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Séries télévisées : modèles danois

B O R G E N : Un excellent départ sur Arte

L’élan est donné, tous les jeudis jusqu’au 9 mars, deux par deux, à 20h35, les différentes épisodes de « Borgen » seront en direct sur ARTE,    lequel propose aussi des passages en nocturne et offre la possibilité d’une vision sur internet sept jours durant après la projection. Excellente mise en valeur, complétée par un site d’une belle richesse.

Sur le site d’ARTE, on s’amuse à inventer une magazine à potinstrès populaire, le « Skandal » qui pour un rien déshabillerait Birgitte Nyborg ( Sidse Babett Knudsen dans « Borgen » )

Le premier épisode couvre à peine trois jours avant le vote populaire qui va faire progresser de manière inattendue le parti du centre auquel appartient Birgitte Nyborg, le deuxième décrit les événements qui vont faire d’elle la première d’entre les ministres après des négociations tendues et plus ou moins correctes entre partie politiques du centre, de droite et de gauche.

Accumulation d’événements comme en pure fiction

Sidse Babett Knudsen en Birgitte Nyborg dans « Borgen », série danoise, ici l’épouse et mère de famille qui doit apprendre à coexister avec la première des ministres

Ceci d’emblée : il s’agit d’une fiction qui concentre sur une courte période des événements assez rares. Il y a la disparition inattendue d’un proche collaborateur du premier ministre  sortant de charge qui meurt d’une faiblesse cardiaque dans son lit alors que sa maîtresse appelle au secours un proche de Birgitte dont elle fut aussi la compagne comme élément dramatique moteur principal. A Londres, le premier ministre commet une grave erreur en réglant des achats somptuaires de son acariâtre épouse avec une carte officielle, geste qui mettra en cause la légitimité de son poste, comme s’il était un président de banque dépassé par les spéculations de son épouse. La belle Kathrin  prend peur devant un test positif de grossesse. Cette accumulation d’événements est bien le propre de la fiction cinématographique. Notons aussi en passant que la mort d’un président de la République française dans un attentat-suicide est aussi le carburant qui vient de faire démarrer en trombe « Les hommes de l’ombre » de France 2 !

Réalité politique plausible

Et pourtant, la réalité plausible est bien inscrite dans ce récit. Attachants ou crispants, les événements politiques, les conflits, les accords, les pressions en coulisses, les conseils des « spin doctor »,ces importants conseillers plutôt peu connus du grand public, le comportement individuel constamment contrôlé et mis en scène à cause de l’omniprésence des médias, la télévision plus encore que la radio et la presse, présentent de nombreux points de ressemblance avec la réalité politique dans toutes les démocraties. En Suisse,il y a quelques semaines,  notre télévision semblait  se réjouir d’assister à une nuit de longs couteaux en Bellevue de luxe pour empêcher une exclue de l’UDC de s’en aller cueillir sa réélection alors qu’un candidat de son ancien parti disparaissait suite à curieux comportement frisant une captation d’héritage.

Bigitte Nyborg ( Sidse Babett Knudsen ) dans « Borgen » au maquillage, quelques minutes avant un passage en direct à l’antenne

Le temps d’arrêt pour contempler

Un point commun à « Borgen » et « Les hommes de l’ombre », déjà fortement présent dans les deux versions de « Killing » et dans « Protection rapprochée » : la première place donnée à des femmes fortes, directes, moins barboteuses dans les combines que ces messieurs. Les actrices et acteurs sont dans l’ensemble excellents : le réservoir danois semble immense. Le rythme du récit est sans moments d’ennui qui fait intervenir d’indispensables temps d’arrêt permettant quelques dizaines de secondes de contempler la vie privée et intime inscrites dans le mouvement du combat politique.

D’emblée ce « Borgen » apparaît comme une série de haut niveau. Détail : en quelques jours, mon dossier personnel fait de coupures de presse et de références à des sites a grossi à peu près aussi vite que s’il s’agissait d’un blockbuster américain ! Curieux, ce succès sur papier !

Deux versions de « Killing »

Mireille Enos en Sarah Linden dans la version américaine de « The Killing »

De ce « policier » danois, il existe deux versions, l’originale née au Danemark et considérée par une chaîne américaine comme suffisamment intéressante pour devenir presque immédiatement une (bonne)  « copie ». Il importe peu ici de rappeler un jugement de valeur personnel qui considère ces deux versions comme à peu près équivalentes formellement. Seattle remplace Copenhague. Sarah Lund devient Sarah Linden, J’ai une préférence personnelle pour l’actrice danoise.

Sofia Grabel en Sarah Lund dans la version danoise de « The killing »

L’enquête policière a le mérite de s’en aller voir dans plusieurs directions, les milieux de la politique dans la première saison, ceux de l’armée danoise – mais oui, elle existe – dans la deuxième. Cela change du petit milieu de policiers en commissariats que l’on ne quitte guère dans les séries françaises par exemple.

La première saison de « The KILLING » , signée Soren Sveistrup, a été présentée au Danemark en janvier 2007 et sur Arte en mai 2010. La deuxième est sortie au Danemark en 2009 et sur Arte en septembre 2011. La première saison de la version américaine a été présentée sur la TSR en octobre 2011. Une troisième saison est annoncée dans le pays d’origine en septembre 2012. La série se porte bien. Il est possible de présenter ici deux visages qui se ressemblent. Mais pourquoi la TSR n’a-t-elle pas présenté la version européenne doublée en français par Arte si comme beaucoup de ses cadres supérieurs le prétendent tout le monde parle d’ARTE sans jamais la regarder ?

Pourquoi ARTE accorde-t-elle une excellente heure de diffusion alors que la TSR, une fois de plus, propose une projection bien tardive d’une excellente série, comme si faisaient fuir le public du premier rideau.

Protection rapprochée

La première saison de cette autre série danoise est assurément moins séduisante que « Killing » ou « Borgen ». L’action y prend une grande place, mais la diversité des missions dévolues au PET ( Police d’Escorte Tactique) permet d’assister au fonctionnement de milieux politiques, militaires, terroristes et autres. ( Je suis si le PET existe vraiment sous cette forme ou une autre au Danemark – d’ailleurs, qu’en est-il de son existence en Suisse ?)

Cécilie Stenspil en Jasmina Ef-Murad dans « Protection rapprochée », série danoise

Voilà une série assurément plus intéressante que les anciens Navarro par exemple, à tout le moins apte à rivaliser avec « les Experts » puisqu’ aux actions s’ajoutent l’analyse des comportements personnels pas trop simplistes, par exemple en abordant la culpabilité après une bavure qui n’en était pas une.

Là aussi, une question : pourquoi diable cette excellente série a-t-elle été programmée par le TSR si tardivement, à se terminer parfois à près d’une heure du matin ?

Les incohérences de la programmation romande

Résumons : une fois de plus, les meilleures séries, celles qui rivalisent incontestablement avec le meilleur du cinéma d’auteur, américaines ou autres, pourquoi sont-elles si souvent programmées en fin de soirée, assez souvent affublées du logo rouge ou tout simplement rejetées ?

Pourquoi refuser de montrer les séries danoises comme « Killing » ou « Borgen » ou les présenter tardivement ( « Protection rapprochée » alors que l’on fait place à la version américaine ( même phénomène avec un autre apport scandinave, le suédois « Millénium » ) ?

Et une dernière : pourquoi la TSR dans le choix des sujets de ses séries n’ose-t-elle pas faire aborder des sujets politiques comme cela se passe au Danemark ?

Une amorce de réponse à cette dernière question peut être question. « Dix » et « Crom » valent assurément mieux que « T’es pas la seule » ou « Heidi ». La TSR progresse ; lentement. Et l’on risque bien de ne pas trouver des réponses à des questions peut-être gênantes….

PS : Criminal Minds remplace Blue Bloods

Ceci est une parenthèse qui n’a plus rien de danois mais qui pose une question de plus sur les mystères de la programmation des séries sur la TSR. Quelques semaines durant, une série policière américaine bien carrée et traditionnelle, « Blue Bloods » occupe le temps d’antenne du vendredi entre 21 et 23 heures. Le grand-père fut flic à New-York, le père est chef de la police qui doit se bagarrer avec le maire et d’autres politiciens ( excellent Tom Selleck à moustache ), dont trois des enfants sont dans la police ou la magistrature, un quatrième tué en service. Et puis, brusquement, voilà « Blue bloods » rélegué en ligue inférieure, celle qui occupe l’antenne dans les alentours de 23h00. Un affaire de part de marché ?

En lieu et place, le vendredi 10 février 2011, un « Criminals minds : suspect behavior » met en scène des enquêteurs du FBI et une rousse collaboratrice qui fait un travail extrêmement efficace sur son ordinateur qui sait tout de presque tout un chacun aux USA. Premier épisode: un tueur d’enfants. Deuxième épisode : un boucher saigne des corps de femmes les uns après les autres. On s’aperçoit que le tueur en série est une tueuse, possédée par un prisonnier tout puissant qui lui inspire les crimes que lui-même ne peut pas commettre. Ce deuxième épisode ressemble furieusement à un  « Dexter » qui exécute des criminels en série restés impunis. Une autre forme d’incohérence.

Un «Château» au Danemark : «Borgen » sur Arte (2)

Références et coïncidences.

Adam Price (voir à ce sujet le texte « Un château au Danemark » du 08.02.2012) reconnaît certaines influences comme celle de la série américaine «A la maison blanche», mais il se réfère aussi à «Mad men». Le hasard fait bien les choses : dans une des versions des «Borgia», le moyen d’acquérir certains votes indispensables ressemble aux arrangements entre partis qui doivent former ensemble un gouvernement de coalition. Voici donc sur Arte la politique au pays du Danemark juste après qu’une présidentielle française, largement évoquée dans «Les Hommes de l’ombre» ( derniers épisodes le mercredi 8 février sur France 2 ) ait connu un beau succès en parts de marché ; paraît-il ! Dans la série française, le premier ministre est tué lors d’un attentat. Dans « Borgen, le plus proche collaborateur du premier ministre meurt dans le lit de sa maîtresse qui n’est autre qu’une grande journaliste de la télévision qui venait d’interroger la future présidente. “Coïncidences” de la fiction entre séries, regards libres portés sur la politique, mais aussi reflet de l’air du temps. Dans les séries contemporaines mentionnées, un vrai respect de la valeur de la démocratie !

Personnages

Birgitte Nyborg, femme forte et autoritaire dans l’action politique, un peu fragile dans le cadre personnel et familial : le personnage principal de la série

Il n’est pas toujours facile d’entrer dans une série où l’on va côtoyer bon nombre de personnages durant dix heures, dans leur complexité, oscillant entre leur image envoyée au public par le spectacle de la politique à travers l’imagination des auteurs qui glisse vers de bribes de réalité. Pour faciliter ce premier contact, voici quelques clefs. Une première femme s’impose d’emblée, Birgitte, la secrétaire du parti centriste qui deviendra premier ministre. Elle travaille d’abord étroitement avec Gasper, son secrétaire et conseiller en communication qu’elle éloignera d’elle. Mais on entre aussi dans son univers familial : elle forme avec son mari un couple qui sait partager les tâches domestiques et familiales. Mais cet équilibre risque pourtant d’être mis en cause par la fonction qu’elle va occuper.

Katrine, blonde journalise, efficace et directe dans son comportement professionnel, fut l’amie de Gaspard. Elle a maintenant pour amant le plus proche collaborateur du premier ministre encore au pouvoir. Celui-ci doit supporter les caprices de sa femme acariâtre qui la conduira à commettre un geste lui valant des ennuis, un peu comme un président de Banque Nationale Suisse débordé par son épouse ! Autour de Birgitte, il y a ses proches du centre politique, Torben Friss, l’ancien ministre actuellement chef du parti centriste, ou Bent Sejra, le patron des travaillistes, etc

Katrine Fonsberg, la journaliste, sortie de l’ombre en cette image, mais inquiète : un deuxième personnage féminin très important

Le bénéfice de la durée

Première saison, dix heures, et deux fois dix heures pour les saisons suivantes. On est donc dans cet audiovisuel original porté haut par les séries télévisées qui relèvent d’une exigence créatrice portée par le cinéma qui retrouve en même temps la puissance séductrice et spectaculaire des sagas écrites par les feuilletonistes, par exemple comme Eugène Sue, Alexandre Dumas, Boris Pasternak, Honoré de Balzac, Dostoïevski et tant d’autres. On va passer constamment de l’intimité, familiale, amicale, professionnelle, sentimentale, amoureuse à la vie publique, celle qu’il faut maîtriser avec l’aide des conseillers en communication et les rédacteurs de discours, sans oublier les intrigants en coulisse. Les responsables de la fiction de certaines chaînes prennent conscience de leur pouvoir qui leur permet par la fiction de sembler être témoins et parfois organisateurs de ces plongées dans le monde de la politique. La perfection formelle du cinéma fait bon mariage avec la grande saga littéraire dans ces séries de haut de gamme.

Et la TSR dans tout cela ?

Il faudrait ci rappeler la belle réussite de la série “Dix” et lancer un bouquet varié de fleurs aux qualités de “Crom”. Ce sera pour une autre fois. Accorder tant de place à “Borgen” permet de partager avec le lecteur le plaisir pris à sa vision, mais c’est aussi se poser une question importante : pourquoi diable la TSR ne pourrait-elle pas être aussi ambitieuse que la télévision danoise ?

Un « Château » au Danemark : « Borgen » sur ARTE

Amis de séries de haut de gamme, réjouissons-nous. Voici, cinq jeudis durant, dès 20h35, deux fois une heure d’une fiction pointue, haut de gamme, le « Château » ainsi nommé une bâtisse où siège le gouvernement et le parlement.

Non, ce n’est pas sur la TSR, qui ne place généralement pas les meilleures séries en premier rideau. C’est sur ARTE, cette chaîne dont tout le monde parle et que personne ne regarde ! Non, ce n’est pas une série policière de plus : c’est une saga humaine, sociale, politique qui traite un sujet par heure, avec les mêmes personnages, sans suspens à la fin. Ce n’est pas de  l’américain produit par une chaîne à péage, c’est le résultat des efforts de la télévision d’un petit pays, le Danemark, à peine six millions d’habitants. Un danois sur quatre aura suivi, en moyenne, chaque épisode de la première saison qui vise haut sans concession. A se demander une première fois pourquoi pas nous ? Oui, mais la TSR s’adresse à deux millions de francophones dans un pays de sept millions avec trois diffuseurs chacun dans sa langue.

Sur papier et sur le web

Arte présente une version doublée en français. Son service de presse vient de mettre en ligne sur internet un remarquable dossier que google ou un autre vous offre d’un simple BORGEN – ARTE. La presse spécialisée française, le Monde radio tv par exemple, en aura fait bien meilleure présentation que les hebdos tv romands qui consacrent pourtant bonne et parfois intéressante place à la série. Vous qui emprunterez le web pourriez tomber sur Télérama et son développement illustré pour présenter « Borgen »,avec extraits, bandes de lancements et musique. Ces riches informations complètent  le texte paru dans le journal (NO 3238 du 01.02.2012 ) : du beau travail  sur deux supports !

Remarquable promotion d’Arte

Arte fait une excellente communication. Gasper, dans « Borgen » , est un personnage de fiction chargé de la communication pour son parti, avec efficacité lui aussi !

Première saison tournée en 2010, deuxième en cours de diffusion au Danemark, troisième au stade de l’écriture. Succès au FIPA à Biarritz, l’an passé, meilleure série, meilleure musique. La série a déjà été achetée dans une dizaine de pays en vue de sa diffusion :une série ambitieuse est parfois aussi chose vendable. Mieux : une chaîne américaine se propose d’en faire une adaptation en l’inscrivant dans l’univers politique des USA. Bref, cette amorce de succès international met l’eau à la bouche.

Sur le web, ARTE a mis en ligne les vingt-cinq premières minutes de la version française du premier épisode de la saison 1 : de quoi se faire une première idée. Les qualités racontées sur papier ou internet se trouvent déjà dans ce long extrait. Voilà qui permet de recommander la vision de « Borgen ».

Adam Price, le « showrunner »

On montre rarement la tête de l’écrivain qui joue les maîtres d’œuvre : voici celle du conducteur de spectacle, dit aussi « Showrunner, Adam Price » !

« Showunner » ? Le conducteur du spectacle, le maître de l’œuvre. Celui qui conçoit le tout, contribue à l’écriture, supervise l’ensemble du travail, entouré d’un petite équipe de trois scénaristes.  Adam Price raconte l’histoire d’une femme, Birgitte Nyborg, secrétaire d’un parti centriste, en campagne législative. La voici qui oublie en direct un discours préparé par son conseiller en communication pour lui préférer un langage de vérité, qui conduit à un changement de la politique de son parti trois jours avant le vote. D’emblée, la fiction s’inscrit dans le domaine de la politique.Dans une fiction, la priorité est donnée à l’imagination, qui peut parfois reposer sur des faits réels regroupés arbitrairement, donc sans les rendre conformes à la stricte réalité. Une fiction  reste plausible inspirée par le passé, le présent et pourquoi pas le futur. Exemple : Le premier épisode de « Borgen », « Une femme au pouvoir »,  a été diffusé en 2010, peut-être même tourné ou écrit en 2009. En septembre 2011, la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt accédait au poste de Première Ministre au royaume du Danemark. Le« showrunner » se laisse inspirer par l’air du temps.

 

Feu la «formule magique»

La France est déjà en campagne électorale, même si l’annonce de la candidature de l’actuel président de la République n’est pas encore intervenue. Et les polémiques de recommencer sur le temps de parole qui ne se mesure pas seulement en minutes, mais aussi en place dans les grilles. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) formule des directives rendues publiques.

Bien souvent, un débat politique se termine, faute de temps. Le «trop tard» intervient alors que l’intérêt croissait. Cela arrive un peu partout, pas seulement à «Infrarouge»!

 Pas de CSA en Suisse. Des règles internes sont édictées par la SSR elle-même. Lors des dernières élections fédérales, «Face aux partis» fut bien équilibré. Les débats cantonaux ont été organisés avec soin, en tenant compte des formations politiques en action ou en observation. Mais, sur le seul plan de la présence des grands courants politiques, quelle règle aura été suivie ? Deux émissions d’esprit novateur ont marqué cette campagne, trois portraits de candidats suivis durant des semaines, un socialiste, un radical et une représentante de l’UDC: trois tiers. «Mégaphone» et ses deux remarquables débuts de soirée fut à l’image de l’ancienne formule magique, socialiste, PDC, radical, UDC: un par parti installé au Conseil fédéral. Un quart à gauche, trois quarts au centre et à droite, pas d’écolo! Et aujourd’hui, il y a un électron libre, la présidente de la Confédération! Mix&Remix interprète à sa manière le rôle de cet électron libre:

 

L’observation des équilibres politiques devrait se faire une longue période. Chaque région linguistique pourrait calculer le poids de ses forces politiques sur plusieurs critères. Le faire en considérant les partis politiques représentés dans les conseils d’État de Suisse romande désavantagerait assurément l’UDC. On pourrait aussi s’aligner sur la composition des législatifs cantonaux, mais les petits cantons pèseraient plus que les grands. Meilleure solution: imaginer la Suisse romande comme un seul et unique collège électoral lors des élections fédérales donnerait peut-être le plus juste reflet des forces politiques en présence. La répartition à l’image de l’ancienne formule magique, en quatre quarts, le PS, le PDC, les PLR et l’UDC, chacun à 25 %, n’a plus grand-chose à voir avec l’électoral réel. On pourrait bien arriver à une représentation de l’ensemble romand donnant à toutes les gauches quarante pour cent ou un peu plus, et le même poids aux centres réunis et aux droites amies autour d’un trente pour cent ou un peu moins.

Un 4-3-3 vérifié sur une longue durée serait plus juste que l’ancienne formule magique. La présence des écolos serait ainsi mieux assurée. Et puis, tant qu’à faire: avantager les marginaux et minoritaires mal représentés ne manquerait pas d’élégance!

Politique un peu partout

Non, tout n’est pas politique. Mais elle se glisse un peu partout, dans les téléjournaux, les magazines, la documentation, la fiction. Deux exemples :

Infrarouge (TSR 1 – Mardi 24 janvier)

Invitée unique, la présidente de la Confédération, Mme Evelyne Widmer-Schlumpff. Certes, il y a d’autres invités pour lui poser chacun une ou deux questions. Mme Amaudruz de l’UDC y introduit un ton polémique tendance coupe-parole : c’est la seule à le faire ! Dès lors, la qualité du débat politique va dépendre du choix fait par l’animatrice des thèmes à débattre. Y a-t-il entente préalable avec l’invitée, surtout si celle-ci s’exprime avec précision en français qui n’est pas sa langue maternelle ? La première partie est un brin « people » avec vie de famille et nièce. Les questions réellement politiques interviennent dans la seconde. Mme la présidente est alors très à l’aise pour expliquer pourquoi, à « Arena », elle n’a pas voulu parler d’une information qui n’était alors pas encore connue de ses collègues du conseil fédéral : exemple de collégialité respectée !

Philippe DELEUVRE ( Philippe Magnan), candidat de droite lancé dans la course présidentielle, au comportement assez brutal mais bien tenu en mains par ses conseillers en communication. Pure fiction ?

Les hommes de l’ombre ( France 2 – Mercredi 25 janvier )

Les deux premiers épisodes d’une minisérie qui se poursuivra deux semaines encore montrent bien qu’il s’agit d’une fiction, celle de la mort  de nos jours d’un président français lors d’un attentat. Il faut se lancer rapidement dans une campagne électorale qui va opposer un homme de droite et une femme du centre. Ceux de l’ombre conseillent les candidats, fabriquent leur image, font circuler volontairement des mensonges d’État. Dans l’ombre,les femmes sont aussi habiles que les hommes. La série fonctionne avec efficacité.

La campagne d'Anne Visage (Nathalie Baye), candidate centriste inattendue à la présidence. La mise en scéne soigneusement préparée par son entourage. Pure fiction ? (Photo France 2)

La politique est mieux présente ici dans la fiction que dans le débat. Mais ce n’est qu’un exemple, pas une règle générale.

Mieux exposer la beauté

Transmettre par radio la beauté d’une partition musicale parfaitement enregistrée n’est pas un exploit technique. Pas de problème, dès lors, pour faire partager la beauté initiale d’un son fait seulement de musique. En va-t-il de même pour la beauté d’une image?

"Boardwalk empire" : la luxuriance d'un spectacle est aussi un aspect de la beauté d'une image !

Faire de belles images bien cadrées, bien éclairées, avec des couleurs maîtrisées n’est pas facile. Il faut que, lors de leur prise, fonctionne un «regard», celui d’un créateur sensible à ce qu’il considère comme une juste approche. À partir de là, rêvons : pourquoi une belle image appuyée par un beau son ne serait-elle pas offerte au plus grand nombre, autrement dit proposée à des heures de grande écoute télévisuelle? À savoir entre 18 et 23 heures.

Mais qui donc oserait donner une place de choix seulement pour cause de beauté? Les programmateurs traquent le meilleur audimat possible d’abord pour la satisfaction des annonceurs ( et le montant de la facture ?), ensuite pour une forte part de marché apportant du plaisir aux nombreux consommateurs.

Une affiche dessinée dans l'esprit du travail que faisait Saül Bass pour les génériques des films d'Hitchcock

Ces considérations reposent sur un double exemple. Les images ( et les sons, doublage compris) du récent «Boardwork Empire» tout comme celles de l’actuel «Mad men» sont à compter parmi les plus belles jamais proposées par deux séries, elles-mêmes parmi les meilleures, les plus exigeantes, les plus pointues. Sur «notre» TSR, il fallut et il faut rester aux aguets après vingt-trois heures pour les savourer. C’est donc réservé à une minorité. Oser se poser la question de la transmission de la beauté au plus grand nombre ? Mais c’est une «provocation» qui commence déjà avec l’emploi du mot «beauté» !

Un trio d’excellentes séries

Mad men

1962 : l’agence de publicité « Sterling & Cooper » a été rachetée par une firme anglaise conduisant à des restructurations plus ou moins brutales. Les personnages féminins confirment leur forte présence. On continue de consommer à haute dose cigarettes et cigares, alcools et sexe. La mise en scène reste brillante. Les images, par les cadres, les couleurs, sont d’une grande beauté. Mais le Beau est-il vraiment notion appréciée sur le petit écran ? ( Dimanches après 23h00 sur TSR 1 – Saison 3 )

Peggy ( Elisabeth Moos) la petite secrétaire montée en grade, de moins en moins timide. Voici un pâle reflet de la qualité des images projetées sur le petit écran.

Dr House

House et Cuddy sont amoureux, ce qui n’est du reste pas simple. La séparation est déjà intervenue. Une petite nouvelle prend place dans l’équipe médicale avec une franchise exaspérante et une réelle sûreté professionnelle. A noter aussi le retour de « numéro 13 » qui a fini par expliquer à House le pourquoi de son séjour en prison, tournant autour du problème bien sûr délicat de l’euthanasie. Gregory  conclut un faux vrai mariage, mais pas avec Cuddy ! Des rêves rendent hommage au cinéma d’horreur ou à la comédie musicale : tout devient possible ! Et House tient conférence assez peu orthodoxe devant des enfants ! On pratique l’élevage de poules à l’hôpital. Bref, on fait n’importe quoi dans un élan de délire !Et House continue de s’intéresser au diagnostic plutôt qu’au patient.( TSR 1- jeudi – saison 7 –deux par deux après 21h00 )

Un championnat de lancer de patates au bazooka : le Dr House a pris en charge no 13 à sa sortie de prison. ( TSR - jeudis soirs vers 21h00)

Protection rapprochée.

Description du travail d’un groupe danois qui veille sur des personnalités politiques. La fiction est insérée dans une réalité plausible, associée à un attentat islamiste au Pakistan et à la protection du caricaturiste danois qui mit en scène Allah. On a un peu le sentiment qu’il s’agit d’un docu-fiction. Qui connaît la vie politique du Danemark pourrait dire ce qu’il en est. Beaucoup d’émotion juste lors du décès d’un membre de l’équipe. Ce n’est pas la première fois que les créateurs du nord de l’Europe sont en bonne forme. A quoi cela tient-il ? Il faudrait en savoir davantage pour y répondre.( TSR1 – Début de la saison 2 – mercredi soir dès 23 heures environ – se termine vers une heure du matin! )

Bien équipée, la force armée de "Protection rapprochée" du pacifique Danemark ! L'arme est différente de la précédente. ( TSR)

Les heures de programmation

A noter tout de même qu’il devient de plus en plus difficile de comprendre les règles appliquées par la TSR pour la programmation. Le Dr House mérite son heure de grande écoute même s’il n’est pas vraiment un modèle de comportement correct.

Il n’y a aucune raison de cacher « Protection rapprochée » en fin de soirée. Cette série est globalement du même niveau que « Blue Bloods » que la TSR propose, deux par deux, le vendredi dès 21h00. Une explication : pour avoir le droit au premier rideau, serait-il indispensable d’être américain ou parfois français. Mais pourquoi repousse-t-on le coquin et drôle « Californication » vers une heure du mat !

Les parties de jambes en l'air de "Californication", c'est pour une heure du mat... ( TSR, dans le nuit de jeudi à vendredi)

Comment comprendre pourquoi telle série passe à raison de parfois trois épisodes le même soir, souvent deux par deux, assez rarement un par un ( et pourtant, le passage unitaire est à la base du principe de répétition d’une série qui doit fidéliser le spectateur) ? Il suffit de regarder comment la chaîne française qui détient les droits et s’est chargée du doublage d’une sérier construit son programme. Un robot qui consulterait les avant-programmes français pourrait aussi être chargé de choisir le jour de diffusion avant la concurrente de France, son heure de  et d’y coller de temps en temps un logo rouge après un pile ou face !

Normal par contre de proposer le produit maison actuel, « Crom », en premier rideau du samedi avec sa soirée à la programmation assez chahutée. Un prochain arrêt sur cette intéressante série s’impose

"Crom", version travailleurs qui posent durant la pause ! ( TSR1, samedis peu après 20h00 avec reprises lundis sur TSR 2, même heure)

Trois soirées réussies

Fêtes de fin d’année: voici les humoristes réservés pour cette période. Ni bien ni mal à dire de Marie-Thérèse Porchet, pour cause d’allergie personnelle à sa forme d’humour. Les bêtisiers fleurissent un peu partout, mais diable comme ils se ressemblent! Mis en réserve depuis des mois, ils amusent en priorité leurs auteurs qui en rajoutent. À se demander si certains ne sont pas mis en scène en vue des fêtes de fin d’année, surtout si les rires d’un invisible et inexistant public sont ajoutés sur la bande sonore, «astuce» en forme de tricherie!

Scènes de ménage: M6

Soirée piquante réussie ( 31 décembre 2011)  par M6 avec les quatre couples de «Scènes de ménage» durant trois heures, dégustées par petites doses de deux/trois minutes, en grande majorité avec d’excellents gags. On peut se trouver seul devant son étrange lucarne: vous vous entendrez rire parfois même aux éclats trois fois que quatre! Un rire autocommunicatif! Alors, à plusieurs…

Les sexagénaires n’en ratent pas une l’un contre l’autre, mais avec une tendresse plutôt bizarre. Huguette ( Marion Game) et Raymond (Gérard Hernandez) les sexagénaires piquants et délirants de « Scènes de ménages2, le succès de M6

Et cette soirée n’est pas la seule raison d’attirer l’attention sur ces « Scénes de ménage ». Deux chaînes sont en France actuellement fort contentes d’elles, France 5 d’un bon niveau d’exigence culturelle et, parmi les généralistes commerciales ou de service public, M6: toutes deux annoncent une moyenne annuelle croissante en parts de marché. Certains commentateurs attribuent même une partie des progrès de M6 à ces « Scènes de ménage «   qui sont en concurrence avec les journaux de TF 1 et de France 2. On a même pu lire qu’un 0.3 pourcent de progression annuelle pourrait être attribué à cette émission aux quatre couples en bisbille à quatre âges de la vie. Une pleine page de publicité dans « Le Monde » ( édition du mercredi 11 janvier 2012) a pour sujet les horribles et exquis représentants du troisième âge, à la retraite. L’ex-gendarme Raymond dit à sa compagne: « Ma pauvre Huguette, on n’a pas fini de bosser ».

Il se pourrait que M6 qui ne vise pas uniquement « la ménagère de moins de cinquante ans » soit vraiment sur une pente légèrement montante alors que TF1 descend. Ce n’est pas un signe pour déplaire!

La saga des Perrochon ( TSr 1 – 28 décembre )

Le jour où sur proposition de Jean-Claude Chanel, la direction des programmes de la TSR accepta l’idée de tirer de trois anciens « Temps présent » consacrés à une même famille vaudoise qui émigra au Québec et finit par s’y trouver bien

( Les Vaudois du Québec – mai 1975 / Chronique d’un déracinement – janvier 1978 / Famille Perrochon – janvier 1989), c’était gagné d’avance. La présentation d’un téléfilm de montage de près de nonante minutes suivie d’un début sous la houlette d’ »Infrarouge » a cartonné autour de quarante pourcent de parts de marché. Les prochaines Journées du cinéma suisse de et à Soleure font une place à cette prestation destinée seulement à la télévision. On aurait même pu rêver d’une plus grande ambition pour en faire un témoignage sociologique destiné au grand écran comme au petit. Il ne faut pas trop demander! Cela eut posé un tout autre problème que celui du montage à partir de ces trois TP en tenant compte du matériel accumulé par Chanel pour son propre compte ou d’une semaine Perrochon dans le cadre du « Zig-Zag café » de Jean-Philippe Rapp. J.P.Rapp a su évoquer le rôle du disparu Chanel, l’importance de son amitié profonde et partagée avec les Perrochon depuis plus de trente ans.

Les Perrochon, au départ de Cheseaux en 1975 et aujourd’hui au Québec en 2011

Le montage n’aura guère apporté de surprises. Il aura mis en évidence la première génération avec le mal du pays du patriarche. On aura compris un peu comment la deuxième génération s’est finalement bien intégrée. À la fin du document, on aura insisté sur les épouses suisses alémaniques du  père et du fils. Lors d’un retour à Cheseaux, Mme Perrochon, mère et grand-mère,  a visité l’hôtel désormais installé richement dans la maison natale de feu son époux. Plutôt que d’assister à ce retour émouvant au pays, on aurait nettement préféré en savoir davantage sur la troisième génération qui est parfaitement intégrée dans leur nouveau pays, ce Québec  devenu aussi le pays de leurs parents et au moins un peu de leurs grands parents.

Siffert et Tinguely

Autre réussite, la soirée fribourgeoise documentée ( TSR 2, 2 janvier)  autour de  deux amis, Jo Siffert le fou du volant et de Jean Tinguely, l’amoureux des ferrailles devenant folles machines, suivie d’un splendide portrait de Tinguely seul et terminé par une pâle approche de Siffert.

Grands bonheurs festifs avec de telles soirées! Trop rares!

 

 

Mikhael Gorbachev

Dimanche 1 janvier 2012, vers 13h00 : ils sont deux, pour animer « Pardonnez-moi », Darius Rochebin et son patron, Bernard Rappaz. Un visage connu, en face d’eux : quelques secondes d’hésitations devant la tache sur le front et avant la confrontation du présent avec l’image des années 90. C’est Mikhael Gorbatchev, sa fondation, la croix verte. L’homme admiré en Occident, et peut-être bien dans le monde entier, qui reste méconnu, rejeté, dans son pays, là-bas étranger à lui-même. L’homme qui, s’il pouvait retrouver un disparu, choisirait une fois encore Raissa, sa femme presque toujours présente à ses côtés, elle qui, comme sa fille, détestait tant la politique.

Dimanche 1er janvier 2012 Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev, Darius Rochebin et Bernard Rappaz

Les questions fusent, pertinentes plus qu’impertinentes. Une des premières posées voulait entendre l’avis de l’invité sur Poutine. Ce n’est pas alors une dérobade, mais une esquive : refus d’entrer dans une polémique électorale. Les enjeux sont plus importants : Mikhael Gorbatchev cite alors deux exemples d’événements annoncés pour un futur lointain, qui ne mirent que quelques mois à se produire, la chute du Mur de Berlin (1989) et la Révolution soviétique (1917). Débat intéressant ; un scoop d’importance européenne ou mondiale ? Peut-être ; peut-être pas. Des extraits déjà vus au « 19 :30 » !

Quelques heures plus tard, dans une solitude somme toute volontaire, le moment de la lecture heureuse d’un « Nouvel Observateur » tiré d’une pile qui devait cesser de grandir. Jean Daniel évoque les années soixante, importantes, pas seulement pour lui. Il salue un « passeur de liberté » qui vient de disparaître, Vaclav Havel, président de la Tchécoslovaquie puis de la Tchéquie non communiste, de 1989 à 2003. Havel annonça à Prague, en 1991, la dissolution d’une puissante coalition militaire organisée par l’URSS, le Pacte de Varsovie. Il fut d’abord écrivain, dramaturge, influencé dans son œuvre par l’absurdité de Kafka et de Beckett, dissident trois fois emprisonné.

Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev

Pourquoi ? Pourquoi cette confiance mondiale placée en Gorbatchev, sauf en  Russie nouvelle? Révélatrices, lucides, ces lignes signées Vaclav Havel, citées dans le NO  : Gorbatchev est pour moi une figure tragique. Il a essayé de soulever le couvercle soviétique. La marmite lui a explosé au visage. Ses mérites historiques sont cependant énormes. Sans lui, le communisme se serait sans doute effondré. Mais peut-être dix ans plus tard, et Dieu sait de quelle manière sauvage et sanglante. Il avait rêvé de réformer le système. Il a entrouvert une porte sans imaginer que tout le monde allait s’y engouffrer…et tout bousculer sur son passage.

Un intéressant complément au témoignage de Mikhaël Gorbatchev, résolument socialiste et démocrate !

Tango de-ci de-là

Nouveauté sur la TSR, « Tango » (mercredi 21.12.2011), animé par un duo inattendu, Sofia Pekmèz, un peu plus détendue que Michel Zendali, qui évoluent dans un décor où invités et publics sont regroupés en masculin/féminin, même lors d’un vote final presque prétentieux. On y dit tout et n’importe quoi, y compris avec des revenants nommés SMS. Mais ce n’est pas désagréable du tout, si l’intention est seulement de divertir.

Tango. 1ère émission

Sofia Pekmez et Michel Zendali, émission Tango en direct du Studio 4, le 21 décembre 2011.

Difficile, il est vrai, d’apprécier ce divertissement quelques minutes après avoir quitté un grand écran sur lequel passait le splendide film de David Cronenberg, « A dangerous Method» qui évoque avec sérieux et gravité certains des problèmes à peine titillés dans « Tango ». Entre les médecins Jung et Freud, avec  des patients comme leur confrère Gross et la future praticienne Spielrein, il y aura des affrontements, des mots précis et crus pour des vérités assénées à propos de situations délicates et conflictuelles. Cette attitude franche est absente  de « Downton Abbey » où l’on découvre l’aristocratique famille britannique du comte Grantham et son personnel, à la même époque, vers 1910. Le rituel fondé sur le non-dit règne aussi bien chez les maîtres que les serviteurs ( TMC, les samedis 10 et 17 décembre, à grandes doses).

De «Tango » à la Suisse et l’Angleterre, on peut glisser  arbitrairement, mais sans le brio d’Agnés Varda, la huitantaine triomphante, qui vient d’offrir sur Arte ses voyages « marabout d’ficelle » dans cinq admirables poèmes  ( 19 au 23 décembre, à petites doses ). Pourquoi pas, un jour, sur la TSR, ces deux séries  haut de gamme  que sont « Downton Abbey » et « Agnès de-ci de-là Varda » ?

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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