Le plaisir de revoir “Twin Peaks”

Plaisirs des retrouvailles…

On commémore, ces jours, les dix ans de la télé-réalité, versant devenu sordide, associés à l’apparition de « Loft story » ou les vingt ans de l’irruption d’un ovni dans l’audiovisuel, « Twin peaks ». Qui veut du pipolle se souviendra de Loana au bain : je passe ! Combien plus important pour son esprit de créativité, ce « Twin peaks », ( en reprise sur ARTE les mardis en fin de premier rideau jusqu’en juin), source de plaisir, comme le sont aussi les « Maupassant » ( retour de la 3ème saison sur France 2 quelques mercredis durant) et la présence même trop tardive de la fascinante et étrange équipe enfumée dans les années soixante du « Mad men » ( TSR1, dimanches fort tard le soir, mais heureusement disponible sur le web durant sept jours).

Une image de Mad men - la préparation d’un prochain mariage dans l’épisode no 11 de la deuxième saison, “Jet set”

Mais qui a tiré sur JR ?

Qui rappelle que David Lynch et Mark Frost transcendent le côté soap-opéra de « Dallas » a raison, même si ce n’est pas immédiat. Une ville américaine, avec son côté propret, ripoliné, mais bien vite derrière les apparences, de sombres histoires, des comportements sordides, sous de grands chapeaux de gardiens de vache. Mais qui a tué Laura Palmer ? n’est pas la première question ainsi formulée. Elle est bien proche du « Qui a tiré sur JR ? » du « Dallas » des années 80 ( lequel JR reviendra, par la vertu des scénaristes qui ne craignent surtout rien. Ce « Dallas » n’était même pas un hasard. Cinquante ans plus tard, une question n’a toujours pas trouvé de réponse, qui a tué John Kennedy, à Dallas, en 1962 ?. On se retrouve ainsi dans l’histoire récente. Et on aperçoit en Laura au bord de l’eau la lointaine Ophélie noyée d’un Hamlet de Shakespeare.

Laure Palmer dans son linceul - un ange !

Harry S Truman

Tel était le nom du 33ème président des USA qui succéda en 1945 à Roosevelt. Donner ce nom au shérif de Twin Peaks, le « S » y compris, n’est ni un hasard, ni même un gag. On sent tout de même, sourire en coin, une volonté d’humour à travers cette allusion au super shérif qu’est tout président des USA « Twin peaks » a donc plusieurs raisons d’être bien enraciné dans son passé.

Tous coupables

Retour brutal au présent. Laura est bien morte, corps bientôt autopsié, apportant de bien bizarres informations. Sa meilleure amie surgit, blessée, sur un pont de métal.

Cooper qui aime tant les tartes, s’inspire de la spiritualité du Tibet, ne croit qu’à la force de son intuition, dicte des rapports secs à sa secrétaire lointaine, va vite sentir que le vrai coupable, c’est peut-être n’importe lequel parmi la cinquantaine de personnages. On apprendra peu à peu que Laura Palmer se droguait, trafiquait, avait un comportement sexuel assez trouble. Tous coupables, criera un proche de Laura, mais pas du meurtre d’une innocente. N’importe lequel de ceux qui assistent à l’enterrement de Laura aurait pu tuer Laura Palmer pour une bonne raison.

Tous coupables potentiels, ceux qui assistent à l’enterrement de Laura Palmer, et les autres qui ne sont pas dans l’image

Les descendants

Même au niveau anecdotique, on peut diriger l’attention vers ce qui sera la descendance de cette formidable aventure d’énergie créatrice audiovisuelle que fut « TwinPeaks », l’équivalent en temps et en inventivité de quinze longs-métrages de cinéma. La série donna la preuve que « la télé peut voir grand », selon cette heureuse formule due à Guy Astic ( cité sur l’excellent site consacré par Arte à « Twin Peaks » )

Kyle MacLachan, l’agent Cooper, qui sera plus tard donc le mari de Bree, avec le shérif Harry S Truman

La petite historie veut qu’une première version de «Desperate housewives » ait été proche dans son esprit de « Twin pekas », Wisteria Lane regroupant sur son espace réduit tous les plus habitants observés dans la ville de cinquante mille habitants de Lynch. Pour Guy Astic, les épisodes nos 1, 3, 9,10, 15 et 30 sont plus importants que les autres pour avoir été réalisés par Lynch lui-même. Il a peut-être raison, mais j’avoue n’être pas encore assez imprégné par la série pour m’en rendre compte. On peut toutefois relever un élément anecdotique : l’acteur qui joue Orson Hodge, au passé à tout le moins trouble et que Bree, veuve Van de Kamp née Massib épouse n’est autre que Kyle MacLachlan, l’étrange enquêteur de « Twin Peaks ». Vraiment un hasard ?

Un récit « épican »…

*Twin peaks » est aussi un spectacle dit « epican »,néologisme formé pour exprimer le plaisir pris dans un groupe où l’on raconte des bribes de film en commençant par « et puis quand », quand … elle fait parler sa buche, quand Cooper savoure sa tarte, quand le psy se rend seul au cimetière, quand Audrey salue le colonel Cooper, quand l’agent intuitif du FBI l’invite à sa table, amorce d’une longue suite à tirer de chaque épisode de « Twin peaks ».

Epican la buche se met à parler ! La femme à la buche, il fallait oser l’inventer. Lynch et Frost ont tout osé…

Le plaisir en conclusion

« Twin peaks », tout simplement, c’est un immense cinéaste, Lynch, un grand scénariste, Frost, qui ont su admirablement su pimenter leur récit de poésie, de surréalisme, d’absurdité, de suspens, d’émotion, d’humour. Et vingt ans plus tard, tout reste bien en place, moderne, pour notre plus grand plaisir…

La “Puce à l’oreille” ? Ratée, dommage!

« Illico », c’était plein d’imagination, d’inventivité, de surprises inégales. Son successeur, « Tard pour bar », un spectacle de mots sur des faits de société conduit par un Zendali en arbitre de boxe content de lui, aura déçu. Avant même la première, son substitut, « La puce à l’oreille », a surpris : personne de la RTS pour prendre en main à l’interne une émission d’informations culturelles, confiée dès lors à une entreprise privée, certes faite par des anciens de la TSR, David Rihs en producteur, Iris Jimenez en animatrice. Point Prod, l’externe fournisseur aussi des véhicules de matériel, reçoit tout de même des collaboratrices d’ « Espace 2 », habituées à parler de ce que l’on ne saurait voir.

Iris Jimenez, animatrice

Le concept a séduit le commanditaire.  A l’actif annoncé:

  1. la décentralisation ;
  2. trois invités priés de s’en aller voir un spectacle, choisi ou imposé, on ne le sait pas, qui viennent ensuite en parler.
  3. la présence de « rubricardes » issues de la RSR.

Résultats : même pas des visages bien éclairés ! Mais que diable apporte la décentralisation, en l’occurrence à la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel pour les deux premières L’émission est enregistrée en direct quelques jours avant son passage à l’antenne. Ainsi recommande-t-on une conférence sur Marylin Monroe qui a eu lieu…. le jour précédant la diffusion ! Chaque invité ajoute en direct quelques phrases à propos de son propre sujet. Presque pas de dialogue entre eux, chacun étant occupé à répondre aux questions de l’animatrice.

Le 14 avril, lors de la première à la Chaux-de-Fonds. Une découverte, le “Pandulum Choir” des frères Decosterd, natifs du Locle. Une construction de neuf plateaux en mouvements, chacun portant son chanteur d’opéra. Les images durent 23 secondes alors que le sujet s’étend sur plus de cinq minutes. Un exemple de convergence tv (vingt secondes d’images fascinantes et étranges) et un peu moins de cinq minutes de conversation radiophonique disons un peu mondaine.

Comment trouver plaisir à suivre une émission sur la culture dont la structure s’inscrit entre un Téléjournal et « Mise au point » ? Un divertissement issu de la culture devrait faire plaisir. Après rodage, qui sait …

Mort d’un président

Témoins du présent

Intéressante à observer, la manière dont la création audiovisuelle d’un pays rend compte des principaux événements qui le concernent, trace le portrait de ses plus fortes personnalités politiques, qu’il s’agisse du passé même lointain, de présent ou d’un futur plausible. Les Américains dominent largement tous les autres, eux qui ont déjà consacré plusieurs films à l’Irak ou décrit la présidence d’un noir ou d’une femme ( cf « 24 heures chrono »). Anglais, avec un portrait de la reine par exemple, ou Italiens, préoccupés par Berlusconi sont dans le coup La Suisse est à la traîne, même si l’on peut citer le seul « Grounding » de Swissair.

La prudence française

La France est en train de combler un retard considérable.Pendant une bonne quinzaine d’ années, « Les sentiers de la gloire » (1957) de Kübrick y furent empêchés d’être montrés en public, car il ne fallait pas évoquer les fusillés pour l’exemple de la guerre de 14-18. La guerre d’Algérie qui prit fin aux débuts des années soixante ne fut que timidement évoquée dans l’audiovisuel français. « Un village français » qui relate en cinq saisons la vie d’une petite ville de province sous l’Occupation est apparu sur le petit écran en 2009. Les choses semblent tout de même changer : on aura osé proposer différentes approches de de Gaulle ou suivre Mitterand en solitaire sur le champ de mars. Jean-Pierre Guérin, le producteur du « Grand Charles » de Bernard Stora, en 2005, est celui de la « Mort du président » dont la réalisation a été confiée à Pierre Aknine.

Le visage de Pompidou était gonflé par la cortisone. Jean-François Balmer a accepté d’être maquillé chaque jour. L’imitation de l’intéressait pourtant pas. Pour lui, il s’agissait “d’une évocation (pour) prendre un peu de sa musique”

Tenu secret, sauf par les initiés

France 3 ( mardi 12.04.2011) vient de un remarquable portrait du Président Pompidou (1911-1974) lors de la dernière année de sa vie dominée par une maladie impossible à contenir médicalement, mais qui fut longtemps cachée au public. Proches et politiciens, eux, savaient que la mort allait intervenir dans les mois puis les semaines suivantes. Les uns et les autres ‘étaient tout de même d’accord pour ne pas rendre publique cette maladie, dans un élan en partie surprenant de respect de la volonté du Georges Pompidou. Mais le problème de la succession envahit leurs préoccupations, avec son cortège d’intrigues. Et si ce rôle semble naturel de la part de politiciens au pouvoir ou dans son voisinage, on découvre aussi les intrigues menées par deux conseillers privés, sans mandat électoral, Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Les qualités de « La mort d’un président »

Le regard du réalisateur et des scénarises porté sur Pompidou président est fait d’une réelle empathie .L’attitude du premier ministre durant les événements de 1968, sa ligne politique générale sont à peine évoqués, puisque le sujet est ailleurs. Mais une longue période de maladie permet de faire comprendre la haute culture littéraire et le goût de l’art moderne de Pompidou et la solidité du couple qu’il formait avec son épouse. Le Centre Pompidou à Paris vaut comme témoignage de sa culture.

“Mort d’un président” donne l’image d’un couple solide, complice, uni aussi par sa sensibilité artistique. S’agit-il ici de contempler une oeuvre de Nicolas de Stael ?

Les mérites de cette fiction unitaire signée Pierre Aknine sont nombreux. La performance de Jean-François Balmer est à souligner, qui s’est mis avec force et respect au service de son personnage certes moins connu que de Gaulle ou Mitterand. La représentation de personnages plus ou moins célèbres, certains encore envie, pose un problème à l’audiovisuel.. Comment procéder sans courir après le clonage ?

Les moyens pour atteindre la plausibilité.

Parmi les moyens d’être plausible, il y a les détails. Ainsi en va-t-il de la clope que Pompidou avait souvent aux lèvres, parlant clairement tout en l’y laissant.

En documentation, les choses sont simples. Il suffit de choisir ce que l’on veut montrer parmi des dizaines ou centaines d’heures de documents qui existent et d’en faire un montage compréhensible souvent porté par un commentaire explicatif et une musique parfois « descriptive » même lé où le silence s’imposerait. On parle beaucoup actuellement ‘d’un document de trois heures, sans le moindre commentaire, une sorte d’auto-portrait par les choix effectués parmi des milliers d’heures de documents filmés souvent sur ordre d’un dictateur qui aimait sa propre image, «L’autobiographie de Nicolae Ceausescu » d’Andrej Ujuca.

Pour la fiction, c’est plus délicat. Faut-il à tout prix que l’acteur qui incarne une personnalité connue décédée ou encore vivante soit la plus ressemblante possible ? On peut le faire avec les astuces hautement techniques, mais qui reviennent à du clonage. Dans « Zélig », Woody Allen faisait un pas volontaire dans cette direction. Mieux vaut renoncer à cette ressemblance pour s’en tenir à une proposition de présence plausible. Le réalisateur a choisi un procédé qui le met à l’aise sans lui imposer le souci de la totale ressemblance : un titre écrit donne le nom et l’occupation de la grande majorité des protagonistes. Pas besoin ainsi de se creuser la tête pour savoir qui il est.

Une forme de visage ressemblante, avec une paire de lunettes épaisses permettent de confirmer qu’il s’agit de Jacques Chirac. Mais l’acteur a su saisir certaines particularités de la diction de Jacques Chirac pour renforcer la présence de celui qui représente.

Comme hier « Les dossiers de l’écran »

Autre point positif : cette fiction aura donné lieu à une soirée thématique puisque les nonante minutes de fiction furent suivies d’un débat fort intéressant. Rien de nouveau : ce type de soirée s’appelait du temps lointain de l’ORTF quand il n’y avait qu’une ou deux chaînes généralistes publiques en France.« Les dossiers de l’écran », l’émission d’Armand Jammot, aura tenu l’antenne de 1967 à 1991, sur l’ORTF solitaire d’abord, puis sur Antenne 2 le mardi soir tous les quinze jours.. La discussion, souvent, oubliait le film initial pour s’en tenir à de échanges parfois vifs débordant du sujet.

On peut se souvenir d’une émission des années 70. Il y a d’autres moyens de remonter le temps. Dans la cour de l’Elysée, voici “la” voiture de ces années, aussi célèbre que la “Onze cv”, le “DS” ( ou serait-ce une “ID” ?)

La présence du réalisateur, d’un cinéaste dont le père était proche de Pompidou, de journalistes ou d’écrivains ayant consacré un ouvrage à l’ancien président, placés sous la direction de Frédéric Taddei ( « Ce soir ou jamais » ) fut d’un bon niveau. L’occasion était ainsi offerte de compléter le portrait dont certains aspects n’avaient été qu’esquissés dans le film qui ne durait que nonante minutes ce qui n’est pas beaucoup pour raconter une année d’une vie d’occupations normales alors que la mort s’approche même en laissant quelques répits.

Marie-France Garaud

Marie-France Garaud avait accepté de participer au débat. Avant la projection, elle avait déjà fait connaître son désaccord avec le film, trouvant qu’il trahissait la véritable personnalité de Pompidou. Mais on sentit aussi que certaines de ses interventions étaient une protestation contre le portrait qui était tracé d’elle comme une intrigante orgueilleuse se croyant la mission de sauver la France. Pour trouver un bon successeur à Pompidou, il ne fallut rien de moins qu’une mise à mort politique de Chaban-Delmas. Il n’en reste pas moins que la confrontation d’une dame âgée avec son image de femme en pleine force de la maturité apporta des moments forts et intrigants dans la discussion.

Marie-France Garaud de 2011 n’a pas vraiment apprécié l’image d’elle en 1974. Mais les puissants qui détiennent un pouvoir sans avoir été élus sont plus propres à subir d’éventuelles distorsions.

L’intérêt d’une soirée thématique

Il faut saluer comme riche l’offre d’une soirée thématique qui propose une fiction sur un sujet suivie d’une discussion à son propos. Arte sait pratiquer avec bonheur de genre de soirée. France 3 s’en est somme toute fort bien tiré. Ce 12 mars 2011. On ne peut que regretter la rareté de telles soirées sur la TSR qui n’en offre que lors de souvent fort longues soirées sportives. Une soirée thématique comme celle évoquant la mort d’un président s’adresse au citoyen, le téléspectateur.

Le “19:30″ confond scoop et info !

Le canton de Neuchâtel aura vécu pendant des mois son « Affaire Hainard », du nom d’un éphémère conseiller d’Etat. Hors du canton, tout cela aura fait souvent sourire. Restaient à connaître les conclusions d’une commission parlementaire qui devaient être rendues publiques vers le 20 avril 2011.

Mais voici qu’au soir du 7 avril, le « 19 :30 » consacre un « deux minutes » qui n’apporte presque rien de nouveau, sinon que « Temps présent » a aidé la commission à comprendre le fonctionnement d’un Hainard hyperactif. C’est de l’auto-satisfaction. Alors quoi ? Le TJ de la TSR peut se vanter d’avoir lancé un scoop qui allait, bien entendu, être prolongé le lendemain dans la presse écrite, prise de vitesse par le média électronique.

Ce scoop aurait apporté une information importante si Frédéric Hainard avait été décrit en mouton blanc aussi pur que le noir du mouton de l’UDC. Le « deux minutes » aura pourtant donné indirectement une information sur l’existence d’une fuite ! D’où vient-elle ? Il serait intéressant de le savoir !

Un scoop sans valeur informative n’a strictement rien à faire dans le journal d’un service public généraliste. La TSR n’a ainsi rien offert au citoyen mais flatté le consommateur qui veut savoir tout-sur-tout-tout-de-suite et avant les autres.

Quand Mamar coupe la parole

Les reproches adressés à Esther Mamarbachi portent sur sa manière trop fréquente de couper la parole à l’un ou l’autre de ses interlocuteurs. Elle semble être sensible à ce reproche ! Alors qu’elle venait dans un débat récent de couper une fois de plus la parole à l’un de ses invités, elle ajouta que des téléspectateurs allaient naturellement le lui reprocher. Faute reconnue, faute pardonnée ?

Infrarouge

Elle doit diriger son débat. Quand il y a deux invités opposés, puis deux fois trois personnes elles aussi opposées, que parfois on entre encore en contact avec quelqu’un en duplex et qu’il faut passer de brefs documents qui permettent certaines transitions, on crée forcément des conditions pour frustrer l’un ou l’autre de ses hôtes. Le frustré, qui piaffe de pouvoir s’exprimer longuement, aura soin de protéger son droit à la parole. Mamar est donc obligée de faire avancer le schmilblick. Couper la parole a le mérite de l’efficacité. 

Alors il faudra continuer de lui adresser demain, encore et toujours, le même reproche. Tant et aussi longtemps que, dans son remarquable décor neuf, « infrarouge » réunira huit personnes au moins pour une heure de débat contradictoire, il y aura toujours quelqu’un qui accaparera la parole. Ce n’est pas l’animatrice qui est en cause, mais la formule même d’ « Incfrarouge », émission d’affrontements sur un sujet, trop courte pour trop d’invités. Ou bien on diminue le nombre de participants ou l’on augmente la durée de l’émission. Pour que Mamar cesse de couper la parole, il faut revoir la structure de l’émission. Ce serait peut-être à elle de le dire….

Le forum de “Temps présent”: un passage obligé?

Le « Temps présent » du 31 mars 2011 avait pour (joli) titre : « Une famille, un seul salaire, la galère ». A travers des cas particuliers pas forcément tous bien choisis, il est possible de faire apparaître un vrai problème de société. On peut revoir l’émission sur internet et s’intéresser au forum du jour, comprenant près de 800 messages à partir de 130 interventions initiales.

A cinquante pour parler de faux ongles!

A noter qu’il faut une heure pour suivre l’émission en direct, mais que consulter le tiers du forum m’aura pris presque deux heures ; on peut profiter d’un temps de convalescence. Le choix est donc fait de ne pas revenir sur l’émission elle-même mais de tirer quelques informations de ce vaste forum, dont on ne sait pas ce qu’il représente vraiment. Le plus intéressant, c’est évidemment une intervention qui en entraîne d’autres, puisque l’intervenant de rang n a en général lu au moins la précédente, sinon toutes les autres. Sur une intervention intitulée « Arrêter de le foutre de la gueule du monde », titre bien entendu d’esprit polémique, on a droit à une cinquantaine de remarques à partir de faux ongles qui n’illustrent pas forcément la galère. Aveu : pas remarqué ces faux ongles ! Cet exemple confine à l’anecdotique populaire sans qualité !

Une famille, un salaire, la galère (photo TSR)

Une dénonciation…

D’une jeune femme fribourgeoise, le commentaire dit : « Une grave maladie l’a clouée à la maison puis une dénonciation l’a privée de l’AI ». Dénonciation ? De quoi s’agit-il ? Pas de réponse dans l’émission. Une explication dans le forum, donnée par la jeune femme elle-même qui intervient dans les échanges : depuis quatre ans, sa maladie, une fibromyalgie, a été retirée de la liste reconnue par l’AI. Galère il y a, assurément, mais la forme du commentaire avait de quoi troubler. Il aura manqué l’explication qui apparaît dans le forum !

Dans ce cas particulier, un seul salaire est un choix forcé. Et il faut pour ce couple avec deux enfants habitant sa propre maison dans un petit village, deux voitures, pour lui permettre de se rendre au travail, pour elle de continuer de recevoir des soins pour elle. Dans ce cas particulier, le forum a réparé une imprécision du commentaire.

“Les enfants du poro” : un “vingt-six minutes” du 07.04.2011, repris sur TSR 2 le lundi 11 avril - Toute seule, cette fillette ne consulte pas forcément des images pornos, mais comme elle le pourrait…

Des impôts fort élevés !!

Le budget d’un couple de concubins, la jeune femme se trouvant toujours sans travail à la fin de son droit au chômage, n’a pas manqué d’étonner. Sur un revenu net d’environ 4500 francs, 1700 ( un peu moins de 40 %) sont consacrés au loyer, 1550 ( environ 35 %) aux impôts. Etonnant ce dernier poste, qui reçut une amorce d’explication : le montant à payer est déterminé par les revenus l’année précédente. Mais il existe pourtant la possibilité de fixer le montant des dix tranches annuelles en tenant compte de la situation nouvelle. La vingtaine d’interventions est l’exemple même d’une glissade vers un petit centre de discussion tournant autour des achats effectués en France avec comparaison de prix, compte tenu aussi de la durée et du coût de déplacement.

Au hasard du « voyage »

Curieux, mais dans le document comme dans le tiers du forum fréquenté, rares furent les remarques au sujet du poids de l’assurance-maladie. On peut se demander s’il s’agit d’un choix éditorial initial, pour éviter de se mouvoir dans le labyrinthe des subventions.

Tout à coup, une remarque qui, elle, aurait pu donner lieu à un sujet entier de TP, une comparaison intercantonale, à partir d’une remarque importante : gagner cinq mille francs net à Genève, ce n’est pas la même chose que de gagner cinq mille francs dans le Jura ou en Valais. Sujet de l’émission : que fait un ménage avec deux jeunes enfants dans chacune de sept regions ( Berne francophone) ou cantons romands ?

Au programme du jeudi 14 avril 2011 “Expulsé de son appartement” !

Petite place pour l’humour

Enfin, mais la chose est bien rare, si l’esprit polémique est bien présent dans bon nombre d’interventions, ajouter à celui-ci un véritable humour n’est pas fréquent. Ce bout de texte est délicieusement efficace : « Quelqu’un pourrait-il me prêter deux cents francs pour faire le plein de ma Ferrari ».

Défouloir loufoque tous azimuts ? Y a-t-il quelqu’un qui, à la TSR, sache en tirer la substantifique moëlle ? Considère-t-on ce genre de forum comme une forme d’interactivité unilatérale, autrement dit comme un petit jeu qui n’intéresse pas grand monde ? Ne serait-il pas intéressant que chaque département qui dispose d’un forum sache résumer pour l’ensemble des internautes ce qui peut être intéressant ? Ce serait là une forme d’interactivité à deux directions….

Le 19:30 à la gare de Zürich

L’effet d’une annonce

Sur un quart de page, une annonce : sur un élégant paysage monocolore, en lettres immenses, « ZURICH », en très grandes, « Le journal de 19h39, TSR » (avec du rouge), qui sera en direct de la gare ce lundi 28 mars. De minuscules caractères proposent de retrouver la journée spéciale de la RSR du 25 mars : l’annonceur a le sens de la hiérarchie ! Rien vu ailleurs à ce propos : une exclusivité « Le Temps », l’organe “officieux” de la RTS ?

Zürich, une ville qui pulse

Rien dans mon journal local ce matin-là. Cherchons ailleurs : voici une colonne dans un magazine. Romaine Jean répond à trois questions, ceci par exemple. Ce direct décentralisé se justifie puisque c’est notre mission de parler de ce qui se fait en Suisse car Zürich est un ville qui pulse, alors que vont se dérouler d’importantes élections. La pulsation, ce sont des jeunes branchés mangeant des sushis et votant à droite. Que voici un événement télévisé aussi important que « La Traviata » en direct de la gare de Zürich, une ville dans la ville !

Peut-on lire l’heure sur l’horloge de droite en haut ? Et de quand date dette image destinée à l’illustration du TJ décentralisé de fin mars 2011 ? Romaine Jean devant un train à deux étages, sans la table bi-pentagonique ( Photo TSR )

De bonnes informations en quinze minutes

Alors, regardons : voici de jeunes francophones parfaitement à l’aise dans leur poste de travail, un sujet sur le logement, un autre sur les nuits zurichoises, le témoignage d’un spécialiste de relations publiques, quelques informations sur la criminalité locale. Un ensemble de fait remarquable, qui n’a guère de lien avec les prochaines élections. Mais quinze minutes d’une excellente télévision variée, dans un format plus grand que ceux de « Mise au point »

Un direct qui n’apporte rien

Mais le direct : une table blanche est dressée, dans la gare, composée de deux parties régulièrement pentagonales, derrière elles, Romaine Jean. Devant elle, Corine Mauch, madame la présidente de la ville de Zürich, pour un entretien de deux minutes qui pourrait avoir été enregistré n’importe où. Et le jovial M.Köppel. Une grande horloge confirme le direct ; beaucoup de monde qui passe. Un observateur à gauche de l’image qui semble veiller sur Mme Mauch.

Bref, ces seize minutes dans la gare de Züich finissent par créer un événement qui n’en est surtout pas un. A se demande si cela méritait même lé quart de page de l’annonce du « Temps » ? Une trop grande dépense pour un résultat certes intéressant mais où le direct n’aura en rien enrichi l’information. Mais le choix des sujets, même sans la moindre allusion aux prochaines votations, aura contribué à une meilleure connaissance de Zürich.

Manger des sushis et voter à droite

Profitons de l’occasion pour se poser quelques questions sur un téléjournal en général.

Comment diable s’y prendre pour qu’un module permette de faire comprendre que des jeunes branchés qui mangent des sushis votent à droite ? Difficile. Impossible ? Poser la question, c’est peut-être mettre en évidence certaines limites du journal à immense audience qu’est tout TJ.

Un événement chasse l’autre

Une question du même genre : dans chaque numéro de tout TJ se trouve une information anecdotique. Exemple récent au « 19H30 » de la TSR : l’annonce faite de l’arrestation d’un éducateur pédophile s’en étant pris à des enfants de deux ans, ce qui dégage un sentiment de vif rejet qui n’a aucun lien avec un plan sur la maison, siège de l’institution. Il est intéressant alors de lire des journaux le lendemain. On y a trouve parfois, même pas toujours, quelques lignes seulement sur ce qui est devenu un événement pour la télévision. Les échelles de valeurs sont différentes.

Autre problème, d’autant plus sensible actuellement que des événements politiques importants se succèdent : révolution en Tunisie, idem en Egypte, guerre larvée en Libye, tsunami au Japon, une usine atomique qui échappe à tout contrôle. Un événement chasse l’autre. Oui, mais que se passe-t-il en Tunisie, en Egypte, une fois l’aspect dramatique disparu ?

Une intéressante forme de suivi

A porter à l’actif du « 19 :30 » actuellement une forme bienvenue de suivi : on y trace le portrait d’un jeune plongé dans les événements de son pays, ce qui permet de faire le point sur le contexte dans lequel il se trouve. C’’est une excellente manière de pas oublier son pays qui change.

Un regret : un ligne de texte annonce le revenu en francs suisses de celui dont on montre des bribes. Mais vivre en Tunisie avec deux cent cinquante francs suisses ne veut strictement rien dire. Il faut cesser avec ces comparaisons qui ne font qu’accentuer le sentiment de la misère des autres, donc de notre confortable supériorité. Il faudrait expliquer ce que l’on peut faire avec l’équivalent sur place de ces deux cents cinquante francs suisses. Mais c’est peut-être aussi difficile que de montrer en quelques plans des jeunes branchés mangeurs de sushis qui votent à droite !

Savoir savourer Mad men

Il ne se passe pas de semaine, et depuis assez longtemps déjà, sans qu’un média écrit de langue française ne s’intéresse à la série « Mad men », que l’on passe d’un quotidien « populaire » à une revue de cinéma vouée à la notion d’auteur la plus exigeante. Le snobisme à court terme n’explique rien.

Adultère sur internet et .. « Mad men »

Exemple récent : le grand quotidien romand dit incontournable aborde le problème de l’adultère facilité par des sites, parfois à bon rendement commercial, installés sur la toile. Encore convient-il de donner un exemple frappant d’adultère. Celui du Don Draper de « Mad men » fait l’affaire, avec son mensonge sur les obligations professionnelles tardives.

« Dépanné » par sa collaboratrice.

Dans le plus récent numéro de la série (TSR, dimanche 20 mars 2011), Dan Draper emmène Bobbie, sa maîtresse au bord de la mer, là où s’étendre sur le sable peut être source de volupté. Mais en toute, manque du pot : un bête d’accident de voiture, conducteur alcoolisé. Voici Dan retenu au poste de police, sommé de régler une amende de cent cinquante dollars. Saura-t-il se faire aider pour régler cette somme ? Plan suivant :il est assis dans une voiture conduite par Peggy. C’est à sa fidèle collaboratrice et seulement collaboratrice qu’il aura fait appel. Et celle-ci, accueillera Bobbie chez elle alors que Betty qui n’a pas dormi de la nuit assiste au retour de Dan. Plus tard, Peggy, imidement, fera remarquer à Dan, que pour elle, cent dollars, ce n’est pas rien. Ce qui se passe hors-champ est parfois tout aussi dense que ce que montre l’image ! Il faut une splendide écriture pour cela. Etonnant, d’ailleurs, dans la série, d’entendre parler de dollars en 1960 . la dizaine représente déjà quelque chose. Mais il serait difficile d’introduire, dans un série, la notion de dollar constant. Que valent, aujourd’hui, dix dollars de 1962 ?

Dan Draper (Jon Hamm ) et Hollis ( La Mond Byrd), sa maîtresse (TSR)

On fume dans chaque plan…

On imagine mal un journal sérieux s’en allant récupérer ses exemples dans des « potages » quotidiens comme le « Top Models » (5.800 numéros à ce jour ) américain ou, mieux tout de même, le « Plus belle la vie » français.( bientôt 1.700). Par contre, citer une série qui est à juste titre reconnue pour ses ambitieuses qualités valorise un texte. « Mad men », qui donc raconte le fonctionnement d’une agence de publicité américaine au début des années soixante, quand apparaissaient les trente glorieuses de la croissance, vaut par la richesse de ses personnages, la méticulosité de sa reconstitution ( la mode d’aujourd’hui lui rend hommage). On fume dans chaque plan, on boit dans un plan sur trois. Pas un instant où l’on s’ennuie. Mais en même temps, le temps s’écoule sans donner de sentiment d’accélération : ce rythme parfois contemplatif est aussi une qualité que le cinéma commercial perd à force de multiplier les actions et d’abréger les plans.

Cinq des membbres de l’équipe de l’agence, de gauche à droite et de haut en bas : Pete Campbell ( Vincent Kartheiser) , Roger Sterling (John Slattery), , Peggy Olson (Elisabeth Moss), Joan Hollyday (Christina Hendricks), Betty Draper (January Jones) et Dan Draper (John Hamm, assis) Qui est l’intrus(e) ?

Au loin, « Twin Peaks »

L’évident succès des séries exigeantes, pas seulement américaines si celles-ci sont numériquement dominatrices, est aussi un signe d’un progrès du langage audiovisuel. On peut faire par commodité remonter leurs débuts au « Twin Peaks » de Lynch au début des années 90 et citer au moins « Les sopranos », « Deadwood » , « Roma », « Dr House » ou « Dexter », et bien sûr « Mad men ». Elles apportent au « consommateur » du temps pour suivre le récit et apprécier sa diversité dans l’espace. C’est une manière de résister au « tout sur tout, surtout tout de suite sur tous les supports » qui provoque des noyades dans la superficialité. On retrouve le plaisir de pouvoir savourer tranquillement la richesse d’une imagination créatrice.

Japon et Libye; les beaux mecs ; Mad men

Que faire ? Suivre la manière dont la télévision ( mais à l’ère du multimédia, « la » télévision, ce n’est plus seulement le téléviseur !) colle à l’actualité qui très vite change ou s’en tenir à ses envies de divertissement, parler du plaisir apporté par deux séries ? Suivre les deux pistes ? Ambigu !

Japon

Japon ? Un puis des tremblements de terre, un tsunami et un immense problème nucléaire : il y a des faits, pas tellement nombreux Les experts arrivent de tous azimuts., avec les incertitudes ! On quitte même le Japon par vents encore inconnus, on met en cause le nucléaire ardemment défendu il y a encore peu de temps. Une certitude personnelle : un Georges Baumgartner grave, tendu, resté à Tokyo, m’en dit plus et mieux que les experts les plus sérieux plongés (de force ?) dans l’actualité !

Le pétrole libyen

La Tunisie, hier, c’était trop simple. Ben Ali a pris peur, il est parti. L’Egypte, aussi, c’était presque trop simple. Moubarak a pris peur, il est parti. Les deux pays vivaient beaucoup du tourisme, mais tous n’en profitaient pas. La Libye : le 22 février 2011, « Infrarouge » titrait immédiatement, même avec prudent point d’interrogation : « La fin de Khadafi ? ». Un mois plus tard, on se demande la fin de qui ou de quoi ! La Tunisie, l’Egypte ne produisent que très peu de pétrole. La Libye, beaucoup plus. Une petite différence qui n’eut qu’une bien petite place dans l’actualité ! La résolution de l’ONU ne mentionne pas ce pétrole !

Jean Daniel à Tunis

Trois pays qui se touchent. Pas la même solution. Et puis, au moment où ces lignes sont écrites ( le18 mars vers 21h00), Khadafi, donné très prochainement vainqueur contre les insurgés aux mains plus ou moins nues, cesse le feu comme le lui ordonne la résolution de l’ONU. L’espoir, celui des Tunisiens, des Egyptiens ? Il est dans l’avenir de leurs deux pays, différents d’avant. La Libye, sera-ce Budapest en 1956, Prague en 1968, Berlin en 89 ; ou tout autre chose

Stéphane Hessel ( 93 ans ) qui vient de publier un “best-seller” court,” Indignez-vous”, avec Jean Daniel (90 ans), un des patrons du Nouvel Observateur ( Image N. O)

 « La » télévision n’a plus de place pour la Tunisie et l’Egypte. Il reste la lecture, entre autres celle du Nouvel Observateur. Le 10 mars, Jean Daniel réclamait des armes pour les combattants de Benghazi. Le 17, il revient de Tunis. Il raconte, le rôle des jeunes, celui des femmes dans la Tunisie nouvelle. De Tunis, avec des Tunisiens, il observe aussi la Libye, Khadafi, ses troupes, ses déclarations. Impossible de résumer son texte. Par contre, essentiel d’en signaler l’existence. Il faut de témoignages de ce genre pour se remettre à croire qu’il est possible de comprendre un peu ce qui semble se passer

Les beaux mecs

Voici une nouvelle série de France 2, en huit épisodes durant quatre mercredis (les 16, 23 et 30 mars, 6 avril 2011), « Les beaux mecs », un texte de Virginie Brac et une réalisation de Gilles Bannier. On survole cinquante ans de la vie de l’un de ces beaux mecs, le truand Antoine Roucas dit Tony le dingue. Deux générations, pas les mêmes. De grands acteurs, une splendide aisance dans les sauts temporels ; aussi beau que les meilleurs Melville ? L’important, ici, étant de signaler l’existence d’une réussite française dans la ligne d’ « Engrenages » et de « Un village français ». Derrière les américains, il y avait déjà les anglais. Voici les français.

En 1960, Claude Chabrol signe « Les bonnes femmes », film largement rejeté par la critique et bide public. Quatre vendeuses d’une même entreprise vivaient une vie sentimentale plutôt sinistre, par la faute de leurs pauvres petits rêves. Matthews Weiner, un américain de 45 ans, en parle. Il cite aussi Antonioni.

Weiner ? C’est un « showrunner », le patron d’une équipe de scénaristes qui construisent une série à saisons multiples. Il se fit les griffes sur les « Soprano » de David Chase. Il eut d’abord un peu de peine à imposer les premières saisons de « Mad men ». Cela se passe dans une grande entreprise de publicité au début des années soixante. Pas un plan sans fumée ; pas un plan ou presque sans alcool ; une intransigeante volonté de précision dans tous les détails, dont ceux de la mode – dans le sillage de « Mad men », la mode d’aujourd’hui s’empare de celle des sixties. Il y a les certitudes d’un univers clos au début de ces fameuses années glorieuses qui vont voir le monde occidental s’enrichir par la croissance, mais les masques tomber ou se fissurer. Esthétiquement, c’est superbe, c’est bien joué. Les personnages sont attachants aussi repoussants soient-ils. Ils trompent, se trompent, trahissent, croient être ce qu’ils ne sont pas, sont ce qu’ils ne veulent pas. Dans sa grande sagesse, la TSR programme cette série numéro par numéro aux environs de minuit, après un triplé d’ »experts » dominicaux ! Ce n’est pas sa meilleure exposition possible !

Citer Charbol et Antonioni

Lors d’une conférence de presse à Paris il y a quelques semaines, Weiner vit se précipiter bon nombre de journalistes. Comme s’il s’agissait de participer au lancement d’un blockbusker hollywoodien ! Mais cela concernait l’une des belles réussites de ces séries de longue durée, à plusieurs saisons, qui apportent à la fiction audiovisuelle la richesse de la saga littéraire, le temps à disposition pour savourer sans se presser les élans des personnages et leurs contradictions. Citer à juste titre Chabrol ou Antonioni, c’est tranquillement placer « Mad men » où il doit l’être, parmi le meilleur du cinéma d’auteur, qui vaut de plus en plus souvent pour les séries saisonnières les plus exigeantes.

 

Pourquoi ?

Pourquoi donc, quand arrive la séquence météo du soir sur notre chère TSR, nous parle-t-on du temps qu’il a fait dans la journée ? En principe, chacun a remarqué le temps qu’il a fait pendant ce jour !

Pourquoi donc y a-t-il d’immenses taches rouges sur la magnifique carte mondiale qui orne l’arrière-plan du Téléjournal, et pourquoi cette carte est-elle si difficilement lisible ?

Pourquoi, lorsque des personnalités s’expriment dans une autre langue et que leurs dires sont traduits, laisse-t-on le son original en même temps que la traduction tant et si bien que l’on ne comprend plus rien du tout?

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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