Divers

Cause toujours mon lapin…

Ce titre pourrait être un complément à l’intervention de Laverdure chez Zazie du métro de Queneau Raymond, le «tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire». En complément, «Cause toujours mon lapin» pourrait être ironique remarque adressée par je ne sais qui à l’ensemble du «Conseil du public» de la RTSR. Autour de cette institution, pendant des années aura régné une discrétion évidente, comme si une sorte de conspiration du silence intervenait pour ne pas donner trop de notoriété à des remarques pas systématiquement laudatives sur les programmes de la radio ou de la télévision.

Mais le conseil du public communique maintenant assez largement quelques-unes de se préoccupations qui ne sont pas pour autant unanimement et immédiatement reprises par la presse écrite. La branche radio de la RTS , par exemple dans l’émission «Médialogues», en parle-t-elle, de ce «Conseil du public» ?  Dommage que l’on ne puisse plus s’adresser à la très ancienne émission de Radio Lausanne qui s’appelait «Questionnez, on vous répondra»!

Médialogues

Monsieur ou Madame RTS vient d’annoncer récemment la prochaine disparition d’une série d’émissions de radio qui doivent donc être considérées comme gangrenées par l’usure du temps. Pourtant, «Médialogues» pourrait bien rester à l’antenne durant soixante minutes le samedi matin alors qu’il apparaît actuellement en semaine durant trente minutes cinq fois. Soixante minutes au lieu de cent-cinquante: on n’arrête pas le progrès! Il est vrai que l’émission prétendait faire réfléchir à la communication en général.

Le «Conseil du public» de la RTSR a une nouvelle fois déploré l’absence en télévision d’une émission de réflexion sur les médias, le cinéma surtout, mais aussi et pourquoi pas la télévision elle-même ou la radio. Pour le cinéma, un bruit court en guise de réponse: c’est la radio qui en parle;  la télévision le montre, à forte dominante anglophone!! «Médialogues» n’est qu’en partie une émission sur le cinéma.

Il est intéressant de prendre connaissance d’une protestation contre le déclassement de «Médialogues». Elle émane du portail de l’éducation aux médias des départements de l’Instruction Publique de Suisse Romande et du Tessin. La prise de position du «Conseil du public» y est largement citée. Voilà qui contribue à faire au moins un peu connaître le travail d’une instance de la RTSR Cela permet aussi d’attirer l’attention sur le «Médiablog» d’«e-média»

A lire sur Mediablog d’e-media à ce sujet :

Feu la «formule magique»

La France est déjà en campagne électorale, même si l’annonce de la candidature de l’actuel président de la République n’est pas encore intervenue. Et les polémiques de recommencer sur le temps de parole qui ne se mesure pas seulement en minutes, mais aussi en place dans les grilles. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) formule des directives rendues publiques.

Bien souvent, un débat politique se termine, faute de temps. Le «trop tard» intervient alors que l’intérêt croissait. Cela arrive un peu partout, pas seulement à «Infrarouge»!

 Pas de CSA en Suisse. Des règles internes sont édictées par la SSR elle-même. Lors des dernières élections fédérales, «Face aux partis» fut bien équilibré. Les débats cantonaux ont été organisés avec soin, en tenant compte des formations politiques en action ou en observation. Mais, sur le seul plan de la présence des grands courants politiques, quelle règle aura été suivie ? Deux émissions d’esprit novateur ont marqué cette campagne, trois portraits de candidats suivis durant des semaines, un socialiste, un radical et une représentante de l’UDC: trois tiers. «Mégaphone» et ses deux remarquables débuts de soirée fut à l’image de l’ancienne formule magique, socialiste, PDC, radical, UDC: un par parti installé au Conseil fédéral. Un quart à gauche, trois quarts au centre et à droite, pas d’écolo! Et aujourd’hui, il y a un électron libre, la présidente de la Confédération! Mix&Remix interprète à sa manière le rôle de cet électron libre:

 

L’observation des équilibres politiques devrait se faire une longue période. Chaque région linguistique pourrait calculer le poids de ses forces politiques sur plusieurs critères. Le faire en considérant les partis politiques représentés dans les conseils d’État de Suisse romande désavantagerait assurément l’UDC. On pourrait aussi s’aligner sur la composition des législatifs cantonaux, mais les petits cantons pèseraient plus que les grands. Meilleure solution: imaginer la Suisse romande comme un seul et unique collège électoral lors des élections fédérales donnerait peut-être le plus juste reflet des forces politiques en présence. La répartition à l’image de l’ancienne formule magique, en quatre quarts, le PS, le PDC, les PLR et l’UDC, chacun à 25 %, n’a plus grand-chose à voir avec l’électoral réel. On pourrait bien arriver à une représentation de l’ensemble romand donnant à toutes les gauches quarante pour cent ou un peu plus, et le même poids aux centres réunis et aux droites amies autour d’un trente pour cent ou un peu moins.

Un 4-3-3 vérifié sur une longue durée serait plus juste que l’ancienne formule magique. La présence des écolos serait ainsi mieux assurée. Et puis, tant qu’à faire: avantager les marginaux et minoritaires mal représentés ne manquerait pas d’élégance!

Politique un peu partout

Non, tout n’est pas politique. Mais elle se glisse un peu partout, dans les téléjournaux, les magazines, la documentation, la fiction. Deux exemples :

Infrarouge (TSR 1 – Mardi 24 janvier)

Invitée unique, la présidente de la Confédération, Mme Evelyne Widmer-Schlumpff. Certes, il y a d’autres invités pour lui poser chacun une ou deux questions. Mme Amaudruz de l’UDC y introduit un ton polémique tendance coupe-parole : c’est la seule à le faire ! Dès lors, la qualité du débat politique va dépendre du choix fait par l’animatrice des thèmes à débattre. Y a-t-il entente préalable avec l’invitée, surtout si celle-ci s’exprime avec précision en français qui n’est pas sa langue maternelle ? La première partie est un brin « people » avec vie de famille et nièce. Les questions réellement politiques interviennent dans la seconde. Mme la présidente est alors très à l’aise pour expliquer pourquoi, à « Arena », elle n’a pas voulu parler d’une information qui n’était alors pas encore connue de ses collègues du conseil fédéral : exemple de collégialité respectée !

Philippe DELEUVRE ( Philippe Magnan), candidat de droite lancé dans la course présidentielle, au comportement assez brutal mais bien tenu en mains par ses conseillers en communication. Pure fiction ?

Les hommes de l’ombre ( France 2 – Mercredi 25 janvier )

Les deux premiers épisodes d’une minisérie qui se poursuivra deux semaines encore montrent bien qu’il s’agit d’une fiction, celle de la mort  de nos jours d’un président français lors d’un attentat. Il faut se lancer rapidement dans une campagne électorale qui va opposer un homme de droite et une femme du centre. Ceux de l’ombre conseillent les candidats, fabriquent leur image, font circuler volontairement des mensonges d’État. Dans l’ombre,les femmes sont aussi habiles que les hommes. La série fonctionne avec efficacité.

La campagne d'Anne Visage (Nathalie Baye), candidate centriste inattendue à la présidence. La mise en scéne soigneusement préparée par son entourage. Pure fiction ? (Photo France 2)

La politique est mieux présente ici dans la fiction que dans le débat. Mais ce n’est qu’un exemple, pas une règle générale.

Mieux exposer la beauté

Transmettre par radio la beauté d’une partition musicale parfaitement enregistrée n’est pas un exploit technique. Pas de problème, dès lors, pour faire partager la beauté initiale d’un son fait seulement de musique. En va-t-il de même pour la beauté d’une image?

"Boardwalk empire" : la luxuriance d'un spectacle est aussi un aspect de la beauté d'une image !

Faire de belles images bien cadrées, bien éclairées, avec des couleurs maîtrisées n’est pas facile. Il faut que, lors de leur prise, fonctionne un «regard», celui d’un créateur sensible à ce qu’il considère comme une juste approche. À partir de là, rêvons : pourquoi une belle image appuyée par un beau son ne serait-elle pas offerte au plus grand nombre, autrement dit proposée à des heures de grande écoute télévisuelle? À savoir entre 18 et 23 heures.

Mais qui donc oserait donner une place de choix seulement pour cause de beauté? Les programmateurs traquent le meilleur audimat possible d’abord pour la satisfaction des annonceurs ( et le montant de la facture ?), ensuite pour une forte part de marché apportant du plaisir aux nombreux consommateurs.

Une affiche dessinée dans l'esprit du travail que faisait Saül Bass pour les génériques des films d'Hitchcock

Ces considérations reposent sur un double exemple. Les images ( et les sons, doublage compris) du récent «Boardwork Empire» tout comme celles de l’actuel «Mad men» sont à compter parmi les plus belles jamais proposées par deux séries, elles-mêmes parmi les meilleures, les plus exigeantes, les plus pointues. Sur «notre» TSR, il fallut et il faut rester aux aguets après vingt-trois heures pour les savourer. C’est donc réservé à une minorité. Oser se poser la question de la transmission de la beauté au plus grand nombre ? Mais c’est une «provocation» qui commence déjà avec l’emploi du mot «beauté» !

Trois soirées réussies

Fêtes de fin d’année: voici les humoristes réservés pour cette période. Ni bien ni mal à dire de Marie-Thérèse Porchet, pour cause d’allergie personnelle à sa forme d’humour. Les bêtisiers fleurissent un peu partout, mais diable comme ils se ressemblent! Mis en réserve depuis des mois, ils amusent en priorité leurs auteurs qui en rajoutent. À se demander si certains ne sont pas mis en scène en vue des fêtes de fin d’année, surtout si les rires d’un invisible et inexistant public sont ajoutés sur la bande sonore, «astuce» en forme de tricherie!

Scènes de ménage: M6

Soirée piquante réussie ( 31 décembre 2011)  par M6 avec les quatre couples de «Scènes de ménage» durant trois heures, dégustées par petites doses de deux/trois minutes, en grande majorité avec d’excellents gags. On peut se trouver seul devant son étrange lucarne: vous vous entendrez rire parfois même aux éclats trois fois que quatre! Un rire autocommunicatif! Alors, à plusieurs…

Les sexagénaires n’en ratent pas une l’un contre l’autre, mais avec une tendresse plutôt bizarre. Huguette ( Marion Game) et Raymond (Gérard Hernandez) les sexagénaires piquants et délirants de « Scènes de ménages2, le succès de M6

Et cette soirée n’est pas la seule raison d’attirer l’attention sur ces « Scénes de ménage ». Deux chaînes sont en France actuellement fort contentes d’elles, France 5 d’un bon niveau d’exigence culturelle et, parmi les généralistes commerciales ou de service public, M6: toutes deux annoncent une moyenne annuelle croissante en parts de marché. Certains commentateurs attribuent même une partie des progrès de M6 à ces « Scènes de ménage «   qui sont en concurrence avec les journaux de TF 1 et de France 2. On a même pu lire qu’un 0.3 pourcent de progression annuelle pourrait être attribué à cette émission aux quatre couples en bisbille à quatre âges de la vie. Une pleine page de publicité dans « Le Monde » ( édition du mercredi 11 janvier 2012) a pour sujet les horribles et exquis représentants du troisième âge, à la retraite. L’ex-gendarme Raymond dit à sa compagne: « Ma pauvre Huguette, on n’a pas fini de bosser ».

Il se pourrait que M6 qui ne vise pas uniquement « la ménagère de moins de cinquante ans » soit vraiment sur une pente légèrement montante alors que TF1 descend. Ce n’est pas un signe pour déplaire!

La saga des Perrochon ( TSr 1 – 28 décembre )

Le jour où sur proposition de Jean-Claude Chanel, la direction des programmes de la TSR accepta l’idée de tirer de trois anciens « Temps présent » consacrés à une même famille vaudoise qui émigra au Québec et finit par s’y trouver bien

( Les Vaudois du Québec – mai 1975 / Chronique d’un déracinement – janvier 1978 / Famille Perrochon – janvier 1989), c’était gagné d’avance. La présentation d’un téléfilm de montage de près de nonante minutes suivie d’un début sous la houlette d’ »Infrarouge » a cartonné autour de quarante pourcent de parts de marché. Les prochaines Journées du cinéma suisse de et à Soleure font une place à cette prestation destinée seulement à la télévision. On aurait même pu rêver d’une plus grande ambition pour en faire un témoignage sociologique destiné au grand écran comme au petit. Il ne faut pas trop demander! Cela eut posé un tout autre problème que celui du montage à partir de ces trois TP en tenant compte du matériel accumulé par Chanel pour son propre compte ou d’une semaine Perrochon dans le cadre du « Zig-Zag café » de Jean-Philippe Rapp. J.P.Rapp a su évoquer le rôle du disparu Chanel, l’importance de son amitié profonde et partagée avec les Perrochon depuis plus de trente ans.

Les Perrochon, au départ de Cheseaux en 1975 et aujourd’hui au Québec en 2011

Le montage n’aura guère apporté de surprises. Il aura mis en évidence la première génération avec le mal du pays du patriarche. On aura compris un peu comment la deuxième génération s’est finalement bien intégrée. À la fin du document, on aura insisté sur les épouses suisses alémaniques du  père et du fils. Lors d’un retour à Cheseaux, Mme Perrochon, mère et grand-mère,  a visité l’hôtel désormais installé richement dans la maison natale de feu son époux. Plutôt que d’assister à ce retour émouvant au pays, on aurait nettement préféré en savoir davantage sur la troisième génération qui est parfaitement intégrée dans leur nouveau pays, ce Québec  devenu aussi le pays de leurs parents et au moins un peu de leurs grands parents.

Siffert et Tinguely

Autre réussite, la soirée fribourgeoise documentée ( TSR 2, 2 janvier)  autour de  deux amis, Jo Siffert le fou du volant et de Jean Tinguely, l’amoureux des ferrailles devenant folles machines, suivie d’un splendide portrait de Tinguely seul et terminé par une pâle approche de Siffert.

Grands bonheurs festifs avec de telles soirées! Trop rares!

 

 

Bla,bla,bla

Un quarteron de socialistes à Infrarouge

Je ne consomme plus Infrarouge que si le sujet m’intéresse ou provoque ma curiosité. Un récent rendez-vous avec les quatre candidats socialistes n’a eu lieu qu’en fin d’émission : il m’a permis d’assister à des minutes passionnantes à propos de la tenue des candidats, de la cravate de Berset et de son absence chez Maillard. Un seul ose ensuite regretter que l’on parle si peu de « politique » : devinez lequel !

Esther Mamarbachi devant un public d^"infrarouge" avec ou sans cravate !

Esther Mamarbachi devant un public d"infrarouge avec ou sans cravate !

L’ Hebdo nous apprend que les quatre candidats socialistes sont repartis «atterrés». Vraiment ? Était-ce une promesse télévisuelle pour de futures campagnes d’élection du CF par le peuple ? Au 19:30, mercredi et jeudi 1 et 2 décembre, avec Maillard puis Berset, durant environ douze minutes : on y aura parlé très clairement de politique !

N’importe qui parle de n’importe quoi dans La puce à l’oreille

La puce à l’oreille invite trois personnes à parler de trois/quatre sujets ayant trait à chacun des invités du monde culturel extérieur dans un établissement public de Suisse romande, ce qui n’apporte strictement rien au direct différé sauf quelques coups de balai par caméra. Chacun est censé connaître au moins un peu la cause de la présence des autres. Mais ils n’en sont pas forcément des spécialistes. Leur mission est donc de faire croire que tout le monde peut parler avec intelligence, lucidité ou sensibilité de tout et n’importe quoi. Le principe n’est pas forcément bon. Et une invitation lancée au dernier moment ne suffit pas.

Iris Jiménez se promène à la Chaux-de-Fonds avant un enregisrtrement   de "La puce à l'oreille" : pour s'imprégner de l'accent neuchâtelois ?

Iris Jiménez se promène à la Chaux-de-Fonds avant un enregisrtrement de "La puce à l'oreille" : pour s'imprégner de l'accent neuchâtelois ?

Quand un jeune cinéaste a pris la peine de voir le film que Baier consacre à Goretta, Bon vent Claude Goretta, on l’invite à parler des accents de terroir. Baier n’a pas eu le temps de voir le film de son jeune collègue. Le troisième larron n’aime pas ce film. Une fois de plus, le principe ne fonctionne pas. Parfois, cela se passe assez bien, entre Geluck le caricaturiste et Jean-Charles Simon, qui débordent l’animatrice. La TSR a confié un important mandat culturel à une société externe. Il faudrait faire sinon mieux, au moins aussi bien que la TSR. Dommage que ce ne soit pas du premier choix.

Trois dames objets par hasard de mon ressentiment

Je n'ai pas trouvé sur le site du service de presse de la RTS l'image   d'Alix Nicole. Une présentatrice, c'est important. La responsable des   achats des séries de fiction qui agit aussi dans la programmation   occupe une fonction tout aussi importance qu'une présentatrice. Mais a- t-elle droit à la diffusion de son image ?

Je n'ai pas trouvé sur le site du service de presse de la RTS l'image d'Alix Nicole. Une présentatrice, c'est important. La responsable des achats des séries de fiction qui agit aussi dans la programmation occupe une fonction tout aussi importance qu'une présentatrice. Mais a- t-elle droit à la diffusion de son image ?

Alix Nicole décide de ne pas montrer un feuilleton (Dexter) et défend la présentation tardive d’un autre (Broadwalk empire). Esther Mamarbachi fait parler cravate quand ses invités évitent soigneusement de s’écharper. Iris Jménez ne voit pas toujours passer le puck. Leur fait-on confiance à la TSR ou y couvre-t-on leurs errements. Au fond, ces dames, objet par hasard de mon ressentiment de l’instant, ont raison d’en profiter.Ce sont là trois exemples de confiance faite à des collaboratrices malheureusement pas méritées ! Au conseil du public de jouer puisqu’à l’interne rien ne semble se passer. À moins que la hiérarchie ne soit contente et se contente du résultat. À propos, que dit l’audimat ?

Le coût à la minute

« Le redevance, à quoi çà sert ? » se demandait-on il y a quelques semaines tant à Genève qu’à Neuchâtel où des téléspectateurs en petit nombre écoutaient le directeur de la RTS, Gilles Marchand, apporter quelques réponses à cette question. Fort intéressante rencontre ! En cours de route apparut dans la discussion la notion de coût à la minute. Combien faut-il dépenser pour une minute de temps d’antenne qu’il s’agisse d’une production-maison ou d’un achat. Renoncer aux séries américaines, un slogan à la mode chez les adversaires de la SSR, ne conduirait qu’à de très modestes économies tout en supprimant d’imposants temps d’antenne. Voilà au moins un efficace moyen d’affaiblir le service public !

Couleurs d’été : coût inconnu ?

Assisté en juillet à l’enregistrement d’un « Couleurs d’été » sur les hauteurs du Locle, dans une clairière : une demi-douzaine de véhicules TSR, trois caméras, une bonne dizaine de collaborateurs pour offrir une vingtaine minutes en direct. Question posée à une adjointe du chef de l’actualité : ce déploiement imposant, « Combien çà coûte à la minute ? » . Récolté alors un « je ne sais pas », suivi d’un « je vais me renseigner ». Réponse attendue !

Isabelle Caillat dans “All that remains” de Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli. Pour cc rôle, l’actrice a obtenu le quartz du cinéma suisse 2011 de la meilleure interprétation féminine.

Précautions à prendre pour comparer

Le coût à la minute est un moyen de comparaison, mais il faut prendre des précautions. Comparer ce coût pour la confection du « 19h30 » avec celui de « Top models » n’a aucun sens. Le mettre en face de la minute d’une série maison comme « T’es pas la seule » devient intéressant, puisqu’il s’agit d’actualité d’une part, de fiction populaire de l’autre. Les comparaisons les plus « parlantes » sont à faire à l’intérieur d’un genre, en fiction par exemple, nature indiquée. En clair, mieux vaut comparer… ce qui est comparable ou dire en quoi la comparaison est possible.

L’exemple de « T’es pas la seule »

Isabelle Caillat dans “T’es pas la seule”, une série de la TSR ( 2011)

« T’es pas la seule » est une série produite par une entreprise privée, avec un mandat donné par la TSR pour vingt fois vingt-six minutes, tournage étalé sur deux étés, pour des raisons de disponibilités budgétaires. Le budget total s’élevait à six millions de nos francs, pour cinq cent et vingt minutes. Première indication : une minute revient donc à 11′500 francs environ.

Pour cette co-production, la TSR appuyée par la SSR aura engagé 4,2 millions. Deuxième indication : la minute coûte à la TSR seule huit mille francs. C’est dans les normes suisses, en général inférieures aux normes françaises ou américaines que nous connaissons pour ce genre de séries ambitieuses.

Une co-production : « Al that remains »

“All that remains”, la fin du voyage au Japon à Umikongo

Sort actuellement en Suisse romande, avec une demi-douzaine de copies, un film issu de la relève co-signé par Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli, qui ont tous deux moins de trente ans. Ce film est suisse par la nationalité de ses principaux collaborateurs techniques et artistiques et par son financement. Ses acteurs sont américaine, américain, japonais et suissesse. Isabelle Caillat a obtenu un quartz du cinéma suisse 2011 pour la meilleure interprétation féminine. Elle est aussi l’interprète principale de « T’es pas la seule ».

All that remains, la fin du voyage aux USA à Big Sur

« All that remains » a été tourné en anglais, au Japon et aux Etats-Unis. Pour ces nonante minutes, la TSR a mis à disposition de la production 140 mille francs, si bien que le coût est voisin de 1.500 francs par minute. L’investissement de la TSR est naturellement plus modeste pour une co-production de débutants que pour une série destinée au premier rideau. Plus le nombre de rediffusions sera grand, plus bas sera ce coût minute.
Il est important de signaler que« All that remains » n’existerait pas sous sa forme actuelle si la télévision n’y avait pas apporté son soutien.

Pistes à suivre

Combien coûte à la TSR un court-métrage soutenu par elle ? Acheter une série américaine, anglaise, danoise ou française destinée au deuxième rideau, soit pas avant 23 heures, combien coûte-elle ? Pas grand chose !

Une autre piste à ouvrir permettrait de mieux comprendre ce que la démarche créatrice implique : quelle durée utile tourne-t-on par jour ? Ou encore, durant les finitions, au montage, combien de minutes utiles sont-elles achevées par jour de travail. Tourner ou monter deux petites minutes par jour devrait donner des résultats bien meilleurs que si quatre minutes ou plus sont imposées par les conditions financières. C’est là une différence qui subsiste au moins en fiction entre la télévision des séries populaires et le cinéma spectaculaire.

Emissions au congélateur

Les images qui illustrent ce texte sont toutes tirées du site www.tf1.fr -cbs). Elles illustrent la série « Dexter ». Ce choix est expliqué à la fin de ce long texte où l’on peut d’ailleurs lire séparément chaque partie introduite par un intertitre.

Une partie du casting de *Dexter” prend la pose

La SSR-SRG se comporte comme une société anonyme. Ses actionnaires sont les payeurs de redevance alors que sponsors et annonceurs sont ses clients. Peut-être que certains proches de l’équivalent d’un conseil d’administration d’une unité d’entreprise souhaitent que ces actionnaires forment un club de gentils membres. Mais la SSR est aussi un service public au service du public qui doit à ses actionnaires une transparence plus grande qu’une SA commerciale ou industrielle. Il arrive qu’une unité d’entreprise décide de ne pas montrer une émission. L’information sur les raisons d’une telle mise au congélateur devrait être demandée par le « conseil du public » de l’organisation institutionnelle et portée à la connaissance de l’actionnariat. Une liste de « surprises » récentes ou même ancienne vaut d’être amorcée.

La bande des quatre

“Dexter” - Saison 2 - épisode 1 - L’ombre d’un doute

A en croire « L’Hebdo » ( 15 septembre 2011 – page 30), un « Temps présent » intitulé « Des parlementaires sous influence », qui aurait du être diffusé le même jour, a été retiré de l’antenne. Le titre est clair : « Pourquoi la TSR a congelé un Temps présent ». L’idée du congélateur est plus intéressante que celle du placard. Le sujet abordait le comportement de parlementaires sous l’influence du lobby des caisses qui assurent contre la maladie mais refusent la caisse unique, repoussée par le peuple à près de 70 % en mars 2007.

Une règle interne veut que du 5 septembre au 23 octobre, 2011 on évite de faire apparaître à l’antenne des candidats à la fonction politique qui fait l’objet d’une campagne électorale. Les responsables de « Temps présent » auraient-ils oublié l’existence de cette règle interne ? L’émission n’est peut être mise au congélateur que provisoirement. On pourra se faire prochainement une idée de son contenu. De plus, l’idée de la caisse unique fait son chemin. On peut supposer que cette mesure de renvoi d’une émission ne les fera pas apparaître comme vaincus par les lobbystes.

Bien entendu, la radio et la télévision fixent les règles qui conduisent à inviter des candidats. L’une d’elle privilégie les quatre partis gouvernementaux, soit l’UDC, le PRL, le PDC et le PS représentés au conseil fédéral. On oublie que Mme Widmer-Schlumpff a été rejetée par son propre parti, l’UDC. Elle ne représente qu’un parti peu important en pourcentage. Dans le « Mégaphone » du mercredi 21 septembre 2011, on fait bon accueil à Yvan Perrin, Christian Lüscher, Dominique de Buman et Alda Marra, représentants de la bande des quatre…partis gouvernementaux.

On aura l’occasion de revenir sur une règle tacite qui ignore le 20 pourcent environ de la représentation politique. Cette même règle conduit à différer une émission (sur la caisse unique) et à faire la promotion d’une autre (mégaphone).

Pas de sursis ?

“Dexter” - saison 2 -épisode 2 - Faire son deuil

La justice prononce parfois une peine assortie d’un sursis. La mise au congélateur d’une émission peut être comparée à une condamnation par le justice.

Une chaîne canadienne vient de sortir un document sur l’accident de Swissair à Halifax en 1998 qui fit plus de deux cents victimes. L’expertise conduite pendant quelques années mit en cause un incendie. Les enquêteurs canadiens semble défendre la thèse d’un attentat. C’est du moins ce que les extraits présentés au « 19 :30 » du samedi 17 septembre 2011 suggèrent. Il semble que la télévision suisse alémanique ait été proche des auteurs de ce document. Mais « Zürich » vient de renoncer à le diffuser, pour ne pas « propager des spéculations ». Pas de version allemande semble avoir pour conséquence« pas de version française ».

Dans le congélateur de chaque chaîne, on doit trouver bon nombre d’émissions qui y furent discrètement déposées, y compris pour cause de médiocrité. Il vaut la peine de jeter un œil dans celui de la TSR. Il y a plus de deux ans, « Temps présent » préparait un document qui avait pour thème plus ou moins central la consommation festive de drogues en établissements nocturnes. Un technicien de l’équipe avait alors pris la décision de passer à l’acte. La presse populaire allait en parler quand la direction de la TSR prit la décision de mettre l’émission au congelateur. Par la faute d’un seul, l’équipe qui travaillait sur le document a été traitée en complice, la peine étant le refus de porter son travail à la connaissance du public. On peut se demander si cette « peine » était assortie d’un sursis !

Le cas « Dexter »

Les policiers tentent d’arrêter le tueur au camion frigorifique (légende TF1)

On peut voir actuellement cette série américaine de six saisons le mercredi soir juste avant minuit, les numéros de sa deuxième saison présentés deux par deux. Comme toujours, nous connaissons mieux les programmes des chaînes françaises que ceux de la SSR en allemand ou en italien. Mais on sait que « Zürich » montre « Dexter » à son public. Pour des raisons d’éthique, la TSR ne montre pas « Dexter ».

Il vaut le peine di citer quelques lignes parues dans le meilleur hebdomadaire d’informations et de réflexions culturelles de France, « Télérama » aux lointaines origines catholiques. :

La deuxième saison des tribulations sanglantes du tueur en série de Miami estt, disons-le tout de suite, magistrale. Installant suspense et humour noir, le rythme reste en effet parfaitement maîtrisé, tandis que la psychologie des personnages portée par l’interprétation très convaincante des comédiens (Michael C.Hall en tête), s’avère de plus en plus passionnante.

En 2007 déjà, lors du festival « Tous écrans » à Genève, nous entendîmes Alix Nicole, responsable de la programmation des séries, affirmer que la TSR ne montrerait pas « Dexter ». Il semble aujourd’hui que la décision avait été prise par le responsable des programmes, Yves Menestrier, choqué par la gratuité du tueur de tueurs en série qui restait impuni tout en pratiquant son métier de policier spécialiste des traces sanguines. Depuis lors, le directeur actuel, Gilles Marchand, semble avoir « couvert » ses collaborateurs, selon « Télétop Matin » du 11.09.2011. On y cite des arguments comme la série ne correspondrait pas « aux valeurs qu’une chaîne publique doit défendre ». Il paraît aussi que la TSR « ne veut pas choquer gratuitement ». Ce genre de remarques vaut pour bien d’autres émissions, ne serait-ce que « 24 heures chrono » avec son efficace justicier solitaire sauveur des USA.

Bref, il y a très longtemps, un film censuré ou interdit en-dessous de 18 ans dans un seul canton romand, le Valais surtout, ne passait pas à l’antenne. Aujourd’hui, deux ou trois personnes décident souverainement de protéger les téléspectateurs romands d’une des meilleures séries américaines actuelles. Ils condamnent « Dexter » à la congélation. Quand prendra fin cette peine dont on ignore si elle a été assortie d’un sursis ?

Le silence du conseil du public

Une femme visiblement aisée est retrouvée morte. Dexter fait bientôt le lien entre la victime et deux autres meurtres : un point commun, le même thérapeute (Légende TF1)

L’organisation institutionnelle, la RTSR, représentation du public, a mis en place un « conseil du public » qui doit s’intéresser tant à la radio qu’à la télévision. Ses travaux se sont déroulés pendant des années en circuit fermé, entre professionnels et « experts » aux relations pas toujours harmonieuses quand l’esprit critique même motivé prenait le dessus. Une parrtie sélectionnée de ses procès-verbaux apparaissait dans l’organe d’information de la RTSR, le « Médiatic » puis sur les différentes versions du site rtsr.ch. Depuis quelques années, le conseil du public rédige des communiqués sur ses principaux centres d’intérêt. On y trouve en particulier les résultats de travaux de groupes de travail qui disposent parfois de documents « top secret ». Le problème de la non-diffusion de « Dexter » aurait fait l’objet de quelques remarques lors d’une récente séance. Certains membres du conseil du public se seraient félicités de cette interdiction faite à une œuvre assurément violente, mais pas plus que beaucoup d’autres.

Le refus de diffuser « Dexter » est une hypocrisie. Ce n’est pas de la sournoiserie comme j’ai fait l’erreur de l’écrire. Mais il serait souhaitable que le conseil du public de la RTSR publie des communiqués qui signaleraient aussi des échanges d’idées contradictoires, avec point de vue majoritaire ou minoritaire. Le silence public du conseil du même nom est regrettable.

En attendant, on peut donc voir « Dexter », entrecoupé de pub au milieu de chaque épisode, sur TF1, qui ménage sa ménagère de moins de cinquante ans en programmant la série à une heure où elle est au dodo. Et il faut rappeler aux responsables des programmes de la TSR que le logo rouge, çà existe. Et que son sens est parfaitement clair !

Téléréalité et spectacle

Intéressant, le témoignage d’une jeune femme de la Chaux-de-Fonds qui a participé aux préparatifs de la sixième saison de « L’amour est dans le pré » ( M6 –  L’Express et l’Impartial  du 25 août 2011). Elles furent plus de deux cents pour espérer parler avec un certain Fabien, séduisant apparemment comme un « cow-boy ». Elles n’étaient plus que dix invitées à Paris pour rencontrer, chacune pendant dix minutes à peine, ce Roméo. Juliette au prénom fictif ne fut pas des deux dernières. Un peu de dépit quand elle dit avoir vu un être « mal dégrossi, pas de conversation, avec un accent à couper au couteau..Il avait l’air de se demander ce qu’il faisait là. Moi aussi ». On signalera en passant que Juliette dut tout de même signer un contrat abandonnant son droit à l’image, pour  poireauter après rejet de sa candidature plusieurs heures seule en une gare après avoir été mal reçue dans un hôtel décentré servant des repas médiocres.

Les trois images associées à “L’amour est dans le pré” ont été choisies sur le site “www.m6.fr” ( Crédit dr) Voici la légende associée à cette première image : Nina aime les sensations fortes.

Crépages de chignon et caca nerveux

Juliette suivait depuis plusieurs années « L’amour est dans le pré » et n’a pris la décision de s’inscrire que lors de la sixième édition. Elle estime que l’émission a bien changé, maintenant tombée « dans les affres de la téléréalité Les premières éditions étaient plus axées sur la rencontre de ruraux et de citadins décidés de changer de vie. Aujourd’hui, c’est ciblé “sur les crépages de chignons, les cacas nerveux des filles, etc. C’est devenu cul-cul » Le dépit ne masque pas une réelle lucidité. Mais la remarque qui précède a le mérite de signaler une évolution peut-être remarquée par les fidèles de ce type d’émission, dont je ne suis pas.

Il eut été regrettable de rater le légende proposée par M6 : Fabien le “cowboy” propose une balade en calèche à ses prétendantes Mais ce n’est pas à Juliette !

Le montage dit ce que l’on veut…

Juliette n’aura eu que quelques secondes de gloire, à peine dix secondes à l’écran : « Au montage, ils montrent ce qu’ils veulent ». Rien de bien original dans cette remarque, mais tout le monde n’a pas forcément compris que le montage était un moment important dans la création audiovisuelle. Il est bon que le public sache comment cette télévision que l’on fait passer pour un reflet juste de la réalité est mise en scène, maîtrisée, pour obtenir un succès à l’audimat, le spectacle prenant des distances parfois sidérales avec la réalité.

Toujours sans Juliette, une admiratrice de Fabien ! Mais la légende officielle est jolie : Virginie souhaite poursuivre l’aventure chez la maman de Fabien (Cliché M6)

Les parts de marché

« L’amour est dans le pré », « Mon village a du talent » : même combat. Il s’agit donc de mettre en scène un spectacle que le spectateur devant sa télé recevra comme réel. Meilleures sont les parts de marché, mieux l’émission justifie son existence. Les prix facturés pour la publicité sont parfois liés à l’importance de l’auditoire. Heureusement, il existe encore certaines différences entre les chaînes purement commerciales et une généraliste de service public comme la TSR On imagine assez peu Béatrice Barton malmenant hors antenne ses invités de « Mon village a du talent ».

Dans chaque village, il y avait au moins un talent : la photo-famille des sept “vedettes” (RTS/François Grobet)

Comme l’actu rapide d’un TJ

La mise en scène après montage peut donner des résultats satisfaisants. « L’amour est dans le pré » est dans l’ensemble un assez bon spectacle. Mais cette remarque repose sur de rares visions. La réalisation de « Mon village a du talent » est souffreteuse : on y aborde tellement de sujets en une heure que certains sont survolés en deux ou trois plans. Et pour faire comprendre que le temps passe, on recourt à des accélérés qui ne sont que rarement esthétiques (nuages, déplacements pour organiser le repas). L’émission fut plutôt décevante, alors que « Le dîner à la ferme » etait pétri de qualités. Mais la réussite formelle n’entre guère dans les critères qui conduisent à un succès public. Là où il faudrait viser les exigences d’une bon « Doc », on en reste à l’actu rapide d’un « TJ »

Et le vainqueur, désigné par ses pairs à coup de cinq et de six sur six fut : Gil Thomas (Bevaix)

L’esprit critique d’un regard lucide

Il y a des talents dans de nombreux villages, qui s’expriment sans la présence de la télévision. Beaucoup auront pris plaisir à en voir des reflets sur le petit écran.
Ce type d’émission qui portent le titre de « télé-réalité » rencontre souvent un succès qui se comprend même s’il n’est guère du à des qualités formelles esthétiques. L’esprit critique exercé par un regard aigu lucide et sans complaisance n’entre que rarement en jeu dans cette forme de télévision de divertissement où la mise en scène fait habilement croire à la réalité.

Sondage, un mot galvaudé

La «vox populi » affirme parfois péremptoirement qu’on fait dire n’importe quoi aux chiffres. En vérité, cette affirmation met en cause non les chiffres, mais le vocabulaire. Un soi-disant sondage reflète souvent, en effet, n’importe quoi, parfois même des réponses données par dix personnes.

Un « sondage d’opinion » devrait au moins indiquer la grandeur et la nature de l’échantillon, la marge d’erreur qui est associée à l’ensemble initial ou aux sous-ensembles, le moment de la prise d’information alors que des changements peuvent se produire avec le temps qui passe. La rigueur scientifique est aussi une opération coûteuse.

Un exemple honorable

Chaque jour, la RTS publie sur ses sites une « revue de presse » en général fort intéressante. Trouvé ce lundi 22 août 2011 un texte relatif à un sondage effectué dans le canton de Vaud alors que se prépare une importante votation sur des problèmes scolaires :

A deux semaines du scrutin dans le canton de Vaud, l’initiative “Ecole 2010″ devance le contre-projet, selon le sondage publié dans 24heures. 56% pour l’initiative contre 30% pour le contre- projet. Ces résultats montrent une nette avance pour les partisans d’une école qui maintient les trois voies du secondaire et qui prône le retour des méthodes classiques. La conseillère d’Etat socialiste Anne-Catherine Lyon, principale figure du contre-projet, se déclare encore optimiste. Reste que, sur les 1050 sondés, 70% d’entre eux se disent assez mal, mal ou pas du tout informés. Les auteurs du sondages remarquent que la campagne sur l’école a démarré il y a quelques jours à peine et que le sondage a été réalisé entre le 10 et le 17 août. Ce n’est certes qu’un instantané, note l’éditorialiste de 24heure! s, mais la photo est cruelle pour le Conseil d’Etat et le parlement vaudois. Les partisans du contre-projet n’ont que quelques jours pour inverser la tendance.

Anne-Catherine Lyon, Conseillère d’Etat vaudoise

Ce résumé d’un texte paru dans le quotidien « 24 heures » fournit des informations propres à garantir le sérieux du sondage. Même l’absence de marge d’erreur n’est ici pas très importante. Celle-ci tourne autour du cinq pourcent en général. L’avance avec un 56 % contre un 30 % ne risque pas d’entrer dans la marge d’erreur. Le sondage donne bien une tendance au moment de sa réalisation il y a quelques jours.

Les surprises d’un « sondé »

Il faut une bonne surface financière pour s’offrir un sondage scientifique. La SSR vient d’obtenir d’un institut bernois la « photographie » début août des intentions de vote en vue des élections fédérales. J’ai répondu par téléphone à ce sondage pendant près d’un quart d’heure, parfois avec difficultés. Une assez remarquable batterie de questions intéressantes et bien formulées couvrait un large éventail.

Surprise : on ne demande une note, appréciation numérique assez abrupte, que pour les présidents de quatre courants d’opinion, l’UDC, le PLR, le PDC et le PS. L’important courant écologique est oublié. Autre surprise . à la question de la couleur du futur bulletin de vote, je répondis utiliser comme toujours une liste manuscrite. Il n’y avait pas de case pour cette réponse. Peut-être suis-je alors devenu un « ne sait pas ». Les « listes blanches » sont-elles considérées comme négligeables ? Même rigoureux, un « sondage » peut faire partiellement problème.

Quand le « sondage » n’est qu’un piètre jeu

Imaginons que dix personnes, en réponse à trois questions avec obligation de n’en choisir qu’une seule, ait donné le résultat suivant : 5 pour la question A, 3 pour la B et 2 pour la C. Le résultat pourrait être transmis sous la forme suivante

A obtient 50 %, B 30% et C 20%

Dix jours plus tard, un explorateur courageux ajoute son grain de sel à celui des dix précédents en optant pour une réponse B. Le sondage est immédiatement modifié et la publication prend la forme suivante :

A obtient alors 45 %, B 36% et C 18 %

Exemple forcément utopique, d’un « sondage » qui n’a strictement rien à voir avec un sondage et qu’il serait intellectuellement plus honnête de qualifier d’un
« réponses à un questionnaire ».

L’emploi du mot « Sondage » devrait toujours garantir une démarche rigoureuse !!

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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