Emissions RTS

De Zone d’ombre en Specimen

L’information de réflexion ( type TTC , Mise au point) ou d’investigation ( Temps présent) reste le point fort de la TSR. A peine terminée la météo des vingt heures que les émissions « maison » s’installent à l’antenne au premier rideau. Un brin d’ennui vient du formatage qui conduit à des structures souvent trop semblables d’une semaine à l’autre.

Nouveautés dans la forme

Pour combattre cet ennui formel insidieux, un moyen existe : accorder son attention aux émissions nouvelles qui sont à l’antenne. Les mercredis soirs de la TSR sont occupés par deux émissions mensuelles anciennes, 36,9 et Passe-moi les jumelles. Deux autres émissions apparaissent tous les deux mois environ, Zone d’ombre (depuis décembre 2008) et Spécimen ( dès avril 2010). Il reste quelques mercredis à disposition des tenantes d’empoignades verbales connues sous le nom d’Infrarouge.

Des affaires judiciaires non-résolues

“L’affaire Légeret” : le témoignage de Mme Nadine Albanesi n’a pas été retenu (Photo TSR)

Zone d’ombre, magazine d’affaires judiciaires non- résolues, fit sa première apparition en décembre 2008 avec « L’affaire Légeret ». La prochaine, en mars 2011, évoquera « L’affaire Skander Vogt », détenu qui mourut étouffé dans sa cellule de Bochuz par la fumée dégagée de son matelas. Cette affaire ne restera peut-être pas vraiment mystérieuse. La contribution du premier décembre, intitulée « L’affaire Fluckiger » traite en réalité de quatre événements distincts les uns des autres. Le climat parfois tendu avant l’accession du Jura à son statut de canton suisse conduit encore à se demander si des liens politiques ne pouvaient pas avoir réuni tout ou partie de ces événements. Une telle hypothèse semble pourtant fragile.

Zone d’ombre se divise en deux parties presque égales, un plateau dirigé par un bon journaliste, Daniel Monnat, qui laisse un peu dans l’ombre le journaliste et le réalisateur responsables des reportages. Entre plateau et reportages, l’équilibre est assuré par un bon rythme de montage qui sait rendre clairs des événements qui ne l’étaient pas forcément. Zone d’ombre fait le point à un moment précis sur un événement menacé par l’oubli. Il le fait en général plutôt bien ( cf dans la rubrique « Dossiers », « Zone d’ombre sans accusé » – 2 novembre 2010), dans un décor géométrique un peu froid et monocolore.

“L’affaire Fluckiger” : à la recherche d’indiccs

Dans « L’affaire Fluckiger », un des invités, Arthur Hublard, ancien juge d’instruction ayant suivi de près ou de loin les quatre affaires, eut droit à la dernière intervention. Il parla de lettres écrites aux proches de la victime par le condamné maintenant libéré ayant toujours proclamé son innocenc. Curieuse fin : comme si un rebondissement était possible.

On peut aussi trouver des liens entre le « Faites entrer l’accusé » présenté par Daniel Hondelatte sur France 2, où l’animateur intervient dialogue avec des témoins en dehors d’un plateau unique. Avec beaucoup moins de moyens, la TSR fait certes une émission moins spectaculaire mais avec autant de rigueur.

Les bons goûts de specimen

Specimen, apparu cet année, s’efforce de saisir différents aspects du comportement humain, ayant déjà goûté à l’égoìsme, au mensonge, à la manipulation, au fric ( 18 novembre ) en attendant de fréquenter les problémes du couple ( 15.12.2010). Ce type d’émission laisse ouvertes plusieurs portes dans l’approche des sujets.

Le duo de présentateurs de “Spécimen” : Luigi Marra et Tiby, de droite à gauche

Portes ouvertes

Sur internet, les intentions des responsables de l’émission sont fort bien décrites, qui montrent ainsi une palette laissant beaucoupde liberté aux réalisateurs mettant de l’ordre dans le matériel au montage :

Pour déchiffrer nos comportements quotidiens, Specimen se livre à toutes sortes d’expériences. Il explore notre cerveau, sonde nos émotions, met en scène des jeux de rôles, capte des situations sur le vif grâce à une caméra invisible, recueille les explications des scientifiques et les témoignages de gens ordinaires. Sans oublier d’observer le comportement de nos ancêtres les hommes des cavernes et de nos cousins les singes.

Specimen pour l’argent : la tirelire pour l’éducation dès la petite enfance

Bon mixage d’humour et de sérieux

Une partie de l’émission consacrée à l’argent observait le comportement de deux groupes, l’un ayant manipulé des feuilles de papier et l’autre des billets de banque. Lors d’un débat organisé dans chaque groupe en demi-cercles, observation fut faite, ruban métrique à la main, que la distance moyenne entre les chaises des uns était supérieure à celle des autres. Il s’agissait là d’une reconstitution conduisant aux mêmes conclusions que les observations initiales

J’avoue là avoir délicieusement souri devant le principe même de l’expérience et pas du tout compris le sens que pouvait prendre le différence entre deux distances moyennes. Cela tenait du clin d’œil complice !

Ou encore : dans un groupe, on manipule du papier, dans l’autre ont compte des billets de bel et bon argent ( en dollars ? ). Et voilà que les seconds résistent mieux à la douleur née d’une main trempée dans de l’eau glacée que les premiers… Curieux, ce résultat. ( l’histoire ne dit pas ce qui se serait passé si on avait fait manipuler aux uns des vrais billets et aux autres des faux

Des dollars à caresser sans se geler les doigts : une idée de “Spécimen”

Etrange, excitante cette émission faite de surprises inattendues qui font sourire sans renoncer au sérieux d’expériences insolites. Science, humour et spectacle font bon ménage à trois.

“Zone d’ombre” sans accusé

Affaires criminelles en tous genres, gendarmes et voleurs, avocats et enquêteurs, tribunal et préventive, etc : la société est devenue un immense champ d’investigation par la fiction. Sur le petit écran, les séries triomphent, les plus sages aux heures de grande écoute, les plus pointues en deuxième rideau ! Le télésériophile est noctambule !

La victime remplace l’accusé

Souvent avec brio, Christophe Hondelatte fait entrer son accusé du jour par l’étrange lucarne de France 2, avec nombreuses reprises sur diverses chaînes francophones. L’ac cusé est au centre de chaque portrait, pour comprendre qui il est, ce qui ne veut pas dire prendre sa défense. Avec modestie, plus rarement, Daniel Monnat et ses collaborateurs de la TSR, reprennent des affaires dont la solution est restée dans l’ombre. Chez lui, c’est la victime qui occupe le centre des préoccupations, pour trouver éventuellement le chemin pour traverser ses zones d’ombre qui sont souvent traduites par des images à dominantes bleu-nuit. Les angles d’approche différents ne permettent pas d’affirmer qu’une série est meilleure que l’autre

Il est assurément plus facile de trouver un accusé parmi les affaires « spectaculaires » qui secouent les plus de soixante millions d’habitants de la France que de savoir qui en voulait à une victime ayant des liens avec la Suisse, réduite à deux millions d’habitants francophones. « Faites entrer l’accusé » est promis à longue durée alors que « Zone d’ombre » ne sera pas, de loin, éternel !

Moyens financiers différents

Les moyens financiers, qui ont pour conséquence entre autres des espaces de temps de travail liés à ces moyens donnent évidemment un avantage à France 2 plutôt qu’à la TSR. Hondelatte recourt à des documents d’actualité, visite les lieux de l’affaire, interroge des témoins, y compris parfois l’accusé, recourt parfois au noir/blanc plutôt qu’à la couleur réalistre, fait le point dans le temps même de la construction d’un sujet qui dépasse heure. Il arrive qu’une phrase d’explication puisse être interrompue par un effet de montage qui permet à un témoin de terminer tout logiquement cette phrase, en des moments très différents. On est ainsi souvent proche du montage d’un récit de fiction.

Fin ouverte au tribunal

Le 11 octobre 1987, un jeune politicien allemand promis à de hautes fonctions publiques, Uwe Barschel, est trouvé mort dans la baignoire de sa chambre d’hôtel à Genève. Il aurait participé à un trafic d’armes. Alors, assassinat ? Mais l’enquête s’oriente assez rapidement vers l’hypothèse d’un suicide. La Raison d’Etat n’aime pas que la mort rode. L’émission du mercredi 27 octobre offre un bon échantillon des qualités de cette série. (photo TSR)

Les témoins convoqués par Monnat sont réunis dans un seul décor, bleu sombre, avec des emplacements différentes, alignés derrière une table, avec un solitaire dans la profondeur du champ, un peu seulement comme peut l’être le dispositif d’un tribunal où les dialogues sont toutefois rares. Le lieu unique devrait permettre, sinon de briser la zone d’ombre, du moins d’en diminuer l’ampleur. « Faites entrer l’accusé « a une fin, qui reste ouverte dans « Zone d’ombre »

Supposons qu’il soit possible de pitonner à toute heure et que l’intérêt porte sur le divertissement à base d’enquête policière ou de fonctionnement de la justice. Il y a de fortes chances que l’on tombe sur un film, un téléfilm, une enquête, une série où policiers, témoins, enquêteurs, avocats, victimes d’une part, meurtres, violences, coups de feu, poursuites d’autre part, sont largement présents

Suivre un «conducteur»

Il est possible actuellement de se poser quelques questions à propos d’une mini-série de sept numéros proposée par la TSR quelques vendredis encore (jusqu’au 26 février) juste après 20h00, «Scènes de crime en Suisse» et profiter de l’occasion pour mentionner l’existence de «Faites entrer l’accusé» présenté par Christophe Hondelatte depuis longtemps sur France 2. Dans les deux cas, chaque numéro semble suivre les directives d’un «conducteur» général. La notion de série supplante un peu partout la présentation d’un numéro unique en vue d’une espérée fidélisation. Audimat quand tu nous tiens…

Le «comment» mieux abordé que le «pourquoi»

Reprendre sous forme documentaire une affaire qui a fait souvent grand bruit dans l’opinion publique n’offre pas mille possibilités dans ses structures. Il faut évoquer les faits avec d’anciens documents audiovisuels, interroger des témoins proches ou non de la ou des victimes en faisant appel à leurs souvenirs ou à leur point de vue au présent, revenir avec ou sans eux sur les lieux où se sont déroulés les événements. Généralement, le besoin se fait sentir d’un «guide» pour assurer l’unité du document, par les mots. Il trouve sa réponse dans un commentaire qui peut devenir envahissant ou impose la présence d’un présentateur qui dialogue avec les différents interlocuteurs. On ne prête guère attention à celui qui signe la réalisation. La notion d’auteur qui vaut toujours en cinéma ne se transpose pas facilement sur le petit écran. On attribue souvent une émission à celui qui la présente. En général, le «comment» est mieux abordé que le «pourquoi» d’une action violente.

«Faites entrer l’accusé» profite d’un temps d’antenne qui dépasse l’heure et dispose certainement de bons moyens financiers qui permettent de longues enquêtes. Large usage est fait des reprises d’une série qui existe de longue date. Hondelatte assume plutôt bien sa présence à l’antenne.

Bonne adaptation française

Réduites à trente minutes et à sept sujets, «Scènes de crime en Suisse» est nettement plus modeste, un brin minimaliste, même si notre pays n’est pas en reste d’affaires graves et sordides. On doit se féliciter que la diversité entre les entreprises de Zürich et de Genève autorise parfois une vraie convergence vers un «produit» commun qui ne reste pas séparé par la Sarine. Produite en Suisse alémanique, la mini-série est pour une fois visible en Suisse romande, avec une plutôt bonne adaptation en français.

 

Telle est la télé l’été

Sur 75 minutes, soixante pour le consommateur!

Pub, météo régionale, pub, au troisième top il sera 19 :00 :00, « Couleurs l’été », pub, promo TV, sponsoring puis re-météo, pub, « Tous EGO en vacances » ( hélas, vraiment d’une robuste platitude), promo radio, pub, sponsoring tv, promo au troisième top il sera exactement 19 :30 :00, et le monde va se déformer génériquement durant trente minutes, promo, pub, re-re-météo, pub et ouf, « Temps présent » ou autre émission de créativité TSR. Il était temps!

Sur septante-cinq minutes, en voici quarante-cinq (le 60 %) en émissions diverses et trente en pub et promos (le 40 %). Le consommateur est bien servi, y compris par le «19 :30» aux sujets multiples certes moins nombreux donc moins courts qu’il y a quelques années. Mais un sujet de moins de deux minutes, ce n’est pas tellement plus qu’une photo légendée de mille signes par une amorce de développement sans signature. C’est pareil ailleurs et pire chez les commerciales généralistes étrangères.

Réjouissante « Couleurs d’été »

Dans cet espace avec cible modeste, on doit se réjouir de la qualité de ces « Couleurs d’été ». En un peu plus d’un quart d’heure, on aborde sous plusieurs angles un sujet qui finit, presque chaque fois, par nous apprendre quelque chose sur une région, une localité, une institution. La couleur estivale dès lors se pare de vertus moins pâles que les locales habituelles.

Au milieu, un arbre comme appui. A gauche, Raphaèle Tschoumy. A droite, Tania Chytil

Charmantes et souriantes

Les deux présentatrices, Raphaèle Tschoumy et Tania Chytil alternativement, sont femmes charmantes, élégantes, au verbe aisé, insistantes si nécessaire ( la chimie à Monthey n’est pas que beauté environnementale ). Ces deux sourires prêt à virer au rire ne sont pas seulement de circonstance. Ils sont indispensables pour assurer l’unité de cette forme d’émission, passant de très brèves informations introductives à plusieurs entretiens prolongés par des documents préparés à l’avance, y compris après recherche dans les archives. En un quart d’heure avec une demi-douzaine d’angles d’approches liés les uns aux autres, on finit par apprendre au moins un petit quelque chose presque chaque fois.

Presque chaque fois un ce petit quelque chose

Le parc naturel est du Chasseral est le plus grand de Suisse. Le zoo du bois du petit Château à la Chaux-de-Fonds est gratuit. Crans-Montana va se développer sans les « pipeules » d’hier. La vie culturelle de Monthey n’est pas étouffée par l’environnement chimique. Il paraît que les genevois savent enfin, depuis l’Expo 02, oû se trouve Yverdon. Après sa retraite de sportif de niveau mondial, Didier Cuche ne reprendra pas son ancien métier ( il faut oser poser aussi de très mauvaises questions). Pourquoi diable associer à une petite ville une minorité de jeunes qui s’ennuient en traînant aux alentours de la gare? Une invitée peut profiter de l’occasion pour protester contre ce genre de reportage, dans la ville même d’où viennent sept ados qui font un tabac dans les quatre films de « Romans d’ados” sans pour autant affirmer que tout est et était pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Le pouvoir des régions vers la direction centrale de Genève

A quoi d’autre peut-on attribuer la réussite de cette version estivale de « Couleurs locales » ? L’accumulation d’informations se situe dans les programmes des chaînes cantonales ou régionales désormais mieux financés. On peut lire au générique que la direction de l’opération est entre les mains de la rédaction centrale de l’information à Genève. Les bureaux cantonaux sont certes mentionnés comme partenaires. Ce sont eux qui fournissent les sujets insérés dans la rencontre en direct. Les présentatrices sont vraiment importantes pour cette réussite. On assiste ainsi à la confirmation d’un déplacement du pouvoir des régions vers la rédaction centrale qui les prend à leur service. Tendance il y a, peut-être, aussi, vers une sorte de centralisme rhodano-lémanique qui tient aux personnes au détriment de Fribourg et de l’arc jurassien dès le Nord vaudois.

C’est la semaine des compliments : une excellente reprise d’une toute autant excellente mini-série, “Dans mon cinéma” - Nathalie Baye et Dominique Warluzel

Tendance à la centralisation

Dans l’organisation structurelle de la SSR-SRG, les régions possédaient hier un certain pouvoir placé dans les mains de conseils d’administration. En profitant d’une révision statutaire, une partie de ce pouvoir a été dirigé vers Berne. Une compensation fut accordée aux régions sous forme du droit de proposer des idées générales sur les programmes, plus enrichir le petit sucre qui permettait de parler longtemps après leur apparition des émissions passées à l’antenne. Voici qui va permettre à ces .c…. des SRT de se mêler de ce qui ne les regarde pas, comme parfois on le signifiait amicalement dans les coulisses de la TSR ( de la radio, peut-être aussi, mais faute de fréquenter ces couloirs, je n’affirme rien !).

Les fusions régionales en Suisse romande et alémanique placent ou replacent deux médias et les nouveaux sous une même direction. C’est aussi une tendance centralisatrice pas forcément néfaste. Les bureaux cantonaux de la TSR perdent leur pouvoir de décision :le choix des sujets ne dépendent plus d’eux. Ils travaillent à la commande. Certes, les télévisions locales sont à l’œuvre avec désormais plus d’efficacité qu’auparavant. Mais sait-on mieux à Genève qu’à Délémont, Fribourg ou Neuchâtel ce qui compte les jurassiens de deux bords, les fribourgeois de deux langues et les neuchâtelois du lac et des montagnes ? Ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec ce qui intéresse les romands.

Abstrait, le logo de “Nouvo”, le bébé de Bernard Rappaz

Le beau bébé de Bernard Rappaz

« Nouvo », c’est le beau bébé de Bernard Rappaz. Le père des bureaux cantonaux n’est plus là pour les couver. Dans les TJ, l’apport de « Nouvo » est plus fréquemment cité que celui de ces bureaux. Dans les « TJ, on fait parfois mention de renvois vers des développements sur internet et bientôt vers les portables si mignons. A-t-on souvent permis aux bureaux cantonaux de s’installer sur les différents sites ?

Le centralisme triomphe. Ce n’est pas forcément un mal. C’est même parfois bien. Surtout s’il conduit à confectionner “Couleurs d’été” !

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Souvenez-vous : il y a quelques années encore, le téléspectateur se faisait souhaiter de « bonnes vacances » durant plus de deux mois. Avec insistance, les présentateurs, animateurs et autres gens d’antenne qui prenaient les leurs pensaient que le monde tournait à leur rythme. C’en était presque indécent !

Cela se produit moins souvent : résultats de remarques internes ? Les programmes, s’ils sont allégés, tentent des ouvertures plus ou moins réussies vers quelques formes inhabituelles.Il peut même se produire d’agréables surprises, entre 19h00 et 20h30. Des reprises bien emballées côtoient des innovations timides. La TSR n’a pas les moyens financiers de fabriquer des produits maison durant cinquante-deux semaines.

« A bon entendeur » durant l’été

Dans la caravane qui sert de cuisine estivale à “A bon entendeur”, on se marre !

Dans une caravane, on a installé de quoi permettre à une souriante cheffe, Annick Jeanmairet, de quoi concocter d’exquis petits plats, associée à un maladroit marmiton, Luc Mariot : succulent ! On pose la caravane chaque semaine sur un des marchés de Romandie. Une petite sortie ou deux permettent de saisir des bouts d’architecture locale ou de voir quelques têtes locales, d’en faire parler une ou deux avec l’accent. On envoie aussi un sujet selon les normes traditionnelles. En haute saison télévisuelle, l’émission hebdomadaire dure environ une heure. A marée basse estivale, sa durée s’installe entre quarante et cinquante minutes. La caravane qui se déplace permet peut-être de rester dans les limites du budget annuel. On fait un peu de change pour le public dont il serait intéressant de connaître le degré de fidélité.

Les casques pour cyclistes

Intéressante le sujet développé lors du passage à Neuchâtel (20.07.10) : les casques pour cyclistes, assez bon révélateur du travail en profondeur opéré par les équipes qui gravitent autour de Manuelle Pernoud. Exposé du problème, information sur la nature du test, résultats des tests, observations de spécialistes, bribes de commentaires, tout s’y trouve comme d’habitude. L’émission presque hebdomadaire recueille régulièrement une belle part d’audience. Des romands ont l’occasion de prouver qu’ils sont des consommateurs devenus citoyens à l’esprit critique. Manque tout de même une preuve qui permettrait de savoir sur le long terme si l’impact de « A bon entendeur » existe vraiment.

Quand la présentatrice et productrice, la souriante Manuelle Pernoud en vert écolo, est là, on se marre un peu moins dans la cuisine

Que retient-on des tests ?

Les tests, c’est bien : il y a une liste de ceux qui ratent l’examen, de ceux qui sont brillants, d’autres qui entrent dans la moyenne. Qui a le temps de retenir ces conseils qui permettent à un même vendeur, un chaîne puissante par exemple, de se faire gronder pour l’un et féliciter pour l’autre. Dispose-t-on d’une observation statistique qui mesurerait l’impact sur le long terme de « A bon entendeur ». L’information orale qui affirme qu’une population dans laquelle les deux tiers des enfants portent un casque connaît beaucoup moins d’accidents qu’une autre où le port de casques par les enfants se limite au tiers est importante ; plus que les résultats vite oubliés de tests, que l’on peut il est vrai retrouver sur internet parmi de riches archives.

« Tous égo en vacances », souvenir de « Scénes de ménage »

C’est pas ou plus le grand amour sur les visages. Monsieur et Madame Tous Ego viennent-ils de voir Suisse-Honduras ?

Autre exemple : a disparu de l’antenne « Scènes de ménage », le reflet snob du genre lac de Genève de Martina Chyba, brillante présentatrice. Ses fidèles doivent la regretter. Alors, on leur offre une nostalgique fleur programmatique. Liberté lui a été donnée de construire une mini-série de courts sujets, deux minutes par jour, pour permettre de passer un été « Tous Ego en vacances». Les deux acteurs trouvaient bien leur place dans «Scènes de ménage ». Les textes estivaux doivent se terminer par une chute : le gag est souvent plat. Pour éviter des frais, l’émission est enregistrée en studio, le décor incrusté dans l’image par un artifice technique. Peu d’animation sur la toile de fond. Une idée habilement minimaliste reste coincée derrière la rampe. Dommage.

TSR2, chaîne sportive ?

Avertissement: l’image rend hommage au service des sports dans un ordre chronologique !

Finales en hockey-sur-glace au plan national, rapidement suivies par le championnat du monde en Allemagne; fin des différentes compétitions en football, tant aux niveaux suisse qu’européen; le tennis avant Roland-Garros; les classiques cyclistes de printemps et les premiers Tours; et d’autres. Il est des périodes où TSR 2 ressemble à une chaîne sportive sans en être une!

Certains sports peu connus ne font pas de confortables parts de marché. L’effort actuel de la TSR pour leur donner plus de visibilité, le dimanche, est à saluer. Des grands consommateurs sont des inconditionnels de leur(s) sport(s) préféré(s), complétés par d’autres qui se servent de sports pour se distraire par plaisir ou par curiosité. Je suis membre de ce dernier groupe: voici quelques souvenirs marquants de ces dernières semaines.

L’équipe des sports en 1970

Beaux moments en sports d’équipe

L’équipe des sports en 1990

Septième rencontre entre Berne et Servette : entrée sur la patinoire. Les joueurs de la capitale y pénètrent avec la résolution de gladiateurs qui veulent impressionner le public, les téléspectateurs et d’adversaires qui arrivent plus tranquillement, presque modestes ( ou épuisés). Berne a gagné avant de commencer. Football entre Barcelone et l’Inter : un deux à zéro suffit pour qualifier les premiers pour la finale. Un joueur d’Inter se fait expulser. A onze contre dix, ceux de Barca ne marqueront qu’une fois. La balle, en passes précises et nombreuses, sera restée scotchée à leurs pieds comme un brillant eet inutile tricot. L’organisation défensive de l’Intger se montrera terriblement efficace. L’ensemble n’est même pas ennuyeux. Fin du championnat suisse de football à Berne, véritable finale : les caméras saisissent la finesse technique des déviations du l’aîné Chipperfield et la subtilité inventive du jeu de celui qui a presque la moitié de son âge, Shaqiri.

Sport individuel ou inattendu

Boris Acquadro en 1992: souvenir! Au milieu des années huitante, l’audimate commence à faire beaucoup parler de lui. Remarque adressée à Acquadro: Comment, vous aussi? Réponse: hélas !

Très belle finale à Madrid entre Nadal et Federer, avec plusieurs breaks plus de points gagnants que de perdus,donc plus de belles réussites que d’échecs énervants. Presque autant de points gagnants pour l’un que pour l’autre. La victoire aura tenu à quelques détails favorables au bon moment pour le premier. Qualité incontournable du tennis . le poids d’un point et presque toujours différent du précédent ou du suivant.

Vu aussi une rencontre de hockey joué sur gazon avec une canne bizarre dont une face arrondie est interdite d’usage : jeu élégant, mais pas compris le pourquoi’interdiction. A chacun ses coups de coeur… sportifs !

Hockey-sur-glace en différé

Le plateau des sports en 2005: François Jeannet, Philippe Von Burg et Marie-Laure Inderwildi

On aura pu suivre à mi-mai toutes les rencontres du championnat du monde de hockey-sur-glace en Allemagne, des plus tendues à celles de la relégation avec l’équipe des USA, médaille d’argent aux précédents JO. Par contre, lors des play-off de la fin du championnat suisse, impossible de suivre en direct certaines rencontres. De quoi provoquer grande indignation en se retournant contre la SSR incapable de permettre au citoyen lambda de voir son équipe favorite, malaise surtout pour le bassin lémanique. La TSR n’y était strictement pour rien. La ligue de hockey détient les droits pour les retransmissions télévisées, les clubs n’ayant presque rien à dire. Une seule rencontre en direct était ainsi possible en direct sur les trois chaînes de la SSR. Frustrant pour les romands avec deux équipes en lice. Il se trouve que la division tv de Swisscom a grillé la politesse par surenchère à la télévision de service public. Deux institutions où, de manière différente, la Confédération reste majoritaire, dans le capital action pour l’une, avec maîtrise du montant de la redevance publique pour l’autre, se sont fait une guerre financière inadmissible, dont le grand public est victime.

Massimo Lorenzi, le nouveau chef des sports, grand pro et aussi “séduisant”.

Un nouveau décor pour le dimanche soir

Bien avant le dimanche 25 octobre 2009, le nouveau décor annoncé aura fait parler de lui pour mettre l’eau à la bouche. Pensez donc: les trois baronnies de sports, du «19:30» et des magazines font ménage commun!

Petit bout de décor no 1 avec un grand et modeste invité vedette. Dans l’esprit de certains concours, on dirait: si c’est Roger, tapez un, si c’est Rodgeur, tapez deux.

Bien, ce nouveau décor? Mieux que les anciens! Un balai neuf a pour mission de bien balayer. Plus fonctionnel, il devrait améliorer la mobilité et la décontraction, un peu comme dans le «19h45» de M6. Ma recherche d’une image d’ensemble du décor est restée vaine, peut-être par maladresse de navigation sur un site. Avec quatre parties de décors dans quatre images, l’imagination permet-elle de deviner l’ensemble? Par la même occasion, on observera les différences entre sourires, plus fémininement que masculinement éclatants. On se demandera ainsi si on ne joue pas avec la cravate du notaire genevois en coupant une image en quatre!

Sentiment d’étrangeté: rester planté devant son petit écran pendant deux heures et demi, c’est ressentir l’importance des plages publicitaires insérées entre 18h25 et 20h50. On s’en rend moins bien compte quand on a choisi de suivre une émission qui permet de ne pas se baigner, avant et après elle, dans les plages pub, où l’helvétique humour informatif ou promotionnel est plutôt rare.

Grand bout de décor no 2, avec un lointain Jean-François Rossé posant pour la postérité visage fermé.

Souffle nouveau sur les sports

Aux sports: un souffle nouveau, avec l’apparition d’un sujet magazine, lors de la première soulignant l’importance du sport en milieu carcéral pour deux détenus à visage découvert. Annonce est répétée de l’invitation d’une célébrité dont on lâche le nom vendredi, suspens terminé: Roger Federer est à la fois l’invité des sports et de «Mise au point» dans une rencontre avancée. Il n’y aura pas chaque semaine un aussi agréable «people», lucide et franc que celui que l’on nomme Rodgeur et qui s’écrit Roger sans «d» ni «u»!

«19:30» dominical, un peu plus court pour faire démarrer «Mise au point» au vingt-zéro-zéro: la tendance à moins de sujets un peu mieux développés est confirmée tous les jours. Il ne manque plus qu’une salve quotidienne de très brèves, comme un titre de rappel ou une photo légendée. Un ou deux changements à «Mise au point»: les meilleurs sujets restent tout de même ceux qui se terminent sur le sentiment de leur intérêt naissant.

Modeste bout de décor no 3: le sourire naissant d’Olivier Dominik pas encore très assuré.

Mise au point: de Kucholl à Troila

Dans l’ancienne formule, Vincent Kucholl détournait des images du téléjournal pour tenir un discours ironique ou impertinent, avec une saveur souvent acide. Trop pour subsister? Dommage. Le premier exemple de la rubrique de remplacement laisse vaguement songeur: est-ce vraiment une bonne idée que d’envoyer un comédien, Antonio Troila, en homme sandwich porteur de textes d’un chômeur français protestant à Genève contre la racaille d’Annemasse? Si on cherche à frôler l’émeute, alors OUI!

Les bons moments continuent de surgir de l’apport d’invités dans des dialogues sans langue de bois. Yvan Perrin, vice-président romand de l’UDC, n’a pas tellement apprécié le voyage en France de son conseiller national, frère en UDC, Dominique Baettig, qui réussit à aligner une bonne grosse bêtise à chacune de ses apparitions. Tout le monde ne peut pas égaler Freysinger dans l’exagération! Eprouvant le document sur les enfants dits illégitimes de prêtres, cachés par la hiérarchie religieuse qui ne «veut-pas-le-savoir». Où est Dieu, dans tout cela? Aux abonnés généreusement absents!

Assez grand bout de décor no 4: Les larges sourires (un brin forcés?) de Laurence Gemperle et Corinne Portier.

Le pouvoir se niche-t-il de plus en plus haut?

Durant les temps de l’ouverture du premier rideau (entre 18:00 et 20:00), la TSR ose sortir des chemins battus, avec «Couleurs locales» (en semaine à 19h00) et ce dimanche soir avec trois baronnies reliées par un nouveau décor. Qui prend la décision finale avant diffusion, ce que l’on appelle «final cut» – le montage final – en cinéma? Faut-il monter haut dans la hiérarchie pour le dimanche à la formule intéressante? Les bureaux régionaux ont-ils encore le pouvoir de décision finale sur les sujets plus imposés que proposés? Se préparerait-on à quelque crise quand la convergence risque de déplacer les pouvoirs de décision?

Grand format dans les «Téléjournaux»

Avertissement: les cinq images qui illustrent ce texte sont des «Photo TSR». J’aurais voulu illustrer ce texte avec des images d’Alinghi 5 en rade de Gênes ou de la récente campagne en vue de l’élection d’un nouveau conseiller fédéral. Ou bien je n’ai pas su les trouver sur le site réservé à la presse, ou bien elles n’existent pas (pas encore?). Il se pourrait donc que le multimédia dont on parle tant s’arrête juste avant la mise à disposition par la TSR de photos destinées à la presse qui se réfugie sur internet. Alors, remontons le temps. (Fyly)

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Hypothèse: une épidémie met à plat les trois quarts du personnel de la TSR. Que se passerait-il à l’antenne? Abondance de séries, de feuilletons, de films, beaucoup en reprise! Pour les productions de l’entreprise? La météo, un bulletin de santé, des téléjournaux. C’est ce qui est prévu si la grippe frappe la masse! La TSR conçoit ainsi sa mission en cas de crise: l’information au quotidien prioritaire!

Oser dépasser les deux minutes

Presque partout, un téléjournal propose des sujets qui durent de soixante à cent vingt secondes; comme si tout se valait! Heureusement, en tenant compte de la multiplication des supports (l’«étrange lucarne» traditionnelle, en reprise sur internet, versions pour ordinateurs ou téléphones portables), on admet que la même information se décline en durées variables. On commence ainsi à rejeter le formatage tout puissant. Sous l’influence du nouveau chef de l’information quotidienne, Bernard Rappaz, le «19:30» accueille ce que l’on nomme «grand format», un sujet qui dépasse les deux minutes. Assouplir les durées est un net progrès!. «Couleurs locales» s’ouvre sur un sujet de trois/quatre minutes.

Ernesto Bertarelli et Darius Rochebin en mars 2003, en rade de Genève, après la première victoire d’Alinghi.

Que veut dire le «locales»?

«Couleurs locales» remplace depuis quelques semaines «Le Journal» de 19:00 qui était, à l’évidence, consacré à la Romandie et ravitaillé par les contributions des bureaux cantonaux. A qui appartenait le pouvoir de décision? Au début, aux bureaux régionaux qui disposaient de minutes cantonales. Ensuite, un partage devait s’effectuer entre les régions et la centrale de Genève. Il se pourrait bien que le pouvoir dépende maintenant de Genève, dès lors que le principe d’une heure d’informations presque continues s’impose de plus en plus. Est à l’étude une soirée dominicale qui irait de 18h30 – les sports – à environ 21h00 – «Mise en point» terminé. La coordination devient alors indispensable. A en juger sur quelques exemples parus dans «Couleurs locales» dans des modules dits «grand format» qui ne sont que des formats habituels «prolongés» jusqu’à quatre/cinq minutes, une question en tous cas se pose. Que faut-il entendre par le «locales» des couleurs?

Exemples plus ou moins troublants

Alinghi à Valence en 2007: c’était et c’est encore un beau bateau. Mais Alinghi 5, en rade de Gênes, en août 2009, c’est un bateau plus beau encore!

Quel lien avec le «local» quand on suit les évolutions d’Alinghi 5 aux environs de Gênes? (07.09.09). C’est un sujet qui se serait mieux inscrit dans le «19:30» avec amorce de développement dans «Mise au point».

En s’intéressant à la tournée du Cirque Knie (28.08.09) lors de sa première genevoise, ignorait-on la présence de cette entreprise nationale dans l’arc jurassien dès fin juin/début juillet? Le «local» vaut ici pour Genève! Le sujet est tout de même intéressant pour l’ensemble de la Suisse romande.

Sujet bien construit sur le co-voiture (17.09.09) entre Lausanne et Genève, pour éviter les trains encombrés et augmenter la moyenne des occupants d’une voiture, trois dans deux véhicules actuellement. Deux par voiture, cela éviterait peut-être bien des embouteillages. Prendre un exemple «local» où ce comportement sainement écologique entre timidement dans les mœurs est normal.

Tant à Genève qu’à Lausanne, crise du logement il y a, racontée par des étudiants qui passèrent des semaines à en trouver un, modeste, à leur convenance, prix y compris. (14.09.09). Sur les quatre universités romandes, deux sont prises en compte, Genève et Lausanne. Que se passe-t-il à Fribourg et Neuchâtel? Une réponse apparaît dans la presse régionale: tout de même moins mal que dans le bassin lémanique! Au point de se demander si le logement explique en partie la forte hausse des demandes d’accréditation à Neuchâtel. Belle occasion perdue pour couvrir l’ensemble de la Suisse romande dans un même sujet, amorce de synthèse! Mais «local» même coloré ne veut pas dire «régional». Il ne faut pourtant pas esquiver le point de vue romand surtout dans un «format allongé»?

Il se pourrait que le nom «Couleurs locales» ne soit pas très heureux.

Elections fédérales 1995: une équipe d’animateurs, Gaston Nicole, Jean Bovon et ElianeBaillif.

Accélérés et ralentis

Dans les années des débuts des contributions cantonales, l’équipe de Genève s’était fait une spécialité de cadrages penchés utilisés à quelques sauces pour faire jeune et donner un angle de vision inattendu à la réalité du quotidien. Inutile pour l’information.

On peut se demander si les accélérés plus nombreux que les ralentis dans certains sujets de «Couleurs locales» apportent vraiment un plus au plan formel, alors qu’ils n’ont strictement aucune valeur informative.

Amorce d’une histoire des TJ

Assurément, avec les formats allongés et les initiatives du vendredi, sous forme d’un petit pas accompli vers une «télévision d’auteur» par le «19:30», avec des durées semblables dans «Couleurs trois» et l’original regard de Massimo Isotta, qui animait avec sensibilité, humour et charme «Illico», apportent un lot de nouveautés. Avec une coordination plus étroite mais centralisatrice entre 19:00 et 20:00, en attendant l’extension dominicale, il se passe quelque chose d’intéressant et plutôt prometteur à la TSR.

Elections fédérales 2003: une invitée, Ruth Dreifuss, conseillère fédérale.

L’évolution des TJ en Suisse depuis les années 1980 a été marquée par des périodes placées sous le signe de l’urgence dans le désir de changement et de la lenteur tranquille pour les réalisations.

Il était urgent de remplacer le téléjournal national seulement commenté différemment pour chaque région par des journaux régionaux. Ce fut fait.

Il était devenu urgent de compléter les journaux linguistiques par des informations «cantonales». Avec l’ouverture de bureaux à Genève, Neuchâtel, Lausanne, Sion, Fribourg et Moutier, ce fut fait.

Et puis, le document télévisé devint accessible sur internet. Il fallait dès lors, au tournant du siècle, dire «tout sur tout tout de suite». Ce fut presque fait.

Aujourd’hui, devant la diversité des supports de diffusion, il est devenu indispensable de dire «tout sous toutes les formes dans tous les formats», immédiatement mais aussi en se donnant le temps de la réflexion. C’est en train de se faire.

Elections fédérales 2007 : un décor, celui de “Face aux partis”.

A quand la prochaine urgence et dans quel sens ?

Etranges Couleurs Locales

Le téléspectateur a la chance de pouvoir choisir son canal parmi des dizaines de chaînes qui lui sont offertes, de naviguer sur internet et de regarder au volant son téléphone portable. Faute de pouvoir tout couvrir, le chroniqueur doit faire des choix, celui de donner bonne place à la TSR, mais aussi de rester attentif à ce qui lui semble intéressant ailleurs.

Renforcer l’information quotidienne

L’information quotidienne reste un des programme télévisé les plus suivis. Les téléjournaux et équivalents subissent des modifications fréquentes alors que les supports de diffusion augmentent. L’information dépend aussi des convictions de ceux qui s’en voient confier la responsabilité. Sur M6, par exemple, le « Six ! » est devenu le 19:45 pendant dix-huit minutes assez séduisantes. A la TSR, sous l’impulsion du nouveau chef de l’information, Bernard Rappaz, entre 19 et 20 heures, des choses changent.

Le duo de présentateurs de la nouvelle *Couleurs locales” qui remplace depuis le 23 août 2009 l’ancien ”Journal de 19 heures” ( pour les noms, voir plus bas).

Une réelle volonté existe de renforcer l’unité des deux plages informatives en semaine, entre 19h00 et 20h00, en les rendant complémentaires. Mais il faut en rester à deux émissions aux titres différents, afin de pouvoir glisser entre elles quelques messages publicitaires rémunérateurs et faire de la bonne autopromotion.

Quel rôle pour les bureaux régionaux ?

Je me suis donc efforcé de suivre le plus souvent possible cette information renouvelée. En principe, la production des différents sujets qui alimentaient l’ancienne émission de 18h55 dépendait des différents bureaux régionaux de Moutier, Neuchâtel, Fribourg, Sion, Lausanne et Genève. On pouvait alors reconnaître l’origine de la majorité des sujets. Dans la nouvelle mouture d’un peu moins de vingt minutes, qui débute à 19h00 tapante sous le titre Couleurs locales, un petit drapeau à la fin des sujets les plus brefs fait allusion à l’origine cantonale. D’autres sujets, l’un d’eux, celui du début occupant parfois cinq bonnes minutes, proviennent de sources cantonales pas immédiatement identifiables.

Carine Jaggi : pour la main gantée d’or sur un tee shirt violet.

Qui est responsable des choix ?

Lorsque furent ouverts les bureaux, l’apport régional était identifiable, en soirées complètes ou plages de quelques minutes. La responsabilité du choix des sujets dépendait des rédactions régionales avec leurs équipes de terrain, information certes donnée à la centrale de Genève. Avec la disparition de la régionalisation minutée au profit d’une plus grande souplesse, il devenait difficile de savoir qui décidait qu’un sujet cantonal était intéressant. Avec la nouvelle formule, il est à peu près certain que le pouvoir appartient à la rédaction centrale de Genève, à la hiérarchie avec cadres renforcés depuis l’arrivée de Bernard Rappaz. Reste à savoir s’il s’agit vraiment d’un progrès. Un long sujet fut consacré récemment au cirque Knie, lors de la première à Genève. Aucune allusion au fait que Knie avait déjà passé dans l’arc jurassien à fin juin. La couleur locale était, en l’occurrence, genevoise.

Le titre même de l’émission évoque le local. Où est le local quand une équipe est expédiée à Gênes pour y suivre l’évolution d’un bel animal des mers, le nouvel Alinghi 5 ?

Un intéressant sujet sur le suicide qui tue plus que la route semble fondé sur des expériences valaisannes. Reste à savoir si l’information sur la proportion entre les suicides et les accidents mortels de la route est celle du Valais, de la Suisse romande ou même de la Suisse entière.

François Egger : dans l’environnement d’un studio, coincé par la technique de noir et violet stylisée.

Coincés dans des cabines de téléphone !

On peut se demander si l’idée de présenter les candidats au Conseil fédéral en les enfermant dans une cabine téléphonique surchauffée était vraiment une bonne idée pour habiller de spectacle les deux ou trois minutes permettant à celle ou ceux-ci de répondre à des questions censées résumer les grandes lignes de ses principales options.

Quelques bombardements en rafale de plans courts, des accélérés soulignent certains passages informatifs. Ces coquetteries formelles n’amènent strictement rien au plan informatif. Peut-être sont-elles destinées à appâter les jeunes spectateurs avec leur esprit clip!

Nouvelles formes pour plusieurs supports

Ces remarques pour le moment reflet d’une attitude réservée ne veulent pas être une condamnation après quelques jours seulement de croisière. Sous l’impulsion de Bernard Rappaz, la TSR veut procéder autrement et si possible mieux pour ravitailler en informations quotidiennes les différents supports, sur le téléviseur de salon, avec le report d’émissions sur le site www.tsr.ch , la déclinaison d’une même information pour internet ou même le téléphone portable. On part à la recherche de formes nouvelles. Les anciennes n’étaient pas toutes mauvaises.

Le logo de “Couleurs locales” : mais il n’y en a que deux ! Quatrième image, résultat du petit tour fait dans la photothèque du “service de presse de la TSR”. J’aurais volontiers illustré ce texte avec une image d’Alinghi 5 à Gênes ou celle d’un invité du cirque Knie. A part le logo bi-colore ci-dessus, il n’y a que les nouveaux présentateurs, du reste charmante et élégant. La personnalisation de l’information est un travers regrettable. On finit par croire que le choix des sujets d’une émission dépend de celui ou celle qui les présente. Ce qui est faux, mais s’inscrit dans la tendance “people” !

Populaire & de qualité (ex: du Dîner à la ferme)

L’expression utilisée depuis quelques années par Nicolas Bideau, chef de la fédérale section du cinéma, ce «populaire & de qualité», fait le bonheur en télévision depuis fort longtemps. Mais l’important, c’est le &. Nouvel exemple réussi: «Le Dîner à la Ferme»!

Comment mesurer le populaire ?

Le populaire doit pouvoir se mesurer selon des critères à connaître. Ici règnent l’audimat et la part de marché, près de cent quarante mille spectateurs pour une pdm de près de quarante pourcent, supérieurs à la moyenne annuelle. Autres critères possibles: les réactions de l’ensemble de la presse romande. Oui, mais, depuis la disparition d’un document interne édité par la TSR – «Média Press», un seul moyen pour tout connaître: acheter chaque jour tous les journaux romands! Savoir aussi que les textes de promotion, souvent de complaisance, sont plus nombreux que les compte-rendu (comme en page 3 de L’Express et l’Impartial, le lundi 3 août 2009). Peuvent aussi être pris en considération les lettres, les sms, les courriels, souvent réduits à de courtes interventions du genre trop simple «j’aime», «j’aime assez», «J’aime peu» ou «J’aime pas»! Un bon souvenir après la mise en cause d’un «soap opéra»: ma mère qui me dit «Je suis d’accord avec tes arguments…. Mais j’aime quand même!»

Genève - transport ancien pour se rendre à la ferme

Alors, la qualité?

Le goût personnel, évidemment entre en ligne de compte. Mais il est essentiel alors de dire pourquoi, d’argumenter, d’user de son pouvoir de conviction.

D’emblée, le «Dîner à la ferme» mérite de retenir l’attention (cf Rétines du 20.06.09), meilleur que la contribution un peu semblable de M6, cinq fois par semaine «Un Dîner Presque Parfait» assurément très spectaculaire, mais envahie par un commentateur qui y ajoute ce qu’il pense être une pointe de sel. Tuant, de l’entendre décrire ce que l’on voit!

Le dîner à la ferme

Les visites de fermes, les unes après les autres, confirment et amplifient la satisfaction. A propos de la structure qui revient chaque semaine, un regret pour l’inutile accéléré lors de la mise en place des décorations de la table et une réticence sur les notations données des uns à l’autre pour l’accueil et le repas qui souvent dépassent les «sept»sur dix par prudence. Par contre, positif le fait de ne pas lancer dans ce divertissement informatif une clause d’expulsion!

Vaud - quand le tracteur remplace le cheval

A la découverte!

On fait rapide connaissance de la famille d’accueil. On apprend plein de choses sur différentes formes d’entreprises agricoles, de l’assez écologiquement modeste à l’industriel d’esprit familial. On visite chaque domaine pour découvrir ses caractéristiques. On entre dans les cuisines après avoir suivi les achats de produits régionaux et échangé quelques mots avec les fournisseurs. On prend l’apéritif en attendant le dîner du milieu de la journée. Pendant le repas, on sent monter l’eau à la bouche à maintes reprises. A table, l’hôte du jour est malheureusement absent, ce qui joue au détriment de la convivialité. En guise d’épices : quelques remarques en isoloir des uns et des autres.

Un geste devenu rare à la ferme

Favoriser la vente des produits du terroir

Cet éloge aux produits du terroir aurait-il favorisé les ventes directes de la ferme sans que la promotion devienne gênante pour les fournisseurs? Les observateurs attentifs des équilibres régionaux peuvent être contents. La présence à l’écran n’est pas proportionnelle au nombre d’habitants ou à celui des domaines agricoles. Un par canton plus la partie francophone de Berne: pour une fois, l’arc jurassien est sur-représenté, ce qui contribue à l’équilibre à long terme.

Tous réunis pour la 8ème et dernière: un peu décevante

Amicale complicité

Entre les sept participants semble bien s’être installée une réelle complicité amicale. Certes, on peut obtenir cet effet pas d’habiles choix au montage qui aurait omis d’éventuels moments de tension. Tous les participants ont certainement été promus au rang de vedette locale,cantonale ou romande durant quelques jours ou semaines. Parmi eux, un seul vrai «personnage» caractérisé par ses «tip-top» mais plus encore lors d’un grand moment de télévision, lorsqu’il fit l’éloge de la beauté du silence de la nature!

La caméra cache le caméraman mais ni la cave, ni Béatrice Barton.

Coup de chapeau à Béatrice Barton

On ne sent presque apte à oublier une série restée prise dans certaines gorges, les regrettables «Super seniors» qui dérapèrent. Chargée depuis quelques années de ces mini-séries estivales qui sont clairement inscrites dans une «téléréalité» presque toujours sans démagogie, la productrice Béatrice Barton peut être fière de sa cuvée 2009, peut-être encore meilleure que «Le mayen 1903».

 

Guerre froide à la TSR… en 1971

Trois propositions intéressantes sur le petit écran en chaînes francophones en ce début de juin 2009. Il fallait choisir. C’est fait !

D’abord une page d’histoire désormais lointaine, Un village français, six épisodes de cinquante minutes, présentés deux par deux (jeudis 4, 11 et 18 juin 2009 – France 3); le présent et l’avenir écologique de la planète, Home, en multimédia réunissant plus de cent pays, autour de documents du photographe Arthus-Bertrand (un peu partout, soirée du vendredi 05.06.09); un regard pertinent sur l’Histoire de la télévision, en 1971, Guerre froide à la TSR ( TSR 2 – Histoire vivante – 20h30 – dimanche 07.06.09)

Cinq des six expulsés de 1971, de haut en bas Marlène Bélilos, Pierre-Henri Zoller, Pierre Nicole, Jean-Claude Deschamps, Michel Boujut.

Tard pour Bar salue Guerre froide.

D’une émission de la TSR, Tard pour bar fait son sujet de discussion principal (Jeudi 04.06.09 – 22 :45). Pour bien suivre le débat, il faut avoir vu l’émission ce qui n’était pas possible! Assez intéressant. Mais de quoi s’agit-il? A l’automne 1971, six collaborateurs de la TSR sont abruptement congédiés, accusés – en gros – de subversion gauchiste. Avant cette décision brutale, des incidents mettent en cause le Canal 18-25 de Nathalie Nath qui profite d’une réelle liberté souvent en direct. Certaines émissions (dont on ne retrouve plus de trace dans les archives d’aujourd’hui) sont interdites. Frapper fort a alors ramené le «calme» mais divisé les esprits.

Qui aujourd’hui a plus de cinquante ans peut avoir en mémoire l’une ou l’autre des émissions de Canal 18-25. Pour les plus jeunes, l’émission de Nathalie Nath appartient à la mémoire de la télévision. Il n’en reste pas moins qu’une discussion de ce genre avec un “acteur”, Pierre Nicole, un témoin plus ou moins engagé, Francis Reusser, Eric Burnand, le journaliste qui signe le document avec le réalisateur Frédéric Zimmermann pose des questions intéressantes. Personne, semble-t-il, ne sait ce que sont devenues des émissions interdites d’antenne qui ne sont pas dans les archives. Des documents non publiés restent des éléments précieux d’information sur un état d’esprit. L’audace de l’époque fut heureusement prise en compte dans le mini-débat, limites rapidement atteintes. A peine Nicole fait-il allusion à un certain “talk-show” de la TSR où tout le monde parle parfois en même temps laissant le téléspectateur dans la confusion que Michel Zendali préfère passer à autre chose plutôt que d’avoir l’audace de lui demander à quoi il fait allusion.

Nathalie Nath, l’animatrice durant quelques années de «CANAL 18-25», une émission souvent en direct qui ne manquait pas d’audace. Jetée comme les cinq autres, elle fit plus tard son retour à la TSR, en partie grâce à Raymond Vouilllamoz.

Le jeune de service, journaliste à la TSR, François Roulet, qui n’était pas né en 1971, est appelé à parler de l’ « audace ». Certes, cette notion est élastique : elle l’est pas rapport à la société, ses limites et son degré de tolérance à chaque époque. Il affirme tranquillement qu’il y a autant d’audace aujourd’hui qu’hier. Mais on dévie alors sur internet où tout peut se passer ; encore s’agit-il de trouver ce qui prend parfois beaucoup de temps. A cet instant du débat, il serait intéressant, même pas audacieux, de demander à son invité de citer des exemples d’audace d’aujoud’hui. Point ne fut fait. Et Reusser d’ironiser en rappelant que l’audace, ce n’est en tous cas pas “votre journaliste” qui termine son « micro- trottoir » fièrement d’un « J’en ai plein le cul »! Et vive l’ « audace » esprit 2009 issue d’une caméra qu’on traîne dans la rue en collant un micro devant des gens chargés de dire si possible de grosses bêtises, au premier degré

« Guerre froide.. » : excellente « Histoire vivante »

Le document, signé Eric Burnand et Frédéric Zimmermann, est fort bien fait, dans un subtil mélange de sources différentes. A signaler la simplicité des entretiens récents, sur fond sombre, avec matériel de prises de vue et de son dans le champ et des bulles jaunes délicieusement criardes pour y enfermer d’anciennes citations. L’information proposée par «Histoire vivante», quarante ans plus tard, est d’un grand intérêt. Les incidents de 1971 se produisent à une époque où les autorités politiques sont promptes à s’indigner et à agir, parfois en coulisses. Des suisses en voulaient à d’autres suisses dans un climat digne de la guerre froide. Ils n’avaient déjà par tellement apprécié les frasques de Gulliver lors de l’Expo de 1964 et souhaitaient voir revenir l’ordre après les élans de la fin des années soixante dans maints pays, pas seulement le « mai 1968 » de France.

Mais oui, des «veinards» qui travaillaient pour la TVR osérent, en Suisse, en 1971, faire grève, ce qui était, par interprétation simplifiée de la «paix du travail» par une partie de la droite bien pensante, chose autant interdite que scandaleuse! Le suffrage féminin au plan fédéral venait à peine d’être accepté par le peuple le 7 février 1971. Micheline L.Béguin présidait le conseil général de la commune des Verrières tout en signant des textes consacrés à la télévision.

Problèmes internes tendus, diffusion de documents, grève inattendue, manifestations gauchistes dans la rue, mises en garde, contacts avec la direction générale à Berne, avec un puis deux conseillers fédéraux, avec la police genevoise et fédérale : tout ce mécanisme en partie inconnu est fort bien décrit. Certains témoignages reflètent aussi des inquiétudes qui se faisaient grandes dans quelques cantons. Ici ou là, directement ou non, l’autorité cantonale était prête à intervenir. Discrètes allusions y sont faites.

Il est bon de rappeler qu’au début des années septante, une série de « portraits » consacrés à chacun des cantons suisse, 25 fois la Suisse avait créé de sérieux remous à Neuchâtel. Le choix des films à mettre à l’antenne était limité : il suffisait qu’il soit interdit dans un canton pour que son passage sur le petit écran devienne impossible. Et en Valais, on interdisait souvent

Le rôle de René Schenker

Il y avait, en 1971, beaucoup d’audace dans le travail de l’équipe de jeunes autour de Canal 18-25. Insupportable, pour les dirigeants d’alors de la TSR ? Mais leurs réactions furent en partie provoquées par des pressions politiques venues de l’extérieur, d’un avocat valaisan à un conseiller fédéral. Les faits sont évoqués dans le document qui peut, en principe, être consulté sur le site de la TSR. Par contre, il est intéressant de s’interroger sur les limites atteintes par les informations données. Pour les jeunes, difficile de faire le tri entre ce qui se savait ou était pressenti en 1971 et ce qui ne l’était pas. Car il y a maintes informations nouvelles obtenues dans des conditions qui seront évoquées ci-dessous. Appel fut fait par le directeur d’alors de la TSR, René Schenker, à la direction générale de la SSR qui n’était pas encore une idée suisse et même à certains conseillers fédéraux. Il fallait bien obtenir un feu vert au moins officieux pour que la police fédérale ainsi que les unités de la police genevoise enquêtent sur ces dangereux conspirateurs prêts à faire sauter les installations de la Dôle! Cinq des six expulsés, le cas de Nathalie Nath étant resté à part, déposèrent plainte, se retrouvèrent devant un tribunal qui les acquitta faute de preuve : impossible alors de citer en justice des enquêteurs des polices “politiques” et des écouteurs de conservations téléphoniques.

Réné Schenker, partiellement «saltimbanque» venu de la musique, dirigeait la télévision quand furent jetés aux orties six collaborateurs. Il surprit par son attitude une partie de ceux qui voyaient en lui, souvent à juste titre, un homme ouvert

La direction de la télévision d’alors était-elle seule responsable de toute l’opération ou aurait-elle été débordée par des détenteurs plus haut placés de pouvoir ? Le document ne tranche pas sur la responsabilité finale. En 1971, René Schenker venait, par exemple, d’ouvrir une porte en modifiant les liens entre la télévision et des cinéastes aux tempéraments assurément créatifs, les Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange ensuite remplacé par Yves Yersin. Le Groupe des cinq aura alors contribué largement à faire connaître le cinéma suisse à l’étranger. Et ces réalisateurs apportèrent de remarquables contributions entre autres à « Temps Présent ». René Schenker fut-il à la fois docteur Jekyll et Mister Love ?

Ouvrir les archives

C’était il y a près de quarante ans. L’équipe qui signe Guerre froide à la TSR a eu accès à des archives qui n’étaient pas publiques – où, à la TSR, à Berne à la direction de la SSR, ailleurs encore ? Toujours est-il qu’elles ont été ouvertes, ce qui est bien. On peut même évoquer à ce propos une certaine audace.

Des témoins ou acteurs des événements ont été interrogés. Ils répondent entre très franchement ou un petit peu d’embarras. Un risque alors de les mettre tous dans le panier de ceux qui expulsèrent. Mais entre l’attitude souriante du policier qui mena des enquêtes trouvant que les « accusés » n’étaient vraiment pas très dangereux et des les réserves qui furent alors exprimées à propos de l’attitude d’un Claude Torracinta, les nuances manquent. Torracinta, pour les radicaux de Zürich et de Berne, passait pour un dangereux complice des gauchistes alors que nombre de ces derniers voyaient eu lieu un social traitre ! La guerre froide est époque de confusion.

Aux commandes de «Canal18-25», Gérald Mury et Nathalie Nath, souvent en vrai direct pour des sujets habillés de tabous.

Du passé, tout cela ? Oui, certes, mais ! Une émission terminée, qui ne provoque pas de discussion sur sa qualité, et qui est placée sur une étagère pour des raisons politiques, c’est assurément de la censure. Un Temps présent vient d`être récemment interdit d’antenne qui avait en partie pour sujet l’accès relativement facile aux drogues sans certains types d’établissement. Il fallait assurément couper court à une polémique de presse qui allait révéler qu’un caméraman s’était fait une ligne pendant le tournage. Ce qui fut fait avec habileté. A quel prix ? Au refus de présenter l’émission, là où il suffisait de parler d’un renvoi à des temps moins troublés. La censure reste la censure. On reviendra peut-être sur cet incident dans vingt ans !

Encore un peu d’audace

Dans ces années 60/70, l’audace se glissait un peu partout, puisque la télévision était faite par des réalisateurs et des journalistes qui croyaient même parfois contribuer à changer les monde. Puis est venue la télévision des producteurs et celles des programmateurs. Et l’audace créative a disparu peu à peu ! Deux ennemis sur son chemin : l’audimat qui mesure la présence du plus grand nombre à suivre sans le reconnaître, surtout utile pour vendre et facturer les espaces publicitaires et la téléréalité l’esprit se glisse franchement ou insidieusement partout, même dans les chaînes généralistes de service public, mais pesante que chez les commerciales, certes. Alors l’audace croire de solides concurrences.

Mais de l’audace, il en reste parfois un peu : dans le choix des sujets et l’ouverture des fournisseurs de la documentation ; dans les séries pointues pour le moment d’origine surtout américaine mais dont la programmation est tardive. Audace aussi dans des émissions particulières, parfois même pour leur forme. Mais la télévision « moderne » des chronométreurs a trop d’exigences de formatage ! L’audace est malade !

Déjà quatre Toutes taxes comprises : fort bons !

Et entrelacées dans TTC, quatre brèves pour… et quatre images

Première le 29 octobre 2007, qui valut au milieu d’une salve de brèves en Blog les premiers compliments qui sont à confirmer. Patrick Fischer, pour le moment, est seul à la barre, alors qu’un duo pratiquait l’alternance dans Classe Eco. Ceci est une constatation, rien d’autre. Sauf que Patrick Fischer, cela n’étonnera personne qui suivait Mise au point, est parfaitement à l’aise ; et bien secondé par Sofia Pekmez, qui garde au moins la main au panier des titres en chute libre, du 13 pourcent perdu en un mois, le titre de l’UBS beaucoup en cause.

Brève pour se reposer : M. Ospel monte au paradis des millions

TTC ligne graphique du générique (photo TSR)Bien sûr, dans le sujet du 19 novembre sur les primes, acte a été pris du prix de M. Ospel et des deux autres champions suisses des salaires exagérés. Mettons que chacun gagne en 2006 trois millions de plus que l’an précédent. Mettons que les employés de l’entreprise sont au nombre de cent mille. La hausse du chef répartie sur l’ensemble du personnel représenterait vingt francs par personne. La comparaison n’est pas bonne. Tout le monde y pense, personne ne la fait. A surveiller dans un an ou deux : les primes du monsieur pour l’année des subprimes américaines !!!

TTC est donc formatée, souplement, premier rideau, entre 25 et 28 minutes et demi, à peu près un 19:30, mais avec moins de sujets, entre sept et dix pour les quatre premières observations. Le plus long ? Gratuité (29.10.07) sur douze minutes, puis les Primes (trois sujets qui font dix minutes et demi – 19.11.07), BCV (six minutes – 05.11.07) et Enchères ( cinq minutes – 12.11.07). Pas encore eu le sentiment du « trop court », ce genre de sujets qui arrivent à leur dernière image quand on commence à s’en imprégner par curiosité, comme cela se produit parfois à Mise au point. Bon signe !

Brève pour penser à autre chose : pas de son, on coupe. Et pas d’image ?

Petite difficulté technique au 19:30 du 18.11.07, avec le Kosovo. Pas de son : normal, on coupe et on fait prendre patience. Nouvelle apparition, mais la technique a de l’imagination : cette fois, du son, mais pas d’image. Et que croyez-vous qu’il arrivât ?On coupe aussi, au milieu d’une phrase ! Pour une courte intervention, on aurait pu laisser la dame finir son intervention !

Et combien de fois entend-on, dans des émissions de débat, l’animateur (- trice) demander de ne pas donner trop de chiffres qui conduisent à des batailles navales, genre touché, coulé. Faux : TTC prouve que les informations numériques sont indispensables, quand on les appuie par une amorce d’interprétation.

Brève pour faire sourire

sur le plateau de TTC (photo TSR)Les dames, ainsi le fit savoir Martina Chyba, peuvent se passer de règles. Elle va dire comment dans son émission « m e n s t r u e l l e » ! Un petit sourire bien fabriqué fait comprendre oui bon enfin que c’est un peu.. ! On sourit aussi, en se disant que oui, bon enfin que c’est un peu… Et puis, comme c’est en bande de lancement, cela se répète. Et le sourire s’efface.

Dans toute émission, il y a l’information donnée à travers un sujet au public. Elle n’est forcément pas toujours complète. Un moyen d’y apporter des compléments : inviter l’auteur(e ) du reportage à un bref entretien sur le plateau.

Bonnes interventions de Marcel Mione (05.11.07) et de Véronique Tanerg (19.11.07) ou de consultants plus ou moins réguliers.

Fait une première promenade sur le site – forum de l’émission. Pas assez attentif pour en dire déjà quelque chose de plausible. Sauf ceci, mais qui concerne tous les forums : et si à quelques-uns on se donnait le mot pour tirer de temps en temps ces forums non vers la discussion des sujets de l’émission, mais vers l’émission même ?

Brève pour un sujet qui appuie la pub

Frédéric Goujon, Patrick Fischer et Marcel Mione (photo TSR)19 :30 du 18,11.97 : deux minutes sur AMERICAN GANGSTER, avec résumé du sujet, extraits du film, déclaration du producteur et du cinéaste Ridley Scott. Puis presque immédiatement après quelques dizaines de secondes de pub : des extraits du film. Le sujet complète bien la pub ! Est-ce vraiment le but de l’exercice ? Peut-être serait-il intéressant d’avoir une appréciation sur le film lui-même. Il y a bien un « fantastique » qui caractérise le New-York des années septante. Et rien d’autre.

Et bien voilà : quittons TTC avec ce sentiment qu’il s’agit d’une émission qui pourrait devenir précieuse sur la durée, dans ce domaine des chiffres et de l’argent que l’Helvète souvent pudique et retenu n’ose pas tellement aborder.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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