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Le forum de “Temps présent”: un passage obligé?

Le « Temps présent » du 31 mars 2011 avait pour (joli) titre : « Une famille, un seul salaire, la galère ». A travers des cas particuliers pas forcément tous bien choisis, il est possible de faire apparaître un vrai problème de société. On peut revoir l’émission sur internet et s’intéresser au forum du jour, comprenant près de 800 messages à partir de 130 interventions initiales.

A cinquante pour parler de faux ongles!

A noter qu’il faut une heure pour suivre l’émission en direct, mais que consulter le tiers du forum m’aura pris presque deux heures ; on peut profiter d’un temps de convalescence. Le choix est donc fait de ne pas revenir sur l’émission elle-même mais de tirer quelques informations de ce vaste forum, dont on ne sait pas ce qu’il représente vraiment. Le plus intéressant, c’est évidemment une intervention qui en entraîne d’autres, puisque l’intervenant de rang n a en général lu au moins la précédente, sinon toutes les autres. Sur une intervention intitulée « Arrêter de le foutre de la gueule du monde », titre bien entendu d’esprit polémique, on a droit à une cinquantaine de remarques à partir de faux ongles qui n’illustrent pas forcément la galère. Aveu : pas remarqué ces faux ongles ! Cet exemple confine à l’anecdotique populaire sans qualité !

Une famille, un salaire, la galère (photo TSR)

Une dénonciation…

D’une jeune femme fribourgeoise, le commentaire dit : « Une grave maladie l’a clouée à la maison puis une dénonciation l’a privée de l’AI ». Dénonciation ? De quoi s’agit-il ? Pas de réponse dans l’émission. Une explication dans le forum, donnée par la jeune femme elle-même qui intervient dans les échanges : depuis quatre ans, sa maladie, une fibromyalgie, a été retirée de la liste reconnue par l’AI. Galère il y a, assurément, mais la forme du commentaire avait de quoi troubler. Il aura manqué l’explication qui apparaît dans le forum !

Dans ce cas particulier, un seul salaire est un choix forcé. Et il faut pour ce couple avec deux enfants habitant sa propre maison dans un petit village, deux voitures, pour lui permettre de se rendre au travail, pour elle de continuer de recevoir des soins pour elle. Dans ce cas particulier, le forum a réparé une imprécision du commentaire.

“Les enfants du poro” : un “vingt-six minutes” du 07.04.2011, repris sur TSR 2 le lundi 11 avril - Toute seule, cette fillette ne consulte pas forcément des images pornos, mais comme elle le pourrait…

Des impôts fort élevés !!

Le budget d’un couple de concubins, la jeune femme se trouvant toujours sans travail à la fin de son droit au chômage, n’a pas manqué d’étonner. Sur un revenu net d’environ 4500 francs, 1700 ( un peu moins de 40 %) sont consacrés au loyer, 1550 ( environ 35 %) aux impôts. Etonnant ce dernier poste, qui reçut une amorce d’explication : le montant à payer est déterminé par les revenus l’année précédente. Mais il existe pourtant la possibilité de fixer le montant des dix tranches annuelles en tenant compte de la situation nouvelle. La vingtaine d’interventions est l’exemple même d’une glissade vers un petit centre de discussion tournant autour des achats effectués en France avec comparaison de prix, compte tenu aussi de la durée et du coût de déplacement.

Au hasard du « voyage »

Curieux, mais dans le document comme dans le tiers du forum fréquenté, rares furent les remarques au sujet du poids de l’assurance-maladie. On peut se demander s’il s’agit d’un choix éditorial initial, pour éviter de se mouvoir dans le labyrinthe des subventions.

Tout à coup, une remarque qui, elle, aurait pu donner lieu à un sujet entier de TP, une comparaison intercantonale, à partir d’une remarque importante : gagner cinq mille francs net à Genève, ce n’est pas la même chose que de gagner cinq mille francs dans le Jura ou en Valais. Sujet de l’émission : que fait un ménage avec deux jeunes enfants dans chacune de sept regions ( Berne francophone) ou cantons romands ?

Au programme du jeudi 14 avril 2011 “Expulsé de son appartement” !

Petite place pour l’humour

Enfin, mais la chose est bien rare, si l’esprit polémique est bien présent dans bon nombre d’interventions, ajouter à celui-ci un véritable humour n’est pas fréquent. Ce bout de texte est délicieusement efficace : « Quelqu’un pourrait-il me prêter deux cents francs pour faire le plein de ma Ferrari ».

Défouloir loufoque tous azimuts ? Y a-t-il quelqu’un qui, à la TSR, sache en tirer la substantifique moëlle ? Considère-t-on ce genre de forum comme une forme d’interactivité unilatérale, autrement dit comme un petit jeu qui n’intéresse pas grand monde ? Ne serait-il pas intéressant que chaque département qui dispose d’un forum sache résumer pour l’ensemble des internautes ce qui peut être intéressant ? Ce serait là une forme d’interactivité à deux directions….

Le 19:30 à la gare de Zürich

L’effet d’une annonce

Sur un quart de page, une annonce : sur un élégant paysage monocolore, en lettres immenses, « ZURICH », en très grandes, « Le journal de 19h39, TSR » (avec du rouge), qui sera en direct de la gare ce lundi 28 mars. De minuscules caractères proposent de retrouver la journée spéciale de la RSR du 25 mars : l’annonceur a le sens de la hiérarchie ! Rien vu ailleurs à ce propos : une exclusivité « Le Temps », l’organe “officieux” de la RTS ?

Zürich, une ville qui pulse

Rien dans mon journal local ce matin-là. Cherchons ailleurs : voici une colonne dans un magazine. Romaine Jean répond à trois questions, ceci par exemple. Ce direct décentralisé se justifie puisque c’est notre mission de parler de ce qui se fait en Suisse car Zürich est un ville qui pulse, alors que vont se dérouler d’importantes élections. La pulsation, ce sont des jeunes branchés mangeant des sushis et votant à droite. Que voici un événement télévisé aussi important que « La Traviata » en direct de la gare de Zürich, une ville dans la ville !

Peut-on lire l’heure sur l’horloge de droite en haut ? Et de quand date dette image destinée à l’illustration du TJ décentralisé de fin mars 2011 ? Romaine Jean devant un train à deux étages, sans la table bi-pentagonique ( Photo TSR )

De bonnes informations en quinze minutes

Alors, regardons : voici de jeunes francophones parfaitement à l’aise dans leur poste de travail, un sujet sur le logement, un autre sur les nuits zurichoises, le témoignage d’un spécialiste de relations publiques, quelques informations sur la criminalité locale. Un ensemble de fait remarquable, qui n’a guère de lien avec les prochaines élections. Mais quinze minutes d’une excellente télévision variée, dans un format plus grand que ceux de « Mise au point »

Un direct qui n’apporte rien

Mais le direct : une table blanche est dressée, dans la gare, composée de deux parties régulièrement pentagonales, derrière elles, Romaine Jean. Devant elle, Corine Mauch, madame la présidente de la ville de Zürich, pour un entretien de deux minutes qui pourrait avoir été enregistré n’importe où. Et le jovial M.Köppel. Une grande horloge confirme le direct ; beaucoup de monde qui passe. Un observateur à gauche de l’image qui semble veiller sur Mme Mauch.

Bref, ces seize minutes dans la gare de Züich finissent par créer un événement qui n’en est surtout pas un. A se demande si cela méritait même lé quart de page de l’annonce du « Temps » ? Une trop grande dépense pour un résultat certes intéressant mais où le direct n’aura en rien enrichi l’information. Mais le choix des sujets, même sans la moindre allusion aux prochaines votations, aura contribué à une meilleure connaissance de Zürich.

Manger des sushis et voter à droite

Profitons de l’occasion pour se poser quelques questions sur un téléjournal en général.

Comment diable s’y prendre pour qu’un module permette de faire comprendre que des jeunes branchés qui mangent des sushis votent à droite ? Difficile. Impossible ? Poser la question, c’est peut-être mettre en évidence certaines limites du journal à immense audience qu’est tout TJ.

Un événement chasse l’autre

Une question du même genre : dans chaque numéro de tout TJ se trouve une information anecdotique. Exemple récent au « 19H30 » de la TSR : l’annonce faite de l’arrestation d’un éducateur pédophile s’en étant pris à des enfants de deux ans, ce qui dégage un sentiment de vif rejet qui n’a aucun lien avec un plan sur la maison, siège de l’institution. Il est intéressant alors de lire des journaux le lendemain. On y a trouve parfois, même pas toujours, quelques lignes seulement sur ce qui est devenu un événement pour la télévision. Les échelles de valeurs sont différentes.

Autre problème, d’autant plus sensible actuellement que des événements politiques importants se succèdent : révolution en Tunisie, idem en Egypte, guerre larvée en Libye, tsunami au Japon, une usine atomique qui échappe à tout contrôle. Un événement chasse l’autre. Oui, mais que se passe-t-il en Tunisie, en Egypte, une fois l’aspect dramatique disparu ?

Une intéressante forme de suivi

A porter à l’actif du « 19 :30 » actuellement une forme bienvenue de suivi : on y trace le portrait d’un jeune plongé dans les événements de son pays, ce qui permet de faire le point sur le contexte dans lequel il se trouve. C’’est une excellente manière de pas oublier son pays qui change.

Un regret : un ligne de texte annonce le revenu en francs suisses de celui dont on montre des bribes. Mais vivre en Tunisie avec deux cent cinquante francs suisses ne veut strictement rien dire. Il faut cesser avec ces comparaisons qui ne font qu’accentuer le sentiment de la misère des autres, donc de notre confortable supériorité. Il faudrait expliquer ce que l’on peut faire avec l’équivalent sur place de ces deux cents cinquante francs suisses. Mais c’est peut-être aussi difficile que de montrer en quelques plans des jeunes branchés mangeurs de sushis qui votent à droite !

Savoir savourer Mad men

Il ne se passe pas de semaine, et depuis assez longtemps déjà, sans qu’un média écrit de langue française ne s’intéresse à la série « Mad men », que l’on passe d’un quotidien « populaire » à une revue de cinéma vouée à la notion d’auteur la plus exigeante. Le snobisme à court terme n’explique rien.

Adultère sur internet et .. « Mad men »

Exemple récent : le grand quotidien romand dit incontournable aborde le problème de l’adultère facilité par des sites, parfois à bon rendement commercial, installés sur la toile. Encore convient-il de donner un exemple frappant d’adultère. Celui du Don Draper de « Mad men » fait l’affaire, avec son mensonge sur les obligations professionnelles tardives.

« Dépanné » par sa collaboratrice.

Dans le plus récent numéro de la série (TSR, dimanche 20 mars 2011), Dan Draper emmène Bobbie, sa maîtresse au bord de la mer, là où s’étendre sur le sable peut être source de volupté. Mais en toute, manque du pot : un bête d’accident de voiture, conducteur alcoolisé. Voici Dan retenu au poste de police, sommé de régler une amende de cent cinquante dollars. Saura-t-il se faire aider pour régler cette somme ? Plan suivant :il est assis dans une voiture conduite par Peggy. C’est à sa fidèle collaboratrice et seulement collaboratrice qu’il aura fait appel. Et celle-ci, accueillera Bobbie chez elle alors que Betty qui n’a pas dormi de la nuit assiste au retour de Dan. Plus tard, Peggy, imidement, fera remarquer à Dan, que pour elle, cent dollars, ce n’est pas rien. Ce qui se passe hors-champ est parfois tout aussi dense que ce que montre l’image ! Il faut une splendide écriture pour cela. Etonnant, d’ailleurs, dans la série, d’entendre parler de dollars en 1960 . la dizaine représente déjà quelque chose. Mais il serait difficile d’introduire, dans un série, la notion de dollar constant. Que valent, aujourd’hui, dix dollars de 1962 ?

Dan Draper (Jon Hamm ) et Hollis ( La Mond Byrd), sa maîtresse (TSR)

On fume dans chaque plan…

On imagine mal un journal sérieux s’en allant récupérer ses exemples dans des « potages » quotidiens comme le « Top Models » (5.800 numéros à ce jour ) américain ou, mieux tout de même, le « Plus belle la vie » français.( bientôt 1.700). Par contre, citer une série qui est à juste titre reconnue pour ses ambitieuses qualités valorise un texte. « Mad men », qui donc raconte le fonctionnement d’une agence de publicité américaine au début des années soixante, quand apparaissaient les trente glorieuses de la croissance, vaut par la richesse de ses personnages, la méticulosité de sa reconstitution ( la mode d’aujourd’hui lui rend hommage). On fume dans chaque plan, on boit dans un plan sur trois. Pas un instant où l’on s’ennuie. Mais en même temps, le temps s’écoule sans donner de sentiment d’accélération : ce rythme parfois contemplatif est aussi une qualité que le cinéma commercial perd à force de multiplier les actions et d’abréger les plans.

Cinq des membbres de l’équipe de l’agence, de gauche à droite et de haut en bas : Pete Campbell ( Vincent Kartheiser) , Roger Sterling (John Slattery), , Peggy Olson (Elisabeth Moss), Joan Hollyday (Christina Hendricks), Betty Draper (January Jones) et Dan Draper (John Hamm, assis) Qui est l’intrus(e) ?

Au loin, « Twin Peaks »

L’évident succès des séries exigeantes, pas seulement américaines si celles-ci sont numériquement dominatrices, est aussi un signe d’un progrès du langage audiovisuel. On peut faire par commodité remonter leurs débuts au « Twin Peaks » de Lynch au début des années 90 et citer au moins « Les sopranos », « Deadwood » , « Roma », « Dr House » ou « Dexter », et bien sûr « Mad men ». Elles apportent au « consommateur » du temps pour suivre le récit et apprécier sa diversité dans l’espace. C’est une manière de résister au « tout sur tout, surtout tout de suite sur tous les supports » qui provoque des noyades dans la superficialité. On retrouve le plaisir de pouvoir savourer tranquillement la richesse d’une imagination créatrice.

Au tour des « quartz » suisses

L’hiver est saison favorable pour qu’un pays seul ou un groupe fasse la fête à son propre cinéma. Viendront ensuite les centaines de festivals internationaux. Cela intéresse-t-il le grand public ? La réponse devrait être plutôt oui. Voici pourquoi.

Films suisses et grand public

On aura beaucoup parlé de ce film lors de ses difficultés financières. Mais il est terminé : "Sennentuntchi" de Michael Steiner a déjà dépassé les cent mille spectateurs en Suisse alémanique. Qu'en sera-t-il en Suisse romande dans quelques semaines ? Ce film de genre "glauque" mérite l'attention.

« Le discours d’un roi », après les Oscars, revivifie son système nerveux. Le nombre d’entrées résiste bien après plusieurs semaines d’exploitation. Les trente-cinq films suisses qui briguent une dizaine de « quartz » à Lucerne ( 12 mars 2011 ) vont peut-être renforcer le lien entre les œuvres et le public ? L’ATS vient de proposer un assez long texte en se livrant au petit jeu des paris : c’est aussi un signe ! Michel Zendali, avant qu’il ne soit trop tard, aura découvert jeudi 10 mars ( TSR1) que le cinéma suisse se féminisait en pariant sur le duo Reymond/Chuat de « La petite chambre ». Nicolas Bideau, l’ancien chef de la section cinéma, fit des efforts pour la promotion de ces « quartz » qui vont peut-être contribuer à amener quelques spectateurs de plus devant certains films suisses. La cuvée 2011 à un mérite : plusieurs des candidats aux quartz sont déjà connus du grand public comme « La petite chambre », le «Sennentuntschi » de Michael Steiner, « Cleveland contre Wall Street » de Jean-Stéphane Bron. « Romans d’ados » de Béatrice Bakhti aura cumulé spectateurs et téléspectateurs.

Quarante mille spectateurs en Suisse romande, c'est un succès cinématographique. Certes, cela ne représente que le cinquième des téléspectateurs qui suivent chaque jour le "19:30". Mais on peut proposer un autre critère comparatif : admettons que la population de France soit trente fois supérieure à celle de la romandie francophone. Quarante mille romands deviendraient ainsi plus de un millions d'habitants de France. Un millions, c'est très honorable sur le grand écran.

Importance des co-productions avec la télévision

Les deux principaux fournisseurs de l’indispensable carburant pour qu’un film existe, l’argent nécessaire mais pas suffisant, sont la Confédération et la SSR, à petites dizaines de millions chacune. Sans la télévision et ses chaînes régionales, le cinéma suisse serait plus maigrelet, d’un bon tiers environ. Les trente cinq films de fiction, de documentation, d’animation, longs ou courts-métrages, « nominés » lors des Journées de Soleure ont reçu en janvier quelques milliers de francs, parfois en petites dizaines : un arrosoir apprécie ! Dix quartz honorifiques sont décernés à Lucerne. Dix des trente-cinq nominés ont été co.-produits par la TSR. C’est proportionnellement beaucoup plus que la place de la TSR dans le paysage audiovisuel suisse.

All That Remains, de Pierre-Adrian Irlé, Valentin Rotelli. L'histoire de deux voyages, deux légendes, quatre destins croisés.

La nuit du cinéma suisse

Sur le petit écran, écouter quelque discours, énumérer des titres, faire attendre le nom du vainqueur, le voir monter sur scène, l’entendre remercier les uns et les autres ne fait pas passer une soirée bien folichonne, ni en Suisse, ni même à Paris ou Hollywood. Mais la TSR a concocté un choix de films alléchant pour que cette nuit du cinéma suisse soit séduisante dans la variété de ses propositions.

LAND OF THE HEADS de Barras et Cédric Louis

Avant minuit, deux films d’auteur qui furent aussi des succès commerciaux, le « Home » d’Ursula Meier puis « Les faiseurs de Suisses »( 1978) de Rolf Lissy qui n’a pas complètement perdu son actualité politique et son humour. Peu après les douze coups, un document d’intense rigueur, consacrée à une traductrice de romans de Dostoïevski. Puis ce sera un primeur sur le petit écran, les cinq courts-films de la sélection de 2011 : mais qui sera encore devant son petit écran à 01h45 ? Peut-être ceux qui connaissent de réputation le sulfureux « A vos marques, prêts, Charlie », une pochade d’esprit pornographique avec Mélanie Winiger : il sera alors 02h40 ! Salut les galopins !!

Dans mon cinéma

Du sport en direct : on vous en parle le jour avant, avant, pendant, après, le jour après. Un tel traitement vaut pour les informations les plus importantes !

Diffusion d’un film, d’un téléfilm, d’une série : la présentatrice de service donne le titre, le sujet, parfois le nom d’un acteur, rarement ceux des créatifs. Les jours qui précèdent, la BdL (Bande de Lancement) en a parfois dit un petit peu plus. La documentation venue du cinéma , de la seule télévision ou de co-production est souvent mieux traitée. ! « Dans mon cinéma » est une exception honorable traitant correctement un divertissement mineur, l’audiovisuel de fiction.

La même structure d’un numéro à l’autre

Dans un petit cinéma pour la télévision, Dominique Warluzel domine souriante Béatrice Barton et charmant Alain Delon

Cette série d’émissions d’une cinquantaine de minutes trace en sa présence le portrait d’un grand interprète. Trouvé par hasard sur le web une intervention de sa productrice, Béatrice Barton, qui met l’eau à la bouche en parlant de ses invités. L’avocat genevois incontournable comme un Freysinger, Dominique Warluzel, est en aussi bonne forme qu’elle pour dialoguer plutôt que de jouer aux questions-réponses avec ses invités qui sont parfois amicalement proches de lui. Raymond Vouillamoz a signé la réalisation de la première saison de l’été dernier. La deuxième fait apparaître un autre nom, René Fourneau. Pas de différence de structure et d’esprit d’une saison à l’autre. A se demander si Fourneau est un pseudo de Vouillamoz ! Mais il en va ainsi souvent d’une forme de télévision qui se répète avec une certaine régularité. La structure de chaque numéro de la série est fixée une fois pour toute, sans grande place laissée à une amorce de souplesse : huit minutes ici, deux là, puis à nouveau six, et ainsi de suite. La volonté de régularité d’une grille hebdomadaire conduit à figer son déroulement. Ce n’est pas forcément un défaut ! Ce n’est pas une bien grande qualité!

Dans leur petit cinéma, Dominique Warluzel toujours dominateur, Christophe Lambert et Alain Delon, toujours présent

Des extraits de dix films

Dans une petite salle avec peu de sièges rouges, l’invité(e) est confortablement assis(e) face à celui qui reçoit. Chaque numéro est agrémenté par des extraits de dix films, cinq tirés de la filmographie de l’interprète, cinq qui illustrent son rapport avec le cinéma et les grands moments inscrits dans sa mémoire. Ce sont presque toujours des souvenirs positifs. Et chacun s’en va chercher dans sa mémoire des souvenirs de sa jeunesse de cinéphile : les acteurs et actrices du cinéma en font souvent partie. Ils rappellent ainsi que le cinéma a une histoire déjà longue et contribuent ainsi à le faire savoir aux jeunes générations

Warluzel toujours sérieux, Delon toujours souriant, amis associés en petit cinéma rouge et sans cravate

Carole Bouquet se souvient

Carole Bouquet a évoqué l’étrange tournage de cet « obscur objet du désir » de Luis Bunuel où deux actrices jouaient le même personnage. La première enrôlée ayant quitté le plateau, le réalisateur utilisa en alternance les deux remplaçantes pressenties ! Angela Molina rêvait de tourner les scènes prévues pour Carole Bouquet et réciproquement. Cette dernière se souvient d’avoir détesté la scène choisie pour illustrer ce film. Mais elle le raconte si gentiment que le rejet devient une chose positive.

En haut, l’équipe tv En bas, le duo du “Guépard” de Luchino Visconti. Quatre images tirées de « dico photo » de la TSR« RTS / BBD Polymédia sa / Pugnet François En tout : Quatre fois Warluzel, présentateur, Quatre fois, Alain Delon, acteur; Deux fois Béatrice Barton, Une fois Claudia Cardinale, Une fois Christophe Lambert, Reflet de la hiérarchie de mes choix

Glisser dans le cinquante-deux minutes d’une émission des extraits de dix films qui conduisent tous à une amorce de conversation autour des choix ou des souvenirs, c’est s’imposer d’être bref. On se prend à « souffrir » quand la coupe inrtervient. !

Claudia Cardinale et Alain Delon : entre deux images, 47 ans

Claudia Cardinale et Alain Delon, il y a quarante-sept ans, dans ” Le Guépard” de Luchino V isconti La sortie d’une récente version masterisée du “Guépard” est l’occasion d’une comparaison dans le temps

Cette excellente série cinématographiquement sensible et informative passe actuellement sur TSR 2, en pleine saison d’un sport ou l’autre. Sa programmation irrégulière permet tout de même d’apprécier cette amorce de soirée thématique : le portrait est suivi d’un long métrage où l’acteur invité tient un rôle important. On quitte l’invité à la fin du long-métrage, comme si le dialogue s’était poursuivi alors entre lui et le spectateur qui aurait pris la place de l’animateur. Dommage que portrait plus film ne soient pas toujours associés !

Archives Séries TV

Les textes « Séries TV » de l’ancien site en PDF du 1er février 2011 à mai 2005:

La belle aventure Romans d’ados

Cette belle aventure a commencé il y a plus de huit ans. D’importants soutiens financiers lui ont été accordés, dont ceux de la Confédération et de la TSR. Celle-ci dispose d’une série qui pourrait connaître une certaine diffusion internationale, à commencer par Arte. La documentation apporte une eau bienvenue au nouveau moulin des séries ambitieuses, politique qui trouve actuellement succès avec « 10 » ou « En direct de notre passé ». La présentation à Nyon l’an dernier aura précédé la sortie en salle.

Même structure pour les trois premiers épisodes

Les trois premiers films sont liés à l’âge des protagonistes, 12 à 14, 14 à 16 et 16 à 18. Le temps s’arrête de fuir au moment où l’on souffle les dix-huit bougies sur des gâteaux Voit-on sept fois le souffle du jubilaire éteindre les dix-huit bougies entre l’intimité d’un trio et la large invitation dans un établissement publique ? Il faudrait recompter !

Mais l’ « Infrarouge » qui suivit le dernier épisode aura permis de faire une mise au point. Certes, atteindre les dix.-huit ans, c’est devenir juridiquement majeur, disposer de responsabilités et de droits nouveaux. Mais cela ne signifie pas que chacun entre dans l’âge adulte à l’instant de son dix-huitième anniversaire. On s’éloigne un peu de la structure initiale qui jouait sur des coupes temporelles. Même si chacun rencontre plus ou moins les mêmes problèmes, connaît joies et difficultés assez semblables, la vie familiale n’est pas tout à fait la même pour des enfants de couples plus ou moins unis que dans des familles séparées ou reconstituées. Mais cela ne range pas la société en bons et méchants ados.

Les sept ados de Romandie, réunis sur l’affiche du numéro 3, lors de la perte des illusions. Un indéniable succès préparé depuis 2002 et qui peut être récupéré aujourd'hui comme un exemple ” populaire et de qualité”

Souffler des bougies à dix-huit ans

Un autre élément confirme la modification de l’angle d’approche du quatrième film comparé aux trois premiers. Par des effets de montage, on peut entendre des remarques faites par les ados quand ils étaient encore dans leur scolarité obligatoire.Viennent alors leurs appréciations de jeunes adultes sur ce qu’ils ont dit parfois une bonne demi-douzaine d’années auparavant. Il peut y avoir aussi bien harmonie que différences, cohérence que contradictions..

Un angle d’approche assez différent

Le groupe passe à des moments différents au travers des mêmes problèmes, le choix et la réalisation d’un métier, la découverte de la vie amoureuse y compris dans sa composante sexuelle. Mais chaque individu vit ces étapes avec sa sensibilité personnelle. Le silence s’installe chez les uns alors que le dialogue est ouvert pour d’autres. Ce changement d’angle d’approche aura peut-être surpris une partie du public. Mais il ne faut pas en conclure que le dernier épisode trahit les trois premiers. Il fallait bien mettre fin à la série.

On peut même alors dès lors à se demander si, avec la richesse de la documentation accumulée au travers des années, on aurait pas pu avoir deux séries différentes, celle qui aura été présentées dans les salles faisant alors place sur le petit écran à une série de sept films d’une heure, un par ado, avec introduction et conclusion. L’amorce de la seconde attitude est inscrite dans le quatrième film. Imaginer ces deux cheminements différents ne veut par porter un jugement de valeur préférence donnée à l’une plutôt que l’autre. Cela permet d’insister sur la richesse pas entièrement exploitée de l’expérience.

Vingt deux mille spectateurs en salles

Plus de vingt-deux mille romands ont vu les quatre films. C’est beaucoup : un peu plus de un pourcent de la population francophone. Un même pourcentage appliqué à la France aurait représenté sept cent mille spectateurs ! Le public du premier rideau, le mercredi 12 janvier par exemple, aura légèrement dépassé les cent cinquante mille téléspectateurs. L’impact quantitatif de la télévision dépasse largement celui du cinéma : rien de nouveau, bien sûr, mais utile à rappeler ! Avec un débat d’ « Infrarouge », la TSR aura apporté un plus qualitatif à un vaste public et des compléments d’information. prend la peine d’inscrire à la fin d’une série, elle contribue à améliorer le qualitatif. C’est ainsi qu’un interlocuteur de Jordann suivit un conseil de ce dernier.

Le succès passage écran

Il existe entre le cinéma et la télévision suisses un accord général connu sous le nom de « pacte audiovisuel ». Un système de « récompense » financière permet, une cible préalablement fixée atteinte, d’ajouter quelques monnaie pas menue du tout aux revenus existants. La télévision a institué un certain nombre de classement par points qui fixe la hauteur du son « Succès passage antenne ».Il est bon, pour le producteur, ici Troubadour, la société de la réalisatrice et de son mari, que l’opération soit aussi une réussite financière. Cela ne se produit pas souvent dans le cinéma suisse.

L’argent qui remonte des salles

Sur les quinze francs environ qu’un spectateur débourse à l’entrée d’une salle de cinéma, entre quatre et cinq remontent jusqu’au producteur, une fois prélevées les taxes locales là où elles existent encore, la part de l’exploitant et couverts les investissements du distributeur. Le solde contribuer au retour sur investissment et peut forger parfois un bénéfice, ce qui assure la continuité de sa production audiovisuelle.

De cinq films récents et d’une partie de la critique

Les cinq films cités ici ont tous été soutenus par « Berne » sous la règne Nicolas Bideau et par la TSR. Cela ne suffit pas pour en faire des succès publics et garantir de grandes qualités, mais c’est nécessaire.

« Cleveland contre Walt Street » de Jean-Stéphsne Bron et « Romans d’Ados » de Béatrice Bakhti, deux approches documentaires, attirent chacun environ vingt-deux mille spectateurs devant de grands écrans de Suisse romande ( peu ou pas en Suisse alémanique et au Tessin pour le moment ). « Sauvage » de Jean-François Amiguet et « Impasse du désir » de Michel Rodde s’en sont allés après de modestes petits tours réunissant environ de deux mille spectateurs. « La petite chambre » de Stéphanie Chuhat et Véronique Reymond devrait rencontrer son public. Nous venons de voir que « Cleveland contre Wallstreet » et « Romans d’Ados » peuvent être classés dans une catégorie de succès en salles fort honorbles. Alors, pourquoi deux films de fictions de sexagénaires qui ont pris parfois une bonne partie de cinq années de travail connaissent-ils un si grave échec public ? Ils ne sont pas nuls, loin de là, mais ce me sont pas de grandes réussites. Il y a toujours un risque à faire du cinéma minimaliste, soit par manque d’argent, soit par choix. Dans les deux cas, il n’y a que deux personnages importants pour tenir la route pendant une centaine de minutes. Les silhouettes secondaires sont ou absentes ou inexistantes. Amiguet comme Rodde ont fait des choix de mise en scène et s’y sont tenus. Il fallait du courage pour croire qu’un vieil ermite rébarbatif , tout Jean-Luc Bideau soit-il et une jeune femme révoltée allaient séduire leur public (Sauvage), qu’un psychiatre jaloux pouvait finir par revêtir l’obsession d’un malade aussi peu séduisant que lui ( Rodde).

La distance est grande entre ces deux films pas très réussis et quelques critiques lémaniques qui écrivent et d’autres qui n’écrivent pas ce qu’ils disent en coulisses. Ils parlent, entre autres gentillesses, de catastrophes! Pourquoi ces deux films, comme d’autres hier et comme demain d’autres encore, se sont-ils attirés tant de haine ?

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Le producteur de « Romans d’ados », la mini-série de quatre films de cent minutes chacun de Béatrice Baktchi, fait la fête à Genève au moment où la dernière projection du quatrième film se déroule dans cette ville. Le film poursuit ailleurs sa carrière en Suisse romande. A ce jour, seize mille personnes l’on vu.

Romans d’ados est aussi un succès commercial

Il est évident que la consommation audiovisuelle globale est plus importante devant la multiplication des petits écrans que celle qui se décline sur les grands. Dans quelle proportion ? On manipule souvent des informations numériques sans prendre la peine d’en faire comprendre le sens. Un moyen existe de savoir si ces « seize mille » spectateurs pour « Romans d’ados », c’est oui ou non beaucoup. Pour 1,6 millions d’habitants en Suisse romande, il y en a 65 millions en France : quarante fois plus. Les 16 mille romands sont équivalents à près de 650 mille spectateurs. C’est beaucoup. »Romans d’ados » est aussi un succès commercial. Mérité du reste !

Chronologie prioritaire

L’aventure de « Romans d’ados » a donc duré presque dix ans. La TSR seule aurait-elle osé se lancer seule dans une si longue entreprise ? La mini-série existerait-elle sans la prise de position de principe de la TSR ? Le concubinage cinéma/télévision est ici harmonieux, un peu de manière inattendue, hors de routes aux lignes blanches bien tracées. Il est probable que l’accord sur la structure de l’ensemble n’a pas posé trop de problèmes. La chronologie y prend le dessus. Ainsi les sept participants finissent un peu par s’effacer au profit du groupe auquel ils appartiennent, lequel n’a pas la valeur d’un échantillon scientifique.

La psychologie au lieu de la sociologie

Au lieu de quatre fois cent minutes, il eut été possible de faire sept fois environ soixante minutes. La tranche d’age aurait ainsi fait place à des portraits successifs. Cette structure mettrait en évidence l’évolution des comportements personnels. La sociologie eut fait place à la psychologie.

En salle obscure ou dans son salon : pas la même chose !

Est-ce vraiment faire de la bonne programmation que d’aligner deux et même souvent trois numéros d’une série dont le principe de base est le numéro qui commence par un résumé du précédent ? Une heure enfermé dans une salle obscure crée un lieu solide entre le spectateur et l’œuvre. Une heure devant un petit écran que l’oreille ou l’œil peut quitter n’est pas très intense. L’attention vaut mieux que la distraction.

PS : “Dernières” à Genève et “Succès médiatique unanime” !

A Genève, dans quelques minutes, ce dimanche 03.10.10, une dernière projection des quatre parties de « Romans d’Ados » débute dans le plaisir d’une fête avec brunch offert et rencontre entre public, réalisatrice et protagonistes. Autre mérite encore que ces discussions qui ont eu lieu un peu partout en Suisse romande. Mais « dernière » à Genève ne veut pas dire dernière en Suisse romande : le film poursuit sa carrière sur d’autres écrans non-genevois mais lémaniques et non lémaniques.

La production a parfaitement raison d’être heureuse du succès public et culturel de cette véritable saga chronologique. Elle s’est donc fait un petit plaisir supplémentaire : celui de la citation d’opinions favorables au film.

Voici son échantillon :

Succès médiatique unanime !

_«C’EST FASCINANT, BRUTAL ET SENSIBLE, TRAGIQUE ET DRÔLE, PRENANT.» L’HEBDO_«… UNE ŒUVRE ESSENTIELLE A DÉCOUVRIR D’URGENCE. » LE COURRIER_«UNE EXPÉRIENCE SOCIOLOGIQUE ET CINÉMATOGRAPHIQUE INCOMPARABLE… » LE MATIN _«JUSTE, BEAU… UNE RÉUSSITE » LE TEMPS _« … IL S’AGIT LA, D’UN DES FILMS DE L ‘ANNÉE. » LA TRIBUNE_«UNE AVENTURE AU COEUR DE L’ INTIMITÉ D’ ÂGE, UNE EXPÉRIENCE TOTALE, BOULEVERSANTE» GUIDELOISIRES_«TOUCHANT, PERCUTANT, INSTRUCTIF ET INTRUSIF… » 24 HEURES_«DES ADOS DÉSARMANTS DE NATUREL ET DE SINCÉRITÉ… » FEMINA_«ÉPATANT ! LE FILM, QUI SE REGARDE COMME UN FEUILLETON, FORCE L’ADMIRATION.» 20 MINUTES_«ÉVÈNEMENT… PURES MERVEILLES D’OBSERVATION ET DE VÉRITÉ » AVANT PREMIÈRE_« … PLUS PASSIONNANT QUE BIEN DES FICTIONS A GRAND BUDGET. » 24 HEURES

Sauf erreur, les rédactions qui saluent ce « Succès médiatique unanime » sont toutes situées dans le bassin lémanique. Il n’y a rien qui vienne d’ailleurs, dans ce choix. Et pour l’avoir signalé, je me suis délicieusement fait « engueuler » ! Dommage!

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Evénement audiovisuel suisse assez important : l’apparition d’abord sur grands écrans de Lausanne, Genève et Yverdon d’une série de quatre films de cent minutes environ, fruits d’une alliance entre le cinéma et la télévision. Troubadour film doit certainement beaucoup à la TSR d’avoir soutenu cette vaste opération audiovisuelle, une co-production qui obéit à certaines règles contractuelles : priorité aux grands écrans de salles avant passage sur le petit et ses diverses déclinaisons.

Aurélie

Une expérience passionnante

Dès 2002, la réalisatrice Béatrice Bakhti et ses proches prennent contact avec des adolescents qui vivent à Yverdon. Ils en retiennent d’abord une quinzaine afin de n’en garder que sept pour effectuer plusieurs tournages annuels entre 2003 et 2008. 2009 et 2010 permettent de faire les finitions et de préparer la diffusion en salles.

Jordan

Résultat : quatre films de cent minutes environ, « La fin de l’innocence », « La crise», « Les illusions perdues », « Adultes mais pas trop » permettent à Aurélie, Jordan, Mélanie, Rachel, Thys, Virginie et Xavier d’illustrer des thèmes comme « Grandir », « Rêver », « Souffrir », « Haïr », « Aimer ». Aujourd’hui, ils ont vingt ans. A l’origine, ils avaient en commun leur âge, pas forcément des liens personnels au quotidien. Ils sont observés dans leur milieu familial, parfois perturbé par des séparations, divorces et recompositions. On suit aussi leur travail scolaire, leurs loisirs, leur formation, leurs comportements personnels.

Mélanie

Trois formes d’approche

Les qualités de cette mini-série sont d’abord celles de son principe mais aussi de la réalisation et du lien qui s’établit entre l’équipe et les ados. L’approche est de trois ordres. 1/ Pas de commentaire, seulement une voix hors-champ qui pose des questions alors que sont filmées et enregistrées les réponses. 2/ Reportage traditionnel par une équipe qui observe le quotidien des ados, entre eux et surtout en famille, réussite qui dépend de la confiance que les seconds accordent aux premiers et du respect des premiers pour ces seconds. 3/ Les ados peuvent s’exprimer seuls devant une petite caméra individuelle. Si les images sont alors moins nettes que les précédentes, une sincérité vibrante et parfois une réelle émotion surgissent de ces confessions sans complaisance.

Rachel

Ordre chronologique et unité thématique

Ordre chronologique et unité Comment trouver l’unité à travers un groupe disparate ? Filmer la petite ville en sa place principale, avec la statue de Pestalozzi. Choisir l’ordre chronologique, du passage de douze à dix-huit ans, en créant au montage une continuité thématique. Donner la parole aux uns et aux autres. La diversité des comportements subsiste. Les quatre filles et trois garçons sont suffisamment en confiance pour rester naturels, sincères, éclater de rire, installer de longs silences, laisser couler des larmes, crier leur révolte, exprimer des regrets.hématique

Le temps qui passe s’inscrit sur les visages, sur les corps qui se transforment, sur les comportements qui s’affirment des sept ados. Il n’est pas toujours évident de savoir avec exactitude le moment où s’est déroulée une séquence. La production rend ainsi un hommage marginal au partenaire en recourant à son « Téléjournal » qui mentionne des événements dates. Mais en même temps, on risque de croire que le TJ est la seule source d’information des ados sur le monde extérieur. Dommage, surtout si c’est réellement le cas.

Thys

Peu de musique, en général celle que font ou entendent un ou des ados. Une remarquable utilisation des silences qui en disent souvent beaucoup. Associée au temps qui passe et à des thèmes, la mini-série suit son chemin, tranquille et convaincante qui ne laisse pas de place à l’ennui : il y a constamment de quoi nourrir la curiosité de spectateur.

Imaginer une autre structure

La structure en quatre films fait passer des uns aux autres sans permettre de bien connaître chacun. Ces ados qui sont si rarement en présence les uns des autres ne forment donc pas un groupe. Ils restent des individus. Chacun à son tour revient, mais on n’a pas forcément en mémoire le sens de ses interventions précédentes. Connaître leur aspect physique et leur prénom ne suffit pas pour constituer un portrait. Les pièces du puzzle qui permettrait de faire plus ample connaissance sont difficiles à assembler. Tel est le prix à payer avec la chronologie et le montage thématique

Virginie

La TSR aurait peut-être pu négocier avec la production une autre structure, celle de série qui, en fiction comme en documentation, est un gage pour retenir l’attention à long terme. L’ensemble des quatre films serait devenu une série de seize fois vingt-cinq minutes environ. Un premier sujet de présentation pour faire connaissance du septuor aurait été suivi de sept portraits chacun en deux parties, pendant la fin de la scolarité obligatoire puis durant les années de formation, le film se terminant par une réunion des nouveaux pas encore trop adultes, par une rencontre effective ou par les finesses du montage. La projection sur le petit écran se serait ainsi déroulée en huit séances d’environ une heure qui aurait suivi dans le temps l’évolution de chacun, permettant de privilégier le cheminement personnel, certes dès lors au détriment des thèmes qui sont liés à l’âge. Car il se pourrait que le téléspectateur s’attache plus facilement à des personnes qu’à des thèmes.

Xavier

Les lecteurs d’une presse élitaire…

Les lecteurs d’une presse élitaire passent avant les actionnaires de la SSR-SRG idée suisse

Les lecteurs de deux exigeants quotidiens suisses, « Le temps » et la « NZZ », ont pu découvrir le 4 janvier 2011 un texte qui exprime les choix de Roger de Weck, au moment où celui-ci revêt son nouvel habit de PDG de la SRG-SSR idée suisse.

On aura pu aussi consulter ce texte sur notre site (voir Pleins Feux à ce sujet, mis en ligne le 10 janvier 2011).

Roger de Weck se livre à d’intéressantes et nombreuses considérations qui vont transformer l’auditeur(trice)-téléspectateur(trice)-internaute avide de spectacle en partie plus ou moins grande formé d’une citoyenne lucide ou d’un citoyen pareil. Il vaut la peine de citer l’une de ces considérations :

Grâce à son organisation de milice unique au monde (une association de 20’000 membres), elle échappe à l’emprise des partis ou du gouvernement (…). La SSR est indépendante : elle est redevable au peuple suisse qui la finance. De ce fait, elle doit garantir une offre de qualité au grand public et attirer si possible un peu plus l’attention vers des offres sélectives. Car sans public, pas de service public ni de service au public.

L’organisation de milice unique au monde, en Suisse romande, est formée des membres des sociétés cantonales. Vous, chères lectrices et lecteurs ! Et moi aussi ! La SSR idée suisse fonctionne un peu comme une société anonyme à but non lucratif. Nous sommes aussi les « actionnaires » de notre originale SA !

Curieux tout de même que l’avenir d’une SA qui va se transformer ces prochaines années, ne serait-ce qu’en retrouvant des chiffres noirs, soit décrit en priorité aux lecteurs de deux éminents organes de presse du pays et non à ses vingt mille membres. Comme si le milicien n’était pas vraiment pris au sérieux !

Cinéma suisse : pourquoi tant de haine ?

Le film, empêtré dans les lieux communs et les détails qui gênent, nous ramène aux heures grises du cinéma suisse. C’est hélas une catastrophe. Un scénario qui se perd à force d’égarer le spectateur. Ces plans fixes, si plaisants ou poétiques soient-ils, n’ajoutent rien à l’histoire. Une mise en scène purement illustrative, une photo bâclée, des acteurs livrés à eux-mêmes. Il vaudrait mieux dominer le récit. Pour le moment, il a sans doute davantage à montrer qu’à exprimer. Un projet (qui) devait avoir un certain potentiel pour convaincre un vieux briscard comme le producteur zurichois Hans-Peter Fueter.

Impasse du désir de Michel Rodde : fusillé par haine !

D’abord, on n’en est pas à un détail près : Peter-Christian devient Hans-Peter ! Et puis, lu où ? Nulle part : ceci est un collage de phrases authentiques qui viennent d’un peu partout. Elles datent de 1969,1970, 1974 ou 2010. Elles sont tirées d’un mémoire de licence d’une étudiante neuchâteloise construisant à Lausanne un discours critique autour du nouveau cinéma suisse dans les années soixante/septante. Elles concernent des films comme « Charles mort ou vif » et « Le milieu du monde » d’Alain Tanner, « Sauvage » de Jean-François Amiguet, « Impasse du désir » de Michel Rodde. Elles auraient très bien pu être dirigées contre « Les vilaines manières » ou « Quelques jours avant la nuit » de Simon Edelstein. Pour compléter la liste, on pourrait faire quelques recherches dans certaines déclarations de l’ancien responsable du cinéma suisse transféré en diplomatie. Elles sont signées Georges Bratschi, dans la « Tribune de Genèvc », Antoine Duplan dans « L’Hebdo », Norbert Creutz dans « Le temps ». Dans un supplément du quotidien, « Sortir », « Impasse du désir » est classé 48ème sur cinquante par Creutz, son confrère Thierry Jobin lui accordant la lanterne rouge au cinquantième rang d’une liste recouvrant deux/trois mois. Les années passent : une certaine critique lémanique reste fidèle à elle-même.

Sauvage de Jean-François Amiguet : fusillé par haine !

Et encore, parfois l’écrit se trouve en retrait de déclarations orales exprimées entre quatre yeux ! Tous les films cités ont reçu le soutien de la TSR. Mais on peut, on doit se demander : pourquoi tant de mépris ? Pourquoi tant de haine ? Sans savoir répondre !

De Zone d’ombre en Specimen

L’information de réflexion ( type TTC , Mise au point) ou d’investigation ( Temps présent) reste le point fort de la TSR. A peine terminée la météo des vingt heures que les émissions « maison » s’installent à l’antenne au premier rideau. Un brin d’ennui vient du formatage qui conduit à des structures souvent trop semblables d’une semaine à l’autre.

Nouveautés dans la forme

Pour combattre cet ennui formel insidieux, un moyen existe : accorder son attention aux émissions nouvelles qui sont à l’antenne. Les mercredis soirs de la TSR sont occupés par deux émissions mensuelles anciennes, 36,9 et Passe-moi les jumelles. Deux autres émissions apparaissent tous les deux mois environ, Zone d’ombre (depuis décembre 2008) et Spécimen ( dès avril 2010). Il reste quelques mercredis à disposition des tenantes d’empoignades verbales connues sous le nom d’Infrarouge.

Des affaires judiciaires non-résolues

“L’affaire Légeret” : le témoignage de Mme Nadine Albanesi n’a pas été retenu (Photo TSR)

Zone d’ombre, magazine d’affaires judiciaires non- résolues, fit sa première apparition en décembre 2008 avec « L’affaire Légeret ». La prochaine, en mars 2011, évoquera « L’affaire Skander Vogt », détenu qui mourut étouffé dans sa cellule de Bochuz par la fumée dégagée de son matelas. Cette affaire ne restera peut-être pas vraiment mystérieuse. La contribution du premier décembre, intitulée « L’affaire Fluckiger » traite en réalité de quatre événements distincts les uns des autres. Le climat parfois tendu avant l’accession du Jura à son statut de canton suisse conduit encore à se demander si des liens politiques ne pouvaient pas avoir réuni tout ou partie de ces événements. Une telle hypothèse semble pourtant fragile.

Zone d’ombre se divise en deux parties presque égales, un plateau dirigé par un bon journaliste, Daniel Monnat, qui laisse un peu dans l’ombre le journaliste et le réalisateur responsables des reportages. Entre plateau et reportages, l’équilibre est assuré par un bon rythme de montage qui sait rendre clairs des événements qui ne l’étaient pas forcément. Zone d’ombre fait le point à un moment précis sur un événement menacé par l’oubli. Il le fait en général plutôt bien ( cf dans la rubrique « Dossiers », « Zone d’ombre sans accusé » – 2 novembre 2010), dans un décor géométrique un peu froid et monocolore.

“L’affaire Fluckiger” : à la recherche d’indiccs

Dans « L’affaire Fluckiger », un des invités, Arthur Hublard, ancien juge d’instruction ayant suivi de près ou de loin les quatre affaires, eut droit à la dernière intervention. Il parla de lettres écrites aux proches de la victime par le condamné maintenant libéré ayant toujours proclamé son innocenc. Curieuse fin : comme si un rebondissement était possible.

On peut aussi trouver des liens entre le « Faites entrer l’accusé » présenté par Daniel Hondelatte sur France 2, où l’animateur intervient dialogue avec des témoins en dehors d’un plateau unique. Avec beaucoup moins de moyens, la TSR fait certes une émission moins spectaculaire mais avec autant de rigueur.

Les bons goûts de specimen

Specimen, apparu cet année, s’efforce de saisir différents aspects du comportement humain, ayant déjà goûté à l’égoìsme, au mensonge, à la manipulation, au fric ( 18 novembre ) en attendant de fréquenter les problémes du couple ( 15.12.2010). Ce type d’émission laisse ouvertes plusieurs portes dans l’approche des sujets.

Le duo de présentateurs de “Spécimen” : Luigi Marra et Tiby, de droite à gauche

Portes ouvertes

Sur internet, les intentions des responsables de l’émission sont fort bien décrites, qui montrent ainsi une palette laissant beaucoupde liberté aux réalisateurs mettant de l’ordre dans le matériel au montage :

Pour déchiffrer nos comportements quotidiens, Specimen se livre à toutes sortes d’expériences. Il explore notre cerveau, sonde nos émotions, met en scène des jeux de rôles, capte des situations sur le vif grâce à une caméra invisible, recueille les explications des scientifiques et les témoignages de gens ordinaires. Sans oublier d’observer le comportement de nos ancêtres les hommes des cavernes et de nos cousins les singes.

Specimen pour l’argent : la tirelire pour l’éducation dès la petite enfance

Bon mixage d’humour et de sérieux

Une partie de l’émission consacrée à l’argent observait le comportement de deux groupes, l’un ayant manipulé des feuilles de papier et l’autre des billets de banque. Lors d’un débat organisé dans chaque groupe en demi-cercles, observation fut faite, ruban métrique à la main, que la distance moyenne entre les chaises des uns était supérieure à celle des autres. Il s’agissait là d’une reconstitution conduisant aux mêmes conclusions que les observations initiales

J’avoue là avoir délicieusement souri devant le principe même de l’expérience et pas du tout compris le sens que pouvait prendre le différence entre deux distances moyennes. Cela tenait du clin d’œil complice !

Ou encore : dans un groupe, on manipule du papier, dans l’autre ont compte des billets de bel et bon argent ( en dollars ? ). Et voilà que les seconds résistent mieux à la douleur née d’une main trempée dans de l’eau glacée que les premiers… Curieux, ce résultat. ( l’histoire ne dit pas ce qui se serait passé si on avait fait manipuler aux uns des vrais billets et aux autres des faux

Des dollars à caresser sans se geler les doigts : une idée de “Spécimen”

Etrange, excitante cette émission faite de surprises inattendues qui font sourire sans renoncer au sérieux d’expériences insolites. Science, humour et spectacle font bon ménage à trois.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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