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Sondages et charte déontologique de la RTS
Dans un document intitulé “Charte déontologique et valeurs de la RTS” (accessible ici), entré en vigueur le 1 novembre 2011, nous lisons en sa page 12:
Les Sondages d’opinion sont présentés non pas comme des pronostics, mais comme des photographies datées de l’opinion publique. Le nombre de personnes interrogées,l’aire géographique, la marge d’erreur de réalisation et le commanditaire sont cités.
L’entrée en vigueur n’implique pas forcément une mise en pratique systématique. Mais on s’en approche, et heureusement si la charte a un sens !
Les résultats d’un sondage commandé par la SSR-SRG à l’Institut GFS de Berne ont été rendus publics au “19.30” du 06.06.2012 durant deux minutes. Toutes les exigences de la charte géologique ont été respectées. Le directeur de GFS, Claude Longchamp, livre durant le journal un commentaire du reste intéressant en plus du sondage. C’est en effet en triple non qui se prépare mais la prudence est restée de mise au “19:30” relativement à l’initiative populaire “Accéder à la propriété grâce à l’épargne-logement”. 42 % en plutôt favorables contre 45 % en plutôt défavorables est assez proche de la marge d’erreur qui est de 2.7 %. Mais ce 42/45 remplace un 47/38 obtenu fin avril : la variation va donc vers le refus !
En additionnant chaque fois les plutôt pour, les plutôt contre et les indécis, on arrive à cent pourcent. Comme si tout le monde s’en allait voter. Les sondeurs n’ont-ils pas un moyen de prendre le pouls de l’électorat dans sa dimension abstentionniste ? Il semble aussi que pour GFS, qui s’était assez lourdement trompé lors de la votation sur les minarets, le temps se soit clairement amélioré.
- Sur le même sujet : RTS, Comment va ? (17 avril 2012)
« Boardwalk empire » : record battu !
La caution du sérieux universitaire
Les milieux qui accordent une grande importance créatrice aux séries haut de gamme, secteur enrichissant de l’audiovisuel, cinéma et la télévision confondus, sont de plus en plus larges. Les très (trop ?) sérieuses Presses Universitaires de France (PUF) viennent de créer une nouvelle collection qui aborde déjà trois sujets, « Les experts. La police des morts », « Desperate Housewiwes. Un plaisir coupable » ou « The pratice. La justice à la barre ». Elles annoncent, entre autres, pour 2012 et 2013 des sujets sur « Six feet Under », « 24 heures chrono », « Mad men ». La caution universitaire est tout de même une garantie de bonne valeur culturelle.
Priorités romandes
Les meilleures des série américaines sont souvent issues de chaînes à péage comme HBO, aux puissants moyens financiers, qui n’ont pas de souci d’audimat hebdomadaire, ni même mensuel, plutôt annuel. Les chaînes généralistes en font abondante consommation. Les françaises ont les moyens de s’offrir des doublages assez coûteux, auxquels la RTS participe parfois parcimonieusement. La programmation romande est tributaire de ce qui se fait chez nos voisins. Mais par contrat, nous avons souvent droit à une vision en priorité. Il ne reste dès lors qu’un choix restreint pour la programmation, une fois ces conditions imposées par la concurrence remplies. Les séries doublées par ARTE, comme « Borgen », « Killing », « Protection rapprochée » ne sont pas reprises par la télévision romande.
A des heures tardives

Une photographie d’Atlanta-City dans les années 1920. On retrouve en décor reconstitué quai et bâtiment dans « Boardwalk empire »
Mais il y a pire encore : les séries de haut de gamme, comme « Roma », « Mad Man » ou l’actuel « Broadwalk empire », munies du logo rouge avertisseur de scènes choquantes, sont programmés en deuxième rideau, pas avant vingt-trois heures, ce qui n’est pas très favorable pour les audiences importantes.

Le personnage principal et toujours superbement élégant, Enoch Thompson, dit « Nucky » (Steve Buscemi dans « Boardwalk Empire – photo RTS)
Avec une politesse presque délicieuse, le conseil du public de la RTSR, sous la nouvelle présidence du neuchâtelois Matthieu Béguelin, demande de meilleures heures d’exposition pour ces excellentes séries. Et quelques rares chroniqueurs se permettent de formuler un tel désir qui repose sur un effort d’offre culturelle adressée à un public large. Souhaits inutiles qui reviennent à « péter dans un violon » selon une expression nauséabonde. La preuve : On en arrive même, un soir exceptionnel, à devoir attendre jusqu’à 23 :59 ( dimanche 27 mai 2012), le début de l’épisode hebdomadaire de « Broadwork empire ». Record battu ! Jolie réponse de la bergère aux gentils moutons amateurs de bons divertissements.
Mais quoi, en premier rideau, sur RTS ?
Le dimanche soir, priorité dès 21h00 aux « experts » à triple rafale, le jeudi, aux « Esprits criminels », pour citer deux exemples. Il vaut la peine de s’arrêter à ces « Esprits criminels » une série policière américaine apparue en 2005 qui déroule sa septième saison, due à Jeff Davis.
Une division du FBI, installée en Virginie, poursuit des tueurs en série sur tout le territoire des USA. Les policiers en uniforme sont rapides à sortir leurs armes et interviennent en force en criant « Police, FBI « . Un bel avion au début et à la fin rappelle que les voyages forment la jeunesse. Le temps d’une enquête par numéro, et on recommence avec une autre. Seul élément de continuité : l’évolution du comportement de certains membres de l’équipe, plutôt entre eux que dans leur univers privé.
Les criminels en série ont tout de même quelques spécialités. Ce sont des tueurs d’enfants, de prostituées, de militaires, de gérant de casino, d’adolescents, de rescapés d’un attentat qui émasculent, envoient bouler dans des escaliers, tirent des flèches de chasse, opèrent par pendaison et ainsi de suite. On y donne sans vergogne dans le sordide.

Au milieu de l’équipe en costumes de ville, une flamboyante rouquine qui ne se trouve jamais dans le terrain. Elle trouve tout ce qu’on lui demande sur son ordinateur ( Kirsten Vangness en Pénélope Garcia, le personnage le plus curieux de la bande – photo RTS)
Les quelques numéros suivis récemment font aussi apparaître une coquetterie dramatique dont j’ignore si elle se développe dans chaque épisode. Des séquences destinées aux spectateurs montrent comment les tueurs procèdent. Les policiers enquêteurs le comprennent largement après les spectateurs, ce qui est tout de même une curieuse manière de jouer sur le suspens.
Bref, la série n’est pas d’un très haut niveau. Elle contribue à confirmer la primauté, sur l’antenne de la RTS, de l’enquête policière même pas très intéressante placée en premier rideau.
Programmation fantaisiste
Ces dernières semaines, les épisodes furent présentés en duo, mais avec un trio le 17 mai. Il y a eut d’abord deux épisodes successifs de la septième saison. Mais apparurent ensuite d’autres duos, un épisode de la septième saison suivi d’un épisode de la sixième ( le 31 mai, le 16ème de la saison 7 suivi du 9ème de la saison 6 – idem le 7 juin avec les numéros 17 de l’une et 10 de l’autre). Pour comprendre, il faudrait peut-être s’en aller voir comment TF1 programme cette série.
Supposons que la série soit consciencieusement écrite pour faire apparaître une évolution subtile dans le comportement des membres de la cellule. Le spectateur promené de la saison 7 en saison 6 pourrait bien n’y plus rien comprendre. A condition qu’il y ait quelque chose à comprendre…
Ces tueurs en série objets d’une enquête policière unitaire pas très intéressante sont offerts au public romand non pas dans la continuité des épisodes mais dans le désordre.
Et c’est ainsi que l’excellente, rigoureuse, surprenante, richement informative et historiquement plausible série qu’est « Boardwalk empire » apparaît, elle, discrètement en fin de soirée. On ne manquera pas de nous dire qu’ « Esprits criminels » fait d’excellentes parts de marché. Et ainsi tout est dit de la composante culturelle de certains programmes.
Duch ou le devoir de mémoire
Dimanche 20 mai 2012, vers 23h00 : consultation sur internet des dernières informations. Dans mon dos, téléviseur encore en fonction, une voix aux sonorités asiatiques. Bizarre ! Demi-tour : le visage d’un vieil homme, édenté. Des sous-titres évoquent la « nécessité » de la torture pour obtenir des aveux. Tout à coup, des mots en français rendent hommage à « La mort du loup » d’Alfred de Vigny. Assez rapidement trouvé de quoi il s’agit : « Duch, le maître des forges de l’enfer » (Diffusé dans Histoire Vivante sur RTS Deux le 20 mai 2012), un film de Rithy Panh, cinéaste franco-vietmenien apparu sur grands écrans en France en janvier dernier. Rencontre due au hasard : devant l’offre de chaînes par dizaines, le téléspectateur ne peut pas savoir ce qui partout se passe. Il faudrait consacrer plus de temps à s’informer sur les choix qui s’offrent plutôt que de suivre des émissions !
Un ancien professeur de mathématiques condamné.
Kang Kek leu, alias « Duch », fut un des responsables de la torture organisée par les Khmers rouges de Pol P0t durant les années de la dictature la plus sévère entre 1975 et 1979. Selon certaines estimations, le vingt pourcent de la population aurait été exterminée durant ces quatre ans. Cet ancien professeur de mathématiques dirigea le camp S-21 dans lequel furent torturés et exécutés près de treinze mille personnes. En février 2012, il fut condamné en appel à la réclusion à vie.
Une forme d’autant plus percutante qu’elle est rigoureuse et simple
Rithy Panh a pu s’entretenir avec Duch avant son premier procès.Dans un décor simple, (probablement celui d’une cellule ), Duch répond à des questions que l’on n’entend pas, posées peut-être par Rithy Panh qui n’apparaît jamais dans l’image. Un visage apporte des mots, des sous-titres valent comme traductions. Sur la table, des éléments associés au sujet des déclarations, photographies, documents annotés avec l’écriture de Duch, des encres de couleurs différentes permettant de faire le point sur l’état d‘avancement du « travail », avant ou après les aveux. Des documents audios sont présentés sur un téléviseur. Duch se trouve paarfois face à sa propre image. Des déclarations de certains témoins provoquent chez lui un rire franc d’incrédulité. Certains événements sont reconstitués dans une salle immense. Des documents d’actualité montrent des centaines de personnes qui transportent à bout de perche deux paniers de terre d’un point à un autre, ou qui déplacent de grosses pierre. Voilà pour une forme d’autant plus percutante qu’elle est d’une extrême simplicité..
Bien lointains massacres
« Duch, le maître des forges de l’enfer » a pour intense mérite de conduire un devoir de mémoire sur la terreur exercée par une dictature, éloignée et dans le temps – les années 75-79 – et dans l’espace – en Asie. L’Europe eut assez de peine à accepter que la mémoire se penche sur ses propres massacres, ceux du nazisme et du fascisme qui culminérent alafin de la guerre de 1939/1945. La mémoire doit être universelle et non pas sélective. Le film de Rithy Panh y contribue, avec une force différente peut-être équivalente à un autre témoignage lointain, le « Nuit et brouillard » d’Alais Resnais au milieu des années cinquante du siècle dernier. Rithy Panh évoque des horreurs, que la télévision ose aborder mais avec la prudence d’une programmation discrète en fin de soirée ( en Suisse romande après 23h00 tant le 20 que le 21 mai 2012)
« Coupable » d’obéissance
Duch face à lui-même se dit-il coupable ou non coupable ? Il a servi un régime, en homme efficace, bien organisé, se voulant obéissant pour une cause dont il ne voulait ni selon lui ne pouvait mettre en cause le bien-fondé. Il est comme bien d’autres criminels politiques, rejetant la responsabilité sur ses supérieurs même proche d’eux. L’étonnement sera grand de l’entendre parler de sa conversion au christianisme intervenue après la fin de la dictature.
Chocs successifs
La force de ses mots dépassent les mots eux-mêmes, appuyés par cette mise en scène dont il convient de répéter l’efficace simplicité. Il faut donc l’écouter sans sursauter. Duch rend par exemple hommage à l’institutrice de son village qui lui permit d’entreprendre des études, en passant d’abord par un bachot. Duch fut informé qu’elle venait d’être internée dans le camp S21 qu’il dirigeait. Il ne trouva pas le courage de la rencontrer, donc encore moins de la sauver. Dans la salle immense, s’approchant d’une fenêtre, il se risque à raconter son suicide. Un détenu qui se présente à torse nu est forcément un coupable qui va se pendre pour ne pas être obligé de passer aux aveux. Tous savent qu’une convocation près d’un poteau signifie une imminente exécution. Alors, on tente de l’éviter par exemple en avalant des pièces de métal. Duch se souvient d’un mangeur de boulons confié à un hôpital pour un opération permettant d’éviter qu’il y perde la vie. Rétabli, il redeviendra possible de l’interroger à nouvea ; en appliquant une méthode qui conjugue électricité et excréments. Et qui mieux que des paysans illètrés savent torturer avec efficacité, car ils ne craignent pas de frapper. Des cambodgiens qui sont revenus de France quand les Khmers rouges sont arrivés au pouvoir ne peuvent pas ne pas être coupables, tout comme les fonctionnaires de l’ancien régime qui s’agissait de débusquer. Tous coupables dès lors qu’ils étaient internés dans le lycée devenu prison. Avec la certitude d’avoir agi par patriotisme, Duch prétend n’avoir jamais torturé le moindre prisonnier. Cet homme que l’on sait cultivé pourra tranquillement citer « La mort du loup » d’Alfred de Vigny, un poète de la culture française qui fut aussi la sienne… L’horreur prend un chemin inattendu pour que le devoir de mémoire s’accomplisse….Les images et les mots du film sont tellement justes qu’elles ne s’effacent pas de la mémoire.
- Retrouvez plus d’informations sur le site d’Histoire Vivante
D’une jungle à l’autre : fin en attendant une suite !

Des soignants ( quatre), des patients (six), un guide au moins, et un réalisateur qui lève son chapeau, Raymond Vouillamoz, en tout vingt-trois pour la photo de famille
Encore deux épisodes ( no 5 – 25 mai et 6- 1 juin, suivi par un débat animé par Isabelle Moncada, animatrice de “36.9”), et patients, soignants, guides, porteurs, équipe tv – plus d’une vingtaine de personnes entrevues en une photo-famille – en auront terminé avec la série relatant une expérience humaine et thérapeutique. D’un groupe de dix émergent Aline, Maylin et surtout Cyril d’une part, Monique et Nicolas de l’autre. Reflet de la réalité ou choix au montage ? C’est peut-être la même chose !
Rencontres avec d’autres
Les trois premiers épisodes ont enfermé le groupe dans la solitude d’une traversée de forêt souvent hostile lors d’un “trek” exigeant. Les derniers offrent des contacts avec les habitants de la forêt amazonienne, des Amérindiens, de lointains descendants de communautés noires d’Afrique ou un français conteur en vieux sage lucide et amical. Mais la série reste construite sur la chronologie, quelques titres permettant de numéroter certaines journées.
Au loin un papillon bleu
Les verts parfois inquiétants de la forêt hostile font ainsi place aux dominantes bleues de l’eau, souvent seule voie de communication, que l’on s’installe sur des canots pour deux personnes ou de grandes barques à moteur qui ressemblent à des “autocars”. L’occasion est ainsi ainsi belle pour contempler une eau calme et poétique, de suivre au loin l’évolution d’un papillon bleu.
Un commentaire pour accompagner certaines pistes
Une voix féminine donne informations et explications sur la bande sonore. Impression ou réalité : il m’a semblé que ses interventions sont plus fréquentes et surtout insistantes un peu trop dans la seconde moitié. Les pistes de réflexions sont en effet plus nombreuses. Patients et soignants se trouvent pourtant en positions équivalentes face aux efforts physiques consentis, aux émotions ressenties, forces et faiblesses, curiosités et doutes également réparties.
Débriefing nécessaire
S’imposent aussi au groupe la nécessité de se livrer à un “débriefing” assez régulier, en plus des échanges plus restreints, souvent à deux. L’expérience thérapeutique reste donc mise en valeur par son existence en contrastes aussi pour le témoin amicalement invité qu’est le téléspectateur.
La consultation du site: http://www.rts.ch/dossiers/2012/jungle-a-autre/ permet de se faire une idée de la richesse des développements provoqués par la série.
Apprendre des problèmes des autres
Dans cette jungle dans laquelle d’autres vivent, il faut chasser, pêcher, couper le manioc pour se nourrir, car la réponse de la nature n’est pas toujours généreuse.
Une cérémonie rituelle permet à un survivant, un an après le décès de son conjoint, de reprendre vie normale. On en arrive même à offrir au chef d’une communauté, une carabine de chasse pour remplacer une ancienne de peu d’efficacité. La scolarisation des enfants est en cours, mais elle tend à les éloigner de leur milieu traditionnel. Et ce français installé dans la jungle depuis longtemps se pose des questions en liaison avec un nombre de suicides élevé dans une communauté.
Trop de pistes ?
Dans cette deuxième partie de la série, le téléspectateur risque de se perdre un peu, dans la diversité des pistes ouvertes sur des questions qui restent sans réponses. E quoi consiste cette pollution provoquée par les chercheurs d’or ? Les messages apportés par des dieux ressemblent-ils à ces voix qui accompagnent un patient? Et pourquoi tant de suicides ? Trop de pistes abordées qui témoigne d’un certain désarroi lors montage qui ne parvient pas à maîtriser ces ouvertures ?
Les développements autour de la série, lors du débat du 1 juin par exemple, devraient permettre d’en savoir davantage sur les bénéfices thérapeutiques escomptés et éventuellement obtenus. Il devra faire comprendre une dédicace qui clôt le dernier épisode.
A suivre
Le titre même de la série suggère que la jungle est multiple. Un suivi s’impose d’ici une ou deux années. Que deviendront les soignants et surtout les patients qui, après avoir quitté la jungle des autres, sont revenus dans la nôtre ?
A lire à ce sujet :
De « Clash » (France 2) à « Romans d’ados »
En France, le réveil de la créativité
Il vaut la peine de rappeler que la télévision en France, sous l’ère de l’ORTF, démantelé en 1975, fit bien souvent preuve d’une belle imagination créatrice, par exemple à travers le « Service de la recherche » de Pierre Schaefer, Jean-Christophe Averty ou « Les Shadocks ». Notre voisine s’est aussi illustrée avec des séries unitaires fondée sur un personnage, dont « Navarro » fut un excellent exemple, devenu poussif durant ses dernières années. Avec la commercialisation triomphante de TF1, l’ère de la ménagère de moins de cinquante ans imposa ses capacités castratrices pour le créativité. Mais la télévision publique se réveille dans un domaine important, celui des séries. Tant « Un village français » que « Les hommes de l’ombre » sont à inscrire dans le haut de gamme. Et assez nombreuses sont les séries actuellement terminées, en tournage ou en préparation. ARTE annonce pour cet automne un « Ainsi soient-ils » ( Prix de la Meilleure Série française au Festival Séries Mania à Paris en avril dernier) avec comme thème l’Eglise catholique et la vocation de prêtres. Jean-Luc Bideau y joue le rôle du père Fromenger, responsable controversé du séminaire des Capucins : un brin de présence romande qui ne doit peut-être rien du tout à notre télévision !
« Clash » dans ses grandes lignes
Ce bref survol historique permet d’attirer l’attention sur l’apparition récente sur France 2 d’une mini-série,« Clash », en modules d’environ une heure, présentés deux par deux. Des lycéens à la découverte de la sexualité arriveront-ils à en parler avec les parents qui ne sont pas toujours bien préparés au dialogue. Un personnage central de grand adolescent et sa famille occupent chaque épisode. On retrouvera ces ados les uns avec les autres dans le groupe d’une classe de lycée.
Robin Pons apparaît d’abord en crado métallisé et agressif avant de se transformer presque en ange propret quand il tombe amoureux ( 1/6 – « La maladie d’amour »). Olivia est d’une timidité presque émouvente ( 2/6, – « Hymen ») ! Gentils, les ados ou aptes à le devenir rapidement ? Parcourir le « forum » associé à la série provoque l’étonnement: les réactions, après le premier épisode, contre la verdeur du langage et contre certaines séquences assez sexuelles tout de même plus suggérées que montrées y sont très violentes.
Adultes à problèmes plus que les ados ?
Se pourrait-il que les portraits d’adultes soient les plus intéressants, puisqu’ils sont la cause des « clash ». Ainsi Adéle, la mère de Robin, institutrice, s’avère à l’excès protectrice à de son dadais de fiston, dans lequel elle craint de retrouver le déséquilibre psychique de son propre père. A côté d’elle, un peu trop absent, Jacques, le père a tendance à tout passer à son fils au nom du il-faut-bien-que- jeunesse-se-passe.
Yasmin, la mère d’origine iranienne divorcée peine à s’intégrer à la société française ( thème remis à l’ordre du jour lors de la dernière campagnée présidentielle ). Olivia est introvertie. Toutes deux amoureuses, elles n’arrivent pas à en parler ensemble
Toujours est-il que cette série mérite d’être suivie pour savoir si l’intérêt des deux premières parties se confirme( les 16 et 23 juin, épisodes bien exposés en premier rideau peu après vingt heures trente.
Pour mémoire, le succès de « Romans d’ados »
Le lundi 7 mai 2012, sur RTS Deux, a pris fin une deuxième diffusion d’une excellente série romande, ces « Romans d’ados » en quatre étapes observant l’évolution d’une demi-douzaine de jeunes de la douzième année à leur dix-huitième. Cette reprise suivait un passage sur TV5 Monde, preuve du succès mérité de cette série dont la première apparition date de fin 2010.
Constructions différentes
Une comparaison, intéressante à formuler, porte sur la structure des deux séries. « Romans d’ados » suivait le fil du temps – sur six ans – introduisant dans chaque épisode les six adolescents et leur milieu familial sans trop s’attarder sur la situation des adultes. Le groupe ados y était mieux décrit que le milieu familial.

Robin ( Thomas Soliveres) dans « La maladie d’amour », première partie de « Clash » ( Photo France 2)
Dans « Clash », un ado et sa famille prend la première place. Il est vrai que tout se déroule durant une courte période, peut-être quelques semaines. On examine ainsi assez sérieusement un comportement indivduel et les causes d’un clash. Le lien d’un numéro à l’autre se tisse à l’unité scolaire de la même classe. L’entité c’est le groupe.
Deux solutions différentes, deux regards sur l’adolescence et le monde adulte ; au travers des ados plus que des adultes, une réelle complémentarité.
D’une jungle à l’autre – Raymond Vouillamoz
La créativité, dans l’audiovisuel contemporain, passe actuellement aussi bien par le cinéma que la télévision, cette dernière particulièrement brillante depuis une décennie à travers bon nombre de séries. La télévision romande s’inscrit dans ce mouvement avec une première mini-série de documentation. « D’une jungle à l’autre » suit une thérapie inhabituelle dans le domaine psychiatrique. Six patients et quatre soignants sont filmés pendant un voyage d’un mois dans la jungle souvent hostile de l’Amazonie guinéenne. Des guides et porteurs accompagnent les «acteurs » tous volontaires observés sans voyeurisme par une petite équipe de télévision. On ne verra que le guide principal de l’expédition, du moins dans les trois premiers épisodes déjà visionnés personnellement hors antenne. Cette discrétion résulte d’un choix.
Texte paru dans L’EVENEMENT SYNDICAL no 19/20 du 9 mai 2012
A lire à ce sujet :
La campagne est terminée !
Avant même la confrontation Hollande-Sakkozy du mercredi 2 mai sur TF1 et France 2, j’ai rédigé quelques lignes relues sans y changer une virgule. Il est « amusant » de savoir si ce que l’on pensait important a v a n t allait le rester a p r è s. Ce n’est pas intéressant de le reproduire ici.
Voici toutefois un autre texte, écrit le vendredi 4 et paru le lundi 7 en version imprimée dans deux journaux sous « Rétines ».
Et le gagnant est…
Pour des raisons techniques, ces lignes étaient écrites le vendredi 4. La probabilité d’une surprise était faible, sondages en nombre et commentaires allant dans le même sens. Près d’un habitant de France sur trois aura suivi le grand débat, et un peu plus que un sur six de suisse romande. Nous étions parait-il encore deux cent mille à 23h30 après cent cinquante minutes durant lesquelles environ 137 « chiffres » furent avancés, 95 par S. et 42 par H. Ce fut un match de boxe sans KO plutôt qu’une vive partie d’un ping-pong plein de finesse. Aucune idée nouvelle : c’est sans surprise ! Hors antenne furent presque instantanément vérifiés certains faits chiffrés. Le journal de France 2, jeudi soir, a repris des exemples de contradictions liées à des sources différentes , selon le « fact checking » : des chiffres lancés sans mention des sources permettent de dire n’importe quoi !
Les animateurs du débat, Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France2) se contentèrent de lire les temps de parole pour conserver la plus stricte égalité. Ce fut leur seule utilité! Mais comment aura-t-on comptabilisé les interruptions et le temps de parole quand S et H parlent d’un même élan ? L’un des participants utilisa assez souvent le mot « mensonge », uppercut venu de la droite. Les limites de l’exercice, spectacle à deux voix sur des variations connues, furent vite atteintes.
Tout fut préparé, donc formaté et bétonné en coulisses, par ces conseillers personnels discrets dont l’existence a été racontée dans de récentes fictions , « Borgen », « The Hour » ou encore « Les hommes de l’ombre », bien plus intéressantes que l’affrontement.
Cependant, trois remarques …
1/ La guerre des chiffres.
S. a abondamment livré à H. une guerre des « chiffres ». Il existe donc un organisme qui vérifie la validité de ces affirmations numériques, sous le nom de « Fact Checking » qui a le mérite de se prononcer sur leur validité en citant les sources. Ainsi des informations contradictoires en apparence peuvent-elles provenir de sources différentes ou d’une interprétation différente de ces sources. Oui, mais la rectification intervient hors du lieu de l’entretien. Dommage qu’elle ne soit pas mise immédiatement à disposition sinon du journaliste à l’antenne, au moins de ses collaborateurs en coulisses. Il serait précieux que la validité des informations soient annoncées dans le débat en direct.

On dirait un décor comme celui qui précède, devant lequel deux jeunes fonctionnaires issus de l’ENA prennent la pose en préparant leur avenir…présidentiel, l’une en 2007 suivie de l’autre…
2/ L’emploi du mot « mensonge ».
A plusieurs reprises, devant les informations numériques données par H., S. a parlé de « mensonge » – combien de fois aura-t-il tourné autour de la notion, en y ajoutant celle de « menteur » ? Cette violence verbale n’aura pas été sa qualité la plus admirable de S. Elle frisait presque l’injure en parodiant le « ferme-la pauvre con » !
3/ Sondage ou Baromètre ?
Quatre cents sondages ont été commandés durant cette campagne de 2012. Ils ne furent semble-t-il que trois cents en 2007 et deux cents cinq ans auparavant. En passant, combien çà coûte, un sondage, ou plutôt, combien çà coûte, cet ensemble de sondages ? Et qui sont les commanditaires ?
Autant, pourquoi pas ? Mais une condition n’est que rarement remplie, presque partout : fournir à leur propos les informations qui en garantissent la validité, l’origine et le commanditaire. Il y a tout de même souvent beaucoup de légèreté dans l’emploi du mot sondage, pour ne pas aller jusqu’à parler de tromperie.
Trois personnes donnent leur avis, un journaliste colle son micro sous le nez de six passants sur un trottoir, un cameraman filme cinq consommateurs à une table de bistrot, et on vous parle de « sondage » ; abusivement ! Ici ou là, ces petits jeux qui n’ont aucune valeur informative sont prudemment nommés « baromètre ». Manque de pot, un journal aussi sérieux que « Le Monde » se met parfois à employer « baromètre » pour donner des résultats de « sondages ». Il est vrai qu’un « baromètre » donne toute de même une petite indication sur le temps qu’il risque de faire le lendemain. Mais les prévisions du temps, elles, reposent sur plus d’éléments qu’un sondage !
L’heure des bilans
« Infrarouge », bien entendu, traite cette brûlante question d’actualité de la présidentielle française immédiatement ! Participeront au début MM Levrat, Lüscher, Attali, Schockenhoff, Blanc, Quatremer, Cayrol : heureusement, il y a aura une dame pour contenir les élans de ces sept messieurs, parmi lesquels manque Freysinger ( ces lignes sont écrites au matin du mardi 8 ).
Excellente soirée sur France 3, lundi soir, avec un document résumant la campagne signé Serge Moati et surtout un « François Hollande, comment on devient président », survolant une carrière qui prit son élan en 1954 n’ayant guère de liens avec un navigateur sur pédalo : remarquable !
Quand les vaches donnent de la corne…
Dimanche 6 mai 2012 : trois heures de vaches qui s’encornent racontées par une demi-douzaine de collaborateurs de l’entreprise et à tout le moins autant de spécialistes. Par la durée, un des sommets de cette fin de semaine sur RTS Un.
Souvent on peut se demander pourquoi un même événement pèse tellement différemment selon le média qui le rapporte. Trouvé dans LA TRIBUNE DE GENEVE du même lundi (en page 13 quelques dizaines de signes sur la gagnante, avec sa photo, son nom et seulement le visage d’un agriculteur dont on supposera qu’il c’était le propriétaire.
Trouvé dans LE TEMPS en page 8 deux cent cinquante signes sur « Shakira », la reine des reines et dans L’EXPRESS en page 21 un communiqué de six cent signes signé ATS pour savoir que « La couronne change de reine ». Schakira a donc battu Manathan.
Tombé en pitonnant sur RTS Un a un moment où il semblait y avoir un conflit quand à la gagnante, le jury appliquant un règlement sans empêcher que le combat arrêté reprenne. Rien compris !
Conclusion : il en faut vraiment une ? Un même événement ne pèse pas le même poids dans des médias différents. Que c’est original !
D’une jungle à l’autre
Avertissement : « D’une jungle à l’autre »,, c’est en six épisodes, un peu plus de trois heures d’émissions sur un même sujet. A l’opposé de l’esprit « clip » ! Cela mérite bien huit mille signes. A qui cesse de lire après avoir parcouru »Vingt minutes », ceci : on peut lire indépendamment les unes des autres certaines parties ci-dessous associées à un sous-titre ! Les images sans légende proviennent du service de presse de la RTS. (Fyly)
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Les considérations qui suivent reposent sur un visonnement en solitaire devant un petit écran les DVD des trois premiers épisodes. Il est fort probable que les trois derniers ne viendront pas modifier le regard porté sur les premiers.
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« D’une jungle à l’autre » s’inscrit dans le mouvement actuel qui fait la part belle aux séries. On admet de plus en plus largement que les séries de fiction où les USA brillent apportent une grande contribution à la créativité audio-visuelle, en retrouvant ce qui fait l’intérêt des grandes sagas littéraires des meilleurs romanciers.
A l’opposé de l’information en rafale ! 
La notion même de série sert de contre-poids à l’information contemporaine qui fait la part belle à la multiplicité des sujets traités rapidement et brièvement, ce peu intéressant du « tout – sur – tout – tout – de –suite – sur – tout – support ». La série échappe heureusement au rythme du clip qui caractérise ce type d’information. Elle permet aussi d’entreprendre une approche de l’histoire récente ou ancienne à travers des faits et des événements, sans donner une trop grande place aux individus.
Une nouvelle réussite romande 
Une série de documentation permet aussi d’aborder des problèmes à travers une ou plusieurs personnes. La télévision de suisse romande apporte dans ce domaine une contribution nouvelle après la réussite récente des « Romands d’ados » qui ont entrepris au moins une carrière francophone. « D’une jungle à l’autre » mériterait de connaître le même sort. On peut même se demander si le principe d’une version pour le cinéma n’aurait pas mérité réflexion.
La quantité est là. Reste à découvrir dans la masse les séries celles qui méritent attention pour leurs qualités. Il s’agit donc de dépasser le tout- venant pour s’en tenir à ce qui est au moins un peu intéressant et, mieux encore, rencontrer le meilleur même avec nuances. « Romans d’ados » comme « D’une jungle à l’autre » dépassent l’intéressant pour frapper à la porte du haut de gamme.
Une expérience thérapeutique en psychiatrie
« D’une jungle à l’autre » décrit une expérience médicale qui consiste à plonger dans la solitude et la rudesse de la jungle amazonienne des patients qui souffrent de problèmes dépendant de la psychiatrie accompagnés de soignants et de guides.
Mais l’expérience passe par des personnes de la vie quotidienne. Comment Arthur, Cyril, Daniel, Maïlyn, Cyril et Cédric, les six patients, Monique, Serge, Alexandra et Nicolas, les soignants, Erwan et Roger, deux des guides vont- ils vivre cette expérience qui se déroule en Guinée pendant un mois environ ? Ces « inconnus » vont en quelque sorte devenir les « personnages » d’un roman thérapeutique. Et pour rendre ce récit intéressant, les règles de la fiction vont s’appliquer en partie. On peut bien filmer et filmer encore les événements, le montage intervient ensuite pour créer l’attention par les règles de construction d’un spectacle qui ne trahit pas pour autant la réalité.
Des personnes qui deviennent personnages
On va donc d’abord faire connaissance des uns et des autres, à des degrés différents, prendre acte des conditions de l’expérience et du but de l’opération thérapeutique. Chacun est présenté par son prénom, mais entre eux, le « vous » subsiste, alors que la fiction pure recourt assez rapidement au « tu ». Le premier épisode ( trente-cinq minutes environ), « Saut dans l’inconnu » permet de faire les présentations, de suivre les préparatifs du voyage conduisant en Guinée. Les deux suivants, « Confidences dans la jungle » ( RTS Un – vendredi 4 mai 2012 vers 20h15) et « Casser la crise » ( 11 mai) suivent une plongée dans la jungle sans autre présence humaine que celles des protagonistes de l’expédition, guides y compris.On ne verra que peu ou pas les porteurs et l’équipe de réalisation. « Des voix dans la jungle » ( 4/6), suivie de « La vie des autres » puis « Les esprits sont de retour » vont permettre de confronter nos « héros » avec d’autres habitants qui vivent aux confins ou dans la jungle amazonienne. Le titre indique bien que tout un chacun retrouvera une autre forme de jungle lors du retour à la vie « civile ».
Approche par touches discrètes
On pourrait raconter ce que sont certains des participants, reprendre des informations qu’ils apportent sur eux-mêmes, observer leurs gestes, écouter leurs mots, tenter de mesurer le dit et le non-dit. Au téléspectateur de choisir ce qui retient son attention en un lien qui peut s’établir avec sa sensibilité. Emouvant, par exemple, le témoignage de Maïlyn qui veut absolument parler à sa grand-mère, mais le décrire finirait par frôler l’indécence.
Un autre choix est ici effectué, celui de retenir quelques-unes des idées énoncées par les uns ou les autres, proposées par les astuces de la construction. L’idée même de l’expérience a été provoquée par une infirmière qui vécut une expérience semblable alors qu’elle était une patiente. Une des malades rêvait de devenir infirmière. Un malade dit « bipolaire » parle de l’intensité de son plaisir euphorique ressenti au cours d’une journée comme si c’était « un soleil de Van Gogh ». Passer une nuit dans une sorte de cabane de dimension réduite n’est pas idéal pour la qualité du sommeil quand des ronflements fendent l’air, source de discussions et même de conflit.
Important conseil donné par le guide : ne pas bouger de l’endroit oû l’on se trouve si on se perd dans la jungle ! Autre conseil de comportement dans la solitude de la jungle parfois hostile : boire suffisamment avant d’avoir soif. Chaque veillée permet de consacrer du temps au « débriefing », mais les patients doivent conserver la liberté de ne pas y assister, même sans être obligés de s’expliquer à ce propos. Comment réagir quand un patient a de son propre chef décidé d’augmenter sa dose de médicaments ? Etrange, cette prise de salive en pleine jungle, qui permettra ensuite à des chercheurs de formuler des remarques sur le stress.
Et puis, voici au hasard d’une remarque sur le comportement supposé de vieilles rombières parisiennes qui se trouveraient dans la jungle, un « Toi tu est payée pour faire cela » : une formule gratuite et polémique ou une information sur le financement de l’opération, dont rien n’a été dit lors de la promotion de l’aventure et dans les trois premiers épisodes.
Une production externe
« D’une jungle à l’autre » est produit par une société qui ne dépend pas de la télévision, « Point prod. ». Il faut profiter de l’occasion pour souligner le rôle important que joue la télévision, pas seulement en suisse romande, mais en suisse et souvent dans d’autres pays, pour permettre la création audio-visuelle par d’autres personnes et groupes hors de son sérail. Notons qu’en Suisse la SSR est la plus importante source de financement de la création audiovisuelle en cinéma et télévision avec la Confédération ou des associations régionales.
L’écriture pour « Une jungle à l’autre » est attribuée à David Rihs et Raymond Vouillamoz. On trouvait parfois leurs deux noms associés dans des émissions de l’ancienne TSR. Le premier est devenu un des patrons de l’entreprise « Point prod ». Mais quand celle-ci se présente à la télévision avec un Raymond Vouillamoz comme réalisateur, elle n’a pas grand peine à garantir le professionnalisme de son collègue qui a passé par à peu près tous les échelons dans l’entreprise.
Dans sa jeune septantaine, Raymond Vouillamoz aura renoué avec ses activités qui précédèrent ses fonctions dirigeantes. Il est ici parfaitement à l’aise dans son travail créatif partant de la documentation pour s’appuyer sur certaines des exigences formelles de la fiction, surtout au moment du montage. Une des clefs de sa réussite doit être relevée : la simplicité discrète d’une réalisation qui prend en compte aussi la proximité des visages comme des gestes, les mouvements comme les mots. Le respect de ceux que l’on observe contribue à la réussite d’une création audiovisuelle
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Vendredi 13 : la meilleure série à minuit
Curieuse expérience, au hasard d’une soirée. 20h15 : “Passe-moi les jumelles”, en reprise, un téléfilm de Benoit Aymon en hommage à Erhard Loretan, alpiniste inventeur de nouveaux comportements, guide au service de ses clients, qui ne parlait guère, frappé par la mort de son bébé dont il fut responsable. Avec une sincérité discrète, Xénia Minder qui était membre de l’expédition où il trouva la mort, parle de lui comme “quelqu’un que j’aimais et qui m’aimait”. Un beau téléfilm qui ose faire partager une émotion profonde.
21:20, “Castle”. Un meurtre, mais le corps manque. Une escouade de policiers armes au poing pénètre dans un décor insolite. Le générique peut commencer. On est en milieu de cryogénie, financé par un producteur de cinéma porno. Etc : du tout-venant policier à l’américaine, en premier rideau. De la médiocrité certes bien emballée!
22:05 : un épisode de “Body of proof”. Megan Hunt, divorcée, son mari ayant obtenu la garde de leur fille, neurochirurgienne devenue médecin légiste, enquête en pratiquant des méthodes peu orthodoxes, plus ou moins appréciées de son entourage hiérarchique. Un personnage fort, attirant la curiosité, bien servi par Dana Denaly.
De 22h55 à 00h25, deux épisodes de “Damages” avec Glenn Close. On est dans le haut de gamme, après un passage dans le meilleur du moyen (Body).
Hélas, parfait exemple d’une des plus grandes faiblesses “notre” télévision, la programmation des séries pourtant plutôt bien choisies, dans le cadre restreint de celles qui sont doublées en français. Premier rideau différent le 20, mais même topo pour les trois séries. Inquiétante programmation de la fiction !















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