Emissions RTS

« Jour J » : une fois par trimestre

Intéressants, les mercredis soirs de RTS Un par la variété de ses propositions  comme « 36,9 », « Spécimen ». « Zone d’ombre ».Voici un nouveau magazine de société, trimestriel, conçu par une équipe pour laquelle le  Jour J est celui de l’entrée en retraite de trois personnes, une directrice d’école de langues privée, Liliane Rossi, 65 ans, un sergent pompier de l’aéroport de Genève, Jérôme Jaquier, 60 ans, le notable, Josef Zizyadis, 56 ans. Un  choix clair pour la forme : pas de commentaire. Il eut été possible de présenter trois portraits successifs durant une vingtaine de minutes chacun. Là encore, un choix clair, lui aussi, risqué : proposer une  approche amicale en un puzzle de séquences alternées. La prise de risque, évidente, est chose positive.

En attente de retraite

Liliane Rossi (65 ans) est directrice d’une école de langues et fait un peu tout elle-même. On découvre son dynamisme quand elle est au milieu des enfants. Mais on comprend aussi la rudesse de son problème actuel : que deviendra son école ? Elle rencontre des successeurs, qui ne sont malheureusement pas des acheteurs.Et quand un acheteur se profile, venu de l’étranger, encore  faudrait-il que celui-ci puisse obtenir un permis de travail. Le jour J, pour elle, tarde à arriver.  L’école ?  Il suffirait qu’elle cesse son activité. Mais l’équivalent d’un deuxième pilier même modeste disparaît. Un futur pas forcément serein pour elle.

Départs anticipés

Jérôme Jacquier (60 ans ) est sergent du service de secours centré à l’aéroport de  Genève. Il a décidé de prendre une retraite anticipée. Ses collègues et amis préparent une large et belle fête pour ce départ anticipé, qui se charge ainsi d’émotion. Il pourra être plus souvent avec son épouse, avec son petit-fils, donner plus de place à sa passion, la pêche avec ses amis sur un bateau. Amusante  anecdote racontée en passant : sa maison est située dans l’axe des pistes de l’aéroport. Son chien aboie certains avions, mais pas tous, seulement ceux d’Easyjet ! Serait-il allergique à la couleur ?

Josef Zizyadis,56 ans, prend sa retraite de politicien professionnel et prouve aussi qu’elle ne signifie pas absence d’occupation. Il va donc retrouver ses racines grecques pour planter là-bas une vigne entre avec des amis vignerons vaudois. Le voici en colon dans son pays natal. Il pourra mieux encore qu’avant se laisser aller au plaisir que donne le goût du vin, de la bonne chère. Le gourmet politiquement d’opposition dans son pays d’adoption trouve aussi forme nouvelle d’engagement dans son pays d’origine.

Retraites à tous âges

Vingt minutes permettent de découvrir deux inconnus et d’en savoir un peu plus sur le troisième qui ajoute ainsi une facette à sa notabilité, à en faire oublier le politicien qui fut presque toujours dans l’opposition. Pour Mme  Rossi, la  retraite se fait attendre, qui pourrait bien se produire dans des conditions financières difficiles. Les deux messieurs semblent donc avoir pu anticiper la leur sans que cela leur pose de problèmes matériels. Il eut été intéressant d’en dire plus sur le problème du niveau de ceux qui ont franchi le Jour J.  Ni l’un, ni l’autre ne peut représenter une retraite «  normale » prise à  l’âge légal.

Quelle chronologie ?

Mais le jour J, est-il le même pour les trois invités ? Pas facile de le savoir. On  passe avec l’une le jour de la retraite qui se fait attendre en ayant suivi ce qui se passait avant elle. Pour le pompier, c’est le jourJ  des adieux qui est au centre du portrait. Le politicien fait ses adieux politiques et on le retrouve en partie après. Avant, pendant, après, en même temps ou à des dates différentes, On s’y perd un peu dans la chronologie. Mais ce n’est pas très grave.

Passer de l’un à l’autre

L’équipe responsable de « Jour J » Astrid Buecher, Isabelle Nussbaum, Christian Fargues Sabrina Nessi, Francesco Cesalli, et Forence Farion ( Photos RTS)

Les trois « retraités » n’ont en commun que le fait de figurer dans la même émission. Dès lors que l’on renonce à suivre l’un puis le l’autre, il faut trouver le moyen de faire coexister les trois formes d’immersion dans trois vies privées. Pour passer de l’un à l’autre, recours est fait à une astuce technique : une même image est coupée en deux, à gauche on  voit un moment de vie de l’un et à droite de l’autre. L’astuce est purement formelle.

Mais les soixante minutes ont au moins eu le mérite de ne pas générer d’ennui et de provoquer une amorce de « complicité » avec chacun des trois invités

Le sport pendant, avant, après

Quelles sont les émissions, pour une chaîne de service public généraliste comme la TSR ( ou la RSR) , dont la diffusion est précédée de souvent longues présentations et suivies de tout aussi souvent multiples commentaires ? Les émissions politiques, qu’il s’agisse de votations et d’élections. Le service public joue là fort correctement son rôle informatif

A part cela ? Il n’y a guère que certains sports à être soumis à pareil régime.

Et d’autant plus si ce sport apporte aux « clients » une équipe ou des sportifs de haut niveau « patriotique » !  Ainsi en va-t-il actuellement avec le football (FC Bâle), le ski alpin (Cuche, Feuz, etc) et nordique (Amann, Cologna), le cyclisme (Cancellara), le tennis (Federer). Pour diverses qualités spectaculaires, on peut compléter cette liste avec l’athlétisme, le hockey-sur-glace, les sports motorisés, le rugby et le patinage artistique. Les journalistes, leurs experts et autres consultants parlent abondamment, parfois en revenant inlassablement sur les mêmes images – ah, ce but de Stocker à la 87ème minute! Le Verbe répété règne en maître. Il ne fait pourtant pas fuir le consommateur !

Didier Cuche

Mais la vraie valeur du spectacle se situe dans le sport lui-même plus que son commentaire. Il y a les sports qui montrent bien les qualités des interprètes et leurs maladresses : cela vaut pour le football, le ski nordique, le patinage artistique, le tennis surtout, un peu le cyclisme, le rugby. Sans les informations du chrono, qu’en serait-il du ski alpin ? L’attente de chutes et d’abandons. Les sports motorisés : va pour les dépassements, souvent dangereux. Alors à qui la palme ? Au tennis, au football et au rugby, qui se passent de trop de mots !

CROM, entre deux chaises

Des femmes à la tête d’un pays

Le cinéma populaire à grand spectacle et vocation commerciale ne fait guère belle place aux grands personnages féminins s’il continue d’affectionner les belles actrices qui savent répondre aux désirs masculins. Les séries télévisées, dans une certaine mesure équivalentes à ce cinéma des « blockbuster », qui disposent du poids littéraire de la saga de longue durée ( une page de roman vaut environ une minute d’audiovisuel), ont une vertu qui ne doit pas être oubliée : les personnages féminins y sont souvent choyés, dans une exposition équivalente ou parfois supérieure à celle des hommes. Des récits comme «A la Maison Blanche», « Les hommes de l’ombre » ou encore « Borgen » mettent en scène avant l’heure des femmes à la tête d’un Etat ou d’un gouvernement, sans masquer les difficultés et parfois les compromissions de la fonction. Ces séries pointues obéissent à de grandes exigences aussi sur le plan formel.

 Les invisibles

Tel est le titre d’un sujet récemment abordé dans « Télévisions – le Monde » ( lundi 20 février 2012). Il s’agit de considérations qui prennent en compte la fiction française et les classes populaires. D’intéressantes observations y sont faites : alors que les employés représentent le 14 % de la population, ceux-ci n’apparaissent que dans le «  5 % des personnes vues à la télévision, toutes catégories de programmes confondues ». Pour les ouvriers, les deux chiffres sont 12 % contre 2 %. Par contre, les cadres qui ne forment que le «  5 % de la population, représentent le  79 % des personnes vues à la télévision ». Ce sont là des résultats attribués à « un baromètre de la diversité à la télévision publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en juillet 2012 »

La télévision, un œil ouvert sur le monde ? Un demi-œil, en encore entr’ouvert,sur une toute petite partie de la société. I n’y a pas de raison de penser que la situation est Suisse Romande soit très différente de celle qui règne en France

Il vaut la peine de s’arrêter en passant sur deux citations. La directrice de la fiction de TF1 dit : « Si on raconte précisément ce que vivent les Français aujourd’hui, çà ne les fait pas rêver ». Celle qui occupe la même fonction à Arte avance : « Les histoires des gens normaux sont toutes exceptionnelles». Il y a là une intéressante différence de comportement entre une chaîne généraliste commerciale et un généraliste de service public !

Eboueurs en « orangé » de travail : Les histoires des gens normaux sont toutes exceptionnelles (Photos TSR/CAB)

Un podium mondial

Sur le podium des meilleures séries mondiales de grande ambition, la plus haute marche est occupée par les Etats-Unis, emmenés par les chaînes à péage. Sur le deuxième on doit probablement placer la Grande-Bretagne. Et il se pourrait que les pays scandinaves, Danemark en tête, soient de bronze à forte composante féminine. La France se place toute de même avant la Suisse romande, qui peut revendiquer une place honorable grâce à « Dix » et « Crom » plus que « T’es pas la seule » ou « Heidi »

Les éboueurs de CROM

Roland Vouilloz en Oscar Moreau, remarquable

L’ouverture de la fiction sur des milieux qui ne sont pas fréquemment représentés sur le petit écran peut et doit être considérée comme un élément positif. Dans une petite ville de province, Yverdon, une équipe d’éboueurs municipaux est observée dans son travail quotidien, en ses «orangés» de travail. De leur métier, on découvre un certain nombre de moments, de mouvements, de gestes, de problèmes. Un bon point pour le choix d’un tel sujet. Autour d’eux, il y a des épouses, des cadres, un journaliste de télévision, une aubergiste, une juge  et la jeune fille qui accomplit un Travail d’Intérêt Général » ( TIG)  plutôt que de se morfondre en prison.

Une autre mini-série récente, tournée elle aussi à Yverdon, «Romans d’ados» eut le grand mérite de faire des plongées dans des milieux qui n’étaient pas seulement de cadres ecclésiastiques. Encore un bon point ! La jeune fille du TIG pourrait bien être une des ados des « Romans » connaissant des difficultés d’adaptation arrivée à l’âge adulte.

Des personnages plutôt bien campés

Marina Golovine en Evelyne Moreau, excellente

La galerie de personnages de «CROM» est ainsi intéressante dans sa diversité. Oscar Moreau ( Roland Vouilloz), chauffeur de camion, voit s’éloigner de lui son épouse. Il s’installe d’abord chez une restauratrice avant de s’en aller vivre dans une caravane. Il souffre d’avoir perdu Evelyne ( Marina Golovine) séduite par un joli cœur  de la télévisIon  et d’être séparé de sa fille Mélodie ( Danaé Destraz), qui supporte mal les conflits de ses parents mais fait preuve d’une belle lucidité pour son âge. Raymond Debonneville (Jean-Luc Borgeat) se veut cadre efficace qui applique de méthodes de direction d’une équipe permettant d’améliorer le rendement ; croît-il. Tina Viorel (Julie Perrazini), affublé d’un bizarre petit ami prêt à vendre le bébé qu’elle porte, apporte sa fantaisie dans l’équipe par se franchise et ses réactions inattendues

Quand apparaît brusquement Madame Debonneville affublée de deux chiens de salon, pimbêche superficielle, on se prend à regretter qu’elle complète son mari de manière désagréable. Un scénario plus ambitieux aurait pu en faire un personnage surprenant, en contrepoint plutôt qu’en confirmation.

Une place pour l’humour

Julia Perrazini en Tina Viorel, virevoltante

Le comportement de Tina, anarchiste dans une équipe plutôt sérieuse au travail, fait souvent sourire par sa liberté provocatrice. Debonneville impose à l’équipe une gymnastique quotidienne de mouvements en groupe qui rappellent de très loin les exercices pratiqués dans l’armée au milieu de siècle dernier. La musique rythmée s’ajoute alors comme un commentaire souriant. Une autre forme sonore est employée pour prendre plaisir à partager avec Oscar qu’il porte à l’opéra, jusque dans la cabine de son véhicule

Un rythme assez vif

Jean-Luc Borgeat en Raymond Debonneville, intéressant

Bruno Neuville, le réalisateur, ne se contente pas de filmer des personnages qui se parlent comme c’est souvent le cas dans de telles séries ( « T’es pas la seule » ). Il fait mettre dans le cadre un détail du décor, un passant, la ligne de fuite d’un paysage et demande à ses acteurs d’ajouter aux mots un geste, un mouvement, un silence qui enrichissent image fort élégante. Dans une série courante, pour changer de lieu, on montrerait un personnage se dirigeant vers la sortie, fermant une porte, marchant deux/trois lieux différents pour ouvrir une nouvelle porte dans une autre maison. Ici, une porte fermée et un mouvement suffisent pour opérer un déplacement. Le récit est conduit sur un bon rythme, tout en sachant ménager des temps d’arrêt contemplatif associés à des moments d’émotion.

De bons moyens

La production disposait d’environ trois millions et demi de francs, pour treize fois vingt-cinq minutes,  soit environ dix mille francs la minute. En cinéma, cela représente un budget d’un million pour un film de nonante minutes : ce n’est pas beaucoup ! Mais on tourne et on monte quatre/cinq minutes par jour dans une série de ce genre, contre deux minutes pour un film. On est loin du confort américain qui dépasse le million de dollars pour un épisode de « Mad men

Bilan

«CROM» se veut donc populaire et de qualité, pour parodier les une formule de Nicolas Bideau quand il dirigeait de Berne le cinéma suisse. «CROM», qui ne manque donc pas de qualitgés, représente un réel progrès par rapport à « T’es pas la seule ». La programmation de ses épisodes, un par un  en premier rideau du samedi soir sur TSR1 et en reprise pleine soirée le lundis sur TSR 2 permet-elle de rencontrer  un vaste public qui en ferait une série populaire ? Je n’ai pas cherché à la savoir.

Danaé Destrat en Mélodie Moreau, lucide et frémissante

Oui, mais…

Mais quand on met en face de « Dix «  ou de «CROM», « Killing », « Millénium », « Protection rapprochée » et surtout « Borgen » qui viennent de Scandinavie, l’écart reste grand. Alors, pourquoi, mais pourquoi diable la TSR n’a-t-elle pas envie de faire aussi bien que la télévision publique danoise ? Question sans réponse ! Faudrait-il adopter la forme d’une lettre ouverte à Gilles Marchand, le grand patron, pour avoir une réponse sur le manque d’ambition de ses troupes ?

Mikhael Gorbachev

Dimanche 1 janvier 2012, vers 13h00 : ils sont deux, pour animer « Pardonnez-moi », Darius Rochebin et son patron, Bernard Rappaz. Un visage connu, en face d’eux : quelques secondes d’hésitations devant la tache sur le front et avant la confrontation du présent avec l’image des années 90. C’est Mikhael Gorbatchev, sa fondation, la croix verte. L’homme admiré en Occident, et peut-être bien dans le monde entier, qui reste méconnu, rejeté, dans son pays, là-bas étranger à lui-même. L’homme qui, s’il pouvait retrouver un disparu, choisirait une fois encore Raissa, sa femme presque toujours présente à ses côtés, elle qui, comme sa fille, détestait tant la politique.

Dimanche 1er janvier 2012 Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev, Darius Rochebin et Bernard Rappaz

Les questions fusent, pertinentes plus qu’impertinentes. Une des premières posées voulait entendre l’avis de l’invité sur Poutine. Ce n’est pas alors une dérobade, mais une esquive : refus d’entrer dans une polémique électorale. Les enjeux sont plus importants : Mikhael Gorbatchev cite alors deux exemples d’événements annoncés pour un futur lointain, qui ne mirent que quelques mois à se produire, la chute du Mur de Berlin (1989) et la Révolution soviétique (1917). Débat intéressant ; un scoop d’importance européenne ou mondiale ? Peut-être ; peut-être pas. Des extraits déjà vus au « 19 :30 » !

Quelques heures plus tard, dans une solitude somme toute volontaire, le moment de la lecture heureuse d’un « Nouvel Observateur » tiré d’une pile qui devait cesser de grandir. Jean Daniel évoque les années soixante, importantes, pas seulement pour lui. Il salue un « passeur de liberté » qui vient de disparaître, Vaclav Havel, président de la Tchécoslovaquie puis de la Tchéquie non communiste, de 1989 à 2003. Havel annonça à Prague, en 1991, la dissolution d’une puissante coalition militaire organisée par l’URSS, le Pacte de Varsovie. Il fut d’abord écrivain, dramaturge, influencé dans son œuvre par l’absurdité de Kafka et de Beckett, dissident trois fois emprisonné.

Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev

Pourquoi ? Pourquoi cette confiance mondiale placée en Gorbatchev, sauf en  Russie nouvelle? Révélatrices, lucides, ces lignes signées Vaclav Havel, citées dans le NO  : Gorbatchev est pour moi une figure tragique. Il a essayé de soulever le couvercle soviétique. La marmite lui a explosé au visage. Ses mérites historiques sont cependant énormes. Sans lui, le communisme se serait sans doute effondré. Mais peut-être dix ans plus tard, et Dieu sait de quelle manière sauvage et sanglante. Il avait rêvé de réformer le système. Il a entrouvert une porte sans imaginer que tout le monde allait s’y engouffrer…et tout bousculer sur son passage.

Un intéressant complément au témoignage de Mikhaël Gorbatchev, résolument socialiste et démocrate !

Tango de-ci de-là

Nouveauté sur la TSR, « Tango » (mercredi 21.12.2011), animé par un duo inattendu, Sofia Pekmèz, un peu plus détendue que Michel Zendali, qui évoluent dans un décor où invités et publics sont regroupés en masculin/féminin, même lors d’un vote final presque prétentieux. On y dit tout et n’importe quoi, y compris avec des revenants nommés SMS. Mais ce n’est pas désagréable du tout, si l’intention est seulement de divertir.

Tango. 1ère émission

Sofia Pekmez et Michel Zendali, émission Tango en direct du Studio 4, le 21 décembre 2011.

Difficile, il est vrai, d’apprécier ce divertissement quelques minutes après avoir quitté un grand écran sur lequel passait le splendide film de David Cronenberg, « A dangerous Method» qui évoque avec sérieux et gravité certains des problèmes à peine titillés dans « Tango ». Entre les médecins Jung et Freud, avec  des patients comme leur confrère Gross et la future praticienne Spielrein, il y aura des affrontements, des mots précis et crus pour des vérités assénées à propos de situations délicates et conflictuelles. Cette attitude franche est absente  de « Downton Abbey » où l’on découvre l’aristocratique famille britannique du comte Grantham et son personnel, à la même époque, vers 1910. Le rituel fondé sur le non-dit règne aussi bien chez les maîtres que les serviteurs ( TMC, les samedis 10 et 17 décembre, à grandes doses).

De «Tango » à la Suisse et l’Angleterre, on peut glisser  arbitrairement, mais sans le brio d’Agnés Varda, la huitantaine triomphante, qui vient d’offrir sur Arte ses voyages « marabout d’ficelle » dans cinq admirables poèmes  ( 19 au 23 décembre, à petites doses ). Pourquoi pas, un jour, sur la TSR, ces deux séries  haut de gamme  que sont « Downton Abbey » et « Agnès de-ci de-là Varda » ?

Conseil fédéral – les trois derniers jours sur le petit écran

Contente d’elle, la TSR, qui dès jeudi annonçait avec satisfaction une audience record pour la matinée électorale du mercredi 14 décembre, avec plus de cent mille téléspectateurs, sans pouvoir dire qui ils sont. La promotion de l’élection avait été massivement faite, pas seulement à la télé, avec un suspens répété autour de Mme Widmer-Schlumpff, de l’attitude de l’UDC, du petit écart entre les deux presque unanimement reconnus compétents candidats de gauche. À l’arrivée, petites surprises avec Rime trois fois candidat de dernière minute et Berset presque élu au premier tour !

Plus de quatre heures mercredi matin, pour des directs informatifs surtout dans la salle de l’assemblée fédérale, des commentaires dans les pas perdus et des  documents préparés, Alain Rebetez et Pierre Godet avec John Clerc à la tâche. Des choses intéressantes, à travers l’information immédiate en direct, quelques remarques et réactions. Cela ressemble à un reportage sportif commenté par de nombreux spécialistes.

On voit les parlementaires levés applaudir Mme Calmy-Rey à la fin de son discours d’adieu. Le commentateur dit : « les parlementaires se lèvent pour applaudir Mme Calmy-Rey » ! Le fameux Laverdure du « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau pourrait lancer son «  tu causes, tu causes, c’est tout c’que tu sais  faire ». Mais cela vaut surtout pour l’ « Infrarouge » ultra mondain du mardi soir dans les salons du Bellevue !

Le meilleur ? Lundi soir (TSR2), trois jeunes cinéastes ont fait bande à part pour réaliser « Le Doc » intitulé « Dans nos campagnes » en suivant Mme Despot (UDC, Vaud), MM. Nanternod (PLR, Valais) et Tornare ( PS, Genève) de l’acte de candidature aux résultats de l’élection. Intéressant, par instants même passionnant.

Infrarouge presque au salon

Actualité et réflexion ne font pas bon ménage

Il va de soi que le sujet d’ « Infrarouge » allait être celui des « Elections fédérales », sous l’angle des perdants et des vainqueurs puis des conséquences non pour l’avenir du pays, mais pour la composition du prochain conseil fédéral. Heureusement, l’un au moins des participants au débat se permit poliment de dire qu’il était tout de même prématuré de savoir le pourquoi des victoires du nouveau centre recomposé.

Pour une fois, pas sur le ring !

Une bonne surprise : un tel sujet aurait pu conduire à une mêlée digne d’une finale de rugby avec les trop fréquents Freysinger et autres Luscher. As pourtant de la parole coupée, M.Barthassat ne fut que leur pâle remplaçant en ce domaine et Yvan Perrrin aura surpris (en bien) en évoquant le principe des erreurs commises pendant la campagne par la direction zurichoise de l’UDC. Le ring habituel a été remplacé par un salon où l’on causait tout en écoutant exceptionnellement un peu les autres.

Il y a une raison au moins d’apprécier « Infrarouge » n’importe quand : on sait comment l’illustrer, avec les dessins pertinents et impertinents de Mix&Remix. On peut même se passer de légende ! (cf plus bas)

Haraux sur les Verts libéros

Pourquoi les Verts libéraux et le PBD ont-ils fait un bond en avant, au détriment de presque tous, renforçant en effet le centre avec un petit penchant vers la droite ? Un consensus dans l’émission prit forme pour expliquer que les Verts libéraux n’ont pas de programme bien défini. Ils ne revendiqueront pas de siège au conseil fédéral. Dans le rôle par elle inattendu de cible à démolir, Mme Chevalley prit quelques coups non sans se défendre avec une certaine élégance. On ne parla point de PBD « widmerschlumpfien » absent du débat. Dans ce cas particulier, les absents n’eurent pas tort de l’être. Mais on peut aussi se prendre à rêver en utopiste d’une autre forme d’émission.

Huit invités, un mauvais choix !

La bande des quatre, du bientôt défunt consensus helvétique théorique deux, deux, deux, un ( UDC, PS, PLR, PDC) était bien entendu présente. Le sujet tournant autour de l’écologie impliquait la présence d’une écolo face « Libéraux « et pile d’un « Verts ». Présence justifiée d’un politologue, Yannis Papadopoulos. Une bonne idée pour le huitième, s’en aller emprunter à « Mégaphone » la présence d’un « inconnu » qui fit plus ou moins bonne figure face à un politicien. Il fallait bien que le spectacle soit salué, en la personne de Jim Zbinden, revenu de la gauche à la droite bien genevoise, partisan du « tous-pourris-qui-ne-font-rien-de-bien », futur rival d’Oscar Freisynger. Apport nul ! Il y avait parmi les anonymes de « Mégaphone 1 » une certaine Alessia Lorenzini qui sut si bien faire face au chouchou valaisan.

img-10874-320x240-12

Les sondages n’ont rien vu venir

Pas de petit frémissement dans les derniers sondages d’une quinzaine de jours avant les élections, pour faire pressentir la perte de l’UDC, qui allait être de l’ordre de dix pourcent en voix. Se trouverait-on exceptionnellement dans la marge d’erreur que l’on oublie trop souvent de rappeler ? Ou les adaptations correctrices fréquentes, du moins en France, seraient-elles allées dans le mauvais sens. Les indécis de la dernière quinzaine auraient-ils joué cette fois un rôle très important ?


A la sortie des urnes

Un sondage dit « sortie des urnes » aurait peut-être mérité d’être pris en compte dans « Infrarouge ». Il faisait assez clairement comprendre que pour le moment l’opinion publique est en train de faire un choix qui risquerait de n’être pas ratifié par les chambres fédérales.Faut-il réélire Mme Widmer-Schlumpff, élue alors qu’elle portait l’étiquette UDC certes grisonne et non zurichoise, qui fut exclue de ce grand parti démocratique en union du centre ? Réponse claire du sondage : les deux tiers des sondés souhaitent qu’elle reste membre de l’exécutif fédéral. Mieux, le tiers des UDC formule le même souhait. Faut-il rendre à l’UDC le second siège auquel il a droit arithmétiquement selon le consensus helvétique ? Le nonante pourcent de ceux qui ont voté UDC le souhaite, alors que les PLR ne sont que 35 % à le faire et les PDC à 30%. Par contre, les pourcentages sont faibles quand on demande si la première raison de choisir un parti est liée à son conseiller fédéral réel ou potentiel. On ne se trouve alors avec des échantillons bien modestes où un seul vote prend beaucoup trop d’importance.

Insuffler beaucoup plus d’informations numériques sur le ring d’ « Infrarouge » et un peu plus quand on s’y installe au salon ne serait pas forcément un affaiblissement pour l’émission.

A Bon entendeur : quelle efficacité ?

Pour un montant compris entre quatre et huit francs, on peut louer pour quelques heures un film, auprès d’une société de « vidéo à la demande » (VOD). Il faut
parfois plus de dix francs pour une telle prestation, souvent plus coûteuse en Suisse qu’à l’étranger. C’est ce que nous apprend entre autres, « A bon entendeur (TSR1 – mardi 04.10.11 – « Vidéo à la demande :un film chez soi, trop cher ? »).

La forme est bonne

A Bon Entendeur, c’est une équipe :Luc Mariot, Daniel Stons, Manuelle Pernoud (Crédit RTS / Louvion Jay)

A Bon Entendeur, c’est une équipe :Luc Mariot, Daniel Stons, Manuelle Pernoud (Crédit RTS / Louvion Jay)

Depuis bien des années, « A bon entendeur » occupe une place de choix dans la grille de la TSR, solidement accroché à son premier rideau et récoltant de bonnes parts de marché. L’émission est bien faite faisant passer des documents pré-enregistrés à des entretiens, de l’explication verbale dans l’image à des informations chiffrées écrites. Rien à dire sur la forme, même si chaque émission ressemble à la précédente.

A Bon Entendeur, C’est un nouveau décor depuis le 12 septembre 2011 (Crédit RTS / Louvion Jay)

A Bon Entendeur, C’est un nouveau décor depuis le 12 septembre 2011 (Crédit RTS / Louvion Jay)

Informations numériques trop rapides

La comparaison d’une même prestation par des fournisseurs différents est un des points forts de l’émission. Mais consulter le site devient indispensable, car les informations numériques passent trop rapidement à l’antenne pour permettre d’en prendre note et surtout de les retenir en vue de modifier ensuite son comportement de consommateur. Et gare à qui aura refusé de participer à une émission qui risque de mettre un invité dans une situation désagréable. Son absence finit par passer pour un aveu de « culpabilité » !

A Bon Entendeur, c’est une journaliste-présentatrice, Manuelle Pernoud (Crédit TSR/Kearney Anne)

A Bon Entendeur, c’est une journaliste-présentatrice, Manuelle Pernoud (Crédit TSR/Kearney Anne)

Le consommateur suisse pas mieux protégé que d’autres

Et c’est ainsi qu’ « A bon entendeur » atteint ses limites. L’information donnée est importante, souvent originale. Mais contribue-t-elle à améliorer le sort du consommateur suisse qui continue de payer plus que ses voisins des prestations équivalentes ? Il est à craindre que la réponse soit non.

« Dexter » qui fait « coucou »

Vous voulez revoir « Apocalypse now » ? Le version proposée sera parfois doublée en allemand avec sous-titres en italien. Comme au bon très vieux temps des ciné-clubs des années cinquante où nous vîmes un film russe muet parlé en chinois et sous-titré en polonais !

Michael C. Hall a l’air d’être un bien gentil “Dexter” : et pourtant

Michael C. Hall a l’air d’être un bien gentil “Dexter” : et pourtant

Au hasard du besoin d’illustration, à propos des séries que l’on peut aussi s’offrir en VOD, apparaît une illustration. Pas n’importe laquelle : une image de « Dexter ». Tiens, serait-ce un moyen de rendre hommage en passant à la série américaine la moins coûteuse pour la TSR, puisqu’elle n’y sera point montrée pour cause de violences gratuites valant aussi par exemple pour « Les Borgias » ( première double apparition le dimanche 9 octobre 2011 en fin de soirée, mais sans logo rouge qui pourtant ne serait pas déplacé). A notre tour, saluons par l’image une décision absurde !

Un nouveau Pape est arrivé : les violences aussi, sans logo rouge. Jeremy Irons en gloire dans “Les Borgias” ( Crédit RTS/CBS paramount)

Un nouveau Pape est arrivé : les violences aussi, sans logo rouge. Jeremy Irons en gloire dans “Les Borgias” ( Crédit RTS/CBS paramount)

Rafales d’informations numériques

Quand une animatrice de débat télévisé prend un air pincé pour regretter que trop de chiffres soient lancés dans un débat, presque certitude il y a que ce débat risquait de devenir intéressant, avec pour une fois preuves à l’appui quand on prend le temps de situer correctement ces données. Mais un bombardement d’informations numériques risque aussi d’éveiller une curiosité qui reste sans réponse.

Ces remarques faites à propos d’une émission de « A bon entendeur » valent pour d’autres émissions. On apprit par exemple le 04.10.2011 que le marché mondial de vidéo à la demande atteint un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de dollars. Un peu plus tard, voici une estimation de la perte provoquée par le piratage sous toutes ses formes : 7,5 milliards dont cent millions pour la Suisse. D’où cela tombe-t-il ? Aucune source n’est citée. 7.5 milliards de dollars, c’est un petit peu plus qu’un dollar par terrien. Cent millions pour la Suisse, ce sont une quinzaine de dollars par habitant. Un suisse est donc dix fois meilleur pirate qu’un citoyen du monde ? Plausible ? Impossible de le savoir ? Et quel est le chiffre d’affaires du cinéma mondial dans les salles ? Combien les télévisions du monde investissent-elles dans l’audiovisuel ? Ce serait intéressant de pouvoir comparer ces données avec les 4,5 milliards de dollars de la VOD. Rien de tout cela. Si au moins « A bon entendeur » qui informe le consommateur prenait la peine de restreindre ses informations numériques pour les remettre dans un contexte comparatif intéressant. Mais disons à « ABE » : T’es pas la seule, hélas, à mal faire dans ce domaine chiffré….

Mégaphone 2

En juin 2011 « mégaphone 1 » dresse le portrait de quelques anonymes de Suisse romande. On les retrouve à Berne, invités dans le luxueux Hôtel Bellevue par des notables politiciens pour de brefs débats. Invitation inversée : quatre politiciens romands sont reçus par des anonymes pendant 24 heures au moins. On y retrouve deux « anciens » de « Mégaphone 1 ». Les débats ont cette fois lieu plus modestement sur la place fédérale.

Chapitre 1 : La formation des duos et les « chocs »

Le choix de formation des duos pousse à la confrontation, en mettant face-à-face un anonyme et un politicien qui ne sont pas de la même sensibilité politique ou sociale.

Perrin/Ekrem

On va donc observer ce qui se passe entre l’UDC Yvan Perrin et deux jeunes kurdes, les frères Ekrem, parfaitement intégrés, qui viennent d’ouvrir un petit commerce et sont sur le chemin de la naturalisation

Lausanne, on se promène

Lausanne, on se promène

Le vice-président de l’UDC débarque de sa montagne jurassienne avec des produits laitiers typiques de sa région qu’il offre avec simplicité. Chacun écoute l’autre. Ils ont tout pour s’entendre. Mais le naturel politique revient : Perrin insiste pour faire savoir qu’il n’a rien contre ses interlocuteurs ; ceux qu’il poursuit de sa vindicte forment une petite minorité parfois délinquante à chasser d’ici. Il n’en reste pas moins que le climat provoqué par son parti naît à coup sûr d’une tendance généralisatrice. On peut se comprendre, certes, mais pour être vraiment proches, il faudra attendre encore une ou deux générations.

de Buman/Dutoit

Le programme du PDC fait place importante à la famille. Parmi elles, “monoparentales” peinent, plus souvent formées de femmes avec enfant(s) que d’hommes. Mme Dutoit fait tout ce qu’elle peut pour s’occuper de sa fille. Il n’en reste pas moins que travailler et se recycler entre en compétition avec une présence permanente au côté d’un enfant.

M de Buman en vient à citer quelques exemples de la politique familiale de son parti. Il s’agit par exemple de défendre une déduction fiscale importante sur le revenu pour les frais de garde d’un enfant – dix mille francs par an. Encore faudrait-il que son interlocutrice dispose d’assez d’argent pour pouvoir bénéficier d’une telle aide qui suppose donc un salaire annuel assez convenable. Là, dialogue il y a par instants, mais l’exemple cité met en évidence une politique générale d’un parti qui en l’occurrence ne concerne guère  le cas particulier envisagé.

Marra/Zbinden

Genéve, on cause

Genéve, on cause

Mais qui donc pourrait établir avec une personne comme Jim Zbinden, qui revient semble-t-il d’une sensibilité de gauche pour faire savoir qu’il n’est ni de droite ni de gauche, un vrai dialogue. Il trouve que tout va mal dans ce pays à propos de tout de ce dont on parle. Il ne reste dès lors qu’un moment où accord peut se faire, quand on décide de se dire « tu » pour partager une visite de Genève où chaque coin de rue est prétexte à revendication. Et lors de l’entretien en plateau, la distance réapparaît, le « vous » ayant refait surface. Pour un Ada Marra qui connaît bien ses dossiers et les lignes de force de son parti, le dialogue était devenu impossible. Alors elle doit se contenter de dire ce que son parti tente de faire dans les secteurs qui appartiennent à ses préoccupations.

Luscher/Capelli

Ce sera le plus étonnant des quatre duos. Un abîme séparer l’ouvrier qui gagne un peu plus de cinq mille francs par mois alors que l’avocat et politicien genevois gagne annuellement un peu plus qu’un conseiller fédéral. Si M.Capelli gagnait cent francs de moins par mois, quel serait le montant des aides sociales qu’il aurait pu obtenir. Et le politicien aurait très bien pû lui donner un conseil pour se faufiler dans cette jungle réglementaire où les effets de seuils sont cruels.

A peine arrivé que le politicien offre à cette famille du gros de Vaud un carton de vins genevois. Faut-il ainsi comprendre l’éloge du vin de ses électeurs face aux produits de la Côte, d’Aigle et du Lavaux. Au petit matin, M..Luscherr fait son footing mais M.Cappeli qu’il y entraîne peine à suivre. Et le tutoiement est général sans que l’on sache qui en fut l’initiateur. M.Luscher est un bon metteur en scène.

Berne, sur la place fédérale avant l’émission

Berne, sur la place fédérale avant l’émission

Deux mondes plus différents socialement que politiquement seront restés étrangers l’un à l’autre malgré les efforts du politicien pour sembler proche de ceux qui le reçoivent chez eux.

Conclusions

Ce ces quatre rencontres, on peut presque conclure que chaque fois deux univers séparés l’un de l’autre ne se sont guère rapprochés si on comprend plutôt bien ce qui les sépare. Même sans très bien savoir où classer politiquement les anonymes, il apparaît que les contraires arrivent un peu à se comprendre mais risquent bien de peiner à s’entendre. Mais c’est là une conclusion positive pour le principe même de l’émission.

Les remarques qui précèdent reposent plus sur la visite chez les anonymes que sur les débats brefs qui se sont déroulés sur la place fédérale, lesquels posent un problème d’ordre différente, celui de la place des diverses sensibilités politiques dans une telle émission.

Chapitre 2 : « Mégaphone », à l’image de la Suisse politique ?

Vingt minutes avec le représentant de l’UDC, autant avec ceux du PLR et du PS et dix seulement pour le PDC. Bizarre ! Voilà qui se veut ou est par hasard reflet du consensus helvétique qui fonctionna durant des années avec deux UDC, deux PS, deux PLR et un PDC au conseil fédéral. C’était la situation lors de la nomination du conseil fédéral pour la législature 2007-2011. Cela n’est plus conforme à la situation actuelle, sauf si on compte Mme Widmer-Schlumpf comme UDC modérée. Mais Mme Widmer-Schlumpf a été rejetée de l’UDC nationale. Elle se retrouve membre d’un parti modeste, le parti bourgeois démocratique. Finie, la « bande » des quatre ! Ils sont cinq désormais.

Sur un quai de gare, le duo Marra/Zbinden

Sur un quai de gare, le duo Marra/Zbinden

La Suisse en cercle électoral unique.

 Au plan fédéral,les composantes des forces politiques sont actuellement en pourcentage :

  • UDC un peu mois de trente
  • PS autour de vingt
  • PLR aux environs de quinze pour-cent
  • PDC idem
  • DIVERS, un peu plus de vingt pour-cent.

Un conseil fédéral à la proportionnelle donnerait aujourd’hui deux UDC, deux PS, un PLR, un PDC et un ECOLO ( un peu plus longtemps de gauche que de droite).

Ces DIVERS se composent de deux courants écologistes, les Verts et les Libéraux qui frôlent ensemble le15 pourcent, le solde allant au PDB et à un peu petit peu encore à droite et à gauche. La Suisse est pour un tiers à gauche et deux tiers au centre-droit. Le centre penche plus souvent à droite qu’à gauche. Une même répartition en Suisse romande donne une gauche d’au moins quarante pourcent, donc un centre droit pas plus de soixante pourcent.

Un conseil fédéral à la proportionnelle donnerait aujourd’hui deux UDC, deux PS, un PLR, un PDC et un ECOLO ( un peu plus longtemps de gauche que de droite).

Dominique de Buman chez Mme Dutoit

Dominique de Buman chez Mme Dutoit

« Mégaphone » sans la sensibilité écologique

A noter en passant que les six représentants de partis politiques invités pour le débat retransmis dans le monde par les différentes chaînes de TV5 venaient de la bande dite des quatre augmentés d’un écologiste vert et d’une libérale. Cela fait deux à gauche et quatre au centre droit, représentation plus équitable qu’avec les seuls quatre partis gouvernementaux. On se rapproche de la situation en Suisse romande.Mais les « écolos » furent complètement oubliés, ce qui est à tout le moins regrettable.

Christian Lüscher chez les Capelli

Christian Lüscher chez les Capelli

 « Mégaphone » penche à droite

Lors des quatre débats sur la place fédérale sont apparus des « experts », Mme Miauton, directrice d’un Institut de Sondage, MM.Blaise Matthey, représentant du patronat romand, Eric Hoesli, d’Edipresse venus du centre droit. Mme Paola Ghillani a-t-elle encore une sensibilité de gauche ?

Impossible de savoir vraiment comment les quatre anonymes vont voter. Pour les notables, politiciens et invités, on en est à deux au maximim à gauche et donc six au moins à droite. Ce trois quarts un quart ne refléte plus la réalité des grandes tendances politiques suisse. Et la TSR devrait plutôt être proche de la Suisse romande que de l’ensemble du pays.

Et dire qu’à droite certains reprochent souvent à la RTS d’avoir une sensibilité de gauche. Dans un grand débat politique comme celui instauré par « Mégaphone », la droite pèse plus lourd que la gauche ! Mais le principe de « Mégaphone » reste novateur grâce aux « anonymes » confrontés assez longuement aux notables.

La RTS aurait intérêt à repenser ses équilibres politiques à moyen terme. Elle devrait aussi se servir des promesses de « Mégaphone » pour donner à cette émission un avenir qui dépasse les deux premiers numéros.

Prochainement :

  • Chapitre 3 : qui est responsable de “*mégaphone” ?
Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives