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Dans les coulisses de l’audimate

Quel sens donner à une part de marché exprimée en pourcent ou en milliers de spectateurs ? Une approche à travers deux exemples, le premier autour d’une soirée thématique, le second abordant les trois premiers sujets d’une nouvelle émission, « Les coulisses de l’événement ». Un audimate probablement un peu décevant dans le premier, deux succès et un échec pour le second.

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TABLE DES MATIERES

  1. Autour de Blocher le 28 mai 2014
  2. L’exemple des «Coulisses de l’événement»

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Autour de Blocher le 28 mai 2014

On a pu lire dans la presse que le film « L’expérience Blocher » de Jean-Stéphane Bron, présenté le mercredi 28 mai 2014 sur RTS1 entre 20h20 et 21h55 avait été vu par 118’000 téléspectateurs pour une part de marché de 24.0 %. 68’000 téléspectateurs pour 14.5% de part de marché ont suivi le débat d’ »infrarouge » entre 21h55 et 22h52 : cette information complémentaire provient de la « Communication d’entreprise » faite par la « Chargée des relations médias et des relations en ligne », Mathilde Boillat.

"L'expérience Blocher" : une plongée sur un personnage important, la voiture

« L’expérience Blocher » : une plongée sur un personnage important, la voiture

Quel sens donner à ces informations ?

La part de marché de 24,0% signifie que sur cent spectateurs regardant la télévision, 24 se trouvent devant RTS1 au même instant. 118’000 est par contre une notion plus « abstraite ». Si trois spectateurs n’ont vu chacun que le tiers du film, ils comptent ensemble pour un. Le nombre de téléspectateurs ayant vu l’intégralité de l’émission est donc théorique. On ne sait pas, avec ces données, quelle est l’évolution du nombre de spectateurs en cours d’émission, baisse régulière, hausse ou variations !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l'importance !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l’importance !

On peut pourtant tirer une information intéressante de ce qui précède : entre 20h20 et 21h55, soit durant 95 minutes, 482 mille personnes en moyenne se trouvaient devant un téléviseur ou un ordinateur. Entre 21h55 et 22h52, il y en avait 468 mille !

C’est une surprise, lors de cette soirée. Sur la RTS, avec ses deux programmes, entre 19 et 21 heures, la moyenne annuelle en téléspectateurs est stable. On enregistre ensuite une baisse de 20 pourcent entre 21 et 22heures, puis la même encore entre 22 et 23.

 Depuis le début de l’année 2014, la case horaire qui se situe entre 20h15 et 21h15 atteint une audience moyenne de 30 %. Le 24 % pour le film se situe donc en-dessous de la moyenne des premiers mois de 2014. Ceci n’est pas très étonnant : dans les salles, « L’expérience Blocher » n’a attiré que huit mille suisses alémaniques et sept mille romands.

"L'expérience Blocher" : scène de tournage, pour saluer l'équipe à gauche !

« L’expérience Blocher » : scène de tournage, pour saluer l’équipe à gauche !

 

Déception aussi sur le petit écran ? Lassitude d’une partie du public devant l’invasion blochérienne ?

Impossible de dire où se situe l’audience d’ « Infrarouge » par rapport à la moyenne du début de l’année !

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L’exemple des « Coulisses de l’événement »

Voici les informations relatives aux trois premières émissions proposées par « Les coulisses de l’événement » proposées vers 20h15.

« L’affaire des jumelles », le 15 janvier durant 68 minutes : 245 mille téléspectateurs pour 41.6 % part de marché, donc 589 mille pour regarder la télévision durant le même laps de temps

« Le vengeance des Khadafi ». le 26 février durant 67 minutes, 232 mille pour 40.6 % donc 571 mille en tout.

« Le secret bancaire », le 4 juin durant 57 minutes, 103 mille pour 20.7 % de PDM, donc 498 mille.

Situation claire : la première émission, fait de société qui fonctionne en partie sur l’émotion, obtient une part de marché légèrement supérieure à la deuxième, problème politique avec un même public global devant le petit écran. La troisième, soulevant un problème financier et économique, perd plus de la moitié sur les deux premières, alors qu’il y a moins de monde le 4 juin pour regarder la tv ( 500 mille contre presque 600 mille).

Les résultats des deux premières prennent en compte les rattrapages faits pendant sept jours après la diffusion de l’émission, alors que ce supplément n’est pas encore pris en compte pour la troisième. La correction sera faite quand l’information sera disponible. Son effet sera probablement limité.

 

Les coulisses de l'Evénement : La vengeance de Khadafi ( èhoto RTS)

Les coulisses de l’Evénement : La vengeance de Khadafi
( Photo RTS)

Dans cette case horaire de 20heures, la part de marché obtenue par la RTS depuis le début de 2014 est de trente pourcent. Les deux premières sont donc un succès quantitatif, la troisième un échec.

Deux succès, un échec : hypothèses

 Un problème économique et financier laisserait-il partiellement indifférent ce qu’il convient à ces heures d’appeler le « grand public » alors qu’un fait de société émotionnel ou une affaire politique révélant des faits nouveaux retiendrait son attention ? Peut-être !

La durée de la première émission était la bonne pour le traitement d’un sujet en trois parties. La deuxième était trop courte : on ne sait pas ce qu’est devenu le couple d’employés qui a osé porter plainte contre Khadafi fils et son épouse.

Pourquoi la troisième émission durait-elle dix minutes de moins que les deux premières ? Son titre, déjà, est porteur de polémique, ce qui n’était pas le cas des deux premières. Sa brièveté explique en partie son manque de cohérence.

Les deux premières sont des réalisations entièrement maîtrisées par la RTS. La troisième a été tournée par une équipe de la DRS à Zürich. Elle a du être adaptée au format romand, trois sujets avec une introduction, deux plateaux intermédiaires et une conclusion. L’entretien final serait-il une adjonction faite par les soins de la RTS, avec un ancien employé de banque dans l’ombre ? L’apport des interventions de Myret Saki est important. Fut-elle aussi interrogée à Zürich ?

Les coulisses de l'Evénement : tournage d'un complément d'esprit documentaire ("Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

Les coulisses de l’Evénement : tournage d’un complément d’esprit documentaire (« Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

La nature des reconstitutions

Dans « Khadafi », des reconstitutions sont faites et annoncées comme telles pour préciser des lieux ou le déroulement plausible de certains événements. Elles ressortent de l’esprit de documentation. Dans « le bal des menteurs », des acteurs disent des dialogues écrits en patois, bien entendu traduits en français. Mais la reconstitution tient alors de la fiction. Quelle plausibilité accorder aux dialogues d’une réunion annoncée de septembre 2008 annoncée comme ultra-secrète ? Il y a Philippe Hildebrand, l’hôte alors membre du directoire de la BNS et un certain Peter ( Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?

Légende Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D'ECRAN Date de prise de vue : 13/05/2014

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Parmi les invités, un certain Peter (Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?
( RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014)

 

Le commentaire français du « Bal des menteurs» se fait envahissant. Dit sur un ton parfois pompeux, il frôle la polémique. Le troisième numéro est une déception. On y insiste sur les Américains ( des « cowboys » !) d’où serait venue la seule volonté de s’en prendre au secret bancaire, en oubliant qu’une organisation européenne a menacé d’inscrire la Suisse sur une liste noire.

Qui dirige le bal ?

On ne sait plus très bien qui porte la responsabilité de la troisième émission, Zürich ou Genève ? On ne sait pas qui fait quoi ? Faut-il prendre acte de différentes de mentalités dans la conception de l’information entre la DRS et la RTS.

Il serait intéressant de savoir comment Zürich a adapté les deux sujets romands. Ont-ils été présentés sur le canal alémanique et si oui quand ? La RTS et les responsables des « Coulisses de l’événement » n’ont pas apporté d’information sur les passages des trois émissions dans les deux autres régions. Dommage ! Mais la SSR-SRG n’a peut-être pas assez « communiqué » sur cette émission nationale conçue par Romaine Jean et Jacob Berger.

« La vengeance de Khadafi », plus que «Les Jumelles », est une réussite qui participe en septembre à Turin à l’important « Prix Italia ». « Le bal des voleurs », mixture entre Genève et Zürich, dans sa version française, est un échec, tant par sa réalisation qu’à l’audimate ! Pour une fois, la qualité, ici jugement personnel, et la quantité, l’audimate, sont en harmonie! Mais le public ne le savait pas au début de la diffusion du *Bal des voleurs »! Alors, pourquoi ?

« La porte du paradis » au Capitole

Pour illustrer la page 12 du no 181 du « Médiatic » demande fut faite à l’invité, Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, de me faire parvenir des images d’un ou deux films qui l’ont particulièrement marqué. Eut-il choisi par exemple « Non réconciliés » de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet que je n’aurais pas été surpris. Mais il a pris une autre voie, celle qui permet de saluer un effort accompli par de nombreuses cinémathèques ou associations pour sauver de l’oubli des films de haut niveau en procédant à une restauration qui revient aussi à une remise à jour d’œuvres parfois malmenées.

Pour accompagner ces quelques lignes, voici trois images de « Heaven’s Gate » (La porte du Paradis) de Michael Cimino, qui sera au Capitole le jeudi 19 juin 2014 dès 19h30, pour présenter son film dans sa version initiale de 3 h 36 minutes. A noter que Cimino sera à l’ECAL le lendemain de 18h00 à 19h0 et qu’un lien s’établit presque naturellement entre les qualités du film et une exposition « Peindre l’Amérique. Les artistes du Nouveau Monde 1830-1900), du 27 juin au 26 octobre à la Fondation de l’Ermitage.

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HEAVEN'S GATE-012 small

Dans le numéro 277, mai-juin 2014 de la publication qui présente les programmes de la cinémathèque, Frédéric Maire évoque « les revenants numériques »

Encore une fois, un revenant numérique nous donne l’occasion de présenter au Capitole un chef-d’œuvre du cinéma comme on ne l’avait encore jamais vu Heaven’s Gate (La Porte du Paradis) de Michael Cimino.

J’ai (re)vu ce film en 2012. Je venais d’arriver au Lido de Venise, pour le festival. En guise d’ouverture à la nouvelle section Venice Classics, directement inspirée par Cannes Classics, le directeur de la Mostra Alberto Barbera a choisi de présenter, en grande première, la version restauréed’Heaven’s Gate.

la porte du paradis - Michael Cimino ( Photo cinémathèque)

la porte du paradis – Michael Cimino ( Photo cinémathèque)

 Restaurée… Il faudrait dire ressuscitée. Car sur la scène du Casino de Venise, Michael Cimino en personne nous explique que, là,cet après-midi, il va rester dans la salle pour voir enfin le film comme il ne l’a jamais vu. En effet, Heaven’s Gate,au budget considérable pour l’époque de 40 millions de dollars, fut raccourci, remonté et littéralement massacré au fil du temps. Son implacable échec public et critique provoqua la chute de United Artists et mit Cimino au ban des studios américains. Supervisée par le cinéaste en personne, l’opération de restauration numérique lui a permis, dit-il, de retrouver non seulement la structure du film telle qu’il l’avait voulue au départ avec sa durée – fort peu commerciale – de 3h36, mais aussi les couleurs et la lumière qu’il souhaitaient avec son chef opérateur Vilmos Zsigmond.

Cet après-midi-là, je n’ai pas vu passer le temps.. Et j’ai remercié le numérique de nous offrir ce merveilleux revenant

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PS : durant ces prochaines semaines, jusqu’à mi-juillet, l’écran de RTS2, en fin de journée et en soirée, est prioritairement occupé par les 64 rencontres de la Coupe du Monde du football-roi au Brésil. Les amateurs de foot sont assurément plus nombreux que les cinéphiles purs et durs ! S’il se trouve quelque responsable des programmes pour voir « LA PORTE DU PARADIS » dans sa version intégrale, peut-être pourrait-il ensuite réserver une soirée spéciale à un film aussi important pour l’histoire du cinéma, un vrai « classique » !

heaven's Gate - Cimino (photo cinémathèque suisse)

heaven’s Gate – Cimino
(photo cinémathèque suisse)

 

Deux regards sur le sport-roi

Le premier regard, bien sûr, c’est celui de tous les jours. Mais faut-il en rajouter alors que le football occupe pratiquement RTS2 dès le début de la soirée jusque tard dans la nuit, les animations autour des rencontres occupant beaucoup de temps ? 

Le second c’est celui porté par Arte, le mardi 10 juin à 20h50, sévère, mais pas au point de rejeter le plaisir d’assister à de parfois beaux spectacles, longuement présentés et commentés surtout sur la SSR ( texte ci-dessous)

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Sport : Le revers de la médaille

Remarquable, de très haute tenue, ce document inédit de 90 minutes proposé par ARTE le mardi 10 juin 2014, à une heure de grande audience, entre 20h40 et 22h30. Xavier Deleu et Yonathan Kellerman se demandent ce qui se passe pour les sportifs de haut niveau à la fin de leur carrière. Ils font un choix très clair, annoncé dès le début de leur enquête d’investigation, conforme au texte paru dans le magazine romand « TV8 » : Comment le culte et le marché de la performance sportive condamnent les athlètes de haut niveau à une escalade néfaste, avec de graves conséquences sur leur santé. Impressionnant de document, à croire par instants que l’on se trouve dans un film d’horreur, tant les conséquences peuvent être douloureuses pour certains athlètes, jusqu’ au suicide. On y fournit parfois le résultat d’enquêtes statistiques qui montrent que la population des anciens sportifs de haut niveau est plus fortement frappée par certaines maladies qu’une population normale.

Jutta Gottschalk, ex-nageuse dopée de la RDA,  a donné naissance à une fille à la vue diminuée ( photo ARTE)

Jutta Gottschalk, ex-nageuse dopée de la RDA, a donné naissance à une fille à la vue diminuée ( photo ARTE)

Programmation multiple

Arte, come d’autres, applique le principe de l’accès aux émissions récentes durant sept jours sur son site. Il arrive parfois que l’on apprenne que le document n’est pas disponible pour le territoire suisse. Le principe de programmation de chaîne généraliste de service public franco-allemande à certes public restreint à un mérite, celui de proposer des rediffusions annoncées à l’avance : le vendredi 13 juin à 09h00, le lundi 23 à 08h55 et le vendredi 14 juillet 01h45. (informations trouvées sur le site   www.arte.tv/guide).

S’agit-il d’une volonté de porter atteinte à la «Coupe du monde » qui se déroule au Brésil ? Serait-ce le cas que ce serait inefficace. Un tel document n’empêchera personne de suivre les reportages largement proposés qui permettent d’en apprendre un peu plus sur le Brésil et ses problèmes et sur les soixante-quatre rencontres.

Maurizio Vasino, footballeur italien,  a perdu, depuis vingt ans l'usage de ses membres ( photo ARTE)

Maurizio Vasino, footballeur italien, a perdu, depuis vingt ans l’usage de ses membres
( photo ARTE)

Les cinq premières minutes

Il vaut la peine de s’arrêter sur les premières minutes du document qui considère le sport-spectacle comme un important secteur économique et une industrie florissante. Le chiffre d’affaires total et annuel s’élève, selon certaines estimations, à sept cent milliards d’euros qui représentent le trois pourcent de l’ensemble du commerce mondial, le deux pourcent de la richesse produite dans les pays développés. Le poids financier du sport-spectacle de haut niveau est équivalent à celui de l’automobile et du textile. Mais qui profite de cette industrie ? Les actionnaires, les sponsors, les équipementiers et les diffuseurs.

L’inflation du coût de la compétition est sidérant, passant de 6 milliards d’euros en Allemagne en 2006, à 15 au Brésil en 2014, 34 annoncés en Russie dans quatre ans et 74 prévus au Qatar en 2022.

Parmi les témoignages d’anciens athlètes, il vaut la peine de citer ceux de trois sportifs, mais ce ne sont pas les seuls cités, qui se portent tout de même assez bien aujourd’hui encore, Jean-Pierre Papin (football), Laurent Brochard (cyclisme) ou Marion Bartoli (tennis).

Laurent Brochard, ancien champion du monde sur route, qui a passé par l'EPO chez "Festina", peine à rebondir, abandonné par ses anciens employeurs. Sur le circuit automobile du Mans, il participe à une course entre amateurs. ( Photo ARTE)

Laurent Brochard, ancien champion du monde sur route, qui a passé par l’EPO chez « Festina », peine à rebondir, abandonné par ses anciens employeurs. Sur le circuit automobile du Mans, il participe à une course entre amateurs. ( Photo ARTE)

 

La SSR-SRG important diffuseur

« Notre » télévison diffusera l’intégralité des soixante-quatre rencontres. Et ce n’est pas tout : sur RTS2, peu après 20h00 sera diffusé un journal quotidien de 25 minutes, « le journal des Suisses ». 23 joueurs et leur entourage méritent donc autant de temps ou presque que celui accordé aux événements régionaux, nationaux et mondiaux dans le « 19 :30 » ! Faut-il s’en étonner ? Il est bon de rappeler alors que la SSR-SRG diffuse consacre chaque année environ deux mille heures ( six par jour) aux sports en général, avec forte proportion de direct : le sport est en effet rassembleur, y compris aussi devant les plages publicitaires.

A titre personnel

ARTE vient de montrer le revers de la médaille d’une manière forte. Ce qui ne m’empêchera pas à titre personnel de prendre plaisir à suivre tout ou partie de bon nombre de rencontres, dont trois au moins de l’équipe suisse ; en espérant même que cela ne se limite pas à trois !

 

Un envahisseur à la RTS : Blocher

Un mini-dossier en quatre parties:

TABLE DES MATIERES

  1. Et encore Blocher ( 05.06.14 – 10:15)
  2. Et maintenant, « Pardonnez-moi » (01.06.14)
  3. « Infrarouge » pouvait faire mieux (04.06.14)
  4. Autour de Blocher le 28 mai (04.06.14)

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Mais d’abord une introduction : Emissons à ne pas manquer

+ Ce mercredi 5 juin, la troisième déclinaison de la prometteuse émission « Les coulisses de l’événement » intitulée « Le bal des menteurs ou la fin de secret bancaire » sur RTS 1 dès 20h15

Légende Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D'ECRAN Date de prise de vue : 13/05/2014

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS.
Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014

 

+ Jeudi 5 juin dès 20h50,les épisodes 7 et 8 de « Real Humans » ( saison 2) sur Arte

reals humans - saison 2 - Mimi,

La tension monte !

 

 + Lundi 9 juin, vers 22h00, les épisodes 3 et 4 d’une nouvelle série américaine haut de gamme, « True detective  » sur laquelle nous reviendrons.

Matthew McConaughey (Rust Cohle) dans "True detective", tenant son grand cahier de notes ( 3ème épisode - HBO/RTS)

Matthew McConaughey (Rust Cohle) dans « True detective », tenant son grand cahier de notes à l’entrée d’une église brûlée
( 2ème épisode – HBO/RTS)

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Et encore Blocher ! 

(05.06.14 – 10h00)

Mercredi 4 juin 2014, 20h15, troisième numéro de « Les coulisses de l’événement », intitulé « Le bal des menteurs, ou la fin du secret bancaire », une sorte de produit bi-national, du reste fort intéressant, fait d’apport de la SRF (Zürich) adapté à la sauce romande (RTS), à ne plus très bien savoir comment fonctionne la responsabilité éditoriale. Mais ceci est une question pour un autre texte.

On y entend des acteurs qui reconstituent des discussions. On y interroge de hauts fonctionnaires, des spécialistes de la finance, des membres du conseil fédéral, de rares banquiers et quelques politiciens. Côté socialiste, Hubacher et Levrat, une fois chacun. En face, un seul, deux fois au moins, l’incontournable Blocher. Sur le petit écran, ces derniers jours, la RTS tend vers « Télé-Blocher ».

Il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant, par  hasard. Dans « Le Temps » de ce jour paraît en page 7 un long entretien d’Yves Petignat avec Helmut Hubacher qui vient d’écrire un « Hubachers Blocher » (Zytglogge Verlag).

La photo choisie par "Le Temps" - Courtemaîche, 3 juin 2014, pour illustrer le texte d'Yves Petitgnat. Une certaine ressemblance avec Blocher côté attitude de tribun ?

La photo d’Helmut Hubacher, choisie par « Le Temps » – Courtemaîche, 3 juin 2014, pour illustrer le texte d’Yves Petitgnat. Une certaine ressemblance avec Blocher côté attitude de tribun ? Voir image ci-dessous !

Dans le même numéro, Alexandre de Senarclens signe en page 11 un texte intitulé « Christoph Blocher, fossoyeur du modèle suisse ».

Deux textes intéressants, qui en disent beaucoup, et sereinement, sur Blocher : temps de lecture, aux environs de douze/treize minutes, stylo en mains pour souligner des parties importantes. Par exemple, dans l’entretien avec Helmut Hubacher, cette ouverture sur le pouvoir financier :

(..) On peut expliquer une partie (des succès de Blocher) par son argent. La NZZ a écrit qu’aux élections de 2007, l’UDC a pu investir 12 millions dans la campagne, soit au moins le double de ce qu’ont pu mettre ensemble les autres partis.

Blocher, au centre de deux interventions dans « Le Temps », à un niveau d’exigences qui sont celles de « *L’expérioence Blocher », le film de JSBron; Blocher, bien entendu, au centre de l’entretien conduit par Darius Rochebin dans « Pardonnez-moi ». Blocher, vraiment présent alors qu’il avait presque disparu du débat d’ « Infrarouge » qui dévia vers les « populismes » européens.

Deux conceptions de l’information !

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Et maintenant, « Pardonnez-moi

En suisse alémanique, une fois par semaine, Christoph Blocher s’exprime sur une chaîne privée, qui pourrait bien être la sienne, à tout le moins proche de lui. Ces derniers jours en tous cas, la RTS qui aura joué le rôle de « Tél-Blocher », avec deux présences sur son antenne. Le mercredi 28 mai 2014 dès 20h15 ce fut la projection de « L’expérience Blocher » de J.S.Bron, suivie d’un débat à « Infrarouge » (voir ci-dessous)

Dans « Pardonnez-moi », Darius Rochebin interroge M.Blocher sur l’herbe verte bien ordonnée de la terrasse de sa propriété dominant le lac de Zürich. L’ancien conseiller national, depuis le premier juin, est souriant et détendu. Assez simple sa vision capitaliste : un entrepreneur doit avoir de l’argent pour être bon entrepreneur. Mais, lui, Blocher, se prépare dès maintenant à dire EU(ro)-NON, quand dans deux ans le peuple sera appelé peut-être à voter sur les bilatérales. C’est leretour confirmé sur le « réduit national », dans des formes différentes de celles des années 39-45 et suivantes. Il se dit prêt à dépenser cinq millions!

Pas de cravate  mais le lac en contre-ba : manquent l'herbeet le contre-champ, celui qui écoute Blocher, Darius Rochebin

Pas de cravate mais le lac en contre-bas : manquent l’herbe et le contre-champ, celui qui écoute Blocher, Darius Rochebin

Paradoxe : Darius Rochebin aura conduit le tribun à parler assez longuement du film de Bron. Il a accepté d’être  l’acteur qui recommence d’entrer dans sa voiture. Mais le solitaire qu’il prétend être doit faire d’autres provocations encore. La RTS lui aura servi de tribune pendant trente minutes intéressantes et révélatrices sur l’avenir.

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 « Infrarouge » pouvait faire mieux !

Mercredi 28 mai 2014 : « Soirée spéciale Christophe Blocher », pendant près de 150 minutes ; excellent principe, mais rarement mis en œuvre. Dimanche 1 juin : Darius Rochebin interroge Christoph Blocher pour « Pardonnez-moi », pendant 30 minutes. Cela fait près de trois heures consacrées théoriquement à Blocher !

Au début de la soirée, Mme Mamarbachi affirme que la RTS a participé au financement du film de Bron pour permettre l’ouverture d’un débat sur Blocher. Cà, c’est un scoop : les « docs » dirigés par Irène Challand se mettent au service d’ « infrarouge ». !!!

Antoine Vitkine

Antoine Vitkine, journaliste et réalsateur

Pendant la soirée du 28 mai, aucune allusion n’est faite à « Pardonnez-moi » (sauf distraction de ma part). Un des invités Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur, a signé un document intitulé « Populisme, l’Europe en danger ». Personne ne prit la peine de rappeler que ce document avait été présenté par la RTS le lundi 30 mars 2014 dans une case des « docs » et qu’il est possible de le visionner maintenant encore sur le site de la RTS. C’eut pourtant été un élément enrichissant pour la soirée thématique ! Mais il en va ainsi souvent à la RTS dans le cadre de la programmation : les baronnies sont indépendantes les unes des autres !

Une image de "Populisme : l'Europe en danger"

Une image de « Populisme : l’Europe en danger », le document d’Antoine Vitkine

 

A 23h00, quand l’audience baisse, au lieu de lancer une série américaine guère intéressante (« Touch »), pourquoi pas reprendre le document de Vitkine, en plein dans l’actualité du débat qui vient de se dérouler avec belle place aux populismes européens ?

Alors, imaginer une soirée thématique en deux parties, avec « L’expérience Blocher » d’une part, la reprise de « Citizen Kane » d’Orson Welles de l’autre pour comparer la solitude de deux hommes puissants, riches et dominateurs, tient plus de la provocation que de l’utopie.

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Autour de Blocher, le 28 mai 2014

Hier, les « Dossiers de l’écran »

La projection d’un film est souvent le prétexte à ouvrir un débat télévisé qui en oublie immédiatement son sujet. Ce principe est vieux comme la télévision. Ainsi faisait Armand Jammot dans « Les dossiers de l’écran » de l’ex-ORTF.

Mais certaines chaînes mirent à l’antenne des émissions sur le cinéma, consacrées à un film, parfois à ses qualités formelles parfois, à l’œuvre d’un auteur. Sur l’ancienne TSR, ce furent « Cinéma-Vif » remplacé par le « Spécial-cinéma » de Christian Defaye, Chaque film bénéficiait d’une introduction et était suivi d’un débat. L’émission a disparu depuis quelques années déjà : le lundi soir, « Box-Office » qui fait allusion au succès public, donc à l’audimate, prolonge le règne américain, sans introduction ni discussion.

Cette télévision «moderne » obéit au principe « La radio parle, la télévision montre ». « Infrarouge » n’est donc pas une émission où l’on parle : c’est un spectacle où l’on se prend de bec sans écouter l’autre ! C’est parfois aussi un retour aux bons vieux « Dossiers de l’écran », comme ce 28 mai 2014, avec introduction en compagnie du réalisateur Jean-Stéphane Bron, projection de « L’expérience Blocher », suivi d’un débat, le tout plus de cent cinquante minutes. C’est ce dernier qui retient notre attention.

L’échec relatif de « L’expérience Blocher » en salles

Au début de la discussion, on aura pendant moins de dix minutes parlé du film. On apprit, entre autres, que MM.Chérix et Göppel venaient de voir le film récemment. Le jour même ou le précédent. Le public ne s’est pas précipité, l’automne dernier, pour voir « L’expérience Blocher » sur grand écran (huit mille romands, sept mille alémaniques !). On aurait pu s’interroger sur ce relatif insuccès. Pourquoi le public n’a-t-il pas voulu voir sur grand écran ce Blocher dont on parle tant ? Peut-être ses partisans, 26 % qui ont voté UDC lors de la dernière élection permettant de comparer entre eux les partis, craignaient-ils que ce soit pas un hymne à la gloire de leur grand homme ? Et bon nombre des autres pressentaient-ils à juste titre qu’il ne s’agissait pas d’une brillante démolition à la Michael Moore .

Mix&Remix - Blocher - Infrarouge - 28 mai 2014

Mix&Remix – Blocher – Infrarouge – 28 mai 2014

Le film assez rapidement oublié

Le refus de parler du film comme sujet apparut assez rapidement. L’un des participants, le linguiste, Jean-Michel Adam, annonce qu’il va tirer cinq exemples du film pour appuyer son intervention. Il ne pourra en citer que deux. A la fin de tout film, il y a un générique qu’il est normal de porter à la connaissance du public, par égard pour ceux qui ont contribué à son existence. Le générique final ne fut montré au qu’après les applaudissements des figurants qui assistent, passifs, au débat. De plus, « L’expérience Blocher », pourtant largement soutenu financièrement par la SSR-SRG, ne sera actuellement pas visible sur le site de la RTS pour des question de droits. Bizarre autant qu’étrange !

 

Mix&Remix - Blocher - Infrarouge - 28 mai 2014

Mix&Remix – Blocher – Infrarouge – 28 mai 2014

Un dessin qui disparaît !

Autre bizarrerie : durant tout débat d’ »Infrarouge », Mix&Remix dessine ses personnages stylisés et écrit des commentaires réjouissants dans les bulles. Un des dessins passé dans l’émission ( à la minute 44 et 11 secondes) fait apparaître à gauche un texte «  La différence entre l’UDC et les autres partis nationalistes…. » complété à droite par une montagne de fric en forme conique surmonté d’un petit drapeau suisse. Or, ce dessin n’est pas repris sur le site de l’émission. Mix&Remix y attire l’attention sur un problème qui n’a été évoqué durant l’émission qu’une seule fois, juste avant la conclusion : le rôle joué par l’argent, allusion faite aux futurs cinq millions que Blocher a l’intention d’investir dans l’EURO-NON qu’il est en train de créer !! Pourquoi ce silence sur l’argent ? On en parle, au moins un peu, dans le film !

Glissement vers les populismes européens

A la fin, le réalisateur est récompensé de son silence par un octroi de parole. Il tente alors de s’interroger sur un aspect du comportement de MM.Nidegger ou Köppel. On le coupe presque au milieu d’une phrase. Mais c’est sans surprise : « L’expérience Blocher » a fini par servir de prétexte à un débat sur les « populismes » qui viennent de s’exprimer exprimés lors des récentes élections européennes. Et quel sens donner aux applaudissements nourris donnés à la fin du débat, avec le générique séparé du film ?

Une carte des "populismes" euiropéens selon ARTE

Une carte des « populismes » européens selon ARTE. La Suisse, bien entendu, en blanc !! En gris, pas ( pas encore?) de populisme notable

 

Les réponses aux questions posées

La volonté de coller à l’actualité, un principe à la base d’ »Infrarouge », conduit à faire la promotion de l’émission à travers des communiqués de presse, qui peuvent être pris comme une promesse ou un alléchant appât. Il vaut donc la peine de rappeler les questions annoncées comme composantes du débat :

Christoph Blocher joue-t-il double jeu ?

 Même en ayant pris la précaution de revoir intégralement le débat sur internet, il faut prendre acte que rien n’a été dit a de ce double jeu. De quoi peut-il bien s’agir ? De se contenter des bilatérales plutôt que d’entrer dans l’EEE ? Ou s’agit-il de prévenir une insidieuse entrée dans l’Europe .

Mix&Remix - Blocher - Infrarouge - 28 mai 2014

Mix&Remix – Blocher – Infrarouge – 28 mai 2014

Est-il dangereux ?

Dans son film, Bron laisse le spectateur libre de répondre à cette question, mais le réalisateur a clairement dit ce qu’il pensait des options politiques de Blocher et de ses méthodes. Sur la « dangerosité », quelques allusions contradictoires y furent faites durant le débat. Rien de plus.

Comment expliquer qu’il séduise 30 % de l’électorat suisse ?

Trente pourcent, c’est un plafond qui reste à atteindre. D’ailleurs, existe-t-il une explication qui permette de comprendre pourquoi, en février dernier, la moitié des suisses ayant voté ont accepté de s’aligner sur Blocher ? Les réponses sont forcément multiples. On aurait au moins pu faire une allusion à la puissance financière de Blocher, mentionnée dans le film de Bron et se demander de manière même provocante pourquoi la moitié des votants s’est laissé séduire par un milliardaire ayant construit de nombreuses usines en Chine ? Mais à coup sûr, ce cinquante et un brin pourcent n’est pas formé uniquement d’extrémistes, d’anti-islamistes ou de fascistes.

Est-il devenu un modèle pour les populistes européens ?

Mix&Remix - BLOCHER - INFRAROUGE - 28 MAI 2014

Mix&Remix – BLOCHER – INFRAROUGE – 28 MAI 2014

 

Là au moins, le débat aura frôlé quelques éléments de réponse. Mais il est probable que le vote européen du 25 mai 2014 n’aura guère été différent si Blocher et son courant en Suisse n’existaient pas. Modèle, pour qui ? Peut-être pour Marine Le Pen apparue à travers un document. Sa remarque affirmant que si la France disposait du droit de référendum comme la Suisse, « Il y aurait eu une très large adhésion »  au rejet de la « libre circulation » ne tient pas compte du « OUI » ä un petit 50.3 % ; presque un match nul, avantage gagné par le courant le mieux financé ?? Considérer une votation sur les minarets comme un « vrai problème » témoigne d’un étrange sens de la hiérarchie des valeurs.

Les limites du débat d’actualité !

Une bonne partie du débat , la moitié peut-être, aura tourné autour des votations du 25 mai dans quelques-uns des 28 pays de l’Europe, avec la France privilégiée, Blocher oublié ! On aura beaucoup parlé de populisme, de sa nuance péjorative à l’explicative. « Infrarouge » s’installe dans l’actualité. Il s’est passé ce que l’on pouvait en attendre. On y aura escamoté le sujet proposé. On n’y aura que très peu répondu aux questions annoncées. Vaut-il la peine de poser des questions avant l’émission pour mettre l’eau à la bouche et finalement n’y répondre que très partiellement ? On aura, mais un peu moins que d’habitude, dérapé vers la confrontation spectaculaire.

Tant et aussi longtemps que l’on suivra l’actualité au pas de charge, à chaud, avec ou sans film pour l’introduire, la réponse sera négative. C’est le principe même du débat d’actualité sans recul qui est en cause.

Deux soirées thématiques

Après quelques remarques sur les élections européennes, s’arrêter autour de Blocher avec la soirée thématique de  RTS1 du mercredi  28 mai 2014 sur laquelle il faudra revenir ? (fyly – 26.05.14 – 12:15)

Elections européennes ( 25 mai 2014)

Il vaut la peine de marquer un temps d’arrêt sur la soirée du dimanche 25 mai 2014. On y entendit, à la RTS, quelques allusions lors du “19:30”.

Passé dès 20h00 en un choix volontaire sur France 2 et décidé de ne pas pitonner : nombreux invités, gros dispositifs permettant de proposer des premières tendances dans toutes les régions du pays, assez peu de curiosité pour les autres pays. Un sujet, et encore un sujet et toujours un sujet; bien entendu le même : le 25 % de FN. Il faut attendre un groupe de journalistes pour que s’esquisse une importante nuance : il y a des anti-européens et les sceptiques. Pas certain que le 25 % des FN soient tous sceptiques!!!

Lassant; j’ai résisté pendant presque deux heures avant de passer sur ARTE. On y respecte l’esprit de la maison, une association qui tient plutôt bien la route entre l’Allemagne et la France, même avec de petites parts de marché. Et, là au moins, on ouvre des fenêtres sur d’autres pays, la Grande-Bretagne, la Suède, la Hongrie, la Grèce. Des tendances contradictoires, si bien que 700 élus ou réélus  vont ressembler tout de même aux 750 anciens. Les nouveaux seront probablement très “anti”. Voilà qui nous rapproche du sujet suivant !

Arte a largement fait place à l’Europe, mieux assurément que les services publics de France ( France 2) et de Suisse ( RTS 1). Normal et tout de même regrettable.

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Autour de Blocher : avant le mercredi 28 mai 2014

Elle sera peut-être intéressante, la soirée partiellement thématique de RTS1, le mercredi 28 mai. En premier rideau, dès 20h15 donc remarquablement exposé, “L’expérience Blocher” de J.S.Bron, film qui fit largement parler de lui dans la seconde moitié de 2013. Place à “Infrarouge”, dès 220h00. Roger Köppel, redaction de la “Weltwoche”, proche du vice-président de l’UDC qui n’est plus conseiller national si Yves Nidegger le reste, face à François Chérix, pro-européen et Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur d’un documentaire “Populisme, l’Europe en danger”, avec le cinéaste, pour poser, selon le communiqué de presse de la RTS quelques questions : Christoph Blocher joue-t-il un double jeu ? Est-il dangereux? Comment expliquer qu’il séduise 30% de l’électorat suisse ? Et est-il devenu un modèle pour les populistes européens ?

Le choix du 28 mai 2014, juste après les élections européennes, n’est certainement pas innocent. Peut-être est-ce ainsi fait pour que cela donne lieu à une de ces empoignades où personne n’écoute personne occupé d’abord de répéter ses propres convictions. Le téléspectateur ne fait qu’assister, impuissant bien sûr, à un spectacle plus ou moins brillant, mais à coup sûr répétitif.

Curieux présage

L’expérience Blocher”, film dont on aura tant parlé aura à tout le moins peiné à trouver son public sur grand écran en Suisse : 8’500 romands, 7’700 alémaniques. Se pourrait-il que le film n’ait pas répondu à double attente : l’hagiographie pour le 30 % qui vote UDC et la “démolition” pour le 70 % qui ne suit en principe pas Blocher.

La solitude de Blocher sur la terrasse de sa demeure (Photo Bande à part - L'expérience Blocher)

La solitude de Blocher sur la terrasse de sa demeure
(Photo Bande à part – L’expérience Blocher)

 

Le cinéaste a fait le film qu’il voulait faire, approcher Blocher pour comprendre comment celui-ci fonctionne, en adoptant un dispositif original. On reste longtemps dans la voiture qui permet à l’homme politique de se déplacer, accompagné de son épouse presque silencieuse mais à la présence oppressante, observer ses réactions face aux événements de l’extérieur auxquels il particpe ou dans sa demeure qui tient à la fois du château, de la forteresse et du musée. Le cinéaste, par son commentaire qui dit “Je”, questionne Blocher tout autant qu’il s’interroge à son propos.

Le couple Blocher "enfermé" dans sa voiture (Photo Bande à Part - L'expérience Blocher)

Le couple Blocher « enfermé » dans sa voiture (Photo Bande à Part – L’expérience Blocher)

Le débat tel qu’il est proposé tournera probablement autour de Blocher et de l’Europe selon Blocher : excellente promo pour l’’UDC. La part de marché sera peut-être décevante si les téléspectateurs se comportent comme les spectateurs qui devaient payer quinze francs au moins pour voir le film. Mais associer un débat et un film n’est pas chose fréquente. C’est même positif;  à condition de ne pas oublier le film !

 De Charles Forster Kane à William Randolph Hearst en passant par Coleridge

Le couple Kane dans sa salle à manger ( Citizen Kane - Orson Welles )

Le couple Kane dans sa salle à manger
( Citizen Kane – Orson Welles )

Il eut été possible d’introduire une troisième partie après la projection du document de création et le débat. De rares cinéphiles attentifs au travail du cinéaste ont relevé une étonnante parenté faite de ressemblances entre Blocher et le personnage joué et mis en scène par Orson Welles dans “Citizen Kane”, son premier film. Le jardin secret du milliardaire helvétique a quelque chose du “Rosebud” de Charles Forster Kane, portrait inspiré à Welles par William Randolph Hearst, riche magnat de presse. Kane-Hearst vu par Welles, référence faite au poème de Colridge, (“En Xanadu donc Kubla Khan se fit édifier un fastueux palais”..) se retrouve un peu chez Christophe Blocher riche, solitaire et puissant, vu à travers le regard créatif d’un cinéaste de documentation. Le commentaire prend alors la place de l’enquête du journaliste d’investigation qui reconstitue la carrière de Kane.

La solitude de l'homme de presse ( Orson Welles dans "Citizen Kane)

La solitude de l’homme de presse ( Orson Welles dans « Citizen Kane)

Qu’on me pardonne d’oser imaginer la RTS capable d’une telle sortie de route. Il est impossible d’imaginer “Citizen Kane”de Welles à la place d’ “Infrarouge”, même pas dans une boule de cristal !!!

La boule de cristal, souvenir d'enfance ( Citizen Kane - Orson Welles)

La boule de cristal, souvenir d’enfance
( Citizen Kane – Orson Welles)

La soirée du mercredi 28 mai 2014 ( à suivre )

De « 14, des armes et des mots » à « Amour » en passant pas « Real humans »

 14- des armes et des mots

 Lundi 12 mai 2014, RTS 2, 20h45 : épisodes 5 et 6 sur 8 d’une étrange et fort intéressante série qui mêle documentation et fiction, construite sur des témoignages écrits venus de plusieurs pays, obéissant à une thématique plutôt que la chronologie des combats : « 14, des armes et des mots ». Mardi 13 mai 2014, ARTE : même programme, à partir de 20h50. Juste un jour avant ARTE sur TSR 1 : quelle chance que de pouvoir choisir son soir pour suivre cette série ! Un vrai avantage pour le téléspectateur ? Même pas. Mais ainsi RTS2 bat ARTE ; d’un petit jour seulement ! On s’en félicitera au moins à la direction des programmes. Comme d’habitude !

14- des armes et des mots. Un photomontage du générique ( Photo ARTE_RTS)

14- des armes et des mots. Un photomontage du générique ( Photo ARTE – RTS)

Real humans

Jeudi 15 mai 2o14, sur ARTE : début de la saison 2 d’une magnifique et grandiose série récurrente suédoise, « Real humans », dès 20h50, épisodes 1 et 2. Arte vient de proposer une reprise de l’ensemble de la première saison. A noter que lors du premier passage de la saison 1, ARTE avait pratiquement doublé sa part de marché, de deux à quatre pourcent, ce qui se traduit en France par un million de spectateurs. Pourcentage négligeable si on le compare à la RTS qui frétille autour de trente pourcent. Mais doubler son audience reste tout de même significatif. La RTS n’a pas proposé la saison 1 à une partie d’un public même considéré comme habitant d’une niche. Le « Made in Europa » qui n’a paraît-il qu’un petit succès d’estime n’a pas de place pour cette série à tout le moins originale et sise dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée.

Real Humans - saison 2 Une image de familles qui tendent à se confondre  (Photo ARTE)

Real Humans – saison 2
Une image de familles qui tendent à se confondre
(Photo ARTE)

Bon : on peut se fatiguer dans ce blog à souligner les insuffisances de la programmation sur RTS de séries récurrentes. Qu’importe les récriminations qui ne sont lues que par une petite minorité. Il y a bien, discrètement, les remarques du conseil du public de la RTSR qui souhaite poliment une programmation un peu moins tardive des séries et films de bon niveau culturel. Presque rien n’y fait. Difficile d’ébranler les certitudes fondées sur les parts de marché !

« Amour » – Michael Haneke

Dans un proche domaine, la programmation du cinéma d’auteur, l’amorce d’une polémique ? Le cinéma d’auteur, même celui qui récolte des prix dans les festivals, est souvent rejeté en fin de soirée sur RTS 1. Mais voici qu’un magazine qui tire à cent cinquante mille exemplaires, « Télétop-Matin », dans son numéro 20 ( semaine du 11 au 17 mai 2014 – 3.50 fr en kiosque), en sa page 5, pose une bien impertinente question  :« RTS : un « Amour » trop tardif ? ». Début de la projection : mardi 13 mai sur RTS1 à 23H40, fin de la projection, mercredi 14 mai à 01h50 – En prime, y aura-t-il une coupure publicitaire ??

Emmanuelle Riva dans "Amour" de Michael Hanecke

Emmanuelle Riva dans « Amour » de Michael Hanecke

Antoine Duplan, critique du « Temps », n’y va pas de main morte avec son « NON » : C’est un manquement au devoir esthétique et citoyen ». Le OUI de Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, n’est pas très chaleureux. Mieux vaut pour lui cette heure tardive, car il n’est pas possible de placer dans « Box-office » autre chose qu’un crowd-pleaser, un film qui plaît aux foules. Pourquoi ? « Amour » reste un film exigeant et dérangeant ». En effet. On ne dérange pas la ménagère de moins de 54 ans à 21h00, surtout avec un film qui vient d’être tourné en bourrique sur le site de la RTS dans une minable série web intitulée « Brouillons de culture ».

« Amour » est loin d’être un cas unique ! Mais peut-être bien que cette page de « Télétop-Matin », tirée à cent cinquante mille exemplaires, contribuera à insinuer un doute positif dans l’esprit des responsables de la programmation de toutes les fictions à la RTS.

A suivre !

Trois « classiques » de la RTS

Ces classiques, quels sont-ils ? Pourquoi les mercredis soirs méritent attention. Un récent « Temps présent » : bientôt un tueur dans le ciel suisse. Un court sujet de « Mise au point ». Un extrait paru dans « La puce à l’oreille » : des sujets indépendants les uns des autres.

TABLE DES MATIERES

  1. Les mercredis
  2. Temps Présent
  3. Mise au Point
  4. La Puce à l’oreille

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 La force de RTS1 est assurément d’en rester, sauf exceptions, à des émissions faites « maison » entre 19h00 et 21h00. Et le plus intéressant se trouve dans la case de l’heure qui commence peu après 20:00.

Ces grands « classiques « incontournables, actuellement, sont et restent « Mise au point » ( dimanches), « TTC » (lundis), « A bon Entendeur » ( mardis), « Temps présent » (jeudis), « Passe-moi les jumelles » ou les séries dans l’esprit de la documentation («Bienvenue au Pâquis » ou en ces jours de mai «  Sur tous les fronts avec le CICR » (vendredis).

Les uns comme les autres n’innovent plus beaucoup. Une même structure apparaît presque chaque semaine. Ne reste dès lors pour surprendre que le contenu, lequel peut bénéficier d’une forme parfois originale.

Les samedis sont consacrés aux divers tours de Romandie, avec « Un air de famille » actuellement,  parfois une série récurrente romande (Dernière en date, le seconde saison de « L’heure du secret » ) ou des « Coups de coeur d’Alain Morisod ».

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Les mercredis

Le mercredi soir est réservé à des émissions qui ne suivent pas un rythme hebdomadaire mais apparaissent avec une plus ou moins grande régularité. C’est là que règne « 36,9 ». Mais c’est aussi là que sont placées les nouveautés de ces dernières années, qui oscillent entre honorables et belles réussites :

« Zone d’ombre » depuis fin 2008

« Spécimen » depuis avril 2010

«  C’était mieux avant », première le 1 mai 2014

«  Les coulisses de l’événement » depuis janvier 2014.

Pendant le tournage des coulisses de l'événement : "la vengeance de Khadafi"

Pendant le tournage des coulisses de l’événement : « la vengeance de Khadafi »

C’est cette soirée du mercredi qui a ma préférence personnelle. Elle continue de me porter vers le plaisir d’être surpris ! Mais jouons à sauter comme mouton.

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« Temps présent » : bientôt un tueur dans le ciel suisse ?

Cela commence comme … une série récurrente, par une escouade de plans à toute allure, dont on se dit, une fois vu ce qui suit, que c’est un excellent résumé. Les ouvertures des séries récurrentes les plus ambitieuses offrent en effet d’efficaces génériques, pas toujours placéS au début du récit. Ils sont souvent d’une grande beauté et chaque plan que l’on retient à un sens. Mais comme on ne les retient pas tous, le plaisir d’assister à cette salve se renouvèle de semaine en semaine. Ce lancement d’émission, qui a pour thème l’éventuel futur achat de drones par l’armée suisse, peut faire penser à « Homeland ». Hasard ou coïncidence ? Dans la première saison de « Homeland », on apprend que Nicolas Brody a été retourné par son géolier suite à la mort de dizaines d’écoliers palestiniens dans une cour d’école atteints par un drone israélien !

Auto-critique israélienne

« The gatekeepers » est un document israélien de Dror Moreh qui propose un bilan sur l’action du « Shin Beth », l’organisation israélienne anti-terroriste. Un des anciens dirigeants interrogés y faisait alors part d’une décision qu’un jour il dut prendre : déclencher le tir d’un drone contre une voiture dans laquelle avait pris place un adversaire palestinien repérè mais sans savoir qui étaient ses accompagnants – des innocents peut-être. Ce film de 2013 était une critique ouverte de l’action efficace du« Shin beth », considérée comme un échec puisque après l’action qui ne se posait pas en terme de morale, la politique n’avait pas su ouvrir de vraies négociations avec les Palestiniens, dont les presque deux millions qui vivent dans la bande de Gaza. « The gatekeepers » passe pour avoir eu une certaine influence lors de l’entrée à la knesset d’un parti d’opposition préconisant des négociations politiques entre Israéliens et palestiniens.

Le document d’Isabelle Ducret et Stevens Artels fait des emprunts à un autre film, « The lab » et questionne son auteur, Yotam Feldman, qui enquête sur l’efficace industrie militaire israélienne, rapportant au pays chaque année des milliards de dollars. Les drones ont un mérite important pour les clients que sont les armées : ils ont subi de multiples tests grandeur nature, en particulier contre des habitants de la bande de Gaza.

Yotam Feldman, réalisateur de "The lab" ( Temps présent - 4 mai 2014)

Yotam Feldman, réalisateur de « The lab »
 a fait son film d’abord pour Israël, où il a provoqué de vifs débats

Il est important aussi de pourvoir s’appuyer dans un document sur des sources qui concernent un pays qui produit et vend dans le monde entier des drones puissants et efficaces, dont les performances technologiques ne sont pas contestées. Certes, il y a débat autour de leur mission . surveillance et/ou arme de frappe chirurgicale contre personnel ou équipement au sol. Difficile de croire qu’une armée, n’importe laquelle, s’offrirait des engins destinés à la seule surveillance d’un espace terrestre ou maritime.

Contribution à l’ouverture d’un débat

Les chambres fédérales seront prochainement sollicitées pour voter un crédit de quatre cent millions pour six engins achetés à un fournisseur israélien : près de septante millions la pièce ! Le document, en cours de route, signale que les caméras ultra-perfectionnées qui sont ou peuvent être montées sur le drone sont plus coûteuses que l’engin lui-même.

Après l’ouverture qui donc rappelle l’univers des séries récurrentes, la construction adopte un excellent rythme s’inscrit dans la ligne initiale : elle ressemble à celle d’un récit de fiction. L’équipe se rend en Israël et à Gaza, terrain d’expériences pratiques avec trois témoignages de survivants de civils qui introduit un fort sentiment d’émotion. Référence est faite à une manifestation à Genève qui pose l’aspect moral du prochain achat : l’armée suisse a-t-elle besoin de tels drones tueurs ? Bien entendu, la parole est donnée assez longuement à ceux qui préconisent cet achat. Mais le département militaire fédéral devrait s’interroger un peu plus sur sa communication faite en français par un collaborateur qui peine au point de faire croire qu’on assiste à un extrait de « 120 secondes »!

Des tueurs dans le ciel suisse " - Temps présent - 04.05..2104

Des tueurs dans le ciel suisse : un  étrange « insecte » à Temps présent

Le titre de l’émission est déjà une indication : le document proposé pose la question d’une telle acquisition sur le plan moral.

 Ce qui dès lors est particulièrement intéressant avec un tel sujet, c’est le moment où il apparaît dans l’opinion publique. En général, la télévision prend le train en marche et souvent aborde un problème après son apparition si rapidement que le recul de la réflexion est impossible. Ici, on ouvre un débat avant que le problème se pose dans le cadre politique fédéral. Elle précède la discussion en introduisant un problème de morale publique et pas seulement de stratégie militaire.C’est une précieuse démarche démocratique.

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Mise au point : « Comme si c’était hier »

Le dimanche 4 mai 2014, dans « Comme si c’était hier », une rubrique régulière de « MAP » est consacrée à une longue émission de près de nonante minutes présentée en 1984. « Au cœur du racisme » d’Yvan Dalain mettait ensemble, durant quatre jours dans un chalet isolé au-dessus de la Vallée–de-Joux, huit hommes, racistes, non-racistes ou victimes de racisme. Un sociologue, Jean-Pierre Fridman, se souvient : à la fin de l’expérience, l’harmonie régnait dans le groupe. Mais en revoyant plus tard certains participants, rien de changé malgré les quatre journées de rencontres. L’un d’eux, aujourd’hui décédé, fut co-fondateur d’un parti d’extrême droite à Genève. Commentaire d’aujourd’hui, un peu étonnant et désabusé !

Au coeur du racisme d'Yvan Dalain ( TSR - juin 1983 )

Au coeur du racisme d’Yvan Dalain ( TSR – juin 1983 )

Une première intervention de Guillaume Chenevière, en 1984 responsable de fiction et divertissement que « Au cour du racisme » fuut assez logiquement renvoyé à l’information. Parlait-on déjà de télé-réalité en ce temps-là ? Le « Loft », avec Loana, Jean-Edouard et la piscine, ce sera pour autour des années 2000, du moins en France !

Seconde intervention, de celui qui fut ensuite directeur de la TSR : On avait une mission morale, quelque chose à faire pour éduquer, même peut-être un peu pour transformer la conscience de nos compatriotes. (….)Et bien, ce n’était pas comme cela : c’est la société qui s’est emparée de la télévision…. Et d’ajouter : J’exagère peut-être un peu….

Hélas, non : pas d’exagération : cette une constatation à la fois lucide et amère de la « prise » de pouvoir de la « ménagère de cinquante-deux ans », considérée comme représentante du grand public. C’est aussi, si ma mémoire ne me trahit pas, vers 1985, qu’on se mit, à la TSR, à parler beaucoup d’audimat ! Un sujet qui mériterait un développement dans un autre cadre .

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Lelouch durant « La puce à   l’oreille »

 « La puce à l’oreille » est une émission produite pour  RTS qui passe assez tardivement vers 23h00 sur RTS1 (jeudis soirs). Son principe est discutable : les invités sont priés de s’intéresser à un autre domaine que le leur. Mais comme chaque invité est aussi là pour raconter ce qu’il fait, le plus habile parvient à insister sur sa propre marchandise. Claude Lelouch (jeudi 8 mai 2014) est ainsi parvenu à parler assez longuement de son film le plus récent, « Salaud on t’aime ». Il m’a donné envie de le voir – mais j’ai depuis longtemps un faible pour cet amoureux fou de cinéma et de caméra…

L'affiche de "Salaud, on t'aime", le dernier film de Claude Lelouch

L’affiche de « Salaud, on t’aime », le dernier film de Claude Lelouch

Lelouch n’a pas toujours été reconnu par le critique à la valeur qu’il estime être la sienne. Il a partiellement raison. Il n’aime pas la critique en général, l’accusant de ne pas savoir transmettre ce qu’elle aime pour lui souvent préférer la démolition. C’est assurément son droit le plus strict.

Les responsables de l’émission ont pensé qu’il fallait accompagner cette attaque de Lelouch d’une preuve. Cela se passait lors d’un très ancien « Spécial-cinéma » de Christian Defaye, avec deux invités, Christian Zeender et Freddy Buache qui n’aimaient en effet pas le film de Lelouch, invité lui aussi sur le plateau.

Buache, qui avait parfois la dent dure, fut et reste un splendide passeur; un « démolisseur? » C’est un homme qui sut et sait encore, en critique, par ses chroniques, ses livres, ses conférences, faire aimer le cinéma. La richesse de la cinémathèque suisse doit beaucoup à son co-fondateur. C’est à celui ou celle qui a choisi un tel extrait qu’il faut en vouloir de faire passer Buache pour un démolisseur dans une émission censée s’occuper de promotion culturelle.

 

 

Sur le « web » : de « Break-ups » à « Brouillon de culture »

 Produire pour le seul web des modules en les tirant vers une bonne tenue qualitative professionnelle est chose possible. Le « Nuovo » de la RTS, né il y a une dizaine d’années, a ensuite trouvé une case sur le petit écran traditionnel. Actuellement, les interventions de la rédaction de « Nuovo » sont fréquentes à la grand’messe du « 19 :30 ».

Service public et publicité

On peut multiplier les supports, en plus de l’écran traditionnel : smartphone, tablettes et ordinateurs. Ces supports ne proposent pas de rendement publicitaire pour la SSR-SRG. Il n’en reste pas moins que pour une télévision généraliste de service public à financement mixte (redevance et publicité), le rassemblement du public le plus grand possible, devant le petit écran traditionnel, entre 18 :00 et 22 :00 reste fondamental pour les recettes publicitaires. On ne va tout de même pas facturer aux annonceurs la minute au même prix à 20h05 qu’après minuit !

Seulement sur le web ?

Financer des expériences destinées au seul web reste une piste à suivre. Près de 180 projets ont été déposés lors d’un concours organisé par la SSR-SRG. Cent mille francs furent mis à disposition des producteurs avec mandat de réaliser une mini-série formée de dix modules de trois minutes chacun, pour traiter  un thème commun. Trois mille francs la minute ? Le budget est correct. C’est ainsi que la RTS a pu financer deux mini-séries, « Break-ups » et « Brouillon de culture », actuellement accessibles sur internet.

Une jeune société romande, « Jump Cut production », a reçu un double mandat pour réaliser une mini-série en français pour la RTS et un autre en allemand pour de SRF, lesquelles séries sont déjà sous-titrées dans l’autre langue. Réalisation pour le web exclusivement ? Certes, la verdeur de certains textes impose de ne pas confronter le grand public du « 19 :30 » et de la « Météo » avec ces modules impertinents et drôles, d’une belle vivacité d’esprit, d’une efficace mise en scène parfois minimaliste. (voir à ce propos les compliments décernés à « Break-ups » dans le blog le 14 février 2014). Mais rien n’empêcherait la RTS  d’introduire les deux mini-séries, sur RTS2 par exemple, ce qui augmenterait la place faite à  l’humour.

Dérision pour aborder la culture

Vient d’apparaître sur le web une nouvelle mini-série intitulée « Brouillon de culture ». Il s’agit, en trois minutes aussi, de parler d’un livre, d’un film, pour le descendre en flammes par dérision. Encore faut-il connaître le japonais Sukamoto ou avoir lu « L’existence du domaine de la lutte » de Michel Houellebecq, pour comprendre le lien entre la sexualité, les diagrammes de Venn et une rétrospective Begmann à la cinémathèque.

L’Andromaque de Racine, analysée par un couple de coiffeurs, est une cougar. Il est probable que le film « Rasta rocket » soit plus connu que « Dans la peau de John Malkovic ». Ceux qui ont vu « Amour » de Michael Hanecke osent se demander pourquoi le résumé de certaines scènes conduit à des hurlements pendant une sorte de jeu vidéo à deux.

Loin d’ « Harakiri » ou de « Charlie-Hebdo »

Bref, la série, pas très bien faite, s’adresse à une petite minorité qui ont lu des livres ou vu des films parfois confidentiels et qui acceptent que la dérision soit une forme d’humour ; mais on est alors bien loin de « Charlie Hebdo » ou d’ »Harakiri » !

Tout le monde peut comprendre une rupture amoureuse et les multiples formes qu’elle prend, en français ou en allemand. « Brouillon de culture » s’adresse à un public ultra élitaire, qui devrait connaître les œuvres proposées en brouillons pour, peut-être, les reconnaître, au moins un peu, sous l’angle de la dérision.

Etrange ! Ce premier choix romand, parmi des dizaines de propositions, est complétement contradictoire, difficile à comprendre. Il serait intéressant de connaître le nombre de visites faites à l’une et à l’autre série. Mais où trouver cette information ?

Incompréhensible !!

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur
http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a des détails qui prennent valeur de symbole d’un état d’esprit dans un domaine préoccupant, celui d’une partie de la programmation de la RTS. Certains exemples me laissent songeurs, en cherchant à comprendre le sens des décisions prises. Le texte qui suit veut donc dire «  Je-ne-comprends-pas !». Il ne faut tout de même pas mettre un « Je » dans un titre. « Incrédible » ferait aussi l’affaire, mais cela sonne trop « angliciste ». Va pour « Incompréhensible !! »

 Le « Cinéma de minuit »à presque une heure du mat !!

 Dans la nuit du vendredi au samedi, en semaines ordinaires, la RTS propose un film dit d’horreur, parfois de fantastique de suggestion ou de poésie, annoncé par un savoureux générique qui fait danser des squelettes. Que les spécialistes du genre, un public qui doit ressembler à celui de l’annuel festival du NIFFF à Neuchâtel, soient servis tardivement, souvent avec des films déjà sortis en salle, n’a rien de choquant. C’est le propre d’une sorte de « niche » pour minoritaires. Selon le tableau de l’audience moyenne de 2011, sur les deux chaînes romandes, après minuit  34 mille heures sont passées à regarder l’écran  contre 1’140 mille, 24 heures sur 24, – 3 % à peine, entre 00h00 et 06h00 !!!

Sennentuntschi" de Michael Steiner - Roxane Mesquida qui incarne la pouoée de paille qui se venge (photo RTS)

Sennentuntschi » de Michael Steiner (Suisse) – Roxane Mesquida qui incarne la poupée de paille qui se venge (photo RTS)

00h30/0h20 / 00h45 /00h35 / 00h45 / 00h30 /00h25 / 00h25 /00h25 : telles sont les heures annoncées mais souvent retardées pour le début du « Film de minuit ». Une exception sur les dix semaines observées : 23h15 le 21 mars 2014 pour le « Sennentuntschi » de Michael Steiner. A noter en passant que sur les dix proposés, sept sont américains, un anglais, un japonais et un suisse. Là, l’esprit d’ouverture du NIFFF est largement oublié. La diversité de la politique des achats est en cause ; une fois de plus !

Au fond, la direction de la RTS devrait ou pourrait interdire aux responsables des programmes de présenter après minuit les fictions ou documents qu’elle co-produit, le cinéma d’auteurs reconnus en fiction et documentation ainsi que n’importe quelle série récurrente de haut de gamme ! Utopie ?

Les américains

La première saison de cette fort bonne série américaine de treize épisodes s’est terminée dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 avril 2014. Elle raconte l’histoire d’un couple d’espions soviétiques des années 80, Philipp et Elisabeth Jennings, parfaitement intégré dans la société américaine. On y suit un autre couple, les Beeman, Sandra plutôt effacée et Stan, agent de la CIA en conflit professionnel avec le KGB mais pas avec ses voisins immédiats, les Jennings. L’astuce du scénario est un peu « grosse », mais efficace. !Le propos n’est pas ici de décrire les qualités, qui sont nombreuses, de cette série.

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

Comme il s’agit d’une série récurrente, RTS 1 l’a inscrite à son programme aux environs de 23h00, alors que se termine le « Box office » majoritairement américain du lundi soir. Ces séries, faites en principe pour être consommées, aux USA, une par une, semaine après semaine, sont presque partout en Europe offertes en duo, comme s’il fallait encore et toujours que la fiction s’inscrive dans la durée du long-métrage avec un entracte pour accueillir la publicité !

Seulement, voilà la hic : treize n’est pas un nombre pair. Les responsables de la programmation à la RTS ont choisi d’expédier d’un seul coup les trois derniers épisodes. La première saison des « Américains » a pris fin à 01h20 !!! Peut-on encore mesurer de manière fiable à partir d’un petit sous-échantillon une part de marché alors qu’il n’y a presque plus personne devant le petit écran ? On pouvait certes « voir et revoir » la série sept jours durant sur internet !

Les jeunes, qui aiment des séries comme « Les Américains », les 15/30 ans, ont bien d’autres moyens de suivre leurs séries préférées, en séances de rattrapage individuel. Cette frange du public risque bien d’échapper à la RTS ! Voilà comment elle traite les fidèles qui continuent de regarder la télévision sur le petit écran : fin à 01h20!  Il faut être insomniaque et/ou retraité ! Foutaise, cette programmation !!!!! Disons plus gentiment : on se moque un peu du mond

 

 

Forme et fond en harmonie

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur

http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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Des »Coulisses de l’événement » à « Sacrifice » en passant par « Apocalypse »

Les reportages télévisés s’efforcent de faire le point sur des problèmes plus ou moins importants. Ils sont largement plus nombreux que les documents d’investigation qui s’inscrivent dans des formes rigoureuses et créatives pour comprendre des événements.

TABLE DES MATIERES

  1. Les coulisses de l’événement
  2. « Apocalypse » la 1ère guerre mondiale
  3. « Apocalypse » et « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Erreur ci-dessus ! Nettement mieux que « Rien » : Dimanche 6 avril, sur RTS 2, à 20h45 : « 14-18 : refuser la guerre ».  (fyly  04.04.14 à 13h00 )

Les coulisses de l’événement

Très content de pouvoir saluer d’abord une nouvelle émission qui associe les trois entreprises de la SSR à tour de rôle : « Les coulisses de l’événement ». Les deux premiers numéros sont dus à la RTS, l’intéressant « Disparues » consacré aux jumelles de St-Sulpice (30.01.14) précédant l’excellent « Œil pour œil : la vengeance des Khadafi »(26.02.14). Le troisième réalisé par la DRS  Zurich a pour sujet « La fin du secret bancaire ». Son adaptation française est en cours et sa présence à l’antenne prévue pour le 4 juin 2014.

 

Une image prises par une caméra de surveillance dans le couloir d'un hôtel, lors de l'arrestation d¨Hannibal Khadafi ,reprise dans dans "Les coulisses de l'événement" ( Photo RTS)

Une image prise par une caméra de surveillance dans le couloir d’un hôtel, lors de l’arrestation d¨Hannibal Khadafi, reprise  dans « Les coulisses de l’événement »
( Photo RTS)

Un jury national vient de sélectionner le document en vue de sa participation au « Prix Italia » en septembre 2014 dans la catégorie « Documents d’actualité ». Une première sortie hors des frontières du pays !

Apocalypse : la 1ère guerre mondiale

 Daniel Costelle, historien, et Isabelle Clarke, réalisatrice, en cinq épisodes d’environ une heure, Furie, Peur, Enfer, Rage, Délivrance ( France 2- 18 et 25 mars, puis 1 avril 2014) à partir de centaines d’heures de documents ont apporté aussi une vision du l’internationalisation du conflit qui ne s’et pas déroulé uniquement sur sol français et seulement entre européens.

Des entretiens conduits avec des spécialistes par Marie Drucker ainsi que de courts documents sur des questions précises ont permis d’apporter de remarquables compléments à la série (« La mémoire vive »- 01.04).

C’est par le montage qui ressemble beaucoup à celui d’une fiction  imposante que la forme joue un rôle important dans cette série.  En fin de soirée, deux épisodes qui datent de 2011, consacrés à « Apocalypse :  Hitler » ont mieux fait comprendre une déclaration  faite par un américain , disant que le traité de Versailles de 1919 était le « vrai moment » de la naissance d’Hitler !

« Sacrifice « 

Le 16 janvier 1969, un jeune étudiant tchèque, Jan Palach, se donnait la mort par le feu sur la place Wenceslas à Prague, pour protester contre la présence soviétique qui mit fin au « Printemps de Prague » de 1968. Comment les autorités tchèques sont intervenues pour minimiser le geste de Palach afin de satisfaire l’occupant, c’est ce que décrit, en trois épisodes de 80 minutes, la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland ( Arte, 27 et 28 mars 2014).

Sacrifice - Agniezka Holland - arte/HBOeurope Dagmar et ses filles

Sacrifice – Agniezka Holland – arte/HBO europe
L’avocate Dagmar Buresowa  et ses filles

La fiction ici sert de support créatif à l’investigation historique. Une très grande mini-série sur laquelle nous reviendrons.

« Apocalypse » et  « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Faut-il compter les morts de son pays par centaines ou milliers pour se souvenir de la guerre de 14-18 ? L’équipe des « Docs » de la RTS qui sait si bien proposer en avant-première sur notre antenne des documents étrangers que parfois elle co-produit n’a-t-elle pas su prendre, cette fois, le train? ( « 14-18, refuser la guerre » l’équipe des « docs » intervient sur RTS2, le dimanche 6 avril, à 20h45 – c’est nettement mieux que « Rien » – Je suis un fidèle lecteur de « La LIBERTE » de chaque vendredi pour sa remarquable page « Histoire vivante » – 04.04.14 – fyly – 13h00).

 5 millions de et demi de téléspectateurs en France ( 20 % de parts de marché), c’est, pour France 2, une très fort audience. Et la preuve d’une sensibilité qui reste grande à un passé douloureux même pour les  générations qui suivent.

Les responsables des achats de la fiction ont une assez mauvaise habitude, celle de trop ignorer ce qu’ARTE apporte dans le domaine des séries récurrentes de haut de gamme. On ne peut que répéter notre regret de ce manque d’attention pour certaines grandes séries comme « Top of the lake », « Reals humans » ou « Hatufim » auxquelles il faut maintenant ajouter « Sacrifice ». Et quand les priorités existent, il faut patienter jusqu’aux environs de 23h00 pour voir « Borgen » par exemple.

Les coulisses de l'Evénement : Khadafi 56 14 742

Sur le site de la rts, on peut revoir n’importe quand et pas seulement pendant sept jours des émissions « maison », comme « Les coulisses de l’Evénement : la vengeance de Khadafi »
Ici, une équipe de la RTS tourne à l’hôpital de Tripoli (Tripoli Medical Center) des scènes qui complètent les images d’actualités insérées dans le document (Photo RTS / Anne-Frédérique Widmann)

Détail bizarre : tant France 2 qu’ARTE offrent sept jours durant la possibilité de revoir certaines émissions, comme le fait du reste la RTS. « Apocalypse » et « Sacrifice » ne peuvent pas être vus dans certains pays, comme le nôtre ! Il serait intéressant, en particulier, de savoir pourquoi la collaboration parfois mise en avant entre ARTE et la SSR-SRG ne fonctionne pas pour « Sacrifice », surtout si les parts de marché atteintes par ARTE en Suisse Romande sont si faibles?

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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