Au tour des « quartz » suisses
L’hiver est saison favorable pour qu’un pays seul ou un groupe fasse la fête à son propre cinéma. Viendront ensuite les centaines de festivals internationaux. Cela intéresse-t-il le grand public ? La réponse devrait être plutôt oui. Voici pourquoi.
Films suisses et grand public

On aura beaucoup parlé de ce film lors de ses difficultés financières. Mais il est terminé : "Sennentuntchi" de Michael Steiner a déjà dépassé les cent mille spectateurs en Suisse alémanique. Qu'en sera-t-il en Suisse romande dans quelques semaines ? Ce film de genre "glauque" mérite l'attention.
« Le discours d’un roi », après les Oscars, revivifie son système nerveux. Le nombre d’entrées résiste bien après plusieurs semaines d’exploitation. Les trente-cinq films suisses qui briguent une dizaine de « quartz » à Lucerne ( 12 mars 2011 ) vont peut-être renforcer le lien entre les œuvres et le public ? L’ATS vient de proposer un assez long texte en se livrant au petit jeu des paris : c’est aussi un signe ! Michel Zendali, avant qu’il ne soit trop tard, aura découvert jeudi 10 mars ( TSR1) que le cinéma suisse se féminisait en pariant sur le duo Reymond/Chuat de « La petite chambre ». Nicolas Bideau, l’ancien chef de la section cinéma, fit des efforts pour la promotion de ces « quartz » qui vont peut-être contribuer à amener quelques spectateurs de plus devant certains films suisses. La cuvée 2011 à un mérite : plusieurs des candidats aux quartz sont déjà connus du grand public comme « La petite chambre », le «Sennentuntschi » de Michael Steiner, « Cleveland contre Wall Street » de Jean-Stéphane Bron. « Romans d’ados » de Béatrice Bakhti aura cumulé spectateurs et téléspectateurs.

Quarante mille spectateurs en Suisse romande, c'est un succès cinématographique. Certes, cela ne représente que le cinquième des téléspectateurs qui suivent chaque jour le "19:30". Mais on peut proposer un autre critère comparatif : admettons que la population de France soit trente fois supérieure à celle de la romandie francophone. Quarante mille romands deviendraient ainsi plus de un millions d'habitants de France. Un millions, c'est très honorable sur le grand écran.
Importance des co-productions avec la télévision
Les deux principaux fournisseurs de l’indispensable carburant pour qu’un film existe, l’argent nécessaire mais pas suffisant, sont la Confédération et la SSR, à petites dizaines de millions chacune. Sans la télévision et ses chaînes régionales, le cinéma suisse serait plus maigrelet, d’un bon tiers environ. Les trente cinq films de fiction, de documentation, d’animation, longs ou courts-métrages, « nominés » lors des Journées de Soleure ont reçu en janvier quelques milliers de francs, parfois en petites dizaines : un arrosoir apprécie ! Dix quartz honorifiques sont décernés à Lucerne. Dix des trente-cinq nominés ont été co.-produits par la TSR. C’est proportionnellement beaucoup plus que la place de la TSR dans le paysage audiovisuel suisse.

All That Remains, de Pierre-Adrian Irlé, Valentin Rotelli. L'histoire de deux voyages, deux légendes, quatre destins croisés.
La nuit du cinéma suisse
Sur le petit écran, écouter quelque discours, énumérer des titres, faire attendre le nom du vainqueur, le voir monter sur scène, l’entendre remercier les uns et les autres ne fait pas passer une soirée bien folichonne, ni en Suisse, ni même à Paris ou Hollywood. Mais la TSR a concocté un choix de films alléchant pour que cette nuit du cinéma suisse soit séduisante dans la variété de ses propositions.
Avant minuit, deux films d’auteur qui furent aussi des succès commerciaux, le « Home » d’Ursula Meier puis « Les faiseurs de Suisses »( 1978) de Rolf Lissy qui n’a pas complètement perdu son actualité politique et son humour. Peu après les douze coups, un document d’intense rigueur, consacrée à une traductrice de romans de Dostoïevski. Puis ce sera un primeur sur le petit écran, les cinq courts-films de la sélection de 2011 : mais qui sera encore devant son petit écran à 01h45 ? Peut-être ceux qui connaissent de réputation le sulfureux « A vos marques, prêts, Charlie », une pochade d’esprit pornographique avec Mélanie Winiger : il sera alors 02h40 ! Salut les galopins !!
Convergence contre culture
De convergence, il en fut souvent question l’an dernier. Tant à Zürich qu’au bord du Léman, tant la radio que la télévision et leurs différentes chaînes désormais vivent sous une même structure. Une convergence réussie permet de diminuer des déficits et d’éviter des dépenses, donnant ainsi de meilleurs moyens à la production. Dans une entreprise audiovisuelle comme la SSR-SRG qui n’a pas à faire de bénéfices, la convergence doit être porteuse d’un plus.
Dans une grande entreprise comme la radiotélévision de service public, les cadres supérieurs de formation technocratique savourent la convergence, les créatifs de la base certainement beaucoup et les nombreux petits et moyens chefs qui lient les uns aux autres choisissent de suivre les chefs en adoptant un prudent silence. Normal ! Si le grand meneur est, clairvoyant, intelligent, persuasif, Gilles Marchand l’est, cela peut aller à assez grande vitesse même sans réunir tout le personnel des deux entreprises entre Morges et Genève.
Les sportifs de radio et de tv parfois se heurtent. Ils font ces métiers à composantes principales différentes. Les gens qui s’occupent de culture, plusieurs dizaines en radio, beaucoup, moins paraît-il en télévision chose étonnante, viennent de vivre une curieuse expérience, Déjà que « Tard pour bar », spectacle parlé d’expression culturelle créative comme l’était il y a trois ans l’émission produite par Myriam Mermoud, n’emportait
pas de très large adhésion avec carpe couleur 3 et son lapin motard tv. La lassitude ressentie par son animateur Michel Zendali qui aurait souhaité procéder à des aménagements a permis de lui proposer pour bientôt un spectacle parlé itinérant en Romandie, ce que « Tard pour bar » aurait dû être
Ce pourrait bien devenir une émission de plus d’information, sur les activés culturelles qui ne sont pas forcément créatives, mais silence motus, interdiction d’en parler. Michel Zendali avec ses 57 ans s’accorde la liberté de râler et de s’étonner que la convergence se fasse dans un domaine où une place timide reste pour les fortes personnalités comme la sienne mais s’en aille chercher ses principaux animateurs dans une société fondée non sans risque à l’extérieur de l’entreprise convergée, permettant un retour en force d’anciens collaborateurs.
Une seule médaille ? C’est la cata !
Dimanche 20 février 2011, dans « Les sports » du jour, en plus de l’ « Etoile des neiges » évocatrice d’une chanson – mais pour quelle(s) génération(s) ? – on fait le bilan, en ajoutant la méforme de Silvan Zurbriggen. Une déception de plus en ski alpin !
Une théorie par service
Quelques minutes plus tard, au « 19 :30 » à l’audience hénaurme, voici une petite phrase ou deux, ton sinistre si possible et visage triste : « A Garmisch-Partenkirchen, c’est la cata » Une seule médaille ! Les journalistes sportifs viennent de tenter de dresser un bilan de la réalité des championnats du monde de ski alpin et proposent quelques justes nuances. La présentatrice du TJ commente dans le sens du vent qui porte la cata. Parlent-ils du même événement ? Chacun suit son chemin
Maudite quatrième place « chocolatée »
Précision indispensable : il ne s’agit pas des championnats du monde. La « cata », c’est le résultat des suisses. Une seule médaille, juste, mais pas n’importe laquelle, une d’argent gagnée, pas d’un d’or perdu ! Lucide, le sportif « âgé » du Val-de-Ruz.. Dans presque chaque pays participant, c’est une rencontre internationale où l’on a le regard coincé sur son équipe. Cette fois, c’est notre tour : la cata est helvétique. Pensez donc, une seule médaille. Vrai, pour qui accepte de ne compter que l’or d’abord, plus l’argent, enfin le bronze. On rejette la quatrième place d’un méprisant chocolat dont on prétend pourtant en autres milieux qu’il a vertu érotique, le chocolat ! Un championnat du monde, c’est comme une course d’un jour unique, même sur quinzaine étalée. Une parenthèse dans la saison, avec skieurs dans le rôle des rois mages !
Des dirigeants très optimistes
Les dirigeants du ski suisse annoncèrent une récolte de six médailles. Les entraîneurs, employés des précédents, n’osent pas les contredire. Les multiples médias ne vont pourtant pas rabattre les joies annoncées !. Et les skieurs ? Ils n’ont par le choix : il faut confirmer. Raté ! Oubliés, les deux qui ramassent une bûche en fin de course une médaille déjà pendue au cou. Oubliés les quatre quatrièmes rangs, chaque perdant séparé par trois dixièmes du podium. Trois dixièmes ? Moins de dix mètres dans une descente de trois kilomètres à cent à l’heure. Un centième de seconde ? Trente centimètres !
L’or d’abord
La cata ? Et si c’étaient ces effets d’annonces qui cachent le charme de la compétition ! Chaque jour ou presque, on publie un classement sur un critère simple : d’abord le plus grand nombre de médailles en or, puis à égalité, le nombre des médailles en argent, procédé une fois encore répété avec le bronze.
Le pays qui ne récolterait qu’une seule médaille d’or est ainsi mieux classé qu’un rival obtenant quatre d’argent et six de bronze ! Pas très significatif !
On pourrait nuancer cette sécheresse en attribuant à l’or un coefficient supérieur à l’argent, lui même supérieur au bronze, et en continuant, par exemple jusqu’aux quinze premiers (en Formule1 sauf erreur) ou trente (coupe du monde de ski). Le classement mesurerait alors la valeur d’une saison dans son ensemble, et pas seulement quelques courses concentrées sur une courte période.
Comparaisons dans le temps
Intéressante, assez souvent, la présence de consultants qui furent de bons skieurs et savent lire le travail des participants. Mais il leur arrive de faire remarquer des détails qui restent difficiles à saisir, un effet de carre, une manière d’entrer dans une porte. Bien entendu, sans les temps affichés en permanence, verrait-on une différence entre les meilleurs ? Pas certain. Souvent on entend dire que les écarts qui séparent les premiers sont de plus en plus petits. Est-ce exact ? Ne pourrait-on pas aussi, plutôt que de rappeler la carrière des participants, revenir sur une course d’il y a 75 ans, puis 50, puis 25 et enfin d’aujourd’hui et de donner la proportion de ceux qui se trouvent dans la même seconde ? On comprendrait peut-être ainsi pourquoi les meilleurs sont de plus en plus nombreux. Mais est-ce le cas ? Bref, suivre l’évolution d’une compétition dans le temps permettrait d’ouvrir une porte sur l’histoire d’un sport. Et pendant ce temps, les techniciens trouveraient un moyen de mieux faire sentir la raideur d’une pente.
Et puis, mieux comprendre un sport pris comme divertissement, c’est peut.-être aussi savoir l’apprécier mieux.
Dans les décors
La télévision fait assez bien la promotion de ses programmes et sait insister sur ses nouveautés. Des semaines récentes durant, on pouvait s’attendre à des changements annoncés tant aux « Téléjournaux » qu’à « Infrarouge ». Qu’allait-il se passer ? La forme serait touchée, le décor, ou le fond, l’esprit du débat?

Des décors nouveaux plutôt réussis ? Lire ci-dessous, pour le “Téléjournal” et “Infrarouge” Mais il y a plus important : une série nouvelle, “T’es pas la seule”, qui promet. Bien meilleure qu’ “Heidi”! En particulier par la qualité des interprètes, à gauche Natacha Koutchoumov (Vanina ) puis Isabelle Caillat (Eve): ce sont là deux des meilleures jeunes actrices de suisse romande. ( Photo TSR/Rita) Le TSR fait un effort pour la diffusion d’un de ses programmes les plus ambitieux de l’année : sur TSR 1, le vendredi à 20h10 pendant neuf semaines encore et sur TSR 2, le vendredi vers minuit, le dimanche à 20h00 et le mardi à 16:30.
Téléjournal
Un « TJ » reste dans les mains d’un duo ou d’une personne seule qui en assure la présentation, parfois rejoint par de rares invités. Cela fonctionne peut-être plus autour des mots que des images. La TSR vient de revoir son décor, qui reste dans l’esprit du précédent dominé par le rouge. La mappemonde se contorsionne avec plus d’élégance qu’auparavant pour rejoindre fidèlement les cartes des géographies continentales. Il y a là beaucoup de travail fort bien fait. Mais peut-on bousculer l’esprit d’une émission suivie par des dizaines de milliers de consommateurs ? Certes, oui, mais avec prudence. On innove le vendredi soir en ouvrant l’antenne à des cinéastes qui ajoutent leurs mots à des exercices libres de montage parfois impertinents. On donne de la place à « Nuovo » que l’on invite à suivre sur internet et on oublie discrètement de saluer les apports des bureaux cantonaux.
Infrarouge
Le rouge reste mis, assurément, mais sur des surfaces moins agressives qu’hier. Des voûtes élégantes de couleur blanche tissent des liens d’un point à l’autre, dans une volonté visuellement pacifique. Au milieu du décor, il y avait un ring sur lequel l’animatrice arbitrait pas toujours avec bonheur le combat de catch verbal entre deux adversaires. Assez loin, placés dans le public pas très nombreux, quelques privilégiés avaient le droit sinon le devoir d’intervenir une ou deux fois dans le débat. L’impertinence pas politiquement correcte de Mix & Remix reste à saluer comme un défi.
Maintenant, l’animatrice préside une assemblée d’une demi-douzaine de personnes, trois à sa droite, trois à sa gauche. La proximité pourrait bien rendre plus désagréable les prises de bec si fréquentes hier, du genre « laissez-moi parler, moi je.. ». Il se pourrait aussi, par le choix des sujets, que les émissions à confrontations fortes deviennent moins nombreuses, que le citoyen, plus souvent, remplace le consommateur. On peut donc croire au progrès, décor utile mais secondaire. Et rejoindre plus souvent “Infrarouge”
Dans mon cinéma
Du sport en direct : on vous en parle le jour avant, avant, pendant, après, le jour après. Un tel traitement vaut pour les informations les plus importantes !
Diffusion d’un film, d’un téléfilm, d’une série : la présentatrice de service donne le titre, le sujet, parfois le nom d’un acteur, rarement ceux des créatifs. Les jours qui précèdent, la BdL (Bande de Lancement) en a parfois dit un petit peu plus. La documentation venue du cinéma , de la seule télévision ou de co-production est souvent mieux traitée. ! « Dans mon cinéma » est une exception honorable traitant correctement un divertissement mineur, l’audiovisuel de fiction.
La même structure d’un numéro à l’autre

Dans un petit cinéma pour la télévision, Dominique Warluzel domine souriante Béatrice Barton et charmant Alain Delon
Cette série d’émissions d’une cinquantaine de minutes trace en sa présence le portrait d’un grand interprète. Trouvé par hasard sur le web une intervention de sa productrice, Béatrice Barton, qui met l’eau à la bouche en parlant de ses invités. L’avocat genevois incontournable comme un Freysinger, Dominique Warluzel, est en aussi bonne forme qu’elle pour dialoguer plutôt que de jouer aux questions-réponses avec ses invités qui sont parfois amicalement proches de lui. Raymond Vouillamoz a signé la réalisation de la première saison de l’été dernier. La deuxième fait apparaître un autre nom, René Fourneau. Pas de différence de structure et d’esprit d’une saison à l’autre. A se demander si Fourneau est un pseudo de Vouillamoz ! Mais il en va ainsi souvent d’une forme de télévision qui se répète avec une certaine régularité. La structure de chaque numéro de la série est fixée une fois pour toute, sans grande place laissée à une amorce de souplesse : huit minutes ici, deux là, puis à nouveau six, et ainsi de suite. La volonté de régularité d’une grille hebdomadaire conduit à figer son déroulement. Ce n’est pas forcément un défaut ! Ce n’est pas une bien grande qualité!

Dans leur petit cinéma, Dominique Warluzel toujours dominateur, Christophe Lambert et Alain Delon, toujours présent
Des extraits de dix films
Dans une petite salle avec peu de sièges rouges, l’invité(e) est confortablement assis(e) face à celui qui reçoit. Chaque numéro est agrémenté par des extraits de dix films, cinq tirés de la filmographie de l’interprète, cinq qui illustrent son rapport avec le cinéma et les grands moments inscrits dans sa mémoire. Ce sont presque toujours des souvenirs positifs. Et chacun s’en va chercher dans sa mémoire des souvenirs de sa jeunesse de cinéphile : les acteurs et actrices du cinéma en font souvent partie. Ils rappellent ainsi que le cinéma a une histoire déjà longue et contribuent ainsi à le faire savoir aux jeunes générations

Warluzel toujours sérieux, Delon toujours souriant, amis associés en petit cinéma rouge et sans cravate
Carole Bouquet se souvient
Carole Bouquet a évoqué l’étrange tournage de cet « obscur objet du désir » de Luis Bunuel où deux actrices jouaient le même personnage. La première enrôlée ayant quitté le plateau, le réalisateur utilisa en alternance les deux remplaçantes pressenties ! Angela Molina rêvait de tourner les scènes prévues pour Carole Bouquet et réciproquement. Cette dernière se souvient d’avoir détesté la scène choisie pour illustrer ce film. Mais elle le raconte si gentiment que le rejet devient une chose positive.

En haut, l’équipe tv En bas, le duo du “Guépard” de Luchino Visconti. Quatre images tirées de « dico photo » de la TSR« RTS / BBD Polymédia sa / Pugnet François En tout : Quatre fois Warluzel, présentateur, Quatre fois, Alain Delon, acteur; Deux fois Béatrice Barton, Une fois Claudia Cardinale, Une fois Christophe Lambert, Reflet de la hiérarchie de mes choix
Glisser dans le cinquante-deux minutes d’une émission des extraits de dix films qui conduisent tous à une amorce de conversation autour des choix ou des souvenirs, c’est s’imposer d’être bref. On se prend à « souffrir » quand la coupe inrtervient. !
Claudia Cardinale et Alain Delon : entre deux images, 47 ans

Claudia Cardinale et Alain Delon, il y a quarante-sept ans, dans ” Le Guépard” de Luchino V isconti La sortie d’une récente version masterisée du “Guépard” est l’occasion d’une comparaison dans le temps
Cette excellente série cinématographiquement sensible et informative passe actuellement sur TSR 2, en pleine saison d’un sport ou l’autre. Sa programmation irrégulière permet tout de même d’apprécier cette amorce de soirée thématique : le portrait est suivi d’un long métrage où l’acteur invité tient un rôle important. On quitte l’invité à la fin du long-métrage, comme si le dialogue s’était poursuivi alors entre lui et le spectateur qui aurait pris la place de l’animateur. Dommage que portrait plus film ne soient pas toujours associés !
In French please !
Entre Noël et Nouvel-An, l’attention des sportifs a été retenue par les retransmissions de la TSR de toutes les rencontres de la Coupe Spengler 2010 à Davos. Chapeau, bravo et merci!
Un des journalistes principaux à oeuvrer fut Laurent Bastardoz, sans doute le meilleur connaisseur en hockey sur glace de Suisse occidentale. Nous avons suivi plusieurs des rencontres qu’il a commentées, parfois avec d’autres experts en hockey. Ce commentateur est passionnant et passionné, et c’est une encyclopédie à lui tout seul de ce sport de glace tant apprécié en Suisse.
Mais pourquoi faut-il qu’il utilise constamment des expressions anglaises ou américaines alors que l’IIHF (Fédération Internationale du Hockey sur Glace) a rédigé il y a quelque temps un glossaire français valable pour le Canada et les pays francophones?
A tire d’exemple, un rink est une patinoire, goal = but ou cage; puck = palet ou rondelle, linesman = juge de ligne, offside = hors-jeu, playoff = éliminatoire, slashing = cinglage, assist = passe, backcheking = repli défensif, backhand = passe ou tir du revers, bodycheck = mise en échec, goalie = gardien (de but) power play = jeu de puissance, slap shoot = tir frappé ou lancer frappé, shoot = tir, referee = arbitre.
Que l’on utilise une fois au l’autre un anglicisme pour faire bien ou pour changer, d’accord, mais qu’on abuse de mots américains alors qu’il en existe de meilleurs en français, non!
L’eau rang Bas tard dos aimerait-il qu’on le nomme Water Rank Low late back?
In French Laurent, please! Thank You!
« Nouveaux » journaux ?
On nous avait prévenus depuis longtemps, les journaux de la TSR allaient changer de fond en comble (une révolution aurait dit Steve Jobs !).

Pourtant, vu de son canapé, le fond est toujours bleu, le générique est le même, les cartes quasiment semblables avec un peu plus de relief, le plateau gris au lieu de blanc, la lumière plus vive, l’horloge est passée du rouge au noir, le sigle TSR a perdu son fond noir et Rochebin est toujours Rochebin…
Peut-être qu’après quelques éditions, on s’apercevra de modifications plus substantielles, mais pour le moment, le téléspectateur lambda n’a pas été cloué dans son fauteuil.
Vous avez dit grand changement? Petit toilettage eût été plus adéquat!
Archives Séries TV
Les textes « Séries TV » de l’ancien site en PDF du 1er février 2011 à mai 2005:
- Les années soixante dans Mad Men
(1er février 2011) - En direct de notre passé (EDNP)
(21 janvier 2011) - Séries romandes
(11 décembre 2010) - Salut les copains : Hught Laurie et Tim Roth
(26 novembre 2010) - L’addict(s) d’ARTE s’installe sur le Web
(20 novembre 2010) - True Blood mieux que Twilight
(27 août 2010) - Kaamelott integraal!
(13 août 2010) - Les Simpson
(30 juillet 2010) - Séries pointues bizarrement programmées
(31 mai 2010) - Lie to me
(14 mai 2010) - Tueurs solitaires, fiers de l’être
(9 avril 2010) - Séries en trio et en nocturne
(1er avril 2010) - Les Tudors
(12 février 2010) - Des séries qui enrichissent l’audiovisuel
(13 janvier 2010) - L’arme du plaisir : The L-Word
(7 novembre 2009) - La bonne santé des séries
(16 octobre 2009) - Séries de la rentrée
(4 septembre 2009) - Apocalypse: la 2e guerre mondiale à Histoire Vivante
(28 août 2009) - Côté séries, ça bouge
(25 août 2009) - Jeux de pouvoir
(7 juillet 2009) - Un village français: enfin une série qui promet!
(15 juin 2009) - Les trois étapes d’une passion
(30 mai 2009) - Desperate Housewives
(Du 20 avril 2009 au 16 mai 2006) - Séries en rafale
(20 avril 2009) - Damages – Glenn Close et Saving Grace – Holly Hunter
(28 mars 2009) - Damages après les Sopranos
(14 mars 2009) - L’Apocalypse de Mordillat et Prieur sur ARTE
(6 décembre 2008) - D’herbe et d’or : Rome ne ‘est pas fait en 24heures
(28 novembre 2008) - Plus belle la vie contre les Experts
(21 novembre 2008) - La loi des séries, version TSR
(25 octobre 2008) - Petits déballages entre amis: plutôt bien emballé!
(3 octobre 2008) - Dr House
(8 septembre 2008) - LOST
(du 29 juin 2008 au 10 mai 2005) - Le quatuor de « Sex and the city »
(14 juin 2008) - Nip/Tuck
(de mai 2008 à mars 2006) - ReGenesis
(19 mai 2008) - Engrenages
(19 mai 2008) - Plus belle la vie, mieux qu’Heidi
(30 mars 2008) - Heroes, 2e saison : perplexe !
(27 mars 2008) - Californication
(27 mars 2008) - Chez Maupassant: Saison 2 sur France 2
(10 mars 2008) - Prison Break
(13 décembre 2007) - Le réveillon des bonnes
(6 décembre 2007) - Deadwood
(20 septembre 2007) - Séries TV – Introduction
(7 mai 2007)
La belle aventure Romans d’ados
Cette belle aventure a commencé il y a plus de huit ans. D’importants soutiens financiers lui ont été accordés, dont ceux de la Confédération et de la TSR. Celle-ci dispose d’une série qui pourrait connaître une certaine diffusion internationale, à commencer par Arte. La documentation apporte une eau bienvenue au nouveau moulin des séries ambitieuses, politique qui trouve actuellement succès avec « 10 » ou « En direct de notre passé ». La présentation à Nyon l’an dernier aura précédé la sortie en salle.
Même structure pour les trois premiers épisodes
Les trois premiers films sont liés à l’âge des protagonistes, 12 à 14, 14 à 16 et 16 à 18. Le temps s’arrête de fuir au moment où l’on souffle les dix-huit bougies sur des gâteaux Voit-on sept fois le souffle du jubilaire éteindre les dix-huit bougies entre l’intimité d’un trio et la large invitation dans un établissement publique ? Il faudrait recompter !
Mais l’ « Infrarouge » qui suivit le dernier épisode aura permis de faire une mise au point. Certes, atteindre les dix.-huit ans, c’est devenir juridiquement majeur, disposer de responsabilités et de droits nouveaux. Mais cela ne signifie pas que chacun entre dans l’âge adulte à l’instant de son dix-huitième anniversaire. On s’éloigne un peu de la structure initiale qui jouait sur des coupes temporelles. Même si chacun rencontre plus ou moins les mêmes problèmes, connaît joies et difficultés assez semblables, la vie familiale n’est pas tout à fait la même pour des enfants de couples plus ou moins unis que dans des familles séparées ou reconstituées. Mais cela ne range pas la société en bons et méchants ados.

Les sept ados de Romandie, réunis sur l’affiche du numéro 3, lors de la perte des illusions. Un indéniable succès préparé depuis 2002 et qui peut être récupéré aujourd'hui comme un exemple ” populaire et de qualité”
Souffler des bougies à dix-huit ans
Un autre élément confirme la modification de l’angle d’approche du quatrième film comparé aux trois premiers. Par des effets de montage, on peut entendre des remarques faites par les ados quand ils étaient encore dans leur scolarité obligatoire.Viennent alors leurs appréciations de jeunes adultes sur ce qu’ils ont dit parfois une bonne demi-douzaine d’années auparavant. Il peut y avoir aussi bien harmonie que différences, cohérence que contradictions..
Un angle d’approche assez différent
Le groupe passe à des moments différents au travers des mêmes problèmes, le choix et la réalisation d’un métier, la découverte de la vie amoureuse y compris dans sa composante sexuelle. Mais chaque individu vit ces étapes avec sa sensibilité personnelle. Le silence s’installe chez les uns alors que le dialogue est ouvert pour d’autres. Ce changement d’angle d’approche aura peut-être surpris une partie du public. Mais il ne faut pas en conclure que le dernier épisode trahit les trois premiers. Il fallait bien mettre fin à la série.
On peut même alors dès lors à se demander si, avec la richesse de la documentation accumulée au travers des années, on aurait pas pu avoir deux séries différentes, celle qui aura été présentées dans les salles faisant alors place sur le petit écran à une série de sept films d’une heure, un par ado, avec introduction et conclusion. L’amorce de la seconde attitude est inscrite dans le quatrième film. Imaginer ces deux cheminements différents ne veut par porter un jugement de valeur préférence donnée à l’une plutôt que l’autre. Cela permet d’insister sur la richesse pas entièrement exploitée de l’expérience.
Vingt deux mille spectateurs en salles
Plus de vingt-deux mille romands ont vu les quatre films. C’est beaucoup : un peu plus de un pourcent de la population francophone. Un même pourcentage appliqué à la France aurait représenté sept cent mille spectateurs ! Le public du premier rideau, le mercredi 12 janvier par exemple, aura légèrement dépassé les cent cinquante mille téléspectateurs. L’impact quantitatif de la télévision dépasse largement celui du cinéma : rien de nouveau, bien sûr, mais utile à rappeler ! Avec un débat d’ « Infrarouge », la TSR aura apporté un plus qualitatif à un vaste public et des compléments d’information. prend la peine d’inscrire à la fin d’une série, elle contribue à améliorer le qualitatif. C’est ainsi qu’un interlocuteur de Jordann suivit un conseil de ce dernier.
Le succès passage écran
Il existe entre le cinéma et la télévision suisses un accord général connu sous le nom de « pacte audiovisuel ». Un système de « récompense » financière permet, une cible préalablement fixée atteinte, d’ajouter quelques monnaie pas menue du tout aux revenus existants. La télévision a institué un certain nombre de classement par points qui fixe la hauteur du son « Succès passage antenne ».Il est bon, pour le producteur, ici Troubadour, la société de la réalisatrice et de son mari, que l’opération soit aussi une réussite financière. Cela ne se produit pas souvent dans le cinéma suisse.
L’argent qui remonte des salles
Sur les quinze francs environ qu’un spectateur débourse à l’entrée d’une salle de cinéma, entre quatre et cinq remontent jusqu’au producteur, une fois prélevées les taxes locales là où elles existent encore, la part de l’exploitant et couverts les investissements du distributeur. Le solde contribuer au retour sur investissment et peut forger parfois un bénéfice, ce qui assure la continuité de sa production audiovisuelle.
De cinq films récents et d’une partie de la critique
Les cinq films cités ici ont tous été soutenus par « Berne » sous la règne Nicolas Bideau et par la TSR. Cela ne suffit pas pour en faire des succès publics et garantir de grandes qualités, mais c’est nécessaire.
« Cleveland contre Walt Street » de Jean-Stéphsne Bron et « Romans d’Ados » de Béatrice Bakhti, deux approches documentaires, attirent chacun environ vingt-deux mille spectateurs devant de grands écrans de Suisse romande ( peu ou pas en Suisse alémanique et au Tessin pour le moment ). « Sauvage » de Jean-François Amiguet et « Impasse du désir » de Michel Rodde s’en sont allés après de modestes petits tours réunissant environ de deux mille spectateurs. « La petite chambre » de Stéphanie Chuhat et Véronique Reymond devrait rencontrer son public. Nous venons de voir que « Cleveland contre Wallstreet » et « Romans d’Ados » peuvent être classés dans une catégorie de succès en salles fort honorbles. Alors, pourquoi deux films de fictions de sexagénaires qui ont pris parfois une bonne partie de cinq années de travail connaissent-ils un si grave échec public ? Ils ne sont pas nuls, loin de là, mais ce me sont pas de grandes réussites. Il y a toujours un risque à faire du cinéma minimaliste, soit par manque d’argent, soit par choix. Dans les deux cas, il n’y a que deux personnages importants pour tenir la route pendant une centaine de minutes. Les silhouettes secondaires sont ou absentes ou inexistantes. Amiguet comme Rodde ont fait des choix de mise en scène et s’y sont tenus. Il fallait du courage pour croire qu’un vieil ermite rébarbatif , tout Jean-Luc Bideau soit-il et une jeune femme révoltée allaient séduire leur public (Sauvage), qu’un psychiatre jaloux pouvait finir par revêtir l’obsession d’un malade aussi peu séduisant que lui ( Rodde).
La distance est grande entre ces deux films pas très réussis et quelques critiques lémaniques qui écrivent et d’autres qui n’écrivent pas ce qu’ils disent en coulisses. Ils parlent, entre autres gentillesses, de catastrophes! Pourquoi ces deux films, comme d’autres hier et comme demain d’autres encore, se sont-ils attirés tant de haine ?
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Le producteur de « Romans d’ados », la mini-série de quatre films de cent minutes chacun de Béatrice Baktchi, fait la fête à Genève au moment où la dernière projection du quatrième film se déroule dans cette ville. Le film poursuit ailleurs sa carrière en Suisse romande. A ce jour, seize mille personnes l’on vu.
Romans d’ados est aussi un succès commercial
Il est évident que la consommation audiovisuelle globale est plus importante devant la multiplication des petits écrans que celle qui se décline sur les grands. Dans quelle proportion ? On manipule souvent des informations numériques sans prendre la peine d’en faire comprendre le sens. Un moyen existe de savoir si ces « seize mille » spectateurs pour « Romans d’ados », c’est oui ou non beaucoup. Pour 1,6 millions d’habitants en Suisse romande, il y en a 65 millions en France : quarante fois plus. Les 16 mille romands sont équivalents à près de 650 mille spectateurs. C’est beaucoup. »Romans d’ados » est aussi un succès commercial. Mérité du reste !
Chronologie prioritaire
L’aventure de « Romans d’ados » a donc duré presque dix ans. La TSR seule aurait-elle osé se lancer seule dans une si longue entreprise ? La mini-série existerait-elle sans la prise de position de principe de la TSR ? Le concubinage cinéma/télévision est ici harmonieux, un peu de manière inattendue, hors de routes aux lignes blanches bien tracées. Il est probable que l’accord sur la structure de l’ensemble n’a pas posé trop de problèmes. La chronologie y prend le dessus. Ainsi les sept participants finissent un peu par s’effacer au profit du groupe auquel ils appartiennent, lequel n’a pas la valeur d’un échantillon scientifique.
La psychologie au lieu de la sociologie
Au lieu de quatre fois cent minutes, il eut été possible de faire sept fois environ soixante minutes. La tranche d’age aurait ainsi fait place à des portraits successifs. Cette structure mettrait en évidence l’évolution des comportements personnels. La sociologie eut fait place à la psychologie.
En salle obscure ou dans son salon : pas la même chose !
Est-ce vraiment faire de la bonne programmation que d’aligner deux et même souvent trois numéros d’une série dont le principe de base est le numéro qui commence par un résumé du précédent ? Une heure enfermé dans une salle obscure crée un lieu solide entre le spectateur et l’œuvre. Une heure devant un petit écran que l’oreille ou l’œil peut quitter n’est pas très intense. L’attention vaut mieux que la distraction.
PS : “Dernières” à Genève et “Succès médiatique unanime” !
A Genève, dans quelques minutes, ce dimanche 03.10.10, une dernière projection des quatre parties de « Romans d’Ados » débute dans le plaisir d’une fête avec brunch offert et rencontre entre public, réalisatrice et protagonistes. Autre mérite encore que ces discussions qui ont eu lieu un peu partout en Suisse romande. Mais « dernière » à Genève ne veut pas dire dernière en Suisse romande : le film poursuit sa carrière sur d’autres écrans non-genevois mais lémaniques et non lémaniques.
La production a parfaitement raison d’être heureuse du succès public et culturel de cette véritable saga chronologique. Elle s’est donc fait un petit plaisir supplémentaire : celui de la citation d’opinions favorables au film.
Voici son échantillon :
Succès médiatique unanime !
_«C’EST FASCINANT, BRUTAL ET SENSIBLE, TRAGIQUE ET DRÔLE, PRENANT.» L’HEBDO_«… UNE ŒUVRE ESSENTIELLE A DÉCOUVRIR D’URGENCE. » LE COURRIER_«UNE EXPÉRIENCE SOCIOLOGIQUE ET CINÉMATOGRAPHIQUE INCOMPARABLE… » LE MATIN _«JUSTE, BEAU… UNE RÉUSSITE » LE TEMPS _« … IL S’AGIT LA, D’UN DES FILMS DE L ‘ANNÉE. » LA TRIBUNE_«UNE AVENTURE AU COEUR DE L’ INTIMITÉ D’ ÂGE, UNE EXPÉRIENCE TOTALE, BOULEVERSANTE» GUIDELOISIRES_«TOUCHANT, PERCUTANT, INSTRUCTIF ET INTRUSIF… » 24 HEURES_«DES ADOS DÉSARMANTS DE NATUREL ET DE SINCÉRITÉ… » FEMINA_«ÉPATANT ! LE FILM, QUI SE REGARDE COMME UN FEUILLETON, FORCE L’ADMIRATION.» 20 MINUTES_«ÉVÈNEMENT… PURES MERVEILLES D’OBSERVATION ET DE VÉRITÉ » AVANT PREMIÈRE_« … PLUS PASSIONNANT QUE BIEN DES FICTIONS A GRAND BUDGET. » 24 HEURES
Sauf erreur, les rédactions qui saluent ce « Succès médiatique unanime » sont toutes situées dans le bassin lémanique. Il n’y a rien qui vienne d’ailleurs, dans ce choix. Et pour l’avoir signalé, je me suis délicieusement fait « engueuler » ! Dommage!
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Evénement audiovisuel suisse assez important : l’apparition d’abord sur grands écrans de Lausanne, Genève et Yverdon d’une série de quatre films de cent minutes environ, fruits d’une alliance entre le cinéma et la télévision. Troubadour film doit certainement beaucoup à la TSR d’avoir soutenu cette vaste opération audiovisuelle, une co-production qui obéit à certaines règles contractuelles : priorité aux grands écrans de salles avant passage sur le petit et ses diverses déclinaisons.
Une expérience passionnante
Dès 2002, la réalisatrice Béatrice Bakhti et ses proches prennent contact avec des adolescents qui vivent à Yverdon. Ils en retiennent d’abord une quinzaine afin de n’en garder que sept pour effectuer plusieurs tournages annuels entre 2003 et 2008. 2009 et 2010 permettent de faire les finitions et de préparer la diffusion en salles.
Résultat : quatre films de cent minutes environ, « La fin de l’innocence », « La crise», « Les illusions perdues », « Adultes mais pas trop » permettent à Aurélie, Jordan, Mélanie, Rachel, Thys, Virginie et Xavier d’illustrer des thèmes comme « Grandir », « Rêver », « Souffrir », « Haïr », « Aimer ». Aujourd’hui, ils ont vingt ans. A l’origine, ils avaient en commun leur âge, pas forcément des liens personnels au quotidien. Ils sont observés dans leur milieu familial, parfois perturbé par des séparations, divorces et recompositions. On suit aussi leur travail scolaire, leurs loisirs, leur formation, leurs comportements personnels.
Trois formes d’approche
Les qualités de cette mini-série sont d’abord celles de son principe mais aussi de la réalisation et du lien qui s’établit entre l’équipe et les ados. L’approche est de trois ordres. 1/ Pas de commentaire, seulement une voix hors-champ qui pose des questions alors que sont filmées et enregistrées les réponses. 2/ Reportage traditionnel par une équipe qui observe le quotidien des ados, entre eux et surtout en famille, réussite qui dépend de la confiance que les seconds accordent aux premiers et du respect des premiers pour ces seconds. 3/ Les ados peuvent s’exprimer seuls devant une petite caméra individuelle. Si les images sont alors moins nettes que les précédentes, une sincérité vibrante et parfois une réelle émotion surgissent de ces confessions sans complaisance.
Ordre chronologique et unité thématique
Ordre chronologique et unité Comment trouver l’unité à travers un groupe disparate ? Filmer la petite ville en sa place principale, avec la statue de Pestalozzi. Choisir l’ordre chronologique, du passage de douze à dix-huit ans, en créant au montage une continuité thématique. Donner la parole aux uns et aux autres. La diversité des comportements subsiste. Les quatre filles et trois garçons sont suffisamment en confiance pour rester naturels, sincères, éclater de rire, installer de longs silences, laisser couler des larmes, crier leur révolte, exprimer des regrets.hématique
Le temps qui passe s’inscrit sur les visages, sur les corps qui se transforment, sur les comportements qui s’affirment des sept ados. Il n’est pas toujours évident de savoir avec exactitude le moment où s’est déroulée une séquence. La production rend ainsi un hommage marginal au partenaire en recourant à son « Téléjournal » qui mentionne des événements dates. Mais en même temps, on risque de croire que le TJ est la seule source d’information des ados sur le monde extérieur. Dommage, surtout si c’est réellement le cas.
Peu de musique, en général celle que font ou entendent un ou des ados. Une remarquable utilisation des silences qui en disent souvent beaucoup. Associée au temps qui passe et à des thèmes, la mini-série suit son chemin, tranquille et convaincante qui ne laisse pas de place à l’ennui : il y a constamment de quoi nourrir la curiosité de spectateur.
Imaginer une autre structure
La structure en quatre films fait passer des uns aux autres sans permettre de bien connaître chacun. Ces ados qui sont si rarement en présence les uns des autres ne forment donc pas un groupe. Ils restent des individus. Chacun à son tour revient, mais on n’a pas forcément en mémoire le sens de ses interventions précédentes. Connaître leur aspect physique et leur prénom ne suffit pas pour constituer un portrait. Les pièces du puzzle qui permettrait de faire plus ample connaissance sont difficiles à assembler. Tel est le prix à payer avec la chronologie et le montage thématique
La TSR aurait peut-être pu négocier avec la production une autre structure, celle de série qui, en fiction comme en documentation, est un gage pour retenir l’attention à long terme. L’ensemble des quatre films serait devenu une série de seize fois vingt-cinq minutes environ. Un premier sujet de présentation pour faire connaissance du septuor aurait été suivi de sept portraits chacun en deux parties, pendant la fin de la scolarité obligatoire puis durant les années de formation, le film se terminant par une réunion des nouveaux pas encore trop adultes, par une rencontre effective ou par les finesses du montage. La projection sur le petit écran se serait ainsi déroulée en huit séances d’environ une heure qui aurait suivi dans le temps l’évolution de chacun, permettant de privilégier le cheminement personnel, certes dès lors au détriment des thèmes qui sont liés à l’âge. Car il se pourrait que le téléspectateur s’attache plus facilement à des personnes qu’à des thèmes.
Les lecteurs d’une presse élitaire…
Les lecteurs d’une presse élitaire passent avant les actionnaires de la SSR-SRG idée suisse
Les lecteurs de deux exigeants quotidiens suisses, « Le temps » et la « NZZ », ont pu découvrir le 4 janvier 2011 un texte qui exprime les choix de Roger de Weck, au moment où celui-ci revêt son nouvel habit de PDG de la SRG-SSR idée suisse.
On aura pu aussi consulter ce texte sur notre site (voir Pleins Feux à ce sujet, mis en ligne le 10 janvier 2011).
Roger de Weck se livre à d’intéressantes et nombreuses considérations qui vont transformer l’auditeur(trice)-téléspectateur(trice)-internaute avide de spectacle en partie plus ou moins grande formé d’une citoyenne lucide ou d’un citoyen pareil. Il vaut la peine de citer l’une de ces considérations :
Grâce à son organisation de milice unique au monde (une association de 20’000 membres), elle échappe à l’emprise des partis ou du gouvernement (…). La SSR est indépendante : elle est redevable au peuple suisse qui la finance. De ce fait, elle doit garantir une offre de qualité au grand public et attirer si possible un peu plus l’attention vers des offres sélectives. Car sans public, pas de service public ni de service au public.
L’organisation de milice unique au monde, en Suisse romande, est formée des membres des sociétés cantonales. Vous, chères lectrices et lecteurs ! Et moi aussi ! La SSR idée suisse fonctionne un peu comme une société anonyme à but non lucratif. Nous sommes aussi les « actionnaires » de notre originale SA !
Curieux tout de même que l’avenir d’une SA qui va se transformer ces prochaines années, ne serait-ce qu’en retrouvant des chiffres noirs, soit décrit en priorité aux lecteurs de deux éminents organes de presse du pays et non à ses vingt mille membres. Comme si le milicien n’était pas vraiment pris au sérieux !













