Séries : les meilleures restent américaines !
En noir, le texte de la semaine. Puis trois stations, trois textes en rose coincés entre deux images pour saluer en passant trois séries d’un excellent niveau, l’ancêtre « Colombo », « Nurse Jackie » et « Californication », les deux dernières tardivement diffusées sur la TSR avec le logo rouge qui met en garde contre l’amour et jamais contre la mort par violence.
Quel est le meilleur cinéma au monde ? Pendant le deuxième tiers du vingtième siècle, la réponse était : l’américain, parfois accompagné d’un « hélas » ! Puis vinrent des nouvelles vagues européennes ( France et Tchécoslovaquie), les découvertes asiatiques (Chine et Hong-Kong, Corée du sud). Certes, en même temps apparurent un peu partout de grands auteurs.
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C O L O M B O
Le lieutenant Colombo vient de disparaître en même temps que Peter Falk ( 1927-2011). Mais le personnage continuera d’enquêter dans un pilote de 1971, les 43 épisodes d’une première période allant de 1971 à 1978, en rafale, puis 25 d’une seconde plus longue, de 1989 à 2003, pour finir au rythme d’un seul par année. Chaque fois la même structure : le spectateur assiste au meurtre, comprend très vite qui est l’assassin, généralement de milieu de bourgeoisie d’argent. colombo va prendre son temps pour confondre le criminel qu’il découvre rapidement. Il sera revenu plusieurs fois pour une dernière question pleine d’à propos. Derrière son air un peu absent, il est d’une efficace perspicacité, malgré son imperméable délavé et sa Peugeot décapotable dont on se demande comme il se fait qu’elle ne soit pas en panne.
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Depuis une dizaine d’années ? L’important vient des séries. Sur grand écran, les numéros se suivent, à dépasser la vingtaine chez James Bond, s’arrêter à sept avec Harry Potter. Le numérique s’est substitué à la vidéo et à la pellicule. La puissance financière des chaînes de télévision à péage a accentué la présence des séries à l’évidente créativité, brisant l’unité du film d’une centaine de minutes pour offrir la régularité des rendez-vous. Les auteurs américains ont repris le dessus, avec « Les sopranos », « Deadwood » et actuellement « Mad men ». Cela se passe sur le petit écran !
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N U R S E J A C K I E
Aux states, la 4ème saison est en cours de tournage, sortie prévue pour 2012. Encore un “médical”, dirons les réfractaires. Oui, mais pas au niveau des médecins, spécialistes ou généralistes. Avec une infirmière, et pas n’importe qui, Edie Falco, la Carmela Soprano qui ne s’en laissait point souvent conter par son mari. Une série peut aussi être portée par une actrice qui aura connu des pics de carrière pour le petit écran. Avec les premiers numéros, on pouvait craindre une imitation du « Dr House », avec une Jackie forte mais bourrée de médicaments oscillant entre sa famille et son amant pharmacien de l’hôpital, en conflit avec le dr Cooper. Foutu caractère, grande professionnelle, femme malmenée, Jackie est un personnage solide dans une série qui s’impose lentement. Bien entendu, elle est affublée du logo rouge romand et se fait attendre en nocture le dimanche soir.
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N’importe quelle chaîne peut s’offrir de telles séries pour un prix abordable ( cent francs la minute pour la TSR, chez laquelle la fiction maison demande un investissement de huit mille francs pour la même durée). En même temps apparaissent des attaques générales contre ces séries américaines envahissantes, comme si toutes ressemblaient à « Top models ». Les meilleures séries souvent provocantes, abordant de front des sujets que le cinéma oublie, bien portée par des interprètes (tel Hugh Laurie en Dr House), sont diffusées en fin de soirée, par groupes de deux ou trois, affublées d’avertissement ( comme le logo rouge). Le meilleur est réservé aux noctambules : dommage !
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C A L I F O R N I C A T I O N
Il aime sa femme. Sa femme l’aime. Mais il ne peut pas s’empêcher de faire partie de jambes ou autres en accrochant tout ce qui passe à portée de main, dans une évidente bonne humeur. Son ex-femme fait tout pour le protéger, y compris en intervenant auprès de son avocate qui doit le défendre dans le cas d’une coucherie avec une mineure.`
Savoureuse séquence (dimanche 03.07.2011) au cours de laquelle Hank, son ami Charlie proposent à Showtime, la chaîne qui produit “Jackie” et “Californication” une sordide série facheusement porno, devant une affiche de “Nurse Jackie”.
Bien entendu, diffusion tardive le dimanche soir, appuyée par le logo rouge tentateur. Il est vrai que les scènes de copulation sont nombreuses, entre partenaires joyeusement consentants. Le logo rouge, rappel à faire, met en garde contre l’amour !
TJ : une information incomplète; forcément !
Quatre minutes pour des caméras de surveillance
Dimanche 19 juin 2011, au « 19 :30 » de TSR1, le corps électoral de Renens veut des caméras de surveillance : la droite est contente duran 2 minutes et 21 secondes. Marianne Huguenin, présidente de l’exécutif, prend acte en 1 :50. Cela fait en tout 4 :11. Sujet suivant : fiscalité des entreprises à Neuchâtel et accueil de la petite enfance, 2 :11 ! Ceux qui ne sont pas rhodano-lémano.centristes vont une fois de plus râler !
Mais, prudence, il ne faut pas tirer de conclusion d’un seul « 19 :30 » de trente minutes. Sur la web, on retrouve une bonne partie de l’info quotidienne diffusée par la TSR. Nos observations portent sur trois jours, dès la fin des votes, les 19, 20 et 21 juin 2011. Plus d’une heure passée le 22 pour faire avec une certaine minutie ces observations !
Six minutes pour une baisse d’impôt
Rien de plus sur les caméras de Renens. Au « 12 :45 » du 19, allusions à la faible participation neuchâteloise et rappel du lien brisé entre les deux sujets, cela durant 1:35. Au « 19 :30 » du 20, encore la nouvelle fiscalité neuchâteloise, qui risque d’inquiéter les autres cantons romands, avec incursion en Irlande à fiscalité douce (1 :53).
Renens et ses caméras de surveillance, problème local : un peu plus de quatre minutes. Neuchâtel et sa fiscalité nouvelle, problème à débordement romand, en trois sujets, un peu moins de six minutes.
A signaler, anecdotiquement : à « Couleurs locales », dans la même période, en une fois, 4 :14 secondes sur Neuchâtel, enfin sur Xamax, son président, la couverture artificielle de son terrain qui passe par des décisions politiques démocratiques, peut-être un peu lentes !
Caméras : mais encore ?
Combien çà coûte l’unité à la pose ; et son fonctionnement par la suite ? Pas de réponse en quatre minutes. Et plus : à quoi çà sert ? Difficile d’y répondre dans le même laps de temps. Le hasard veut que « Le Matin-Dimanche » du 26 juin soit revenu sur le problème des caméras de surveillance, en une pleine page ( temps personnel de lecture, six minutes / Transféré par écrit, une minute de TJ donnerait un texte lu en moins d’une minute, peut-être autour de 30 secondes – à re-vérifier)
A coup sûr, une caméra de surveillance, cela rassure. Il semble assez sûr que, dans le champ d’une caméra, la petite délinquance au quotidien diminue. Mais elle peut continuer à se développer hors-champ. L’efficacité contre la grande délinquance reste à prouver. Le dissuasion n’est pas certaine. L’effet préventif espéré risque bien de diminuer dans le temps. Mais rassurer n’est pas forcément négligeable. Ces caméras tous genres compris étaient, paraît-il, plus de cinq cent mille en Suisse il y a deux ans ( Résumé de lecture !)
Une baisse d’impôts pour augmenter les recettes !
La baisse du taux d’imposition des entreprises, objet du vote populaire à Neuchâtel, doit amener une augmentation des recettes fiscales, par dizaines de millions. Paradoxe ? Dans les six minutes observées les 19, 20 et 21 juin, aucune explication. Mais une amorce des réactions dans d’autres cantons romands, qui pourraient y laisser des plumes. Si Genève imitait Neuchâtel qui vient d’imiter Zoug, la perte pourrait s’élever à un demi-milliard annuel. Toujours durant les six minutes, rien pour expliquer ce paradoxe.
Après la crise de l’horlogerie dans les années septante, Neuchâtel a reconstitué lentement son tissu économique en accordant de sérieux avantages fiscaux aux nouveaux venus, taux nuls ou très bas. Leurs bénéfices seront donc désormais taxés à cinq pourcent. Ce sont ces nouvelles recettes qui dépassent largement l’effet des baisses pour les entreprises qui étaient taxées en plein auparavant. Cette baisse d’impôts serait un très beau sujet pour une émission d’information développée, sous l’angle déjà d’une comparaison entre les cantons romands.
Un TJ ne peut pas faire mieux qu’un TJ
La durée normal d’un sujet de tj s’établit autour de deux minutes. On peut certes consacrer deux modules à un même sujet. Mais pour faire mieux qu’un TJ, il faut changer de case, passer sur la TSR en « Toutes taxes comprises » ou « Mise au point » ou encore en « Temps présent » et entrer dans « Les docs ».
Ces lignes ne sont pas une attaque contre les TJ, mais elle veulent, exemples à l’appui, en rappeler les limites.
Flots tumultueux
Si « mammouth » était le nom du paquebot « SSR-SRG », on dirait qu’il navigue actuellement sur des flots tumultueux. Il est attaqué ou mis en cause de toutes parts.
L’appétit de TF1
TF1 va ouvrir une fenêtre publicitaire vers la Suisse romande. Ce sont quelques dizaines de millions de publicité qui vont soutenir une autre chaîne commerciale française, après M6. Ce sera au détriment des recettes de la SSR sur le marché romand, des journaux ou des chaînes de radio et de télévision régionales. Les parts du gâteau vont diminuer, ou à tout le moins stagner.
Les éditeurs de journaux s’opposent à l’introduction de la publicité sur les sites internet du « mammouth », alors que le PDG Roger de Weck leur propose d’ouvrir le dialogue. L’un d’eux, puissant, Ringier, se met au service de TF1 pour récolter la publicité sur le marché suisse. On n’en est pas à un paradoxe près !
Billag mis en cause
Billag, la société qui encaisse les redevances, dépense plus de quatre francs pour cent recueillis. Elle vient de décider d’encaisser en une seule fois la totalité de la redevance radio-tv, environ 460 francs, ce qui n’est guère agréable pour les foyers à revenus modestes. Elle gère aussi les quatre francs sur cents destinés au co-financement des radios et télévisions régionales.
Deux cents francs, c’est assez !
Pour certains, Billag fait problèmes. Et les voici qui viennent de prendre le chemin de la pétition à plus de cent trente mille signataires, en majorité alémaniques, souvent zurichois, proches de l’UDC, pour affirmer qu’une redevance à deux cents francs l’an, c’est largement suffisant ! Oui, cela suffirait pour une seule chaîne de télévision et de radio en une seule langue ; le romanche, probablement !

La clé de répartition de moyens entre les régions : l’indispensable solidarité pour la cohésion nationale
La redevance annuelle suisse est élevée. On sait pourquoi. Mais il faut le répéter : la majorité alémanique contribue à soutenir modestement la minorité romande et fortement celle de langue italienne. Cela s’appelle la solidarité confédérale.
Un gestion efficace
Parmi les réactions provoquées par la pétition issue de la majorité de droite alémanique, celle de Gilles Marchand, patron de la RTS, mérite d’être rappelée. Il vient d’annoncer que le quarante pourcent au moins des programmes de TSR1et TSR 2 était fait à plus de quarante pourcent de productions maison (voir à ce sujet les propos de Gilles Marchand).
Presque en même temps, dans une annexe au rapport de gestion de 2010 publié par la SSR-SRG, on apprend que le volume en heures des productions maison des deux chaînes de la TSR s’élève à 2.581 pour un total de 16′565 heures ( environ 43 heures par jour, ce qui n’est pas surprenant avec l’addition de TSR1 et TSR2 ). Cela fait un peu moins de 16 pourcent.
Où l’on comprend le 40 pourcent
Apparente contradiction entre ce « 16 pourcent » et « plus de 40 », qui permettrait d’ironiser sur les écarts entre deux sources liées à la direction de l’entreprise ? On ne fait pas dire ce que l’on veut aux informations numériques. Mais on omet parfois d’expliquer comment sont faites certaines statistiques. Voici comment se présente la situation :
En première diffusion, la TSR propose 2.581 heures de production maison et 5′924 de productions de tiers. En rediffusion, les productions maison occupent 4.743 heures et celles des tiers 3.317. En cumulant première diffusion et rediffusion, on arrive à 7.324 heures de productions maisons, sur un total obtenu avec l’apport des tiers à 16.565 heures. 7.324 comparé à 16.565 conduit à 44,2%.
Et c’est ainsi que l’affirmation de M.Marchand vérifiée est un bien meilleur argument pour l’entreprise que ce que donne la statistique officielle issue de la centrale bernoise.
Pratiquement une heure sur deux en production maison sur les deux canaux de la TSR, c’est une excellente proportion. La quote-part de la TSR, supérieure à la répartition qui ne tiendrait compte que de la population, est bien employée. Alors, le « deux cents, c’est assez » est un combat à tout le moins douteux !
Megaphone : un bon concept plutôt bien appliqué
Avertissement : les images qui illustrent ce texte sont tirées du « dico » de service de presse de la TSR. Au prénom, nous ajoutons le nom de famille. ( Les photos TSR sont de Cédric Louis, le réalisateur polyvalent!)
Mieux que « Desesperate Electrices » !
Bon titre, qui caractérise bien la nouvelle émission politique de la RTS pour les élections fédérales de 2011 ! Le mégaphone, qui permet d’amplifier la voix, apparaît dans l’image, posé sur une table ou porté en bandoulière par le journaliste. On aura vu Romaine Jean mégaphone à hauteur de tête en première d’un hebdomadaire spécialisé en tv. Mais ce « mégaphone » doit en bonne partie sa réussite au duo Peter Berni, journaliste et Cédric Louis, réalisateur. Dommage qu’il soit resté symbolique sans emploi réel. Mais selon le concept de l’émission, il permet de donner vraiment une parole enfin entendue à des « anonymes ». A première vue, il semble bien que « Mégaphone » soit supérieur à l’émission qui avait tout de même fait parler d’elle il y a quatre ans, une « adaptation » plutôt maladroite de « Desesperate Housewives » devenue « Desparates Electrices » qui n’étaient parfois pas du tout désespérées.
Des questions plus intéressantes que les réponses
Le duo Berni/Louis responsable en partie de ce bon concept, choisit quelques personnes qui poseront en direct des questions à des politiciens connus. Un portrait de quelques minutes permet de faire connaissance avec chacun d’eux et l’entendre s’exprimer sur le sujet qu’il abordera lors du direct. Faire poser une question par un « anonyme » finit par être plus intéressant que d’entendre la réponse plus ou moins improvisée d’un milicien mais professionnel de la politique.
Politiciens lémano-centristes
Voici qu’un petit groupe de romands, venus de chacun de nos canton totalement ou partiellement francophones, ce qui avantage les régions peu peuplées, vont devenir plus intéressants que les notables de la politique, eux bien connus qu improvisent des réponses, certaines du genre slogan de propagande électorale déjà répétitif. Le groupe issu du peuple respecte la diversité romande. Celui des politiciens obéit à une autre règle. L’équilibre géographique donne alors Valais trois, y compris la présentatrice, Vaud deux et Genève un !
Des femme plus solides que les hommes
Point fort pour « mégaphone » : donner le droit de questionner à des inconnus qui viennent d’horizons fort différents. Point faible, en face d’eux un groupe d’habitués géographiquement restreint. Et à l’intérieur des deux groupes se détachent des figures féminines. Plus encore qu’une Isabelle Moret, Géraldine Savary ose évoquer la prise de conscience un peu tardive de son parti sur les problèmes de sécurité. Parmi les anonymes, Alessia Lorenzini, bien préparée, est si tranquillement sûre de ce qu’elle dit qu’en face d’elle,pour une fois, Oskar Freysinger bénéficie de la douceur en général attribuée aux moutons blancs qui est bien éloignée de son habituel comportement spectaculaire et répétitif.
Un sondage comme habillage
La télévision est ainsi retombée dans ses habitudes dans la phase des débats. Un sondage portant sur un échantillon de mille et huit personnes en Suisse romande peut ainsi fournir des pourcentages qui ont un sens, même si la marge d’erreur n’a pas été citée, une fois de plus. Elle ne dépasse pas les plus ou moins quatre pourcent. Une certaine satisfaction apparaît dans l’ensemble des médias sur la situation actuelle en Suisse, économie saine, monnaie forte, chômage en baisse. Le sondage, mais plus encore les invités par leurs questions, témoignent de certaines attentes insatisfaites et d’inquiétudes.

Pour avoir su transformer Oskar F de l’UDC en un mouton blanc de douceur, encore une fois Alessia Lorenzini !
Reçus dans un hôtel de luxe
Maladresse : les « anonymes » ont été reçus par la télévision dans le cadre luxueux d’un haut lieu bernois, l’Hôtel Bellevue. Une visite certes élégante, mais dans un lieu politiquement snob ! Chassez le naturel, le revoici dans le milieu des intrigues lors des nuits qui précèdent les coups de force pour les élections au conseil fédéral. Dommage que l’ouverture sur quelque chose de nouveau n’ait ainsi faite qu’à moitié. On ira peut-être en un établissement plus « populaire » lors de la seconde émission imposante prévue pour septembre.
Conclusions
Les anonymes plus intéressants que les politiques, leurs questions plus percutantes que les réponses. Des apports féminins qui se font remarquer mieux que les masculins. Une télévision qui ose rencontrer des anonymes et faire oublier cet anonymat par la qualité de certains portraits, qui semblaient devenir plus courts en fin d’émission.
“24 heures chrono” : c’est fini !
Un grand succès ?
Huit saisons, vingt-quatre épisodes par saison, deux cents fois une heure, Bauer chaque fois présent : sur la TSR, fin de la 8ème . Il n’y aura pas de 9ème. Aux USA, l’audience moyenne évoluait entre onze et douze millions. Autrement dit, sur cent Américains, quatre pour la série. Sur deux millions d’habitants, cela donnerait quatre-vingt mille en fin de soirée : c’est beaucoup.
Google comme instrument de mesure ? »
Peut-être devrait-on « apprendre » à se servir d’un autre indice de succès. A plusieurs jours d’écart, tapé sur « Google » un simple « 24heures chrono ». Reçu chaque fois pour les pages en français environ un million deux cents mille. Passé à « pages suisses, « on s’en tire aux alentours de quarante mille. Ces résultats semblent bien, par leur ordre de grandeur, être indépendant du jour. Il doit y avoir une indication dans cette régularité. Une piste à suivre pour comprendre le sens des réponses.
Joué aussi d’un « 24 heures chrono – lexpress – retines », aussi à quelques jours d’écart : autour de neuf cent réponses. Il faudrait beaucoup de temps pour passer en revue ces nonante pages. Bornons-nous trois premières : cela fait tout de même une douzaine de citations, y compris en passant par l’indication « rtsr ».
L’histoire en quelques lignes

Et voici la photo de famille, Jack Bauer, bien entendu, au premier rang devant les autres et New-york
Des terroristes attaquent sous diverses formes les USA. Leurs origines ? Russes, chinois, islamistes, arabes, africain (un dictateur) ; et des ennemis intérieurs américains ! Le gouvernement résiste, autour de la présidence, qui fut noire (avant Obama), féminine (ressemblance avec Hillary Clinton), traîtresse (Logan fait penser à Nixon), généreuse ( Kennedy pas oublié, à travers David Palmer ou Allison Taylor) . Une partie de la protection du pays est assurée par la Cellule antiterroriste, aux cadres parfois modifiés pour des raisons politiques. Parmi eux, un électron libre, Bauer, qui a presque toujours raison contre tous.
Le temps réel comme un match de football en direct!
Une idée de génie : construire chaque épisode comme s’il se déroulait en temps réel, soixante minutes avec génériques de début et de fin et emplacements pour la pub aux USA. Il en reste quarante pour le récit. Cela ressemble à une mi-temps de foot en direct ! Tout est mis en œuvre pour que ce temps réel semble plausible, à force de haute technologie ou d’image relatant en simultané, deux, trois, quatre scènes différentes, l’heure indiquée à la seconde près. Au dernier top, le suspens est à son comble ! Si bien que l’on devra revenir l’heure suivante..
Le règne de la fiction
Mais il se passe tellement de choses en une heure « réelle » qu’un sentiment de complète fiction s’installe. Chaque numéro permet de retrouver Bauer en action, les enquêtes de la Cellule, la situation politique selon la présidence, le comportement des terroristes. Les images multiples parent au plus pressé pour rappeler ces quatre niveaux du récit.
Sur le grand écran, il faudrait un long-métrage pour entrer dans le détail de ce qui se déroule sur le petit en une heure. Et le film serait du genre trop dense. Bauer est souvent malmené, même physiquement. Dix minutes du temps réel plus tard le voici à nouveau totalement efficace, comme si rien ne s’était passé. Miracle de la volonté des scénaristes plus que de la plausibilité médicale !
Ou bien, durant les huit saisons, une bonne centaine de personnages d’une importance non négligeable se seront succédés. Mais la moitié d’entre-eux est décédée. Donc dans ce temps réel, en huit jours, il y a cinquante morts, six ou sept par jour. Immense hécatombe, de pure fiction.
Mais cette combinaison du temps réel comme celui d’un match de football en direct et d’une accumulation d’événements plus spectaculaires les uns que les autres est une des réussites de la série qui fascine par son rythme sans épuiser.
Le justicier solitaire
Dans la réalité, le justicier solitaire est un marginal. Dans la fiction, il représente celui qui ne connaît aucune limite à son action, toute entière tendue vers ce qu’il décide être juste, envers mais surtout contre tous. Dangereux, cet électron libre !
Un observateur a relevé une soixantaine de séances de tortures diverses durant cinq saisons. Douze par saison, une toutes les deux heures. Autrement dit, la torture au quotidien à haute fréquence : encore une preuve de pure fiction. De plus, ces scènes de torture sont souvent efficaces. Donc l’efficacité pour sauver des vies ou protéger la patrie justifie la torture ! Pas très moral, tout cela. En plus, cet éloge de la torture efficace ne correspond pas à la réalité, surtout si elle se déroule dans un très court laps de temps. Il faut du temps pour arracher des aveux. Ceux de « 24heures » arrivent en général au bon moment pour relancer l’action.
Force est dès lors de prendre grande distance à l’égard de Bauer, comme des auteurs de la série qui se laissent aller à cette éloge de l’efficacité. Moralement inacceptable. Seule excuse dès lors : nous naviguons en pleine fiction.
Mais « 24 heures chrono »,, c’est de la grande, très grande télévision spectaculaire haletante.
DSK, champion de la médiatisation ?
Avertissement : à sa manière, Mix&Remix “commente” l’actualité… et l’émission. Cinq dessins se glissent entre nos paragraphes.
L’unité de bruit médiatique
C’est quoi, l’UBM, « Unité de Bruit Médiatique » ? Un instrument de mesure de l’Impact Médiatique produit par un groupe « Kantar Média », découverte personnelle faite le vendredi 27.05.2011 dans « Le matin ». Une seule source ne suffit pas. Il en faut plusieurs. Il y a même un moyen d’en avoir trop : on passe chez Google, on tape « Kantar média » et voici 320 mille pages annoncées réduites à 59 mille par « pages en français » et à 1.400 en y ajoutant « Suisse ».
Du sérieux, fort probablement. En effet, sur le site même, on trouve : « Un UBM correspond à 1% de la population potentiellement exposée à une page ou une minute d’information sur un sujet dans les médias ». Une minute en radio et télévision, c’est chose claire. Mais un page écrite, c’est quoi ? Lire une page de journal demande largement plus de temps que d’écouter ou de regarder une minute audiovisuelle. Il me faut personnellement environ une minute pour lire un texte de deux mille signes.
Passons sur ce flou de la notion de page : durant une semaine, chaque français de plus de quinze ans aura été potentiellement en contact avec presque 14 mille UBM consacrées à DSK La semaine qui suivit l’élection de Sarkozy ou celle d’Obama s’était terminée avec 7 mille UMB. Une autre mesure internationale annonce la présence depuis le 15 mai de DSK sur la une de 150 mille quotidiens internationaux.
DSK, en boucle
Alors, DSK champion du monde ? En tous cas bien classé dans le tintamarre du bruit médiatique avec son « Affaire ». »! Sur les écrans petits et moyens, les mêmes images reviennent en boucle. Notons qu’elles ne sont pas présentes sur le grand écran du cinéma ! Les rappels de la présomption d’innocence subsistent, comme la présomption de plausibilité de la plainte d’une employée d’hôtel. Mais pour le moment qui sait ce qui s’est passé vraiment ! Pas grand monde !
Deux « Infrarouge » de suite
La TSR ne dispose que d’une seule émission hebdomadaire de débats politiques : deux semaines de suite auront été consacrées à DSK. Dire « trop c’est trop » n’a qu’une petite chance d’être entendu à la TSR. Mais à Genève, on n’aime guère entendre les reproches. Il arrive que l’on refuse de répondre à une question sous prétexte que répondre ferait courir le risque de se lancer dans une polémique ! On ne polémique pas avec les seigneurs de l’information télévisée au quotidien !
Avec le même matériel, des résultats différents
Surpris, après la fin de la mini-série « DSK à Infrarouge » de découvrir un montage court de six minutes, qui serait composé des « meilleurs moments » tirés des soixante minutes de faux direct. Trop d’attention sur les interventions les plus « spectaculaires », dans la logique de ce que nomme « boulevardisation » qui tend à privilégier ce qui semble intéressant au détriment de ce qui est important, selon le PDG de la SRG-SSR, Roger de Weck.
A chacun son obsession en boucle. La mienne refait surface de temps en temps depuis des décennies : Un jour viendra où une chaîne de service public généraliste osera introduire une émission de réflexion à son propos, pour contribuer à permettre au téléspectateur consommateur de se transformer modestement en citoyen un petit peu mieux éclairé. Par exemple : on repartirait des soixante minutes du dernier « Infrarouge » intitulé « Le choc des civilisations » suivi d’un prudent point d’interrogation (24.05.2011). On regarderait sur le web la version courte, montage de six minutes tirées des soixante. On confierait le tout à quatre équipes différentes en leur imposant de faire chacune un montage de quinze minutes. Le résultat ? Il y aurait quatre émissions différentes avec le même matériel de base.
Et l’on se souviendrait ainsi que l’information c’est aussi le « regard » que l’on porte sur la réalité….
Des images puis des mots…
La mort de BenLaden
Il y a quelques jours, un efficace commando professionnel d’Américains élimine Ben Laden. Pour certains, l’absence d’image du mort apparaît comme un manque de preuve. Une autre image qui circule sur le web est assez vite rejetée puisque truquée. Une photo de groupe, elle, fait probablement le tour du monde. Autour du président Obama, une douzaine de personnes assistent en direct à l’assaut donné contre la maison où habite Ben Laden. Ou regardaient-ils une bonne moitié d’un épisode de « 24 heures chrono » ? Les retouches de détail faites à ce cliché en améliorent la portée. Les « communicants » sur la politique de la Maison Blanche et du Président ont clairement choisi l’absence d’image du défunt.
DSK : des images qui le condamnent
DSK est à peine en garde à vue que certaines images font le tour du monde. Le patron du FMI, probable candidat à la présidentielle française, y apparaît visage décomposé, mains dans le dos liées par des menottes, entouré de beaux gars qui ne sont plus ses gardes du corps. Cette totale exhibition publique conduira à une sorte de mise à mort professionnelle et politique. Cela peut étonner en francophonie où la discrétion faite parfois de connivence est chose ordinaire. Les commentaires font donc largement état du comportement de la justice américaine qui avant même une inculpation rend publique des images de personnes soupçonnées, qu’il s’agisse d’un petit délinquant genre voleur de canettes ou d’une personnalité mondialement connue, qui elle ne vole pas presque rien. La présomption d’innocence est ainsi mise à mal. La Police et la Justice des USA n’adoptent pas le même attitude que le Politique.
Le tourbillon des mots
Bien vite s’ajoutent aux images les mots des commentateurs, parlés ou écrits. Les sons qui accompagnent les images filmées restent rares. Plus tard, la musique illustrera des images en mouvement, parfois même une photo, image instantanée figée. Tombent ainsi drus les commentaires des spécialistes dans le grand jeu du tout-sur-tout-tout-de-suite. L’absence de recul accentue la volonté de spectacle adressé au consommateur. Le citoyen qui regimbe dispose d’un champ de résistance face à l’audiovisuel de l’instant : la lecture des journaux.
Temps de lecture et d’écoute
Lu, le mardi 17 mai 2011, trois quotidiens romands, l’un de proximité, un « people » et un dit « incontournable ». Sur l’affaire DSK, temps total de lecture, plus d’une heure, le plus court pour le people. Lu « Le monde » daté du mercredi 18 mai : à lui seul, sur le même sujet, pendant plus d’une heure. Assisté aussi, mardi 17 en fin de premier rideau, au débat d’ »Infrarouge » : une heure encore. Entré aussi sur le « forum » associé à l’émission ! A première vue, trop de choses pas très intéressantes.
Qualité de l’information : évidemment, avantage au « Monde » et ses huit pages de textes denses sous des angles d’approches variées. Avantage aussi aux trois quotidiens romands face à « Infrarouge ». Avec une demi-douzaine d’invités qui ne s’écoutent guère, Esther Mamarbachi n’évite par les couacs.
De la connivence
Le direct même différé tient du spectacle. Le spectacle s’adresse à un consommateur. L’information qui se met au service du citoyen demande du temps de recul pour la réflexion. L’audiovisuel reste pourtant avide de vitesse. Dans le cas DSK s’est posé le problème de la connivence entre les médias et les détenteurs du pouvoir sous toutes ses formes. DSK détenait un réel pouvoir économique et politique. En France, la discrétion à propos de son comportement à l’égard de femmes tient de la connivence. Mais on savait qu’il se voulait séducteur, exemples à l’appui
Edwy Pleynel, repoussé loin du « Monde », créateur d’un journal sur le web, Médiapart, spécialiste souvent consulté par les journalistes de la radio et du petit écran, avait probablement raison de rappeler qu’affirmer de quelqu’un qu’il est un séducteur n’est pas une information.
Quel est l’apport d’ »Infrarouge »?
Important alors de se poser une question sur ce direct différé. Sur son site, « Infrarouge » propose un montage de six minutes des moments les plus importants de l’émission. Que Mme Mamarbachi voulant impérativement savoir ce qui s’est passé dans la chambre soit considéré comme un « moment » important signifie très clairement que le « people » prend le dessus.
Supposons qu’une équipe de « Mise au point » dispose de quelques jours de montage pour tirer des soixante minutes un résumé : intuitivement, je « sens » qu’il ne durerait pas tellement plus de quinze minutes. Et qu’il ne ressemblerait guère à la version de six minutes proposée sur le site d’ »Infrarouge ».
Le forum
Ce mardi 23 en mettant un terme à ces lignes, j’esquisse un pas sur le forum d’ »infrarouge ». Sont annoncées 57 interventions, l’un des intervenant menant le bal avec près de six mille interventions à son actif ! Ces interventions induisent près de 230 réponses qui sont parfois réponses à des réponses. Manque de temps pour lire tout cela. Il faudrait pourtant s’y mettre pour savoir si ces forums en vrac apportent quelque chose d’intéressant.
Qu’on se réjouisse : « Infrarouge » remet çà le 24 mai, sous le titre « L’Affaire DSK : le choc des civilisations ? » Le spectacle continue
Scènes de ménage
Comment fidéliser le téléspectateur-consommateur
Importantes, les minutes qui précèdent et surtout suivent un journal télévisé du soir et son habituelle copine la météo. Tout est alors fait pour fidéliser le consommateur qui ne change pas si facilement que cela de chaîne : poids de l’inertie ! Avec la déjà ancienne ( 2008 ) « Minute kiosque », la TSR fit figure correcte en amenant deux fois sur trois un bon gag en une minute. Difficile d’en dire autant de l’assez récente « Vie de bureau » avec sa dizaine de personnages mal caricaturés dans une suite de clichés sans surprises. Mais la TSR fut brillante, il y a quelques années, avec « Le petit Silvant illustré ».
Chez nos voisins
France 3 connaît un succès qui tient sur la durée avec « Plus belle la vie » que la TSR reprend dans la matinée aux heures EMS. M6 vient triomphalement de battre un record. 3.7 millions de spectateurs pour Marion et Cédric, Liliane et José, Huguette et Raymond. Cela vous dit-il quelque chose ? Après « Kameloot », M6 dispose d’un excellent jeu avec sa très réussie série intitulée « Scènes de ménage » ( Du lundi au samedi vers 20h15)
Un principe simple
Trois couples différents, le vingtaine, la quarantaine, la soixantaine représentent une manière sans surprise de raconter l’évolution du couple traditionnel. Chaque numéro d’une vingtaine de minutes est fait de courtes scènes avec l’un des couples. Des plans d’objets volants en tous genres servent de caricature de scènes de ménages et permettent le passage de l’un à l’autre. Chaque fois moins d’une minute par couple et au moins une chute, de temps en temps précédée par des fausses chutes. C’est drôle à provoquer cette chose rare qu’est le rire d’un solitaire en salon devant son petit écran. En guise d’approche, saluons chaque couple, avec une image M6 prise en cuisine. On y observera les différences des comportements masculins dans les vingtaine, quarantaine et soixantaine.
Marion et Cédric
Un an de mariage : le temps de la découverte de manies de l’autre est arrivé. Mais les disputes semblent assez souvent encore n’être qu’un jeu. Quand elles sont sérieuses, tout s’arrangera – hors-champ – sous la couette qui peut n’être qu’un simple canapé.
Marion est très jalouse. Elle travaille comme intérimaire, mais passe plus de temps à préparer son CV qu’à l’envoyer, pour autant que cela serve à quelque chose.
Cédric est grand et beau comme un footballeur de l’équipe de France avant que l’on se pose des questions de double nationalité. Il exerce un métier de formateur pour personnel chargé de réagir dans des situations de crise.
Liliane et José
Leur fils unique vient de quitter le foyer parental. Ils vont donc devoir apprendre à vivre en tête à tête. Il aimerait bien interrompre une action culinaire pour un câlin mais ne supportera pas qu’elle en fasse autant quand il croque des chips devant la télé, surtout lors d’un match du Réal.
Liliane est esthéticienne, très soignée sur son propre corps. Elle commence à être énervée par le côté “beauf” de son époux peu porté au partage des obligations ménagères.
José, d’origine espagnole, d’où le Réal, est responsable du service des sports à la mairie. A la maison, la tv et les chips l’attirent désormais plus que Liliane.
Huguette et Raymond
Après presque quarante ans de mariage, ils croulent sous les piques quotidiennes où Huguette se montre plus subtile que Raymond. Chacun se demande comment il a bien pu faire pour épouser l’autre ; mais c’est si loin! Sous ces tonnes de vannes, l’amour désormais bien caché existe encore.
Huguette aura été femme au foyer, ce qui explique qu’elle soit devenue le CHEF du ménage de retraités.
Raymond , ancien gendarme, est passionné de faits divers. Très observateur depuis sa fenêtre, peut-être un jour saura-t-il contribuer à résoudre une affaire importante.
“Mad men” : fin de saison en toute fin de soirée
Des diffusions bien tardives
D’une manière générale, en pays francophones, les chaînes de service public généraliste ont une tendance assez fâcheuse, repousser en fin de soirée leurs séries de fiction les plus ambitieuses, celles où le cinéma et la télévision font bon ménage. Même ARTE tombe dans ce travers avec le curieux et nouveau « Xanadu » ( samedis 22h30 ) ou la reprise de « Twin peaks » ( mardis 22h30 ). La TSR lui fait mieux que concurrence avec « Mad men » ( dimanches près de minuit), « Millénium » ( mercredis près de minuit), « Californication » ( jeudis près de minuit), « 24 heures chrono » ( vendredis vers 23h00 en double ). Et ce ne sont là que les heures de début des diffusions !

“Mad men” aura remis à la mode de 2011 la mode féminine américaine du début des années soixante. Roger Sterling (John Slattery) et Don Draper (Jon Hamm) sont aussi d’une extrême élégance, avec ou sans gilet…
Le téléphage téléphile, donc désormais cinéphile aussi, est un noctambule ou un insomniaque ; peut-être les deux à la fois ! Positif tout de même : la possibilité de revoir sur le web, hélas encore trop rarement, parfois pendant au moins sept jours l’une ou l’autre de ces émissions tardives à l’heure de son choix ! Dans un journal, les pages « pointues » sont à disposition de tout un chacun au même moment, donc n’importe quand. Lourde, la programmation de la télévision !
La richesse des meilleures séries
Dimanche 15 mai, sur TSR1, fin de la deuxième saison, avec « Prise de conscience » ( 23h30 environ ). Une minorité attend donc la troisième. Un rappel s’impose : « Mad men » s’inscrit dans la lignée des meilleures séries incontournables, les « Twin peaks » « Roma », « Tudors », « Deadwood », « Sopranos » qui sont de riches témoignages sur l’Histoire et en même temps de généreux divertissements qui apportent aux citoyens et consommateurs d’intenses plaisirs.

Révélatrice, cette image du personnel de l’entreprise Sterling-Cooper. Places bien prises devant ces messieurs, à gauche Joan Hamm ( Christine Hendricks) et à droite Peggy Olsen (Elisabeth Moss), “preuvc” par l’image de l’importance des personnages féminins, nettement moins “tordus” que les masculins, mais pas toujours
Octobre 1962 : James Meredith entre à l’Université du Mississippi
« Riche témoignage sur l’Histoire » : l’affirmation est un peu catégorique si elle correspond à la réalité. Il vaut la peine de citer au moins un exemple. La deuxième saison se déroule de la Saint-Valentin 1962 à la crise de Cuba et des fusées soviétiques en octobre. John Kennedy ( 1917-1963) est président des Etats-Unis depuis le 20 janvier 1961. Il prend clairement position contre la ségrégation raciale. L’Université de Mississippi reçoit l’ordre d’accueillir son premier étudiant noir, James Meredith. Mais il lui faudra une forte escorte policière le 30 septembre pour faire son entrée dans l’enceinte universitaire. Le Mississippi est un des Etats les plus ségrégationnistes. Des incidents éclatent qui font deux morts. A plusieurs reprises, le président Kennedy est intervenu sur l’égalité des droits, y compris par des discours télévisés.

Pete Campbell (Vincent Kartheiser, à droite) est de retour de Los Angeles où Draper est resté pour des raisons personnelles. Il est petit, en apparence modeste, mais arriviste terriblement ambitieux et efficace. C’est un personnage fort de “Mad men” exaspérant mais finalement attachant.
L’oreille distraite du personnel de Sterling-Cooper
Ce rappel est plus complet que l’allusion qui est faite dans « Jet set » ( onzième épisode de la saison 2). La scène apparaît aux environs de la quarantième minute. L’équipe de l’entreprise Sterling-Cooper est réunie alors que Campbell revient de Los Angeles. La radio parle d’émeutes. Sur le petit écran, en arrière champ, on voit Kennedy prononcer un discours dont on n’entend que de bribes. Les publicistes ont certes d’autres choses à faire que de s’intéresser à la politique. Ils ne prêtent qu’une oreille dite discrète à ce problème de l’anti-ségrégationnisme. Mais un événement important pour l’évolution des USA sous la présidence de Kennedy est rappelé, même si le milieu professionnel ne s’y intéresse guère.
A plusieurs reprises, les scénaristes de « Mad men » choisissent de telles scènes pour remettre leurs personnages d’une fiction plausible dans le contexte historique du début des années soixante. Il suffit de pas grand chose pour que qu’un événement politique important soit évoqué, même si l’indifférence des protagonistes du récit est presque totale, indication précieuse aussi sur le comportement d’un groupe social américain.
Deux milliards pour un « sondage »
Nous étions –non, vous étiez !! – paraît-il deux milliards sur cette bonne terre à assister au mariage royal britannique télévisé le 29 avril 2011. Grand bien vous fasse ! Deux sur les sept milliards d’habitants de la terre probablement atteints en 2011, cela fait presque du trente pourcent pour William et Kate, bébés encore au sein ou aînés en EMS y compris.
Le bassin de diffusion de la TSR en Suisse romande représente environ un million et huit cents mille téléspectateurs de zéro à plus de cent ans. Le trente pourcent environ de cette masse se situe aux environs de cinq cents cinquante mille personnes.
Le mariage de William et Kate a été suivi par 224 mille habitants de suisse romande obtenus en additionnant les audiences de France 2, TF 1, M 6 et de TSR 2. Cet effectif est tiré d’un échantillon scientifique rigoureux, marge d’erreur connue mais presque jamais communiquée.
La taux d’équipement en téléviseurs en Suisse est probablement plus élevé que la moyenne mondiale. La part de marché, environ le quinze pourcent pour le mariage du siècle, se situe à la moitié de la moyenne mondiale.
Il y a un grain de sable. Ou bien les chiffres donnés pour la suisse romande sont faux et ne valent pas mieux que ces « sondages » dont on ne donne que des résultats en pourcent. Ou bien, cette audience mondiale à deux milliards n’est qu’une pure supposition partout répétée sans le moindre contrôle. Les faux bruits infondés deviennent des vérités ! Ou bien encore…
A noter en passant que sur les 224 mille invités au mariage télévisés, seuls 72 mille étaient fidèles à la TSR, les autres figés devant trois chaînes françaises. A peine trente pourcent de romands pour la chaîne romande.
Par contre, pour Réal-Barcelone, il y avait 178 mille habitants de suisse romande sur TSR 2 et 58 mille sur TF 1 : là le pourcentage pour la TSR est voisin du 75 pourcent. Les sports d’ici se défendent mieux que les « pipolles » d’ici face à la concurrence française. J’ai pitonné d’une chaîne à l’autre ce soir-là. Ou suis-je, à trois quarts dans les 178 ?






















