Le Nouvel-An du nouveau PDG sur la TSR

Hier : Averty et Santelli

Très lointains souvenirs : dans les années soixante, l’ORTF de nos voisins, sans concurrence commerciale, s’offrait alors le luxe de donner aux émissions de nouvel-an un ton convivial, poétique, inventif, grands moyens mis à disposition de Jean-Christophe Averty ou Claude Santelli. Jean Dumur, pour la TSR, avait plus tard tenté timidement d’en faire autant.

Partout le même bêtisier !

Preuve de la suprématie des programmateurs obsédés par l’audimate : la routine s’est installée. Chaque année on retrouve ici et là une bonne dizaine de James Bond, les valses du clan Strauss de Vienne, les musiques Militaires d’Edinburgh et partout à peu près le même bêtisier.

On ne peut pas dire que Mme Porchet chante bien. Mais même si Mr Gorgoni chante plutôt mal, cela convient très bien pour madame !

Souvenir proche : mes coups de gueule de l’année dernière, provoqués par Madame Porchet née Gorgoni qui ne chante pas très bien et l’équipe qui la ou le met en valeur. On peut recommencer.”Ils” n’ont pas raté le shérif du Conseil d’Etat de Neuchâtel, tenue plausible y compris. «Ils » ont décidé que la dame du shérif travaille comme entraîneuse sous le bureau d’un commissariat. La voici qui apparaît en reculant. Gros rires du public en direct différé. Le personnage féminin accuse le représentant de l’homme politique de ne s’intéresser qu’à son cul. Celui-ci répond immédiatement que: les nichons font aussi partie de ses attirances. Normal, puisqu’on est dans le canton de Neuchâtel où il faut s’occuper du Haut et du Bas. Enfin, souvent le Haut s’étonne du manque d’intérêt du Bas. Dans la revue, l’égalité est respectée, au détriment de la vérité historique. Les auteurs du texte en savent-ils plus long que nous ? Pendant des mois, l’année dernière, la presse a observé à l’égard d’une jeune femme une certaine discrétion. Que les auteurs de la revue foutent la paix à la dame ! Je ne sais pas qui elle est. Je n’ai pas envie de le savoir !

Meury dérange !

Un peu de place encore,mais pour un compliment. Thierry Meury cite un événement mensuel. Il n’y va parfois pas avec le dos de la cuillère. Trente-trois mineurs sortent du trou de l’Enfer au Chili. En Belgique, pas facile d’éviter l’enfer DuTroux ! Un enfant dans les bras d’un chirurgien qui l’a sauvé, le Dr Prêtre. D’autres enfants, parfois dans les bras d’un prêtre !! Mal à l’aise, le public applaudit tout de même ; avec retenue. Les chauffeurs de salle n’ont pas su apporter leur contribution. Ou peut-être étaient-ils absents ! Meury, tireur méchant, vise juste et dérange !

Nouvel adèpte de Facebook

Jouons à « Facebook » ! Fyly a aimé : la piquante Arielle Dombasle presque nue en coulisses que l’on retrouve habillée mais dénudée sur scène; une palette de chef de gare tient lieu de baguette de chef d’orchestre pour une valse viennoise ferroviaire ; la présence à plusieurs reprises sur différents écrans de la série « 10 » qui confirme tout le bien qu’on peut penser d’elle ; un « village français » de plus en plus efficace ; « Peau d’âne » de Jacques Demy avec la poésie de ses couleurs

De bronze et d’argent

Le meilleur de ces trois dernières semaines ( classement personnel, bien sûr).

En Bronze : la série « 10 » reprise sous différents supports à des moments différents.

En Argent : les ados d’une splendide série, « Romans d’ados ».

De l’Or mérité.

Le meilleur est justement attrbué à : « Les sept défis de la SSR », le synopsis d’une série proposée dans « Le temps » sur une pleine page, le 4 janvier 2011, signé Roger de Weck , le nouveau PDG. A suivre dans les mois et années qui viennent. Le citoyen mieux servi que le consommateur qui se sera pourtant pas oublié.

 

Aux armes, « citoyens »

A la tête de la « SSR SRG Idée suisse » depuis quinze ans, Armin Walpen s’en va le 31 décembre 2010. Le haut-valaisan, technocrate solide, aura marqué la SSR par son sens de l’organisation et du se battre à cause de finances insuffisantes.

Roger de Weck - Photo: SRG SSR

Son successeur, Roger de Weck, aura été d’une grande discrétion ces derniers mois, n’intervenant presque pas face à l’opinion publique. Il aura pu observer de l’intérieur le mammouth sous toutes ses faces, apprendre à connaître ses proches collaborateurs, participer au choix de certains d’entre eux, suivre les premiers changements de structures imposés par la convergence entre télévision, radio, portable et internet.

Une de ses déclarations faites lors de sa nomination mérite d’être rappelée. Sous sa direction, dans le domaine de l’information d’abord, une meilleure place sera donnée au citoyen et une plus discrète au consommateur. C’est affirmer la volonté de prendre le risque de privilégier la qualité d’un dialogue plutôt que le spectacle de disputes verbales qui s’adressent au consommateur, quitte à y perdre parfois de petites parts de marché. Mais existe-t-il des moyens de « mesurer » la qualité ? (Voir à ce sujet le site sur le Symposium sur la Qualité à la SSR)

Deux émissions de débat dominent tant à Zürich qu’à Genève, faute de suivre ce qui se passe au Tessin. On en est venu à dire des invités de l’émission souvent patoisante de Zürich qu’ils doivent être « Arena compatibles ». Tout est bien alors quand le ton monte ! Mais peut-être renoncera-t-on en partie aux armes verbales de destruction massive au profit d’un dialogue qui enrichit les informations du citoyen.

Il semble bien que l’on se soit interrogé en Suisse romande aussi sur l’esprit qui devrait régner à « Infrarouge », du moins lors des émissions qui sont inscrites vers 22h30. Des changements sont annoncés, sans que l’on sache lesquels. Certes, on sait déjà qu’il y aura un nouveau décor. Mais le décor ne suffit pas pour empêcher les prises de bec, les répétitions au cours de débat, les mêmes invités d’une émission à l’autre. Sera-ce moins de Freysinger ? Esther Mamarbachi, ( le 12 janvier vers 22h00) trouvera espérons-le un ton nouveau pour diriger le débat qui s’ouvrira à partir d’une mini-série de très grande classe, les quatre films de « Romans d’ados » de Béatrice Bakhti ( les mercredis 22 et 29 décembre, 5 et 12 janvier 2011 en premier rideau).

Cinéma suisse : pourquoi tant de haine ?

Le film, empêtré dans les lieux communs et les détails qui gênent, nous ramène aux heures grises du cinéma suisse. C’est hélas une catastrophe. Un scénario qui se perd à force d’égarer le spectateur. Ces plans fixes, si plaisants ou poétiques soient-ils, n’ajoutent rien à l’histoire. Une mise en scène purement illustrative, une photo bâclée, des acteurs livrés à eux-mêmes. Il vaudrait mieux dominer le récit. Pour le moment, il a sans doute davantage à montrer qu’à exprimer. Un projet (qui) devait avoir un certain potentiel pour convaincre un vieux briscard comme le producteur zurichois Hans-Peter Fueter.

Impasse du désir de Michel Rodde : fusillé par haine !

D’abord, on n’en est pas à un détail près : Peter-Christian devient Hans-Peter ! Et puis, lu où ? Nulle part : ceci est un collage de phrases authentiques qui viennent d’un peu partout. Elles datent de 1969,1970, 1974 ou 2010. Elles sont tirées d’un mémoire de licence d’une étudiante neuchâteloise construisant à Lausanne un discours critique autour du nouveau cinéma suisse dans les années soixante/septante. Elles concernent des films comme « Charles mort ou vif » et « Le milieu du monde » d’Alain Tanner, « Sauvage » de Jean-François Amiguet, « Impasse du désir » de Michel Rodde. Elles auraient très bien pu être dirigées contre « Les vilaines manières » ou « Quelques jours avant la nuit » de Simon Edelstein. Pour compléter la liste, on pourrait faire quelques recherches dans certaines déclarations de l’ancien responsable du cinéma suisse transféré en diplomatie. Elles sont signées Georges Bratschi, dans la « Tribune de Genèvc », Antoine Duplan dans « L’Hebdo », Norbert Creutz dans « Le temps ». Dans un supplément du quotidien, « Sortir », « Impasse du désir » est classé 48ème sur cinquante par Creutz, son confrère Thierry Jobin lui accordant la lanterne rouge au cinquantième rang d’une liste recouvrant deux/trois mois. Les années passent : une certaine critique lémanique reste fidèle à elle-même.

Sauvage de Jean-François Amiguet : fusillé par haine !

Et encore, parfois l’écrit se trouve en retrait de déclarations orales exprimées entre quatre yeux ! Tous les films cités ont reçu le soutien de la TSR. Mais on peut, on doit se demander : pourquoi tant de mépris ? Pourquoi tant de haine ? Sans savoir répondre !

Bis repetita !

Vendredi 5 novembre 2010, 19h10, TSR 1 Couleurs locales : Cinq bateaux incendiés à Chevroux avec commentaires, interview et film à l’appui.

Vendredi 5 novembre 2010, 19h42, TSR 1 Le Journal : Cinq bateaux incendiés à Chevroux avec les mêmes commentaires, la même interview et le même film.

  • Pour celui qui regarde Couleurs locales, c’est vraiment une information locale, d’accord!
  • Pour celui qui regarde le Journal, est-ce vraiment une nouvelle importante?
  • Et pour celui qui regarde les deux émissions, merci, il avait compris la première fois!

Ne vaudrait-il pas mieux faire un journal complet entre 19h00 et 19h45 plutôt que de nous passer deux fois la même chronique locale à 30 minutes d’intervalle ? Bis repetita !

 

De Zone d’ombre en Specimen

L’information de réflexion ( type TTC , Mise au point) ou d’investigation ( Temps présent) reste le point fort de la TSR. A peine terminée la météo des vingt heures que les émissions « maison » s’installent à l’antenne au premier rideau. Un brin d’ennui vient du formatage qui conduit à des structures souvent trop semblables d’une semaine à l’autre.

Nouveautés dans la forme

Pour combattre cet ennui formel insidieux, un moyen existe : accorder son attention aux émissions nouvelles qui sont à l’antenne. Les mercredis soirs de la TSR sont occupés par deux émissions mensuelles anciennes, 36,9 et Passe-moi les jumelles. Deux autres émissions apparaissent tous les deux mois environ, Zone d’ombre (depuis décembre 2008) et Spécimen ( dès avril 2010). Il reste quelques mercredis à disposition des tenantes d’empoignades verbales connues sous le nom d’Infrarouge.

Des affaires judiciaires non-résolues

“L’affaire Légeret” : le témoignage de Mme Nadine Albanesi n’a pas été retenu (Photo TSR)

Zone d’ombre, magazine d’affaires judiciaires non- résolues, fit sa première apparition en décembre 2008 avec « L’affaire Légeret ». La prochaine, en mars 2011, évoquera « L’affaire Skander Vogt », détenu qui mourut étouffé dans sa cellule de Bochuz par la fumée dégagée de son matelas. Cette affaire ne restera peut-être pas vraiment mystérieuse. La contribution du premier décembre, intitulée « L’affaire Fluckiger » traite en réalité de quatre événements distincts les uns des autres. Le climat parfois tendu avant l’accession du Jura à son statut de canton suisse conduit encore à se demander si des liens politiques ne pouvaient pas avoir réuni tout ou partie de ces événements. Une telle hypothèse semble pourtant fragile.

Zone d’ombre se divise en deux parties presque égales, un plateau dirigé par un bon journaliste, Daniel Monnat, qui laisse un peu dans l’ombre le journaliste et le réalisateur responsables des reportages. Entre plateau et reportages, l’équilibre est assuré par un bon rythme de montage qui sait rendre clairs des événements qui ne l’étaient pas forcément. Zone d’ombre fait le point à un moment précis sur un événement menacé par l’oubli. Il le fait en général plutôt bien ( cf dans la rubrique « Dossiers », « Zone d’ombre sans accusé » – 2 novembre 2010), dans un décor géométrique un peu froid et monocolore.

“L’affaire Fluckiger” : à la recherche d’indiccs

Dans « L’affaire Fluckiger », un des invités, Arthur Hublard, ancien juge d’instruction ayant suivi de près ou de loin les quatre affaires, eut droit à la dernière intervention. Il parla de lettres écrites aux proches de la victime par le condamné maintenant libéré ayant toujours proclamé son innocenc. Curieuse fin : comme si un rebondissement était possible.

On peut aussi trouver des liens entre le « Faites entrer l’accusé » présenté par Daniel Hondelatte sur France 2, où l’animateur intervient dialogue avec des témoins en dehors d’un plateau unique. Avec beaucoup moins de moyens, la TSR fait certes une émission moins spectaculaire mais avec autant de rigueur.

Les bons goûts de specimen

Specimen, apparu cet année, s’efforce de saisir différents aspects du comportement humain, ayant déjà goûté à l’égoìsme, au mensonge, à la manipulation, au fric ( 18 novembre ) en attendant de fréquenter les problémes du couple ( 15.12.2010). Ce type d’émission laisse ouvertes plusieurs portes dans l’approche des sujets.

Le duo de présentateurs de “Spécimen” : Luigi Marra et Tiby, de droite à gauche

Portes ouvertes

Sur internet, les intentions des responsables de l’émission sont fort bien décrites, qui montrent ainsi une palette laissant beaucoupde liberté aux réalisateurs mettant de l’ordre dans le matériel au montage :

Pour déchiffrer nos comportements quotidiens, Specimen se livre à toutes sortes d’expériences. Il explore notre cerveau, sonde nos émotions, met en scène des jeux de rôles, capte des situations sur le vif grâce à une caméra invisible, recueille les explications des scientifiques et les témoignages de gens ordinaires. Sans oublier d’observer le comportement de nos ancêtres les hommes des cavernes et de nos cousins les singes.

Specimen pour l’argent : la tirelire pour l’éducation dès la petite enfance

Bon mixage d’humour et de sérieux

Une partie de l’émission consacrée à l’argent observait le comportement de deux groupes, l’un ayant manipulé des feuilles de papier et l’autre des billets de banque. Lors d’un débat organisé dans chaque groupe en demi-cercles, observation fut faite, ruban métrique à la main, que la distance moyenne entre les chaises des uns était supérieure à celle des autres. Il s’agissait là d’une reconstitution conduisant aux mêmes conclusions que les observations initiales

J’avoue là avoir délicieusement souri devant le principe même de l’expérience et pas du tout compris le sens que pouvait prendre le différence entre deux distances moyennes. Cela tenait du clin d’œil complice !

Ou encore : dans un groupe, on manipule du papier, dans l’autre ont compte des billets de bel et bon argent ( en dollars ? ). Et voilà que les seconds résistent mieux à la douleur née d’une main trempée dans de l’eau glacée que les premiers… Curieux, ce résultat. ( l’histoire ne dit pas ce qui se serait passé si on avait fait manipuler aux uns des vrais billets et aux autres des faux

Des dollars à caresser sans se geler les doigts : une idée de “Spécimen”

Etrange, excitante cette émission faite de surprises inattendues qui font sourire sans renoncer au sérieux d’expériences insolites. Science, humour et spectacle font bon ménage à trois.

Deux fois de Gaulle dans la guerre d’Algérie : 1958-1962

es documents audiovisuels qui permettent de raconter l’Histoire et de l’illustrer sont de plus en plus nombreux et de plus en plus accessibles. Sur pellicule, ils étaient lourds, difficilement transportables. En vidéo, c’est l’effacement progressif de l’enregistrement magnétique qui est désagréable.

Les progrès du numérique

Immenses progrès avec le numérique : un petit disque et ce sont des heures et des heures accessibles mises dans une poche.Les chaînes spécialisées ou généralistes disposent ainsi de véritables trésors facilement exploitables. Il ne reste dès lors qu’une matière indispensable : l’imagination pour le construction d’un récit par le montage éventuellement assorti d’un commentaire. On peut, grâce au numérique, construire de véritables films de documentations où l’apport essentiel est le temps du choix des éléments et leur construction plus que les documents de base qui occupent peu de place dans le numérique.

« Je vous ai compris : De Gaulle : 1958-1962

Il devient possible ainsi d’inventer de nouvelles formes de construction dans la documentation. Un exemple récent est dans ce domaine particulièrement révélateur. Serge Moati et ses collaborateurs se sont livrés à une passionnante forme de montage. Dans « Je vous ai compris : de Gaulle 1958-1962 », ils ont suivi le plus attentivement possible le cheminement du président de la République, par ailleurs général. D’un côté, il y eut les interventions officielles, publiques, souvent filmées sous tous les angles possibles et imaginables. Ce sont là des documents bruts, qui certes peuvent être plus ou moins manipulés, mais ce n’est pas ce qui nous préoccupe ici. Dans un contexte politique aussi compliqué que celui des années 58-62, on mit du temps à comprend que le « Je vous ai compris » ne signifiait pas forcément l’adhésion de de Gaulle à la thèse de l’Algérie française. A l’heure de la décolonisation, de Gaulle savait qu’il fallait trouver autre chose, la « paix des braves » par exemple.

C ‘est Patrick Chesnais qui représente le de Gaulle de manière plus plausible par les mots que l’apparence physique. Peut-être explique-t-il ce qu’il entendait alors par « je vous ai compris » qui allait s’éloigner de l’ « « Algérie française »! Et c’est Serge Moati le metteur en scène de « Je vous ai compris – de Gaulle 1958-1962 »)et auteur du scénario avec Hugues Nancy et Christophe Barbier, qui tient le clap sur lequel il n’y a pas d’indication. On met donc en scène une mise en scène ( photo France 2)

De Gaulle et Massu : ressembler sans imiter

Mais il y a des déclarations qu’il était impossible de faire en public dans un premier temps. Elles sont restées discrètes sinon secrètes. Peut-.être n’existe-t-il aucun document qui s’apparente à un procès-verbal.Que se sont dit en réalisé hors caméra les généraux Massu et de Gaulle ? On croit savoir une parttie des réponses. Il n’existe pas de document d’époque apporrtant cette réponse. Alors, Moati et les siens vont jouer sur ce que la fiction leur offre : mettre en scène deux acteurs qui se nomment Massu ou de Gaulle sans pousser la ressemblance à l’imitation. A un document d’époque peut donc succéder dans cette forme de télévision une scène de fiction qui reconstitue de manière plausible ce qui s’est peut-être dit en réalité. Deux langages différents pour la même continuité historique sans mentir

Trouvé grâce à Google sur le site d’une union gaulliste de France cette image de de Gaulle lors de l’appel du 18 juin 1940. C’est le de Gaulle de la réalité historique, même si l’image semble bien être d’une grande perfection technique

“Zone d’ombre” sans accusé

Affaires criminelles en tous genres, gendarmes et voleurs, avocats et enquêteurs, tribunal et préventive, etc : la société est devenue un immense champ d’investigation par la fiction. Sur le petit écran, les séries triomphent, les plus sages aux heures de grande écoute, les plus pointues en deuxième rideau ! Le télésériophile est noctambule !

La victime remplace l’accusé

Souvent avec brio, Christophe Hondelatte fait entrer son accusé du jour par l’étrange lucarne de France 2, avec nombreuses reprises sur diverses chaînes francophones. L’ac cusé est au centre de chaque portrait, pour comprendre qui il est, ce qui ne veut pas dire prendre sa défense. Avec modestie, plus rarement, Daniel Monnat et ses collaborateurs de la TSR, reprennent des affaires dont la solution est restée dans l’ombre. Chez lui, c’est la victime qui occupe le centre des préoccupations, pour trouver éventuellement le chemin pour traverser ses zones d’ombre qui sont souvent traduites par des images à dominantes bleu-nuit. Les angles d’approche différents ne permettent pas d’affirmer qu’une série est meilleure que l’autre

Il est assurément plus facile de trouver un accusé parmi les affaires « spectaculaires » qui secouent les plus de soixante millions d’habitants de la France que de savoir qui en voulait à une victime ayant des liens avec la Suisse, réduite à deux millions d’habitants francophones. « Faites entrer l’accusé » est promis à longue durée alors que « Zone d’ombre » ne sera pas, de loin, éternel !

Moyens financiers différents

Les moyens financiers, qui ont pour conséquence entre autres des espaces de temps de travail liés à ces moyens donnent évidemment un avantage à France 2 plutôt qu’à la TSR. Hondelatte recourt à des documents d’actualité, visite les lieux de l’affaire, interroge des témoins, y compris parfois l’accusé, recourt parfois au noir/blanc plutôt qu’à la couleur réalistre, fait le point dans le temps même de la construction d’un sujet qui dépasse heure. Il arrive qu’une phrase d’explication puisse être interrompue par un effet de montage qui permet à un témoin de terminer tout logiquement cette phrase, en des moments très différents. On est ainsi souvent proche du montage d’un récit de fiction.

Fin ouverte au tribunal

Le 11 octobre 1987, un jeune politicien allemand promis à de hautes fonctions publiques, Uwe Barschel, est trouvé mort dans la baignoire de sa chambre d’hôtel à Genève. Il aurait participé à un trafic d’armes. Alors, assassinat ? Mais l’enquête s’oriente assez rapidement vers l’hypothèse d’un suicide. La Raison d’Etat n’aime pas que la mort rode. L’émission du mercredi 27 octobre offre un bon échantillon des qualités de cette série. (photo TSR)

Les témoins convoqués par Monnat sont réunis dans un seul décor, bleu sombre, avec des emplacements différentes, alignés derrière une table, avec un solitaire dans la profondeur du champ, un peu seulement comme peut l’être le dispositif d’un tribunal où les dialogues sont toutefois rares. Le lieu unique devrait permettre, sinon de briser la zone d’ombre, du moins d’en diminuer l’ampleur. « Faites entrer l’accusé « a une fin, qui reste ouverte dans « Zone d’ombre »

Supposons qu’il soit possible de pitonner à toute heure et que l’intérêt porte sur le divertissement à base d’enquête policière ou de fonctionnement de la justice. Il y a de fortes chances que l’on tombe sur un film, un téléfilm, une enquête, une série où policiers, témoins, enquêteurs, avocats, victimes d’une part, meurtres, violences, coups de feu, poursuites d’autre part, sont largement présents

Suivre un «conducteur»

Il est possible actuellement de se poser quelques questions à propos d’une mini-série de sept numéros proposée par la TSR quelques vendredis encore (jusqu’au 26 février) juste après 20h00, «Scènes de crime en Suisse» et profiter de l’occasion pour mentionner l’existence de «Faites entrer l’accusé» présenté par Christophe Hondelatte depuis longtemps sur France 2. Dans les deux cas, chaque numéro semble suivre les directives d’un «conducteur» général. La notion de série supplante un peu partout la présentation d’un numéro unique en vue d’une espérée fidélisation. Audimat quand tu nous tiens…

Le «comment» mieux abordé que le «pourquoi»

Reprendre sous forme documentaire une affaire qui a fait souvent grand bruit dans l’opinion publique n’offre pas mille possibilités dans ses structures. Il faut évoquer les faits avec d’anciens documents audiovisuels, interroger des témoins proches ou non de la ou des victimes en faisant appel à leurs souvenirs ou à leur point de vue au présent, revenir avec ou sans eux sur les lieux où se sont déroulés les événements. Généralement, le besoin se fait sentir d’un «guide» pour assurer l’unité du document, par les mots. Il trouve sa réponse dans un commentaire qui peut devenir envahissant ou impose la présence d’un présentateur qui dialogue avec les différents interlocuteurs. On ne prête guère attention à celui qui signe la réalisation. La notion d’auteur qui vaut toujours en cinéma ne se transpose pas facilement sur le petit écran. On attribue souvent une émission à celui qui la présente. En général, le «comment» est mieux abordé que le «pourquoi» d’une action violente.

«Faites entrer l’accusé» profite d’un temps d’antenne qui dépasse l’heure et dispose certainement de bons moyens financiers qui permettent de longues enquêtes. Large usage est fait des reprises d’une série qui existe de longue date. Hondelatte assume plutôt bien sa présence à l’antenne.

Bonne adaptation française

Réduites à trente minutes et à sept sujets, «Scènes de crime en Suisse» est nettement plus modeste, un brin minimaliste, même si notre pays n’est pas en reste d’affaires graves et sordides. On doit se féliciter que la diversité entre les entreprises de Zürich et de Genève autorise parfois une vraie convergence vers un «produit» commun qui ne reste pas séparé par la Sarine. Produite en Suisse alémanique, la mini-série est pour une fois visible en Suisse romande, avec une plutôt bonne adaptation en français.

 

Archives Blog de Fyly

Les textes « Blog de Fyly » de l’ancien site en PDF d’octobre 2010 à août 2007:

Je ne regarde presque plus Infrarouge…

Samedi 9 octobre 2010 Vous êtes de ceux, certes minoritaires, enfin probablement !, qui supportez de moins en moins bien « Infrarouge » tout comme « Tard pour bar » dans leur version TSR d’autosatisfaction : tiens voilà du spectacle comme du boudin de la chanson avec des gens qui se coupent la parole et l’animatrice qui la leur coupe. Assez ! Mais à qui le dire?

Vous étiez déjà de ceux qui eurent rapidement des doutes à propos des régiments de SMS qui défilaient au bas de l’image de «Infrarouge », réservés aux seuls téléspectateurs. Les animateurs et leurs invités ne pouvaient pas en tenir compte à cause du direct différé, une tricherie. Donc vous fûtes de ceux devenus de puissants casse-pieds répétitifs. Mais un beau jour, il n’y eut plus de SMS ! Plus vus, désormais ni connus.

Mix&Remix est présent chaque semaine à “Infrarouge”, plus souvent donc que tous les avocats genevois réunis ou que le trio Freysinger/Perrin/Rime. Mais il ne coupe pas la parole s’il suscite l’attention. Il lui arrive même de frôler la ligne rouge - qu’importe, l’impertinence est salvatrice. Au point que la SSR-SRG l’utilise tous azimuts. Vient de paraître le no 02/2002 d’une luxueuse revue, avec un Dossier : “Convergence des médias: c’est parti !” Avec le commentaire de Mix&emix qui vient, paraît-il, de s’exprimer aussi dans le domaine de la conciergerie de la Tour rénovée…

Un beau jour, il n’y aura plus de joute oratoire, prisée de ceux qui aiment le spectacle parlé, plus spectacle que parole. Servis qu’ils sont, avec « Infrarouge » dans sa version nocturne et avec « Tard pour bar » animés par les propriétaires de solides « egos ». Certes, « Infrarouge » est décliné sous deux formes : en premier rideau, le (la) conseiller (ère) fédéral(e) a droit à bien des égards portés par une langue d’un bois fragile. Comme les invités de ligue B sont assez nombreux, il s’en trouvera un pour déraper ! L’honneur est sauf !

Revenons à nos « minoritaires » en bonne compagnie en lever de rideau. En fin de soirée, ils ont droit à l’actualité immédiate ou minarêtement répétée, avec prises de bec, chacun disposant de deux jokers : « Laissez-moi parler, moi je vous ai laissé parler ». On peut aimer « Infrarouge » pour ses prises de bec, l’actualité qui dégaine plus vite que le vent, le dialogue qui dérape. Les majoritaires sont des consommateurs bien servis. Les minoritaires qui veulent des arguments sont des citoyens souvent frustrés qui ne reçoivent rien.

Enfin, que veut donc ce minoritaire ? Simplement des idées bien exprimées, des oppositions entre gens qui tentent de s’imposer par la qualité de leur argumentation, pas les virtuoses d’un prétoire largement pourvu d’avocats genevois ou d’UDC à la langue bien pendue. Minoritaires, vous ne supportez plus « Infrarouge » ou « Tard pour bar » qui n’ont pas encore trouvé l’équivalent du « Taisez-vous Elkabbach ! » qui marchait si bien. Alors, allons voir ailleurs..

Archives Dossiers

Les textes « Dossiers » de l’ancien site en PDF de septembre 2010 à mars 2006:

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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