« Dallas2.0 » : en France mais pas en Suisse romande

Que peut donc offrir  le retour de « Dallas », plus de vingt ans après le dernier de 357 épisodes ? Qui s’y intéressera, des fans de « DallasO.1″ ou du jeune public qui en ignorait l’existence ? Une incursion vers la diffusion aux USA, en France sur TF1 et son absence sur la RTS s’impose.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Mais d’abord un rappel :

Une deuxième saison pour la série SSR-SRG, chose rare encore....

Une deuxième saison pour la série SSR-SRG, chose rare encore….

Avis aux cinéphiles sériophiles : SSR-SRG et ses quatre entreprises du média télévision se sont unies pour proposer une deuxième saison entièrement consacrée au cinéma suisse. Ce seront donc, sur la RTS, dix portraits de cinéastes de vingt-six minutes, suivis d’un long-métrage nocturne, dix jeudis soirs dès 22h45. Le 27 juin 2013, ce fut  Ursula Meier (« Home »). Pour le 4 juillet, place à Fernand Melgar (« Exit »)

Fernand Melgar

Fernand Melgar

Ursula Meier tient son Ours à Berlin

Ursula Meier tient son Ours à (ou de) Berlin

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

« Dallas 2.0 »

 Souvenirs plausibles

 Des magazines les plus populaires consacrés à l’audiovisuel avec beaucoup plus de place pour la télévision que la radio aux plus exigeants comme « Télérama », ils s’y sont tous mis pour saluer le retour de « Dallas ». Il faut pourtant avoir au moins quarante ans pour se souvenir des derniers des 357 épisodes des quatorze saisons proposés en francophonie de 1981 à 1989.  Mais il y a aussi les plus jeunes pour qui « Dallas 2.0″ est une nouveauté. Sans avoir retrouvé d’anciens textes, je me souviens pourtant d’avoir alors mis du temps avant d’apprécier la subtilité de l’écriture qui déjà dépassait l’unitaire en introduisant dans chaque épisode la fin d’une anecdote, le développement d’une deuxième et l’amorce de la troisième. Les affrontements souvent violents des Ewing entre eux et avec les autres, autour du pétrole, de l’élevage bovin,  de l’argent, du pouvoir, du sexe, c’était – un peu – l’élan et la fureur de la tragédie antique avec JR  (John Ross), Bobby, Sue Ellen, Pamela et les autres?  Admettons.

Larry Hagman, JR, décédé d'un cancer le 23.11.2013. Dans l'épisode 8 de la deuxiéme saison de "Dallas 2.0", Jr sera enterré entouré des siens.

Larry Hagman, JR, décédé d’un cancer le 23.11.2013. Dans l’épisode 8 de la deuxiéme saison de « Dallas 2.0 », Jr sera enterré entouré des siens.

Avoir 20 ans et regarder « Dallas 2.0 »

Exercice difficile : j’ai donc désormais l’espace d’un intertitre et durant deux mille signes vingt ans seulement. Je viens de découvrir sur TF1 les samedis  22 et 29 juin 2013 en deux trios les six premiers épisodes d’une série appelée « Dallas 2.0 » dont je ne sais rien, sinon qu’elle comporte dix épisodes d’environ quarante minutes, qu’une deuxième saison a déjà été montrée aux USA et que la troisième est en tournage, ce qui fait en tout une trentaine d’épisodes.

John Ross Ewing III (Josh Henderson), digne fils de JRII dans "Dallas2.0"

John Ross Ewing III (Josh Henderson), digne fils de JRII dans « Dallas2.0 »

Cela fait donc une fréquentation de plus de quatre heures avec huit personnages principaux, quatre couples de deux générations différentes, les pères et leurs femmes avec les fils et leurs compagnes. Les liens directs existent entre les hommes. John Ross III, fils de JR II et de son épouse Sue Ellen, est le digne successeur de son père, un parfait salaud lui aussi. Christopher est le fils adoptif de Bobby, frère de JR, qui s’est remarié avec une assez exquise et touchante Ann. Les femmes n’ont guère de liens entre-elles sinon que mariées elles portent le nom d’Ewing. Rebecca Sutter est l’épouse de Christopher qui cherche  des occasions de gagner beaucoup d’argent. Elena Ramos, l’ex-fiancée de Christopher, est tombée dans les bras et le lit de JR III. Les femmes de la jeune génération sont peut-être plus ambitieuses et plus dures que celles de l’ancienne. Une certaine « gentillesse » s’incarne chez  Bobby et Christopher.

On s’affronte en de multiples domaines, forer à nouveau du pétrole ou s’intéresser à des sources d’énergie plus écologiques, décider de l’avenir du ranch de Southfork dont on ne sait plus très bien qui est le vrai propriétaire : voilà quelques causes de conflits permanents qui pourraient tout de même être plus violents.

Sue Ellen Ewing, (Linda Grey), épouse JRII, a des ambitions politiques; le pouvoir, bien sûr...

Sue Ellen Ewing, (Linda Grey), épouse JRII, a des ambitions politiques; le pouvoir, bien sûr…

La série est-elle « impitoyable » comme le chante le générique ? Pas vraiment. Les personnages sont-ils presque tous plus vénéneux les uns que les autres ? Ils manquent d’aspérités. La jeune génération est–elle aussi féroce que l’ancienne ? Ils ne sont pas aussi méchants et sardoniques que JRII ! En fait, voici une série qu’il est difficile de classer dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée.  Mais en étant indulgent, ce n’est pas trop mal !!!

La diffusion de « Dallas2.0″

Dallas2.0 aux USA : le succès ?

Ressusciter en 2010 un « Dallas2.0 » dans le sillage d’un « Dallas1.0 » vingt ans après « Dallas1.0 » n’est pas une démarche culturelle. Elle est commerciale. « Dallas2.0 » a donc été produit par une télévision privée américaine cryptée, TNT. Il fallait tenter de profiter de l’ancien succès pour en connaître un nouveau sur le marché intérieur et bien entendu le vendre le plus souvent possible dans le plus grand nombre de pays, ce qui représente tout simplement un bénéfice net. Est-ce une bonne affaire ?

Aux USA, il semble bien que la nouvelle mouture soit considérée comme un succès. Les audiences de TNT en millions de spectateurs pour les dix épisodes de la saison 1 furent les suivantes : 6.86 – 6.86 – 4.76 – 4.08 – 3.36 – 3.63 – 3.88 – 3.25  – 3.25 – 4.29. Difficile savoir ce que signifient dans un pays de 315 millions d’habitants ces données pour un chaîne privée cryptée dont on ne connaît pas le nombre d’abonnés. Mais on peut noter que départ a presque sept millions n’a pas été confirmé dès le troisième épisode suivi d’oscillations entre le 4ème et le 9ème avec une légère remontée au dernier. Aurait-on joué sur le départ pour les ventes mondiales ?

Par contre, il est important de signaler que les dix épisodes ont été présentées en neuf soirées, le deux premiers liés, ce qui respecte évidemment l’esprit même de toute série sur petits écrans, passer par petites doses en créant à la fin de chaque épisode suffisamment de curiosité pour espérer maintenir l’audience d’une semaine à l’autre

Dallas2.0 sur TF1 : l’échec

Le samedi 23 juin 2013, les trois premiers épisodes ont été suivis respectivement par 3,83 millions de téléspectateurs, puis 3.40 et enfin 3.20 – une perte de vingt pourcent en cours de soirée. Les informations numériques du deuxième samedi sont en baisse, qui vont de 2.88 à 2.66 en passant par 2,78. La baisse en cours de soirée n’est que de 10 % ce qui signifie peut-être que ceux qui sont restés fidèles à « Dallas2.0 » résistent mieux à cette accumulation d’épisodes de quarante minutes qui trahissent l’esprit même de série et deviennent ainsi un long-métrage occupant près de deux heures agrémenté, bien entendu, de coupes publicitaires non pas entre épisodes mais durant leur développement.

3.5 millions le premier samedi contre 2.8 le deuxième , c’est  une perte de 20 % d’une semaine à  l’autre. Le 30 juin, ces 2.8 millions représentent une part de marché d’à peine 14 %, largement inférieure à la moyenne annuelle de TF1. Il y avait ce samedi soir vingt millions de français devant leur petit écran dans une population de 64 millions. C’est l’échec, peut-être même un accident industriel. On ne sait pas encore si « Dallas2.0 »sera déprogrammé. Car dans une chaîne généraliste commerciale, on ne badine pas avec les échecs.

Dallas2.0 sur la RTS : l’absence !!!

L’alignement des responsables des programmes de la RTS dans le domaine de la fiction en séries américaines qui envahissent le premier rideau sur TF1 est un fait. On s’étonne de l’absence de « Dallas2.0 ». La RTS s’efforce de proposer les séries qui sortent en France en particulier sur les réseaux commerciaux avant leur passage dans l’hexagone. Récemment encore, la RTS figurait au générique d’une opération commerciale de TF1 centrée autour du pâle « JO » qui n’aura pas de deuxième saison malgré les annonces de victoire lors du lancement de la première saison. La RTS se serait-elle heurtée à un problème contractuel, faute d’avoir su en signer un qui lui donnait la priorité sur la chaîne française ?

A noter en passant que suivre « Dallas2.0 » sur TF1, c’est rester tout de même en territoire publicitaire connu puisque la chaîne française accueille à bras ouvert la publicité suisse ! On se sent « chez nous » !

Et bien non, l’absence de « Dallas2.0 » qui n’est ni meilleur ni pire que des séries américaines comme « Hawaï5.0 », « Les experts », « Le mentaliste » et autres séries si prisées pour le premier rideau procède d’une origine culturelle.

Dans « TélétopMatin » du 16 juin 2013, à la question « Fallait-il relancer « Dallas » ?, Alix Nicole, discrète responsable de la programmation des fictions sur RTS répondait « non ». Voici son argumentation : « Les producteurs ont perdu l’esprit de l’ancien Dallas : on ne retrouve pas le côté vénéneux, çà manque d’aspérités. Il y a un trop grand décalage entre les vieux acteurs et la nouvelle génération. Des gamins bodybuildés côtoient un JR presque grabataire. On essaie de mélanger l’eau et l’huile, du coup, la sauce ne prend pas. En voulant attirer les nostalgiques tout en draguant les jeunes, la série part dans tous les sens et on se demande à qui çà pourrait bien plaire. Les fans d’hier seront déçus et les autres n’y trouveront pas leur compte ».

Ce rejet se fonde uniquement sur une comparaison qu’une partie du public ne saurait faire. On  n’a pas souvent l’occasion de lire dans la presse romande une aussi brillante démolition d’une série américaine qui devait être de qualité et populaire autrement dit de faire bonne figure. Une telle sévérité pourrait aussi s’exercer à  l’égard d’autres séries proposées par la RTS. Mais il faut laisser à Mme Nicole d’avoir deviné l’échec admis par TF1 et de pouvoir affirmer sans hésitation que les fans d’hier seraient déçus et les autres, autrement dit les jeunes, ce public qui ne représente pas les meilleures audiences de la RTS, n’y trouveraient pas leur compte. Et que dire alors de « T’es pas la seule » ou  » Port d’attache »  : « Dallas2.0″ leur est tout de même supérieur !!

Mais n’est-ce pas aussi avec une telle sévérité lucide dans l’argumentation que la RTS oublie de montrer « Hatufim » d’Israël, « Miss Fisher enquête » d’Australie, « Détectives » de France 2, « Real humans » de Suède ou encore « Dexter » des USA ?

Fictions en costumes

Faire une première approche de trois séries de fiction en costumes, « Le trône de fer » ( RTS1), « Odysseus » (Arte) et « Miss Fischer enquête » (France3), profiter de l’occasion pour s’interroger sur la notion de « série historique », observer les principes de leur programmation, en duos ou trios, et dans quelles cases horaires : vaste sujet

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Information du dimanche 23 juin 2013

Sur D8, début le mercredi 26 juin d’une nouvelle série américaine, la première saison d’un western, « Hell of Wheels » qui en compte déjà trois, dix fois cinquante minutes, avec les trois premiers épisodes. Les premières lectures à ce propos mettent l’eau à la bouche. Le série s’inscrirait dans le sillage de l’immense « Deadwood ». Voici une première image :

Hell on Wheels dix fois 50 minutes sur D8

Et voici un résumé emprunté à Wikipédia

La série commence dans les années 1860, après la fin de la guerre de sécession et se concentre sur Cullen Bohannon, un ex-officier confédéré  à la recherche des soldats de l’Union qui ont assassiné sa femme. Sa quête vengeresse l’emmène à l’ouest, dans la colonie itinérante appelée « Hell on Wheels » au Nebraska, qui suit la construction du premier chemin de fer transcontinental aux États-Unis. Toutefois, les choses se compliquent quand une tribu Cheyenne attaque la construction ferroviaire, de peur de voir leur terre envahie par « le progrès ».

On en reparlera…..

*=*=*=*=*=*=*=*=*

A lire l’article « La part de l’autre » du 22.05.2013  avant la mise en ligne prochaine d’une sujet sur les « Soirées thématiques »

Trois séries historiques

2013. Game of thrones

« Game of Thrones » ( Trône de fer) , est une série HBO, actuellement présentée par la RTS les lundis soirs vers 22h40, en duos, les vingt épisodes des saisons 1 et 2 proposés du 3 juin au 5 août 2013. La 3ème saison est actuellement diffusée au USA et la 4ème serait en cours de tournage.

Games of Throne Le Mur

Games of Throne
Pour s’y retrouver avec les lieux : voici Le Mur derrière lequel règne un froid hivernal permanent

Au XVéme siècle ?

Cette « Heroïc fantasy » ( le « y » a tout de même un autre sens que le « ie » qui termine « fantaisie ») est tirée d’une série de livres de George R.R.Martin, adaptée par HBO par David Benioff et D.B.Weiss. Elle se déroule en sept lieux d’Angleterrre, probablement au XVéme siècle, plus ou moins inspirée par la Guerre des Deux-Roses.  La première saison, aux USA, a vu le public passer d’un peu plus de deux millions à près de trois. Et certaines sources indiquent plus de quatre millions de spectateurs pour la deuxième saison. En Belgique, elle attirerait environ deux cent mille spectateurs, qui représentent une part de marché de dix pourcent. Elle est assez largement donnée comme un remarquable succès international partout où elle passe.

Cent mille francs la minute

Cinquante millions de francs suisses auraient été dépensés pour la première saison de dix épisodes de cinquante minutes environ. Le coût –minute en francs suisses s’inscrit donc aux environs de cent mille francs ( rappel – la locloise série romande « L’heure du secret » se contentait d’environ quatorze mille francs la minute ). L’investissement est imposant pour « Game of Thrones » qui se révèle ainsi un peu équivalent à un « blockbusker » cinématographique. En effet, un certain nombre de scènes d’action, un duel à cheval, des affrontements entre armées de clans différents dans des paysages grandioses font parfois penser à certaines séquences de la trilogie du « Seigneur des anneaux » de Peter Jackson. C’est dire la qualité souvent tonitruante du spectacle, avec des paysages, des foules, des cris, de la fureur.

Games of Throne : la forteresse des STARK

Games of Throne :
la forteresse des Stark

Du sang  et du sexe

Un prudent logo rouge accompagne le film sur la RTS. A juste titre : les scènes violentes sont fréquentes, de rapières à larges lames pénètrent les corps des adversaires à faire jaillir le sang en cascade, des têtes sont coupées d’un rageur coup d’épée et pas seulement celle d’un cheval. Un prince peut bien réclamer sa couronne d’or : il la recevra faite de métal en fusion et y laissera immédiatement sa vie. De fougueux combattants fréquentent des établissements qui offrent repos au guerrier dans des scènes d’amour ahanantes. Et les princes ne sont pas en reste dans l’art des rapports amoureux, une partie d’entre-eux toutefois situés hors-champ. Mieux vaut en effet proposer cette série en fin de soirée. Encore que son accès soit possible durant sept jours après diffusion sur le site de la RTS, et sans logo rouge.

Abondance de lieux et de personnages

Le générique annonce sept lieux dont des seigneurs, princes ou rois, vont se disputer la principale place, celle du trône centralisateur. Les personnages principaux sont une bonne vingtaine et les secondaires plus encore. Les blondes dénudées et les combattants en armures finissent par se ressembler. On risque de peiner à les reconnaître tous sans se tromper. Il n’est pas facile de deviner toujours en quel lieu on se trouve, vers quel autre conduit le chemin emprunté.

Gamis of throne King's Landing, l capitale de Westeros

Game of throne
King’s Landing, la capitale de Westeros

Une certaine réserve personnelle…..

Je reste un peu « paumé devant ce grand spectacle tonitruant à tant des personnages. Perplexe aussi, à ne pas savoir si la densité des personnages, des lieux et des actions n’est pas proposée dans une certaine confusion.En résumé, au petit jeu des notes scolaires sur le 6 maximum, c’est pour le moment un 4 ½ d’attente prudente…

A lire: le site de la RTS vers Game of Throne

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

LE TITRE SUR LE SITE D'arte

LE TITRE SUR LE SITE d’ARTE

A consulter : le site d’Arte consacré à Odysseus 

« Odysseus » est une nouvelle série propulsée par ARTE en co-production avec la RAI, la télévision du Portugal et TV5 Monde, sans sombrer le moins dans le « pudding » européen. Les douze épisodes de 52 minutes sont présentés en deux trios ( 13 et 20 juin 2013) et trois duos ( 27 juin, 4  et 11 juillet 2013), avec début en une heure abordable de premier rideau (20h50).

L’atelier d’écriture

Condition nécessaire à la réussite d’une série : la qualité de son écriture. Arte a fait confiance à Frédéric Azemar, associé à Frédéric Krivine, qui sont deux des co-signataires heureux de l’excellente série « Un village français » ( Cinquième saison annoncée pour cet automne 2013 ). Azemar porte le titre de “Directeur de collection et d’atelier d’écriture. » Il a signé le scénario de quelques épisodes.

odysseus - l'auteur principal, Frédéric Azemar

Odysseus – l’auteur principal, Frédéric Azemar

Il y a désormais un petit monde des auteurs de séries qui s’inspirent les uns des autres. Dans l’entretien paru sur le site d’ARTE, Frédéric Azémar rappelle l’importance de HBO, cite le nom de David Simon, responsable de « The wire – A l’écoute ». Il se réfère aussi à David Milch, un des créateurs de “Deadwood”. La notion d’atelier est presque indispensable quand il s’agit d’écrire pour les six cents minutes d’une série comme “Odysseus”, l’équivalent de six longs-métrages de cinéma, avec les mêmes exigences.

Homère au VIème avant JC

Assurément, il ne fait pas oublier l’origine du texte d’Homère qui raconte, au VIIIe avant JC, dix ans après la guerre de Troie, l’attente à Ithaque du retour d’Ulysse. Ce serait bluffer que de vouloir jauger la fidélité ou non au texte initial tant est loin le temps de la lecture personnelle. Notons simplement qu’Azemar revendique une certaine liberté d’adaptation.

Un lieu unique: Ithaque

La reine Pénélope, (Caterina Murino) tisse sa toile en élevant son fils Télémaque (Niels Schneider) qui n’a pas connu son père, sous la surveillance plus ou moins bienveillante de son beau-père Laerte (Carlor Bandt). Pour eux, Ulysse n’est pas mort. C’est ce qu’un conteur leur confirmera durant le 3ème épisode, Ulysse réapparaissant incognito dès la fin du quatrième épisode.

odysseus Brandt + Murina + Schneider (Laerta + Penelope+ Telemaque)

Odysseus
Brandt + Murina + Schneider
 Laerte + Pénélope + Télémaque

A Ithaque A Ithaque, autour du prétendant Léocrite, les notables veulent que celui-ci épouse la reine, ce que celle-ci refuse, soutenue dans sa résolution par Mentor (Joseph Maluba). Télémaque est amoureux d’une apparente esclave, Cléa (Karine Testa). Autour de ces personnages gravitent des dizaines de silhouettes. Le lieu presque unique, Ithaque, des personnages bien campés, mais aussi présents dans une mémoire même lointaine, évitent les difficultés de compréhension qui nuisent à “Game of Throne”). C’est ainsi souligner d’emblée la qualité de l’écriture.

Deux acteurs suisses : Todeschini et Brandt

Bruno Todeschini : Théocrite dans"Odysseus"

Bruno Todeschini : Léocrite dans »Odysseus »

A noter que Bruno Todeschini, Carlo Brandt, acteurs suisses, trouvent dans cette imposante série internationale sous la houlette d’Arte, des rôles importants. Et c’est la même chaîne culturelle qui a donné un beau rôle aussi à Jean-Luc Bideau dans “Ainsi soient-ils”, qu’on vient de voir dans “DétectiveS” où il prend plaisir à se caricature un brin. Comment se fait-il qu’ils soient absents dans les séries suisses – à l’exception récente d’une brève apparition de Brandt dans “L’heure du secret”? Un problème de moyens financiers pour obtenir la signature de contrats ?

La mise en scène de Giusti       

A s’interroger sur l’écriture, on s’éloigne ainsi de la mise en scène. Celle de Stéphane Giusti, un français d’origine italienne, est à première vue honorable sans être tonitruante. Les paysages, les costumes, les acteurs ou les amorces de scènes de foule sont bien mis en valeur. L’oreille, parfois, est un peu choquée par certains accents dont on ne comprend pas forcément la raison. Le recours est assez fréquemment fait à des séquences à deux personnages, avec un montage simple qui se veut efficace mais s’avère peu nuancé en champ et contre-champ. Et il y a une sorte de retenue un peu maladroite lors de certains affrontements. Les scènes d’amour ont une certaine tendance à ressembler les unes aux autres. Il se pourrait bien que la réalisation ne soit pas à la hauteur de l’écriture… Et peut-être que les finances disponibles étaient un peu étroites…

Note actuelle personnelle, un cinq sur six qui pourrait bien se revoir à la baisse !!

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Pour présenter "Miss Fisher enquête"

Avant 1928 !

Il s’est passé plein de choses pour Miss Phryne Fisher, d’une famille australienne pauvre mais devenue plus confortable après la guerre de 14-18 qui a décimé la branche anglaise des Fisher. Phryne est devenue très anglaise, élégante et aisée. Mais elle décide en 1928 de rentrer au pays natal pour y poursuivre éventuellement une enquête sur la très ancienne disparition de sa petite sœur. A Melbourne, elle se donne pour mission de donner une éducation aux jeunes filles sans perdre son temps sur les bonnes manières, en leur donnant le goût de la liberté et le sens de l’auto-défense. Ainsi trace-t-elle une sorte d’auto-portrait.

Le commissaire Jack Robinson (Nathen Page) et Miss Phryne Fisher (Essa Davis), assis et le sergent Hughes Collins ( Hugo Johnson Bert) et Dorothy dit Dot Williams ( Asleigh Cunnigham)

Le commissaire Jack Robinson (Nathan Page) et Miss Phryne Fisher (Essa Davis), assis et le sergent Hughes Collins ( Hugo Johnson Bert) et Dorothy dit Dot Williams ( Asleigh Cunnigham)

Un quatuor entre en action

A peine arrivée en Australie qu’elle découvre qu’une mort apparemment naturelle est due à un empoisonnement au cyanure. Et c’est ainsi qu’en peu de temps voici Miss Fisher détective privée, aidée par son assistante Dorothy, souvent en opposition avec le Commissaire Robinson qui est séduisant et son assistant, le gentil sergent Hughes Collins, attiré et par Dorothy. Efficace quatuor, qui va résoudre une énigme par épisode, sans que l’aspect policier pose des problèmes à épuiser la tête pour les résoudre. L’intrigue n’est pas la principale préoccupation dans cette série. L’important, et l’intérêt sont ailleurs.

Miss Fisher et son arme d'or

Miss Fisher et son arme d’or

Des milieux différents

D’abord, cela se passe en Australie, autour des années trente. Et il est toujours intriguant et ici savoureux de découvrir un pays qui n’est pas au centre des préoccupations des séries que nous suivons. Chaque affaire permettra de fréquenter quelques personnages de milieux différents, des anarchistes lettons, un peintre français, des communistes chinois ou les amateurs d’un club de jazz. Miss Fisher, dans son extréme élégance, a l’air de ne jamais y toucher. Mais elle est d’une efficacité inattendue. Et quand elle s’empare de son arme dorée, ce n’est pas pour la salve des polars habituels : une ou deux balles suffisent pour l’action qui n’est pas la priorité du récit.

Miss Fisher, costume no 1

Miss Fisher, costume no 1

Une riche garde-robe

Miss Fisher s’offre le luxe de tenues plus élégantes les unes que les autres. Sa garde-robe est d’une richesse confirmée par les images qui illustrent ce récit. Miss Fisher est aussi d’une très grande liberté dans son comportement amoureux. Il se pourrait que sa préférence politique penche à gauche. C’est une croqueuse d’hommes délicieuse. Même si elle se sent de plus en plus attirée par le commissaire qui n’apprécie guère son comportement de détective privée mais ne reste pas insensible, loin de là, à son charme.

Miss Fisher, costume no 2

Miss Fisher, costume no 2

Sans coups de feu multiples

Il y a ainsi un pays peu connu, l’Australie dans les années trente, avec une jeune femme à l’humour délicieusement britannique, dans une série de divertissement policier sans excès de violence ni multiplication de coups de feu, lors d’enquêtes pas trop difficiles à dénouer, où les liens se tissent, subtils, avec l’entourage et où un quatuor conduit un ballet fait d’élégance et de charme.

Miss Fisher, costume no 3

Miss Fisher, costume no 3

Miss Fisher, costume no 4

Miss Fisher, costume no 4

De « Hatufim » à « Homeland »

La première saison de « Hatufim » vient de se terminer (jeudi 6 juin 2013) sur ARTE. Après son passage sur RTS1, « La deuxième saison » de « Homeland » apparaît pour les abonnés de CANAL + (en France  dès le 6 juin en premier rideau). Les deux séries,  étroitement liées, ont été, sont et seront encore l’objet de bien des attentions. Dans le supplément « CinéTéléObs » ( Samedi 1 au vendredi 7 juin), quatre pages permettent de suivre un « Itinéraire de deux séries chocs »

La version israélienne joue avec finesse sur l’émotion, en particulier dans les liens familiaux, alors que l’américaine donne dans le grand spectacle qui tient du « polar » politique. « Hatufim » est très proche du cinéma d’auteur alors que « Homeland » est l’équivalent d’un « blockbusker » ; deux réussites. En résumant les deux séries par une appréciation personnelle dans un bon vieux système scolaire ( du 4 suffisant au 6 parfait)  ce serait un 5 ¾ pour « Hatufim » et 5 ½ pour « Homeland ».

Gidéon Raff en trait d’union

Raff est l’auteur principal d’ »Hatufim » dont il signe scénario et  mise en scène alors qu’il n’est qu’un co-scénariste important de la version américaine.  Questionné sur son éventuelle préférence, il a répondu :

J’aime les deux. Je trouve qu’il y a des idées brillantes dans « Homeland » dont celles de donner comme référent au téléspectateur une héroïne bipolaire à laquelle il ne sait pas s’il peut se fier. Mais je dois avouer que, devant « Hatufim », je ne peux pas m’empêcher de pleurer.

Gidéon Raff (à gauche) avec les deux principaux auteurs de "Homeland", Howard Gordon et Alex Gansa

Gidéon Raff (à gauche),  auteur, scénariste et réalisateur de « Hatufim », co-scénariste  de « Homeland »,avec les deux principaux auteurs de « Homeland », Howard Gordon et Alex Gansa.

L’idée brillante à laquelle Raff fait allusion ne lui est peut-être pas étrangère. L’exemple permet de comprendre un peu comment le passage s’est effectué d’une version à l’autre. La bi-polarité médicale de Carrie est un ressort dramatique important sinon essentiel pour « Homeland ». Iris, l’assistante du psychiatre Haïm Cohen très soupçonneux, chargé discrètement par l’armée de surveiller Nimrod et Uri, a pour mission de se lier avec ce dernier. Mais elle tombe amoureuse de celui qu’elle surveille et décide alors de démissionner d’une charge devenue insupportable pour elle. Ainsi oscille-t-on entre deux pôles.

Haïm Cohen, en quelque sorte le "*tortionnaire", entre Uri et Nimrod

Haïm Cohen, le psychiatre de l’armée, en quelque sorte le « *tortionnaire » au nom de la sécurité des anciens prisonniers Uri et Nimrod

Arte a publié un excellent dossier sur son site lors de la sortie de la première saison d’ « Hatufim ». Voici un lien qui permet de trouver de précieux renseignements sur la série : Lien N°1 Cet autre lien conduit à un entretien avec l’auteur : Lien N°2

Une différence importante, le coût-minute

Il est un point sur lequel la différence entre les deux séries est éclatante. Raff l’a signalé lui-même : le coût d’un épisode de « Homeland » est  le même que celui des dix épisodes de la première saison de « Hatufim ». Autrement dit une minute américaine chez Showtime coûte dix fois plus cher qu’une minute israélienne.

Voilà qui incite à se poser une question sous une forme nouvelle : pourquoi la RTS ne pourrait-elle pas réaliser, elle aussi, une série  comme la télévision israélienne vient de le faire ? Il est fort possible qu’une comparaison des coûts à la minute montre une certaine proximité, comme cela s’est produit avec les exemples venus du Danemark,  « The killing » et « Borgen ». Il est utile de regarder de Suisse vers la Scandinavie. Ce pourrait l’être tout autant de s’intéresser à Israël. Il faut rappeler que le coût-minute d’une série romande comme « L’heure du secret » est assez proche de quinze mille francs.

Quel impact sur le public ?

Peut-on comparer le public israélien avec celui de Suisse romande ? Ou plus encore comparer le public d’Arte, chaîne franco-allemande de service public à vocation culturelle avec une chaîne cryptée américaine comme Showtime ?

La Suisse romande compte un peu moins de deux millions d’habitants, Israël huit millions. Arte s’adresse à un marché francophone en Europe qui touche soixante-cinq millions de français, un peu plus de quatre millions de belges et nos deux millions de romands. Aux USA, Showtime, firme à péage qui produit « Homeland » compte vingt millions d’abonnés.

Drody et sa fille Dana qui, dans sa révolte, saura poser de bonnes  quesitons ( Homeland, saison 2, Une partie de campagne)

Drody et sa fille Dana qui, dans sa révolte, saura poser de bonnes
quesitons ( Homeland, saison 2, Une partie de campagne)

Difficile de faire des comparaisons, mais on peut tout de même fournir quelques informations numériques. En Israël, « Hatufim » a touché les trois quarts des foyers du pays. Aux USA, Homeland » a d’abord retenu l’attention d’un million d’abonnés avant de s’approcher des deux millions, ce qui est considéré comme un succès pour une série récurrente. Même satisfaction en France chez Canal + lors de la première saison de « Homeland » avec près d’un million et demi de spectateurs, audience là aussi considérée comme un réel succès.  Arte a annoncé une part de marché d’environ cinq pourcent pour « Hatufim », nettement supérieure à sa moyenne annuelle sur la France.

Il semble que la deuxième saison d’ »Homeland » en Suisse romande proposée pour une fois à une heure de bonne écoute – peu après 21h00 – n’a pas répondu aux attentes. Mais comme on ne connaît pas la part de marché, ni l’attente attendue, cette absence de réponse aux attentes n’a pas de sens.

Pas facile de mesurer l’impact de ces deux séries dans différentes zones de diffusion. On semble pourtant partout satisfait, sauf en Suisse romande!

Pistes à suivre

Mieux vaut peut-être alors  s’engager dans une autre voie. Il pourrait être intéressant de comparer les deux séries, pour leurs ressemblances autant que leurs différences. Avant d’esquisser quelques pistes, voici une première comparaison.

« Homeland » commence par un « H », possède trois syllabes et huit lettres. En francophonie, « Hatufim » a sept lettres, trois syllabes et commence aussi par un « H ». Le hasard y est pour beaucoup…

(à suivre en effet, prochainement, avec d’autres exemples plus sérieux !!)

Séries de France

Assurément, et depuis longtemps, les américains sont les grands maîtres dans le domaine des séries, tout de même assez nettement devant les Anglais. Malgré l’engouement récent qui prend de plus en plus d’ampleur, la série n’est pas une invention de années deux mille. D’autres nations, au siècle précédent, contribuèrent à leur donner ces lettres de noblesse qu’une partie de la critique de cinéma nourrie au biberon de « google » hésite à leur accorder. Un petit tour d’horizon en forme d’hommage, regard porté vers la France. Ce sera forcément incomplet, mais qui peut prétendre avoir tout vu !

Cette série de textes sur les séries sera complétée dans les semaines qui viennent et pourquoi pas dans les mois au fur et à mesure des souvenirs, des envies, du temps libre. Il sera peut-être même possible de retrouver des textes plus lointains, par exemple en plongeant dans les archives de LA FEUILLE D’AVIS DE NEUCHATEL /L’EXPRESS et L’IMPARTIAL, quand j’aurai appris à naviguer au milieu d’un million et demi de pages dont la plus ancienne remonte à 275 ans !!

Souvenirs, souvenirs…

Commençons par les plus lointains, d’il y a quarante ans au moins.  Ce sera forcément incomplet. Et, dans un premier élan, donnons la priorité à quelques images accompagnées de brèves informations. Vaste programme

Belphégor ( 1965 ) – Claude Barma

(Quatre fois septante minutes)

Belphégor, c'est donc un fantôme à l'opéra - de Claude Barma (1965) du bon vieux temps de la bonne vieille ORTF inventive

Belphégor, c’est donc un fantôme à l’opéra de Claude Barma (1965) du bon vieux temps  sur la première chaîne de la bonne vieille ORTF inventive dans le fantastique poétique et inquiétant

Juliette Greco, oui, rien de moins que cela, dans la série de Claude Barma ( 1965) en quatre fois septante minutes.

Juliette Greco, oui, rien de moins que la chanteuse à l’imposante filmographie, Belphégor, parfois, Laurence Borel et sa jumelle Stéphanie Hicquet dans la série de Claude Barma ( 1965), du reste excellente actrice dans un rôle étrange.

Les shadocks – Jean Rouxel

(Deux cents huit fois deux à trois minutes, les trois premiers groupes sur l’ORTF entre 1968 et 1973 et la quatrième partie en 2000 sur Canal + ) Vous ne connaissez pas Les Shadoks ? : à lire d’urgence  ici.

La devise, qui comme tous les textes jouent sur l'absurde, l'attendu - mais aussi un des plus belles réussites du Service de la Recherche de l'ORTF,( 1960-1974)  qui  trouvait, dirigé alors par Pierre Schaefer, de belles idées novatrices, comme cette mini-série quotidienne qui comptait x njuméros.

La devise, qui comme tous les textes jouent sur l’absurde, l’attendu – mais aussi un des plus belles réussites du Service de la Recherche de l’ORTF,( 1960-1974) qui trouvait, dirigé alors par Pierre Schaefer, de belles idées novatrices, comme cette mini-série quotidienne qui aura donc compté 208 numéros.

 

Personnage important des "Shadocks", un marin de service, chez Rouzel ( textes), avec la voix de Claude PIéplu.

Personnage important des « Shadocks », un marin de service, chez Rouzel ( textes), avec la voix de Claude PIéplu.

La maison des bois ( 1971 ) – Maurice Pialat

(Sept fois cinquante-deux minutes )

 

"La maison des Bois", de Maurice PIalat, le seul grand auteur français à avoir signé une série télévisée, sensible et juste chronique d'un groupe d'enfants en zone rurale sous l'Occupationsouvenirs incomplets, en couleurs ou noir/blanc ?

« La maison des Bois », de Maurice PIalat, le seul grand auteur français à avoir signé une série télévisée, sensible et juste chronique d’un groupe d’enfants en zone rurale sous l’Occupation. La cinémathèque suisse vient de rendre un bel hommage à Pialat.

 

 

Les dames de la Côte ( 1979 ) – Nina Companeez

Les dames de la cote - Nina COMPANEEZ ( 1972) - Cinq fois septante-cinq mintes

Nina COMPANEEZ écrit et réalise les cinq épisodes de soixante-dix minutes qui couvrent une période allant de 1911, la fin de la Belle époque, à 1919, l’après-guerre amer.

Plus près de nous

(dans un ordre décroissant de préférences personnelles)

Un village français

image de tournage de "un village français"

Image de tournage de « Un village français ». La cinquième saison, tournée en 2012, sera à l’antenne à l’automne 2013.

 

Robin Renucci, le maire, une fonction délicate à occuper en courant le risque de finir par être "collaborationniste"

Robin Renucci, le maire, une fonction délicate à occuper car le gouvernement de Vichy  collabore avec les Allemands et surveille les autorités locales par préfet interposé qui parfois en rajoute

Ainsi soient-ils

Jean-Luc Bideau dans "Ainsi soisenr-ils". La deuxième saison est en préparatifs de tournage. La présence de l'acteur suisse y sera plus discrète que dans la saison 1. Bideau est donc aussi présent dans "DétectiveS" en un rôle plaisant mais un peu caricatural. Il n'est guère employé dans les séries de la RTS, mais beaucoup en France. Comme si sa présence risquait de lasser dans des produits audiovisuels commandités par la RTS...

Jean-Luc Bideau dans « Ainsi soisenr-ils ». La deuxième saison est en préparatifs de tournage. La présence de l’acteur suisse y sera plus discrète que dans la saison 1. Bideau est donc aussi présent dans « DétectiveS » en un rôle plaisant mais un peu caricatural. Il n’est guère employé dans les séries de la RTS, mais beaucoup en France. Comme si sa présence risquait de lasser dans des produits audiovisuels commandités par la RTS…

 

Engrenages ( à suivre)

Scènes de ménage

Les aînés de "scénes de ménage",charmane et durable réussite de M6 en modules courts. José ( Frédéric Baudy)  est un fonctionnaire d'origine espagnol féru du Réal, Liliane( Valérie Karsent- voir aussi "Maison close"), esthéricienne, dépense beaucoup d'énergie pour sauver les apparences.

Les aînés de « Scénes de ménage »,dans la charmante et durable réussite de M6 en modules courts. Huguette Marion Game) est le véritable CHEF de famille alors que Raymond (Gérard Hernandez), qui semble ne plus écouter son épouse, rêve en ancien gendarme de résoudre les petites énigmes du quartier.

 

José ( Frédéric Baudy)  est un fonctionnaire d'origine espagnol féru du Réal, Liliane( Valérie Karsent- voir aussi "Maison close"), esthéricienne, dépense beaucoup d'énergie pour sauver les apparences.

José ( Frédéric Baudy) est un fonctionnaire d’origine espagnol féru du Réal, Liliane( Valérie Karsenti- voir aussi « Maison close »), esthéticienne, dépense beaucoup d’énergie pour sauver les apparences.

Kaameloot ( à suivre)

Caïn

Autour du capitaine Fred Caïn (Bruno Debrandt), dans sa chaise d'infirme, ses plus proches collégues, (de gauche à droite ), la Lieutenant Delambre ( Julie Delarme)à laquelle il fait mille "misères" mais qui se défend bien,   Elizabeth Stunia ( Smadi Wolfman), toujours de bonne humeur malgré son travail de médecin légiste et commandant  Jacques Moretti ) Frédéric Pellegeay) qui couvre tous les excès de son subordonné.

Autour du capitaine Fred Caïn (Bruno Debrandt), dans sa chaise d’infirme, ses plus proches collégues, (de gauche à droite ), la Lieutenant Delambre ( Julie Delarme)à laquelle il fait mille « misères » mais qui se défend bien, Elizabeth Stunia ( Smadi Wolfman), toujours de bonne humeur malgré son travail de médecin légiste et  le commandant Jacques Moretti ) Frédéric Pellegeay) qui couvre tous les excès de son subordonné.

 

Caïn - France 2- 8 épisodes en saison 1 - 52 minutes Et comme si la chaise d'infirme ne lui siffisait pas, il faut que Caïn se coltine avec une voiture jaune criard

Caïn (- France 2- 8 épisodes en saison 1 – 52 minutes)
Et comme si la chaise d’infirme ne lui sUffisait pas, il faut que Caïn se coltine avec une voiture jaune criard. Certes, chaque épisode permet de suivre une enquête en généra lplausible, mais l’intérêt le plus évident de la série réside dans les liens qui se tissent entre les membres de l’équipe de la police de Marseille, mais aussi parfois de manière inattendue entre certains protagonistes, dont le délicieusement insupportable mais finalement tendre Caïn.

 

Maison close

Hortense Gaillard ( Valérie Karsenti - voir Scènes de Ménage), dirige "Le paradis"( oui, pour qui, ce paradis ?même pas pour les riches clients ) mais perd le pouvoir et fait un peu n'importe quoi pour le reprendre. *"Maison close" est une série qui peine à démarrer, devient brillante quand on commence à faire connaissance vraiment avec plusieurs des "filles" mais se termine dans un ambiance sinistre, triste et sordidement mélodramatique).

Hortense Gaillard ( Valérie Karsenti – voir Scènes de Ménage), dirige « Le paradis »( oui, pour qui, ce paradis ?même pas pour les riches clients ) mais perd le pouvoir et fait un peu n’importe quoi pour le reprendre. * »Maison close » est une série qui peine à démarrer, devient brillante quand on commence à faire connaissance vraiment avec plusieurs des « filles » mais se termine dans un ambiance sinistre, triste et sordidement mélodramatique).

DétectiveS

Jean-Luc Bideau et Frédéric Lefebvre dans "DétectiveS", une série plutôt délicieuse qui passe actuellement sur France 2 ( nos 5 et 6 le 5 juin à 20:45 et les 7 et 8 dut huiz le 12 )

Jean-Luc Bideau et Frédéric Lefebvre dans « DétectiveS », une série fort plaisante qui passe actuellement sur France 2 ( nos 5 et 6 le 5 juin à 20:45 et les 7 et 8 sur huit le 12 ). Ils sont détectives de grand’père plus ou moins à la retraite ( Jean-Luc Bideau) en petit-fils. Avec un brin de chauvinisme, il faut signaler que le réalisateur, Gabriele Lorenzo, est suisse.

 Jo ( à suivre )

 

 

 

La part de l’autre

 Un journal gratuit, lu en « 20 minutes », traite plus de cent sujets – environ dix secondes en moyenne par sujet. Le meilleur de « Mise au point », ce sont ces modules de sept/huit minutes qui se terminent alors qu’ils deviennent vraiment intéressants. Un long-métrage de cinéma est l’équivalent d’une nouvelle bien dense d’une centaine de pages. Tout se passe comme si la réponse du berger curieux à la bergère hâtive prenait maintenant une place de plus en plus grande, d’où le succès grandissant des séries aux épisodes formatés à la minute près, la liberté retrouvée consistant à moduler le nombre de chapitres tout en donnant du temps au temps.

"La part de l'autre" de Christophe Chiesa, une mini-série de cinqépisodes sur le don et la réception d'organes tournée durant trois mois en immersion aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV)

« La part de l’autre » de Christophe Chiesa, une mini-série de cinq épisodes sur le don et la réception d’organes tournée durant trois mois en immersion aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV)

Nouvelle mini-séries des « DOCS »

Depuis le vendredi 24 mai 2013, durant cinq semaines, RTS1, en premier rideau, donc peu après vingt heures, fait place à cinq épisodes de quarante-cinq minutes placés sous le titre un peu mystérieux, « La part de l’autre », qui se déroule presque exclusivement, à en faire la constatation dans le premier épisode, aux HUV ( Hôpitaux Universitaires de Genève), dans un modeste service d’une douzaine de chambres, voué aux seules transplantations d’organes réalisées par des équipes médicales de pointe à la recherche permanente de progrès.

Hors du bloc opératoire

Alors, quoi, un « médical » de plus, ce genre qui fait parfois concurrence au « polar » unitaire ? Va-t-on se retrouver proche de la lointaine série « Urgences »  et de son lieu de prédilection, le centre opératoire ? Ou se dirigera-t-on vers la primauté donnée au diagnostic qui fit le succès du très original « Dr House » ?

Les diagnostics sont clairs : les patients sont condamnés à mourir à brève échéance ou à de lourds traitements leur vie durant si une transplantation est impossible.  Ces « receveurs » sont beaucoup plus nombreux que les « donneurs ». On peut prélever des organes sur un corps cliniquement mort avec le consentement préalable du défunt ou celui de ses proches. Mais le don peut aussi provenir d’un vivant et en bonne santé, souvent un proche. L’opération est alors double, avec coordination délicate exigeant une grande précision. Il s’agit de sauver une vie ou de rendre la survie acceptable grâce à cette « part » de l’autre.

"La part de l'autre"

« La part de l’autre »(Photo RTS)

Procéder par immersion

Dès lors, comment évoquer le don et la réception. L’équipe peut, en accord avec les soignants et leur organisation, être partout et tout le temps présente, au risque de perturber l’essentiel, les soins. Les responsables de « La part de l’autre » ont renoncé à imposer leur présence qui peut être perturbante. Ils ont choisi la discrétion, être présents le plus souvent possible, mais sans gêner les interventions professionnelles techniques, s’en tenir à écouter des conversations entre un receveur et ses proches ou interrogé par un membre de l’équipe, se glisser dans une réunion entre soignants, assister à des rencontres. Bref, être présents durant trois mois dans le petit service des HUV pour récolter images et sons sans perturber – mais peut-être parfois un peu tout de même  –pour saisir un bébé qui ne veut pas quitter les bras de sa mère, un époux qui montre une immense tendresse pour sa femme qui va céder un rein à son bébé. Entre autres..

L’importance du montage

Une équipe de tournage réduite est bien entendu indispensable pour une démarche par immersion.  Avec la légèreté du numérique, la matière accumulée peut se compter en dizaines, voire en centaines d’heures. Le choix pour ramener le tout à cinq fois quarante-cinq minutes s’effectue au montage.

Et ce montage, dès lors, ne différera guère de celui qui s’effectue pour des séries de fiction dont le tournage résulte d’une mise en scène. Il faut tirer du matériel un récit clair, précis, intéressant, didactique, amical, émouvant. Parler de récit permet d’éviter le mot « spectacle » qui a ici quelque chose d’un peu gênant.

La part de l'autre 1/5 L'espoir

La part de l’autre

Face à la caméra et au micro, il y a des personnes. Les « receveurs » comme les « donneurs » vivants ne sont nommés que par leurs prénoms. Ce sont des personnes qui en perdant leur identité du nom de famille deviennent des personnages. Il y a Fabio, 18 mois, sa mère Edwige qui lui donne son rein, son pèrei Bruno. Annie à aussi donné un rien à son fils David qui va bientôt quitter l’hôpital après un moment d’angoisse devant une crainte rejet qui n’était qu’une amorce d’infection. On fait aussi la connaissance de Michael, le jeune charpentier diabétique qui doit encore grandir.

Par contre, les accompagnants, qui sont certes médecins, chirurgiens, mais aussi  psychologues ou psychiatres entourant les « receveurs » dans des situations parfois délicates, portent noms et prénoms, ce qui sert dès lors de rappel de la réalité professionnelle.

Rôle du commentaire

Le verbe, bien sûr, se glisse dans les multiples formes de conversations. Mais il doit souvent être appuyé par un commentaire qui complète le complexe audiovisuel d’informations indispensables. Ce commentaire est souvent utile. Mais il est parfois frustrant d’apprendre qu’un détail qui gripperait une intervention risque de renvoyer une transplantation de plusieurs mois sans que l’on puisse sinon comprendre du moins deviner les causes d’un tel renvoi ? S’agit-il d’une allusion au fait qu’un organe doit être transplanté dans un délai bref pour remplir sa fonction de substitution sans risque de rejet ?

La part de l'autre 1/5 l'espoir

La part de l’autre
1/5 l’espoir     

Fiction et documentation

 Le premier épisode est construit de telle sorte que tous les événements qui se produisent semblent se dérouler en un seul et même jour, même si des informations sont apportées par les conversations et les commentaires qui introduisent la notion de durée. Certaines interventions de la musique  contribuent aussi à donner l’impression qu’une série qui reflète la réalité n’est  que peu différente d’une fiction issue de la seule imagination de ses auteurs.

Certes, on va retrouver les différentes personnes, y compris les receveurs devenus personnages, d’une épisode à l’autre. Le premier épisode est placé déjà par son titre sous le signe de « L’espoir ». Viendront la « métamorphose » qui suit une transplantation, le « deuil » aussi, celui d’un donneur, ou le risque encouru lors d’un rejet, avant de s’intéresser au rôle de la famille.

« A suivre »

« A suivre » est le titre provisoire donné au cinquième épisode. On peut s’en servir pour recommander vivement de suivre une série qui, dès le premier épisode, s’annonce comme excellente, émouvante, généreuse. Et qui peut-être pourrait contribuer à faire augmenter le nombre de « donneurs » qui restent souvent trop rares pour les « receveurs ». Une telle série, réussite assurée, est à porter à l’actif de son équipe de réalisation et du groupe  des « Docs » de la RTS.

 

 

 

 

 

 

Cinéma et télévision désormais égaux !

Dès le vendredi 24 mai à 20h10, durant cinq semaines, la RTS propose une nouvelle mini-série de cinq fois quarante-cinq minutes, « La part de l’autre » de Christophe Chiesa. Le tournage en immersion s’est déroulé durant trois mois aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV). Certes, il s’agit d’une médecine de pointe.  Mais plus encore de comprendre ce que donner ou recevoir un organe représente, dans un pays comme le nôtre où les donneurs sont trop rares.. Voici une première image :

"La part de l'autre"
« La part de l’autre »

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Notes de lecture.

Dans la livraison de mai 2013 de la revue POSITIF ( no 627), on trouve en page 26 un texte de Jean-Philippe Domecq sur le film « Les Anonymes » de Pierre Scholler ( « L’exercice de l’Etat »). Ce film produit par Canal + a été diffusé sur le petit écran seulement. En principe, cette priorité devrait rendre sa diffusion sur grand écran difficile sinon impossible.

Positif no 627 - mai 2013 Matthew McConaughey  dans "Mud" de Jeff Nichols

Positif no 627 – mai 2013
Matthew McConaughey dans « Mud » de Jeff Nichols

Michel Ciment

Très content de pouvoir saluer une personnalité aussi incontestée que Michel Ciment, responsable donc de « Positif » dont la qualité dépasse désormais celle des « Cahiers du cinéma » d’hier, critique au « Masque et la plume » depuis vingt ans, responsable sur France Culture de « Projection privée », une encyclopédie radiophonique cinéphilique où « il se consacre essentiellement à de grands entretiens avec des réalisateurs, des comédiens mais aussi des musiciens, des producteurs et des historiens de cinéma » ( Hélène Delye dans « Le Monde Télévisions » du dimanche 12- lundi 13 mai 2013)

De plein droit à l’histoire du cinéma

 

Deux séries françaises ont su évoquer la guerre de 39-45 avec réalisme : "Un village françaus" et "La maison des bois", bien lointaine puisqu'elle date de 1971, signée d'un grand cinéaste, Maurice Pialat

Deux séries françaises ont su évoquer la guerre de 39-45 avec réalisme : « Un village français » et « La maison des bois », bien lointaine puisqu’elle date de 1971, signée d’un grand cinéaste, Maurice Pialat

Très sereinement, Michel Ciment écrit : il nous semble de plus en plus artificiel de séparer ce type de réalisations ( donc « Les anonymes ») des films distribués en salle. « Twin Pinks » de David Lynch, « Milfred Pierce » de Todd Haynes, « Les Mystères de Lisbonne » de Raul Ruiz, « Carlos » d’Olivier Assayas, « Boardwalk Empire » de Martin Scorsese, « House of Cards » de David Fincher, « Top of Lake » de Jane Campion ( sensation du festival de Berlin 2013) comme jadis « La Maison des bois » de Maurice Pialat, « Les Aventures de Pinocchio » de Lui Comencini ou « Berliner Alexanderplatz » de Rainer Werner Fassbinder appartiennent de plein droit à l’histoire du cinéma.

Une première image de la série "Top of Lake" de Jane Campion avec l'actrice        , la Peggy de "Maad Men"

Une première image de la série « Top of Lake » de Jane Campion avec l’actrice Elisabeth Moos , la Peggy Olson de « Mad Men »

Le grand bond en avant avec les séries

Pas évidente, cette prise de position très claire de Ciment, quand une partie encore assez large de la critique qui se consacre au seul cinéma emploie l’expression « téléfilm » pour rejeter tout film qui lui semble n’avoir aucun intérêt.
Mais incontestablement juste, tant il est vrai que l’audiovisuel contemporain a fait un grand bond en avant avec les séries qui permettent de retrouver les élans de la grande littérature romanesque.

Une première image de la série de David Fincher, "House of Cards"

Une première image de la série de David Fincher, « House of Cards »

Choix personnels récents

Voilà qui me met l’aise pour résumer quatre par quatre mes plaisirs personnels de mars et avril 2013 procurés par des œuvres audiovisuelles rencontrées ces derniers mois, sans ordre de préférences :

Films de cinéma

« The place beyond the Pines » – Derek Gianfranco – USA
« Wajda » – Haifaa Al Mansour – Arabie saoudienne (Allemagne)
« The Grandfather » – Wong Kar Wai – Hong-Kong
« L’écume des jours » – Michel Gondry – France

Films pour la télévision
« Le métis de Dieu » -Ilan Duran Cohwn – France
« Les Silences de l’Eglise » – Dewin Baily – France
« The gatekeepers » – Dror Moreh – Israël,
« La Chine, le nouvel empire» – Jean-Michel Carré –France

Elisabeth Moos, dans "Mad Men"

Elisabeth Moos, dans « Mad Men »

Séries
« Mad Men » – USA – saisons 4 et 5
« Homeland » – USA – saison 2
« Real Humains » – Suède – saison 1
« Hatufim » – Israël- saison 1

Oui, ce furent là mes plus grands plaisirs en mars et avril 2013, uniques ou à répétition avec les séries télévisées.

*=*=*=*=*=*=*=*

PS qui n’a rien à voir….

"Paradis: foi" d'Ulrich Seidl (Photo ARTE)

« Paradis: foi » d’Ulrich Seidl (Photo ARTE)

 

Dans le même numéro, « Positif » consacre dix pages à la « trilogie », (« Paradis :amour », « Parardis : foi » et « Paradis : espoir ») d’un cinéaste autrichien provocateur, Ulrich Seidl. Michel Ciment rebondit sur l’affirmation d’un de ses collègues, Jacques Mandelbaum, qui demandait dans « Le Monde » : « Pourquoi cette culture autrichienne, en cela unique au monde, produit-elle des antagonistes aussi extrêmes que Wolfgang Amadeus Mozart et Adolf Hitler ? ». Il complète la liste des duos antagonistes de quelques pays, Espagne ( Franco et Velasquez), Allemagne ( Goering et Beethoven), Angleterre ( Jack l’Eventreur et Shakespeare), Etats-Unis ( le sénateur MCCarthy et Hémingway), Italie (Mussolini et Michel Ange), Russie ( Staline et Stravinski), Chine (Mao et Confusius), et même France (Landru et Marcel Proust). Un exception toutefois : face à un choix entre Klee, Honegger, Ramuz et Giacometti, impossible de trouver un tueur en série compétent ! Cela valait bien un détour qui n’a rien à voir avec le sujet du jour. Flatteur, Michel Ciment

Les « Docs » de la RTS

Dès le vendredi 24 mai à 20h10, durant cinq semaines, la RTS propose une nouvelle mini-série de cinq fois quarante-cinq minutes, « La part de l’autre » de Christophe Chiesa. Le tournage en immersion s’est déroulé durant trois mois aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV). Certes, il s’agit d’une médecine de pointe.  Mais plus encore de comprendre ce que donner ou recevoir un organe représente, dans un pays comme le nôtre où les donneurs sont trop rares.. Voici une première image :

"La part de l'autre"

« La part de l’autre »

Avertissement : ce long texte comprend différents chapitres précédés d’intertitres. Ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Des sous-titres interviennent dans les différents chapitres:

Le texte avec des lettres droites comme un  « i » apporte des informations, y compris celles qui résultent des contacts avec Mme Challand, par téléphone et courriels successifs. Les parties en italiques se rapprochent de remarques plus personnelles ou signalent des questions à poser en vue d’obtenir de prochaines réponses (à suivre).

*=*=*=*

1/L’unité des films documentaires depuis 2001

L’unité des films documentaires, créée par la direction de la RTS en 2001, par Gilles Marchand et le responsable des programmes d’alors, Raymond Vouillamoz, se compose actuellement de treize personnes, alors qu’ils n’étaient que quatre au départ. Il fallait répondre à un réel besoin de documents de création dans le format d’un long-métrage de cinéma, environ nonante minutes alors que les reportages pour la tv s’en tiennent souvent à cinquante-deux minutes au maximum. Il était important d’avoir une cellule qui puisse procéder à des échanges et collaborer avec celles de France Télévision et d’ARTE (plus de vingt co-productions depuis 2001). L’unité collabore aussi avec des producteurs et réalisateurs romands, entre autres.

Nationalisme hongrois  - Histoire Vivante, le 12 mai 2013

Nationalisme hongrois – Histoire Vivante, le 12 mai 2013

Gaspard Lamunière assiste Irène Challand depuis un peu plus de huit ans. Il a par exemple activement participé à la production d’une série nationale consacrée à des cinéastes suisses, en en confiant la réalisation et le montage à de jeunes professionnels. Il collabore actuellement à un imposant travail de collaboration avec le CICR tout en étant souvent engagé aux côtés d’I.Ch dans le domaine des échanges internationaux.

2/ De l’idée à la réalisation

L’unité des films documentaires de la RTS a la chance de maîtriser pratiquement toute la chaîne qui aboutit à une diffusion. Au départ, il y a une idée, un projet qui retient l’attention à l’interne. Il s’agit alors d’examiner la structure du financement, qui va de la production par les seuls moyens de la RTS à l’achat d’un produit terminé en passant par la co-production avec un partenaire suisse majoritaire ou minoritaire, ou étranger minoritaire ou le pré-achat qui garantit un passage antenne. Bien entendu, sur le projet est parlé dans une autre langue que le français, il faudra décider de la formule d’adaptation, par traduction ou sous-titrage. Ce cas particulier peut se présenter à l’intérieur de la SSR-SRG, partenariat avec Berne ou avec Zürich ou le Tessin. C’est là un aspect important de la cohésion nationale. Toute co-production peut être construite pour une diffusion au cinéma puis à la télévision ou ne prévoir que de diffusions que sur le petit écran et ses dérivés.

Vol spécial, la RTS co-productrice

Vol spécial, la RTS co-productrice

Les coûts à la minute vont de cent francs pour un achat à deux mille francs dans les co-productions majoritaires. Les contrats signés, l’unité suit le tournage et le montage et donne son accord avant les finitions.

Il n’est pas simple de calculer le coût réel d’une production aboutissant à la notion de coût-minute qui est tout de même une indication, comme le directeur de la RTS, Gilles Marchand, le déclarait lors d’une conférence à la SRT de Neuchâtel. Mais il se pourrait que cette complication de calcul soit aussi le reflet d’un manque volontaire de transparence.

Entre la SSR et les milieux du cinéma suisse existe un accord, « Le pacte de l’audiovisuel » qui dispose de vingt-deux millions de francs par année pour l’ensemble de la Suisse. L’unité des Docs de la RTS émarge pour deux millions à ce fonds.

Clevaland contre Wall-Street, la RTS co-productrice

Clevaland contre Wall-Street, la RTS co-productrice

 Mais il existe d’autres sources de financement interne à l’entreprise sur lesquelles il faudrait demander des informations complémentaires qui pourraient introduites dans ce texte au fur et à mesure de leur obtention. Cela pourrait bien n’être pas très aisé, la transparence n’étant pas une qualité nécessaire pour la SSR qui donne parfois un peu l’impression de se plaire en zone d’ombre.

3/ De la diffusion

Une œuvre audiovisuelle de documentation terminée doit donc être portée à l’antenne. Il devrait aller de soi que les responsables de son existence prennent une part importante dans la diffusion au(x) public(s), dans des cases qui sont réservées à l’unité, à des heures différentes, sur des supports différents, y  compris internet et ses réseaux sociaux ou sur portable et autres tablettes de lecture.

Dans la grille des programmes hebdomadaires, les « Docs » occupent plusieurs cases en période « normale » :

+ sur RTS 1,  le dimanche dans la matinée « Le doc nature » et « Le doc expédition »

+ sur RTS 2, apparaissent le dimanche soir vers 21h00, « Histoire vivante » et en fin de soirée « Le doc.ch », le lundi « Le doc du lundi » en premier rideau avec reprise d’ « Histoire vivante » en fin de soirée. On trouve encore le jeudi en début de soirée le « Doc nature ». Le « Doc.ch » est parfois remplacé par le « Doc.visions du réel ».

Romans d'ados

Romans d’ados

La présence  des « docs » est donc plus forte sur RTS 2 avec d’excellents premiers rideaux que sur RTS1. De plus, les dimanche et lundi sont en  principe peu propices à l’invasion par le sport-roi. Donc « Les DOCS » n’ont pas à subir les renvois ou les retards qui affectent souvent la fiction.

«Histoire vivante » sur RTS

« Histoire vivante », programme de nonante minutes environ, est proposé le dimanche en milieu de soirée avec reprise tardive le lundi. C’est un des « phares » de  l’unité.   A partir du sujet du document, la radio « La première » consacre durant cinq jours ouvrables par semaine une émission entre 20h00 et 21h00. La collaboration thématique s’étend à la presse écrite puisque « La Liberté » publie sur le sujet de la semaine une page entière le vendredi. Certains des récents sujets méritent d’être rappelés,  « Gatekeepers » israélien ( 03.03.2013) et « La Chine » ( 17 février).  Assez fréquemment, les parts de marché s’inscrivent parmi les meilleures de la chaîne

Le « Doc événement » sur RTS 1

Le « Doc événement » prend place de temps en temps sur RTS1 en soirée thématique qui fait suivre une projection d’un débat dans le cadre d’ »Infrarouge ». On peut citer par exemple ce qui fut fait avec « Vol spécial », « La saga des Perrochon » ou encore le très récent « Chronique d’une mort oubliée ».

L’exemple de « Romans d’ados »

Romans d'ados

Romans d’ados

« Romans d’ados » occupe une place particulière. Entre l’idée de base et la diffusion, sept ans se seront passés. Il s’agissait de suivre un groupe de jeunes passant de l’enfance à l’adolescence sans savoir comment les choses  se dérouleraient dans le temps, dans une petite ville de « province », Yverdon. Il fallait de l’audace pour proposer un tournage qui prendrait une demi-douzaine d’années sans pouvoir garantir qu’il y aurait une mini-série et qu’elle serait intéressante.  Et il fallait une Direction alors nouvelle qui ose prendre le risque de dire oui à une telle aventure.

Romans d'ados

Romans d’ados

Le résultat est connu. Les quatre films de « Romans d’ados », après une sortie réussie dans les salles de Suisse romande, ont « cartonné » comme disant ceux qui aiment s’appuyer sur l’audimate.  L’étude attentive de l’audience aura permis de dépasser l’observation quantitative pour une analyse qualitative fine : l’impact sur les jeunes de 15 à 24 ans fut nettement supérieur à la moyenne annuelle dans cette classe d’âge. Le nombre de téléspectateurs ne s’est pas effrité durant chaque heure de projection. Une expérience audacieuse réussie aura aussi conduit à un examen qualitatif en finesse des informations données par l’audimate.

4/ Contribution à la cohésion nationale

Le rapprochement entre « La première » radiophonique et « Les Docs » télévisés fonctionne bien avec « Histoire vivante ».

Un réel besoin de mettre du temps à disposition pour aborder des problèmes sous des angles multiples conduit actuellement à passer par le format de la mini-série. Il y a quelques mois, « D’une jungle à l’autre », une expédition « psychiatrique » en Amérique du sud avec patients et soignants a reçu un très bon accueil. Le même principe vaut pour « Le tour du Cervin »  proposé par « Passe-moi les jumelles » en avril et mai 2013.

D'une jungle à l'autre, une série d'esprit documentaire, une co-production de la RTS

D’une jungle à l’autre, une série d’esprit documentaire, une co-production de la RTS

Sur RTS1, dès le vendredi 24 mai en premier rideau, sous la houlette du « doc.ch » qui quitte pour quelques semaines sa case nocturne pour le premier rideau, ce sera « La part de l’autre » tourné aux HUG ( Hôpitaux Universitaires de Genève) sur des transplantations.

Une autre mini-série fera une plongée dans la vie bouillonnante du quartier des Paquis à Genève, avec sortie fin 2013.

Une série nationale, consacrée à la Croix-Rouge, est suivie côté romand par Gaspard Lamunière, le bras droit d’Irène Challand. Ce sera une preuve par l’acte que les trois chaînes de la SSR-SRG savent travailler en commun en une intéressante forme de cohésion nationale dont on a souvent parlé ces dernières années. La série sera diffusée par les trois canaux principaux de la SSR.

Cette cohésion s’est aussi concrétisée par certaines adaptations de mini-séries tournées à Zürich qui n’en est pas à son coup d’essai avec le récent « Les médecins assistants » de l’hôpital d’Interlaken, les différentes personnalités ayant permis d’enrichir la mini-série à travers un collaborateur de la REGA,  par exemple

Les médecins assistants- série DRS adaptée par la RTS

Les médecins assistants- série DRS adaptée par la RTS

Des rencontres plus fréquentes au niveau national en  sont bonne partie à la base de  ces collaborations qui témoignent d’un effort de cohésion nationale.

5/Reconnaissance internationale

« Romans d’ados » fera-t-il l’objet d’une adaptation en Suisse alémanique et au Tessin ? Une certitude : les quatre films ont été présentés par TV5 Monde avec succès. Cela ne se produit pas très souvent.

Certes, quand « Les docs » produisent, co-produisent ou pré-achètent une émission ou une série, le générique – que souvent personne ne lit – fait apparaître les noms d’Irène Challand et de Gaspar Lamunière. Irène Challand admire des grands aînés comme Claude Goretta, Claude Torracinta ou encore André Gazut qui ont fait beaucoup pour que la RTS occupe une bonne place aussi  au niveau international.  L’équipe des Docs, en pays francophones en tous cas, c’est celle qui aura appuyé des gens comme Jean-Stéphane Bron (« Mais im Bundeshuus »,  « Cleveland contre Wall Street) ou Fernand Melgar ( La forteresse, Vol spécial) dont la réputation a largement dépassé les limites de la Romandie et les frontières de la Suisse.

La forteresse de Fernand Melgar a fait une honorable carrière internationale

La forteresse de Fernand Melgar a fait une honorable carrière internationale

Lors d’un récent cours de formation destiné à des collaborateurs de chaînes de télévision du pays du « printemps » arabe au Moyen-Orient où elle était invitée comme experte avec des collègues d’Arte, Irène Challand fut interrogée sur les projets des Bron ou Melgar, qui furent donc largement soutenus par « les Docs ». La réussite de l’ « Unité des films documentaires » de la RTS passe aussi par sa bonne réputation acquise au niveau francophone au moins.

Alors, tout est pour le mieux dans la meilleure des télévisions, la RTS ? Il reste à poser quelques questions qui pourraient mettre un ou deux bémols qui n’affecteront pas la satisfaction exprimée par ce texte. Donc à suivre…

D’ « Homeland » à « Hatufim »

Des éléments d’information apportés par un inquiétant document, «Drones tueurs et guerres secrètes» se glissent dans certaines séries comme «Real humain», «Homeland» ou probablement aussi «Hatufim». Et la frilosité romande dans la promotion et la diffusion de séries haut de gamme à forte valeur ajoutée étonne face au dynamisme d’ARTE.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Drones tueurs et guerres secrètes

RTS1 vient de présenter un film intitulé « Drones tueurs et guerres secrètes » («Histoire vivante» – Dimanche 05.05.2013 – 21:00) qu’on peut revoir  sur « sept plus ». C’est un document français de Jean Martial Lefranc, avec la RTS au générique, qui donne des informations sur les drones, en particulier ceux qui sont dans les mains des USA. Cette image de contrôle vidéo vue dans « The gatekeepers » dans la bande de Gaza montre-t-elle un drone qui frappe une voiture, avec la seule certitude de savoir qu’un terroriste s’y trouve à son bord, pas seul, mais avec qui ? Un de responsables de la cellule anti-terroriste israélienne, Le Shin Beth, parlait à son propos du risque de condamnation  à mort d’innocents.

Drone tueur,extrait du document de Jean Martial Lefranc ( France5)

Drone tueur, extrait du document de Jean Martial Lefranc ( France5)

La robotisation accomplit d’immenses progrès, conduisant vers une autonomie de certains drones de plus en plus grande: il existera sous peu des engins aériens qui décideront seuls de tirer sur une cible. Ce problème de l’autonomie des robots est un des thèmes traités dans « Real Humain », la splendide série suédoise dont la première saison vient de prendre fin sur ARTE

Un drone tueur d’enfant

Une attaque par drone surveillée par l’armée américaine, en cours de préparation, ne peut pas être exécutée à cause de la présence d’un enfant, selon une directive humanitaire à respecter : oui, il en existe ! Un drone qui frappe une mauvaise cible joue un rôle essentiel dans la première saison de « Homeland ». Il a tué dans une cour d’école des dizaines d’enfants, dont le fils du terroriste Abu Nazir. Le prisonnier Brody a pourtant tissé des liens d’amitié avec cet enfant. Cette mort brutale joue un rôle essentiel dans la décision de Brody de la « compenser », lors de son retour en héros dans son pays,  par une tentative d’attentat contre le vice-président des USA qui a donné l’ordre initial.

La fiction, reflet de la réalité

La même image de la destruction d’un véhicule par un drone apparaît dans deux documents différents. La fiction illustre la réalité observée par le document de Jean Martial Lefranc, à  travers l’autonomisation des robots (« Real Humain ») et les conséquences de la mort d’un enfant (« Homeland ») . Elle s’interroge à sa manière sur ce que signifient les drones et leur emploi dans une guerre dite propre, parfois maintenant menée par des civils qui n’ont aucune règle à respecter contrairement aux militaires. « Homeland » propose ainsi une réflexion sur l’aveuglement de cette guerre nouvelle et une de ses conséquences inattendues, à travers le « retournement » de Brody par Abu Nazir. Ainsi se trouve introduite une notion  de « morale » à propos de l’emploi des drones.

Gidéon Raff

Gidéon Raff - auteur, scénariste et réalisateur de "Hatufim", co-auteur et co-scénariste de *Homeland"

Gidéon Raff – auteur, scénariste et réalisateur de « Hatufim », co-auteur et co-scénariste de *Homeland »

Dès le jeudi 9 mai 2013, ARTE, vers 21h00, diffuse en dix épisodes de près d’une heure chacun « Hatufim », la série qui est à l’origine de « Homeland », écrite, produite et réalisée par Gideon Raff, qui fait partie du trio des auteurs de l’écriture d’ « Homeland ». Même si les différentes entre les deux séries sont réelles, la présence de l’auteur de la série originale dans l’équipe de son adaptation garantit au moins l’esprit d’une approche. On imagine mal Raff se faire l’auteur d’une trahison de son projet.Il est possible que le coût d’un seul épisode du très spectaculaire « Homeland » représente celui de la première saison de l’intimiste « Hatufim ».

Nimrod ( à gauche) et Uri ( à droite ) ( Hatufim - arte - Vered Adir ) : pour faire connaissance avec les deux "revenants", après 17 ans de captivité ( Photo ARTE - Vered ADIR)

Nimrod ( à gauche) et Uri ( à droite ) ( Hatufim – arte – Vered Adir ) : pour faire connaissance avec les deux « revenants », après 17 ans de captivité ( Photo ARTE – Vered ADIR)

L’intelligence de la promotion

Pour ARTE, proposer à une heure de grande écoute certaines séries tient lieu d’opération de prestige, avec « Ainsi soient-ils » ( le tournage de la deuxième saison vient de commencer) ou la mise en valeur des meilleures offres scandinaves, « Borgen », « Real Humain » et l’attention désormais portée à Israël avec « Hatufim ». ARTE obtient  en France d’excellentes parts de marché, de l’ordre de cinq à sept pourcent, réunissant plus d’un million de téléspectateurs, ce qui dépasse sa largement sa moyenne annuelle qui oscille entre trois et quatre pourcent. La campagne de promotion autour d’ »Hatufim » est intense, au point de retenir l’attention aussi des trois magazines consacrés à la télévision de Suisse romande. Il est important qu’une chaîne culturellement ambitieuse comme ARTE soit fière de ses choix.

Talia Klein ( Yael Abecasdsis ),  l'épouse du revenant NImrod, avec ses deux enfants, Dana, 19 ans et Yatzav, 17 ans, qui ne connaissent pas leur père

Talia Klein ( Yael Abecasdsis ), l’épouse du revenant Nimrod, avec ses deux enfants, Dana, 19 ans et Yatzav, 17 ans, qui ne connaissent pas leur père

L’offre du journal « Le Monde »

Dans son supplément de dimanche 5/lundi 6 mai 2013, « Le Monde » consacre deux pleines pages à « Hatufim » décrivant dans un premier texte les différences plus que les ressemblances entre la série israélienne et son adaptation américaine. Un second texte s’intéresse à l’accueil de la série dans son pays d’origine

Les vendredis 3 et 4 mai, le premier épisode a été diffusé sur le site Lemonde.fr/hatufim, mais réservé à ses abonnés. Du 5 au 8 mai, l’accès en était gratuit.

« Hatufim » : à première vue

Excellent moyen de promotion que cette avant-première d’un épisode vu avec grand intérêt et d’emblée une inattendue émotion. Aucun doute : voici du haut de gamme avec forte valeur ajoutée.   Intimiste ? Même pas tellement, il y a plusieurs scènes de foules, des déplacements de véhicules, des avions. Cette attente de deux « revenants » et du cercueil d’un troisième est subtile et discrète. Ce sont en effet de vrais revenants après dix-sept ans de captivité qui ont conduit à de profonds changements. Ces rencontres tant attendues, tellement espérées deviendront rapidement inquiétantes ou tendues. Que vont se dire ce père et son fils Yatzav qui ne se connaissent pas ? Et comment sa fille Dana qui avait deux ans lors de son départ pour la guerre va-t-elle l’accueillir ? La musique, avec un minimum de décibels, accompagne presque tout le film en une sorte de complicité oscillant entre  discrétion et émotion partagée.

Amiel, celui qui ne revient pas, deviendra "réel" par la force de  l'imagination de sa soeur Yael

Amiel, celui qui ne revient pas, deviendra « réel » par la force de
l’imagination de sa soeur Yael

Frilosité romande

Disposer des droits pour la diffusion d’une série est une chose. Exposer cette série pour lui donner des chances de rencontrer un large public une autre, qui dépend partiellement du jour et de l’heure de diffusion. Sur Arte, « Borgen », « Ainsi soient-ils », « Real Humain » et désormais « Hatufim » furent ou sont proposés en premier rideau, le jeudi soir vers 21 :00. Il fallait attendre 23h00 environ pour les voir sur la RTS, « Borgen », « Ainsi soient-ils » ou un « Mad MEN » qui subit aussi une diffusion tardive.

Sur son site internet, « ARTE » consacre de riches dossiers à ces séries  haut de gamme à forte valeur ajoutée. Frileuse dans ce domaine ou avec les bandes de lancement, la RTS reste en retrait.

Concurrence parfois entre RTS 1 et RTS 2

 

Pour continuer de faire connaissance avec certains personnages de "Hatufim" : Nurit Halevy-Zach qui a épousé le frère du revenant Uri

Pour continuer de faire connaissance avec certains personnages de « Hatufim » : Nurit Halevy-Zach qui a épousé le frère du revenant Uri

Hier,  la RTS se fit concurrence à elle-même en diffusant simultanément « Borgen » et « « Ainsi soient-ils » en partie aux mêmes heures tardives. Aujourd’hui, elle propose « Homeland » à peu près en même temps qu’ »Arte » diffusait « Real Humain » ou diffuse « Hatufim »,  évident manque de coordination entre elle et une chaîne prétendue sœur et amie. Certes, le sériophile peut s’offrir les deux séries, l’une comme l’autre reprises durant sept jours sur les deux chaînes. Mais il y aura longtemps encore plus forte consommation lors du passage à l’écran que sur internet. Les nombres de visites sur ce dernier sont faibles comparés aux nombres de spectateurs annoncés en parts de marché.

Cette frilosité romande est regrettable, tant dans la manière d’exposer le meilleur des séries que la promotion faite pour y accéder. On se demande bien pourquoi. La programmation par la RTS  ressemble plus à celle de TF1, chaine commerciale généraliste qui lui fait concurrence sur le plan de la publicité qu’à  celle d’ARTE, chaîne généraliste bilingue qui se met au service d’un public certes plus étroit mais plus exigeant.

On se demande bien pourquoi « Les experts » ou « Hawaï 05 » sont mieux traités que « Mad men » ou « Borgen »! « Real humain » ou « Hatufim » resteront-ils longtemps ignorés par la RTS?  Addiction à l’audimate tenant pour une victoire toute diffusion précédent celle d’une chaîne francophone concurrente ? Manque d’envies ou manque de moyens ? Il y a quelque chose de « pourri » au royaume de Roger de Weck et de Gilles Marchand.

Séries : tour d’horizon

Enfin, une excellente heure de diffusion pour une série à grande valeur ajoutée, « Homeland » (RTS, jeudis vers 21h00). Et quelques remarques sur trois séries de haut de gamme, « Real Humans », « Homeland » et « Mad men » Lire à ce propos le texte Notes de lecture autour de la notion de « Série haut de gamme » (21 avril 2013)

La « valeur ajoutée »

Très heureuse, la formule utilisée dans son édito du Médiatic NO 176 par le président du Conseil du Public, Matthieu Béguelin, pour caractériser un genre en citant des exemples actuellement à l’écran – « Mad Men » et Homeland » –  ou récents – « Borgen » ou « Roma ». Attribuer cette réelle « valeur ajoutée »  à « Real Humans – 100% Humain »  présentée par ARTE ( jusqu’au 2 mai 2013 pour la première saison ) serait même parfaitement justifié.

Il vaut aussi la peine de rappeler l’excellente définition d’une série haut de gamme, donnée récemment  par un texte paru dans « Le Monde », laquelle doit être  « «  écrite comme un livre, réalisée comme un film, mise en scène comme une pièce de théâtre ». On y peut ajouter « sonorisée comme un opéra » pour ne pas oublier une bande sonore faite de la diction des acteurs, des bruits, de la musique.

 

Une image d'une série scandinave à dévouvrir prochainement, "Le pont" entre Danemark et Suède

Une image d’une série scandinave à découvrir prochainement, « Le pont » entre Danemark et Suède

Au moins un soir par semaine

Les séries haut de gamme, donc à forte valeur ajoutée, ne sont pas encore très nombreuses. Une télévision généraliste de service public se doit de les faire connaître au public que souvent elle gave avec des séries policières unitaires à personnages récurrents, parfois complétées par des séjours en hôpitaux, qui ont la part belle chez les généralistes commerciales aspirées par les parts de marché.

Le Conseil du Public, appuyé par le Comité régional, semble bien avoir été écouté. On peut désormais voir « Homeland » le jeudi à la suite de « Temps présent » , donc un peu après 21 heures, plutôt que vers 23h00. Il serait même bien qu’une hirondelle ne soit pas seule à faire le printemps d’une bonne diffusion pour le meilleur des séries exigeantes. Et il est normal que les représentants du public se prononcent sur des principes de la programmation.

S’impose alors un bref tour d’horizon sur les séries récentes

Réal Humans – 100 % humain

Décidément, la Scandinavie se porte bien, qui doit à la Suède cette superbe et étrange série. A quand son passage sur la RTS ? Et déjà on attend « Broen », une co-production entre la Suède et le Danemark, déjà adapté par la BBC, avec son cadavre trouvé sur la frontière qui traverse le  pont unissant ces deux pays. Ce ira  certainement, comme « Killing », au-delà d’une enquête menée par les polices de deux états.

malte, membre du trio qui voudrait complétement éliminer les "hubots" ( Real humans - photo arte)

Malte, membre du trio qui voudrait complétement éliminer les « hubots » ( Real humans – photo arte)

Des scientifiques ont su créer de presque parfaites répliques des humains, désormais vendues dans des grandes surfaces, rechargeables à partir d’une simple prise électrique. Il y a donc des robots domestiques, des rebelles, la famille Engman, les 100% humain d’un mouvement clandestin qui veut une société sans hubots. La haute technologie est parvenue à faire ressembler certains robots à des humains, capables de sentiments, d’émotions les plus subtiles. Troublant, inquiétant, prometteur peut-être d’une nouvelle harmonie ! Et il ne suffit pas de remplacer « hubot » par exemple par « noir » pour cerner la série !

La famille Engman, un couple avec deux ados et une fillette, avec ses proches voisins, est au centre du récit, d’autant plus aisément qu’ Anita, un récent achat en magasin, fait désormais partie presque intégrante de ce milieu de la classe moyenne suédoise.

Les personnages féminin sont peut-être mieux dessinés que les masculins. Inger Engman, avocate, prend fait et cause pour des hubots en offrant une étrange ressemblance avec la présidente du gouvernement de « Borgen ». Anita, Mimi rebelle enlevée, est bien  proche de ses employeurs. Béa appartient au trio du mouvement clandestin, identité bien masquée.Une femme pasteur accueillante forme un couple normal avec une amie. Ceci pour ne dire que deux ou trois des premières choses que l’on découvre dans « Real humans »

La deuxième saison d’Homeland

Revenu en héros aux USA en 2011 après avoir été détenu par des islamistes en Irak pendant sept ans, Brody, lancé dans la politique, va est très proche du vice-président des USA. Carrie, l’agente bipolaire de la CIA, certaine à juste titre que Brody a été retourné contre son pays, a été chassée de  l’agence. Elle a fait une grave rechute et est devenue institutrice.

Saul, le supérieur direct de Carrie à la CIA

Saul, le supérieur direct de Carrie à la CIA

La guerre d’Irak est donc terminée. On est installé aux  USA tels qu’ils sont devenus dix ans après septembre 2001. La chronologie de la première saison avait le mérite de la plausibilité.

En va-t-il de même en deuxième saison ? Au Moyen-Orient, quatre des cinq installations liées à la potentielle bombe atomique iranienne ont été bombardées. Beyrouth est à nouveau partiellement détruite. Quel est donc la date de ces nouvelles actions, qui se déroulent après 2011 ? Serions-nous entrés dans le futur, autrement dit dans de la pure fiction, alors que la première saison était parfaitement intégrée dans le très proche passé ? Ce Beyrouth partiellement en ruines aurait provoqué des protestations au Liban !

Malgré cette incertitude sur le temps des actions, « Homeland » garde son efficacité, sa subtilité, la puissance de ses événements et les contradictions de comportements des personnages.

« Mad Men » en cinquième saison

Cette série si plausible, qui se déroule dans les années soixante, peut presque être considérée comme « historique ». La vie de l’agence de publicité oscille entre succès et difficultés, les membres de cette équipe à la fois unie et désunie vivent avec intensité leurs multiples contradictions, entre eux et en eux. Passer une soirée avec eux chaque semaine, c’est presque participer à une sorte de rencontre avec des copains proches ou insupportables, changeants ou pareils à eux-mêmes.

La clope omniprésente, y compris chez les femmes élégantes et rousses

La clope omniprésente, y compris chez les femmes élégantes et rousses

Pour certains jeunes, cette série est celle où tout le monde tire sur sa clope tout le temps, élément qui permet de souligner le fait que la série appartienne bien à l’Histoire, certes récente. Et que cette fumée permanente est bien le  reflet d’une immense réussite commerciale, celle des fabricants de cigarettes qui ont  su importer leur produit aux générations successives.  A propos de  fumée : les américains ne fument que rarement le cigare et les fumeurs de pipe y sont rares ? Autre preuve de la victoire des vendeurs de clopes ?

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

PS : « Jo » et « Candice Renoir »

« Jo » ( RTS le vendredi vers 23h00   et TF1 le jeudi dès 21h00), produite par TF1 et « Candice Renoir » ( France 2 le vendredi soir vers 21h00 ), à première vue, ne présente pas grande valeur ajoutée. Pour saluer la présence française dans le haut de gamme, il faut se souvenir d’ « Engrenages » et « Caïn » et attendre avec impatience « Un village français »

Notes de lecture autour de la notion de « Série haut de gamme »

 

Marquer un temps d’arrêt peut servir à éclaircir des idées. Une chose est de présenter et de défendre des série dignes d’être aimées comme nous le faisons (trop ?) souvent, une autre de profiter d’un temps de lecture pour bénéficier d’un peu de recul.

Sur les séries, voici quelques premières raisons d’être attentifs à une publication du journal « Le Monde »  

Vient de paraître ….

Trouvé en kiosque, il y a vingt-et-une heures, un « Hors-série » du journal « Le Monde », intitulé « La vie en séries ». Noté en première page le prix en francs suisses, 12,50, qui correspondent à 7,50 euros, soit un taux change à 1.60 CHF pour 1 euro : on a rencontré de pires taux !

Déjà pris au moins trois heures pour faire connaissance avec le  contenu d’une centaine de pages, en parcourir certaines, en lire d’autres en soulignant des bouts de textes. Passionnant ; enfin, pour les sériophiles !

Ce hors-série est formé de reprises de textes publiés et de nouveautés. On y trouve presque toutes les séries qui retiennent notre attention de blogueur depuis des mois, voire des années !

En couverture du "Hors-série", Michael C.-Hall (photo TF1), dans "Dexter". Au moins indirectement une "présence" romande, la RTS seule au monde à refuser de diffuser la remarquable et provocante "Dexter"

En couverture du « Hors-série », Michael C.-Hall (photo TF1), dans « Dexter ». Au moins indirectement une « présence » romande, la RTS seule au monde à refuser de diffuser la remarquable et provocante « Dexter »

Sur les vingt séries classées à partir des avis de neuf intervenants dans le « Hors-série », la moitié entre dans ma propre liste. On vit donc dans le même univers. Dans la liste, il y a « Dexter » !

Bien entendu, les USA mènent le bal. Mais il y a place aussi pour l’Angleterre, la France, la Scandinavie, Israël et quelques autres. Mais, signe révélateur, pas la moindre allusion à des séries suisses romandes ! ( fyly – 18.04.2013 – 09h30 )

Art en séries

« Le Monde », (édition du samedi 20 avril 2013), dans le supplément « Culture et idées » consacre deux nouveaux textes aux séries. Oui, mais lesquelles, puisqu’elles sont si nombreuses diffusées sur la grande majorité des chaînes ? Reprendre une fois de plus l’expression « série haut de gamme » ou «  série exigeante et pointue » reste insuffisant. Il faut trouver une autre approche : par exemple celle-ci.

Enumération pour le haut de gamme

Dans le premier texte signé Nils C.Ahl,  j’ai souligné en rouge les titres cités. Voici la grande majorité de ceux qui couvrent les années 1990 à nos jours : « Dream on », « Oz », Sex in the city », Les Sopranos », « Six pieds sous terre », « Sur écoute- The Wire », « Deadwood », « The shield », « Nip-Tuck », « Damages », « Californication », « Dexter », « Homeland », « Mad Men ».

Quelques rappels sont faits à des « ancêtres » comme « Le prisonnier » ( 1967-1968), « Berlin Alexanderplatz » ( R.M.Fassbinder, 1980), « Twin peaks » ( David Lynch, 1990-1991), « L’Hôpital et ses fantômes » (Lars vonTrier – 1994-1997), « Urgences » ( 1994-2000).

Au centre de la série, la famille Engman. De gauche à droite, Mathilda, Hans, Tobias, Sofia et Inger (Photo Arte, Johan Paulin)

Au centre de la série, la famille Engman sans le grand-père. De gauche à droite, Mathilda, Hans, Tobias, Sofia et Inger (Photo Arte, Johan Paulin)

Bien entendu, allusion est faite à « Real Humains / 100% Humains » dont la carrière vient de commercer sur Arte. Un entretien avec la cinéaste polonaise Agnieszak Holland » qui travaille aux USA et a signé quelques numéros de « The wire-Sur écoute » ou « Treme » sert en quelque sorte d’introduction à un texte consacré à la série que le chroniqueur considère comme la meilleure jamais réalisée à ce jour, « THE WIRE – SUR ECOUTE ».

Les robots rebelles, du groupe "Enfants de David", dirigés par Niska ( Photo Arte, Johan Paulin)

Les robots rebelles, du groupe « Enfants de David », dirigés par Niska ( Photo Arte, Johan Paulin)

Dans le Hors-série, les auteurs des textes ont indiqué les vingt meilleures séries selon leur goût. Une moyenne a été faite. La moitié des titres de la liste des vingt sont cités ci-dessus. Il y a donc une grande cohérence entre les deux interventions du « Monde », chose du reste sans surprise.

Une autre liste pour faire contraste

Où trouve-t-on « Les experts », « New York unité spéciale », « Vive la colo », « Rizzoli & Isles : autopsie d’un meurtre », « Section de recherches », « Body of proof », « Hawai 5-0 », « NCIS : Los Angeles », « Candice Renoir », »Esprits criminels », « Grey’s Anatomy », « Jo », certains titres apparaissant au cours de  la même soirée avec trois numéros différents ?  Ces titres sont tirés des programmes du 13 au 26 avril 2013 de quatre chaînes généralistes, deux commerciales, FR1 et M6, deux de service public, RTS1 et France 2, les deux dernières guère différentes des deux premières, entre 20h30 et 23h00, en plein premier rideau et en amorce du deuxième. Et cela fait beaucoup de policiers armes à la main qui enquêtent à propos de nombreux cadavres. C’est ce que certains nomment « offres diversifiées » !

Une exception : depuis deux semaines, la RTS présente deux épisodes de « Homeland » le jeudi vers 21h15 après « Temps présent ». Pour un fois, la RTS est un peu plus proche d’ARTE qui aura proposé durant la même période « Reals Humans » ( jeudis dès 20h50) ou « Charlemagne » ( samedi dès 20h50).

Dans leur sécheresse, les deux listes montrent bien que l’on ne parle pas de la même chose.

Définition d’une série d’auteur

"The wire- sur écoute" : la meilleure série jamais réalisée ? ( Photo HBO)

« The wire- sur écoute » : la meilleure série jamais réalisée ?      ( Photo HBO)

 

Citons une fois encore le texte du  MONDE signé Nils C. Ahl.

Une grande série est « écrite comme un livre, réalisée comme un film, mise en scène comme une pièce de théâtre. Cette définition permet d’approcher « The wire », «  la plus emblématique sans doute des productions ambitieuses et exigeantes ayant vu le jour à partir des années 2000.

« Avant de réaliser quelques épisodes, je l’ai regardée(..) Et j’ai trouvé que c’était un grand roman américain qui racontait l’Amérique comme le cinéma ne la racontait pas » C’est ce que dit de sa propre démarche créatrice Agnieszka Holland, en une approche originale d’un travail de »commande » !

 

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives