Archives d’un auteur
Abrams, Jeffrey Jacobs
Dans les « Cahiers du cinéma » : de “Super Huit” à “Fringe”
Couverture des « Cahiers du cinéma », no 669 ( juillet-août 2011 ) : le 8 de « Super huit : J.J.Abrams sur les épaules de Spielberg » avec une vingtaine de pages abordant sept sujets. On y apprend que le producteur Bryan Burk du blockbusker « Super huit » a rencontré Abrams quand il avait quinze ans alors que tous deux jouaient avec le petit format de la pellicule la moins coûteuse. Et celui qui est devenu l’opérateur du film, Larry Long, a rencontré, lui, Abrams quand il en avait douze. Les gosses qui alors s’amusaient à faire en super 8 des petits films de zombies et d’horreur, dans les années quatre-vingt, se retrouvent dans l’équipe d’un des plus réussis blockbuskers d’auteur en 2011. Et le petit film superhuit qui accompagne l’interminable générique de fin doit beaucoup ressembler à un film d’adolescents des années 80. L’occasion est bonne de signaler qu’avec de telles contributions, les « Cahiers du cinéma » nouvelle équipe sont peut-être en train de renouer avec la meilleure veine des années 1955-1965 quand y sévissaient sous André Bazin des Godard, Chabrol, Truffaut, Rohmer, Rivette, Doniol-Valcroze et quelques autres.
La série « Fringe »
Le polyvalent Abrams est ainsi scénariste et chef d’équipe de concepteurs de séries ( « Felicity », « Alias », « Lost », « Fringe » ), réalisateur, acteur, producteur, compositeur ( musiques de génériques de certaines séries). On n’ira pourtant pas jusqu’à écrire que ses deux premiers longs-métrages, « Mission impossible 3 » et « Star Trek 1 », portant à l’écran l’univers de séries télévisées, ont marqué à tout jamais l’histoire du cinéma ; loin de là. Oui, mais Abrams s’est mis à prendre de l’importance avec son travail dans les séries pointues avant « Super Huit » ! Deux images et trois pages attirent l’attention sur « Fringe », que je n’avais pas pris en compte avant ce début d’août 2011.
Le programme du robot de la TSR »
Ni une, ni deux : me voici au mercredi 27 juillet 2011 sur TF1 pour y découvrir deux numéros de la troisième saison, « Candy man » et « Le retour », en projection tardive entre 23h00 et 01h00. Intéressant, à tout le moins ! Alors, c’est très attentif que je suis revenu pour prendre rendez-vous avec les nos 9, 10 et 11 de la troisième saison, cette fois sur TSR 2, « Le marionnettiste », « Réactions en chaîne » et « De l’homme à la machine ».
Il est vrai que l’on se trouve alors dans la programmation en opposition pratiquée par la TSR qui pourrait la confier à un robot. Il suffit d’introduire les programmes les chaînes françaises qui ont aussi acheté ces séries pour décider de faire passer chaque numéro juste avant la France, au moins un jour. Comme si, en pleine nuit, il y avait tant de monde pour une première sur la TSR et personne après sur TF1 ! Question au robot : quelle serait l’influence d’une série montrée en seconde vision à la TSR sur l’audimate annuel romand ? Un centième, autrement dit 0.01 ? En attendant, on se laisse guider par le grand voisin. Et quand c’est par TF1 qui fait n’importe quoi, cela devient pénible ( cf à ce propos la manière de présenter « Les experts » dans n’importe quel ordre, ou « Dr House »).
Trois numéros d’un série de grande classe, entre 23 heures et plus d’une heure du matin, c’est un sabotage de leur qualité. Et bien entendu, il faut supporter sur TF1 que la publicité s’installe à l’intérieur d’un numéro, même pas entre deux !
L’ “Autre Monde » avec Olivia et son double
Et c’est ainsi que j’aurai découvert une petite merveille, le mardi soir 2 août, avant de m’en aller, le mercredi à la première séance de l’après-midi, découvrir sur grand écran « Super Huit ».
Dans « Fringe », il y a certes une histoire étrange par numéro. Mais les principaux personnages continuent d’évoluer tout au long d’une saison. Agente du FBI, Olivia Dunham enquête dans notre monde de la réalité. Mais elle a aussi été transportée dans un monde virtuel. Peter Bishof, fils d’un savant « fou » prêt à toutes sortes d’expériences qui permettent de passer du réel au virtuel, est amoureux d’Olivia. Mais il a aussi rencontré une autre Olivia, son double; et peut-être l’a-t-il aimée. Que la première l’apprenne n’ira pas sans complications. Voilà de quoi ouvrir une interaction, parmi d’autres, entre les deux mondes.
Le marionnettiste
Etrange, le sujet du « marionnettiste ». Un tueur découpe avec minutie, propreté et respect le cœur d’un homme. Les enquêteurs de ce monde, à partir de la comparaison avec un autre meurtre, se rendent compte que dans les deux cas, un organe greffé aura été prélevé sur le cadavre. La personnalité d’une jeune femme de dix-sept ans, qui s’est suicidée, prend le dessus : le tueur en veut à ceux qui ont bénéficié de ses organes. On assistera en cours d’épisode au prélèvement sur leur porteur des yeux de la donneuse. Dès lors, il devient possible de montrer ce qui se passe chez le tueur en série. Celui-ci veut rendre vie à la jeune fille décédée. Il la reconstitue dans son laboratoire. La voici avec ses membres liés dans une sorte de cacophonie de cordes. Le tueur, derrière son pupitre, manipule ces cordes : la jeune fille se met à se déplacer et, mieux encore, à danser avec l’éclatante beauté de sa jeunesse. Pour le marionnettiste, la réussite est là : l’avoir fait revivre, un instant au moins, dans la splendeur des mouvements de la danse.

Olivia et Peter rendent visite à la dernière victime du tueur, qui n’a pas eu besoin de tuer pour prélever les yeux transplantés
Belle idée, poétiquement rendue par la mise en scène, qui inscrit dans un numéro d’une série un moment d’émotion, de magie. Et ce n’est pas le seul !
« Super huit »
Le blockbusker réussit la fusion de deux désirs. D’une part, Abrams rêvait de filmer un accident de chemin de fer le plus spectaculaire possible. Mais voilà dans le train qui déraille une créature d’un autre monde qui parvient à s’échapper. L’armée intervient. Et l’on se demande bien pourquoi un brave professeur a su provoquer ce déraillement.
En même temps, une bande de gosses de 12/13 ans tourne dans une petite gare un film d’horreur. Ils assistent à l’accident. Entre les membres de l’équipe, les liens sont étroits. Le metteur en scène en veut à son maquilleur qui s’intéresse à la fillette qui joue le seul personnage féminin important. Joe et Alice vont s’aimer avec la fraîcheur des amours enfantines imbibées de timidité. Joe a perdu sa mère et vit avec son père qui veut lui imposer de rester dans le conformisme bourgeois. Alice est en révolte contre son père qui sacrifie trop à l’alcool. Chacun à sa manière est malmené par la vie.
Là aussi vient l’envie de citer deux scènes. Joe fait son travail de maquilleur qui doit transformer le visage d’Alice. L’occasion est belle pour lui de pouvoir toucher son amie. Ses gestes sont d’une fraîcheur, d’une élégance, d’une retenue immenses. Ils finissent par exprimer une intense tendresse amoureuse.
Autre splendide moment : Joe assiste à la construction d’une fusée métallique qui va ramener la « chose » dans son monde à elle. Il lui parle avec une indicible douceur. Le regard du monstre devient étrange, de la beauté d’yeux qui semblent approuver ce que Joe raconte. Le réalisateur a inséré dans cette “chose” par un trucage formel les yeux de la mère de Joe, celle que l’on voit sur la photo que le fils garde précieusement. Autre moment de grande force d’émotion dans ce film!
La danse dirigée par le marionnettiste, un visage à maquiller, le regard d’une « chose » d’un autre monde : trois exemples de douceur par la mise en scène qui conduit à recevoir de grands moments d’émotion insérés dans des élans spectaculaires.
La TSR et le festival de Locarno ( 3-13 août 2011)
Le festival de Locarno, c’est une présence dans les journaux télévisés : l’information au quotidien. Ce sera un « Tapage nocturne » le 14 août à la fin de festival : l’amorce d’une synthèse. Mais ce sont aussi sur les écrans de Locarno dans les différentes sections neuf co-productions TSR, sur les quelques deux cents films qui seront proposés aux « festivaliers » des salles et de la piazza grande.
En compétition
Olivier Père, pour sa deuxième année à la direction du festival, a retenu vingt films pour ce qui reste tout de même la section la plus importante d’un festival, sa compétition. Encore qu’à Locarno la programmation sur la « Piazza Grande » et ses huit mille place potentielles soit importante, et pour le retentissement de la manifestation, et pour ses finances. Or en 2011, sur les vingt films de long-métrage en compétition, trois sont suisses entièrement ou partiellement. Du jamais vu ? A tout le moins du rarement vu ! Il en va d’une année de cinéma comme d’un vin : les millésimes ne se ressemblant pas forcément. Mais peut-être cela tient-il aussi au dégustateur, Olivier Père ayant bien senti que son attention au cinéma suisse devait sortir renforcé d’une première année de contacts.
Et c’est ainsi que seront en compétition les trois films ci-dessous, présentés avec une image et le texte qui accompagne leur présence sur le site de la tsr.
VOL SPECIAL de Fernand Melgar (documentaire)

En Suisse, plus de 200′000 personnes vivent jour après jour la peur au ventre : à tout moment, elles risquent de se retrouver en prison sans avoir commis le moindre délit. Elles peuvent finir ligotées, menottées, bâillonnées et renvoyées chez elles de force par vol spécial. Pourquoi ? Pour l’unique raison que ces personnes sont des sans-papiers. Pour comprendre les enjeux des renvois forcés et les conditions dans lesquels ils se déroulent, le cinéaste s’est immergé plusieurs semaines dans la prison de Frambois à Genève, l’une des anti-chambres des vols spéciaux.
MANGROVE de Frédéric Choffat et Julie Gilbert (fiction)

Une plage isolée sur la côte sud du Pacifique. Au bout de la plage, la mangrove. Une jeune femme européenne revient avec son fils après plusieurs années d’absence. Mais peut-on faire la paix avec les fantômes du passé ?
ABRIR PUERTAS Y VENTANAS ( Absences) de Milagros Mumenthaler (fiction)

Trois sœurs, Marina (21), Sofia (20) et Violeta (18) se retrouvent à vivre seules dans leur maison familiale de Buenos Aires, suite au décès de leur grand-mère qui les a élevées. Elles essayent tant bien que mal de vivre cette période de transition et d’incertitude. Violeta disparaît un jour avec son homme sans crier gare. Le vide laissé par cette absence se ressent dans la demeure ; la relation entre Marina et Sofia devient difficile et accentue leur vulnérabilité et leur tristesse.
Tourner ailleurs
« Mangrove » est tourné dans un petit village du bord de mer sur le Pacifique au Mexique. « Absences » se déroule en Argentine. Dans une certaine mesure, tourner dans un centre de requérants d’asile qui sont en attente de l’exécution d’une décision de renvoi, situé dans le canton de Genève, c’est vivre dans un ailleurs dur à supporter.
Un court-métrage, « Chasse à l’âne » de Marie Nicollier, participe au concours interne de la section « Léopards de demain” Il a été tourné au Japon.

Trois japonais goûtent de la viande d’âne chez leur ami boucher. Conquis par la saveur de ce plat exotique, les trois hommes décident d’acheter Igor, le petit âne, pour le déguster. Dans les rues marchandes de Komoro, les trois comparses jubilent de leur projet gourmand. Mais à la vue d’une crèche de Noël en vitrine, un doute les assaille : l’âne, au côté de Jésus, est-il sacré pour les chrétiens ? Abattre et dévorer Igor s’avère plus difficile que prévu.
Voilà qui confirme l’importance des tournages de films suisses hors de nos frontières. Un hasard ? Un exode volontaire ? Le désir de s’en aller voir ailleurs pour de ne pas faire un film en Suisse ? Une fuite devant les réalités nationales ?
On peut même ajouter encore un exemple, « Romance » de grand animateur Georges Spitzgebel, puisque le théâtre de son récit se situe dans un avion, qui n’est pas un territoire national.

Un passager se retrouve assis à côté d’une charmante jeune femme. Une courte histoire romantique, deux points de vue sur un même voyage en avion. Deux regards en suivant la forme du scherzo de la sonate pour piano et violoncelle de Serge Rachmaninov.
En programmation spéciale, il faut noter un hommage à Claude Goretta avec « L’invitation », « La Dentellière » et «La Provinciale », complété par « Bon vent à Claude Goretta » de Lionel Baier.
Avec ou sans Berne
Les deux sources de financement du cinéma suisse sont la Confédération d’une part, la TSR en ce qui concerne la Suisse romande de l’autre. Cela fait tout de même un nombre honorable de millions, sans lesquels le cinéma suisse serait encore plus discret. Pour la souplesse et la rapidité dans les décisions, la TSR supérieure à Berne.
Est-il juste d’écrire que tous ou presque des films soutenus par Berne le sont aussi par la TSR, alors que tous les films soutenus par la TSR, surtout s’il s’agit de la relève, ne le sont pas forcément par Berne ?
Je ne sais pas répondre à cette question. Je vais la poser à quelques interlocuteurs. Donc, on y reviendra. Peut-être !
Vincente Minnelli
Avec un vaste ensemble de films de Vincente Minnelli, Locarno renoue avec les grandes rétrospectives. A coup sûr, un des sommets de la manifestation qui se poursuivra ensuite à la cinémathéque de Lausanne.
Tapage nocturne
Nouvelle présence estivale, en ce été 2011, d’une émission d’informations culturelles sur quelques-unes de plus importantes manifestations estivales de Suisse romande. Trente minutes environ pour chacun des arrêts : Bex ( Art, 19 juin), Fribourg ( Belluard, 26), Lausanne ( Festival de la Cité – 3 juillet ), Avenches ( Rogoletto – 10 juillet ), Montreux ( 17 – jazz) , Nyon ( Paléo – 24 ). Restent à venir : Verbier ( musique classique – 31 juillet ), La Chaux-de-Fonds ( Six Pompes – 7 août ) et Locarno ( 14 août ). Bon choix dans la diversité.
Une voiture rouge en guise de studio ambulant !
Choisir une luxueuse voiture rouge ( les amoureux des carrosseries pourraient vous dire la marque, mais pas moi !), l’installer dans différents lieux, en faire le local de conversations ou permettre de recevoir des invités, pourquoi pas! Michel Cerutti assure présentation et entretiens avec Anouk de Couleurs 3. Un duo tv-radio, qui fonctionne parfois sur des gags d’humour un peu forcés, se répartit le travail, chacun menant aussi assez bien ses entretiens. L’animation sert ainsi à introduire certains sujets tournés et montés séparément, des brefs à d’autres un peu plus développés. On entre parfois assez bien dans la démarche quoi conduit à la création d’un spectacle.

L’animatrice, un prénom, Anouk et l’animateur, prénom et nom, Michel Cerutti. Une femme, seulement un prénom ? Curieuse habitude ( photo TSR)
Le multimédia
On retrouve une partie de l’émission de télévision sur le web. Des émissions de radio, liées à chacune des manifestations, apportent un autre éclairage. Il arrive parfois que la musique soir un peu « alourdie » par le côté spectaculaire des images. Je n’ai pas pris la peine de mesurer le temps qu’il faudrait pour tout voir et tout entendre, sur les supports internet, radio et web. Qui a le temps de le faire ?
Les remarques qui suivent valent pour la dernière émission, à Paléo (24.07.2011). On venait de lire de multiples reportages sur la boue à Nyon avec¨élans lyriques” vers une réflexion presque philosophique sur son rôle. Heureusement, les responsables de « Tapage nocturne » ne sont pas tombés dans le piège de la théorie boueuse pour s’en tenir à une volonté de montrer quelques aspects de la manifestation.
Musiques du monde
Une surprise : Jean-Marc Baehler, producteur à couleurs 3, parle avec finesse et gourmandise de la partie « Musiques du monde » expliquant comment en Colombie des jeunes savent faire une synthèse enrichissante entre tradition et modernisme. Mais pourquoi diable, alors, seulement des mots? Pour inciter le téléspectateur à se transformer en auditeur ?
The Do
Mes connaissances dans ce domaine de la musique contemporaine sont faibles. Il faut trouver d’autres commentateurs pour savoir si les choix de « Tapage nocturne » donnent une bonne idée, et laquelle, de « Paléo » 2011. Apprécié le duo franco-finlandais, surtout pour les extraits de leur prestation.
Pigeon Jon
Intéressé par la partie Pigeon Jon, du hip-hop( ?) dont le meneur du groupe parle en anglais, avec traduction. Mais l’exemple musical qui précède l’entretien, en anglais lui aussi, est difficile à comprendre, si tant est que les paroles aient de l’importance, ce qui semble être le cas. On peut se demander pourquoi, d’une manière générale, on prend la peine de traduire des mots parlés et que l’on ne prend pas celle de traduire ceux qui sont chantés, qui font pourtant partie de la démarche créatrice. Une émission comme « tapage nocturne » ne devrait-elle pas prendre cette peine

Pigeon Jon, du hip-hop américain que les spécialistes disent plein de fraîcheur : faisons-leur confiance(Image Paléo)
Hier, Jean-Christophe Averty
Sur le web, la prestation d’un groupe sur la grande scène manque. Une question de droits ? Dommage ; j’aurais bien voulu la revoir. Bon travail en régie, avec recours à des images monocolores bleutées alternant avec des plans aux vives taches de couleurs, dans un rythme proche de la structure musicale. De quoi me rappeler de très, mais alors très lointains souvenirs, quand Jean-Christophe Averty magnifiait le jazz ( c’était sauf erreur à Antibes) dans les années soixante par une construction en parfait accord avec le battement à quatre temps de la musique.
Grands spectacles grands encore sur petit écran
Il n’y a plus de sport de saison. Il y a tout le temps du sport sur les petits écrans. Le Tour de France coexiste maintenant avec la reprise du championnat suisse de football en superligue. Les problèmes liés à l’argent ne manquent pas de confirmer leur présence. L’achat russo-tchétchéne de Xamax fait du bruit. Prière pourtant de ne pas oublier un conseil donné par le président-propriétaire sortant de charge : que ceux qui n’ont pas d’argent à investir dans le club la ferment ! Autre problème : une grande régie dans les mains de la Confédération, Swisscom avec sa composante audiovisuelle, pique à coup de millions la priorité de rencontres hebdomadaires au nez d’un autre grand groupe qui ne doit son existence qu’à la Confédération qui lui accorde le septante pourcent de son budget à travers la concession. Ne manque que « La poste » dans ce conflit entre “régies” fédérales !!
Gymnaestrada
Enfin, du sport, sans compétition, sans conflit financier, avec un confortable budget désintéressé de plus de vingt millions : ils furent vingt mille gymnastes, aux trois quarts, des femmes, venus de plus de cinquante pays, pour offrir un spectacle de masse coloré souvent éblouissant. Cela se passait à Lausanne, au stade olympique, à la patinoire de Malley, au palais de Beaulieu, au bord du lac. Pas de compétition aura-t-on répété, tout en signalant en passant que tel groupe avait tout de même été plusieurs fois champion dans son pays. Pas de compétition durant le « gymnaestrada ni durant les précédents, ni lors du prochain à Helsinski. Rien que du spectacle, un plaisir pour ceux qui regardent le plaisir de ceux qui ont travaillé parfois de longs mois durant pour offrir des numéros brillants, gais, colorés. On passe des engins traditionnels de la gymnastique de concours à des présentations qui ne dépareraient pas la plus élégante des comédies musicales cinématographiques, qui parfois même confinent à l’étrange poétique et fantastique, comme ce corps aux seize bras bien installé face caméra.
On glisse le long de cordes de tissus, on manipule des sphères de toutes dimensions et couleurs assorties. On bouge constamment, dans des costumes variés de formes et de coloris, on se poursuit, on se croise en se frôlant sans se heurter. La souplesse des déplacements, la finesse des gestes ravissent l’œil. Tout au plus, au cours de certains numéros, l’éclairage type cabaret par frénétiques et rapides changements de lumières devient agressif. La synchronisation souvent impeccable des gestes parfois de centaines de participants donne une haute idée du travail accompli.
Le spectacle final fut par instants parfois laborieux, celui de l’ouverture très réussi. La télévision aura pourtant offert le sommet de beautés successives lors d’un gala en semaine, au soir du vendredi 15 juillet 2011. On a même un peu abusé des reprises immédiates après certaines phases de mouvements, puisqu’il fallait changer des éléments de décor. On aurait pu aussi montrer comment ce travail s’accomplissait, qui ressemblait parfois à un spectacle à lui seul.
Pas de dopage annoncé, pas de fric envahissant. Un sport qui n’a heureusement plus rien du style un peu militaire des fêtes fédérales de gymnastique en Suisse. Seulement des spectacles, beaux, colorés. Et cette multitude qui crée une nouvelle unité ( notre cliché “Gymnaestrada)
« Aïda en Orange »
Face à l’immense mur du théâtre antique d’Orange, ils sont chaque soir huit mille pour assister à l’un des plus beaux spectacles que puisse offrir l’opéra. Cet opéra élitaire, réservé à des privilégiés, le voici, donné par la télévision à un vaste public, qui peut, lors de soirées en direct, se compter par centaines de milliers, peut-être même en millions. Elle offre même un avantage sur le spectacle réel : il n’est pas facile de comprendre l’intrigue chantée, même dans la langue que l’on connaît. La sous-titrage discret donne des informations dont le spectateur de plein air, même en Orange ne dispose pas.
« Aîda », fille de roi d’Etyopie, est l’esclave d’Amnéris, la fille du pharaon. Le général Radamés vient de vaincre l’armée adverse et de faire prisonnier le roi.Amnéris aime Radamés qui aime Aîda qui répond à cet amour. La raison d’Etat coexiste très mal avec la force de l’amour. Mais l’opéra de Verdi célèbre aussi la grandeur de l’Egypte. Le décor planté devant le mur d’Orange accentue cette grandeur. Tout y est grand ; parfois trop à devenir un peu grandiloquent.
Les caméras nombreuses permettent de varier en offrant au téléspectateur des distances différentes, de plan d’ensemble très éloigné comme pour joueur au spectateur au gros plan presque indiscret, face à la scéne ou en coulisses. Voici en assez gros plan Indra Thomas qui interprète Aïda (photo France 3 Provence-Rhône-Alpes)
Le direct impose les entractes. La télévision peut alors choisir d’en dire davantage sur les interprètes ou, comme cela fut fait, visiter St-Petersbourg avec celui qui dirige l’orchestre des Chorégies d’Orange, le russe Tugan Sokhiev. Intéressante découverte, accompagnée de quelques mesures des plus grands compositeurs russes. Le comportement de la présentatrice, Julie Depardieu, fut par instants un brin bizarre .
Oui, la télévision , lors de ces directs annuels venus d’Orange, est alors grande puisque elle apporte à un vaste public potentiel cette culture trop souvent réservée à une minorité disposant du confort matériel.
Une porte qui point ne s’ouvre
En six jours, début juillet, au « 19 :30 » furent mis en ligne sur tsr.ch soixante-neuf modules pour cent quarante minutes de diffusion. On y peut dépasser les traditionnelles deux minutes, soit dans la durée d’un module, soit en en juxtaposition plusieurs sur le même sujet ( mariage princier à Monaco ou incontournable DSK)
Un couple dans la nuit rejoint son appartement que l’on nous dit grand et dont la location est beaucoup plus élevée qu’un sept pièces de conseiller d’Etat à Genève. La porte ne s’ouvre pas, malgré plusieurs essais. Quelques caméras immortalisent cet événement dont on nous dit qu’il a fait le tour du monde. Enfin la porte s’ouvre ! Les caméras ne sont pas admises à l’intérieur.
Ce jour-là ( mercredi 6 juillet 2011), rien d’important sur DSK ! Ouf : il reste au moins la porte qui point ne s’ouvre, serrure tripatouillée pendant au moins une minute. Comme on nous dit que la nouvelle a fait le tour du monde, la TSR devait en effet s’associer à cet événement de première importance.
Le lendemain, rien trouvé dans « mes » quotidiens sur l’histoire de la clef. Par conséquent cette information unique, indispensable, précieuse, incontournable, un vrai scoop, est donc spécifiquement télévisuelle, grâce à la pratique de l’art de l’anodin. Au montage, on aurait pu abréger le coup de la clef qui ne fonctionne pas pour orienter plus encore le document vers ceux qui contribuent à faire de l’information sur rien, y compris en tirant mieux parti d’une course d’école. Mais pourquoi pas, alors, oser franchement un petit sujet comme ceux confiés à des cinéastes le vendredi, même avec un second degré freudien.
Séries : les meilleures restent américaines !
En noir, le texte de la semaine. Puis trois stations, trois textes en rose coincés entre deux images pour saluer en passant trois séries d’un excellent niveau, l’ancêtre « Colombo », « Nurse Jackie » et « Californication », les deux dernières tardivement diffusées sur la TSR avec le logo rouge qui met en garde contre l’amour et jamais contre la mort par violence.
Quel est le meilleur cinéma au monde ? Pendant le deuxième tiers du vingtième siècle, la réponse était : l’américain, parfois accompagné d’un « hélas » ! Puis vinrent des nouvelles vagues européennes ( France et Tchécoslovaquie), les découvertes asiatiques (Chine et Hong-Kong, Corée du sud). Certes, en même temps apparurent un peu partout de grands auteurs.
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C O L O M B O
Le lieutenant Colombo vient de disparaître en même temps que Peter Falk ( 1927-2011). Mais le personnage continuera d’enquêter dans un pilote de 1971, les 43 épisodes d’une première période allant de 1971 à 1978, en rafale, puis 25 d’une seconde plus longue, de 1989 à 2003, pour finir au rythme d’un seul par année. Chaque fois la même structure : le spectateur assiste au meurtre, comprend très vite qui est l’assassin, généralement de milieu de bourgeoisie d’argent. colombo va prendre son temps pour confondre le criminel qu’il découvre rapidement. Il sera revenu plusieurs fois pour une dernière question pleine d’à propos. Derrière son air un peu absent, il est d’une efficace perspicacité, malgré son imperméable délavé et sa Peugeot décapotable dont on se demande comme il se fait qu’elle ne soit pas en panne.
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Depuis une dizaine d’années ? L’important vient des séries. Sur grand écran, les numéros se suivent, à dépasser la vingtaine chez James Bond, s’arrêter à sept avec Harry Potter. Le numérique s’est substitué à la vidéo et à la pellicule. La puissance financière des chaînes de télévision à péage a accentué la présence des séries à l’évidente créativité, brisant l’unité du film d’une centaine de minutes pour offrir la régularité des rendez-vous. Les auteurs américains ont repris le dessus, avec « Les sopranos », « Deadwood » et actuellement « Mad men ». Cela se passe sur le petit écran !
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N U R S E J A C K I E
Aux states, la 4ème saison est en cours de tournage, sortie prévue pour 2012. Encore un “médical”, dirons les réfractaires. Oui, mais pas au niveau des médecins, spécialistes ou généralistes. Avec une infirmière, et pas n’importe qui, Edie Falco, la Carmela Soprano qui ne s’en laissait point souvent conter par son mari. Une série peut aussi être portée par une actrice qui aura connu des pics de carrière pour le petit écran. Avec les premiers numéros, on pouvait craindre une imitation du « Dr House », avec une Jackie forte mais bourrée de médicaments oscillant entre sa famille et son amant pharmacien de l’hôpital, en conflit avec le dr Cooper. Foutu caractère, grande professionnelle, femme malmenée, Jackie est un personnage solide dans une série qui s’impose lentement. Bien entendu, elle est affublée du logo rouge romand et se fait attendre en nocture le dimanche soir.
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N’importe quelle chaîne peut s’offrir de telles séries pour un prix abordable ( cent francs la minute pour la TSR, chez laquelle la fiction maison demande un investissement de huit mille francs pour la même durée). En même temps apparaissent des attaques générales contre ces séries américaines envahissantes, comme si toutes ressemblaient à « Top models ». Les meilleures séries souvent provocantes, abordant de front des sujets que le cinéma oublie, bien portée par des interprètes (tel Hugh Laurie en Dr House), sont diffusées en fin de soirée, par groupes de deux ou trois, affublées d’avertissement ( comme le logo rouge). Le meilleur est réservé aux noctambules : dommage !
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C A L I F O R N I C A T I O N
Il aime sa femme. Sa femme l’aime. Mais il ne peut pas s’empêcher de faire partie de jambes ou autres en accrochant tout ce qui passe à portée de main, dans une évidente bonne humeur. Son ex-femme fait tout pour le protéger, y compris en intervenant auprès de son avocate qui doit le défendre dans le cas d’une coucherie avec une mineure.`
Savoureuse séquence (dimanche 03.07.2011) au cours de laquelle Hank, son ami Charlie proposent à Showtime, la chaîne qui produit “Jackie” et “Californication” une sordide série facheusement porno, devant une affiche de “Nurse Jackie”.
Bien entendu, diffusion tardive le dimanche soir, appuyée par le logo rouge tentateur. Il est vrai que les scènes de copulation sont nombreuses, entre partenaires joyeusement consentants. Le logo rouge, rappel à faire, met en garde contre l’amour !
TJ : une information incomplète; forcément !
Quatre minutes pour des caméras de surveillance
Dimanche 19 juin 2011, au « 19 :30 » de TSR1, le corps électoral de Renens veut des caméras de surveillance : la droite est contente duran 2 minutes et 21 secondes. Marianne Huguenin, présidente de l’exécutif, prend acte en 1 :50. Cela fait en tout 4 :11. Sujet suivant : fiscalité des entreprises à Neuchâtel et accueil de la petite enfance, 2 :11 ! Ceux qui ne sont pas rhodano-lémano.centristes vont une fois de plus râler !
Mais, prudence, il ne faut pas tirer de conclusion d’un seul « 19 :30 » de trente minutes. Sur la web, on retrouve une bonne partie de l’info quotidienne diffusée par la TSR. Nos observations portent sur trois jours, dès la fin des votes, les 19, 20 et 21 juin 2011. Plus d’une heure passée le 22 pour faire avec une certaine minutie ces observations !
Six minutes pour une baisse d’impôt
Rien de plus sur les caméras de Renens. Au « 12 :45 » du 19, allusions à la faible participation neuchâteloise et rappel du lien brisé entre les deux sujets, cela durant 1:35. Au « 19 :30 » du 20, encore la nouvelle fiscalité neuchâteloise, qui risque d’inquiéter les autres cantons romands, avec incursion en Irlande à fiscalité douce (1 :53).
Renens et ses caméras de surveillance, problème local : un peu plus de quatre minutes. Neuchâtel et sa fiscalité nouvelle, problème à débordement romand, en trois sujets, un peu moins de six minutes.
A signaler, anecdotiquement : à « Couleurs locales », dans la même période, en une fois, 4 :14 secondes sur Neuchâtel, enfin sur Xamax, son président, la couverture artificielle de son terrain qui passe par des décisions politiques démocratiques, peut-être un peu lentes !
Caméras : mais encore ?
Combien çà coûte l’unité à la pose ; et son fonctionnement par la suite ? Pas de réponse en quatre minutes. Et plus : à quoi çà sert ? Difficile d’y répondre dans le même laps de temps. Le hasard veut que « Le Matin-Dimanche » du 26 juin soit revenu sur le problème des caméras de surveillance, en une pleine page ( temps personnel de lecture, six minutes / Transféré par écrit, une minute de TJ donnerait un texte lu en moins d’une minute, peut-être autour de 30 secondes – à re-vérifier)
A coup sûr, une caméra de surveillance, cela rassure. Il semble assez sûr que, dans le champ d’une caméra, la petite délinquance au quotidien diminue. Mais elle peut continuer à se développer hors-champ. L’efficacité contre la grande délinquance reste à prouver. Le dissuasion n’est pas certaine. L’effet préventif espéré risque bien de diminuer dans le temps. Mais rassurer n’est pas forcément négligeable. Ces caméras tous genres compris étaient, paraît-il, plus de cinq cent mille en Suisse il y a deux ans ( Résumé de lecture !)
Une baisse d’impôts pour augmenter les recettes !
La baisse du taux d’imposition des entreprises, objet du vote populaire à Neuchâtel, doit amener une augmentation des recettes fiscales, par dizaines de millions. Paradoxe ? Dans les six minutes observées les 19, 20 et 21 juin, aucune explication. Mais une amorce des réactions dans d’autres cantons romands, qui pourraient y laisser des plumes. Si Genève imitait Neuchâtel qui vient d’imiter Zoug, la perte pourrait s’élever à un demi-milliard annuel. Toujours durant les six minutes, rien pour expliquer ce paradoxe.
Après la crise de l’horlogerie dans les années septante, Neuchâtel a reconstitué lentement son tissu économique en accordant de sérieux avantages fiscaux aux nouveaux venus, taux nuls ou très bas. Leurs bénéfices seront donc désormais taxés à cinq pourcent. Ce sont ces nouvelles recettes qui dépassent largement l’effet des baisses pour les entreprises qui étaient taxées en plein auparavant. Cette baisse d’impôts serait un très beau sujet pour une émission d’information développée, sous l’angle déjà d’une comparaison entre les cantons romands.
Un TJ ne peut pas faire mieux qu’un TJ
La durée normal d’un sujet de tj s’établit autour de deux minutes. On peut certes consacrer deux modules à un même sujet. Mais pour faire mieux qu’un TJ, il faut changer de case, passer sur la TSR en « Toutes taxes comprises » ou « Mise au point » ou encore en « Temps présent » et entrer dans « Les docs ».
Ces lignes ne sont pas une attaque contre les TJ, mais elle veulent, exemples à l’appui, en rappeler les limites.
Flots tumultueux
Si « mammouth » était le nom du paquebot « SSR-SRG », on dirait qu’il navigue actuellement sur des flots tumultueux. Il est attaqué ou mis en cause de toutes parts.
L’appétit de TF1
TF1 va ouvrir une fenêtre publicitaire vers la Suisse romande. Ce sont quelques dizaines de millions de publicité qui vont soutenir une autre chaîne commerciale française, après M6. Ce sera au détriment des recettes de la SSR sur le marché romand, des journaux ou des chaînes de radio et de télévision régionales. Les parts du gâteau vont diminuer, ou à tout le moins stagner.
Les éditeurs de journaux s’opposent à l’introduction de la publicité sur les sites internet du « mammouth », alors que le PDG Roger de Weck leur propose d’ouvrir le dialogue. L’un d’eux, puissant, Ringier, se met au service de TF1 pour récolter la publicité sur le marché suisse. On n’en est pas à un paradoxe près !
Billag mis en cause
Billag, la société qui encaisse les redevances, dépense plus de quatre francs pour cent recueillis. Elle vient de décider d’encaisser en une seule fois la totalité de la redevance radio-tv, environ 460 francs, ce qui n’est guère agréable pour les foyers à revenus modestes. Elle gère aussi les quatre francs sur cents destinés au co-financement des radios et télévisions régionales.
Deux cents francs, c’est assez !
Pour certains, Billag fait problèmes. Et les voici qui viennent de prendre le chemin de la pétition à plus de cent trente mille signataires, en majorité alémaniques, souvent zurichois, proches de l’UDC, pour affirmer qu’une redevance à deux cents francs l’an, c’est largement suffisant ! Oui, cela suffirait pour une seule chaîne de télévision et de radio en une seule langue ; le romanche, probablement !

La clé de répartition de moyens entre les régions : l’indispensable solidarité pour la cohésion nationale
La redevance annuelle suisse est élevée. On sait pourquoi. Mais il faut le répéter : la majorité alémanique contribue à soutenir modestement la minorité romande et fortement celle de langue italienne. Cela s’appelle la solidarité confédérale.
Un gestion efficace
Parmi les réactions provoquées par la pétition issue de la majorité de droite alémanique, celle de Gilles Marchand, patron de la RTS, mérite d’être rappelée. Il vient d’annoncer que le quarante pourcent au moins des programmes de TSR1et TSR 2 était fait à plus de quarante pourcent de productions maison (voir à ce sujet les propos de Gilles Marchand).
Presque en même temps, dans une annexe au rapport de gestion de 2010 publié par la SSR-SRG, on apprend que le volume en heures des productions maison des deux chaînes de la TSR s’élève à 2.581 pour un total de 16′565 heures ( environ 43 heures par jour, ce qui n’est pas surprenant avec l’addition de TSR1 et TSR2 ). Cela fait un peu moins de 16 pourcent.
Où l’on comprend le 40 pourcent
Apparente contradiction entre ce « 16 pourcent » et « plus de 40 », qui permettrait d’ironiser sur les écarts entre deux sources liées à la direction de l’entreprise ? On ne fait pas dire ce que l’on veut aux informations numériques. Mais on omet parfois d’expliquer comment sont faites certaines statistiques. Voici comment se présente la situation :
En première diffusion, la TSR propose 2.581 heures de production maison et 5′924 de productions de tiers. En rediffusion, les productions maison occupent 4.743 heures et celles des tiers 3.317. En cumulant première diffusion et rediffusion, on arrive à 7.324 heures de productions maisons, sur un total obtenu avec l’apport des tiers à 16.565 heures. 7.324 comparé à 16.565 conduit à 44,2%.
Et c’est ainsi que l’affirmation de M.Marchand vérifiée est un bien meilleur argument pour l’entreprise que ce que donne la statistique officielle issue de la centrale bernoise.
Pratiquement une heure sur deux en production maison sur les deux canaux de la TSR, c’est une excellente proportion. La quote-part de la TSR, supérieure à la répartition qui ne tiendrait compte que de la population, est bien employée. Alors, le « deux cents, c’est assez » est un combat à tout le moins douteux !
Megaphone : un bon concept plutôt bien appliqué
Avertissement : les images qui illustrent ce texte sont tirées du « dico » de service de presse de la TSR. Au prénom, nous ajoutons le nom de famille. ( Les photos TSR sont de Cédric Louis, le réalisateur polyvalent!)
Mieux que « Desesperate Electrices » !
Bon titre, qui caractérise bien la nouvelle émission politique de la RTS pour les élections fédérales de 2011 ! Le mégaphone, qui permet d’amplifier la voix, apparaît dans l’image, posé sur une table ou porté en bandoulière par le journaliste. On aura vu Romaine Jean mégaphone à hauteur de tête en première d’un hebdomadaire spécialisé en tv. Mais ce « mégaphone » doit en bonne partie sa réussite au duo Peter Berni, journaliste et Cédric Louis, réalisateur. Dommage qu’il soit resté symbolique sans emploi réel. Mais selon le concept de l’émission, il permet de donner vraiment une parole enfin entendue à des « anonymes ». A première vue, il semble bien que « Mégaphone » soit supérieur à l’émission qui avait tout de même fait parler d’elle il y a quatre ans, une « adaptation » plutôt maladroite de « Desesperate Housewives » devenue « Desparates Electrices » qui n’étaient parfois pas du tout désespérées.
Des questions plus intéressantes que les réponses
Le duo Berni/Louis responsable en partie de ce bon concept, choisit quelques personnes qui poseront en direct des questions à des politiciens connus. Un portrait de quelques minutes permet de faire connaissance avec chacun d’eux et l’entendre s’exprimer sur le sujet qu’il abordera lors du direct. Faire poser une question par un « anonyme » finit par être plus intéressant que d’entendre la réponse plus ou moins improvisée d’un milicien mais professionnel de la politique.
Politiciens lémano-centristes
Voici qu’un petit groupe de romands, venus de chacun de nos canton totalement ou partiellement francophones, ce qui avantage les régions peu peuplées, vont devenir plus intéressants que les notables de la politique, eux bien connus qu improvisent des réponses, certaines du genre slogan de propagande électorale déjà répétitif. Le groupe issu du peuple respecte la diversité romande. Celui des politiciens obéit à une autre règle. L’équilibre géographique donne alors Valais trois, y compris la présentatrice, Vaud deux et Genève un !
Des femme plus solides que les hommes
Point fort pour « mégaphone » : donner le droit de questionner à des inconnus qui viennent d’horizons fort différents. Point faible, en face d’eux un groupe d’habitués géographiquement restreint. Et à l’intérieur des deux groupes se détachent des figures féminines. Plus encore qu’une Isabelle Moret, Géraldine Savary ose évoquer la prise de conscience un peu tardive de son parti sur les problèmes de sécurité. Parmi les anonymes, Alessia Lorenzini, bien préparée, est si tranquillement sûre de ce qu’elle dit qu’en face d’elle,pour une fois, Oskar Freysinger bénéficie de la douceur en général attribuée aux moutons blancs qui est bien éloignée de son habituel comportement spectaculaire et répétitif.
Un sondage comme habillage
La télévision est ainsi retombée dans ses habitudes dans la phase des débats. Un sondage portant sur un échantillon de mille et huit personnes en Suisse romande peut ainsi fournir des pourcentages qui ont un sens, même si la marge d’erreur n’a pas été citée, une fois de plus. Elle ne dépasse pas les plus ou moins quatre pourcent. Une certaine satisfaction apparaît dans l’ensemble des médias sur la situation actuelle en Suisse, économie saine, monnaie forte, chômage en baisse. Le sondage, mais plus encore les invités par leurs questions, témoignent de certaines attentes insatisfaites et d’inquiétudes.

Pour avoir su transformer Oskar F de l’UDC en un mouton blanc de douceur, encore une fois Alessia Lorenzini !
Reçus dans un hôtel de luxe
Maladresse : les « anonymes » ont été reçus par la télévision dans le cadre luxueux d’un haut lieu bernois, l’Hôtel Bellevue. Une visite certes élégante, mais dans un lieu politiquement snob ! Chassez le naturel, le revoici dans le milieu des intrigues lors des nuits qui précèdent les coups de force pour les élections au conseil fédéral. Dommage que l’ouverture sur quelque chose de nouveau n’ait ainsi faite qu’à moitié. On ira peut-être en un établissement plus « populaire » lors de la seconde émission imposante prévue pour septembre.
Conclusions
Les anonymes plus intéressants que les politiques, leurs questions plus percutantes que les réponses. Des apports féminins qui se font remarquer mieux que les masculins. Une télévision qui ose rencontrer des anonymes et faire oublier cet anonymat par la qualité de certains portraits, qui semblaient devenir plus courts en fin d’émission.
“24 heures chrono” : c’est fini !
Un grand succès ?
Huit saisons, vingt-quatre épisodes par saison, deux cents fois une heure, Bauer chaque fois présent : sur la TSR, fin de la 8ème . Il n’y aura pas de 9ème. Aux USA, l’audience moyenne évoluait entre onze et douze millions. Autrement dit, sur cent Américains, quatre pour la série. Sur deux millions d’habitants, cela donnerait quatre-vingt mille en fin de soirée : c’est beaucoup.
Google comme instrument de mesure ? »
Peut-être devrait-on « apprendre » à se servir d’un autre indice de succès. A plusieurs jours d’écart, tapé sur « Google » un simple « 24heures chrono ». Reçu chaque fois pour les pages en français environ un million deux cents mille. Passé à « pages suisses, « on s’en tire aux alentours de quarante mille. Ces résultats semblent bien, par leur ordre de grandeur, être indépendant du jour. Il doit y avoir une indication dans cette régularité. Une piste à suivre pour comprendre le sens des réponses.
Joué aussi d’un « 24 heures chrono – lexpress – retines », aussi à quelques jours d’écart : autour de neuf cent réponses. Il faudrait beaucoup de temps pour passer en revue ces nonante pages. Bornons-nous trois premières : cela fait tout de même une douzaine de citations, y compris en passant par l’indication « rtsr ».
L’histoire en quelques lignes

Et voici la photo de famille, Jack Bauer, bien entendu, au premier rang devant les autres et New-york
Des terroristes attaquent sous diverses formes les USA. Leurs origines ? Russes, chinois, islamistes, arabes, africain (un dictateur) ; et des ennemis intérieurs américains ! Le gouvernement résiste, autour de la présidence, qui fut noire (avant Obama), féminine (ressemblance avec Hillary Clinton), traîtresse (Logan fait penser à Nixon), généreuse ( Kennedy pas oublié, à travers David Palmer ou Allison Taylor) . Une partie de la protection du pays est assurée par la Cellule antiterroriste, aux cadres parfois modifiés pour des raisons politiques. Parmi eux, un électron libre, Bauer, qui a presque toujours raison contre tous.
Le temps réel comme un match de football en direct!
Une idée de génie : construire chaque épisode comme s’il se déroulait en temps réel, soixante minutes avec génériques de début et de fin et emplacements pour la pub aux USA. Il en reste quarante pour le récit. Cela ressemble à une mi-temps de foot en direct ! Tout est mis en œuvre pour que ce temps réel semble plausible, à force de haute technologie ou d’image relatant en simultané, deux, trois, quatre scènes différentes, l’heure indiquée à la seconde près. Au dernier top, le suspens est à son comble ! Si bien que l’on devra revenir l’heure suivante..
Le règne de la fiction
Mais il se passe tellement de choses en une heure « réelle » qu’un sentiment de complète fiction s’installe. Chaque numéro permet de retrouver Bauer en action, les enquêtes de la Cellule, la situation politique selon la présidence, le comportement des terroristes. Les images multiples parent au plus pressé pour rappeler ces quatre niveaux du récit.
Sur le grand écran, il faudrait un long-métrage pour entrer dans le détail de ce qui se déroule sur le petit en une heure. Et le film serait du genre trop dense. Bauer est souvent malmené, même physiquement. Dix minutes du temps réel plus tard le voici à nouveau totalement efficace, comme si rien ne s’était passé. Miracle de la volonté des scénaristes plus que de la plausibilité médicale !
Ou bien, durant les huit saisons, une bonne centaine de personnages d’une importance non négligeable se seront succédés. Mais la moitié d’entre-eux est décédée. Donc dans ce temps réel, en huit jours, il y a cinquante morts, six ou sept par jour. Immense hécatombe, de pure fiction.
Mais cette combinaison du temps réel comme celui d’un match de football en direct et d’une accumulation d’événements plus spectaculaires les uns que les autres est une des réussites de la série qui fascine par son rythme sans épuiser.
Le justicier solitaire
Dans la réalité, le justicier solitaire est un marginal. Dans la fiction, il représente celui qui ne connaît aucune limite à son action, toute entière tendue vers ce qu’il décide être juste, envers mais surtout contre tous. Dangereux, cet électron libre !
Un observateur a relevé une soixantaine de séances de tortures diverses durant cinq saisons. Douze par saison, une toutes les deux heures. Autrement dit, la torture au quotidien à haute fréquence : encore une preuve de pure fiction. De plus, ces scènes de torture sont souvent efficaces. Donc l’efficacité pour sauver des vies ou protéger la patrie justifie la torture ! Pas très moral, tout cela. En plus, cet éloge de la torture efficace ne correspond pas à la réalité, surtout si elle se déroule dans un très court laps de temps. Il faut du temps pour arracher des aveux. Ceux de « 24heures » arrivent en général au bon moment pour relancer l’action.
Force est dès lors de prendre grande distance à l’égard de Bauer, comme des auteurs de la série qui se laissent aller à cette éloge de l’efficacité. Moralement inacceptable. Seule excuse dès lors : nous naviguons en pleine fiction.
Mais « 24 heures chrono »,, c’est de la grande, très grande télévision spectaculaire haletante.



























