Séries TV

Cinéma et télévision désormais égaux !

Dès le vendredi 24 mai à 20h10, durant cinq semaines, la RTS propose une nouvelle mini-série de cinq fois quarante-cinq minutes, « La part de l’autre » de Christophe Chiesa. Le tournage en immersion s’est déroulé durant trois mois aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV). Certes, il s’agit d’une médecine de pointe.  Mais plus encore de comprendre ce que donner ou recevoir un organe représente, dans un pays comme le nôtre où les donneurs sont trop rares.. Voici une première image :

"La part de l'autre"
« La part de l’autre »

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Notes de lecture.

Dans la livraison de mai 2013 de la revue POSITIF ( no 627), on trouve en page 26 un texte de Jean-Philippe Domecq sur le film « Les Anonymes » de Pierre Scholler ( « L’exercice de l’Etat »). Ce film produit par Canal + a été diffusé sur le petit écran seulement. En principe, cette priorité devrait rendre sa diffusion sur grand écran difficile sinon impossible.

Positif no 627 - mai 2013 Matthew McConaughey  dans "Mud" de Jeff Nichols

Positif no 627 – mai 2013
Matthew McConaughey dans « Mud » de Jeff Nichols

Michel Ciment

Très content de pouvoir saluer une personnalité aussi incontestée que Michel Ciment, responsable donc de « Positif » dont la qualité dépasse désormais celle des « Cahiers du cinéma » d’hier, critique au « Masque et la plume » depuis vingt ans, responsable sur France Culture de « Projection privée », une encyclopédie radiophonique cinéphilique où « il se consacre essentiellement à de grands entretiens avec des réalisateurs, des comédiens mais aussi des musiciens, des producteurs et des historiens de cinéma » ( Hélène Delye dans « Le Monde Télévisions » du dimanche 12- lundi 13 mai 2013)

De plein droit à l’histoire du cinéma

 

Deux séries françaises ont su évoquer la guerre de 39-45 avec réalisme : "Un village françaus" et "La maison des bois", bien lointaine puisqu'elle date de 1971, signée d'un grand cinéaste, Maurice Pialat

Deux séries françaises ont su évoquer la guerre de 39-45 avec réalisme : « Un village français » et « La maison des bois », bien lointaine puisqu’elle date de 1971, signée d’un grand cinéaste, Maurice Pialat

Très sereinement, Michel Ciment écrit : il nous semble de plus en plus artificiel de séparer ce type de réalisations ( donc « Les anonymes ») des films distribués en salle. « Twin Pinks » de David Lynch, « Milfred Pierce » de Todd Haynes, « Les Mystères de Lisbonne » de Raul Ruiz, « Carlos » d’Olivier Assayas, « Boardwalk Empire » de Martin Scorsese, « House of Cards » de David Fincher, « Top of Lake » de Jane Campion ( sensation du festival de Berlin 2013) comme jadis « La Maison des bois » de Maurice Pialat, « Les Aventures de Pinocchio » de Lui Comencini ou « Berliner Alexanderplatz » de Rainer Werner Fassbinder appartiennent de plein droit à l’histoire du cinéma.

Une première image de la série "Top of Lake" de Jane Campion avec l'actrice        , la Peggy de "Maad Men"

Une première image de la série « Top of Lake » de Jane Campion avec l’actrice Elisabeth Moos , la Peggy Olson de « Mad Men »

Le grand bond en avant avec les séries

Pas évidente, cette prise de position très claire de Ciment, quand une partie encore assez large de la critique qui se consacre au seul cinéma emploie l’expression « téléfilm » pour rejeter tout film qui lui semble n’avoir aucun intérêt.
Mais incontestablement juste, tant il est vrai que l’audiovisuel contemporain a fait un grand bond en avant avec les séries qui permettent de retrouver les élans de la grande littérature romanesque.

Une première image de la série de David Fincher, "House of Cards"

Une première image de la série de David Fincher, « House of Cards »

Choix personnels récents

Voilà qui me met l’aise pour résumer quatre par quatre mes plaisirs personnels de mars et avril 2013 procurés par des œuvres audiovisuelles rencontrées ces derniers mois, sans ordre de préférences :

Films de cinéma

« The place beyond the Pines » – Derek Gianfranco – USA
« Wajda » – Haifaa Al Mansour – Arabie saoudienne (Allemagne)
« The Grandfather » – Wong Kar Wai – Hong-Kong
« L’écume des jours » – Michel Gondry – France

Films pour la télévision
« Le métis de Dieu » -Ilan Duran Cohwn – France
« Les Silences de l’Eglise » – Dewin Baily – France
« The gatekeepers » – Dror Moreh – Israël,
« La Chine, le nouvel empire» – Jean-Michel Carré –France

Elisabeth Moos, dans "Mad Men"

Elisabeth Moos, dans « Mad Men »

Séries
« Mad Men » – USA – saisons 4 et 5
« Homeland » – USA – saison 2
« Real Humains » – Suède – saison 1
« Hatufim » – Israël- saison 1

Oui, ce furent là mes plus grands plaisirs en mars et avril 2013, uniques ou à répétition avec les séries télévisées.

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PS qui n’a rien à voir….

"Paradis: foi" d'Ulrich Seidl (Photo ARTE)

« Paradis: foi » d’Ulrich Seidl (Photo ARTE)

 

Dans le même numéro, « Positif » consacre dix pages à la « trilogie », (« Paradis :amour », « Parardis : foi » et « Paradis : espoir ») d’un cinéaste autrichien provocateur, Ulrich Seidl. Michel Ciment rebondit sur l’affirmation d’un de ses collègues, Jacques Mandelbaum, qui demandait dans « Le Monde » : « Pourquoi cette culture autrichienne, en cela unique au monde, produit-elle des antagonistes aussi extrêmes que Wolfgang Amadeus Mozart et Adolf Hitler ? ». Il complète la liste des duos antagonistes de quelques pays, Espagne ( Franco et Velasquez), Allemagne ( Goering et Beethoven), Angleterre ( Jack l’Eventreur et Shakespeare), Etats-Unis ( le sénateur MCCarthy et Hémingway), Italie (Mussolini et Michel Ange), Russie ( Staline et Stravinski), Chine (Mao et Confusius), et même France (Landru et Marcel Proust). Un exception toutefois : face à un choix entre Klee, Honegger, Ramuz et Giacometti, impossible de trouver un tueur en série compétent ! Cela valait bien un détour qui n’a rien à voir avec le sujet du jour. Flatteur, Michel Ciment

D’ « Homeland » à « Hatufim »

Des éléments d’information apportés par un inquiétant document, «Drones tueurs et guerres secrètes» se glissent dans certaines séries comme «Real humain», «Homeland» ou probablement aussi «Hatufim». Et la frilosité romande dans la promotion et la diffusion de séries haut de gamme à forte valeur ajoutée étonne face au dynamisme d’ARTE.

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Drones tueurs et guerres secrètes

RTS1 vient de présenter un film intitulé « Drones tueurs et guerres secrètes » («Histoire vivante» – Dimanche 05.05.2013 – 21:00) qu’on peut revoir  sur « sept plus ». C’est un document français de Jean Martial Lefranc, avec la RTS au générique, qui donne des informations sur les drones, en particulier ceux qui sont dans les mains des USA. Cette image de contrôle vidéo vue dans « The gatekeepers » dans la bande de Gaza montre-t-elle un drone qui frappe une voiture, avec la seule certitude de savoir qu’un terroriste s’y trouve à son bord, pas seul, mais avec qui ? Un de responsables de la cellule anti-terroriste israélienne, Le Shin Beth, parlait à son propos du risque de condamnation  à mort d’innocents.

Drone tueur,extrait du document de Jean Martial Lefranc ( France5)

Drone tueur, extrait du document de Jean Martial Lefranc ( France5)

La robotisation accomplit d’immenses progrès, conduisant vers une autonomie de certains drones de plus en plus grande: il existera sous peu des engins aériens qui décideront seuls de tirer sur une cible. Ce problème de l’autonomie des robots est un des thèmes traités dans « Real Humain », la splendide série suédoise dont la première saison vient de prendre fin sur ARTE

Un drone tueur d’enfant

Une attaque par drone surveillée par l’armée américaine, en cours de préparation, ne peut pas être exécutée à cause de la présence d’un enfant, selon une directive humanitaire à respecter : oui, il en existe ! Un drone qui frappe une mauvaise cible joue un rôle essentiel dans la première saison de « Homeland ». Il a tué dans une cour d’école des dizaines d’enfants, dont le fils du terroriste Abu Nazir. Le prisonnier Brody a pourtant tissé des liens d’amitié avec cet enfant. Cette mort brutale joue un rôle essentiel dans la décision de Brody de la « compenser », lors de son retour en héros dans son pays,  par une tentative d’attentat contre le vice-président des USA qui a donné l’ordre initial.

La fiction, reflet de la réalité

La même image de la destruction d’un véhicule par un drone apparaît dans deux documents différents. La fiction illustre la réalité observée par le document de Jean Martial Lefranc, à  travers l’autonomisation des robots (« Real Humain ») et les conséquences de la mort d’un enfant (« Homeland ») . Elle s’interroge à sa manière sur ce que signifient les drones et leur emploi dans une guerre dite propre, parfois maintenant menée par des civils qui n’ont aucune règle à respecter contrairement aux militaires. « Homeland » propose ainsi une réflexion sur l’aveuglement de cette guerre nouvelle et une de ses conséquences inattendues, à travers le « retournement » de Brody par Abu Nazir. Ainsi se trouve introduite une notion  de « morale » à propos de l’emploi des drones.

Gidéon Raff

Gidéon Raff - auteur, scénariste et réalisateur de "Hatufim", co-auteur et co-scénariste de *Homeland"

Gidéon Raff – auteur, scénariste et réalisateur de « Hatufim », co-auteur et co-scénariste de *Homeland »

Dès le jeudi 9 mai 2013, ARTE, vers 21h00, diffuse en dix épisodes de près d’une heure chacun « Hatufim », la série qui est à l’origine de « Homeland », écrite, produite et réalisée par Gideon Raff, qui fait partie du trio des auteurs de l’écriture d’ « Homeland ». Même si les différentes entre les deux séries sont réelles, la présence de l’auteur de la série originale dans l’équipe de son adaptation garantit au moins l’esprit d’une approche. On imagine mal Raff se faire l’auteur d’une trahison de son projet.Il est possible que le coût d’un seul épisode du très spectaculaire « Homeland » représente celui de la première saison de l’intimiste « Hatufim ».

Nimrod ( à gauche) et Uri ( à droite ) ( Hatufim - arte - Vered Adir ) : pour faire connaissance avec les deux "revenants", après 17 ans de captivité ( Photo ARTE - Vered ADIR)

Nimrod ( à gauche) et Uri ( à droite ) ( Hatufim – arte – Vered Adir ) : pour faire connaissance avec les deux « revenants », après 17 ans de captivité ( Photo ARTE – Vered ADIR)

L’intelligence de la promotion

Pour ARTE, proposer à une heure de grande écoute certaines séries tient lieu d’opération de prestige, avec « Ainsi soient-ils » ( le tournage de la deuxième saison vient de commencer) ou la mise en valeur des meilleures offres scandinaves, « Borgen », « Real Humain » et l’attention désormais portée à Israël avec « Hatufim ». ARTE obtient  en France d’excellentes parts de marché, de l’ordre de cinq à sept pourcent, réunissant plus d’un million de téléspectateurs, ce qui dépasse sa largement sa moyenne annuelle qui oscille entre trois et quatre pourcent. La campagne de promotion autour d’ »Hatufim » est intense, au point de retenir l’attention aussi des trois magazines consacrés à la télévision de Suisse romande. Il est important qu’une chaîne culturellement ambitieuse comme ARTE soit fière de ses choix.

Talia Klein ( Yael Abecasdsis ),  l'épouse du revenant NImrod, avec ses deux enfants, Dana, 19 ans et Yatzav, 17 ans, qui ne connaissent pas leur père

Talia Klein ( Yael Abecasdsis ), l’épouse du revenant Nimrod, avec ses deux enfants, Dana, 19 ans et Yatzav, 17 ans, qui ne connaissent pas leur père

L’offre du journal « Le Monde »

Dans son supplément de dimanche 5/lundi 6 mai 2013, « Le Monde » consacre deux pleines pages à « Hatufim » décrivant dans un premier texte les différences plus que les ressemblances entre la série israélienne et son adaptation américaine. Un second texte s’intéresse à l’accueil de la série dans son pays d’origine

Les vendredis 3 et 4 mai, le premier épisode a été diffusé sur le site Lemonde.fr/hatufim, mais réservé à ses abonnés. Du 5 au 8 mai, l’accès en était gratuit.

« Hatufim » : à première vue

Excellent moyen de promotion que cette avant-première d’un épisode vu avec grand intérêt et d’emblée une inattendue émotion. Aucun doute : voici du haut de gamme avec forte valeur ajoutée.   Intimiste ? Même pas tellement, il y a plusieurs scènes de foules, des déplacements de véhicules, des avions. Cette attente de deux « revenants » et du cercueil d’un troisième est subtile et discrète. Ce sont en effet de vrais revenants après dix-sept ans de captivité qui ont conduit à de profonds changements. Ces rencontres tant attendues, tellement espérées deviendront rapidement inquiétantes ou tendues. Que vont se dire ce père et son fils Yatzav qui ne se connaissent pas ? Et comment sa fille Dana qui avait deux ans lors de son départ pour la guerre va-t-elle l’accueillir ? La musique, avec un minimum de décibels, accompagne presque tout le film en une sorte de complicité oscillant entre  discrétion et émotion partagée.

Amiel, celui qui ne revient pas, deviendra "réel" par la force de  l'imagination de sa soeur Yael

Amiel, celui qui ne revient pas, deviendra « réel » par la force de
l’imagination de sa soeur Yael

Frilosité romande

Disposer des droits pour la diffusion d’une série est une chose. Exposer cette série pour lui donner des chances de rencontrer un large public une autre, qui dépend partiellement du jour et de l’heure de diffusion. Sur Arte, « Borgen », « Ainsi soient-ils », « Real Humain » et désormais « Hatufim » furent ou sont proposés en premier rideau, le jeudi soir vers 21 :00. Il fallait attendre 23h00 environ pour les voir sur la RTS, « Borgen », « Ainsi soient-ils » ou un « Mad MEN » qui subit aussi une diffusion tardive.

Sur son site internet, « ARTE » consacre de riches dossiers à ces séries  haut de gamme à forte valeur ajoutée. Frileuse dans ce domaine ou avec les bandes de lancement, la RTS reste en retrait.

Concurrence parfois entre RTS 1 et RTS 2

 

Pour continuer de faire connaissance avec certains personnages de "Hatufim" : Nurit Halevy-Zach qui a épousé le frère du revenant Uri

Pour continuer de faire connaissance avec certains personnages de « Hatufim » : Nurit Halevy-Zach qui a épousé le frère du revenant Uri

Hier,  la RTS se fit concurrence à elle-même en diffusant simultanément « Borgen » et « « Ainsi soient-ils » en partie aux mêmes heures tardives. Aujourd’hui, elle propose « Homeland » à peu près en même temps qu’ »Arte » diffusait « Real Humain » ou diffuse « Hatufim »,  évident manque de coordination entre elle et une chaîne prétendue sœur et amie. Certes, le sériophile peut s’offrir les deux séries, l’une comme l’autre reprises durant sept jours sur les deux chaînes. Mais il y aura longtemps encore plus forte consommation lors du passage à l’écran que sur internet. Les nombres de visites sur ce dernier sont faibles comparés aux nombres de spectateurs annoncés en parts de marché.

Cette frilosité romande est regrettable, tant dans la manière d’exposer le meilleur des séries que la promotion faite pour y accéder. On se demande bien pourquoi. La programmation par la RTS  ressemble plus à celle de TF1, chaine commerciale généraliste qui lui fait concurrence sur le plan de la publicité qu’à  celle d’ARTE, chaîne généraliste bilingue qui se met au service d’un public certes plus étroit mais plus exigeant.

On se demande bien pourquoi « Les experts » ou « Hawaï 05 » sont mieux traités que « Mad men » ou « Borgen »! « Real humain » ou « Hatufim » resteront-ils longtemps ignorés par la RTS?  Addiction à l’audimate tenant pour une victoire toute diffusion précédent celle d’une chaîne francophone concurrente ? Manque d’envies ou manque de moyens ? Il y a quelque chose de « pourri » au royaume de Roger de Weck et de Gilles Marchand.

Séries : tour d’horizon

Enfin, une excellente heure de diffusion pour une série à grande valeur ajoutée, « Homeland » (RTS, jeudis vers 21h00). Et quelques remarques sur trois séries de haut de gamme, « Real Humans », « Homeland » et « Mad men » Lire à ce propos le texte Notes de lecture autour de la notion de « Série haut de gamme » (21 avril 2013)

La « valeur ajoutée »

Très heureuse, la formule utilisée dans son édito du Médiatic NO 176 par le président du Conseil du Public, Matthieu Béguelin, pour caractériser un genre en citant des exemples actuellement à l’écran – « Mad Men » et Homeland » –  ou récents – « Borgen » ou « Roma ». Attribuer cette réelle « valeur ajoutée »  à « Real Humans – 100% Humain »  présentée par ARTE ( jusqu’au 2 mai 2013 pour la première saison ) serait même parfaitement justifié.

Il vaut aussi la peine de rappeler l’excellente définition d’une série haut de gamme, donnée récemment  par un texte paru dans « Le Monde », laquelle doit être  « «  écrite comme un livre, réalisée comme un film, mise en scène comme une pièce de théâtre ». On y peut ajouter « sonorisée comme un opéra » pour ne pas oublier une bande sonore faite de la diction des acteurs, des bruits, de la musique.

 

Une image d'une série scandinave à dévouvrir prochainement, "Le pont" entre Danemark et Suède

Une image d’une série scandinave à découvrir prochainement, « Le pont » entre Danemark et Suède

Au moins un soir par semaine

Les séries haut de gamme, donc à forte valeur ajoutée, ne sont pas encore très nombreuses. Une télévision généraliste de service public se doit de les faire connaître au public que souvent elle gave avec des séries policières unitaires à personnages récurrents, parfois complétées par des séjours en hôpitaux, qui ont la part belle chez les généralistes commerciales aspirées par les parts de marché.

Le Conseil du Public, appuyé par le Comité régional, semble bien avoir été écouté. On peut désormais voir « Homeland » le jeudi à la suite de « Temps présent » , donc un peu après 21 heures, plutôt que vers 23h00. Il serait même bien qu’une hirondelle ne soit pas seule à faire le printemps d’une bonne diffusion pour le meilleur des séries exigeantes. Et il est normal que les représentants du public se prononcent sur des principes de la programmation.

S’impose alors un bref tour d’horizon sur les séries récentes

Réal Humans – 100 % humain

Décidément, la Scandinavie se porte bien, qui doit à la Suède cette superbe et étrange série. A quand son passage sur la RTS ? Et déjà on attend « Broen », une co-production entre la Suède et le Danemark, déjà adapté par la BBC, avec son cadavre trouvé sur la frontière qui traverse le  pont unissant ces deux pays. Ce ira  certainement, comme « Killing », au-delà d’une enquête menée par les polices de deux états.

malte, membre du trio qui voudrait complétement éliminer les "hubots" ( Real humans - photo arte)

Malte, membre du trio qui voudrait complétement éliminer les « hubots » ( Real humans – photo arte)

Des scientifiques ont su créer de presque parfaites répliques des humains, désormais vendues dans des grandes surfaces, rechargeables à partir d’une simple prise électrique. Il y a donc des robots domestiques, des rebelles, la famille Engman, les 100% humain d’un mouvement clandestin qui veut une société sans hubots. La haute technologie est parvenue à faire ressembler certains robots à des humains, capables de sentiments, d’émotions les plus subtiles. Troublant, inquiétant, prometteur peut-être d’une nouvelle harmonie ! Et il ne suffit pas de remplacer « hubot » par exemple par « noir » pour cerner la série !

La famille Engman, un couple avec deux ados et une fillette, avec ses proches voisins, est au centre du récit, d’autant plus aisément qu’ Anita, un récent achat en magasin, fait désormais partie presque intégrante de ce milieu de la classe moyenne suédoise.

Les personnages féminin sont peut-être mieux dessinés que les masculins. Inger Engman, avocate, prend fait et cause pour des hubots en offrant une étrange ressemblance avec la présidente du gouvernement de « Borgen ». Anita, Mimi rebelle enlevée, est bien  proche de ses employeurs. Béa appartient au trio du mouvement clandestin, identité bien masquée.Une femme pasteur accueillante forme un couple normal avec une amie. Ceci pour ne dire que deux ou trois des premières choses que l’on découvre dans « Real humans »

La deuxième saison d’Homeland

Revenu en héros aux USA en 2011 après avoir été détenu par des islamistes en Irak pendant sept ans, Brody, lancé dans la politique, va est très proche du vice-président des USA. Carrie, l’agente bipolaire de la CIA, certaine à juste titre que Brody a été retourné contre son pays, a été chassée de  l’agence. Elle a fait une grave rechute et est devenue institutrice.

Saul, le supérieur direct de Carrie à la CIA

Saul, le supérieur direct de Carrie à la CIA

La guerre d’Irak est donc terminée. On est installé aux  USA tels qu’ils sont devenus dix ans après septembre 2001. La chronologie de la première saison avait le mérite de la plausibilité.

En va-t-il de même en deuxième saison ? Au Moyen-Orient, quatre des cinq installations liées à la potentielle bombe atomique iranienne ont été bombardées. Beyrouth est à nouveau partiellement détruite. Quel est donc la date de ces nouvelles actions, qui se déroulent après 2011 ? Serions-nous entrés dans le futur, autrement dit dans de la pure fiction, alors que la première saison était parfaitement intégrée dans le très proche passé ? Ce Beyrouth partiellement en ruines aurait provoqué des protestations au Liban !

Malgré cette incertitude sur le temps des actions, « Homeland » garde son efficacité, sa subtilité, la puissance de ses événements et les contradictions de comportements des personnages.

« Mad Men » en cinquième saison

Cette série si plausible, qui se déroule dans les années soixante, peut presque être considérée comme « historique ». La vie de l’agence de publicité oscille entre succès et difficultés, les membres de cette équipe à la fois unie et désunie vivent avec intensité leurs multiples contradictions, entre eux et en eux. Passer une soirée avec eux chaque semaine, c’est presque participer à une sorte de rencontre avec des copains proches ou insupportables, changeants ou pareils à eux-mêmes.

La clope omniprésente, y compris chez les femmes élégantes et rousses

La clope omniprésente, y compris chez les femmes élégantes et rousses

Pour certains jeunes, cette série est celle où tout le monde tire sur sa clope tout le temps, élément qui permet de souligner le fait que la série appartienne bien à l’Histoire, certes récente. Et que cette fumée permanente est bien le  reflet d’une immense réussite commerciale, celle des fabricants de cigarettes qui ont  su importer leur produit aux générations successives.  A propos de  fumée : les américains ne fument que rarement le cigare et les fumeurs de pipe y sont rares ? Autre preuve de la victoire des vendeurs de clopes ?

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PS : « Jo » et « Candice Renoir »

« Jo » ( RTS le vendredi vers 23h00   et TF1 le jeudi dès 21h00), produite par TF1 et « Candice Renoir » ( France 2 le vendredi soir vers 21h00 ), à première vue, ne présente pas grande valeur ajoutée. Pour saluer la présence française dans le haut de gamme, il faut se souvenir d’ « Engrenages » et « Caïn » et attendre avec impatience « Un village français »

Notes de lecture autour de la notion de « Série haut de gamme »

 

Marquer un temps d’arrêt peut servir à éclaircir des idées. Une chose est de présenter et de défendre des série dignes d’être aimées comme nous le faisons (trop ?) souvent, une autre de profiter d’un temps de lecture pour bénéficier d’un peu de recul.

Sur les séries, voici quelques premières raisons d’être attentifs à une publication du journal « Le Monde »  

Vient de paraître ….

Trouvé en kiosque, il y a vingt-et-une heures, un « Hors-série » du journal « Le Monde », intitulé « La vie en séries ». Noté en première page le prix en francs suisses, 12,50, qui correspondent à 7,50 euros, soit un taux change à 1.60 CHF pour 1 euro : on a rencontré de pires taux !

Déjà pris au moins trois heures pour faire connaissance avec le  contenu d’une centaine de pages, en parcourir certaines, en lire d’autres en soulignant des bouts de textes. Passionnant ; enfin, pour les sériophiles !

Ce hors-série est formé de reprises de textes publiés et de nouveautés. On y trouve presque toutes les séries qui retiennent notre attention de blogueur depuis des mois, voire des années !

En couverture du "Hors-série", Michael C.-Hall (photo TF1), dans "Dexter". Au moins indirectement une "présence" romande, la RTS seule au monde à refuser de diffuser la remarquable et provocante "Dexter"

En couverture du « Hors-série », Michael C.-Hall (photo TF1), dans « Dexter ». Au moins indirectement une « présence » romande, la RTS seule au monde à refuser de diffuser la remarquable et provocante « Dexter »

Sur les vingt séries classées à partir des avis de neuf intervenants dans le « Hors-série », la moitié entre dans ma propre liste. On vit donc dans le même univers. Dans la liste, il y a « Dexter » !

Bien entendu, les USA mènent le bal. Mais il y a place aussi pour l’Angleterre, la France, la Scandinavie, Israël et quelques autres. Mais, signe révélateur, pas la moindre allusion à des séries suisses romandes ! ( fyly – 18.04.2013 – 09h30 )

Art en séries

« Le Monde », (édition du samedi 20 avril 2013), dans le supplément « Culture et idées » consacre deux nouveaux textes aux séries. Oui, mais lesquelles, puisqu’elles sont si nombreuses diffusées sur la grande majorité des chaînes ? Reprendre une fois de plus l’expression « série haut de gamme » ou «  série exigeante et pointue » reste insuffisant. Il faut trouver une autre approche : par exemple celle-ci.

Enumération pour le haut de gamme

Dans le premier texte signé Nils C.Ahl,  j’ai souligné en rouge les titres cités. Voici la grande majorité de ceux qui couvrent les années 1990 à nos jours : « Dream on », « Oz », Sex in the city », Les Sopranos », « Six pieds sous terre », « Sur écoute- The Wire », « Deadwood », « The shield », « Nip-Tuck », « Damages », « Californication », « Dexter », « Homeland », « Mad Men ».

Quelques rappels sont faits à des « ancêtres » comme « Le prisonnier » ( 1967-1968), « Berlin Alexanderplatz » ( R.M.Fassbinder, 1980), « Twin peaks » ( David Lynch, 1990-1991), « L’Hôpital et ses fantômes » (Lars vonTrier – 1994-1997), « Urgences » ( 1994-2000).

Au centre de la série, la famille Engman. De gauche à droite, Mathilda, Hans, Tobias, Sofia et Inger (Photo Arte, Johan Paulin)

Au centre de la série, la famille Engman sans le grand-père. De gauche à droite, Mathilda, Hans, Tobias, Sofia et Inger (Photo Arte, Johan Paulin)

Bien entendu, allusion est faite à « Real Humains / 100% Humains » dont la carrière vient de commercer sur Arte. Un entretien avec la cinéaste polonaise Agnieszak Holland » qui travaille aux USA et a signé quelques numéros de « The wire-Sur écoute » ou « Treme » sert en quelque sorte d’introduction à un texte consacré à la série que le chroniqueur considère comme la meilleure jamais réalisée à ce jour, « THE WIRE – SUR ECOUTE ».

Les robots rebelles, du groupe "Enfants de David", dirigés par Niska ( Photo Arte, Johan Paulin)

Les robots rebelles, du groupe « Enfants de David », dirigés par Niska ( Photo Arte, Johan Paulin)

Dans le Hors-série, les auteurs des textes ont indiqué les vingt meilleures séries selon leur goût. Une moyenne a été faite. La moitié des titres de la liste des vingt sont cités ci-dessus. Il y a donc une grande cohérence entre les deux interventions du « Monde », chose du reste sans surprise.

Une autre liste pour faire contraste

Où trouve-t-on « Les experts », « New York unité spéciale », « Vive la colo », « Rizzoli & Isles : autopsie d’un meurtre », « Section de recherches », « Body of proof », « Hawai 5-0 », « NCIS : Los Angeles », « Candice Renoir », »Esprits criminels », « Grey’s Anatomy », « Jo », certains titres apparaissant au cours de  la même soirée avec trois numéros différents ?  Ces titres sont tirés des programmes du 13 au 26 avril 2013 de quatre chaînes généralistes, deux commerciales, FR1 et M6, deux de service public, RTS1 et France 2, les deux dernières guère différentes des deux premières, entre 20h30 et 23h00, en plein premier rideau et en amorce du deuxième. Et cela fait beaucoup de policiers armes à la main qui enquêtent à propos de nombreux cadavres. C’est ce que certains nomment « offres diversifiées » !

Une exception : depuis deux semaines, la RTS présente deux épisodes de « Homeland » le jeudi vers 21h15 après « Temps présent ». Pour un fois, la RTS est un peu plus proche d’ARTE qui aura proposé durant la même période « Reals Humans » ( jeudis dès 20h50) ou « Charlemagne » ( samedi dès 20h50).

Dans leur sécheresse, les deux listes montrent bien que l’on ne parle pas de la même chose.

Définition d’une série d’auteur

"The wire- sur écoute" : la meilleure série jamais réalisée ? ( Photo HBO)

« The wire- sur écoute » : la meilleure série jamais réalisée ?      ( Photo HBO)

 

Citons une fois encore le texte du  MONDE signé Nils C. Ahl.

Une grande série est « écrite comme un livre, réalisée comme un film, mise en scène comme une pièce de théâtre. Cette définition permet d’approcher « The wire », «  la plus emblématique sans doute des productions ambitieuses et exigeantes ayant vu le jour à partir des années 2000.

« Avant de réaliser quelques épisodes, je l’ai regardée(..) Et j’ai trouvé que c’était un grand roman américain qui racontait l’Amérique comme le cinéma ne la racontait pas » C’est ce que dit de sa propre démarche créatrice Agnieszka Holland, en une approche originale d’un travail de »commande » !

 

 

Jeudi 18 avril 2013

Il en aura fallu du temps pour qu’une série récente , de haut niveau, intelligente, bien faite, riche de sens ait droit, sur RTS 1, à une heure de diffusion digne de ses qualités. Les qualités de « Homeland » furent saluées dès la première saison, en septembre 2012

Pourquoi cette apparition, peu après 21 heures plutôt que 23 ? Faut-il l’attribuer à l’insistance du Conseil du Public qui aura su sensibiliser le Comité Régional de la RTSR ? Des regrets individuels souvent exprimés ici n’eurent probablement guère d’effets. Voici en 2ème saison de douze épisodes montrés deux par deux pendant six semaines, « Homeland » accessible au plus grand nombre.  Tant mieux et bravo !!

2013. Homeland saison 2

Claire Danis – Carrie Mathison face à elle-même (Fox-RTS)

Se faire concurrence à soi-même : Homeland contre « The killing » et « The killing » contre « Hung »

Il y un « mais » ! Sur RTS 2 démarre à 22h45, une série de bon niveau, la version américaine de « The Killing » d’origine danoise alors que « Homeland » se termine après 23 heures. Un grand bravo, ironique cette fois, pour cet art difficile de se faire concurrence à soi-même.

Et ce soir-là, on n’a pas raté l’occasion d’en rajouter. Alors que « The killing » se déroule sur TSR 1 DE 22H45 à 00H20, voici sur RTS 2 « Hung », une série amusante, coquine qui démarre à juste après minuit pour prendre fin à 01h00.

Il arrive souvent que le secteur des sports, vice-roi de la RTS, donc aussi de la SSR-SRG, se trouve face à des doublons. Tout est alors fait pour en informer le public, annoncer largement à l’avance un différé, envoyer ce public sur internet ou sur un autre canal suisse avec commentaire en français. Assurément, il est plus facile de suivre deux compétitions sportives en pitonnant de l’une à l’autre que de sauter d’une série à l’autre. Les responsables des sports, eux, respectent leur public en multipliant les informations données par les commentateurs. Ceux et/ou celles qui s’occupent de diffuser les séries de fiction remplissent des cases horaires sans se poser aucune question !

Carrie Mathison devant lesa affiches de la campagne électorale du candidat Brody  ( photo Fox-Rts)

Carrie Mathison devant lesa affiches de la campagne électorale du candidat Brody
( photo Fox-RTS)

A tout prix, précéder la concurrence française

Un robot suffirait pour prendre la responsabilité d’une partie de la programmation des séries à la RTS. L’important, pour ne pas dire l’essentiel, c’est de programmer une série  parfois un  jour ou deux avant son passage sur une chaîne francophone concurrente. Audimate et part de marché obligent ! Cela conduit  à certaines aberrations comme par exemple avec « Le silence des Eglises »  (Nous y reviendrons).

Ce robot posséderait la liste des séries prêtes à être diffusées. Il se procurerait les programmes  des chaines françaises dès que possible pour montrer sur RTS1 ou RTS2, à n’importe quelle heure,  les séries annoncées en France. Les généralistes commerciales comme TF1 et M6 ont un goût très prononcé pour lancer les uns après les autres non pas deux mais parfois trois ou plus épisodes d’une série. Bien entendu, on imite les voisins dans cette étrange attitude qui consiste à faire d’une série dont on ne devrait déguster qu’un épisode d’environ une heure par semaine, pour retrouver la durée du cinéma avec des longs métrages.

Robots aux bornes de recharge vitale

Robots aux bornes de recharge vitale ( Photo Arte)

Concurrence indirecte faite à Arte ?

Face à « Homeland », « The Killing » et « Hung »,le sériophile trouve le jeudi soir pour quelques semaines encore une série suédoise de très grande qualité, « Cent pour humain », qui aura passé sur le tête des acheteurs de la RTS. »Sur Arte,  « Real Humans »apparait de 20h50 à 22h50 alors que « Homeland » se déroule donc sur RTS1 entre 21h20et 23h10 ». Que faire ? Enregistrer une des deux séries ?  Profiter le l’offre sur internet pendant les sept jours qui suivent la projection, ce qu’Arte annonce largement vouloir faire ?

De quel droit parler de concurrence faite à Arte ? Que diable, la RTS n’a pas à tenir compte des opérations de prestige conduites par Arte qui aura enregistré de très bonnes audiences, largement supérieures à sa moyenne, tant avec « Ainsi soient-ils » que « Real Humans ».

 

Geste de tendresse entre un robot domestique et sa patronne ( photo Arte)

Geste de tendresse entre un robot domestique et sa patronne  (photo Arte)

Les liens sont étroits entre la SSR-SRG et Arte, en particulier associées dans de nombreuses co-productions, surtout dans le documentaire. Impossible d’imaginer les partenaires du secteur documentaire se livrant à une petite guerre les uns contre les autres. En fiction, dans les séries, la RTS pratique l’art du n’importe quoi, même quand elle se décide à mieux exposer une série qui va certainement tenir ses promesses.

D’une série romande à l’autre

1/ Finalement, « Port d’attache » n’aura pas tenu ses promesses. Voici un peu pourquoi !
2/ Comparer sommairement les unes aux autres cinq séries romandes permet de proposer un classement personnel
3/ Encore quelques petits pas pour mettre fin à un « Tour de Romandie » cantonal avant de faire un grand bond en avant en cultivant de nouvelles fleurs séduisantes : un avenir direction « Borgen » ?

1/ « Port d’attache » : promesses pas tenues

Les 08, 10 et 18 janvier 2013, ainsi que le 6 février, en sept petits chapitres, nous avons porté attention à « Port d’attache »(A lire en suivant ce lien). Dans un premier temps, l’espoir de rencontrer une nouvelle série faisant un pas de plus en avant était promesse crédible, d’autant plus qu’un « petit bijou » était annoncé. Au fur et a mesure de la découverte des épisodes, la déception grandit, surtout en s’appuyant sur l’angle d’approche choisi, l’écriture. Un arrêt sur texte prit en considération es épisodes 3 et 4. Plus rien sur les épisodes 5 et 6, le silence d’abord préféré à l’expression d’une déception.

Vif coup de gueule

Le 13 février 2013, « Jean Etienne » en poussant un immense coup de gueule partant dans bien des sens (Billag, la direction de la RTS) démolissait « Port d’attache ». Dans un premier temps, une réponse à cet intervenant, exprimant un accord partiel sur le fond, aurait mérité de prendre des distances avec la forme. L’intention n ‘a pas été concrétisée.

Pourquoi une actrice française ?

La filmographie de Catherine Wikening, née en 1963 à Dijon, est imposante, y compris comme réalisatrice d’un scénario écrit par elle. Mais sa présence n’était pas irradiante, loin de là. Manquerait-on de comédiennes en Suisse romande pour tenir un rôle important ? Il est vrai qu’une actrice, même bonne, pour se dépasser, doit être bien dirigée. La direction d’acteurs de « Port d’attache » aura pour le moins laissé à désirer.

Certes, pour « L’heure du secret », on s’en est allé chercher au Québec une exquise et excellente Catherine Renaud. Cela s’imposait dès lors que le personnage écrit était enfant de parents jurassiens née au Canada. L’équipe des scénaristes de « Port d’attche » n’aura fait aucun effort pour justifier ce choix d’une actrice française, difficile à comprendre.

Catherine Wikening et Pierre-Isaïe Duc, le couple Chappuis

Catherine Wikening et Pierre-Isaïe Duc, le couple Chappuis

Déception confirmée

Il y a d’excellents acteurs, comme Thierry Meury, inattendu dans son personnage « sérieux » ou Pierre-Isaïe Duc( Jean-Paul Chappuis) et beaucoup d’autres formant un ensemble fort inégal. La mise en scène est parfois maladroite, les images pas toujours très subtiles. Le montage s’efforce de donner au récit une fluidité qui lui manque souvent. On peine à comprendre les remontées dans le temps qui restent trop longtemps mystérieuses avec son faux suspens. Mais la déception est presque plus profonde si l’on s’en tient à l’écriture.

Faire mieux eut été possible !

La dimension sociale sera restée superficiellement abordée. Les faits de politique, le comportement des autorités d’une petite bourgade en bord de lac, et d’économie, l‘implantation d’une clinique privée spécialisées dans la santé de confort pour clientèle disposant de bons moyens financiers., sont allégrement escamotés. Alors que la série était diffusée, les remous provoqués à Neuchâtel par le rachat de l’hôpital catholique de la Providence par le groupe Genolier montraient bien la diversité des conflits qui apparaissent dans un cas un peu semblable, même si les scénaristes ne pouvaient pas avoir été inspirés par cette réalité.

La dimension dramatique se sera trop rapidement centrée sur les affaires familiales entre les trois clans, les « Bons » Chappuis, les « Méchants » monestier et les « Hésitants » Vailland, qui sont à peu près les mêmes à la fin du sixième épisode qu’au début de premier. Le passé qui refait surface est en bonne partie liée à la notion d’adultère. Un peu court, tout de même ! Il y a des familles où existent d’autres conflits tout aussi intéressants, par exemple une prise de pouvoir d’une fille experte en communication sur la carrière d’un père qui entre en conflit avec sa mère qui s’efforce de reprendre la main qu’elle a perdue.

2/ Comparaison entre cinq séries romandes

Certes, il faut se méfier d’une déception quand elle succède à une réelle attente. Quatre séries récentes comparables entre elles sont à prendre en compte : « Dix », « T’es pas la seule », « Crom », « L’heure du secret », avant d’y insérer « Port d’attache ». « En direct de notre passé » n’a rien de comparable avec elles, ne serait-ce que par la durée de chaque épisode.

Rappelons un classement personnel qui utilisait la notation scolaire sur le maximum six avec le quatre marquant le « suffisant ». Avec un 4,0 « Port d’attache » s’inscrit entre l’insuffisant « T’es pas la seule » et le satisfaisant « Crom ». Voici ce classement complété :

3.5 à « T’es pas la seule »
4,0 à « Port d’attache »
4,5 à « Crom »
4,75 à « L’heure du secret »
5 à « Dix ».

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Bruno Todeschini dans « Dix »

« Dix » reste à ce jour ce que la RTS a fait de mieux dans les séries de fiction. C’est la seule qui aura trouvé récompense dans un festival international, à notre connaissance, avec Prix de la meilleure série au Festival de la Rochelle en 2010.

Détail, qui pourrait bien être significatif, comme si la RTS voulait confirmer un choix de programmation. « Dix « a été présenté en deuxième rideau (aux environs de 23 heures) alors que les quatre autres séries ont eu les honneurs du premier rideau. Le meilleur aura été montré tardivement ; c’est presque un critère de qualité valable pour la programmation de la RTS qui ressemble à celle de TF1 trop systématiquement.

Autre exemple dans la haute estime dans laquelle la RTS tient « DIX ». Il existe un site accessible à la presse qui permet d’y trouver des photos de bon nombre d’émissions. Pas de place pour « Dix . Le dossier des photos de « Port d’attache » n’est pas encore en ligne. Il y a par contre des dizaines d’images des trois autres !

Préparation de tournage de "T'es pas la seule"

Préparation de tournage de « T’es pas la seule »

Un cycle d’au moins trois ans

Pour arriver au passage sur l’antenne d’une série, trois ans sont presque indispensables. D’abord, il faut quelques idées de base, retenues dans ce qui peut ressembler à un concours entre producteurs, réalisateurs ou scénaristes. Ils sont ensuite quelques-uns à proposer un premier développement. Nouvel examen, qui permet de mettre enfin une série en écriture. Le temps parfois long de l’écrire passé, il faut la mettre en production, repérer, préparer, choisir les lieux, les acteurs. Et tourner, une étape lourde qui finalement n’est pas la plus longue. Le tournage terminé commence une dernière parfois longue période, celle du montage de l’image et du son suivi de fignolages techniques comme l’étalonnage de l’image et du son. Reste à trouver les cases pour la diffusion et à s’occuper de la promotion du produit fini. Ce que l’on verra dans quelques mois est en montage. Le tournage de l’été 2013 sera visible en 2014. Ce que l’on verra dans deux ans est en cours ou en préparation d’écriture. On cherche peut-être des idées pour ce que l’on verra en 2015 ou 2016.

3/ Encore des petits pas avant un grand bond

Le rêve des petits pas

Ainsi peut-on espérer, si on continue de s’inscrire dans la ligne actuelle, que d’une série à l’autre on saura faire un petit pas vers une amélioration. A  ceci près que, hélas, et il y a lieu d’en être profondément attristé, « Port d’attache » est en vérité un assez grand pas en arrière par rapport à « Crom » et surtout « L’heure du secret ».

"Crom"

« Crom »

Les responsables des programmes de la RTS ont heureusement su reconnaître, parfois après quelques hésitations, les qualités de « L’heure du secret ». Une seconde série sera tournée dans les semaines et mois qui viennent et en principe le montage sera terminé pour fin 2013, début 2014

Achever d’abord le « Tour de Romandie » cantonal !!

Oui, mais les petits pas qui conduisent à faire un petit peu mieux tout en restant les yeux fixés d’avance sur l’audimat offert par un premier rideau suffisent-ils à permettre un jour à la RTS de s’élever au niveau des pays scandinaves. Les séries de ces dernières années ont permis de faire un partiel tour de Romandie, bassin lémanique ( « T’es pas la seule », « Port d’attache »), plateau entre région des trois lacs et gros de Vaud ( « Crom » à Yverdon ), montagnes du Jura ( au Locle surtout pour les deux saisons de « L’heure du secret » ). Reste à ne pas oublier les Préalpes et les alpes pourtant bien traitées par d’autres secteurs. Gageons que le temps d’une série dans le cadre du Valais viendra.

L'heure du secret

L’heure du secret

 

Une fois achevé le Tour de Romandie des cantons, il sera temps de se demander si le mieux ne serait pas d’être beaucoup plus ambitieux. Les pays scandinaves qui ressemblent par leur population à la Suisse ont fait de magnifiques séries ces dernières années. Elles ont obtenu intenses succès au niveau nationale et sont de plus reconnues dans de nombreux autres pays. Les scandinaves savent probablement mieux collaborer entre eux que les trois chaînes linguistiques de la télévision suisse. A quand un équivalent suisse du « Varg veum » pourtant assez moyen ( Norvège – presque cinq millions d’habitants), de « Millénium » ou de « Real Humans » dont la diffusion vient de commencer sur ARTE, certitude d’emblée acquise de la haute tenue de cette série ( Suède – environ neuf millions et demi d’habitants) ou encore « Killing » et « Borgen » après le déjà ancien « L’Hôpital et ses fantômes » de Lars von Trier, entre 1994 et 1998 ( Danemark – un peu plus de cinq millions d’habitants ) ?

C’est possible, si on accepte de faire un grand bond en avant en cultivant des dizaines de nouvelles fleurs. Dans quatre ou cinq ans ! A condition de le vouloir vraiment ! Mais ceci est une autre question.

Côté séries et « OsKar » n’était pas à « Infrarouge »!

Côté séries

Avis de nouveauté aux « sériophiles ».

Real Humans (100% humain)

Sur ARTE, une nouvelle série nordique, cette fois suédoise, ainsi présentée sur le site:

Tous les jeudis du 4 avril au 2 mai à 20h50

Mimi / Anita (Lisette Pagler)

 

Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à s’y méprendre aux êtres humains qu’ils remplacent dans les tâches domestiques.

Une cohabitation qui engendre des relations complexes et des émotions contrastées, entre amour et haine, alors que certains humanoïdes rêvent d’émancipation

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The killing(US) – Saison 2 – RTS 2 dès 23h40 le 4 avril 2013

Il existe une seconde version de « The Killing », respectueuse de l’originale danoise, qui se déroule à Seattle.   Rappelons que la série traite trois sujets, la recherche d’un meurtrier, la destruction d’une famille qui accomplit son deuil, la politique peut-être mêlée au crime au moment d’une élection.

Une fois de plus, un grand bravo pour cette courageuse programmation d’une  série haut de gamme, alors que NCIS mérite le premier rideau surRTS1 et que  l’américaine « Hung » passe à la même heure. Normal: « The Killing(US) est une série américaine haut de gamme d’origine européenne donc dangereusement « intellectuelle »! L’eau monte pourtant à la bouche de sériophiles noctambules.

Michelle Forbes interprète Sarah Linden dans la version US

Michelle Forbes interprète Sarah Linden dans la version US
Sofia Grabel, la Sarah Linden de la version danoise, tient un petit rôle dans la deuxième saison de la verson US

Sofia Grabel, la Sarah Linden de la version danoise, tient un petit rôle dans la deuxième saison de la version US

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«  Os K ar  n’était pas à « Infrarouge » !

Pas de complément « verbal », seulement quatre illustrations, quatre « commentaires » signés Mix&Remix. Les participants à chaque débat ne se rendent probablement pas compte du sens de ces interventions. Le comprendrait-il que cela pourrait bien donner lieu à quelques empoignades désordonnées. Savourons l’impertinence provocatrice !

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Si vous dites « Oskar », écrit avec un « k », vous êtes valaisan.  Vous employez « Freysinger » ou même « Monsieur » ?  Vous êtes d’ailleurs. Mais vous savez que les dernières élections valaisannes, deuxième tour compris, ont mis en lumière quatre faits : le brillant résultat d’Oskar, qui n’est pas forcément celui de l’UDC, le progrès d’un tour à l’autre de Mme Waeber-Kalbermatten, socialiste, haut valaisanne et femme , fort spectaculaire,  le PLR qui disparaît de l’exécutif, la majorité relative  du PDC  au Grand Conseil qui conserve pourtant l’absolue au Conseil d’ETAT.

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« L’Hebdo », (21.03.2103), a décerné des compliments à l’émission de mots ( dite « talk-show ») la plus réussie, en multiples catégories, participatif, libre, littéraire, expert, convivial : que des victoires françaises ! On y prend tout de même le pouls suisse romand, celui qui bat assez bien avec le « Pardonnez-moi » de Darius Rochebin, l’autre qui bat de l’aile, à « Infrarouge ».

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Esther Mamarbachi met  en cause l’étroitesse du bassin de population pour renouveler le panel des invités. Elle devrait pourtant s’interroger sur les choix de ses sujets. Des quatre axes de l’élection valaisanne, elle ne retient que celui qui concerne « Oskar », lequel d’ailleurs n’aurait pas voulu ou pu honorer l’émission de sa présence ! Un dessin de Mix&Remix  résume bien la situation !

 

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C’est quoi, un bon conseiller d’Etat, demandait Esther M, sensibilités PDC et PLR absentes du débat ? Pour contribuer à la réponse, deux présences neuchâteloises. Frédéric Hainard reste tout de même assez discret. Et le candidat Yvan Perrin, regard étrange, se porte bien, foi de son médecin !

PS : « Avant et après » !

Le caillou du candidat Varone a fait grands bruits avant l’élection. Mais le candidat savait-il que le caillou tenait peut-être du châpiteau turc. Un historique emblème de la grande Allemagne sis dans le bureau de l’élu Freysinger fait petit bruit après l’élection. Mais l’élu savait-il que le drapeau est vénéré par les néonazis ? Mieux valait que cela se sache après qu’avant !

« Borgia » et « The Borgias »

Deux séries sur le même sujet, c’est tout de même une de trop! Mais laquelle ?
En amorce, quelques comparaisons
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Un PS sur « Dexter » : photo TF1 – évidemment !

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Le lundi 17 février 2013 s’est terminée sur RTS1 la première saison d’une imposante série, « Borgia », produite par « Canal + », douze fois cinquante minutes. La seconde saison est semble-t-il terminée. On devrait la voir en mars sur Canal + et plus tard, forcément, sur la RTS.  C’est une série européenne, tournée à Prague, écrite par Tom Fontana, producteur et scénariste américain auquel on doit l’imposante série « Oz », en 56 épisodes de 55 minutes entre 1997 et 2003.

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Une autre série, titre au pluriel, « Les Borgias », sous la houlette du cinéaste irlandais Neil Jordan, en est  déjà à sa troisième saison. La RTS a présenté la première  fin 2011. Cette production internationale fut attribuée au Canada, (Showtime producteur),  à l’Irlande  (Jordan réalisateur) et à la Hongrie où eut lieu une bonne partie du tournage. C’est pourtant une série nord-américaine.

Il doit bien se trouver quelque chercheur peut-être universitaire pour comparer les deux « Borgias » et vérifier leur conformité historique. Ce n’est pas facile à faire, étant donné que deux ans séparent la vision des deux séries.

L’arbre généalogique

(emprunt à wikipédia)

La pratique du célibat des prêtres laissait alors à désirer !!

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Prudentes comparaisons

En famille, Juan, Rodrigo, Cesare et Lucrézai, version "Borgia"

En famille, Juan, Rodrigo, Cesare et Lucrézai, version « Borgia »

Les remarques qui suivent mériteraient donc d’être vérifiées. Il me semble que « Borgia » introduit plus de nuances que « Les Borgias » dans le comportement du clan familial d’origine espagnole. Rodrigo devenu Alexandre VI, pape de 1492 à 1503, est le père de Juan le « soldat » et  Cesare le prêtre, deux frères qui se détestent. Sa douce fille Lucrézia, aux liens incestueux avec Cesare, devient une créature démoniaque obsédée par le plaisir sexuel. L’autorité papale prend parfois le pas sur le père qui défend sa famille et hurle à la mort de Juan. Tant dans le mysticisme religieux que par des comportements personnels à la recherche du pouvoir, pratiqués avec excès, «Borgia » va plus loin que « Les Borgias »

Les tenues des cardinaux, telles qu’on les voit actuellement portées par d’éventuels candidats à la papauté en 2013, ressemblent à celles du XVème siècle. La richesse dans la reconstitution des costumes, des intérieurs permettent d’affirmer que les Européens savent désormais rivaliser avec les américains.

Lucrézia et Cesare, version "Les Borgias"

Lucrézia et Cesare, version « Les Borgias »

 

Le pouvoir temporel plutôt que le royaume de Dieu

L’essentiel, ce n’est pas la foi ni le royaume de Dieu, c’est le pouvoir temporel qui donne puissance et richesse. Le pape défend bec et ongles ses propres enfants : on ne parlait guère alors du célibat des prêtres.

Je ne saurais dire quelle est la plus violente des deux séries, qui ne reculent devant aucun meurtre ou torture punitive.  Les scènes d’amour recouvrent une grande variété qui tient de kamasutra en duos variés. Peut-être que « Borgia » aurait mérité deux logos rouges romands alors qu’un seul suffisait pour « Les Borgias ».

L’ensemble des turpitudes parfois décrites avec grande précision (un peu complaisante) par la mise en scène dépasse largement les bornes de la bienséance. Cà fornique ferme, çà s’entretue joyeusement, çà torture l’adversaire, çà emprisonne dans des conditions sordides. Oui, mais un peu hypocritement, il y a la caution de l’Histoire. Est-ce vraiment ainsi que cela se passait ? Qu’importe, il est plausible de le supposer. Et les deux séries sont fondées sur les mêmes sources historiques.

Cesare Borgia version "Les borgias" : l'acteur François Arnaud et un portrait attribué à Altobello Melone

Cesare Borgia version « Les borgias » : l’acteur François Arnaud et un portrait attribué à Altobello Melone

La télévision commerciale cryptée, largement reprise par toutes sortes de chaînes y compris des généralistes de service public, s’est installée dans le grand spectacle, faisant ainsi concurrence à l’équivalent cinématographique des  « blockbusker ».  Esthétiquement, la qualité est garantie, comme ce fut déjà le cas avec « Roma » ou les « Tudors ». Mais deux  séries sur la même famille, c’est tout de même une de trop ! Diable, ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent !

Cesare, version "Borgia"

Cesare, version « Borgia »

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PS qui n’a presque rien à voir : pires que « Dexter » ?

  Il y a quelques années, le responsable des programmes d’alors, Yves Menestrier, avait estimé qu’une télévision de service public ne pouvait pas présenter une série aussi sanguinolente que « Dexter » laquelle montrait un tueur en série, policier dans sa fonction de médecin légiste qui, dans la nuit, trucidait des tueurs en série que la police n’était pas parvenue à arrêter.

Dexter Morgan en quatrième saison - photo TF1, évidemment !  Rappel : on vit aussi Michel C.Hall dans "Six feet under"

Dexter Morgan en quatrième saison -photo TF1, évidemment!
Rappel : on vit aussi Michel C.Hall dans « Six feet under

Officiellement, la RTS était moralement fière d’avoir rejeté « Dexter », montré partout, mais série souvent  considérée à juste titre comme de grande qualité. Il ne s’est trouvé presque personne pour oser dénoncer l’hypocrisie d’une mesure qui s’en prend à un tueur en série dans une série parmi d’autres séries qui mettent en scène des tueurs en série. Dexter est un justicier qui se donne le droit de réparer des oublis de la justice. Pas de recherche d’enrichissement, pas d’attirance pour le pouvoir, pas de violence gratuite ! Mais la justice d’un « justicier » solitaire pose en effet problème !

Une  programmation cohérente aurait du, selon le critère de refus de « Dexter », conduire aussi à rejeter  tant « Borgia » que « Les Borgias ». De plus, la RTS prétend que son public n’aime pas les séries historiques. Mais peut-être que la programmation, évidemment très tardive selon les bonnes traditions romandes, est une manière d’accueillir les tueurs en série sur  « notre » télévision. Nul ne se sent obligé de faire des bêtises du passé ostensiblement table rase !!

Deux descendants de Sherlock Holmes

Vient d’être mis en ligne une septième partie consacrée à « Port d’attache » : les épisodes 3 et 4 renforcent la tendance mélodramatique de la saga à trois familles tandis que l’aspect politique de la lutte contre l’installation d’une clinique de chirurgie corporelle reste trop effacé (06.02.2013)

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Le personnage de Conan Doyle

Empruntées à Wikipédia, ces quelques caractéristiques concernent le personnage inventé par Sir Conan Doyle (1859-1930) dans quatre romans et des dizaines de nouvelles.

Célibataire, il habite au 221B, Baker Street à Londres, avec son ami le Dr Watson. Il a un côté « bohème », même en étant constamment hyperactif. Ses connaissances en anatomie sont grandes. Supérieurement intelligent, il préfère la justice à la loi. Sa méthode de travail passe par une observation des indices, des phases de réflexion avant de formuler un verdict en une synthèse rigoureuse. Il se drogue occasionnellement. Il est aussi mélomane en ses loisirs.

Pour donner libre cours à de plus hautes ambitions littéraires, Doyle fit mourir Holmes dans les chutes de Reichenbach. Mais sous la pression de ses admirateurs, un tour de passe-passe littéraire provoqua sa résurrection. Le personnage, paradoxalement,  échappait à Doyle. Il allait y avoir une ribambelle d’Holmes audiovisuels.

Gregory House

Les caractéristiques de Sherlock s’appliquent t fort bien à Gregory House qui, après huit saisons, vient de quitter le petit écran romand Le « Dr House » aura eu une longue vie audiovisuelle, aussi dense sinon plus que la vie littéraire de Sherlock Holmes.

Ce n’est pas Gregory House, mais Hugh Laurie à Montreux

Ce n’est pas Gregory House, mais Hugh Laurie à Montreux

House, cela sonne un peu comme Holmes, Watson et Wilson sont assez proches. Les ressemblances peuvent encore être prolongées. House, à ses heures perdues, jouait de plusieurs instruments. Mais Hugh Laurie, co.-producteur de la série et acteur, possède une voix taillée pour le blues et maîtrise le piano. Il a participé  au Montreux Jazz Festival en 2012.

Un Sherlock de la BBC

La série signée Mark Gattis et Steven Moffat est composée de trois saisons. Du 21 décembre 2012 au 25 janvier 2013, la RTS a rediffusé les saisons une et deux  en fin de soirée du vendredi. Il peut arriver à tout voyageur même attentif de rater un train. C’est ce qui m’est arrivé en avril 2011. Dès lors, ces quelques remarques veulent saluer tardivement une série qui aurait mérité beaucoup plus d’attention. « Sherlock Homes » a  passé sur de nombreuses chaines, rencontrant souvent un beau succès, par exemple avec une dizaine de millions de téléspectateurs au Royaume-Uni à chacun des six épisodes de nonante minutes environ.

Sir Conan Doyle s’est souvent rendu en Suisse alpestre. Sa statue est dressée devant la chapelle de Meiringen

Sir Conan Doyle s’est souvent rendu en Suisse alpestre. Sa statue est dressée devant la chapelle de Meiringen

Mieux vaut donc tard que jamais pour signaler la tranquille liberté prise par les  scénaristes dans leur adaptation inscrite dans le monde contemporain. C’est ainsi que l’on peut voir apparaître sur un mur le portrait de Winston Churchill et celui de Margaret Thatcher.

« Le chien des Baskerville »  devient   « Les chiens de Baskerville »

Dans le Devonshire, un énorme chien démoniaque à la gueule enflammée aurait tué un membre de la famille Baskerville, prénommé Hugo. Son descendant, Sir Charles, veut en savoir davantage. Holmes enquête.

Benedict Cumberbath ( Sherlock Holmes ) et Martin Freeman (Dr Watson) version BBC

Benedict Cumberbatch ( Sherlock Holmes ) et Martin Freeman (Dr Watson) version BBC

Dans la version pour la BBC, Holmes se rend dans le Dartmoor à la demande d’un fils traumatisé par le mort de son père qui aurait été tué par un véritable molosse ( en anglais hound). Leur enquête les conduit dans un centre de recherche militaire secrète sis à Baskerville, placé sous rigoureuse surveillance. On y élève des singes soumis aux effets d’un gaz toxique puissant qui provoque des hallucinations. « Le chien des Baskerville » de Doyle est devenu « Les chiens de Baskerville », avec inversion singulier/pluriel. Et pourtant, les scénaristes respectent l’esprit de sir Conan Doyle.

La qualité des deux épisodes qui composent des « Chiens » est suffisamment frappante pour que l’on se dise que la mise en scène pourrait bien, de temps en temps, être aussi importante que l’écriture. Mais j’en reste là de cet   hommage trop tardif et serai plus vigilant

Les « Insupportables » : Gregory House et Frédéric Caïn

Condition nécessaire pour la réussite d’une série : disposer d’au moins un personnage fort, qui s’impose aux autres en les faisant réagir, plus du genre insupportable que mieilleux. Gregory House, docteur de son état, de retour sur la RTS pour sa huitième et dernière saison( jeudis soirs), en fait assurément partie. Frédéric Caïn vient de quitter France 2 après une première saison qui aura mis l’eau à la bouche. Caïn, cet officier de police paralysé des deux jambes se conduit systématiquement aussi mal que Gregory. Bien entendu, difficile d’imaginer pouvoir rencontrer dans le monde réel deux pareils personnages issus de l’imagination délirante de scénaristes

Gregory en sa prison

J’ai raté la fin de la septième saison. Je crois avoir compris lors d’une lecture que sa présence en prison était due à un accident volontaire avec son automobile. Amusant de ne pas faire de recherche pour savoir si la huitième saison fera comprendre la raison de son emprisonnement !

Dr Grégory House en septième saison. La peluche est-elle aussi sa victime ? ( Photo RTS)

Dr Grégory House en septième saison. La peluche est-elle aussi sa victime ? ( Photo RTS)

Toujours est-il que House tente de jouer des caïds en prison avec sa rouerie, sans grand succès. Il doit donc se plier à certaines « épreuves » pour continuer de trouver ses pilules et bénéficier d’une certaine tranquillité : sans grand succès non plus. Bien entendu, il va exercer son sens du diagnostic contre la hiérarchie et finir par avoir raison, trouvant une nouvelle admiratrice dans la jeune femme médecin qui officie dans la prison

A la tête d’une équipe réduite

Il semble bien devoir à son ancien collaborateur qui fut souvent sa victime, le Dr Forman, sa sortie de prison. Mais le voici à la tête d’une équipe composée d’une seule jeune femme transférée dans son hôpital pour avoir giflé son chef de service en neurologie. Voilà qui vaudra à sa nouvelle équipière une réelle admiration de sa part, inexprimée, bien entendu !

Personnages de la 8ème saison : deuxième depuis la gauche, sa nouvelle équipière (Photo RTS)

Personnages de la 8ème saison : deuxième depuis la gauche, sa nouvelle équipière (Photo RTS)

House ne change pas. Il souffre de sa jambe malade, déteste tout le monde, ne s’intéresse pas aux malades, rabroue tout un chacun, même ses proches et lui-même. Seul compte pour lui le diagnostic et pas n’importe lequel, le juste. Confirmation : House n’a qu’un seul modèle, et pas dans le milieu hospitalier. C’est, rappelons-le, Sherlock Holmés. La série continue d’être un habile mélange de polar et de médical, mais les cadavres sont ceux de malades qui n’ont pas pu être soignés.  Il reste quelques belles soirées encore à passer avec lui,oh miracle à la RTS, avant 23 heures ( jeudis soirs).

Frédéric en sa chaise d’infirme

Autour de Frédéric Caïn ( Bruno Debrand), la lieutenant lucie Delambre ( Julie Delarme), le Dr Elisabeth Stunia, médecin légiste (Smadi Wolf) et le commandant Jacques Moretti (Frédéric Pellegeay) ( Photos France 2 )

Autour de Frédéric Caïn ( Bruno Debrand), la lieutenant lucie Delambre ( Julie Delarme), le Dr Elisabeth Stunia, médecin légiste (Smadi Wolf) et le commandant Jacques Moretti (Frédéric Pellegeay) ( Photos France 2 )

Dans le monde réel de la police, existerait-il un Frédéric Caïn, officier de police et enquêteur cloué dans une chaise d’infirme suite à un accident de moto dont on comprend peu à peu qu’il n’est pas totalement disons honorable » ? On peut en douter. Il s’agit donc d’un personnage de pure fiction, mais qui permet de brillants développements. Infirme, il  a su apprendre à maîtriser son moyen auxiliaire de déplacement avec une rapidité déconcertante. Il le quitte même, certes avec difficultés, parfois pour rejoindre une compagne d’un soir ou la femme dont il est séparé pour faire joyeusement l’amour. Il profit de son handicap pour se mettre au-dessus des lois qu’un enquêteur doit respecter et se moquer de toutes les convenances. Dans son métier, il est efficace, lucide, intuitif.

Des ressemblances avec House

Les deux photos de tournage montrent que France 2 ne manquait pas de moyens techniques !

Les deux photos de tournage montrent que France 2 ne manquait pas de moyens techniques !

Avec son entourage, il se montre insupportable d’ironie mordante, en particulier avec sa plus proche collaboratrice, la lieutenant Lucie Delambre (Julie Delarme) qui lui résiste … en finissant par lui ressembler en partie. Ses prises de bec avec la médecin légiste devraient lui valoir condamnation pour harcèlement sexuel verbal. Il bénéficie de la protection de son supérieur hiérarchique excédé souvent par son comportement. Il aime encore sa femme dont il est séparé et lui rend la vie dure par jalousie. Et son fils de seize ans lui cause bien des tourments, les parents séparés parfaitement d’accord sur les « leçons » à lui donner. Le personnage et son proche entourage sont fort bien réussis.

Les deux photos de tournage montrent que France 2 ne manquait pas de moyens techniques !

Les deux photos de tournage montrent que France 2 ne manquait pas de moyens techniques !

Oui, mais dans chaque épisode de cinquante minutes, il y a une affaire policière à résoudre, qui permet certes d’entrer dans différents milieux aussi troubles les uns que les autres. Sur le plan du récit policier, de l’enquête, c’est parfois un peu court, bien sommaire et sans grand intérêt. Ma foi, un peu partout, la bonne série devra apprendre à se passer des cadavres trop nombreux et trop envahissants.

On peut attendre avec curiosité la prochaine saison. Il conviendra alors d’y revenir dès sa réapparition. Caìn est tout de même un personnage plus puissant que Navarro et quelques-uns de ses anciens confrères trop envahissants.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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