Déjà quatre Toutes taxes comprises : fort bons !

Et entrelacées dans TTC, quatre brèves pour… et quatre images

Première le 29 octobre 2007, qui valut au milieu d’une salve de brèves en Blog les premiers compliments qui sont à confirmer. Patrick Fischer, pour le moment, est seul à la barre, alors qu’un duo pratiquait l’alternance dans Classe Eco. Ceci est une constatation, rien d’autre. Sauf que Patrick Fischer, cela n’étonnera personne qui suivait Mise au point, est parfaitement à l’aise ; et bien secondé par Sofia Pekmez, qui garde au moins la main au panier des titres en chute libre, du 13 pourcent perdu en un mois, le titre de l’UBS beaucoup en cause.

Brève pour se reposer : M. Ospel monte au paradis des millions

TTC ligne graphique du générique (photo TSR)Bien sûr, dans le sujet du 19 novembre sur les primes, acte a été pris du prix de M. Ospel et des deux autres champions suisses des salaires exagérés. Mettons que chacun gagne en 2006 trois millions de plus que l’an précédent. Mettons que les employés de l’entreprise sont au nombre de cent mille. La hausse du chef répartie sur l’ensemble du personnel représenterait vingt francs par personne. La comparaison n’est pas bonne. Tout le monde y pense, personne ne la fait. A surveiller dans un an ou deux : les primes du monsieur pour l’année des subprimes américaines !!!

TTC est donc formatée, souplement, premier rideau, entre 25 et 28 minutes et demi, à peu près un 19:30, mais avec moins de sujets, entre sept et dix pour les quatre premières observations. Le plus long ? Gratuité (29.10.07) sur douze minutes, puis les Primes (trois sujets qui font dix minutes et demi – 19.11.07), BCV (six minutes – 05.11.07) et Enchères ( cinq minutes – 12.11.07). Pas encore eu le sentiment du « trop court », ce genre de sujets qui arrivent à leur dernière image quand on commence à s’en imprégner par curiosité, comme cela se produit parfois à Mise au point. Bon signe !

Brève pour penser à autre chose : pas de son, on coupe. Et pas d’image ?

Petite difficulté technique au 19:30 du 18.11.07, avec le Kosovo. Pas de son : normal, on coupe et on fait prendre patience. Nouvelle apparition, mais la technique a de l’imagination : cette fois, du son, mais pas d’image. Et que croyez-vous qu’il arrivât ?On coupe aussi, au milieu d’une phrase ! Pour une courte intervention, on aurait pu laisser la dame finir son intervention !

Et combien de fois entend-on, dans des émissions de débat, l’animateur (- trice) demander de ne pas donner trop de chiffres qui conduisent à des batailles navales, genre touché, coulé. Faux : TTC prouve que les informations numériques sont indispensables, quand on les appuie par une amorce d’interprétation.

Brève pour faire sourire

sur le plateau de TTC (photo TSR)Les dames, ainsi le fit savoir Martina Chyba, peuvent se passer de règles. Elle va dire comment dans son émission « m e n s t r u e l l e » ! Un petit sourire bien fabriqué fait comprendre oui bon enfin que c’est un peu.. ! On sourit aussi, en se disant que oui, bon enfin que c’est un peu… Et puis, comme c’est en bande de lancement, cela se répète. Et le sourire s’efface.

Dans toute émission, il y a l’information donnée à travers un sujet au public. Elle n’est forcément pas toujours complète. Un moyen d’y apporter des compléments : inviter l’auteur(e ) du reportage à un bref entretien sur le plateau.

Bonnes interventions de Marcel Mione (05.11.07) et de Véronique Tanerg (19.11.07) ou de consultants plus ou moins réguliers.

Fait une première promenade sur le site – forum de l’émission. Pas assez attentif pour en dire déjà quelque chose de plausible. Sauf ceci, mais qui concerne tous les forums : et si à quelques-uns on se donnait le mot pour tirer de temps en temps ces forums non vers la discussion des sujets de l’émission, mais vers l’émission même ?

Brève pour un sujet qui appuie la pub

Frédéric Goujon, Patrick Fischer et Marcel Mione (photo TSR)19 :30 du 18,11.97 : deux minutes sur AMERICAN GANGSTER, avec résumé du sujet, extraits du film, déclaration du producteur et du cinéaste Ridley Scott. Puis presque immédiatement après quelques dizaines de secondes de pub : des extraits du film. Le sujet complète bien la pub ! Est-ce vraiment le but de l’exercice ? Peut-être serait-il intéressant d’avoir une appréciation sur le film lui-même. Il y a bien un « fantastique » qui caractérise le New-York des années septante. Et rien d’autre.

Et bien voilà : quittons TTC avec ce sentiment qu’il s’agit d’une émission qui pourrait devenir précieuse sur la durée, dans ce domaine des chiffres et de l’argent que l’Helvète souvent pudique et retenu n’ose pas tellement aborder.

La grande peur dans la montagne

Formellement classique, un bon téléfilm de prestige

Joseph et Victorine s’aiment. Leur mariage est retardé d’année en année : les parents de Victorine sont riches, Joseph est pauvre. Pour pouvoir emmener Victorine dans la Vallée, Joseph a besoin d’argent. Il décide alors de passer l’été avec un troupeau sur un haut alpage où l’herbe est généreuse. Il y a vingt ans, les anciens étaient montés à Sassenaire. Le troupeau avait été décimé par la maladie, des hommes moururent, d’autres devinrent fous.

La grande peur dans la montagne (photo TSR)

Joseph, raisonnable et rationaliste, fait équipe avec Romain, son ami, beau-frère de Victorine. Michel, neveu d’un riche notable, finance l’expédition grâce à son oncle. Clou, le demeuré du village, Ernest un jeune vacher, font aussi partie du groupe. Barthélemy, le vieux sage, amoureux transi de la mère de Joseph, finit par se joindre à eux, en protecteur.

Sur l’alpe hostile, une vache meurt. Ernest succombe à la maladie. Le médecin du village annonce un risque d’épidémie. Bétail et hommes sont mis en quarantaine. Au poste de garde, Romain est tué. Victorine tente de rejoindre Joseph. Barthélemy et Michel se battent. Grâce à Clou, Joseph retrouve Victorine.

Que veut dire : « Librement adapté » ?

Histoire librement adaptée d’un roman connu, célèbre au moins en Suisse romande, de C.-F.Ramuz, La grande peur dans la montagne est un film âpre, tendu, qui accumule les morts d’hommes et de bétail. A de mélodramatiques affrontements entre hommes s’ajoute l’hostilité de la nature. Le « librement adapté» annoncé par le dossier du film est assez important.

Il faudrait relire Ramuz, revoir la version tournée en 1966 par un excellent téléaste français, Pierre Cardinal. Il le faudrait, en effet ! Faire confiance à quelqu’un qui a fait cette démarche, dès lors, s’impose. Dans L’Hebdo (18.10.07), Antoine Duplan rappelle qu’à la fin, tout le monde est mort, sauf Clou et Joseph portés disparus. Et le glacier s’écroulait, inondant le village.

Le pessimisme de Ramuz ne peut pas servir de conclusion à un projet coûteux, engrangé avec la participation de France 2, chaîne généraliste de service public qui ne prend guère de risque en premier rideau et ne pourrait pas s’offrir le luxe de réserver ce téléfilm à des heures de diffusion tardives et confidentielles. Ce n’est pas nouveau : le récent téléfilm de Raymond Vouillamoz, un peu d’esprit ramuzien, perdait son âpreté initiale pour glisser insidieusement vers une fin plutôt heureuse. Les amants de la Dent Blanche est tout de même moins bon que La grande peur dans la montagne.

Si le cinéma trop souvent est régi par le souci de rentabilité financière qui s’oppose aux exigences de la création, la télévision a aussi son ennemi pesant et tout-puissant, l’audimat ! Il faut donc caresser l’auditoire dans le sens du poil. Et le poil, en fiction, se caresse par une fin heureuse !

On peut être séduit par le téléfilm, surtout si on décide de faire abstraction des dix dernières minutes trop optimistes. On peut même aller jusqu’à renoncer à les voir : ce que je fis !

Les qualités de La grande peur dans la montagne

Claudio Tonetti, excellent artisan du petit écran, a su maîtriser des opérations aussi différentes qu’un Instit’ ou des Simenon, entre autres. Sûr de lui, il sait conduire ses acteurs pour obtenir d’eux des compositions de personnages crédibles. Jean-Luc Bideau donne une réelle force inquiétante à son Barthélémy marqué par le passé et qui ne peut donc rassurer ses nouveaux compagnons autant qu’il le voudrait ou le faudrait. Il est bien meilleur dans ce rôle à costume que dans le récent et puissant navet de Jean-Jacques Annaud, Sa majesté Minor ! Inutile de citer tout le monde, dans l’ensemble plutôt bons. Faisons exception pour Jean-Luc Barbezat, inattendu dans le rôle presque muet du Clou, personnage demeuré pas vraiment idiot du village au comportement étrange avec sa lenteur inquiétante lors de ses mystérieuses échappées.

Mais, Ramuz, c’est plus et autre chose qu’un bon mélodrame montagnard. C’est un affrontement puissant entre les hommes fragiles, aptes à se livrer à des confrontations sévères entre eux et la nature aux mouvements étranges et inquiétants. Que sont ces bruits mystérieux, des pas sur le toit d’un chalet, attribués au Diable ? Encore un lointain souvenir : Ramuz évitait-il d’écrire « Diable » pour le remplacer par « Il » qu’on pouvait alors aussi ressentir comme le Dieu punisseur de l’ancien Testament!

Tourner en Valais dans les Alpes, c’est forcément rencontrer ces formidables paysages de rochers gris, les forces inquiétantes des pentes, les menaces des nuages sombres. Les images se devaient d’être agressives. Elles le sont, entre autres exemples : cette croix qui fait une chute lors de la procession initiale, du reste un peu mal amenée au montage, cette autre croix brûlée près du chalet de l’estivage, cette bête comme sacrifiée au sommet d’une bosse du terrain soulignent des moments d’une mise en scène efficace.

La grande peur dans la montagne, dans son évident classicisme formel, est un bon téléfilm dit de prestige.

La langue de Ramuz et sa sonorité

Autre souvenir : la phrase de Ramuz, qui pouvait parfois passer pour un défi grammatical, donne l’impression d`être composée de sons. Il n’est même pas nécessaire de l’imaginer lue à haute voix pour y entendre une sonorité qui racle, grince, surprend et agresse l’oreille. La langue de Ramuz apparaît comme une sorte de composition musicale aux variations multiples qui souvent contribue à créer l’inquiétude ou la peur.

Ramuz écrivait donc des textes « sonores », qui « racontent » des pas mystérieux, des râles de bêtes blessés, d’un vent qui annonce la tempête, d’orages qui éclatent. La nature qui va agresser, blesser, pousser les hommes aux conflits, aux dérapages, est frémissante de tels bruits.

La sonorisation du téléfilm n’est pas à la hauteur de la langue sonore de l’écrivain. Les pas sur le toit, le souffle du vent, les craquements du glacier, la souffrance des bêtes, la présence des rapaces sont faits de sons qui se ressemblent de jour comme de nuit, dès les premières journées comme au cours des suivantes. Comme si la seule différence perceptible entre eux tenait au nombre de décibels, sentiment encore accentué par une musique qui glisse vers l’emphatique.

Mais ce sentiment d’insuffisance de nuances mériterait vérification. La bande sonore ne semble donc pas être au niveau du jeu des acteurs, de la mise en scène de leurs mouvements, de l’âpreté du sujet, du bon rythme du montage. C’est un peu comme si s’était perdue en route une partie du style de Ramuz, la dimension « musicale » de sa langue.

 

Comment devenir une bête politique ?

Un Temps présent en déséquilibres !

Face aux partis (mais la série est terminée), puis, fin septembre et début octobre, Le débat des Etats, dans chaque canton, en attendant la Grande soirée du 11 octobre et la longue journée des résultats le 21 octobre 2007 : voilà pour les émissions politiques inscrites dans la tradition. Il y eut en plus de partielles innovations, le Si j’étais élu(e) sans grand intérêt et le plutôt curieux DesperateElectrices, intéressant, inégal, énervant, avec sa « promo » de petit « blockbuster » (chose rare, appuyée par des annonces dans la presse écrite).

Le presque tout-politique

La politique s’est glissée un peu partout, dans Infrarouge, bien entendu, dans Mise au point, bien entendu, dans Temps présent, presque bien entendu. Temps présent est peut-être mieux dans sa vocation avec l’excellent La classe moyenne n’a plus les moyens (13 septembre 2007) qu’avec Comment devenir une bête politique ? (20 septembre 2007), au titre animalier inscrit dans la ligne du provocateur et déjà ancien Comment masturber un éléphant (qui me reste coincé en gorge; je ne suis pas seul). Et l’on ouvre le document sur la bête politique, qui n’est pas celle de Gévaudan, par … un combat de reines valaisannes avec premier commentaire « freysingérien ».

En période électorale, mais pas seulement, la TV se donne quelques règles à respecter pour maintenir un certain équilibre entre les principaux partis, les grands assurés d’avoir des sièges et des petits qui font un ou deux petits tours et s’en iront. Mais, par exemple, que sont les libéraux romands ? Petits, grands, en fusion radicale ?

Egalité dans le temps de présence !

Supposons que ces règles soient appliquées à des émissions qui ne sont pas directement inscrites dans le cadre de la campagne officielle. Quant le sujet consiste à comparer quatre « bêtes politiques » issues des quatre partis représentés au Conseil fédéral, donc les plus nombreux au parlement, l’égalité dans le temps de présence à l’écran s’imposerait, certes pas à la seconde près, mais disons à la minute.

Déséquilibres

C’était donc à Temps présent, sur TSR1(jeudi 20 septembre 2007). L’émission s’est étendue sur cinquante-six minutes. Huit minutes, occupées par la présentation, les adieux, le générique, des parties générales indépendantes de quatre « bêtes », laissent donc quarante-huit minutes à disposition pour quatre personnes. Seize minutes trente pour Christophe Darbellay, quinze trente pour Pierre Maudet, huit minutes pour Pierre-Yves Maillard et autant pour Oskar Freysinger. Les représentants des partis du centre disposent de trente-deux minutes. Il en reste seize pour les partis des bordures ! Le centre-droit occupe quarante minutes. Il en reste huit pour la gauche. Déséquilibres au chrono en période électorale !

Glane-t-on des voix en passant à Temps présent ?

Les quatre politiciens (où sont les femmes ? Mais oserait-on les traiter de « bêtes » même politiques ?) sont effectivement de fortes personnalités. Se montrer partout devrait leur profiter. Même en récoltant des voix ? A noter que MM.Darbellay et Freysinger sont candidats, alors que Pierre-Yves Maillard ne l’est plus et que Pierre Maudet ne l’est pas (pas encore ?).

Un chien apporterait des voix !

Une réponse aura tout de même été fournie par l’incontournable rédacteur en chef des Matins colorés, Peter Rothenbühler. Voici en effet Christophe Darbellay avec son amie – pas le temps de se marier en 2007, le président du PDC est l’époux de la campagne électorale ! – en cuisine, salon, chambre à coucher avec incursion en salle de bains. Il faut bien que les uns et les autres jouent le jeu « pipole ». Et M.Rothenbühler de savourer : la « news », c’est elle, la compagne, tendrement posée dans les bras du politicien ! Un homme seul sur la Une ne fait pas vendre. Mais s’il a un chien, alors il fera des voix ! En donnant une fois de plus la parole à Peter Rothenbühler, la TV fait « pipole « !

Analyses différentes

Ces portraits inégaux en temps d’antenne se prêtent aussi à quelques considérations qui ne sont pas forcément de la promotion complimenteuse. Deux spécialistes ont été sollicités. Pascal Décaillet homme de radio et de télévision locale genevoise s’est expliqué sur de multiples présences de Pierre Maudet dans ses émissions, y compris il y a plus d’un an à la Radio Suisse Romande. Un spécialiste québecois, Philippe Truchet, analyse les comportements physiques de MM.Maudet, Freysinger et Maillard. Il ne parle pas de M.Darbellay qui eut droit à des remarques de son tailleur. Sa méthode ? Observer les gestes et les attitudes sans les mots. Il prend alors Oskar Freysinger pour un homme de gauche: puissance de la queue de cheval oblige mais en même temps limite de la méthode. Encore une inégalité de traitement dans l’analyse : Darbellay est oublié. A son avantage ?

Comme un Arrêt sur images romand !

La télévision, plus peut-être que la radio, contribue-t-elle à confectionner des bêtes politiques ? Quel rôle joue dans ce système Infrarouge ? Voici Michel Zendali et Romaine Jean de service pour nous mesurer le poids de la TV, le sens de sa contribution, importante peut-être pas, mais effective assurément. Et Temps présent de se transformer, subtilement, durant quelques minutes en un timide Arrêt sur images.

Aujourd’hui, à la télévision comme ailleurs, il faudrait faire mieux avec moins de moyens, ou au moins faire aussi bien mais avec moins. Le numérique permet d’accumuler du matériel audio en grande quantité. Le temps pour le visionner n’augmente pas. Dans ce Temps présent, il y a accumulation de déséquilibres. Et c’est pourquoi ce qui se fait maintenant est parfois un peu moins bien que ce qui se faisait hier.

Génération 07

Le 3 septembre dernier la RSR lançait son portail sur les élections fédérales. Fort d’un constat que la politique ne séduisait que trop peu les jeunes, la Radio Suisse Romande dédie une partie de son site à ce qu’elle nomme la « Génération 07 ». Sous ce nom de code, elle tente de cerner le rapport à la politique des 16-22 ans. Assistés par la RSR, de jeunes reporters vont sur le terrain observer et interpeller les acteurs politiques dans des clips-reportages visibles uniquement sur internet.


A la pointe de la technologie, le site de « Génération 07 » se veut multi-support pour des utilisateurs friands « d’info-clip ». De courtes descriptions amènent l’utilisateur vers des vidéos prises sur le vif, pour nous faire vivre les petits faits d’une campagne qui pense malgré tout un peu à la jeune (très jeune) génération.

« De l’info pour les jeunes par les jeunes », un ton décalé, de l’humour, il fait plaisir de voir que certaines et certains politiciens se sont pris au « jeu » avec plaisir, et que l’on sent le même plaisir chez les « reporters en herbes ». Ces journalistes-là n’hésitent pas à dénicher de petits faits, à donner de l’information avec un regard neuf et à marquer cette-dernière par des opinions savoureuses. Cela fait du bien et amène un vent de fraîcheur dans une campagne électorale qui flaire « mauvais » les règlements de compte. On regrettera la courte durée de l’expérience qui se termine déjà le 28 septembre prochain. Mais le fruit des investigations restera visible encore quelques mois.

Du «9» à la RSR : Médialogues

C’est du 9 : ainsi l’affirme la promo de la RSR pour sa rentrée. Enfin, c’est le quart du neuf : il y a en effet quatre nouvelles émissions ! Voici donc quelques remarques après les trois premières de l’émission d’Alain Maillard et Pascal Bernheim ( RSR La Première du lundi au vendredi de 09h30 à 10h00).

L’émission apparaît d’emblée bien structurée en deux parties principales séparées par une rubrique personnelle et une plage musicale et tout à la fin des brèves. Les sujets s’annoncent variés, n’en restant pas à la parole radiophonique ou aux images et aux sons de la télévision pour s’en aller faire son marché dans d’autres directions, les manchettes de journaux, une exposition, etc…Avec cent cinquante minutes disponibles par semaine, les animateurs ont de quoi satisfaire les producteurs et les programmateurs qui leur ont confié cette case horaire. Sur la richesse probable de l’émission et la manière de la présenter, nous aurons l’occasion de revenir. Semblerait vouloir se dégager un peu vite une saine méfiance pour les journaux gratuits qui sont pourtant prisés des jeunes, qui offrent même, mais trop rarement, de l’excellence (La page de « comics » dans Le matin bleu avec un faible personnel pour AMANDA DéLiRe! ; une partie de la chronique cinéma de 20 minutes).

Il faut d’abord saluer cette nouvelle émission pour des raisons de principe. Médialogues apparaît d’emblée comme une contribution à la maîtrise des multiples et souvent confuses sources d’informations livrées en vrac aux consommateurs, et parmi ceux-ci les jeunes pour lesquels une initiation aux médias est importante.

Qui doit s’occuper de cette éducation aux médias pour les jeunes ? La famille, que souvent rien ne prépare à un dialogue entre générations dans ce domaine ? L’école ? Les essais sont nombreux, dispersés, souvent intéressants.

Alain Maillard et Pascal Bernheim - RSR

Cette éducation devrait aussi être le fait des grands médias, ceux du service public généraliste puissant au bénéfice d’une position parfois d’exclusivité, soutenus financièrement par des redevances obligatoires même si la publicité et le sponsoring y sont aussi admis. En France, La Cinquième accueillait un modèle du genre, Arrêt sur images. On a beaucoup évoqué ces deux derniers mois l’arrêt d’Arrêt sur images. En Suisse romande, avec le nouveau Médiascope, la radio intervient dans un domaine où la télévision ne se manifeste malheureusement pas. Bravo à la RSR, et merci !

 

Créativité : ça existe encore ?

De La minute kiosque à Desperate Electrices

SRG SSR idée suisse vient de boucler un assez long processus, plus ou moins lié à la révision de la Loi sur la radio et la télévision, avec des statuts révisés et une Charte d’entreprise rajeunie. Dans cette dernière, on trouve trois parties, Mission, Vision et Principes. Cinq paragraphes concernent ce dernier point : Crédibilité, Indépendance, Pluralité, Créativité et Loyauté.

Arrêtons-nous à une notion qui ne trouve qu’une place minime dans les télévisions du début de ce XXIe siècle en pays démocratiques, la Créativité, difficile à cerner quand les producteurs et surtout les programmateurs ont le vrai pouvoir hier détenu par les journalistes et les réalisateurs. Citons :

« La créativité est à la fois la condition et le moteur de notre succès. (…) Nous misons sur l’inventivité et soutenons la créativité de nos collaborateurs pour relever le défi d’une concurrence internationale toujours plus sévère. »

Appelons à la rescousse Diogène se promenant avec sa lanterne qui va tout de même découvrir, en cette rentrée de bientôt l’automne à la TSR, deux secteurs l’un au principe très prometteur, La minute kiosque, l’autre innovateur par transposition, Desperate Electrices. Mais ces lignes sont écrites avant de pouvoir observer le résultat de l’une comme de l’autre série.

La minute kiosque

Voilà qui pourrait bien être (qui est, espérons-le), un exemple de ce que l’on peut en 2007 appeler « créativité » en télévision. Créativité il y a dans le concept de l’opération, même si le module court d’une minute possède des ancêtres, parfois un brin plus longs, des Shadocks à La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède. Pour les premiers, il faut remonter à 1968, les personnages de Jean Rouxel et René Bord, portés par la voix de Claude Piéplu, jouant à leur manière les trouble-fête dans l’esprit de Mai ! Les seconds naquirent sous la houlette le Serge Moati en propulsant les textes surréalistes et poétiques de Pierre Desproges. On peut se souvenir aussi de la veine de Paul Auster observant ses compatriotes d’un quartier de New York depuis une boutique.

Au départ, une innovation économique : la Loterie Romande sponsorise si largement l’opération que le budget à disposition permet de rémunérer les uns et les autres d’une manière fort correcte. Dix mille francs environ sont disponibles par minute, à en croire 24 Heures (23 août 2007). Le sponsor est salué au début et à la fin de chaque module. Pas de malaise : les bénéfices de la LORO contribuent à aider, dans toute la Suisse romande, le social et le culturel. Sans eux, la vie culturelle serait beaucoup moins vivante. Impossible au MacDo’ d’en faire autant sans provoquer un scandale ! La TSR reçoit la série clés en mains !

Une dizaine de scénaristes se sont attelés à écrire les gags qui se produisent devant un kiosque à journaux, tenu par l’acteur valaisan Roland Vouilloz. Excellent lieu de rencontre avec le kiosquier Marcel.

Soixante modules sont déjà terminés. Il est question d’en tourner quarante-cinq autres et qui sait, si l’accueil est bon, plus encore. La série n’aura certainement pas d’influence sur l’audimat. Elle est programmée juste après le 19:30 et la météo. Sous la houlette de Chantal Bernheim, voici peut-être le coup le plus risqué par la TSR ces derniers mois.

Reste à espérer, après quelques rencontres avec le kiosquier, que la réussite remplace l’espoir de réussite. J’ai envie de sortir l’expression : «on se tient les pouces». Et on y reviendra !

Une question de programmation

La TSR, et elle n’est pas la seule à le faire, présente les séries de fiction de 55 minutes ou de 90 l’unité, faites pour être présentées séparément, d’un jour à l’autre ou d’une semaine à l’autre, très souvent en les regroupant par deux ou même trois. Comme les plus « tordues » des séries américaines n’ont pas forcément leur place en premier rideau, on s’est parfois retrouvé devant le petit écran à une heure du matin ou même plus tard – enfin, plus tôt. Difficile à comprendre pourquoi les programmateurs refusent de jouer sur l’attente de la réponse à la scène ouverte qui termine régulièrement chaque module. Fidéliser les spectateurs peut être un grand bénéfice pour le très précieux camarade audimat. Deux fois cinquante minutes, passe encore ! Mais systématiquement deux fois nonante, ou trois fois cinquante, c’est pesant !

Et voilà que pour un module d’une minute, on les montre un par un, jour après jour. Croit-on vraiment que le téléspectateur va s’organiser pour se retrouver devant le petit écran de la première chaîne romande tous les soirs du lundi au vendredi pendant les dix prochaines semaines ? Qui serait assez naïf pour le croire ?

J’ai bien regardé l’avant-programme de la TSR (semaine du 8 au 14 septembre). Où se trouve la « compile » de six/sept minutes qui permettrait la reprise des cinq modules de la semaine ? Nulle part !

Alors suggérons : il faut trouver une place, si possible pas à deux heures dans la nuit ou en pleine matinée pour une compile qui assurerait une meilleure visibilité à un bon exemple de créativité télévisée dont on espère qu’il soit réussi.

Desperate Electrices

Six émissions, concoctées par Michel Zendali et Nathalie Randin, de vingt-six minutes environ, vont occuper le lundi en premier rideau dès le 3 septembre. Six fois des rencontres dans six lieux différents avec des femmes qui s’exprimeront sur ce qu’elles attendent de la politique. Il s’agit d’une mini-série liée aux élections fédérales de cet automne.

La créativité, là-dedans ? Un peu dans le fait de donner la parole seulement à des femmes, un petit peu plus dans le titre qui affirme la source d’inspiration, la série américaine de bon niveau vaudevillesque, ce qui lui aura valu une bonne exposition en premier rideau, Desperate Housewives. S’agit-il de donner à cette série d’information politique le ton de la série américaine qui tire en bonne partie sa force de la présence des mêmes personnages d’un épisode à l’autre ? Même méfiants, saluons l’intention, avec son petit pois de créativité. Et suivons au moins les deux premiers épisodes pour se faire une idée (3 et 10 septembre 2007).

D’emblée on peut formuler une remarque. A peine connue l’intention de la TSR, une pétition s’est mise à circuler sur Internet pour exprimer une forte réserve à l’égard de la tentative qui ne devrait tout de même pas être anodine, sous prétexte que «La TSR ne respecte pas son mandat de service public et prend les femmes pour des imbéciles politiques». Et Zendali ne se croira pas forcément à Infrarouge.

Donc, il y a quelque part quelques-uns ou quelques-unes qui savent ce que sera l’émission et qui décident qu’une pétition s’impose. M.Blocher n’est même pas allé aussi loin avec les caricatures de Mix et Remix. Une censure préalable ne se justifie pas. Si l’émission déplait, si elle imite naïvement une série qui dispose de grands moyens, si elle est ridicule, il sera bien temps après projection de le dire. La TSR comme bon nombre d’autres chaînes n’a pas (plus ?) l’habitude d’organiser des avant-premières. Mais haro sur les auteurs d’une telle pétition pleine d’idées préconçues.

Moncinema.ch

« Vous ne vous appelez pas encore Coppola, Kubrick, Tarantino ou Canet, mais vous ne maniez pas trop mal la caméra… Vos superproductions ne dépassent pas 8 minutes, mais ne passent pas les portes de votre 2 pièces-cuisine, alors postez votre court-métrage sur moncinema.ch! » Voilà comment se présente le nouveau site du portail de la TSR dédié aux cinéastes en herbe.

Ce portail, lancé au festival du film de Locarno par la Télévision Suisse Romande, est destiné aux amateurs comme aux professionnels. Dédié aux courts métrages, il s’inspire de la mouvance « youtube », numéro 1 des clips vidéo en ligne. C’est une mini révolution multimédia pour la chaîne, présente jusqu’ici de façon plus conventionnelle sur Internet.


«Nous nous sommes aperçus que nous ne faisions pratiquement que de l’information sur notre site. Or, la TSR est aussi très active dans le domaine de la fiction» explique Françoise Mayor, productrice au Département Fictions de la TSR.

Ce site est évidemment très audacieux. Les internautes pourront y déposer leurs films et visionner en ligne ceux réalisés par d’autres internautes. Jusque là, rien de bien novateur. Sauf que le site ne s’arrête pas à ce seul «hébergement» de courts métrages. Tous les deux mois, un jury composé d’acheteurs de la TSR et de professionnels du cinéma récompensera les meilleures œuvres. «Certaines d’entre elles seront aussi achetées pour être diffusées à l’antenne», précise Françoise Mayor, qui voit dans Moncinema.ch «un véritable laboratoire pour la chaîne comme pour les nouveaux talents». Le premier film qui sera repéré par les jurés possède déjà sa case: il passera le 12 octobre prochain sur TSR2, dans l’émission Cinemaniak. De leur côté, les internautes pourront également voter pour leur titre préféré, qui recevra lui aussi un prix.

Pour s’inscrire ou visualiser des films inédits : www.moncinema.ch

A Locarno, les vedettes, ce sont les films…

Locarno, an 60, SSR et TSR

L’image de Cannes donnée il y a quelques mois par le TJ était à tout le moins contestable. Nous l’avions écrit en accompagnant le texte mis en ligne d’un message complémentaire personnel, resté sans réponse.

Dans les années soixante, Vinicio Beretta, Sandro Bianconi et Freddy Buache auraient pu dire s’ils ne l’ont pas fait ce que le directeur d’aujourd’hui, Frédéric Maire, proclame à juste titre haut et fort, même s’il y a à Locarno une autre vedette largement saluée, le cinéma en plein air de la Piazza Grande : « A Locarno, les vedettes, ce sont les films ».

Site officiel du Festival de Locarno : http://www.pardo.ch

Pour rencontrer ces vraies vedettes, les films, donc, ceux de la compétition en particulier qui furent d’abord tous présentés dans les années septante sur la Piazza, encore modeste par le nombre des spectateurs, la programmation pour un lieu pouvant accueillir maintenant plus de 8’000 personnes étant bien différente, il faudra attendre l’après-festival pour savoir quels titres sont déjà ou vont être distribués dans notre pays.

Pour le moment, nous allons examiner quelques aspects de la communication proposée par la TSR à propos de Locarno.

Aux TJ

Le 60ème impose une présence particulièrement bonne. Du 1er au 7 août 2007, pour trois interventions au 12:45, on note une dizaine de sujets traités au 19:30, occupant une trentaine de minutes, ce qui permet de commencer à bien développer certains aspects qui caractérisent un festival et le cinéma suisse, fortement présent à Locarno, peut-être plus dans les débats et les « joies » annexes (subventionnement des festivals; dix ans du Pacte audiovisuel – voir ci-dessous ; sortie du «Cinq kilos», les deux volumes consacrés à 1’200 films partiellement ou entièrement suisses entre 1966 et 2000; anniversaire du festival) que pour présenter les films de la compétition. La part réservée aux films suisses, peu nombreux à Locarno cette année, est exagérément bonne.

Le lecteur intéressé par ce bilan des offres des TJ se référera avantageusement au site tsr.ch dans sa rubrique « Locarno 2007 » avec de nombreux textes complémentaires développant ce qui déborde des limites des modules du TJ, excellent exemple du reste de la complémentarité antenne/internet.

J’en ai apprécié tout particulièrement les contributions du vendredi 3 août avec Freddy Buache, Frédéric Maire, lien entre générations amoureuses du cinéma avec un ancien co-directeur et le nouveau d’une part, Francis Reusser et Lionel Baier, avec une agréable dose de non-conformisme rappelant l’importance de la jeunesse de et à Locarno de l’autre.

Pacte audiovisuel

Le pacte audiovisuel est un accord qui lie la SSR avec les milieux du cinéma, dont on vient de fêter à Locarno le dixième anniversaire. Un document publié par le service de communication d’entreprise de SRG SSR idée suisse à Berne, Update 3/07, fait le point sur cet ensemble de problèmes. Durant la période 2003-2005, ce sont 50,4 millions qui auront été investis dans le cinéma par SRG SSR idée suisse. Et l’on annonce un montant de 57.9 millions pour la période 2006-2008.

Dans l’édition du TJ du lundi 6 août, Esther Mamarbachi proclame : «On l’oublie parfois, le plus fort soutien au cinéma suisse ne vient pas de la Confédération, mais bien de la SSR». Au 19:30 du 7 août, la même affirmation est reprise par la même personne. Dans l’opuscule cité plus haut, on lit en page 2 que les 19.3 millions investis par SRG SSR en moyenne entre 2006 et 2008 représentent « une somme qui la place en seconde position derrière la Confédération, mais avant les cantons. ».

Alors, qui a raison, SRG SSR idée suisse dans sa publication ou Mme Mamarbachi en son TJ ? On pourrait bien se trouver devant une de ces petites imprécisions propres à tout TJ qui doit tout dire tout de suite tout le temps mais en peu de temps.

Durant le même sujet de deux minutes et trois secondes, Gilles Marchand, directeur de la TSR, soulève un intéressant problème : les séries télévisées peuvent-elles être subventionnées par la Confédération ou le pacte audiovisuel ? On semble en effet le souhaiter à la TSR. Mais le Ciné-Bulletin, (dans son no 8/2007 – La loi des séries – Françoise Dériaz) de fournir quelques éléments pour une discussion ouverte qui ne sera pas forcément facile à mener à bien pour concilier des positions antagonistes.

Les séries télévisées d’origine américaine ou anglo-saxonne connaissent de beaux succès depuis quelques années. Cette forme vivante de fiction est même une des plus riches innovations dans la création audiovisuelle contemporaine, toutes formes de supports techniques et de moyens de diffusion confondus.

Alors, des séries suisses financées aussi sur les budgets de la Confédération et du Pacte Audiovisuel? Pourquoi pas ! Resterait tout de même à savoir si la télévision veut des séries un petit peu meilleures que la récente et honorable « Marilou : une sitcom romande » comme devrait l’être la nouvelle version d’Heidi ou si l’ambition se dirige plutôt vers l’équivalent ambitieux et somme toute courageusement non-conformiste des Lost, Prison break, Soprano, Heroes, Nip/Tuck, Six feet under, The Nine, Dr House, Twin Peaks, etc…

Archives Pleins Feux

Les textes « Pleins Feux » de l’ancien site en PDF de juin 2007 à octobre 2005

M X 3

Créé par Couleur 3, Virus, Rete 3, DRS 3 et Radio Rumantsch, le site www.mx3.ch (lire « musique fois trois ») est une vraie petite mine d’or de la culture musicale suisse actuelle. Ce site est ouvert à tous les groupes suisses diffusés par les troisièmes programmes de SRG SSR Idée Suisse mais aussi à tous les musiciens et artistes de Suisse qui veulent faire connaître leur musique au public et sur les radios.


Lancé en septembre 2006, ce portail musical est devenu, en l’espace de quelques mois, la plate-forme de référence de tous les musiciens et groupes de Suisse connus et émergents. En effet, avec plus de 4743 groupes différents, ce dernier offre un vaste choix et même plus ! Que ceux qui pensent que ce site internet n’est destiné qu’aux jeunes se détrompent donc. En effet, plus de douze styles de musiques y sont représentés, de la chanson à texte à la techno en passant par le rock et le métal.

Le MX3 vous permet, en plus, d’écouter tous les titres mis en ligne, en choisissant le style, la langue ou la région, de créer votre propre playlist (liste de lecture) et de la transmettre à vos amis. Pour le petit groupe qui se forme au fond d’un garage, c’est le moyen idéal de se faire connaitre et, qui sait, d’être repéré par les programmateurs et animateurs des troisièmes chaînes de SRG SSR Idée Suisse. Ces derniers ont des plages d’antennes spécifiques pour les mettre en avant. Vous pouvez aussi vous informer sur les futures représentations des groupes et passer du virtuel au réel.

A ne pas manquer donc www.mx3.ch

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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