« The spiral » : série européenne expérimentale d’esprit scandinave
« The Spiral » est une série télévisée qui part d’une idée irréalisable ou presque : le vol simultané dans six pays de six portraits, belle occasion de faire admirer des toiles de peintres plus ou moins connus, qui illustrent notre texte. Un jeu interactif souligne l’intérêt de cette série construite sur des événements de pure imagination. Mais l’occasion est belle pour les auteurs de s’interroger sur les liens entre l’art et l’argent du mécénat allégeant la fiscalité.Une écriture brillante rend plausible des hypothèses irréalistes. Le survol de cette série européenne d’esprit scandinave se termine par une approche du financement de cette entreprise qui évite brillamment d’être un « pudding » européen.
Une expérience créative
Les chaînes généralistes s’adonnent volontiers à un formatage qui fait que bon nombre d’émissions, d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, se ressemblent formellement, n’apportant ainsi de différences que par le contenu. Ainsi se doit-on d’être attentif à toute forme nouvelle. Voici une série d’ARTE, cinq lundis de suite du 3 septembre à 1er octobre, un peu tardive ( vers 23h00), « The spiral », séduisante. La série est diffusée simultanément dans six pays alors qu’ARTE la propose en France et en Allemagne. Toute expérience, surtout si elle est réussie, peut contribuer à faire progresser l’audiovisuel, même si cela d’abord ne touche qu’un petit nombre. Un acte de créativité finit souvent par en entraîner d’autres.
Purement imaginaire !
Six tableaux de grands peintres ont été volés au même moment dans des musées de six pays, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède et Finlande. Il n’est par facile de voler une toile de valeur dans un musée en général assez bien surveillé. Alors, imaginer un vol réussi d’un portait à la même heure dans six pays par les membres d’une équipe dirigée par une sorte de Robin des Bois tient de l’imagination délicieusement délirante.
Victor Detta, alias Arturo, qui provoque le milieu artistique depuis des années, avec un groupe de jeunes artistes, arrose un vernissage mondain de faux billets parfaitement imités. Ils tombent par milliers comme neige drue sur les invités à un vernissage mondain alors qu’un mécène offre à ce musée une girafe dorée géante. Autre exemple de l’imagination en liberté.
Un divertissement interactif
Victor Detta alias Arturo, l’organisateur du vol coordonné non pour s’enrichir par un chantage à la restitution des toiles, veut ainsi dénoncer les dérives commerciales d’un certain monde artistique. Une grande manifestation doit avoir lieu à Bruxelles le 28 septembre 2012 lors de la restitution des six.
Et c’est ainsi que l’on glisse dans une forme inattendue de réalité. Au cours du premier épisode, Arturo décrit à son équipe son projet et lui annonce qu’un jeu va se dérouler en parallèle sur un site qui existe : www.thespiral.eu. Les producteurs d’une opération médiatique qui n’est donc plus seulement une série télévisée estiment que sur cent spectateurs une dizaine peut-être visiteront le site et qu’un seul parmi eux se mettra à jouer. On trouve sur le site les reportages et conseils d’un documentariste belge, Jean-Baptiste Dumont qui joue dans la série un rôle de … documentariste.
Je ne serai pas cette exception, n’ayant jamais joué à un quelconque jeu sur le web, mais j’ai tout de même passé un peu de temps, amusé et curieux, sur le site.
Plus qu’un simple divertissement
Un jeu interactif dépasse le divertissement pour aborder une réflexion sur les relations entre l’art et l’argent, à travers le rôle de certains mécènes par exemple. Au moment même un mécène offre à un musée danois une sculpture fort couteuse, la girafe dorée sous riche lustre, il vient de congédier sept mille membres du personnel d’une de ses entreprises. Et Arturo de s’interroger sur le mécénat qui donne aussi des avantages fiscaux exorbitants.
Le spectateur sait que Victor Netta et Arturo ne font qu’un, comme les six membres de l’équipe du Waterhouse et de proches amis. Les policiers du groupe EUROPOL et la majorité des invités du vernissage ignorent l’identité réelle d’Arturo, ce qui conduit à une forme assez inhabituelle de suspens. Il ne s’agit pas de découvrir le « coupable », mais bien d’appréhender la manière dont il se comporte. On ne joue pas sur le « qui » mais sur le « comment » et le « pourquoi». C’est ainsi que chacun des vols, dans le premier épisode, peut se réduire à quelques plans.
Une brillante réussite d’écriture
« The spiral » s’inscrit donc assez clairement dans la brillante ligne des séries qui viennent de Scandinavie, de Suède comme « Millénium » ou du Danemark, comme « Killing » ou même « Borgen ».. A partir d’histoires absolument pas vraisemblables, l’écriture se fait habile qui va, par de multiples astuces, rendre cette histoire plausible. Un vol simultané ouvre dont une réflexion sur l’art, l’argent, le mécénat et sa culture, dont on va probablement trouver d’autres indices dans les épisodes deux à cinq.
Un exemple permet aussi d’observer le mécanisme de cette écriture conduisant vers la plausibilité. Comment diable une équipe peut-elle arriver à fabriquer des milliers de faux billets déversés sur les têtes des invités nombreux d’un vernissage ? Rose Dubois, le cheffe de la brigade d’Europol en matière d’art, comprend qu’il faut pour une telle réussite technique disposer d’une machine de haute performance. Or les imprimantes à billets, dans certains des pays où l’Euro a remplacé la monnaie nationale, ont été vouées à la démolition. En principe : on retrouvera la trace d’une machine qui a échappé à cette démolition et permis l’impression de ces faux billets : très belle idée !
Il se pourrait que cette notion de plausibilité introduite au milieu de la plus totale imagination soit l’une des clefs qui permettent de comprendre la force persuasive des séries scandinaves actuelles, lesquelles doivent du reste beaucoup aux talents d’écriture issues des équipes à la base des meilleurs séries américaines quand elles reposent sur l’invraisemblable, celui de « 24 heures chrono » , « Prison Break » ou encore « Lost » et peut-être bien du prochain « Homeland » qui démarre sur la RTS le 23 septembre 2012, à – devinez ? – forcément 22h40 pour se terminer après deux numéros vers 00h30.

Portrait du sculpteur Bartel Thorvasen par Christoffer Wilhelm Eckersberg – Musée Thorwaldsen de Copenhague
L’aspect financier
Le budget global de toute l’opération se monte, selon une seule source trouvée pour le moment, à six millions d’euros, ce qui donne environ sept millions et demi des francs suisses. L’un des clefs efficaces autant qu’indispensables pour comprend un peu le financement de la création audiovisuelle en télévision comme en cinéma est mesurer le coût par minute de produit fini. Les cinq épisodes de la série occuper environ de deux cent vingt minutes d’antenne. On en arrive à un peu plus de trente mille francs par minute. En Suisse, « L ‘Heure du secret » à coûté, avec ses quatre millions pour environ trois cents minutes, un peu plus de treize mille francs la minute. Le coût d’une série américaine comme « Mad men » ou « Board Empire » est probablement plus élevé.
Mais dans le cas de « The spiral », trois pays sont annoncés comme co-producteurs de la série, la Belgique, le Danemark et la Suède. Ils sont donc trois à se partager un coût de production duquel il faut déduire les droits de passage à l’antenne aux Pays-Bas, en Norvège, en Finlande, en France et en Allemagne. Sur ARTE. La Suisse, par exemple à travers le RTS, n’est pas associée à cette opération. Pour le moment, la série n’a pas (pas encore ?) fait l’objet ‘dune négociation en vue d’achat. C’est peut-être regrettable….
Il se pourrait qu’une opération comme « The spiral » soit aussi une bonne opération commerciale pour les partenaires européens. Reste à savoir si les prochains épisodes vont tenir les promesses de forme et de fond du premier.
Stephen William Hawking aux « Paralympics »
Né en 1942, théoricien mondialement connu de la physique, spécialiste entre autres des trous noirs, auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique comme « Une brève histoire du temps », Stephen William Hawking est handicapé par une forme de sclérose depuis l’âge de 21 ans. On l’a aperçu furtivement au hasard de certains extraits de la cérémonie d’ouverte des jeux dits « Paralympiques » le mercredi 29 août. Sa réputation scientifique servait de garant de l’esprit d’un spectacle probablement de bonne qualité dans sa totalité, allant du Shakespeare de « La tempête » au bouillonnement de particules élémentaires représentées par des parapluies blancs en mouvement, hommage ainsi rendu au Livre, symboliquement vecteur de la Connaissance. Le succès public des « paralympiques » semble assuré, mais pas sur le petit écran!
,,,,mais pas à la RTS !
L’occasion était belle, même à travers un spectacle, de saluer en passant une des richesses de toute culture contemporaine : le Livre, un grand absent sur les chaînes généralistes, pas seulement à la RTS.
Car voici que notre RTS qui a répété pendant quinze jours que l’on pouvait voir tout le temps trois programmes sur internet en complément aux quinze heures quotidiennes en direct estime qui trop , c’est trop : pas de direct sur les Paralympiques, même pas de différé annoncé dans les avant-programmes ! Ces jeux, moins encombrés par les problèmes de fric et d’Or que les JO, ne retiennent pas son attention. On rencontrera sur France 2 une émission quotidienne en différé aux environs de 17h00. Les « Paralympiques » auraient mérité mieux que des bribes en différé ici ou là ; mais où ? Il est vrai que les handicapés sportifs n’ont parfois à proposer qu’une victoire contre leur handicap. Très regrettable abstention du service public généraliste en Suisse ! Etrange et inadmissible manque de curiosité !
Pourtant voici une explication tout de même plausible !
Cette abstention est la résultante d’un choix . il fallait intervenir contre la saturation sportive. Bonne prise de conscience à la tête de la RTS. Mais un peu tardive Et nous n’aurons pas été sevrés de sports ces derniers jours, entre le football du championnat suisse un brin triste, le tennis aux USA et le golf à Crans-Montana. Il n’en reste pas moins que la « victime » de ce réveil est une activité sportive où l’argent n’est pas le nerf de la guerre, mais seulement l’effort, même si la polémique amorcée par Pistorius est un brin troublante.
Il semble en effet que les téléspectateurs suisses sont particulièrement fidèles aux émissions sportives proposées par les chaînes suisses, alors qu’ils se sentent beaucoup plus libres de s’en aller quérir d’autres propositions chez les voisins, par exemple dans le divertissement offert par l’audiovisuel, le cinéma des films d’auteur comme la télévision des séries les plus pointues. Cette fidélité sportive, si elle est confirmée et peut-être même observée depuis longtemps, devrait intéresser un sociologue pour répondre à la question : pourquoi les Suisses préfèrent-ils regarder sur des chaînes suisses bon nombre de manifestations sportives alors qu’ils s’en vont tranquillement recueillir d’autres formes de télévision chez nos voisins ?
A propos de série, « The spiral… »
Durant cinq semaines, tous les lundis du 3 septembre 2012 au 1 octobre, ARTE diffuse tardivement, aux alentours de 23h00, une série expérimentale et interactive « The spiral », reprise dans huit pays, Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Allemagne et France. La Suisse ne fait pas partie de cette petite « Europe » télévisée : dommage. Dans six pays, à la même heure, six toiles de maîtres sont volées dans six musées. Par qui, pourquoi, comment?
Pour le premier plaisir de l’oeil, voici deux des six toiles volées :
Sous le signe de la routine !
Retour à la normale : c’est la fin des programmes d’été, même si le DS ( Dieu Sport) résiste avec le tennis à New-York et la reprise du football national mais plus encore européen, désormais sans présentatrices ! Encore un détour sportif avant de pouvoir en revenir, entre autres, à la fiction créative des séries. Et pour rejoindre la routine des séries, quelques images d’entre-elles, plus facilement accessibles que celles de l’actualité sportive !

La belle et jeune équipe de « True Blood » en première saison. Parmi eux, on trouve une fée, un loup-garou, un très vieux vampire et quelques humains. Pour en savoir davantage, rendez-vous le jeudi soir, en saison 4, sur RTS 2, le 30 août 2012 de 22h25 à 00h15, le 6 septembre de 23h00 à 00h50, le 13 de 22h55 à 00h45. Ce sont là des heures « normales » pour de telles rencontres….
Lausanne, « Athlétissima »
Jeudi soir (23.08.2012), en RTS 2, encore du sport : routine! Mais la soirée lausannoise d’athlétisme, avec ses épreuves qui se succèdent rapidement, offre un bien meilleur rythme que celles des JO : mieux que la routine ! Beaucoup des médaillés, mais pas de suisses : routine toujours. Pourtant un quatuor de dames qui se transmettent le témoin fait exception : frôler un record suisse sort de la routine !
Un record du monde aurait pu être battu, celui du cent dix mètres haies : éliminé pour un faux départ, le futur détenteur ! U.Bolt, au nom prédestiné pour le sponsor – U.Blot – remplit son contrat d’un soir à trois cents mille. Mais Blake se permet de battre le record du stade sur cent mètres détenu par Usain Bolt ! Indirectement, Jean-Pierre Egger gagne une médaille en boulet bientôt d’or.
Trop de sports ! Quitte à se répéter, il faut se demander si la quantité de sport proposée par la télévision généraliste de service public suisse, détentrice d’un record au moins francophone, respecte vraiment l’esprit de la concession. Il serait intéressant d’avoir l’avis d’un juriste. Confirmer l’existence du plaisir personnel offert par plusieurs sports réellement divertissants, c’est une autre forme de routine.

Et voici le quatuor des femmes au foyer désespérées. La huitième saison vient de débuter sur la RTS 1, bien entendu, à une heure excellente, 21h15, bien entendu ! Et ce sont trois épisodes le 29 août, puis deux le 5 septembre,et encore deux le 12 ,etc ! Une série est faite pour être dégustée en un épisode par jour ou par semaine. Partout on force la dose ! Diable, pourquoi ? Les magazines télé de France et de Romandie ont ouvert les nécrologies en ce début d’agonie de la dernière saison !
Où sont les paralympiques ?
Mercredi 29 août 2012, ouverture des Jeux Paralympiques handisports, qui vont se dérouler jusqu’au 12 septembre dans les lieux des JO. A Athènes, en 2004, avant les jeux, à peine quelques milliers de billets furent vendus. A Pékin, il y a quatre ans, il y eut un million de pré-locations. Et pour Londres, 2.2 millions des places sur 2.5 millions disponibles sont vendues d’avance. Succès public assuré, semble-t-il. Dans la presse écrite, Magali Comte vise une médaille d’or. Il n’y a semble-t-il pas derrière elle une « organisation » pour annoncer le nombre des médailles suisses espérées.
Les JO des bien-portants donnèrent donc lieu à d’excellents spectacles, des centaines d’heures de remarquables reportages parfois appuyés par de bons commentaires, précieusement explicatifs dans le cas des « petits » sports peu médiatisés. Il y eut aussi la compétition entre nations avec classements construits sur le nombre de médailles d’Or d’abord, à égalité sur l’Argent et à nouvelle égalité sur le Bronze. Les diplômés des rangs quatre à huit n’existent peut-être que pour de méconnues statistiques, au point que le « chocolat » attribué au 4ème passe pour dérisoire ! Il y a aussi la montée du drapeau du pays et son hymne national. La formule officielle du CIO est prudente : une médaille est attribuée à l’athlète X ou l’équipe Y R E P R E S E N T A N T (E) du pays Z. L’environnement médiatique tente souvent de faire croire que c’est le pays Z qui a gagné. Dans certains sports, de grosses sommes d’argent circulent. Les associations qui gèrent les meilleurs footballeurs, et demain peut-être les meilleurs basketteurs américains imposent certaines conditions ( majorité de moins de vingt-trois ans en football par exemple ). Même problème avec les meilleurs hockeyeurs lors des JO d’hiver !
Les paralympiques ne sont pas emportés par la folie de l’Or, ni par la course des nations aux médailles. L’argent ne semble pas y jouer un rôle primordial. La performance individuelle ou collective n’en a que plus de valeur. La participation à une telle compétition est déjà et peut-être surtout une victoire contre soi-même et son handicap.
J’ai lu attentivement les avant-programmes de couleur verte que le service de presse de la RTS met à disposition des journalistes. Il n’y a nulle part place, ces prochains jours, ni sur RTS 1, ni sur RTS 2, pour les paralympiques. Sans intérêt ? Et puis , « Ils » en ont tant fait pour les JO et l’Or attribué au pays plus qu’à l’athlète. On trouvera tout de même quelques reflets de ces compétitions sur France 3 et France Ô.

Vautré dans un fauteuil, épuisé, c’est Hank Moody dans « Californication » qui se déroule en Californie et justifie la version française du titre à double sens. Le personnage qui reste amoureux de sa femme est entouré de son petit monde. Il est donc au centre d’une série de gymnastique érotique délicieuse.
Fin des programmes d’été
On va donc en revenir tout naturellement à « Infrarouge » qui s’intéresse au caillou ramassé en Turquie par le commandant de police candidat à la candidature au conseil d’Etat valaisan. « C’est le jungle » propose un décor plein d’idées saugrenues. A part cela ? Il faut attendre de voir quelques numéros avec l’espoir qu’ils ne vont pas trop ressembler au bien pâle premier.
On va retrouver les meilleures séries aux heures tardives, parfois de plus en plus tardives. Les bonnes heures d’exposition continueront d’être réservées au médical et au policier unitaires. L’Histoire, les problèmes de société, la politique contemporaine au Danemark, c’est pour les fins de soirées. On rencontrera désormais fée, vampire et loup-garou sur RTS 2 ( « True Blood » ) tardivement. On a même droit après minuit aux coquineries de la gymastique érotique, « Californication » remplacé par « Hung ». On attend toujours le brillant « Dexter » ertéessement « censuré » il y a plus de cinq ans! Et l’exaspérante routine de la vaine protestation contre une programmation qui se refuse obstinément à donner une bonne exposition aux séries les plus pointues, pas seulement les américaines, continue d’affirmer sa présence !

Entre 2ème et 3ème saison pour « Nurse Jackie », plein centre aussi, au milieu de ses plus proches. Eddie Falco fut une magnifique Carmela Soprano dans « Les sopranos » . Elle est aussi brillante en nurse constamment bousculée par son travail pratiqué parfois à la Dr House et une double vie privée plutôt compliquée. Plus on avance dans la série, plus elle est convaincante.
« Nurse Jackie », au rendez-vous hebdomadaire tardif, se porte de mieux en mieux : fin de deuxième saison pour une bonne série plus impertinente que médicale. Godard écrit le scénario pour le portrait de Godard et « Sauve-qui-peut (la vie) » passe à minuit ! « True Blood», ses vampires, fées et autres humains réapparait en programmation plus tardive que jamais pour se terminer vers 01h30. C’est aussi, hélas, la pire des routines !
Les JO côté audimate
C’est par milliers que les romands ont suivi tout ou partie des JO. Les parts de marché du 27 juillet au 12 août de 2012 surpassent de sept à dix points ceux de la même période de 2011. Les rencontres de tennis de Federer avec Del Potro ou Murray, certains sprints courts sans Helvètes ont rassemblé d’imposantes audiences. Mais le tardif « Journal des jeux » semble ne pas avoir été bien grand succès. Et 156 mille romands pour suivre la Cérémonie d’ouverture du 29 juillet, est-ce beaucoup en comparaison à l’audience mondiale qui s’élèverait à plus de 800 millions ? Lancer des informations numériques sans indiquer leur origine ou sans citer les sources consiste à faire de l’information par affirmations pas très plausibles. Méfions-nous des raccourcis. Mais si l’on veut emprunter un chemin bien tracé, donner des explications, alors il faut s’accrocher .. à un texte rébarbatif !!
Le journal des Jeux
Présenté un peu avant 23h00, le « Journal des jeux » a été suivi en moyenne par 45’000 téléspectateurs pour une part de marché de 15.8 %. Ces informations basées sur un échantillon fiable de la population de Suisse romande sont données sans marge d’erreur, laquelle oscille autour de 3 à 4 % ! Une part de marché de seize % signifie qu’à cette heure là il y avait encore un peu moins de trois cent mille personnes en Suisse romande devant leur petit écran. C’est beaucoup !
Pour 2011, la RTS a publié en deux tableaux les audiences moyennes par heure de 06h00 à 02h00 le lendemain, tant pour la fréquentation totale devant n’importe quelle chaîne que devant la RTS, 1 et 2 additionnées. Notons que la part de marché heure par heure est obtenue en tenant compte du rapport audience TSR/ TOTAL TV.
En moyenne annuelle, entre 22 et 23 heures, il y a 435’000 spectateurs dont 109’000 pour RTS 1 et 2.La part de marché (PDM) s’élève alors à 25 %. Entre 23 et 24 heures, on en rencontre 46.000 pour la RTS sur 259’000, soit 17,8 % en PDM.
« Le journal des jeux » chevauchait la 22ème heure finissante et la 23ième débutante. Ses 45’000 sont nettement inférieur au score des 22 heures et pratiquement équivalent à celui des 23 heures. Même constat pour les parts de marché, 16 % arrondis à l’unité contre 25 et 18. Ce n’est pas à proprement parler triomphal.
Dans des conditions assez semblables, « Le club de l’Eurofoot » de juin dernier, aux environs de 23h00, s’est aussi trouvé en dessous de la moyenne annuelle des performances de 2011.
Certains milieux demandent avec insistance et depuis longtemps la réintroduction d’une émission de réflexion sur le cinéma, qui mériterait d’être élargi à l’audiovisuel contemporain des séries télévisées. Les meilleures ne sont plus seulement américaines. Elles proviennent d’Angleterre et des pays nordiques, Danemark en tête, parfois de France. La RTS est sur la bonne voie avec « Dix », « Crom » ou « L’heure du secret », qui militent encore en ligne B ! Mais le sport, lui, bénéficie des largesses des responsables des programmes, avec des émissions 0ù l’on cause. La réflexion s’y fait pourtant rare.
La cérémonie d’ouverture
Selon une information numérique fournie par la RTS, la cérémonie d’ouverture du 29 juillet a été suivie par 156 mille personnes en Suisse romande, et cela paraît-il pendant près de quatre heures. La part de marché s’élève à cinquante % : c’est nettement plus que la moyenne annuelle de 2011 dès 22h00. Resterait à savoir si vraiment ces 156 mille est un moyenne établie sur près de quatre heures. Il serait tout de même étonnant que le public ait été aussi nombreux pour le défilé des nations d’après minuit que pour le spectacle qui fut brillant.
Autre cause d’étonnement. La population totale du globe est estimée en 2011 à environ 7 milliards d’êtres humains, bébés et ancêtres y compris. On a pu lire ici ou là que 800 millions de terriens auraient suivi cette cérémonie d’ouverture. Mais aucune indication sur les sources, aucune précision sur la durée de la présence de ces huit cents millions, pendant la première minute, ou la première heure, on en moyenne durant près de quatre heures. 800 millions, cela représente un audimate de 11.5 %-
En Suisse romande, on admet que la population des plus de trois ans est de 1,656 millions. Ajoutons-y les bébés, qui sont 130 millions à naître chaque année dans le monde entier, une jeune classe d’’âge représentant un peu moins de 2 % de la population totale. La population des plus de 3 ans représente le 94 % de l’ensemble. L’ensemble des romands est donc de 1’760’000 personnes. L’audimate mondial de 11.5 % appliqué à cette population s’élève à 200’000. C’est nettement plus que les 156’000 annoncés.
Les romands seraient-ils moins curieux que la moyenne mondiale ? Cela serait étonnant. L’hypothèse la plus probable revient à faire peser le doute sur les huit cents millions trouvés sur google, mais sans aucune justification. A six cent millions, on serait dans la moyenne !!! Comparer des informations valables pour l’été 2012 à des moyennes de 2011 est peut-être risqué. Mais les tendances doivent bien être celles que nous pressentons : « Le journal des JO » comme le rendez-vous nocturne de l’ « Eurofoot » ne furent pas particulièrement bien suivis. Il se pourrait que le 156 mille de la cérémonie d’ouverture ne soit un tellement grand succès en comparaison mondiale discutable !!
JO en double blockbusker
Résumé : deux bons cinéastes britanniques sont responsables des deux belles soirées d’ouvertue et de clôture des JO d’été de 2012. La première fut grandiose, la seconde presque autant. En avant-programme, la RTS a offert le 27 juillet une très bonne émission. La même ouverture, le 12 août, au soir de la clôture, fut une triste « cata »
Daldry et Boyle
Pas loin de un milliard de téléspectateurs auraient assisté le 27 juillet 2012 au spectacle d’ouverture des JO. Les estimations pour la clôture oscillent, elles, entre 700 et 800 millions. En un seul soir, un spectacle éphémère eut autant sinon plus de succès que les plus grandes audiences cinématographiques mondiales, comme celle du blockbuster nommé « Avatar » et la très ancienne d’« Autant en emporte le vent ». Deux bons cinéastes britanniques partagent la responsabilité de ces spectacles qui furent donc de véritables « blockbusters ». On ne sait pas comment se sont réparties les tâches entre Stephen Daldry ( « Billy Elliot » – 2000 ) et Dany Boyle ( « Slumdog millionnaire » – 2008 ). Les commentateur tv et les journalistes ne se sont guère intéressés à ceux qui ont conçu ces deux soirées mondiales de grande qualité.
La soirée d’ouverture
Les différents tableaux mis en scène évoquaient des pages de l’histoire de la Grande-Bretagne. Il n’ya pas lieu de s’étonner que le présent n’y soit pratiquement pas évoqué : ce n’était pas l’occasion de parler récession, chômage, ni même de se demander comment ont été financés les plus de dix milliards d’euros investis par les pouvoirs publics britanniques et quels seront les retours sur investissements.
Ce « silence » est certes compréhensible. Mais force est de reconnaître que les multiples compliments décernés sont mérités. Le 27 juillet, à travers plusieurs tableaux, ce sont quelques pages de l’histoire du Royaume-Uni qui ont été évoquées. Le prix payé par les ouvriers à l’avénement de la société industrielle n’est pas passé sous silence. Un réel hommage aura été rendu à la sécurité sociale universelle pourtant si souvent décriée en Grande-Bretagne pour son coût et ses imperfections. Il fallait un brin de courage pour faire preuve aussi d’une certaine impertinence en montrant des images du rugby qui n’est pas actuellement admis comme sport olympique. Un considérable recours aura été fait à la musique dont les courants modernes doivent beaucoup au succès mondial des Beattles dans les années soixante. Et l’humour britannique y trouva place, avec le saut en parachute de la Reine prise en charge à Buckingham Palace par Daniel Craig, le dernier James Bond ou la présence de Mister Bean au milieu d’un très sérieux orchestre interprétant le Vanglis des « Chariots de feu » . L’humoriste et le chef ‘orchestre saluèrent ensemble le public. Histoire, musique et humour firent bon ménage.
Clôture le 12 août
Alors qu’au soir du samedi 11 août se déroulaient encore certaines finales dans le stade, moins de vingt-quatre heures plus tard celui-ci était devenu un plateau géant. Efficacité de l’organisation transformant le stade en scène : l’anneau olympique est devenu autoroute sur laquelle circulent des dizaines de voiture transportant des invités ou d’immenses camions orchestre sur le pont pour saluer les quatre-vint mille spectateurs en de superbes tours d’honneur. La musique fut encore de la partie pour animer la soirée qui fit peu de place à l’humour. A plusieurs reprises, l’intérieur de l’anneau se transforma en Union, avec ses couleurs et ses segments de droite devenus grands boulevards fréquentés. Un balayeur en tenue fait son travail : il arrive de Rio, bientôt rejoint par Pélé. Belle occasion de rendre hommage aux petites « mains » d’une immense organisation qui doit beaucoup de sa réussite à des milliers de volontaires. Elégante manière de tisser un premier lien entre les jeux qui se terminent et ceux de 2016 à Rio.
Bien entendu, feux d’artifice et interventions officielles furent insérées dans le spectacle avec une réelle fluidité.
A la RTS, deux soirées thématiques
Début des cérémonies un peu tardif, à 22h00 : mais il fallait bien tenir compte du marché américain, une grande chaîne ayant acquis pour semble-t-il deux milliards de dollars les droits sur tous les jeux. Par conséquent, il était nécessaire en France comme en Suisse d’occuper la case de 20 :15 à 22 :00.
Le 27 juillet, ce fut fait avec élégance. On nous a raconté quelques moments importants de l’Histoire des Jeux, nombreux documents à l’appui. Revoici Jess Owens et sa récolte d’Or qui déplut tant à Hitler en 1936. Bolt n’aura pas eu cet impact politique en 2012 ! Revoici deux poings dressés dans le ciel de Mexico en 1968, ceux de Tommie Schmid et John Carlos. Et d’autres. Au passage, excellente allusion à des Jeux olympiques de la jeunesse à Singapour en 2010 qui ne sont pas dans toutes les mémoires, la mienne y compris. Voici des anciens champions malades, d’autres en pleine forme. Et puis, entre les documents « historiques », des invités qui ont à dire des choses intéressantes. Je ne sais plus à qui on doit cette belle formule pour caractériser un nageur comme Phels, « il ne nage pas, il glisse ». Intéressants passages de Marc Rosset, Etienne Dagon, Pascal Richard, Sergei Aschwanden, etc. Remarquable présence d’un invité plein de lucidité et de sensibilité, Georges-André Carrel, responsable des sports à l’EPFL et à l’uni de Lausanne.
Une vivante, passionnante et belle introduction aux Jeux de Londres.
La cata du 12 août 2012
Il fallait bien en faire autant le 12 août avant le début de la cérémonie de clôture. Mais est-il possible, jour après jour, de faire un résumé cohérent de cinq/six minutes sur les épreuves quotidiennes ? Les journalistes, réalisateurs, monteurs et monteuses firent leur travail, comme on le leur demandait. Il y eut bien quelque part une volonté de ne pas se contenter de résumer jour après jour par de multiples extraits en faisant accompagner toutes ces images, non d’un commentaire, mais par plusieurs de ces musiques si proprement britanniques des années soixante ànos jours. Les responsables de la cérémonie de clôture ont donc eu la même idée de références musicales. Ils ont pris, eux, le temps de préparer les diverses interventions musicales.
La prestation de la RTS revenait, elle, à un hâtif bout-à-bout. Les images vues et revues étaient au rendez-vous, les nouvelles rares. Pas de commentaire pour cette rétrospective forcément sans âme, sans regard sur le passé immédiat. Résultat ? La cata suant d’ennui.
Ce fut ainsi une grave erreur d’estimation de la part des responsables du programme, Masimo Lorenzi en tête, qui nous a habitués à mieux. Ils ont voulu du tout-tout-de-suite en oubliant qu’on ne construit pas des courts documents rigoureux de cinq minutes en un seul jour. Un peu à l’image de notre RTS se donne comme mission de mener la marche triomphale de bulldozer des sport qui écrase la moitié du programme sur son passage.
Du côté de l’audimate… ( à suivre )
…
Les JO, forcément !
Durant les deux semaines des JO, j’ai joué le jeu du téléspectateur disponible en passant plusieurs heures chaque jour devant l’écran du téléviseur de salon, laissant les autres supports volontairement de côté. J’ai souvent pitonné entre les chaînes suisses, de Genève à Zürich en passant par Lugano ou en commettant quelques infidélités au patriotisme pour suivre Eurosports ou France Télévisions. J’ai profité de temps sinon morts du moins tendance normes pour mettre de l’ordre dans des dossiers composés de coupures de presse. Après plus de cinquante heures consacrées au JO, de jour et de soir, il me reste une trentaine de pages de notes serrées et déjà plus de quarante mille signes de brouillons sur des sujets divers, afin de m’interroger sur l’engouement pour les JO et la place immense accordée au sport sur le petit écran, et pas seulement celui de la RTS.
Avant les JO, le responsable de Swiss Olympic, Gian Gilli, annonçait une cible avec cinq à sept, ou sept à neuf médailles selon des sources différentes et une place autour de la vingt-cinquième dans le classement général par nations. Le compte n’y sera pas !
Le conducteur du puisant bulldozer qui a écrasé les programmes de la RTS en accaparant « La Deux », Masimo Lorenzi, a résumé ses intentions : consacrer la première semaine aux participants helvétiques et privilégier durant la seconde l’athlétisme surtout en soirée.
Première semaine : les médailles « suisses » se font attendre.
L’Or est bien sûr privilégié, tellement plus que l’Argent et le Bronze. Maigre récolte pour les athlètes suisses ! Et alors, un diplôme de septième contre la montre par un athlète diminué, ce n’est rien ? Deux points de retard pour un bout de bois qui tombe, cela devient énorme ! Un mérité quatrième rang devient « chocolat » – ! C’est pas bon, le chocolat ? Une médaille de caviar serait moins « humiliante » !
Un classement général, considéré comme « Tableau d’Honneur », qui donne une meilleure place à un pays n’ayant entendu qu’une seule fois son hymne national qu’à celui qui en aurait dix d’argent indique bien la hiérarchie des valeurs. L’Or d’abord! La formule « officielle » utilisée lors de la remise des médailles « attribuée à X, représentant du pays Y» est heureuse tentative d’éviter le nationalisme qui glisse parfois rapidement vers le chauvinisme. Ce n’est pas un pays qui gagne une médaille, même quand le gagnant la lui dédicace!
Deuxième semaine – triomphe de l’athlétisme en premier rideau
C’est souvent très beau, un sport, y compris ceux taxés de « petits », à découvrir tous les quatre ans, comme les ballets « synchronisés » en natation et gymnastique ou les duos en plongeons. ; enfin, presque tous. Le lever de barres de métal n’est certes pas particulièrement esthétique, ni le lancer du marteau. Paradoxe : le clou en soirée athlétique, ce sont des courses qui durent parfois moins de dix secondes ! Triomphe alors la technique, avec des caméras suivant la course sur un rail, des caméras devant, derrière, de côté, à la verticale plongeante, en gros plan sur un seul coureur, sur le groupe, sur l’entourage, au service de la réelle beauté du geste avant de suivre le tour d’honneur emballé dans un drapeau
Bilan suisse
Il est connu : deux fois l’Or, deux fois l’Argent. Il faut attendre la fin des jeux pour que le responsable de Swiss Olympic rappelle l’existence de quelques diplômes qui sont décernés à ceux qui occupent les rangs de quatre à huit. Si le critère pour mesurer entre elles les nations est celui que l’on vu partout, sur les écrans, dans la presse, alors ce bilan est apparemment maigre.
Le « Tableau d’Honneur » prend en compte le nombre de médailles d’Or. Pour départager les ex-aequo, on tient compte du nombre de médailles d’Argent. Le sous-ensemble des pays ayant obtenu le même nombre de fois l’Or et l’Argent est alors départagé par le Bronze. Et c’est ainsi qu’une nation ayant obtenu une seule médaille d’or serait théoriquement mieux classée qu’une autre qui en obtiendrait dix d’Argent : ridicule !
Un seul exemple pour le moment : la Suisse, avec ses deux Or et deux Argent est au 33ème rang. Ces quatre médailles ont donc plus de valeur que les dix-huit obtenues par la Canada, avec une seule fois l’Or, cinq fois l’Argent et douze fois le Bronze qui lui valent un 36ème rang mondial ? Ridicule, en effet !
Mais au fait : qui porte la responsabilité d’un tel classement qui mérite d’être rejeté dès lors qu’il contribue à flatter le sentiment de nationalisme tendance chauvin, lequel n’a rien à voir avec un patriotisme si possible discret mâtiné de fierté ? Qui conduit cet autre bulldozer ? On pourrait imaginer des classements un peu plus subtils.
L’heure du secret (2)
A propos de la direction d’acteurs…
Encore deux épisodes et c’en sera fini de l’unique saison de “L’heure du secret”. La série a bien résisté à la concurrence de l’Eurofoot et les parts de marché sont données comme bonnes. A la direction de la RTS, la série est appréciée, même si le succès est un bon élément à prendre en compte.
“Dix” en deuxième rideau
Certes, ces dernières années, “Dix” aura été la plus originale, la meilleure des séries de la RTS. Sa programmation en deuxième rideau était conforme à une bien mauvaise habitude : présenter tardivement le meilleur des séries, leur originalité les éloignant paraît-il du grand public qui ne s’intéresserait pas au haut de gamme quand il n’est pas médical ou criminel!

Toutes les images associées à ce texte concernent « L’heure du secret ». La direction d’acteurs, c’est aussi savoir maîtriser un groupe d’acteurs et de figurants.
Trois fois en premier rideau
Il est donc intéressant d’inscrire l’observation de cette série dans les trois dernières propositions faites à une heure de grande écoute. On aura donc pu voir ces derniers mois “T’es pas la seule”, puis “Crom” et “L’heure du secret”, productions TSR majoritaire avec apports des donneurs de subventions dévolues au cinéma qui sait enfin s’ouvrir sur cette aspect désormais fondamental de l’audiovisuel contemporain, la série.
“T’es pas la seule” s’inscrivait en milieu de viticulture en région lémanique. Avec “Crom”, on s’intéressait à une équipe d’éboueurs dans une ville de plaine, Yverdon, au pied du Jura. Avec “L’heure du secret”, nous voici en milieu horloger du Haut-Jura. Y aurait-il une volonté de faire un tour de Romandie des séries : l’alpestre Heidi descendit à Fribourg en son temps. A quand le tour du Valais ? Reste à se demander si le régionalisme superficiel n’est pas un obstacle pour obtenir une diffusion sur des canaux francophones ou autres. L’enracinement de “L’heure du secret” fait parfois penser à la réussite de Tanner quand ses personnages fréquentaient le Jura, celui de la Vallée de la Brévine comme dans “La salamandre”
En progrès
“Crom”, assurément, était supérieur à “T’es pas la seule”. “L’heure du secret”, alors que cinq épisodes ont déjà été diffusés, s’avère un peu supérieur à “Crom” pour diverses raisons, dont une au moins mérite que l’on s’y arrête, la direction d’acteur.
Au cinéma, il est d’assez nombreux films qui tirent leur succès et parfois leurs qualités du travail de certains acteurs bien mis en évidence par une promotion efficace. Cela se passe assez souvent au détriment d’autres qualités, comme celles de l’écriture, de la mise en scène et de l’équilibre des rythmes trouvé au montage durant les finitions.
La direction d’acteur
Au théâtre, l’essentiel du travail créatif se fait au cours de périodes parfois longues de répétitions sous la direction d’un metteur en scène. L’acteur, ensuite, se retrouve seul face à son public. Et le lien qui alors s’établit peut conduire à des résultats variables d’un soir à l’autre.
Les écarts entre le cinéma et la télévision tendent à diminuer, surtout dans le domaine des séries. En principe, l’acteur est en contacts avec le réalisateur constamment présent lors du tournage qui souvent exige des prises de vues nombreuses d’un même plan, caméra stable ou en mouvement. L’acteur se trouve ainsi constamment sous “contrôle”, prêt à recevoir des instructions pour son travail.
Comparaisons esquissées
Dans “T’es pas la seule”, avec son alternance de calme plat gentil et de réactions souvent colériques subites, les interprètes semblent parfois livrés à eux-mêmes. Il suffit de se souvenir de Natacha Koutchoumov dans les films de Lionel Baier et d’Isabelle Caillat dans “All that remains” pour savoir qu’elles peuvent être excellentes. Dans l’ensemble, les assez nombreux acteurs dirigés par Bruno Deville dans “CROM” font preuve d’un bon niveau par leur interprétation, malgré quelques légers dérapages produits par une volonté par instants un peu caricaturale. Diriger des groupes dont les personnages sont tous actifs n’est pas facile. Surprise assez désagréable avec Anne Richard qui semble issue d’une série française se déroulant en palais de justice. L’intrusion d’une “parisienne” même d’origine romande n’est guère heureuse dans une série “provinciale”.

Laeticia Bocquet, dans le rôle d’Amélie Berthin, une adolescente révoltée, surtout contre son milieu familial, mais pas seulement….
D’habiles fausses pistes
L’écriture déjà, tant au niveau de l’action que des personnages, joue assez souvent sur les fausses pistes, une des techniques fréquentes dans les meilleures séries, même si ces fausses pistes conduisent dans des directions elles-mêmes inattendues. On croit d’abord Amélie Berthin en rébellion d’adolescente contre sa famille alors qu’elle est profondément troublée par ses parents. Laetitia Bocquet sait faire partager son désarroi. Hélène Berthin, de riche famille, a peut-être de bonnes raisons de s’administrer des calmants et de boire plus que de raison. Encore faut-il que l’on découvre peu à peu ces raisons. Agnès Soral, à la carrière assez brillante en France, s’est parfaitement fondue dans le moule d’une petite localité jurassienne. Ce sont là deux exemples parmi d’autres d’actrices comme Ariane Perret en Marie Duc qui ont compris et bien tenu compte des indications données par la réalisatrice. Et celle-ci a trouvé en Catherine Renaud une splendide actrice aux nuances subtiles dans son rôle de visiteuse venue du Québec au pays de ses ancêtres loclois
L’excellente direction d’acteurs d’Elena Hazanov
Elena Hazanov a su aussi tirer belle complicité de deux interprètes venus de l’univers de l’humour, aussi bien Frédéric Recrosio que Jean-Luc Barbezat du duo à forte composante neuchâteloise Cuche et Barbezat. Le travail avec eux consistait à les diriger d’abord à contre-courant de leur réputation, ensuite à leur permettre de donner une grande crédibilité à des personnages nuancés dans leur comportements dramatiques. L’ours revêche, André Jacquet, qui dirige un établissement public, ne supporte pas son passé. Vincent Girod, l’horloger amoureux de son métier finit par tomber amoureux de l’étrangère; mais lui aussi fut tout de même marqué par le passé dramatique qui conduisit à un mariage tragique.
Pas le moindre exotisme dans la plongée d’une jeune québecoise, Catherine Renaud, au milieu d’acteurs francophones en majorité romans. Juste une pointe d’accent et quelques contacts pour rappeler qu’elle vient de Montréal, issue d’un milieu d’exilés. L’intrigue progresse à travers ses visions qui sont assez plausibles, même si parfois le récit prend une tournure de pur flashback.
Elena Hazanov confirme être sûre d’elle dans son travail souvent brillant de direction d’acteurs, qui alterne entre les scènes en champ-contre-champ, indispensable quand il faut obtenir chaque jour cinq minutes utiles pour le montage final et les scènes à personnages parfois assez nombreux qui doivent alors tous jouer convenablement leur partition. Avec le travail de Jean-Laurent Chautemps pour “Dix”, c’est ce que l’on a fait de mieux à la TSR….
Le bulldozer du sport écrase tout sur son passage
Le sport qui écrase tout sur son passage poursuit son œuvre :après l’Eurofoot et Wimbledon, c’est le Tour de France et très bientôt les Jeux Olympiques d’été. La RTS l’installe sur tous ses écrans, l’habituel, cette étrange lucarne saluée par un grand ancêtre, le Général-président de Gaulle, l’ordinateur et Ipad et smartphone. On aura droit à 900 heures d’images olympiques sur tous supports dont 240 de direct et en 16 jours sur RTS Deux, ce qui fait quinze heures chaque jour. La RTS en mettant en action ce bulldozer du sport n’appartient plus, désormais, durant de longues semaines, à un ensemble de chaînes taxées de généralistes !
Non à nonante-deux pourcent !
Question posée dans au moins deux quotidiens : Regarderez-vous les JO sur plusieurs écrans à la fois ? Faut-il comprendre en même temps ou l’un après l’autre ? Toujours est-il que le lendemain de la publication de la question, la réponse est tombée en trente-sept votes : Oui à 8 % donc non à 92 %. L’échantillon est certes un peu mince, qui ne dit rien de ces trente-sept. Une chose pourtant : ces trente-sept ont en commun …. d’avoir répondu à la question lue ! Et si c’était tout de même un signe ? Oui, mais de quoi ? D’une certaine fidélité à l’image la plus grande possible, donc la meilleure et parfois aussi la plus belle, celle du téléviseur de salon. Il y a bien les projections sur des écrans immenses dressés en plein air, mais ont-ils un lien avec le diffuseur de service public ?
Profitons de l’occasion pour rappeler que les diffuseurs qui savent assez bien comment se comportent ceux qui suivent la télévision sur le canal traditionnel doivent encore trouver et même chercher des instruments de mesures fiables pour la fréquentation de sites sur internet et les accès aux autres supports.
Record (mondial ?) pour la généraliste RTS de la SSR-SRG
Les plus hautes autorités de la SSR et de la RTS se félicitent de cette offre, qui s’inscrit dans une télévision de diffusion moderne, introduite sur tous les outils disponibles. Oui, comme l’écrit un observateur: «La RTS est la télévision généraliste qui diffuse le plus d’heures de compétitions sportive durant les jeux comme d’ailleurs pendant toute l’année» ( Nicolas Willemin, in L’Express/L’Impartial du 12 juillet 2012) ». On se trouve donc devant une évidence ; point-barre ! Alors il faut se faire tout petit, tout petit pour oser se demander si vraiment cette place ultra-privilégiée accordée aux sports par la RTS s’inscrit dans l’esprit de la concession accordée par l’autorité fédérale à la SSR-SRG. Et que se passe-t-il à Lugano et à Zürich? Cela risque bien d’aller dans le même sens? Certes, les JO d’été ne se déroulent que tous les quatre ans. Mais l’argument de la répétition vaut pour d’autres grandes manifestations sportives.
S’incliner devant cette invasion sans rien en dire, c’est renoncer à réfléchir. Aussi est-il bon de rappeler une évidence au téléspectateur : le pitonnage ( expression qui nous vient du Québec qui aime résister aux anglicismes chaque fois que c’est possible, donc pitonner plutôt que zapper !). Il est aussi possible de voir du sport, mais rarement autant, sur d’autres chaînes généralistes. Il reste intéressant de pitonner, ne serait-ce que pour avoir un autre esprit de commentaires sur des images en direct et d’’autres regards au montage quand il s’agit de résumés. Mais c’est être un traitre à la patrie télévisée que de rappeler l’existence des autres!
Divertissement prioritaire
Le sport, n’importe quel sport, tout de suite sur tous écrans, appartient tout de même au divertissement, comme toute fiction sous n’importe quelle forme, ou toute variété, jeux y compris. On est assez loin, et de l’information, et de l’enrichissement culturel. Mais il faut reconnaître à ce divertissement une vertu splendide : le suspens né du direct, pas seulement pour l’accident dans une course de formule un ou une chute individuelle ou collective au Tour de France.
Que ceci soit clair : mon désir de divertissement par la télévision passe souvent par le sport, mais aussi par les séries les plus exigeantes qui, elles. peuvent apporter un réel enrichissement culturel. J’ai même des claires préférences dans le choix des commentateurs : j’aime beaucoup les remarques de Marc Rosset lors des directs en tennis, qui permettent de mieux comprendre le réussite ou l’échec de multiples coups raquette. Mais marquer cette préférence, c’est comme faire une remarque sur la couleur de la cravate d’un présentateur ou le décolleté d’une présentatrice de météo. Rien à voir avec un e indispensable réflexion lucide.
Un prochain chapitre
Le sport écrase actuellement le meilleur de la fiction télévisée, et par conséquent le meilleur de l’avant –garde contemporaine de l’audiovisuel, en particulier sur la RTS. Quand on se demande combien « çà coûte», une minute de fiction produite par la seule télévision, co-produite avec le cinéma, achetée sur le marché audiovisuel, une certaine transparence est possible. Mais combien coûte à la SSR la Formule 1, le football suisse ou international, le hockey-sur-glace ? La transparence vire souvent à l’opacité, de temps en temps au translucide. : deux poids, deux mesures ? Pourquoi ? Tentative prochaine de réponse……
Telle est la télé, l’été
Avertissement : ce texte consacré à quelques lignes de force de la télévision estivale, se décompose en cinq sujets qui peuvent être lus séparément les uns des autres.
Le dernier permet de déplorer une fois de plus un des faiblesses de la programmation sur RTS Un et RST Deux : la mauvaise exposition d’une partie de ce que la télévision offre de meilleur dans l’audiovisuel, dans le cas particulier la série de la SSR-SRG composée de dix portraits de grands cinéastes parfois anciens qui ont signé quelques-uns des meilleurs films suisses ayant connu parfois de larges succès internationaux.
L’illustration rend donc hommage à Claude Goretta ( un peu avant 23h00 le jeudi 5 juillet)et “La dentelière” ( cinéma de minuit !). Autre hommage, en images, rendu à la très bonne série d’Elena Hazanov“, L’heure du secret”, elle bien visiblement programmée le samedi soir vers 20h15, avcc reprises et présence sur le site www.rts.ch

Isabelle Huppert dans « La dentelière » de Claude Goretta qui aura donné à la jeune actrice, en 1977, l’un de ses plus beaux rôles.
Trop de sports
En 2010, le sport a occupé le 12 %du temps d’antenne sur l’ensemble du pays, pour 2011, la RTS (ex-RTS) annonce du 10 %. Au rythme où vont les choses, en 2012, ce sera le record de 2010 battu. Les plus hautes autorités de la SSR-SRG et de la RTS sont très fières que la richesse de la présence dus sport soit pratiquement unique au monde pour une chaîne de service public. On risque de se faire mal voir en osant poser la question : n’y aurait-il pas T R O P de sports ? Poser la question, c’est évidemment déjà répondre d’un OUI bien tassé. Mais en haut lieu, on soupire d’entendre ces doutes! Le moment n’est-il pas venu d’ouvrir une chaîne sportive nationale avec versions parlées en italien, allemand et français ? Il y a des millions non -¨distribués aux télévisions régionales qui dorment dans un compte !
Attitude personnelle importante : chacun demande à là télévision de lui apporter son quota de divertissement. Et à chacun son divertissement. Le mien, actuellement, est se trouve dans le domaine des grands moments du sport : demi-finales et finale de l’Euro, sans le xième retour sur ce qui précède dans “Le club de l’Euro” ( à ce propos, combien d’invitées féminines, parmi ces femmes annoncées comme si nombreuses durant les reportages en direct ), Federer qui remonte deux sept perdus pour gagner ( s’il avait entendu mes conseils, il n’aurait pas perdu le deuxième set!). Ce qui démontre qu’on peut apprécier le sport et tout de même trouver son invasion trop forte quand on ne dispose que de deux canaux de diffusion traditionnelle.
A l’audimat, immense succès, un peu partout. Les romands sont fidèles à « leur » télévision, même s’il peut être parfois intéressant de comparer les commentaires de France 2 ou M6 avec ceux de la RTS qui du reste supportent très bien la comparaison. Pour le « Club de l’euro », la part de marché moyenne est de 18 % ce qui se traduit en 49’000 téléspectateurs. Or entre 22 et 23 heures, la moyenne annuelle est de 108.000 alors qu’elle tombe à 46’000 dans l’heure suivante. Un quart d’heure chevauchant le dernier quart de 22/23 et le premier de 23/24 une moyenne de 77’000, nettement plus de 49’000. Ce « Club de L’Euro »fut peut-être le bavardage de trop ! Par contre, avec les magnifiques audiences pour la plupart des trente-et-une rencontres, la facturation des plages publicitaires doit très bien se porter.

Des meurtres en série au Locle ? Fiction assez peu plausible, ce qui n’a pas grande importance. A la fin du troisième épisode, disparition d’un des rares acteurs neuchâtelois, Jean-Luc Barbezat, convié à la fête : l’hôtelier André Jacquet est retrouvé pendu.
Box-Office à la carte
Revient en été la télévision à la carte du lundi dans “Box-Office. Hier on offrait le choix entre trois films, une fine entrée, un plat de résistance solide et exquis dessert. Le plat de résistance triomphait assez régulièrement. On en vint même à proposer trois films de même genre, trois mélos, trois drames sociaux, trois comédies. A-t-on souvent alors proposé trois films dans lequel jouait la même actrice, ou encore trois films du même réalisateur ? Aucun souvenir de tels choix. Seulement, il est difficile de respecter un horaire quand une des cases se trouve être à durée variable. Voici désormais proposés deux films de même durée. Lundi 2 juillet, il fallait choisir entre 151 minutes et 17 secondes et 155 et 13 . Le lundi 9, on fera un choix en un 97 23 et un 98 24.
Hier, ion offrait un choix plus ou moins bon dans un esprit de programmation. Aujourd’hui, les programmateurs donnent la priorité au respect de l’horaire annoncé, à la rigidité formelle, à de rares minutes près. Respect de la quantité annoncée, sans la moindre relation avec la qualité espérée.Les critères évoluent (mal) avec le temps. Voici venu celui des technocrates….
Et puis, les petits profits ne sont pas négligeables.Chaque SMS pour faire pencher la balance vous coûtera quatre-vingt centimes. A la fin, s’il y a dix mille appels, voici une recette de huit mille francs, qui ne profitent pas dans leur intégralité au diffuseur. Mais c’est là de la télévision payante à la carte, du moins pour ceux auxquels on confie le temps d’un été la possibilité de participer à la programmation.

Hélène Berthin, tordue, pocharde, en conflit avec sa fille, trompant son mari entre autre avec des antidépresseurs, blonde attirante, un personnage complexe plein de contradictions, comme on les aime des les bonnes séries américaines, jouée par un actrice resplendissante, séduisante, inquiétante, Agnès Soral.
Nourrir le premier rideau
En premier rideau, il faut bien continuer de placer ce qui devrait et souvent peut satisfaire un public le plus large possible. L’été, notre télévision diminue un peu le niveau des exigences portées durant toute l’année par ses productions propres.
On y rencontre des animaux bien aimés dans “Les plus beaux toutes minous” ( série du lundi). Je me demande encore si j’ai bien lu ou entendu nommer le “papa” ou le “père” d’un chien à quatre pattes. Je n’ai pas jugé bon revoir l’émission dans sa totalité. On se trouve alors au niveau de la téléréalité disons honorable, avec “Bye bye la Suisse”, en deuxième saison après une première intéressante, pour six mercredis. Et il y a tout lieu de penser que “Mon village a du talent” continuera sa carrière populaire plaisante (vendredis).
La première saison d’un série intitulée “ La diva du divan” va occuper douze fois trois quarts d’heure le vendredi soir. Raté les deux premiers, à cause de l’eurofoot ! “L’heure du secret” , (déjà le quatrième des sept épisodes le samedi 7 juillet ) tient très bien la route, ne serait-ce que par son suspens qui n’est heureusement pas sa seule qualité, à côté du soin apporté à l’image, à la fluidité du montage, à la direction souvent en finesse d’un groupe d’acteurs par ailleurs fort bons et campés sans tomber dans la caricature. Le public semble avoir mordu aux poupées russes.

Et pour le plaisir de l’oeil, encore une fois Agnès Soral savamment décoiffée et Hélène Berthin en phase d’alcoolisation
TF1 un contre France 2
Chez nos voisins, on signale le retour estival non plus tellement de grandes sagas familiales, mais bien de véritables séries fondées sur une idée forte. A “Smash”, une comédie musicale autour d’un spectacle de Broadway tournant autour de la vie de Marylin Monroe à laquelle Steven Spielberg serait mêlé ( 15 épisodes de 42 minutes sur TF1) répond un “Inquisitio” de source française ( huit numéros sur France 2) qui remonte au XIV quand le pape de Rome se battait avec celui d’Avignon) donnant beau rôle à un grand Inquisiteur. Débuts à 20h35 sur France 2 et à 20h50 sur TF1 : possibilité de suivre le commencement de l’un et la fin de l’autre durant quatre semaines, et de pitonner. Ce serait important que la série née en France résiste à l’américaine! Ce serait bien que le service public généraliste prenne l’ascendant sur la commerciale généraliste.

En Vincent Girod, horloger passionné par son métier et ses complications, Frédéric Recrosio surprend (en bien) dans un rôle pas tout à fait dans sa ligne d’humoriste. On finit par croire au couple Vincent/Lyne, aussi grâce à la crédible présence de Catherine Renaud
L’ombre au tableau : la RTS confirme en nocturne
Lors d’une récente rencontre à Fribourg, sur “les médias de service public face au futur”, l’un des intervenants, surgi du public, rappela un présent peu glorieux, la volonté presque farouche des programmateurs de la RTS dans le placement des meilleures séries en fin de deuxième rideau, soit aux alentours de 23h00. Quelques sourires de commisération ou d’exaspération sur les visages de hauts dignitaires contre celui qui « la ramène »!
Il faut en effet la ramener : la collection consacrée à dix cinéastes suisses dont les oeuvres ont franchi nos frontières se glisse à 23h30 ( 5 juillet, Goretta puis Marc Forster, Xavier Koller et Michel Soutter ce mois encore) avec film ayant fait belle carrière commerciale internationale à minuit.
Revoici déjà une reprise de l’impérial “Mad men” de la saison 1 sur RTS deux, oh miracle, peu après 22heures, deux par deux épisodes. “Boardwalk empire”, deuxième saison terminée, fait place à la suite des “Tudors”. L’exquise et incorrecte “Nurse Jackie” n’est reçue qu’aux alentours de 23h00.
Parmi les arguments pour justifier ces projections tardives, celui-ci : le grand public ne raffole pas des séries historiques. Les années soixante du siècle dernier appartiennent déjà l’Histoire, du vieux temps où tout le monde allumait sa clope partout et ne se cachait même plus pour siroter son whisky, l’adultère restant tout de même denrée à consommer en sourdine ( “Mad men”).
Donc, durant l’été comme durant toute l’année, en premier rideau les séries qui tiennent du vaudeville, du médical et du policier. L’audimat est bon. La programmation est soumise à cet audimat qui ne mesure que la quantité. La qualité est donc condamnée, sur la RTS, au troisième rideau des noctambules minoritaires. Qui doit-on remercier ? Les petits mains seulement ?

Claude Goretta : il y a fort fort longtemps,ses films de fiction et ses documents passaient en premier rideau. La RTS lui a rendu hommage il y a quelques mois : « La dentelière » est apparue vers 23:30. Le même se retrouve à la même heure dans la collection des dix grands cinéastes suisses. Vivent les oiseaux cinématographiques de nuit!
De l’information ou de l’info?
De mon temps, l’Information à la radio et à la TV représentait le sommet du genre. Les grands reporters, les grandes figures étaient ressenties comme une référence. Radio Suisse Romande et la TV romande étaient des demi-dieux.

Le temps a passé, on ne dit plus information, mais «info» pour faire toujours plus pour avoir une couverture, prendre tous les sujets. Mais, quid de la qualité de l’info? Une foultitude de données sont mises à disposition du consommateur avec la volonté de viser la quantité, une couverture totale.
Comme qualité et quantité ne sont pas bons amis, il existe une tendance actuelle à saupoudrer à tout va et à négliger le plus important: la véracité et l’exactitude des données (résultats sportifs tronqués, indices boursiers trop souvent erronés…). Le message de ce papier: de l’info oui! Mais de l’Information!



















