Emissions RTS

Dans les coulisses de l’audimate

Quel sens donner à une part de marché exprimée en pourcent ou en milliers de spectateurs ? Une approche à travers deux exemples, le premier autour d’une soirée thématique, le second abordant les trois premiers sujets d’une nouvelle émission, « Les coulisses de l’événement ». Un audimate probablement un peu décevant dans le premier, deux succès et un échec pour le second.

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TABLE DES MATIERES

  1. Autour de Blocher le 28 mai 2014
  2. L’exemple des «Coulisses de l’événement»

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Autour de Blocher le 28 mai 2014

On a pu lire dans la presse que le film « L’expérience Blocher » de Jean-Stéphane Bron, présenté le mercredi 28 mai 2014 sur RTS1 entre 20h20 et 21h55 avait été vu par 118’000 téléspectateurs pour une part de marché de 24.0 %. 68’000 téléspectateurs pour 14.5% de part de marché ont suivi le débat d’ »infrarouge » entre 21h55 et 22h52 : cette information complémentaire provient de la « Communication d’entreprise » faite par la « Chargée des relations médias et des relations en ligne », Mathilde Boillat.

"L'expérience Blocher" : une plongée sur un personnage important, la voiture

« L’expérience Blocher » : une plongée sur un personnage important, la voiture

Quel sens donner à ces informations ?

La part de marché de 24,0% signifie que sur cent spectateurs regardant la télévision, 24 se trouvent devant RTS1 au même instant. 118’000 est par contre une notion plus « abstraite ». Si trois spectateurs n’ont vu chacun que le tiers du film, ils comptent ensemble pour un. Le nombre de téléspectateurs ayant vu l’intégralité de l’émission est donc théorique. On ne sait pas, avec ces données, quelle est l’évolution du nombre de spectateurs en cours d’émission, baisse régulière, hausse ou variations !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l'importance !

A droite, Mme Blocher, souvent muette, mais omniprésente, dont il aurait fallu savoir souligner l’importance !

On peut pourtant tirer une information intéressante de ce qui précède : entre 20h20 et 21h55, soit durant 95 minutes, 482 mille personnes en moyenne se trouvaient devant un téléviseur ou un ordinateur. Entre 21h55 et 22h52, il y en avait 468 mille !

C’est une surprise, lors de cette soirée. Sur la RTS, avec ses deux programmes, entre 19 et 21 heures, la moyenne annuelle en téléspectateurs est stable. On enregistre ensuite une baisse de 20 pourcent entre 21 et 22heures, puis la même encore entre 22 et 23.

 Depuis le début de l’année 2014, la case horaire qui se situe entre 20h15 et 21h15 atteint une audience moyenne de 30 %. Le 24 % pour le film se situe donc en-dessous de la moyenne des premiers mois de 2014. Ceci n’est pas très étonnant : dans les salles, « L’expérience Blocher » n’a attiré que huit mille suisses alémaniques et sept mille romands.

"L'expérience Blocher" : scène de tournage, pour saluer l'équipe à gauche !

« L’expérience Blocher » : scène de tournage, pour saluer l’équipe à gauche !

 

Déception aussi sur le petit écran ? Lassitude d’une partie du public devant l’invasion blochérienne ?

Impossible de dire où se situe l’audience d’ « Infrarouge » par rapport à la moyenne du début de l’année !

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L’exemple des « Coulisses de l’événement »

Voici les informations relatives aux trois premières émissions proposées par « Les coulisses de l’événement » proposées vers 20h15.

« L’affaire des jumelles », le 15 janvier durant 68 minutes : 245 mille téléspectateurs pour 41.6 % part de marché, donc 589 mille pour regarder la télévision durant le même laps de temps

« Le vengeance des Khadafi ». le 26 février durant 67 minutes, 232 mille pour 40.6 % donc 571 mille en tout.

« Le secret bancaire », le 4 juin durant 57 minutes, 103 mille pour 20.7 % de PDM, donc 498 mille.

Situation claire : la première émission, fait de société qui fonctionne en partie sur l’émotion, obtient une part de marché légèrement supérieure à la deuxième, problème politique avec un même public global devant le petit écran. La troisième, soulevant un problème financier et économique, perd plus de la moitié sur les deux premières, alors qu’il y a moins de monde le 4 juin pour regarder la tv ( 500 mille contre presque 600 mille).

Les résultats des deux premières prennent en compte les rattrapages faits pendant sept jours après la diffusion de l’émission, alors que ce supplément n’est pas encore pris en compte pour la troisième. La correction sera faite quand l’information sera disponible. Son effet sera probablement limité.

 

Les coulisses de l'Evénement : La vengeance de Khadafi ( èhoto RTS)

Les coulisses de l’Evénement : La vengeance de Khadafi
( Photo RTS)

Dans cette case horaire de 20heures, la part de marché obtenue par la RTS depuis le début de 2014 est de trente pourcent. Les deux premières sont donc un succès quantitatif, la troisième un échec.

Deux succès, un échec : hypothèses

 Un problème économique et financier laisserait-il partiellement indifférent ce qu’il convient à ces heures d’appeler le « grand public » alors qu’un fait de société émotionnel ou une affaire politique révélant des faits nouveaux retiendrait son attention ? Peut-être !

La durée de la première émission était la bonne pour le traitement d’un sujet en trois parties. La deuxième était trop courte : on ne sait pas ce qu’est devenu le couple d’employés qui a osé porter plainte contre Khadafi fils et son épouse.

Pourquoi la troisième émission durait-elle dix minutes de moins que les deux premières ? Son titre, déjà, est porteur de polémique, ce qui n’était pas le cas des deux premières. Sa brièveté explique en partie son manque de cohérence.

Les deux premières sont des réalisations entièrement maîtrisées par la RTS. La troisième a été tournée par une équipe de la DRS à Zürich. Elle a du être adaptée au format romand, trois sujets avec une introduction, deux plateaux intermédiaires et une conclusion. L’entretien final serait-il une adjonction faite par les soins de la RTS, avec un ancien employé de banque dans l’ombre ? L’apport des interventions de Myret Saki est important. Fut-elle aussi interrogée à Zürich ?

Les coulisses de l'Evénement : tournage d'un complément d'esprit documentaire ("Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

Les coulisses de l’Evénement : tournage d’un complément d’esprit documentaire (« Oeil pour oeil : la vengeance de khadafi)

La nature des reconstitutions

Dans « Khadafi », des reconstitutions sont faites et annoncées comme telles pour préciser des lieux ou le déroulement plausible de certains événements. Elles ressortent de l’esprit de documentation. Dans « le bal des menteurs », des acteurs disent des dialogues écrits en patois, bien entendu traduits en français. Mais la reconstitution tient alors de la fiction. Quelle plausibilité accorder aux dialogues d’une réunion annoncée de septembre 2008 annoncée comme ultra-secrète ? Il y a Philippe Hildebrand, l’hôte alors membre du directoire de la BNS et un certain Peter ( Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?

Légende Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Crédit/Copyright : RTS/CAPTURE D'ECRAN Date de prise de vue : 13/05/2014

Reconstitution de la réunion secrète du 21 septembre 2008 au domicile de Phillipe Hildebrand, membre du directoire de la BNS. Parmi les invités, un certain Peter (Kurer, directeur de l’UBS après Ospel). Mais qui sont les autres ?
( RTS/CAPTURE D’ECRAN
Date de prise de vue : 13/05/2014)

 

Le commentaire français du « Bal des menteurs» se fait envahissant. Dit sur un ton parfois pompeux, il frôle la polémique. Le troisième numéro est une déception. On y insiste sur les Américains ( des « cowboys » !) d’où serait venue la seule volonté de s’en prendre au secret bancaire, en oubliant qu’une organisation européenne a menacé d’inscrire la Suisse sur une liste noire.

Qui dirige le bal ?

On ne sait plus très bien qui porte la responsabilité de la troisième émission, Zürich ou Genève ? On ne sait pas qui fait quoi ? Faut-il prendre acte de différentes de mentalités dans la conception de l’information entre la DRS et la RTS.

Il serait intéressant de savoir comment Zürich a adapté les deux sujets romands. Ont-ils été présentés sur le canal alémanique et si oui quand ? La RTS et les responsables des « Coulisses de l’événement » n’ont pas apporté d’information sur les passages des trois émissions dans les deux autres régions. Dommage ! Mais la SSR-SRG n’a peut-être pas assez « communiqué » sur cette émission nationale conçue par Romaine Jean et Jacob Berger.

« La vengeance de Khadafi », plus que «Les Jumelles », est une réussite qui participe en septembre à Turin à l’important « Prix Italia ». « Le bal des voleurs », mixture entre Genève et Zürich, dans sa version française, est un échec, tant par sa réalisation qu’à l’audimate ! Pour une fois, la qualité, ici jugement personnel, et la quantité, l’audimate, sont en harmonie! Mais le public ne le savait pas au début de la diffusion du *Bal des voleurs »! Alors, pourquoi ?

Incompréhensible !!

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Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a des détails qui prennent valeur de symbole d’un état d’esprit dans un domaine préoccupant, celui d’une partie de la programmation de la RTS. Certains exemples me laissent songeurs, en cherchant à comprendre le sens des décisions prises. Le texte qui suit veut donc dire «  Je-ne-comprends-pas !». Il ne faut tout de même pas mettre un « Je » dans un titre. « Incrédible » ferait aussi l’affaire, mais cela sonne trop « angliciste ». Va pour « Incompréhensible !! »

 Le « Cinéma de minuit »à presque une heure du mat !!

 Dans la nuit du vendredi au samedi, en semaines ordinaires, la RTS propose un film dit d’horreur, parfois de fantastique de suggestion ou de poésie, annoncé par un savoureux générique qui fait danser des squelettes. Que les spécialistes du genre, un public qui doit ressembler à celui de l’annuel festival du NIFFF à Neuchâtel, soient servis tardivement, souvent avec des films déjà sortis en salle, n’a rien de choquant. C’est le propre d’une sorte de « niche » pour minoritaires. Selon le tableau de l’audience moyenne de 2011, sur les deux chaînes romandes, après minuit  34 mille heures sont passées à regarder l’écran  contre 1’140 mille, 24 heures sur 24, – 3 % à peine, entre 00h00 et 06h00 !!!

Sennentuntschi" de Michael Steiner - Roxane Mesquida qui incarne la pouoée de paille qui se venge (photo RTS)

Sennentuntschi » de Michael Steiner (Suisse) – Roxane Mesquida qui incarne la poupée de paille qui se venge (photo RTS)

00h30/0h20 / 00h45 /00h35 / 00h45 / 00h30 /00h25 / 00h25 /00h25 : telles sont les heures annoncées mais souvent retardées pour le début du « Film de minuit ». Une exception sur les dix semaines observées : 23h15 le 21 mars 2014 pour le « Sennentuntschi » de Michael Steiner. A noter en passant que sur les dix proposés, sept sont américains, un anglais, un japonais et un suisse. Là, l’esprit d’ouverture du NIFFF est largement oublié. La diversité de la politique des achats est en cause ; une fois de plus !

Au fond, la direction de la RTS devrait ou pourrait interdire aux responsables des programmes de présenter après minuit les fictions ou documents qu’elle co-produit, le cinéma d’auteurs reconnus en fiction et documentation ainsi que n’importe quelle série récurrente de haut de gamme ! Utopie ?

Les américains

La première saison de cette fort bonne série américaine de treize épisodes s’est terminée dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 avril 2014. Elle raconte l’histoire d’un couple d’espions soviétiques des années 80, Philipp et Elisabeth Jennings, parfaitement intégré dans la société américaine. On y suit un autre couple, les Beeman, Sandra plutôt effacée et Stan, agent de la CIA en conflit professionnel avec le KGB mais pas avec ses voisins immédiats, les Jennings. L’astuce du scénario est un peu « grosse », mais efficace. !Le propos n’est pas ici de décrire les qualités, qui sont nombreuses, de cette série.

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

The Americans : Elizabeth Jennings (Keri Russell)

Comme il s’agit d’une série récurrente, RTS 1 l’a inscrite à son programme aux environs de 23h00, alors que se termine le « Box office » majoritairement américain du lundi soir. Ces séries, faites en principe pour être consommées, aux USA, une par une, semaine après semaine, sont presque partout en Europe offertes en duo, comme s’il fallait encore et toujours que la fiction s’inscrive dans la durée du long-métrage avec un entracte pour accueillir la publicité !

Seulement, voilà la hic : treize n’est pas un nombre pair. Les responsables de la programmation à la RTS ont choisi d’expédier d’un seul coup les trois derniers épisodes. La première saison des « Américains » a pris fin à 01h20 !!! Peut-on encore mesurer de manière fiable à partir d’un petit sous-échantillon une part de marché alors qu’il n’y a presque plus personne devant le petit écran ? On pouvait certes « voir et revoir » la série sept jours durant sur internet !

Les jeunes, qui aiment des séries comme « Les Américains », les 15/30 ans, ont bien d’autres moyens de suivre leurs séries préférées, en séances de rattrapage individuel. Cette frange du public risque bien d’échapper à la RTS ! Voilà comment elle traite les fidèles qui continuent de regarder la télévision sur le petit écran : fin à 01h20!  Il faut être insomniaque et/ou retraité ! Foutaise, cette programmation !!!!! Disons plus gentiment : on se moque un peu du mond

 

 

Forme et fond en harmonie

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Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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Des »Coulisses de l’événement » à « Sacrifice » en passant par « Apocalypse »

Les reportages télévisés s’efforcent de faire le point sur des problèmes plus ou moins importants. Ils sont largement plus nombreux que les documents d’investigation qui s’inscrivent dans des formes rigoureuses et créatives pour comprendre des événements.

TABLE DES MATIERES

  1. Les coulisses de l’événement
  2. « Apocalypse » la 1ère guerre mondiale
  3. « Apocalypse » et « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Erreur ci-dessus ! Nettement mieux que « Rien » : Dimanche 6 avril, sur RTS 2, à 20h45 : « 14-18 : refuser la guerre ».  (fyly  04.04.14 à 13h00 )

Les coulisses de l’événement

Très content de pouvoir saluer d’abord une nouvelle émission qui associe les trois entreprises de la SSR à tour de rôle : « Les coulisses de l’événement ». Les deux premiers numéros sont dus à la RTS, l’intéressant « Disparues » consacré aux jumelles de St-Sulpice (30.01.14) précédant l’excellent « Œil pour œil : la vengeance des Khadafi »(26.02.14). Le troisième réalisé par la DRS  Zurich a pour sujet « La fin du secret bancaire ». Son adaptation française est en cours et sa présence à l’antenne prévue pour le 4 juin 2014.

 

Une image prises par une caméra de surveillance dans le couloir d'un hôtel, lors de l'arrestation d¨Hannibal Khadafi ,reprise dans dans "Les coulisses de l'événement" ( Photo RTS)

Une image prise par une caméra de surveillance dans le couloir d’un hôtel, lors de l’arrestation d¨Hannibal Khadafi, reprise  dans « Les coulisses de l’événement »
( Photo RTS)

Un jury national vient de sélectionner le document en vue de sa participation au « Prix Italia » en septembre 2014 dans la catégorie « Documents d’actualité ». Une première sortie hors des frontières du pays !

Apocalypse : la 1ère guerre mondiale

 Daniel Costelle, historien, et Isabelle Clarke, réalisatrice, en cinq épisodes d’environ une heure, Furie, Peur, Enfer, Rage, Délivrance ( France 2- 18 et 25 mars, puis 1 avril 2014) à partir de centaines d’heures de documents ont apporté aussi une vision du l’internationalisation du conflit qui ne s’et pas déroulé uniquement sur sol français et seulement entre européens.

Des entretiens conduits avec des spécialistes par Marie Drucker ainsi que de courts documents sur des questions précises ont permis d’apporter de remarquables compléments à la série (« La mémoire vive »- 01.04).

C’est par le montage qui ressemble beaucoup à celui d’une fiction  imposante que la forme joue un rôle important dans cette série.  En fin de soirée, deux épisodes qui datent de 2011, consacrés à « Apocalypse :  Hitler » ont mieux fait comprendre une déclaration  faite par un américain , disant que le traité de Versailles de 1919 était le « vrai moment » de la naissance d’Hitler !

« Sacrifice « 

Le 16 janvier 1969, un jeune étudiant tchèque, Jan Palach, se donnait la mort par le feu sur la place Wenceslas à Prague, pour protester contre la présence soviétique qui mit fin au « Printemps de Prague » de 1968. Comment les autorités tchèques sont intervenues pour minimiser le geste de Palach afin de satisfaire l’occupant, c’est ce que décrit, en trois épisodes de 80 minutes, la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland ( Arte, 27 et 28 mars 2014).

Sacrifice - Agniezka Holland - arte/HBOeurope Dagmar et ses filles

Sacrifice – Agniezka Holland – arte/HBO europe
L’avocate Dagmar Buresowa  et ses filles

La fiction ici sert de support créatif à l’investigation historique. Une très grande mini-série sur laquelle nous reviendrons.

« Apocalypse » et  « Sacrifice » ? Rien sur la RTS !!

Faut-il compter les morts de son pays par centaines ou milliers pour se souvenir de la guerre de 14-18 ? L’équipe des « Docs » de la RTS qui sait si bien proposer en avant-première sur notre antenne des documents étrangers que parfois elle co-produit n’a-t-elle pas su prendre, cette fois, le train? ( « 14-18, refuser la guerre » l’équipe des « docs » intervient sur RTS2, le dimanche 6 avril, à 20h45 – c’est nettement mieux que « Rien » – Je suis un fidèle lecteur de « La LIBERTE » de chaque vendredi pour sa remarquable page « Histoire vivante » – 04.04.14 – fyly – 13h00).

 5 millions de et demi de téléspectateurs en France ( 20 % de parts de marché), c’est, pour France 2, une très fort audience. Et la preuve d’une sensibilité qui reste grande à un passé douloureux même pour les  générations qui suivent.

Les responsables des achats de la fiction ont une assez mauvaise habitude, celle de trop ignorer ce qu’ARTE apporte dans le domaine des séries récurrentes de haut de gamme. On ne peut que répéter notre regret de ce manque d’attention pour certaines grandes séries comme « Top of the lake », « Reals humans » ou « Hatufim » auxquelles il faut maintenant ajouter « Sacrifice ». Et quand les priorités existent, il faut patienter jusqu’aux environs de 23h00 pour voir « Borgen » par exemple.

Les coulisses de l'Evénement : Khadafi 56 14 742

Sur le site de la rts, on peut revoir n’importe quand et pas seulement pendant sept jours des émissions « maison », comme « Les coulisses de l’Evénement : la vengeance de Khadafi »
Ici, une équipe de la RTS tourne à l’hôpital de Tripoli (Tripoli Medical Center) des scènes qui complètent les images d’actualités insérées dans le document (Photo RTS / Anne-Frédérique Widmann)

Détail bizarre : tant France 2 qu’ARTE offrent sept jours durant la possibilité de revoir certaines émissions, comme le fait du reste la RTS. « Apocalypse » et « Sacrifice » ne peuvent pas être vus dans certains pays, comme le nôtre ! Il serait intéressant, en particulier, de savoir pourquoi la collaboration parfois mise en avant entre ARTE et la SSR-SRG ne fonctionne pas pour « Sacrifice », surtout si les parts de marché atteintes par ARTE en Suisse Romande sont si faibles?

La RTS salue le cinéma suisse

Pour commencer, saluons la SSR-SRG qui vient de décerner ses prix en espèces dites sonnantes et trébuchantes à l’occasion de la remise des prix du cinéma suisse 2014 qui se déroule à Zürich le vendredi 21 mars. Une condition : ces montants doivent être réinvestis dans une prochaine co-production avec la télévision ! Voir sur la page d’accueil de notre site : Succès artistique SRG SSR 2014

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Mais avant, parlons tennis tardif !

Quelle chance ils sont, les amateurs de sports télévisés ! D’abord, ils disposent d’une chaîne qui répond à leurs souhaits en direct, n’importe quel jour et à n’importe quelle heure – il s’agit bien sûr de RTS2.  Voici que toute affaire cessante, le tennis est à nouveau prioritaire. Ainsi donc dimanche 16.03.2014 au soir, peu après 22heures, nous eûmes droit à une plutôt fort belle rencontre entre Djokovic et Federer, pleine de, suspens passant d’un six-trois à trois-six puis six-six conduisant à un tie-break. Gagné par le serbe : il était plus de minuit !

Depuis Genève, le commentateur qui n’en disait guère plus que ce que peut se dire le téléspectateur qui fréquente régulièrement le tennis a pris la peine de présenter des excuses à son public à cause de l’heure tardive de la retransmission. En les réitérant au début du final vers minuit!  Plein de prévenances !

Une demi-finale d'un concours de miss chinoises organisé en Suisse romande, qui relève d'une réalité devenue fiction dans "Win-WIn" de Caudio Tonetti (Photo Frenetic)

Une demi-finale d’un concours de miss chinoises organisé en Suisse romande, qui relève d’une réalité devenue fiction dans « Win-WIn » de Caudio Tonetti (Photo Frenetic)

La création audiovisuelle livrée à elle-même

Dans un autre domaine, personne ne vient regretter que les séries récurrentes les plus exigeantes, les films d’auteur, en particulier s’ils sont suisses, qui tiennent de la documentation et plus souvent de fiction soient souvent tardivement au rendez-vous. La création audiovisuelle n’a personne parmi les responsables de la programmation pour évoquer les heures de diffusion tardives et cocoller le public comme les « sportifs » savent le faire!

Et tant pis si je me répète. Surtout qu’il s’agit de virer sur l’aile, du moins durant la semaine en cours. Les anonymes responsables de la programmation viennent de proposer en premier rideau un exquis mais anodin film de divertissement local, « Win Win » de Claudio Tonetti (Lundi 17 à 20h45 dans « Box-office).

Une soirée thématique

Max Hubacher dans "L'enfance volée" de Markus Imboden.

Max Hubacher dans « L’enfance volée » de Markus Imboden.

La soirée du mercredi reste régulièrement, peut-être la plus excitante, la plus inventive de notre chaîne. Ce 19 mars propose une soirée thématique intitulée  « Enfants placés, la Suisse doit-elle payer ? ». Dès 20h10,voici « L’enfance volée », un film suisse, solide, rude, troublant, éprouvant de Marcus Imboden, qui sert d’excellent tremplin à un débat d’ »Infrarouge » qui ne devrait pas conduire à des pugilats verbaux.

 Les prix du cinéma suisse

Markus Imhoof (Photo Frenetic)

Markus Imhoof (Photo Frenetic)

Et vendredi 21, dès 21h20, encore un film suisse bien exposé, le magnifique « More than Honey » du vétéran Markus imhoof, qui met en garde contre le risque de la disparition des abeilles, dans le cadre cette fois de la « Nuit du cinéma suisse ». La remise des Prix 2014, qui se déroule à Zürich, sera expédiée en moins de trente minutes (entre 22h50 et 23h15).  Viendra encore un film suisse, une comédie, « Bob et les Sex Pistaches » d’Yves Matthey que je vais découvrir ( 22h50) avant la présentation d’un film étrange et maladroit à minuscule budget, « Mangrove » de Frédéric Choffat ( 00h35), d’accès difficile.

More than honey de Markus Imhoof : non seulement le succès en Suisse, mais aussi à l'étranger (Photo Frenetic)

More than honey de Markus Imhoof : non seulement un grand succès  en Suisse, mais aussi à l’étranger (Photo Frenetic)

Une semaine ouverte sur la création audiovisuelle suisse, parfois à d’excellentes heures accessibles au grand public, voilà une rareté à saluer qui rend ainsi hommage à ceux qui, à la SSR et/ou la RTS, prennent des risques en soutenant le cinéma suisse.

A lire sur RTSR.ch, le communiqué de presse de La Nuit du Cinéma Suisse.

Place aux sports

Voir aussi sous « En 2014:

« Infrarouge dix ans!  Déjà et/ou Hélas ?

10/ TF1 au secours de RTS1 9/ Lamentable « Infrarouge » 8/Rendez-vous en terre inconnue  7/ Tabac : nos gosses sous into  6/ Hayao Miyazaki   5/ Le retour d’Homeland

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Trois sujets (de bas en haut) :

  1. Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres
  2. Quand Poutine fait ses Jeux
  3. Poutine, Dieudonné, Staline
  4. Voir, entendre, lire…
  5. Les jeux de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?

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Les JO de Poutine à Sotchi : combien çà coûte?

 Le 23 janvier 2014, la RTS organisait à une conférence de presse accessible sur internet – excellente innovation – permettant de poser des questions depuis son salon. Distrait, je n’ai pas profité de l’occasion pour demander « combien çà coûte » ? Je l’aurais fait presque assuré d’énerver certains de mes interlocuteurs.

Tombe ce mardi 4 février 2014 une réponse intéressante dans « Le Temps » sous forme d’un entretien de Servan Peca  à Zürich avec Urs Leutert responsable du sport à la SSR. Elle est facile à résumer : « Les jeux olympiques ? Non rentables pour la SSR ».

Mais encore ? Le ski alpin, dont la SSR porte la responsabilité technique, est bénéficiaire avec sa centaine de collaborateurs, mais pas assez pour couvrir les autres prestations qui occupent deux cents personnes. Des précisions, permettant de faire des estimations à la minute ? Point il n’y en aura.

Une autre manière de parler d'argent, "la fortune cachée de Poutine", un document à charge de "Spécial investigation", une émission de "Canal+"

Une autre manière de parler d’argent, « la fortune cachée de Poutine », un document à charge de « Spécial investigation », une émission de « Canal+ »

Ce n’était pas, hier, et durant près de 45 ans, un crime de lèse-majesté que de défendre l’idée d’un service public plus porté vers l’investigation, l’information, la créativité dans tous les domaines, surtout la fiction et la documentation plutôt que de subir en abondance une télévision de reportages ou de fictions américaines avec tueurs en série en premier rideau  rassemblant le grand public.

J’allais oublier : je couvre une partie de ma soif de divertissement en étant grand consommateur de sports, y compris des points importants en tennis, des marmites du curling, des temps affichés en ski, des mêlées du rugby…

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4/ Voir, entendre, lire…

Bientôt Sotchi ! On le répète avec insistance, deux, trois fois sur chaque canal; chaque jour! On attend donc beaucoup de médailles, grâce aux concurrents, aux fédérations parfois. Le public n’y est pour rien. Mais l’occasion est bonne pour survoler quelques spectacles proposés par le sport…

Entendre ? Il s’agit des commentateurs, plus ou moins intéressants. « J’aime » Marc Rosset, comme on cause dans fassebouque. Passons !

Voir ? Le ski de fond, par exemple, les 15 km de samedi 01.02.14 avec Cologna de retour et bien classé. Pas très élégant, le skieur de fond, avec des gros plans qui transpirent l’effort. Et puis, dans chaque plan ou presque, comme par hasard un panneau publicitaire. Comment cela se passe ? On plante le panneau quand on sait où se trouve la caméra ou on plante la caméra devant le panneau déjà placé ? Et qui paie combien à qui ? On ne parle jamais de ces petits problèmes.

Alors lire ? Le ski de fond, la plupart des épreuves de ski alpin, que ce serait ennuyeux sans le travail de plus en plus varié et précis des « mesureurs » du temps, avec des comparaisons, sur une portion de parcours, entre le concurrent et le meilleur, avec le rouge et le vert. C’est, dans plusieurs sports, le triomphe des « horlogers », souvent suisses !

Brouillard ? On descend ! On ne descend plus ! Et ainsi de suite. Que cette attente est ennuyeuse. Alors on passe des images touristiques et l’on emprunte à la radio pour faire « entendre ». On devrait faire mieux ; avec des archives ?

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3. Poutine, Dieudonné, Staline

 Pas de lien subtil entre ces trois noms, seulement des « rencontres » lors d’une soirée télévisée (mardi 28.01.14). Arte montrait donc après RTS2 « Quand Poutine fait ses jeux » lors d’une soirée à thème consacrée à la Russie. Le document ne permettait pas toujours de savoir de quand dataient images et interventions. Les quinze minutes accordées à l’invitée d’Arte,  Mme Marie Mendras, concerneraient-elles le  document?  Il fut surtout question de Poutine en renforçant le sentiment que les JO, probablement splendides spectacles, seront portés à l’actif de l’homme qui dirige la Russie.

Un des dix dessins de Mix&Remix, en ligne sur le site de la RTS, pour l'émission du 29 janvier 2014 : les participants voient-ils les dessins montrés dans l'émission en direct-différé ?

Un des dix dessins de Mix&Remix, en ligne sur le site de la RTS, pour l’émission du 29 janvier 2014, « Liberté d’expression en danger? » Les participants voient-ils les dessins montrés dans l’émission en direct-différé ? Les téléspectateurs ont-ils vu ce dessin ? Le caricaturiste peut  tout faire … puisqu’il est seul quand il dessine !

 

«  L’ombre de Staline » prit son élan sur ARTE avant que ne débute  »Infrarouge »  avec un peu de retard. Ce ne fut pas pour Dieudonné que je revins sur la RTS. Il s’agissait simplement de savoir si le record d’interruptions de la semaine précédente serait battu. Le débat fut audible et même intéressant.  A quoi tient la bonne « tenue » d’un débat : au sujet, aux invités, en particulier à certains d’entre-eux,  à la ou au responsable de l’animation ?  David Berger était de service !

L'ombre de Staline -  Thomas JOHNSON / Marie Brunet-Dabains (France-Finlande)

« L’ombre de Staline »  : les autorités politiques de la Russie actuelle n’ont jamais condamné les crimes commis lorsque Staline était au pouvoir. Un des témoins déclare dans le document : « Avec les dirigeants d’aujourd’hui, on aurait perdu la guerre » (!)

Retour sur ARTE : inquiétant, ce document qui décrit l’image d’un Staline admiré, ses crimes contre son propre peuple oubliés, sauf d’une minorité. L’ombre de Staline recouvre d’ombre le passé ! Mais en même temps, on peut tourner en Russie des documents sévères pour l’actuel régime et son chef, donner la parole à ceux qui expriment des réserves et le font semble-t-il sans crainte. Contradiction ?

L'ombre de Staline

« L’ombre de Staline » de Thomas Johnson et Marie-Brunet-Debains (France-Finlande) : ce remarquable document a été présenté en septembre 2013 par la RTS dans le cadre d’ « Histoire vivante »

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2. Quand Poutine fait ses Jeux

 À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, cette enquête à charge dévoile un projet kafkaïen guidé par des intérêts opaques, depuis la sélection du site jusqu’à des travaux aussi destructeurs que dispendieux.

Ce texte trouvé sur le site d’ARTE  est un efficace résumé du document de 90 minutes d’origine allemande, proposé le lundi 27 janvier à 20h40 sur RTS 2 puis sur ARTE lc mardi 28 janvier à 20h50. Effectivement, la charge est lourde. Le prix final reste inconnu : mais des estimations le font faire bon voisinage avec cinquante milliards de dollars ! Poutine aura « ses » jeux et ils seront certainement magnifiques. Que lui importe les expropriés de Sotchi, la corruption, les dégâts écologiques.

Quand Poutine fait ses jeux : un beau monstre ( Photo ARTE)

Quand Poutine fait ses jeux : un beau « monstre »
( Photo ARTE)

Le document est construit solidement, avec alternance d’images y compris anciennes et déclarations de témoins, surtout d’opposants, qui osent tout de même s’exprimer. Le commentaire se fait très envahissant et la musique, souvent guillerette, ironique. On finit par connaître quelques-uns des principaux interlocuteurs, le maire de Sotchi content ou le député d’opposition Kasparov qui l’est moins. Mais une information précieuse manque : le moment où sont faites les déclarations.

Quand Poutine fait ses jeux : le tremplin de saut construit sur terrain instable ! ( photo ARTE)

Quand Poutine fait ses jeux : le tremplin de saut est construit sur terrain instable, selon des témoins. Mais on ne sait pas si les piliers de consolidation ont été mis en place ! ( photo ARTE)

Juste après la diffusion, la RTS propose une fois de plus l’excellente et séduisante présentation promotionnelle des prochains jeux. Juste après la diffusion, ART propose à 22h20 un débat de vingt minutes. A chacun sa manière de concevoir la programmation !

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1. Sochi, Stan, Lara, Didier et les autres

 Est-ce vraiment toute la Suisse qui a vibré à la belle victoire de Stanislas Wawrinka à Melbourne ? Il y a au moins une différence entre Stan et le duo Lara/Didier. Le spectacle de premier vient de durer plus de trois heures à relativement haut suspens. S’il n’y avait pas les temps qui s’affichent, les intermédiaires et le final, le ski alpin manquerait d’intensité : qui diable peut voir une différence entre concurrents quand elle tient dans moins d’une seconde ?

Les responsables des sports ont une chance énorme : durant les nombreux temps morts, ils peuvent faire la promo pour leurs autres émissions, des spectacles souvent intéressants, parfois passionnants. Une bonne contribution au divertissement proposé au grand public que l’on peut apprécier même en osant trouver que la part du sport est trop belle !

"Quand Poutine fait ses jeux" ( RTS 2, lundi 27 janvier 2014 à 20h40 ) : une bonne heure d'exposition pour une document qui devrait proposer une réflexion sur un événement mondial (Photo RTS)

« Quand Poutine fait ses jeux » ( RTS 2, lundi 27 janvier 2014 à 20h40 ) : une bonne heure d’exposition pour un document qui devrait proposer une réflexion sur un événement mondial (Photo RTS)

Sochi ou Sotchi ? Les deux ! Le 23 janvier 2014, la RTS tenait conférence de presse à Genève pour présenter les deux cent cinquante heures ( seize par jour !) en direct qui vont être offertes du 7 au 23 février dans tous les sports, sur tous les écrans pour la plus grande gloire espérée du tsar Poutine. Heureuse innovation : on pouvait suivre cette conférence de presse sur son ordinateur. Un courriel mit aussi à disposition différents communiqués. Il était possible de d’intervenir depuis son domicile. Faute d’avoir remarqué cette offre, je n’ai pas posé une question pas forcément sans intérêt : combien çà coûte  et combien  çà apporte à la SSR-SRG ?

Psychopathes de séries : plutôt diviseurs que rassembleurs ?

Deux séries actuellement à l’antenne de la RTS, « Traque en série » et « Luther », une troisième jamais montrée par « notre télévision », « Dexter ». Un texte en cinq parties, assez indépendantes les unes des autres.

Après la fiche d’identité des deux premières, un rappel sur la nécessaire qualité de l’écriture. Rencontrerait-on trop de psychopathes ? L’audimat de « Traque en série » serait-il mauvais ? La RTS étonne par une assez paradoxale programmation.

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 1/Fiche d’identité

Très curieuse, cette apparition sur la RTS de deux séries européennes qui ont beaucoup de ressemblances. Elles peuvent être rapprochées d’une fort connue série américaine, « Dexter ». Nous y reviendrons plus bas.

Traque en série

« Traque en série » est apparue sur la RTS le 25 septembre 2013 en duos, à 21h15, les mercredis soirs. La projection se termine le 30 octobre, toujours en premier rideau. La RTS prend ainsi de vitesse ARTE qui diffuse la série durant six semaines depuis 11 octobre à 20h50.

Laura Bach

Laura Bach / Traque en série

Cette série est une assez vaste co-production de 2010 qui regroupait à l’origine TV2 du DANEMARK, TV2 de NORVEGE, la ZDF allemande, une entreprise danoise chargée de la production, MISO FILM.

Luther

« Luther » est une série britannique qui date, elle aussi, de 2010, adaptée en version française par Canal + en 2012. Il semble ainsi que la RTS soit la première à la proposer dans sa case « Made in Europa » par duos – forcément ¨- le vendredi soir aux alentours de 23h00. La saison 1 comprenait six épisodes, la 2 en 2011 quatre et la 3 en 2013 4 aussi. L’auteur se nomme Neil Cross et quatre réalisateurs, Brian Kirk (2), Sam Miller  (8 ), Stefan Schwartz (2) et Faren Blackburn (2) signent les mises en scène. Les audiences en Grande-Bretagne furent excellentes.

LUTHER - série BBC Idris ALBA dans le rôle de John LUTHER

LUTHER – série BBC
Idris ALBA dans le rôle de John LUTHER

2/La qualité de l’écriture

Il n’est pas inutile de le répéter : l’une des conditions nécessaires pour qu’une série soit membre du club «  haut-de-gamme à forte valeur ajoutée » tient à la qualité de l’écriture. Elle doit permettre à la fois de raconter des histoires passionnantes ou à tout le moins intéressantes avec des personnages à fortes composantes et multiples interférences entre les uns et les autres.

Ceci acquis ne signifie pourtant pas que le consommateur de la série va forcément se sentir à l’aise avec le sujet et les personnages. Peut alors intervenir une appréciation si prisée de réseaux sociaux installés sur internet, laquelle consiste à résumer son opinion d’une péremptoire «  J’aime », qui ne donne qu’une réaction personnelle sans mesurer la qualité de l’objet. Dans ce monde binaire, à ce « J’aime » s’oppose le « J’aime pas » tout aussi personnel sans être un jugement de la valeur réelle.

3/Trop de psychopathes

 Deux écritures brillantes, oui, certes, mais pourquoi ? On est alors frappé par d’autres ressemblances. Il s’agit une fois de plus de tueurs, et pas n’importe lesquels, de tueurs en séries. On est donc d’emblée de l’anormalité de cas extrêmement rares, sauf… dans la fiction télévisée des séries. Il n’y a pas le moindre effort fait pour  se trouver devant une situation réelle ou à tout le moins plausible. Voir beaucoup de psychopathes dans deux séries que sont proposées la même semaine conduit à un sentiment de bien inutile abondance.

Luther - série BBC Ruth Wilden dans le rôle d'Alice MORGAN

Luther – série BBC
Ruth Wilden dans le rôle d’Alice MORGAN

Dans les deux séries bien écrites, les enquêteurs et enquêteuses, ces dernières plus nombreuses dans les fictions de création que dans la réalité, souffrent aussi de certains troubles.  Dans « Traque en série », il y a de sombres pages dévoilées avec parcimonie, tant autour de Katrine, réduite à son seul prénom que de  Schaeffer, affublé de son nom de famille. Les problèmes qui affectent John Luther au passé trouble et au présent incertain (sa femme l’a quitté !), policier aux méthodes assez peu orthodoxes et Alice Morgan, au comportement trouble, se ressemblent. Les enquêteurs et les tueurs sont des psychopathes aussi inquiétants les uns que les autres avec leurs doubles personnalités certes différentes et leur comportement antisocial. Les comportements cruels et sadiques des tueurs laissent paraître la jouissance provoquée par des morts lentes.

Il faut faire par instants faire un réel effort pour ne pas fuir devant de tels personnages repoussants dans ces récits éprouvants. L’équilibre s’avère délicat à maintenir entre la reconnaissance des qualités réelles de telles séries et la marginalité des récits et des personnages qui les portent.

Jacob Cedergren /traque en série

Jacob Cedergren /Traque en série

 

 4/Mauvais audimat pour « Traque en série »

 Dans son édition du 12 au 18 octobre 2013, « Guide TV » qui fournit chaque semaine des informations sur certaines audiences de la RTS signale que « Traque en série » a fait une piètre part de marché en deuxième semaine. Même si la part de marché est souvent induite par le « j’aime » / « j’aime pas », il vaut la peine de s’y arrêter puisqu’il n’est pas possible de mettre en cause la qualité de la réalisation.

 » Guide Tv » amorce une explication un brin sommaire : ce serait le début de la chute des séries scandinaves pourtant si prisées, pas forcément encore par le grand public ni des parts de marché, mais assurément par ceux qui respectent les démarches créatrices de l’audiovisuel télévisé. Gageons que cette explication va combler d’aise ceux qui, à l’intérieur de la télévision, sont satisfaits des actuels principes de programmation des séries. Il se trouvera bien quelqu’un pour voir dans cet échec la preuve de la supériorité des séries unitaires américaines qui sont presque seules à occuper le premier rideau.

Laura Bach et Jacob Dedergren  Trauque en série

Laura Bach et Jacob Cedergren
Traque en série

Ce n’est peut-être pas aussi simple que cela.  On peut se demander si ce rejet qui reste à confirmer ne vient pas du sujet avec ces psychopathes où les enquêteurs souffrent et les tueurs sont des sadiques. Peut-être se trouve-t-on face à un « ras-le-bol » qui divise plutôt que de rassembler.

Ce rejet, s’il se confirme, devrait conduire les responsables des programmes de la RTS  à se demander pourquoi ils ne parviennent pas à faire apprécier par un large public des séries de haut niveau qu’ils présentent un peu trop systématiquement à des heures peu attrayantes. Par le passé, la TSR a su s’attacher un public exigeant. Elle a continué de le  faire ces dernières années en innovant avec des magazines informatifs ( « spécimen », « Zone d’ombre ») ou divertissants ( « Passe-moi les jumelles ») et dans les « Docs. Elle n’a pas su le faire, tant dans la présentation du cinéma d’auteur, le suisse en particulier, qu’avec les séries exigeantes, systématiquement reléguées en fin de soirée peu soutenues par une promotion timide.

 5/Paradoxale programmation à la RTS

On peut former un groupe avec trois séries, « Traque en série », « Zone d’ombre » et « Dexter » qui ont de profondes et troublantes ressemblances à travers leurs psychopathes. Il devient intéressant  d’observer la manière dont la RTS les inscrit dans son programme.

« Traque en série » dispose d’une excellente exposition à une heure agréable,  un soir de semaine, le mercredi à 21h15. « Luther » met fin à la soirée du vendredi, tardivement, aux environs de 23h00.  « Dexter » a été pratiquement interdit d’antenne suite à la décision d’un ancien responsable des programmes devenu soudain juge et moralisateur, décision maintenue par le suite.

 

Dexter (Michael C.Hall), en action transparente, durant la saison 8 - sur tf1 en super-nocturne et pas sur la RTS

Dexter (Michael C.Hall), en action transparente, durant la saison 8 – sur tf1 en super-nocturne et pas sur la RTS

Il est difficile de comprendre cette «programmation » qui manque à tout le moins de cohérence. Pourquoi une série en premier rideau et l’autre pratiquement « censurée » ? Avantager « Traque en série » plutôt que « Luther » permet de  prendre de vitesse ARTE dont par ailleurs les faibles parts de marché sont parfois citées avec une once de supériorité.

On pourrait proposer une meilleure programmation si on présentait les séries récurrentes faites pour fidéliser le public épisode par épisode et non pas en duos. Mais, parmi les généralistes francophones, chacun s’aligne sur les chaînes commerciales que sont TF1 et M6. La TSR n’ose malheureusement pas faire preuve d’audace et d’originalité face à la création audiovisuelle comme elle savait et sait encore le faire dans d’autres secteurs.

 

 

 

« Borgen »: saison 3

 

 

Sous le titre « Diversités en séries », Le Temps publiait, le 30 septembre 2013, plusieurs textes signés Nicolas Dufour et un entretien avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public, consacré aux séries majoritairement américaines programmées par la RTS. Le jeudi 12, en page 11 du même journal, le directeur de la RTS, Gilles Marchand, signe un texte intituté « Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public », qui est aussi une réponse aux contributions du 30 septembre. Accès direct au texte au centre de la page d’accueil du site rtsr.ch

Le débat n’est pas clos. Dans le domaine de la programmation, y compris de séries américaines à forte valeur ajoutée et du cinéma d’auteur, suisse en particulier, la RTS peut – d o i t – faire mieux ! ( Fyly – 12.09.2013 – o7:52)

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Sages, ces danois : ils ne vont pas surexploiter leur mine d’or. « Borgen » s’arrête à la fin de la troisième saison. Son auteur principal, Adam Price, appartient à la famille des meilleurs « showrunners », ces responsables de la structure d’une série qui dirigent des équipes de scénaristes et de dialoguistes.

Le plaisir des retrouvailles

Il y a d’abord un plaisir au premier degré, celui de retrouver une bande de « copains », et parmi eux d’y compter quelques amies  ou amis. C’est un des effets positifs de la série récurrente qui se développe comme une imposante saga. Content de vous retrouver, Birgitte, Katrine, Kasper, Ulrik, Torben, Philippe, Layra, Magnus et les autres.

BORGEN Saison 3-3 Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel - RTS]

BORGEN Saison 3-3
Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel – RTS]

Contre une loi trop sévère

Depuis sa défaite électorale, Birgitte parcourt le monde en conférencière. Layra et Magnus grandissent. L’ancienne cheffe du gouvernement a gardé un plutôt bon contact avec son ex-mari Philippe, tout en ayant un nouveau compagnon. Mais elle n’arrive pas à oublier la politique, elle qui s’est refusée à faire des compromis sur les droits de l’homme. Or le parlement danois s’apprête à voter une loi sévère qui devrait permettre d’expulser plus facilement des étrangers considérés comme indésirables. Cela, Birgitte la centriste ne le supporte pas. Elle penche vers la gauche humanitaire plutôt  que la droite sécuritaire. Elle veut donc reprendre le combat.

Candidate à la présidence de son parti du centre, elle est battue par 59 voix contre 51. Rentrer dans le rang ? Pas question. Elle décide, seule d’abord, de fonder un nouveau parti. Katrine, la journaliste de la première chaîne, qui élève plus ou moins seule un enfant en bas âge, prendra le risque de la rejoindre. Elle ne restera pas seule. Ses anciens amis vont devoir se définir par rapport à elle.

Anecdote : un certain Grabre !

 Birgitte se présente à l’entrée de la télévision. L’entrée lui est d’abord interdite, car elle doit décliner son identité comme n’importe quel quidam. Et puis, un gardien n’est pas censé avoir mémorisé les visages du tout le personnel politique du pays, surtout deux ans après un retrait du pouvoir.

BORGEN  SAISON 3 - 4 Brigiette avec ses deux enfants Magnus et Leyra

BORGEN SAISON 3 – 4
Birgitte avec ses deux enfants Magnus et Leyra

Exagération de scénariste ?  Une anecdote m’est revenue, qui circulait à la TSR à la fin des années soixante. Un monsieur d’un certain âge se présente à l’entrée où il est sommé de patienter. Le gardien prend son téléphone interne, appelle Monsieur Dumur pour lui demander ce qu’il doit faire avec « un certain msieur Grabre » qui veut le rejoindre. Pierre Graber était alors président de la Confédération s’en attendu, sauf erreur, à « Table ouverte »!

Politique d’accueil

Fonder un nouveau parti national pour lutter contre une politique d’accueil des demandeurs d’asile jugée trop sévère, n’est-ce pas utopique ? Oui, c’est de la fiction. Mais tout de même, pour appuyer  Madame Widmer-Schlumpff rejetée pour crime de lèse-majesté blocherienne, en 2008 en Suisse fut créé un nouveau parti, le certes modeste PDB.

BORGEN Saison 3 - 2 Johan Philip Pilou Asbaek (Kasper Juul),  Katrine et le bébé

BORGEN Saison 3 – 2
Johan Philip Pilou Asbaek (Kasper Juul),
et Birgitt Hjort Sorensen (Katrine Fonsmark) et le bébé

La vie politique suisse de 2008 présente quelque ressemblance avec la fiction danoise. « Borgen » est le reflet réinventé de certaines réalités politiques qui se restent pas confinées dans un petit territoire. Mais on pourrait faire un « Borgen » suisse, en s’inspirant en partie de nos réalités. Regarder« Borgen » en pensant à notre propre situation ouvre un nouvel angle d’approche sur cette série qui reste donc parmi les meilleures que l’on puisse voir actuellement.

Un plaisir gâché…..

 

BORGEN / Saison 3 - 1 Sidse Babett Knuden (joue Birgitte Nyborg Christensen) Mikael Birrkjaer (Philip Christensen)

BORGEN / Saison 3 – 1
Sidse Babett Knuden (Birgitte Nyborg Christensen) et Mikael Birrkjaer (Philip Christensen)

Je vais rabâcher au risque d’énerver  le lecteur !! Il faut être au rendez-vous proposé par  RTS 1, le vendredi 6 septembre 2013 à 23 :50, une demi-heure plus tard que pour les quatre autres duos d’épisodes présentés à 23h20. La fin de l’épisode 4, c’est pour 01h50 – mais oui, deux heures du matin! « Passe-moi les jumelles » qui a vingt ans mérite bien deux heures de fête en premier rideau. Les fanatiques du « Mentaliste » peuvent, ce soir-là, se plaindre de n’avoir eu qu’un numéro de leur série préférée. Les noctambules qui aiment « Borgen » pourront se taper comme d’habitude deux numéros successifs d’une série pourtant conçue pour être proposée épisode par épisode. Il faudra revenir aussi sur ce principe de programmation qui imite servilement les généralistes de France, commerciales mais hélas aussi de service public, qui accumulent parfois trois ou quatre  épisodes le même soir. Un incroyable non-sens!

Cette programmation tardive est tout simplement un défi à la qualité, une provocation faite contre ceux qui rêvent d’une mise en valeur de ce que la fiction offre actuellement de meilleur parmi les séries récurrentes. Incompréhensible ! Inexcusable ! Mais pourquoi diable les responsables de la programmation sabotent-ils (faudrait-il écrire « elles ») le travail des créateurs ? Et où va se cacher l’esprit du « Siècle des Lumières » auquel le PDG de la SSR-SRG, Roger de Weck, se référait  en accédant à sa nouvelle fonction?

Cinquante millions en une année pour la production externe

Vendredi 30 août 2013 : vous aimez les séries, surtout les récurrentes à grande valeur ajoutée pour atteindre le haut de gamme? Peu-être avez-vous lu le LE TEMPS avec  cinq sujets signés par Nicolas Dufour en pages 1 et 3 :

Les écrans de la RTS envahis par les feuilletons américains 

Editorial : Diversité en séries 

Séries américains, l’overdose ?

La RTS choisit les méthodes des grandes chaînes privées ( un entretien de Nicolas Dufour avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public) 

Plus que TF1

Ces différents articles sont à lire en suivant ce lien

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1/ Cinquante millions par année à la RTS pour la production externe ? Aucun lien avec la réalité. Un petit jeu de fiction financière : que pourrait-on faire avec cinquante millions par année ? Par grand chose, sauf d’acheter à tour de bras des séries américaines pas très ambitieuses déjà amorties sur le marché national. Tout de même une occasion de parler coût de production, de savoir un peu « combien çà coûte » ?

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2/ « Passe-moi les jumelles » ( plus simplement « Paju ») existe depuis vingt ans déjà. Cette émission contemplative honore la RTS qui la présente en premier rideau ( dès 20 heures, avec ses émissions originales.) Un hommage en images est introduit dans le texte.

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Troisième saison pour la remarquable série danoise, « Borgen ». Là aussi, dans le texte, un hommage par quelques images. Il faut protester contre la provocation faite par les responsables de la programmation qui n’exposent pas cette série avant 23h00 pour se terminer à près d’une heure du matin. Voilà comment l’on traite la qualité au royaume de la quantité reflétée par les parts de marché !

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Le téléspectateur devrait fonctionner au « coup de cœur » pour se laisser guider vers ses émissions préférées. A chacun de faire ses choix. Mais il faut aussi parfois aborder l’audiovisuel contemporain rationnellement. Il est facile de répéter qu’il y a trop de sports à la SSR-SRG., souvent installés en priorité sur RTS 2. Il l’est tout autant de regretter la place envahissante prise par les séries unitaires américaines aux meilleures heures, dès le milieu premier rideau, dès 21h00, sur RTS1, le « navire amiral », l’armada formée par les autres moyens modernes, internet, le portable, etc.

 

2013- le Weisshorn, là où la fête aura lieu pour le 20ème anniversaire

2013- le Weisshorn, là où « Paju » célèbre son vingtième anniversaire.

L’impossible transparence

Il vaut la peine de s’interroger sur ce que peut proposer la RTS, sur ses deux chaînes, durant quarante heures chaque jour de l’année. Il y a un problème d’argent, dont on entend rarement parler si le montant de la redevance est une sorte de monstre du Loch Ness ! Le souci de transparence n’est pas prioritaire. Combien çà coûte, une minute de « Téléjournal » ? Combien çà coûte, une minute de « Temps présent », ou de « Paju » dont on va dignement fêter le vingtième anniversaire ? Le sait-on vraiment ? Et si on le sait, accepterait-on de le dire ? Il n’est pas facile de répartir sur chaque émission les coûts de la rénovation de la Tour, de l’achat du matériel, du salaire du directeur des programmes, de de celui de l’assistante de la secrétaire de la responsable des achats des séries !

2001 Manuella Maury et 2001 : Manuellla Maury et Benoît Aymon. Mais qui reconnaît la vraie vedette sur cette image ?

2001 : Manuellla Maury et Benoît Aymon. Mais qui reconnaît la vraie vedette sur cette image ?

Le coût-minute de l’externalisation

Réponse possible, dans un domaine au moins. La télévision sait à peu près ce qu’elle dépense lorsqu’elle externalise sa production ou qu’elle procède à des achats d’un produit audiovisuel qui existe sans son intervention. On peut plus ou moins correctement estimer le coût pour une minute d’antenne.

Imaginons qu’une chaîne comme la RTS dispose de cinquante millions par année pour l’externalisation. Que pourrait-elle offrir, réponses approximatives données en heures annuelles de diffusion ou en minutes par jour ?

Les séries romandes du samedi soir

La RTS réserve quelques-uns de ses samedis soirs à des séries récurrentes. On attend pour cet automne la deuxième saison de « L’heure du secret » dont le tournage est pratiquement terminé. Admettons que l’ordre de grandeur du coût à la minute tourne autour des quinze mille francs. Cinquante millions permettraient de proposer trois mille trois cents minutes de programme :

55 heures pour une année entière ou 9 minutes par jour.

Objectif équivalent à « Borgen »

Un objectif à cinq ans devrait s’installer dans l’esprit des décideurs,  pour arriver à faire en Suisse romande l’équivalent de « Borgen »,  il faudrait probablement pouvoir investir vingt-cinq mille francs la minute et décider de prendre le risque d’une programmation courageuse, au moins en milieu de premier rideau plutôt que le samedi soir à 20h00. Il y en aurait pour deux mille minutes :

33 heures pour l’année, entre 5 et 6 minutes par jour.

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 La diffusion de la troisième saison de la splendide série danoise débute sur RTS 1 le vendredi 30 août 2013, à 23.15, le deuxième épisode se terminant à 01h00

Brigitte Nyborg - Borgen saison 3 - èpisode 1

Brigitte Nyborg – Borgen
saison 3 – épisode 1

Une fois de plus, cette programmation tardive est une provocante marque de mépris à l’égard de tous ceux qui tiennent en haute estime les séries récurrentes à forte valeur ajoutée qui prennent place dans le haut de gamme

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Co-production cinématographique : « Les grandes ondes » de Lionel Baier

La RTS a investi 350 mille francs pour les 85 minutes du film de Lionel BAIER qui vient de faire une première réussie sur le Piazza Grande de Locarno. Cela fait donc un peu plus de quatre mille francs la minute. C’est un assez gros investissement. Les cinquante millions permettent alors de proposer

 210 heures annuelles, environ  35 minutes par jour.

Temps présent

Il est plausible d’estimer qu’un « Temps présent » de cinquante minutes coûte cent mille francs, donc deux mille francs la minute. On pourrait donc offrir vingt-cinq mille minutes

 415 heures annuelles, un peu moins de 70 minutes par jour.

 

Brigitte et Philippe /Borgen Episode 10

Brigitte et Philippe /Borgen
Saison 1 – Episode 10

Côté «  docs » avec « L’expérience Blocher » et « Le tableau noir »

Tant pour le premier (cent trente mille francs pour cent minutes) que pour le second (cent cinquante mille francs pour cent dix-sept minutes), on est autour de mille trois cents francs la minute. On disposerait alors de

 615 heures annuelles,  105 minutes par jour.

 Le tout venant de la série unitaire américaine

Les séries américaines, qui sont  souvent produites par des chaînes à péage, comme certains films du reste, arrivent sur les marchés européens parfois entièrement amortis. C’est du « tout bénéfice ». Il n’est pas absurde d’effectuer un premier calcul en prenant un coût plausible de base de cent francs la minute.

Avec cinquante millions de francs suisses, on s’offre un cinq cent mille minutes d’antenne, de quoi remplir un canal 24 heures sur 24 :

8.500 heures annuelles,  un peu moins de 1.400 minutes par jour.

BORGEN - Episode 20 - Saison 2

BORGEN – Episode 20 – Saison 2

Contribution à de bonnes parts de marché

Mille quatre cents minutes, ce sont  à peu près vingt-quatre heures par jour. La conclusion est claire. Avec  cinquante millions pour les achats et les séries américaines les plus commerciales déjà amorties, on peut faire tourner une chaîne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De plus, les séries majoritairement américaines contribuent à maintenir une bonne moyenne pour les parts de marché.

Répéter qu’il y a trop de séries américaines, c’est être un doux et utopique rêveur. Ces séries sont indispensables pour faire fonctionner le double programme de la RTS ; hélas !!

 Il faut se battre pour une plus grande diversité dans l’origine des séries et des films de cinéma afin que certaines sources européennes, mais pas elles seulement, remplacent les sempiternelles américaines. Il faut que les séries à haute valeur ajoutée du haut de gamme soient plus souvent accueillies à des heures de meilleure écoute, par exemple en milieu de premier rideau (un peu après 21h00) plutôt qu’aux environs de minuit. La part de marché risquerait-elle d’être en baisse ? Mais que mesure l’audimat ? La quantité. La qualité est une valeur culturelle qui n’est pas prise en compte par une présentation de  « Borgen » à 23h15 !!! Dit autrement : la RTS, qui s’aligne beaucoup trop  sur l’esprit de TF1, devrait s’autoriser à « concurrencer » plus souvent ARTE.

La programmation de la fiction audiovisuelle est le point faible de « notre » télévision ! Elle est presque complétement l’esclave  des parts de marché !! Doit faire mieux ! Mais le veut-on ?

 

 

Considérations estivales : III

Dans ces troisièmes considérations estivales, ce mardi 13 août 2013, deux sujets,

ci-dessous, le jeu avec gain « Cash à mille francs pour dix questions »

et plus bas le très et trop américanisé « Box-office à la carte« 

Voir aussi « Considérations estivales II » et « Considérations estivales I« 

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8/ « Cash » à mille francs pour dix questions

Les jeux télévisés s’inscrivent naturellement dans la volonté de divertissement de toute chaîne de télévision. On les quitte parfois en ayant appris quelque chose de plus, pas très souvent, mais au moins en s’étant un peu amusé durant quelques minutes, mission alors remplie par l’émission. « Cash » ( RTS1 – lundis peu après 20.00 durant une vingtaine de minutes). Et l’éventuel « fan » de l’émission qui peut-être existe peut la voir et revoir sur internet.

Logo de "Cash" en 2008

Logo de « Cash » en 2008

Le décor change plus que les plaisanteries

Il est assez fréquent qu’un jeu offre à des participants une récompense en argent, même si parfois cela tient du jeu de hasard. Vanesse et Enzo, selon l’habitude en divertissement qui réduit les gens à l’intimité d’un seul prénom, animent ensemble l’émission, le premier plus bavard que la seconde agréablement souriante. D’une semaine à l’autre, les plaisanteries restent un peu les mêmes si le décor, heureusement, change.

Enzo, présentateur de "CASH" avec un billet mieux que grandeur nature. Photo RTS - Kearney Anne.

Enzo Y, présentateur de « CASH » avec un billet mieux que grandeur nature. Photo RTS – Kearney Anne.

Difficultés grandissantes des questions

Un jeu est réussi s’il permet au téléspectateur de jouer de son côté, en un acte d’activité timide mais honorable. Mais pour que ce téléspectateur puisse se comparer aux participants sans être écrasé par eux, mieux vaut tout de même poser quelques questions dont les réponses sont à la portée d’un assez large public. Ainsi les dix questions de « cash » vont-elles en croissantes difficultés. Pour ajouter un brin de sel ici ou là, voici la question 5 qui permet de demander au public la réponse, la 7 qui impose de choisir celui qui va la poser, l’un porteur d’une question facile, l’autre d’une difficile. La 9, elle, demande que l’un mime en muet quelqu’un au quelque chose que l’autre doit reconnaître. Et le duo des concurrents, au bout de dix minutes, reçoit deux fois cinq billets de cent francs en équitable partage pour ceux qui ont franchi les dix obstacles. Il arrive même que les animateurs doivent donner des indices pour que le jeu ne s’arrête pas à la question deux !! Bien sûr, d’une question à l’autre, d’une semaine à l’autre, Enzo tente de faire monter le suspens en faisant attendre son verdict « juste » ou « faux »!

Vanessa (banquière). Vanessa(banquière). Cash. Novembre 2012 Photo RTS/Christin Philippe

Vanessa X (banquière). Cash. Novembre 2012
Photo RTS/Christin Philippe

Evidemment, les émissions se ressemblent beaucoup d’une semaine à l’autre, au point de provoquer une sorte de lassitude – mais ce problème du canevas sur lequel on brode n’est pas l’apanage des seuls jeux. « Un diner à la ferme », dans sa structure, doit tenir toute une saison et ne varie que peu d’une année à l’autre. « Cash » est une émission plaisante si on ne la voit pas trop souvent !

Les visages de ceux de l’ombre

Toutefois, on change de lieu et, avec deux caméras et une équipe d’une dizaine de personnes, on peut s’en aller faire quelque promenade touristique intéressante dans la localité choisie. Une formule originale pour le générique de fin : montrer dans le lieu d’accueil certains des collaborateurs qui font l’émission ce qui permet de faire découvrir au public des visages et pas seulement un nom dans le générique de fin que du reste personne ne lit quand il n’est pas coupé. Les « petites mains »  méritent d’être tirées de l’ombre. Une émission ne se réduit pas à ses seuls présentateurs !

Enzo présentateur de Cash à Caribana, ambiance tournage 2010

Enzo présentateur de Cash à Caribana, ambiance tournage 2010. Les images proposées par le rts médiapress privilégient les présentateurs. En voici tout de même une qui montre l’existence d’un de ceux de l’ombre, un caméraman qui reste pourtant anonyme.

Appel ou SMS à 80 centimes

L’argent est donc introduit dans la majorité des jeux. Il arrive même que ce soit le sponsor qui le mette à la disposition de la production. Reste que cette production pose aussi une question au téléspectateur qui semble avoir ainsi une chance de gagner cinq cents francs. Pour dire si XAMAX était un club de football associé soit à la ville de Berne, / taper un) ou à celle de Neuchâtel ( taper 2), il en coûte 80 cts par appel ou sms. En principe, il doit y avoir une répartition de ces 80 centimes entre différents partenaires. Combien de personnes – faut-il écrire de pigeons – pour répondre à des questions en général d’une grande facilité ? Un millier et c’est une recette de huit cents francs. Cinq mille et la recette se monte à quatre mille francs. Il en revient cinq cents au gagnant bien sûr par tirage au sort. Voici une forme de loterie qui pourrait bien être d’un rendement pour l’organisateur nettement supérieur à  celui de la LORO, à laquelle les petits jeux de questions tellement faciles font probablement concurrence peut-être même déloyale !

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PS personnel 

Bien entendu, le jeu y gagne quand on joue chez soi. Il y a trois positions possibles face à un jeu de connaissances larges plus que de culture générale qui ne se réduit pas à une réponse en un seul mot :

+ connaître immédiatement la bonne réponse

+ l’ignorer

+ mais avec l’âge qui progresse, le plus désagréable est de savoir que l’on sait répondre sans savoir retrouver les justes mots !!

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 7/ « Box office » à la carte

 Du lundi 1 juillet 2013 au 19 août, il y a bien huit semaines. Des milliers de téléspectateurs, probablement, ont choisi un film sur deux proposés chaque semaine. Nos remarques ne prennent pas en compte la décision finale du public, seulement le choix qui lui est offert. La RTS répète que son public fait son propre programme. Un peu court comme liberté de programmation ! Quel est le montant des recettes financières pas négligeables à coup de 80 centimes par message? Communique-t-on le rendement financier des appels ?

Sur seize films offerts, un purement français, « L’arnacoeur » de Pascal Chaumeil, attribué à la France en 2010. ( 19 août 2013)

« The ghost writer » est un film attribué à « G-B / Fr /(All ). C’est un grand film de Roman Polanski tourné en anglais avec une distribution presque totalement anglophone. Une certitude, le film ne peut pas être attribué aux USA. (5 août 2013).

Angelina Jolie et Johnny Depp dans "The tourist" (photo studiocanal)

Angelina Jolie et Johnny Depp dans « The tourist » (photo studiocanal)

« The tourist » est le titre français d’un film réalisé par l’allemand Florian Henkel von Donnersmarck en 2010 avec une distribution comprenant Angelica Jolie, Johnny Depp, Timothy Dalton. Il a coûté cent millions de dollars et en a ramassé paraît-il près de trois cents au niveau mondial. Il y a certes un co-produteur français, CANAL +.  (19 août). Cela permet à la RTS dans son avant-programme de le faire passer dans la catégorie France.

Les mêmes -cf photo de gauche

Les mêmes

Résumons : seize films proposés, treize incontestablement venus des USA, deux anglophones et un français. On ne peut pas dire diversité! Le premier rideau pour les anglophones même doublés en français !

 

La part de l’autre

 Un journal gratuit, lu en « 20 minutes », traite plus de cent sujets – environ dix secondes en moyenne par sujet. Le meilleur de « Mise au point », ce sont ces modules de sept/huit minutes qui se terminent alors qu’ils deviennent vraiment intéressants. Un long-métrage de cinéma est l’équivalent d’une nouvelle bien dense d’une centaine de pages. Tout se passe comme si la réponse du berger curieux à la bergère hâtive prenait maintenant une place de plus en plus grande, d’où le succès grandissant des séries aux épisodes formatés à la minute près, la liberté retrouvée consistant à moduler le nombre de chapitres tout en donnant du temps au temps.

"La part de l'autre" de Christophe Chiesa, une mini-série de cinqépisodes sur le don et la réception d'organes tournée durant trois mois en immersion aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV)

« La part de l’autre » de Christophe Chiesa, une mini-série de cinq épisodes sur le don et la réception d’organes tournée durant trois mois en immersion aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV)

Nouvelle mini-séries des « DOCS »

Depuis le vendredi 24 mai 2013, durant cinq semaines, RTS1, en premier rideau, donc peu après vingt heures, fait place à cinq épisodes de quarante-cinq minutes placés sous le titre un peu mystérieux, « La part de l’autre », qui se déroule presque exclusivement, à en faire la constatation dans le premier épisode, aux HUV ( Hôpitaux Universitaires de Genève), dans un modeste service d’une douzaine de chambres, voué aux seules transplantations d’organes réalisées par des équipes médicales de pointe à la recherche permanente de progrès.

Hors du bloc opératoire

Alors, quoi, un « médical » de plus, ce genre qui fait parfois concurrence au « polar » unitaire ? Va-t-on se retrouver proche de la lointaine série « Urgences »  et de son lieu de prédilection, le centre opératoire ? Ou se dirigera-t-on vers la primauté donnée au diagnostic qui fit le succès du très original « Dr House » ?

Les diagnostics sont clairs : les patients sont condamnés à mourir à brève échéance ou à de lourds traitements leur vie durant si une transplantation est impossible.  Ces « receveurs » sont beaucoup plus nombreux que les « donneurs ». On peut prélever des organes sur un corps cliniquement mort avec le consentement préalable du défunt ou celui de ses proches. Mais le don peut aussi provenir d’un vivant et en bonne santé, souvent un proche. L’opération est alors double, avec coordination délicate exigeant une grande précision. Il s’agit de sauver une vie ou de rendre la survie acceptable grâce à cette « part » de l’autre.

"La part de l'autre"

« La part de l’autre »(Photo RTS)

Procéder par immersion

Dès lors, comment évoquer le don et la réception. L’équipe peut, en accord avec les soignants et leur organisation, être partout et tout le temps présente, au risque de perturber l’essentiel, les soins. Les responsables de « La part de l’autre » ont renoncé à imposer leur présence qui peut être perturbante. Ils ont choisi la discrétion, être présents le plus souvent possible, mais sans gêner les interventions professionnelles techniques, s’en tenir à écouter des conversations entre un receveur et ses proches ou interrogé par un membre de l’équipe, se glisser dans une réunion entre soignants, assister à des rencontres. Bref, être présents durant trois mois dans le petit service des HUV pour récolter images et sons sans perturber – mais peut-être parfois un peu tout de même  –pour saisir un bébé qui ne veut pas quitter les bras de sa mère, un époux qui montre une immense tendresse pour sa femme qui va céder un rein à son bébé. Entre autres..

L’importance du montage

Une équipe de tournage réduite est bien entendu indispensable pour une démarche par immersion.  Avec la légèreté du numérique, la matière accumulée peut se compter en dizaines, voire en centaines d’heures. Le choix pour ramener le tout à cinq fois quarante-cinq minutes s’effectue au montage.

Et ce montage, dès lors, ne différera guère de celui qui s’effectue pour des séries de fiction dont le tournage résulte d’une mise en scène. Il faut tirer du matériel un récit clair, précis, intéressant, didactique, amical, émouvant. Parler de récit permet d’éviter le mot « spectacle » qui a ici quelque chose d’un peu gênant.

La part de l'autre 1/5 L'espoir

La part de l’autre

Face à la caméra et au micro, il y a des personnes. Les « receveurs » comme les « donneurs » vivants ne sont nommés que par leurs prénoms. Ce sont des personnes qui en perdant leur identité du nom de famille deviennent des personnages. Il y a Fabio, 18 mois, sa mère Edwige qui lui donne son rein, son pèrei Bruno. Annie à aussi donné un rien à son fils David qui va bientôt quitter l’hôpital après un moment d’angoisse devant une crainte rejet qui n’était qu’une amorce d’infection. On fait aussi la connaissance de Michael, le jeune charpentier diabétique qui doit encore grandir.

Par contre, les accompagnants, qui sont certes médecins, chirurgiens, mais aussi  psychologues ou psychiatres entourant les « receveurs » dans des situations parfois délicates, portent noms et prénoms, ce qui sert dès lors de rappel de la réalité professionnelle.

Rôle du commentaire

Le verbe, bien sûr, se glisse dans les multiples formes de conversations. Mais il doit souvent être appuyé par un commentaire qui complète le complexe audiovisuel d’informations indispensables. Ce commentaire est souvent utile. Mais il est parfois frustrant d’apprendre qu’un détail qui gripperait une intervention risque de renvoyer une transplantation de plusieurs mois sans que l’on puisse sinon comprendre du moins deviner les causes d’un tel renvoi ? S’agit-il d’une allusion au fait qu’un organe doit être transplanté dans un délai bref pour remplir sa fonction de substitution sans risque de rejet ?

La part de l'autre 1/5 l'espoir

La part de l’autre
1/5 l’espoir     

Fiction et documentation

 Le premier épisode est construit de telle sorte que tous les événements qui se produisent semblent se dérouler en un seul et même jour, même si des informations sont apportées par les conversations et les commentaires qui introduisent la notion de durée. Certaines interventions de la musique  contribuent aussi à donner l’impression qu’une série qui reflète la réalité n’est  que peu différente d’une fiction issue de la seule imagination de ses auteurs.

Certes, on va retrouver les différentes personnes, y compris les receveurs devenus personnages, d’une épisode à l’autre. Le premier épisode est placé déjà par son titre sous le signe de « L’espoir ». Viendront la « métamorphose » qui suit une transplantation, le « deuil » aussi, celui d’un donneur, ou le risque encouru lors d’un rejet, avant de s’intéresser au rôle de la famille.

« A suivre »

« A suivre » est le titre provisoire donné au cinquième épisode. On peut s’en servir pour recommander vivement de suivre une série qui, dès le premier épisode, s’annonce comme excellente, émouvante, généreuse. Et qui peut-être pourrait contribuer à faire augmenter le nombre de « donneurs » qui restent souvent trop rares pour les « receveurs ». Une telle série, réussite assurée, est à porter à l’actif de son équipe de réalisation et du groupe  des « Docs » de la RTS.

 

 

 

 

 

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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