins deux heures consacrée à un même sujet est chose très intéressante. Cela permet, bien entendu, d’en dire et montrer davantage que dans les modules habituels d’une heure au maximum. Une soirée thématique sera d’autant plus intéressante qu’elle aura des ambitions informatives ou culturelles plutôt que seulement divertissantes.
Mais d’abord, comment et pourquoi briser la rigidité de la routine. Puis viendront quelques exemples :
+ « Infrarouge » après « La part de l’autre » – RTS1 – à suivre
+ « Cosi fan tutte » – Mozart – Hanecke – ARTE – à suivre
+ Soirée papale – ARTE – à suivre
+ Football : coupe des fédérations – RTS2 – à suivre
+ Fictions américaines – RTS1 – à suivre
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Briser la rigidité de la routine
La rigidité des grilles de programmes est parfois éprouvante. Certains émissions sont formatées pour offrir, jour après jour ou semaine après semaine, des rubriques de même durée au même moment.
Ainsi le « 19 :30 » de RTS1 débute-t-il par deux petites minutes de sommaire, une répétition de son solde à 19h45 ( moins d’une minute). Un grand format met fin à ce que d’aucun appellent la « grand’messe », mais sa durée ne dépasse guère les quatre minutes. La structure générale est presque toujours la même, comme le générique de fin qui salue le responsable et ses quatre adjoints, sans que l’on sache ce que font les uns et les autres. Bien sûr, certains événements, accidents, faits divers occupent parfois l’antenne durant de longues minutes. Seul change le contenu.
« TTC », « Mise au point » et les autres reviennent chaque semaine dans le même moule. Même problème pour des magazines mensuels. Mais ce qui fait l’intérêt d’un « Spécimen » c’est, dans une grande souplesse, entre autres la diversité des expériences même si certaines sont parfois obscures tout en parvenant à titiller la curiosité.
Une soirée de durée variable, consacrée à un même sujet abordé sous des angles différents, brise heureusement cette routine. Il fallait une fois rendre un hommage à cette diversité sous diverses formes. Les soirées thématiques peuvent concerner un sport, ou des fictions de même esprit. Elles ne sont pas les plus enrichissantes. Celles consacrées à un même thème de société, à une approche culturelle, brisent la routine.
Ces quatre visages, pourquoi ? Pour briser la routine du texte, d’abord. Mais aussi pour rendre un hommage à l’équipe qui anime « Spécimen » six fois l’an, une des rares émissions de la RTS qui brise régulièrement cette routine. L’occasion est donc belle aussi d’ajouter aux deux images du présentateur les deux co-auteurs qui restent en général en coulisses.
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